Si vous vous en souvenez, lors de la présentation du Zorki 4 et 4K, je trouvais dommage que le 4K perdait ses œillets, ceux qui permettent d’y attacher une lanière de portage.
D’autant que le « sac tout prêt », en vrai cuir russe, costaud mais pas vraiment raffiné, avait un gros défaut, outre son poids : on ne pouvait le séparer en deux. Il fallait donc se résoudre à voir pendouiller la partie haute lorsqu’on se promenait en mode « street photo » ou s’en passer.
Là, deux solutions : soit acheter un petit sac style Peak Design Everyday Sling 5l pour l’y déposer, soit … modifier la dite gaine.
C’est ce que j’ai choisi de faire … faire par un cordonnier qui aime son métier et sait écouter ses clients (pour ceux qui habitent près de Mons, la cordonnerie Raymond et fils).
Je lui ai donc demandé d’extraire le rivet qui retenait la patte de la gaine et d’y installer deux pressions : l’une pour pouvoir fermer l’ensemble, l’autre pour désolidariser les deux parties facilement.
Opération pleinement réussie : je peux, au choix, ouvrir la gaine et laisser pendre le devant ou, plus confortable, l’enlever complètement et ne garder que le bas qui assure la fixation de l’appareil et porte les lanières en cuir, solides.
Ensuite, pour rendre le Zorki 4K plus aisé manipuler, je lui ai ajouté un soft release en alu, plus confortable que le déclencheur à picots.
Puis un filtre jaune car l’Industar 61 a souvent besoin d’un petit coup de pouce pour accentuer les contrastes.
Et enfin, un petit pare-soleil en métal, avec un bouchon d’objectif, pour parer à toutes éventualités et se prémunir des reflets intempestifs par grand soleil.
Comme j’ai un Peak Design Everyday Sling 5l, je l’ai lesté de deux autres filtres (rouge et vert) et d’un petit flash National PE-160M tout neuf (!) que j’ai retrouvé dans mes « boîtes à trésors »; il accueille la partie haute de la gaine et une cellule à main Gossen Sixtar, en attendant de recevoir celle que j’ai commandée, à fixer sur le porte accessoire. J’en reparlerai bientôt.
SAMSUNG CAMERA PICTURESSAMSUNG CAMERA PICTURESSAMSUNG CAMERA PICTURESBon, le nombre guide est de 16 à 100Iso, mais c’est comme un petit flash intégré, ça débouche juste les ombres d’un portrait.Une Gossen Sixtar, toujours opérationnelle (pile PX625 moderne)
J’ai mis un film dans la chambre, un Ilford HP5 de 400Asa … faut juste que je me décide à sortir.
La suite donc, comme il se doit, au prochain numéro …
Ah, cela faisait un moment que je n’avais plus touché à des télémétriques, autrefois abordables, que sont les télémétriques russes.
Comme je l’avais prédit – et sans compter les terribles évènements que nous connaissons – leur cote a bien monté : des appareils autrefois vendus 30€ ou 40€, avec un objectif, dépassent de nos jours allègrement la barre des 100€.
Et, paradoxe de l’histoire, ce sont des sites Ukrainiens qui en vendent le plus (normal me direz-vous, il y a embargo sur la Russie).
Finalement, ce n’est qu’un juste retour des choses car si vous avez lu mes articles précédents au sujet de ces appareils, vous aurez découvert que l’Ukraine fut le berceau notamment des Contax (rebaptisés Kiev) au sortir de la seconde guerre mondiale … Encore une histoire de fureurs et de destructions !
Mais je reviens plus précisément sur les Zorki 4 et 4K car grâce à mon ami Pierre, j’ai pu en racheter deux, réglés au millimètre par ses soins, objectifs compris.
Derrière, le Zorki 4 (1958) et devant, le Zorki 4K (1975), tous deux équipés d’un Industar 61 (1993).
Pourquoi ceux-là et pas de plus anciens, comme les Fed 2, Fed 1g, Zorki C, etc. ?
Pour une simple question de confort d’utilisation. Je m’explique : tout comme les Leica antérieurs au M3 – M2, ceux que j’ai énumérés avaient deux oculaires, l’un pour la visée, le second pour le télémètre.
A gauche le Zorki Ic et à droite, le Leica IIIf, vues de face et de dos. Notez les 2 oculaires, l’un pour le télémètre, l’autre pour le viseur
Comme le M3 – M2, les Zorki 4 et 4K ont un seul viseur/télémètre. Ce qui est beaucoup plus pratique et confortable pour viser son sujet.
Mais commençons par le début de l’histoire …
Son aïeul s’appelle Zorki 3, apparu en 1951. D’aucun le considère comme le plus réussi esthétiquement des Zorki.
Mais sa grande (r)évolution, à l’instar du Leica M3 – qui ne verra le jour qu’en … 1953 – est de réunir en un seul endroit la fenêtre du viseur ET celle du télémètre.
Ce boitier est entièrement nouveau et ne peut plus être considéré comme une copie de l’allemand, qu’il précède dans ses innovations.
Il reprend des pièces moulées (c’est le Zorki 1 qui avait inauguré cette technique de fabrication plus simple et plus rapide) et intègre dans ce fameux viseur au rapport 1/1, équipé – excusez du peu – d’un correcteur dioptrique très bien fait et facile d’utilisation, le viseur proprement dit et le télémètre visible sous la forme d’un carré jaune qu’il faut faire coïncider avec le sujet visé.
Le levier pour la correction dioptrique, sous la bobine de rembobinage.
Autre grand changement qui améliore son utilisation, le film ne se charge plus par la semelle mais en ôtant d’un bloc tout le dos de l’appareil (deux clés le maintiennent fermement en place).
Ensuite, un Zorki 3M (1954) fera évoluer ce précurseur, suivi ensuite d’un dernier « 3 », le Zorki 3S (1955) dont la forme aura changé, le capot ayant été allongé pour agrandir la fenêtre du télémètre et replacer les vitesses lentes sur le dessus, sous un même bouton.
Source : Collection-appareils, de gauche à droite, le Zorki 3, le Zorki 3M et le Zorki 3S(oui, le C russe correspond au S latin),qui annonce le changement de lignes.
Enfin apparait le Zorki 4 en 1956 (et il sera produit jusqu’en 1973, belle longévité !)
Comme vous pouvez le voir, le capot est encore agrandit car il accueille en plus une synchro flash et en dessous, un retardateur est ajouté.
Sans rentrer dans une foule de détails qui n’intéressent que les collectionneurs, sachez que l’aspect de l’appareil évolue lentement : le nom est en caractères cyrilliques avant de passer aux caractères latins (lorsque ceux-ci seront – enfin – exportés hors de la sphère soviétique), le tour de la fenêtre est encadré, puis ne le sera plus, tout comme le tour du viseur à l’arrière, le gainage, des inscriptions commémoratives pour des anniversaires du parti communiste… bref des détails car la technique, elle, évoluera peu (et ça ne se voit pas).
Cet appareil sera produit à plus de 1.700.000 exemplaires pendant sa longue carrière, ce qui en fait un record absolu de ventes d’un appareil télémétrique.
Le changement le plus significatif aura lieu lors de la sortie du Zoki 4K (1972 – 1978, 524 610 exemplaires produits !), qui voit un levier d’armement, bien plus pratique que le maniement du gros bouton d’armement d’avant. Mais il perd les œillets qui permettent d’y fixer une sangle.
En haut, le Zorki 4 et en bas le 4K avec le levier d’armement.
Ah oui, les vitesses seront aussi réétalonnées, la bobine réceptrice (pour le film) sera dorénavant fixe (sur ce, ça veut dire que sur les anciens modèles, il faut vérifier la présence de ladite bobine dans la chambre).
En haut, le Zorki 4 et sa bobine amovible, à droite et en bas, le 4K avec sa bobine en plastique fixe.
Pour être le plus complet possible, sachez qu’un appareil, appelé MIR sera produit de 1959 à 1961. C’est un Zorki 4 uniquement destiné au marché russe, que l’on a simplifié (il perd le 1/1000s et les vitesses lentes, son objectif de dotation est un Industar 22 de moindre qualité).
A l’origine, l’objectif de dotation standard était un Jupiter 8, un 50mm ouvrant à f2, bien que des Industar 50mm ouvrant à f3,5 aient pu accompagner ces boitiers.
Rien que pour le Jupiter 8 nous pourrions digresser tant et plus, mais je résume : c’est un excellent objectif, basé sur le célébrissime Carl Zeiss Jena Sonnar 50 mm f2.0 dont les premiers exemplaires ont été construits avec des optiques venant directement de chez Carl Zeiss. Les Russes, lors de la seconde guerre mondiale, ayant embarqué l’usine, les produits, les stocks, les plans, le personnel à Charkow, en Ukraine !
Pour la petite histoire, les deux Zorki que j’ai achetés à l’ami Pierre sont équipés d’Industar 61 53mm ouvrant à f2,8. Moins courus que le Jupiter, ils ont été créés par FED et sont parmi les premiers objectifs à bénéficier d’un traitement de surface au Lanthanum. La distance de mise au point minimale est de un mètre.
Les Industar 61 53mm f2,8, dont l’un équipé d’un filtre jaune Iena de 40,5mm
Mais l’avantage du « système » LTM 39 est de pouvoir monter toutes les optiques équipées de ce pas de vis, même des Zeiss si on veut (et/ou si on en a les moyens).
Quoique ici il me faut faire une petite remarque : en théorie, oui, tous les objectifs au pas du standard LTM 39 peuvent être monté sur un appareil d’origine russe, mais … le mécanisme interne des Leica (voir illustration ci-dessous) est fonction d’un galet qui a une position bien précise et le tirage du boitier devait être précisément de 28,8mm.
Autrement dit, la conception de certains objectifs Leica feront qu’ils pourront être monté sur d’autres appareils, russes compris, mais leur fabrication particulière fera que la molette de réglage de ces autres appareils ne sera pas en contact avec l’arrière de l’objectif, rendant tous réglages du télémètre impossible.
Y penser avant de dépenser de fortes sommes requises par certaines légendes !
Bref, sachez que le viseur est calibré pour le 50mm. Si donc vous voulez utiliser des focales différentes, il vous faudra vous équiper d’une tourelle à glisser dans le porte accessoire afin de pouvoir « viser juste », ou de viseurs spécifiques pour chaque focale (on en trouve des « modernes » sur certains sites de vente connus).
Source : Photoetnography, un Zorki 4k avec la fameuse tourelleet un Jupiter 9 de 85mm
Ceci dit, honnêtement, cet appareil n’est pas fait pour travailler avec de longues focales, comme les Leica non plus et les autres télémétriques en général.
Personnellement, je trouve que les optiques qui vont le mieux, outre le 50mm, sont un 35mm voire un 28mm (plus rare à trouver).
Tiens, une petite remarque : en dessous de l’appareil, le soquet pour le pas de vis d’un trépied est légèrement décalé vers l’avant, ceci pour éviter que l’appareil ne bascule en avant lorsqu’un objectif est monté dessus. Et ça fonctionne parfaitement, jusqu’au 50mm ! Pour mémoire, les Contax et les Kiev (les Contax russes) usaient du même genre d’artifice, les ingénieurs de Contax ne supportaient pas de voir leurs appareils « piquer » du nez !
Même s’il a l’air un peu archaïque de prime abord, le Zorki propose des vitesses de 1s au 1/1000s, plus pose B et un retardateur mécanique de plus ou moins 10 secondes. La synchro flash est recommandée au 1/30s. A son époque, il n’y avait que quelques réflex à proposer de telle vitesse.
Cette synchro flash se règle avec la bague concentrique au niveau des réglages de vitesses, permettant de la sorte de réguler le retard du déclenchement de l’éclair. C’est utile car les « vieux » flashs à ampoules magnésiques sont plus lentes pour atteindre leur luminosité maximale (réglage sur zéro) alors que les flashs modernes (dit électroniques) ont un éclair plus bref et intense : il faut compter 30 millisecondes pour correspondre à l’ouverture du premier rideau.
Une remarque fondamentale, à graver quelque part si vous achetez – ce que je vous encourage de faire – un de ces boitiers : toujours armer avant de changer les vitesses sous peine de vous retrouver avec une salade de pignons qui rendra totalement indigeste et impossible l’utilisation de votre appareil !
Exemple de pense-bête qui évite les erreurs fatales (ici sur un Fed 2).
Bon, ceci étant dit, et si on les essayait ces Zorki ?
Pour le Zorki 4, d’abord ouvrir la gaine en vrai cuir russe qui le protège et, tant qu’à faire, enlevons-là car, chose étrange, on ne peut pas enlever la moitié de celle-ci comme sur d’autres appareils, ce qui alourdit encore le poids de l’ensemble.
Ce qui m’amène une première remarque : le boitier n’est pas pourvu d’œillets pour y accrocher une lanière (comme le 4K d’ailleurs). C’est donc la gaine qui porte les attaches, en cuir.
Comment se présente l’engin ?
Oui, c’est un Zorki 4K mais quasi identique au Zorki 4, sauf le levier d’armement.
L’appareil est assez imposant, et lourd ( +/- 600 gr avec un 50mm), mais très agréable à prendre en main même si le mot ergonomie ne semble pas avoir traversé le sinistre rideau de fer.
Paradoxalement, si le boitier est bien entretenu et réglé, il est très fluide à armer et le déclenchement est relativement discret, il utilise un rideau de caoutchouc, comme sur les Leica, par exemple (un Kiev 4am/Contax, possède un obturateur métallique, plus « sec »).
Le déclencheur est comme surmonté de petites pointes, sans doute pour mieux le « sentir » sous l’index. Personnellement, je n’aime pas alors j’ai installé un « soft release » sur le 4K.
Si vous avez maintenant une vue plus précise de l’engin, nous allons le rendre opérationnel et y glisser un film.
Sur la semelle, en dessous donc, deux clés à tourner : celle de gauche dans le sens anti-horaire, celle de droite, dans le sens des aiguilles, et tout le dos s’enlève, découvrant la chambre.
Les clés du Zorki 4 en haut et celles du 4K en bas, et la comparaison des deux, cote-à-cote
Une fois le film fixé, opération inverse pour refermer le dos, puis deux « tirs » à blanc pour démarrer vos prises de vue.
Ah, n’oubliez pas de mettre le compteur de vue à zéro, il ne le fait pas tout seul. Il suffit d’appuyer avec la pulpe du doigt sur la couronne et faire tourner le cadran au chiffre 0.
Les rails qui guident le dos sont assez profonds et doivent éviter toute entrée de lumière parasite. Vérifiez bien que vous avez correctement glissé jusqu’au bout l’ensemble du dos et que les clés sont bien fermées. Sur certains appareils ayant souffert, le dos peut être moins étanche. Dans ce cas, un bout de gaffer tout le long de la fermeture et vous voilà tranquille.
Vous voilà prêt à arpenter la ville, la campagne, les sous-bois pour y capter vos premiers sujets.
Si vous portez l’appareil à l’œil, vous constaterez que le viseur est un simple cadre lumineux avec un grossissement de 1,15 dans lequel il n’y a … rien, hormis un rectangle jaune, au centre. En faisant tourner la bague des distances de l’objectif, vous verrez l’image se dédoubler ou se fondre, si vous êtes net.
N’ayez pas peur d’utiliser le correcteur dioptrique pour affiner votre visée, ça marche vraiment bien.
Le levier de la correction dioptrique du 4K.
Ici, donc, pas de lignes de parallaxe, de cadre collimaté pour telles ou telles focales … mais ça marche, le cadre de la fenêtre étant celle de l’image captée.
Tiens, au fait comment ça fonctionne un télémètre ?
C’est un mécanisme somme toute simple et pourtant complexe : à l’intérieur de la chambre, une came en forme de demi-lune vient « frotter » contre le fut de l’objectif, qui dépasse dans la chambre selon la distance requise. C’est le mouvement de l’objectif contre la came qui assure l’ajustement de la distance. C’est ce qu’on appelle un télémètre à coïncidence d’image, les images vues par les deux fenêtres (le viseur et celle du télémètre) doivent coïncider pour que la mise au point soit juste. On appelle aussi cette méthode celle de la triangulation.
L’image de gauche montre la vue à travers un télémètre lorsqu’il n’est pas au point. L’image de droite montre la vue à travers un télémètre lorsqu’il est mis au point
La particularité de cette manière de viser est que ce que l’on voit n’est pas tout à fait la même chose que ce que l’on fixe sur la pellicule. Si cela a peu d’importance en photo de rue ou de reportage, en architecture, en médecine, en portrait, etc. c’est irrévocable.
Voici le mécanisme du Zorki 4K : la came en forme de demi-lune, qui vient s’appuyer sur l’arrière de l’objectif, qui avance ou recule selon la distance choisie pour la mise au point. Cette came actionne un jeu complexe de miroirs dans le télémètre pour faire coïncider les 2 images (voir l’image ci-dessus).
A ce sujet, une précaution à prendre lorsque vous retirez ou remontez un objectif à viser sur un télémétrique : toujours rentrer le fut du bloc optique pour ne pas forcer sur la came de réglage lors du re visage.
Ces photos me font penser à un petit aparté. Quand j’écris qu’un boitier n’est jamais qu’une chambre noire et que ce qui fait la qualité d’une photo c’est bien l’objectif, nous en avons l’illustration ici : si vous regardez dans la chambre du Zorki 4k, vous voyez le rideau, derrière lequel se trouve le film qui sera impressionné par la lumière au moment du déclenchement. Elle y passe en direct, sans miroir, sans obstacle.
Bref, vous avez réussi à cadrer votre image et à la rendre nette. Reste maintenant à poser la bonne vitesse.
-« Aïe et comment fait-on quant on n’a pas de réglage pour la sensibilité ni cellule ? »
On a recours soit à une cellule à main, qui vous donnera les indications manquantes, soit on a recours à une bonne vieille méthode appelée « règle du Sunny 16 ».
-« Mais c’est compliqué tout ça ! »
Ben, non, je vous explique … et je vous résume :
-« Heu … ? »
Le Sunny 16 est une règle empirique de base qui dit que si vous avez une journée claire et ensoleillée et que votre ouverture est à f/16, quel que soit l’ISO que vous utilisez, votre vitesse d’obturation sera la valeur réciproque de cette valeur ISO (ISO X = 1/X secondes de vitesse d’obturation).
Autrement dit, par une belle journée ensoleillée, à 100 ISO, je sais qu’en faisant mes photos à f16, et avec une vitesse d’obturation de 1/100s, mes photos seront correctement exposées.
Faites-vous donc un petit carton, plastifié de préférence (il va beaucoup servir au début) qui récapitule les situations et vous gagnerez un temps précieux (et si vous allez sur le second site cité ci-dessous, il vous explique gratuitement comment faire, c’est pas beau ça?)
En passant, je vous conseille de lire des explications plus complètes sur les excellents sites la photo argentique et le blog argentique (très bien fait et expliqué).
Encore une petite remarque à ce sujet : ça fonctionne très bien avec du négatif N/B ou couleurs mais pas pour les diapositives qui ont besoin de précision en terme d’exposition. Choisissez bien votre film dès lors.
Allez, on progresse : vous savez mettre un film, comment viser, comment choisir l’ouverture et à quelle vitesse déclencher.
Là, j’en profite pour enfoncer un clou : toujours armer avant de changer les vitesses avec cet appareil (et les Fed, les Mir, les Contax, par exemple) ancien.
Ça y est, vous avez terminé votre bobine, il faut la rembobiner pour la porter, fébrile, au labo le plus proche.
Autour du déclencheur de votre Zorki 4 (ou 4K), il y a une bague, qu’il faut faire tourner vers une sorte de U inversé sur le 4 et dans le sens horaire sur le 4K. Ceci a pour effet de déverrouiller le système d’armement et vous permet, avec le bouton à l’extrême gauche, de rembobiner le film dans sa cassette (et avec un peu d’attention, vous pourrez le faire en laissant encore sortir un bout de film, au cas où).
Puis vous soulevez la tige de déverrouillage afin de libérer la cartouche, que vous allez ôter après avoir ouvert le dos du Zorki.
Voilà, voilà, vous allez devenir un vrai pro de ces drôles de machines à faire des photos.
Ah, il me reste à vous parler du retardateur : pour l’activer, vous abaissez le levier du retardateur après avoir armé l’appareil. Ceci fait, il vous reste à appuyer sur le petit bouton au dessus, ce qui libère le mécanisme à ressort. Vous entendrez le bruit caractéristique d’une minuterie, celle qui vous incitera à courir vite car le Zorki ne vous offre que 9 secondes de répit.
Le levier du retardateur et au dessus, le bouton pour lancer le compte à rebours.
Vous vous sentez prêt à faire le premier pas ?
Encore un petit conseil, si je peux … montez un filtre jaune à l’avant de l’objectif (si vous travaillez en N/B), ça affermira les contrastes et protègera la lentille (avec l’Industar 61 53mm, le diamètre est 40,5mm et on en trouve facilement, même des modernes). Pour la couleur, un filtre anti-UV suffit, il aura le même rôle protecteur. N’oubliez pas qu’à l’époque, les lentilles n’étaient pas (forcément) traitées anti-reflet.
Alors, que penser de ces vieux russes ?
Les essayer, c’est les adopter.
Pourtant ils ne sont pas parfaits, on le sait. Perso, ce qui m’embête le plus, c’est l’absence d’œillets pour y mettre une lanière. Alors je vais demander à mon artisan cordonnier préféré de me séparer les deux parties et d’y placer ensuite une pression (ou deux) pour utiliser seulement la partie base en portage, sans sacrifier l’ensemble qui protège finalement bien l’appareil et participe au charme de celui-ci.
Sur le Zorki 4K, le bout de plastique qui orne le levier d’armement est un angle vif, pas très agréable même s’il permet une action rapide. Quelques uns le remplacent, d’autres arrondissent l’angle.
Pour le Zorki 4, c’est le gros bouton pour ré armer qui est gênant (quoique …), sans doute par manque d’habitude. Notez qu’il a quand même un avantage, en photo de rue : d’instinct, quand on a pris une photo, on ré arme le boitier, prêt pour une nouvelle prise de vue. Or, lorsqu’on veut être discret, c’est le geste qui vous dénonce immanquablement ! Tandis que le remontage, c’est plus lent, on a le temps de faire quelques mètres … discrètement.
Rien ne vous empêche de monter dessus des cailloux offrant une ouverture plus grande encore. Je rêve de retrouver un Jupiter 3 des années 1950 (les meilleurs parait-il) car il ouvre à f1,5. Pas facile pour faire une mise au point fine mais excellent en travaillant sur l’hyperfocale pour les ambiances plus sombres.
Tiens, je me rends compte que je ne vous ai pas parlé de cette méthode infaillible et rapide pour faire la mise au point, celle de l’hyperfocale !
Si avec tout ça vous ne sortez pas dehors avec un Zorki, j’avoue ne pas savoir que faire ou écrire d’autre pour vous tenter …
Ou plutôt si, allez voir ce site, Indiefotog, un photographe canadien qui utilise un Zorki 4 pour réaliser une grande partie de ses travaux, un régal.
Un mot encore, parce que j’ai retrouvé cet accessoire dans une de mes caisses, celle qui contenait des cellules à main : il s’agit d’une cellule à monter sur la griffe porte flash de l’appareil, une Metraphot, fabriquée en Allemagne.
Celle-ci est au sélénium et j’ai la chance qu’elle fonctionne encore car elle était dans son petit étuis de cuir, que l’on attache à la lanière de l’appareil, pour l’avoir toujours sous la main.
Il existe quelques autres modèles de ce type de cellule, mais il faut bien chercher car souvent au sélénium donc, elles ont tendance à cesser de fonctionner au bout de … 75 ans !
Et si vous êtes curieux, vous en trouverez aussi des électroniques, modernes … ce sera l’objet d’un prochain article.
Allez, dernière digression : Zorki ou Зоркий en caractères cyrilliques, signifie « clairvoyant » en russe.
Des publicités d’époque
Source : Collection-appareils, Grenier – Natkin 1975 (en haut) – 1979. Vous constaterez que les Zorki sont contemporains des Yashica Electro 35 GSN et GTN, qui embarquaient déjà une électronique révolutionnaire pour l’époque. Mais leur objectif était fixe
Ce sera plus compliqué car je pense faire une distinction entre les « anciens » et les « modernes » (histoire de rester dans la tradition de la polémique).
Et donc, au rang des anciens, je place dans l’ordre de mes préférences :
Le Zorki 1C, copie conforme du Leica 2. Il est généralement plus apprécié qu’un Fed 2 parce que sa fabrication en est plus précise et soignée. Soyons de bon compte, le viseur n’est pas pratique, ni la manière de le charger, tout comme sur les Leica de l’époque et il faut utiliser le zone focus pour prérégler l’appareil avant la prise de vue. Mais, équipé d’un Industar 22 dit rentrant, vous pouvez – réellement – le mettre dans une poche. Et quand vous le sortez, effet garanti pour les passants attentifs, qui généralement entameront la conversation, au point d’oublier que vous les avez mis en boite. L’utilisation d’une cellule est recommandée, soit à main, soit à placer dans la griffe porte flash (mais c’est moins joli). Mais son avantage décisif, c’est son prix, souvent autour des 100€ avec l’objectif, soit de 4 à 5 fois moins cher qu’un Leica IIIf (pour retrouver l’agrément d’utilisation)
Le Fed 1G , l’autre copie du Leica 2. Je ne vais pas répéter ce que je viens d’écrire car si la marque change, le résultat est le même. Et comme pour le précédant, le prix modeste vous permettra, le cas échéant, de vous offrir une belle optique, soit rentrante pour garder l’avantage de la compacité, soit fixe.
Le Leica IIIf, dit « l’original », qui est une évolution du même Leica 2 qui a servi de base aux 2 premiers cités. Fondamentalement qu’a t’il de plus ? Une fabrication plus complexe et plus soignée, un peu plus d’onctuosité dans les commandes. Pour le reste, il est aussi peu pratique pour la visée ou le chargement du film et c’est l’objectif qui fera la différence pour le rendu de vos photos, comme pour les deux premiers. Ah oui, il y a le prestige Leica et sa réputation de solidité et de réparabilité, qui existe aussi, rassurez-vous, pour les appareils russes (ICI). Toujours est-il que le prix s’en ressent, comptez environ 400€ pour un boitier nu.
Ces appareils font partie de l’histoire de la photographie en 35mm, initiée rappelons-le par les inventions d’Oskar Barnak tout d’abord de l’utilisation différente d’un film destiné au cinéma et ensuite de son Leica, premier vrai appareil compact et ultra transportable, modulable ensuite.
S’en servir pour photographier aujourd’hui, c’est accepter quelques contraintes (visée, chargement, réglage des vitesses, cellule indépendante) mais c’est prendre le plaisir de découvrir comment faisaient « les anciens » pour obtenir de biens belles images. Je dirais que c’est presque un état d’esprit.
Voilà, j’en viens à mes « modernes » que je présente par préférence, pas par date de fabrication :
Le Zeiss Ikon ZM qui est pour moi LE télémétrique absolu. Il est beau, pratique, ergonomique, léger, facile à charger, précis (cellule et visée), en un mot : moderne ! Vous pouvez y monter toutes les optiques en monture M et celles de Voigtländer, si elles sont – un peu – plus abordables que les Zeiss Leica, sont aussi proches de l’excellence. Même son prix, je vous le concède conséquent – comptez 1900€ nu – est pourtant encore un avantage car un Leica 7, son seul concurrent, est au triple de sa valeur.
Le Leica M5, car il est le vilain petit canard de la famille et que j’aime bien ces gens là ! Blague à part, c’est un excellent appareil, le premier à avoir proposé une cellule TTL précise et des réglages extrêmement faciles et rapides. Sauf pour le charger, ce qui se fait toujours par la semelle même si Leica a – un peu – facilité la tâche du photographe pressé. Forcément en monture M, vous pouvez tout lui monter dessus, même des russes comme le Jupiter 3 f1,5, avec une bague d’adaptation (mais pas le Jupiter 12, un grand angle qui rentre très fort dans le boitier). Il se négocie autour des 1000€ nu.
Le Canon P, contemporain du Leica M3 et M2, il a – pour moi – le gros avantage d’avoir aussi un magnifique viseur, collimaté du 35 au 100mm et surtout il possède un dos sur charnière. C’est un magnifique télémétrique, très bien dessiné et solide, qui accepte tous les objectifs en Ltm 39 dont des objectifs Canon qui sont excellents et peuvent aussi atteindre des prix pharaoniques (le f1:0,95 est himalayen !). Le boitier seul se négocie autour des 200€n ce qui le rend très abordable, vu sa qualité.
Et dans la famille des « modernes », il y a les appareils russes qui ont évolués, se détachant de leur modèle initial pour proposer parfois des solutions innovantes, que Leica utilisera 10 ans plus tard (p. ex. une cellule embarquée)
Le Zorki 6, qui est très compact, donne une bonne sensation de solidité (tout métal) et qui autorise – enfin – de pouvoir changer les vitesses quand on veut (appareil armé ou non). Il simplifie aussi le chargement grâce à son dos sur charnière. Mais son argument massue, c’est son prix : moins de 80€ avec un objectif ! Et comme il est toujours en monture Ltm 39 (Leica visant), le parc optique est immense et adapté à toutes les bourses.
Le Fed 3b, dont les commandes sont d’une onctuosité rarement atteinte, le déclencheur très discret (un petit flop) et assez facile à charger (dos amovible). Ce n’est pas le plus sexy de la bande mais il reste « sortable » et comme ici aussi vous pouvez monter ce que vous voulez comme optique en Ltm 39, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas l’essayer. D’autant que son prix n’est surement pas un obstacle : comptez autour des 60€ avec un Industar 61. Comme pour le premier cité, n’oubliez pas votre cellule à main
Le Fed 4b, bon d’accord, il n’est pas beau mais 10 ans avant Leica, il nous sortait une cellule intégrée au boitier. Pas encore couplée, mais vous l’avez sous les yeux et vu ce qu’elle était chargée en sélénium, elle résiste au temps, pour autant que vous la couvriez ou utilisez le « sac tout prêt » en cuir généralement vendu avec l’appareil. Ses commandes sont très douces et il est discret … enfin, autant qu’une armoire normande puisse l’être ! Même son prix n’est pas une excuse : comptez environ 40€ pour un appareil fonctionnel avec un objectif 50mm.
Un outsider enfin, le Zorki 4 ou le Zorki 4K, qui fut sans doute le télémétrique le plus fabriqué au monde. Ce n’est pas le plus beau mais il bénéficie d’un beau viseur, clair, avec correction dioptrique, son levier d’armement, agréable et plus facile que de tourner un bouton (le Zorki 4), sa discrétion au déclenchement (un flop très doux). Pas trop onéreux (comptez 60€ avec objectif), il semble faire le lien entre l’ancienne génération de par sa forme et la nouvelle puisqu’il fut fabriqué jusque dans les années quatre-vingt.
Si vous voulez voir de quoi il est capable, je vous invite à découvrir ce site car le photographe utilise un Zorki 4 pour ses sorties de Street photography.
« Mais, me direz-vous, quel attrait pour l’utilisation de ces appareils où tout est manuel ? »
Mais celui de la différence, celui de la recherche esthétique (bon, ok par pour le Fed 4b, on est d’accord) et – surtout – celui du temps que l’on accepte de consacrer à sa passion, celle de faire des photos, pensées, réfléchies, voulues ou non pas prises à la sauvette comme je le vois si souvent avec les « dégaineurs » de smartphone ! Utiliser un télémétrique, c’est comprendre comment l’appareil devient le prolongement de votre regard, naturellement, car la visée peut se faire les deux yeux ouverts pour « capter » l’air du temps qui va précéder le moment où vous appuierez sur le déclencheur.
Un célèbre exemple est le travail de Henri Cartier-Bresson (HCB pour les intimes) qui humait l’endroit avant de figer l’instant désiré. Même s’il fut reporter et pas des moindres (co-fondateur de Magnum), il savait anticiper l’espace et le temps qui allait donner l’image, même dans les situations d’urgence.
Un dernier mot encore, peut-être : si ces appareils acceptent différentes optiques, généralement du 28 au 135mm, souvent vous vous contenterez de celle qui vous correspond le mieux. Ce peut être du 50mm (le plus proche de la vision humaine) ou du 35mm qui offre des plans plus larges ou qui vous oblige à aller au plus près du sujet. Cela fait partie de l’expérience télémétrique.
Je ne prétends pas avoir fait le tour, il y en a encore bien d’autres. Je vous suggère, par exemple, un petit tour sur le site de Monsieur Sylvain Halgand (en français) et Soviets Cameras (en anglais)
Vous y découvrirez un vaste monde qui s’étend, grosso modo, des années trente aux années quatre-vingt.
Et un paradoxe : si les appareils russes sont, pour certains, des copies de Leica et Contax notamment, à un moment ou un autre, ils s’en sont écartés et ont tracé leur propre voie. Pas avec les mêmes moyens ni les mêmes technologies que les appareils allemands, ou japonais (autres grands concurrents) mais ce sont eux qui ont produit le plus grand nombre d’appareils télémétriques au monde, rendant cette pratique abordable pour de très nombreuses personnes dont les budgets n’étaient pas illimités.
Je l’ai souvent écris mais un appareil photo n’est jamais qu’une boite noire destinée à recueillir les faisceaux lumineux qui écriront votre photo. Certaines sont sophistiquées, d’autres moins, mais le résultat reste le même : si les rayons lumineux ont bien été guidés, notamment à travers un objectif de qualité, ils arriveront en bon état sur la pellicule et votre photo sera la meilleure possible, tenant compte des réglages effectués, de votre créativité, de vos envies de suivre, ou pas, les « règles » de la photographie.
En ce sens, les appareils russes sont exemplaires car ils vous permettent d’utiliser les meilleurs objectifs possibles car ils sont (hormis les Kiev en monture Contax) à la norme dite Ltm 39, soit Leica visant. Vous aurez donc l’embarras du choix, chez Zeiss, chez Voigtländer, chez Leica, chez Jupiter, chez Industar, chez Canon (et j’en oublie sans doute)…
Ceci étant, si vous voulez découvrir les prémices de l’argentique, vous vous tournerez peut-être vers un Zorki 1c, un Fed 2, un Zorki 4 ou 4K, un Fed 1g.
Ces appareils ont beaucoup de charme mais ils ne sont pas les plus faciles à utiliser même s’ils n’ont rien de rédhibitoire, c’est une question de patience pour les apprivoiser.
Les appareils plus récents comme le Zorki 6, le Fed 3b, le Fed 4b seront peut-être plus simples de prime abord.
Si vous n’avez pas lu les articles dont je vous notais les références en début d’article, je résume :
le Fed 4b possède déjà une cellule, non couplée mais fonctionnelle. C’est une bonne aide pour s’initier à l’argentique
Le Zorki 6 a deux petits avantages, même s’il n’a pas de cellule : le dos est monté sur charnière (plus facile pour mettre le film) et vous ne devez plus réfléchir à armer l’appareil avant de modifier les vitesses
Vous pouvez vous baser sur ces quelques explications pour partir à la découverte mais rien ne vous empêche, à travers vos lectures des sites mis en référence, d’essayer d’autres modèles. Je n’ai voulu que vous donner des pistes de réflexion, des trucs et astuces pour trouver celui qui partagera vos déambulations photographiques.
Enfin, les prix de ces appareils sont encore contenus sur les différents sites de vente (Ebay mais aussi le site russe Meshok – prévoir un traducteur !). Ce qui vous permettra de choisir une bonne optique pour accompagner votre appareil.
Prenons un exemple simple : un Fed 4b se négocie autour de 60€ avec un Industar 61. Si vous cherchez un Leica M5 (lui aussi avec cellule – couplée ici), vous tournerez autour des 1200€ boitier nu !
Y a pas photos, comme on dit … et tous les appareils russes peuvent aussi être réparés et réglés. Un site incontournable à cet effet : Oleg Photocameras.
A vous de faire vos propres explorations et bon amusement.
En février de cette année (2020), je vous proposais un petit comparatif subjectif de télémétriques argentiques.
Las, la saison était mal choisie, un vilain et minuscule virus allait tout bousculer et boucler pour de longs mois.
Ces moments de retraites forcées ont été bénéfiques, car j’ai pu – à loisir ! – essayer les différents appareils, mais pas en voir plus ou moins rapidement, les résultats photos. Les labo n’étant pas considérés comme commerces essentiels, ils étaient fermés. Et donc, les pellicules ont attendu sagement, au frigo, que des temps meilleurs nous reviennent.
Finalement, quasi à la mi-juin, j’ai pu confier ces précieux films à New Prodia, mon « petit » labo de prédilection (ben oui, ils sont compétant, sympas et tout près de chez moi, que demander de plus ?) Un petit coup de fil plus tard, ils me prévenaient que tout était développé et que je pouvais passer prendre connaissance de mes recherches, analyses fines et tests très (peu) scientifiques sur les meilleurs télémétriques du … Monde !
Pour mémoire, étaient en lice :
un Leica III f de 1951
un Zorki 1c de 1953
un Leica M3 de 1957
un Canon P de 1958
un Leica M5 de 1973
un Zorki 4K de 1974
un Kiev 4AM de 1982
Finalement, je n’ai pas essayé le Kiev 4AM mais j’ai ajouté un Leica M6 de 1984 et un Zeiss Ikon ZM de 2006.
Petit résumé de mes sensations avec ces appareils :
Nom
Esthétique
Maniabilité
Réglages
Visée
Résultats
Leica IIIf
+++
++
+++
++
10
Zorki 1c
+++
++
+++
++
10
Leica M3
++++
++
+++
++++
13
Canon P
++++
++++
+++
++++
15
Leica M5
+++
++
++++
++++
13
Zorki 4K
++
+++
++
++
9
Kiev 4AM
++
+++
++
++
9
Leica M6
++++
++
+++
++++
13
Zeiss Ikon ZM
+++++
+++++
+++++
+++++
20
Bon, je vous ai bien dit que c’était très subjectif …
Esthétique, ben oui, ça compte ! Autant avoir un bel appareil en main …
Maniabilité : ici, j’ai tenu compte de la facilité d’utilisation des appareils, en me souvenant que certains étaient âgés. Par contre, je trouve toujours inutile de charger un appareil par la semelle dans les années ’80 à 2000 !
Réglages : là aussi, il faut tenir compte de l’âge de certains appareils mais – p. ex. un Zorki 4K n’a toujours pas de cellule en 1984 – aussi des commodités apportées – p. ex. la roue des vitesses affleurant le capot du M5, qui permet de régler celles-ci sans quitter le viseur des yeux.
Visée : au pays des télémétriques, c’est le plus important. Les plus vieux appareils sont battus sans concession (même si leur visée apporte un certain charme) mais pour les autres c’est une question vitale. Le M3 a introduit un standard qui a été longtemps un absolu. Seul le Zeiss Ikon ZM fait encore mieux.
Résultat : simplement l’addition de mes « sensations »
Vous ne serez pas dupes de ma partialité dans ce comparatif, même si – vous en conviendrez – certaines de mes remarques en sont pas dénuées de bon sens !
Les photos développées sont mises en exemple près de chacun des appareils. Le résultat des prises de vues (au delà d’une esthétique qu’il vous appartient de discuter, éventuellement) donne des résultats amusants : le Zorki 1c fait mieux que le Leica IIIf; le Leica M5 fait part égale avec son ainé, le M6; le Zorki 4K est idéal pour tâter du télémétrique à prix contenu et ses qualités, certes moindres que les autres en scène, ne sont pas du tout médiocres; je n’ai pas eu envie de tester (encore) le Kiev 4AM, pourtant cousin très germain du Contax plus célèbre; et j’ai découvert un appareil vraiment séduisant avec le Zeiss Ikon ZM, véritable outsider qui a battu tout le monde sur le fil d’une découverte par hasard sur un site de vente en seconde main !
N’oubliez pas – encore – qu’un appareil photo n’est jamais qu’une chambre noire, plus ou moins sophistiquée et que l’objectif est aussi – parfois plus – important pour la délivrance de belles images. Dans ce petit test sans prétention autre que celle de nous divertir (et pourquoi pas d’apprendre certaines choses) le panel des objectifs, choisis cependant avec soin, étaient de toutes les époques mais avec les meilleurs de chacune, sans verser dans le superlatif, en tout cas en terme de prix (j’ai volontairement omis les objectifs Leica, hors budget).
Puisse ce petit aperçu vous donner envie de tester vous aussi ces fabuleuses machines à fabriquer de beaux témoignages de votre passage en tant que photographe …
Les Yashica Electro 35 ou les Canonet QL 17 – QL 19 G III, voire un Minolta Hi-Matic 9 sont presque trop faciles à utiliser et donnent de superbes résultats. Ils font partie de ces fabuleuses machines des année ’60 et ’70, avec déjà des automatismes, discrets et efficaces, mais avec des objectifs fixes.
Les télémétriques russes, c’est une autre tranche d’histoire, celles des années ’30 (même s’ils ont été fabriqués, pour certains, jusque dans les années 80).
Les sites qui en parlent sont en bas de page, comme d’habitude.
Si j’avais une remarque personnelle à faire, je voudrais modifier un peu ce que l’on présente généralement sur ces appareils, à savoir qu’ils sont des copies des Leica et Contax. Sans refaire l’histoire, rendons à César ce qui lui appartient : la plupart des appareils russes ont été construits, au début du moins, avec des pièces issues de prises de guerre (dont les usines en entier parfois). Stricto sensu, ce ne sont pas des copies mais des Leica ou Contax fabriqués en Ukraine (Russie alors). La suite nous montrera que, parfois, certains ont même évolués différemment des Leica produits au même moment.
Bref, j’ai commencé par un Zorki 4K (1974). J’avoue que c’est assez déconcertant, au début.
D’abord, il faut toujours penser à armer avant de modifier les vitesses, afin de ne pas tout abimer. Ensuite, il faut penser à modifier un peu la languette du film pour qu’elle s’accroche correctement dans la bobine réceptrice, amovible, heu… tout en gardant un œil (voire une main, mais bon, nous n’en avons que deux depuis trèèès longtemps) sur le dos de l’appareil, que l’on doit ôter pour la manœuvre. Puis encore, vérifier que le bouton de désolidarisation du mécanisme d’entrainement est bien remis à sa place pour pouvoir armer une ou deux fois avant de refermer.
Notez qu’utiliser un Leica n’est, à ce stade, pas plus facile : il faut aussi recouper la languette et la longueur de l’amorce du film, puis insérer cette languette dans une bobine amovible et qu’il faut ensuite glisser la dite bobine avec la cartouche dans l’appareil, en ayant ôté la semelle. Bref, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! Je parle ici des Leica des premières générations (I à III) mais aussi du célébrissime M3, voire même de modèle « plus récent » comme le M5 (soyons précis, ces deux modèles ne nécessitent plus de devoir recouper la languette du film, mais le chargement se fait toujours par la semelle). A remarquer qu’en 1958, un Canon P, p. ex., possédait déjà un dos à charnière, une bobine fixe et l’on peut changer les vitesses après avoir armé … copies, copies ?
Bon, revenons à nos Zorki. Si vous êtes tombé sur un bon exemplaire, c.-à-d. pas trop maltraité par les ans et les proprio successifs, tout le reste fonctionne bien : télémètre juste, déclencheur un peu rude mais pas si bruyant que ça et armement facilité, sur le Zorki 4k, par un levier, au lieu d’un bouton à tourner pour l’avancement du film sur les autres modèles. L’obturateur, comme sur les Leica, est en toile caoutchoutée, que l’on peut (doit) régler pour assurer la bonne tension. C’est là aussi un gage de discrétion lors du déclenchement, qui produit un « flop » assez bien amorti.
Vous aurez remarqué la taille du viseur. Sans être aussi confortable que celui du Leica M3 ou M5, il est agréable (avec correction dioptrique si besoin) mais la base du télémètre est plus courte que sur l’allemand (qui fait quand même près de 6,5 cm !), ce qui n’assure pas la même précision, quoique le « patch » soit aussi bien visible et assez facile à régler. Pour info, lorsque l’on parle de base d’un télémètre, c’est la distance entre la fenêtre dudit télémètre (ici la petite carrée quasi au dessus de l’objectif) et la fenêtre du viseur. Enfin, il n’y a pas de cadres collimatés (c-à-d inscrit sur le verre de visée pour voir le cadre de votre future photo) pour les objectifs autre que le 50mm. Si vous utilisez d’autres focales, il faut une tourelle, comme pour les anciens Leica, qui assure la bonne visée.
Ah, j’allais oublier, l’objectif : le mien est un Industar qui a manifestement déjà été démonté et remonté … approximativement car je n’arrive pas à mettre l’ouverture maximale (f1:3,5), mais bon, on s’y fait.
De toute manière, je travaille autour des 5.6, ça simplifie les choses.
Question rendu ? Bah, ça change – vraiment – de la précision chirurgicale des appareils modernes, mais quel charme, quel grain en NB.
J’y ai fait quelques aménagements, pour le rendre plus souple d’utilisation, comme tout simplement un bouton soft release sur le déclencheur (garni de « pointes » un peu inconfortables à l’usage, même si antidérapantes). Et comme je réfléchissais à un truc pour le porter facilement, car il ne possède par d’œillets pour y attacher une sangle, j’ai pu trouver une gaine en cuir. Heu, costaude la gaine, taillée dans un cuir épais, à l’odeur particulière (venant, paraît-il, des bains de tannage propres à la Russie). En tout cas, elle protège super bien et permets de porter l’appareil sans soucis (juste que ça rajoute un peu de poids à un appareil déjà pas si léger).
Dire que cet appareil était un peu désuet en 1974 peut sembler étrange, mais face à la concurrence japonaise, il n’avait plus aucune chance. Et pourtant le Zorki 4 K a sans doute été le télémétrique le plus fabriqué et le plus vendu au monde. Vous en trouverez de ce fait à des prix qui restent abordables sur les sites de vente.
Franchement, c’est une expérience à tenter, surtout au prix auquel ils sont proposés.
Et puis, il y eu le Fed 2 (1969). Là, on manipule un Leica III (enfin, c’est ce qui s’en rapproche le plus) mais pour – au moins – 100 fois moins cher !
Oui, vous avez bien lu, c’est un FED 2
Ne me faites pas écrire ce que je ne pense pas : ce Fed 2 datait de 1969 (produit de 1955 à 1970 avec quelques variations – 8 en fait). C’est un mélange entre la douceur des commandes d’un Leica et la large base télémétrique d’un Contax (ou Kiev), mais la régularité de sa fabrication n’est pas gage de fiabilité. Sa construction est loin des standards d’un Canon ou d’un Leica. Mais au prix où vous les trouverez parfois, c’est de la découverte assurée.
Son objectif est un Industar 26 M, pas vraiment réputé pour ses qualités optiques (certains le surnomment le « bouchon de boitier ») mais il a son charme. Et il va bien avec l’appareil … si, si, ça compte aussi un peu d’esthétique. Ici encore, il faut penser à armer l’appareil avant de changer les vitesses, sinon, salade de pignons en perspective ! Ceci étant, vous pouvez monter dessus n’importe quel autre objectif en standard Ltm 39 et il y en a de très bons (Jupiter 3 ou Jupiter 8, notamment).
Kiev 4 AM de 1982
Pour continuer mes russeries, j’ai eu la chance de trouver à prix abordable un Kiev 4am. Nous sommes chez Contax, mais version soviétique (dans les années ’80 tout de même). La particularité de cet appareil, outre d’avoir gardé une ligne issue des années ’40 jusqu’au seuil des années ’90, c’est sa base télémétrique très large. Je crois ne pas me tromper en disant qu’elle est sans doute la plus large d’un appareil « grand public » : près de 7 cm de long, ce qui donne un très bon rendu d’image, même si l’œilleton de visée paraît très petit. Et, petite particularité mécanique, vous pouvez régler la distance sans devoir toucher le fut de l’objectif : une petite molette – il est vrai pas vraiment bien placée – permet de faire tourner l’objectif lors de la mise au point. Je vous dis pas la mécanique de précision qu’il y a derrière tout ça …. Il était équipé d’un Hélios 103, ouvrant à f1:1,8, lui aussi des années ’80. Les Contax – Kiev possèdent une bague particulière qui assure un montage rapide et serein des objectifs mais qui est propre à ces appareils, ce qui limite la compatibilité. L’obturateur, comme sur le Contax, est à lamelles métalliques horizontales, qui donne un son assez sec, sans être très bruyant, lors du déclenchement.
Les appareils russes se vendent en quantité ( ce qui ne rime pas toujours avec qualité) sur les sites de vente bien connu. Souvent issus des anciens pays dits de l’Est, la plupart sont en bon état mais cela ne vous dispense pas de quelques vérifications lors de la lecture des explications du vendeur au sujet de son appareil. Notamment vérifier que le télémètre est juste, que les rideaux (toile caoutchoutée) ou lamelles (Kiev) sont en bon état, que les vitesses lentes sont fonctionnelles, que les bobines réceptrices sont bien présentes lors de la vente, par exemple.
Sinon, attrait garanti lorsque vous sortirez avec votre Fed, Zorki ou Kiev (pour ne citer que ceux que je connais et ai essayé). Mais prenez votre temps et redécouvrez les joies des cellules à main, de la règle des « sunny 16 », de l’hyperfocale … et bonnes photos.
Ce ne sont pas des appareils qui « vont vite », sauf avec un peu d’habitude. Pour les personnes nées après l’invention de l’autofocus, c’est un art de la patience qu’il convient d’apprécier.
Enfin, dernier avantage, mais non des moindres si vous investissez dans un bon exemplaire (je vous recommanderais un Zorki 1c dont je parlerai ailleurs), vous pourrez toujours monter les optiques prestigieuses de chez Leica, qui sont les montures à vis en LTM 39 (monture « Leica vissé » : Leica Thread Mount (LTM) ou Leica Screw Mount (LSM) en anglais). Elles ont un prix – soyez attentif et raisonnable – mais comme vous aurez fait des économies sur le boitier …. Et, si les optiques Leica sont les plus connues, d’autres marques à l’époque, comme Voigtländer, Canon, Jupiter, etc. ont aussi créé des objectifs de grandes qualités.
Pensez quand même que la plupart sont sensibles au flare (pas de traitement multi couche comme pour les optiques modernes), que vous serez loin du rendu « millimétrique » des optiques développées pour le numérique, mais quel charme.
Voici une petite revue récapitulative des appareils cités :
de haut en bas : le Canon P- 1958, le Kiev 4A (avec cellule) – 1982, le Kiev 4AM (1982), le Zorki 4 – 1969, le Zorki 4K – 1972, le Fed 2 – 1969, le Zorki 1c – 1954, le Leica IIIf – 1951, le Leica M3 – 1957, le Leica M5 – 1973
Ben oui, dans la vie, faut parfois prendre des risques, alors je m’attaque au mythe du Leica M3 !
Si vous avez lu les articles précédents, concernant le petit comparatif des télémétriques que je vous propose, j’ai finalement eu en mains quelques beaux exemples de ces appareils réputés : du Zorki Ic au Canon P, en passant par le Leica IIIf, un Kiev 4AM et un Zorki 4K.
Mais me direz-vous, ce sont soit des Leica, soit des copies ! Oui, et non (mes lecteurs normands vont être ravis) car oui, Oskar Barnak a inventé un appareil compact en 1913 (le Ur-Leica) mais le premier télémétrique fut le Kodak Autographic Spécial (1916), et non, car dans les années ’30, Leica, Contax, Zeiss ont développés leurs propres modèles, qui ont inspiré d’autres constructeurs (Foca p. ex. en France) et suscité quelques copies, dont des appareils russes, mais aussi japonais (Nikon, Canon, Minolta,…).
Donc tous n’ont pas copié Leica mais beaucoup s’en sont inspirés, avec parfois des avancées que Leica a lui-même intégrées … après.
Ça, c’était avant 1953 car à cette date, Leica a présenté le M3. Qu’avait-il de plus ? Tout d’abord, il a inauguré une nouvelle monture, pour remplacer le vissage de l’objectif sur l’appareil, ce qui était plus rapide pour changer de focale et plus sûr (pas de risque de dévissage, même partiel, qui fausse la mise au point). La fameuse monture M était née. Autre avantage de celle-ci, elle améliore la précision du télémètre avec une correction automatique de la parallaxe. Ensuite, adoption d’un levier d’armement qui assure l’armement de l’obturateur et l’avancement du film, avec le déclencheur dans le prolongement de ce levier. Et, surtout, adoption d’un bloc viseur télémètre aux images confondues, qui supprime les deux « viseurs » des anciens modèles. Grâce à cette prouesse technique, l’image est claire et lumineuse, avec un cadre collimaté avec correction automatique de la parallaxe. Trois cadres sont disponibles, qui couvrent les champs des objectifs 50 – 90 et 135mm.
Oui mais, dès 1951, Zorki présentait le Zorki 3 M qui, s’il utilisait toujours la monture à vis, proposait déjà dans une seule et même fenêtre le viseur et le télémètre ! Ok, il n’était pas collimaté mais le principe était déjà là. Mais c’est une autre histoire …
D’autres améliorations sont à relever, comme la présence d’une « porte » au dos de l’appareil, qui permet de mieux insérer le film et celle-ci est munie d’un presse-film; le compteur de vue est interne et se remet à zéro lorsqu’on enlève la bobine réceptrice; le barillet des vitesses reprend toutes les vitesses (rapides et lentes ensembles, enfin !) et il ne tourne plus lors de l’armement et du déclenchement (on peut changer les vitesses avant ou après avoir armé).
Un bel appareil, en plus, esthétiquement, aux lignes assez intemporelles; mélange Art Déco, du streamline et de l’influence du Bauhaus.
Il connu bien sûr quelques modifications pendant sa carrières, et une descendance, mais le principal était là, dès le début. Il fut fabriqué de 1954 à 1966, à 226 178 exemplaires.
Cet appareil a reçu le meilleur accueil chez les plus grands photographes et il a ouvert une longue lignée de M. Quelques images et photographes célèbres, pour mémoire, que vous pourrez retrouver facilement sur la toile : la photo de Che Guevara d’Alberto Diaz Gutiérrez, dit Korda- 1960 (prise avec un M2, le petit frère du M3); le dernier concert des Beatles par Jim Marshall – 1966; une fleur contre des fusils de Marc Riboud (prise avec un M4, le successeur du M3) – 1967.
De nombreux photographes de Magnum ont utilisé le M3 et son petit frère, le M2.
Pourtant ses jours étaient comptés car un nouveau venu pointait le bout de son nez ; le reflex, dont le fameux Nikon F (1959) puis le Canon F-1 (1971) et ils allaient le remplacer sur la plupart des fronts de guerre.
Cependant, le M3 a gardé de nombreux adeptes, tant en reportage qu’en photo familiale, et en photo de rue, où il excelle par sa discrétion (taille et silence de fonctionnement).
Utiliser un Leica M3, et les M argentique en général, c’est une démarche, au delà de l’aspect snob que d’aucun attache à la possession de ces appareils. Il faut avouer que Leica est cher, très cher (et toutes les raisons données n’enlèvent pas les zéros à ajouter au premier chiffre !). Il faut souvent se résoudre à se tourner vers l’occasion, ce que j’ai fait, vous me connaissez maintenant. Les bonnes occasions existent toujours, même s’il est parfois nécessaire de mettre la main à la pâte.
Les premières photos du M3 que j’ai acheté montraient des signes évidents de pertes importantes dans la vulcanite (le revêtement granuleux en caoutchouc cuit). Un petit coup sur le côté (près du compteur de vue), ce dont j’avais été averti lors de l’achat (les vendeurs allemands, comme les Japonais, sont d’une extrême correction, en général), mais il était précisé que l’appareil fonctionnait parfaitement (visée, vitesses, soit le principal somme toute). Quelques recherches sur le Net pour voir comment faire, une bonne adresse pour les nouveaux recouvrements (http://www.aki-asahi.com/store/, c’est un incontournable, pour les mousses aussi) et me voilà recevant (en une semaine) le « covering » du Japon.
un bel exemple « d’avant – après » : remarquez la perte de vulcanite sous la monture et près du disque de rappel des ISO sur les 2 premières photo et le nouveau cuir sur les suivantes (et les initiales d’un propriétaire précédent)
De grandes feuilles de papier sur la table, quelques lames de scalpel pour faire sauter les morceaux et racler les restes de colle, puis des cotons tige avec de l’acétone pour dissoudre toute la colle restante et bien dégraisser le métal. Enfin, avec précaution, pose du nouveau cuir, d’un beau Navy Blue Crinkled Emboss, en cuir de vachette. Il est comme neuf et, je pense, discrètement personnalisé. Ça m’a pris moins de deux heures, sans me presser. Faisable, non ?
Ceci étant, résumons-nous :
le Leica M3 a créé une rupture dans la lignée des télémétriques de la marque, introduisant des innovations qui le rendaient bien plus facile d’utilisation
c’est un bel appareil, fidèle aux principes du Bauhaus (la ligne épouse la fonction)
c’est un appareil solide, construit pour durer (et toujours réparable) même s’il n’est pas indestructible
c’est un appareil discret (bruit, taille) à défaut d’être léger (logique, il est tout en métal)
MAIS
les années ’60 ont sonné le glas de la plupart des télémétriques, supplantés par le reflex, plus polyvalent et souple d’utilisation
le Leica M3 s’est réfugié dans des niches photographiques, même s’il n’a pas tout à fait déserté les différents fronts de l’époque
sa qualité de fabrication – et celle de ses successeurs (même s’il y eu des ratés) – a créé une aura qui autorise la marque à pratiquer des prix … costauds !
et – encore plus paradoxal – un « club » d’inconditionnels s’est constitué autour de cette légende de qualité, qui acceptent ces prix exhaustifs, créant une sorte d’élite photographique
au delà des ces « esthètes » de la marque, il est intéressant de découvrir le mythe et de s’y frotter, en connaissant ses limites (usage des focales limitées, manipulations qui demandent un peu de connaissances en photographie à l’ancienne) et le coût que cela représente, mais qui reste comme un investissement (le prix de revente est quasi toujours garanti).
Ma conclusion, toute personnelle, enfin : j’ai pris beaucoup de plaisir à manipuler cet appareil, à lui rendre un aspect discrètement plus moderne, mais je n’aurai aucun remord à le revendre car je trouve le Leica M5 plus adapté à ma pratique photographique.
J’ai déjà eu l’occasion d’avoir un Zorki en main, un 4K en l’occurrence (de 1974). C’était ce qui se rapprochait du Leica M3, du moins par la forme (je vous renvoie à la rubrique « les télémétriques russes » pour sa description). Avec quelques particularités, par rapport au M3, notamment un correcteur dioptrique, que ne possède pas le Leica. Mais soyons de bon compte, le Leica M3 datait de 1954 et le Zorki 4K fut fabriqué de 1972 à 1978 (à 524610 exemplaires). La construction était moins rigoureuse, moins bien ajustée, mais cela lui donnait un charme et – paradoxalement – une certaine robustesse, pour autant que l’on ai respecté la règle de toujours armer avant de modifier les vitesses. Et puis le Zorki 4K était lourd, pas spécialement facile à charger (il faut ôter la semelle, insérer l’amorce dans une bobine amovible, réintroduire le tout, remettre le dos, fermer les 2 clés de sécurité, armer/déclencher une ou deux fois et c’est parti).
Avec le Zorki 1, c’est une autre époque : celui-ci date de 1951 et il copie le Leica II qui date de … 1932 ! Il fut fabriqué de 1948 à 1956, à 835.502 exemplaires (pas mal non ?). Le mien date de 1951, c’est donc un Zorki 1C.
Deux exemples ici de Zorki Ic avec leurs objectifs rentrant : un Industar 22 et sur l’autre un Fed. Ces objectifs sont des copies des Elmar de chez Leitz.
Si vous voulez photographier avec un appareil ancien, bien fabriqué (mieux que le Fed 2, qui est aussi une copie assez fidèle), surtout très abordable, c’est celui là qu’il vous faut, vraiment.
Soyons clair, il demande un peu d’adaptation : il y a 2 « viseurs » à l’arrière. Celui de gauche est le télémètre, celui de droite, le vrai viseur. Télémètre agréable à régler, avec un patch orangé bien visible. C’est une petite gymnastique à laquelle on se fait vite : un regard à gauche, pour régler le télémètre sur l’objet photographié, un regard à droite pour cadrer définitivement. Ah oui, après avoir armé – et vérifié sa cellule à main – nous pouvons modifier la vitesse. Clic ! la photo est dans la boîte.
Les deux « viseurs » étaient la règle chez Leica et les concurrents de l’époque. C’est le Leica M3 qui modifia la donne, en 1954. Ce n’est donc pas exceptionnel si vous voulez tester de vieux télémétriques.
Ci dessous, à gauche le Zorki Ic et à droite le Leica IIIf, vus de face et de dos. Notez les deux viseurs à l’arrière, relativement éloignés pour le Zorki, plus proches pour le Leica.
Pour le charger, c’est comme pour les anciens Leica aussi : débloquer la clé de sécurité sous la semelle, ôter celle-ci, retirer la bobine amovible et … modifier l’amorce (10 cm) pour faire entrer le bout de celle-ci dans le ressort de la bobine puis glisser – en même temps – la cartouche et cette bobine dans l’appareil, en faisant glisser l’amorce dans une fente au dos de l’appareil. Bon, ça à l’air compliqué mais on s’y fait vite (paradoxalement, plus facile qu’avec le Leica M5). Vous remettez la semelle, armez et déclenchez au moins deux fois, pensez à mettre votre compteur de vue à zéro, et c’est prêt. Si vous trouvez ça difficile, rassurez-vous, il y a plein de tutos sur la toile.
En haut, la semelle avec sa clé de sécurité, le ventre de l’appareil en dessous et tout en bas la même chose sur le Leica M3, avec le dessin particulier de l’amorce (à couper suivant le pointillé – à noter qu’il existe un appareil spécialement dédié à cet exercice, un Ablon (Leica) qui coûte très cher en vrai mais dont il existe des copies réalisées sur des imprimantes 3D; faut fouiller un peu sur la toile pour les trouver)
Un mot sur le déclencheur : il n’est pas bruyant, un simple clic assez doux (rideaux de l’obturateur en caoutchouc, comme le Leica). Pour réarmer, il suffit de tourner le gros bouton de chargement. Honnêtement, y ajouter un « soft release » assurera une meilleure sensation au déclenchement, mais ce n’est pas obligatoire.
Par contre, pour le porter, il convient de trouver une sacoche en cuir car l’appareil n’a pas d’œillets pour y attacher une lanière. Ceci étant, il n’est pas lourd (534 gr avec l’Industar 22 et un film de 24 poses) et si vous y avez monté le même objectif que le mien, celui-ci replié, vous le mettez dans une poche de blouson sans soucis. De plus, la sacoche, si vous pouvez en trouver une, est du plus bel effet : c’est un magnifique cuir, généralement bien patiné.
Le détail de cet objectif étonnant, qui se replie sur lui-même. Pour le mettre en œuvre, vous tirez sur le fût et effectuez un quart de tour sur lui-même pour le bloquer en position sortie. La bague de réglage comporte un bouton pour aider à la mise au point (il suffit de le pousser d’un côté ou l’autre pour faire la mise au point)
Voilà. Je suis sorti aujourd’hui avec cet appareil et il m’a agréablement surpris, tant par sa maniabilité que par son agrément d’utilisation, malgré la petite gymnastique pour viser (et le charger). L’Industar 22 permet de régler rapidement la mise au point, surtout parce que le patch du télémètre est bien visible. Ceci étant, vous pouvez y installer d’autres objectifs, comme un Jupiter 8 ou un Jupiter 3, mais si vous gagnez en luminosité, vous perdez en compacité. Je l’ai gardé en main pendant toute la balade (10km quand même) sans qu’il ne pèse. J’avais juste pris la précaution d’emporter une cellule à main (j’avais oublié ma réglette du sunny 16 !).
Je n’ai pas pu terminer le film mis dans le Zorki. J’en profiterai pour installer le Jupiter 8 et le Jupiter 3 pour finir le film. C’est un film couleur 200 Asa, dont la date d’expiration était mai … 2005 !
La suite bientôt donc. Quoiqu’il faudra attendre encore un peu : nous sommes le 17 mars 2020 et la Belgique vient de passer en mode confinement, jusqu’au 05 avril, en théorie. Tous les commerces non essentiels seront donc fermés, et zut !
Voilà, comme je vous l’avais annoncé, j’ai reçu quelques pépites que j’ai envie de partager avec vous (article daté de février 2020, pour vous situer dans le temps).
Le facteur a déposé ce matin un Leica M5, un Zorki 1c et, il y a quelques jours, un Leica IIIf.
Quelques mots – juste pour vous faire saliver un peu – sur ces appareils :
le Zorki 1c est la copie conforme du Leica 2. Il est généralement plus apprécié qu’un Fed 2 parce que sa fabrication en est plus précise et soignée. Et, c’est vrai, c’est un bel appareil. Celui que j’ai reçu possède aussi sa gaine en cuir, du plus bel effet, car bien patinée par le temps (les photos suivront bientôt).
Le Leica III f est un des derniers Leica dit « à vis ». En effet, le Leica M viendra sous peu avec une baïonnette spécifique (1954), qui sera un nouveau standard pour les télémétriques. Même si Leica a prévu que la plupart des anciens objectifs à viser (le standard LTM 39) puissent être utilisés avec la nouvelle monture, moyennant une bague d’adaptation particulière. Et pour être précis, le dernier Leica à vis sera le Leica III G, apparu après le M3 mais qui fut un « champ du cygne » (produit de 1957 à 1960).
Le Leica M5 est un peu « hors catégorie » dans le match. Il est plus récent (1971 – 1975) et, surtout, il fut le premier Leica doté d’une mesure TTL (abréviation de through the lens, à savoir mesure d’exposition à travers l’objectif). Ce qui ne fut pas du goût des « puristes » de la marque, d’autant que sa forme était différente du standard de l’époque, le fameux Leica M3. Pour tout vous dire, il ne fut pas un grand succès commercial et d’aucun tente de lui imputer le risque de faillite de la marque qui s’en suivi. Les mauvaises langues ! Ceci étant, c’est un excellent appareil, qui eu le malheur d’arriver peut-être trop tôt (c-à-d à une époque où l’électronique ne pouvait pas encore être miniaturisée comme de nos jours d’où sa forme un peu « lourde » selon certains).
Le Leica M3 que j’avais commandé est arrivé (mars 2020). Je pourrai ainsi faire le tour de ces légendes et vous les présenter. Car le M3 est – à lui tout seul – une légende. Les puristes de la marque vous diront qu’il est parfait : son design est, il est vrai, intemporel. Inspiré du streamline (vous savez, ce que l’on a appelé la ligne « paquebot », toute en courbe et ligne tendue) et du Bauhaus (la fonctionnalité fait la forme), il est compact, ergonomique (pour l’époque), épuré. Et, cerise sur le déclencheur, pensé pour le photographe de reportage (de l’époque, et nous sommes en 1954 !). Ici, un seul viseur permet la visée et le réglage du télémètre (contre deux pour le Leica III f par exemple, ou le Zorki 1). Les cadres de visée du 50mm – 90 – 135 sont visibles dans ledit viseur, qui est grand et confortable, au rapport de 0,91 – soit presque la visée humaine 1:1, ce qui est exceptionnel pour l’époque. Il est usiné avec précision et la plupart des appareils produits sont toujours fonctionnels (même si certains nécessitent un petit passage chez Leica pour un bon entretien).
Voilà une première présentation, rapide, de ces appareils, sur lesquels je reviendrai bientôt.
Bon, le comparatif se précise. seront en lice, finalement, par ordre d’ancienneté :
un Leica III f de 1951
un Zorki 1c de 1953
un Leica M3 de 1957
un Canon P de 1958 (déjà présenté dans la rubrique « mes appareils … » et dans « pour la photo de rue »)
un Leica M5 de 1973
un Zorki 4K de 1974 (déjà présenté dans la rubrique « les télémétriques russes »)
un Kiev 4AM de 1980 (déjà présenté dans la rubrique « les télémétriques russes »)
En haut de gauche à droite, le Kiev 4AM, le Leica M5, au milieu le Leica M3; devant, de gauche à droite, le Canon P, le Zorki Ic et le Leica IIIf
Et, pour corser le tout, nous n’oublierons pas les objectifs qui vont avec :
un Industar 22 F 5cm f1:3,5 de 1958 (c’est un objectif dit « rentrant » qui sied fort bien à la petite taille du Leica III f ou du Zorki 1c). C’est la copie russe du Elmar de Leitz, et il supporte bien la comparaison.
Un FED 5cm f1:3,5 rentrant, comparable à l’Industar 22
Un Jupiter 3 F 5cm f1:1,5 de 1958 (élaboration russe à partir de la formule optique d’un Sonnar Zeiss 50mm f1:1,5 et plus particulièrement, les objectifs entre 1956 et 1961 sont fabriqués avec des lentilles d’origine Zeiss)
Un Jupiter 8 F 5cm f1:2 de 1959 (un grand classique, performant et peu onéreux à l’achat)
Un Jupiter 8 50mm f1:2 de 1974 (idem, sauf que ce sera l’occasion de voir si les « nouveaux » sont aussi bons que les anciens)
Un Jupiter 12 F 3,5cm f1:2,8 de 1982 (c’est une optique basée sur le Biogon de Zeiss, bien plus abordable et qui ne déçoit pas, parait-il)
Un Helios 103 f1:1,8 de 1982. Cet objectif fut conçu pour remplacer les Jupiter 8 qui étaient la « dotation » des appareils Kiev (copie de Contax, pour mémoire). Il a la réputation d’être très bon, surtout en film couleur.
Un Voigtländer Ultron35mm f1:1,7 de 2015. Tout aussi performant que les Zeiss mais plus abordable (surtout en occasion). En monture M, il sera monté sur le Leica M5
Un Canon S 35 mm f1:2,8 en monture Ltm 39 de 1959. Redoutable parait-il. Et nous savons que Canon a une excellente réputation en matière d’optique.
Tiens, au fait, j’ai appris il y a peu que les premiers objectifs Hansa Canon étaient fabriqués par … Nikon ! Hé oui, Nikon était une compagnie d’optique très réputée et ils fabriquaient des microscopes de grandes qualité et précision (tiens, tiens, comme Leitz …). Je vous invite à découvrir cette histoire étonnante avec cette vidéo : https://www.qwant.com/?q=histoire%20de%20nikon&t=videos&o=0:bd185b9d9ca7fe8a9d7a52936caaa223
La plupart des objectifs russes assez récents ont une marque rouge (un P mais en cyrillique П) qui indique que ceux-ci ont reçu un traitement spécial des optiques (coating) pour diminuer le flare (ces taches qui apparaissent lorsque le soleil joue avec votre optique). Cette pratique est inspirée du marquage par un T rouge des optiques Zeiss. Si la plupart des objectifs modernes sont traités « multi-couches », auparavant une seule couche de traitement était appliquée qui, hélas, disparait parfois (même souvent) si les lentilles ont été, disons, nettoyées vigoureusement !
Les objectifs des Leica m’ont toujours semblé faire partie d’un monde abscons, limité aux seuls initiés de la marque et de ses arcanes. Ben non, finalement c’est simple : les noms correspondent aux ouvertures maximales (du moins pour ceux en monture M) :
Noctilux pour les f inférieurs ou égaux à 1
Summilux pour les f1:1,4
Summicron pour les f1:2
Summarit pour les f1:2,4
Elmarit pour les f1:2,8
Elmar pour les autres
Enfin, bien sûr, tous ces objectifs sont des occasions. Vous pouvez vous faire plaisir dans la fourchette de 40 à 300€ et découvrir de petites merveilles optiques que vous pourrez, moyennant des bagues d’adaptation, utiliser avec vos numériques sans miroir (sauf peut être le Jupiter 12, de par sa conception). Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des Fuji X et des Sony E montés avec ce type d’anciennes optiques. Mais ils sont le mieux assortis avec un bon vieil argentique, tels ceux dont nous parlons ici.
Bien que je ne le fasse pas entrer dans ce comparatif, directement (je l’ai reçu bien après ce comparatif), je vous invite à lire mes articles sur le Zeiss Ikon ZM, que vous trouverez dans « les nouveautés en un lieu » et dans la rubrique argentique –> les télémétriques.
C’était l’outsider par excellence et comme tel, il a pris la première place !
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