Argentique

Le Fuji DL-200

Première « vraie » brocante ce 3 avril 22 à Soignies. Franchement, chapeau aux valeureux exposants, cette nuit nous avons atteint en Hainaut les moins 6°C !

Mais c’est sous le soleil que nous déambulons dans les avenues du Parc Pater et si tous les exposants prévus (150) ne sont pas là, les courageux présents font aussi œuvre de charité car le coût des emplacements va au Télévie de Soignies. Perso, ça m’incite à acheter.

Par exemple ce Fuji DL 200.

Pourquoi lui ? D’abord pour son optique, un 32mm qui ouvre à f2,8 et ensuite … parce que je n’ai pas réussi à trouver, sur place, où on mettait la pile nécessaire à son fonctionnement d’autofocus des années quatre-vingt et quand ça m’intrigue …

Donc, une fois rentré à la maison, je le tourne et retourne à nouveau dans les mains pour trouver l’astuce : rien sur l’extérieur de l’appareil ne laisse supposer une trappe quelconque, il faut donc chercher à l’intérieur. Or, quand on ouvre la porte arrière, celle-ci se bloque grâce à un mécanisme que j’ai déjà vu sur d’autre appareil : en fait, c’est fait pour les chargements automatiques de l’époque, j’y reviendrai. En faisant sauter le loquet du système, la porte s’ouvre normalement et là je trouve la pile.

Enfin, les piles, car je tombe sur un « bricolage » assez étrange qui me fait penser que la pile d’origine ne va pas être facile à trouver …

Mais, ne brulons pas les étapes et découvrons ce petit appareil à la forme très typée années quatre-vingt et sympathique.

Un petit bloc, genre briquette, avec un cache objectif qui sert aussi d’interrupteur pour la mise en route ou éteindre l’engin. Il est facile à transporter, sa surface n’ayant aucune aspérité et son objectif étant protégé.

C’est typiquement un « point and shoot » de ces années-là. Mais il est doté d’un objectif de 32mm ouvrant à f2,8 (4 éléments en 4 groupes) reconnu pour sa qualité.

Sorti en 1983, il se nomme Fuji Cardia au Japon et Fuji DL-200 partout ailleurs. Les deux lettres « DL » signifient « drop in loading ». En fait un système de chargement ultra simplifié : vous glissez la cartouche dans l’appareil, amorce légèrement sortie et l’appareil se charge de tout, et même plus car il soigne les distraits ou les maladroits qui risquent d’ouvrir la porte arrière par inadvertance. En effet, lorsque vous introduisez un film dans le logement ad hoc, l’appareil pré-enroule le film sur la bobine réceptrice et les vues « rentrent » au fur et à mesure des prises de vue. Donc, si vous ouvrez l’appareil par erreur, ne seront gâchées que les vues non encore exposées.

Fuji présentait cet appareil comme le premier au monde à proposer cette technologie.

En outre, le boitier « lit » le codage DX du film (sensibilité de 50 à 1600 Iso), tout ça pendant les quelques 13 secondes pendant lesquelles il enroule votre film de 24 vues. Sympa, non ?

Ensuite, ce petit boitier est équipé de deux cellules, dirigées vers le film, et qui mesurent en continu l’exposition, y compris lorsque vous utilisez le flash.

Et puisque je parle du flash, il est automatique mais débrayable et vous pouvez décider quand l’actionner, par exemple pour un fill-in (débouchage des ombres).

La mise au point est, bien entendu, automatique, à partir de 60cm et elle est mémorisable (appuis à mi-course sur le déclencheur). Petit détail à remarquer, l’autofocus fonctionne aussi la nuit, ce qui n’est pas toujours le cas pour les appareils de ces années-là.

L’exposition est aussi automatique, programmée de 1/4s à 1/400s, avec synchro flash bien sûr.

Allez, je résume : un point and shot autofocus efficace, avec un très bel objectif, lumineux, un flash intégré et débrayable, facile à transporter.

L’appareil parfait ?

Eh non, M’sieurs – Dames, ça n’existe pas !

Car les ingénieurs de l’époque ont eu une idée tout à fait saugrenue : lorsque la pile rendait l’âme, vous étiez obligé de renvoyer l’appareil en usine pour qu’ils vous la changent !

Absurde n’est-il pas ? Bon, ok, ils ont corrigé le tir avec le Fuji DL-200 II (ou Cardia II) où l’on pouvait changer la pile soi-même, mais, et nous, on fait comment ?

Si vous avez bien regardé les photos ci-dessus, vous aurez, comme moi, découvert deux piles CR123A soudées. Ce que je pensais être un bricolage était en fait le montage d’usine.

A l’époque, Fuji estimait que ce montage permettait de prendre environ 1000 photos en utilisant le flash pour la moitié du temps, ou 8 ans en utilisation normale.

Ben, à mon avis, l’exemplaire que j’ai acheté a été remisé quand ses piles ont rendu l’âme. Heureusement qu’elles n’ont pas coulé.

La video ci-dessous vous montre comment contourner le problème. Perso, je penche plutôt pour une solution à une pile de 6v, je vais creuser.

Le viseur est bien clair, assez grand pour ce type d’appareil, avec un cadre bien défini et un point central pour indiquer la mise au point. Il n’y a pas d’indication sur les paramètres que choisit l’appareil, c’est habituel pour ce genre de boitier. Il faut lui faire confiance, mais il vous décevra rarement.

Si j’en crois les articles que j’ai pu lire pour préparer cette chronique, un autre soucis est le temps d’éveil : le bougre serait lent à se « réveiller » lorsqu’on le met en batterie une première fois. Près de 20 secondes ! En fait, le temps de charger ses condensateurs, dont celui du flash.

Le conseil étant dès lors de le réveiller avant votre séance photo, pour qu’il soit prêt à temps. Le constat vaut surtout dans des conditions de base lumière, moins quand il y a du soleil.

Mais je ne pourrai le vérifier que lorsque j’aurai trouvé la solution pour la pile, et le tester en vrai.

Que vous dire d’autre si ce n’est qu’il a existé avec un dos dateur qui, outre un certain embonpoint, ne doit plus être d’aucune utilité de nos jours.

Que penser au final de ce petit Fuji DL-200 ?

Si ce n’est le souci de la pile, qu’il faut résoudre si ça n’a pas été fait par un utilisateur bricoleur avant, c’est un beau petit appareil, très typé de son époque mais qui ne manque pas de charme, un peu désuet. Des exemples de photos que vous trouverez ci-dessous, il délivre de belles images.

Sa tenue est agréable, pas trop grand ni trop épais, le revêtement granuleux assure une bonne préhension. Le déclencheur est souple et bien placé.

Ne pas oublier de changer la mousse autour du témoin de film (la petite fenêtre à l’arrière) pour éviter les fuites de lumière. Pour le reste, c’est bien construit et solide, le plastique de qualité.

Remarquez la petite saillie en dessous du flash, pour éviter d’y poser les doigts quand on le tient en mains, une petite astuce bien pratique qui vous évite aussi de mettre un doigt devant l’objectif (si, si, ça arrive).

Reste qu’il faut en trouver un et ne pas avoir peur de prendre son fer à souder. Celui que j’ai acheté ne m’a coûté que 3,5€ car le vendeur ne le connaissait pas non plus. Mais j’imagine que vous devriez pouvoir le négocier dans les 15€ maximum, avec sa dragonne et, idéalement, sa sacoche.

Petite video d’illustration

Source : Collection-appareils, Camara janvier 1987.

Des exemples de photos ICI et LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par là-bas.

Quelques données techniques :

Objectif : Fujinon 32 mm f/2,8 (4 éléments/4 groupes)
Mise au point : Autofocus avec verrouillage de la mise au point, 0,6 m à l’infini.
Obturateur : Électronique programmé, 1/40–1/400 s, retardateur.
Mesure : mesure directe hors film à travers l’objectif.
Sensibilité du film : ISO 50–1600, définie par code DX. Films non DX exposés à ISO 100.
Flash : Flash TTL intégré, GN 10.
Alimentation : batterie au lithium 6 V intégrée.
Dimensions : 134 x 69 x 42,5 mm.
Poids : 265 grammes.

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Fuji_DL-200, https://filmphotography.eu/en/fuji-dl-200/, https://filmandsensor.com/oh-another-point-and-shoot-camera-fuji-dl-200/, https://www.newwavepool.shop/products/fuji-dl-200-35mm-film-camera?variant=33372566159446, en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=1641, en français

Argentique

Le Smena 8

Toujours sur la brocante de Soignies, j’ai aussi dégoté ce Russe. Oui, je sais, il y a embargo sur leurs produits mais celui-ci fut produit sous Leonid Brejnev, Anastase Mikoyan, Nikolaï Podgorny et encore ce bon vieux Leonid (entre 1963 et 1971, pour l’appareil). Y a prescription !

Je vous avoue que je ne pensais pas trouver tant de choses à écrire sur cet appareil tout en plastique, à la forme étrange, pas vraiment beau et qui sent bon l’appareil que je classe dans les « lomographiques », c-à-d. aux rendus sans doute très, heu … aléatoires ?

Mais commençons par la présentation illustrée de l’engin

1 – ouverture, 2 – vitesses, 3- objectif, 4- échelle de profondeur de champ, 5 -levier d’armement, 6 -déclencheur, 7 – aide mémoire du film, 8 – compteur de vue, 9 – Viseur, 10 – molette de rembobinage, 11 – corps de l’appareil, 12 – couronne des vitesses, 13 – échelle des distances, 14 – verrou du dos, 15 – prise de synchro flash (PC), 16 – levier du retardateur, 17 – contrôle de l’ouverture, 18 – échelle des distances

19 – griffe flash dite froide, 20 – compteur de vue, 21 – viseur, 22 – molette d’armement, 23 – bobine réceptrice, 24 – dos détachable, 25 – presse film

Comme ça, le décor est planté.

Un peu d’histoire pour commencer : le nom Smena (Смена) est celui d’une longue série d’appareils conçus pour être peu coûteux, simples à utiliser, faciles à produire.

Le premier de la liste sera produit en 1939, tout en bakélite. Conçu par Ilya Grigoryevich Shapiro, il s’inspirait d’un Kodak Bantam avec quelques améliorations comme un obturateur plus souple d’utilisation, la possibilité de faire la mise au point et un viseur intégré à l’appareil, mais moins « beau ».

Source : About Photography Legend, le Kodak Bantam Art Déco
Source : Wikipedia, le Smena premier du nom.

Presque tous les Smena furent fabriqués à Leningrad (l’ancienne St Petersbourg qui redeviendra St Petersbourg !) dans l’usine de GOMZ (Gosudarstvenniy Optiko-Mekhanicheskii Zavod ou fabrique d’appareils optiques).

Un mot au sujet de cette entreprise pour comprendre mon allusion à la lomographie : LOMO (en russe : ЛОМО), acronyme russe de Ленинградское oптико-механическое oбъединение (Leningradskoïe Optiko-Mekhanitcheskoïe Obiedinienie, signifiant Association optico-mécanique de Léningrad), est la principale entreprise russe d’optique instrumentale.

Localisée à Saint-Pétersbourg, c’était à l’origine une firme franco-russe fondée en 1914. Nationalisée en 1919, elle a pris le nom de GOMZ en 1930, puis celui de LOMO en 1962.

La particularité de cette société est d’avoir produit une gamme astronomique d’appareils avec néanmoins une certaine constance : des appareils peu coûteux qui visaient à introduire la photographie de masse dans l’Union Soviétique. C’est sans doute un des producteurs les plus prolifique au monde.

Entre temps, la seconde guerre mondiale est passée par là et même si l’usine de GOMZ fut épargnée de la destruction, il faut attendre 1953 pour que le même Ilya Grigoryevich Shapiro sorte un nouveau Smena.

Pourquoi avoir repris ce nom, qui signifie « changement » ? La petite histoire dit que la sortie de l’appareil coïncide avec la disparition du tyran Joseph Staline et que notre bon Ilya Grigoryevich espérait sans doute du changement dans la politique de son pays …

Le Smena donc repart et se « perfectionne » au fil des numéros, jusqu’au Smena 5 qui introduit le premier corps bicolore.

Source : Soviet Camera’s

Heu, si vous regardez bien cet appareil, vous constatez qu’il n’y a pas de molette de rembobinage sur le dessus (ni en dessous d’ailleurs) : le film terminé, vous deviez vous mettre dans une chambre noire, ouvrir l’appareil et rembobiner à la main le film. Sans doute économique mais absolument pas pratique !

Les spécialistes considèrent qu’il y a une première génération de Smena, du 1 au 4, et une seconde qui débute avec le 5 pour se terminer au 9. Avec, entre temps, des variantes qui présentaient des changements mineurs entre elles.

Mais venons-en à notre numéro 8. Le Smena 8 (nom écrit en cyrillique pour le marché intérieur ou romain pour l’exportation), qui sera aussi appelé Cosmic 35 pour le marché anglais ou Global 35, ou encore Revue pour le distributeur allemand Foto-Quelle, est clairement destiné à une production visant aussi l’Occident décadent.

Bref, avec toutes les variantes, on estime que plus de trente millions d’appareils ont été vendu sous appellation Smena. Un fameux record !

Ce qui est un avantage, car ces appareils sont tellement courant qu’on en trouve un peu partout, à des prix « démocratiques ».

Si je résume à cet instant la philosophie des appareils Smena, nous pouvons dire qu’il s’agit d’appareils « low cost » et simples, destinés aux amateurs peu fortunés mais qui veulent quand même un appareil avec un bon objectif.

Le Smena 8 est dans la tradition avec un corps en plastique qui, s’il ne pèse que 327gr, semble dense en main; avec un petit côté ergonomique – la simili poignée à gauche, ce qui est bizarre parce que le déclencheur reste à droite, mais permet toutefois une bonne prise en mains.

Détaillons un peu l’engin : la plaque supérieure est banale, avec un petit bouton de rembobinage sur la gauche, à côté d’une griffe porte-accessoires, un cadran de rappel de film et un compteur d’exposition combinés, et un bouton de déclenchement fileté, garni de petits picots. L’avance du film est réalisée par une roue à droite, sous la plaque supérieure.

Cette roue a existé sur d’autres appareils de l’époque, si ce n’est qu’ici elle est accessible par devant ou derrière l’appareil, pour une meilleure prise. Ce qui n’est pas du luxe car elle n’est pas très « fluide ».

En dessous, rien de bien particulier, sauf peut-être la douille pour fixer un trépied, qui est au standard 1/4″ et pas au standard russe de 3/8″. Exportation oblige.

Le déverrouillage du dos se fait en actionnant le loquet qui est sur la tranche gauche de l’appareil (en le regardant de face). Le verrou est efficace et tient bien mieux que celui du Holga par exemple (mais ce n’est pas un bon exemple).

C’est le dos complet que s’enlève pour accéder à la chambre, ce qui n’est guère facile car lors d’un changement de bobine, il faut le tenir à l’œil pour qu’il ne tombe pas, p. ex. Autre particularité, il y a une bobine réceptrice dans l’appareil, amovible, un peu comme sur les anciens Zorki, Fed et consorts. Notez que si l’exemplaire que vous avez acquis en est dépourvu, vous pouvez la remplacer par une bobine de film « classique ». Elle se place à gauche dans la chambre.

Je note toutefois que des rainures permettent un bon assemblage et je pense qu’il ne doit pas y avoir de fuite de lumière de ce côté là. Le pastique est costaud.

Autre particularité de l’engin, son levier d’armement ! Je récapitule : pour faire avancer le film, vous tournez la grosse molette, jusqu’à ce qu’elle cale car vous êtes à la vue suivante. Mais ce mouvement n’arme pas l’obturateur. Vous devez le faire vous-même avec le petit levier qui se trouve sur le côté de l’objectif (le point 5 sur le dessin du dessus). Enfin, le déclencheur ne sert qu’a libérer l’obturateur.

Et si vous voulez utiliser le retardateur, on recommence : avance du film avec la grosse roue, armement de l’obturateur avec son levier, armement du retardateur avec l’autre levier sur l’objectif (le point 16 du dessin) et déclenchement avec le bouton du dessus.

A croire que ce système a été inventé pour favoriser les doubles expositions involontaires !

Ceci étant, l’obturateur offre 5 vitesses, de 1/15s au 1/250s, plus une pause B. C’est un peu court, surtout avec nos films modernes qui peuvent proposer du 800 Asa, voire plus. Si vous avez choisi ces vitesses rapides, sachez que vous aurez intérêt à n’utiliser le Smena 8 qu’à l’intérieur ! Un film de 100 Asa sera plus utilisable s’il y a du soleil.

Allez, autre rayon des choses étranges, le réglage de l’ouverture de l’objectif, qui se fait en tournant la bague à l’avant de celui-ci. Comme les bons vieux Jupiter 12 ou les anciens Leica Elmar. Vous aurez donc toutes les chances de laisser à un moment ou un autre des traces de doigts sur la lentille.

Mais vous constaterez que le devant de cet objectif comporte de fait deux échelles : celle des distances (de f4 à f16) et une notée de 4 à 8.

On s’y fait car c’est finalement assez pratique, étrange mais utile. Plutôt que d’aligner des mots, je vous invite à regarder la video ci-dessous pour saisir l’intérêt de ce système, finalement assez génial à défaut d’être pratique.

Ah, un mot sur le viseur, très lumineux, et pour cause : il s’agit de deux verres plats, sans grossissement, sans aucune marque pour aider à la visée, rien ! Un tube, point barre. Ce qui va compliquer la vie des porteurs de lunettes car sans grossissement, ils ne verront jamais l’entièreté du cadre de visée.

Vous avouerez que jusque là, ce n’est pas encourageant pour tester cet engin étrange. qu’est-ce qui pourrait bien rattraper l’impression de « bidule » induit par le Smena 8 ?

Son objectif ! Un triplet T-43, soit un 40mm qui ouvre, comme je l’ai écris plus haut, de f4 à f16. Si vous regardez l’échelle de mise au point, à f8, vous serez net de 2m à l’infini; à f11, vous serez net de 1,5m à l’infini. Autrement dit, si vous oubliez de faire la mise au point, il y a de forte chance pour que vos images soient nettes quand même.

Au vu des exemples que je vous invite à découvrir ICI et encore ICI, le rendu des images est bon, voire très bon.

Bon, que penser de cet appareil ?

Selon les critères de chacun, il est franchement moche, vintage, décalé, mignon.

Comme d’habitude, les goûts et les couleurs …

Mais à part quelques bizarreries, il n’est pas si mauvais et pourrait même apporter son lot de (bonnes) surprises, pour autant que vous soyez conscient de ses limites.

Si j’ai écris un peu plus haut qu’il n’est pas rare, on n’en trouve quand même pas beaucoup en Belgique. L’Angleterre et l’Allemagne semblent avoir été de bien meilleurs marchés.

Donc, si vous tombez sur un exemplaire en bon état et que vous n’avez pas peur de l’exotisme, laissez vous tenter. Car vous l’emporterez pour une quinzaine d’euros tout au plus.

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Un peu de technique :

Ce modèle est similaire au Smena-6 , mais avec rembobinage du film ajouté, possibilité d’utiliser une seule cassette avec bobine réceptrice et système de blocage
Bouton de rembobinage contextuel
Obturateur : central, vitesses 1/15-1/250 + B avec synchronisation flash
Objectif : T-43 (Triplet) 40mm f/4 en trois éléments, avec couche de protection
Ouverture : f/4 – f/16
Retardateur +/- 10 sec.
Mise au point : 1 mètre à l’infini
Batterie : Aucune (pas de cellule)
Support Flash : griffe froide, synchro M et X

Des références : https://sovietcameras.org/smena-8/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Smena-8, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Smena_Series_by_GOMZ_%26_MMZ_%26_LOMO, https://www.mikeeckman.com/2020/10/lomo-smena-8-1963/ https://www.lomography.com/magazine/12138-smena-8, http://ussrphoto.com/Wiki/default.asp?WikiCatID=71&ParentID=1, https://www.commiecameras.com/sov/simplecameras/index.htm, https://oldcamera.blog/2017/05/27/cosmic-35-aka-smena-8/ en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=43, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Lomo/Lomo_Smena_8, https://fr.wikipedia.org/wiki/Smena, http://www.lumieresenboite.com/collection2.php?l=1&c=Lomo_Smena_8M en français

Argentique

Le Kodak Intamatic 355 X

Toujours dans la gamme des appareils « luxueux » des Kodak Instamatic, j’ai trouvé ce 355X chez un vide-grenier.

Brève négociation du prix et me voici à la maison, muni de mes traditionnels coton et coton-tiges imbibés d’alcool à 90° pour le nettoyer de fonds en comble (et il en avait bien besoin).

Petit tour du propriétaire pour constater qu’une pile se cache dans l’appareil, une 6v. Elle commençait à s’oxyder mais elle n’a pas coulé et le compartiment est intact, tant mieux.

Bien naturellement, il acceptera les Kodapak ou cassette 126, spécialement créés pour la gamme des Instamatic. Pour en savoir plus à ce sujet, je vous renvoie avec plaisir vers les autres Instamatic déjà vus sur le site : le 28, le 154, le 324, le 233, le 277X.

Son objectif est un fix focus de 43mm ouvrant à f11, ce qui autorise une netteté de vos images de 1,2m à l’infini, pour autant que le soleil soit de la partie. Sinon, comptez sur le flash, un Magicube.

Si vous avez suivi les autres Instamatic et mes quelques digressions à leur encontre, vous aurez remarqué que, généralement, s’il y avait une pile, c’était pour utiliser des …flashcubes qui ont besoin d’une alimentation électrique.

Or ici, double contradiction : il y a une pile mais les flashs sont des Magicube, qui n’ont pas besoin de courant.

Quelle autre explication à cette pile de 6v, une 4LR44 actuelle ?

Si vous regardez bien sur la façade de cet Instamatic 355 X, il y a un rond à côté de la marque, une espèce d’hublot près du viseur.

Serait-ce une cellule ?

Eh oui, sur cet appareil, fabriqué de 1971 à 1977, Kodak avait greffé une cellule au CdS qui contrôlait la vitesse.

Introduit en même temps que le 155X et le 255X, il aura la même longue carrière que ce dernier.

C’est clair, l’ajout de cette cellule était un atout : vous n’aviez plus qu’à visez, l’appareil calculant la vitesse d’obturation.

Et justement, parlons-en des vitesses de cet appareil : l’obturateur déclenche de 30 secondes (vous avez bien lu) au 1/300s. Il est donc possible de faire des pauses longues avec ce 355X. La preuve ? Un filetage pour un trépied est prévu dans la semelle et il y a la possibilité de fixer un déclencheur souple près du déclencheur classique.

Voilà qui ouvre des perspectives intéressantes …

Si, lorsque vous visez, la cellule détecte un temps de pause supérieur au 1/30s, un signal lumineux (un point rouge dans le coin inférieur droit du viseur) vous en averti, vous incitant à utiliser un trépied ou à placer un Magicube dans la prise au dessus de l’appareil.

Décidément, ce petit compact, qui ne paie pas de mine, a des réserves pour nous étonner !

Le plus fou de l’histoire, c’est que cette petite boite de plastique a traversé le temps, vraisemblablement ballotée sans trop de ménagements, et qu’elle fonctionne toujours : elle arme, déclenche, le témoin lumineux est bien là !

Seule la cassette en 126 devient délicate à trouver : les dernières ont été fabriquée en 2009. Ou alors, il faut passer par les manipulations que je vous ai exposées dans l’article sur le 233.

Franchement, ça me tente …

Plus vintage que ça, c’est difficile, non ?

Alors, vu la quantité de ces appareils que l’on trouve facilement, faites-vous plaisir, tentez l’aventure.Cela vous rappellera les temps anciens ou vous remplissiez les albums familiaux, voire cela vous rapprochera des gestes de vos parents ou grands-parents, qui ont illustré votre historie familiale de ces petites photos carrées pleine de charme.

Comme j’avais bien envie de tester cet appareil, en passant sur le site de vente bien connu, j’ai dégoté quelques cassettes en 126 … Fuji ! Des 12 vues en 100 Asa expirées depuis 1991. Gageons qu’elles aient été bien conservées, mais je vais tenter l’aventure avec elles.

Les pubs de l’époque (merci à Collection-appareils)

Source : Photo-Plait 1972
Source : Manufrance 1973

Les données techniques :

Production09/1971 – 1977        –        Kodak Germany et Royaume Uni
Type de film126
Format image28x28mm
BoîtierPlastique avec facade en métal
ObjectifRodenstock 43mm ouvrant à f1:11, fix focus
ViseurOptique
ObturateurElectronique de 30 secondes au 1/300e. Un signal lumineux prévient lorsque la vitesse descend plus bas que le 1/30e
PosemètreCellule CdS
FlashMagicubes
DiversPrise pour déclencheur souple

Bien qu’il soit très simple d’utilisation, voici le lien vers le mode d’emploi, ICI.

Quelques références : https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-355x/, http://www.appaphot.be/en/brands/kodak/kodak-instamatic-355x/, https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1194 en anglais, https://app-phot-col.com/boit_deta_5.php, http://glangl1.free.fr/Liste-KodakInst.html en français, https://www.fuorifuoco.it/kodak-instamatic-355-x/ en italien

Argentique

Le Kodak Instamatic 277X

Ben oui, je vous ai déjà écris que des Instamatic, vous pouviez en trouver dans tous les greniers, les brocantes, les tiroirs des parents et grands-parents, les vide-grenier, etc.

Rappelez-vous, plus de 50 millions d’appareils ont été produits entre 1963 et 1970 … ça laisse rêveur !

Donc j’en ai recueilli quelques uns, que j’ai eu envie de vous présenter.

Vous avez déjà pu lire les comptes-rendus des Kodak Instamatic 28, 154, 233, 324 … Aujourd’hui, ce sera le 277X.

Et si vous vous en souvenez, s’il est classé X c’est parce qu’il accepte les Magicube et qu’il n’a pas besoin de pile.

La forme est relativement identique à ses prédécesseurs : un corps en plastique et une façade en métal, chromé car c’était la grande mode dans les années septante (même le corps de l’objectif est chromé, en plastique, mais chromé !). Le chrome, c’est chic.

Cet appareil, produit de 1977 à 1985 sera décliné en deux versions : allemande ou anglaise selon l’endroit de production (Kodak Ltd pour le Royaume-Uni, Kodak AG pour l’Allemagne).

Ce qui les différencie tient à quelques détails :

Version allemandeVersion anglaise
La sérigraphie est de couleur noireLa sérigraphie est de couleur « cacao foncé ».
La languette de déclenchement du flash est légèrement plus grande et plus large que celle de son homologue anglais. 
La fenêtre de visualisation du film est toute lisse et entière alors que sur le modèle anglais il y a deux traits verticaux qui la traversent pour mieux cibler le centre du film.
source : Collection-appareils, selon T. Struss

C’est un des Instamatic produit le plus longtemps sans modifications.

Pour mémoire, la série Instamatic était très populaire car vendue à prix très bas, simple à utiliser grâce à sa cartouche (Kodapak ou cassette 126) et à la possibilité de monter des flashs eux aussi très simples d’utilisation, comme le Flashcube ou le Magicube.

Pas de surprises, il utilise la cassette 126 et son objectif est un Reomar de 41mm ouvrant à f6,6. Sur cet objectif, des réglages illustrés par des pictogrammes (5 comme d’habitude) permettent de régler le diaphragme selon la luminosité ambiante : de grand soleil à temps couvert.

A ceux-là s’ajoutent les distances pour l’utilisation du flash, le fameux Magicube.

Sa focale fixe ne nécessite pas de mise au point car ce type d’objectif repose sur une petite ouverture pour maintenir celle-ci nette. Ainsi, un objet à quelques mètres sera aussi net qu’un autre à l’infini.

Lorsqu’un Magicube était fixé à son sabot, un drapeau rouge, visible dans le viseur, vous le rappelait (et, honnêtement c’eut été difficile de ne pas le remarquer ! ).

L’exemplaire que j’ai trouvé chez un vide grenier était « tout nu », c-à-d. sans son « sac tout près », moulé en plastique pour le tenir au plus près. Une petite tigette métallique dans le boitier le clipsait à ce sac.

Il faut abaisser un petit levier, sur le côté pour ouvrir la chambre afin d’y glisser la cassette de film.

Attention, ne forcez jamais sur cette petite porte, tout en plastique car sa charnière peut vous lâcher (il n’y a pas de charnière métallique reliant le corps à la porte).

Elle comprend une ouverture qui permet de lire le chiffre de la vue en court car il n’y a pas de compteur de vues sur l’appareil.

Si nous nous arrêtons un instant sur sa fabrication, tout plastique moulé par injection, les prix sont forcément bas et la construction peut sembler légère. C’est une des causes qui a fait que beaucoup d’appareils ont été jeté, ou oublié dans des greniers, des tiroirs, des caisses (ça, c’est pour notre plus grand bonheur). Mais beaucoup ont péri dans des décharges ou des incinérateurs !

En résumé, nous avons là un bel exemple d’un petit appareil simple, qui fait le job sans complication et qui est resté suffisamment au catalogue que pour prouver son utilité.

Reste qu’il faut toujours compter sur le fait que la cassette en 126 n’existe plus mais je vous ai donné assez d’astuces dans l’article sur le 233 que pour pouvoir vous débrouiller et faire revivre ces petits boitiers sympathiques, que vous trouverez pour trois fois rien un peu partout.

Les pubs d’époque (merci à Collection-appareils.fr)

Manufrance 1977
Camara, 1979

Une petite video d’illustration

Des références : https://www.brocanteurdudimanche.fr/portfolio/appareil-photo-kodak-kodak-instamatic-277x/, https://www.danstacuve.org/test-de-linstamatic-277-x-une-histoire-familiale/, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/1444, en français, https://www.petervis.com/interests/Photography/Camera%20Technology/Kodak%20277X/Kodak%20277X.html, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Instamatic_277X, en anglais.

Argentique

Le Yashica MF-2

Les beaux jours vont revenir (si, si, soyons optimistes) et les envies de photographier léger aussi.

Léger mais argentique, pour le plaisir de sortir un bel appareil de son placard.

Alors voici le Yashica MF-2, un petit compact sympa dans sa robe noire, qui lui sied à merveille.

Cependant, restons de bon compte, nous ne sommes plus au temps de la splendeur des Yashica Electro 35, ni des Lynx, ni même des Minister D.

Ici le métal se fait rare (ouiiii la manivelle de rembobinage est en métal !) même si la construction reste très propre et tout est bien agencé.

Issu de la lignée du Yashica 35 MF (1977), son grand-frère sera le Yashica MF-1 (1979). Tous deux étaient à mise au point par des pictogrammes, indiquant des zones de distances (portrait, photo de groupe, paysage).

Logiquement, le MF-2 est un MF-1 simplifié car si le MF-1 possédait un programme d’exposition automatique, en utilisant la cellule de mesure CdS à l’avant de l’objectif pour faire varier à la fois la vitesse d’obturation et l’ouverture par le programme, sur le MF-2, la cellule de mesure sert uniquement à avertir de la sous-exposition, grâce à une LED rouge qui apparait dans le viseur, vous incitant à sortir le flash intégré.

Ici, s’il garde un objectif de 38mm, ce dernier ouvre à f4 maintenant. Ce n’est plus un Yashinon mais un Yashica Lens et c’est un fix-focus. Vos sujets devront être placé vers 1,5m pour être nets.

S’il n’y a pas de véritable contrôle de l’exposition, vous agissez quand même sur la sensibilité de la cellule, réglable de 100 à 400Iso.

Notons que les films ayant faits d’énormes progrès depuis la sortie de l’appareil, en 1980, vous n’aurez pas trop de soucis à vous faire, à moins de vouloir photographier, sans flash, dans un endroit particulièrement sombre.

Deux piles AA, très courantes, alimentent tant le flash que la cellule.

Un mot sur le flash, justement : afin d’éviter les yeux de lapin pour vos sujets, placez les à au moins 2m de l’appareil. Pour le mettre en route, une poussée sur le dessus du flash le libère et il se met à charger (bruit caractéristique de moustique). Heu … comptez jusqu’à 8 pour voir le témoin s’allumer, indiquant qu’il est prêt.

Pour la visée, un grand viseur avec un cadre assez lumineux à l’intérieur.. Hormis la LED rouge qui vous signalera le risque de sous exposition, rien d’autre à signaler. Ah si, le témoin du flash étant proche, vous le voyez sans quitter le viseur des yeux pendant la prise de vue.

Est-il toujours d’actualité ?

Oui si vous acceptez que le verrou pour ouvrir la porte arrière demande des petits doigts et un peu de patience (ou d’habitude, c’est selon). Pour le reste, c’est un beau petit compact des années quatre-vingt, simple d’utilisation mais qui donne de bons résultats, pour autant que l’on tienne compte de ses spécificités (voir les liens vers des exemples de photos ci-dessous).

Il n’est pas trop difficile d’en trouver, en bon état. Disons qu’avec sa lanière et son sac d’origine, vous ne devriez pas dépenser plus de 25€ pour un bel exemplaire.

C’est un petit compagnon facile à transporter et qui affiche gaiement son côté « vintage ». Si vous en trouvez un, prenez le avec vous, il ne vous décevra pas.

Source : Collection-appareils Phokina 1982-83,

Pour des exemples de photos prises avec cet appareil, c’est par ICI et par LA

Petite vidéo d’illustration

Quelques références : http://camera-wiki.org/wiki/Yashica_MF-2,https://camerapedia.fandom.com/wiki/Yashica_MF_2 en anglais, https://benber.fr/revue-yashica-mf-2/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard_eng.php?id_appareil=13098 en français

Argentique

Le Kodak Instamatic 233

Alors cet appareil, je voulais vous le présenter comme un grand clin d’œil à quelqu’un que j’apprécie – et qui se reconnaîtra.

Quand j’ai eu l’occasion non seulement d’acquérir le boitier mais aussi son emballage d’origine et ses accessoires d’époque, je n’ai pas résisté.

J’ai donc la chance de vous présenter l’appareil de quelqu’un qui a débuté la photographie avec cet Instamatic 233 et qui est devenu … photographe pour son – et notre – plus grand plaisir.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà tracé, rapidement tant l’histoire est riche, la genèse des Instamatic lorsque je vous présentais le Kodak Instamatic 28, l’Instamatic 154 et le 324.

Le Kodak Instamatic 233 fut fabriqué par Kodak Allemagne de 1968 à 1970, parallèlement au 133, qui était le prolongement du 33, un Instamatic tout simple (sorti en 1964) qui évolua peu, sauf en 33 X pour pouvoir utiliser le « Flashcube ».

Source : Photography Flashback Ici un Instamatic 104 avec un Flashcube.

Le 133 évolua aussi en 133 X pour pouvoir utiliser les « Magicubes », c’est à dire un Flashcube qui n’a plus besoin de pile pour fonctionner.

J’en profite pour une petite digression (vous me connaissez) à propos de ces flashs.

En effet, j’avais deux boites de flashs carrés, des Sylvana et des Osram. La première contenait 4 Flashcubes et la seconde, 4 Magicubes. Lorsque j’ai voulu installer les seconds sur le 233, ça ne collait pas tandis que les Sylvana entraient sans soucis.

J’ai donc voulu comprendre.

Auparavant, les flashs étaient constitués d’ampoules (ou lampes) flashs, que l’on insérait dans un support, parfois attaché à l’appareil.

Les premiers Instamatic utilisaient cette technique, comme l’explique cette vidéo :

Assez efficace mais pas pratique.

Toujours dans l’optique de rendre la photographie « facile » pour le plus grand nombre, la firme Eastman Kodak remplace, en 1965, ces anciens flashs par une invention de la société Sylvania Electric, le Flashcube.

Idée de génie que de réunir 4 ampoules flash dans un petit cube, divisé en quatre partie égales et munies chacune d’un réflecteur. Elles sont toutes montées à 90°. En actionnant le levier d’armement, on fait avancer le cube d’un quart de tour, exposant à chaque fois une ampoule neuve.

Cette technique supposait un contact électrique et une alimentation par une pile, insérée dans l’appareil.

Grâce à ce Flashcube, vous pouviez prendre 4 photos à la suite, avant de monter un nouveau cube et de repartir pour quatre autres photos. Vous pouviez aussi interrompre une série et reprendre ensuite le Flashcube pour terminer ensuite les ampoules non utilisées.

Très facile d’utilisation, propre et relativement économique, ce procédé ne souffrait que d’une contrainte : la pile dans l’appareil.

Pouvait-on aller plus loin et se libérer de cette pile ?

La réponse sera donnée en 1970 par l’invention du X-Cube ou Magicube. Si ce flash garde le même principe des 4 lampes dans un cube, qui tourne successivement à chaque armement, la mise en fonction de chaque ampoule est faite en libérant un ressort en fil de fer armé dans le cube. Le ressort percute une amorce à la base de l’ampoule flash (amorce en fulminate, qui détone sous l’effet d’un choc violent). Celle-ci enflamme une feuille en zirconium déchiqueté qui est en fait la source de lumière.

Si extérieurement les deux systèmes sont assez proches, ils différent notamment par leur base, les rendant impossible à interchanger dans les appareils.

Source : Photography Flashback : à gauche flashcube, à droite magicube.
Source : Lightstalking. Notez que l’auteur de l’illustration explique le mécanisme du Magicube mais l’intitule Flashcube. 1. le mécanisme qui asservi l’avancement du film à l’avancement des ampoules; 2. la collerette du flash; 3. le cran d’arrêt; 4. le cube qui contient les ampoules et les amorces de fulminate; 5. l’amorce de fulminate; 6. le percuteur qui viendra frapper les ressorts qui percuteront les amorces.

Voilà, j’espère comme moi que vous comprenez un peu mieux comment cela fonctionne et que vous aurez moins de difficultés pour trouver celui qui convient à votre appareil.

Pour en revenir à notre 233, il utilise les Flashcubes et passera aux Magicubes en devenant 233 X (1970 – 1971).

Deux modèles ont été proposé : le premier avait une molette pour ré-armer l’appareil tandis que le second héritera d’un levier, compact mais plus agréable à utiliser.

source : Philcameras

C’est un appareil en apparence simple mais qui révèle quelques belle surprises.

A commencer par son objectif, un Reomar de 41mm ouvrant à f6,6 (et non plus une lentille ménisque en plastique).

Ensuite, le 233 possède deux vitesses : le 1/40s pour la synchro flash et 1/80s pour le reste.

Puis, l’échelle des distances est couplée au diaphragme pour contrôle automatiquement l’exposition au flash. Sur le fut de l’objectif, 5 pictogrammes : soleil brillant sur sable clair ou neige, soleil brillant (ombres nettes), soleil faiblement voilé (ombres douces), nuageux clair (pas d’ombres), nuageux sombre ou ombre découverte (?!) et flash

Selon les conditions de lumière, il est recommandé de se tenir à 1m au moins de son sujet (soleil) ou 1,5m si la lumière est moindre

Une pile doit être insérée sous une trappe, à gauche du boitier, sous le viseur. Ces piles « Microdyn-Anode » 6V n’existe plus. On peut essayer de la remplacer par une 4LR44. N’oubliez pas que cette source d’énergie ne sert qu’à alimenter le flash et en son absence, vous pouvez parfaitement utiliser l’appareil.

Juste un mot encore sur l’objectif, qui est un »fix focus », c-à-d un objectif à focale fixe qui est un système sans dispositif de mise au point réglable. Ce type d’objectif est généralement utilisé dans les appareils photo compacts économiques tel celui-ci. Il a une très petite ouverture (f6,6 pour rappel) pour maintenir une mise au point confortable, ce qui donne des photos nettes dans une large plage. Cependant, une petite ouverture signifie également moins de lumière entrant dans la chambre, c’est pourquoi elle dispose de cinq réglages d’éclairage (les pictogrammes) et d’un flash pour les cas extrêmes.

Quant aux films, il s’agit des cassettes en 126 chères à Kodak et aux Instamatic.

Même s’il existe un mode d’emploi (dont vous trouverez le lien, ici plus bas), l’utilisation de l’appareil est simple : vous insérez la cassette dans la chambre, refermez le dos et armez plusieurs fois jusqu’à sentir un blocage, vous êtes à la première vue du film, vous réglez le diaphragme en fonction de la luminosité et vous visez pour placer votre sujet au milieu du cadre brillant qui est dans le viseur et vous appuyez doucement sur le déclencheur.

Et vous recommencez jusqu’au terme du film (maximum 24 vues), que vous devrez enrouler jusqu’à ce que le papier qui protège la pellicule soit « absorbé » dans la cartouche. Alors seulement vous pourrez ouvrir le dos de l’appareil, ôter la cassette pour la remettre à votre labo. Il est conseillé de ne pas exposer la dite cassette à trop de lumière lorsque le film est terminé (l’idéal étant de garder la pochette en papier pour l’y remettre quand vous le porterez au labo).

Si vous avez placé un Flashcube sur le boitier, vous devrez régler, sur l’objectif, le symbole du flash et placer votre sujet entre 1,2m et 4m. Notez que fonction de la distance, que vous réglez sur l’objectif, l’ouverture sera modulée par l’appareil.

Le viseur ne comporte aucune indication sauf un cadre brillant pour pouvoir composer votre image, en plaçant le sujet à l’intérieur de celui-ci.

Dans les années septante – et même encore à l’aube des années quatre-vingt – c’était typiquement un appareil que l’on offrait en cadeau aux plus jeunes, pour les anniversaires, les communions, par exemple.

Et les modèles plus « sophistiqués » étaient réservés aux dames !

J’ouvre ici une parenthèse car je ne voudrais pas me faire vilipender par la moitié de l’humanité : dans les publicités (surtout) des années cinquante et soixante, les as du marketing considéraient que les dames n’avaient pas besoin d’appareils photo compliqués, que les reflex 24×36 étaient réservés aux messieurs, « plus au fait de la technique ».

Oui, je sais, c’est très machiste comme réflexion mais replaçons la chose dans son temps (il y a soixante ans) et réjouissons-nous que cet état d’esprit ne soit plus de mise, …. enfin, j’ose l’espérer …

L’accroche de la pub dit  » si vous pouvez regarder, vous pouvez photographier »

Leur (apparente) simplicité permettait, selon les publicités, de se concentrer sur le cadrage et la prise de la photo, s’en s’embarrasser de « technique » puisque l’appareil s’occupait de tout !

En fait, avec un objectif de 41mm, finalement très proche de la vue humaine, et une ouverture de f6,6, couplée à une vitesse (hors flash) de 1/80s, votre mise au point est bonne de 1m à l’infini par temps clair.

Pour les autres situations, le recours au flash est utile.

Rappelons-nous que c’est un appareil principalement utilisé pour les vacances (dans l’esprit du constructeur) par temps ensoleillé !

La sensibilité des Kodapak était limitée à deux possibilités : du 64 Asa ou du 400. En gros, par temps ensoleillé, le 64 Asa et pour tout le reste du 400.

Ceci étant – et notre ami confirmera ou pas – l’Instamatic Kodak 233 ne s’en sortait pas si mal que ça, la plupart des photos étant tirées en 10x15cm maximum ou dans un charmant format carré de 9×9 si mes souvenirs sont exacts.

Je suis persuadé que dans vos albums de famille il se trouvent des photos faites avec cet appareil, ou ceux de sa génération (il y eut jusqu’à 80 modèles différents entre 1963 et 1970).

Ces appareils ont accompagné tant de personnes qu’il serait dommage de ne pas les ressortir, tout en étant conscient de leurs limites (nous sommes à des années lumières de la précision chirurgicale de nos appareils modernes) mais c’est ce qui fait leur charme, après tout !

De fait, j’ai trouvé chez un vide grenier des cartouches en 126. J’espère qu’elles n’ont pas été trop mal conservées car j’ai bien envie de tester ce Kodak Instamatic 233. Sinon, il restera la solution des cassettes rechargeables que j’ai expliquée dans l’article sur l’Instamatic 28

Et je me rappelle une anecdote, laissée par Salvatore, un ami, ancien photographe professionnel, qui possédait un labo : une de ses clientes faisait de magnifiques photos (composition, cadrage) avec un petit appareil identique. Un jour, on lui offrit un appareil sophistiqué, pour quelle puisse « aller plus loin » dans sa pratique. Et là, patatras, ses photos n’avaient plus aucun « sens » ! Tout simplement parce que son petit Kodak, elle le connaissait par cœur et il correspondait à sa manière de voir, le plus important en somme.

Alors, si comme notre ami, un jour, ce petit Kodak Instamatic 233 vous a amené vers la pratique de la photographie, il aura pleinement rempli son rôle.

De nos jours, vous trouverez des Instamatic dans tous les greniers, les armoires, les brocantes, les vide-greniers, … pour quelques euros. Et pourquoi pas tenter l’aventure ? Vous replongerez dans les années de votre enfance ou celle de vos parents, sans nostalgie, juste pour le plaisir !

J’espère que ce petit clin d’œil donnera envie à notre ami de trouver le moyen d’y glisser un film (ou une cassette, soyons fou) pour remonter le temps, celui de l’enfance et des plaisirs simples de la photographie d’alors.

D’autres publicités d’époque :

source : Philcameras
source : Collection-appareils, Odéon-Photos 1968-1969
Source : Collection-appareils, Manufrance 1969.
Source : Collection-appareils, Grenier-Natkin 1970

Petite video d’illustration

Production1968 – 1970      –     Kodak Germany / UK
Type de film126
Format image28x28mm
BoîtierPlastique, façade en métal
ObjectifREOMAR f:6,6 41mm, réglable à partir de 1,2m
ViseurOptique avec cadre lumineux
Obturateur1/40 (flash) – 1/80s
FlashFlashcube
DiversAlimentation par 1 pile « Microdyn-Anode » 6V ou une 4LR44 en 6v alkaline

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : https://mattlovescameras.com/kodak-instamatic-233-with-126-cartridge-film/, https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-233/ https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1177, https://www.lightstalking.com/flashcubes/ https://medium.com/the-grain/photography-with-tiny-explosives-dd7e6e4ffef6, https://eu.usatoday.com/story/tech/2013/03/29/instamatic-camera-50-years/2034585/ en anglais, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-123-Kodak_Instamatic%20233.html, http://glangl1.free.fr/Liste-KodakInst.html, http://kaftafex.free.fr/ampoulesflash.html, http://glangl1.free.fr/Pel-Form.html#126 en français

Argentique

Le Kodak Instamatic 28

Alors, celui-là, je l’ai (re)trouvé dans ma « caisse à brol » !

Entendez par là une grande caisse dans laquelle je retourne parfois car j’y ai entassé toutes sortes d’appareils recueillis souvent par hasard (des lots, des appareils reçus, trouvés, etc.).

Et donc, dans cette grande caisse, une boité jaune me fait de l’œil : celle d’un Kodak Instamatic 28.

Elle est neuve et ce qu’elle contient aussi : l’appareil n’a jamais été utilisé !

-« Kodak, mais c’est pas la firme qui faisait des films dans le temps ? »

Il n’y a sans doute que les moins de vingt ans pour ne pas connaître la célèbre marque jaune.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire de la marque, vous en trouverez des résumés très bien faits ICI et LA.

Retenons simplement que c’est grâce à Monsieur George Eastman et son génie des affaires que la photographie est devenue, très tôt, accessible au plus grand nombre.

J’écris « très tôt » car nous sommes en 1888, lorsqu’il crée le nom KODAK, qui ne veut rien dire mais fonctionne partout dans le monde. Grâce à l’invention du film « facile » – c-à-d. un film photographique sec, transparent et flexible, en rouleau – simple à utiliser mais aussi de l’appareil photo qui va avec, un appareil en carton, préchargé de 100 expositions, facile à transporter et à manipuler, résumé par un slogan publicitaire génial « You press the button, we do the rest » (Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste), il invente la photographie amateur.

source : Histoire des inventions

L’idée fantastique c’était de rendre le client « captif ». Par exemple, reprenons le premier appareil chargé de 100 vues : lorsque vous les aviez terminées, il suffisait de retourner l’appareil chez Kodak à Rochester, New York, où on développait le film et on vous renvoyait les photos tirées et l’appareil, rechargé. Le cycle recommençait.

Tout au long de l’histoire de l’entreprise, le même principe sera gardé : mettre à la disposition des clients des appareils simple d’utilisation, en grand nombre, pour diminuer les coûts, rendre accessible au plus grand nombre et pouvoir vendre des pellicules.

Cela a tellement bien fonctionné que même des appareils « bon marché » comme le Diana, distribué comme cadeau avec des produits ou services, ont été supplanté par les Kodak, notamment les Instamatic, vendus à des millions d’exemplaires.

Le premier Instamatic a été le 50, vendu en Angleterre en février 1963, soit un mois avant le modèle 100, lancé lui aux USA, qui sera le plus connu (et vendu).

La vitesse est de 1/90s, fixe, tout comme l’ouverture et la mise au point. Un système de flash sera ajouté au 100.

D’année et année, les appareils évolueront, par (toutes) petites touches. Il y aura même des modèles automatiques (série 800/804) vers la fin.

Pour vous donner une idée, un ordre de grandeur, plus de 50 millions d’Instamatic seront vendus entre 1963 et 1970, sous 80 modèles différents.

Et là, je ne vous parle que des appareils à cassette 126 car les Instamatic auront encore une longue carrière, jusqu’en 1990, avec les pockets (1972) qui utiliseront les films en cassette 110mm. 23 autres millions d’appareils seront vendus.

Si vous avez suivi – et je sais que vous êtes attentifs – Kodak a toujours voulu développer des appareils simplifiant la vie des photographes amateurs. Il a inventé le film souple en 135mm, en rouleau puis en bobine (les cartouches jaunes que tous les photographes de plus de 30 ans ont connu).

Et pour les Instamatic, il a développé un film en cassette, encore plus simple à utiliser : la cassette en 126 .

Une cassette en plastique dans laquelle un film en 135mm, dont on a modifié les perforations et doublé d’un papier qui reprend les données utiles (flèches indicatives, numéro de photo), permet de faire des photos au format 28x28mm. Avec elle, plus besoin d’insérer une amorce dans une bobine réceptrice, plus ou moins facilement : on ouvre le dos de l’appareil et on place la cassette dedans, on referme et c’est tout.

Kodak 126 open dropin shoot 700
source : Philcameras

La conception de la cassette protège parfaitement le film. Lorsqu’on arrive au bout, il est « absorbé » dans la partie où il s’enroule, pour éviter les fuites de lumière qui voileraient le film.

Au labo, il faudra casser la cassette pour en extraire la pellicule et la traiter.

L’appellation originale, sous laquelle la cassette 126 a été enregistrée par Kodak est le Kodapak.

C’est Hubert Nervin qui est à l’origine de cette invention, qu’il céda ensuite à Kodak. Elle fut inventée pour simplifier à l’extrême le chargement du film dans l’appareil, chose qui semblait effrayer les plus néophytes et les photographes vraiment amateurs (ceux qui ne faisaient que quelques photos par an).

Le film de 135mm est enroulé dans la cassette, avec un papier protecteur qui autorise la fenêtre prévue dans la cassette pour voir le nombre de vues effectuées (pas de compteur sur les appareils dès lors). L’avantage, puisque la cassette est asymétrique, c’est qu’on ne peut pas la monter à l’envers et que si, par inadvertance, on ouvre l’appareil, seule la photo « en cours » sera voilée, les autres étant protégées par la cassette et le papier qui est enroulé autour.

source :Kodak

Pour simple que cela paraisse, cette cassette a également incorporé l’un des premiers systèmes de détection de vitesse de film mécanique largement utilisés : à l’aide d’encoches sur la cassette, une vitesse de 64, 80, 125 ou 160 ASA est indiquée au boitier et permet de régler le mécanisme d’exposition de l’appareil photo. Soyons de bons comptes, toutes les appareils n’ont pas profité de cette fonctionnalité.

source : Kodak

Si la formule est attrayante, elle a quand même un grand inconvénient : la planéité du film ne peut être assurée car, prisonnier dans la cassette, il ne peut avoir de presse film efficace qui « plaque » la pellicule devant la fenêtre de la chambre.

Cette particularité n’avait pas trop d’importance dans les appareils Instamatic, extrêmement simplifiés (peu de réglages de vitesses, d’ouvertures). La « qualité » relative de ces appareils ne souffrait pas des inconvénients de la cassette 126.

Pour être complet, 4 reflex ont tenté l’aventure de la cassette 126 : le Contaflex 126, le Ricohflex, le Rollei SL 26, et le Kodak Retina Reflex Instamatic. Si les défauts de planéité étaient gommés par la faible qualité des optiques des Instamatic, avec des appareils plus « haut de gamme », ce n’était pas le cas. Ces appareils n’ont pas eu de succès.

Kodak a fabriqué cette cassette 126 de 1963 à 1998. Mais les dernières ont été fabriquées jusqu’en 2008 par la société Ferrania avec des pellicules Solaris.

Donc, à moins de tomber sur un stock, forcément périmé, de cassette 126, si vous voulez réutiliser vos vieux appareils – et ce serait dommage de ne pas le faire – vous devrez vous tourner vers des adaptateurs qui utilisent une pellicule en 135mm (il s’en vend sur Ebay p.ex. ou vous pouvez les « fabriquer » avec une imprimante 3D).

Ce qui a précipité la fin de la cassette 126 fut d’une part que les appareils photos des années quatre-vingt étaient pour la plupart pourvu de motorisation qui « chargeait » automatiquement les films et ensuite la mise sur le marché d’appareils jetables, préchargés d’une pellicule 24×36, qui avaient les mêmes qualités, sinon plus, que les appareils Instamatic ou Agfamatic.

Voilà, voilà … vous en savez plus maintenant sur ce « drôle » de film qui alimentait les Instamatic , et les Agfamatic, le concurrent de toujours qui dut faire « allégeance » au géant américain pour ce film.

Bon, et cet Instamatic 28 alors ?

Il est apparu en Grande-Bretagne en 1972 et il a sévit jusqu’en 1974.

Au pays des appareils simples, il est simplissime !

Un viseur sans aucune marque, un objectif ménisque (une seule lentille) de 43mm ouvrant à f11 avec mise au point fixe. Pas de griffe flash ni possibilité de greffer un flash cube comme sur ses petits camarades.

La seule chose que vous pouvez régler, c’est le diaphragme avec deux positions : soleil et soleil voilé.

Vous pouvez rarement vous tromper même si Kodak a prévu un mode d’emploi !

Un petit loquet en bas sur la tranche droite de l’appareil libère le dos, dans lequel vous glisserez la cassette. Vous armez avec le gros levier, au dessus. Selon la luminosité, vous réglez le diaphragme, vous visez et vous appuyez sur le bouton (une barrette) au dessus de l’appareil : clic-clac, c’est dans la boite !

Voilà, voilà … avouez que si je n’avais pas (un peu) brodé avant la présentation de cet Instamatic 28, je n’aurais pas eu grand chose à vous écrire.

Notez qu’il y a plus fort que moi, c’est le gars qui a tourné une video de plus de 5 minutes sur cet appareil !

A la question légitime « cet appareil est-il intéressant si on veut l’utiliser ? », je suis très tenté de vous répondre « non ». A moins d’en découvrir un dans l’état de celui que je vous montre, avec sa boite et neuf, ce qui peut faire le bonheur d’un collectionneur (d’un musée ?), cet appareil est très limité.

La gamme des Instamatic est suffisamment large que pour y trouver son bonheur. Voyez les 233, les 154 et leur drôle de moteur à ressort, les 324 et leur objectif ouvrant à f2,8, les 104 sur lesquels vous pouvez au moins adapter un cubiflash, ou les 355 X avec cellule CdS, par exemple (liste non exhaustive).

Le mode d’emploi

Si vous voulez tenter l’aventure de mettre du 135 en cassette 126, voici deux videos d’exemples (à faire en chambre noire bien évidemment).

La maison ne recule devant aucun bricolage pour que vous puissiez utiliser vos anciens Instamatic !

Les données techniques

Période de production : 1972-1974 – Angleterre
Type : compact
Format : 28×28 mm sur chargeur 126
Viseur : clair non collimaté
Objectif : ménisque 1:11 f=43 mm – mise au point fixe
Mesure de l’exposition : sans
Réglages : diaphragme soleil et soleil voilé
Sensibilité du film : 25 à 125 ASA
Obturateur : central à une seule vitesse
Déclencheur : sur l’obturateur
Flash : sans
Griffe : sans
Ecrou de pied : non
Armement : levier à une seule manœuvre
Ouverture du dos : par poussoir sur le côté
Dimensions : 108 x 67 x 52 mm
Poids : 177 g

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Instamatic_28, https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-28/, https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1185, http://Cet appareil photo fabriqué au Royaume-Uni est le seul modèle européen de la gamme à ne disposer d’aucune installation de flash, bien qu’il existe des paramètres « ensoleillé » et « nuageux ». https://kodak.3106.net/index.php?p=207 en anglais, http://fexmania.fr/picture.php?/1146, http://www.cameraboussat.fr/dossier_collection/cible_g.php?id=9&type=Instamatic, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Menu-Intamatic.htm en français

Argentique

Le Canon Snappy 20

Ça y est, encore un appareil extrait du capharnaüm de chez mes parents. Et quel appareil, un Canon Snappy 20 tout jaune !

Je le tourne et retourne entre mes mains fébriles car celui-là non plus je ne le connaissais pas, décidément …

Alors, souvent, les appareils de ce type sont étanches (les Minolta par exemple) mais attention, pas celui-ci. Il a un air de baroudeur, mais seulement l’air.

En ouvrant la trappe à piles, je déchante : elles ont coulé. Faudra prévoir un bon nettoyage et espérer que les contacts ne sont pas fichus.

Allez, j’embarque l’engin pour le regarder à mon aise, chez moi.

Manifestement, c’est un appareil voulu simple, tout est automatisé : le chargement du film, l’avance jusque la première vue, l’armement bien sûr et l’exposition, tout comme le déclenchement du flash. Et, in fine, le rembobinage, en fin de film, est automatique.

C’est un appareil destiné aux personnes qui ne veulent pas s’encombrer d’un mode d’emploi à rallonge : je mets le film dedans, je vise, j’appuie, clic-clac, c’est dans la boîte !

C’est typiquement un petit appareil de vacances : sa longue lanière permet de le porter autour du cou et son objectif, caché sous un volet de protection qui allume le boitier quand on l’escamote, évite un étui, toujours encombrant.

Pour autant, puisque je fais mention de l’objectif, celui-ci est quand même constitué de quatre lentilles, les trois premières étant même en verre (et bizarrement, la quatrième en plastique, y a pas de petites économies).

Bref, apparut sur le marché en septembre 1982, c’est un appareil compact soucieux du budget des acheteurs. Pourtant, cela n’exclut pas un brin de fantaisie et le Snappy 20 (un des premiers de cette célèbre famille) a existé en quatre couleurs un peu « peps » : jaune, bleue, rouge, blanche et pour les plus sérieux, en noir.

Tiens, en parlant de « sérieux », il faut savoir que le Snappy 20 est sorti quasi en même temps que le Snappy 50, plus performant (il est autofocus lui) mais qui lui n’a existé qu’en gris/noir.

Tout automatique, écrivais-je un peu plus haut, avec un objectif 35mm ouvrant à f4,5 et avec une mise au point fixe. Une diode signale si on risque la sous exposition et il faut allumer le flash, qui se déclenche alors automatiquement (le bouton orange glisse vers la gauche pour le mettre en batterie).

C’est donc un petit « point and shoot », qui a cependant retenu la critique, positive, de Popular Photography, qui écrivait de lui : « Dans ce cas, le nom dit tout. « Snappy » fait sûrement référence aux légions de tireurs d’élite à cartouche et à disque que Canon espère attirer vers le 35 mm avec ces modèles peu coûteux et hautement automatisés.
Assez compacts et plutôt beaux dans un plastique de l’ère spatiale, les Snappies ont un côté droit fortement quadrillé et profilé qui fait que la main tient un, euh .. . se casser. Le fonctionnement nécessite un minimum d’attention, bien qu’il ne soit pas aussi « sans décision » qu’avec les modèles Kodak Disc.
… Pour leur public cible de preneurs de photos auparavant non critiques, les appareils photo Snappy devraient être une révélation. La combinaison d’énormes négatifs 24×36 mm (comparativement) et d’appareils photo intelligemment conçus devrait donner des tirages beaucoup plus nets et plus fins que ceux auxquels ces photographes sont habitués. »

En 1984, une version spéciale dénommée SNAPPY 84 sortira à l’occasion des jeux Olympiques de Los Angeles.

Source : Philcameras.be

Très années quatre-vingt, ce drôle de petit compact fonctionne toujours. En effet, après avoir nettoyé les traces d’oxydation, j’ai remis deux piles AA et c’est reparti (sauf le flash, hors service) !

Il n’est pas vraiment discret mais il fait le job : viser, déclencher et garder un souvenir précieux (ou pas) de ses sorties.

En résumé, un petit appareil que l’on voit parfois fleurir dans les bonnes brocantes et qui garde un certain attrait (visuel et pratique) si vous voulez un compact facile mais de bonne qualité et – surtout – pas cher ! Vous devez pouvoir l’emporter pour 15€ maximum.

Faites juste attention au compartiment des piles, qui doit être propre et se fermer facilement.

Si vous en trouvez un, soyez curieux, prenez le avec vous.

https://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1350998224.jpg
Source : Collection-appareils, Photokina 1983 -84.

Les spécifications techniques

Appareil photo 35 mm à objectif fixe et obturateur entièrement automatique
Taille de l’image 24 x 36 mm
Mise au point fixe
Objectif 35 mm f/4.5 (4 éléments en 4 groupes), cache objectif rapide fourni.
Obturateur et ouverture programmés à commande électronique. Vitesses d’obturation contrôlables à partir de 1/20 sec. à 1/500 s.
Viseur galiléen inversé. Grossissement de 0,45x. Vérification de la batterie et témoin de tremblement de la caméra fournis.
EE SPC pour programme entièrement automatique EE avec deux vitesses d’obturation. Plage de mesure de 9,3 à 15 IL (à 100 ISO). Vitesses de film ISO 100 et 400.
Guide Flash intégré n° 11 (à 100 ISO en mètres). Lorsque le voyant d’avertissement de bougé de l’appareil photo s’allume, tirez le commutateur de flash pour activer le flash.
Source d’alimentation Deux piles AA de 1,5 V
Chargement du film : après avoir ouvert le dos de l’appareil photo, alignez l’amorce du film sur le repère, puis avancez automatiquement jusqu’à l’image 1 en appuyant sur le déclencheur. L’avance du film est automatique.
Compteur d’images par addition des vues. Se réinitialise automatiquement lorsque le dos de l’appareil photo est ouvert. Décompte pendant le rembobinage du film.
Rembobinage automatique avec le bouton de déverrouillage et l’interrupteur de rembobinage.
Dimensions &Poids 148 x 58 x 44 mm, 290gr

Petite video d’illustration

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Canon_Snappy_20, https://global.canon/en/c-museum/product/film108.html, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/3846, https://www.newwavepool.shop/products/canon-snappy-20-35mm-camera-serial-1420371?variant=39622558482518 en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-3380-Canon_Snappy%2020.html, http://www.philcameras.be/collection/collectionm/cde/canomm.html#snappy20 en français

Argentique

Le Minolta Riva Zoom 105

Encore un appareil trouvé sur une brocante, avec sa pochette d’origine.

Pour une fois, pas dans un pêle-mêle de brol mais bien placé sur une table, propre.

Heu … pour nos amis français et canadiens qui nous lisent, « brol » est un mot typiquement belge qui veut dire bazar, désordre, foutoir.

Heureusement pour moi, la pile était HS (sans avoir coulé) et donc j’ai pu négocier son prix.. Hop, dans le sac à dos !

Petit tour sur la Grande Toile pour trouver des infos, finalement assez chiches.

Et c’est un peu normal, car ce Minolta Riva Zoom 105 est dans la mouvance de ces appareils des années deux mille., qui se ressemblent beaucoup, quoique …

Que nous propose-t-il celui-là ?

Comme son nom le laisse supposer, un zoom. En l’occurrence, un 38 – 105 mm ouvrant de f4,5 à f11,8. Sa distance de mise au point est de 1m minimum, jusqu’à l’infini

Puis, il offre différents modes de prise de vue : portrait, paysage, mode nuit, rafale (1i/s), pause Bulb jusqu’à 60min… A cela il faut ajouter les modes flash, à savoir automatique, réduction des yeux rouges, activé ou désactivé. Et un retardateur d’environ 10 secondes

Son autofocus est assez rapide et précis.

Il est tout automatique, du chargement du film, à la lecture du code DX qui règle la sensibilité de la cellule de 50 à 3200 Iso, en passant par le rembobinage auto à la fin du film, et que l’on peut forcer en cours de route si besoin

Tout automatique aussi le réglage de l’ouverture et de la vitesse d’obturation grâce à la combinaison sensibilité/ouverture.

Son alimentation est assurée par une pile CR123, qui donne une autonomie d’environ 20 film de 24 pauses avec utilisation du flash à 50% (ça fait quand même environ 480 photos).. Le petit écran ACL (tant qu’à faire des traductions, ça veut dire « à cristaux liquides ») indique le niveau de la pile

Si vous suivez les appareils que je vous présente souvent, rien de bien nouveau.

Ah oui, un petit plus que les plus de 40 ans apprécient, un correcteur dioptrique de -3 à +1

Mais en y regardant de plus près, il y a quand même quelques détails intéressants.

Comme par exemple la possibilité de faire des doubles expositions, le verrouillage de la mise au point pour décaler celle-ci le cas échéant, le mode portrait avec cadrage automatique (ben oui, ça existait déjà), l’intervallomètre permettant de capturer des images avec un intervalle de 1 seconde à une heure, le décompte des secondes lors de l’utilisation du retardateur sur l’écran à cristaux liquides..

Il y eut aussi un modèle avec dos dateur à quartz, qui permettait d’imprimer directement sur la photo les indications Année Mois Jour, Jour Heure (24 heures), Désactivé, Mois Jour Année et Jour Mois Année. Mais là les ingénieurs ont été frileux car au delà de 2019, ce dos dateur ne sera plus utilisable.



Chasseur d’image lui reprochait à l’époque le déclenchement d’une diode en façade lorsqu’il faisait la mise au point et déclenchait.

Bah, si ça gêne tant que ça, un bout de gaffer et c’est joué !

Qu’en dire de plus ?

Il est finalement bien complet. Minolta a toujours eut bonne réputation pour la justesse de ses réglages. Utile à savoir quand on sait que l’appareil est tout automatique et que les infos de prises de vue sont inexistantes.

Le viseur, qui pourrait être plus clair est placé quasi à l’aplomb de l’objectif, c’est plus facile pour bien viser.

Voilà, voilà … un petit compact bien de ces « années-là », ni plus ni moins. Si vous en trouvez un, ne dépensez pas plus de 15€ pour un bel exemplaire avec sa pochette et sa dragonne.

Pour le reste, il vous accompagnera partout et vous ne craindrez pas de le faire souffrir si les circonstances le demandent.

Très coute video d’illustration

Des références : https://filmphotography.eu/en/minolta-riva-zoom-105/, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Riva_Zoom_105, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-13204-Minolta_Riva%20Zoom%20105.html, en français.

Argentique

Le Minolta AF 35 Big Finder

La suite de mes aventures lors de la brocante de Thuin. J’y avais déjà moissonné quelques petits appareils sympas, dont celui-ci.

Et j’avoue que je l’ai pris en clin d’œil au Nikon que j’avais déjà ramassé, le Nikon EF500SV que je vous ai présenté il y a peu.

Petit comparatif amusant

Comme ils ont été fabriqué tous les deux en Chine, on en vient à se demander si ce n’est pas la même usine !

Soyons clair tout de suite, cet appareil fait partie des « ultra simples » à utiliser : vous mettez un film, que le boitier charge lorsque vous appuyez par trois fois sur le déclencheur et arme jusqu’à la première vue, en ayant pris soin de « lire » le codage DX de la bobine pour régler la sensibilité de la cellule (100- 200 ou 400 iso), vous visez à travers un viseur extra large (le fameux « big finder » de la dénomination) et très lumineux, avec cadre collimaté, et puis vous appuyez sur le déclencheur … clic, clac, c’est dans la boite !

Le Minolta fait la mise au point sur le sujet visé. Ce n’est donc pas vraiment un fix-focus même si la focal est unique, en l’occurrence ici, un 27 mm ouvrant à f6,3 puisqu’il bénéficie de l’aide d’un autofocus.

Le système de mise au point automatique à infrarouge est et précis il maintient le sujet principal net de 70 cm à l’infini. De plus, le fait d’appuyer sur le déclencheur à mi-course et de le maintenir enfoncé verrouille la mise au point afin que le sujet puisse être positionné de manière créative n’importe où dans le cadre de l’image.

Il est petit, léger, facile à prendre avec soi, partout, tout le temps – ce qui donne envie de faire des photos.

Son flash automatique possède la fonction réduction des yeux rouges, mais vous ne pouvez pas le débrayer (gaffe dans les musées !). Il s’agit, comme souvent, d’une petite lampe qui s’illumine juste avant le déclenchement du flash, histoire de refermer les pupilles qui auraient tendance à s’agrandir trop sous l’effet du « coup de « flash ».

Lorsque vous arrivez en fin de film, pas de re bobinage automatique, il faut faire glisser le curseur sur la position ad hoc. Cette opération peut être effectuée à n’importe quel moment si vous deviez interrompre une pellicule

Cet appareil était généralement vendu pour les plus jeunes ou les personnes qui n’avaient pas envie de se compliquer la vie pour ramener quelques photos.

Et il est suffisamment fiable, comme vous pourrez le voir dans les exemples de photos pour lesquels j’ai posé un repère ci-plus bas.

Voilà, voilà ….

Un petit boitier tout simple mais pas mauvais, que vous pourriez trouver facilement dans un tiroir, chez des parents, des amis, ou en brocante. Si c’est le dernier cas qui vous en présente un, ne dépensez pas plus de 5€ pour un exemplaire complet (sac, dragonne).

Quelques données techniques (très proches de celles du Nikon EF500SV) :

Viseur largeConfort supérieur (grossissement 0,63X)
ObjectifVéritable Grand Angle
27mm f / 6,3
3 éléments en 3 groupes
FlashAutomatique en faible lumière
nombre guide 8 (100 ISO)
Réduction des yeux rouges (par lampe)
Mise au PointMise au point réglée à l’hyperfocale
Mise au point minimale : 0,7 m
ExpositionObturateur : 1/100 sec.
FilmCodage DX 100 à 400 ISO
Alimentation2 piles alcalines type AA

Petite video d’illustration

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI

Quelques références : https://www.lomography.com/magazine/144245-minolta-af-35-big-finder-my-party-camera, https://www.geocities.ws/deltaastro/minoltaaf35bigfinder.html

Argentique

Le Nikon EF500SV

Ce petit boitier, c’est aussi lors de la brocante de Thuin que je l’ai ramassé.

Il avait une bonne tête et je n’ai pas souvent des Nikon à vous proposer. Petite négociation, pour la forme, et hop, dans le sac à dos !

Après les quelques compacts zoom que je vous ai proposé récemment, voici un compact sans.

Un qui renoue avec la bonne vieille tradition des « point and shot » d’antan, sauf qu’il présente un grand angulaire (28mm) en fix focus (pas de réglage de distances).

Ce Nikon EF500SV (ou Nice Touch 5 outre Atlantique) est le successeur du EF400SV (là, il y a une certaine logique !), sorti en 1999 et qui proposait déjà les mêmes options, sauf le retardateur ajouté au petit dernier.

Et on pouvait aussi le trouver en version avec un dos dateur, mais bon …

En résumé, c’est donc un fix focus avec un grand angle de 28mm ouvrant à f5,6 (pas spécialement lumineux) mais avec une énorme profondeur de champ car la distance hyper focale est réglée à 1,4m, la profondeur de champ s’étendant de 0,7m à l’infini.

Il possède encore un petit flash, que l’on peut débrayer.

Nous pouvons encore retenir un viseur très large et clair mais dans lequel vous n’aurez pas pléthore d’informations, juste le cadre collimaté.

Je ne résiste pas à re noter le laïus publicitaire de l’époque :

« La prise de vue pour tous ! Avec l’EF500SV, la photographie n’a jamais été aussi simple. Avec son large viseur et son flash polyvalent, il est facile de réaliser de superbes images. Il vous suffit de cadrer et de déclencher.

  • Viseur extra-large.
  • Mise au point préréglée.
  • Flash auto-intégré, modes flash imposé ou annulé.
  • Compact et léger.
  • Atténuation des yeux rouges.
  • Ligne élégante.
  • Prise en charge automatique du film avec possibilité de
    rembobinage à mi-film.
  • L’EF500SV QUARTZ DATE offre la possibilité
    d’impression de données. »

Ou comment faire d’une fiche technique somme toute assez indigente des arguments de vente. Ah ces as du marketing !

Allez, les caractéristiques de ce petit boitier :

Objectif28mm f/5,6 (3 éléments en 3 groupes)
Mise au pointMise au point fixe de 1,2 m à l’infini
ViséeViseur lumineux de type Albada et Galilée inversé
FlashFlash auto intégré avec un temps de recyclage d’environ 6s
Modes flash :
–  Annulé
–  Flash imposé en pressant la touche correspondante sur le 
     devant de l’appareil photo
–  Fonction d’atténuation des yeux rouges
Vitesse d’obturationfixe 1/100 sec
SensibilitésRéglage automatique sur 100 ou 400 ISO avec les films codés DX (sur 100 ISO avec un film 200 ISO ou un film non codé DX)
Prise en charge du filmLe film avance automatiquement à la première vue à la fermeture du dos
Avance et rembobinage automatiques du film
Possibilité de rembobiner un film partiellement exposé
RetardateurTemporisation de 10 sec, une seule vue au retardateur, annulable
Alimentation2 piles 1,5V LR6 (alcalines type AA)

Finalement, que retenir de ce petit appareil ?

Il est petit et léger, vous pourrez l’emporter partout. Son grand angle peut le réserver à la photo urbaine, pas tellement à la street car sa vitesse de déclenchement risque de poser problème (risque de flou de bougé, sauf en cas de beau soleil et film rapide).

Son objectif est bien protégé par le volet coulissant, qui sert aussi d’interrupteur. Les deux boutons sur la face avant sont pour moi, dans ce cas, une vraie-fausse bonne idée car il n’y a pas de rappel dans le viseur ou au dessus de l’appareil de l’opération sélectionnée, notamment si vous avez voulu débrancher le flash.

Si vous en trouvez un au hasard d’une balade, ne dépensez pas plus de 5€ pour l’emporter avec vous. Son seul avantage est de vous offrir un beau viseur, de n’utiliser que des piles basiques (2 AA de 1,5v) et d’avoir un grand angle très passe partout.

Une petite video d’illustration

Tiens, je ne résiste pas à cette petite video qui retrace l’histoire Nikon de 1948 à 2004

Des exemples de photos prises avec ce N?ikon EF 500SV ICI

Des références : https://imaging.nikon.com/lineup/filmcamera/compact/ef500sv_ef500sv_qd/index.htm, en anglais, https://www.revelateur.com/materiel/fiches/Nikon-EF500SV.php, http://www.magic-photo.com/nikon/ef500sv.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-4922-Nikon_EF500SV.html en français

Argentique

Le Panasonic C-2300ZM

Au détour d’une caisse, un petit appareil avec un viseur immense me fait de l’œil.

Un élastique autour maintient son mode d’emploi, tout contre. Je regarde de plus prêt, et découvre une étiquette, collée à l’arrière, avec les coordonnées d’un de ses propriétaires, reprises aussi sur le mode d’emploi (avait-il peur qu’on lui vole, de le perdre ?).

A part ça, le compartiment à piles est propre mais je n’en ai pas sur moi pour les tester, le vendeur non plus. Petite négociation et le voilà dans mon sac à dos.

De retour à la maison avec ma moisson du jour, passage par le nettoyage rituel et j’y glisse une CR123 : chouette, tout fonctionne.

Soyons de bon compte, ce n’est pas un appareil qui va révolutionner l’histoire de la photographie.

Son design est classique (il ressemble assez au Canon Prima Zoom 85N), avec le viseur au milieu et les touches de commande du zoom sous les doigts de la main gauche)

Il se place entre le Panasnic C-3000 ZM présenté en 1988 (sorti en 1991) et le Panasonic C_2200 ZM, sorti en 1992, dont il reprend l’architecture générale, en y ajoutant les commandes de zoom sur la façade.

Panasonic C-2200 ZM
source : Collection-appareils

Pour le reste, je n’ai pas trouvé grand chose à son sujet.

Petit tour dans le mode d’emploi, pour mieux vous le présenter …

Cet appareil est sorti en 1992. Il est équipé d’un zoom 28 -70 ouvrant à f4,7 et f8, avec une distance minimale de mise au point de 80cm. On commence par un grand angle pour finir avec un -petit – télé.

Du grand classique de ces années-là.

Un grand viseur, comme souvent bien avare en informations sur la prise de vue, mais clair et collimaté, est placé à l’aplomb de l’objectif. Un petit rectangle, au milieu, gère la mise au point (autofocus).

Un petit témoin vert vous indique si la mise au point est verrouillée

Les petites touches, placées à l’avant de l’appareil, permettent de régler le zoom facilement, sans devoir quitter le viseur des yeux. Et les modifications de focale sont visibles en temps réel dans le viseur..

Le petit écran ACL (cristaux liquides) permet de voir les réglages du mode flash, normalement tout automatique mais que l’on peut débrayer (sans que l’appareil ne garde en mémoire les modifications, qu’il faut remettre à chaque fois que vous l’allumez). En fait, il y a 4 modes flash : tout auto, OFF, flash avec réduction des yeux rouges et fill-in.

Toujours sur ce petit écran, l’état des piles, le mode sélectionné : réduction des yeux rouges, réglage sur l’infini, le nombre de vues prises.

Bien sûr, un retardateur vous permettra, en courant un peu, d’être sur les photos. Une diode en façade scande les secondes avant le déclenchement (10 sec.).

Fabriqué pour simplifier la vie des photographes amateurs, vous glissez une bobine dedans, il « lit » le codage DX de la sensibilité du film, règle la cellule en conséquence et, lorsque vous refermez le dos, il arme la pellicule jusqu’à la première photo. En fin de course, il rebobine le film automatiquement et vous pouvez forcer la chose en cours de route si besoin.

Sa forme, toute en courbes, le rend agréable à prendre en mains.

Il est un peu épais pour le glisser dans une poche mais difficile de faire moins avec le petit zoom qui l’accompagne. Il est aussi dans la gamme de taille des autres appareils de l’époque.

Une douille sous la semelle permet de le fixer à un trépied en cas de besoin. Si la lumière est insuffisante, le flash se déclenche automatiquement, sauf si vous en avez décidé autrement (débrayage).

Soyons honnête, il n’a pas révolutionné la photographie et semble être passé sous tous les radars, n’ayant rien d’extraordinaire : il fait le job – des photos – sans trop de soucis mais sans plus.

Si vous en trouvez un, ne dépensez pas plus de 5€ pour un exemplaire en bon état et complet. Pour le reste, il est économique puisqu’il fonctionne avec une CR123 de 3v et vous garantit environ 20 films de 24 vues avec le flash sur 50% d’entre elles.

Une petite video d’illustration

Des références : eh bien pour une fois, je n’en ai pas trouvées !

Argentique

Le Yashica 35 MF

Celui-ci est le dernier appareil que j’ai acheté sur la brocante de Thuin (voir le Canon Prima Super 105u, le Nikon EF500SV, le Minolta AF35 Big Finder, l’Olympus Quickmatic EEM, le Pentax Esmpio Zoom 35 – 70 Full Macro).

Eh oui, la moisson avait été bonne ce jour-là !

En fait, j’en avais déjà pris en main plus d’une fois, dans d’autres endroits, et à chaque fois je les avais reposés, les piles du flash ayant coulé dedans, les rendant inutilisables.

Cette fois, autre variante qui me fit hésiter, la porte des piles s’était fait la malle, mais le compartiment était propre, ouf !

Pour le reste, la cellule fonctionne et il est (relativement) propre. Petite négociation, avec cette porte disparue comme argument, et me voilà avec le sac à dos encore alourdi d’un compact, ancien celui-là.

Nous retrouvons ici les formes et l’allure des compacts d’avant l’autofocus et la motorisation. Pas vraiment compact mais maniable et bien construit, nous sommes en 1976.

Il pourrait être considéré comme le successeur des célébrissimes Electros 35, quoique …

Il arbore une magnifique robe noire, il est équipé d’un objectif Yashinon de 38mm, ouvrant à f2,8 mais son objectif est fixe (plus de télémétrique donc) avec une mise au point signalée par des pictogrammes situés sur le fut, visibles par le haut et il est entièrement automatique. La mise au point minima est de 1m jusque l’infini.

La cellule, alimentée par une LR44 classique, est au CdS et se règle sur l’objectif, de 25 à 500 Iso. Une aiguille, située à l’intérieur du viseur, affiche le réglage de l’ouverture, allant de f2,8 à f 16, mais pas la vitesse.

Puisque nous parlons des vitesses, sachez que l’obturateur- un Copal électronique – travaille de 1/60s à 1/250s.

Un mot sur les piles : normalement, l’appareil travaillait avec des piles au mercure de 1,35v, heureusement disparues. Vous pouvez les remplacer sans soucis par une LR ou SR44 de 1,5v. L’électronique des Yashica accepte très bien cette petite différence de voltage sans répercussion sur les mesures de la cellule.

Et pour l’alimentation du flash, il faut deux piles AA tout ce qu’il y a de plus classiques.

Puisque j’aborde le flash, il n’est pas automatique, vous devez le mettre en œuvre en appuyant,t sur le bouton sur la face avant et en réglant la bague autour de l’objectif. L’ouverture s’ajuste en fonction du réglage de la distance de mise au point. Il est particulièrement efficace dans les fill-in, pour déboucher les ombres. Une lampe sur le capot signale qu’il est prêt à être utilisé.

-« Mais, me direz-vous, c’est là un appareil assez banal ! »

Oui … et non ! Rappelons d’abord son objectif, un Yashica Lens (formule Tessar) de 38mm ouvrant à f2,8 qui a toujours eu une excellente réputation et ne l’a pas perdue sur cet appareil.

Ensuite, sa cellule, certes au CdS, est bien calibrée et les expositions, même dans des conditions délicates, sont justes (voir les exemples donnés ci-plus bas). Elle est montée dans le pourtour de l’objectif. Ce qui est pratique lorsque l’on monte des filtres sur l’objectif car la cellule en tient compte.

Ah oui, gardez à l’esprit que si la luminosité est faible, l’obturateur ne sera pas verrouillé, empêchant de prendre une photo sous exposée et donc le risque de photos floues est bien réel dans ces cas là..

Et puis c’est un appareil que l’on a bien en mains, avec un poids raisonnable (environ 400gr), bien réparti, qui stabilise l’appareil.

Le viseur est clair, collimaté et, rappelons-le, ce n’est pas un télémétrique : vous devez régler la zone (il y en a quatre), qui apparait sur le dessus (c’est pratique)

1. marque de correction de la parallaxe, 2. cadre lumineux, 3. voyant « prêt », 4. limite de surexposition, 5. zone de bonne exposition, 6. aiguille de la cellule, 7. échelle d’exposition, 8. zone de sous exposition

En 1979, le Yashica MF-1 prendra la relève avec pour seule modification la manière de faire sortir le flash (en appuyant dessus et non plus sur un bouton). Lui -même sera remplacé par le MF-2 en 1980 mais qui s’éloignait radicalement de ses ainés, ne proposant plus qu’une focale fixe ouvrant à f4.

Si je résume, c’est un boitier que j’aime bien, assez dans la tradition des fameux Electro 35. Il est agréable à prendre en mains, facile à utiliser, tout à fait un appareil taillé pour le Street (vous réglez les distances à l’avance et puis vous shootez, l’appareil calcule la juste exposition efficacement).

Il n’est pas rare d’en trouver mais faites bien attention aux piles. Celle pour la cellule et celles pour le flash. ne doivent pas avoir coulé, sous peine de rendre le tout inutilisable (l’acide coule partout et outre qu’il rende le flash hors service, il a tendance à « griller » et gripper les mécanismes ainsi que le reste de l’électronique).

Pour le mien, j’ai trouvé une « porte » que je devrai bricoler, avant d’en trouver une autre compatible, mais mon bricolage m’a permis de vérifier que le flash fonctionne parfaitement bien.

Si vous croisez la route d’un bel exemplaire, ne le laissez pas passer, il en vaut la peine. Ne dépensez pas non plus des fortunes, il ne devrait pas dépasser 35€.

Vous aurez la chance de photographier avec quelque chose de différent mais d’efficace, qui a réjouit des générations d’autres photographes, vos parents ou grands parents peut-être.

https://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1276684396.jpg
source : Collection-appareils, Sears 1977.

Quelques données techniques :
Type : compact zone focus à objectif fixe
Viseur : clair avec cadre de correction de la parallaxe
Objectif : Yashica Lens 1:2.8 f=38 mm – mise au point par icônes
Mesure de l’exposition : posemètre CDS couplé – indication des ouvertures dans le viseur
Sensibilité du film : 25 à 500 ASA
Obturateur : central Copal électronique de 1/60 s à 1/250 s – retardateur de 8 s
Déclencheur : sur le capot avec embout fileté pour déclencheur souple
Flash électronique : télescopique intégré avec témoin de charge
Armement : levier à une seule manœuvre – compteur de vues avec remise à zéro lors de l’ouverture du dos
Rembobinage du film : par bouton et manivelle télescopique

Petite video d’illustration

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA

Pour le mode d' »emploi, c’est par ICI

Quelques références : http://camera-wiki.org/wiki/Yashica_35_MF, https://filmadvance.com/2012/10/favourite-cameras-yashica-35mf/, https://casualphotophile.com/2019/08/21/a-day-in-the-life-as-seen-through-a-yashica-35-mf/, en anglais, http://fexmania.fr/picture.php?/51, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11903 en français.

Argentique

Le Canon Prima Super 105u

Ou si vous préférez, le Canon Sure Shot 105u , tel qu’ils l’appellent outre Atlantique, et ces deux mots vont déjà résumer les qualités de l’appareil …

Notez qu’au Japon ils l’appellent Autoboy 105u, c’est moins explicite.

Lui aussi est un des derniers compacts produit par Canon, au moment où l’argentique va basculer vers le numérique. Nous sommes fin 2003, c’était presque hier !

Esthétiquement, il a abandonné les fioritures autour de l’objectif du Prima Zoom 90u. Il reste toutefois un petit parallélépipède qui inspire confiance et qui n’est pas dénué de charme, avec une touche de « luxe » apportée par le pourtour métallique vert..

Juste un peu plus sobre que le Prima Zoom 90u …

Il garde cette petit poignée discrète mais bien utile pour le tenir en mains, qui cache toujours la trappe de la pile, une CR2, comme d’habitude.

Le « discret' » encart rouge, sur la façade (oui, vous pouvez l’ôter !) vous donne déjà des infos sur ces capacités avec notamment les modes PIC, ou modes scènes, qu’il intègre.

Son zoom est un 38 – 105mm, largement suffisant pour la plupart des prises de vue auxquelles vous allez le confronter.

Mais sous ses dehors anodins, ce petit boitier cache bien son jeu car il vous propose quelques caractéristiques que l’on peut qualifier de haut de gamme.

Jugez plutôt.

Outre donc les modes scènes qui vous aident efficacement dans les cas de prises de vue envisagés, il vous propose la correction d’exposition +/- 1,5, la personnalisation de certains réglages et leur mémorisation.

En résumé, il propose 5 PIC : auto, action, portrait de nuit, portrait, gros plan, déclenchement en temps réel. Dans les fonctions évoluées : stockage des modes de prise de vue et de flash à la mise hors tension (pratique ça, il ne faut pas penser à tout remettre à chaque fois), réglage automatique du rembobinage du film, AF point central, prise de vue en continu

Pas mal pour un si petit boitier, non ?

Si nous résumons, outre son esthétique flatteuse, il embarque de quoi vous permettre de réaliser de bonnes images sans prise de tête et vous permet de vous concentrer sur l’important, la prise de vue.

Car il automatise tous les gestes autrement fastidieux : le chargement du film, le réglage de la sensibilité, l’armement, le rembobinage.

Et comme son ergonomie est très bonne, toutes les commandes tombent naturellement sous les doigts et sont compréhensibles sans devoir lire 500 pages de mode d’emploi. La petite poignée à l’avant et un repose pouce à l’arrière contribuent à sa bonne tenue en mains.

Pour une fois, je ne résiste pas à la fiche technique, elle en dit long sur ses capacités :

Objectif38 à 105 mm, f/4,6 à 11,9
6 éléments dans 6 groupes
ViseurViseur zoom à image réelle couvrant environ 84 % de la surface de l’image
Agrandissement de 0,37x en mode Grand-angle et de 1,01x en mode Téléobjectif
Informations dans le viseurCadre, cadre de gros plan, cadre de mise au point à couverture étendue
Témoin (DEL) vert allumé : prêt à déclencher Clignotement : sujet trop rapproché / mise au point impossible
Clignotement rapide : tremblement de l’appareil / lampe d’atténuation des yeux rouges activée, déclencheur bloqué
ObturateurProgrammé à commande électromagnétique, vitesse de 2s à 1/440 sec
Mise au point automatiqueAiAF passive à 3 zones
Automatique à 3 zones
Mise au point automatique au point central
Plage de mise au point0,6 m à l’infini
Mode macro : 0,45 m à l’infini
ExpositionProgramme d’exposition automatique
Mémorisation de l’exposition automatique à la fin de la mise au point
Réglage de la sensibilitéRéglage automatique de 25 à 3 200 ISO par palier d’une valeur selon le code DX
Entraînement du filmEntièrement automatique
Rembobinage possible avant la fin
FlashFlash automatique à commande électronique selon les données ISO et de distance de mise au point
Atténuation des yeux rougesType lampe, s’allume pendant environ 1 seconde après qu’on a appuyé sur le bouton de l’obturateur
Délai de recharge du flashEnviron 7 secondes avec une pile neuve
Portée du flashGrand-angle : 0,6 à 8,2 m
Téléobjectif : 0,6 à 4,1 m
(avec négatif couleur 400 ISO)
RetardateurÀ commande électronique et délai de 10 secondes
PileUne pile de 3 V au lithium (CR2)
Dimensions107,2 (L) x 58,7 (H) x 42,4 (P) mm
Poids195 g

Comme d’habitude, si vous en trouvez un, prenez le, il ne va pas ruiner votre portefeuille – comptez environ 20€ maximum avec sa dragonne – mais il est encore capable de vous accompagner longtemps.

Vous ne pourrez sans doute pas le glisser dans une poche, mais un petit sac fera l’affaire. Pour le genre de balade envisagée, j’utilise toujours le Peak Design Everyday Sling 5l, qui résiste à la pluie (utile en Belgique) et dans lequel vous pouvez mettre … beaucoup !

Ce compact a aussi été produit en millions d’exemplaires, parce qu’il plaisait et répondait aux attentes de photographes ayant juste envie de faire des photos, à montrer, à partager.

Je crois fermement que c’est toujours le cas aujourd’hui pour les personnes « qui craqueront » pour lui.

Ce sont des appareils qui redonnent envie de faire des photos, pour le plaisir, sans stress du « tout, tout de suite » mais qui permet d’encore profiter de sa promenade quand les photos reviennent du labo..

Petite video d’illustration, y compris quelques exemples de photos captées avec le Prima Super 105u

Des références : http://www.magic-photo.com/canon/pris105u.htm, https://global.canon/en/c-museum/product/film239.html, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2422-Canon_Sure%20Shot%20105u.html, en français.

Argentique

Le Pentax Espio 105 SW

Vous savez, je ne m’ennuie jamais sur les brocantes … outre les « personnages » parfois étonnants que l’on peut y côtoyer, il y a ces petits trésors que l’on trouve dans une caisse, sur une bâche, une table, à côté souvent d’objets hétéroclites.

Ce fut le cas pour ce Pentax Espio 105 SW, sagement posé près d’un épilateur, un rasoir électrique, une vieille radio des années soixante, d’un aspirateur à main, de rouleaux pour les permanentes, etc.

Je le prends en mains, le tourne et retourne : il a l’air bien mais comme d’habitude, la pile qui est dedans est morte – heureusement, elle n’a pas coulé !

Ne sachant pas s’il va fonctionner, je négocie et l’emporte dans le sac à dos. Je verrai à la maison.

Notez que je pourrais d’office emporter une CR2, une CR123 et deux piles AA avec moi, mais je ne le fais pas, pour deux raisons : si je teste les appareils devant leurs proprios, il va être difficile de négocier le prix, que je peux maintenir très bas; ensuite, ça fait plus amateur que quelqu’un qui a le « matos » avec lui .

Petite séance de nettoyage, comme d’habitude, ce qui me permet de faire le tour complet de l’appareil : rien à déclarer, il est en bon état. Une CR2 glissée dans la trappe et il se met en branle. Tout va bien.

Alors, ce petit Pentax, sorti en 2001, est, une fois de plus, typique de ces appareils faciles des années deux mille, qui embarquait le meilleur de l’époque en format compact.

Il fait partie de la gamme Espio IQ zoom avec autofocus et zoom.

Son zoom est intéressant, partant du 28mm – un grand angle – jusqu’au 105 mm – un petit télé, ouvrant de f5,6 à f11;5. Vous pouvez envisager l’urbain et le portrait, tout ça dans une poche.

Ils osaient à l’époque !

L’objectif donc, un SMC Pentax, de 28 – 105 mm de f5,6 à f11,5 conçu en 6 éléments en 5 groupes, utilise un système de mise au point autofocus à cinq points. La mise au point minimale est de 50cm jusque l’infini. En cas de luminosité trop faible, une lampe d’assistance est disponible pour aider l’autofocus.

Ah ! et i l y a un retardateur électronique d’environ 10 secondes.

Comme tous les appareils de ce type et de cette génération, il est tout automatique : du chargement du film, du réglage de la sensibilité (codage DX de la bobine), à l’armement et l’avance de la pellicule. Et vous pouvez forcer le rembobinage avant le terme, en appuyant sur un petit bouton situé sur la semelle, à côté de la douille du trépied.

La sensibilité de la cellule va de 25 à 3200 Iso. Si jamais vous utilisiez un film sans le codage DX, l’appareil réglerait par défaut la sensibilité à 25 Iso.

Une variante existe, avec un dos dateur, capable d’imprimer plusieurs formats de date et pour une fois, il est possible de le régler jusqu’en 2100 ! (là, les ingénieurs ont été optimistes … ou complètement irréalistes quant à l’avenir de l’argentique).

Pour être complet, sachez que le boitier existe encore dans une variante avec un zoom 28 – 120mm, aux mêmes caractéristiques que celui-ci.

Le système de mise au point mérite notre attention. C’est un système passif à correspondance de phase cher à Pentax, en 5 points et bien efficace. Comme je le notais plus haut, en cas de faible luminosité, un illuminateur aide l’autofocus à faire la mise au point.

L’ obturateur est électronique programmé avec une vitesse d’environ 2 sec. jusque 1/360 sec. plus pause B de 1/2 sec.- 1min, Le déclenchement est électromagnétique donc très doux.

Le viseur, agréable, bénéficie d’une correction dioptrique (de -3 à + 1) – suffisamment rare que pour le signaler (et ceux de plus de 40 ans apprécient). Le cadre est collimaté, avec correction de la parallaxe pour les prises de vues rapprochées. Au centre, un rectangle indique la zone de mise au point.

Une petite lampe verte clignote jusqu’à ce que le point soit acquis. La rouge indique la faible luminosité et l’état du flash (elle clignote jusqu’à ce qu’il soit prêt).

L’exposition est contrôlée automatiquement, avec compensation de l’exposition en cas de contre-jour.

Bien évidemment, il y a un petit flash intégré, qui permet de gérer les contre-jours ou les cas de faible éclairage, en dosant justement la lumière émise (synchronisation lente). Le flash est en mode tout automatique par défaut mais on peut le débrayer

Une pile CR2 permet de tirer environ 8 rouleaux de 24 pauses en utilisant le flash pour 50% des vues. Un témoin qui clignote vous signale que la pile doit être changée et en cas de faiblesse, l’obturateur se bloque. Prévoyez-en toujours au moins une avec vous.

En option, vous pouviez acheter une télécommande à infrarouge, avec une portée de 5m face à l’appareil, pour actionner le déclencheur avec un retard de 3 sec.

Voilà, voilà … ai-je fais le tour de ce petit boitier sympathique ?

Ah non, sous la semelle, à côté de la douille de trépied, un petit curseur permet de passer du cadrage normal au cadrage panoramique. En fait, en déplaçant ce curseur, vous actionnez des panneaux qui diminuent la hauteur de la prise de vue, donnant ainsi une impression de panorama !

Astucieux mais à essayer pour voir ce que cela donne …

En résumé, comme je l’écris souvent, un chouette petit compact, typique de ces années deux-mille. Pensé pour simplifier à l’extrême la prise de vue mais qui permet dès lors de se concentrer sur celle-ci sans se préoccuper des réglages. Il faut faire confiance au boitier. Mais dites-vous bien qu’il a emmagasiné ce qui se faisait de mieux à l’époque en termes de combinaisons et de réglages.

Ni meilleur ni moins bon que ceux que je vous présente dans ces colonnes, c’est fonction de ce dont vous avez besoin que vous choisirez plutôt tel ou tel appareil de cette époque : ici il présente un grand angle (28mm) et un petit télé (105); là il offrira un objectif un peu plus serré (38mm) jusqu’au télé (120mm) mais la majorité offre les mêmes caractéristiques de flash, réduction des yeux rouges etc.

A vous de choisir, ils sont nombreux à attendre dans une caisse, un tiroir, un vide-grenier que l’on veuille bien leur insérer une nouvelle pile pour de nouvelles aventures.

Et au prix que vous les trouverez (entre 10 et 20€ maximum) vous ne vous ruinerez pas.

https://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1558379417.jpg
source : Collection-appareils.fr, Camara 2001

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://pentaxhistory.blogspot.com/2013/08/pentax-espio-105-sw.html, http://camera-wiki.org/index.php?title=Pentax_Espio/IQZoom_105SW, en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=1664, en français.