Argentique

L’Agfa Optima Parat ou Sylverfish

Voilà le dernier appareil acheté lors de la foire de Villers Bretonneux.

Si généralement on connait Agfa pour ses camions d’appareils bon marché, comme Kodak, ils ont aussi produit des appareils innovants, aux solutions techniques élégantes, à l’esthétique soignée.

Cet Agfa Optima Parat, surnommé Sylverfish, en est un excellent exemple.

Cet appareil est apparu en 1964, en Allemagne et sera produit jusqu’en 1968.

Tout d’abord, c’est un demi-format, soit un 18×24. Si cela ne saute pas aux yeux quand on voit l’appareil pour la première fois, lorsque vous visez avec, vous êtes face à un viseur « en hauteur », typique de ces appareils.

Tout en métal, très élégant avec cet aluminium brillant et légèrement nervuré sur la face avant, il est « carrossé » comme ces voitures de rêve ou ces caravanes légendaires des années soixante …

Mais ce n’est pas tout, au delà du plumage, il y a le ramage.

Tour d’abord, c’est un 24×36, qui double le nombre de vos photos puisque demi-format.

A ce sujet, il faut savoir qu’un film de 36 vues en donnera donc 72, un 24 vues, 48.

Comme ça risquait d’être long avant d’avoir terminé son film, Agfa a sorti un film baptisé Weekend, un 12 vues qui en donnait 24 ! Malin …

C’est un savant mélange entre la série Parat en 24×36 et les Optima, automatiques. Pour vous donner une idée de la gamme :

modèleproductionprixactualisé
Parat-I1963-68Version simple,
sans posemètre.
168 francs270,79€
Paramat1963-67Identique au Parat-I, mais avec réglage automatique de l’ouverture par le posemètre337 francs543,19€
Optima-Parat1964-68Appareil entièrement automatique, comme les Optima contemporains548 francs883,29€
Je suis confus, je ne me souviens plus d’où j’ai péché cette info, que j’ai légèrement remaniée.

Modèle haut de gamme donc de la série Parat, il est tout automatique et possède un objectif Solinar 30mm f2,8 (jusque f22) à quatre lentilles de haute qualité, sur lequel pouvait venir se monter un complément optique télé AGFA COLOR TELEPAR f2,8 de 55mm du plus effet et très rare. La mise au point minimale est de 0,9mètre. Le réglage de la distance se fait au moyen d’icônes ou selon une échelle gravée sur le fut.

Cet objectif équivaut à un 45mm en « vrai » 24×36.

Son obturateur, un Compur, offre des vitesses de 1/30s à 1/500s plus une pose B.

La cellule, au sélénium, le dispense de piles mais, hélas, elle s’épuise avec le temps, souvent.

Sinon, lorsqu’elle fonctionne, un voyant rouge dans le viseur signale une sous exposition, ou un voyant vert prévient que celle-ci est bonne.

De fait, lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, le voyant adéquat s’allume et le boitier calcule l’ouverture et la vitesse optimale pour la prise de vue.

Heu … je vous rappelle que cet appareil date de 1964 !

Notons encore que l’automatisme est débrayable, ce qui le rend utilisable même lorsque la cellule est HS.

Le viseur est collimaté avec un cadre de visée pour le complément télé-objectif de 55mm et le signal rouge/vert, sur la droite qui signale l’exposition correcte.

Mais voyons comment il fonctionne de plus près.

Pour mettre un film dans la chambre, il faut déverrouiller le verrou sous la semelle. C’est tout le dos de l’appareil qui s’escamote. Notons la présence de gorges profondes pour glisser les deux parties l’une dans l’autre, assurant de la sorte une excellente étanchéité à la lumière. Remarquons aussi, en passant, la qualité des matériaux.

Une fois le film en place, ne pas oublier de noter la sensibilité de celui-ci, grâce à la molette au dessus de l’appareil. Celle-ci est exprimée en Asa et en Din (nous sommes en Allemagne). Une piécette est nécessaire pour tourner le bouton.

Ah, et n’oubliez pas de positionner le compteur sur le nombre de vues que vous allez prendre (pour rappel, un film de 36 = 72, un de 24 = 48, etc.). Le compteur va « décompter » les vues restantes au fur et à mesure des prises.

Il faut mettre le chiffre sur la flèche rouge, vous l’avez deviné.

Le petit levier d’armement à une course très courte, silencieuse, un régal. Et, ce qui ne gâte rien, il est particulièrement discret, bien intégré dans la carrosserie.

Le déclencheur est positionné sur la face avant. Il faut l’appuyer vers le bas pour prendre une photo. Particularité : si vous le descendez à mi-course, il enclenche la cellule qui vous donne le signal rouge (sous ex) ou vert (ok), puis vous appuyez à fond pour capter l’image.

Il manque une petite plaquette métallique sur le devant du déclencheur.

Toujours sur le dessus de l’appareil, un discret bouton marqué « R », qu’il faut faire tourner pour pouvoir rembobiner le film en fin de course.

A côté, la griffe pour le flash, avec contact central pour la synchronisation au 1/30s.

Vous avez vu, c’est compact et bien étudié.

Sur la face avant, la large « fenêtre » qui cache le viseur et la cellule, tout à gauche (face à l’appareil). Celle-là, il faut la protéger autant que faire se peut de la lumière si l’appareil n’est pas utilisé, pour l’économiser (cellule au sélénium).

Le signal vert/rouge ne se met en route que sur le mode automatique. Je l’ai découvert par hasard, pensant que la cellule était HS. Quelle ne fut pas ma joie de voir apparaitre le point vert alors que j’avais changé la position de la bague de réglage sur A.

Comme on peut débrayer le mode, l’appareil déclenche quand même, ce qui m’a induit en erreur. Vous serrez alors sans doute au 1/30s sur f2,8.

Je reviens un moment sur les optiques présentes. Celle de base est un 30mm ouvrant à f2,8, un Agfa Color Solinar. Si vous regardez bien la photo ci-dessous, vous verrez une couronne crénelée. C’est sur celle-ci que se place le complément optique, qui se vise ensuite sur le pas intérieur de l’objectif.

Sans doute a-t-il existé un étui spécial pour remiser le complément optique car je me dis qu’avec la protubérance du bloc arrière, il faut le manipuler avec précaution (tiens, comme le Jupiter 12, par exemple). Comme je ne l’ai pas, je le laisse monté sur le boitier.

Et pour tout vous dire, c’est lui qui m’a fait de l’œil quand j’ai vu l’appareil pour la première fois : ce grand rond limpide, qui me fixait de son regard froid.

A savoir, un autre complément, un « close up » appelé Natarix, existait aussi, accompagné d’un viser spécifique.

Petite remarque utile me semble-t-il : la fenêtre de visée est en « mode portrait », ce qui veut dire que si vous voulez prendre une photo en « paysage », vous devrez tourner l’appareil en vertical !

Faire la mise au point est simplifiée, grâce aux symboles, qui sont reportés ensuite sur les distances (vous utilisez l’un ou l’autre).

L’avantage de ce système, c’est que vous pouvez vous positionner entre deux pictogrammes, la distance sera justement reportée en dessous pour plus de précision si besoin.

Dans le viseur, les lignes sont bien marquées. Elles délimitent le cadre de la photo au 30mm, plus celles (plus à l’intérieur) du 55mm et il y a encore des lignes pour la correction de la parallaxe en cas de photographie à courte distance, soit sous le mètre.

Sur la droite, le marqueur rouge/vert indiquant si l’exposition est juste.

Le mode d’emploi fait remarquer qu’il faut au moins une seconde au posemètre pour analyser correctement la luminosité, le temps d’appuyer à mi-course sur le déclencheur en fait (pas mal en 1964, sans pile !).

Maintenant, si vous devez utiliser le flash, vous devez quitter la positon automatique en tournant les bagues autour de l’objectif.

Petit résumé des fonctions de l’appareil

De ce que j’ai pu lire à son sujet, il est très intéressant de l’utiliser en mode automatique, ce pour quoi il a été conçu. En tout cas si vous avez un exemplaire dont la cellule est toujours fonctionnelle, comme ici.

Beaucoup de photographes s’amusent avec le demi-format pour constituer des diptyques, voire des triptyques (il n’y a pas de limite en fait). Vous remarquerez alors un demi-rond sur le négatif, qui est comme la signature de l’appareil.

Source : Photothinking

Vous trouverez encore des exemples de photos ICI.

Que retenir de cet Agfa Optima Parat ?

Il est agréable à tenir en main. On sent la qualité de sa fabrication au poids (470gr nu) sans que ce soit gênant Un peu glissant sans doute avec ce beau métal brillant, mais on s’y fait vite.

Au rayon des regrets, il n’est pas pourvu d’œillet pour y attacher une lanière. A l’origine, il était équipé d’un « sac tout prêt » en deux partie, qui possédait ces lanières de portage. Un trouver un serait un must.

Une solution intermédiaire serait de lui ajouter une dragonne fixée par en dessous, au niveau du pas de vis du trépied.

De toute manière, pour préserver sa cellule, il faut le remettre dans un petit sac lorsqu’on ne s’en sert pas.

Autre désagrément, la vitesse maximale des films est de 250Asa. A l’époque, les films n’étaient pas encore « rapides ». Il faut en tenir compte si vous achetez des films pour l’utiliser.

Au delà de son esthétique, que je trouve très belle – et pourtant, j’ai toujours un faible pour les boitiers en noir ! – et comme hors du temps, sa « mécanique » était à la pointe dans les années soixante.

A cette époque, Agfa, comme son concurrent Kodak, fabriquait encore des appareils solides, élégants, innovants.

Ne me faites pas écrire ce que je n’ai pas écris : les années qui viendront ensuite verront chez ces deux marques une quantité astronomique de petits appareils, faciles, bon marché, non dénués d’innovation, qui ouvriront au plus grand nombre les joies de la photo de loisir. Ce qui fut, en soi, une bonne chose.

Mais la qualité de ce modèle ne se retrouvera plus alors.

J’ai la chance d’avoir pu essayer et vous présenter un très beau modèle, toujours entièrement fonctionnel et, qui plus est, équipé d’un complément optique rare de nos jours.

En trouver un relève de la chance et le prix s’en ressent. Comptez au minimum 60€ pour un très bel exemplaire fonctionnel, au moins 100€ s’il possède un complément optique et plus de 150€ s’il est complet, c.-à-d. avec sa gaine, ses deux compléments optiques et le viseur du close-up.

Utiliser ce genre de boitier est une expérience qu’il faut tenter, pour le plaisir, rien que le plaisir.

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est en dessous.

Quelques pubs d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Plait 1964
Grenier-Natkin 1965
Photo-Hall 1966, intéressant car montre les concurrents de l’époque.

Un brin de technique :

Production1963-1968 – AGFA AG
Type de film135
Format image18×24
BoîtierElégant boîtier en métal fondu entièrement garni de métal satiné ou chromé.
ObjectifCOLOR SOLINAR f:2,8/30mm. Mise au point par rotation de la frontale à partir de 0,9m (mètres, pieds et symboles)
Un complément télé AGFA COLOR TELEPAR f:2,8/55mm est prévu en option ainsi qu’un « close up » avec son viseur spécifique, le Natarix.
ViseurOptique, avec cadre lumineux + repères pour la parallaxe et repères pour l’utilisation du complément optique 55mm.
Signal vert dans le viseur indiquant la bonne exposition.
ObturateurCOMPUR automatique du 1/30e au 1/500e couplé à la cellule. Débrayable pour le flash et la pose B.
Déclencheur sur la face avant avec filetage pour souple ou retardateur mécanique
PosemètreCellule au Sélénium pilotant l’automatisme programmé de 1/30s à f2,8 au 1/500s à f22. Réglable de 12 à 24 DIN (max. 250 Asa) .
FlashSynchro-flash par contact central dans la griffe standard sur le capot. Système de réglage automatique par affichage du nombre guide dans une petite fenêtre sur le côté de l’obturateur.
Poids, dimensions 470 gr nu
DiversDeux petites fenêtres sur le dessus de l’obturateur laissent apparaître la valeur de diaphragme (en mode flash ou pose B) et le choix du mode : Auto, flash ou B.

Des références : https://www.philcameras.be/agfa-optima/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-535-Agfa_Optima-Parat.html en français; https://photothinking.com/2020-12-16-agfa-optima-parat-half-frame-jewel/, https://johnnymartyr.wordpress.com/2018/11/01/a-rave-review-of-the-agfa-optima-parat/ en anglais; https://www.photo-foto.eu/agfa/agfa-optima-sensor/agfa-optima-parat/, en allemand

Argentique

L’Hanimex 35 SF

C’est bien évidemment encore au hasard d’une caisse dans une brocante que je me suis baisé pour pécher ce petit compact, à mon avis, très typé année 80.

Petite vérification rapide, il ne manque rien, un peu de traces d’oxydation sur les contacts des piles, mais rien de bien méchant, le dos s’ouvre bien, verrou intact.

Allez, petite négociation et il atterrit dans le sac à dos.

Reste à trouver des infos à son sujet car, de mémoire, Hanimex était le nom d’une société créée par Jack Hannes pour importer en Australie des appareils photographiques européens. L’origine du nom est l’abréviation de « Hannes Import Export ». Cet importateur, comme son homologue allemand Quelle, re badgeait des appareils sous sa marque.

D’abord des appareils allemands (Dacora, Fineta, p.ex.) et est-allemand (Pentacon), quelques japonais (Topcon) puis divers appareils et accessoires chinois.

Ceux qui ont plus de vingt ans se souvienne sans doute de cette marque, présente avec des 35mm, des 110, quelques reflex re badgés, des objectifs, des zooms, des flashs, etc. In fine, l’entreprise sera absorbée par Fujifilm Australia en 2004.

Alors, pour tout vous avouer, je n’ai trouvé qu’un minimum d’infos sur Collection-appareils.

Bon, c’est un début. Cet appareil est sorti en 1985.

Pourquoi l’ai-je pris ?

Parce qu’il me rappelait vaguement des appareils assez semblables que je vous ai présentés. Je songe notamment au Canon MC ou au Canon Snappy 20, le Ricoh TF-900, le Ricoh FF-70, voire l’Olympus AF-1 ou même un Olympus Trip MD.

Il semblerait être basé sur le Halina Flash 300, qui a donné naissance à un Hanimex 35 S, c-à-d. le même que celui-ci mais dépourvu des LED de sur ou sous exposition car sans posemètre.

Donc, notre Hanimex 35 SF est un « point and shot » avec un objectif fixe de 35mm ouvrant à f4,5. On ne peut modifier que la sensibilité du film, le reste est affaire de l’appareil.

De fait, ce petit boitier est tout automatique : lorsque vous placez le film dans la chambre, en refermant le dos de l’appareil, il charge ce dernier et l’amène à la première vue.

Ensuite, vous réglez la sensibilité du film, grâce à une réglette graduée de 100 à 400 Iso.

Et pour prendre une photo, vous visez, vous estimez l’ouverture souhaitée en fonction de petits symboles tels que soleil, nuage, sombre, besoin de flash, etc. et vous appuyez sur le déclencheur.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est Hanimex-35SF-8-1024x681.jpg

La cellule est bien visible, à côté du viseur, le petit cercle.

Si l’exposition est trop basse, une LED indique que vous devez mettre le flash en route. Une LED verte indiquera quand celui-ci est chargé.A

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est Hanimex-35SF-6-1024x681.jpg

Et c’est tout !

L’appareil détermine la meilleure ouverture et la meilleure vitesse (maximum 1/125s semble-t-il) en fonction de la sensibilité du film et de la lumière ambiante (ah, le fameux « triangle d’exposition » mis en équation !)

Le viseur est clair sans être exceptionnel. Seul le cadre est indiqué, avec deux lignes pour la correction de parallaxe. Pas de rappel de la vitesse ou de l’ouverture, c’est un appareil clairement dédié aux amateurs qui ne veulent pas se compliquer la vie !

Petit, agréable à prendre en main, notamment grâce au petit bossage à l’avant droit, qui abrite les deux piles AA, c’est typiquement le petit compagnon qu’on glisse dans un sac, pour le cas où ….

Il bénéficie quand même de quelques aménagements utiles, comme le volet de protection de l’objectif, coulissant, et d’un compteur de vue, curieusement placé sous l’appareil et d’un filetage pour l’installer sur un trépied (oui, enfin, il n’y a pas de retardateur).

Que retenir de ce petit Hanimex 35SF ?

Paradoxalement, qu’il est assez rare et donc « collectionnable » même si je persiste à penser qu’il serait mieux dans une poche ou un sac, chargé d’un film.

Si vous en trouvez un en (très) bon état, ne dépensez pas plus de 20€. C’est évidemment un appareil d’entrée de gamme, tout en plastique, qui a son petit charme mais sans plus.

Des références : https://en.wikipedia.org/wiki/Hanimex, https://filmphotography.eu/en/hanimex-35s/ en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1139.html en français.

Argentique

Le Pentax Espio 928

S’il y a bien une gamme d’appareils compacts qui eut du succès, c’est celle des Espio de Pentax.

Petits, légers, bien conçus et souvent performants, ils ont été lancé au début des années nonante (comme le Pentax Espio AF Zoom) pour les plus anciens et ont perduré jusqu’en 2003 (comme le Pentax Espio 24EW) pour les plus récents.

Ce qui est encore un avantage aujourd’hui, car ils ont, théoriquement, moins servis que des modèles sortis dans les années quatre-vingt.

Pour en revenir à celui du jour, s’il s’appelle Espio 928 ici, il se nomme IQZoom 928 outre Atlantique. Il y aura aussi un Espio 928M, moins intéressant car il perd une série de fonctionnalités de l’original, même s’il est un peu plus récent : l’Espio 928 est apparu sur le marché en 1994 et le 928M deux ans plus tard.

Si habituellement Pentax nomme ses compacts en fonction de leur focale, ici ils ont décidé de brouiller un peu les pistes : le zoom se déploie de 28 mm à 90 mm. Vous aurez compris, 928 est le chiffre « mix » des deux focales.

Alors le 928 est un compact pourtant assez imposant, vous ne le mettrez pas dans une poche de Jean’s, mais bien dans un petit sac, ou vous le porterez avec la dragonne au bout du poignet car on le saisit très facilement grâce à sa poignée un peu proéminente.

Sous ses dehors discrets, c’est pourtant un « haut de gamme » que vous aurez en mains, voyons cela de plus près.

C’est son tableau de bord qui retient l’attention : il est constitué de 4 boutons qui encadrent l’écran ACL sur le dessus de l’appareil. Seulement 4 boutons pour gérer :

  • la correction d’exposition
  • la gestion du flash
  • le réglage de l’hyperfocale
  • la pose B
  • les expositions multiples

Ceci implique qu’il y aura parfois des combinaisons de boutons pour couvrir toutes les fonctions (ça, j’aime moins, il faut de la mémoire). Vous trouverez le mode d’emploi en bas de l’article.

Sinon, il offre un beau viseur avec correction dioptrique et des grilles pour la correction de la parallaxe.

Pour le mettre en route, un gros bouton rond ON/OFF, près du viseur, sur lequel il faut appuyer au centre.

Entouré d’une collerette crantée, il permet de passer du mode image classique au monde panorama. Un jeu de caches va venir réduire la fenêtre de visée et dans la chambre, d’autres caches vont masquer une partie de la pellicule pour donner cette impression de « largeur » dans l’image.

Parlons du zoom : un 28mm (ouvrant à f3,5) allant jusqu’au 90mm. Pas vraiment un très grand angle mais déjà bien « large » et un mini télé. Assez pour être très polyvalent.

Il est reconnu pour présenter peu de vignetage et offrir une belle homogénéité partout, avec un beau contraste.

Voyons ce que cela donne : vous avez glissé un CR123 dans la trappe, en dessous de l’appareil. Vous ouvrez la porte arrière pour découvrir la chambre dans laquelle vous allez poser un film. Ce qui est d’une simplicité enfantine : vous tirez sur l’amorce jusqu’à la ligne rouge et vous refermez l’appareil, qui va enrouler le film sur la bobine et le mettre à la première vue, en ayant, au passage, réglé la sensibilité de sa cellule par la lecture du codage DX de votre pellicule.

Ah, si un « E » apparait sur l’écran LCD, c’est que le film ne s’est pas bien accroché, il faut recommencer l’opération.

Lorsque le 928 s’allume, il se met en position 28mm. Vous changerez la longueur via le bouton en forme de goutte, sur le dessus du boitier.

En visant à travers l’objectif, vous verrez la zone de mise au point, avec deux petites lampes sur le côté : lampe verte, l’autofocus est verrouillé et la mise au point nette. Si elle clignote, c’est que vous êtes trop prêt du sujet ou que le boitier ne parvient pas à faire la mise au point.

Par défaut, le flash est en automatique, mais vous pouvez le débrayer. Il y a le mode « anti-yeux rouges » et une fonction qui nécessitera de le poser sur un trépied ou une surface stable, la prise de vue de nuit, qui débraye le flash mais passe en vitesse lente.

Si la scène est trop sombre, le flash s’enclenche par défaut. Une petite lampe rouge, dans le viseur, vous signale que la scène est sous exposée.

Autre fonction intéressante, le mode infini que vous actionnez en appuyant sur le bouton « montagne ». Utile si votre sujet est au delà des 3m, le boitier se met sur l’infini. En fait, le boitier passe en mode ‘hyperfocale » Et si vous appuyez une seconde fois sur l’icône montagne, vous passez en mode Spot AF.

Encore une pression et le 928 passe en mode Easy Share, c.-à-d. la même chose que le mode infini mais verrouillé au 28mm.

A ce moment là, la mise au point auto est débrayée, ce qui vous autorise à prendre des photos « en rafale » tant que votre doigt est sur le déclencheur.

Attention, l’appareil reste sur ce mode sauf si vous le désactivez ou l’éteignez.

Je vous citais la pose B. Etonnante sur un compact, elle peut atteindre 10 minutes !

Heu, dans ce cas-là, il faut investir dans la télécommande à infra-rouge, sinon risque de bougé et la crampe !

Lorsque vous composez votre image, si vous gardez le doigt enfoncé à mi-course, vous pouvez bloquer la mise au point et ses réglages.

Le retardateur a deux fonctions : retardateur de 10s et si vous appuyez longuement dessus, il entraine le rebobinage anticipé.

Pour la correction d’exposition, vous devez appuyer sur le bouton anti-yeux rouges et régler la distance focale avec le gros bouton derrière le déclencheur. Pas très pratique mais ça existe.

Attention ici aussi, vous devez penser à remettre la correction à zéro vous même car éteindre l’appareil ne réinitialisera pas ce réglage.

Bref, un petit appareil bien fourni et relativement compact, qui fut un succès en son temps.

Des défauts ? Ben oui, l’appareil parfait n’existe pas, ce sont toujours des compromis plus ou moins acceptables. Il est un peu bruyant (moteur), un peu compliqué avant d’avoir l’habitude, un peu gros pour un compact, et … c’est tout.

Et de nos jours ?

Il faut avouer que peu de compacts offrent de telles fonctions, qui plus est avec la qualité d’image que délivre ce Pentax Espio 928. Il est donc « toujours dans le coup » pour qui veut un appareil relativement sophistiqué, même si les puristes regretteront de ne pas avoir plus la main sur le boitier.

Mais ce n’était pas la préoccupation au moment de la conception de cet appareil, fait pour délivrer de bonnes images sans trop de prise de tête. Et cela reste vrai aujourd’hui si vous cherchez un petit compact qui sort de l’ordinaire.

Si lors d’une brocante, chez un vide grenier vous en trouvez un dans les 20€ maximum, prenez-le, il sera un fidèle compagnon de sortie.

Pub d’époque

Source : Collection-appareils, Camara juillet 1998. J’aime bien ce type de publicité car on peut voir en un coup d’œil les protagonistes de l’époque.

Video d’illustration

Quelques exemples de photos prises avec cet appareil ICI et LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Un peu de technique :

Objectif 28-90 mm f3.5 – 9, 9 éléments en 7 groupes, autofocus avec verrouillage de la mise au point, minimum de la mise au point à 0,58m
Obturateur électronique offrant les vitesses de 1/5s à 1/400s, plus pause B de 1/2-10min. Modes flash automatique, photo de nuit, anti-yeux rouges
Sensibilité de 25-3200 ISO, codage DX automatique, retardateur, avance automatique du film, compensation d’exposition jusqu’à +/- 3 EV, télécommande (en option), mode panorama

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Pentax_Espio/IQZoom_928, https://www.135compact.com/pentax_espio_928.htm, https://www.35mmc.com/14/10/2021/pentax-iqzoom-928-review/, https://35hunter.blog/2019/02/09/why-a-pentax-espio-should-be-top-of-your-compact-film-camera-wishlist/ en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=1667, en français

Argentique

Le Canon Prima 5

Si vous cherchez un petit compact facile, léger, sans chichi, je crois que celui-ci va répondre à vos attentes.

Comme d’habitude, il s’appelle Prima 5 en Europe, Sure Shot Max aux USA et Autoboy Mini au pays du soleil levant.

Pour une fois, le nom américain est le plus parlant : « sure shot max » que nous pouvons traduire par « impossible de rater sa photo » – bon, ok, c’est très littéral !

Mais juste car avec lui, pas de complications inutiles : vous chargez une batterie CR123 de 3V dans le compartiment, vous placez un film dans la chambre, en tirant la languette jusqu’au repère (en vérifiant que le film est bien sur les roues dentées d’entrainement), puis vous fermez le dos.

C’est tout, il est prêt !

De fait, il va charger le film jusqu’à la première photo, lire le code DX de la cartouche et régler sa cellule (de 25 à 3200 Iso), armer le déclencheur et vous inviter à faire votre prise de vue. il vous suffit de pousser le curseur sur le tour de l’objectif pour le mettre en batterie.

jpg/canon_prima_5_IMG_0572.JPG

Source : 135compact

C’est le minimum syndical des appareils des années nonante (il est sorti en 1991), mais on lui demande juste de faire des photos, et il le fait bien.

Son optique est un 38mm ouvrant à f3,5, une focale fixe mais dotée de l’autofocus. Ce n’est pas vraiment un grand angle mais il est un peu plus large qu’un 50mm. Très passe partout.

Son obturateur, électronique, travaille de 1/8s à 1/250s (et de 1/60 à 1/250 en synchro flash), ce qui est amplement suffisant.

Au niveau des commandes, vous ne serez pas distrait pas une tonne de boutons ! Il y en a trois :

  • le déclencheur,
  • le retardateur (10 secondes)
  • le curseur pour couper le flash, le mettre en auto ou OFF

Notons qu’en position « auto », le flash lance des minis-éclairs pour essayer d’éviter les yeux rouges de vos sujets.

Ah, il y a encore un compteur de vues, qui se remet à zéro automatiquement, et un filetage pour un trépied en dessous.

Voilà, voilà …

C’est du « tout plastique » mais assemblé avec soin et les plastiques sont de qualité.

Sauf le crochet de la porte de pile, qui a tendance à casser et qu’on répare souvent d’un bout de gaffer. Ça n’a jamais empêché de faire des photos.

Que retenir de ce petit appareil au look sympa ?

Sa taille et sa forme, qui le rendent très portable et confortable à utiliser. Son viseur, clair et muni de marquages lumineux pour aider au cadrage, avec correction de la parallaxe. Sa relative discrétion ensuite, qui en fait un petit boitier qu’on peut emmener partout, y compris au musée puisque vous pouvez déconnecter le flash.

Si vous en trouvez un avec sa house d’époque, après avoir vérifié que la pile n’a pas coulé, que son compartiment ferme bien, ne dépensez pas plus qu’un billet de 10€, vous ne le regretterez pas.

Petite pub d’époque

Source : collection-appareils, Foto-Quelle 1993-94.

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Video d’illustration

Des références : https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12331-Canon_Prima%205.html, en français; https://www.photo-foto.eu/canon/canon-prima-5/, en allemand; https://www.135compact.com/canon_prima_5.htm, en anglais

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L’Olympus SuperZoom 70

Voici le dernier appareil acheté lors de la brocante des 26 – 27 novembre 22.

Après deux Yashica, en réflex, place à un compact typique des années nonante, un Olympus SuperZoom 70 dans sa sacoche et avec son mode d’emploi (et même un film dedans !).

C’est une charmante dame qui me l’a apporté, avec un vieil Agfa Clack bien moisi et un Kodak 255X malheureusement inutilisable (cassette 126). Si je n’ai pas gardé les deux derniers cités, pour lui faire plaisir, j’ai acheté cet Olympus.

Représentant assez typique des appareils des années nonante (1993), il ne transfigure pas le matériel photographique mais apporte sa petite touche.

Comme d’habitude, s’il se nomme SuperZoom 70 en Europe, ce sera OZ 70 Zoom au Japon et Infinity Zoom 2000 aux USA. Et pour être le plus complet, il a existé en version DX, c.-à-d. affublé d’un dos dateur, vraisemblablement inutile de nos jours, et en version Panorama, visiblement réservée au seul marché nippon (OZ Panorama 70 Zoom).

Vous l’avez compris, c’est un compact fait pour se simplifier la vie : on vise le sujet, qu’on essaie de placer sur une croix au milieu du viseur (qui est quand même colimaté avec correction de parallaxe), on attend qu’une lampe verte apparaisse pour être certain que l’autofocus est bien verrouillé sur la cible, éventuellement une lampe orange si on a eu besoin du flash, et on appuie sur le déclencheur. C’est tout, l’appareil fait le reste : il avance la vue, réarme pour la suivante.

A noter que si vous deviez rembobiner votre film pour une raison ou l’autre, il faudra attendre d’avoir atteint la dixième vue pour pouvoir le faire. Pourquoi 10 ?

Il vous propose un zoom finalement raisonnable, un 38 – 70mm ouvrant de f4,5 à f7,8. Pas bluffant mais honnête face à la concurrence de l’époque. Si vous regardez en bas de l’article, je vous ai mis un lien vers des photos prises avec cet appareil et les résultats sont correctes.

-« Mais alors, qu’est -ce qui le rend intéressant ? »

Ah, je vous dirais son ergonomie d’abord, avec une poignée bien dessinée qui offre un réel confort d’utilisation et, accessoirement, de loger les piles.

Tiens, parlons-en des piles : normalement, 2 piles AA de 1,5v suffissent mais – et c’est particulier – il y a aussi un emplacement pour mettre une pile lithium de 3v (type CR123). Ce n’est pas courant mais ça peut être utile en voyage notamment.

Ensuite son écran LCD, bien complet et facile à lire et son viseur, clair et suffisamment grand pour bien cadrer ses sujets.

Outre donc qu’on l’ait bien en mains, les commandes tombent naturellement sous les doigts et sont fluides.

Comme je l’écrivais plus haut, ce n’est pas un compact révolutionnaire, mais un bon petit appareil qui fait bien ce qu’on lui demande de faire : des photos sans prise de tête mais correctes.

Outre le fait qu’il chargera votre film presque tout seul, qu’il réglera la sensibilité de celui-ci sans intervention (de 50 à 3200 Asa), il vous propose une gamme de focales intéressantes : un 38mm qui est presque un grand angle et un 70mm qui est presque un mini télé. L’objectif est composé de 5 éléments en 4 groupes.

Vous pourrez faire du paysage et du portrait puisqu’il vous propose ces compromis honorables. La mise au point commence à 60cm jusque l’infini.

Vous vous en doutez, l’obturateur est électronique et les vitesses sont liées à la détection de lumière faite par la cellule. Elles sont de 1s à 1/500s.

Il vous propose quand même le verrouillage de l’autofocus, par pression à mi-course du déclencheur, pour vous permettre de recadrer votre sujet si besoin.

Et, ce que j’aime bien, la possibilité de débrayer le flash. Attention toutefois, à chaque re démarrage, il faut penser à modifier le réglage, par défaut, sur flash auto.

Un petit flash qui sur la position Flash S propose à vos sujets d’éviter d’avoir des yeux de lapins effrayés, en émettant une série de pré-éclairs avant la prise de vue.

Et vous avez la possibilité de « forcer » le flash en cas de contre-jour important, p. ex.

Ah, il vous offre encore un retardateur de 12 secondes, qui peut être piloté par une télécommande à infra-rouge en option), qui vous offre un délais supplémentaire de 3 secondes avant de lancer soit le déclenchement pur et simple, soit d’enclencher le retardateur que vous aviez programmé.

Voilà, voilà … un petit compact que vous devriez pouvoir emporter pour 15€ maximum, avec sa dragonne et son petit sac, que l’on peut porter à la ceinture.

Celui-là ne vous donnera pas de frisons mais fera son job correctement, des photos de bonne facture.

Petite video d’illustration

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références : https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2990-Olympus_Superzoom%2070.html, en français; http://camera-wiki.org/wiki/Olympus_Superzoom_70, en anglais

Argentique

Le Weltix

Lorsque j’ai trouvé ce minuscule appareil dans une brocante des bords de Meuse (Namur), j’ai craqué pour sa bouille sympathique, sa taille et son côté « très vieux machin ».

Ni le vendeur ni moi ne connaissions l’engin, ce qui m’a un peu facilité les choses pour négocier le prix, scandaleusement élevé au départ et qui deviendra raisonnable lorsque j’ai fait remarquer au dit vendeur que l’appareil ne déclenchait plus.

Bref, une fois la chose conclue, j’ai glissé ce petit pliant dans mon sac à dos. C’était le dernier que j’achetais sur cette brocante, ouf !

Rentré à la maison, je l’ai bien nettoyé (il en avait bien besoin) et à force de « chipoter », j’ai trouvé comment l’armer et le déclencher, je vous expliquerai.

Mais ma plus grande surprise a été de découvrir qu’il s’agissait d’un 24×36. Je pensais trouver une bobine de 127 à l’intérieur car souvent, anciennement, pour réduire la taille des boitiers, c’est vers cette pellicule que les fabricants se tournaient.

Il est contemporain d’un certain Leica II, initiateur du format, et d’un Kodak, nous y reviendrons juste après.

Il est donc temps d’en apprendre un peu plus sur ce Weltix de chez Welta (c’est gravé dans le cuir).

Je vous invite, pour gagner du temps, à relire l’article que j’ai consacré au Kodak Retina IIIc dans lequel vous aurez appris qu’en 1934, Kodak Allemagne (qui vient de racheter Nagel Kamerawerk, du nom d’un génial inventeur) présente un petit appareil pliant, le Kodak Retina, qui utilise la cassette de film 35mm inventée quelques temps auparavant.

Source : Wikipedia; au gauche le Kodak Rétina, à droite, le Weltix acheté

Ce petit pliant a connu un immense succès et fut donc copié, par exemple par Balda et Welta.

Welta fut fondée par Walter Waurich, Waldemar Radewensky et Theodor Weber en 1914 à Freital, près de Dresde, sous le nom de Weeka-Kamera-Werk et deviendra Welta-Kamera-Werk en 1919 (je ne sais plus combien valent les W au scrabble, mais là, on a fait le plein !).

Elle fabriquait des appareils de grande qualité comme le Perle, le Solida (à ne pas confondre avec le Franka Solida) ou le Weltini. Ils étaient aussi précurseurs avec des appareils vraiment d’avant garde, comme le Perfekta et le Superfekta.

Source : Wikipedia

En 1935, quelques mois après la sortie du Retina original, avec un objectif ouvrant à f3,5, Welta met sur le marché le Welti, un appareil très inspiré du premier cité mais avec une gamme d’objectifs ouvrant de f2 à f3,5. Une première, destinée à couper l’herbe sous les pieds du géant Kodak qui devra attendre 1936 pour lancer le Retina II, équipé enfin d’un objectif ouvrant à f2.

Le Welti était tout noir, son déclencheur était positionné sur l’obturateur même, des Compur ou Compur-Rapid de qualité pour épauler des objectifs de haute qualité (Schneider Xenon, Carl Zeiss Tessar, Meyer Trioplan).

Comme l’appareil eut aussi du succès, ils l’ont amélioré avec des mécanismes pour corriger la parallaxe, un déclencheur sur le boitier, des chromes, un choix d’objectifs plus vaste.

Bref, ils se sont posé en concurrent directs du Retina, en proposant, en plus, un prix plus abordable.

La famille comptait dont le Welti, haut de gamme, le Weltini, un moyen de gamme, le Weston, plus simple et le Weltix, l’entrée de gamme. Tous les trois eurent un succès auprès des clientèles visées grâce à leurs qualités et leur positionnement de prix intéressant.

-« Et le Weltix dans tout ça ? »

Et bien il s’agit donc de la version économique du Welti, proposée à la fin des années trente. Economique mais pas sans atouts : il possédait aussi une correction de la parallaxe, un déclencheur sur le boitier et plus sur l’obturateur, et même un compteur de vues.

Les économies touchaient surtout la qualité des métaux utilisés, un choix plus restreint d’objectif (un Cassar ou un Xenar), d’obturateur (un Prontor II ou un Compur) et sans chromes, alors très à la mode pour faire « chic » et cossu.

Le boitier est fait de métal embouti dont les plaques supérieures et inférieures sont peintes en noir (qui s’écaille souvent avec le temps et les maladresses d’une longue série de propriétaires), le reste étant recouvert d’un cuir assez fin. Les objectifs n’ont pas de système de mise au point hélicoïdale mais se règlent directement sur l’avant. Il n’y a pas de griffe porte accessoires (où auraient-ils pu la mettre vu la taille de l’engin ?).

Mais la seconde guerre mondiale pointait le bout de son vilain nez et le Weltix ne fut produit qu’à la fin 1938 et en 1939, l’usine Welta ayant cessé de produire des appareils photo pendant la guerre.

En 1949, Welta a repris la production du Welti, avec des améliorations mais le Weltix ne fut jamais plus fabriqué.

Souvenez-vous, nous étions à Dresde – partie devenue Allemagne de l’Est. Après les déboires de la guerre, l’usine Welta a poursuivi la production en tant que société d’État (VEB Welta-Kamera-Werk). En 1959, elle devient partie du grand VEB Kamera- und Kinowerk Dresden, un conglomérat de fabricants est-allemand qui deviendra VEB Pentacon en 1964.

-« Bien, bien, et comment fonctionne ce Weltix ? »

Source : From the focal lense to infinity

Tout d’abord, pour l’ouvrir, il faut appuyer sur un petit bouton, en dessous, sur la semelle. Ce qui libère la face avant, qui se déploie souplement vers la droite, laissant apparaître le soufflet et le bloc objectif/obturateur de l’engin. La plaquette métallique sur la porte, c’est pour maintenir l’appareil de niveau si vous le posez sur une surface dure.

Sur la tranche gauche, le verrou pour ouvrir la porte arrière et découvrir la chambre. Regardez la mécanique, c’est du solide et malgré les ans, tout est propre et fonctionne. Celui-ci a bien servi si j’en juge par les traces laissées par les films sur la plaque de pression.

Les Weltix étaient équipés soit d’un Xenar 50mm f 3,5, soit – comme ici – d’un Cassar 50mm f2,9. Ce Cassar était fabriqué par Steinheil à Munich. C’était un objectif triplet très courant que l’on trouvait également dans d’autres appareils photo amateurs des années 1920 et 1930.

Bon, l’idéal aurait été d’avoir un exemplaire avec le Xenar qui, s’il ouvre moins grand, est de meilleure qualité (formule Tessar, fabriqué par Schneider-Kreuznach), mais bon, en brocante, on ne choisit par toujours.

La mise au point s’effectue en tournant l’élément avant de l’objectif, à partir d’un mètre jusque l’infini. Il faut près de 3/4 de tours pour manœuvrer. Les Welti, plus chers, utilisaient un système de mise au point hélicoïdale, plus précise et souple.

Mais que ce soit le Cassar ou le Xenar, aucune des lentilles n’est traitée et les images manqueront de contraste. Elles seront aussi sensibles au reflets. On peut monter des filtres, qui atténueront ces effets négatifs, c’était chose courante à l’époque.

L’obturateur, monté sur le bloc optique est un Compur (fabriqué par Deckel). Il donne des vitesses de 1s – 1/2s – 1/5s – 1/10s – 1/25s – 1/50s – 1/100s – 1/300 s et pause B. C’est un obturateur avec trois lames métalliques, qu’il faut armer avant de déclencher. Ici – c’est presque moderne – il y a un déclencheur sur le boitier, relié par un mécanisme simple à l’obturateur.

Pour être complet à ce sujet, sachez que certains Weltix, plus rares, ont été équipé d’obturateurs Prontor II (Gauthier), qui ne dépassaient pas le 1/200s.

Un mot sur le viseur maintenant, qui est assez particulier.

Pourtant, c’est un viseur de type Galilée (un tube avec deux verres) qui a l’avantage d’être économique, facile à fabriquer et qui offre une visée très claire. Vous le trouvez encore sur des compacts modernes (ceux des années nonante s’entend).

Son principal défaut, c’est l’erreur de parallaxe, car il est généralement placé à coté ou au dessus de l’objectif, pas dans son axe (l’avantage de la visée réflex). Sur les appareils un peu sophistiqués, il y aura une « correction » de la parallaxe, généralement représentée par des lignes tracées ou gravées sur le verre.

Et bien, ici aussi, de façon originale : c’est tout le viseur qui bouge pour corriger la parallaxe, grâce à un mécanisme simple qui le fait basculer vers l’avant, toujours dans le même axe.

S’il n’est pas trop abimé, vous devriez voir un N (pour « Nahe », c.-à-d. proche en allemand) gravé sur le viseur. Lorsque vous le relevez, vous pouvez viser les sujets proches (à partir d’un mètre).

Ok, c’est assez empirique. Au dos de l’appareil, vous trouverez un tableau qui donne les profondeurs de champ en fonction de l’ouverture et de la distance du sujet. Heu … c’est en allemand !

Reste le pifomètre, ça fonctionne aussi …

C’est subtil mais vous remarquerez sur les photos 1 et 2 le léger basculement du viseur vers l’avant

Alors, pour prendre une photo, une fois que vous aurez chargé un film dans la chambre, il vous faut armer l’obturateur, ce qui « arme » aussi le mécanisme du déclencheur sur le boitier.

Vous faites la mise au point en tournant le devant de l’ensemble objectif/obturateur, en vous aidant, le cas échéant du tableau à l’arrière de l’appareil (et d’un dictionnaire franco-allemand si besoin).

Les vitesses et l’ouverture se règlent avec les couronnes indiquées aux flèches 2 et 1.

Ici, il n’y a pas de retardateur à enclencher.

Comme souvent sur ces appareils, il y a un mécanisme pour empêcher les doubles expositions. Normalement, lorsqu’un film est monté dans la chambre, vous ne devriez pas faire la manœuvre, mais comme ici nous sommes « à blanc », si vous voulez armer l’appareil, vous devez faire tourner la tige crantée au moins 2 tours, jusqu’à entendre un petit « clic » discret. Si vous avez tiré le levier d’armement, vous pourrez déclencher, sinon c’est impossible (et ça ne sert à rien de forcer).

En passant, c’est un petit truc à retenir si vous découvrez ce genre d’appareil. Et comme les vendeurs de type « vide grenier » ne savent pas comment fonctionnent ces vieux machins, ça vous permet de faire diminuer les prix.

Si vous deviez mettre l’appareil sur un pied, pour une pose longue ou en cas de faible luminosité, vous pourrez fixer un déclencheur souple sur le fut de l’obturateur.

Heu, aurais-je oublié quelque chose à vous décrire ?

Oui, son sac « tout prêt », en cuir bien costaud. S’il n’est pas vraiment indispensable, sachez quand même que c’est sur lui que sont fixées les sangles de portage (sur mon exemplaires, elles sont casées mais c’est facilement réparable avec un bon cordonnier).

Comme souvent avec ces appareils qui s’ouvrent à droite (ou à gauche), ce n’est pas facile de le prendre en mains, d’autant que le boitier est petit, tout petit.

Mais il est chouette et, mine de rien, on le sent bien car il fait son poids. A l’époque, le plastique était inexistant, même la bobine réceptrice est en métal.

Encore une petite chose, pour le refermer, mettre l’objectif sur l’infini et appuyer légèrement sur le milieu des bras du compas, l’ensemble rentrera tout seul, sans forcer.

Comme on le dit souvent en riant, « c’est de la mécanique d’avant guerre ça mon bon monsieur, faite pour durer ! » Et c’est vrai car même si ce Weltix était considéré comme un entrée de gamme, destiné aux amateurs, près de nonante ans plus tard, il fonctionne encore.

Ne vous attendez pas à des images d’une précision chirurgicale, au piqué pointu. Non, plutôt une douce nostalgie et des couleurs aigres-douces, comme ces époques-là, pas franchement amusantes n’est-ce pas ?

J’imagine que les pellicules particulières de chez Lomography devraient lui aller à merveille (je pense à la Berlin ou Potsdam Kino, la Métropolis, la Lady Grey p.ex.), en noir et blanc.

Mais les plus osés passeront à la couleur, pourquoi pas ?

En résumé, un petit appareil pas si courant, au charme désuet, que je vois bien accompagner les personnes qui font des reconstitutions d’époque (un ami se reconnaîtra), et les autres, pour le plaisir d’utiliser autre chose qu’un vieux Leica pour le même type d’encombrement.

Alors, si vous en trouvez un en relativement bon état, essayez de le négocier autour des 40€ (mais oui, vous savez bien, il ne déclenche pas !) et disons 50€ s’il a encore son sac tout prêt en bon état.

Photographier avec ces appareils nous ramène aux fondamentaux de la photographie, avec humilité mais pas sans plaisir.

Des publicités d’époque

Source : Collection-appareils, Photo-Plait 1939 en haut et Central Photo, 1939 en dessous. Remarquez la phrase qui débute la seconde publicité : « utilisant le film cinéma, … ». C’est encore ainsi qu’on appelait les bobines en 24×36 chères à Oskar Barnak

Pour avoir une idée des photos prises avec cet appareil, c’est ICI et LA, p. ex.

Petites videos d’illustration

Des références : https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-21161-Welta_Weltix.html,https://www.autrefoislaphoto.com/musee/appareils-photographiques/folding/welta-weltix en français; http://camera-wiki.org/wiki/Welta, http://camera-wiki.org/wiki/Welti,https://sites.google.com/site/fromthefocalplanetoinfinity/weltix, https://cameracollector.proboards.com/thread/4374, http://forum.mflenses.com/watson-welta-weltix-from-1938-t30500,highlight,%2Bwatson.html (une mine de renseignements) en anglais

Argentique

Le Canon Prima AS-1, un Canon qui n’a pas peur de se mouiller !

Une grande brocante à Bruxelles, l’occasion d’une looongue balade dans quelques rues animées. Le soleil étant, en plus, de la partie, il y avait du monde, vendeurs comme chalands.

Par habitude, nous sommes là tôt mais force est parfois de constater que le brocanteur se fait parfois fainéant : autant auparavant tout le monde était sur le pont dès 6h30, 7h00 maximum, autant il aura fallu refaire plusieurs tours car certains se sont installés les 9h00 passées !

Allez, passons de petit mouvement d’humeur, il fait beau, les stands sont pleins … fouinons …

Au détour d’une petite rue, un couple sympathique vend un petit appareil tout rouge, un Canon étanche. Et cerise sur le chaperon (rouge), il est proposé avec son sac d’origine et un petit sac isotherme promotionnel d’époque.

Je craque déjà … Il s’agit en fait du Canon Prima AS-1, un petit appareil rondouillard qui n’a pas peur de se mouiller !

Je l’examine, plus pour le principe et le plaisir de la palabre, car il semble en parfait état et je l’emporte pour un prix tout à fait décent.

Et comme nous nous sommes découverts des passions communes, Madame, charmante, ajoute en guise de cadeau, un magnifique Polaroïd dont je vous ai déjà parlé. Seul hic de ce bel objet, le film, qui n’existe plus (le Spectra), ce dont j’avais discuté avec eux, en expliquant ma démarche (le site).

Bref, une belle affaire avec des gens agréables, ça réchauffe le petit matin frais, même ensoleillé.

Bon, Canon Sure Shot A-1/Prima AS-1/Autoboy D5 selon que vous vous trouviez aux USA, en Europe ou au Japon, comme ça nous avons fait le tour du monde.

Quand Canon a lancé cet appareil, en 1994, il y avait en face le Minolta Weathermatic, le Konica Mermaid, le Nikon L35 AF AW AD, Fuji ayant abandonné ses baroudeurs.

Quand vous êtes dans l’eau, il faut que les commandes soient faciles à atteindre, les réglages doivent pouvoir se faire « à l’instinct » et il faut penser que les réglages éventuels d’un autofocus par infra rouge ne fonctionneront pas, l’eau absorbant cette longueur d’onde.

Alors chez Canon, ils ont simplifié tout ça car le boitier est tout automatique.

Lorsque vous êtes au sec, l’autofocus est piloté par trois faisceaux IR (infra rouge), mais dès que vous plongez, il y a commutation automatique en fix focus de 1 à 3m. Si vous êtes plus près, à partir de 45 cm et jusqu’à 1m, vous serez en mode macro (avec flash forcé) et il faut maintenir le bouton en façade. Un gros bouton, facile à manœuvrer.

Pour le reste, on peut difficilement faire plus simple : lorsque vous le chargez d’un film, il l’amène jusqu’à la première vue; il règle la sensibilité Iso et l’exposition est automatique. C’est elle qui gère le recours au flash dès que le couple luminosité/sensibilité passe sous la barre des 1/30s.

Ah, une première précision, il est prévu pour résister à une immersion de 5m maximum et il flotte si jamais vous le lâchiez. Avec sa belle couleur rouge, vous avez toutes les chances de le retrouver facilement.

Il était la caméra la plus petite et légère au monde qui pouvait être utilisée tant sur terre que dans l’eau.

Construit tout en plastique il respire néanmoins la solidité. Même sa lanière rouge est ultra résistante. Elle ne vous lâchera pas facilement.

Le viseur a un grossissement de 0,42, ce qui est confortable pour cadrer ses images. Le bouton de l’obturateur rouge vif réagit bien et l’appareil photo émet un son somme toute discret lorsqu’il prend une image et fait avancer le film (bon, sous l’eau, vous ne l’entendrez pas).

Et tout avait été pensé pour que vous puissiez vous en servir facilement car outre son automatisme, le viseur présente un long dégagement qui autorise l’utilisation d’un masque sous-marin ou des lunettes … de ski.

Car qui dit appareil étanche à l’eau dit aussi à la pluie, la neige, la poussière, le sable. Bref, vous pouvez l’emmener partout où vous hésiteriez avec votre beau réflex ou votre compact de luxe !

Outre son automatisme, son viseur, ses gros boutons, la pièce maitresse de ce boitier, c’est son objectif.

Je vous livre ici une présentation de l’optique faite par le magasine Phot’Argus en avril 1994 : « L’optique est constituée d’un triplet convergent d’une focale de 32 mm ouvrant à f/3,5. L’obturateur (servant en même temps de diaphragme) est situé en arrière, séparé de la chambre noire par une lame à faces parallèles censée le protéger des éléments (eau ou sable) étrangers pouvant le détruire. Un ménisque à faces parallèles suivi d’une lame à faces parallèles sont en première analyse chargés de les protéger à l’avant. Mais ce n’est pas leur seul rôle ; en effet, plongée dans l’eau, la face avant du ménisque (d’un rayon de courbure égal à 0,37 m) devient un dioptre convergent d’une focale objet de 1,5 m. C’est un peu comme si une bonnette convergente était placée devant l’objectif. L’objectif devient alors myope : un objet placé dans l’eau à 1,5 m de l’appareil est vu par le triplet optique comme étant à l’infini, et son image sera focalisée sur le plan focal image de l’objectif. Cette situation vient providentiellement suppléer la défaillance de l’autofocus puisque ce dernier ne voit rien dans l’eau (les infrarouges étant absorbés) la mécanique qu’il est censé commander est alors au repos c’est-à-dire réglée pour l’infini. Dans cette configuration, et compte tenu de la profondeur de champ à f/8, tout objet situé dans l’eau entre 1 et 3 m sera net. En photographie atmosphérique, les deux faces du ménisque étant parallèles, ce dernier ne modifie donc en rien la vergence du système.
La deuxième lame sert de double vitrage pour éviter la formation de buée sur la face interne du ménisque avant, lors du passage d’une atmosphère chaude et humide (une piscine par exemple) au froid. Nous l’avons expérimenté, cela a bien marché pour l’appareil.
« 

Franchement, lorsqu’on voit l’appareil pour la première fois, avec sa face rondouillarde et ses couleurs voyantes, on ne s’imagine pas la « technicité » qui se cache là derrière.

Alors, faisons le tour de l’engin.

Sur le capot, un gros bouton rouge, le déclencheur, et à côté de lui, un second, plus petit, pour lancer le retardateur (vous ne pourrez pas vous en servir sous l’eau, mais là ce n’est pas utile !).

De l’autre côté du viseur, un hublot sous lequel défile les chiffres des images captées (le compteur se remet à zéro automatiquement).

En dessous de l’appareil, le pas de vis pour un trépied et à côté, la trappe pour la pile (une CR123 de 6v). Notons le joint torique qui empêchera que l’eau n’entre par là.

A l’arrière, juste une petite fenêtre pour rappeler le film qui est dedans et un petit repose pouce pour une bonne préhension dans l’eau (et sur terre aussi d’ailleurs).

Enfin, sur le devant, sous le viseur, la cellule, puis le flash intégré et la lampe pour atténuer l’effet yeux rouges et aider l’AF.

Au centre, cerclé de rouge, l’objectif que j’ai déjà décrit plus haut et à sa gauche (en le regardant de face), le gros bouton de commande.

Une excroissance permet de le manipuler aisément même sous l’eau ou avec des gants.

La position d’attente est le OFF, puis le mode Auto, le mode « sous marin », que vous devrez maintenir en position lors de la prise de vue. En remontant vers le haut, le mode flash forcé ou flash coupé.

Un mot sur le viseur, très large, très clair, collimaté avec correction de la parallaxe et, au milieu, un cercle qui indique où l’AF fait le point.

Le gros verrou, rouge, sur le côté, libère le dos. Vous ne pouvez pas rater le joint en caoutchouc orange. Il faut en prendre soin car c’est lui qui assure l’étanchéité de l’appareil (ne pas laisser de sable ou poussière dessus, veillez à ce qu’il ne se dessèche pas). Petite attention aussi au joint en feutre qui entoure la fenêtre laissant apercevoir le film.

La plaque de pression pour le transport du film est entourée par deux pièces métalliques qui font ressort : la première, rectangulaire, assure la pression sur la bobine dans la chambre; la seconde, elle pousse le film dans l’enrouleur lorsque vous fermez l’appareil. Car lorsque vous mettez une nouvelle cartouche de film dans la chambre, le boitier « lit » le code barre pour régler la cellule et lorsque vous refermez le dos, le moteur enroule le film automatiquement jusqu’à la première vue. Facile.

Le boitier sera décliné avec une version panoramique et un dos dateur, moins courante.

Tiens, pour la petite histoire, il existe aussi un Canon Sure Shot WP-1 presque en tous points semblables, sauf qu’il y a une fleur au lieu du poison pour indiquer le mode macro

Si on en croit la légende, ce WP-1, fabriqué en Chine (les autres l’étaient à Taiwan), aurait connu des problèmes d’étanchéité et se serait vu reclassé en « all weather » (tous temps) et non plus étanche !

Que penser de ce drôle de boitier ?

Plein d’optimisme, je l’ai chargé d’un film et comme nous partions pour la Côte d’Opale, dont on connait les fluctuations météorologiques, je l’ai embarqué, me disant que celui-là n’aurait pas peur de quelques gouttes d’eau (ça, on en a eu, et même de la grêle … Vive les sacs étanches et les boitiers tropicalisés).

Franchement, c’est très amusant de le manipuler, même s’il parait imposant, il est léger et on le tient facilement en main. Le viseur est génial et, hors de l’eau, le moteur fait peu de bruit lorsqu’il ré-arme.

Mais voilà, à la troisième photo, patatras, il se bloque ! Plus moyen de déclencher ni – et c’est là un écueil auquel je n’avais pas pensé – de rembobiner le film car il n’y a pas de petit bouton miracle pour le faire.

J’essaie de comprendre et finalement, la mort dans l’âme, je me décide à l’ouvrir pour voir si le film ne s’est pas déchiré à l’intérieur.

Le verrou est toujours un peu difficile à manœuvrer, pour éviter une mauvaise manipulation sous l’eau (p. ex.) mais là il est franchement pénible. Puis le dos se libère : ouf, le film est rembobiné donc je ne perdrai pas mes trois photos mais je comprends malheureusement d’où vient le problème … le plastique du verrou a cassé et comme il assure la contact électrique nécessaire (en plus de la fermeture de l’appareil), il a provoqué la panne fatale !

Et là, je râle, car je l’aimais bien moi ce bout de plastique rigolo, qui faisait des photos …

Impossible de recoller les morceaux (qui sont soumis à des flexions et tensions). Il me reste à trouver une épave (joints abîmés par exemple) pour phagocyter ce f… verrou, mais ce n’est pas un appareil qui « court les rues ». On verra ….

Donc, si vous en trouvez un, vérifiez que la pile n’a pas coulé, que le joint est intact, que le feutre de la petite fenêtre derrière l’est aussi et que le verrou ferme (difficile d’aller plus loin avec lui à moins de démonter sur place le cache en plastique gris, mais ça ne se verrait sans doute pas de toute manière).

Admettons qu’il soit parfait. Si en plus vous l’avez avec sa sacoche, son sac isotherme promotionnel, sa dragonne rouge, n’hésitez pas à sortir 50€, il le vaut bien et vous aurez le plaisir de le sortir par tous les temps, sans crainte.

Et moi je cherche une épave pour le sortir de nouveau sous la pluie …

Video d’illustration

Petite pub d’époque :

Source : Collection-appareils.fr, Post 1994

Quelques références : https://mattlovescameras.com/canon-prima-as-1-review-canons-underwater-marvel/, http://camera-wiki.org/wiki/Canon_Sure_Shot_A-1/Prima_AS-1/Autoboy_D5, https://global.canon/en/c-museum/product/film169.html en anglais; http://www.magic-photo.com/canon/pri-as1.htm, https://www.mes-appareils-photos.fr/Canon-Prima-AS-1.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10550.html en français

Argentique

L’Olympus Mju – II

C’est presque en fin de brocante que je suis tombé, par hasard, sur ce petit Mju II. Il était bien caché dans un petit sac, et j’aurais dû me méfier car il était entr’ouvert, avec un film mal rembobiné dans la chambre.

Mais pour le prix que je l’ai enlevé, j’ai estimé pouvoir prendre le risque …

Car, disons-le tout se suite – et presque comme d’habitude – il est en panne.

Oh, c’est étrange, car il accepte un film, il le charge mais impossible de déclencher, quelque soit la condition de lumière !

Bref, et je pense l’avoir déjà écris, ces Mju sont très fragiles. J’en ai déjà acheté trois avec celui-ci et un seul a fonctionné.

Je comprends pourquoi tant de lecteurs se précipitent ces derniers jours sur l’article consacré au Fuji DL Super Mini, bien plus costaud.

Et pourtant, cette espèce de « savonnette » a un incroyable succès, vu les prix pratiqués !

Essayons d’y voir plus clair à son sujet …

Chez Olympus, et ils n’étaient pas à leur coup d’essai après les excellents Pen et Trip, ils avaient lancé le XA. Un minuscule télémétrique avec une optique de rêve, un Zuiko 35mm ouvrant à f2,8 (mise au point de 90cm à l’infini). C’est un priorité à l’ouverture qui, lorsque vous la réglez, établi la vitesse en fonction, de 10s à 1/500s.

Mais c’était encore un appareil des années quatre-vingt (de 1979 à 1985).

Et l’autofocus pointait son nez un peu partout. Alors Olympus a sorti le AF-1 en 1986. Il gardait l’excellent objectif du XA et introduisait donc le fameux autofocus. A l’époque, ce petit appareil était considéré comme le plus abouti de sa gamme. Je vous invite à relire l’article à son sujet.

Enfin, au seuil des années nonante, est apparu le µ-1 (Mju) premier du nom. Un autre petit appareil qui alliait la facilité d’utilisation initiée par le AF-1, une certaine qualité de fabrication et – mais ça c’est toujours éminemment subjectif – une sorte de beauté (on le compare à un galet ou … une savonnette).

On doit son design au célèbre Maitani Yoshihisa qui avait déjà commis les Pen et le XA, notamment.

Coup de maître d’Olympus, qui en vendit des millions. Facile, agréable à manier, que l’on pouvait glisser dans une poche de Jean’s, donnant d’excellents résultats, ce fut un vrai best-seller. Et il le reste, au vu des prix pratiqué à ce jour à son encontre.

Mais là aussi, il faut se rappeler qu’il est fragile : combien ne l’ont-ils pas « flingué » en essayant de retirer un film mal enroulé ou cassé à l’intérieur. Toute la mécanique est en plastique. Et je ne parle pas de son électronique qui est, disons le gentiment, un peu fantaisiste avec le temps.

Bref, en 1997, fort de ce succès, Olympus sort un µ-II (Mju II). Le boitier évolue un peu (et chacun aimera ou pas la nouvelle version, un peu plus « anguleuse »), il devient aussi encore plus compact que le premier et reste très léger (150gr tout nu).

Comment ont-ils pu encore réduire la taille de l’engin ?

Grâce à un tout nouveau système d’entrainement à moteur unique et un nouveau mécanisme d’entraînement par arbre.

« L’une des clés de la compacité du µ-II est une disposition qui intègre à la fois le moteur et le nouveau mécanisme d’entraînement de l’arbre dans la partie inférieure du boîtier de l’appareil photo. En donnant aux concepteurs une plus grande flexibilité, cette approche innovante a également ouvert la voie à la forme en coin et à l’équilibre stable.
Toutes les fonctions de base, y compris l’avance/rembobinage du film, l’extension/rétraction du barillet de l’objectif de mise au point et l’ouverture/fermeture de l’obturateur, sont gérées par un seul moteur et piston. Développé spécialement pour le µ-II, le nouveau moteur compact est situé dans le sens de la longueur sous la barrière de l’objectif dans l’espace rendu disponible par l’utilisation d’un mécanisme d’entraînement par arbre au lieu des engrenages et de l’entraînement par courroie habituels. Bien que cette innovation contribue aux dimensions plus petites du corps, elle nécessite également un traitement avec des tolérances exceptionnellement fines. »

Source : Olympus global, au dessus le Mju 1 avec ses engrenages et en dessous le Mju 2 avec son arbre de transmission.

Ensuite, il gagne un objectif rapide, ouvrant à f2,8 contre f3,5 pour son aîné.

Puis, cerise sur le boitier, il devient « all weather », c-à-d. résistant aux éclaboussures, à la poussière, au sable grâce à des joints en caoutchouc disséminés un peu partout.

Attention toutefois, ces joints peuvent être un piège : il n’est pas possible de les changer s’ils vieillissent mal, ce qui peut occasionner des fuites de lumière rédhibitoires.

Mais commençons par présenter le boitier.

Devant, un clapet qui coulisse et découvre l’objectif et le viseur. Il sert aussi d’interrupteur pour mettre l’appareil en batterie.

Vu de dos, clapet ouvert, on voit le viseur, clair et spacieux vu la taille de l’engin et aussi un petit écran LCD, au dessus de deux minuscules boutons (pour les fonctions flash et retardateur).

Sur la tranche gauche, un autre petit bouton pressoir permet de déverrouiller le dos.

Au dessus, un seul bouton, le déclencheur que, personnellement, je ne « sens » pas sous l’index.

Que reste t-il à découvrir ? La trappe à pile (une CR123 de 3v), sur la droite et en dessous un pas de vis pour le fixer sur un trépied.

Alors, je vous ai écrit qu’il était facile d’utilisation, la preuve : vous l’ouvrez, glissez dedans un film avec codage DX, que l’appareil lit pour régler la cellule. Vous accrochez l’amorce dans la bobine réceptrice et vous refermez. Le boitier se charge d’amener la pellicule à la première vue.

Pour le piloter, de fait, il n’ y a que deux boutons : un pour régler le retardateur et le second pour gérer le flash. Attention, le flash est toujours en mode auto à l’ouverture de l’appareil. Si vous voulez le désactiver, il faut appuyer deux fois sur le bouton.

Et puis il y a le viseur, dit à « à image réelle » avec un grossissement de 0,45, qui aide grandement à la composition. Au milieu, une mire indique le point d’autofocus. Ensuite, sur le côté droit, deux petits voyants : le vert indique que l’autofocus a bien accroché le sujet et l’orange indique si le flash sera utilisé ou pas.

Un mot d’ailleurs sur ce flash, qui est à « équilibrage automatique des couleurs ». Grâce à lui, vos photos prises sous lumière fluo ou une quelconque autre lumière artificielle seront bien équilibrées. Son déclenchement, automatique vous garanti des couleurs claires et réalistes

De fait, il y a six modes différents pour ce flash intelligent à puissance variable :

  • Automatique : dans des situations de faible éclairage et de contre-jour, le flash se déclenche automatiquement pour s’assurer que l’éclairage est approprié.
  • Atténuation automatique des yeux rouges : l’effet yeux rouges – un problème courant avec les portraits au flash – est réduit par une série de pré-éclairs émis avant le déclenchement du flash principal.
  • Fill-in : idéal pour les situations à contraste élevé,comme les contre-jours. Le flash se déclenche toujours dans ce mode, éliminant les ombres causées par la forte lumière du soleil.
  • Flash désactivé : à utiliser lorsque la photographie au flash est interdite. Il est également idéal pour capturer une ambiance naturelle.
  • Scène de nuit : l’intensité du flash est déterminée par le premier plan, tandis que la durée de l’exposition est réglée en fonction de l’arrière-plan. Ralentissant la vitesse d’obturation jusqu’à 4 secondes, ce mode capture à la fois le sujet au premier plan et le paysage nocturne.
  • Scène de nuit avec atténuation des yeux rouges : ce mode réduit encore une fois l’effet des « yeux de lapin effrayé » sur les photos prises en mode Scène de nuit. Ce mode est identique au précédant mais sans les pré-éclairs.

Le flash est remarquablement équilibré et son utilisation évite généralement la surexposition.

Reste l’autofocus, à infrarouge, et la gestion de l’exposition est automatique. C’est un « point and shot » à focale fixe dotée de l’autofocus, généralement apprécié pour sa précision et sa capacité à se dépêtrer dans les situations plus complexes.

Au niveau production, il sera disponible en noir ou argent et plus de 3.800.000 millions d’exemplaires seront vendus. Une série limitée sera produite encore en 1998 pour fêter les 10 millions de Mju vendus. Se seront 65.0000 exemplaires exclusivement en fuchsia/bordeaux. Notons encore que quelques versions ont existé en QD, c.-à-d. avec un dos dateur (quartz date imprinting).

Que l’on ne vienne pas me dire qu’ils sont dès lors rares ! A moins bien sûr (je sais, là je suis vache) de ne plus compter que les quelques uns qui fonctionnent encore !

En résumé, pour l’époque, un petit bijou d’ingénierie qui a su capter la faveur d’un large public de par sa simplicité d’utilisation, son aspect agréable et la qualité des photos produites.

Pour vous convaincre de ses qualités, quelques exemples de photos ICI.

Que faire si vous en trouvez un (à un prix décent s’entend) ?

Munissez-vous d’un film test et d’une pile CR123 pour l’essayer. Il doit charger le film et vous devez pouvoir déclencher, avec et sans éclairs de flash. Si vous êtes satisfait, sachez qu’il existe un minuscule petit bouton (à côté des deux boutons du retardateur et du flash) pour activer le rembobinage automatique si vous ne déclenchez pas la totalité de votre film test.

Personnellement, je trouve exagéré les quelques 150 voire 200€ que certains réclament pour vendre leur appareils. A vous de voir.

Disons que pour un encombrement encore moindre et des résultats encore meilleurs, je préfère toujours le Ricoh R1.

Dernière petite revenue de mon exemplaire :

Pubs d’époque

Source : Collection-appareils, Camara Juillet 1998
Source : Collection-appareils, Camara juin 2001

Petites videos d’illustration

Des références : https://gregorymignard.com/olympus-mju-ii/, https://benber.fr/presentation-olympus-mju-2/, https://www.filmisundead.com/test-avis-olympus-mju-ii/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=692, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-251.html, https://jeremyjanin.com/un-ete-avec-olympus-mju-ii/, https://www.lomography.fr/magazine/326628-lomopedia-olympus-mju-appareil-argentique-photo en français; https://www.olympus-global.com/en/news/1997a/nr970218mju2e.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Olympus_mju_II, http://camera-wiki.org/wiki/Olympus_mju_II, https://kosmofoto.com/2019/06/olympus-mju-ii-review/, https://web.archive.org/web/20071210162108/http://www.olympus-global.com/en/corc/history/camera/popup/m_mju2.cfm?message=1 en anglais

Argentique

L’Olympus Pen EE-2

Si vous vous en souvenez, il y a peu, je vous présentais l’Olympus Pen-EE, un chouette petit boitier avec la particularité de faire des demis-photos.

Soit, si vous avez mis un film de 36 vues, vous en ferez 72, 48 si c’est un film de 24 poses qui est dans la chambre.

Et ça me fait penser au commentaire d’Olivier qui disait, en substance, qu’à l’époque, les fabricants trouvaient ça peu intéressant car ils voyaient leurs ventes divisées par eux. Car la qualité des images restaient bonnes même en agrandissement. Je lui répondais qu’in fine, avec l’augmentation du prix des films et de la chime, ces appareils allaient avoir une seconde chance.

De fait, les appareils photo demi-format ont commencé à disparaître à partir des années 70 alors que les compacts plein format devenaient plus petits, mais la série PEN a survécu jusque dans les années 1980. C’est déjà un gage de qualité cette longévité contre les modes, qui passent et … repassent.

Comme dans la même brocante j’ai trouvé un second Pen, je vais vous le présenter.

Autant le premier était en parfait état, propre et dans sa boîte, autant celui-ci a dû bénéficier de mes soins attentifs, mais, comme le dit la pub, « il le valait bien » !

Alors c’est bien un Pen mais le PEN-EE-2, soit le successeur de celui que je vous ai proposé.

Pour mémoire, le premier Pen est apparu en 1959. En 1961, un Pen – EE prend la relève. Il sera produit jusqu’en 1967 et sera remplacé, début 1968, par le PEN EE-2.

Si la forme générale reste assez identique, quelques modifications importantes font leur apparition.

Ce qui ne change pas, c’est l’excellent groupe optique, une focale fixe D. Zuiko de 28mm ouvrant à f 3,5, de 4 éléments en 3 groupes. C’est toujours l’équivalent d’un 40mm en 24×36.

Sachez que si vous avez de la chance, vous pourrez trouver des filtres à viser au diamètre particulier de l’Olympus Pen, le 43 et demi.

Les vitesses d’obturation restent à 1/40s et 1/200s et 1/40s avec connexion flash synchro X en mode d’exposition manuel.

Si la plage de vitesses semble banale, en fait elle a été déterminée pour obtenir une profondeur de champ maximale.

Dans une lumière ambiante ensoleillée, la vitesse d’obturation sera réglée sur 1/200s et la plage d’ouverture est régulée de f/22 à environ f/8. Lorsque la lumière est inférieure à celle-ci, l’appareil photo passe à l’exposition de 1/40s et l’ouverture de l’objectif est réglée de f/11 à sa plus grande ouverture. En empêchant l’ouverture d’être trop petite, on évite la diffraction et ses reflets parasites.

Avec lui vous serez net de 1,5m à l’infini et quasi toutes vos photos prises entre 3 et 5 seront nettes.

Reste que si vous arrivez en situation de « drapeau rouge », c.-à-d. lorsque l’obturateur est verrouillé car l’éclairage n’est pas suffisant, comme avec l’ancien modèle, vous pouvez essayer de vous en sortir en réglant l’objectif sur la plus grande ouverture pour le flash, ou en verrouillant l’exposition sur un autre point plus clair, en maintenant le déclencheur enfoncé à mi-course. Puis vous recadrez votre sujet. Ça, vous ne pouviez pas le faire avec son prédécesseur.

Au rayon des nouveautés toujours, la sensibilité monte maintenant de 25 à 400 Asa (contre 200 pour l’ainé).

Autre grande innovation, une griffe flash apparait maintenant sur le capot supérieur.

Et le dos de l’appareil est monté sur charnière, plus pratique que de devoir ôter tout le dos pour recharger. Attention, n’arrachez pas la manivelle de rembobinage pour l’ouvrir, il y a un petit loquet en bas, sur la tranche pour ce faire. Par contre, vous devrez la soulever pour y glisser la nouvelle bobine.

Ce qui ne se voit pas, c’est que les calculs d’expositions et le travail de la cellule ont été revu aussi.

Le viseur était bon, ils l’ont laissé tel quel.

Lorsqu’il est activé, le drapeau contextuel rouge de sous-exposition s’affiche en bas du viseur.

Oui, je sais, le drapeau devrait être rouge, mais le mode d’emploi de l’époque propose cette photo !

Ce nouveau Pen EE-2, produit de 1968 à 1977, est – finalement et à première vue – presque le même que le Pen – EE avec l’ajout d’un sabot.

Cependant, ce que l’on sait moins, c’est qu’il partage le même mécanisme d’exposition automatique que le Trip 35, LA référence de l’époque.

Il reste un petit appareil sympa et facile à utiliser, sans prise de tête.

Le compteur de vue, très clair, ne demande plus rien d’autre que de charger le film, armer une ou deux fois (appareil fermé) jusqu’à ce que le chiffre 1 soit pointé. Vous pouvez commencer à prendre vos photos. Si cela semble plus simple, il y a néanmoins un inconvénient à cette « nouveauté » : en effet, avec l’ancien Pen – EE, vous saviez le nombre de photos restantes; ici, il vous faudra une bonne mémoire car il n’y a pas le moindre mémo pour vous rappeler quel film vous lui avez fait avaler (même pas une plaquette mémo sur le dos) !

En relisant l’article du Pen – EE premier du nom pour préparer celui-ci, je ne suis aperçu que je n’avais pas beaucoup insisté sur le côté ludique de ces appareils.

Par contre, les Lomographistes ont bien compris tout l’intérêt de ses demis-photos, permises grâce à l’excellente construction de l’appareil et à l’avancement du film, qui reste très stable.

Pourquoi ludique ? Mais parce que grâce à sa faculté de « couper en deux » une image, vous pouvez la reconstruire selon votre envie de raconter.

Vous pouvez ainsi « reconstituer » un récit, en positionnant, par exemple, deux points de vue à la suite l’un de l’autre.

Si mes propos vous semblent obscurs, je vous invite à aller voir des exemples de photos prises avec cet appareil LA, ce sera plus clair et vous donnera sans doute l’envie de tester ses étonnantes possibilités.

D’autant que les films modernes sont mieux définis que ceux de l’époque et que le dégradation (granulation) due à l’agrandissement des vues est dès lors moins sensible. Ceci étant, l’excellent objectif du Pen EE-2 sauvera la plupart de vos clichés.

Juste s’habituer au fait que si vous gardez l’appareil en position « normale », votre photo sera au format « portrait » et que vous devrez le tenir verticalement pour être en « paysage ».

Si vous deviez choisir entre les deux, lequel privilégier ?

Difficile de répondre catégoriquement : autant le second a des avantages intéressants (sensibilité, vitesses, griffe flash), ils ne disqualifient pas le premier pour autant, qui garde sa bonne bouille et ses capacités propres. Il sera juste un peu moins « tout » terrain.

Moins couru que le Trip 35, qui n’offre pas les mêmes caractéristiques, ces petits appareils se trouvent encore assez facilement. Souvent en bon état (du costaud je vous disais), il faut quand même vérifier si la cellule n’est pas définitivement HS, ce qui limite son utilisation au 1/40s seul. Les mousses seront souvent à changer, mais c’est le plus facile.

En résumé, pour environ 40€ maximum pour un bel exemplaire, ne le laissez pas passer, vous allez découvrir le monde différemment avec lui.

Ah oui, un dernier conseil : achetez-lui un bouchon d’objectif ou mettez le dans une petite sacoche noire quand nous ne vous en servez pas, la cellule au sélénium vous remercia.

Quelques pubs d’époque :

Source : Collection-appareils.fr, Grenier-Natkin 1969. Notez qu’ils se trompent quand ils limitent la sensibilité du EE-2 au 200Asa. Ils sont encore sur « l’ancien » PEN et les vitesses décrites sont toutes erronées !

Videos d’illustration :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : https://www.35mmc.com/16/05/2016/olympus-pen-ee-2-review-2/, https://www.imagingpixel.com/p/olympus-pen-ee-2.html, https://www.35mmc.com/02/09/2017/olympus-pen-ee-2-review/, https://pimhens.be/collection-item/olympus-pen-ee-2, https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_Pen, https://analogclubamsterdam.nl/camera-review/olympus-pen-ee-2-halfframe-camera-half-the-frame-double-the-fun/, en anglais,

Argentique

L’Olympus Pen-EE

Une des dernières brocantes de l’année, une charmante dame qui revendait un petit appareil qui lui appartenait et qu’elle avait remisé avec soin, et me voici propriétaire, le temps de sa découverte, d’un Olympus Pen EE.

Je vous ai déjà présenté un Olympus de poche, le Trip 35. Un appareil qui a toujours beaucoup de succès, encore de nos jours, grâce à la qualité de sa fabrication et de son optique, qui fut réutilisée jusqu’au Mju !

Celui-ci est aussi petit, très « vintage » et aussi de très bonne qualité.

Avec une particularité, c’est un demi-format, comme, par exemple, le Fujica Half ou le Canon Demi.

Ici, j’ai eu la chance d’acquérir un exemplaire avec sa boîte d’origine, le mode d’emploi, de la pub, sa gaine en cuir.

Mais commençons les présentations : Olympus Pen, Pen comme plume pour écrire au quotidien. Ce petit appareil ayant fonction de bloc-note à emporter partout.

Ensuite EE pour Electric Eye, la fameuse cellule en nid d’abeille autour de l’objectif. Une cellule au sélénium, qui n’a pas besoin de pile pour fonctionner mais qu’il convient de protéger de la lumière si on veut qu’elle tienne dans le temps. Gaine ou bouchon d’objectif recommandé fermement.

C’est le célèbre designer Yoshihisa Maitani qui va commettre cette petite merveille et une autre tout aussi connue, le PEN F original (faudra que j’en trouve un !) : le petit PEN est destiné au grand public tandis que le PEN F, un vrai 24X36, est destiné aux photographes experts. Ce brillant ingénieur sortira ensuite le plus petit reflex avec pentaprisme du monde (1973), l’Olympus OM-1 : O pour Olympus, M pour Maitani. Mais c’est une autre histoire ….

-« Mais pourquoi avoir opté pour le demi-format ? »

Pour répondre à un cahier des charges draconiens, qui voulait que l’appareil soit le moins coûteux possible tout en étant d’excellente qualité. Loin de décourager Monsieur Maitani, il a l’idée de réduire la taille du boitier tout en gardant le format en vogue, le 24×36, mais en cadrage vertical, le 18×24. Il va simplifier tant que faire se peut l’appareil, en renonçant au levier d’armement, qu’il remplace par une molette crantée, toute fine (si les pignons sont nombreux, ça ne se voit pas et le résultat est d’une élégance rare); il supprime le contrôle de l’ouverture, de la vitesse d’obturation et de la mise au point et il crée sans doute le premier appareil vraiment compact au monde !

Le PEN de 1959 est une réussite technique et commerciale

Celui que j’ai acheté est sans doute une deuxième version, car le simili cuir est gaufré, mais il porte le mot « Olympus » sur la plaque devant et PEN-EE embossé sur le capot alors que généralement il devrait y avoir Olympus Pen sur la plaque. Mais il possède les « nouvelles » vitesses du 1/40s et 1/200s au lieu du 1/60s intial.

Un petit boitier tout en rondeurs, avec son cuir gris, caractéristique. Notez que si l’envie vous en prend, il existe chez Aki-Asahi des tas de couleurs différentes, juste pour le plaisir.

Point de vue boutons et machins, c’est le minimum syndical : un déclencheur en saillie, une petite molette avec sa manivelle, une roue crantée en plastique pour ré armer, un compteur de vue; en dessous, le petit bouton de débrayage pour rembobiner le film et une clé pour ouvrir le dos (qui s’escamote en entier); sur la face avant, une prise PC (synchro flash). C’est tout, et ça suffit très amplement pour faire des (bonnes) photos.

Car ce petit appareil, qui est un fix-focus (un objectif fixe), a une excellente réputation.

Déjà celle de son objectif, un D. Zuiko de 28mm ouvrant à f3,5, trois composants en quatre éléments. C’est l’équivalent d’un 40mm en 24×36 puisque nous sommes ici avec un 18x24mm, j’y reviendrai. Il offre une grande profondeur de champ, une belle résolution et un joli contraste pour une si petite chose.

Ensuite, celle de sa facilité d’utilisation : soit vous le laissez en tout automatique et la cellule commande l’ouverture du diaphragme (de f3,5 à f22) selon la lumière, soit en manuel.

La seule chose que vous devez régler, au moment de mettre un film dedans, c’est la valeur de sa sensibilité, en ASA. L’appareil gère les sensibilités de 10 à 200 Asa.

Les vitesses, vous ne devrez pas vous en préoccuper, c’est le Pen qui la gère. Son obturateur va de 1/40s à 1/200s.

Si jamais vous n’aviez pas assez de lumière, un signal rouge (qu’on surnomme le « drapeau ») apparait dans le viseur et vous empêche de déclencher si vous êtes en mode automatique. Vous devez alors passer en manuel pour « forcer » la photo ou monter un flash (synchro au 1/40s). Quand je note « forcer » la photo, c’est quand vous vous mettez sur la position flash (bague autour de l’objectif, les chiffres oranges) sans le flash et que vous réglez l’ouverture en tenant compte des réglages d’une cellule à main, sachant que la vitesse de synchro sera constante au 1/40s

Il y a quand même une autre chose que vous devrez régler, j’allais l’oublier, c’est le compteur de vue.

Car nous touchons ici la particularité de ce petit bloc-note : il est en demi-format comme je le précisais au départ. Ce qui veut dire que vous tirerez 72 vues d’un film de 36, 40 d’un film de 20, …

Et donc, lorsque vous aurez mis un nouveau film dans la chambre, après avoir armé et déclenché trois fois (boitier refermé), vous devrez indiquer au compteur le nombre de vues qu’il va décompter.

En effet, ce compteur vous indique le nombre de vues restantes.

Là, je râle, car voulant tester ce fameux compteur, j’ai modifié le chiffre indiqué. Or, en voulant ouvrir l’appareil pour photographier la chambre, je me suis aperçu qu’il y avait un film à l’intérieur. Bon, il y aura quelques images grillées mais j’ignore combien il reste à tirer maintenant ! Je verrai bien.

Le viseur vous donne une image verticale si vous le tenez « normalement ». Si vous le tenez à la verticale, l’image sera alors horizontale. Etrange mais logique.

Et donc, sur un film en 24×36 vous ferez des photos en 18×24, du demi-format.

Pour en revenir au viseur, il est étonnamment lumineux pour sa taille, avec un cadre clair qui délimite la zone de prise de vue. Son grossissement est de 0,5 (la « magnification »).

Lorsque vous ouvrez l’appareil (une clé à tourner en dessous, qui libère le dos en entier), vous voyez la chambre divisée en deux. Les guides film et la plaque de pression dans le dos assurent un transport constant et fluide de la pellicule. C’est important si vous voulez faire des mini séries de photos, qui doivent se correspondre.

Voilà donc un petit boitier de 330 gr, que l’on glisse dans n’importe quelle poche ou petit sac, toujours prêt à déclencher.

Heu … le fabricant préconise quand même de n’armer l’appareil qu’au moment de prendre la photo pour ne pas laisser les ressorts de l’obturateur inutilement tendus et prolonger ainsi son espérance de vie.

Mais ça a dû être construit costaud car, présenté au public en 1961, de très nombreux exemplaires fonctionnent toujours comme au premier jour.

Redoutable de discrétion – le déclencheur ne fait quasi pas de bruit – il est le compagnon idéal des sorties en Street. Son obturateur central a en plus le bon goût d’éliminer quasi toutes vibrations.

Et puis, avec ses demis-photos, c’est presque un jeu de créer des histoires car l’esprit de la série, ou du « panorama » vient facilement : hop, une première photo, hop la seconde qui suit l’histoire …

Quelques exemples de photos prises par le PEN-EE à découvrir ICI.

Alors que penser de ce petit appareil rondouillard et sympa ?

Il est toujours parfaitement dans le coup. Il faut juste vérifier que la cellule fonctionne encore en essayant de déclencher dans différentes conditions de lumière. Si le « drapeau » rouge apparait systématiquement, c’est mauvais signe, même si vous pouvez toujours l’utiliser en mode manuel, à la seule vitesse du 1/40s alors.

Au niveau prix, comptez environ 40€ pour un exemplaire en très bon état, un peu plus si comme le mien il est dans sa boite.

Vous verrez, on ne se lasse pas de ce petit PEN-EE.

Deux videos d’illustration

Et au cas où vous devriez démonter :

Petite publicité d’époque :

Source : Collection-appareils.fr, Photo Hall 1964.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références : https://retrofilmcamera.com/olympus-pen-ee/, https://www.aperturepreview.com/olympus-pen-ee, https://www.imagingpixel.com/p/olympus-pen-ee.html, http://camera-wiki.org/wiki/Olympus_Pen, https://pimhens.be/collection-item/olympus-pen-ee-2, https://mikeeckman.com/2019/03/olympus-pen-ee-s-1962/ en anglais, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=46945, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1000-Olympus_Pen%20EE.html

Argentique

Le Fujifilm DL Super Mini

Un ciel gris, au loin grondent les orages, les brocanteurs scrutent le ciel avec anxiété car tous n’ont pas de tonnelles ou de bâches pour protéger les marchandises en cas de pluie …

Et les chalands un peu plus pressés que d’habitude, le nez en l’air, les oreilles aux aguets vont d’un stand à l’autre.

Prévoyant, un petit blouson bien imperméable sur le dos, je flâne à contre courant. Et c’est comme ça que je découvre un minuscule appareil dans une caisse où trônent quelques vieilles gloires du compact numérique.

Mais celui-ci est argentique et, bien que sa taille puisse le laisser penser, il est au format 24×36 et pas APS.

Brève négociation avec le vendeur et ce petit Fujifilm rejoint mes trois autres « prises » dans le sac à dos.

J’aime bien ces petits appareils, qui se glissent réellement dans une poche ou, comme ici, se cache dans un petit sac en cuir que l’on peut passer à la ceinture, pour dégainer plus vite.

La pile, une CR2 est HS mais il m’en reste à la maison, juste hâte de rentrer pour tester ce petit bijou.

Un ami montois m’avait montré le sien il y a peu et j’avais noté, dans un coin de mémoire, qu’i fallait l’ajouter à ceux que j’aimerais utiliser et décortiquer pour vous.

Alors, on y va …

D’abord sachez que cet appareil est rare. Appelé « la sardine » par ceux qui l’adorent, son vrai nom est Fujifilm DL Super Mini pour l’Europe (où il fut exporté au compte-goutte) et Cardia Mini Tiara au Japon (où la production fut aussi minime).

J’ai donc beaucoup de chance d’être tombé sur un très bel exemplaire, en parfait état et fonctionnel.

Sous sa robe en aluminium et plastique, cette petite boite, il est vrai, en forme de boite à sardine, cache bien son jeu.

Mais commençons par le début. Ce minuscule boitier est sorti d’abord au Japon en 1994, puis en Europe, en 1996. Il y eut une seconde version appelée Tiara II et un dernier opus au format APS, que je vous ai déjà présenté sur le site.

Sa forme présente un design épuré qui m’a séduit au premier coup d’œil. Le volet coulissant, devant, sert à protéger l’objectif mais encore d’interrupteur ON/OFF. C’est discret et très bien fini. Peu de choses dépassent de ce boitier minimaliste mais ô combien performant.

Lorsque vous faites coulisser le volet vers la gauche (en tenant l’appareil devant vos yeux), le bloc objectif sort (presque) en silence et se positionne un peu en dehors du boitier.

Certain le compare au Rollei 35 en terme de compacité. Mouais … je veux bien mais notons toutefois que le Rollei 35 avec son objectif sorti sera plus « long ». Pourquoi éviter la comparaison avec le Petri 35E dans ce cas, autre champion de la discrétion et de la petite taille ?

N’oublions toutefois pas que les deux appareils cités sont des « tous manuels » alors que le DL Super Mini est tout automatisé, moteur compris donc dans sa petite boite !

Alors, comparons-le à l’Olympus Mju, qui a marqué tant de passionnés. Leur taille est semblable avec cependant un avantage au Fujifilm qui, de mon point de vue, tient mieux en main et est plus solide que son concurrent, seulement en plastique et à l’électronique capricieuse.

Allez, ranimons notre petit compagnon : j’ouvre la trappe, en dessous, pour y glisser une pile CR2. Ensuite, je fais coulisser le volet vers la droite. Un très léger « Ziip » m’avertit que l’objectif sort. Pour le refermer, opération inverse : d’abord repousser le volet lentement vers la gauche, attendre une demi seconde que l’objectif se rétracte et refermer complément le cache objectif.

Ce petit bijou est un « point and shot » éminemment portable vu sa taille. Mais je ne saurais trop vous recommander de le porter dans sa gaine en cuir car si vous le « balancez » dans un sac, sa belle finition va se rayer rapidement.

Simple d’utilisation, nous y reviendrons, il présente le nécessaire pour ne pas rater ses photos, sans fioritures inutiles mais tout ce dont vous aurez besoin est là : une mise au point automatique ET une mise au point manuelle comprises de 0,35m à l’infini lorsque vous choisissez les modes prédéfinis sur le petit tableau de commande, derrière. La mise au point instantanée est un système astucieux qui définit la mise au point à une distance fixe et qui commande une petite ouverture pour fournir une zone où tout sera net (principe de la mise au point relative ou prédictive).

Un petit flash intégré, débrayable, vous rendra bien des services. Comme il est petit, il est affublé d’un détecteur de doigts : si un de vos doigts le cache, il se bloque et une LED dans le viseur vous en avertit.

Les réglages se font avec la barre de boutons située sous le petit écran LCD. Le réglage de la date (jusqu’en 2025 s’il vous plait !), les modes scènes, la sélection des programmes, le minuteur et, tout à côté, un minuscule bouton pour le rembobinage anticipé.

Tiens, justement, un mot pour le chargement du film. Ce sont les lettres DL (Drop-in Loading) qui mettent la puce à l’oreille de celui qui n’est pas pressé de tout découvrir. Lorsque vous ouvrez la trappe du film, le dos de l’appareil ne s’ouvre pas complètement mais dévoile un « conteneur » qui devra retenir le film. Lorsque vous placez la bobine dedans, l’appareil « lit » le code barre DX (sensibilité du film) et il le charge automatiquement.

Avec une particularité que j’aime bien : lorsque le film est inséré dans l’appareil, celui-ci le bobine sur une bobine réceptrice, intégrée au boitier. Et donc, si par malheur ou maladresse vous ouvrez l’appareil, seules les images non encore exposées seront gâchées, pas vos précieuses images. Comme pour le Ricoh R1.

Ca veut dire aussi que le compteur sera inversé, ne pas l’oublier : la photo 27 indique qu’il en reste 27 a faire et pas 9 (36 vues – 27) comme habituellement. On s’habitue, vous verrez …

Je reviens sur les modes de mise au point, qui méritent le détour.

Si vous avez déjà utilisé des compacts tout automatique, vous aurez constaté un truc éminemment agaçant : à travers une vitre, sur des surfaces très brillantes, impossible de faire la mise au point. C’est le principe de la mise au point par IR (infra rouge) qui est en cause car elle se concentrera sur le verre lui-même et pas le sujet qui est derrière et que nous voyons.

Donc notre petite boite propose la mise au point automatique (classique mais qui se fait piéger par les vitres), la mise au point à l’infini – qui a le bon goût de désactiver le flash, la mise au point SNAP qui donnera tout net de 1 à 3m en jouant sur la profondeur de champ de l’objectif, en position mise au point automatique mais avec le flash aussi et la mise au point manuelle de 35cm à l’infini.

Une remarque toutefois, comme le Mju, l’appareil ne fait la mise au point définitive qu’une fois enfoncé à fonds le déclencheur. Donc, vous visez, mettez au point et lorsque vous enfoncez complètement le déclencheur, l’objectif se met à la bonne position pour prendre la photo. Ce n’est peut-être pas très rapide mais efficace.

Lorsque vous prenez des photos rapprochées, tel un portrait, le boitier opte pour une grande ouverture pour offrir un beau flou d’arrière plan (le fameux « bokkeh »).

Mais je n’ai pas encore abordé le principal atout de ce joujou : son objectif EBC Fujinon, un 28mm ouvrant à f3,5 composés de 4 éléments, dont 2 asphériques, en 4 groupes, traité multicouches (reflet teinté bleu).

Il est, parait-il, redoutable ! Je vous dirai ça quand j’aurai terminé le film que j’ai mis dedans.

Sa taille pourrait être un handicap pour les grandes mains. Néanmoins, on le tient bien, sa forme rectangulaire un peu épaisse joue pour beaucoup.

Vous aurez remarqué qu’il n’y a pas de dragonne ni de place pour en fixer une. De fait, elle était proposée sur un gros bouton que l’on fixait à la place du trou pour le fixer à un trépied.

Je signalais plus avant que le Super Mini DL était équipé d’un petit flash intégré. Par défaut, il se déclenchera automatiquement si besoin, mais vous pouvez le débrayer. Il y a plusieurs modes : automatique donc, anti yeux de lapin affolé, flash débrayé, fill-in pour déboucher un contre-jour marqué et portrait de nuit.

Un seul regret, il ne garde pas en mémoire votre choix pour le flash, que vous devrez reparamétrer lorsque vous rallumez l’engin.

Si vous avez le malheur de placer vos gros doigts devant le flash, une diode rouge vous signale qu’il est temps de les retirer pour prendre votre photo. Lorsque ledit flash est prêt, une diode verte, dans le viseur toujours, vous encourage à appuyer sur le déclencheur.

Il a tout d’un grand je vous disais …

Ceci étant, il se débrouille très bien en base lumière mais vous ne pourrez pas faire de pause longue avec lui.

Quoi d’autre ? …

La fonction date, qui mérite un coup de chapeau car utilisable jusqu’en 2025 pour ceux qui aiment « taguer » leur photo, ou qui en ont besoin pour des raisons professionnelles, p. ex.

Les ingénieurs nippons l’ont aussi doté d’un retardateur.

Et un mode « panorama », que vous sélectionnez avec le gros curseur près du viseur : dès que vous l’actionnez, le viseur se transforme et vous donne l’impression de voir en cinémascope !

Tiens au sujet du viseur, s’il n’est pas grand (mais bon, vu la taille du boitier…), il est très agréable, avec un cadre colimaté bien clair et correction de la parallaxe. Un demi-rond, au centre, vous indique l’endroit de la mise au point.

Pour prendre une photo, vous visez pour mettre votre sujet au centre (que vous pouvez ensuite « délocaliser »), vous gardez le doigt à mi-course du déclencheur jusqu’à ce que l’appareil vous confirme la mise au point par un discret « bip » et une petite lumière verte dans le viseur. Clic, l’image est dans la (petite) boite !

Si je résume, voilà un petit bijou, rare, performant, joli, bien pensé, … enfin, comme je les aime !

Vous n’en trouverez pas souvent, malheureusement, et les prix s’en ressentent, comme d’habitude. Reste à croiser les doigts et à vous promener sur les brocantes dominicales, on y fait (souvent) des rencontres qui sortent de l’ordinaire, la preuve.

Et si vous en trouvez un (à prix raisonnable s’entend), ne le laissez pas partir sans vous, vous aller le regretter …

Petites videos d’illustration

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI et LA

Un brin de technique :

Format de film 35 mm (du vrai, pas un APS)
Boîtier en aluminium et plastique
Réglage ISO via codage DX, ISO 50 à ISO 1600
Viseur optique direct
Flash : intégré, automatique, correction des yeux rouges, flash désactivé et compensation du contre-jour
Lentille multicouche Fujinon EBC 28 mm, 4 éléments en 4 groupes
Vitesse d’obturation de ½ s à 1/800 s
Ouverture de f/3.5 à f/7.5
Mise au point : manuelle de 0,35m à l’infini, autofocus
Alimentation par 1 x CR2

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Quelques références : https://www.lomography.com/magazine/293211-lomopedia-fuji-dl-super-mini, https://kosmofoto.com/2020/01/fujifilm-dl-super-mini-review/, https://emulsive.org/reviews/camera-reviews/fuji-camera-reviews/compact-camera-mega-test-fujifilm-dl-super-mini-aka-fujifilm-tiara-the-upmarket-mju, https://www.35mmc.com/17/03/2015/fuji-dl-super-mini-tiara-review/, http://camera-wiki.org/wiki/Fujifilm_Tiara_Zoom, https://wkoopmans.ca/notebook/?p=7638, https://www.hazelandeye.com/blog/2020/8/18/4ebl6f67a66lj6hzdwhu8s7vrbftqh, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-9436-Fujifilm_Tiara%20II.html, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Fujifilm en français.

Argentique

L’Olympus Superzoom 140 S

L’avant dernier acheté à Soignies le 3 avril 2022. Un petit appareil coincé dans une belle pochette trop petite pour lui : si je n’avais pas été attentif, en l’extrayant, j’aurais pu arracher son protège objectif- interrupteur.

Il est propre, le compartiment pile pas oxydé mais celle qui est dedans est HS, impossible de l’essayer. Brève négociation à ce sujet et je l’emporte, je verrai bien à la maison.

C’est un petit compact assez typique de la fin des années nonante (1999) et qui, manifestement, est assez recherché.

Connu comme Infinity Accura 140S aux USA, il a, en fait, les mêmes spécifications que l’Olympus Mju 140S qui avait déjà fait chavirer quelques photographes amateurs.

Outre sa simplicité d’utilisation – j’y reviendrai – il propose un zoom de 38 à 140mm (de f4 à f11) qui, s’il n’est pas le plus grand, est assez étonnant. En effet les ingénieurs nippons ont réussi à caser 10 éléments optiques en 8 groupes dans cet assemblage très compact mais qui s’étire, s’étire …

Vous pouvez suivre ses va-et-vient dans le viseur, qui affiche des repères bien utiles pour éviter les erreurs de cadrage, surtout en gros plan. Ah, un truc que j’aime bien, le viseur est équipé d’une correction dioptrique.

Bon, pour le mettre en batterie, il suffit de faire coulisser le clapet qui protège l’objectif et inversement pour le refermer, mais laissez lui le temps de rentrer l’objectif.

Il est bien sûr tout automatique – je citais sa simplicité d’utilisation : dès l’installation du film, dont il lit le codage DX pour régler sa cellule (sensibilité des films), qu’il accroche à votre place et fait avancer à chaque vue prise.

Le petit flash intégré se déclenche automatiquement mais vous pouvez le débrayer si besoin.

Si vous le jugiez utile, il existait une commande à distance infra-rouge (la RC300), ainsi qu’une pochette de transport mais Olympus fournissait la dragonne qui permet de le porter au poignet ou autour du cou.

Je pense avoir fait le tour du propriétaire … pour le reste, je vous renvoie ici plus bas, aux spécifications techniques.

Si je résume, c’est un chouette petit appareil, facile à utiliser et qui peut se glisser dans un petit sac, voire même une poche (bien que je le trouve un peu gros pour ça). Sa forme arrondie, héritée du Mju, le rend agréable à prendre en mains.

Ses caractéristiques en font un chouette compagnon de voyage même si, pour ma part, je trouve que le zoom est trop long.

Mais faites attention au clapet de protection de l’objectif qui, je le rappelle, est aussi l’interrupteur : comme je vous l’expliquais, l’appareil que je vous présente était dans un petit sac très serré. Si moi j’ai fait l’effort de le retirer délicatement, d’autres n’ont pas eu cette précaution et finalement, après avoir remis une nouvelle pile, il s’est avéré que l’appareil ne fonctionnait plus.

Pour un exemplaire en bon état, avec sa dragonne, vous devriez pouvoir l’emporter pour une quinzaine d’euros maximum.

Petite video d’illustration

Quelques exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Un peu de technique :

Aappareil photo entièrement automatique à obturateur d’objectif à mise au point automatique de 35 mm avec objectif zoom intégré de 38 à 140 mm.
Film codé DX standard de 35 mm (24 × 36 mm).
Objectif Olympus 38 ~ 140 mm, F4 ~ 11, 10 éléments en 8 groupes.
Obturateur électronique programmé.
Viseur zoom image réelle (avec repère de mise au point automatique, repères de correction de gros plan, indicateur de mise au point automatique et indicateur de flash). Avec correcteur dioptrique.
Système de mise au point automatique multiple de type passif. Verrouillage de la mise au point possible.
Plage de mise au point Large : 0,6 m ~ infini, Télé : 0,9 m ~ infini.
Contrôle automatique programmé de l’exposition, mesure de la lumière sur 3 zones. Commutable en mesure spot.
Plage d’exposition automatique : Large : EV 2 (F4, 4 sec.) ~ EV 16 (F12.8, 1/400 sec.) ; Télé : EV 5 (F11, 4 sec.) ~ EV 17 (F22.9, 1/250 sec.)
Compteur d’exposition de type progressif affiché sur l’écran LCD.
Retardateur électronique avec env. 12 s. retard.
Télécommande (en option) à infrarouge avec env. 3 s. retard.
Réglage automatique avec un film codé DX avec ISO 50, 100, 200, 400, 800, 1600 et 3200. Les vitesses de film autres que celles ci-dessus seront automatiquement réglées sur la vitesse inférieure suivante. Pour les films non codés DX et les films avec moins de 50 ISO, la sensibilité du film est réglée sur 100 ISO.
Chargement automatique. (Passe automatiquement à la première image lorsque le capot arrière de l’appareil photo est fermé).
Avance du film automatique du film.
Rembobinage automatique du film (activation du rembobinage automatique à la fin du film, arrêt automatique du rembobinage). Rembobinage possible à tout moment avec le bouton de rembobinage.
Flash intégré.
Temps de recyclage : env. 0,5 à 5,5 s. (à température normale avec pile neuve).
Plage de fonctionnement du flash : Avec un film négatif couleur ISO 100 : Large : 0,6 ~ 6,4 m; Télé : 0,9 ~ 2,3 m
Avec film négatif couleur ISO 400 : Large : 0,6 ~ 12,8 m; Télé : 0,9 ~ 4,6 m
Modes de flash : flash automatique, flash atténuant les yeux rouges, désactivé, flash d’appoint, flash scène nocturne et flash scène nocturne atténuant les yeux rouges.
Contrôle de la batterie affiché sur l’écran LCD.
Source d’alimentation : Une pile au lithium de 3 V CR 123A.
Dimensions : 120 (L) × 65,5 (H) × 46 (P) mm
Poids : 255 g (Sans batterie).

Les références : https://www.newwavepool.shop/products/olympus-superzoom-140s-35mm-camera?variant=33418718281814, https://imuckaz.wordpress.com/2014/04/10/camera-review-olympus-superzoom-140-s/, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-13404-Olympus_Superzoom%20140S.html, en français.

Argentique

Le Kodak Adventix C450 Autofocus

Après Obelix et Astérix, voici l’Adventix C450 !

Ses aventure commencent en 1992 lors que Kodak présente 2 petits appareils à la forme de savonnette, en vogue à l’époque, et qui singe l’Olympus Mju.

Ceux-là portent le nom de Cameo (c’est pas la même BD) et le Cameo Motor, le plus sophistiqué des 2 possède un moteur, reconnait le codage DX des films (sensibilité Asa/Iso), arbore un objectif en verre et un petit écran à cristaux liquides.

Tous les deux possèdent un flash à la forme originale qui a pour avantage de limiter l’effet yeux de lapin apeuré.

Comme chez Kodak « rien ne se perd, tout se transforme », en 2000, il ressortent le bon vieux Cameo en lui donnant un petit coup de jeune, avec un nouveau design, un autofocus, des lentilles en verre et, surtout, un nouveau film au format APS.

C’est un format dont je vous ai déjà parlé ICI. Qui, malheureusement, n’existe plus. Et donc, à moins de tomber sur des stocks anciens (si, si, il en reste beaucoup), vous risquez de ne pas pouvoir utiliser votre appareil.

C’est là que nait la gamme Adventix, qui réunit les appareils avec films APS, et certains appareils photo jetables.

Dans cette nouvelle gamme, vous trouverez donc des appareils à objectif fixe simplistes, d’autres avec mise au point automatique et les dernières franchement sophistiquées avec zoom et fonctionnalités APS entières (changement de cadres, données enregistrées, faculté de changer le film en cours de route, …).

Celui que je vous présente aujourd’hui, je l’ai trouvé, comme d’habitude, dans une brocante, à Mons.

Il est absolument neuf !

C’est moi qui ai ouvert la boîte le premier, pour vous le présenter et ôter les 2 piles AAA qui étaient dans le paquet, complètement oxydées.

Un paquet contenant donc le petit boitier, sa house, sa dragonne, un film Kodak APS, le mode d’emploi et les fameuses piles. De quoi, à l’époque, commencer de suite à photographier (z’étaient forts les gars du marketing chez Kodak !).

Léger (170gr hors film), le boitier garde une forme assez arrondie et le fameux flash qui couvre l’objectif et lorsqu’il est ouvert, se positionne haut pour éviter l’effet « yeux rouges ».

Pour le reste, c’est un appareil tout simple : un objectif (un Ektanar) fixe de 25mm ouvrant à f5,6 avec de vraies lentilles en verre et autofocus. La mise au point minimale est de 80 cm.

Alimenté par deux piles AAA très communes, l’appareil s’allume lorsque vous tirez le flash vers le haut. Vous l’aurez deviné, celui-ci est automatique mais vous pouvez le gérer grâce au petit écran à l’arrière.

Autres réglages, celui des cadres, typiques du format APS : le C (pour carré), le H (pour le 16:9 horizontal) et le P (pour panorama – enfin, ce qui s’en approche un peu).

Vous voyez dans le viseur les réglages que vous avez choisi, ce qui aide pour la prise de vue bien évidemment.

Les films auront une sensibilité comprises entre 50 et 800 Asa (couleur) et l’appareil se règle automatiquement à la sensibilité détectée.

Si l’ouverture du diaphragme est comprise entre f5,6 et f12,6 (pas le plus lumineux), l’obturateur varie de 1/90s à 1/250s. Guère mieux que des Kodak des années septante, en gros.

Ah, pour faire moderne, il gère la fonction « top flash plus », finalement une gestion du flash selon la quantité de lumière présente.

Vous l’aurez compris, rien de transcendant sur ce Kodak Adventix, juste de l’éprouvé remis au goût du jour.

Si ce n’est que celui que j’ai trouvé était toujours neuf 22 ans après sa sortie, ce type d’engin présente peu d’intérêt.

Oui sa forme est agréable en mains, ses fonctions – a minima – facilitent la prise de vue mais vous ne pourrez pas l’utiliser facilement, les films APS n’étant pas facile à trouver.

Je pense que cet exemplaire fera l’objet d’un don pour le Musée de la photographie de Charleroi, il aura au moins fonction documentaire.

Petite (toute petite) video de présentation

Des références : https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12474-Kodak_Advantix%20C450.html, https://app-phot-col.com/boit_deta_5.php?numephot=6&dn=6&numero=1047&marque=KODAK&modele=ADVANTIX%20C450&ty=B, en français, http://camera-wiki.org/wiki/Advantix, https://collectiblend.com/Cameras/Kodak-Eastman/Advantix-C450.html, en anglais

Argentique

Le Minolta Riva Zoom 105i APZ

Ah, celui-là je l’ai reçu en cadeau alors que j’achetais un Pentax ME Super et tout un tas d’accessoires avec. Le vendeur (merci Christian) essayait de le vendre depuis quelques mois et il a décidé de me le donner. Je l’en remercie.

Car je vous avoue que je ne l’aurais pas acheté, même pour le tester. Disons qu’ici, je le fais par plaisir et curiosité vu l’engin.

J’ai déjà écris plusieurs fois que Minolta, disparu trop tôt, avait été prolifique et souvent innovateur. Voyons avec ce Riva 105I APZ si cela se confirme.

Déjà la forme ! Plus large que haut, ça lui donne un « look » qui rompt avec la concurrence de l’époque, celle du début des années nonante (introduit en automne 1990) avec des compacts souvent performants.

Si cet appareil fait partie des compacts, disons que la notion de compacité s’est un peu perdue en chemin car celui-ci vous devrez le manœuvrer à deux mains … enfin si vous savez comment le prendre en mains car sa forme déroute !

Pour que ce soit confortable, vous devez le prendre comme s’il s’agissait de jumelles et le tenir entre vos deux mains. De cette manière, le viseur qui est à peu près au centre est facile et il est lumineux, en plus.

La commande du zoom est sur la gauche, tandis que le déclencheur est à droite.

Avec un peu d’entrainement, on s’y habitue … ou pas.

Bon, ça c’est pour le dehors, et le dedans ?

Quand on s’appelle Minolta Riva Zoom 105i APZ, c’est que l’on possède au moins un zoom qui va jusqu’au 105mm, en partant ici du 35mm. Une belle amplitude, même si perso j’aime bien un angle un peu plus large (28 ou soyons fou, 24mm).

Mais la particularité de ce zoom est d’être … automatique, tout comme le reste de l’appareil d’ailleurs : chargement, lecture du codage DX (sensibilité du film de 25 à 3200 Asa), exposition entre 1/2s et 1/500s, flash (avec fonction anti-yeux rouges) et, à la fin, rembobinage lorsque le film est terminé.

Revenons un instant sur ce fameux zoom automatique : ses ouvertures ne sont pas si mauvaises, f4 à 35mm et f6,7 au 1O5mm. Sa dénomination APZ veut dire Advanced Power Zoom. En pratique, un capteur IR (infra rouge), situé sous le viseur essaie de trouver le sujet qui est le plus prêt du cadre et qui n’est pas à l’infini et le zoom se met en marche tout seul pour faire la mise au point dès que vous le portez à l’œil (il y a deux détecteurs près du viseur).

Rassurez-vous, ce système étrange est débrayable, en tout cas avant que vous ne deveniez fou (il suffit d’appuyer en même temps sur T et W). Merci qui ?

Pensez toutefois que dès que vous rallumerez le boitier, le zoom va recommencer sa dance de st Guy en essayant de capter un sujet proche.

On s’y fait, … ou pas !

Et donc, si vous désactivez sa fonction automatique, vous pouvez ensuite, normalement, utiliser les commandes W (large) ou T (télé) pour viser ce que vous voulez, vous.

Qu’y a-t-il d’autre ?

Un dos dateur sur certains modèles, qui, comme d’habitude, ne sert plus à rien, les dates ne dépassent pas les années deux-mille.

Sinon, sur l’arrière de l’appareil, un interrupteur ON/OFF, le bouton pour les fonctions du flash (j’y reviens) et la commande du retardateur, un petit écran ACL. Simple et même sobre.

Le flash donc. Par défaut, il est automatique. Il vous faudra appuyer trois fois sur le bouton pour l’éteindre, la seconde pression est celle du flash forcé (fill-in). Le système anti yeux de lapin affolé est assuré par un pré-éclair en mode automatique.

Le petit écran ACL ne renseigne que les fonctions retardateur/flash, le minimum syndical en somme.

Pour le faire fonctionner, une pile 2CR5 de 6v suffit, la trappe étant en dessous de l’appareil.

Finalement, que retenir de ce drôle d’engin ?

Dans la tradition Minolta, il n’est pas mauvais même s’il désoriente par sa préhension un peu spéciale. Mais d’autres, comme Pentax, feront pire (ou mieux ?).

Il est en tout cas très facile à utiliser puisque tout automatique, ce que les photographes amateurs de ces années-là semblaient apprécier au plus au point.

Il n’est pas discret, ce n’est pas un foudre de guerre mais il donne de bons résultats (voir les exemples de photos ICI).

Reste que c’est amusant de sortir avec ce type de boitier mais n’espérez pas passer inaperçu, ne fut ce que par la manière de le tenir pour s’en servir.

Essayer de ne pas perdre, si vous l’avez reçu avec l’appareil, le cache objectif, qui couvre aussi le viseur. Ça c’est un bon point (si, si, il y en a) car vous voyez directement si vous avez oublié de l’ôter.

Si vous êtes curieux et que vous en trouvez un au hasard d’une brocante, d’un vide-grenier, ou si on vous le donne, ne faites pas la fine bouche, essaye-le, ça vous changera de ce que vous connaissez, mais – en cas d’achat – il ne vaut pas plus de 10€ complet.

Source : Collection-appareils, Photokina 1991-92.

Une video d’illustration

Quelques données techniques :
Cartouche de type film 35 mm 135, contacts DX pour films 25-3200 ASA
Optique 35 – 105 mm
Plage d’ouverture 4 – 16 (35mm) / 6,7 – 27 (105mm)
Réglage de la distance de 0,7 m à l’infini
Mise au point automatique, capteur de ligne CCD passif (mesure TTL), lumière auxiliaire LED
Couvercle en plastique de protection de l’objectif
Filetage du filtre M 40,5×0,5
Vitesses d’obturation 1/2 – 1/500 s.
Mesure de l’exposition intégrale pondérée centrale entièrement automatique, activation automatique du flash (peut être désactivée)
Flash intégré, nombre guide 13, mode anti-yeux rouges
Viseur Image réelle Viseur Kepler
Retardateur électronique, environ 12 secondes
Alimentation 1 pack lithium 2CR5
Dimensions 153 x 64,5 x 84,5 mm
Poids 560 grammes
Le APZ (Advanced Power Zoom): Dans ce mode, qui peut être désactivé, l’appareil photo essaie de zoomer sur le sujet pour remplir l’image. Ceci est déclenché par un capteur IR sous le viseur (détecte si le photographe regarde à travers le viseur).

Des références : https://e-ca.pagesperso-orange.fr/Minolta%20Riva%20Zoom%20105i.htm, http://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?p=360701, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11557.html, en français, https://filmandsensor.com/this-is-a-weird-camera-minolta-freedom-zoom-105i/, en anglais, http://www.optiksammlung.de/Diverse/MioltaRivaZoom105i.html en allemand.

Argentique

Le Ricoh LX-55W

Voilà, c’est le dernier acheté sur la brocante sonégienne. Un petit Ricoh « weather resistant » dans sa pochette d’origine et avec sa dragonne.

Il ressemble un peu à une savonnette, le compartiment des piles est propre et son objectif est un 34mm. Une petite négociation sur le prix et hop, il rejoint la moisson du jour.

Rentré à la maison, petite séance de nettoyage (je n’aime pas l’odeur de cigarette) et j’insère deux piles AA très classique dans le compartiment. Le cache objectif coulisse et hop, l’appareil se réveille sans souci.

C’est de bonne augure…

En fait, j’ai acheté ce petit appareil pour au moins deux raisons : il était complet avec son petit sac et sa dragonne d’origine et ensuite, le mot « panorama » avait éveillé ma curiosité. Si j’ajoute à cela le fait qu’il soit « weather résistant », je ne pouvais pas le laisser seul dans sa grande caisse, non ?

C’est donc un petit « point and shoot » qui a vu le jour en 1994 au Japon. Il a aussi existé en version dateur (LX-55W Date) qui ne sert plus à rien car il ne va pas plus loin que l’ année 2020, ce qui est déjà exceptionnel en soi.

Comme souvent à l’époque, il partage nombre de ses composants (objectif, obturateur, forme du boitier, p. ex.) avec d’autres petits Ricoh mais il a un petit plus, deux même.

Résistant aux éclaboussures et la poussière, c’est typiquement le type de petit appareil que vous emporterez partout sans crainte. Attention, il n’est pas étanche au sens où vous ne pouvez pas l’immerger.

Et il vous propose un mode panorama, une fonction anti yeux rouges et un retardateur.

Avec lui, pas besoin de se farcir un mode d’emploi de 400 pages : il est tout automatique ! Le chargement est motorisé, le réglage de la sensibilité passe par la lecture code DX, la mise au point et l’exposition sont automatiques. Il possède un flash intégré qui équilibre bien ses interventions et vous avez même un système de réduction des yeux rouges pour que votre famille ou vos amis ne ressemblent pas à des lapins effrayés. En fin de film, il rembobine lui même la pellicule. Bon, faudra quand même que vous la portiez au labo !

Vous visez, il prend les photos, on ne peut faire plus facile ni simple. Et il le fait bien.

Le tableau de commande est réduit mais efficace : un déclencheur doux, le petit bouton du retardateur (10 secondes), le minuscule bouton pour rembobiner à mi-bobine, un compteur de vue (qui revient automatiquement à zéro), le bouton pour choisir entre photo normale ou panoramique, c’est tout.

Son objectif, un 34mm ouvrant à f4,5 (3 éléments en 3 groupes), protégé par la porte coulissante, a bonne réputation.

Petit particularité néanmoins, il est à f4,5 quand il déclenche au 1/50s mais il passe à f11,2 quand il le fait au 1/100s. Couplé avec la lecture DX qui sélectionne la vitesse des films (de 100 à 400 Asa), le boitier fait du bon travail pour vous sortir de belles photos.

Vous risquez plus des flous de bougé que de netteté

Pour la fonction panorama, lorsque vous ouvrez l’appareil, le petit bouton au dessus, qui permet de commuter entre le mode normal et panorama, fait glisser un cache qui réduit et allonge le cadre de visée.

Si vous regardez la video ci-dessous, c’est bien visible (à partir de 4′ 20″).

Pour la réduction des yeux rouges, il faut appuyer sur le petit bouton sous le flash, ce qui allume une diode sensée empêcher le phénomène de se produire.

Bref, que retenir de ce petit appareil au look sympa ?

Comme je l’écrivais, celui-là, vous n’aurez pas peur de le sortir, il est fait pour résister à beaucoup d’aléas. Il est facile, léger, peut-être un peu gros pour se glisser dans une poche, mais certainement dans un petit sac.

Un petit compagnon qui ne devrait pas vous coûter plus de 15€ et ne vous demandera que 2 piles AA pour fonctionner. Pas de folles dépenses avec lui. En tout cas, moins cher et mieux fini que la plupart des jetables qu’on nous propose actuellement.

Bonnes photos.

Un petit peu de technique :

Date de sortie : octobre 1994
Objectif Ricoh 34 mm f/4,5, 3 éléments en 3 groupes
Mise au point fixe
Obturateur de 1/50 s. et 1/100 s.
Ouvertures de f4.5 et f11.2
Plage de vitesse du film de ISO 100 ou 400 (système DX-Code)
Botier résistant aux éclaboussures (JIS Classe 4), Flash automatique, Réduction des yeux rouges, Retardateur, Panorama commutable
Source d’alimentation : pile de type AA X 2 (alcaline ou manganèse)
Dimensions : 123 mm X 67 mm X 48 mm
Poids : 250 g (sans piles)

Quelques références, comme d’habitude : http://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_LX-55W, https://cameragocamera.com/2016/01/17/ricoh-lx-55w/ en anglais.