Argentique

Le Canon MB-901Universe

C’est dans une grande caisse, chez Emmaüs à Ghlin, que j’ai trouvé ce petit compact.

Sous l’épaisse poussière qui le recouvrait, se cachait un petit Canon à la forme assez atypique, du moins pour la marque.

De retour à la maison, passage par un bon nettoyage puis installation de 2 piles AA très communes. J’ai dû batailler un peu car un des contacts était plié et tous les deux un peu oxydés, mais pas par l’acide de piles qui auraient coulé, non et heureusement.

Finalement, en faisant jouer un peu la porte qui cache l’objectif et qui sert d’interrupteur, il finit par se ranimer : clic-clac, le flash explose à chaque fois et le moteur ronronne en réarmant. C’est bon signe…

Allez, petit tour sur la grande toile pour trouver des infos et compléter mes impressions afin de vous présenter un article le plus rigoureux possible, comme d’habitude.

Et là, j’ai beau chercher partout, rien, nada, nothing, niete, … le grand vide !

Je trouve des infos sur un Canon NV-901, mais c’est un caméscope et il y a bien une référence MB-901 mais chez AEG pour l’ancêtre du GSM (véhicule de voiture).

Même en faisant une recherche via Google Image. Il y a plein de petits compacts qui apparaissent, qui s’en approchent mais pas de Canon MB-901.

Je retourne la référence dans tous les sens, toujours rien. Même le mot « Universe » est une impasse, comme celle de … l’univers (en français).

Je soupçonne d’ailleurs que ce soit une dénomination « commerciale » au sens où l’appareil était peut-être un produit donné en cadeau promotionnel.

Bon, alors je me lance, sans filet …

Comme je le disais, sa forme est peu commune chez Canon. Il ressemble plutôt à un Olympus Mju ou un Olympus AF-1 Super, voire un Canon MC (plus ancien) avec sa porte coulissante devant le viseur et l’objectif, qu’elle protège.

Je dirais donc qu’il doit dater de la même époque à peu près, soit le début des années nonante.

Sa taille est relativement réduite mais il reste épais avec un petit bossage à l’arrière, qui assure une meilleure tenue tout en abritant le logement des piles.

Pas de réglages, sauf électroniques et donc cachés. En effet, outre le bouton de déclenchement, assez long et chromé, il n’y a aucune commande.

Le flash se déclenche automatiquement, selon la lumière détectée, mais impossible de le débrayer. Celui-là, vous l’oubliez si vous visitez un musée, sauf à courir vite !

Toutefois, si j’en crois ce qui est inscrit sur l’appareil, il évite que vos sujets aient l’air de lapins affolés quand le flash se déclenche (réduction des yeux rouges – Autoflash Red Eye). Une « pastille » sous le flash émet un pré-éclair pour se faire.

Donc, vous avez fait glisser la porte vers la droite, dévoilant ainsi un objectif fixe de 24mm f5,6 baptisé Sport Lens (made in Japan). La focale est aussi peu habituelle, un 24mm, c’est un grand angle.

Le viseur, assez large, est collimaté et il y a aussi des lignes pour la correction de parallaxe. J’imagine qu’il est déconseillé de descendre sous les 20cm pour les prises de vue.

Comme il se doit, lorsque vous ouvrez le dos du boitier pour y glisser une bobine, tout est en plastique dans la chambre.

Deux minuscules contacts doivent « lire » le codage DX des films dont vous le nourrissez. De toute manière, il n’y a pas de commande pour régler autrement la sensibilité du film.

L’amorce doit être tirée juste au dessus de la bobine réceptrice. Une roulette et une languette fixée au dos guide la pellicule pour un bon accrochage, vous ne devez rien faire, l’appareil charge celle-ci jusqu’à la première vue lorsque vous refermez la porte.

Une fenêtre dans la porte arrière vous permet de voir si un film est dans la chambre. Vérifiez que la mousse est toujours bonne, sinon fuite de lumière assurée.

Notez qu’il y a un compteur de vue, sur le dessus, qui se réinitialise à chaque ouverture du compartiment.

A côté du viseur, vous ne pourrez pas la rater, une diode verte vous indique si la photo peut être prise, rien de plus. Je soupçonne aussi qu’elle indique la recharge du flash.

Etant donné l’architecture de l’appareil, je peux conclure qu’il est tout automatique et que la cellule, selon la lumière perçue, règle la meilleure vitesse. Mais j’ignore totalement le spectre des vitesses. Toutefois, selon l’époque, le style de l’appareil, je pense que nous devrions être du 1/60s (flash) au 1/250s, comme les concurrents du moment.

Si je résume, voilà un Canon dont je me demande si c’est bien un …Canon (mais il est bien marqué « made in Japan »).

Une petite curiosité en somme.

Si vous en trouvez un, faites comme moi, testez le, on ne sait jamais, sur un malentendu, il pourrait rendre des services.

Argentique

Le Skylark Mansfield

Un petit appareil singulier que celui-ci. Déjà, j’ai dû batailler ferme pour faire baisser son prix, irréaliste, proposé par un vide-grenier qui, comme souvent, ne savait pas ce qu’il vendait mais le vendait … cher !

Nous étions sur une des dernières brocantes de l’année sans doute, à Forest, sous le soleil inhabituel de ce mois d’octobre 2023 (27°C à l’ombre et il y avait peu d’ombre).

Il n’est pas de toute jeunesse et il a un peu souffert mais j’aime bien sa « bouille » sympathique et, surtout, je n’en ai jamais vu auparavant.

J’ai donc deux noms indiqués sur l’appareil et un sigle stylisé : Mansfield sur la face avant, tout comme le sigle(un « M ») et Skylark sur le capot supérieur.

Premier indice déroutant, il est noté « made in Japan » sur la semelle.

Après quelques recherches sur la Grande Toile, il apparait que Mansfields soit américain et l’appareil lui est japonais.

  1. Un peu d’histoire.

J’explique : Mansfield Industries est une société qui était établie à Chicago. Elle distribuait des appareils photos sur lesquels elle re badgeait son nom, comme d’autres le faisaient (Revue en Allemagne, Hanimex en Australie, p. ex.). Cette activité s’est étendue de 1950 à la moitié des années soixante.

Voilà pour le côté américain du nom et du sigle.

Se seraient-ils inspiré de la Buick Skylark pour le nom, elle aussi sortie en 1961 ?

Buick Special, re nommée Skylark pour le haut de gamme, animée par un V8 compact

Ne nous égarons pas ! L’appareil est bien japonais, fabriqué par Yamato Optical Company sous le nom de Yamato Palmat Automatic. Lancé en 1961, c’est le seul appareil noté Skylark et Mansfield.

De fait, quatre appareils ont été baptisés Skylark par Mansfield : un appareil Argon qui était lui-même la version destinée à l’exportation du Windsor 35 produit par Toko Photographic Works (1957). Un télémétrique avec un objectif de 45mm ouvrant à f1,9 avec une pause B et des vitesses de 1s à 1/500s

Puis un Royal 35M, fabriqué par la Royal Camera Company, renommé Mansfield Skylark E, lui aussi de 1957. Toujours un télémétrique mais couplé, ici avec un objectif Tominar de 45mm ouvrant à f1,9 et des vitesses de 1s à 1/500S plus pause B et déjà une cellule au sélénium non couplée.

Ensuite, toujours la même année, un autre Royal, le 35P, devient le Skylark V. Ici c’est un « point and shot » très mince avec un objectif Cimenar de 45mm ouvrant à f1,9 et des vitesses de 1s à 1/300s avec pause B.

2. Présentation.

Enfin, en 1961, celui qui nous préoccupe, un Palmat Automatic légèrement modifié. C’est un « point and shot » avec un objectif Mantar ou Luminor Anastimag de 40mm qui semble ouvrir à f4 (mais certains auteurs pensent à un triplet ouvrant à f2,8), avec des vitesses de 1/10s à 1/200S et une pause B.

Mais sa particularité est de posséder une cellule au sélénium couplée (pas besoin de batterie donc). Toutefois, il perd le télémètre.

Seconde particularité (et je n’ai jamais vu ça ailleurs), sur le fut de l’objectif il y a 5 chiffres (de 2 à 6) et la lettre B gravés.

De fait, il faut se reporter au dos de l’appareil pour trouver un tableau qui reprend ces 5 chiffres en fonction de la vitesse du film que vous allez utiliser. Celle-ci est exprimée en ASA/DIN. Le chiffre retenu règle la sensibilité du posemètre.

Mais il y a encore un second réglage, situé en dessous de l’objectif, avec 3 lettres A – B – C et AUTO. En plein jour, positionné sur «Auto», l’ouverture est réglée automatiquement par un mécanisme d’aiguille piégée entraîné par le posemètre. C’est le principe utilisé par l’Olympus Trip 35 ou le Paxina Electromatic. Je vous renvoie aux références en bas d’article sur ce principe.

Il vous suffit alors de viser et déclencher, l’appareil règle l’ouverture. Si le signal vert apparait dans le viseur, c’est qu’il y a assez de lumière pour prendre la photo, sinon il faut monter un flash.

En cas d’utilisation dudit flash, il faut se reporter au guide noté dans le mode d’emploi et mettre le curseur sur « Auto » tandis que le guide sur le fut de l’objectif doit être positionné sur 2.

En fin de film, vous devrez appuyer sur le bouton de remise à zéro du compteur pour pouvoir rembobiner la pellicule dans sa bobine.

Le compteur et le bouton pour le rembobinage.

Le viseur, large et clair (il me fait penser aux viseurs des Voigtländer Vito) est seulement marqué d’un cadre lumineux, avec correction de la parallaxe pour les prises de vue rapprochées.

Un petit « mécanisme » ingénieux indique si la lumière est suffisante pour prendre la photo : un dispositif périscopique filtre en vert la lumière ambiante. Si celle-ci est suffisante pour activer le posemètre, elle apparaît dans le viseur telle une diode alors que ce n’est que la lumière réfléchie.

Le déclencheur, à droite en façade, est comme un curseur qu’il faut descendre pour actionner le déclenchement.

Pour charger l’appareil, il faut tourner une clé, en dessous (position L = lock ou O = open) et c’est tout le dos qui glisse vers le bas. La bobine réceptrice n’a qu’une « feuille » sertie dessus, dans laquelle il faut glisser l’amorce du film. Pas très rapide comme système (et je comprends la hantise de certains amateurs de l’époque dès lors).

Les rails dans lesquels coulissent le dos sont profonds, ce qui assure une bonne étanchéité à la lumière. Toute la chambre est floquée en noir, pour éviter tous rebonds de lumière éventuelle.

Petit détail, en dessous de l’appareil, deux ronds soudés (dont un contient le pas de vis pour trépieds) sur la semelle assurent que celui-ci tient bien « debout ».

3. Conclusion.

C’est un petit appareil qu’on assure bien en mains, malgré sa petite taille. Même si le déclencheur est à une place peu confortable (j’ai souvent tâtonné pour déclencher), c’est une petite machine à photographier qui semble avoir été bien pensée.

Il est assez rare et donc son prix aura tendance à prendre de la hauteur, surtout pour un exemplaire en très bon état. Le mien vaut 50€. Juste à vérifier que la cellule fonctionne toujours. Pour la protéger et sauvegarder son utilisation, pensez à glisser l’appareil dans une pochette.

Si vous en trouvez un, faites-vous plaisir, prenez-le, il en vaut la peine.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Mansfield_Skylark, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1382.html, https://pbase.com/cameras/mansfield/skylark en français; https://camerapedia.fandom.com/wiki/Mansfield_Skylark, https://collectiblend.com/Cameras/Mansfield/Skylark.html, http://tazmpictures.com/site/?p=3846, https://fr.wikipedia.org/wiki/Buick_Special, http://camera-wiki.org/wiki/Trapped_needle, en anglais.

Argentique

Le Samsung Fino 70S.

Encore un appareil déniché en brocante, à Namur.

J’ai d’abord vu la boite, puis le nom de l’appareil et, curieux, j’ai ouvert celle-ci pour y trouver l’appareil dans sa pochette, les papiers habituels, et une boite de film non entamée, plus celui qui est à l’intérieur.

J’ai pourtant hésité car Samsung (Corée du Sud) n’est pas le plus (re)connu des fabricants d’appareils photos analogiques et celui-ci fleure bon la fin des années nonante (quatre-vingt-dix pour nos amis français).

De fait, Samsung fut présent dès la fin des années quatre-vingt sur le marché de la photographie. Le groupe Samsung possède surtout un savoir faire très développé dans le secteur de l’électronique grand public, notamment. Il développera donc assez naturellement des appareils qui utilisent ces technologies, comme les compacts autofocus de ces années-là.

Fin des années 2000, ils développeront même des appareils numériques.

Mais si le groupe est puissant, il n’a pas réellement un passé dans la photographie, pas comme les « historiques » que sont, par exemple, Canon, Nikon, Fuji, Leica, Olympus, Pentax, etc.

Ils essaieront donc de créer des associations avec d’autres constructeurs, tant d’appareils photo que d’objectifs plus connus qu’eux sur ce marché, mais sans grand résultats.

Peut-être un peu trop « sur eux-mêmes », ce sera un échec, malgré des appareils riches de fonctions innovantes. Les ventes resteront confidentielles et en 2015, le groupe jette l’éponge, se concentrant sur le marché en pleine expansion du Smartphone, avec les résultats que l’on connait maintenant.

Nous devrions donc retrouver dans ce Fino 70S tout le savoir-faire électronique de la marque.

Sans surprise, ce sera un appareil tout automatique, comme les concurrents du moment (2000). C.-à-d. que lorsque vous déposez un film dans la chambre, le boitier lit le codage DX de la cartouche et ajuste le réglage de sa cellule. Manuellement (si, si, un peu quand même) vous amenez l’amorce jusqu’au trait au dessus de la bobine réceptrice et refermez le dos. Le moteur enroule la pellicule et la prépare pour la première vue. Celles-ci s’enchainent automatiquement et en fin de course, l’appareil rembobine le film.

Du grand classique des compacts de ces années-là.

Avec une mention bien (pour les plus de quarante ans), une correction dioptrique à côté du viseur, ça aide toujours !

Revenons un instant sur ses particularités : un zoom d’une amplitude raisonnable, un 38 – 70mm ouvrant de f4,8 à 6,3. La mise au point se fait automatiquement, il suffit de viser votre sujet.

La cellule gère des sensibilités de 50 à 3200Iso et l’appareil calcule l’exposition la plus juste pour la prise de vue, sans que vous puissiez intervenir. Du classique toujours.

Le flash intégré peut être débrayé et vous avez plusieurs modes, allant du fill-in (débouchage des ombres), au flash avec pré-éclairs pour éviter à vos sujets d’avoir les yeux rouges.

Si le Fino 70S règle l’exposition, il règle aussi la vitesse d’obturation, encore une fois sans vous demander votre avis. Mais comme il le fait bien, laissons-le tranquille ou achetons un autre appareil qui en donne la possibilité.

Sachez toutefois que les vitesses s’échelonnent de 1/3s à 1/250s et propose une pose B, peu courante sur ces appareils.

Et l’inévitable retardateur de plus ou moins 10 sec. Un pas de vis vous permet de le fixer à un trépied si besoin.

Des modèles peuvent être équipés d’un dos dateur, assez en vogue à l’époque et gageons que pour ces appareils, il soit encore actif (ils n’ont qu’une vingtaine d’année en somme !).

Pour vous convaincre, quelques photos prises avec cet appareil sont visibles ICI.

Ah oui, pour l’alimentation, une simple pile CR123 suffit.

Cet appareil n’a pas révolutionné le monde des compacts des années 2000 mais il propose ce qui se faisait de bien à l’époque sous une robe flatteuse (le « S » du 70S indique qu’il est « silver » car il a existé en noir).

Donc, si vous cherchez un petit appareil, léger, facile à embarquer dans vos aventures, qui se débrouille plutôt bien pour donner vie à vos histoires photographiques, ce petit Samsung Fino 70S va répondre à ces demandes.

A l’éternelle question du prix, si vous en trouvez un tout beau (et tout complet comme ici), pas plus de 30€, pour ne pas le regretter, sinon 20€ est raisonnable.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Un peu de technique :

Compact 35mm tout automatique
Zoom 38 mm – 70 mm avec autofocus
La plus grande ouverture f/4.8
Temps d’exposition1/250 s à 1/3 s, Bulb
Sensibilité cellule : 50 à 3200Iso
Modes d’exposition automatique
Flash intégré
Support de trépied Oui
Retardateur Oui
Alimentation 1x pile CR123A
Taille 12,3 x 6,7 x 4,3 cm
Poids 210 grammes

Des références : https://www.35mmc.com/02/01/2021/samsung-fino-70s-review/, https://filmphotography.eu/en/samsung-fino-70s/, en anglais.

Argentique

Le Pentax Espio 115G

Histoire singulière pour cet appareil : je l’ai trouvé, neuf, dans sa boîte chez Emmaüs à Ghlin. Sans doute quelqu’un qui l’a retrouvé au fonds d’un tiroir et ne savait qu’en faire !

Je vais donc ouvrir cet emballage pour la première fois afin de découvrir avec vous ce qui s’y cache …

Ah, pas mal, un petit compact qui ne manque pas de charme avec ces deux tons, sa forme carrée aux coins arrondis, il donne une impression de « sérieux ».

Sorti en 1997, c’est un petit compact typique de ces années-là, tout automatique, et pourtant …

Résumons : autofocus, exposition automatique, codage DX pour la sensibilité du film, zoom, pour la base.

Mais il propose des petits plus bien sympathiques :

  • correction dioptrique pour le viseur (les plus de quarante ans apprécient)
  • on peut forcer l’appareil à faire la mise au point sur l’infini, bien utile si on veut photographier à travers une fenêtre, ou lorsqu’il y a beaucoup d’éléments au premier plan, ça désactive la mise au point automatique
  • un mode blub qui vous permet d’exposer jusqu’à 5 minutes (en tenant le doigt sur le déclencheur cependant) et un mode « bulb sync » qui ajoute une rafale d’éclairs au début de l’exposition
  • un mode panorama avec un cadre ad hoc qui apparait dans le viseur et vous permet de composer votre image en fonction (et sur le film, il y aura aussi un recadrage de la pellicule, ce n’est donc pas un « allongement » de la prise de vue, on reste sur le 24x36mm).
  • un écran ACL qui vous permet de voir le programme choisi et qui sert aussi de compteur de vue
  • un zoom qui s’étire du 38 au 115mm, composé de 7 éléments en 6 groupes L’ouverture va de f3,9 à f10,5
  • une belle variété de modes de prise de vue, y compris les modes portrait, paysage, sport et macro
  • un retardateur de 10 secondes

Et au rayon avantages, outre ce qui fut dit plus haut, on peut ajouter :

  • que les programmes sont bien étudiés et efficaces : en mode portrait, p. ex., le boitier met l’accent sur une faible profondeur de champ pour créer un agréable flou d’arrière-plan
  • et le mode macro permet vraiment de la « proxi photographie »
  • un système de mise au point fiable et efficace, difficile à prendre en défaut dans des conditions normales de prise de vue
  • sa flexibilité d’utilisation, soit le tout auto pour beaucoup ou les modes de prise de vues proposés
  • un viseur clair, avec cadre collimaté et correction de la parallaxe.

Que des qualités donc ?

Ben non, l’appareil parfait n’existe pas, cela se saurait !

Premier reproche, le bouton pour le mettre en route, qui nécessite des petits doigts, des ongles ou un canif suisse. Avantage, il ne s’allumera pas par inadvertance dans votre sac ou poche.

Il lui faut environ 2 secondes pour être opérationnel, c’est dans la moyenne de l’époque.

Son moteur est un peu bruyant, y compris celui du zoom. Rien d’affolant, mais évitez de l’utiliser au cours de yoga, par exemple.

le flash est un peu faible. En cas de très forte baise de luminosité, il ne sera pas d’un grand secours.

Bref, un petit compact de la fin des années nonante qui a son mot à dire et qui vous suivra bien partout, ou presque.

Question prix, à moins d’en trouver aussi un neuf dans sa boîte, il ne devrait pas excéder 20€ à mon sens s’il est en excellent état.

Vous en trouverez à plus de 100€ (si, si …) chez des marchands qui assureront qu’ils l’ont vérifié et testé et, surtout, qui devront vous appliquer une garantie de minimum 1 an (réglementation européenne).

A vous de voir mais pour moi, à 20€, ça me permet d’acheter quelques pellicules en plus.

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Une toute petite video d’illustration (15s !)

Une seconde guère plus longue (58s)
Enfin une troisième, plus conséquente.

Des références : https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2036-Pentax_Espio%20115G.html, en français; https://www.thefilmcameraco.com/blogs/guides/pentax-espio-115g-guide-and-review, https://filmadvance.com/2013/01/favourite-cameras-pentax-espio-115g/, http://camera-wiki.org/wiki/Pentax_Espio_115G, en anglais.

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L’Olympus Superzoom 120 TC

Encore un petit compact chiné dans une brocante, mais dans un état impeccable et dans une belle house qui, à défaut d’être d’origine, a pu le préserver.

Ceci étant, ce n’est pas un appareil qui a révolutionné le matériel photographique, même s’il possède l’une ou l’autre caractéristiques intéressantes, j’y reviendrai.

Typique de la production des années nonante (1995), il est tout automatique : chargement du film, avance de celui-ci, mise au point, calcul de l’exposition, flash (bien que celui-ci soit réglable et débrayable).

Et il propose un zoom conséquent de 35 à 120mm de 10 éléments en 8 groupes, de f4,5 à f8,7, la mise au point minimale étant de 60cm. Un zoom de 35 – 120mm ce qui devrait être une espèce de limite à ne pas franchir selon moi.

Petite astuce intéressante lorsque vous actionnez le zoom, il possède deux vitesses pour varier et il va très vite si vous appuyez fermement sur la commande.

Il possède un retardateur et un flash que l’on peut débrayer si besoin (les musées vous remercient). Le flash comporte aussi un dispositif « anti-yeux rouges » typique de l’époque (une salve de pré-éclairs empêche les yeux de ressembler à ceux d’un lapin affolé au milieu de vos phares !).

Alors, si vous aviez compris que le 120 désignait sa plus longue focale, à quoi sert le TC ?

Allez, je vous aide : c’est un accessoire qui était vendu séparément … Oui, vous avez trouvé, une télécommande infra rouge, qui actionne le retardateur !

Son viseur est clair et net, collimaté avec lignes pour la correction de la parallaxe.

Petite particularité : ne cherchez pas (comme moi) un quelconque interrupteur pour le mettre en batterie. Il faut faire saillir le flash, sur la droite pour voir l’appareil, pour l’allumer. Particulier mais efficace car là aussi ça évite les mises en route intempestives.

Pour l’alimenter, prévoir 2 CR123A. Elles ne sont pas données mais l’appareil n’est pas gourmand.

Sur cet exemplaire, il y a en plus un dos dateur, qui ne date plus rien, comme d’habitude. Les ingénieurs n’ont pas osé rêver que 30 ans plus tard on se serve encore de leur appareil !

Ah, une excellente nouvelle si vous comptez rester en Belgique, l’Olympus Superzoom 120 TC est traité Water Proof ! Il ne craindra donc pas les pluies, ni la poussière.

Ceci m’amène à une petite remarque utile pour ne rien abîmer : le verrou du dos doit se repositionner à la main, pas en « claquant » juste la porte arrière. Question de joint d’étanchéité.

Sa prise en mains est agréable, avantagée par le bossage sur la droite (logement des piles par dessous), mais faites attention où vous mettez les doigts, le majeur ayant tendance à venir empiéter sur la fenêtre du viseur.

Et puisque je cite celui-là, sachez qu’il est muni d’une correction de dioptrie et que son cadre est collimaté, avec correction de la parallaxe. Au centre, une vaste croix qui indique où l’autofocus fait le point.

Au rayon des trucs agaçants, la porte des piles : c’est un système à deux positions (ouvert/fermé) mais qui nécessite soit de longs ongles soit un canif suisse pour l’ouverture. Notez que ça va mieux si des piles sont dans le compartiment, leur poids aidant à l’ouverture.

Autre petit point gênant, lorsque vous allumez l’appareil sans film à l’intérieur, un « E » insistant apparait sur le petit écran ACL. Cela veut juste dire que l’appareil est vide, le voyant s’éteint si vous introduisez une cartouche dans la chambre.

Alors, que penser de cet Olympus Superzoom 120 TC ?

C’est un appareil dans la veine des bons compacts des années nonante, avec cet avantage de résister à l’eau et aux poussières, ce qui permet de l’emmener partout, par tout les temps.

Tout auto, il vous facilite la vie, vous n’avez plus qu’à vous concentrer sur la prise de vue, il fait le reste et il le fait bien, la réputation d’Olympus à ce niveau est excellente.

Quant au prix, sauf à l’acheter chez un pro qui vous délestera allègrement d’une bonne centaine d’euros parce qu’il l’aura vérifié et testé, avec une garantie d’un an, vous en trouverez en bon voire excellent état pour une vingtaine d’euros sur les brocantes et les vides-greniers.

Petite video d’illustration

Pour le manuel, c’est par ICI.

Des références : https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_Superzoom_120TC, en anglais; http://www.optiksammlung.de/Olympus/Superzoom120TC.html, en allemand

Argentique

Le Chinon 35

Voici le second appareil que j’ai acheté à la foire de Villers Bretonneux, à la suite donc du Konica C 35 V.

Celui-ci est tout noir mais … il m’intrigue !

En effet, pour préparer mes articles, je fouille la Grande Toile pour y trouver des explications un peu plus techniques que mes seules observations, afin d’essayer d’être le plus complet et le plus juste possible. Et là, rien !

Ah, j’ai bien trouvé ceux-là :

Mais ils ne ressemblent pas à celui-ci :

Alors, au jeu des différences :

Chinon 3538mm f2,7 anastigmatdéclencheur champignonpoint and shot
Chinon 35EE38mm f2,7 Chinonex Colordéclencheur tube chrométélémétrique
Chinon38mm f2,7 Chinonex Color Chinon Industriedéclencheur tube noirpoint and shot
Je pense qu’il s’agit là d’un modèle tardif de Chinon 35 : la sérigraphie est différente, le déclencheur aussi, l’objectif celui du 35EE mais en plus moderne (lettrage) car j’ai fini par trouver une autre illustration qui se rapproche nettement plus de celui que j’ai trouvé.
Source : Camera-Wiki

Sniff, fin du suspens …

Bon, reprenons le cours de notre présentation.

Ce petit Chinon est un « point and shoot » basé donc sur le Chinon 35EE, auquel on a enlevé le télémètre et le retardateur.

J’ai trouvé une page amusante chez « mes appareils photos » qui recense toutes une série de petits appareils dont on se demande qui clone qui. A voir, pour le plaisir.

Produit au milieu des années septante (1977), le Chinon 35 garde l’objectif de 38mm ouvrant à f2,7, avec des variations de dénominations mais c’est toujours bien le même objectif.

Ensuite son système de mesure est identique : réglages en mode automatique (A), du flash ou le mode bulb (comme il perd le retardateur, le déclencheur est fileté pour y fixer un déclencheur souple).

Encore, il partage le même viseur avec les marques de cadre et de correction de la parallaxe, et l’affichage en échelle de la vitesse d’obturation et d’ouverture.

La cellule est une CdS montée sur le haut de l’objectif, derrière le filtre éventuel, pour mieux en tenir compte.

Les deux appareils sont si proches que le mode d’emploi les présente tous les deux ensembles.

Vous le trouverez ICI.

Comme pour le Konica C 35 V, l’objectif offre une grande profondeur de champ et autorise quelques approximations de distances (raisonnables, on s’entend bien !).

Mais contrairement au Konica, il n’y a pas de pictogrammes mais bien une échelle de distance (en pieds ou mètres) gravée sur le fut. Ce qui revient au même mais en moins « parlant » que les symboles du premier. Pour faire plus pro ?

Pour le reste, c’est un tout automatique : lorsque vous avez réglé la vitesse de votre film (de 25 à 500 Asa), et donc la sensibilité du posemètre, l’appareil se débrouille pour vous donner le meilleur résultat tant en vitesse (du 1/30s au 1/650s) que d’ouverture (f2,7 à f22). Et il le fait bien !

Quelques exemples de photo LA pour vous en convaincre.

Résumé en images :

La question traditionnelle : ce petit Chinon 35 vaut-il la peine ?

Oui car il est suffisamment doté que pour vous donner du plaisir à photographier, sans chichis, sans complications.

En plus, il est chouette dans sa belle robe noire. Petit compact, majoritairement en métal, il vous suivra partout.Comme son confrère, le Konica C 35 V, n’oubliez pas de lui adjoindre un bouchon d’objectif s’il n’en a pas (diamètre 46mm), ça économise la pile.

Il n’est pas foncièrement rare même s’il faut chercher un peu pour en trouver un en bel état. Si vous en trouvez un, comptez quand même au moins 50€ pour l’emporter.

A ce prix-là, vérifiez que les mousses ont été changées. Comme pour tous les appareils de cette époque, c’est absolument nécessaire de le faire pour éviter des fuites de lumière.

Exceptionnellement, il n’y a pas de video sur cet appareil, les youtubeurs étant obnubilés par le Chinon 35-EE et 35F-EE semble-t-il.

Un peu de technique :

Lentille couleur Chinonex 38mm 1:2.7
Cellule à capteur CdS sur la monture d’objectif (46mm)
Mise au point d’1 m à l’infini
Modes : Automatique (A), Bulb (B) et nombres guides du flash
Réglage Bulb avec ouverture fixée à f/2.7
Vitesse du film que l’on règle sur l’anneau à l’avant de l’objectif en ASA (25-500) ou DIN
Pile Px 625A pour remplacer celle au mercure de l’époque
Griffe pour flash avec vitesse d’obturation de 1/30s (synchro)
Pas de vis pour trépied.

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Chinon_35, http://camera-wiki.org/wiki/Chinon en anglais; https://www.mes-appareils-photos.fr/Chinon-35.htm, en français

Argentique

L’Olympus XA 2

Ohlala, celui-là je devais vous le présenter depuis … juin 2022 !

Il fait partie de ces petits appareils qui ont un succès fou dont on se demande pourquoi et dont les prix ne cessent de grimper …

S’il a trainé dans mes « brouillons » c’est que je ne l’ai pas trouvé amusant : trop petit pour une utilisation avec mes doigts gourds et ma vue qui baisse. Même si cela n’enlève rien aux qualités de l’engin, soyons bien clair.

Je vais donc tenter de me rattraper à son sujet …

On ne peut pas parler de cet appareil sans parler de son génial concepteur, Yoshihisa Maitani l’inventeur du Pen F, du Pen E, du OM-1 et du XA (entre autre).

Remettons-nous en 1979. Outre la miniaturisation de l’ensemble, il a eu l’idée le premier de ce design inédit, avec ce clapet coulissant devant le bloc optique, qui protège ce dernier efficacement, comme la commande de mise au point, le sélecteur Iso/Asa, mais aussi assure la cohérence de l’ensemble. Puis il y avait l’obturateur vertical, le déclencheur à commande électromagnétique, le retardateur enchâssé et le télémètre.

Selon la légende, il a été conçu pour tenir dans une poche de chemise (tiens, comme le Minox EL) en conservant des fonctionnalités de « grand ». Tout a été conçu pour garder cette taille minimaliste et le design du boitier est un trésor d’ingéniosité.

Et tant qu’à faire preuve d’inventivité, Maitani a reformulé la forme de l’objectif, un Zuiko 35mm f2,8 avec le mécanisme de mise au point à l’intérieur, ce qui éliminait le besoin d’un objectif plus long et de l’action télescopique associée au mouvement de l’objectif.

Pari réussi, le XA sera le premier d’une série d’appareils qui aboutiront au Mju au tournant des années nonante, un autre succès. Les années quatre-vingt seront Olympus pour tout ce qui touche aux petits appareils performants et de taille (très) réduite, puis celles des années nonante avec leurs successeurs !

Le modèle original, le XA, sera vendu de 1979 à 1985 et donnera, comme tous les appareils bien nés, une descendance active. Petit résumé :

  • Olympus XA : petit télémètre avec objectif Zuiko 35mm f/2.8 en 6 éléments à priorité ouverture
  • Olympus XA1 : appareil photo mécanique simple avec une cellule au sélénium
  • Olympus XA2 : appareil photo à mise au point par zone, obturateur automatique programmé, objectif Zuiko 35 mm f/3,5 à 4 éléments
  • Olympus XA3 : Identique au XA2 avec reconnaissance automatique de la vitesse du film « DX », un peu plus grand que les précédents
  • Olympus XA4 : appareil photo à mise au point autofocus, objectif macro large de 28 mm mais aussi plus grand que les XA – XA1 – XA2

Mais arrêtons-nous sur le Olympus XA 2 qui nous intéresse aujourd’hui.

Il remportera le premier prix du « Good Design Mark » en 1981 au Japon. Il était considéré comme l’ultime niveau de la technologie de précision japonaise du moment, rien que ça !

Voyons voir ce qu’il nous réserve …

S’il abandonne le complexe et efficace objectif Zuiko 35mm f2,8 du XA, il gagne un Zuikon 35mm à 4 éléments ouvrant à f3,5 qui reste de très grande qualité.

Comme il n’est plus télémétrique, il propose un système de mise au point par zones, trois en fait. Vous réglez la distance grâce à un petit levier sur l’avant de l’appareil. Sa mise au point minimale est de 1,2m.

Petit point d’attention, un peu comme avec le LC-A si mes souvenirs sont bons, s’il fait bien clair, avec le réglage à 1,2m, vous serrez bien net. Par contre, si la lumière est plus chiche, mettez-vous sur la position « montagne », vous gagnerez en netteté. Le reste, c’est le XA 2 qui le réglera pour vous, car l’appareil est devenu automatique.

Autre petit détail utile : à chaque fois que vous fermez le boîtier, la distance se remet sur celle du milieu, il faut y penser. Maintenant, dites-vous que c’est sur cette distance-là que vous travaillerez essentiellement. Comme ça, il suffit de pointer et appuyer sur le déclencheur !

Sous l’objectif, le réglage pour la sensibilité de la cellule, de 25 à 800 Asa.

Par en dessous, un tout petit levier vous permet de vérifier l’état de la batterie et d’enclencher le retardateur, plus ou moins 12 sec. Lorsqu’il fonctionne, une lampe LED rouge sur la face avant clignote et un bip se fait entendre.

La trappe pour la pile est aussi par dessous, à côté du pas de vis pour la fixation d’un trépied.

Rationnellement, il utilise le même module flash que le XA, le flash A11, qui se fixe sur le côté de l’appareil grâce à un mécanisme intelligent de vis moletée qui permet de le fixer fermement au corps et assure un bon contact de couplage.

Ainsi attaché, on a l’impression d’un autre appareil, un peu plus long mais dont le design ne souffre par trop de cette extension, le flash étant finalement petit (et peu puissant). Il est alimenté par une pile AA classique.

Si je compare avec le Minox, le dessin de l’Olympus XA2 est mieux préservé car le flash du Minox se fixe sur le dessus et rompt toute la forme du boitier.

Pour y placer un film, il suffit de tirer sur la bobine de rembobinage et le dos s’ouvre pour découvrir la chambre.

Le dos est équipé d’un presse film et de … mousses qu’il vous faudra changer si cela n’a pas été fait entre temps.

L’armement s’opère avec la grosse molette, en haut à droite du boitier.

Notez l’emplacement inhabituel du viseur, dont on voit le « tunnel » lorsque la chambre est ouverte. Gain de place à tout prix !

Tout est en plastique. Ce qui ne signifie pas que c’est fragile, mais l’usure peut s’avérer la pire ennemie : engrenages fatigués et usés vous feront payer rapidement leur âge en bloquant l’appareil. Autre problème, qui sera repris sur les Mju : si un film s’est coincé dans la chambre, pour l’enlever, certains ont tiré dessus de toutes leurs forces alors qu’il était encore engagé dans la bobine réceptrice. Si le film est fichu (exposé), cette manœuvre a toutes les chances d’avoir aussi « flingué » le moteur de l’appareil.

Si donc vous en trouvez un et que vous avez envie de vous l’offrir, mettez deux piles LR 44 dedans et prenez un film test avec vous pour vérifier que l’appareil est encore capable d’entrainer celui-ci normalement.

Comme je le compare souvent au Minox, j’ai trouvé sur le site de Collection-appareils ce petit résumé efficace :

Cette comparaison pourrait aussi s’appliquer au Chinon Bellami que je vous ai présenté il y a un moment, lui aussi champion de compacité.

En résumé, tous ces petits appareils sont mignons, on peut les emporter partout (heu, la poche de chemise doit être assez grande quand même) et ils sont performants.

L’Olympus XA 2 ne fait pas mentir la légende du premier du nom et son prix s’en ressent actuellement. Sa cote grimpe, grimpe …

Si vous arrivez à en trouver un sous la barre des 150€, c’est que vous avez de la chance !

Les vaut-il ? Avec les remarques que j’ai pu faire ici et là, oui, pourquoi pas, mais c’est quand même un appareil qui fête ses quarante ans, en plastique, avec un peu d’électronique embarquée … il peut vous abandonner à tout moment, comme les autres aussi d’ailleurs.

Mais il est craquant …

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Petites pubs d’époque (merci Collection-appareils)

Grenier-Natkin, 1981.
Camara, 1981, avec les « lilliputiens » de l’époque en lice.

Video d’illustration

Quelques données techniques :

Produit 1980-86 Olympus Optical Co. Ltd., Tokyo, Japon
Type de pellicule 135 (35 mm)
Taille de l’image 24 mm x 36 mm
Poids 200g
Objectif D.Zuiko 35mm 1:3.5-22 (4 éléments en 3 groupes)
Plage focale de 1,3 m à l’infini en 3 zones
Taille du filtre n/a
Obturateur Olympus inter-objectif
Vitesses d’obturation 2s-1/750 automatique à priorité ouverture
Viseur Viseur de lignes lumineuses de type Albada
Posemètre CdS
Pile deux bouton oxyde d’argent SR44/S76
ASA 25-800
Retardateur
Enrouleur à molette

Des références : https://www.35mmc.com/12/04/2023/olympus-xa2-a-brief-guide-to-my-every-day-carry-camera-by-sean-arntz/, https://www.kenrockwell.com/olympus/xa.htm, https://kosmofoto.com/2018/12/kosmopedia-olympus-xa2/, https://www.35mmc.com/27/03/2016/olympus-xa2-review-love-camera/, https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_XA, https://mattsclassiccameras.com/rangefinders-compacts/olympus-xa2/, https://casualphotophile.com/2018/06/20/olympus-xa-review-35mm-film-camera-rangefinder/, https://www.diaxa.com/xastart.htm en anglais; https://www.lomography.fr/magazine/172650-29-39-olympus-xa-the-perfect-camera-to-capture-people-on-the-street, http://www.appaphot.be/fr/brands/olympus/olympus-xa-2/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-24-Olympus_XA2.html en français

Argentique

Le Canon Prima Super 115

Vous vous en doutez, je l’ai extirpé d’une caisse lors d’une brocante et il ne payait pas de mine, ce qui m’a permis de bien négocier son prix, mais sans certitude qu’il allait se ranimer.

De fait, les premières piles (2 CR123) m’ont fait craindre le pire : l’écran arrière s’allumait mais pas de déclenchement !

Zut me suis-dit, on verra plus tard …

Et voilà que je remets un nouveau jeu de CR123 dedans et là, oh joie, tout fonctionne ! Comme quoi, même des piles « neuves » peuvent être capricieuses (maintenant, je les contrôle systématiquement, même au sortir de la boite, na !).

Alors, ce petit Canon qui fleure bon les années nonante (sorti en août 1993 de fait, en même temps que l’Eos 500), que nous réserve-t-il ?

Déjà le choix entre deux couleurs, celle « champagne » de cette exemplaire, ou en noir.

Ensuite, un zoom qui, à l’époque, tranche avec la concurrence car il offre un 38 – 115mm, là où les autres s’arrêtent à 105mm.

Il vous offre une large gamme de possibilité, de la macro (si, si) au paysage et le portrait.

Entièrement automatique, il vous offre un rare confort d’utilisation : vous ouvrez le dos, placez le film dans la chambre, il lit le codage DX et règle sa sensibilité, charge la première vue et, au fur et à mesure, fait avancer le film grâce à son moteur assez peu bruyant qui plus est, et au terme, il rembobine le tout, rapidement.

Il bénéficie d’un autofocus avec 3 capteurs, qui offre, comme je l’écrivais plus haut, un mode macro (40cm), sinon, il démarre à 60cm la mise au point minimale. Cet autofocus est AI, c’est à dire qu’il est capable de suivre un sujet en mouvement, comme les reflex de la marque à l’époque.

Sa cellule, précise et fiable, prend sa mesure sur 3 zones.

Il est, bien évidemment muni d’un flash, utile pour le fill-in, éclairer une pièce sombre, avec possibilité de réduire les « yeux rouges » et que vous pouvez débrayer lorsque c’est nécessaire.

Mais ce qui étonne, c’est sur le dos de l’appareil où se niche une roue de sélection de programmes, encore une fois comme ses cousins reflex de la marque.

Au menu : mode sport, mode auto, silencieux (S-Auto) – et pourtant il n’est pas bruyant – prise de vue à 1image/seconde, macro, autofocus prédictif (le fameux AI por autofocus intelligent), mesure Spot (mesure précise au centre de l’image), mode RT (pour réduire le temps entre 2 prises de vues), etc.

Ce qui lui permet d’être prêt pour de nombreuses situations. C’est d’ailleurs dans votre poche ou un petit sac que vous vous rendrez compte de sa polyvalence et de ce fait, vous aurez difficile de le laisser à la maison !

Si on ajoute à cela un retardateur, les fonctions du flash, sa légèreté (250gr), sa polyvalence et la qualité de son optique, vous n’aurez, réellement, pas d’excuses si vous l’oubliez lorsque vous êtes en balade !

Allez, petite revue en images.

Notons encore que l’objectif est protégé par un « rideau » qui s’efface lorsqu’il est mis sous tension.

Et puisque je parle de l’objectif, voyez ce dont il est capable ICI.

Donc, je résume : un compact léger, performant, à l’aise dans nombre de situations photographiques, discret et efficace. Que demandez de plus ?

Ah oui, son prix, qui ne devrait pas dépasser les 30€ avec sa gaine et en excellent état.

Si vous en trouvez-un, prenez-le, il ne devrait pas vous ruiner mais il vous accompagnera partout.

Petite pub d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Quelle, 1994.

Une video d’illustration

Un brin de technique

TypeCompact
Format de pellicule135
Format d’image24 × 36 mm
Objectif35-115mm f3,5-8.5
Temps de poseAutomatique
Modes d’expositionAutomatique
Mise au pointAutofocus
Chargement du filmAutomatique
Alimentation1 x 1.35 V
Dimensions (l × h × p)14 x 7 x 5 cm
Poids325 g

Des références : http://www.appaphot.be/fr/brands/canon/canon-prima-super-115/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-15046-Canon_Prima%20Super%20115.html

Argentique

Le Zeiss Ikon Ikonta 522/24, suite.

Je ne pouvais décemment laisser ce petit appareil sympa dans le triste état où il était.

Dans l’article précédent, je vous avais écris que j’allais tenter de lui redonner un peu de son lustre d’antan …

Ici, il y a deux écoles : celle qui veut faire plus neuf que neuf à l’époque de la sortie de l’objet, et celle qui accepte quelques défauts, témoin de la vie dudit objet mais qui résout les gros dégâts. J’ai choisi la seconde, vous vous en doutez, elle préserve le côté « vintage assumé » de l’appareil.

Alors, au petit jeu du avant/après, voici quelques photos sur les travaux entrepris :

En un peu moins de deux heures de travail, ce petit Ikonta 522/24 a quand même meilleure figure. Le nettoyage complet de la gaine à aussi redonné du tonus aux ressorts qui maintiennent la gaine en place.

Je n’ai pas encore trouvé la vis/le boulon qui me permettra de fermer la pièce fixe à gauche sur l’image, mais je suis patient … De toute manière, cela ne génère pas d’entrée de lumière dans la chambre.

Ah oui, en parlant de la chambre (mais je n’ai pas fait de photos, désolé), j’ai placé une mousse, coupée à 2mmx2mm dans les rails de la porte arrière, sur les endroits de fermeture avant et arrière (mousse de 5mmx1mm) afin d’étanchéifier complètement celle-ci car j’avais constaté un peu de jeu à la fermeture, dû sans doute à l’âge.

Il est prêt pour de nouvelles aventures …

Argentique

Le Zeiss Ikon Ikonta 522/24

Un premier mai ensoleillé (du moins au matin) et une grande brocante à Namur.

Il est tôt (6h45) et nous déambulons entre les brocanteurs. Si certains s’installent encore, d’autres ont déjà leur stand tout prêt.

En voici un, avec une petite caisse contenant quelques appareils et des accessoires anciens de photographie.

Je déniche successivement un Yashica MF2 qui parait neuf dans sa trousse, un Olympus OM 10 sans objectif mais avec sa demi gaine en cuir et ce petit Zeiss Ikon Ikonta qui a dû connaître des jours meilleurs.

Petite parlotte avec le vendeur pour apprendre que ces appareils appartenaient à son grand-père. Comme il vide la maison et qu’il n’est pas fan de photographie, il vend … et je lui achète les trois appareils.

Pourquoi ces trois là ? Le Yashica parce que j’ai déjà le 35 MF, l’Olympus OM10 parce que j’ai commencé avec l’OM-1 et que c’était une occasion de reparler de la marque, que j’ai peu analysée en fait, et ce petit bijou de Zeiss Ikon Ikonta parce que j’aime bien ces appareils petits, denses, concentrés de technicité de leur époque et savoureux à utiliser.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà présenté un autre petit machin dans ce style, le Weltix de chez Welta. Celui-là datait de 1939, celui-ci de 1948 et sera produit jusqu’en mai 1953, en tout cas sous la marque Ikonta mais il s’appellera aussi Contina 1.

Manifestement, la marque Zeiss Ikon Ikonta sera réservée à l’exportation.

Petite parenthèse, au sujet du Weltix : j’ai eu la chance de pouvoir le confier à Fred, d’Histoire de Photos et vous pouvez en découvrir les photos ICI. Ce sera un comparatif intéressant à faire.

Outre cela, profitez-en pour découvrir les photos de Fred en argentique, ça donne des idées tant des lieux, que de l’utilisation des films, que de celle de vieux appareils.

Donc, voici le Zeiss Ikon Ikonta 522/24 ou Zeiss Ikon Ikonta 35 ou Contina 1.

Cet appareil a été développé par Hubert Nerwin – ingénieur chez Zeiss Ikon et concepteur, par exemple, du Contax II – au début de la seconde guerre mondiale. Les travaux furent ralentis, vous vous en doutez, mais ils aboutiront au premier nouveau produit de la marque juste au sortir de cette période noire, en 1948.

C’était un petit appareil pliant, avec un objectif de 45mm au bout d’un soufflet court, pour trancher avec les productions d’avant guerre. Il portait le nom de Zeiss Ikon Ikonta 35 522/24 (ouf !).

Les toutes premières versions ne possédaient pas encore la griffe porte-accessoires et le déclencheur, à câble, était directement fixé sur l’obturateur.

Néanmoins – une obsession je pense – ils avaient introduit la prévention contre la double exposition, cette fois en armant l’obturateur avec les pignons d’entrainement du film.

Petite remarque en passant, sans film, ou sans ouvrir la chambre pour mobiliser les pignons à la main, impossible de déclencher.

Sur les derniers modèles, il y aura donc une griffe « froide » au milieu du capot et le pas de vis pour un déclencheur à câble sera sur le côté opposé au déclencheur, comme sur cet exemplaire.

La guerre n’avait pas épargné les installations de la marque et, surtout aussi, par le fait que ce qui restait fut déplacé vers l’Allemagne de l’Est.

Résultat ? Les premiers appareils sont rarement équipés de Tessar chers à la marque mais plutôt de Schneider Xenar dans un obturateur Compur ou Prontor.

Amis collectionneurs, voilà un beau challenge que d’en trouver ainsi équipé du rare Tessar !

Plus tard, ils seront équipés de Novar (des triplets) ouvrant à f3,5, avec des obturateurs Prontor et sur les fins, quelques uns auront à nouveau le privilège de recevoir un Zeiss Opton Tessar T (la totale car en plus il ouvrait à f2,8) et quelques Xenar de chez Schneider (toujours à f2,8) accolé à un obturateur Synchro-Compur (qui montait au 1/500s).

Ecrivons-le tout de suite, c’est un appareil d’après-guerre et tout n’est pas parfait : ainsi il n’y a pas de télémètre couplé comme les concurrents de l’époque (voir le Kodak Retina IIc ou IIIc, la Super Solinette d’Agfa); le déclencheur n’est pas sur le capot de l’appareil mais sur le devant et il faut armer l’obturateur avant le déclenchement.

Mais qu’est-ce qu’il est bien fichu !

Petit, relativement léger (450gr tout nu), vous pouvez réellement le mettre dans une poche.

De plus, sa porte s’ouvre vers l’avant, ce qui compense un peu le fait de devoir appuyer sur le déclencheur devant (qui pourrait faire basculer l’appareil à la prise de vue). Elle permet un meilleur calage du boitier dans la main gauche.

Et puis il y a ces petits détails qui en font un grand appareil, comme cet étui en cuir qui s’accroche sur le cadre du boitier par un jeu de ressort (c’est lui qui a les sangles de portage) et la roue qui permet de faire avancer le film est munie de deux pointeaux qui viennent s’encastrer dans celle du boitier.

L’ajustement des pièces est excellente.

Il reste quand même quelques anachronismes comme le compteur de vue en dessous, qu’il fut régler à la main – mais bon, la place était comptée – ou ce déclencheur un peu étrange.

Pour le reste, c’est du Zeiss Ikon. Un objectif monté sur un soufflet court au creux d’un obturateur Prontor-S. Les commandes sont bien ajustées et tout se déplace encore correctement près de 80 ans plus tard.

Sur la face avant, le réglage de la distance avec une échelle de profondeur de champ, derrière. Notons la distance de mise au pont minimum, fixée à 80cm. Le levier d’armement juste derrière et en dessous, le réglage pour la prise synchro du flash (F ou M). La prise PC se trouve elle par dessus. Enfin, l’ouverture se règle avec la dernière réglette, contre la platine. On y arrive même avec des doigts d’adulte.

Le viseur, paradoxalement, est relativement large et clair mais ne contient aucune indication (pas de cadre, ni correction de parallaxe).

Cet exemplaire a souffert (il manque une vis sur le dessus, qui ne prête pas à conséquence), la couleur s’écaille, le cuir s’effiloche, le verrou de dos est un peu dur, comme ceux du sac tout prêt, mais un bon nettoyage devrait venir à bout de ces détails.

Finalement, cet appareil est un peu plus gros qu’un Minox EL, par exemple, mais ici au moins je n’ai pas besoin de mes lunettes pour effectuer les réglages, et il n’y a pas de plastique (ni d’électronique qui pourrait être capricieuse) !

Point de vue encombrement, il se dispute la place avec le Weltix, tout en étant plus perfectionné et performant, et la Solinette, plus basique.

Je sens que je vais essayer de lui redonner un peu du lustre de ses débuts car il le mérite bien.

Petit résumé en image :

A la question traditionnelle, cet appareil a-t-il un intérêt, je réponds oui, sans hésiter.

Discret, y compris lorsqu’il déclenche, si vous le réglez en zone focus, en photo de rue, il est redoutable. Voyez ICI quelques résultats.

Reste la question du prix et de la chance d’en trouver un : les exemplaires équipés du Tessar ou du Xenar ouvrant à f2,8, avec le Synchro-Compur de course (1/500s) seront les plus rares et les plus chers (environ 200€) tandis que les modèles plus simples se négocient autour des 60€ et sont un peu plus courants, même si je vous avoue que c’est la première fois que j’en voyais un.

Un petit appareil sympa, à essayer pour le plaisir de photographier différemment.

Des publicités d’époque (merci Collection-appareils)

Porst, 1948
Photo-Hall, 1950
Zeiss Ikon, 1951. Exemple de texte publicitaire de la marque : « Toujours prêt à fonctionner immédiatement, toujours avec un plein succès, le Contina 24 x 36 représente l’appareil Idéal pour les instantanés rapides en noir et blanc aussi bien qu’en couleurs. Si l’on met au point par exemple sur 5 mètres, en ouvrant le diaphragme à 8, tout est net de 2,50 à 25 mètres, ce qui offre un champ suffisant pour les clichés instantanés à prendre pour ainsi dire par surprise. Ce sont d’ailleurs toujours ceux-là qui sont les plus nets. Les dispositifs dont est équipé cet appareil affranchissent l’amateur de tout souci : verrouillage contre les doubles expositions et l’enroulement prématuré du film, mise au point sur repères rouges, armement sur le boîtier facilitant la prise des clichés successifs, et possibilité de contrôler tous les réglages, d’en haut, d’un seul coup d’œil. L’échelle de profondeur de champ est elle aussi prévue. Les objectifs à excellente correction chromatique (point essentiel pour les clichés en couleurs) sont traités par revêtement anti-réfléchissant. Les obturateurs (de 1 à 1/300ème de seconde à 1/500ème de seconde sur Synchro-Compur) comportent un contact-éclair synchrone.
Que l’on travaille hâtivement ou avec circonspection, en noir et blanc ou en couleurs, le Contina petit format se prête à toutes les exigences.
On n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Petites videos d’illustration

Des références : https://bluemooncamera.com/museum/exhibit/70/zeiss-ikon-ikonta-522-24, https://www.35mmc.com/06/08/2018/5-frames-zeiss-ikonta-b-522-24/, https://www.mikeeckman.com/photovintage/vintagecameras/ikonta35/index.html, en anglais; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12040-Zeiss%20Ikon_Ikonta.html, http://www.appaphot.be/fr/brands/zeiss-ikon/zeiss-ikon-ikonta-35-52224/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=13102, en français

Argentique

L’Agfa Solinette II

Après le Kodak Retina IIc, le Weltix (plus ancien, 1939) qui utilisaient du film 24×36, j’ai eu envie de retrouver quelques formats en 120 et 6×6, comme le Zeiss Ikon Ikonta M ou l’Agfa Isolette.

Et puis, par hasard, j’ai trouvé ce petit Agfa Solinette II, qui revient au 135 sous des dehors de 120.

Instantanément, on revient aux années cinquante … soit septante ans en arrière (soixante-dix outre Quiévrain).

Cet appareil fut fabriqué ente 1952 et 1955. Il va s’en dire que la mode des pliants commençaient à s’essouffler, les télémétriques prenaient le pas, les TRL (double objectifs type Rolleiflex et consorts) n’avaient pas dit leur dernier mot et les reflex pointaient le bout de leurs objectifs … interchangeables !

Agfa ne s’est pas trop casé la tête pour trouver une source d’inspiration, il est dans le style du moyen format Agfa Isolette.

Même abattant qui s’ouvre vers le bas, même viseur placé au centre, les deux mêmes boutons au dessus (un pour ouvrir l’appareil, l’autre comme déclencheur), même corps en tôles embouties, etc. mais le tout réduit à la taille du film 135mm.

Il lorgne clairement vers le Retina de Kodak avec, pour mon impression personnelle, l’avantage de cette porte qui s’ouvre vers le bas, contrairement au Kodak, qui s’ouvre vers la droite. Mais c’est très subjectif …

Deux appareils sortiront sous la dénomination Solinette : la première et la Solinette II, et cette dernière est beaucoup plus courante. Aux États-Unis, elle sera vendu sous la marque Ansco et appelée Ansco Regent.

Pas de révolution ici, mais du « bien fait », robuste et simple, sans fioritures superflues, rien que du nécessaire pour l’époque : armement manuel de l’obturateur et déclencheur sur le capot, verrouillage pour prévenir la double exposition, obturateur synchronisé pour le flash avec prise PC et griffe froide/porte-accessoires sur le dessus du boitier.

Dès que l’abattant s’ouvre, l’ensemble obturateur/objectif se met en place et se verrouille grâce à des solides charnières, bien rigides. Pour refermer, il faut appuyer en même temps sur les deux genouillères, sans devoir ici mettre l’objectif sur une position quelconque (contrairement au Retina où il faut se mettre sur l’infini avant de fermer le soufflet).

Pas télémètre ici, même non couplé, juste un viseur un peu étriqué mais qui rempli son rôle. Cet accessoire sera réservé à la Super Solinette.

Comme pour ses concurrents et dans la gamme même des pliants Agfa, il existait plusieurs variantes d’objectifs et d’obturateurs, comme indiqué dans le tableau ci-dessous :

Solinette II SolinarSolinar f/3.5/50mmSynchro-Compur
Solinette II Prontor SVSSolinar f/3.5/50mmProntor-SVS
Solinette II ApotarApotar f/3.5/50mmProntor SV
L’Apotar est un triplet, le Solinar comporte 4 éléments

Les combinaisons des uns et des autres influaient directement sur les prix de vente et pour vous, sur le prix d’achat si vous en trouvez en brocante, vide-grenier ou autre.

Celui que je vous soumets est équipé d’un Prontor SV et d’un Apotar 50mm ouvrant à f3,5. C’est celui le plus abordable et le plus courant.

Pour en terminer avec la lignée et avant d’en venir aux choses sérieuses (comment ça marche ?), juste écrire encore que la Silette fera suite à la Solinette, même si les deux appareils seront vendus ensemble un moment. Suite au restylage de la Silette, en 1958, un nouveau modèle, cette fois entièrement carrossé, portera encore le nom de Solinette

Venons-en donc à l’utilisation, fort simple vous verrez, de ce petit pliant.

Sur le dessus, à gauche, un bouton en champignon, quasi identique à celui sur la droite. Lorsque vous l’enfoncez, la porte s’ouvre et les articulations rigides se mettent en place, bloquant le combiné objectif/obturateur là où il faut.

Toujours sur le dessus, au milieu, une griffe froide pour y fixer un flash. Juste devant celle-ci, un cadran chiffré, le compteur de vue, qu’il faut remettre à zéro manuellement. Pour ce faire, il faut actionner le bouton plat à gauche et le bouton en saillie, à droite jusqu’à ce que vous arriviez à la lettre A, en rouge. Un peu fastidieux, mais on s’y fait.

Pour placer un film dans la chambre, juste ouvrir le dos monté sur charnières en baissant la tige du verrou. Lorsque vous avez glissé l’amorce du film dans la bobine réceptrice, vous actionnez la bobine crantée à la main pour avancer la pellicule en vérifiant qu’elle est bien prise dans les ergots de la tige d’entrainement. Vous tournez celle-ci jusqu’à ce qu’environ 3cm de film soit pris dans la bobine réceptrice. Puis vous fermez le dos et vérifiez que vous arrivez bien au chiffre un en déclenchant normalement au moins deux fois.

Lorsque vous serez en bout de film, il suffira d’appuyer sur le bouton en saillie pour débrayer le mécanisme et pouvoir rembobiner avec la molette de gauche (marquée d’un R).

Je vous le concède, on a fait mieux plus tard …

Revenons sur le haut de l’appareil et sur le second bouton en champignon, le déclencheur.

Comme sur les autres pliants que nous avons déjà vu, si vous n’avez pas armé le déclencheur situé sur l’obturateur, il ne se passera rien. Ce bouton actionnera juste un jeu de cames qui libèreront le déclencheur de l’obturateur.

Autre particularité : s’il n’y a pas de film dans l’appareil, vous ne pourrez pas réarmer celui-ci, sauf à tricher en faisant tourner à la main la tige avec les ergots destinés à tirer le film vers la bobine réceptrice.

La molette de droite sert à armer le déclencheur et engage la sécurité contre les double expositions, que l’on contourne, comme d’habitude en actionnant avec le doigt la came de déclenchement (ah, il faut savoir ruser !).

Voilà, voilà, … nous avons placé un film dans la chambre et sommes prêts à faire nos premières photos.

Comme cet appareil n’est pas équipé d’un télémètre pour faire la mise au point, deux solutions : soit vous travaillez en zone focus, c.-à-d. en prédéterminant la zone dans laquelle vos sujets seront nets, grâce notamment à la grille gravée sur le fut de l’objectif; soit vous achetez un télémètre ancien (du style Watameter) ou un électronique, que vous fixez sur la griffe, et vous reportez la distance indiquée sur l’objectif en tournant la roue crantée à l’arrière, je vais y revenir.

Honnêtement, la première solution est la plus rapide.

Si vous placez la distance sur 3m avec une ouverture de f5,6, vous serez net de 4m à 2,5m; si vous ouvrez à f8, vous serez bon de 4,5m à 2,2m.

Pour régler la vitesse, c’est avec la première roue crantée, à l’avant que vous allez l’ajuster. Les vitesses s’échelonnent de 1s à 1/300s, plus la pose B.

L’ouverture elle se règle avec le curseur qui est derrière le levier d’armement de l’obturateur (de f3,5 à f22).

Dans le prolongement, vous trouverez un second curseur, que vous ferez glisser en X ou en M selon le type de flash que vous allez utiliser. La synchro est 1/25 ou au 1/50s en X. En M, pour les lampes magnésiques, il vaut mieux être sur le 1/25s, le temps que la lampe soit à sa plus forte luminosité avant que le rideau ne se ferme.

Derrière encore, une dernière roue crantée, celle du réglage de la distance. La mise au point minimale est à un mètre.

Il y a aussi un retardateur, qu’il ne faut enclencher que lorsque vous avez armé l’appareil (sur l’obturateur) Il décompte environ 10 secondes.

Enfin, par dessous, un filetage pour le fixer sur un trépied, si besoin.

En fait, avec cette Solinette II, vous avez entre les mains un petit appareil sympathique et très portable (lui, vous pouvez réellement le mettre dans une poche) qui utilise sans soucis des films modernes. N’en prenez toutefois pas de trop rapides, les vitesses sont quand même limitées au 1/300s. A l’époque de ce boitier, les films n’étaient guère rapides et le nombre de vues étaient de 18, 20 ou 36. Ces chiffres sont d’ailleurs reportés en rouge sur le compteur de vues.

Derrière, l’Agfa J Solette (120) et devant, la Solinette II (135mm)

Les lentilles sont traitées, mais il faut quand même penser aux reflets en cas de forte luminosité, à moins de placer un filtre, à viser, devant celle de votre appareil (diamètre de 30mm externe) pour atténuer ces effets. Agfa avait sorti une série de filtres et même un pare-soleil, pas toujours faciles à trouver de nos jours.

C’est, évidemment, un petit appareil encore tout à fait utilisable. Vous aurez avec lui une des expressions la plus simple pour faire des photos : une ouverture, une distance, une vitesse. Et vous apprendrez rapidement à jouer avec elles.

D’autant qu’en rue, vous resterez discret (il est petit et fait peu de bruit). Et si on vous remarque, vous attirerez les questions et la sympathie, un excellent moyen de communication sur votre passion en somme.

-« Mais pourquoi l’utiliser ? »

Pour changer un peu des sempiternelles et archi connus Vitoret, Dacora, Bilora, etc. de la même époque. Pas que ceux-là soient mauvais, loin de là, mais il faut parfois oser tenter d’autres expériences. Et avec ce petit Solinette II, je gage que vous ne le regretterez pas.

D’autant que les résultats ne sont pas désagréables, voyez plutôt ICI et LA, même avec des films périmés.

Et à la question « combien ça coûte », la réponse est entre 40 et 60€ selon qu’il est équipé d’un Apotar ou d’un Solar, qu’il est complet avec sa gaine ou pas.

Bonnes photos !

Petites videos d’illustration

Un peu de technique :

Fabricant : Agfa Munich
Modèle Solinette II
Format de film 24 x 36 mm, film 35 mm 135
Année de construction 1955
Objectif : Agfa Solinar 50mm f/3.5
Obturateur : Prontor-SVS 1′ – 1/300 plus pose B et retardateur
Mise au point manuelle, 0,8 m – infini
Connexion flash : griffe flash sans contact central

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : https://christopherstoll.org/cameras/1955-agfa-solinette-ii.html, http://camera-wiki.org/wiki/Solinette, https://retinarescue.com/solinetteII.html en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1267-Agfa_Solinette%20II.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-13826-Agfa_Isolette%20II.html en français; https://de.wikipedia.org/wiki/Agfa_Solinette, https://bleckedermoor.de/fotomuseum/solinette.htm en allemand

Argentique

Le Minolta Riva Zoom 70

Là, je pense que l’article sera court car je vous ai déjà présenté, en son temps, le Minolta Riva Zoom 7W, son plus proche cousin.

C’est dans un vide-grenier que j’ai découvert celui-ci, avec sa gaine et son mode d’emploi, bref, tout complet. S’il porte quelques traces d’utilisation, il est tout à fait fonctionnel (comme ça vous ne vous chagrinerez pas si vous lui faites une griffe, elles y sont déjà !).

Une nouvelle pile CR123 et le voilà reparti.

D’abord précisons que s’il se nomme Riva Zoom 70 de ce côté-ci de l’Atlantique, là-bas on le connait sous le nom de Sightseer Zoom.

Il fait partie de ces petits appareils assez simple mais pas trop mal fichus de l’époque, à savoir 1998 (et il fut fabriqué jusqu’en 2001).

Que nous propose-t-il ?

Un objectif qui offre une plage de 35 à 70mm, de quoi couvrir pas mal de situations de prises de vues. C’est évidemment un autofocus, qui ouvre à f5,3 (35mm) et f9,3 (70mm).

Au 35 mm, la distance de mise au point minimale est de 1,3 m, tandis qu’au 70 mm, elle est de 1,7 m.

Tout automatique, il est fait pour vous simplifier la vie : vous ouvrez l’appareil, déposez un film dans la chambre, il va lire le codage DX et régler lui-même la sensibilité de la cellule (de 100 à 400Iso), vous tirez l’amorce jusqu’au dessus de la bobine réceptrice et vous refermez le dos. Le boitier va enrouler le film et le présenter à la première vue.

Il ré arme automatiquement et en fin de bobine, il fait le chemin inverse et remet la pellicule dans la boite.

Jusque là, rien de transcendant mais rien de rédhibitoire non plus.

Pour le mettre en route, il suffit de faire coulisser le panneau qui protège l’objectif et qui sert aussi d’interrupteur ON/OFF.

Un flash interne vous sauvera de quelques situations à fort contraste (contre-jour) et donner un petit coup de boost à vos images. Il faut juste lui laisser environ 8 secondes pour se recycler (dans la moyenne de cette époque). Il existe aussi une fonction anti-yeux rouges pour éviter à vos portraits de ressembler à des lapins affolés et, ce qui vous évitera bien des soucis dans les musées, vous pouvez le débrayer..

Et, par en dessous, un filetage vous autorise à le fixer à un trépied, si besoin. Comme il possède une fonction retardateur, ça tombe bien.

Du grand classique en somme …

-« Ouais, … et quels sont les défauts, il en ont tous ! »

Bah, on peut lui reprocher la plage de sensibilité un peu chiche (100 à 400Iso), sa vitesse d’obturation limitée au 1/200s, et il ne croule pas sous les fonctions que vous n’allez, de toute manière, pas utiliser.

Notons quand même qu’il possède un retardateur (+/-10 sec) et que si vous le nourrissez d’un film sans codage DX, il passera automatiquement à la sensibilité de 100 Iso.

Enfin, vous pouvez rembobiner le film en cours de route, si besoin.

De tout ce que j’ai pu lire en préparant cet article,il ressort que bien qu’il semble un peu limité, ce petit appareil ne s’en sort pas si mal et même plutôt bien.

Pour découvrir ce dont est capable ce petit compact sympa, c’est par ICI et LA.

Pour les vacances, il ne faut pas toujours avoir une bête de course dans son sac, un petit compact fiable est largement suffisant, et celui-ci fait partie de ceux-là.

D’autant qu’il ne va pas vous ruiner : avec sa gaine et – idéalement – son mode d’emploi (pas vraiment nécessaire, convenons-en), il devrait se négocier 30€ maximum. De quoi vous permettre d’acheter quelques films pour vos souvenirs.

Publicité d’époque (merci Collection-appareils)

Camara, juillet 1998. Notez les concurrents de l’époque.

Petite video d’illustration

Un peu de technique :

Appareil photo instantané avec film35mm
Transport de film Automatique
Format d’image24 mm x 36 mm
Objectif Minolta Aspherical Lens Zoom 35-70mm
Distance focale 38 mm – 70 mm de f5,3 à f9,3
Distance minimale de mise au point 130 cm (35mm) et 170cm (70mm)
Zoom autofocus
Temps d’exposition1/200 s, 1/70 s, 1/40 s, 1/15 s
Cellule interne avec vitesses de film prises en charge ISO 100 à 400
DX automatique
Modes d’exposition Programme automatique
Flash intégré, portée du flash1,3 mètre – 3 mètres
Modes de flash :flash d’appoint, réduction des yeux rouges
Support de trépied
Retardateur 10sec
Alimentation1x pile CR123A
Dimensions12,8 x 7,3 x 5,2 cm
Poids 245 g tout nu.

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Riva_Zoom_70, https://filmphotography.eu/en/minolta-freedom-sightseer-zoom/,https://www.my35.com.au/products/minolta-sightseer-zoom, https://qualitecameras.com/products/minolta-sightseer-zoom-af-date?variant=39247262974070 en anglais; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12566-Minolta_Riva%20Zoom%2070%20.html, en français.

Argentique

Le Balda Baldessa 1

Second appareil trouvé chez le vide-grenier, après un Minolta Riva Zoom 70.

De prime abord, je ne l’avais pas regardé, dans son « sac tout prêt » en cuir, il ressemblait à tant d’autres appareils de son époque (1955 – 1960), comme les Agfa, les Voigtländer Vitoret, etc.

Et puis, … il n’y avait pas grand chose à me mettre sous les yeux et donc je suis revenu vers l’appareil.

J’ai ouvert le sac et découvert, ma foi, un appareil quasi neuf, un Balda Baldessa 1, que je ne connaissais pas.

D’autant que ce petit boitier n’est pas avare en surprises, vous verrez.

Mais peut-être d’abord quelques mots de cette marque, disparue.

C’est en 1908 qu’un certain Max Baldeweg crée sa société, qui deviendra en 1913 la Balda-Werk, à Dresde. Au début, cette société produit des accessoires pour la photographie. Puis, vers 1920, elle commence la production de box, de folding à plaques ou à film en rouleaux (rollfilms).

Elle en fabrique sous son propre nom et aussi comme « produit blanc » pour d’autres marques. Sa spécificité étant de produire des appareils bon marché quoique de bonne qualité.

Mais voilà, la seconde guerre mondiale est passée par là et si l’usine est remise en route en 1946, elle est passée à l’Est.

Tandis que Max Baldeweg, lui, passe à l’Ouest, à Bünde (Westphalie) et y re fonde en 1948 une société, la Balda Kamera-Werk. Dès 1951, elle produira les Baldini, Baldinette, Baldafix et consorts.

Pendant ce temps, l’usine initiale devient en 1951 la Balda-Werk et elle sera absorbée en 1956 par la VEB Pentacon, l’orgre Est-Allemand qui dévorait/rassemblait toutes les anciennes gloires photographiques malheureusement passées entre-temps derrière ce qui deviendra le rideau de fer.

Pour mémoire, VEB veut dire, littéralement « possédé par le peuple » … toute une autre histoire en somme …

Des modèles seront alors construit soit sous leur premier nom, Balda, soit sous les nom de Belca (Pentacon)

Mais revenons à notre Balda Baldessa 1, fabriqué en « West Germany », à l’Ouest donc.

Il y eut, en 1957, un premier modèle, bien vite amélioré en 1958, celui qui devient le Baldessa 1.

Le premier du nom avait un objectif Westanar de 45mm ouvrant à f2,8 avec un obturateur Pronto-SVS.

Le second aura le choix entre trois objectifs : un Color-Baldanar, un Color-Isconar ou un Westanar, toujours en 45mm ouvrant à f2,8. Celui que j’ai acquis possède le premier cité.

Ce n’est pas le plus luxueux mais c’est une formule Tessar à quatre éléments. Vous pourrez voir ICI les résultats en photos. On a déjà vu pire (et mieux, je vous l’accorde).

Ensuite, il a aussi le choix entre quatre obturateurs, un Vario, un Pronto, un Pronto 125 ou un Pronto SVS, échelonné pour ce dernier de 60s (!) à 1/500s plus une pose B. C’est celui qui équipe l’exemplaire présenté.

Autre grand changement par rapport à l’appareil initial, le viseur reçoit l’aide d’une fenêtre adjacente, qui « illumine » ce dernier, ce qui rend la visée bien plus confortable. Viseur avec un cadre lumineux et des corrections de parallaxe, un vrai charme.

Ce n’est pas un télémétrique – ça se sera pour les Baldessa 1a et Baldessa 1b (qui gagne encore une cellule) – et l’objectif se règle de 1m à l’infini avec la bague avant de l’objectif. Il est évidemment possible de travailler en zone-focus, une échelle est présente sur le fut.

Il n’y a pas de cellule et pourtant vous pouvez régler la sensibilité du film via une couronne autour du filetage du trépied, de 10 à 200Asa. Disons que c’est plutôt un aide mémoire, qui vous permet aussi de savoir si vous avez mis un film couleur ou N/B.

Puisque nous sommes sous l’appareil, remarquons deux traits caractéristiques et assez uniques de ce Baldessa 1 : la clé de rembobinage et celle pour l’armement.

Lorsque vous placez un film dans la chambre, vous devez réinitialiser le compteur manuellement. Et donc, lorsque vous arrivez en fin de pellicule, pour rembobiner celle-ci, vous devez faire basculer une tirette notée T – R vers le R. Cela libère la clé de rembobinage pour vous permettre de recharger le film dans sa cartouche.

L’opération terminée, vous repositionnez la manivelle à sa place et refermez la tirette sur le T, qui la bloque et libère de ce fait le déclencheur, autrement calé tant que vous êtes sur la lettre R.

Toujours par dessous, une seconde clé, à gauche : c’est pour armer le boitier. Vous soulevez la « clé » et tournez un demi-tour pour armer le déclencheur et faire avancer le film d’une vue. Ingénieux mais peu courant comme système. Il faut s’y habituer, un peu comme avec l’espèce de gâchette du Kodak Retina IIIC ou IIC ou du Ricoh 35, contemporains ou presque.

Tant qu’à faire le tour des spécificités du Baldessa 1, ne cherchez pas un quelconque verrou sur une tranche, n’essayez pas de tirer sur la clé de remontage, non, il faut simplement appuyer, en même temps, sur les deux boutons placés sur la tranche gauche, et tout le dos se déclipse.

Pour le remettre en place, vous l’accrochez d’abord vers la droite puis une pression sur la gauche, pour re clipser les deux boutons dans leurs encoches et fermer le tout.

Pas courant, vous en conviendrez.

J’ai écris plus haut que la marque fabriquait des appareils abordables, d’aucun dirait bas de gamme. Eh bien, du bas de gamme comme ça, j’en veux bien tous les jours !

Presque tout est métallique sur ce Baldessa 1, ce qui confère un poids stable et une bonne prise en main. De plus, le déclencheur en façade permet d’éviter, avec un peu d’habitude, les bougés dus aux appuis sur le bouton.

Remarquez, par dessous le déclencheur, un filetage pour un déclencheur souple.

Encore une particularité, le système EV/LV pour les vitesses et les ouvertures, couplées. Notez que l’on peut débrayer la chose grâce à bouton noir sur la couronne des ouvertures.

-« Heu … c’est quoi le système EV/LV ? »

Ah, une belle invention (!?) introduite en 1954 à la Photokina et embarqué par des marques aussi prestigieuses que Rollei ou Hasselblad.

C’est le fait de coupler la vitesse et le diaphragme en liaison avec l’indice de lumination (la quantité de lumière reçue pour une sensibilité donnée sur une surface x).

Un exemple concret : si vous avez réglé EV 10, 1/30 s à f4, le passage à 1/60 s changera automatiquement l’ouverture à f2.8 et le passage à 1/15 s s’arrêtera automatiquement à f5.6.

Pour expliquer le principe, LV, valeur de lumière et EV, valeur d’exposition, sont des termes utilisés pour permettre un rapport facile entre l’exposition et la lumière sans la confusion des nombreuses combinaisons équivalentes vitesses d’obturation et ouvertures.

LV fait référence à la luminosité du sujet. EV est le réglage de l’exposition sur l’appareil photo.

EV et LV suivent une échelle ouverte. Chacun d’entre eux est éloigné d’un cran du suivant. En photographie, des valeurs d’environ 0 à 18 sont couramment utilisées. Les valeurs négatives sont parfaitement valables, juste très sombres et ne se produisent que dans la photographie de nuit. LV 15 correspond à la pleine lumière du jour, par exemple.

Chaque valeur d’exposition, ou EV, représente l’une des nombreuses combinaisons différentes mais équivalentes de f/stop et de vitesse d’obturation. Par exemple, 1/250 à f/8 correspond à EV14, de même que 1/125 à f/11. 1/125 à f/8, un diaphragme de plus, correspond à EV13, et 1/250 à f/11, un diaphragme de moins, correspond à EV15. Vous n’avez pas besoin de vous en souvenir, elles sont sur le cadran de votre posemètre.

La compréhension de ces valeurs vous permettra de reconnaître les valeurs d’éclairage courantes et de deviner correctement les expositions, même sans posemètre.(source : https://lilinguas.com/fr/que-sont-lv-et-ev/)

En gros, pour faire simple, quand vous avez déterminé, par exemple avec votre posemètre, une « lumière », vous la reportez sur la bague des ouvertures et lorsque vous voudrez faire varier soit celle-ci, soit la vitesse, elles avanceront de concert, vous donnant toujours la bonne combinaison.

De mémoire, les Yashica Minister D fonctionnaient aussi avec cette échelle. Il faut s’y habituer mais ensuite, c’est facile.

Source : Philcameras, l’évolution du modèle : le Baldessa 1 en bas; le 1a au dessus, avec télémètre; le 1b tout en haut avec télémètre et cellule au sélénium.

Revenons à notre Balda Baldessa 1 car, finalement, ce petit appareil nous a réservé son lot de surprises.

J’allais oublier la griffe flash, synchronisée X pour les flash électroniques et M, avec câble pour les flash plus anciens.

Petit, agréable à tenir en mains, avec un beau viseur, un système ingénieux pour les réglages, il tient la comparaison avec un Voigtländer Vito CLR, par exemple et il surpasse, à mon avis, un Dacora au niveau qualité de fabrication (ok, ces deux-là ont une cellule … au sélénium, qui ne fonctionne plus, souvent).

Son esthétique est délicieusement rétro, entre années cinquante et soixante, ce qui fait son charme.

Il est encore parfaitement utilisable. Et je pense qu’il attirera aussi la sympathie de ceux que vous prendrez dans le cadre.

Sans être vraiment rare, il n’est pas très courant. Son prix devrait se fixer à 40 voire 50€ pour un très bel exemplaire, complet avec sa gaine.

Je l’écris souvent, et je le ré affirme, pourquoi acheter des appareils chez Lomography, bien chers (là, il vont m’en vouloir), en plastiques, alors qu’il existe encore tant d’appareils, de qualité, parfaitement utilisables, par exemple avec les films de chez … Lomography (allez, je me rattrape).

Si vous en trouvez un, ne le laissez pas passer, il vous le rendra bien.

Petite publicité d’époque (merci Collection-appareils).

Photo-Plait 1960

Video d’illustration

Un peu de technique :

Production1958   – Balda
BoîtierBoîtier 24×36 en métal gainé
ObjectifObjectif Color – Baldanar 45mm ouvrant à f2,8
Mise au point par rotation de la frontale à partir de 1 m.
ViseurViseur optique à cadre lumineux et indication pour la parallaxe
ObturateurObturateur central PRONTOR SVS 60s – 1/500s + B
Déclencheur sur la face avant avec filetage pour déclencheur souple
FlashSynchro-flash X et M par câble. Sabot standard sur le capot
Poids, dimensions 465gr
DiversLevier de rebobinage également rabattable et déverrouillable par le sélecteur de rebobinage se trouvant sous l’objectif.
Compteur de vues également sur la semelle, à remise à zéro manuelle.
Ecrou de pied avec disque de rappel de la sensibilité du film.
Dos entièrement amovible

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Baldessa, https://www.shutterbug.com/content/baldessa-1brfun-despite-its-performance, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Baldessa en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-517-Balda_Baldessa%20I.html, https://www.philcameras.be/balda/, https://www.lesappareilsphotographiques.com/balda-p-19.html, https://www.collectiongeven.com/piwigo/index.php?/category/164 en français

Argentique

Le Konica C35 V

Ça fait un moment que je vous ai présenté le Konica C 35 Automatic. Je citais dans l’article la chronologie de ces petits appareils de poche, à savoir :

  • Konica C35, 1968, argent et noir, télémétrique couplé, objectif Hexanon de 38mm f2.8
  • Konica C35V, 1971, tout argenté, sans télémètre, avec 4 zones de focus préétablies, objectif Hexanon 38mm f2.8
  • Konica C35 Automatic, 1972, argent et noir, ou tout noir (rare), télémétrique couplé, objectif Hexanon 38mm f2.8 et système avancé du contrôle du flash

Celui-ci, c’est lors de la foire de Villers Bretonneux que je l’ai acheté.

Pas que j’en avais vraiment besoin, mais je les trouve toujours aussi « craquants » ces petits appareils !

Et en plus, il est plus rare que les autres C 35, na !

Celui-ci est particulièrement en forme et en bon état : tout fonctionne parfaitement, le vendeur ayant eu l’amabilité d’y glisser une LR44 pour montrer que la cellule fonctionnait correctement.

Si je devais le résumer : il ne possède pas de télémètre mais la profondeur de champ de son optique, le 38mm f2,8 s’en affranchit; quatre zones pour ne pas rater sa mise au point; tout automatique.

Voilà, voilà … mais comme eut dit Cyrano, « c’est un peu court, Monsieur ! »

Allez, on creuse …

Vous l’avez compris, c’est une version « allégée » du Konica C 35 puisqu’il a perdu le télémètre et le retardateur de ce dernier.

Pourtant, faire la mise au point est d’une simplicité enfantine, notamment grâce aux pictogrammes.

Et, comme dit plus haut, la profondeur de champ du 38mm se charge de toute erreur raisonnable dans l’appréciation de la distance.

Petit plus, dans le coin inférieur droit du viseur, une petite fenêtre permet de voir le symbole de la mise au point choisi.

Puisque nous en sommes au viseur, il est clair et, finalement, bien fourni : outre le rappel de la distance, le cadre collimaté, une échelle, à droite, vous montre l’ouverture et la vitesse choisies par l’appareil.

Comme il est tout automatique, selon la sensibilité du film que vous aurez réglée, il sélectionnera l’ouverture et la vitesse. Son obturateur est programmé du 1/30s au 1/650s et les ouvertures s’échelonnent de f2,8 à f14.

C’est typiquement un chouette petit bloc-note que l’on a envie d’emporter partout, parce qu’il est beau (si, si, ça compte aussi), qu’il fonctionne bien sans trop de questions inutiles et que les images qu’il délivre sont bonnes (ce qui ne gâte rien, vous en conviendrez – voir exemples de photos plus bas).

Si vous avez la chance d’en dégoter un, prenez-le, il vous le rendra bien. Pas lourd même si construit en majorité en métal, compact (pour l’époque), facile à manipuler, il trouvera sa place dans un petit sac ou une grande poche et sera toujours prêt à déclencher au bon moment (idéal pour la photo de rue).

Question prix, même s’il est moins complet que son grand frère, le C35, il est aussi plus rare. Prévoyez au moins 60€ pour un bel exemplaire.

Ah, et je réitère mon conseil, s’il n’est pas fourni avec, trouvez-lui un bouchon d’objectif (diamètre de 46mm) car la cellule est toujours sur ON et risque de vider la pile assez vite. Or sans pile, il ne fonctionne pas (obturateur électronique, pour rappel).

Petit résumé en images :

Des exemples de photo captée par ce petit Konica C 35 V ICI.

Quelques pub d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Plait 1972, très intéressante car on voit la concurrence de l’époque, résumée.
Grenier-Natkin 1972

Une video d’illustration :

Petit résumé technique :

Disponible uniquement en argent
Objectif Hexanon à quatre éléments, 38 mm f2.8 – Filetage de filtre 46 mm
Réglage de la mise au point par zone (quatre pictogrammes)
Compteur CdS (19-27 DIN, 25-400ASA)
Pas de retardateur
Mise au point la plus proche – 1 m
Obturateur programmé Copal B mat
Vitesses 1/30s à 1/650s

Flash compatible Konica X-14
Synchro flash au 1/25s
Levier d’armement rapide, prévention de la double exposition, réinitialisation du compteur d’images
Cadre délimité par des lignes lumineuses
Indication de l’aiguille de la vitesse d’obturation et de l’ouverture visible sur le côté droit du viseur
Fenêtre en bas à droite pour quelques positions de mise au point sur l’objectif
Poids 340g

Des références : http://www.appaphot.be/fr/brands/konishiroku-konica/konica-c35-v/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11311-Konica_C35V.html, en français; http://camera-wiki.org/wiki/Konica_C35, http://www.dominicfontana.co.uk/cameras/konicac35v.htm en anglais

Argentique

Le Chinon 35F-A Autofocus

Celui-ci vient encore de la brocante de Champagne sur Oise. Il y en aura encore deux à vous présenter bientôt, pour clôturer cette belle récolte.

L’appareil est complet avec sa gaine, que je dois un peu recoller, mais rien de grave.

J’y mets deux piles AA et … il fonctionne, le flash y compris, chouette.

Franchement, je trouve qu’il a un air de famille avec le Konic C35 AF, vous ne trouvez pas ?

Allez, on va à la pêche aux infos …

Manifestement, ce boitier est sorti en 1979, soit au début de l’autofocus car, si vous vous en souvenez, le Konica C35 AF – pour rappel, le tout premier appareil autofocus au monde – est apparu en 1977.

Au point de vue forme et encombrement, il est aussi très proche du Chinon 35 F EE. Et pourtant, il embarque un obturateur différent parce qu’il est équipé de l’autofocus.

Et parlons-en de cet autofocus car, sans trop de surprise, c’est le Visitronic que le Konica utilise aussi. Je ne vais pas le réexpliquer ici, il est dans l’article consacré à son concurrent (voir ci-dessus).

Il fonctionne pourtant un peu différemment : lorsque l’on appuie sur le déclencheur, une LED rouge s’allume dans le viseur. Cette LED signifie que le système essaie de faire la mise au point (et accessoirement vérifie la pile). Si la LED passe au vert, c’est que ce dernier est acquis.

Mais, en même temps que cette LED, une aiguille, à droite, vient se mettre devant le pictogramme d’une montagne puis elle va descendre vers le pictogramme qui correspond à la bonne distance, et la LED verte s’allume. Le point est fait, vous pouvez faire la photo.

Ce sont les progrès enregistrés sur le système Visitronic qui ont permis que, déclencheur enfoncé à mi-course, ce dernier enregistre la distance, et le réglage se bloque sur celle-ci.

Puisque je mentionnais le viseur, sachez qu’il existe encore une troisième LED, orange, qui est le témoin du flash lorsque celui-ci est chargé.

Le viseur est collimaté, avec lignes pour la correction de parallaxe et un petit cadre qui délimite le champ d’action de l’autofocus.

Les deux piles AA nécessaires au fonctionnement du boitier sont utilisées par le Visitronic, l’obturateur et le flash.

Par contre, le chargement du film, son avancement sont encore manuel. Les moteurs d’entrainement, ce sera pour plus tard, lors de la sortie du 35 F – AM.

Le flash doit être actionné manuellement, via un curseur en façade. Celui-ci est synchronisé à toutes les vitesses supérieures au 1/60s.

Bien évidemment, l’appareil est équipé d’une cellule CdS, sur la face avant de l’objectif, sous le filtre éventuel (diamètre de 46mm). Vous réglez sa sensibilité via une couronne crantée autour de l’objectif (et entre nous , elle est assez sensible aux déplacements). Sa sensibilité s’étend de 25 à 400Asa

De fait, lorsque l’appareil fait la mise au point, la cellule calcule la vitesse de déclenchement et l’ouverture adéquate. L’obturateur travaille entre 1/80s et 1/500s. Exit donc les vitesses lentes !

A part ça, du grand classique donc.

Au rayon des accessoires utiles, le pas de vis pour un trépied et un verrou pour empêcher de déclencher par erreur, un compteur de vue à remise à zéro automatique.

Le levier d’armement est à course relativement courte.

Au niveau esthétique, notons la présence d’un fut d’objectif carré, au lieu des ronds alors usités. J’imagine que ça devait donner un petit côté novateur, le reste des linges étant assez tendues, on restait dans l’esprit.

Ah, un mot encore, au sujet de l’objectif : un Chinonex Color Lens de 38mm ouvrant à f2,8. Des images que j’ai pu voir, il ne semble pas mauvais.

En fait, c’est un appareil un peu « hybride » : son look est encore dans la ligne des appareils des années septante, comme les Canonet ou les Electro 35, Petri 7 mais son cœur devient moderne et intègre une nouvelle technologie (pour l’époque)

Petit résumé en images

Si vous en trouvez-un, à un prix intéressant – c.-à-d. autour des 40€ maximum s’il est complet avec sa gaine – dites-vous bien que l’autofocus de cet appareil date des débuts : il fonctionne, il est précis mais pas rapide et bien moins sensible que nos systèmes actuels. La technologie a vraiment beaucoup évolué depuis, sans même parler des autofocus à détection de phase et dual pixels des numériques.

Personnellement, je trouve que, comme le Konica C 35 AF, c’est un boitier à essayer, pour le plaisir de la découverte. Ou à utiliser car on veut prendre le temps de régler ses images, à son rythme.

Quelques pubs d’époque (merci Collection-appareils).

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : https://www.lomography.com/magazine/19431-chinon-35-f-a-japanese-deadstock-ftw, http://camera-wiki.org/wiki/Chinon_35F-A, https://classicameras.blogspot.com/2009/01/chinon-35f.html, en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10583, https://drquid.pagesperso-orange.fr/PhotoCine/appareils-photographiques/chinon/chinon-35f-a.html, en français