Argentique

Le Kodak Easy Load 35 KE 85

Vu le temps qu’il fait pour l’instant dans notre petit royaume, nous avions opté pour une brocante couverte, une fois n’est pas coutume, ce weekend.

Manque de bol, c’était aussi un « méga vide dressing » ! Finalement, il y avait plus de fringues que de brocanteurs. Mais j’ai quand même trouvé un petit appareil surprenant, un Kodak Easy Load 35, le modèle KE 85.

Un peu d’histoire :

Ah, quand on parle de Kodak, il est impossible de ne pas faire un tour dans l’histoire édifiante de la marque et de son fondateur, Georges Eastman. Mais je vais (essayer d’)être rapide et concis.

Le trait de génie de Georges Eastman se résume en un slogan publicitaire, qui a fait le tour de la terre : « You press the button, we do the rest » qui, en bon français, se traduit par « vous appuyez sur le bouton, nous nous occupons du reste ».

Source : histoire des inventions

Si, à l’origine la société Eastman Dry Plate Cie commercialise des plaques en verres « prêtes à l’emploi », son fondateur, Georges Eastman (1854 – 1932) pense à simplifier encore la méthode de prise de vue. John Carbutt, un employé de la firme propose d’utiliser le celluloïd (nitrate de cellulose) pour coucher l’émulsion. Ainsi nait le premier support souple, en 1888.

La société, basée aux USA, se lance en Europe avec des comptoirs en France et en Grande-Bretagne. Plus tard, ces trois pays développeront leurs propres produits Kodak, mais c’est une autre histoire.

Dans la foulée de cette invention du film souple, Eastman invente le concept de l’appareil préchargé : pour 25$ de l’époque, vous achetiez un appareil (un box) chargé d’un film pour 100 vues. Lorsque le film était terminé, vous renvoyiez l’appareil et le film chez Kodak, qui développait les négatifs et rechargeait l’appareil d’un nouveau film de 100 vues, tout ça pour 2$. Vous n’aviez plus qu’à faire faire les agrandissements ou les tirages.

Source : le chronoscaphe. Le Kodak n° 1, qui était chargé d’un film de 100 vues.

Au fait, pourquoi « Kodak » ? Ce nom ne veut rien dire mais il peut se prononcer de la même façon partout dans le monde. Une autre idée géniale de Georges Eastman. Ce nom apparait en 1888, lors du lancement des premiers appareils photo.

Le film souple est une révolution qui permettra à Thomas Edison et William Kennedy Laurie Dickson de créer la première caméra cinématographique, le kinétographe (1891).

En 1898 apparait le premier appareil de poche à soufflet, le Folding Pocket Kodak, qui utilise un film de 57x82mm (le film 102 qui sera longtemps la référence).

Toute l’histoire de la marque est faite d’inventions qui tendent à simplifier la vie du photographe amateur – les plus nombreux sur le marché – car Georges Eastman voulait que la photographie soit « aussi simple qu’un crayon » :

  • création du Brownie (1900), le premier appareil que l’on charge et décharge soi-même, vendu à un prix très démocratique – 1$ (c’est lui qui a vraiment démocratisé la photographie dans le monde) avec un film à 15 cents
  • apparition du film 120, une bobine de film entourée d’un papier qui la protège, à l’occasion de la sortie du Brownie n°2, qui était le vingtième appareil de la marque, d’où l’appellation 1-20 (1901)
  • le nitrate de cellulose, très inflammable, est remplacée par l’acétate de cellulose (1908)
  • invention du film 135 par Oskar Barnac, le film ciné mis à l’horizontale pour être utilisé dans son appareil Leica, que Kodak reprend et magnifie
  • le film doit être simple à mettre en place, ce qui entrainera la création de la bobine fabriquée industriellement (1934) et jetable
  • 1935, invention de la pellicule couleur, la Kodachrome
  • création de la cassette en 126 (1963) : elle contient le film qui ne doit plus être chargé dans l’appareil; diffusion massive des Instamatic, les appareils prévus pour son utilisation
  • création du format 110 (1972), une cassette plus petite pour les appareils dits « pockets »
  • Kodak ira ensuite se fourvoyer avec les Kodak Disc, un disque qui porte 15 négatifs de 10x8mm (1981)
  • et il récidivera plus tard avec le film APS (1996) et ses Adventix

Voilà, en gros, ce qui peut être retenu de la riche histoire de la marque. J’ai volontairement omis ses déboires avec Polaroïd et son raté dans le numérique, dont elle était pourtant pionnière.

In fine, deux choses sont importantes : le film en 135, ou 24x36mm et le film 120, toujours produits et utilisés.

Présentation du Kodak Easy Load 35 KE85 :

Quand j’ai manipulé celui-ci pour la première fois, ce qui m’a sauté aux yeux, c’est l’esprit « Easy load », « facile à charger » en français, cher à la marque.

Les Kodak Easy Load ont vu le jour à la fin des années nonante et seront fabriqué pour Kodak en Chine.

Ils se déclinent en plusieurs modèles, du Easy Load au Easy Load KE115. Vous vous en doutez, le nombre désigne la capacité de l’objectif. Certains étant des « fix-focus », d’autres des appareils avec un zoom. Ils s’appelaient Easy Load KE20, 35, 50, 60 pour les fix focus et KE 85 ou 115 pour les zoom.

Cette gamme s’adresse essentiellement aux familles, pour les vacances ou les petits évènements de tous les jours.

Ce KE 85 possède donc un zoom de 38 à 85mm et un objectifs Ektanar en 6 éléments qui ouvre à f3,8 à 38mm et f8,5 à 85mm.

Si vous le regardez par derrière, il y a un petit panneau LCD. C’est là que vous allez pouvoir régler ses différentes fonctions, très simples :

  • le réglage du flash, respectivement automatique avec réduction des yeux rouges, sans réduction, fill in (pour les contre-jours), flash éteint, vue nocturne avec ou sans flash
  • les modes, qui annule le flash avec réduction yeux rouges, active la fonction portrait avec réduction, portrait de près
  • le réglage du retardateur

Des fonctions somme toute classiques pour l’époque.

Là où l’appareil se distingue, c’est par la facilité offerte pour le chargement du film. Kodak fait très fort.

Après avoir déverrouillé la porté arrière avec le gros loquet marqué « open », vous découvrez un morceau de la chambre : celle réservée à la place de la bobine.

Ma première réaction en voyant cela a été de me dire : « et pourtant ce n’est pas un APS ! »

En fait, c’est assez malin : pour éviter que l’on introduise mal le film, il suffit de placer la bobine avec un bout d’amorce sortie, de glisser celle-ci dans la fente prévue à cette effet et de refermer l’appareil. Non seulement il va lire le code DX (sensibilité des films) mais il va amener la pellicule à la première photo, sans aucun intervention du photographe.

L’avantage de cette manière de faire, outre qu’elle simplifie à l’extrême le chargement, permet encore de protéger le film en cas d’ouverture inopinée de la porte car la majeure partie de celui-ci est enroulé dans une chambre noire et étanche. Une sécurité supplémentaire vous empêche d’ouvrir le compartiment tant que le film n’est pas complètement revenu dans la bobine.

Et vous pouvez rembobiner préventivement le film, au cas où (petit bouton « rewind »).

Attention : tant qu’il n’y a pas de film dans l’appareil, il est impossible de déclencher et faire jouer le zoom.

Bon, vous avez mis une pile CR2 dans le compartiment, vous avez chargé un film, voyons comment l’appareil fonctionne.

L’œil au viseur, vous découvrez un cercle au milieu et deux lignes brillantes au dessus.

Le cercle est celui de la mise au point, que vous pouvez mémoriser en appuyant à mi-course le déclencheur (et donc déplacer le point ensuite).

La mise au point commence à 60cm et si un sujet est entre cette distance et 90 cm, n’oubliez pas de cadrer avec les lignes brillantes, qui sont l’indication de la correction de la parallaxe.

Si vous devez utiliser le zoom, c’est en manipulant la touche marquée d’un arbre (près) ou d’une rangée d’arbres (loin).

Le zoom se rétracte automatiquement après 4 minutes, lorsque le boitier se met en veille.

Une petite diode, près de l’oculaire, vous indique si le flash est chargé et que vous pouvez prendre la photo si celui-ci était utile.

Pour le reste, je vous renvoie au mode d’emploi (en trois langues dont le français) que vous pouvez télécharger ci-dessous.

Finalement, que penser de ce Kodak Easy Load 35 KE 85 ?

Pour tout vous dire, je reste mitigé …

Retenons la facilité d’emploi, les fonctions utiles, la manipulation aisée des boutons et de l’appareil.

Mais l’ensemble fait terriblement plastique !

D’autres de cette époque le sont aussi mais ils donnent quand même le sentiment de tenir quelque chose en main, avec un certain poids et un sentiment de solidité que je ne retrouve pas ici. Même si tout est bien assemblé.

Ensuite, Kodak n’a plus l’aura de ses débuts et face aux concurrents japonais surtout, il fait « cheap » (bon marché). Notons que c’est le but recherché : un appareil facile à utiliser, pas trop cher.

Mais ça manque de panache.

En résumé, si ce n’est pas un mauvais appareil, vous devriez pouvoir l’acheter pour 15€ maximum et en être très content.

Pas mauvais, écrivais-je, ce que vous pouvez constater avec les exemples de photos captées avec cet appareil LA.

Videos d’illustration :

Des données techniques :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références :

https://retrospekt.com/products/kodak-easy-load-35-ke85-35mm-point-and-shoot-film-camera, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_EasyLoad_35_KE85, https://collectiblend.com/Cameras/Kodak-Eastman/Easy-Load-35-KE85.html, https://filmphotography.eu/en/kodak-easyload-35-ke50/, https://www.sinagcameras.com/products/kodak-easy-load-35, https://www.kodak.com/en/motion/page/chronology-of-film/, https://www.kodak.com/en/company/page/photography-history/, en anglais ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Kodak, https://www.histoiredesinventions.com/2016-11-03-1888-le-premier-kodak-de-georges-estman/, https://lechronoscaphe.com/les-premiers-films-kodak-une-nouvelle-ere-photographique/, https://phototrend.fr/2020/12/kodak-ascension-chute-empire-photo/, https://www.lomography.fr/magazine/352036-le-120-l-histoire-et-les-caracteristiques-du-moyen-format, en français.

Argentique

Le Canon AF 35 J

Tiens, ça faisait longtemps que je n’avais plus écrit sur un petit compact des années quatre-vingt.

Celui-ci je l’ai trouvé dans une caisse chez Emmaüs, avant qu’il ne soit abîmé.

Un (tout) petit peu d’histoire :

Comme d’habitude, il porte plusieurs noms selon la zone géographique où il a été vendu, soit AF 35 J en Europe, Sprint Review au delà de l’Atlantique et Jet ou Autoboy Lite au pays du Soleil levant.

Il a, parait-il, existé en noir et en rouge « cerise ». Les premiers modèles sont sortis en 1983 et il a été produit jusqu’en 1989. En 1985, parce que c’était la mode, Canon l’a assorti d’un dos dateur, le modèle AF 35 J QD (et ses variantes) pour « dos quartz », qui permettait d’imprimer la date de la prise de vue sur le film.

Il fait partie de la série des appareils surnommés « Sure Shot » parce qu’ils étaient faciles à utiliser et suffisamment précis pour vous éviter de gâcher de la pellicule.

Leur ancêtre commun était le Canon AF 35 M en Europe ou Autoboy au Japon, et Sure Shot aux USA, apparu en 1979.

Pour mémoire, il fut le premier appareil autofocus 35mm autofocus utilisant un système de triangulation avec une diode émettant dans le proche infrarouge (IRED).

En gros (je ne suis pas ingénieur), le système autofocus actif faisait émettre un faisceau proche de l’infrarouge et sa réflexion était reçue par une autre diode.

Donc, lorsque vous enfonciez le déclencheur à mi-course, le faisceau était émis sur le sujet, qui le renvoyait vers l’appareil, créant ainsi une triangulation, analysée par le boitier qui ajustait le tirage de l’objectif pour correspondre à la distance du sujet pour la mise au point.

L’avantage de ce système c’est de permettre la mise au point même dans des conditions de faible luminosité, ce que ne permettait pas le Konica C 35 AF (le premier autofocus sans infra rouge, sorti en 1978).

C’est cette faculté de mise au point, très performante pour l’époque, qui allait créer l’aura des Sure Shot ou Autoboy, qui sera déclinée à toutes les sauces jusqu’au seuil des années deux-mille.

Voilà pour la partie histoire, assez rapide pour une fois, de ce petit compact à la bouille sympathique.

Présentation du Canon AF 35 J

Tout d’abord il est petit, un peu épais mais il se glissera dans tous les petits sacs ou les grandes poches.

Un léger rebond, caoutchouté, associé aux zébrures à l’arrière et à un autre rebond, font qu’on l’a bien en mains. Un peu comme s’il y avait une petite poignée et un repose-pouce.

S’il est tout en plastique, l’ajustement des pièces est parfaite et ça donne confiance en l’appareil.

Il a été conçu pour vous simplifier la vie, alors voyons ça de plus près.

D’abord, introduire deux piles AAA dans le compartiment (celui-là, il ne va pas vous ruiner en piles). Ensuite, ouvrir le dos à l’aide du petit verrou à l’arrière afin de glisser un film dans la chambre.

Une fois la bobine placée dans le compartiment, vous tirez l’amorce juste au dessus de la grosse bobine réceptrice, à droite, et vous refermez le dos : l’appareil va charger le film jusqu’à la première vue et lire le codage DX (sensibilité du film) dans la foulée. Voilà, l’appareil est prêt pour sa première photo …

A noter qu’une fois au bout du film, l’appareil va rembobiner le tout automatiquement aussi. Il ne possède pas la possibilité de rembobiner en cours de route.

Une remarque encore : la lecture du codage ne tient compte que des films de 100 ou 400 Asa. Inutile donc d’y mettre un film de 800 car il sera alors traité comme un … 100 Asa.

Pour le mettre en route, il suffit de faire glisser la réglette sous l’objectif.

Bon, nous sommes clairement face à un petit « point and shot » : vous visez et appuyez sur le déclencheur, il fait le reste, mais il le fait bien !

Pourtant, il y a quand même quelques petites fonctionnalités qui font la différence, comme par exemple une fonction macro, symbolisée par un petit pictogramme qui représente une fleur, ce qui vous autorise à descendre jusqu’à 45 cm pour la mise au point (au lieu de 70cm en mode normal). Et pour vous permettre d’être à la bonne distance, la dragonne possède un petit marqueur juste à la bonne distance (un peu comme les Minox des espions !).

Puis il y a le flash, qui pour une fois, n’est pas automatique. En effet, c’est vous qui décidez de l’activer ou pas. L’appareil se contente, en cas de vraiment trop faible luminosité, de vous le signaler par une petite diode et … en refusant de déclencher si vous n’avez pas activé le flash.

Remarquez le plastique jaune sur la lanière, c’est le repère à 45cm

Mais il vous permettra quand même de photographier à une vitesse relativement lente (1/40s) sans trop rouspéter. Et il vous garanti encore, à cette vitesse, d’éviter les flous de bougé.

De fait, le Canon AF 35 J est équipé de contrôles électroniques de l’exposition et de l’ouverture afin de garantir des résultats égaux quelles que soient les conditions d’éclairage.

La vitesse va varier de 1/40s au 1/250s et la vitesse sera corrélée à l’ouverture qui, elle, va varier de f3,5 à f11. Son système de mesure s’est avéré fiable et garantit un bon équilibre dans la restitution des images.

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI vous donneront un aperçu de ses possibilités.

D’autant que l’objectif est de bonne qualité : un 35mm en 3 éléments répartis en 3 groupes ouvrant f3,5, dans la (bonne) moyenne de l’époque.

Conclusion :

Difficile de faire plus efficace et plus facile d’utilisation.

C’est typiquement le type de petit appareil qu’on glisse dans un sac et que l’on sort, en vacances ou en balade, quand on ne veut pas rater une photo.

Ce n’est pas un appareil rare même si comme beaucoup de ses congénères, il a été sacrifié sur l’autel des compacts sophistiqués des années 2000 puis par le numérique Mais il doit encore y en avoir qui trainent dans des tiroirs, des greniers, …

A défaut, vous en trouverez à vendre. Ne dépensez pas plus de 20€ pour un très bel exemplaire avec sa dragonne. Ici il n’y a pas de mousse à changer qui justifierait d’un surcoût (notez que j’en ai vu à 129€ ! Hé, les gars, redescendez sur terre, nom d’une pipe).

Bref, un petit appareil sympa qui pourra vous accompagner encore quelques années si vous y faite un minimum attention.

Données techniques :

  • Appareil photo à mise au point automatique avec obturateur et réglage de l’objectif 35 mm entièrement automatique
  • Taille de l’image 24 x 36 mm
  • Système de triangulation avec faisceau proche infrarouge (mise au point manuelle activée sur 0,45 m)
  • Objectif 35 mm f/3,5 (3 éléments en 3 groupes) à f11
  • Obturateur et ouverture électromagnétiques programmés. EV 9 (f/3,5 à 1/40 s) – EV 15 (f/11 à 1/250 s). Pas de retardateur.
  • Viseur galiléen inversé avec images projetées. Dans la zone d’image se trouvent le cadre AF, les marques de correction de parallaxe, la vérification de la batterie et l’avertissement de bougé de l’appareil photo, l’indicateur de mise au point et l’avertissement de distance proche. Grossissement 0,45x.
  • EE SPC pour le programme entièrement automatique EE. Plage de mesure de EV 9 à 15 (à 100 ISO). Vitesses de film ISO 100 et 400 (avec code DX).
  • Guide Flash intégré n°9 (à 100 ISO en mètres). Flash automatique mécanique.
  • Source d’alimentation Deux piles AAA de 1,5 V
  • Chargement des films automatique
  • Avance du film est automatique avec moteur intégré.
  • Le compteur d’images incrémente. Se réinitialise automatiquement lorsque le dos de l’appareil photo est ouvert.
  • Rembobinage du film automatique avec moteur intégré.
  • Dimensions & Poids 123 x 68 x 45 mm, 250 g (avec piles)

Des références :

https://www.35mmc.com/24/09/2016/canon-sprint-review-af35j-jet/, https://35milly.com/en/sprint-jet-or-autoboy-lite-a-deep-dive-into-features-specs/, https://global.canon/en/c-museum/product/film116.html, https://artel.digital/canon-autoboy-jet-manual

Argentique

Le Minolta Riva Zoom 135ex

Petit tour dans mon Emmaüs préféré mais où il y a de moins en moins d’appareils photo à se mettre sous la main …

Par acquis de conscience, je vais voir la caisse où se trouve les quelques uns qui restent : de vieux Kodak Instamatic, de vieux Pola en pack 80 désormais inutilisables, un Polaroid 636 CL, un magnifique mais incompris Minolta Vectis 100, un autre Minolta, un 20ix avec son flash mais à un prix indécent pour cette entrée de gamme, un pocket Kodak 400, de vieilles caméras magnifiques en 8mm et super 8mm et ce Minolta Riva Zoom 135ex dans sa pochette.

J’ai fait remarquer à la responsable qu’il serait temps de recharger un peu la caisse, on verra si j’ai été entendu …

Bref, revenons à la trouvaille du jour. Je regarde s’il s’allume encore car il y a des piles dedans : elles sont quasi vides mais l’écran me l’indique, c’est presque bon signe.

Revenu à la maison, vous connaissez le rituel : nettoyage du corps, vérification de l’état des mousses, nouvelles piles, allumage pour voir si tout fonctionne et j’ai ajouté le test avec un film-test car ces appareils aux mécanismes en plastique déclenchent parfois tout à fait normalement mais sont incapables de faire avancer un film. Ici, tout va bien.

Je vous avoue que j’aime bien ces grands écarts car hier je vous proposais un Agfa Billy Record de 1933, puis un Yashica Mat 124 G des années ’80 et nous voici avec un compact des années ’90 aujourd’hui.

Quand j’écris que l’histoire de la photographie nous propose toujours de belles découvertes. Du rudimentaire Agfa en passant par le sérieux Yashica, nous atteignons ce qui fit le bonheur de tant de photographes amateurs : un appareil qui fait le point pour vous, qui étudie la lumière et fait les réglages à votre place, qui charge le film tout seul ou presque et le rembobine en fin de course. Vous n’avez plus qu’à viser, cadrer et appuyer sur le déclencheur.

Et en plus, ces appareils bénéficiaient déjà d’une longue tradition photographique, compilée dans de véritables mini ordinateurs, ce qui donnaient, pour la plupart des cas photographiés, de très bons résultats lors de la prise de vue.

Les plus jeunes d’entre nous peuvent difficilement comprendre l’engouement que ces appareils, qu’ils délaissent souvent avec dédain, ont pu provoquer chez leurs parents et grands-parents. Toutes les marques historiques encore présentes dans ces années-là se sont battues à coup de petites astuces, d’améliorations discrètes ou sensationnelles pour proposer à leur clientèle le meilleur de la photo amateur de l’époque.

Et je vous avoue que parfois j’ai une espèce de nostalgie. Car essayez de trouver de nos jours un appareil numérique au format 24×36, avec un viseur, des réglages automatisés pertinents et la possibilité de revenir au tout manuel si besoin, qui tiennent en plus dans une poche !

Je n’en ai pas encore trouvé qui pourrait remplacer mon bon vieux Ricoh R1. Et vous ?

Mais revenons à notre Minolta Riva Zomm 135ex ou Freedom Zoom 135EX de l’autre côté de l’Atlantique.

Celui-ci fait partie des hauts de gamme de l’époque (1994), que vous pourrez acquérir pour un prix dérisoire aujourd’hui.

La pièce maitresse c’est son objectif, composé de 8 éléments dont 2 asphériques qui offrent une excellente qualité d’image.

C’est un zoom 38 – 135mm qui ouvre au maximum à f3,5 et f9,2 au 135. Bien évidemment, la netteté se fait grâce à un autofocus efficace. La distance minimale de mise au point est de 80cm au 38mm, qui peut descendre à 50cm quand on met l’appareil sur le mode « macro ».

Si vous aviez besoin de le mettre sur un pied pour des photos rapprochées ou prises avec le retardateur, il a aussi existé une télécommande à infra rouge (modèle RC-3).

Bien évidemment, comme pour tous les appareils de ce type, lorsque vous mettez un film dans la chambre, il lit le code DX qui règle la sensibilité du film pour la cellule, sensibilité qui va de 25 à 3200Iso.

Outre cet excellent objectif, l’appareil proposait aussi des modes de prise de vue intéressants. Le but étant toujours de faciliter la prise de vue et de pouvoir le faire de manière créative si on le désirait.

Le zoom se manipule du pouce droit, avec la grosse molette à l’arrière. Fluide et assez rapide, vous suivez son mouvement dans le viseur.

Par exemple, il est doté d’un mode « autoportrait » qui permet de bloquer la mise au point si vous aviez envie de passer l’appareil à un badaud pour qu’il vous imprime sur la pellicule. Attention, si vous l’utilisez, pensez que l’appareil passe automatiquement en 38mm. Il faudra demander à votre complice de se rapprocher si vous ne voulez pas être perdu dans le cadre.

Puisque l’appareil est tout automatique, tant l’ouverture que la vitesse sont réglées par le boitier.

Pourtant, il existe quelques réglages, outre les modes, que vous pouvez actionner, comme une correction d’exposition de +/-1,5.

Quant aux fameux modes, vous pouvez choisir photo sportive, portrait, portrait de nuit, prise de vue en continu ou choisir une mesure spot.

Tout cela est clairement indiqué sur le petit écran LCD et les petits boutons autour servent à faire les réglages.

Pour les plus téméraires, le Minolta Riva Zoom 135ex vous permet de faire des doubles expositions.

N’oublions pas les modes du flash intégré, qui par défaut est automatique, avec un effet anti-yeux rouges, pour le fill-in et il peut être désactivé. Sa portée, pour un film de 100Iso, va jusque 5,5m. En plus, il se recharge assez vite pour sa catégorie (4s).

Un petit appareil d’environ 300gr, que vous alimenterez avec 2 piles C123A, qui devraient vous assurer 550 déclenchements dont la moitié avec le flash. Economique en plus.

Le viseur ne vous donnera pas beaucoup d’informations mais il propose les traits pour la correction de la parallaxe et sur les côtés, vous verrez 2 diodes s’allumer, qui signalent le chargement du flash ou la mise au point.

1. la zone de mise au point de l’autofocus, 2. cercle dans lequel l’appareil fait la mesure en spot, 3. diode verte fixe = point verrouillé – diode verte clignote rapidement = mise au point pas juste – diode verte clignote lentement = surexposition, 4. diode orange du flash = clignote rapidement, il charge – fixe = le flash est prêt, clignote lentement = problème, 5 traits pour corriger la parallaxe.

Pour être complet, sachez qu’il a existé en noir ou en argenté. Il y eut même une version avec un dos dateur (Quartz Date). Ce modèle possède une petite horloge intégrée pour l’impression des dates, qui se font avec des LED tournées vers le film.

Il fallait une pile supplémentaire (CR1220) pour alimenter le dos dateur. Mais comme la plupart de ces appendices, il ne dépasse pas l’année 2019.

En résumé, si vous cherchez un petit compagnon de sortie, polyvalent et de qualité, je pense que ce Riva Zoom 135ex est un bon appareil compact. C’est le genre de petit boitier que l’on peut négocier, en très bon état et avec sa house, autour des 20€. Décidément, il a tout pour lui.

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Petite video d’illustration :

Quelques données techniques :

Type de caméraCaméra instantanée
Format de film35mm
Transport de filmAutomatique
Mécanisme de transport du filmMoteur
Format d’image24 mm x 36 mm
Distance focale38 mm – 135 mm
Plus grande ouverturef/3,5
Distance de mise au point minimale80 cm / 2,624 pieds
Fonction zoomOui
FocusAutofocus
Conception de l’objectif8 éléments en 7 groupes
Temps d’exposition1/500 seconde à 4 secondes
PosemètreOui
Vitesses de film prises en chargeISO 25 à 3200
Auto DXYOui
Modes d’expositionProgramme automatique
Paramètres d’exposition manuelsNon
Impression de la dateVariante du modèle
Fonction double et/ou exposition multipleOui
FlashFlash intégré
Portée du flash0,8 Mètre – 5,5 Mètre
Modes de flashFlash d’appoint, Réduction des yeux rouges
Support pour trépiedOui
Filetage de dégagement du câbleNon
RetardateurOui, fonction retardateur avec un délai de 10 secondes
Alimentation2x piles CR123A
Taille13,1 x 6,9 x 5,7 cm
Dimensions en pouces5,16 x 2,72 x 2,24 pouces
Poids305 grammes
Pays de productionJapon
Valeur estimée / Prix d’occasion49,72 Euro i
Prix ​​d’occasion moyen au cours de l’année 202351,02 Euro (55.20 US-Dollar)

Des références : https://www.minolta.suaudeau.eu/appareils/135/AF/riva-zoom-135.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-5705-Minolta_Riva%20Zoom%20135ex.html, https://pellochemoi.com/produit/minolta-riva-zoom-135ex/ en français ; https://filmphotography.eu/en/minolta-riva-zoom-135ex/

Argentique

Le Zeiss Ikon Contina Ia

Finalement, c’est une marque que j’aime bien, Zeiss Ikon. Ils ont essayé un peu de tout, du box au folding (pliant) en passant par les reflex et les « compacts » de l’époque.

Si vous vous êtes déjà promené sur le site, vous avez pu découvrir quelques unes de leurs réalisations, qui ont souvent un point commun : la qualité des assemblages.

Celui que nous allons découvrir aujourd’hui ne déroge pas à la règle : c’est du compact, c’est du solide, c’est du beau (même si cette dernière notion est toute subjective).

Et comme c’est une marque mythique, un peu d’histoire ne fera pas de tort pour comprendre cet appareil.

Cet boitier est né pendant la Seconde Guerre mondiale du cerveau fécond de Hubert Nerwin, le designer en chef de chez Zeiss Ikon depuis la fin des années trente.

On lui doit, par exemple, les modèles Contax II et III, le TLR Contaflex (bi-objectifs), le Tenax et l’Ikoflex.

Il réfléchissait à un appareil nouveau quoique encore basé sur un principe de « pliant » ou folding. Ses travaux vont permettre à Zeiss Ikon de redémarrer dans de bonnes conditions mais « à l’Ouest » (Stutgart), avec 3 fabuleux modèles : le Ikonta 35, qui sera rebaptisé Contina, ensuite le Contina II, doté d’un télémètre non couplé intégré, et le haut de gamme, le Contessa 35 avec télémètre couplé et posemètre au sélénium, non couplé.

Ironie de l’histoire, il ne verra pas tous ces appareils réalisés car il quittera l’Allemagne pour les USA où l’attendait une nouvelle carrière chez Graflex, puis chez Kodak. Mais il sera l’initiateur du changement.

Le premier modèle est donc l’Ikonta 35 522/24, selon la numérotation chère à Zeiss Ikon. C’est encore un appareil photo pliable mais avec un soufflet très court, comme les Kodak Retina par exemple.

Cet Ikonta 35 avait un objectif de 45mm au bout donc d’un soufflet court qui se déployait à l’ouverture de la porte de protection. Il bénéficiait de la prévention de la double exposition lorsque l’on arme l’appareil, le déclencheur était encore sur l’obturateur (un câble simplifiait le déclenchement) pour les premiers modèles et il n’avait pas de griffe porte-accessoires (ce sera chose faite pour les derniers modèles).

N’oublions pas, nous sommes au sortir de la guerre, les installations de production ont été fortement touchées et une partie de l’usine sera déplacée vers l’Est (partition de l’Allemagne). Dès lors, il y a des problèmes d’approvisionnement et de production, notamment du Tessar, l’objectif phare de la marque.

L’Ikonta 35, devenu Contina premier du nom, héritera alors d’un objectif qui n’est pas signé Zeiss Ikon mais bien Schneider.

Ce sera un Schneider Xenar avec un obturateur Compur Rapid ou Prontor. Plus tard, ce seront des objectifs Novar et un obturateur Pronto. Que voulez-vous, les temps sont durs … Quelques rares modèles plus tardifs seront équipé d’un Zeiss-Opton Tessar T (traité). Nos amis collectionneurs en salivent.

L’Ikonta 35 tire sa révérence en 1953, définitivement. Mais dès 1951 il est petit à petit remplacé par celui qui il s’appelle dorénavant Contina. C’est encore un appareil pliant, avec un soufflet très court et une porte qui bascule vers l’avant.

Enfin, en 1954, le Contina (522/24) devient un appareil « rigide » : il n’y a plus de soufflet mais bien un corps d’objectif fixe accolé à une platine liée au corps de l’appareil.

Quelques modifications mineures plus tard, nous arrivons en 1955 date de parution du Contina Ia (526/24), celui qui nous occupe aujourd’hui.

D’autres corrections esthétiques et techniques suivent pour qu’enfin, en 1955, il change sa face avant et la prise de synchro du flash quitte le fut d’objectif pour passer sur la plaque qui entoure cet objectif, un Novar qui deviendra plus tard un Novicar.

Ce Zeiss Ikon Contina Ia sera produit de 1954 à 1958.

Il est équipé d’un objectif de 45mm ouvrant à f3,5, un Novar-Anastigmat. Son obturateur est un Prontor SVS qui offre des vitesses de 1s à 1/300s plus une pose B. Il est équipé d’un retardateur et possède 3 positions M-X-V sur le côté, nous y reviendrons.

Dans la vaste gamme des appareils Zeiss Ikon de l’époque, ce Contina Ia est un appareil « populaire », destiné aux photographes amateurs et à prix abordable … pour un Zeiss Ikon.

Mais voyons ça de plus près.

L’appareil est dense (un peu plus de 500gr nu), compact et les commandes sont symétriques (ça c’est juste pour le plaisir des yeux). Tout est bien assemblé, les métaux ont résisté au temps, tout comme le simili-cuir, qui n’a pas bougé.

Sur le capot donc, à droite (vu en visant), la molette pour armer l’appareil et faire avancer le film. Cette manœuvre empêche aussi tout risque de double exposition, la hantise de l’époque. Dans le cercle de la molette, le compteur de vue, qui ne se remet pas à zéro lorsqu’on ouvre le dos de l’appareil. Il faut le remettre sur le chiffre quand on y met une nouvelle bobine. Au milieu toujours, le déclencheur fileté, doux et peu bruyant.

De l’autre côté, quasi identique, une autre molette qui servira à rembobiner le film en fin de course. En son centre, un mémo pour se souvenir de la sensibilité du film, s’il est en couleurs ou pas. Il fut déplacer trois minuscules plots sur les chiffres indiqués.

Au beau milieu du capot, le viseur qui, il faut bien l’avouer, est bien petit. Pourtant il est clair et donne tout le cadre de la prise de vue.

Comme cet appareil n’est pas muni d’un télémètre, on peut en fixer un sur la griffe porte-accessoires au dessus, ou plus simplement, travailler avec l’échelle de profondeur de champ gravée sur l’objectif. Nous y reviendrons.

Puisqu’on en est à la griffe porte-accessoires, elle sert aussi à y placer un flash. Elle est dite « froide », c’est-à-dire sans contact central pour une synchronisation. Le contact du flash, sur ce modèle, est encore un tube (3mm) placé sur le bloc objectif/obturateur.

Si vous vous en souvenez, il y a aussi 3 lettres V-X-M à côté de la prise. Le X, sans surprise est la synchronisation, au 1/25s. C’est sur cette lettre qu’il faut mettre le curseur pour les flashs électroniques et aussi les flashs avec lampes.

La position M est utilisée uniquement pour les flashs avec ampoules car elle permet de donner tout le temps nécessaire à l’éclair de l’ampoule (avec la synchro X, le flash ne se déclenche que lorsque l’obturateur est complètement ouvert) de se développer.

Extrait du mode d’emploi pour donner les valeurs selon les flashs utilisés.

Enfin la position V est celle du retardateur. Il faut d’abord armer l’obturateur puis glisser vers cette position pour bénéficier d’un délai de 8s lorsqu’on appuie sur le déclencheur.

Pour introduire un film dans la chambre, il faut faire glisser le verrou, sur la tranche gauche (vu de face) et le dos s’ouvre. L’amorce se glisse dans la bobine réceptrice. On arme une ou deux fois pour vérifier que le film est bien arrimé puis on referme le tout.

Armer et déclencher encore deux fois puis ne pas oublier de mettre le compteur de vue sur zéro. Lorsque le film sera terminé, pour le rembobiner il faudra appuyer sur le bouton sur la semelle et tourner la molette de gauche dans le sens indiqué par la flèche. Du classique finalement.

Vous voilà prêt pour vos premières photos.

Zeiss Ikon, depuis le temps qu’ils fabriquent des appareils photo, a compris que la hantise des amateurs est de rater ses photos par manque de netteté, due à une mauvaise estimation des distances ou une autre du temps d’ouverture.

Et donc, ils ont essayé de trouver des solutions, simples, pour rassurer les photographes et leur assurer les meilleures prises de vues possibles.

Les bagues des ouvertures et des distances sont accompagnées de repères. Bien crantées, elles restent en place une fois le réglage déterminé.

L’avantage de ces vielles optiques est qu’elles sont faites pour que la profondeur de champ soit parfaitement lisible.

Dans son mode d’emploi, Zeiss Ikon ajoute une table qui reprend ces distances. Je ne l’ai pas reprise ici car elle est exprimée en pieds alors que l’appareil de cet article est en mètres (plus facile pour nous).

Mais pour accélérer les réglages, Zeiss Ikon a aussi prévu ce qu’ils appellent « les points rouges ». Une (très) bonne idée reprise sur de nombreux appareils de la gamme et que d’autres constructeurs ont aussi utilisées (je ne sais pas qui a inventé ce système pratique).

La vitesse dépendra de la luminosité et de la sensibilité du film. Dans la plupart des cas, on sera entre 1/25s et 1/100s. La première vitesse nécessite soit un trépied soit un appuis solide pour éviter les flous de bouger.

Le mode d’emploi renvoie encore à une table, annotée à l’époque.

Vous constatez que les vitesses des films de l’époque n’étaient pas « rapides » : pour une prise de vue en extérieur sous le soleil, pour un film de 40 Asa l’ouverture sera de f8 pour une vitesse de 1/100s ; pour une prise de vue en extérieur sous ciel couvert, toujours pour un film de 40Asa , l’ouverture sera de f5,6 et la vitesse 1/50s.

N’oublions pas que l’obturateur ne nous donne que des vitesses entre 1s et 1/300s (plus la pose B). La latitude des films modernes risquent d’arriver vite aux limites de l’appareil. Optez pour des films plus lents car du soleil, il y en avait aussi dans les années cinquante, de la pluie, de la neige et des nuages et les photographes de l’époque s’en sortaient bien !

Vous verrez dans les photos que je n’ai pas ouvert l’appareil pour vous montrer la chambre (qui est sans surprise) mais en voulant le faire, j’ai découvert qu’il y avait un film dans ce Contina et que seules 5 photos avaient été prises. Qui seront gâchées par mon imprudence mais il me restera quelques images à prendre avec ce boitier (je m’aime pas gaspiller la marchandise !).

Ceci étant, j’aime bien cet appareil. Le tenir en mains est « rassurant » au sens où on sait ce que l’on a entre les doigts. Et puis la qualité de fabrication fait regretter tous les appareils qui viendront plus tard, en plastique !

Un mot encore sur le « sac tout prêt » qui accompagne ce Zeiss Contina Ia : tout en cuir, il est malheureusement déchiré à la jointure (le cuir est solide mais pas éternellement). Je vais demander au cordonnier le prix d’une réparation, si elle se justifie.

Car cet appareil n’est pas vraiment rare – rappelez-vous, c’était le modèle le plus abordable et donc le plus produit – et sa valeur ne dépasse pas les 80€ en très bon état (ce qui est le cas de cet exemplaire).        

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Contina, https://retinarescue.com/contina1a.html, https://filmandsensor.com/i-bought-a-zeiss-ikon-contina-1a/, http://camera-wiki.org/wiki/Zeiss_Ikon, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-6696-Zeiss%20Ikon_Contina%20Ia.html, http://www.appaphot.be/fr/brands/zeiss-ikon/zeiss-ikon-contina-ia-52624/, http://glangl1.free.fr/Liste-Zeiss.html en français

Argentique

L’Olympus Superzoom 110 Multi AF

Ah, je vous l’ai déjà écris ailleurs, les brocantes du 1er mai à Namur et Haversin furent riches en découvertes.

C’est à Namur que j’ai trouvé, dans une belle housse, cet étonnant Olympus Superzoom 110 Multi AF.

S’il fait partie de la catégorie des compacts, disons que celle-ci est assez … large (lui aussi d’ailleurs).

Un premier point d’attention, c’est la mention Weather Proof sur le sticker. Ça ne veut toujours pas dire que vous pouvez plonger à l’eau avec lui mais qu’une belle « drache » nationale ne lui fera pas peur (drache = averse soutenue en Belgique), ni un saut dans la poudreuse, ni de se perdre dans le sable d’une plage. Bref, vous avez compris l’idée, il n’a pas peur de se mouiller : il est prévu pour soutenir de mauvais traitements.

Partons à sa découverte …

En l’absence d’un mode d’emploi, j’essaie toujours de comprendre comment fonctionne un appareil. Je trouve que ça donne une bonne estimation de la facilité d’utilisation.

Là pour le compte, j’ai failli abandonner : je ne trouvais pas comment l’allumer ! Et puis, un peu par hasard, je fais coulisser l’espèce d’ergot près du flash, où il est noté « ON » et là, tout s’anime …

On va pouvoir commencer.

L’Olympus Superzoom 110 s’appelle Olympus OZ 110 Zoom au Japon et SuperZoom 3000 (Infinity SuperZoom 3000) de l’autre côté de l’Atlantique.

Paru en 1992, l’appareil était proposé en deux versions dont l’une avec dos dateur (mais les dates s’arrêtent en 2020, ce qui était déjà un exploit).

Comme souvent dans ces années-là, l’Olympus Superzoom 110 est tout automatique : du chargement du film à son avancement, à la prise en charge de la lumière, l’ouverture, la vitesse, le flash. Mais il le fait bien.

L’objectif « Olympus Lens Zoom » est composé de 10 éléments répartis en 8 groupes. c’est un fameux morceau quand il est déployé. Il offre des focales du 38 au 110mm, variant de f3,8 à f8,1. Son autofocus est efficace à défaut d’être très rapide mais il est relativement silencieux. La distance minimale pour la mise au point est de 60cm.

Au niveau des vitesses, qu’il sélectionne lui-même selon les circonstance de prise de vue, elles s’échelonnent de 2s à 1/500s. Il propose aussi un retardateur de 12 secondes.

Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a des programmes pour affiner vos envies de prise de vue.

Ceux-ci sont choisis grâce à la grosse molette, qu’on actionne du pouce. Les modes apparaissent dans l’écran LCD

Parmi ces programmes :

  • le Spot qui fait la mise au point et la mesure d’exposition sur le centre de l’image,
  • le Zoom automatique : la tête et les épaules du sujet remplissent l’image. La caméra effectue un zoom automatiquement pour ce cadrage.
  • Scène de nuit pour les photos de nuit évidemment. Ce mode peut être combiné avec les quatre modes flash différents.
  • AF-P qui effectue automatiquement la mise au point sur un sujet en mouvement.
  • Infini : la mise au point est fixée sur l’infini automatiquement. Ce mode est utile pour les photos de paysages.
  • Double-exposure, pour pouvoir faire des surimpressions

Pour charger l’appareil, il suffit de faire glisser le curseur sur la tranche et le dos s’ouvre. Vous glissez la cartouche dans la chambre et tirez l’amorce jusqu’au trait puis refermez l’appareil. Celui-ci va lire le codage DX pour régler la sensibilité des films de 50 à 3200 Iso (pas de réglage manuel possible) et charger le film jusqu’à la première image. A défaut de codage sur la cartouche, par défaut l’appareil règle la sensibilité à 100 Iso.

Puisque tout est automatisé, il faut de l’énergie, assurée ici par deux piles CR123A.

En poussant le levier qui sert à activer l’appareil, on découvre le flash intégré. Celui-ci à une portée de 60cm à 5,9m pour 100 Iso. Comme indiqué un peu plus haut, le flash possède 4 modes différents : automatique, réduction des yeux rouges, flash d’ambiance (fill-in) et débrayé.

Je notais un peu plus haut que l’appareil possédait un retardateur de 12 secondes mais on pouvait aussi lui adjoindre une commande à infra-rouge pour déclencher à distance.

Le viseur est clair et comme tous ceux de cette génération, peu informatif (d’ailleurs tout est automatique). Il possède toutefois les marques utiles pour corriger la parallaxe et deux diodes, à côté du viseur, renseignent si le flash est ok et si la mise au point est fixée. Notons aussi la correction de dioptrie, toujours bien venue.

Sur la photo ci-dessus, à travers la fenêtre du dos, vous pouvez voir le film installé dans l’appareil.

Petit avantage de cet Olympu SuperZoom 110, lorsque vous remettez des piles dedans, le compteur de vue redémarre à la photo en cours. Appréciable quand il y a un moment que vous ne vous en êtes pas servi.

Ce appareil est un « ultra compact 38-110 zoom » de sa génération, c’est-à-dire pas si compact que ça !

Sa forme, plus allongée que haute, ne le rend pas très facile à tenir en mains et on a vite fait, en essayant de bien placer ses doigts sur la petite poignée devant, d’appuyer sur le levier de mise en route et de … l’éteindre.

Tout en plastique, c’est pourtant un appareil assez lourd. Surtout si on le compare avec les compacts de la génération suivante.

Enfin, lorsque l’on déploie le zoom, il est vraiment long et semble fragile (voir la video ci-dessous).

Reste que pour son époque, cet Olympus SuperZoom 110 était un bon appareil. La marque nous avait habitué à des boitiers efficaces et bien construits, celui-ci ne déroge pas à la règle.

Pour ma part, je trouve simplement qu’il fait un peu « dépassé » par son design et il l’est aussi dans ses performances, comparés à la génération suivante (mais là, c’est normal sinon pourquoi proposer de nouveaux modèles !).

Reste que c’est un appareil bien conçu et son petit plus indéniable est le traitement « tous temps » dont il bénéficie.

Si vous en trouvez un, ne le négociez pas à plus de 15€, en très bon état.

Des images prises avec cet appareil ICI.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Video d’illustration

Spécifications techniques de la caméraAttributeSpecification
Type de caméraCaméra instantanée
Format de film35mm
Transport de filmAutomatique
Mécanisme de transport du filmMoteur
Format d’image24 mm x 36 mm
Distance focale38 mm – 110 mm
Plus grande ouverturef/3,8
Distance de mise au point minimale60 cm / 1,968 ft
Fonction zoomOui
FocusAutofocus
Temps d’exposition1/500 seconde à 2 secondes
PosemètreOui
Vitesses de film prises en chargeISO 50 à 3200
Auto DXYOui
Modes d’expositionProgramme automatique
Paramètres d’exposition manuelsNon
Impression de la dateVariante du modèle
Fonction double et/ou exposition multipleNon
FlashFlash intégré
Portée du flash0,6 Mètre – 5,9 Mètre
Modes de flashFlash d’appoint, Réduction des yeux rouges
Support pour trépiedOui
Filetage de dégagement du câbleNon
RetardateurOui
Alimentation2x piles CR123A
Dimensions13,3 x 6,8 x 5,6 cm
Dimensions en pouces5,24 x 2,68 x 2,20 pouces
Poids305 grammes
Noms sur d’autres marchésJapon : Olympus OZ 110 Zoom, États-Unis : Olympus SuperZoom 3000, États-Unis : Olympus Infinity SuperZoom 3000

Quelques références : https://filmphotography.eu/en/olympus-superzoom-110/, http://camera-wiki.org/wiki/Olympus_AZ-110_Super_Zoom/OZM_110_Zoom_(QD), en anglais ; https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/1182/category/654, en français ; https://kameramuseum.de/objekte/olympus-multi-af-superzoom-110/, en allemand

Argentique

Le Konica Jump

Ah, parfois je craque pour de petits appareils improbables parce que du fonds de la caisse dans laquelle ils croupissent, ils me font des signes désespérés …

Celui-ci, je devinais à peine ses beaux boutons fluo sous la poussière, alors j’ai décidé de l’emporter.

Après un bon nettoyage en profondeur, il est déjà plus présentable.

S’il a existé en noir, il a été décliné dans des couleurs pétillantes. Konica répétait sans doute la recette qui avait si bien fonctionné avec le Konica Pop, lui aussi mis à toutes les couleurs pour autant qu’elles soient vives.

Malgré les apparences, et c’est souvent le cas, ce petit appareil qui ressemble à un gros galet, n’est pas si anodin qu’il n’y parait.

Tout d’abord, c’était lui la vedette sur le stand Konica au Salon de Paris, en 1992 (une autre très bonne année).

Avec ses visuels multicolores, on ne pouvait de toute manière pas le rater.

Le département marketing de la marque a bien fait son travail et bien définit sa cible : les plus jeunes qui cherchent un appareil gai, les amateurs qui cherchent un appareil facile à utiliser.

Bref, pour l’époque, une histoire bien rodée. Mais ce n’est pas tout car la cerise sur le déclencheur, c’est le traitement « weather + proof » du boitier. Non seulement, il est marrant, mais résistant et on peut le sortir où on veut, quand on veut.

Sa forme arrondie, sa compacité, son poids plume (230gr avec la pile) le rendent agréable à prendre en mains. L’ergonomie est bien étudiée parce qu’il se cale bien dans la paume de votre main et naturellement, le majeur et l’annulaire se positionnent dans le petit creux, en bas alors que le pouce trouve sa place sur les stries à l’arrière. L’index trouve le chemin du déclencheur avec facilité tandis que le pouce, encore lui, n’aura aucun mal à faire tourner la grosse molette de réarmement. A l’autre extrémité, un léger rebord sous la lampe flash vous incite à ne pas mettre un doigt devant, ça gâche ses effets.

C’est un appareil pensé pour être simple d’utilisation : réglage des ISO manuellement (100 – 200 – 400), flash électronique avec rappel dans le viseur.

Un mot pour ce viseur : il est clair et large avec des lignes de cadre bien définies et même des repères pour la correction de la parallaxe. De part et d’autre de celui-ci, une diode pour indiquer si on est en sous-exposition et une autre pour indiquer que le flash est prêt à servir.

Comme c’est un « fix-focus », pas de réglage distance mais la quasi certitude d’être bon d’environ 1m à l’infini avec son 35mm Konica ouvrant à f4 en 4 éléments.

Il n’y a pas de réglage de la vitesse, qui est fixée au 1/125s une fois pour toute.

Ici comme sur le Haking Compact SC que je vous présentais récemment, il y a un embryon de système de mesure, composé d’un « posemètre » au CdS et d’un circuit élémentaire qui mesure simplement un seuil de luminance minimale en dessous duquel la plage de latitude du film couleur négatif ne peut plus vous sauver.

N’oublions pas que l’ouverture est réglée lors de la sélection de la sensibilité du film. Le « sensor » ensuite ne fait que vous signaler qu’il y a risque de sous exposition via la diode rouge.

Il y a bien une pile pour alimenter l’appareil, une simple AA d’1,5v, mais elle fournit l’énergie utile pour les diodes et le flash. Ce qui veut dire aussi que vous pouvez toujours utiliser le Jump sans pile ou avec une pile vide.

En résumé, après avoir réglé la sensibilité du film et armé le boîtier (indispensable pour réaliser la mesure), composez et appuyez légèrement sur le déclencheur. Si la luminosité de la scène et la plage de latitude d’exposition du film sont suffisantes pour réaliser une exposition correcte, rien ne se passe. Appuyez ensuite complètement sur le bouton de déverrouillage pour exposer l’image. Le laboratoire fera le reste …

Sinon la LED rouge placée à droite de l’oculaire s’allume. N’insistez pas, il faut relâcher la pression et mettre en route le flash électronique.

Il faut alors faire pivoter le levier du flash pour le mettre en branle. Environ 7secondes plus tard, la diode de pleine charge vous confirme qu’il est prêt. Il suffit d’appuyer à fonds sur le déclencheur et la photo est prise.

La puissance de l’éclair étant ce qu’elle est, assurez-vous que votre sujet soit entre 1m et 3,5m environ sinon l’effet du flash sera très limitée, vous vous en doutez.

Attention, la profondeur de champ sera plus faible qu’en lumière naturelle lorsque vous faites appel au flash :

La valeur d’ouverture est réglée manuellement lors de l’affichage de la sensibilité,
— f8 pour 100 ISO ;
— f11 pour 200 ISO ;
— f16 pour 400 ISO.
Ces valeurs sont converties automatiquement lors de l’utilisation du flash électronique en :
— f4 pour 100 ISO (f/8 courte distance) ;
— f6 pour 200 ISO (f/11 courte distance) ;
— f8 pour 400 ISO (f/16 courte distance).

Venons-en maintenant au traitement particulier de ce petit boitier sympathique : Weather + proof.

Puisqu’il a été prévu pour les plus jeunes et les autres, il a été conçu pour résister aux aléas des plaines de jeux, les camps scouts, aux vacances à la plage, aux sports d’hiver, aux aventures dans les désert, … bref un peu partout où l’on est susceptible d’embarquer un appareil photo solide.

Pour cela, le Jump est équipé de joints partout où c’est utile et nécessaire :

  • joints plats pour le compartiment de la batterie et le couvercle arrière
  • joints en caoutchouc scellés autour des commandes, c’est-à-dire la molette d’armement, la manivelle de rembobinage, le sélecteur de sensibilité, le levier du flash, le déclencheur.

Il réponds à la norme JIS classe 4 de la norme C0920 (protection contre les éclaboussures). La norme précise : « aucun préjudice en raison de la pulvérisation d’un taux de 10 L par minute par mètre carré pendant une période de 5 minutes au moins, dans une surface de pulvérisation placée entre 300 et 500 mm de l’objet. »

Concrètement, cela veut dire que :

  • si vous le laissez tomber dans un mètre d’eau et que vous l’extrayez immédiatement de ce fichu trou, que vous le séchez rapidement, il ne subira pas de dommages
  • si vous vous plantez dans la neige fraîche et que grâce à ses couleurs vives vous le retrouvez rapidement, en le séchant vite, il ne subira pas de dommages
  • si malgré tous vos efforts, il est plein de boue, vous pouvez soit le tremper dans une dizaine de centimètres d’eau propre en le secouant un peu ou le passer sous un robinet sans trop de pression. Il suffit ensuite de le sécher rapidement.

Tout ceci suppose évidemment qu’il n’y ait pas de saleté sur les joints sinon ça fonctionne moins bien ! Vérifiez donc toujours qu’ils soient propres et en bon état.

Si jamais vous éprouviez des difficultés pour l’ouvrir (gros changements de pression ou de température par exemple), ouvrez d’abord le compartiment de la batterie avant le dos de l’appareil, ça aide.

Au fait, pour ouvrir la chambre, il faut juste soulever la bobine de rembobinage, qui libère le verrou.

Puisque cet appareil à une bonne trentaine d’année, pensez à vérifier la mousse autour de la fenêtre qui permet de voir si un film est dans la chambre.

Lorsque le dos s’ouvre, le compteur de vue se réinitialise à zéro. Puisque vous venez de placer un nouveau film dans la chambre, en glissant l’amorce dans les fentes de la bobine réceptrice, armez et déclenchez une fois pour vérifier que la pellicule est bien accrochée. Refermez le dos et procédez encore à deux déclenchements : le compteur de vue passe de S au chiffre un. Vous voilà prêt pour de nouvelles prises de vue et d’autres aventures.

C’est typiquement un de ces petits appareils bien pensés et bien fabriqués des années nonante : il ne va pas vous bluffer par des performances hors norme mais il ne vous décevra pas non plus et saura vous sauver la mise dans des situations où vous n’oseriez pas sortir votre beau réflex.

Question prix, soyons réaliste : je l’ai vu pendant mes recherches pour cet article à 90 et même 169€.

Ok, il est marrant, résistant, sympathique mais limité dans ses performances : ne dépensez pas plus de 25€ pour un bel exemplaire propre et en bon état (joints à vérifier).

Et pour vos prochaines vacances un peu sportives, vous pourrez compter sur lui.

Petite video d’illustration

Un peu de technique :

Konica Jump (1992)
Objectif : 35mm ouvrant à f4
Mise au point : Fixe
Film : 35mm
Vitesse d’obturation : 1/125 sec
Sensibilité : à régler manuellement 100 – 200 – 400 Asa
Modes de prises de vues : Automatique
Avancement du film : Manuel
Flash : flash intégré
Alimentation : 1x AA
Poids : Environ 400g avec une pile et un film de 36 vues
Dimensions : 140 x 88 x 66 mm

Des références : https://pellochemoi.com/produit/konica-jump/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10037-Konica_Jump%20Auto.html, en français ; http://camera-wiki.org/wiki/Konica_Jump, https://analogspace.nl/products/konica-jump-weatherproof, https://www.collection-appareils.fr/x/html/camera-10329-Konica_Jump%20Weather.proof.html en anglais

Argentique

Le Haking Compact-SC

Encore un petit appareil résolument différent et qui m’ a fait de l’œil tant sa forme et son fonctionnement sont originaux.

Reste que la marque me surprend : Haking, serait-ce le nom d’un importateur anglais ou américain ? Non, il semble bien que ce soit la marque elle-même.

Mais qui est Haking ? J’ai en fait encore un ou deux appareils de cette marque à vous soumettre alors il est temps de voir qui se cache sous ce nom.

C’est le Docteur Haking Wong qui l’a créée à Hong-Kong. Fils d’un riche Chinois établi en Thaïlande, il regagne Hong-Kong pour terminer ses études. A la fin de celles-ci, il se lance dans le caoutchouc et finalement fabrique des millions de chaussures de sport.

Curieux de tout et attentif aux développement des nouvelles technologies, il s’intéresse aux plastiques (il fut le plus grand fabricant de brosse à dent du monde !), au textile et … à l’électronique balbutiante.

En 1956, il s’associe à Pauline Chan et se lance dans l’optique de précision avec notamment des jumelles réputées, puis dans l’industrie de la photographie, qui nous intéresse.

S’il visait la production d’appareils abordables, il s’est quand même attaché à apporter des améliorations aux obturateurs, aux prismes et au revêtement des lentilles. Il s’est essentiellement tourné vers les appareils en 135 puis en 110, équipés de flashs électroniques intégrés, souvent fabriqués en plastiques avec une couleur grise un peu particulière et un revêtement en « pointe de diamant ».

Sa capacité de production fit trembler l’Allemagne et même le Japon, alors pays de la technologie. Hong-Kong, Taïwan et Macao prenaient leur place parmi les plus grands constructeurs de jumelles, caméras et télescope au monde.

Haking s’est même offert le luxe de racheter Ansco, le constructeur américain d’appareils photographiques.

C’est sous les marques Haking, Halina et Ansco que seront distribués leurs produits, qui seront ensuite parfois re-badgés par des importateurs comme Foto-Quelle (Revue).

Ainsi notre Haking Compact SC s’appelle aussi Halina Micro 35 ou Revue 35 FC, mais encore Ansco 2000 Micro 35 et Miranda 35ME. Ouf !

Mais pourquoi m’a-t-il intrigué ?

Disons que de prime abord il a un petit quelque chose de « déjà vu ». Je pense au Cosina CX-2, voire au vrai Lomo LC-A (inspiré du premier si vous vous en souvenez).

Ici pas la peine d’essayer de tourner le cache pour découvrir l’objectif ou de trouver une tirette en dessous, non, il faut … armer l’appareil pour découvrir le viseur et l’objectif. Particulier mais efficace car ce simple geste met aussi le boitier sous tension.

Une fois découvert, on constate que l’objectif est un 38mm ouvrant à f3,5, un fix-focus (pas de réglage de la distance). La mise au point minimale se situe à environ 1m (close-up avec le flash). Mais comptons plutôt sur 3m pour éviter les mauvaises surprises sans flash.

Petite particularité, cet appareil possède bien un posemètre (sensibilité de 21 à 27Din) mais en fait, le boitier sélectionne simplement une ouverture fixe en fonction de la sensibilité du film. Vous pouvez choisir entre 100, 200 et 400 ISO grâce au curseur sur le côté droit de l’objectif. Et la vitesse unique est fixé à 1/125s .

Les piles ne servent que pour le flash qui peut être ou non activé et pour le posemètre. Et aussi les diodes dans le viseur.

Un mot d’ailleurs à propose du viseur : de type Galilée, il ne contient aucune information sauf ces deux diodes qui est rouge si on est en sous exposition ou verte si celle-ci est bonne. Et les marques du cadre ainsi que la correction de la parallaxe. Mais il est assez clair et large.

Le flash finalement est le plus sophistiqué puisqu’il bénéficie d’un « sensor » qui le déclenche automatiquement s’il manque de lumière. On peut le débrayer via le petit bouton en bas, à gauche du bloc objectif.

Ce drôle d’engin est sortir au début des années quatre-vingt (1982). Dans sa version Haking il était gris mais dans les autres marques il sera aussi noir, rouge, jaune, bleu et vert

Voilà, voilà, …

Ce n’est pas un appareil qui révolutionne la photographie, nous sommes d’accord.

Mais, comme je l’écrivais en préambule, il est suffisamment original que pour être retenu.

Ce n’est pas non plus un appareil courant mais si vous en trouvez un, ne dépensez pas plus de 20€, ses fonctions sont limitées. Le prix de sa différence en somme.

Spécifications techniques :

Objectif 38 mm f/3,5
Lentilles entièrement revêtues à 3 éléments en 3 groupes
Vitesse d’obturation unique à 1/125 sec.
Réglage automatique de l’ouverture en fonction de la sélection de la sensibilité du film
Charge et utilisation automatique du flash
Mise au point fixe
Viseur à vue directe
2 piles AAA pour le flash
taille: 111 x 69 x 49 mm
poids : 230 grammes

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Haking_Compact-SC, https://filmphotography.eu/en/haking-compact-sc/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Haking, https://135compact.com/revue_35_fc.htm, http://camera-wiki.org/wiki/Halina_Micro_35 en anglais ; https://collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/6613, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-14644-Haking_Compact-SC.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Ansco-2000.htm en français ; https://www.photoscala.de/2009/01/30/haking-die-legende-lebt/, en allemand.

Argentique

L’Agfa Optima Ia et son flash Agfa Tully

Comme d’habitude, j’ai trouvé cet appareil sur une brocante.

Souvent j’évite ce type de boitier, car il y en a plein sur les brocante et les vides-greniers, et j’avais l’impression qu’ils n’étaient pas très excitant. Je mets dans la même bain les Dacora Dignette, les Balda, les Bilora Bella et compagnie.

Mais comme vous allez le découvrir avec moi, c’est parfois une erreur, car sous des dehors simplistes, cet appareil est une petite révolution en soi.

Plantons le décor, ce sera plus simple pour comprendre.

Agfa utilise le nom Optima, dans les années trente, pour désigner un film au format propriétaire avec un négatif mesurant 7,5 x 10,5cm. Ce film permettait 8 poses mais vous ne pouviez l’utiliser que dans des appareils prévus pour son usage, comme l’Agfa Billy Optima et ses déclinaisons.

Trop particulier, pas assez « universel », ce fut un fiasco. Pourtant, au tournant des années cinquante, Agfa ressort le nom pour des appareils qui utilisent dorénavant du film 135mm (24×36).

Notamment l’Optima 1, un appareil bien construit et innovant. De fait, la gamme Agfa Optima débute en 1959 et perdurera environ 20 ans. Il y aura plus ou moins quarante modèles différents, répartis en 4 séries.

Source : Collection-appareils

A la suite des Optima I, II et III et les variantes, en 1964 une nouvelle série apparaît, avec un design très inspiré du Silette Record de 1963. Ensuite, en 1966 c’est les Optima Rapid qui utilisent la pellicule Agfa Rapid (tiens, ils refont la même erreur avec une pellicule trop particulière).

En 1969, apparaissent les Agfa Optima Sensor, ceux avec le gros bouton orange au toucher si particulier. Ils seront suivi en 1976 par les Agfa Optima Electronic Sensor, sans oublier un passage par le format 110 avec les Optima Pocket 5000 et 6000 (1974).

La série des Optima est un succès commercial (sauf les Rapid mais on sait pourquoi). Par exemple, la série des Optima I, II, III et IIIs s’est vendue à plus d’un million d’exemplaires en trois ans. Et ce n’était que le début de l’aventure Optima !

Pourquoi ce succès ? Tout simplement parce que les Optima ont été parmi les tous premiers appareils au monde à proposer un contrôle automatique de l’exposition, ce qui simplifiait la vie des photographes amateurs.

L’appareil qui nous intéresse aujourd’hui, l’Optima Ia est le successeur de l’Optima I, qui offrait le réglage de la vitesse en fonction de la sensibilité du film choisi.

L’Optima Ia va plus loin : il est équipé du contrôle automatique de l’exposition.

Introduit sur le marché en 1962 (décidément une bonne année), l’Agfa Optima 1a, encore appelé Agfamatic de l’autre côté de l’Atlantique, a été l’un des premiers appareils photo argentiques 35 mm à mise au point entièrement automatique.

L’appareil utilise une cellule au sélénium qui génère un courant électrique, activé par la lumière, tant pour mesurer le niveau de celle-ci que pour fournir l’énergie nécessaire au réglage automatique de l’ouverture et de la vitesse.

La cellule en nid d’abeille

Voyons ça de plus près …

Ce qui frappe au premier regard, c’est la cellule en nid d’abeille. Elle n’est pas protégée par un clapet. Il est donc fortement conseillé de garder l’appareil dans son « sac tout prêt » pour éviter qu’elle ne s’épuise trop vite.

La partie électrique d’un tel posemètre est un instrument de mesure électromagnétique connecté à l’anode et à la cathode d’une cellule photoélectrique au sélénium qui produit plus ou moins d’énergie électrique lorsqu’elle est exposée à plus ou moins de lumière. Elle n’a pas besoin de pile pour fonctionner mais le système s’épuise avec le temps et le meilleur moyen de le protéger est de garder l’appareil dans le noir s’il n’est pas utilisé.

Ensuite, le déclencheur, en façade : un levier sur lequel il faut appuyer pour déclencher. On s’y habitue rapidement.

Puis le viseur, lumineux, avec des marques pour le cadre et pour la correction de la parallaxe, ainsi que des signaux rouges ou verts qui indiquent si l’exposition est correcte.

Reprenons depuis le début, pour ceux qui découvrent cet appareil.

Le design de l’Optima 1a a changé : le levier d’armement est maintenant sur le dessus, les matériaux utilisés sont plus « économiques » car on remplace le métal par du plastique quand c’est possible. Si l’ensemble reste agréable à l’œil et semble qualitatif, nous ne sommes plus dans les standard des premiers appareils.

L’objectif est un Agfa Color Agnar de 45mm ouvrant à f2,8, traité pour la correction des couleurs et pour lutter contre les reflets. Les auteurs que j’ai pu consulter sont assez unanimes sur la qualité de ce dernier.

On règle la distance avec une bague sur le fut, qui porte des symboles pour simplifier le choix des distances (portrait, groupe, paysage) tandis que la seconde bague règle l’ouverture. Une échelle de réglages des vitesses propose le mode A pour automatique, B pour la pose B (pose longue) et la vitesse synchronisée au 1/30s du flash On peut bien sur débrayer l’automatisme et utiliser les vitesses classiques.

La mise au point minimale est de 1 mètre.

L’obturateur donne les vitesses de 1/30s jusqu’au 1/200s et il fonctionne donc automatiquement lorsque vous appuyez sur le déclencheur. En effet, lorsque l’on est à mi-course sur le déclencheur, un système mécanique règle la valeur d’ouverture et la vitesse correcte à partir de la partie électromécanique du posemètre. Dès lors, un signal rouge apparait dans le viseur si la lumière est insuffisante, ou vert si la combinaison ouverture/vitesse est bonne.

La sensibilité de la cellule est réglable de 10Asa jusque 200Asa. Comme c’est un appareil allemand, vous avez aussi la correspondance en DIN. Il faut une pièce de monnaie pour faire tourner le bouton de réglage.

Pour ouvrir l’appareil, il faut retourner le boitier pour actionner le gros verrou qui libère tout le dos, ce qui facilite la mise en place du film dans la chambre. Les rainures du boitier sont profondes et bien usinées, ce qui devrait assurer une très bonne étanchéité à la lumière. Ne pas oublier de refermer le verrou une fois le film en place.

Petite particularité, le compteur de vue est sur le côté de l’appareil (compacité oblige). Comme il ne se remet pas à zéro automatiquement, vous devrez faire tourner les chiffres du nombre de vue de votre film. C’est un compteur qui « décompte » les photos prises ensuite (vous verrez cela en détail sur la video plus bas).

Sur le capot, une griffe flash qui accepte les flashs électroniques ou ceux à lampe, comme le Tully qui accompagnait cet exemplaire.

C’est un flash assez sophistiqué pour l’époque mais malheureusement inutilisable de nos jours car il fallait y placer une pile au mercure de 15v. Il n’y a pas de correspondance en pile actuelle.

Pour passer en mode flash, il faut tourner la bague sur le fut de l’objectif sur le symbole classique d’un éclair. Dès lors, le boitier passe automatiquement sur le 1/30s, quel que soit le réglage choisi pour l’ouverture.

Si vous tournez la même bague dans l’autre sens, vous vous mettrez sur le mode Bulb, celui des expositions de longue durée. Pour autant que l’appareil soit alors solidement fixé pour éviter les flous de bougé.

Notons que si le déclencheur est en façade, sur le capot il y a une prise filetée pour y fixer un câble de déclenchement, utile surtout pour les poses B.

Vous conviendrez que cet appareil, si simple en apparence, peut apporter beaucoup aux photographes amateurs de l’époque et … de nos jours.

C’est étonnant de trouver dans cet appareil un système qui était vraiment novateur pour l’époque et répondait aux mêmes impératifs que le grand concurrent de l’époque, Kodak : proposer au plus grand nombre un appareil simple, efficace, abordable et de qualité.

Pari tenu pour cet Optima Ia et les suivants ensuite.

Dès lors, je regarde de manière différente ces appareils que, comme je l’écrivais en préambule, autrefois je délaissais.

Au niveau prix, ils restent abordables car ils ont été produit en grande quantité. Comptez environ 40€ maximum pour un très bel exemplaire avec son « sac tout prêt » et fonctionnel. Et paradoxe de notre époque, il est au même prix que les Voigtländer ou Zeiss Ikon autrefois bien plus onéreux.

De quoi photographier différemment avec un appareil qui sort du lot. Il faut oser sortir des sentiers battus.

Petites videos d’illustration :

Des exemples de photographies prises avec cet appareil, LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Pour la liste exhaustive des appareils Agfa Optima, c’est encore LA-BAS.

Des références : https://www.philcameras.be/agfa-optima/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-667-Agfa_Optima%20Ia.html, en français ; https://en.wikipedia.org/wiki/Agfa_Optima_1a, https://blia-gear.blogspot.com/2012/12/agfa-optima-1a.html, http://camera-wiki.org/wiki/Optima, https://collectiblend.com/Cameras/AGFA/Optima-IA.html, https://collection.guyjbrown.com/blog/agfa-optima-ia-camera/ en anglais ; https://web.archive.org/web/20191206224430/http://www.ukcamera.com/classic_cameras/agfa3.htm, https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/optima/optima-ia/ en allemand

Argentique

Le Cosina Compact 35 S

Là c’est le type de petit appareil que j’aime bien : petit, léger, élégant, simple d’utilisation et suffisamment performant que pour avoir envie de les emporter partout.

Ici pas de chichis, du simple, de l’éprouvé, du fiable : un viseur efficace, un objectif de 38mm ouvrant à f2,7 à 4 éléments en 3 groupes, avec une bague de mise au point en 4 zones, une cellule au CdS pour une exposition automatique avec priorité à l’ouverture, un déclencheur, une griffe flash synchro, un poids contenu (370gr nu).

Que faut-il de plus ?

La mode de ces petits compacts, très populaires, en a fait sortir toute une série, clones plus ou moins fidèles les uns aux autres, mais jamais ennuyeux.

Par exemple, ce petit Cosina 35S s’est aussi appelé Vivitar 35 CA ou encore Porst 135C. C’est le même appareil dans tous les cas.

En fait ce Cosina 35 S est apparu sur le marché lors de la Photokina de 1976, en même temps que le Cosina 35 E, un peu plus complet (lui possède un retardateur et une pose B).

Comme je l’indiquais en préambule, c’est un petit appareil bien fabriqué avec une exposition automatique à priorité ouverture.

La mise au point se fait avec une bague sur le fut de l’objectif qui porte des distances et des symboles.

Le viseur est complet avec rappel des paramètres d’exposition via une aiguille qui se déplace en face d’une échelle donnant les couples ouvertures/vitesses.

Et petit plus, dans le bas du viseur, il y a également un rappel de la distance de mise au point à l’aide des symboles déjà présents sur l’objectif. Un curseur de couleur verte vient teinter le symbole correspondant à la distance choisie.

La cellule, qui est située sur le devant de l’objectif, se règle manuellement de 25 à 400 Iso. Une pile LR44 assure son énergie. Comme pour tous ses confrères, il est préférable de le munir d’un bouchon d’objectif (46mm) pour éviter de vider la pile trop vite car la cellule est toujours active.

Seul son bouton de déclencheur peut perturber : ici pas de bouton à enfoncer mais plutôt un large curseur sur lequel il faut appuyer. On s’y habitue très rapidement.

Des exemples de photos prises cet appareil ICI.

C’est typiquement le genre de petit appareil qu’on tient dans une main, ayant pré-réglé la distance de prise de vue (zone focus), la dragonne autour du poignet, et avec lequel on déclenche à la taille en photo de rue. Redoutable d’efficacité et de discrétion.

Pas très courant, il se négocie pourtant autour des 40€ maximum avec sa dragonne et un bouchon d’objectif. Pas de quoi vous ruiner !

Petite video d’illustration :

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Cosina_Compact_35_S, https://kamerastore.com/products/cosina-compact-35s-1 en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2388-Cosina_Compact%2035S.html, en français

Argentique

Le Yashica Partner

C’est dans une caisse chez Emmaüs que j’ai trouvé ce petit appareil, dans son étui.

C’est d’ailleurs celle-là qui m’a intrigué : je ne voyais pas de modèle « connu » dans une si petite gaine marquée Yashica. Donc, je l’ai ouverte pour en sortir ce petit carré en plastique à la forme intéressante, avec un abattant pour dégager l’objectif, à la mode des Minox 35 GT.

Tiens, tiens, jamais vu ce modèle …

Mais disons le tout de suite, la comparaison avec le Minox s’arrête bien vite : s’il possède un volet pour dégager l’objectif, la taille est un peu plus grande et les réglages plus simplistes, je vais y revenir.

N’empêche, il a un petit cachet intéressant ce Yashica Partner. Je l’ai donc emporté.

Je l’ai déjà souligné, il est tout en plastique (on est loin de la qualité des Electro 35) et s’il fait, comme on dit, « son petit poids », c’est parce qu’il y a deux piles AA dans le corps, pour alimenter le flash intégré.

Fabriqué à Hong-Kong pour Yashica dans les années 1983 – 1986, il fait partie de ces petits appareils sans prétentions mais avec ce petit quelque chose dans le design qui retient l’attention.

Lorsque vous faites basculer le volet qui protège l’objectif vers l’avant, vous découvrez un objectif de 38mm ouvrant à f4. Signé quand même Yashica Lens (heu, pas Yashinon quand même).

Autour de la platine qui vient de se découvrir, une inscription à gauche (vu de face) indique un réglage de la sensibilité du film (limité à 100 ou 400Asa) et de l’autre côté, un réglage pour le flash ?

Vu par au-dessus, l’objectif montre deux bagues : la première, contre le boitier, ne tourne que pour sélectionner les valeurs Asa (400 et 100) et elle porte les indications d’ouvertures (soleil, nuage lumineux, nuage) et de l’autre côté les indications de distances (pictogrammes en rouge pour portait, portrait groupé, groupe, infini).

Vu la taille des bagues, elles ne sont pas pas facile à manipuler mais je sens 6 crans sur la première bague en allant de nuage à plein soleil. Le diaphragme passe sans doute ainsi de f22 à f4.

Quant à l’autre partie de la bague, celle aux inscriptions en rouge, alors que je pensais qu’elle réglait la distance, de fait oui, mais pour l’utilisation du flash.

Flash que l’on met en batterie en actionnant un petit coulissant à l’arrière en haut : la lampe témoin du flash se soulève pendant que l’on entend le petit bruit strident habituel du flash qui charge.

Qui dit réglage de la sensibilité dit normalement cellule : celle-ci est nichée sur le pourtour de l’objectif (un petit œil rond). C’est une cellule au CdS, alimentée par les 2 piles AA déjà mentionnées.

En cas de lumière insuffisante, une petite diode rouge signale, dans le viseur, qu’il faut actionner le flash. C’est d’ailleurs tout ce que vous trouverez comme indication dans le viseur, réduit à sa plus simple expression (pas de cadre, pas de correction de la parallaxe) mais assez large (pour couvrir le 38mm) et finalement lumineux.

Si l’on tient compte de la plage d’ouverture proposée, la vitesse d’obturation, unique, doit être de 1/100s. Mais ça reste très théorique.

Sur le dessus du capot, un bouton rouge en saillie, c’est le déclencheur, derrière lequel se niche le compteur de vue (qui se remet à zéro à l’ouverture de la chambre).

L’armement se fait avec une molette, à l’arrière du capot. Impossible de déclencher, vous vous en doutez, si le volet est fermé.

Sur le dessus du flash à peu près, une molette avec la manivelle pour rembobiner un film. Pour débrayer l’entrainement du film, il faut trouver le minuscule picot en plastique qui est en dessous, vaguement protégé par un renfoncement dans le plastique de la semelle.

Ah, et il y a aussi, sur la semelle, un filetage pour un trépied.

Pour ouvrir la chambre, il fut actionner un petit verrou et tirer doucement le renflement prévu à cet effet sur la semelle. Pour refermer, opération inverse mais gardez en tête que le verrou et le crochet sont en plastique (mieux vaut les aider pour ne rien casser).

La bobine réceptrice est largement ajourée pour permettre l’insertion facile de l’amorce d’un film. Les rails de guidage sont minimalistes mais un minuscule plot permet de se mettre droit, dans l’axe de la roue crantée lors du chargement de la pellicule.

Et nous en avons déjà terminé !

En résumé, un petit appareil au look sympa, qui ne va pas révolutionner l’histoire de la photographie mais qui a pu avoir son petit succès (quoique in fine je n’ai pas trouvé pléthores d’information à son sujet).

Plutôt un petit objet à collectionner sans se ruiner : donner plus de 10€ serait une erreur à mon sens (sauf si vous tombez sur une version dorée à l’or fin, mais j’ai des doutes).

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Yashica_Partner, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Yashica_Partner en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3060-Yashica_Partner.html, en français

Argentique

Le Canon Prima Sol

Celui-ci ça fait un moment que je le cherchais et c’est grâce à une charmante dame qui se défait lentement de la riche collection de son mari que j’ai pu l’acquérir.

Il est tout beau, tout propre, avec sa petite pochette en satin gris.

Mais que je vous explique mon intérêt pour ce petit compact original.

Alors comme d’habitude, faisons le tour des dénominations utilisées : il s’appelle Autoboy SE au Japon, Sure Shot Delsol en Amérique du Nord et Prima Sol en Europe

C’est un compact de la gamme Prima, un des bestseller de Canon dans les années nonante.

Lorsqu’on le voit pour la première fois, fermé, on doute : radio de poche, chargeur de piles ? Et puis il y a le mot Canon sur le devant, qui devrait nous mettre sur la piste …

Car ce qui intrigue, c’est ce panneau solaire sur le devant.

« Non, ils ont osé mettre un panneau solaire sur un appareil photo ? »

Eh oui, il s’agit même du premier appareil photo au monde à utiliser exclusivement l’énergie solaire pour ses besoins de fonctionnement !

Oui, vous avez bien compris : voici le premier appareil photo qui n’utilise que l’énergie solaire pour charger des batteries internes grâce à des cellules photoélectriques haute performance situées sur sa face avant.

Ah, j’entends déjà quelques personnes qui se récrient : le premier appareil a énergie solaire est le Ricoh XR-S de 1981.

Source : The Chens. On voit bien les cellules solaires sur les 2 côtés du prisme

Et bien non car si le XR-S avait un panneau solaire de chaque côté du prisme, ils ne faisaient que compléter l’alimentation du circuit de mesure et ils n’alimentaient pas l’ensemble de la caméra comme sur le Prima Sol. De plus, si le soleil faisait grise mine, le posemètre disposait d’une source d’alimentation de secours de 1,5 volts via une SR44/LR44, contrairement au Prima Sol qui n’est alimenté que par la batterie chargée par le panneau solaire.

La batterie solaire amorphe (source d’alimentation principale) et une batterie lithium-ion (source d’alimentation secondaire) fonctionnent en tandem. Le soleil fournit toute la puissance nécessaire au système AF, à l’obturateur électromagnétique programmé, au flash intégré et au transport du film. Une caméra écologique avec un concept de développement futuriste pour l’époque.

C’est en mars 1995 que Canon a sorti cette petite bombe « verte » avant l’heure, car c’est un appareil autonome et conçu pour être peu gourmand en énergie (une recharge solaire de 6h assure l’utilisation de l’appareil avec 5 films de 36 vues).

Pour le reste, il intègre les composants du Prima Mini (Autoboy F ou Sure Shot M), à savoir :

  • Une mise au point entièrement automatique avec un objectif 32 mm f/3,5.
  • Un autofocus intelligent à 3 points
  • Une ouverture et un obturateur à commande électromagnétique.
  • Plusieurs mode flash (automatique, anti-yeux rouges, débrayé)

Son utilisation est des plus facile : tout d’abord éloignez le panneau des cellules solaires en le poussant doucement vers le bas et l’appareil s’allume, l’objectif se déplie. Vous le portez à l’œil et visez à travers un viseur placé au milieu du boitier (couverture de 84% avec un grossissement de 0,32). Au centre, une croix qui est l’indication de l’AF et des lignes de cadre. Une LED verte s’allume lorsque la mise au point est verrouillée sur le sujet. Cette lampe clignote lentement quand on effectue un gros plan et plus rapidement pour signaler un risque de bougé (faible lumière).

Une pression légère sur le gros bouton orange, clic-clac, c’est dans la boîte et l’appareil entraine le film à l’image suivante, assez silencieusement.

Lorsque vous avez fini votre prise de vue, refermez doucement le panneau, l’objectif se rétracte et l’appareil s’éteint.

Comme il est tout automatique, vous vous doutez bien que le nombre de boutons de commande est limité.

De fait, outre le bouton orange du déclencheur, sur le dessus, il y a sur le côté droit (vu de face) deux boutons pour le contrôle du flash (celui du haut le coupe et force le boitier à choisir une vitesse lente qui peut aller jusqu’à 1s) et l’autre active la synchro lente en cas de fill-in (déboucher des ombres).

En dessous de ces boutons, le verrou pour ouvrir la chambre et y placer un film.

Toujours sur la tranche droite (en le regardant de face), vous verrez un gros bouton rouge. Il permet d’activer l’affichage de la charge sur le petit écran LCD qui est sur le devant de l’appareil. Lorsque vous appuyez dessus, vous verrez la silhouette d’une pile, divisée en 4 parties et celle qui est noircie correspond à la charge restante.

Alors je ne sais pas si vous possédez des panneaux solaire chez vous, ou comme moi montés sur un camping car, mais lorsque le soleil brille et les active, ça chauffe.

Canon en était aussi conscient car si vous laissez votre appareil 6 heures en plein soleil, la température interne va vite grimper et risquer d’abimer le boitier. Le panneau des cellules peut se déplacer vers l’avant s’il détecte cette montée de température et s’il ne le fait pas, actionnez le petit bouton sur la tranche gauche, son petit cœur de silicium vous remercie.

Au point de vue qualité des prises de vue, comme avec tous les Prima, l’appareil prend tout en charge et il le fait bien.

Personnellement, j’apprécie particulièrement son objectif plutôt grand angle (32mm).

Mais que penser de ce drôle d’engin ?

C’est peu dire qu’il s’agit d’un boitier original, qui sort des sentiers battus car dans les années nonante, Pentax, Olympus, Minolta par exemple sortaient aussi d’excellents petits compacts. Munir celui-ci d’une technologie particulière était gage d’interpeller le public blasé.

Toutefois, son prix put être un obstacle. En effet, le coût des cellules photovoltaïques était encore important en 1995, tout comme la pile lithium-ion peut courante à l’époque (le classique des rechargeables était le Nickel Cadnium moins performant).

Ensuite, paradoxe du Canon Prima Sol, sa batterie devrait être remplacée après dix ans d’activité ou … d’inactivité. Et là, les ingénieurs n’ont jamais pensé que les clients les remplaceraient eux-même car la pile est soudée.

Appareil écologique doté de l’obsolescence programmée ? Un comble, non.

Mais les férus de ces vieux machins ont plus d’un tour dans leur sac et si celui que vous avez trouvé, ou que vous possédez, est en panne de batterie, allez voir sur le site de Mike Eckman, il vous explique comment remplacer celle-ci.

Je l’ai emporté avec nous lors de vacances familiales, pour le tester. Je n’ai pas terminé encore le film malheureusement. Mais de cette courte expérience d’utilisation, que retenir ?

L’appareil est très plaisant à utiliser, très facile à manipuler. Pourtant, second paradoxe de celui-ci, le fait de devoir ouvrir le panneau avant de prendre une photo n’est pas un geste très naturel ni discret, et le laisser ouvert augmente le risque de l’heurter et le casser. Mais le plus perturbant est que finalement un compact, on le met dans un petit sac, une grande poche, voire on le porte autour du cou (la dragonne est assez longue). Dans ce dernier cas, il va faire le plein de soleil, sinon il faudra le ressortir pour le placer sous la lumière.

Rappelez-vous, il n’y a pas de piles de secours en cas de décharge.

Personnellement, ça ne m’a pas posé problème, le portant justement autour du cou ou le déposant (sous bonne garde) sur une table voire un accoudoir à une terrasse.

Mais je le remiserai pour les mois d’automne et hiver, le plaçant parfois sous une bonne source lumineuse pour entretenir sa batterie.

Ce n’est pas un appareil courant et il est même assez rare à trouver. Son prix s’en ressent : un bel exemplaire fonctionnel se négocie encore autour des 100€.

Si vous êtes curieux et que vous avez la chance d’en trouver un, n’hésitez pas, au delà du gadget du panneau solaire, c’est un excellent petit appareil photo.

Pour des exemples de photos prises avec cet appareil, c’est par LA.

Video d’illustration :

Un peu de technique :

  • Objectif 32 mm f/3,5 avec 3 éléments répartis en 3 groupes.
  • Autofocus intelligent à 3 points de 45 cm à l’infini.
  • Exposition automatique avec des vitesses d’obturation allant de 2 s à 1/250 s.
  • Plusieurs modes de flash, dont réduction des yeux rouges, suppression et synchronisation lente.
  • Chargement automatique, décodage DX, avance et rembobinage du film 35 mm.
  • Posemètre : cellule en silicium, AE entièrement programmé
  • Alimentation : pile au lithium-ion rechargeable 3 V CR-123A et panneau solaire amorphe en tandem
  • Dimensions et poids : 124x67x46 mm, 260g

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Canon_Sure_Shot_Del_Sol/Prima_Sol/Autoboy_SE, https://global.canon/en/c-museum/product/film178.html, https://mikeeckman.com/2019/06/canon-sure-shot-del-sol-1995/ en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10087-Canon_Prima%20Sol.html, en français

Argentique

Le Nikon L35 AW AF

Si vous vous en souvenez, je vous ai déjà présenté la version baroudeur du classique de chez Nikon, le Nikon L 35 AF AW AD (ouf !).

En gros, ce modèle reprenait les caractéristiques du « classique » Nikon L 35 AF mais , vous pouviez le plonger dans le sable, la poussière et à 3 mètres de profondeur.

Bon, comme aujourd’hui je suis un peu fainéant, et frustré par cet appareil – vous allez comprendre pourquoi – je vous renvoie à l’article pré-cité pour les qualités de l’engin.

Alors, pourquoi suis-je frustré de ce Nikon L 35 AW AF (ou Action Touch aux USA) ?

C’est sur une brocante à Rhodes-St-Genèse, commune à facilité appelée Sint-Genesius-Rode en flamand, à majorité francophone mais administrée par des flamingants obtus, que j’ai acquis cet appareil, avec sa trousse.

La dame âgée qui le vendait, accompagnée de sa fille, en voulait 25€. Après quelques négociations (c’était le dernier appareil que j’achetais sur cette brocante, que j’avais toute parcourue et ça fait quelques kilomètres !), je l’ai emporté pour 15.

Et j’ai commis une horreur de débutant, je n’ai pas vérifié le compartiment des piles.

Chose que je n’ai faite qu’une fois rentré à la maison, le soir.

Et là, comment le dire poliment ? … je me suis bien fait avoir !

Mais voyez plutôt les photos

Tout le compartiment est littéralement mangé par l’acide, j’en ai retiré un paquet bien compact ! Ça ne laisse présager rien de bon : sans doute l’électronique en a-t-elle pris un coup aussi.

Bref, ne faites pas comme moi, lorsque vous achetez un appareil argentique, vérifiez toujours si les piles n’ont pas coulé, s’il n’y a pas de traces d’oxydation, si tous les contacts sont intacts.

Ceci étant, ce Nikon L 35 AW AF est-il très différent du premier du nom, celui qui permit, en 1983, à Nikon d’enfin rivaliser avec le Canon ?

Oui et non. En 1984, petite évolution avec une indication dans le viseur de la distance de mise au point, la sensibilité des films portée à 1000 Iso (au lieu des 400 de « l’ancien ») et la vitesse maximale passe au 1/700s (contre 1/430s avant).

Lancé en 1985, le Nikon L35 AF-2 a gardé son bel objectif 35mm ouvrant f2,8 (mais maintenant en 3 éléments), son très bon autofocus (pour l’époque s’entend), son flash intégré bien géré.

Par contre, il perd la compensation d’exposition (+/- 2) et on ne peut plus monter de filtre sur l’objectif, ni pare-soleil, ni lentilles de conversion (en fait, il n’y a plus de filetage) et on ne peut pas débrayer le flash.

Pas de quoi se pâmer mais ça fait le job … quand ça fonctionne car il apparait qu’une panne récurrente de ces appareils est l’enroulement du film une fois celui-ci terminé. Bien souvent, ça cale et impossible de rentrer le film dans la cartouche.

De fait, c’est Fuji qui lance la mode de ces appareils « étanches » avec sa série de baroudeurs. Eux sont partis d’une page blanche et ont conçu un nouvel appareil avec un cahier des charges précis.

Source : Collection-appareils.

Canon, avec son AS-6, puis Nikon avec son L35 AF AW ne font que modifier des boitiers existants. Est-ce pour rattraper leur retard ?

Source : Micke Eckman

Nikon modifie donc son L 35 AF-2 pour le rendre étanche jusqu’à 3m.

Et il le fait sérieusement car il propose la mise au point autofocus, que les autres ne proposent pas (encore). Maintenant, il faut relativiser cette « avancée » car elle fonctionne grâce à de l’infrarouge, qui est inefficace dans l’eau. Il faut alors revenir à la mise au point manuelle. Conscient de ce soucis, Nikon la rend débrayable (la grande molette sur le dessus).

Quel que soit le mode de mise au point choisi, une aiguille se déplace dans le viseur devant des repères classiques (portrait, groupe, montagne, etc.) pour aider le photographe et le plongeur photographe.

Soyons quand même prudent, la plongée se limite à 3m. Mais le boitier est étanche à l’eau, à la poussière, au sable et au froid. Ce n’est déjà pas si mal que ça.

De fait, cet appareil est identique au Nikon L35 AF AW AD que je vous présentais, le dos dateur (AD) en moins. Nous avons donc L 35 pour la lignée, AF pour l’autofocus et AW pour All Weather (tout temps).

Déjà vendu très cher au moment de sa sortie, il est proposé en plusieurs livrées colorées (bleu, orange, rouge et noir).

Les images produites par cet appareil restent très bonnes, voyez ICI quelques exemples parlant.

Pour moi, cet appareil a cependant un gros défaut (mais il n’est pas le seul dans ce cas) : son prix, disproportionné encore de nos jours (plus de 100€).

N’oublions pas qu’il a 40 ans, tout plastique et, c’est reconnu, sujet à une panne handicapante (rembobinage HS). Alors, en cas d’achat, outre les piles à vérifier (oui, je sais, je fais une fixation), emportez un film test à mettre dedans et vérifiez si tout fonctionne parfaitement.

Pour ma part, j’estime qu’il ne vaut pas plus de 30€ maximum avec sa trousse d’origine et sa dragonne.

Mais je vous ai noté sa solidité, sa capacité à prendre des photos dans des conditions de froid polaire et bien j’ajoute que son électronique est aussi très résistante.

En effet, vous me connaissez, un peu têtu, après avoir nettoyé consciencieusement le compartiment des piles et la chambre, j’ai pris le pari un peu fou que le boitier pouvait encore fonctionner.

Et hop, deux piles de 1,5v plus tard il … redémarre !

C’est assez inhabituel, pourtant tout fonctionne parfaitement : le flash, l’armement automatique, le chargement du film, l’autofocus, tout je vous dis !

Faudra juste mettre un bout de gaffer dans la chambre pour éviter tout risque de fuite de lumière (ce qui me semble peu probable, mais on ne sait jamais), et hop, voici un appareil qui revient de loin.

Des publicités d’époque grâce à Collection Appareils et Appaphot.

Une pub typique des années quatre-vingt

Une pub. japonaise, avec Latoya Jackson.

Petite video de présentation

Des références : https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12763-Nikon_L35%20AWAF.html, http://www.appaphot.be/brands/nikon/nikon-l35-aw-af-noir/ en français; https://filmphotography.eu/en/nikon-l35-aw-af/, https://casualphotophile.com/2019/07/10/nikon-l35aw-action-touch-review/, http://camera-wiki.org/wiki/Nikon_L35AWAF/L35AWAD/Action%E2%80%A2Touch en anglais.

Argentique

Le Canon MB-901Universe

C’est dans une grande caisse, chez Emmaüs à Ghlin, que j’ai trouvé ce petit compact.

Sous l’épaisse poussière qui le recouvrait, se cachait un petit Canon à la forme assez atypique, du moins pour la marque.

De retour à la maison, passage par un bon nettoyage puis installation de 2 piles AA très communes. J’ai dû batailler un peu car un des contacts était plié et tous les deux un peu oxydés, mais pas par l’acide de piles qui auraient coulé, non et heureusement.

Finalement, en faisant jouer un peu la porte qui cache l’objectif et qui sert d’interrupteur, il finit par se ranimer : clic-clac, le flash explose à chaque fois et le moteur ronronne en réarmant. C’est bon signe…

Allez, petit tour sur la grande toile pour trouver des infos et compléter mes impressions afin de vous présenter un article le plus rigoureux possible, comme d’habitude.

Et là, j’ai beau chercher partout, rien, nada, nothing, niete, … le grand vide !

Je trouve des infos sur un Canon NV-901, mais c’est un caméscope et il y a bien une référence MB-901 mais chez AEG pour l’ancêtre du GSM (véhicule de voiture).

Même en faisant une recherche via Google Image. Il y a plein de petits compacts qui apparaissent, qui s’en approchent mais pas de Canon MB-901.

Je retourne la référence dans tous les sens, toujours rien. Même le mot « Universe » est une impasse, comme celle de … l’univers (en français).

Je soupçonne d’ailleurs que ce soit une dénomination « commerciale » au sens où l’appareil était peut-être un produit donné en cadeau promotionnel.

Bon, alors je me lance, sans filet …

Comme je le disais, sa forme est peu commune chez Canon. Il ressemble plutôt à un Olympus Mju ou un Olympus AF-1 Super, voire un Canon MC (plus ancien) avec sa porte coulissante devant le viseur et l’objectif, qu’elle protège.

Je dirais donc qu’il doit dater de la même époque à peu près, soit le début des années nonante.

Sa taille est relativement réduite mais il reste épais avec un petit bossage à l’arrière, qui assure une meilleure tenue tout en abritant le logement des piles.

Pas de réglages, sauf électroniques et donc cachés. En effet, outre le bouton de déclenchement, assez long et chromé, il n’y a aucune commande.

Le flash se déclenche automatiquement, selon la lumière détectée, mais impossible de le débrayer. Celui-là, vous l’oubliez si vous visitez un musée, sauf à courir vite !

Toutefois, si j’en crois ce qui est inscrit sur l’appareil, il évite que vos sujets aient l’air de lapins affolés quand le flash se déclenche (réduction des yeux rouges – Autoflash Red Eye). Une « pastille » sous le flash émet un pré-éclair pour se faire.

Donc, vous avez fait glisser la porte vers la droite, dévoilant ainsi un objectif fixe de 24mm f5,6 baptisé Sport Lens (made in Japan). La focale est aussi peu habituelle, un 24mm, c’est un grand angle.

Le viseur, assez large, est collimaté et il y a aussi des lignes pour la correction de parallaxe. J’imagine qu’il est déconseillé de descendre sous les 20cm pour les prises de vue.

Comme il se doit, lorsque vous ouvrez le dos du boitier pour y glisser une bobine, tout est en plastique dans la chambre.

Deux minuscules contacts doivent « lire » le codage DX des films dont vous le nourrissez. De toute manière, il n’y a pas de commande pour régler autrement la sensibilité du film.

L’amorce doit être tirée juste au dessus de la bobine réceptrice. Une roulette et une languette fixée au dos guide la pellicule pour un bon accrochage, vous ne devez rien faire, l’appareil charge celle-ci jusqu’à la première vue lorsque vous refermez la porte.

Une fenêtre dans la porte arrière vous permet de voir si un film est dans la chambre. Vérifiez que la mousse est toujours bonne, sinon fuite de lumière assurée.

Notez qu’il y a un compteur de vue, sur le dessus, qui se réinitialise à chaque ouverture du compartiment.

A côté du viseur, vous ne pourrez pas la rater, une diode verte vous indique si la photo peut être prise, rien de plus. Je soupçonne aussi qu’elle indique la recharge du flash.

Etant donné l’architecture de l’appareil, je peux conclure qu’il est tout automatique et que la cellule, selon la lumière perçue, règle la meilleure vitesse. Mais j’ignore totalement le spectre des vitesses. Toutefois, selon l’époque, le style de l’appareil, je pense que nous devrions être du 1/60s (flash) au 1/250s, comme les concurrents du moment.

Si je résume, voilà un Canon dont je me demande si c’est bien un …Canon (mais il est bien marqué « made in Japan »).

Une petite curiosité en somme.

Si vous en trouvez un, faites comme moi, testez le, on ne sait jamais, sur un malentendu, il pourrait rendre des services.

Argentique

Le Skylark Mansfield

Un petit appareil singulier que celui-ci. Déjà, j’ai dû batailler ferme pour faire baisser son prix, irréaliste, proposé par un vide-grenier qui, comme souvent, ne savait pas ce qu’il vendait mais le vendait … cher !

Nous étions sur une des dernières brocantes de l’année sans doute, à Forest, sous le soleil inhabituel de ce mois d’octobre 2023 (27°C à l’ombre et il y avait peu d’ombre).

Il n’est pas de toute jeunesse et il a un peu souffert mais j’aime bien sa « bouille » sympathique et, surtout, je n’en ai jamais vu auparavant.

J’ai donc deux noms indiqués sur l’appareil et un sigle stylisé : Mansfield sur la face avant, tout comme le sigle(un « M ») et Skylark sur le capot supérieur.

Premier indice déroutant, il est noté « made in Japan » sur la semelle.

Après quelques recherches sur la Grande Toile, il apparait que Mansfields soit américain et l’appareil lui est japonais.

  1. Un peu d’histoire.

J’explique : Mansfield Industries est une société qui était établie à Chicago. Elle distribuait des appareils photos sur lesquels elle re badgeait son nom, comme d’autres le faisaient (Revue en Allemagne, Hanimex en Australie, p. ex.). Cette activité s’est étendue de 1950 à la moitié des années soixante.

Voilà pour le côté américain du nom et du sigle.

Se seraient-ils inspiré de la Buick Skylark pour le nom, elle aussi sortie en 1961 ?

Buick Special, re nommée Skylark pour le haut de gamme, animée par un V8 compact

Ne nous égarons pas ! L’appareil est bien japonais, fabriqué par Yamato Optical Company sous le nom de Yamato Palmat Automatic. Lancé en 1961, c’est le seul appareil noté Skylark et Mansfield.

De fait, quatre appareils ont été baptisés Skylark par Mansfield : un appareil Argon qui était lui-même la version destinée à l’exportation du Windsor 35 produit par Toko Photographic Works (1957). Un télémétrique avec un objectif de 45mm ouvrant à f1,9 avec une pause B et des vitesses de 1s à 1/500s

Puis un Royal 35M, fabriqué par la Royal Camera Company, renommé Mansfield Skylark E, lui aussi de 1957. Toujours un télémétrique mais couplé, ici avec un objectif Tominar de 45mm ouvrant à f1,9 et des vitesses de 1s à 1/500S plus pause B et déjà une cellule au sélénium non couplée.

Ensuite, toujours la même année, un autre Royal, le 35P, devient le Skylark V. Ici c’est un « point and shot » très mince avec un objectif Cimenar de 45mm ouvrant à f1,9 et des vitesses de 1s à 1/300s avec pause B.

2. Présentation.

Enfin, en 1961, celui qui nous préoccupe, un Palmat Automatic légèrement modifié. C’est un « point and shot » avec un objectif Mantar ou Luminor Anastimag de 40mm qui semble ouvrir à f4 (mais certains auteurs pensent à un triplet ouvrant à f2,8), avec des vitesses de 1/10s à 1/200S et une pause B.

Mais sa particularité est de posséder une cellule au sélénium couplée (pas besoin de batterie donc). Toutefois, il perd le télémètre.

Seconde particularité (et je n’ai jamais vu ça ailleurs), sur le fut de l’objectif il y a 5 chiffres (de 2 à 6) et la lettre B gravés.

De fait, il faut se reporter au dos de l’appareil pour trouver un tableau qui reprend ces 5 chiffres en fonction de la vitesse du film que vous allez utiliser. Celle-ci est exprimée en ASA/DIN. Le chiffre retenu règle la sensibilité du posemètre.

Mais il y a encore un second réglage, situé en dessous de l’objectif, avec 3 lettres A – B – C et AUTO. En plein jour, positionné sur «Auto», l’ouverture est réglée automatiquement par un mécanisme d’aiguille piégée entraîné par le posemètre. C’est le principe utilisé par l’Olympus Trip 35 ou le Paxina Electromatic. Je vous renvoie aux références en bas d’article sur ce principe.

Il vous suffit alors de viser et déclencher, l’appareil règle l’ouverture. Si le signal vert apparait dans le viseur, c’est qu’il y a assez de lumière pour prendre la photo, sinon il faut monter un flash.

En cas d’utilisation dudit flash, il faut se reporter au guide noté dans le mode d’emploi et mettre le curseur sur « Auto » tandis que le guide sur le fut de l’objectif doit être positionné sur 2.

En fin de film, vous devrez appuyer sur le bouton de remise à zéro du compteur pour pouvoir rembobiner la pellicule dans sa bobine.

Le compteur et le bouton pour le rembobinage.

Le viseur, large et clair (il me fait penser aux viseurs des Voigtländer Vito) est seulement marqué d’un cadre lumineux, avec correction de la parallaxe pour les prises de vue rapprochées.

Un petit « mécanisme » ingénieux indique si la lumière est suffisante pour prendre la photo : un dispositif périscopique filtre en vert la lumière ambiante. Si celle-ci est suffisante pour activer le posemètre, elle apparaît dans le viseur telle une diode alors que ce n’est que la lumière réfléchie.

Le déclencheur, à droite en façade, est comme un curseur qu’il faut descendre pour actionner le déclenchement.

Pour charger l’appareil, il faut tourner une clé, en dessous (position L = lock ou O = open) et c’est tout le dos qui glisse vers le bas. La bobine réceptrice n’a qu’une « feuille » sertie dessus, dans laquelle il faut glisser l’amorce du film. Pas très rapide comme système (et je comprends la hantise de certains amateurs de l’époque dès lors).

Les rails dans lesquels coulissent le dos sont profonds, ce qui assure une bonne étanchéité à la lumière. Toute la chambre est floquée en noir, pour éviter tous rebonds de lumière éventuelle.

Petit détail, en dessous de l’appareil, deux ronds soudés (dont un contient le pas de vis pour trépieds) sur la semelle assurent que celui-ci tient bien « debout ».

3. Conclusion.

C’est un petit appareil qu’on assure bien en mains, malgré sa petite taille. Même si le déclencheur est à une place peu confortable (j’ai souvent tâtonné pour déclencher), c’est une petite machine à photographier qui semble avoir été bien pensée.

Il est assez rare et donc son prix aura tendance à prendre de la hauteur, surtout pour un exemplaire en très bon état. Le mien vaut 50€. Juste à vérifier que la cellule fonctionne toujours. Pour la protéger et sauvegarder son utilisation, pensez à glisser l’appareil dans une pochette.

Si vous en trouvez un, faites-vous plaisir, prenez-le, il en vaut la peine.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Mansfield_Skylark, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1382.html, https://pbase.com/cameras/mansfield/skylark en français; https://camerapedia.fandom.com/wiki/Mansfield_Skylark, https://collectiblend.com/Cameras/Mansfield/Skylark.html, http://tazmpictures.com/site/?p=3846, https://fr.wikipedia.org/wiki/Buick_Special, http://camera-wiki.org/wiki/Trapped_needle, en anglais.

Argentique

Le Samsung Fino 70S.

Encore un appareil déniché en brocante, à Namur.

J’ai d’abord vu la boite, puis le nom de l’appareil et, curieux, j’ai ouvert celle-ci pour y trouver l’appareil dans sa pochette, les papiers habituels, et une boite de film non entamée, plus celui qui est à l’intérieur.

J’ai pourtant hésité car Samsung (Corée du Sud) n’est pas le plus (re)connu des fabricants d’appareils photos analogiques et celui-ci fleure bon la fin des années nonante (quatre-vingt-dix pour nos amis français).

De fait, Samsung fut présent dès la fin des années quatre-vingt sur le marché de la photographie. Le groupe Samsung possède surtout un savoir faire très développé dans le secteur de l’électronique grand public, notamment. Il développera donc assez naturellement des appareils qui utilisent ces technologies, comme les compacts autofocus de ces années-là.

Fin des années 2000, ils développeront même des appareils numériques.

Mais si le groupe est puissant, il n’a pas réellement un passé dans la photographie, pas comme les « historiques » que sont, par exemple, Canon, Nikon, Fuji, Leica, Olympus, Pentax, etc.

Ils essaieront donc de créer des associations avec d’autres constructeurs, tant d’appareils photo que d’objectifs plus connus qu’eux sur ce marché, mais sans grand résultats.

Peut-être un peu trop « sur eux-mêmes », ce sera un échec, malgré des appareils riches de fonctions innovantes. Les ventes resteront confidentielles et en 2015, le groupe jette l’éponge, se concentrant sur le marché en pleine expansion du Smartphone, avec les résultats que l’on connait maintenant.

Nous devrions donc retrouver dans ce Fino 70S tout le savoir-faire électronique de la marque.

Sans surprise, ce sera un appareil tout automatique, comme les concurrents du moment (2000). C.-à-d. que lorsque vous déposez un film dans la chambre, le boitier lit le codage DX de la cartouche et ajuste le réglage de sa cellule. Manuellement (si, si, un peu quand même) vous amenez l’amorce jusqu’au trait au dessus de la bobine réceptrice et refermez le dos. Le moteur enroule la pellicule et la prépare pour la première vue. Celles-ci s’enchainent automatiquement et en fin de course, l’appareil rembobine le film.

Du grand classique des compacts de ces années-là.

Avec une mention bien (pour les plus de quarante ans), une correction dioptrique à côté du viseur, ça aide toujours !

Revenons un instant sur ses particularités : un zoom d’une amplitude raisonnable, un 38 – 70mm ouvrant de f4,8 à 6,3. La mise au point se fait automatiquement, il suffit de viser votre sujet.

La cellule gère des sensibilités de 50 à 3200Iso et l’appareil calcule l’exposition la plus juste pour la prise de vue, sans que vous puissiez intervenir. Du classique toujours.

Le flash intégré peut être débrayé et vous avez plusieurs modes, allant du fill-in (débouchage des ombres), au flash avec pré-éclairs pour éviter à vos sujets d’avoir les yeux rouges.

Si le Fino 70S règle l’exposition, il règle aussi la vitesse d’obturation, encore une fois sans vous demander votre avis. Mais comme il le fait bien, laissons-le tranquille ou achetons un autre appareil qui en donne la possibilité.

Sachez toutefois que les vitesses s’échelonnent de 1/3s à 1/250s et propose une pose B, peu courante sur ces appareils.

Et l’inévitable retardateur de plus ou moins 10 sec. Un pas de vis vous permet de le fixer à un trépied si besoin.

Des modèles peuvent être équipés d’un dos dateur, assez en vogue à l’époque et gageons que pour ces appareils, il soit encore actif (ils n’ont qu’une vingtaine d’année en somme !).

Pour vous convaincre, quelques photos prises avec cet appareil sont visibles ICI.

Ah oui, pour l’alimentation, une simple pile CR123 suffit.

Cet appareil n’a pas révolutionné le monde des compacts des années 2000 mais il propose ce qui se faisait de bien à l’époque sous une robe flatteuse (le « S » du 70S indique qu’il est « silver » car il a existé en noir).

Donc, si vous cherchez un petit appareil, léger, facile à embarquer dans vos aventures, qui se débrouille plutôt bien pour donner vie à vos histoires photographiques, ce petit Samsung Fino 70S va répondre à ces demandes.

A l’éternelle question du prix, si vous en trouvez un tout beau (et tout complet comme ici), pas plus de 30€, pour ne pas le regretter, sinon 20€ est raisonnable.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Un peu de technique :

Compact 35mm tout automatique
Zoom 38 mm – 70 mm avec autofocus
La plus grande ouverture f/4.8
Temps d’exposition1/250 s à 1/3 s, Bulb
Sensibilité cellule : 50 à 3200Iso
Modes d’exposition automatique
Flash intégré
Support de trépied Oui
Retardateur Oui
Alimentation 1x pile CR123A
Taille 12,3 x 6,7 x 4,3 cm
Poids 210 grammes

Des références : https://www.35mmc.com/02/01/2021/samsung-fino-70s-review/, https://filmphotography.eu/en/samsung-fino-70s/, en anglais.