Argentique

L’étrange Norca, venu de Paris

Préambule.

Voici le second appareil acheté lors de la dernière brocante du Grand Large.

Tout aussi rouillé que le Hollywood, il est quand même un brin plus sophistiqué me semble-t-il, et assez surprenant, vous verrez.

Alors, partons à la découverte de ce Norca, Paris.

Un peu d’histoire.

C’est la FAP, Fabrique d’Articles Photographiques, une entreprise située à Suresne, non loin de Paris, qui a fabriqué cet appareil vers 1938. Sans doute le passage de la Seconde Guerre Mondiale lui fut-il fatal car elle disparait en 1948. Il faut préciser que le directeur de la FAP, Joseph Rosenfled, fut arrêté en 1940 et seulement relâché en 1945, longue période pendant laquelle la production fut suspendue.

La FAP laisse en héritage des variations sur le thème de ce Norca, un très insolite Norca Pin-Up et un Rower qui me fait furieusement penser au Univex Model A d’Universal.

Tout comme le Norca, qui ressemble étrangement à l’Argus A, américain lui aussi. Qui a copié qui, ou plus certainement, y a-t-il eut des échanges entre les entreprises françaises et américaines car la ressemblance est trop frappante.

Image showing two vintage cameras side by side. The left camera has a black body with a shiny lens and a silver shutter dial. The right camera features a metal body with a textured finish and a silver lens. Both cameras have a classic design typical of early photographic equipment.
Source : mes appareils. A gauche, l’Argus et le Norca B à droite.

Si vous vous rappelez ce que j’avais écris au sujet de l’histoire de l’Univex, nous pourrions avoir un début d’explication quant à ces moules : ils [Otto W. Githens et Jacob J. Shapiro] ont contacté une société spécialisée dans la fabrication plastique, la Norton Laboratories, qui avait dans ses cartons un prototype non encore couvert par un brevet, que nos deux loustics ont copié sans vergogne avant le dépôt de celui-ci.

Sherlock est en vacances, nous lui demanderons à son retour !

Ceci étant, le Norca sera décliné en versions A (1938) – B (1945) – le fameux Pin-Up (1947) – C (1948). Si les trois premières sont en bakélite, la quatrième sera en métal (aluminium) car fin des années quarante, début cinquante, le bakélite devient obsolète.

Il y eut même le prototype d’un Norca IIIa (24×36 à objectifs interchangeables, obturateur à rideau), présenté au Salon de la Photo de 1948, mais il resta en l’état, la concurrence ayant eu raison de l’entreprise française.

Bernard Vial affirme qu’il s’agit du premier 24×36 français, ce qui lui valut une certaine estime, même si ses qualités sont encore à démontrer.

La particularité du Norca est son objectif, rétractable : un tube métallique porte le bloc objectif/obturateur, qui se déplie en faisant pivoter une baïonnette et un ressort solide fait jaillir l’ensemble.

Autre chose importante à noter, ce Norca A fut un des tout premiers appareils à utiliser le format 24×36 en cartouche

Pour être assez complet, sachez que le Norca B avait un système plus rationnel pour sortir/rentrer son bloc objectif/obturateur, et ce dernier propose maintenant le 1/500s. Le Norca C offrait les mêmes capacités mais dans une robe métallique.

Présentation du Norca A.

Le Norca, premier du nom, ne reçu un A que lorsqu’il s’est agit d’en proposer un … B. C’est donc un appareil en bakélite, sauf le dos, en métal. Il a été conçu pour accepter les alors nouvelles cartouches de film 24×36.

La marque est notée sur le pourtour de l’ensemble objectif/obturateur mais ce dernier est un Gitzo. Deux types d’obturateur Gitzo étaient prévus : un avec une vitesses maximale de 1/175s et le second allant jusqu’au 1/300s. C’est celui qui équipe notre exemplaire du jour.

Le choix de l’objectif est aussi double : soit un Boyer Saphir de 50mm ouvrant à f3,5, soit un Berthiot Flor aux mêmes caractéristiques.

L’originalité de l’appareil réside dans le fait que cet ensemble soit monté sur un tube rétractable que l’on déverrouille en tournant vers la droite ou la gauche, le but étant de sortir les 3 lamelles des encoches de la baïonnette ; ensuite un puissant ressort pousse l’ensemble vers l’extérieur. Pour le rentrer, opération inverse, en appuyant fort sur ledit ressort et en tournant le bloc pour faire entrer les lamelles dans les encoches dans la baïonnette. Pas facile d’y arriver, le ressort est costaud, les lamelles fines et les encoches de la baïonnette étroites.

A noter que si tout l’appareil est en bakélite, la platine portant l’ensemble baïonnette/tube rentrant est en métal, visé dans le corps.

Les vitesses du Gitzo sont de 1/25s – 1/50s – 1/100s – 1/300s plus deux poses, B et T (pour mémoire, en pose B l’obturateur reste ouvert tant que vous appuyez sur le déclencheur, alors qu’avec la pose T, l’obturateur s’ouvre quand vous déclenchez et se referme si vous déclenchez une seconde fois).

Les ouvertures se règlent avec la couronne et s’échelonnent de f3,5 jusque f23.

La distance, elle, se règle avec le bord de la lentille de 1m à l’infini.

Sur la tranche du bloc, un trou fileté pour y installer un câble souple.

Le déclencheur est une simple tirette qui s’abaisse et revient à sa position initiale. Pas de couplage avec la molette d’avance du film ni protection contre les doubles expositions.

Sur le capot de l’appareil, juste au milieu, un viseur de Galilée et à sa droite, un compteur de vue, qu’il faut réinitialiser manuellement à chaque nouveau film.

Vue de dessus d'un appareil photo vintage Norca A, avec des commandes en métal et un revêtement en bakélite noire, posé sur une surface de travail.

Sur la tranche gauche du boitier, un verrou métallique pour libérer deux griffes qui maintiennent le dos. Ce dernier est pourvu d’un presse-film et d’un simple crochet à clipser sur la droite du boitier avant de tout refermer. Autant j’avais la quasi certitude que le Hollywood déjà cité était bien étanche à la lumière, ici, j’ai quelques doutes !

Appareil photo Norca A de 1938, en bakélite noire avec un objectif rétractable, posé sur une surface de travail.

La semelle du Norca possède deux grosses molettes, dont une fausse, qui contient en son centre le pas de vis à la mesure du Congrès pour fixer un trépied. L’autre sert à rembobiner le film en fin de course, après avoir appuyé sur le minuscule bouton en forme de champignon qui est derrière le compte-vue. Si l’objectif est rentré, l’appareil se tient bien droit sur ces deux grosses molettes, mais objectif sorti, il pique du nez.

Vue latérale du Norca A, un appareil photo vintage des années 1938, avec un corps en bakélite noire et une base en métal, montrant les molettes et le pas de vis pour trépied.

Enfin, deux tenons permettent de fixer une courroie pour porter l’appareil.

Que penser de cet appareil ?

Le Norca surprend quand on le connait pas : tout d’abord, son revêtement en cuir et son dos en métal laisse croire qu’il est fait de cette matière. C’est en lisant les articles pour préparer celui-ci que je me suis rendu compte qu’il était en bakélite, noir (j’ai même vérifié avec un aimant !).

Je précise ici la couleur car il semblerait qu’au rayon des raretés de la marque, il en existe des colorés.

Ensuite, l’objectif rentrant. C’est parce que j’avais ouvert la chambre et que je regardais l’intérieur que j’ai découvert un gros ressort inhabituel. En tournant alors tout le bloc objectif/obturateur, tout est sorti comme un beau diable de sa boite !

Mais pour tout y rentrer, c’est une autre paire de manches car il faut appuyer (fort) et tourner en même temps le tout en essayant d’aligner au plus près les lamelles et les encoches de la baïonnette.

Enfin, je m’inquiétais de ne pouvoir faire avancer les vitesses au delà du 1/100s et de ne pas avoir de repère pour les ouvertures jusqu’à ce que je m’aperçoive que le disque avec ces indications avait sans doute été recollé à l’envers.

Puis, le dos en fer est complétement rouillé. Je vais devoir le poncer entièrement pour le remettre en état.

Ceci étant, c’est un appareil rare finalement qui, s’il ne m’attire pas particulièrement, a au moins eu la bonne idée de me titiller l’œil lors de cette brocante car je me demande où il aurait pu terminer sans ce sauvetage car là, il est moche !

Un peu de travail m’attends pour le rendre à nouveau présentable.

Question prix, en état convenable, il se négocie entre 80 et 100€.

De nouvelles photos suivront quand il sera remis en état concours.

Un peu de technique.

  • Marque : FAP – Fabrique d’Articles Photo
  • Modèle : Norca A
  • Année : 1938
  • Format : 24 x 36 mm
  • Objectif : Saphir (Boyer) 50 mm f3,5
  • Mise au point : frontale
  • Diaphragmes : 3,5 – 4 – 5,6 – 8 – 11 – 16 – 23
  • Monture : fixe mais rentrante
  • Viseur : Galilée
  • Obturateur : GITZO non synchronisé à l’armement
  • Vitesses : 25 – 50 – 100 – 300 – B – T
  • Ecrou pour trépied : au pas du Congrès
  • Matériau : Bakélite noire et porte arrière en tôle

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10826-Fap_Norca%20Pin-Up.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10077, https://www.mes-appareils-photos.fr/FAP_Norca_B.htm, https://www.autrefoislaphoto.com/musee/appareils-photographiques/film-35/fap-norca-a, https://fr.wikipedia.org/wiki/FAP_(photographie), https://wikimonde.com/article/FAP_%28photographie%29, https://collection.click-clack.fr/fap-appareils-photo/, en français.

Argentique

Pas courant, le Ruberg und Renner Hollywood

Préambule.

Au lieu dit Le Grand Large, près de Mons, c’est la dernière brocante de l’année. Pour une fois, nous y sommes vendeurs, le décès de mes parents nous ayant laissé encore beaucoup d’objets à écouler.

La météo est formelle, il ne pleuvra pas, mais le temps est bien gris et frisquet en ce très petit matin (5h). Installation sans courir car l’humidité est mauvaise pour les sacs, les vêtements, les livres et tout ce qui contient de l’électricité/électronique. Les quelques appareils photos que j’ai pris attendront qu’il fasse plus sec.

La matinée s’écoule au gré des passants qui passent et repassent …

Enfin, presque 13h30, il n’y a plus foule et je vais en profiter pour faire un petit tour, sait-on jamais. Mes mais Fred et Tristan ne sont pas passés, j’ai une petite chance d’encore trouver quelque chose …

Et là, sur un stand qui commence (déjà) à remballer, je tombe sur une série de vieux appareils, pour la plupart dans un état plus proche de la déchèterie que de la vente, mais il ne faut pas toujours se fier aux apparences. En fouillant bien, je déniche 5 appareils que j’estime intéressant Peut-être ais-je tort, nous verrons bien à l’autopsie car certains me semblent bien loin !

Voici le premier que je compte ressusciter : il est complétement rouillé, l’objectif est bloqué mais voir écrit, sur la même surface les mots Hollyvood, Rodenstock Périscope et fabriqué en Allemagne écrit en français, cela me titille.

Un peu d’histoire.

J’en rassure certain(e)s, ce ne sera pas (trop) long. La société Ruberg & Renner a été fondée en 1918 à Hagen – Delstern, en Allemagne, par Joseph Ruberg qui est devenu plus tard un industriel local notoire et un fervent partisan du N.S.D.A.

Dès 1917, Joseph Ruberg (1875 – 1941) a développé de nouveaux types de cartouchières métalliques, mais comme le traité de paix de Versailles interdisait la production d’armes automatiques et d’accessoires en Allemagne jusqu’en 1935, il ne pourra pas produire ses inventions.

Donc, à l’origine, la Ruberg & Renner fabrique des chaînes de transmission pour vélos, motos, automobiles et machines – outils. Vers 1930 – 31, la société se tourne vers la fabrication d’appareils photo simples et bon marché. Cette activité sera brève car elle s’arrête au début de la seconde guerre mondiale (1942) car l’entreprise est priée de participer à l’effort de guerre. Elle fabriquera dès lors les fameuses ceintures pour cartouches de mitrailleuses, notamment pour les armes des avions.

Les fils de Josef Ruberg, Felix (1909-1994) et Werner (1912-2005), étaient également actifs dans l’entreprise.

Tandis que Felix fonde sa propre entreprise de supports de canon embarqués (plus tard des appareils ménagers) en 1937, Werner reprends la direction de la société Ruberg & Renner en 1941.

À partir de 1947, Ruberg & Renner se concentre à nouveau sur les chaînes d’entraînement et de transport. L’entreprise a promu le cyclisme et le motocyclisme et a maintenu sa propre équipe de course jusqu’en 1967. Dans les années 1970, Ruberg & Renner est rachetée par la société américaine Rexnord. En 1982, Rexnord Ketten GmbH a déménagé sa production à Lennetal près de Fley et elle existe encore de nos jours.

Pour en revenir aux appareils photo, pendant cette courte période (1931 – 1942), elle aurait produit 4 modèles différents déclinés en 25 versions d’appareils photo. Au sortir de la guerre, elle ne relancera pas la production mais reviendra à ses premiers produits, les chaines.

Les boitiers fabriqués par Ruberg & Renner étaient faits en métal ou bakélite, ou les deux mélangés. Souvent vendus sous des noms différents comme le Baby Ruby, le Dici, Fibi, Alfa, Ruby Sport, Hollyvood, Present et Rubette, entre autres. Vers 1935 – 36, la production déclinera avant de cesser définitivement. Ce ne devait pas être une production importante pour l’entreprise car une brochure de présentation de celle-ci, en 1953, ne mentionnera même pas le secteur d’activités photographiques.

L’appareil à l’origine sera le Ruberg, au format 4 x 5,5cm sur film 127. Une plaquette portant ce nom, rivetée sur le côté de l’appareil et/ou reprise sur le bord de l’objectif sera remplacée par le Little Wonder, le Dixi ou le Hollywood, selon les endroits où l’appareil serait distribué (USA, Angleterre, France). Noms différents mais toujours le même appareil, simpliste.

Appareil photo Ruberg avec objectif Rodenstock, en métal noir, design vintage des années 1930, affichant le nom de la marque sur l'objectif.
Source : engel-art.

En l’occurrence, le Hollywood est en fait un Dixi destiné à l’exportation vers la France : le pourtour de l’objectif, très Art Déco, est rédigé en français. Il sera disponible en deux versions : celle avec une plaquette métallique sur la gauche de la face avant et le nom repris sur l’objectif et celle sans cette plaquette mais toujours le nom sur l’objectif.

C’est donc un boitier très simple, en métal et bakélite (corps de l’objectif), de forme rectangulaire.

Présentation du Hollywood.

Un petit rectangle en tôle emboutie, avec un objectif dont le fut, tournant, est monté sur un tube en bakélite qui se vise dans un second fut, métallique. La plaque, au bout de cet objectif, porte la lentille au centre, le réglage de la vitesse, celle de l’ouverture (tirette par en dessous) et le déclencheur.

Sur le dessus, un viseur rapide en tôle, qui se déplie et reste en place grâce à de petits ressorts. C’est très imprécis et la forme du cadre semble bien optimiste par rapport à la taille du film. A côté, une molette en bakélite pour faire avancer le film. Pas de compteur, mais une fenêtre rouge inactinique qui en tient lieu (le film 127 est entouré d’un papier comme le 120).

Je reviens un instant sur le porte objectif : le nom Hollywood est sérigraphié en cursives élégantes et très Art Déco. Tout autour de la lentille, le texte en français fabriqué en Allemagne, breveté dans tous les pays. Selon la position du bloc tournant, le périscope Rodenstock, les réglages sont à des places différentes mais considérons qu’il est à son maximum d’ouverture. Dès lors, normalement, la petite roue des vitesses et sur la gauche et le déclencheur sur la droite. En dessous, sous l’inscription en français petit diaphragme, une tirette permet de passer de f11 à f16 et inversement. Sur la tranche du porte objectif, dans le trou pratiqué à cet égard, il est possible de fixer un câble souple de déclenchement.

Un ancien appareil photo Hollywood de Ruberg & Renner, avec un design en métal et bakélite, présentant une lentille et des inscriptions en cursif, sur un fond flou d'une pièce.

L’obturateur à guillotine offre deux vitesses : le 1/30s – noté par un I pour instant sans doute et une pose T.

Le fait de tourner la molette d’avance du film n’arme pas le déclencheur, ce qui veut dire que celui-ci fonctionne toujours (il n’y a pas de protection contre la double exposition). Distrait, pensez-y !

Par dessous l’appareil, un filetage au pas du Congrès permet de fixer un trépied.

Sur la tranche gauche, un simple verrou permet d’ouvrir le dos, monté sur charnières. Pas de protection particulière pour empêcher ce verrou de s’ouvrir, d’autant qu’il est monté s’ouvrant du haut vers le bas (ce qui me semble dangereux si on le met dans un sac, par exemple). Ceci étant, un rebord important est autour du cadre, ce qui devrait assurer une bonne isolation contre les fuites de lumière.

Une vue latérale d'un ancien appareil photo Ruberg & Renner Hollywood, présentant son boîtier métallique et son objectif en bakélite, sur un fond de bureau.

A l’intérieur de la chambre, on voit bien le tube de l’objectif dans lequel se vise la spirale en bakélite. la lentille est un simple ménisque de focale inconnue.

Une fois ouvert, sur la gauche, la bobine sur laquelle enrouler le film et sur la droite, la pellicule 127. Encore une fois, comme sur la pellicule 120, celle-ci est composée du film, protégé par une bande de papier où sont notés les chiffres du nombre de vues. Lorsque le film est terminé, il n’est pas nécessaire de le rembobiner, il suffit d’ôter la bobine réceptrice (en soulevant la molette d’avance) et de coller une languette qui ferme le film exposé.

Le dos du boitier est recouvert d’une feutrine noire et une petite fenêtre ronde, en rouge inactinique, sert de compteur.

Que penser de cet appareil ?

Moins encombrant qu’un box voire même qu’un folding (pliant), il est tout aussi simpliste que les premiers cités. Les réglages sont vraiment le minimum syndical !

Pas de fioritures, hormis le lettrage en lettres dorées. Du rationnel (tôle emboutie), du pratique (objectif rentrant). En résumé, du vite fait – bien fait à prix mini.

N’espérons pas de la grande qualité optique car la mise en place de l’objectif est assez aléatoire (suis-je bien à fond ?), c’est un simple ménisque (une seule lentille) et à l’intérieur de la chambre, il n’y a pas de presse-film pour assurer la planéité, juste deux rails sous lesquels il faut,je pense, faire passer la pellicule, ce qui ne doit pas être facile. Pas de roue d’entrainement avec des ergots pour assurer un bon avancement (tiens, ils ne pouvaient pas faire des chaines miniatures pour y remédier ?).

Comme il était tout rouillé, je l’ai poncé et repeint en noir, comme à l’origine, prenant bien soin de laisser à l’un ou l’autre endroit quelques défauts pour signaler ce repeint.

Quelle est sa valeur ? Et bien la relative rareté de l’engin donne des prix surprenants : il n’est pas rare de voir ceux-ci tourner autour des 100€

Mais êtes-vous collectionneur ?

Un peu de technique.

Marque Ruberg & Renner, Hagen, Allemagne
Film photographique : Rouleau de film 127 (A-8)
Format négatif : 4 x 6 cm
Lentille : Rodenstock, Munich, Allemagne périscope 1:11, focale inconnue
Objectif fixe, mise au point fixe, ouverture f8 – f11 (?)
Obturateur : à guillotine, exposition manuelle de 1/30s et pose B
Période de production : 1932 – 1933
Matériau du boîtier : Métal
Dimensions : 11,5 x 8,5 x 7 cm (hors tout)
Poids : 220gr

Des références.

https://kameramuseum.de/objekte/ruberg-renner-hollywood/, https://www.kamerasammlung.ch/kamera.php?page=2&mobile=no&man=202&camera=750, https://blende-und-zeit.sirutor-und-compur.de/thread.php?board=2&thread=153, https://www.engel-art.ch/ruberg-renner/, https://kameramuseum.de/firmen/ruberg-renner-2/, https://westfalen.museum-digital.de/index.php?t=people&id=45935, en allemand ; https://www.mes-appareils-photos.fr/Ruberg%20und%20Renner_Hollywood.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2524-Ruberg%20und%20Renner_Hollywood.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-15794-Ruberg%20und%20Renner_Hollywood.html, https://www.retrocamera.be/fr/films/formats-speciaux/films-127, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Ruberg_%26_Renner, https://web.archive.org/web/20161019075700/http://sites.google.com/site/ldtomei/ruberg&renner, en anglais

Argentique

Un compact étonnant, l’Agfa Paramat

Préambule.

Zut, encore un Agfa me suis-je dit en fouillant dans une caisse. Un sac tout prêt noir taché et la gravure du logo de la marque ne me trompaient pas. Pourtant, mu par une idée étrange, j’ouvre le cuir qui fut un jour noir et je découvre, presque neuf, un petit Agfa Paramat.

Il me semble avoir déjà écris un article sur cette gamme ? Mais oui, un Agfa Optima Parat dit Sylverfish et si mes souvenirs sont exacts, je l’ai vendu à mon ami Marc lors de la foire de Villers Bretonneux l’an passé. Un très beau petit appareil, à l’époque où Agfa, comme son grand concurrent, Kodak, faisait encore de beaux appareils photo, en métal et pas encore destinés à être vendu par camion entiers

Bref, comme d’habitude, petite négociation et le voilà dans mon sac à dos.

Un peu d’histoire.

Les boitiers Agfa Parat ont vu le jour en 1963. D’abord avec le Parat I, basique, suivi par le Paramat un peu plus sophistiqué. La gamme est couronnée en 1964 par un Optimat-Parat (voir l’article précité).

Si ces appareils utilisent le film 135mm, ce n’est pas au format 24x36mm mais bien en18x24mm, soit le demi-format. Et donc, si vous avez acheté un film de 36 vues, vous en obtiendrez 72 et 48 avec un 24 vues.

Ça peut être long de les finir ces films et à l’époque, Kodak avait lancé sur le marché un film limité à 12 vues, ce qui en fin de compte offrait quand même 24 vues utiles.

Mais attention, le boitier ne fournit pas exactement le double de vues sur un film à la longueur donnée, notamment à cause du nombre d’espaces supplémentaires entre les images. Néanmoins, le compteur de vues va jusque 72.

Nous allons découvrir à quoi cela ressemble…

Présentation de l’Agfa Paramat

Je dois reconnaître que pour tout noir qu’il soit, cet appareil est assez joli, notamment avec la platine blanche autour de l’objectif, ses chromes très sixties, et en plus, il est vraiment compact pour l’époque.

Revenons un moment sur son objectif, un triplet Agfa Color Apotar traité anti-reflets de 30mm ouvrant à f2,8. C’est le même objectif pour les trois Agfa (Parat, Paramat, Optima Parat) mais les commandes peuvent varier d’un modèle à l’autre. La mise au point commence à 90cm et se termine à l’infini.

Objectif de l'Agfa Paramat, montrant la lentille Agfa Color-Apotar de 30mm avec une ouverture de f2.8.

Pour effectuer la mise au point sur ce Paramat, deux solutions : en tournant la bague argentée autour de l’objectif vous utilisez les pictogrammes situés sur le dessus ou les distances (en mètre ou en pieds), situées en dessous, que vous positionnez avec le pointeur.

En ce qui concerne la qualité de cet objectif, il est reconnu comme très bon, avec un contraste élevé et des couleurs saturées. A son époque, on considérait que les photos délivrées étaient très bonnes, ce que recherchait un public familial qui ne voulait pas d’un appareil compliqué.

Pour l’ouverture, c’est un curseur noir sur le pourtour à gauche de l’objectif, de f2,8 à f22 et pour le reste, c’est l’autre curseur noir, qu’il faut enfoncer pour faire bouger. Avec ce dernier vous réglez l’appareil sur le symbole du flash, le A de automatique et la pose B.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo Agfa Paramat avec inscription 'AGFA COLOR APOTAR f:2.8 30mm' visible.

Car, de fait, l’appareil n’a que deux vitesses, de 1/125s et 1/30s, la synchro flash. C’est donc l’ouverture qui est corrigée par le posemètre au sélénium (cellule à gauche dans le bandeau marqué Agfa). Vous activez celui-ci en appuyant à mi-course le déclencheur. Si vous voyez un indicateur vert dans le viseur, c’est que l’exposition est bonne sinon c’est un signal rouge qui apparait.

Petite remarque utile : le déclencheur est en façade et il faut appuyer vers le bas pour déclencher. N’y allez pas trop fort pour la mi-course, on a vite déclenché de cette manière car si l’appareil vous donne un signal rouge (sous exposition ou vitesse trop lente), il ne bloque pas le déclencheur et vous risquez de gâcher une photo. d’autant que le déclencheur n’est pas un modèle de souplesse ou de fluidité et on a parfois tendance à appuyer trop fort dessus.

Appareil photo Agfa Paramat avec un objectif Agfa Color Apotar, posé sur une surface sombre, avec un fond flou.

Pour armer et faire avancer le film d’une vue, un petit levier en partie caché dans le capot donne une course assez courte et est finalement discret.

Vue de face d'un appareil photo Agfa Paramat, avec un design noir et argent, posé sur une surface de travail.

Imaginons un instant que vous avez réussi à terminer votre film. Pour le rembobiner, il faudra faire pivoter un petit curseur, à côté de la griffe porte-accessoire puis actionner la manivelle à gauche sur le capot pour faire revenir le film dans sa cartouche.

Vue du dessus d'un appareil photo Agfa Paramat montrant les commandes de réglage de sensibilité et de mode, ainsi que la griffe flash.

Ensuite, retournez le boitier car pour ouvrir la chambre, il faut ouvrir le verrou (AUF) et faire glisser tout le dos.

Enfin, sur le dessus, à côté du curseur de rembobinage, un cadran pour régler la sensibilité de la cellule, en DIN et AA, que l’on fait tourner avec une pièce de monnaie ou un petit tournevis.

Mais j’allais oublier de parler du viseur, clair et collimaté en hauteur, avec correction de la parallaxe. Si je le compare avec celui d’un Olympus Pen, il est plus lumineux et confortable. Un signal rouge ou vert apparaitra lorsque vous appuierez à mi-course sur le déclencheur, vous signalant si vous êtes en sous-exposition ou juste pour faire la photo.

Vue rapprochée de la fenêtre du viseur d'un appareil photo Agfa Paramat, montrant des détails internes.
Publicité pour les appareils photo Agfa Paramat et Parat I, montrant les caractéristiques techniques et les illustrations des deux modèles.

Que penser de cet appareil ?

S’il n’a pas l’aura du Sylverfisch, il reste très agréable à l’œil, même si cela est subjectif.

Sa simplicité d’utilisation et sa qualité de fabrication en ont fait un petit appareil apprécié et recherché, d’autant que produit seulement de 1963 à 1965, il n’est pas très courant, sans être rare.

Ce qui risque de flancher, c’est la cellule au sélénium, qui vieillit mal si on la laisse à la lumière : il vaut mieux la laisser dans sa trousse mais sans certitude.

L’exemplaire que je possède a encore sa cellule fonctionnelle, pour combien de temps encore …

Bref, un petit appareil sympa, facile à utiliser et qui sort des sentiers battus si on veut l’utiliser. Quant à son prix, comptez une fourchette, selon l’état, comprise entre 35 et 50€ pour un exemplaire en très bon état avec son sac tout prêt.

Serez-vous tenté de l’essayer ?

Vidéos d’illustration

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

  • Appareil photo compact 135 demi-format
  • Format d’image : 18 × 24 mm
  • Nombre maximum d’images : 72
  • Avance du film : Levier
  • Rembobinage du film : Manuel
  • Objectif : Color-Apotar de 30mm f2.8 – f22, en 3 éléments, enduits
  • Distance minimale de mise au point : 0,9 m
  • Mode de mise au point : mise au point manuelle avec une échelle guidée par des icônes/symboles et une échelle en mètres et en pieds
  • Obturateur : Agfa Paratique (central), une seule vitesse fixe 1/125s, plus pose B
  • Sensibilité de la cellule : 10 – 200 Iso, cellule au sélénium
  • Synchro flash, griffe flash
  • Taille : 109 x 73 x 52
  • Poids : 332g

Des références.

https://filmosaur.wordpress.com/2015/03/31/meet-the-camera-agfa-paramat/, https://camera-wiki.org/wiki/Parat, https://www.lomography.com/magazine/276933-lomopedia-agfa-paramat (avec des exemples d’images prises avec cet appareil), https://www.rolandandcaroline.co.uk/paramat.html en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-827-Agfa_Paramat.html, en français

Argentique

Un compact différent, le Chinon 35 FA II

Préambule.

Comme d’habitude, la météo nous avait prévu des averses généralisées et un franc soleil nous accompagnait ! Il y eut bien des endroits en Belgique qui ont essuyés des trombes d’eau, mais ce fut, in fine, assez localisé et j’ai une pensée émue pour les personnes qui se sont trouvées avec des caves, des garages sous eau.

Pourquoi parler météo ? Tout simplement parce que ces annonces ont refroidi plus d’un brocanteur sur les deux endroits que nous avions pensé visiter ce dimanche 27 juillet. Et je me désespérais de trouver quelque chose d’intéressant.

Sauf que au dernier stand de la dernière brocante, je suis tombé sur un charmant Monsieur, collectionneur de Polaroid et qui revendait quelques uns de ses doubles, dont un très chouette Tazz au format 600 qui me permit d’engager la conversation.

De fil en aiguille, je découvris qu’il avait à vendre quelques films en pack 100, un petit Pentax ME ayant appartenu à son papa mais bien oxydé et ce petit compact à la bouille sympathique.

Les films, le Pentax et ce Chinon se sont retrouvé dans la boite d’époque du Pentax et aujourd’hui je vais tenter de vous faire découvrir cet appareil.

Un peu d’histoire.

Lorsque je vois un appareil avec un chiffre romain, ou autre qui m’indique deux, je me dis qu’il y a dû avoir un numéro un à la série.

Ici, il y en eut même deux pour le même prix, mais avec des carrosseries différentes. Le tout premier Chinon 35 F-A est apparu en 1979, au tout début de l’aventure autofocus des appareils compacts. Il ressemblait d’ailleurs assez bien au Konica C 35 AF, qui fut lui le précurseur (1977). Comme son comparse, il utilisait le système d’autofocus Visitronic (je vous encourage à relire l’article sur le Konica pour vous souvenir des détails de ce système innovant).

Appareil photo Chinon 35 F-A avec objectif et flash intégrés, présenté de face sur fond blanc.

Puis, en 1984, le design change et le Chinon 35 F apparait. C’est un petit compact simplissime : pas de réglages, sauf celui de la sensibilité de la pellicule.

C’est un fix-focus, un 35mm ouvrant à f3,8. Et comme je le citais ci-dessus, le réglage de la sensibilité, de 100 – 200 et 400 – 1000 Iso, est important car c’est le choix de la sensibilité qui fixe l’ouverture, l’appareil n’ayant qu’une vitesse d’obturation. L’ouverture est donc de f3,8, de f8 ou f16. Il compte un flash, que l’on extrait comme sur le premier 35 F-A, qui va aussi jouer sur le choix de la vitesse. Le flash n’est donc pas automatique, c’est une diode rouge, à côté du viseur qui vous suggère de l’utiliser.

Un appareil photo compact Chinon 35 F-II, montrant l'objectif et le flash, avec un design noir et rouge.

Source : Collection-appareils. Le Chinon 35 F

Ensuite vint le Chinon 35 FA II ou 35 FA Super selon les marchés.

Il a pris de l’embonpoint (13,3 x 6,9 x 4,7 cm pour 315gr) mais sa silhouette reste identifiable au premier coup d’œil : un clapet coulissant qui protège l’objectif, mais qui cette fois porte aussi le flash, et sur le bord fixe du clapet, une bande opaque qui dissimule les fenêtres de l’autofocus intégré.

Présentation du Chinon 35 AF II.

Car oui, si l’appareil garde son bon objectif de 35mm, il passe de f3,8 à f3,5, construit avec 4 éléments répartis en 3 groupes, et maintenant il est piloté par l’autofocus. La mise au point minimale est fixée à 1m.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo Chinon 35 FA II, avec des inscriptions sur le boîtier et des réglages de sensibilité ISO.

Comme c’est un appareil tout automatique, c’est le posemètre qui va dicter la vitesse et l’ouverture au boitier. Normalement, les sensibilités du posemètre sont de 50 à 400Iso, que l’on peut sélectionner par incréments d’1/3, mais on peut aussi définir la valeur de 1000Iso.

Nous ne sommes plus dans la configuration précédente (100-200 ; 400-1000), le réglage de la sensibilité du film se fait à partir de 100 – 200 – 400 – 1000 en tournant la bague autour de l’objectif

Le flash intégré a une portée de 1m jusque 4,2m (pour un film 100Iso). Son action jour aussi sur la programmation de l’ouverture et de la vitesse.

Par dessous, un filetage autorise le montage de l’appareil sur un trépied.

Sur le capot, un bouton clair, c’est le déclencheur et à ses côtés, un bouton coulissant (S.T.), c’est le retardateur. Vraiment très simple.

Vue du dessus d'un appareil photo Chinon 35 FA II, avec les inscriptions visibles et un fond de bureau en désordre.

Au dos, près de l’œilleton de visée, 2 petites diodes : une rouge pour signaler un manque de lumière et l’utilisation du flash et la seconde, verte, pour signaler que la mise au point est faite. Tout à côté, un nouveau curseur, celui du flash. Une lampe orange signale lorsqu’il est prêt.

Vue arrière d'un appareil photo compact Chinon 35 FA II, montrant les boutons de réglage, l'indicateur de film et le design noir du boîtier.

Certains modèles ont pu être équipés d’un dos dateur, qui n’a plus guère d’utilité de nos jours, le compteur s’arrêtant à 2019. Il permettait de dater les clichés.

Au niveau énergie, 2 piles AA communes sont nécessaire pour faire fonctionner le tout (2 LR44 étaient placées dans le dos dateur. A vérifier pour les enlever avant qu’elles ne coulent).

Insérer un film est aussi d’une grande simplicité : vous ouvrez le dos avec le verrou qui est juste à côté de la porte. Il suffit ensuite de poser le film dans la chambre, en tirant l’amorce jusqu’au dessus de la bobine réceptrice, de refermer le dos et le moteur lance le bobinage du film jusqu’à la première vue.

Vue intérieure d'un appareil photo compact Chinon 35 FA II, montrant les compartiments pour les piles et le film, sur un fond de tissu bleu.

Difficile de faire plus simple et efficace.

Un conseil toutefois : regardez bien l’état de la mousse autour de la fenêtre de repère du film car comme souvent elle est à changer. Cela vous évitera de désagréable fuite de lumière.

Que penser de cet appareil ?

C’est un bon produit des années quatre-vingt, avec ce qu’il faut pour vous simplifier la vie et donner de bons résultats.

Bien évidemment, vous n’avez aucune maîtrise à la prise de vue mais pour beaucoup, c’est un avantage.

Bien fini, avec un minimum de précautions, vous pourrez l’emmener partout. Il reste facile à mettre en œuvre et son déclenchement est discret, le bruit du moteur aussi.

Un petit compact bien pensé, pas très courant mais agréable à l’œil et à l’usage pour qui ne veut pas s’embarrasser de réglages inutiles, juste bien viser et appuyer sur le déclencheur.

D’aucuns considèrent qu’il se rapproche, en terme de rendu et de qualité, du Lomo LC-A. Ils l’ont testé avec une pellicule, je leur fait donc confiance à ce niveau-là.

Qu’à sa tenue, elle n’est pas loin de celle des Pentax qui affichaient eux aussi un panneau coulissant pour protéger l’objectif. Ce qui donnera l’esthétique du Mju plus tard.

Le viseur est très lisible, avec un beau cadre lumineux et des traits pour la correction de la parallaxe. Un cercle au centre du viseur est l’endroit où l’autofocus fait sa mise au point. Si vous maintenez le déclencheur à mi-course, vous pouvez déplacer le point.

Autre petit détail bien vu, le flash, qui est légèrement déporté et évite ainsi autant que faire se peut de transformer vos sujets en lapins effrayés.

Bref, ce Chinon 35 AF II est une bonne affaire. Son prix ne devrait pas dépasser les 25€ s’il est en très bon état. Un investissement rationnel.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Vidéos d’illustration.

Le Chinon FA 35, pour comparaison.

Un peu de technique.

Type d’appareil photo Appareil photo instantané
Format de film 35mm
Transport de film Automatique avec moteur
Format d’image 24 mm x 36 mm
Distance focale 35 mm, la plus grande ouverture f2.8
Distance minimale de mise au point 100 cm
Mise au point Autofocus
Conception de l’objectif 4 éléments en 3 groupes
Posemètre Oui
Vitesses de film prises en charge ISO 100 – 200 – 400 – 1000
Modes d’exposition : programme automatique
Réglages d’exposition manuels Non
DX automatique (sensibilité du film) Non
Impression de la date possible selon une variante du modèle
Flash intégré
Portée du flash 1 à 4,2 m
Support de trépied Oui
Retardateur : Oui
Alimentation 2x piles AA
Taille 13,3 x 6,9 x 4,7 cm
Poids 315 grammes

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1510-Chinon_35F-II.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1510-Chinon_35%20F-II.html, https://latelierdejp.org/2021/10/13/le-chinon-35fs-ii/, https://latelierdejp.org/2023/03/23/le-chinon-35f-a-autofocus/ en français ; https://filmphotography.eu/en/chinon-35fa-ii/, https://www.lomography.com/magazine/19431-chinon-35-f-a-japanese-deadstock-ftw,

Argentique

Le Savoy Royer 3F, l’élégance vintage de l’argentique.

Préambule.

Ça diminue mais cet appareil fait aussi partie des trouvailles de la brocante de Maroilles. Ici, sur un stand de particuliers, une dame vend cet appareil et un reflex Zenit. Vous vous doutez bien que c’est le premier qui a de suite attiré mon œil curieux.

C’est le drapeau Suisse qui m’a intrigué : mon amis de l’autre côté des Alpes ne fabriqueraient donc pas que du chocolat, des couteaux de poche et des montres ! Notez que j’avais déjà découvert leur activité photographique avec l’Alpa SI 3000 que j’ai présenté il y a un moment déjà.

Un peu d’histoire.

hihihi … et là je me suis planté complètement car ce n’est pas le drapeau Suisse qui orne cet appareil, mais il semblerait que ce soit celui de la Savoie. En effet, Monsieur René Royer, ingénieur industriel qui, après avoir travaillé chez Lumière, fonde en 1947 la société française SITO (Société Industrielle de Technique Optique), établie à Fontenay sous Bois (Seine), a possédé quand même une usine de montage à Annemasse, en Savoie. C’est là que seront fabriqués les Savoy dès 1956.

Ceci étant, la marque SITO n’apparait jamais sur les appareils mais bien le nom du fondateur/concepteur, Royer qui est, de fait, le nom de marque commercial.

A ses débuts, l’entreprise fabrique essentiellement des obturateurs qu’elle livre en tant que sous-traitant.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, les appareils pliants ou folding ont encore du succès. C’est avec eux que commence l’aventure de Royer. Ils proposent toute une série de très beaux pliants avec soufflet et corps en fonte d’aluminium, qui seront présentés en 1948 au Salon de Paris.

On dit d’ailleurs que la gamme rivalisait en qualité et ingéniosité de fabrication avec Zeiss Ikon, c’est peu dire. L’appareil la plus abouti de cette gamme sera le Teleroy, concurrent direct du Super Ikonta. Pensez donc : télémètre couplé, prévention des doubles expositions, synchro flash et retardateur.

Mais dans les années cinquante, le pliant s’essouffle alors que le 6×6 a encore du succès. Rolleiflex n’ayant toujours pas le droit de sortir de ses frontières teutonnes, les français Semflex et Royer sortent des bis-objectifs de grande qualité. Pour Royer ce seront les Royflex (1952). Le plus perfectionné sera le Royflex III, automatique et équipé du Téléligth, un système qui assurait une visée très claire

Source : mes appareils photo

Les années soixante annoncent un autre bouleversement : le 6×9 est mort, le 6×6 agonise tandis que les films 24×36 en N/B et, surtout, en couleur, commencent à prendre le pouvoir. Royer fait face en sortant le Royer 35. Hélas, celui-ci contient une erreur de conception (il ne s’ouvre pas ni derrière ni en dessous, il faut ôter la face avant pour le charger d’un film) qui poussera l’entreprise à revoir sa copie et cet appareil deviendra bien vite le Savoy (1956). Il se déclinera en 1 – 2 – 3. Le Savoya couronne la gamme, titillant les Foca Sport.

Source : mes appareils photos, magazine Photo Cinéma, 1954

Et puis, en 1959 sort la bombe appelée Nikon F, le reflex qui va en ébranler plus d’un !

Royer réplique avec les SAVOYFLEX, leurs premiers réflex. Mais ceux-ci ne sont pas à la hauteur : ils ne proposent qu’un obturateur central, un objectif fixe, que viennent compléter des compléments optiques, dépassés.

Cet échec et la concurrence de plus en plus féroce sur ces gammes auront raison de l’entreprise, qui disparait en 1965.

Elle laisse derrière elle quelques beaux appareils, très bien construits et fiables

On estime à plus de 200.000 obturateurs fabriqués et environ 200.000 appareils photo jusqu’aux années soixante. S’il y eut effectivement quelques ratés incontestables, le reste de la production était bien considéré.

Présentation du Savoy-Royer 3F.

La série commence donc en 1956 par la production du Royer 35, mal pensé car, comme dit plus haut, il fallait démonter la face avant pour remplacer le film, ce qui n’est guère pratique.

On recommence et enfin sort le premier Savoy, construit dans la nouvelle usine de Annemasse. Il n’est pas encore parfait car Royer sort un premier modèle 2, qui garde la platine avant amovible , que l’on pouvait utiliser comme porte-objectif pour agrandisseur (agrandisseur resté à l’état de projet) mais gagne un dos monté sur charnières. Viennent ensuite un second Savoy II au viseur plus grand, un Savoy III avec viseur collimaté qui auront tous le dos ouvrant et auront abandonné définitivement la platine amovible.

Vous pourrez découvrir sur Collection-appareils la liste des appareils antérieurs à celui qui nous préoccupe et leurs performances.

Car ce Savoy-Royer 3F est un des derniers construits et c’est un haut de gamme, nous allons voir pourquoi.

Sa forme, tout d’abord, a été singulièrement renouvelée et modernisée, voyez plutôt :

Par rapport aux Voigtländer Vito de la même époque, il est plus moderne et présente aussi très bien au niveau qualitatif : le métal est encore majoritaire et cela se ressent au niveau du poids (675gr nu).

Avec son sac tout prêt, il est magnifique. Presque au centre, son grand viseur, légèrement décalé de l’objectif, semble presque du même métal que le reste car il est argenté (viseur dit Cristal, fabriqué par Som Berthiot). De chaque côté, le blason et de l’autre, la marque Royer-Savoy.

Sur le capot, le levier d’armement avec son bout en forme de roue (original). A côté, un minuscule bouton, que l’on pourrait croire être celui du déclencheur. Non, il sert à débrayer l’appareil lors que rembobinage. Par contre, juste devant, une prise PC pour y raccorder un flash électronique. Car cet appareil possède un flash intégré, muni d’une parabole en métal, et qui accepte les ampoules flash AG-1. Et en plus, il y a une griffe porte – accessoires pour y fixer un autre flash, à relier donc à la prise PC (la griffe est dite froide, sans contact pour la synchronisation). C’est la raison du F=flash du modèle.

Autour du levier d’armement, le compteur de vue, qui est dégressif et qu’il faut indexer soi-même du nombre de vues prévues sur le film.

A l’autre extrémité, la molette avec la manivelle pour le rembobinage. Juste devant elle, un voyant, celui du flash, pour signaler quand il est opérationnel.

Un mot encore de la plaquette striée devant la griffe flash : elle permet d’illuminer le viseur afin d’y apercevoir les distances relevées avec l’objectif (symboles 1 m – portrait – groupe – paysage).

Car le viseur est collimaté et lorsque vous tournez la bague des distances sur l’objectif, elles se voient sur le dessus du viseur (bien pratique comme idée mais il faut y être attentif pour bien les distinguer).

Ensuite, sur la face avant, un cercle avec des indications : c’est le bouton de fermeture de la trappe de la pile, entouré d’un indicateur de portée du flash. Attention, c’est tout le panneau strié du côté droit qui tombe, dévoilant l’emplacement de la pile, introuvable car c’est une 15v (comme sur les flashs d’époque). Je vais voir si on peut bricoler quelque chose pour y suppléer mais la place est limitée. Dommage.

Notons que ça n’empêche pas l’appareil de fonctionner, la pile ne servant qu’à faire brûler la lampe bleue. A défaut, il reste toujours la possibilité d’utiliser un flash électronique de cette époque.

L’obturateur est central, ce qui autorise la synchro flash à toutes les vitesses, sauf s’il s’agit d’un flash à ampoule, dit magnésique, car alors la synchro est au 1/30s (la lumière émise par la lampe est moins rapide et précise que celle du flash électronique). Les vitesses sont de1/30s au 1/300s, plus la pose B. Il n’y a pas de retardateur. Et, spécificité du boitier, le déclencheur est située sur la gauche du fut d’objectif.

La multi exposition est possible si vous appuyez sur le petit bouton de débrayage, ce qui empêche le film d’avancer lorsque qu’on réarme le déclencheur.

Pour ouvrir le boitier, il faut tirer vers le haut le verrou placé sur la tranche droite. Tout le dos s’ouvre sur la chambre, avec une bobine fixe pour y glisser la nouvelle pellicule. Le dos est profondément nervuré, sans mousse et je pense que la qualité de l’assemblage évite les fuite de lumière à ce niveau.

L’objectif est un Som Berthiot, le concurrent des Angénieux. Il s’agit ici d’un triplet, traité contre les reflets. On peut monter des filtres sur l’objectif mais attention, au diamètre de 36mm (pas courant). C’est un 50mm ouvrant à f2,8, avec une mise au point de 80cm minimum. Les Berthiot ont généralement très bonne réputation, surtout ceux avec 4 lentilles (le Flor Berthiot, en formule Tessar), hélas absente en monte ici.

Dernière revue en images :

Que penser de cet appareil ?

Franchement, c’est un appareil qui sort de l’ordinaire. A l’époque concurrent des Foca, il était plus accessible et d’aussi bonne qualité.

La seule chose qui semble ne pas bien résister au temps, ce sont les inserts en faux cuir, qui ont tendance à se décoller, mais rien de grave à ce niveau.

Pour le reste, l’aluminium de l’ensemble résiste bien et les quelques chromes aussi.

Le fonctionnement est onctueux, le déclenchement, inhabituel sur la gauche, discret.

Ce n’est pas un télémétrique mais l’astuce qui permet de voir le réglage de la distance dans le viseur est un plus indéniable. Bien que l’on puisse choisir aussi le zone focus, la table de profondeur de champ indiquée sur l’objectif y aide bien.

Seul (gros) bémol, la pile pour alimenter la lampe magnésique est introuvable de nos jours. Quoique, à bien y regarder, les ampoules AG-1 ne courent pas les rues non plus. Alors, opter pour un flash électronique ou se battre avec un montage hétéroclite pour griller une bleue ? A chacun de choisir son camps !

C’est encore un boitier qu’il vaut mieux acheter accompagné de son sac tout prêt car il n’y a pas moyen de mettre une sangle de portage sur celui-ci, elle est sur le sac.

Au niveau prix, il faut reconnaître qu’il n’est pas courant et j’écrirais même rare dans nos contrées (sans doute moins en France). Un exemplaire complet, avec son sac, en très bon état, devrait se négocier autour des 50€.

Un prix finalement fort raisonnable pour photographier différemment, avec classe et discrétion.

Le prendriez-vous pour sortir en rue faire un peu de street ?

Un peu de technique.

Appareil 24×36 à obturateur central
Pays de fabrication France
Disponibilité 1958 –> 1964
Format de film 135
Construction du boîtier métal ; corps en alliage d’aluminium moulé sous pression (fonderies Thecla)
Avance du film couplée à l’armement, par levier (à main droite) ; débrayage par petit bouton sur le dessus (même côté) ; rembobinage par manivelle dépliable (à main gauche)
Compteur de vues dégressif (collerette graduée sous le bouton d’armement)
Optique : objectif SOM Berthiot 50 mm f/2,8 (triplet) traité antireflets
Diaphragme iris pentagonal, index de la bague de réglage tournant devant une échelle graduée 2,8-4-5,6-8-11-16-22 ; le chiffre 8 est gravé en rouge
Filetage pour filtres (mm) 36
Visée : viseur collimaté à fenêtre unique
Informations dans le viseur cadre collimaté + repères de parallaxe + réglage de distance (symboles 1 m – portrait – groupe – paysage) + lampe témoin de tension du flash
Mise au point : manuelle par rotation de la lentille frontale (couronne graduée tournant devant un index et une échelle de profondeur de champ) ; la distance 3 m est gravée en rouge
Distance minimale en mode normal (cm) 80
Obturateur : Fabricant ou marque S.I.T.O.
Vitesse minimale (s) 1/30
Vitesse maximale (s) 1/300
Pose B
Déclencheur levier de déclenchement sur le bloc optique à main gauche ; prise pour déclencheur souple protégée par un bouchon
Expositions multiples possibilité de découpler armement et entraînement du film en appuyant sur le bouton de débrayage
Flash : flash intégré flash escamotable à lampes magnésiques type AG1
Synchronisation oui, magnésique au 1/30 s (index de la bague des vitesses sur la position FLASH), électronique à toutes les vitesses
Modes : nombre-guide et portée cadran sur la platine avant indiquant le diaphragme à utiliser en fonction de la distance pour la sensibilité affichée
Prise pour flash externe coaxiale, sur le dessus du capot
Autres caractéristiques : écrou de pied filetage au pas Kodak
Alimentation pile (15 V ?) logée sous le cadran indicateur (platine avant)
Contrôle des piles voyant de charge du condensateur du flash visible dans le viseur
Dimensions L x h x p (mm) 130 x 90 x 74 ; épaisseur du boîtier : 40
Poids (g) 675
Accessoires en option sac en cuir « toujours prêt » avec logement pour 3 ampoules de flash , filtres, bonnettes et pare-soleil

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Royer_(photographie), https://cameras-obscuras.blogspot.com/2008/11/chapeau-bas-monsieur-ren-royer.html, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_S_963.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11489-Royer_Savoy%203F.html, https://collection.click-clack.fr/pontiac-appareils-photo-3×4-cm-et-24×36-mm-2/, https://collection.click-clack.fr/royer-histoire-et-publicites/ en français.

Argentique

Le Fujica Compact 35 : un compact argentique étonnant

Préambule.

Voici le second appareil acheté dans la nuit de la Grande Réderie d’Amiens (avril 2025). Pourtant j’ai hésité car je ne pouvais pas vérifier la cellule, dans le noir, et parce qu’il était dans une grande caisse de comparses d’infortune.

Mais comme je n’ai pas écris beaucoup d’article sur ce type d’appareil dans la marque, je ne suis dit et pourquoi pas, faut juste bien négocier le prix. Ce que je fis. Voilà donc le second appareil dans le sac à dos.

Un peu d’histoire.

Si j’ai pas mal écris sur les reflex Fuji et les tous petits appareils au format 110, l’appareil qui me semble le plus proche par la forme de celui-ci est le Fujica Half, un étonnant demi-format des années soixante.

Mais commençons par le début …

Le nom de la société vient du mont Fuji, le plus haut mont du Japon ( 3776m), car l’entreprise a vu le jour, en 1934, à ses pieds

Fujifilm, dès le lancement de l’entreprise, produit du film tant pour le cinéma que pour la photographie, mais aussi des films spéciaux, comme pour la radiographie. C’est en 1948 qu’apparaissent les premiers films couleur, presque en même temps que se développent la fabrication d’objectifs et d’appareils photos, sous le nom de Fujica.

De nos jours, Imaging Solutions reste la partie la plus connue de l’entreprise. Elle produit toujours des films photographiques et du papier alors que ses grands concurrents historiques, Agfa et Kodak ont jeté l’éponge, parfois définitivement. S’y ajoute encore la production de livres photos et la technologie d’impression directe avec des bornes situées dans les magasins, ainsi que des appareils destinés au tirage professionnel dans les labos, en plus des scanneurs pro.

Voilà, rapidement, ce qui concerne les films, au sens large (car Fujifilm a aussi produit des films pour la vidéo privée 8mm, Single 8 et consorts) ainsi que des bandes magnétiques pour l’enregistrement (depuis 1950).

Une autre partie connue de ses activités, c’est celle de l’optique. Dès 1938 Fuji met en place une fonderie de verre optique à Odowara. La volonté de la marque était de produire des objectifs haut de gamme. Rien n’était trop beau pour y parvenir, comme l’utilisation de creuset en platine ! Fuji Photo Optical Co Ltd voit le jour en 1944 ; ainsi commence la production des Fujinon, aux qualités reconnues.

Par exemple, en monture Leica, Fujinon propose son premier objectif à monture vissante, le Cristar 50 mm ouvrant à f2 (1949), en même temps qu’un 35mm f3,5 et un Summitar 50mm ouvrant à f2. Puis, en 1954 il y aura le Fujinon Speed Trio avec le 35mm f2, le 50mm f1,2 et le 100mm f2. Le Fujinon 50mm f1,2 sera également construit en monture Nikon. C’est un excellent objectif, peut-être pas assez connu des amateurs.

Fujinon sera encore le précurseur pour le traitement des lentilles. Ils seront les premiers dans le domaine du revêtement par faisceau d’électrons (EBC). Cette méthode était la plus précise et la plus performante des techniques, aussi par les matériaux employés : Fujinon utilisait jusqu’à quatorze couches de revêtements contenant, notamment, de l’oxyde de zirconium et du fluorure de cérium.

L’EBC Fujinon 50mm f3,5 macro fut le premier objectif à bénéficier de ces traitements (1972). La légende dit que ces lentilles avaient une transmission de la lumière de 99,8% !

Enfin, en ce qui concerne les appareils photo, le premier Fujifilm sera le Fujica Six, un folding (pliant). Il sera produit de 1948 à 1953.

Dans les années soixante, Fujica lance deux appareils à visée télémétrique innovants : le Fujica 35-EE qui est le premier appareil au monde à proposer trois modes d’exposition (1961) puis le V2, un autre compact avec un objectif de 45mm qui propose une cellule au CdS couplée et capable d’offrir une vitesse maximale de 1/1000s (1964).

Toujours en 24×36 à visée télémétrique couplée, mais un peu plus tard (1998), Fujica lance le TX-1 à objectif interchangeable. Ça ne vous dit rien ? Et si j’écris XPan, c’est plus parlant ?

En effet, cet appareil est une collaboration entre Fujifilm et Hasselblad. C’est un appareil panoramique qui connu un grand succès, lui aussi, et qui sera suivi en 2003 d’un XT-2 (ou d’un XPan 2).

Suivront les années septante et la montée en puissance des reflex. Fujica présente alors le Fujica ST70, un reflex avec une monture vissante de 42mm, entièrement manuel et qui était équipé d’un lumineux Fujinon de 50mm ouvrant à f1,8. Ce sera un grand succès commercial, notamment parce qu’il était équipé d’une cellule couplée au silicium.

Pour en terminer avec les appareils fameux de la marque, il convient d’écrire un mot sur le moyen format. Dès la fin des années soixante et jusqu’au mitan des années septante, le Fujica G690 offrait un moyen format télémétrique à objectifs interchangeables. Fuji, qui a toujours été à l’écoute de ses clients, a créé cet appareil pour répondre aux besoins de photographes professionnels qui voulaient un appareil facile à utiliser, pas trop encombrant mais d’un format plus grand que le 24×36.

Le G690 (1968) est donc un 6x9cm qui ressemble à un Leica M3 mais avec un gros objectif.

Puis, plus tard, le Fuji GX 680 (1986 – 2010) sera un 6x6cm prévu surtout pour le studio, qui utilise soit le 120, soit le 220.

Toujours en collaboration avec Hasselblad, Fujifilm sort le GX645AF, un moyen format qui sortira aussi sous le nom de H1chez Hasselblad. Ils auront les mêmes accessoires et fonctions l’un et l’autre.

Quant à parler de collaborations, c’est avec Cosina cette fois que Fujifilm sort le GF670 (2008), un 6x6cm ou 6x7cm qui s’appelle encore Voigtländer Bessa 3. C’est d’ailleurs amusant de constater qu’il s’agit ici d’un appareil pliant, comme un certain … Fujica Six !

Fujifilm reste de nos jours dans la course, avec une gamme de télémétrique, de reflex et de moyens format numériques d’excellente réputation.

Présentation du Fujica Compact 35.

Ce petit compact date de 1967. Même s’il et considéré comme un petit automatique grand public, il est sérieusement construit et son aspect est qualitatif.

Tout d’abord, ce n’est pas un télémétrique. Vous réglez la distance avec les distances gravées sur le fût, en mètres ou en pieds. Mais dans le viseur, les distances sont reportées par quatre pictogrammes. Vous pouvez donc choisir les deux méthodes pour viser votre sujet au plus juste.

Et puisque nous en sommes à écrire sur le viseur, précisons encore qu’il est large, bien clair, collimaté pour le cadre, avec correction de la parallaxe et en sus, sur la gauche, vous verrez une échelle des ouvertures choisies par l’appareil lorsque vous êtes en position automatique.

Car ce petit appareil contient une cellule couplée, hélas au sélénium (celle de mon exemplaire fonctionne toujours) même si ce type de cellule vous dispense de piles. Si la luminosité est trop faible, elle interdit le déclenchement en position automatique. Il faut alors passer en manuel pour régler l’ouverture et la vitesse.

La cellule se règle grâce à un bouton à l’arrière de l’appareil.

L’obturateur est central, qui donnent des vitesses de 1/30s à 1/250s. Sa position centrale autorise la synchronisation du flash à toutes les vitesses. Le flash se pose sur la griffe dite froide et doit être raccordé avec une prise PC, en façade.

Donc, sur le fût de l’objectif, vous avez, au dessus, la bague pour les ouvertures, et en dessous, une petite fenêtre pour régler la vitesse, de la pose B aux vitesses citées plus haut, en passant par la position pour la synchro flash (en rouge).

Pour armer, c’est comme d’habitude, avec un petit levier en métal. Le déclencheur, fileté pour recevoir un câble, est doux et le déclenchement assez discret. Un petit appareil pour la street photo sans trop d’efforts.

Ne cherchez pas le compteur de vue au dessus, il est sur la semelle, dans une fenêtre en arc de cercle et il se réinitialise automatiquement à l’ouverture du dos. Celui-ci s’ouvre grâce à un verrou sur la tranche gauche de l’appareil. Monté sur charnière, il découvre la chambre.

La manivelle de rembobinage est elle sur le capot mais ne tirez donc pas dessus comme un forcené, ce n’est pas elle qui ouvre l’appareil. Le petit bouton de débrayage pour rembobiner le film est sur la semelle.

Encore un mot sur l’objectif, un beau Fujinon de 38mm ouvrant à f2,8 jusque f22. Comme je l’indiquais plus haut, les objectifs Fujinon ont bonne réputation en général.

Que penser de l’appareil ?

Franchement, je l’aime bien : il est mignon, assez compact même s’il ne rentre pas dans une poche mais plutôt un petit sac (j’ai d’ailleurs celui d’origine, en cuir) ou un petit sac photo.

Il est agréable à tenir en mains et facile à régler. Toutes les indications sont bien visibles, ce qui est rare pour ce type d’appareil. Enfin, il permet de travailler en manuel et en automatique, ce qui n’est pas courant non plus pour les petits compacts de cette époque.

Sans être vraiment rare, il n’est pas très courant et c’est tant mieux. Point de vue budget, compter au maximum 50€ pour un bel exemplaire complet et dont la cellule fonctionne toujours. Un bel investissement pour qui veut voyager léger et en bonne compagnie !

Vidéo d’illustration.

Grâce à Collection-appareils, voici le lien vers le mode d’emploi.

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Fujica_Compact_35, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fujica_Compact_35, https://kamerastore.com/products/fujica-compact-35, https://www.photo.net/forums/topic/319201-fujica-compact-35ever-use-one/, https://r-kobus.eu/fujica-compact-35-en/, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1636-Fujica_Compact%2035.html, https://parlonsargentique.com/fujica-compact-35-fiche-technique-avis/, https://fuji.ch/fr/story/fujifilm-heritage-une-retrospective-de-lhistoire-de-90-ans-de-fujifilm/, en français.

Argentique

Le babysem 2 : un argentique de poche.

Préambule.

Un matin franchement frisquet, le thermomètre affiche -2C en cette fin mars 2025. Peu de brocantes encore, sauf celle de Jemappes, où sont pelotonnés vendeurs et … acheteurs. Je déambule à travers les stands des courageux venus tôt ce matin et au détour d’une allée, je vois sur un stand une boîte d’ampoules pour flash ancien. Comme je m’enquiers du prix et que la dame est occupée, mes yeux furètent sur la table bien encombrée et ils s’arrêtent sur une petite house de cuir jaune. Je l’ouvre et découvre ce petit appareil sympathique. Petite transaction pour le prix des ampoules et du boitier et ils plongent dans le sac dos.

Je ne trouverais pas autre chose d’intéressant ce jour-là. Il est temps de rentrer boire un chocolat chaud …

Un peu d’histoire.

Je vous ai déjà présenté un SEM, le Semflex Standard 3,5B type 9 (ouf !) et j’aurais dû faire aussi la présentation d’un Babysem, premier du nom, mais j’ai eu la mauvaise idée de le prendre sur une bourse et il est parti trop vite.

Appareil photo vintage Babysem en métal avec un objectif OREC et un viseur en haut à gauche.

Ceci étant, le modèle que je vous propose est une extrapolation du premier Babysem, sur lequel on a greffé une face avant plus moderne.

Mais commençons par le début …

Vers 1940, la société Parisienne G. Cornu demande à la société Aluvac de lui couler les corps et dos de petits appareils 24×36. Ces pièces portent les marques Aluvac 3439 et 3440.

Avant la seconde guerre mondiale, l’industriel Stéphanois (St Etienne) Jean Cros fabrique des ailettes pour roquette. Il fait couler celles-ci par la société Aluvac. Au déclenchement de la seconde guerre mondiale, il se doit se diversifier et produit pour G.Cornu des appareils photographiques Reyna Cross.

Monsieur Jean Cros obtient, en 1941, de la société G. Cornu une licence pour fabriquer à St Etienne un appareil photographique à partir des pièces détachées produites par Aluvac. C’est Paul Royet, un technicien en mécanique qui fabrique des obturateurs Micromécanic, qui sont installés dans les appareils photographiques Reyna Cross, qui mène à bien cette entreprise (1942).

Finalement, en 1946, Paul Royet et Jean Cros s’associent pour fonder la SEMM, Société des Établissements Modernes de Mécanique, appelée également SEM, d’abord établie à St Etienne, puis, dès 1947, à Aurec. Cette entreprise fabrique d’abord des appareils pour Cornu, sous licence, mais bien vite, réalise ses propres modèles, dont les plus célèbres et connus seront les Semflex, des reflex bis-objectifs de qualité (voir l’article cité ci-avant)

Dès 1949, SEM produit un petit appareil 24×36, le Babysem premier du nom (voir photo ci-dessus), inspiré du Reyna des Ets G. Cornu.

Un appareil photo ancien de marque Reyna, affichant un design vintage avec un objectif et des réglages visibles sur le devant.

Le Reyna est sorti en pleine seconde guerre mondiale, sans publicité, n’apparaissant dans aucun catalogue. Il a été perfectionné et modifié par Paul Royet pour devenir le Reyna Cross.

Paul Royet va optimiser le mécanisme pour en faciliter la construction et présentera le Reyna Cross 2. Rapidement, G. Cornu adoptera un certain nombre de modifications passant ainsi du Reyna au Reyna 2.

Petit à petit, d’améliorations en simplifications, le Reyna Cross prend le chiffre 3. SEM prend de plus en plus une dimension industrielle alors que Cornu reste artisanal. On estime que 95% des boitiers produits seront utilisés par SEM. La maison G. Cornu disparaitra petit à petit.

Les boitiers évolueront tant à cause de cette phase de pré-industrialisation (rationalisation de la construction) qu’à cause des difficultés d’approvisionnement toujours en vigueur au sortir de la guerre.

Le Babysem premier du nom va en profiter, ou en subir les conséquences, c’est selon, et il deviendra Babysem 2 lorsque sa façade sera réduite en épaisseur et modifiée pour s’installer sur le dos du Babysem Il perd aussi le déclencheur sur le capot, qui nécessite des liaisons mécaniques plus complexes.

Enfin, après des années de privations, de production plus ou moins organisée pour les entreprises, de difficultés économiques et de reconstruction, arrivent la fin des années cinquante et celles du retour à la prospérité, d’un pouvoir d’achat qui augmente et d’une nouvelle génération qui aspire aux loisirs, aux amusements, à une nouvelle vie.

Conscient de ces changements, SEM décide de moderniser ses appareils noirs et gris, qui ne sont plus dans l’air du temps. Ils font appel à Roger Tallon pour rajeunir le Baby Sem.

Trois nouveaux modèles verront le jour suite à ce ravalement de façade : le Babyjoy d’entrée de gamme et destiné aux plus jeunes, le Babysem qui nous préoccupe, le BabyLord qui sera le haut de gamme de la série.

A y regarder de plus près, les trois modèles sont construits sur la même base, pas très éloignée d’ailleurs du modèle précédent (même s’ils sont un peu plus grands) : la face avant est rectangulaire avec un carter échancré pour y loger l’optique et le mécanisme de l’obturateur (il n’y a pas de déclencheur sur le capot) ; sur le dessus, deux trous pour y loger un flash (brochage spécifique) ; le viseur n’est plus central mais décalé vers la droite ; un léger décrochage en bas est garni d’un simili-cuir coloré, qui fit d’ailleurs le tour du boitier ; la typographie a aussi été revue et le B majuscule disparait pour une minuscule.

C’est la partie arrière qui est la plus proche de l’ancien modèle, avec ses deux gros boutons ronds, en partie cachés par le retour de la face avant (avance et rebobinage du film) ; un large tunnel abrite un minuscule trou, celui du viseur, très approximatif (à se demander pourquoi ils ne l’ont pas fait plus grand vu l’espace inutilisé). Toute la surface du dos est gainée du même vinyl coloré.

Présentation du babysem.

Un mot encore des autres modèles, pour mieux apprécier les différences :

  • le babyjoy, produit de 1960 à 1965, est donc le modèle de base : il possède un obturateur Orec avec une seule vitesse (1/50s) ; on peut régler l’ouverture, illustrée par les chiffres 1-2-3 ou des pictogrammes météorologique ; la peinture est lisse sur ce modèle et il y a inversion des couleurs du bandeau vinyl.
  • le babysem, produit sur la même période, est le milieu de gamme : il ne possède pas de vitesses lentes et le maximum est le 1/250s avec une pose B ; les distances se règlent en continu de 75cm à l’infini ; la peinture est granuleuse et les bandeaux de couleurs sont identiques devant et derrière.
  • le babylord, produit de 1962 à 1965, plus rare, est le haut de gamme : il possède des vitesses lentes et sa limite est le 1/400s ; l’esthétique est identique à celle du babysem.
Publicité pour l'appareil photo Babyjoy, montrant les caractéristiques et fonctionnalités, avec des illustrations des appareils et des scènes de prise de vue.

Les trois appareils bénéficient du même objectif anastigmat Som Berthiot de 45mm ouvrant à f2,8. Toutefois, il y aura quelques rares modèles équipés d’un objectif Angénieux.

Pour en terminer, Photo-Hall distribuera le babysem sous les appellations de Photo-Hall 1A, puis de Photo-Hall SB1.

Venons-en à la présentation spécifique de ce babysem 2.

Je ne reviens pas sur la présentation générale mais j’ajoute que pour l’ouvrir, il faut tirer sur un loquet situé sur la tranche gauche, ce qui libère le dos, qui se retire en entier.

Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il y avait encore un film dans la chambre, que j’ai refermée bien vite. Le compteur de vues n’est pas clair, alors combien d’images encore ?

Ceci étant, comme le loquet ne tient pas bien, j’ai décidé de retirer le film, mais comment le rembobiner ?

C’est sur le site de Collection-appareils que j’ai, heureusement, trouvé le mode d’emploi dont le lien est ICI.

Premier constat, il faut de bons ongles pour tirer sur le minuscule bouton strié qui est sur la tranche. Une fois qu’on y est arrivé (plus ou moins 0,5cm de retrait), il faut encore le tourner d’un quart de tour pour débrayer le système.

Vue d'un appareil photo vintage Babysem avec un design rétro et une finition en métal, posé sur une surface texturée, avec une figurine en arrière-plan.

Enfin, là on pourra rembobiner en tournant la grosse molette à gauche dans le sens de la flèche. Ce qui a pour conséquence de réinitialiser aussi le compteur de vue (c’est d’ailleurs comme ça que j’ai compris que le film était presque arrivé en fin de course).

Le réglage de la distance se fait avec la rotation de la lentille, non crantée, de 75cm à l’infini.

La vitesse se règle elle grâce à la roue striée derrière la lentille, de la pose B – 1/15s – 1/30s – 1/60s – 1/125s – 1/250s. Un filetage est prévu, en dessous du déclencheur, pour y fixer un câble.

Enfin, l’ouverture se règle avec une tirette située sous l’optique, de f2,8 à f22.

Appareil photo Babysem avec un design rétro, incluant un objectif Som Berthiot de 45mm, monté sur une surface texturée grise et une bande rouge.

Le flash, très rare, se fixe sur le dessus, dans les 2 broches prévues et un câble le relie au bloc optique/obturateur.

Comme je le signalais plus haut, il n’y a pas de déclencheur sur le capot. SEM utilise ici un vieux système, comme sur les anciens folding : on arme avec une tirette, on déclenche avec une autre située autour de l’obturateur. Simple, efficace et moins sophistiqué à produire qu’un autre système.

Autre bizarrerie, le bouton placé en façade, sur lequel il faut appuyer après chaque photo pour permettre d’avancer d’une vue. C’est une idée simple pour éviter la double exposition mais guère pratique dans l’absolu. Il faut donc appuyer sur ce bouton, tourner la grosse molette d’avancement, relâcher le bouton tout en continuant à tourner jusqu’à ce que celui-ci se bloque, puis vous pourrez faire une autre photo. On a connu plus simple dans les années soixante !

Le compteur de vue doit être initialisé sur 20 ou 36 manuellement. Il fonctionne par décompte des déclenchements.

Que penser de cet appareil ?

Tout en alliage d’aluminium, il a quelque chose de rassurant car il donne cette impression de solidité que confère le métal.

Cependant, les défauts sont nombreux :

  • viseur réduit à sa plus simple expression, un chat d’aiguille : on devine plus qu’on ne voit ce que l’on va photographier
  • le loquet de blocage du dos gagne du jeu avec le temps, rendant l’appareil moins étanche aux fuites de lumières
  • les réglages sont minimalistes et on ne peut rien contrôler (ouverture, vitesse, sensibilité)

Ceci dit, la prise en main n’est pas mauvaise et les réglages sont bien disposés, sauf ce f…. bouton pour débrayer l’enroulement en vue du rembobinage.

Dans son beau sac tout prêt en cuir, il a belle allure et vous pouvez alors le porter autour du cou car la lanière est sur ce dernier, pas sur le boitier.

En conclusion, c’est un appareil rare mais qui n’a pas une grande cote (50€ avec sa gaine en bon état). Il fait partie de ces boitiers intéressants à posséder en collection car il est le reflet d’une époque.

Vidéo d’illustration.

Un peu de technique.

Année 1960

Objectif : Som Berthiot 45mm ouvrant à f2,8, anastigmat

Obturateur central en Iris OREC de 1/15s au 1/250s plus pose B

Format : 24 x 36 mm

Viseur de type Galliée

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1030-Sem_Babysem.html, http://clicclac1.free.fr/old/Appareils_francais/SEM/Baby.htm, https://www.lesappareilsphotographiques.com/sem-p-186.html, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_S_1017.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12921-Photo-Hall_Baby%20Sem.html, http://glangl1.free.fr/Liste-Sem.html, https://stereoantica.com/sem-baby-sem/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_des_%C3%A9tablissements_modernes_de_m%C3%A9canique, https://collection.click-clack.fr/sem-histoire-et-publicites/, https://www.mes-appareils-photos.fr/SEM.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1079-Sem_Baby%20Sem.html en français ; https://cameracollector.net/sem-kim-baby-sem/, en anglais.

Argentique

Le Balda et un sac photo en cuir bien garni

Préambule.

Ce mois de mars n’en finit pas de nous surprendre : un dimanche matin avec 18°C, c’est peu courant !

Alors j’en ai profité pour faire une brocante, seul cette fois. Ronquières, me voici. Il y a, bien évidemment un monde fou et comme je n’arrive pas très tôt, je me demande si je vais quand même trouver quelque chose d’intéressant à mettre dans le sac à doc.

Là, au détour d’un stand, dans des caisses reléguées au fonds, je vois des crosses destinées manifestement à supporter des longs téléobjectifs, comme on les faisait dans les années septante. Par curiosité, je les regarde et par dessous, une longue boite en cuir un peu fatigué.

Ah, manifestement il y a un appareil dedans et des accessoires. Petites négociation rapide et j’emporte celle-ci dans le sac. Elle y sera bien seule mais je pense que la trouvaille aura quel que intérêt.

Un peu d’histoire.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà décrit un Balda dans ces articles, le Balda Baldessa.

Mais revenons un peu plus en arrière : Max Baldeweg, maître mécanicien qualifié et très intéressé par la photographie fonde à Dresde (décidément berceau de grandes marques), le 20 novembre 1908, la Balda Werk.

A ses débuts et en tout cas avant la seconde guerre mondiale, la société produit essentiellement des appareils à prix abordables, notamment des appareils pliants. Mais si elle a produit en son nom, elle a aussi produit des appareils que je qualifierais de produits blancs, c’est-à-dire destinés à d’autres fabricants qui y apposaient leur propre marque.

L’usine interrompt sa production à l’aube de 1940 pour soutenir l’effort de guerre de l’Allemagne. Elle fut partiellement détruite sous les bombes qui rasèrent Dresdes.

Au sortir de cette période difficile, Max Baldeweg et Willbald Lauterbach, un directeur fidèle, essaient de relancer la production. Mais le pouvoir en place fait qu’ils durent tous deux quitter leur entreprise et la ville pour fuir vers l’Ouest. Balda Werk sera nationalisée en 1946 puis elle sera engloutie par le VEB Pentacon en 1956.

A l’Ouest, Max Baldeweg fonde la Balda-Balda, qui devra changer de nom en Belca Werk en 1951 à cause de litiges dus à la marque Balda restée à l’Est.

Présentation du lot.

Comme je l’écrivais en préambule, l’appareil est dans un sac photo en cuir, d’origine, mais qui a bien besoin d’être nettoyé et re ciré. La chose faite, je m’attaque aux objets à l’intérieur : de prime abord, 3 filtres dans leurs pochettes en cuir, un pare-soleil en caoutchouc lui aussi dans une pochette de cuir, 2 films terminés, un troisième avec l’amorce sortie, le Balda avec son sac tout prêt, sa lanière en cuir sur laquelle est attaché un petit sac, qui devait contenir un flash ou prévu pour y mettre un film d’avance. Il est vide en tout cas. Une boite et 5 lampes hors boite de Sylvana AG 3B complètent le tout.

Tous ces objets sont nettoyés et retrouvent bien vite leur lustre d’antan.

Les filtres sont des B&W de 40,5mm : le premier est un filtre UV, le second est en fait une bonnette X1 et finalement une bonnette X2 pour le troisième élément.

Quant à l’appareil, c’est donc un Balda Super Matic. Il est équipé d’une lentille de 45mm Color Baldanar, ouvrant à f2,8. Notez qu’il aurait pu être équipé d’un objectif couleur Estconar toujours de 45mm ouvrant aussi à f2,8, voire d’un Xenar aux mêmes spécifications.

La distance se règle sur la lentille avant, mesures en mètres, en pieds et pictogrammes. La distance minimale est de 1m jusque l’infini. Une échelle de profondeur de champ est gravée sur la couronne.

Ses vitesses s’échelonnent de 1/30 – 1/60 – 1/125 (synchro flash, en rouge) – 1/250 – 1/500s et une pose B. Le déclencheur est en façade, glissant vers le bas et fileté dans sa partie basse pour y loger un câble souple. Il y a aussi un A pour automatique, j’y reviendrai.

La griffe porte-accessoire est dite froide. Une prise PC, elle aussi en façade, permet de raccorder le flash.

On règle la sensibilité de la cellule, au sélénium, via une languette, qu’il faut enfoncer avant de faire tourner la bague qui porte un point orange, à faire coïncider avec la valeur choisie, de 12 à 1600 Asa (échelle en DIN aussi, de 12 à 33).

Publicité d’époque.

Sorti en 1960, pour remplacer les Baldina, vous trouverez peut-être plusieurs dénominations sur le cartouche en bas à gauche (vu de face) : Balda Super Matic, Super Balda Matic ou Super Baldamatic.

Les spécificités de ce modèle sont au nombre de cinq : une forme arrondie, jolie mais pas très pratique à tenir en mains ; une clé pour armer, sur la semelle de l’appareil : une manivelle de rembobinage en dessous, montée sur ressort ; le compteur de vue est sur la semelle et il faut le réinitialiser à la main ; c’est tout le dos de l’appareil qui se libère quand on appuie sur les 2 boutons placés sur la tranche gauche.

Ensuite, le Super Matic est équipé, comme je le signalais plus haut, d’une cellule au sélénium, qui est couplée, pour l’utiliser en mode automatique (le A de la couronne de vitesses) ou en manuel. Cette cellule est visible sur la gauche du viseur et elle indique l’ouverture choisie. Ce boitier est un priorité vitesse.

Son viseur, assez grand et clair, est collimaté avec indication du cadre pour la correction de la parallaxe.

Que penser de cet appareil ?

Peut-être devrais-je parler du lot complet car il est intéressant et relativement rare de trouver un ensemble qui était celui utilisé par un photographe, hélas, inconnu.

De plus, les films terminés indiquent que cette personne osait le film couleur et même la diapositive avec cet appareil. C’est donc qu’il avait confiance aux qualités intrinsèques de son matériel, la diapositive étant plus délicate manier que le film couleur ou N/B.

La bobine non entamée est une Kodachrome 2 de 25 Asa (film inversible, diapositive), qui sera produite de 1961 à 2009. Les deux pellicules terminées sont des 3M, une inversible de 50 Asa et l’autre, un film couleur de 80 Asa. Celles-ci étaient fabriquées pour 3M par Ferrania, la société américaine étant entrée dans son capital en 1964.

Malgré quelques recherches, je ne suis pas parvenu à savoir jusqu’à quelle date ces films ont été produits, mais je pense, vu les nombres Asa qu’ils l’ont été jusqu’à la fin des années soixante. Ce sera intéressant de les faire développer …

Ceci étant, si l’appareil est agréable à l’œil de par ses formes un peu arrondies, sa petite taille ne permet pas de le tenir facilement en mains lorsqu’on veut manipuler les commandes, et le viseur placé à droite est régulièrement barré par un index qui ne sait pas trop où se placer.

Pourtant les commandes sont souples et si la position du déclencheur peut dérouter (en façade) elle est assez logique car en baisant le levier, doux, on ne risque pas de faire bouger le boitier et on réduit dès lors les risques de flou de bougé.

Reste que je trouve toujours un peu compliqué ces dos que l’on ôte complétement pour le chargement car il faut garder un œil dessus (enfin, plutôt un doigt ou une main) pour qu’il ne finisse pas par terre quand on veut changer le film ailleurs que sur un bel endroit stable !

Mais manifestement ces petits désagréments n’ont pas empêché un photographe d’un autre temps de se servir de son ensemble au moins quelques années, avec enthousiasmes, vu les accessoires ajoutés et en diversifiant les films.

Vous me connaissez, c’est surtout cet aspect humain de la trouvaille qui m’a plut et j’espère que la personne qui achètera cet ensemble saura l’apprécier aussi.

Video d’illustration.

Des références.

https://www.35mmc.com/28/09/2024/balda-super-matic-quirky-but-fun/, https://historiccamera.com/cgi-bin/librarium2/pm.cgi?action=app_display&app=datasheet&app_id=3242 en anglais ; https://bleckedermoor.de/fotomuseum/baldasupermatic1-rep.htm, https://www.kameramuseum.net/0-fotokameras/balda/balda-super-balda-matic.html, https://kameramuseum.de/objekte/balda-super-balda-matic/ en allemand ; https://mgroleau.com/photo/allemagne/balda/balda.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10428 en français

Argentique

Le Kodak Retina 1 type 149

Préambule.

Voici donc le second appareil acheté à ce collectionneur lors de la brocante au profit de l’Unicef, à Ath en ce début mars.

Celui-ci fonctionne bien mais il a vécu. Notez, il est apparu sur le marché en 1939, ça lui fait 86 ans.

J’ai déjà commis des articles sur le Kodak Retina, le Kodak Retina 2c et le Kodak Retina 3c : ceux-là possédaient un télémètre couplé et le dernier une cellule au sélénium. Celui-ci fait partie des premiers modèles. Plus de vingt ans séparent ces boitiers.

Un peu d’histoire.

Pour mémoire, Eastman Kodak en rachetant Nagel, crée Kodak Allemagne et les Retina sont dans les premiers appareils fabriqués. Le modèle Retina, avec bien évidemment de nombreuses évolutions, existera de 1934 à 1960.

Ce qui rend cet appareil célèbre, c’est que c’est avec cet appareil que Kodak a lancé sa fameuse bobine 135mm, celle que l’on utilise encore à l’heure actuelle si on est resté fidèle à l’argentique.

Ces appareils, destinés au grand public, contrastent fortement avec ce qui sera la production de masse des années ultérieures car ils sont fabriqués avec du matériel de qualité et parfaitement ajustés.

Présentation du Kodak Retina 1 type 149.

Ce modèle ne fut fabriqué qu’entre 1939 et 1940. Il est (quasi) identique au type 148, seule la garniture en cuir noir sur la plaque supérieure, sous le bouton de rembobinage, les différencie. Le type 148 avait un capot tout chromé. Autre détail, les bords de ce modèle étaient peints en noir alors qu’ils étaient polis pour le 148.

Celui fait partie d’une série rare de moins de 100 pièces parce que la plaque supérieure est en une pièce et la flèche du pointeur du compteur est en noir.

On estime que 17.500 boitiers ont été construits sur ce modèle type 149 en un an.

Le choix de l’objectif et de l’obturation sur ce modèle était limité à un Schneider-Kreuznach Xenar de 50mm ouvrant à f 3,5 – le choix aurait pu être pire, le Schneider-Kreuznach Xenar a une très bonne réputation – dans un obturateur Compur. Quoiqu’on ait relevé quelques modèles avec un Kodak-Anastigmat-Ectar 50mm ouvrant à f3,5, toujours avec le même obturateur Compur, mais moins performant.

Puisque je le cite, cet obturateur permet des vitesses de 1s à 1/300s plus une pause B, sans retardateur.

L’armement se fait en baisant le petit levier autour du bloc optique/obturateur et on déclenche soit avec le déclencheur sur le capot, le déclencheur sur le bloc ou avec une commande à fil, qui se visse à côté du déclencheur du dessus.

Attention, selon l’habitude, un mécanisme de protection contre la double exposition est bien présent. Donc, sans film à l’intérieur, impossible de déclencher si vous ne faites pas tourner la molette d’entrainement dans la chambre. A retenir, en cas de besoin …

Replié (les Allemands appellent ces appareils des Klapp) il est tout petit et se glisse dans n’importe quelle (grande) poche ou petit sac. Ouvert, il est un peu plus profond car la porte s’ouvre vers la droite et permet de faire sortir un court soufflet.

Si vous voulez le replier, vous devrez d’abord mettre la distance sur l’infini puis appuyer sur les deux boutons en saillie sur les ciseaux qui tiennent le soufflet bien rigide, puis appuyer doucement sur la porte et la rabattre jusqu’à fermeture complète.

Franchement, il est même plus petit que l’Agfa Super Solinette que je vous présentais il y a peu.

Il lui manque, par rapport à celle-ci, un télémètre mais il est parfait pour travailler en zone focus : vous pouvez pré déterminer la distance avec le bouton fixé sur la couronne des distances (roue crantée contre le bloc) et l’ouverture, grâce à la languette sous le bloc et vous aurez l’indication d’une profondeur de champ utile. Un astucieux tableau, malheureusement placé sous l’appareil, vous indique celle-ci.

Son utilisation, vous l’avez compris est simple : tout est manuel et peut se régler du bout des doigts.

Le compteur de vue doit être mis à zéro manuellement, en faisant tourner la plaque ronde munie de 2 petits ergots. Pour ouvrir le dos du Kodak, un simple levier sur la tranche gauche (vu de face) libère le verrou et ouvre la chambre, dans laquelle vous glisserez votre film. L’amorce se fixe sur la bobine à demeure, munie d’une longue fente pour recevoir l’amorce. Vous armez une ou deux fois, déclenchez, et vous voilà prêt à arpenter les rues.

Votre film est terminé ? Vous faites glissez le levier marqué des lettres R – A, placé sur le capot chromé, derrière et dessous le bouton d’avancement. En position R, le mécanisme est libre et vous rebobinez la pellicule avec le gros bouton de gauche (vue de dos).

Que penser de cet appareil ?

Outre son intérêt historique (le premier appareil a utiliser la bobine Kodak 135mm), c’est un Kodak extrêmement bien construit. Si ses propriétaires successifs en ont pris soin et que vous-même le dorlotiez, il vous rendra service encore longtemps.

La seule chose à craindre, comme pour l’Agfa Solinette, c’est le durcissement de la graisse verte initialement utilisée pour les engrenages. En l’occurrence, cet exemplaire a aussi eu droit à un petit traitement à l’essence à briquet pour débloquer le tout, puis je l’ai lubrifié avec de la graisse de silicone neutre. Il n’en faut pas beaucoup, elle se répand bien partout et assure un mouvement souple des rouages.

Finalement, seule son esthétique extérieure laisse un peu à désirer. Alors soit je le laisse dans son jus ou je lui redonne un lustre plus moderne. J’avoue que j’hésite encore …

Sinon, c’est un chouette petit appareil, vraiment sympa à emporter. La seule chose que je regrette, c’est l’ouverture de la porte, sur le côté plutôt que par dessous, qui assure une meilleure prise en main, à mon avis.

Au niveau prix, il faut compter, pour un exemplaire normal, entre 50 et 80€, selon l’état. Celui-ci étant un plus rare, il se négociera au-delà des 100€. Ces prix restent raisonnables pour un morceau d’histoire photographique que vous pourrez encore emporter partout.

Vidéos d’illustration.

Ce Kodak Retina 1 type 149 est le type classique, avec un viseur non attaché au bloc du déclencheur et le pointeur du compteur de vue est argenté.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Taille du film : 35 mm, avec bobine Kodak, devenue universelle
  • Obturateur : Compur avec pose B, de 1s – 1/300s, sans retardateur; filetage pour commande filaire
  • Lens : Schneider -Kreuznach Xenar 50 mm ouvrant de f 3,5 à f 16
  • Dates : 1939

Si vous deviez réparer le vôtre, c’est par ICI que ça se passe.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kodak_Retina, https://quirkyguywithacamera.blogspot.com/2016/03/diminutive-dapper-and-delightful-kodak.html, https://cameracollector.net/kodak-retina-i-010-149/, https://bvipirate.com/Kodak/Ret149-1.html, https://retinarescue.com/retina1type149.html en anglais ; https://mgroleau.com/photo/amerique/kodak/kodak_retina.html, https://mgroleau.com/photo/amerique/kodak/Kodak_retina_1_t149.html en français ; https://www.photo-foto.eu/kodak-ag-stuttgart/kodak-retina-i-typ-149/, https://kameramuseum.de/objekte/kodak-retina-i-typ-149/, https://kameramuseum.de/kodak-retina-papst-dr-david-l-jentz-von-der-hsrc-auf-forschungsbesuch-im-deutschen-kameramuseum/, https://www.photo-foto.eu/kodak-ag-stuttgart/kodak-retina-i-typ-149/ en allemand

Argentique

La Super Solinette d’Agfa (type 2035/230).

Préambule.

Les premières brocantes de l’année sont souvent les plus intéressantes car ceux qui ont accumulé ou qui ont hérité pendant la mauvaise saison vont enfin pouvoir se défaire de tous ces objets, vieux appareils incompris itou.

C’est ainsi que j’ai découvert quelques belles petites choses lors de la brocante de l’Unicef organisée à Ath, dans un grand hall couvert et chauffé – quoique ce jour-là, par extraordinaire, il faisait presque 20°C dehors, en plein début mars !

Ici, c’était un vieux monsieur, collectionneur dans l’âme, qui faisait un peu de place dans les 4 étages de sa maison, remplie de collections diverses, allant des appareils photos aux affiches et objets commémoratifs de l’Expo 58 de Bruxelles, en passant par les couvre-chefs de différents corps d’armée, la Poste, le rail, etc. Bref, une caverne d’Alibaba dans laquelle dormait quelques doublons.

C’est ainsi que j’ai acquis un Ihagee Exa dont je vais devoir chercher le numéro car la plaquette manque (voir l’article sur l’Exa 1a), un Kodak Retina 1, une chambre sur laquelle je reviendrai bientôt, un Pentax Spotmatic avec un incroyable système de reproduction de diapositives et cet Agfa Super Solinette.

Si j’ai pu les acheter à prix raisonnable c’est que comme tout bon doublon qui se respectent, ils présentaient de petit soucis, je pense assez facile à réparer.

Un peu d’histoire.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà commis un article sur l’Agfa Solinette II. Je vais vous faire grâce dès lors de toute l’histoire du modèle pour ne retenir ce qui nous intéresse sur celui-ci.

Juste revenir sur 2 points : la Solinette est un 24×36 tandis que l’Isolette est un 120. Si la forme change un peu, les mécanismes sont très, très proches. Ensuite, Agfa s’est associé, avant la seconde guerre mondiale avec la firme Ansco (USA) et donc cet appareil s’appelait aussi, outre Atlantique, le Ansco Super Regent (il y sera produit de 1954 à 1960).

Fabriqué de 1953 à 1957, la Super Solinette était le haut de gamme de la série. La première série est de type 2035 car l’obturateur Synchro Compur ne possède pas de retardateur (seulement noté X/M) tandis que la seconde série, de type 2035/230 verra gravée sur le fut du l’obturateur les lettres V (retardateur), M et X.

De fait, selon votre budget, vous pouviez acheter une Super Solinette avec une lentille Apotar (triplet) avec un obturateur Prontor ou Compur et le modèle que je vous présente.

Présentation de l’Agfa Super Solinette.

Comme je l’écrivais en préambule, cet appareil fut remplacé dans la collection du vendeur car il présentait un petit problème, fort commun aux Agfa et Kodak ancien : la graisse verte utilisée pour lubrifier le mécanisme de mise au point fige avec le temps.

Ici, j’ai eu de la chance, je pouvais faire tourner de deux crans la couronne de réglage, ce qui m’a permis de la débloquer avec … de l’essence à briquet !

Petite explication utile : j’ai fait couler, avec une aiguille fine, un peu d’essence dans le mécanisme, de l’extérieur vers l’intérieur. L’essence dissout très rapidement les graisses, sans laisser de traces. J’ai, entre chaque piqure, fait jouer le mécanisme – en gardant tout le temps l’appareil bien posé à l’horizontale – pour bien faire pénétrer l’essence. J’ai dû répéter plusieurs fois l’opération pour atteindre une fluidité normale mais ça m’a permis de ne pas devoir tout démonter. Les produits de type D40 sont moins efficace que l’essence à briquet, qui a aussi l’avantage de ne pas coûter une fortune.

Mais revenons au début : pour ouvrir l’abattant qui protège l’objectif, l’obturateur et le court soufflet, il suffit d’appuyer sur le petit bouton sur la tranche du capot, à gauche (en regardant dans le viseur).

Petit détail que j’aime beaucoup, l’abattant s’ouvre vers le bas, ce qui est toujours plus confortable que ceux qui s’ouvrent à droite ou à gauche, car on tient mieux l’appareil en le posant sur sa paume ouverte en dessous.

Pour le refermer, juste appuyer sur les deux parties en saillie striée de part et d’autre de l’objectif et pousser un peu sur l’abattant.

Passons à l’objectif, un Agfa Solinar ouvrant de f3,5 à f22, de type Tessar, Assez proche, au niveau qualité du Schneider Xénon. Associé au Synchro Compur, c’est une combinaison intéressante et performante.

L’obturateur est un classique mais un bon, simple d’utilisation : on arme avec une tirette sur le bord (sur la gauche) et on déclenche avec le … déclencheur.

Au fait, l’appareil est protégé contre les doubles expositions et donc, lorsqu’il n’y a pas de film dedans, impossible de déclencher l’appareil. Sauf si vous faites tourner à la main la roue d’entrainement du film.

Et même la protection est contournable si vous actionnez le déclencheur par la barrette, sous l’objectif, qui pousse sur la libération de l’obturateur.

L’ouverture se règle avec une tirette sur le pourtour du bloc objectif, de f3,5 à f22. Si vous placez le curseur sur le 8, vous aurez une échelle de profondeur de champ sur le pourtour du réglage de distance. Dans notre exemple, sur f8, vous serez net de 1m à 1,3m (entre les deux flèches noires).

Car si l’appareil est bien pourvu d’un télémètre couplé, rien ne vous empêche d’utiliser le zone focus, notamment en street, où on prépare souvent sa distance à l’avance.

Je reviens un instant sur le bloc obturateur, sur lequel vous pouvez faire glisser une tirette vert au dessus de 3 lettres : V = retardateur ; M = flash à ampoule ; X = flash électronique de l’époque. Le flash se branche sur une prise elle aussi sur le pourtour du Compur.

Tout en dessous, vous verrez une série de chiffres, en rouge, allant de 3 à 18. Un indicateur bouge sur ces chiffres quand vous manipulez la tirette d’ouvertures et celle des vitesses, que vous pouvez coupler. Si c’est le cas, vous utilisez le système dit EV, c’est-à-dire une combinaison de vitesse et d’ouverture en fonction d’un indice de luminescence, donné souvent avec les anciennes cellule à main. C’est un système souvent rencontré sur des appareils datant des années cinquante. On aime ou pas et ici on peut débrayer la chose.

Le chargement d’un film est un peu particulier. Vous ouvrez le dos, monté sur charnière, en tirant le verrou sur la tranche vers le bas. A l’intérieur de la chambre, une bobine attachée dans laquelle vous allez insérer le début de votre amorce et tourner la molette près du déclencheur d’environ un quart de tour, le temps de vérifier que la pellicule s’enroule bien sur la bobine (attention, vous aurez remarqué qu’il n’y a des dents sur l’axe de traction qu’en haut, il faut donc bien aligner le film).

Ceci fait, refermez le dos et mettez le compteur sur la lettre A en tournant la molette de bobinage/armement. Puis faite tourner la molette et déclenchez jusqu’à ce que vous arriviez au chiffre 1 : vous êtes prêt.

Pour faire avance le compteur, vous devrez faire glisser la flèche sous le viseur et appuyer sur le petit bouton sous le déclencheur.

Quand vous serez au bout de votre film, faites glisser le bouton avec la flèche, enfoncez le petit bouton sous le déclencheur et maintenez-le enfoncé en rembobinant avec la molette à gauche sur le capot.

La bonne prise en mains facilite le réglage de la distance car vous pouvez manipuler la roue crantée soit avec vos deux index, soit avec un (si l’hélicoïdal est bien lubrifié). Dans le viseur unique, vous verrez le patch clairement se positionner en fonction de la distance. C’est un télémètre à coïncidence d’image, classique. Le cadre n’est pas collimaté et il n’y a pas non plus de correction de la parallaxe, mais avec une mise au point à partir d’un mètre, ce n’est pas trop grave.

Que penser de cet appareil ?

Pour mémoire, mon ami Fred, d’Histoire de photos, a utilisé la Solinette 2 et voyez ICI et LA les résultats de ces pérégrinations dans le Vieux Lille.

Et celle-là n’était équipée que de l’Apotar, un 50mm f3,5 en triplet. Je vous laisse imaginer le résultat avec ce Solinar, proche de la formule Tessar.

Autre chose que notre ami Fred apprécie toujours beaucoup pour cet appareil : sa compacité. Une fois fermé, vous le glissez dans une poche sans problème, voire un petit sac si son poids tiraille trop votre veste. Envie de faire une photo, hop, on presse sur le petit bouton et l’objectif sort comme un beau diable de sa boite et vous êtes prêt à shooter. Magique !

D’autant qu’ici vous aurez en plus l’avantage du télémètre, que vous n’aviez pas sur la Solinette 2 ni même sur un Zeiss Ikon Nettar II 518/16, un Zeiss Ikon Ikonta M, un Zeiss Ikonta B 521/16, un Voigtländer Perkeo I, les plus proches en matière de compacité (ici ce sont des moyens format avec film 120 toutefois).

On n’y pense pas souvent, mais ces appareils sont abordables (bien que la Super Solinette coûte un peu plus, dans une fourchette de 30 à 80€ pour un exemplaire en excellent état avec sa gaine) et très facile d’emploi.

De plus, en rue, personne ne viendra vous embêter si vous faites une photo (tiens c’est quoi ce vieux truc ?) sauf si vous tombez sur une personne aimant ces anciens appareils, et vous êtes parti pour une papote.

Y-a-t-il un inconvénient à ce Super Solinette ?

Oui, sinon ce ne serait pas drôle … Question pratique, vous aurez remarqué qu’il n’y a pas d’œillets pour y fixer une sangle, car elle se trouve sur le sac tout prêt d’époque, qu’on ne trouve pas toujours avec l’appareil. Mais comme il se glisse dans une poche …

Ensuite, au moment d’un choix, vérifiez toujours l’état du soufflet : même court, il doit être étanche. Puis, faites surtout attention au réglage des distances car la couronne doit tourner au moins un peu pour pouvoir la réparer. Si elle est bloquée, ça va être difficile. Voilà, c’est tout, et c’est finalement peu.

Donc, je vous réécris ma petite phrase, soyez réaliste, faites vous plaisir !

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

  • Fabricant AGFA KAMERAWERK MUNICH
  • Modèle Super Solinette
  • Format de film 24 x 36 mm
  • Année de construction vers 1955
  • Objectif AGFA Solinar 50mm f 3,5 à f22 avec 4 éléments, monté sur rampe hélicoïdale
  • Obturateur Synchro Compur 1 ‘- 1/500s et B, plus retardateur 10sec (lettre V).
  • Télémètre couplé, mise au point de 1,0 m – infini
  • Griffe porte accessoire pour Flash et prise PC sur le pourtour de l’obturateur
  • Positions M (ampoules) et X (flash électronique) sur le Synchro Compur
  • Compteur de vue manuel
  • Protection contre la double exposition
  • Poids 530gr

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-20025-Agfa_Super%20Solinette.html, https://www.philcameras.be/agfa-general/ en français ; https://camerashiz.wordpress.com/ansco-super-regent/, https://retinarescue.com/supersolinette.html, https://elekm.net/pages/cameras/spotlight_supersolinette.htm, en anglais ; https://bleckedermoor.de/fotomuseum/agfa-susol.htm, https://kameramuseum.de/objekte/agfa-super-solinette/ en allemand

Argentique

Le Leica Z 2X

Préambule.

Tiens, un Leica !

Ben oui, même si certains d’entre vous, chers lecteurs, pensez que j’ai une dent contre cette marque, je ne rechigne pas à vous trouver des exemples de ce qui se fait de mieux … ou pas.

Alors celui-ci vient de la collection à laquelle j’ai consacré un article. Il est en superbe état, dans sa gaine d’origine et parfaitement fonctionnel. On dirait qu’il est neuf

Allons donc voir si la ramage vaut le plumage …

Un peu d’histoire.

Je ne vous ferez pas l’injure de reprendre ici l’histoire de la marque, je l’ai déjà abordée pour maints articles consacrés, par exemple, au Leica IIIf, au M3, au M5, au M6.

« Ah, j’ai déjà eu tout ça en Leica ? » Et pourtant, je n’en ai gardé aucun, étrange.

Pour situer celui-ci dans le temps, il est apparu sur le marché en 1997, en pleine période des compacts intelligents des années nonante.

Il a été prévu pour remplacer le Mini-Zoom (1994) qui s’essoufflait face à la concurrence japonaise (encore eux !).

Normalement, il s’intercale entre la série Mini et la série Minilux (plus chère).

Présentation du Leica Z 2X.

Si l’appareil est joli (oui, je sais, c’est toujours subjectif) dans sa livrée argent/noir, il a aussi existé en couleur, notamment pour une série spéciale verte destiné à … Jaguar (1000 exemplaires). On reste entre gens du monde.

Ne cherchez pas ici le métal auquel la marque nous avait habitué, il est tout en plastique, bien construit et assemblé, sans fausse note.

Les petits boutons chromés, le petit écran LCD, l’aspect discrètement « carbone » de la touche du zoom et du déclencheur, le bel ovale autour du zoom, même le logo rouge, tout inspire la sérénité et la qualité « made in Germany ».

Expliquons peut-être déjà le pourquoi de son nom qui sonne comme celui d’un robot de science-fiction : Z pour zoom et 2X parce qu’il s’agit d’un zoom de 35 à 70mm. Simple quand on y pense.

Comparé aux autres productions de l’époque, il n’apporte rien de fondamentalement différent, mais il arbore le logo rouge, qui intrigue et attire.

Son objectif est un Vario-Elmar de 35 à 70mm ouvrant de f4 à f7,6 en 7 éléments répartis en 6 groupes. Sa mise au point minimale est de 60cm. Il a la réputation d’être très bon, vous pourrez en juger ICI et LA.

Là, la réputation de Leica n’est pas usurpée, même si les ouvertures ne sont pas différentes des autres marques. Leica utilise ses formules optiques avec du verre optique de haute qualité et des revêtements de surface individuels à chaque lentille, ce qui garantit des couleurs fidèles, un rendu au contraste élevé et une grande netteté.

Comme les autres compacts de cette époque, l’Olympus Mju en tête, il est tout automatique : dès que vous chargez un film dans la chambre, il lit le code DX qui ajuste la sensibilité de la cellule ; il enroule le film jusqu’à la première image et le moteur enchainera les images jusqu’à la fin de la pellicule, qui se rembobinera automatiquement.

Son flash, discret, est épaulé par une lampe anti-yeux rouge qui a parfois le mauvais goût de s’actionner trop en avance sur le départ réel du flash, ce qui annule son intérêt. Mais on peut la désactiver. Le flash est normalement automatique et débrayable.

La mise au point se fait par le truchement d’un autofocus dit passif.

C’est le système le plus couramment utilisé dans les petits appareils photo, qui fonctionne selon le principe de la détection de contraste ou la détection de phase. Ici pas d’envoi d’une onde lumineuse mais captation de la lumière émise par le sujet. Dans le cas de ce Leica, pas d’extravagance, il utilise la détection de contraste.

En gros c’est un mécanisme qui permet de trouver « la bonne mise au point en mesurant le contraste entre différentes versions de la même scène obtenues par un mouvement mécanique de l’objectif en quelques fractions de secondes. En principe, chaque mouvement correspond à un plan de mise au point logiquement différent et, pour déterminer le bon plan de mise au point, ils sont mis en “comparaison“, ce qui permet d’utiliser celui dont le contraste mesuré est le plus élevé. Cette photo est théoriquement celle qui aura la meilleure mise au point » (source : Monappareilphotopro).

Si ce n’est pas le système le plus rapide, il a le mérite d’être fiable.

Vous l’aurez deviné, l’exposition est contrôlée automatiquement (programmée), combinée à une mesure à pondération centrale, ce qui autorise des expositions bien équilibrées.

Si vous avez un trépied sous la main, vous pouvez opter pour une mise au point même en base lumière car l’appareil peut faire varier sa vitesse d’obturation jusqu’à 99 secondes. Dans ce cas, il faut mettre l’appareil sur le retardateur à 2 secondes et le laisser lancer la prise de vue lui-même. Notez qu’il a existé un câble électrique (accessoire à commander sous le numéro 18540) pour aussi déclencher soi-même en pause B. Il fallait le brancher, appareil éteint, sur le côté, puis allumer l’engin.

Le viseur est très lumineux mais hélas il ne donne que 83% de l’image qui sera captée. Un cadre lumineux, avec corrections de la parallaxe, permet de bien situer sa visée. Lorsque vous le portez à l’œil et appuyez à mi-course sur le déclencheur, une lumière verte appareil si la luminosité est bonne ou rouge dans le cas contraire, jusqu’à ce que le flash (si position automatique) charge et passe au vert.

Derrière le petit écran LCD, le bouton « mode » vous permet de sélectionner :

  • Mode d’exposition automatique avec flash
  • Mode d’exposition automatique avec flash et réduction des yeux rouges (pré-flash)
  • Mode d’exposition automatique avec flash et compensation d’exposition +2EV
  • Flash manuel
  • Flash manuel avec pré-flash
  • Flash manuel avec mode nuit
  • Flash manuel avec pré-flash et mode nuit
  • Flash désactivé
  • Mode BULB (jusqu’à 99 secondes)
  • Mise au point infinie et flash désactivé

En résumé, ça donne ceci :

En résumé, un petit (enfin, pas si petit que ça car vous ne pourrez pas le mettre dans une poche, plutôt un petit sac, ou une grande poche de veste) compact de la fin des années nonante qui a comme grande différence par rapport à la concurrence de l’époque, un … logo rouge.

Qu’en penser ?

Ce n’est évidemment pas un mauvais appareil, mais loin des standards auxquels Leica nous avait habitué.

La qualité de ses images est bonne, voire très bonne, mais ce n’est pas un foudre de guerre, même si son autofocus est précis et le calcul de l’exposition très bonne.

Entre 1997 et 2002, 157.284 boitiers seront fabriqués, donc 39.989 en version avec dos dateur (modèle Z 2X DB). Ce n’est pas un gros chiffre de vente en 5 ans. Sans être rarissime il n’est pas courant.

Et comme tout ce qui touche la marque, le prix de vente s’en ressent. Comptez jusqu’à 250€ pour un très bel exemplaire, avec sa house noire en néoprène et sa discrète dragonne.

Personnellement, je trouve le prix disproportionné eu égard aux fonctionnalités, peu différentes voire même en retrait par rapport à certains concurrents de l’époque (Canon avec ses modes programmes, comme Nikon d’ailleurs, Pentax, Minolta pour ne citer que les plus connus).

Mais ils n’ont pas une pastille rouge devant …

Video d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

  • Objectif zoom Leica Vario-Elmar 35-70mm f/4.0 à f/7.6 (7 éléments en 6 groupes)
  • Point & Shoot
  • Batterie Lithium (CR123A)
  • Sensibilité du film réglée automatiquement pour les films codés DX de ISO 50 à ISO 3200. Avec les films sans codage DX ou avec un codage inférieur à 50 ISO, l’appareil photo est automatiquement réglé sur 100 ISO. Avec les films dont le codage est supérieur à 3200 ISO, il est réglé sur 3200 ISO. Les réglages sont les suivants : ISO 50, 64, 100, 125, 200, 250, 400, 500, 800, 1000, 1600, 2000, 3200.
  • Distance minimale de mise au point 60cm.
  • Réduction des yeux rouges
  • Système autofocus passif avec flash activé automatiquement
  • Modes d’exposition avec activation automatique du flash ou « ON » (flash manuel activé). Pour une longueur focale de 35 mm : de la valeur d’exposition Ev9 (1/30 sec. et f/4.0) > Ev17 (1/300 sec. et f/20). Pour une longueur focale de 70 mm : de la valeur d’exposition Ev11.6 (1/50 sec. et f/7.6) > Ev17 (1/200 sec. et f25). Pour les modes « flash-off » manuels ou l’activation manuelle du flash avec une longue exposition, « SLOW/ON ». Pour une distance focale de 35 mm : de la valeur d’exposition Ev6 (1/4 sec. et f/4) > Ev17 (1/300 sec. et f20). Focale 70 mm : de la valeur d’exposition Ev7.9 (1/4 sec. et f/7.6) > Ev17 (1/200 sec. et f/25).
  • Luminosité du viseur de 83%
  • Fonctions supplémentaires : retardateur, exposition automatique, mémorisation de la mise au point, mode panorama
  • Vitesse d’obturation 1/4 sec. > 1/300 sec. Réglage « B »
  • (L x H x P) 124 x 69,6 x 42,6 mm
  • Poids nu : 245gr

Des références.

https://www.summilux.net/materiel/Leica-Z2X, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1889-Leica_Z2X.html, https://monappareilphotopro.fr/autofocus/(pour tout savoir sur l’autofocus et plein d’autres choses très intéressantes), en français ; https://www.35one20.com/2019/09/14/a-stroll-with-a-leica-z2x/, https://www.i35mm.com/gear/leica-z2x/, http://www.photographyreview.com/product/cameras/film-cameras/point-and-shoot/leica/mini-z2x-camera.html, https://www.anatomyfilms.com/leica-z2x-hated-leica/, https://www.kataan.org/leica-z2x-camera-review/

Argentique

Le Minolta Hi-Matic AF

Préambule.

Brrrr … nous sommes en plein milieu du mois de mai et il ne fait toujours pas bon : le ciel est (très) gris et on nous annonce de grosses averses pour la fin d’après-midi.

Ici, à Braine l’Alleud, le temps est maussade mais il fait sec. Arrivés tôt, nous allons devoir faire plusieurs fois le tour de la brocante car les vendeurs n’ont pas l’air pressés de déballer leurs objets.

Ainsi commence la quête du jour, qui va s’avérer désespérante : je n’ai pu trouver qu’un seul appareil qui mérite que je vous le présente et, de fait, je crois que j’en ai compté 4 à la vente, dont un superbe Nikon F4 hors de prix.

Finalement, c’est en retournant vers la voiture et un peu hors brocante que j’ai trouvé ce Minolta Hi-Matic AF, chez une dame qui vendait essentiellement des vêtements pour enfants.

Pourquoi l’ai-je pris ? Sa bobine est très proche des Konica C35 AF (le premier appareil autofocus au monde, 1977), ou du Canon AF 35 M, par exemple et parce que j’aime bien cette marque, disparue trop tôt.

Un peu d’histoire.

J’ai déjà écrit sur le Hi-Matic 7s et commis un article sur le Hi-Matic 11 Super Circuit 3, un magnifique boitier qui vient à la suite du Hi-Matic 9 et qui clôture, en quelque sorte, la série des Hi-Matic ancienne version.

Tout en métal, ce sont d’excellents appareils, dans la veine des Canonet ou des Yashica Electro 35, mais ils passeront progressivement aussi au plastique.

Le premier Hi-Matic a vu le jour en 1962 et le dernier, le Hi-Matic GF, en 1984.

Rappelez-vous, ces boitiers ont été conçu, en général, pour les photographes amateurs qui voulaient des appareils photo performants mais simplifiés : un objectif fixe de grande ouverture, avec quelques automatismes bien pensés pour seconder des télémètres performants.

Mais fin des années septante, début quatre-vingt, un nouvel argument est venu bouleverser cet ordre établi : l’autofocus, qui permettait de se passer de télémètre et de zones focus puisque c’est le boitier qui fait la mise au point pour vous, garantissant que vous soyez toujours net (en principe).

C’est donc le Konica C35 AF qui ouvre la voie, même si par la suite son système d’autofocus ne sera pas retenu (lent et peu fiable), au profit soit de télémètres à infra rouge, ou par sonar, ou encore par analyse du contraste.

Les constructeurs ajoutent de l’électronique et retire du métal. Finalement, on en arrive à des boitiers bien construits, fiables, mais où le plastique prend de plus en plus le pas sur le reste, à l’instar des compacts des années nonante, tout en plastique.

Ce Minolta Hi-Matic AF sera le premier autofocus de la marque, en 1979. Il sera remplacé en 1982 par un Hi-Matic AF2. Ensuite, ce seront les compacts des années nonante. Celui-ci fut donc le précurseur.

Comment fonctionne le Minolta Hi-Matic AF ?

Honnêtement, j’ai difficile de le nommer « compact » car vous ne pourrez pas le glisser dans une poche, tout au plus dans un petit sac, mais comme ses concurrents de l’époque du reste.

Avec ses 550gr (y compris les 2 piles AA), il tient bien en mains et son poids facilite la stabilisation de l’engin. Prévoyez quand même une dragonne ou une sangle pour rendre son port confortable. Notez que d’origine, il est fourni avec un « sac tout prêt ». en simili cuir, muni d’une sangle minimaliste et d’un cache objectif qu’il ne faut pas perdre car il protège en même temps le déclencheur, le viseur et la cellule. Si vous regardez bien, notez l’attention du constructeur pour ne pas égarer ce cache car il propose une languette, attachée au « sac tout prêt », à laquelle l’attacher. A l’époque, le photographe détachait le dessus de l’ensemble et gardait le demi-sac, muni de la sangle et de l’attache pour le cache objectif.

Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, l’appareil possède un flash électronique intégré, qui doit être actionné manuellement (ça évite les soucis dans les musées notamment).

Par dessous, un pas de vis pour le fixer à un trépied, le bouton de rembobinage sous la semelle et la trappe pour les 2 piles AA, très communes et accessibles en terme de budget.

Sur le capot, un levier d’armement, le compteur de vue (qui se remet à zéro automatiquement) et la molette pour le rembobinage. Ne tirez pas dessus pour ouvrir le dos de l’appareil, il y a un verrou prévu à cet effet derrière.

Sur le dos de l’appareil, un mémo pour les données du flash, toujours bien utile quand on l’utilise.

Ensuite, le viseur : clair, collimaté avec un cadre clair et au centre, un carré qui indique où l’appareil fait la mise au point. Au dessus du cadre, les symboles des distances.

L’appareil est un priorité ouverture programmé. C’est-à-dire que sans flash l’appareil utilise une exposition programmée alors qu’avec le flash, il le fait avec priorité à l’ouverture. La programmation tient compte de combinaisons vitesses/ouverture de 1/8s à f2,8 à 1/430s à f17.

Outre l’autofocus, sur lequel je vais revenir, ce qui retient l’attention sur cet appareil, c’est son objectif : un Rokkor de 38mm, comme nous l’avons vu qui ouvre de f2,8 à f17, avec une mise au point minimale de 1m. C’est un excellent objectif (4 élément en 3 groupes), qui donne de très bons résultats. Pour vous en convaincre, allez voir les exemples de photos ICI.

L’autofocus donc fonctionne par infra rouge et la distance réglée par l’appareil apparait dans le viseur, à l’aide de pictogrammes (montage, portrait, etc.) et d’une diode rouge qui s’allume au dessus du pictogramme retenu pour la distance évaluée.

Un faisceau dans le spectre de l’infra-rouge (invisible à l’oeil humain) est envoyé par l’appareil vers le sujet, qui renvoie le rayon vers le boitier. La distance parcourue est analysée par l’électronique et elle ajuste l’objectif pour donner une image nette. De nombreux concurrents ont utilisé aussi cette technique qui a deux défauts : le premier est que ça ne fonctionne pas si vous photographiez à travers une vitre en double vitrage, le second est que si vous êtes en très basse lumière, l’autofocus peine à accrocher. Souvenons-nous que cette technique était utilisée sur un appareil qui souffle ses 45 ans à l’heure d’écrire ces lignes !

Cet appareil vous propose quand même de verrouiller la mise au point : visez un sujet et faites la mise au point sur celui-ci, abaissez le verrou de mise au point (devant le déclencheur) et recomposez votre image. La mise au point verrouillée garanti de garder celle-ci jusqu’à ce que vous appuyiez à fond sur le déclencheur.

Bien évidemment, le Minolta Hi-Matic AF est équipé d’un posemètre au CdS, alimenté par les 2 piles (qui servent aussi pour le flash). Sa sensibilité est de 25 à 400 Iso, que vous réglez avec la molette crantée autour de l’objectif.

Petit écueil à ce sujet : si vous montez un filtre devant l’objectif (diamètre de 46mm), l’œil de la cellule en tiendra compte car il est sur le pourtour de l’objectif mais en même temps, si vous avez monté ce filtre, il est impossible de régler la sensibilité sans le retirer. Soit vous utilisez régulièrement la même sensibilité de film soit vous démontez le filtre à chaque fois. Pas pratique !

Comme je le précisais en préambule, ce type d’appareil était destiné aux amateurs. Ce qui veut dire que votre rôle se borne à cadrer et viser car lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, le boitier calcule l’exposition correcte et fait la mise au point sur le sujet cadré. Si la luminosité requiert l’utilisation du flash, un témoin rouge vous signale qu’il est nécessaire de le sortir ou d’utiliser un trépied car la vitesse sera inférieur à 1/45s.

Si vous avez fait coulisser la réglette qui fait jaillir le flash, il vous faut attendre que le voyant de mise en tension de celui-ci clignote avant de déclencher. N’oubliez pas de consulter le mémo au dos de l’appareil pour éviter les déconvenues.

Petit truc: si au bout de 30 secondes le flash ne s’est pas rechargé c’est qu’il faut changer les piles. Les vérifier avant de considérer que ledit flash peut-être hors service aussi.

Le flash peut-être utilisé en cas de fill-in (contraste très marqué, comme dans un contre-jour). Attention, souvent les flashs de ces appareils ne sont plus fonctionnels (condensateur), ce qui n’empêche pas d’utiliser l’engin.

Il y a encore un retardateur qui vous laissera environ 10 secondes pour être sur la photo.

Un mot sur le chargement du film. Vous avez ouvert le dos de l’appareil et glissé une bobine dans la chambre : il faut tirer l’amorce jusqu’à la bobine réceptrice et l’y glisser dans une fente, faire tourner au moins un tour avec le doigt en vérifiant que le film est bien au-dessus des roues d’entrainement, refermer le tout et armer/déclencher au moins deux fois.

Rien de trop compliqué mais il faut faire attention à l’introduction de l’amorce dans la bobine, ce n’est pas le plus facile. Un témoin orange, sur la droite du capot à l’arrière, indique si le film est bien engagé.

Les piles, deux AA très classiques et peu chères, servent donc à alimenter le flash, la cellule et … le déclencheur. Donc sans elles, pas de photos possible.

Que penser de cet appareil ?

Si nous devions le considérer comme un compact, eu égard aux normes des appareils des années nonante, il est gros et massif, mais pas plus que ses concurrents de l’époque in fine.

Ceci dit, achetez un petit sac et une sangle pour rendre son port plus agréable.

Il est stable en mains et les commandes tombent bien sous les doigts, sans devoir chercher où elles sont (oui, l’Olympus XA est bien plus petit, mais faut aussi de petits doigts et de bons yeux pour s’en servir. Faut choisir !).

Un petit truc déconcertant, c’est le déclencheur, qui reste dans la veine des autres Hi-Matic : la course est longue et lorsqu’on appuie dessus, jusqu’au bout, il y a un petit bruit bizarre, sans doute dû au moteur de l’obturateur. Ça n’a aucune incidence sur la qualité de l’appareil, c’est juste en peu étrange, au début.

Son autofocus fonctionne bien mais rappelez-vous qu’il a 45 ans bien sonné. Il apprécie la lumière et ne le brusquez pas trop, il a besoin de prendre son temps pour vous délivrer le meilleur. S’il reste bien utilisable en photo de rue, par exemple, en photos de sport, il avouera bien vite ses limites. D’autant que vous n’avez pas les moyens de contourner l’utilisation de l’autofocus en recourant à des mesures manuelles.

C’est un appareil novateur car c’est le premier autofocus de la marque, avant le célèbre reflex Minolta 7000 AF mais il reste, paradoxalement, très proche des anciens Hi-Matic puisqu’il faut le charger soit même, régler la sensibilité du film, faire avancer la pellicule après chaque prise de vue. Le Minolta Hi-Matic AF2 résoudra ces anachronismes en 1982.

Reste qu’avec sa belle robe noire, il est beau (je sais, c’est subjectif) et qu’il est parfaitement capable de délivrer d’excellentes images.

Si vous en trouvez un dans un très bel état, avec son bouchon et son « sac tout prêt », il vous en coûtera maximum 50€. Ajoutez à cela que vous devrez refaire les mousses du dos, même si ça ne coûte pas très cher, il faut le faire.

Voilà, voilà … sans être vraiment rare il n’est pas très courant et il vous donnera l’occasion de photographier différemment, avec brio.

Bonnes photos.

Videos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Boitier avec viseur
  • Format de film35mm
  • Transport de films manuel
  • Format d’image24 mm x 36 mm
  • Objectif Rokkor de 38mm ouvrant à f2,8
  • Autofocus par infrarouge
  • Filetage du filtre de 46 mm
  • Temps d’exposition de 1/430 ​​seconde à 1/8 seconde
  • Posemètre au CdS
  • Sensibilité des films prise en charge de 25 Iso à 400
  • Modes d’exposition par programme automatique
  • Paramètres d’exposition manuels. Non
  • Flash intégré
  • Vitesse de synchronisation du flash au 1/40 s
  • Support pour trépied
  • Pas de filetage du déclencheur pour câble
  • Retardateur
  • Alimentation x piles AA
  • Pays de production Japon

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Hi-Matic_AF, https://medium.com/@deonisiusp/minolta-hi-matic-af-review-rokkor-and-roll-7c210b0c501d, https://emulsive.org/reviews/camera-reviews/minolta-hi-matic-af-by-adi-w, https://filmphotography.eu/en/minolta-hi-matic-af/ en anglais ; https://ichi.pro/fr/test-minolta-hi-matic-af-rokkor-and-roll-136481361121309, https://fr.wikipedia.org/wiki/Minolta_Hi-Matic en français ; http://progsch.net/mediawiki2/index.php?title=Hi-Matic_AF, en allemand.

Argentique

Le Fuji TW-300

Préambule.

Décidément, je n’avais pas fini de fouiller dans la caisse de l’Emmaüs de Ghlin, ou alors ils ont remis des appareils, car ce Fuji TW-300 a échappé à mon attention.

Mais je l’ai rattrapé et je vous avoue qu’il m’intrigue surtout parce que les indications, à l’arrière, sont en … japonais ! Serait-ce un appareil acheté la-bas par un(e) grand(e) voyageur-se ?

Nous allons tenter de le découvrir (tiens, j’en viens à regretter qu’il n’y ait pas de film oublié à l’intérieur).

Un (petit) peu d’histoire.

Ce qui est amusant, c’est que j’ai trouvé cet appareil après le Chinon Auto GX Télé et qu’ils partagent tous deux ce principe d’un objectif bifocal, c’est-à-dire qu’il varie d’une focale (ici 38mm) à une autre (65mm) sans passer par des focales intermédiaires : c’est l’une ou l’autre, pas d’entre deux.

Nous avons d’ailleurs ici l’explication des lettres TW pour « Tele-Wide ».

Pourquoi choisir cette solution ? Elle est bien moins couteuse qu’un vrai zoom car le déplacement d’une focale à l’autre se fait par le déplacement d’un groupe d’éléments optiques situés devant ou derrière un groupe qui lui reste fixe. Ici, comme sur le Chinon, il faut tourner une bague pour changer de focale.

Et si nous regardons bien, il ne s’agit pas vraiment d’un grand angle (38mm) ni d’un vrai téléobjectif (65mm) mais cela couvre des besoins courants pour le photographe amateur à qui est destiné cet appareil.

Typiquement, son design nous projette dans les années quatre-vingt, avec ses formes plutôt anguleuses et ses arrondis discrets (oui, je sais, c’est antinomique !). Une légère poignée, qui masque l’endroit où l’on insère la pile, assure un bon maintient, même si le revêtement est lisse, fait d’un plastique de qualité, bien assemblé.

Sorti en 1985, il s’appelle TW-300 hors du Japon et Tandem au pays du soleil levant.

Tout comme le DL 200 que je dois toujours réparer, les premiers modèles étaient équipés d’un jeux de piles soudées, qu’il fallait faire remplacer dans un atelier agréé. L’exemplaire que je vous présente fait partie des boitiers sortis après 1986 car il utilise une pile.

Autre « nouveauté » introduite dans cet appareil, le système « drop in loading » ou chargement instantané, breveté par Fuji dès 1982 et qui simplifie grandement le chargement du film pour les photographes inexpérimentés.

Présentation du Fuji TW-300.

Comme je l’écrivais plus haut, il se présente comme un rectangle aux coins arrondis (?!) assez massif. Bien fini, il tient parfaitement en mains, même si j’avais préféré un revêtement moins lisse. La petite poignée devant, qui abrite donc la trappe pour la pile, est la bienvenue. Sa taille et son poids ne le destine pas aux poches mais plutôt à un petit sac ou, comme à son époque, une pochette souple que l’on faisait glisser le long de la dragonne, portée autour du cou, lorsqu’on voulait photographier quelque chose.

Vu de face, on aperçoit une « paupière » devant l’objectif, qu’il faut ouvrir pour mettre l’appareil en route. Un petit curseur sur le pourtour de l’objectif sert à la manœuvre. Si celle-ci n’est pas ouverte, pas de déclenchement possible.

Sur le bord de l’objectif, deux protubérances striées permettent de saisir fermement celui-ci pour passer du grand angle à la position téléobjectif, et inversement. Contrairement au Chinon, cela se fait dans le silence et de façon très fluide.

A la différence toujours du Chinon, pas de mise au point par zones en position télé car le Fuji TW-300 est équipé d’un autofocus. Ceci ajoute à son agrément.

Un peu plus avant j’écrivais que cet appareil était destiné aux photographes amateurs, finalement les plus nombreux. C’est pourquoi l’appareil est doté du système de chargement rapide cher à Fuji : on introduit la cartouche en ayant tiré quelques centimètres de l’amorce, on referme l’appareil et celui-ci charge le film avec une particularité que j’aime bien : il débobine tout le film pour le réintroduire au fur et à mesure des prises de vue dans la cartouche. Avec le gros avantage que si on ouvre distraitement le dos du TW-300 on ne voile pas les photos déjà prises puisqu’elles sont à l’abri.

Le boitier lit le codage DX des films et règle la sensibilité de la cellule dans une fourchette de 50 à 1600Iso. Si vous utilisez un film non codé, le boitier applique une valeur par défaut de 100Iso.

Lorsque l’on ouvre le dos de l’appareil on permet aussi de déverrouiller la porte qui retient la pile, partiellement cachée par le rebord de la porte arrière. La pile est ici une CRP-2 de 6v.

Je reviens un instant sur l’objectif – ou devrais-je écrire les objectifs. De fait, le 38mm, ouvrant à f3,5 est en 3 éléments en 3 groupes tandis que le téléobjectif – qui n’en est pas vraiment un – de 65mm, qui ouvre à f6, est en 6 éléments et 6 groupes.

Lorsque vous êtes en position 38mm, le viseur donne le cadre pour cette focale et lorsque vous passez en position 65 mm, un bloc optique pivote derrière le bloc du 38mm, entre le plan film et l’objectif qui s’éloigne dans la manœuvre, et le viseur change de position pour vous donner le cadre du 65mm : astucieux !

La mise au point minimale est de 1mètre.

Le flash n’est pas automatique – vous n’allez pas vous faire incendier au musée – il faut l’actionner avec le petit interrupteur sur la gauche du viseur. Un petit mémo vous indique sa portée ne fonction de la sensibilité du film et de la distance au sujet.

Dans le viseur vous verrez une diode rouge s’allumer si la luminosité est trop faible, vous incitant à bien vous caler ou à utiliser le flash.

Toujours dans le viseur, bien dégagé et clair, un cadre, avec correction de la parallaxe, change en fonction de la focale choisie. Et, en bas, lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, vous verrez une barrette se placer devant un pictogramme qui indique la distance retenue pour la mise au point par l’autofocus, matérialisé lui par un cercle au centre du viseur. Simple mais efficace. Bien que sa visibilité ne soit pas optimale selon les circonstances de lumière.

Ensuite, un petit écran LCD, à l’arrière, vous indique la capacité de la pile et le compteur de vue. Un petit bouton, assez mal fichu je trouve, sur l’extrême droite, est celui du retardateur. Il vous laissera 10 secondes pour être aussi sur la photo. Une lampe rouge, devant, clignote pendant le décompte des secondes.

Enfin, comme l’appareil est automatique, vous ne verrez pas ce qu’il choisit comme vitesse mais celles-ci s’échelonnent de 1/60s au 1/500s.

Que penser de ce Fuji TW-300 ?

Ce n’est pas non plus un appareil courant. Pourtant, il mérite le détour car il est bien fait et les photos qu’il délivre sont très acceptables. Des exemples sont illustrés ICI.

Simple à utiliser, il pardonne beaucoup aux photographes moins expérimentés et leur facilite grandement la tâche pour les opérations qui les effraient (chargement du film, mise au point, gestion du flash). On le tient bien en mains mais ne comptez pas trop le mettre dans une poche, plutôt un petit sac.

En tout cas, photographier avec un Fuji TW-300 est une expérience différente des autres appareils de son époque et il faut parfois oser sortir des entiers battus.

Si vous en trouvez un en très bon état, vous ne devriez pas le payer plus de 20€ et il sera un chouette compagnon de sortie.

Le
Fuji TW-300 est un appareil photo point & shoot 35 mm lancé en 1985
en tant qu’appareil photo autofocus à double focale. Un interrupteur en
façade permet de basculer entre les modes grand angle (38 mm) et télé
(65 mm). Il s’agit de l’un des premiers appareils photo à utiliser le
système de « chargement instantané » de Fuji, avec pré-enroulement :
lorsqu’une cartouche de film est insérée, le film entier est chargé dans
l’appareil photo puis enroulé à l’envers dans la cartouche pour
protéger les images exposées au cas où le Le dos de l’appareil photo est
ouvert par accident.Il arbore un objectif 38 mm F/3,5 d’une
flexibilité impressionnante et est un appareil photo 35 mm entièrement
automatique : l’exposition et l’ouverture sont gérées pour vous.L’appareil
photo est ultra compact et léger, ce qui le rend idéal à transporter à
tout moment. Il existe plusieurs modes de flash, notamment automatique,
yeux rouges, remplissage et arrêt. Il utilise un système de chargement
de film instantané. Il utilise une fonction de pré-enroulement pour le
transport du film ; par conséquent, le compteur d’expositions affiche le
nombre d’expositions restantes et diminue à mesure que les expositions
sont capturées. Il offre une variété de vitesses d’obturation
automatisées allant de 1/6 à 1/500 sec.Si vous recherchez un appareil photo léger et durable mais étonnamment net, ne cherchez pas plus loin que le Fuji TW-300 !

Video d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Grand angle de 38 mm f/3,5 (3 éléments, 3 groupes) et Télé: 65 mm f/6 (6 éléments, 6 groupes)
  • Mise au point la plus proche à 1 m.
  • Cache objectif intégré.
  • Vitesses d’obturation de 1/6s —1/500 s.
  • Plage d’exposition : EV 6 à 17 (grand angle) ; EV 7,5—18,5 (télé) à 100 ISO.
  • Flash pop-up intégré (flashmatic) ; peut être utilisé comme flash d’appoint à la lumière du jour.
  • Portée du flash de 1 à 5 m en grand angle à 100 ISO (télé : 1 à 3 m)
  • Lit les films codés DX à des vitesses de 50 à 1 600 ISO. Le film non DX est exposé à 100 ISO.
  • Alimentation : pile au lithium 6 V CR-P2/BR-P2/DL-223.
  • Dimensions et poids : 136x71x54 mm, 400 g.

Des références.

https://collectiblend.com/Cameras/Fuji-Optical/Fuji-TW-300-(Tandem).html, http://camera-wiki.org/wiki/Fuji_TW-300, https://www.australiananalog.com.au/products/fuji-tw-300, en anglais ; https://benber.fr/boutique/produit/fuji-tw-300/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-14571-Fuji_TW-300.html en français

Argentique

Le Chinon Auto GX télé

Préambule.

Du soleil, qui se faisait rare, des brocanteurs, des caisses et des boites, vous connaissez l’histoire …

En l’occurrence ici, une boite presque intacte attire mon attention car elle semble renfermer un appareil que je ne connais pas.

De fait, tout est dans l’emballage : l’appareil et sa dragonne, ses notices, un petit mot du propriétaire précédant sur les réglages.

Bon, à vue de nez, il doit dater des années quatre-vingt. Mais voyons cela de plus près.

Présentation du Chinon Auto GX télé.

Disons le tout de suite, je n’ai pas trouvé pléthore d’informations à son sujet. Dois-je en déduire qu’il n’a pas révolutionné le monde de la photographie ?

Source : collection-appareils. Une publicité Porst des années quatre-vingt sur les deux modèles : le GX Télé-Wide (1986) et le Auto GLX Télé-Wide (1987)

Il existe de fait deux appareils, sortis à un an d’intervalle, qui portent sensiblement le même nom mais qui sont distincts.

Le premier, celui qui nous occupe aujourd’hui, est le Chinon GX Auto Télé-Wide et le second est le Chinon Auto GLX Télé-Wide.

Les grandes différences résident dans le fait que le second est équipé de l’autofocus, pas le premier et que les focales ne sont pas les mêmes : 35 – 55 pour le premier et 35 – 60 pour le second.

Pour le reste, ils proposent tous les deux une façon simple de passer de la focale 35mm à la focale 55mm ou 60mm : il faut faire tourner une bague ou un curseur pour passer d’une focale à l’autre. C’est donc un 35mm ou un 55mm (ou 60mm). Si la première focale peut être considérée comme un grand angle, la seconde ne peut prétendre être un téléobjectif en commençant à 55 ou 60mm.

Je vais donc rester concentré sur celui que j’ai trouvé, le 35 – 55mm.

L’aspect de l’appareil est un peu étrange, avec ce crochet par dessous, et les petits pieds ajoutés pour que le boitier puisse tenir debout.

Ceci étant, on l’a bien en mains, la poignée est bien creusée et les quelques commandes tombent naturellement sous les doigts.

Pour passer donc d’une focale à l’autre (il n’y en a pas d’intermédiaires), il faut actionner le curseur qui se trouve en dessous de l’objectif.

En position 35mm, c’est un « point and shot » classique, sans réglages, tandis qu’en position 55mm on peut régler 2 zones : de 1,3m à 3m puis de 3m à l’infini.

Avouons que ce n’est pas très intuitif.

C’est un appareil tout automatique et il bénéficie d’un système de chargement rapide afin de simplifier la mise en place de la pellicule.

Pour le reste, c’est un petit appareil sympa, à la forme qui sort de l’ordinaire, notamment à cause de cette tirette, en dessous de l’appareil, pour changer la position de la focale. Par la suite, celle-ci sera placée sur la face avant de l’appareil, sans être forcément plus pratique (voir la publicité plus haut, qui présente les 2 modèles).

Le viseur est clair mais sans ligne de cadre ou des lignes pour délimiter le cadrage en tenant compte de la parallaxe. Pas d’indications sauf une diode rouge pour signaler que vous manquez de lumière et que vous êtes à la limite du flou de bougé.

Par contre, lorsque vous changez de focale (35 vers 55 et inversement), le viseur s’adapte et vous donne une vison « grand angle » ou « normale ». Mais il le fait avec un bruit (un « clong » bien senti) qui vous invite à ne pas changer de focale dans un endroit de recueillement !

Le flash n’est pas automatique, il faut le mettre en marche en déplaçant vers le haut le curseur (un trait jaune apparait, qui signale qu’il est en fonction) qui se trouve à l’extrême droite, presque sur la tranche. Il faut garder le doigt enfoncé sur le déclencheur à mi-course 10 longues secondes pour un premier éclair, mais on peut en faire un second tout de suite après, puis il faut recharger le condensateur. Un témoin orange vous signale quand il est prêt.

Autre bizarrerie, le réglage de la plage Iso : vous l’actionnez avec la réglette à droite, protège objectif fermé. Elle vous donne comme valeur 100 – 200 et 400 – 1000 Iso. C’est large mais peu précis !

Par dessous, outre la réglette pour passer de grand angle à « télé », des petits pieds en plastique assurent une bonne tenue de l’appareil. Le bouton de rembobinage est aussi en dessous, tout comme la porte pour les deux piles AA. Faites-y attention, elle ne tient pas à l’appareil, il ne faudrait pas la perdre.

Le compteur de vue se remet à zéro dès que l’on ouvre le dos de l’appareil.

Que penser de cet appareil ?

Paradoxalement, on l’a bien en mains, notamment grâce à la mini poignée sur le devant (qui accueille les piles) et des stries à l’arrière qui retiennent le pouce. On peut facilement s’en servir d’une seule main.

Les photos qu’il délivre ne sont pas mauvaises, vous pouvez voir des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Ce n’est pas un appareil courant, sans être très rare. Si vous en trouvez un en parfait état, dans sa boite, avec sa dragonne, ne dépensez pas plus de 20€, il est quand même techniquement limité.

Sinon, je pense qu’il peut être un bon compagnon de balade, l’objectif est bien protégé si vous le glissez dans un sac.

A découvrir.

Des données techniques.

Objectif de 35 mm f4 (3 éléments en 3 groupes) et 55 mm f5,6 (6 éléments en 5 groupes).
Viseur avec LED d’avertissement de sous-exposition.
Obturateur mécanique, fixé au 1/90s.
Mise au point par zones en position « télé »
Posemètre au CdS, règle automatiquement l’ouverture sur f4, 7,5 et 15 (grand angle) ou f6,5, 12, 24 (télé).
Plage ISO réglée DX limitée à 100-200 et 400-1000 Iso
Chargement automatique, enroulement et rembobinage du film.
Flash intégré avec GN de ​​12 (ISO 100, mètres). Portée efficace de 1,5 à 4,2 m en réglage grand angle.
Alimentation par 2 piles AA.
Dimensions de 135 x 78,5 x 55,5 mm
Poids de 330g

Des références.

https://camerapedia.fandom.com/wiki/Chinon_Auto_GLX_(Tele_Date), en anglais ; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-5061-Chinon_Auto%20GX%20Tele-Wide.html, en français

Argentique

Le Fujifilm Clear Shot Super

Préambule.

Comme d’habitude, un petit tour chez Emmaüs pour farfouiller dans les caisses où sont déposés les appareils photo.

Il n’en reste pas beaucoup et quelques uns ont été abîmés par des indélicats.

C’est donc là que j’ai trouvé ce petit compact Fujifilm. De fait, je l’ai pris en mains, l’ai redéposé, puis repris … c’est le flash qui me posait problème car je n’aime pas trop ces appendices qui sortent comme un diablotin de sa boîte.

Mais, en y regardant mieux, il a aussi quelques avantages, que nous allons voir dans les lignes qui suivront.

Comme souvent, cet appareil a des dénominations différentes selon l’endroit où il est commercialisé : en l’occurrence, Clear Shot Super pour l’Europe et Clear Shop Supreme aux USA.

Un peu d’histoire.

C’est au milieu des années nonante que Fujifilm introduit la gamme des « Clear Shot ».

La forme des premiers Clear Shot.

Clairement, ce sont des appareils d’entrée de gamme, souvent des « point and shot » avec un objectif 35mm. Ils sont vendus à bas prix et se retrouvent même dans les rayons des supermarchés, à côté des « jetables » (que la firme a d’ailleurs aussi inventés).

Vous l’aurez compris, ici pas de technique compliquée : on vise, on appuie et l’appareil fait ce qu’il a à faire, tout seul.

Et pour bien enfoncer le clou de la simplicité, ils sont pourvus d’un système inédit, qui appartient à Fujifilm, le « drop-in loading ».

En français, « le chargement à la volée » serait la meilleure traduction, nous y reviendrons.

Si vous vous en souvenez, en son temps, Kodak avait aussi tenté de résoudre ce qui semblait un challenge insurmontable pour beaucoup de photographes (très) amateurs, à savoir le chargement du film dans l’appareil. C’est pourquoi il avait lancé le format 126 avec sa cassette contenant le film (1963) et récidivé avec le film 110, toujours en cassette (1972).

Ces deux systèmes avaient leurs avantages, comme effectivement la simplicité de chargement et la tranquillité d’esprit des photographes. Ils avaient aussi de gros inconvénients : les formats demandaient de forts agrandissements (surtout le 110) à des photos de piètres qualités, car les appareils étaient simplistes, peu qualitatifs et avaient dus être adapté aux nouveaux formats et ses spécificités ; ils demandaient aux labos de repenser leurs machines pour exploiter les films. Et pourtant, il s’en est vendu des millions …

Fujifilm décida lui d’une autre route : on gardait la cartouche classique de 135 mais un système pratique permettait aux néophytes de charger leurs films aisément dans les appareils équipés du « drop-in loading ».

Fonctionnement de l’appareil.

Comment ça marche le « Drop-in Loading » ?

Si vous vous souvenez du Fuji DL 200, du Fuji DL 500 ou du Fujica DL 100, le pionnier (1982), ils étaient tous équipés de ce système, assez révolutionnaire pour l’époque.

Lorsque vous ouvrez le dos de l’appareil, celui-ci ne fait que s’entrouvrir, retenu par un crochet (que l’on sait ôter si besoin).

Il vous suffit d’insérer la cartouche dans le logement ainsi dégagé, après avoir tiré sur l’amorce jusqu’ ce qu’elle atteigne le trait vert. Ensuite, vous enfoncez le tout vers le fonds et vous refermez le dos. Le film avancera alors automatiquement jusqu’à la première image, après avoir lu le codage DX du film et voir réglé la sensibilité de la cellule interne. Plus simple que ça …. !

Autre particularité de ce petit compact, un mode panorama. En fait, lorsque vous actionnez le curseur sur cette position, dans la chambre, deux volets viennent former une bande horizontale à partir du cadre 24×36. De fait, ce « recadrage » donne l’illusion d’un panorama mais la photo reste dans la longueur des 36mm. Là où un « vrai » panoramique offrirait une longueur bien différente, comme par exemple en moyen format avec une taille d’image de 6 × 17 ou même 6 × 24 (les tailles d’image moyen format standard étant de 6 × 4,5, 6 × 6, 6 × 7, 6 × 9cm).

Pour le reste, c’est un appareil tout automatique mais pas autofocus : l’objectif est préréglé à une distance hyperfocale et combiné à la grande profondeur de champ de son objectif grand angle, la plupart des objets d’une photo devraient avoir une netteté raisonnable pour les petits tirages.

Le flash se déclenche automatiquement dans des situations sombres mais il n’y a pas de mode flash forcé et il n’y a donc aucun moyen de faire un fill-in dans des situations de contre-jour, ce qui est un inconvénient pour ce petit appareil photo.

Pour mettre l’appareil en route, il suffit de faire coulisser le volet vers la gauche. Le flash sort alors et se met à la verticale. Peu discret !

Le gros bouton gris, en bas à droite, c’est le retardateur qui vous laisse 10 secondes pour être sur la photo.

Le viseur est assez clair sans être très large. A l’intérieur, des lignes brillantes indiquent le cadre du 24×36 et celles en pointillés celui du « panorama ».

Pour actionner cette fonction, il suffit de faire glisser le curseur gris à côté du viseur. Vous entendrez un « clac » à l’intérieur quand les volets se mettent en place et dans le viseur un petit « P » apparait, en dessous.

Enfin, sur le dos de l’appareil, un dernier curseur, assez gros, est celui du rembobinage anticipé du film.

Que penser de ce Fujifilm Clear Shot Super ?

Si je résume, nous avons donc un « visez – tirez » muni d’un grand angle dans un objectif d’assez bonne qualité. Il n’y a donc rien à régler pour la distance. La vitesse est fixe, au 1/125s et l’électronique fait en sorte que l’ouverture se règle selon la sensibilité du film.

En d’autres termes, il s’agit d’un système d’exposition qui s’appuie fortement sur la grande latitude des négatifs couleur grand public !

L’appareil est assez agréable à tenir en mains, ses plastiques sont de qualité et son assemblage bien fait. Vous pourrez le glisser dans tous les sacs, le volet d’ouverture est efficace pour assurer la protection de l’objectif. Si vous voulez le mettre dans une poche, il faudra qu’elle soit grande car l’appareil est assez épais.

Pour l’alimenter vous ne vous ruinerez pas, deux piles AA suffissent.

Franchement, si vous en trouvez un, ne dépensez pas plus de 20€ pour un exemplaire en excellent état. Mais ce sera un chouette petit compagnon de voyage, sans prise de tête et assez efficace.

Des exemples de photos prises avec cet appareil, ICI.

Quelques vidéos d’illustration.

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Fujifilm_Clear_Shot_Super, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fuji_Clear_Shot_series, https://www.vintage-analogue.com/products/fuji-clear-shot-super-new-boxed, https://yashicasailorboy.com/2017/05/19/fujifilm-smart-shot-deluxe-1994/, https://mycameracabinet.wordpress.com/2011/06/25/fujifilm-clear-shot-super/, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-14574-Fujifilm_Clear%20Shot%20Super.html, en français