Argentique

L’Olympus Quickmatic EEM

Nous sommes en septembre, l’été se termine et il fait – enfin – beau. Nous avons d’ailleurs choisi ce dimanche ensoleillé pour parcourir la Ville de Thuin., l’appareil photo en embuscade.

Au détour d’un chemin, lors de notre balade photographique, j’avais repéré une brocante. Et dès la fin de notre balade, je suis venu flâner sur celle-ci, vous me connaissez.

J’avoue que la moisson fut bonne, malgré, finalement, l’heure tardive de ma tournée. Je vous ai déjà présenté quelques uns des appareils recueillis ce jour-là (le Pentax Espio 35-70, le Canon Prima Zoom 90u par exemple) et celui-ci, l’Olympus Quickmatic EEM en fait partie.

Il m’a intrigué et, je le concède, j’ai failli ne pas le prendre. Il était propre, dans sa trousse « tout prêt » mais la grande fenêtre, à l’arrière, a fait clignoter un signal chez moi : attention, cassette ! Serait elle encore trouvable si besoin ?

Mais la curiosité a été la plus forte et j’ai négocié le prix pour le mettre dans mon sac à dos, et vous le présenter aujourd’hui.

Un peu d’histoire : cet appareil est apparu à la Photokina de 1966 et sera commercialisé de 1967 à 1969.

C’est un pari un peu fou, preuve peut-être d’une certain indécision chez Olympus quant à l’avenir du 35mm (24×36).

Apparu au début des années soixante, le format 126, initié par Kodak, a fait trembler le petit monde de la photo « populaire », c.-à-d. destinée à « Monsieur et Madame tout le monde ».

Cette cassette assurait un chargement très simplifié, un suivi facile des vues engrangées, une certaine sécurité pour les distraits qui ouvraient pas mégarde leur appareil photo, des manipulations du film réduites à leur plus simple expression.

Mais Kodak, fidèle à sa volonté de vendre beaucoup d’appareils ultra simples/faciles d’usage a aussi fait l’impasse sur la qualité, non pas des films mais des boitiers et leurs objectifs, souvent en plastique..

Ce qui a contribué à la mauvaise réputation des film en 126 dont on disait que la qualité photographique était médiocre, rendant l’usage des appareils et des films à destination des jeunes et … des dames (machos à l’époque, non ?), surtout pour les vacances ou les évènements familiaux, Monsieur se réservant la « photo artistique » avec son beau réflex et ses films en 24×36 classiques (‘ce qui ne gageait en rien qu’il put mieux s’en servir, soyons de bons comptes).

Bref, Kodak résolu de ne sortir que du 64 et du 400 Asa, en couleurs et quelques rares bobines en noir et blanc.

Mais ils en ont vendu des camions de ces films, avec les millions d’Instamatic qui allaient avec. Le format sera remplacé ensuite par le 110 à la fin des années soixante. Mais c’est une autre histoire.

Ces Instamatic étaient simplifiés à l’extrême, pour gagner un maximum de sous : généralement des fix-focus, sans même d’indicateur des vues prises – car on le voyait à travers la découpe d’une fenêtre à l’arrière du film, pas de levier d’armement mais une molette, pas de griffe flash mais des cubes contenant 4 lampes éclairs, ou une rampe d’ampoules. Le minimum syndical de la photographie !

Deux mondes se côtoyait : les films 24×36 classiques, destinés aux appareils de qualité (surtout les reflex) et la cassette 126, pour tous les autres (non, non, je n’oublie pas les 120 mais ils restaient l’apanage des puristes).

Des fabricants ont réagit devant la déferlante de la cassette en 126, rappelons-le, très facile d’usage. Des marques comme Canon, Minolta, Yashica, etc. ont inventé des systèmes mécaniques qui simplifiaient le chargement des bobines classiques en 24×36 (ou 135mm). Je cite par exemple le principe des QL – pour quick load – des Canonet.

Olympus lui a choisi de faire le grand écart. Outre qu’il gardait une production d’appareils de qualité, tels les Olympus Pen, contemporains, il a tâté de la cassette en proposant un appareil simple d’utilisation mais de bonne tenue. La série des Quickmatic n’aura toutefois pas de descendance.

C' »est ainsi qu’est né le Quickmatic (clin d’œil aux Instamatic ?), un bel appareil qui ressemble aux Pen de l’époque (carrosserie), qui propose un objectif Zuiko 35mm ouvrant à f2,8, tout automatique avec le principe de la mise au point par zones (3 en fait : proche – moyen – lointain), avec un moteur électrique pour l’avance du film, l’armement de l’obturateur, et une cellule au sélénium, en nid d’abeilles autour de l’objectif qui règle l’exposition automatiquement en fonction de la luminosité..

Techniquement, sur le fut de l’objectif vous faites la mise au point en choisissant un des pictogrammes portrait – famille – montagne. Notez qu’ils apparaissent dans le viseur (le luxe !). Le viseur contient encore des repères pour la correction de la parallaxe. Il est relativement grand et confortable.

Lorsque vous enfoncez le déclencheur à mi-course, fonction de la lumière, le diaphragme s’ouvre/se ferme. C’est la cellule au sélénium qui permet une exposition programmée, le fameux Electric Eye ou EE d’Olympus.

Nous avons là une partie de la dénomination du Quickmantic EE, le M indiquant, in fine, qu’il était motorisé (alimentation par deux piles AA).

Pour être complet, sachez que le Quickmatic a existé avec deux objectifs différents : le Zuiko 35mm f2,8 et un Zuiko 35mm f 3,5.

La version 35mm f 3,5 avait une griffe flash classique tandis que le Qickmatic avec objectif 35mm f2,8 abandonnait la griffe pour des cubes flash

Honnêtement, c’est un bel appareil, à « l’ancienne », fait pour durer. Dans l’exemplaire que j’ai acquis, j’ai juste mis deux piles AA et le moteur s’est remis en route sans rouspéter. Le déclencheur fonctionne parfaitement et il est prêt à accueillir une cassette. Même la cellule fonctionne toujours, bien protégée par son « sac tout prêt » en cuir, en très bel état.

Il suffit d’appuyer sur le gros carré sur la semelle pour déverrouiller la porte arrière. Notons la présence d’un presse film sur la dite porte, gage de planéité du film, généralement pas garantie avec les appareils Kodak. C’est dire le sérieux apporté par Olympus à ce Quickmatic.

Ah oui, comme pour les cassettes en 110, il n’est pas nécessaire de rembobiner le film en fin de course, il « rentre » dans la cartouche.

Je ne peux pas le qualifier de vraiment compact. Il ne rentrera jamais dans une poche par exemple. Il est un peu plus long qu’un Pen ou un Trip 35, pour vous donner une idée.

Sobre, bien construit, il sort des sentiers battus avec son esthétique épurée, allant à l’essentiel : faire des photos sans chichis mais de qualité.

-« Mais trouve-t-on encore de la pellicule pour en profiter ? »

Hmm … c’est là que ça se complique car le format n’existe plus, au contraire du 127. Dommage car l’appareil propose un format carré de 28 X 28 mm flatteur.

Mais des petits malins ont bien compris l’intérêt de relancer cette cassette. Grâce à la technologie des imprimantes 3D certains proposent des cassettes que vous pourrez charger de films 24×36

Manière élégante de redonner vie à ces appareils, qui le méritent bien.

Donc, si par hasard – car il est quand même assez rare – si vous tombez sur un bel exemplaire de cet Olympus Quickmatic EEM, laissez-vous tenter :vous aurez un appareil très facile à utiliser qui donne de très bons résultats.

https://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1261038993.jpg
source : Collection-appareils.fr, Photo-Hall 1968 – notez les différents appareils de l’époque qui utilisaient la cassette 126 en proposant des solutions plus qualitatives que Kodak.

Les données techniques :

  • Mise au point par zone et échelle. Zones : « portrait » (0,9-1,5m) – « groupe » (1,5 – 5m) – « montagnes » (5m + infini)
  • Objectif Zuiko fixe 35mm f2,! (ou f3,5), distance minimale de mise au point 90cm
  • Obturateur dans l’objectif, dit à feuilles
  • Mesure avec cellule au sélénium autour de l’objectif
  • Alimentation du moteur par 2 piles AA

Pour le mode d’emploi, c’est par LA (c’est pour le plaisir car l’appareil est très simple).

Quelques références : http://www.photoethnography.com/ClassicCameras/index-frameset.html?OlympusQm-EEM.html~mainFrame, http://www.photoethnography.com/equipment.html, http://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Olympus_EEM.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Olympus_Quickmatic, en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=12780, http://pics.idemdito.org/fr/tech/film/format-126.htm en français

Argentique

Le Pentax Espio Zoom 35 -70 full macro

Ben, celui-là, j’ai hésité : je le prends ou je le prends pas ?

Il était propre, dans son sac d’origine, et accompagné – si, si – de son mode d’emploi.

-« Alors, pourquoi avoir hésité » me direz-vous ?

Peut-être sa forme, un bon rectangle, pas trop épais mais conséquent ? Peut-être parce qu’il était loin des standards Espio que je connais ? Parce que je n’arrivais pas à le situer ?

Il me rappelait mon Ricoh R1, mais en plus gros, avec une vague ressemblance de forme mais affublé d’un zoom …. indécis, je vous dis.

Mais finalement, ce petit moment de battement a fait pencher la balance … et j’ai négocié son prix avant de le mettre dans mon sac.

De retour à la maison, séance nettoyage habituelle et première vraie prise en mains, après avoir glissé 1 CR123 dedans.

Essayons de trouver des infos à son sujet, après tout, c’est un Pentax.

Hé ben, j’en ai pas trouvé des tonnes !

Cet Espio est sorti en 1992 (tiens, comme le Ricoh !) et, si j’ai bien compris, c’est sans doute le premier de la lignée.

Que nous propose-t-il ce boitier tout noir ?

Tout d’abord un zoom de 35 à 70mm (ouvrant de f4,9 à f8), la possibilité de faire des doubles expositions, un autofocus assez réactif, une mise au point à partir de 60cm (tiens, y avait pas marqué « full macro » en grand ?), sa cellule est fiable

Un autre Espio, le 70, est quasi identique à celui-ci si ce n’est que lui ne possède pas de zoom. Mais tous les deux possèdent un écran ACL sur lequel les informations de prises de vue sont indiquées : flash actif ou pas, le nombre de vues prises, le mode réduction des yeux rouges, la possibilité de correction des contre-jours, un mode intervallomètre qui va de 3 à 60 minutes, l’utilisation de la vitesse lente, la surimpression, la pause B, le retardateur sur une ou deux vues, le rembobinage en cours, le mode prise de vue en continu.

Pas mal non ? Et tout ça dans un format finalement peu épais car il fallait quand même bien y loger un zoom qui, il est vrai, a bénéficié de trésors ingénierie pour que les ingénieurs réussissent à l’y caser.

Au fait, je reviens sur un point abordé au paragraphe précédant : le retardateur permet de prendre une première photo à la focale choisie et une seconde en positon grand angle. Etrange, j’aimerais bien essayer pour voir ce que ça donne.

Ceci étant, son ergonomie est plaisante, avec cette petite poignée sur l’avant, sa forme légèrement incurvée, la molette du zoom qui tombe bien sous le pouce, son écran ACL bien lisible, son viseur clair, juste dans l’axe de l’objectif.

J’ajoute que j’aime bien sa robe sobre, minimaliste, que je qualifierai « d’esprit Zen », hormis ce grand placard de mots sur la façade : je l’aurais bien vu « monolithique », tout noir. Mais bon, les goûts et les couleurs ….

Comme la plupart des appareils de ces années-là, il est tout automatisé : vous chargez le film, avec codage DX – pour le réglage de la cellule, refermez la porte et le film avance tout seul jusqu’à la première vue. Le chiffre « un » apparaît sur l’écran ACL. A noter que même si l’appareil est éteint, le chiffre des vues reste visible.

En fin de course, l’appareil va rebobiner automatiquement le film. Si, toutefois, vous vouliez interrompre le film en cours, vous pouvez le faire en enfonçant la touche figurant le retardateur pendant 3sec et en appuyant en même temps sur le déclencheur.

Le viseur, placé juste à l’aplomb de l’objectif, est clair même si je trouve qu’il est un peu étroit. Le cadre est collimaté, avec indication de correction de la parallaxe pour les prises de vue rapprochées (pas moins de 60 cm rappelez-vous).

Deux petits témoins sont placés de part et d’autre du viseur : un vert, à droite, et un rouge, à gauche. Le vert clignote jusqu’à ce que le sujet soit mis au point ; il se fixe alors et vous pouvez déclencher.

Quant au témoin rouge, il clignote lorsque le flash est en charge et se fixe quand il est prêt à déclencher..

Le flash est d’office sélectionné en mode auto (une manie de cette époque) mais vous pouvez le débrayer. Si vous éteignez l’appareil puis le remettez en fonction, il faudra penser que vous serez revenu en configuration flash auto !

Donc, vous visez votre sujet et enfoncez à mi-course le déclencheur : l’autofocus se fixe sur le sujet avec la mire de mise au point (un rectangle au milieu du viseur), mais, en maintenant le déclencheur à mi-course, vous pouvez recadrer le sujet, l’appareil gardera l’exposition et la mise au point en mémoire.

Je reviens (encore ! ) sur le flash qui, je le rappelle est par défaut en tout auto. La synchro flash en plein jour peut être utile pour déboucher un sujet très contrasté et faire ressortir des détails dans les ombres, sans « cramer » la photo. L’appareil dose l’effet du flash en fonction de la distance.

Il existe encore le mode »prise de vue en vitesse lente » – symbolisé par le pictogramme flash coupé mais agrémenté d’une lune. Dans ce cas là, le flash ne se déclenchera pas et le photo est prise à environ 1/5s. Notez que plus la scène sera sombre, plus la vitesse d’obturation sera lente et plus grand sera le risque de flou de bougé.

Si vous voulez équilibrer la vitesse lente, il est loisible d »‘introduire alors la « synchro flash vitesse lente » qui permettra d’exposer correctement l’avant plan avec le flash tout en gardant la vitesse lente pour exposer l’arrière-plan moins éclairé.

Enfin, il reste la correction de contre-jour, symbolisée sur l’écran ACL pour le picto du flash coupé mais avec un petit soleil. En fait l’appareil va aussi jouer sur la vitesse lente, faite donc attention ici aussi au risque de flou de bougé.

Petit clin d’œil, le retardateur qui permet de prendre deux photos à la suite l’une de l’autre : la première après 10sec et le seconde après 5s, la mise au point ayant été mémorisée sur la première vue.

Plus marrant – mais parfaitement inutile à mon sens – le retardateur vous permet de prendre encore deux photos l’une à la suite de l’autre mais à des focales différentes ! Vous faites la mise au point à la focale que vous choisissez (disons 70mm pour un portrait un peu serré) pour la première photo (après 10 s) et la seconde photo sera prise, avec les réglages de la première mais d’office au 35mm.

Bon, sans doute plus utile, le mode surimpression qui autorise la surimpression de plusieurs photos (ils recommandent de ne pas dépasser trois vues quand même pour éviter une surexposition).

Allez, encore un gadget ? L’intervallomètre qui vous autorisera à photographier le même sujet à des intervalles prédéfinis, de 3min à 60 min. Si vous voulez voir se développer devant vos yeux ébahis le champignon qui est dans le fond de votre jardin …

Un « p’tit dernier pour la route », le mode « infini paysage » – symbolisé par le pictogramme montagne » – pour capter nettement un paysage lointain ou un sujet éloigné à travers une vitre

-« Bon ben, finalement, il est pas si mal que ça ce bloc tout noir »

Je pourrais lui reprocher de ne pas être très rapide pour le déploiement du zoom. D’être un peu bruyant, mais à côté de cela, son autofocus actif accroche bien et il est bien pourvu de fonctions qui peuvent être utiles.

Donc finalement, j’ai bien fait de le prendre pour le découvrir et partager celle-ci avec vous.

Je pense que c’est un appareil assez rare (je n’en ai jamais vu d’autre que cet exemplaire), assez représentatif de ces années-là et qui en offre pour son argent.

Car il ne vous ruinera pas : comptez maximum 10€ pour un exemplaire tout complet comme le mien.

Si jamais vous avez envie de photographier « différemment », il vous tend les bras.

https://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1395305578.jpg
source : Collection-appareils, Porst 1992-1993

Quelques données techniques :

  • sensibilité de la cellule de 25 à 3200Iso (décodage DX des films)
  • chargement et entrainement automatique du film
  • vue par vue ou en continu (1,3i/s)
  • objectif Pentax 34 – 70 mm ouvrant de f4,3 à f8, 8 éléments en 7 groupes
  • autofocus actif à infrarouge avec mémorisation de la mise au point
  • obturateur central à programmation électronique de 1/5s à 1/400s plus pause B
  • flash zoom incorporé avec mode réduction yeux rouges, mode auto, synchro plein jour, synchro pause B

Des références : https://www.35mmc.com/19/12/2017/5-frames-61-pentax-espio-35-70-af-zoom-james-cockroft/, https://35hunter.blog/2019/02/09/why-a-pentax-espio-should-be-top-of-your-compact-film-camera-wishlist/, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-8015-Pentax_Espio%2070.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12653-Pentax_Espio%20AF%20Zoom.html, en français.

Argentique

Le Canon Prima Zoom 90u

Vous connaissez l’histoire, une brocante, une caisse, quelques négociations et me voilà avec ce petit compact Canon dans le sac à dos.

Il n’était pas vraiment sale et sa bouille sympa m’avait attiré.

Il ressemble à une petite briquette et le contour de l’objectif me fait penser aux Télétubies (ben quoi, on a les références qu’on peut !). Cet « enjoliveur » ayant été décliné en plusieurs couleurs, du champagne au vert, en passant par un cuivré assez attrayant (et sans doute y en a-t-il eut d’autres encore).

Mais comme d’habitude, les goûts et les couleurs, ça s’apprécie différemment …

Au delà de cet aspect, son ergonomie n’est pas mal fichue, avec cette petite poignée un peu creusée à l’avant, qui abrite en fait la trappe de pile. Il n’est pas bien grand mais son épaisseur fait qu’on l’a bien en main.

Par contre, pour le mettre en poche … quoique, in fine, il ne soit pas plus épais que le Nikon Lite.Touch Zoom 1320 ED AF que je vous présentais il y a peu.

Tiens, je reviens un instant sur les trois fenêtres en façade : elles sont celles du viseur, bien clair, de l’autofocus et de la diode d’assistance du flash ou du retardateur.

Ce modèle, sortit en 2003, succédait au Canon Prima Zoom 80u (ou Canon Sure Shot 80u aux USA) qui offrait déjà un zoom 38 – 80mm à quatre paliers, avec une position macro permettant une mise au point de 45cm.

Fabriqué pour simplifier la vie des photographes amateurs, il proposait des modes scènes pour ne pas être trop déçu en cas de prise de vue un peu délicates et que l’on maitrise moins bien.

Le Canon Prima Zoom 90u garde le meilleur, c.-à-d. les modes scènes, plusieurs modes flash (que l’on peut débrayer), le mode rafale, l’inactivation du rembobinage automatique, le mode rafale, le déclenchement Real-Time et un collimateur central autofocus.

Il ajoute un zoom plus « étendu » puisqu’il passe au 90mm.

Résumons : il propose 6 modes d’images programmés, son autofocus est dit « intelligent » Ai-AF à 3 points (en gros, il peut suivre un sujet en mouvement et y rester accroché), un flash débrayable qui bénéficie de la réduction des yeux rouges et qui maitrise bien l’exposition, quelles que soient les conditions de lumière; un retardateur pour que vous puissiez être aussi sur les photos (en courant un peu, 10 sec).

Ah oui, et le fameux « real time » du déclencheur permet un déclenchement en 0,03s soit « en temps réel ». Ah le marketing !

C’est typiquement un appareil du début des années deux mille, avec tout ce qui est nécessaire pour réussir facilement et dans de bonnes conditions la plupart des photos que l’on a envie de tirer.

Tout automatique, du chargement à l’armement, à la sélection de la sensibilité du film, il vous simplifie tout pour que vous n’ayez plus qu’à vous concentrer sur la prise de vue.

Il est chiche en informations sur ce qu’il fait, mais il ne s’adresse pas à des « experts », juste à des photographes qui ont envie de se faire plaisir et de partager ensuite leurs photos.

En fait, à notre époque aux millions de pixels, bardés d’AI (intelligence artificielle), de surenchère technologique, de prix qui atteignent des sommets vertigineux (et que la presse spécialisée vous présente presque comme des prix « normaux »), il est franchement réjouissant de constater que de (très) nombreuses personnes, de tous âges, (re)découvrent ces petits boitiers sympas et performants.

C’est aussi souvent l’appareil qui ouvre les portes vers la découverte de l’argentique, tout simplement parce vous en avez trouvé un par hasard dans le tiroir d’un parent (ou d’un grand-parent) et que vous avez eu envie d’essayer, tellement « c’était facile à utiliser ».

D’ailleurs, l’appellation américaine est peut-être plus juste que l’européenne, puisqu’ils le nomment « shure shot » : tout est dit !

Il n’y a qu’à se balader sur le site Lomography pour s’en convaincre et, n’en déplaisent aux esprits chagrins, pour constater que la créativité n’est nullement muselée par les automatismes de ces petits compacts.

Ce petit Canon sympa s’inscrit tout à fait dans ces découvertes. Il n’est pas vraiment rare et son prix est parfaitement raisonnable comptez moins de 20€ pour un bel exemplaire.

Enfin, dites-vous que près de vingt ans après sa mise en vente, il est toujours au top et parfaitement utilisable.

Si vous en trouvez un, faites-vous plaisir.

Petite video d’illustration

Cet exemplaire à bien servi !

Quelques données techniques :

  • Zoom 2,3x (38-90 mm)
  • AiAF à 3 points avec AF à point unique sélectionnable
  • 6 modes de prise de vue
  • entièrement automatique, portrait de nuit, portrait, gros plan, déclenchement en temps réel (0,03 s)
  • autres : prise de vue en continu (1 ips), mémoire en mode flash, AF point central, annulation du rembobinage automatique du film
  • fonctionne avec une pile CR2

Quelques exemples d’images prises avec cet appareils ICI.

Des références : https://global.canon/en/c-museum/product/film242.html, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-5499-Canon_Sure%20Shot%2090u.html, en français

Argentique

Le Nikon Lite.Touch Zoom 120 ED AF

Dernière brocante de l’année et alors que je cherchais un petit vélo pour une de mes petites filles, je tombe sur ce petit compact Nikon.

Comme je m’enquiers du prix, le vendeur m’explique qu’il « appartenait à sa sœur qui faisait des études en photos mais qui n’en a plus besoin aujourd’hui » … bah, cette histoire là ou une autre, je négocie et hop, me voilà avec ce petit compact (et le film qui est resté dedans) dans la poche.

Petit nettoyage comme d’hab, même si celui-ci était correct, une pile CR123 et il s’anime dès que je fais coulisser la porte devant l’objectif.

Holà, le flash sort aussi ! Petit coup d’œil sur le petit écran LCD et je vois que je peux le débrayer. Tiens, et je constate que la propriétaire précédente avait déjà tiré 4 photos (sur un film de 24 pauses).

Puisque je suis sur cet écran, je manipule les petits boutons pour constater que je peux donc débrayer le flash (mais qui reste « sorti »), que celui-ci peut être en automatique, en automatique slow (deuxième rideau), avec la fonction anti-yeux rouges; puis il y a une fonction retardateur et un pictogramme de montagne, qui cache une fonction panorama. Un tout petit trou (pointe de bic) permet de rembobiner le film si besoin avant le terme.

Jusque là, de l’assez classique au tournant des années 2000 (date de sa sortie) puisque les Olympus Mju, Pentax Espio et quelques Canon Sure Shots usaient du même principe tant pour protéger les objectifs que pour mettre l’appareil en batterie. C’est propre et facile, pratique aussi si vous glissez l’appareil dans une poche ou un sac.

Un petit loquet sur la tranche gauche permet de libérer le dos de l’appareil. Lorsque vous y mettez un film, il « lit » le code DX, règle la sensibilité (que l’on ne peut pas modifier manuellement) et en refermant la porte, le film s’enroule jusqu’à la première vue. Là aussi, du classique.

D’aucun signale qu’il est un peu bruyant, mais pas plus que ses concurrents tout compte fait.

Alors, que présente-t’il de plus ?

Déjà un aspect un peu recherché, avec ces petits inserts dorés sur une robe champagne. Il fait un peu « cosy -chic » et ça lui va bien.

Les commandes sont souples et intuitives, tout tombe bien sous les doigts. Un appui à mi-course sur le déclencheur verrouille la mise au point et le déclenchement est très doux.

Puis un viseur bien clair, même si pas très grand. Avec des cadres collimatés à l’intérieur mais aucunes autres informations. Tout au plus, deux diodes, une verte et une rouge, s’allument-elles pour signaler que la mise au point est faite et éventuellement un trop peu de lumière.

Ensuite, son zoom, un 38 – 120mm. Pas vraiment un grand angle au départ et presque un petit télé à l’arrivée, pour couvrir nombres de situation de prises de vue.

Le zoom est fluide et silencieux. Vous voyez sa progression en temps réel dans le viseur, c’est confortable. Si ce n’est pas une bête de course, ce n’est pas non plus une tortue.

Mais surtout, ce zoom comporte du verre ED -Extra (low) Dispersion (verre de très haute qualité à faible dispersion), qui équipait généralement les objectifs des reflex, et là, c’est une sacré différence. C’est la première fois que Nikon adaptait une lentille de cette qualité sur un petit compact zoom (il fallait bien faire la différence avec les Sure Shots ou Espio un peu plus riches de fonctionnalités – mais étaient-elles utiles ?).

Ce petit compact bénéficie donc finalement d’une optique de grande performance, tant au niveau du piqué que du rendu des couleurs.

Et puis, si vous laissez votre doigt sur le déclencheur – ne parlons pas de rafale – il enchaine quelques photos assez rapidement.

Enfin, dernier point, si l’appareil n’a pas un vrai objectif grand-angle, il possède la fonction panorama.

En fin de compte, un joli petit boitier, que l’on peut avoir sur soi en toutes circonstances. Facile à utiliser (bon, je vous ai quand même mis le mode d’emploi plus bas) et qui délivre d’excellents photos. Et c’est ce qu’on lui demande, non ?

Donc, si vous croisez son chemin un de ces jours, à la recherche d’un petit compact qui ne vous décevra pas, je crois que vous l’avez trouvé avec ce Nikon Lite.Touch Zoom 120 ED AF.

Faites-vous plaisir !

Principales caractéristiques

  • L’appareil photo compact à zoom 3,2x le plus petit et le plus léger au monde (au 15/06/2000) avec cache-objectif coulissant
  • Objectif zoom 38-120 mm
  • Verres Nikon ED et lentilles asphériques
  • AF passif étendu
  • Flash intégré polyvalent avec quatre modes de flash : Flash automatique, Flash annulé, Flash à tout moment et Synchronisation lente
  • Réduction des yeux rouges sélectionnable dans n’importe quel mode de flash
  • Capacité macro aussi proche que 70 cm au 38 mm ou 80 cm au 120 mm
  • Verrouillage de la mise au point et mise au point à l’infini
  • Retardateur avec, éventuellement télécommande en option
https://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1584378418.jpg
source : Collection-appareils.fr, Camara mai 2001.

Le mode d’emploi est là au bout.

Des exemples de photos avec cet appareil ICI et LA

Une petite video d’illustration

Des références : http://www.appaphot.be/fr/brands/nikon/nikon-lite-touch-120-ed-af/, https://en.silvervintageshop.fr/product-page/nikon-lite-touch-zoom-120-ed-af, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2939-Nikon_Lite.Touch%20Zoom%20120ED.html en français, https://imaging.nikon.com/lineup/filmcamera/compact/lite-touch_zoom_120ed/index.htm, https://www.35mmc.com/14/04/2020/nikon-lite-touch-zoom-120ed-5-frames-review-by-robert/ en anglais

Argentique

Le Chinon 35FS-II

Encore un drôle d’appareil, chiné dans une brocante, un Chinon 35-FS II (logique comme me le faisait remarquer Phil de Filimage).

Bon, comme d’habitude, grand nettoyage de l’engin et même de la trappe de piles car un peu d’oxydation marque la porte mais heureusement pas d’autres traces plus haut dans le logement (ouf !).

Par certains côtés, il me rappelle le Lomo LC-A, sans doute à cause des réglages de la distance à côté de l’objectif et de la sensibilité (ici en dessous), avec son volet coulissant qui cache l’objectif et met en batterie le boitier.

Mais la comparaison s’arrête ici : il est plus massif, plus épais, plus long que le Lomo.

Pour autant, il reste original et j’en profite pour vous le faire découvrir.

Cet appareil fut présenté à la Photokina de 1984, en même temps qu’un 35F-II et un 35 FS-A.

Plus sophistiqué que le premier, il ne possède pas la mise au point autofocus du second. Disons qu’il s’agit d’un bon milieu de gamme.

Si le 35F-II ne possède aucuns réglages, excepté la sensibilité du film de 100/200 ou 400/1000 Iso, sa vitesse d’obturation est unique et c’est la sensibilité de la pellicule qui fixe l’ouverture, qui sera de f3,8, f8 ou f16. Un petit flash à extraire manuellement sera souvent nécessaire. D’ailleurs le boitier vous le signale grâce à une petite diode rouge.

Par contre le Chinon 35FS-II possède des réglages un peu plus fins : celui de la sensibilité du film, de 100 à 1000 Iso et celui des distances, symbolisées par des pictogrammes représentant une personne, un groupe, une foule et une montagne. Soit de 1,2m à l’infini, à la louche.

C’est un fix-focus qui fonctionne par zones. Son objectif de 35mm, ouvrant à f3,5 est bon, comme le sont les autres objectifs de chez Chinon.

Pour le mettre en route, facile : vous glissez deux piles AAA très communes dedans, vous ouvrez la porte coulissante et vous voilà prêt.

Ah oui, pour y mettre une bobine, ne tirez pas sur la molette de rembobinage, il y a un verrou sur la tranche gauche, qui libère le dos. Vous devrez juste soulever un peu la molette pour y glisser le film.

Vous réglez la distance, vous visez, il fait le calcul de l’exposition automatiquement et hop, c’est dans la boîte.

Notez que le boitier peut lire le codage DX de votre film mais que vous avez toujours la latitude de faire le réglage des Iso manuellement, avec la réglette sous l’objectif.

Le petit flash est extractible via le bouton orange situé en dessous de l’appareil, avec une grille de distances imprimée vers vous. Enfin, il possède aussi un retardateur de 10 secondes environ (le bouton coulissant marqué ST au dessus) qui égrène le temps avec une diode rouge qui clignote avant le déclenchement.

Nous n’en sommes pas encore au « tout électrique » et donc vous devrez manœuvrer la molette d’avancement du film entre chaque vue.

Le viseur ne comporte aucune indication de vitesse ou ouverture, il faut lui faire confiance. Par contre, il est collimaté et finalement bien clair et confortable.

Bref, un petit appareil sympathique qui se glissera dans un petit sac à défaut de le faire dans une poche.

Vite prêt, il saura vous seconder efficacement en toutes circonstances. A ce sujet, je vous résume les photos que vous trouverez sur le site de Ian : alors qu’il découvrait les possibilités de son appareil, son épouse doit rentrer plus tôt que prévu en maternité. Lui est au travail lorsque l’hôpital le prévient. Hop, ni une ni deux, il fonce rejoindre son épouse et se rend compte que l’appareil et la pellicule qu’il avait prévues pour cet évènement sont restés à la maison. Mais il a le Chinon 35FS-II avec lui et il lui confie les images intimes de ce moment de bonheur. Ce qu’il ne regrettera pas car les photos, pourtant prises dans des conditions limites, sont excellentes.

Voilà. Si vous aussi avez la chance d’en trouver un, embarquez le dans vos aventures, il vous sera fidèle.

Peu courant, avec une esthétique bien à lui et pourtant typique des années quatre-vingt, ce petit boitier sera un chouette compagnon de rue et d’escapades.

Pour une fois, j’hésite à vous donner un prix car je me rends compte que ma petite croisade personnelle pour que ces appareils ne dépassent pas (trop) souvent les 50€ devient vaine devant les candidats acheteurs, toujours persuadés de faire « un placement » judicieux, quoiqu’ils achètent et qui a plus de 20 ans et dès lors, ils paient toujours plus cher l’objet de leurs désirs, alimentant ainsi un cercle vicieux qu’ils entretiennent confusément !

En tout cas, le mien partira pour 50€.

Video d’illustration

Quelques références : https://www.35mmc.com/21/04/2018/chinon-35-fs-ii-review/, en anglais, https://www.flickr.com/photos/collection-appareils-photos-bernard/34399966143/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-5206-Chinon_35%20FS-II.html en français

Argentique

L’Olympus AZ-230 Superzoom

Une brocante, une caisse, de la poussière … vous connaissez la suite.

Et donc, après une brève négociation, me voici avec un nouvel appareil dans le sac à dos.

Petit passage par un bon nettoyage de l’appareil et de son petit sac pour que je puisse vous présenter ce drôle d’appareil, pour lequel j’ai aussi le mode d’emploi.

Si sa forme est pour le moins, heu … costaude, il est quand même plutôt dans la norme des appareils de l’époque (il est sorti en 1992), notamment si je le compare au Vivitar Série1 470 PZ

Olympus nous a habitué à des appareils innovants, explorant des chemins alternatifs mais en veillant à proposer de la qualité.

Ainsi, avant celui-ci, venait le AZ-300, considéré comme le premier « bridge », aux formes inhabituelles mais à la fiche technique impressionnante.

Olympus AZ-300 Super Zoom
source : Collection-appareils

Ensuite ils s’aventureront dans la série de Mju, toujours aussi célèbres mais nettement plus … compacts.

Et puis donc ce AZ-230 Superzoom, présenté comme un « compact » automatique.

En fait, réellement tout automatique : du chargement à la mise au point, en passant par le calcul de l’exposition, le décodage de la sensibilité du film (codage DX) … il ne vous reste plus qu’a vous concentrer sur ce que vous voulez capter et il fait le reste.

Pour que vos photos soient réussies, il embarque la technologie suffisante :

  • un zoom 38 – 90 mm
  • qui se déploie à l’allumage et se rétracte à la fermeture
  • possibilité de prise de vue en continu (mode rafale)
  • flash intégré, qui adapte sa puissance à la focale du zoom (p. ex. réduit en cas de position macro)
  • flash qui peut être débrayé si besoin de discrétion
  • autofocus et exposition automatique
  • possibilité de forcer une mesure spot
  • retardateur
  • modes macro permettant une mise au point dès 40cm (contre 60cm en position normale)
  • l’alimentation est confiée à 2 piles CR123

Une petite télécommande à infrarouge (IR) est cachée dans la poignée, qui permet de déclencher l’appareil à distance, par exemple monté sur un trépied (facile pour être sur la photo avec tout le monde sans devoir courir !).

Si son aspect est massif, il offre toutefois une ergonomie intéressante (notamment pour les grandes mains) et confortable.

De petites attentions sont à relever, comme le correcteur dioptrique sur le viseur, toujours bien utile

Le petit écran LCD permet de voir rapidement les éléments sélectionnés, par exemple les commandes du flash, la position « super macro », la mesure spot, le retardateur, la prise de vue en continu, le zoom automatique

Le viseur est clair et s’il ne déborde pas d’informations quand à la prise de vue, il contient les indications utiles, telles celles du flash, un cadre collimaté, les corrections du cadre en cas de photographie en mode macro, la confirmation d’accroche de l’autofocus.

Si vous le mettez sous tension, ne soyez pas effrayé de voir la lettre « E » clignoter : elle indique soit que vous êtes en fin de film, soit qu’il n’y en a pas dans la chambre.

Que dire de plus de cet appareil ?

Si nous sommes loin des compacts réellement compacts, nous avons affaire ici à un appareil costaud, qui tient bien en main, facile à manipuler.

Alors, si vous en trouvez un dans les 10€ avec son sac, sa dragonne et (surtout) sa petite télécommande, craquez, vous ne le regretterez pas et il vous rendra de bons services.

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Olympus_AZ-230_Superzoom/Infinity_Zoom_230/IZM_230, http://camera-wiki.org/wiki/Olympus_AZ-230_Superzoom/Infinity_Zoom_230/IZM_230, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-6403-Olympus_AZ-230.html, en français.

Argentique

Le Ricoh TF-900

Ah que voilà une belle « brique », digne des autofocus de la fin des années quatre-vingt.

C’est du costaud, du solide et même de l’ergonomique (notez la poignée avant bien marquée).

Mais fidèle au concept de ces années-là, c’est encore un appareil facile à manipuler, qui donne de bons résultats sans prise de tête. Il faut juste viser, composer et appuyer sur le déclencheur, le Ricoh TF 900 fait le reste.

Mais voyons cela de plus près …

Présenté à la PMA de 1987 – le grand salon de la photo de ces époques outre Atlantique (pour mémoire, en Europe il y avait la Photokina à Cologne), il fait partie des précurseurs de cette nouvelle vague d’appareils compacts munis d’un zoom.

La majorité des boitiers ont des focales fixes (comme le Canon AF 35 M ou le Fujica DL 100) et l’alternative, quand elle existe, sera de proposer un bi-focal. Ce n’est pas vraiment un zoom au sens ou l’entendons et qui arrivera plus tard. On ne passe pas du 35 au 70 avec la nuance des focales intermédiaires mais on part d’un 35mm et on passe au 70mm.

D’autres marques ont opté pour cette proposition. Citons le Canon Top Twin ou le Fuji DL 500 (même si la formule est là d’un 28 – 45mm).

De fait, il s’agit bien de deux focales distinctes : une 35mm et une 70mm. Lors du passage du 70 vers le 35, la moitié des éléments bascule dans le fond de l’appareil grâce un un petit moteur électrique.

Il n’y a donc pas de focale intermédiaire comme un 50mm p. ex.

C’est grand angle et mini télé. Finalement, ce sont deux focales couramment utilisées lorsque l’on veut mettre un grand nombre de sujets dans le cadre ou lorsque l’on veut isoler un détail, ce que chacun fait lorsqu’il est en vacances …

Ce type d' »appareil était en effet destiné aux familles pour qui la simplicité d’utilisation prime. Mais sans sacrifier pour autant la qualité.

Au 35mm, l’ouverture est de f2,8 et f5,6 pour le 70mm (ce n’est pas mal comparé au f6,3 que l’on trouvera dans les années nonante sur certains fix focus !).

Au rayon des petits plus intéressants, un retardateur qui autorise, si besoin, deux déclenchement consécutifs (pratique pour être aussi sur les photos avec la famille les pieds dans l’eau), la possibilité de compenser l’exposition (+2) et un mode « rafale » qui va jusqu’à une image par seconde.

Le retardateur vous signale son décompte par un léger bip sonore et une petite lampe clignote jusqu’au déclenchement.

Il a même existé une version de l’appareil avec un dos dateur, comble du luxe pour l’époque.

Nous pouvons considérer qu’il est bien doté pour l’époque.

Quoi d’autre ?

Puisqu’il est conçu pour être utilisé par tout le monde, il vous facilite la tâche : chargement automatique du film, avance et rembobinage automatisés, petit flash automatique (il est « pop-up » si la luminosité est insuffisante) pour déboucher les ombres (fill in), lecture automatique de la sensibilité des films (codage DX de 64 à 1600Iso),

L’autofocus est précis et vous avez même la possibilité de faire une pré-mise au point, parfois utile lors d’évènements où il est difficile de se placer.

Comme la grande majorité des appareils de l’époque, il fait tout « tout seul », c.-à-d. le réglage de la distance (ça vous le voyez dans le viseur) mais aussi le réglage de l’ouverture et de la vitesse, et là, il ne vous dit rien.

Mais encore une fois, la majorité des appareils de cette &époque, destinés aux familles, faisaient l’impasse sur ces éléments qui n’intéressent, in fine, que ceux qui veulent tout contrôler et qui, déjà à l’époque, optaient pour d’autres type d’appareils (un reflex par exemple, mais sans bénéficier, sauf à partir de 1985, de l’autofocus).

Le petit écran, sur le dessus, vous renseigne sur l’état de la pile, le nombre de vue, le fait que le film soit bien accroché, le choix de la rafale, le statut du flash.

Un mot encore sur le viseur, clair et qui possède des marques de correction de la parallaxe pour les prises de vue rapprochées (min 90 cm) et qui est collimaté (c.-à-d. avec les marques pour le cadrage). Sa particularité est qu’il bascule lui aussi quand vous changez de focale, ainsi vous voyez en temps réel le champ de visée selon la focale choisie.

Petite particularité de ce Ricoh : vous le mettez en route en faisant glisser le cache du viseur, à l’arrière. De ce fait, vous ouvrez les lamelles de l’objectif et activez la mécanique. Il vous reste à actionner le curseur sur le dessus pour choisir le format 35 ou 70mm.

Voilà, voilà … un chouette appareil qui sent bon la nostalgie et les années quatre-vingt. Ricoh a toujours eu une bonne réputation, notamment au niveau de la qualité des images délivrées (voyez le petit film ci-dessous).

Ah oui, l’alimentation se fait grâce à une pile CR-P2, un peu onéreuse mais qui tient au moins une année (sauf si vous utilisez systématiquement le flash).

Ne comptez pas le glisser dans une poche de Jean’s mais plutôt dans un petit sac, mais emportez le partout, il vous suivra toujours. Il n’est pas spécialement bruyant mais le l’emportez pas pour photographier votre concertiste préféré. Il sera par contre à son aise dans tous les concerts rock !

C »‘est un petit compagnon, peu courant sans être forcément rare, que vous devriez pouvoir acheter dans les 20€ maximum, idéalement avec son petit sac mais au moins avec sa dragonne d’origine.

https://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1584465658.jpg
source : Collection-appareils.fr, Photokina 1988 – 1989.

Une video d’illustration qui en plus reprend une pub de l’époque :

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_TF-500/TF-900, https://www.newwavepool.shop/products/ricoh-tf-900-35mm-film-camera?variant=33305307185238, https://blog.nokkos.fi/ricoh-tf-900-review-and-a-goodbye-to-winter/, https://www.flickr.com/photos/98922823@N00/7328898576/, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2412-Ricoh_TF-900.html en français

Argentique

Le Samsung Fino 80 Super

Encore un petit compact de la fin des années nonante découvert dans une brocante, sur une table, dans sa pochette, et donc propre.

Petit coup d’œil à la trappe des piles, rien n’a coulé; pas de film resté à l’intérieur non plus. Faudra un jour que je me décide à prendre des piles avec moi pour tester mes achats … bon, je verrai bien et je m’enquiers du prix, que je négocie pour le plaisir et hop, il rejoint mon sac à dos.

In fine, c’est un compact du début des années deux-mille (2002), un certain âge d’or de ces appareils : assez petit que pour se glisser dans un petit sac, parfois une poche, avec un petit zoom raisonnable, un petit flash d’appoint, motorisé bien évidemment et avec un autofocus suffisant pour la plupart des photos auxquels ils étaient destinés (vacances, famille, sorties, ….)

Mais voyons si je trouve des infos à son sujet sur la Grande Toile.

Bon, manifestement, il n’a pas bouleversé l’histoire de la photographie, les infos sont chiches.

Si en Europe nous le connaissons sous ce nom là, manifestement pour les USA et l’Asie, il s’appelait Maxima Elite 80

Il semble que la gamme des Fino soit celle des entrées de gamme. Ce qui n’empêche qu’il possède quelques fonctions inhabituelles sur un tel appareil, comme une pause B, un petit avertisseur sonore qui se manifeste en cas de flou de bougé et même un retardateur

Son zoom est un 38 – 80mm, ouvrant de f6,3 à f12,3 avec un autofocus assez réactif. Le bottier est asservi à une cellule au CdS, sensible de 50 à 1600 Iso. Pas besoin de paramétrer l’appareil, il « lit » le codage DX des films et fait ses réglages tout seul.

Du classique jusque là.

Continuons. C’est un appareil tout automatique. C’est donc lui qui décide de tout pour la vitesse (de 60s – en mode Bulb – à 1/250s) et il ne vous tient pas forcément au courant de ses choix (pas d’infos dans le viseur)

Un petit flash intégré peut vous aider en cas de faible luminosité, avec fonction anti-yeux rouges et débrayable (ça, j’aime bien).

Que dire encore ? Il y a dessous un petit filetage pour le fixer à un trépied. Léger, il ne va pas vous surcharger en balade (225gr avec la pile). Son alimentation est assurée par une CR2 (6v).

Point de vue manipulations, c’est ultra facile : vous visez, il fait la mise au point (et le reste). Si vous voulez actionner le zoom, deux petits boutons sur l’arrière l’un pour « avancer » le zoom, l’autre pour « reculer ». La visée suit le mouvement du zoom en temps réel. Une diode vous averti de la mise au point.

Tiens au fait, le viseur est assez clair, collimaté ce qui ajoute à son confort d’utilisation

Sur le dessus, un écran LCD vous renseigne sur le nombre de vues prises, les états du flash.

Un loquet sur la tranche vous permet d’ouvrir le dos de l’appareil pour y introduire une bobine et il se chargera d’amener le film à la première vue.

Voilà, rien de transcendant mais rien de rébarbatif non plus. Comme je l’écrivais au début de cet article, un petit appareil qui va vous faciliter la vie (faut même pas lire un mode d’emploi pour savoir l’utiliser).

Si vous en trouvez un, ne déboursez pas plus de 15€ s’il est accompagné de sa house et de sa dragonne. Il vous suivra partout et vous ne craindrez pas de l’abîmer le cas échéant.

Bref, un petit compagnon qui ne fait pas de vague mais rend de petits services utiles quand on a besoin de lui.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des exemples d’images prises avec le même type d’appareil ICI

Des références : https://filmphotography.eu/en/samsung-fino-80-super/ en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-4795-Samsung_Fino%2080%20Super.html, https://www.kijiji.ca/v-appareil-photo-camera/ville-de-montreal/point-and-shoot-a-film-samsung-maxima-elite-80-zoom-38-80mm/1580219914 en français

Argentique

Le FunCam Summer d’Agfa

Vous le savez, j’apprécie assez les brocantes. On y trouve parfois des pépites, ou en tout cas, des appareils qui sortent de l’ordinaire, amusants ou incongrus, parfois en piteux états, parfois presque neufs …

Comme je ne suis pas sectaire et plutôt curieux, j’aime assez me laisser entrainer vers ces objets là.

Et donc, dans une caisse, mélangé à plein d’autres objets qui tenaient plus de l’ustensile de cuisine que de la photographie, je découvre ce drôle d’emballage, presque intact (si on excepte la couche de poussière).

Je le regarde et, par principe, négocie le prix : 2€. A ce prix là, j’ai au moins gagné un film vierge si le reste ne fonctionne pas !

Comme disait I.T., retour maison et bon nettoyage de l’emballage avant de faire quelques photos de l’ensemble.

Bon, à ce moment là je ne sais pas encore si je vais trouver quelque chose sur cet appareil Agfa, qui semble plus tenir du gadget que d’autre chose, mais bon, c’est ça le plaisir de la découverte.

Vous le découvrez donc ci-dessous, sous blister, un appareil photo Agfa surnommé FunCam, livré avec 2 films Agfa Vista de 27 photos (24+3) en 400 Asa (il n’y en a plus qu’un) et (mais elles manquent) deux piles AA.

Le blister a été entamé pour soustraire les deux piles et un film mais, semble t’il, l’appareil n’a jamais quitté son emballage.

Aussi farfelu que cela puisse paraître, si vous cherchez des infos sur ce drôle d’appareil, vous constaterez qu’il s’en vend sur Ebay et Catawiki, et à des prix de fous ! J’en ai trouvé annoncés à 32GBP (soit +/- 37€) l’appareil seul et tout nu et 55€ parce que « Agfa FunCam Summer 35mm Film Camera Rare Point & Shoot Collectable Lomo Retro« 

Ça y est, les mots clés sont lâchés : rare (heu, ça reste à voir !) – collectible (ouais, mais faut trouver l’amateur qui collectionne ça) – Lomo (ben oui, les Lomographistes apprécient ce type d’engin, mais en général, ils essaient de payer moins cher) – retro (sans doute, mais l’ensemble n’a que 16 ans, j’ai connu plus « rétro »)

Heu …. et si nous restions sérieux ?

Car, à l’origine, ce FunCam Summer est considéré comme un jetable (!?) destiné à accompagner les activités estivales des jeunes et moins jeunes, sans prise de tête et tout ça (appareil, films et piles) pour moins de 10€ en …. 2005 !

Historiquement (si, si, j’ose le mot !), Agfa avait déjà lancé un FunCam Motor puis un FunCam Slimline avant que n’arrive ce FunCam Summer blanc nacré en juin 2005.

Ne nous y trompons pas, le FunCam Summer est en tous points identique au FunCam Motor, n’était-ce sa belle robe blanche et le rouge tonic des boutons et du cadre autour du viseur.

Techniquement, c’est un point and shoot classique et basic : un grand viseur tout simple (pas de marques) , un flash électronique et un moteur

Voici ce que l’on en disait : « AgfaPhoto informe : Leverkusen, avril 2005 – Après la FunCam Motor et la FunCam Slimline, AgfaPhoto lance la FunCam Summer blanc nacré. À partir de juin, cet appareil photo 35 mm à part entière a les meilleures chances de devenir un succès estival après le succès de ses prédécesseurs. L’offre spéciale comprend non seulement l’appareil photo lui-même avec son flash électronique et son transport de film motorisé, mais aussi deux batteries et des films Vista pour 54 photos estivales colorées. Enfin, le prix de vente conseillé sensationnel de seulement 9,99 euros fait de la FunCam Summer le compagnon idéal pour toutes les activités estivales, pour le sport et les loisirs ainsi que pour s’amuser sur la plage ou le barbecue en soirée.« 

Le décor est planté : un appareil simplissime, essentiellement destiné aux jeunes qui veulent ramener des images « fun » de leurs vacances, sans se préoccuper de l’appareil, bon marché mais qui fait le job demandé.

Deux positions pour les prises de vue : avec ou sans flash selon la luminosité.

La distance de prise de vue idéale est comprise entre 1,2m et 4m (c’est un 35mm asphérical). Je n’ai pas trouvé d’indication quant à l’ouverture ni la vitesse mais si Agfa fournit deux films en 400Asa, ça ne doit pas être très lumineux (un f6,3 ?). La lentille semble être en plastique mais c’est une optique japonaise !

Pour le reste, deux piles AA à introduire dans le boitier, un verrou pour libérer la porte arrière pour accéder à la chambre, dans laquelle vous glissez les films vendus avec l’engin. Vous tirez la languette jusqu’au repère, refermez le dos et le moteur se charge d’enrouler jusqu’à la première vue.

A priori, on vous recommande de n’utiliser que les films Agfa , alors que tous les autres fonctionnent aussi : ah ! le marketing …

source : https://www.flickr.com/photos/botakjay/albums/72157602621464802

Reste à porter l’appareil à hauteur d’yeux, clic-clac, c’est dans la boite !

Après les Pocket Agfa, qui ont fait le bonheur de tant d’enfants lors des camps de vacances, ou des vacances tout court d’ailleurs, ces petits appareils sans prétention ont ravit la génération de leurs propres bambins, vingt ans plus tard.

Dans de bonnes conditions de lumière (présupposé de vos vacances à la plage), les photos ne sont pas mauvaises et s’il faisait moins lumineux, un petit coup de flash vous aidera (attention, pas trop près pour éviter les yeux rouges).

Et si même Agfa le considère comme un « jetable  » réutilisable, c’est qu’il se doute qu’à ce prix là et pour la clientèle visée, c’est un appareil qui pourrait souffrir. Ceci étant, les plastiques sont costauds et les assemblages pas si mauvais que ça. A moins de le laisser tomber de haut ou de l’immerger, c’est un petit appareil qui résiste bien à quelques mauvais traitements.

En résumé, à moins d’être collectionneur averti, ne dépensez pas plus de 5€ pour l’appareil, peut-être 8€ si vous trouvez le blister intact, c-à-d avec l’appareil, les 2 piles et les 2 films Agfa.

Pour le reste, amusez-vous, c’est vraiment dans l’esprit Lomo.

source : Photo-Scala, voici la configuration complète de l’appareil tel qu’il était vendu en 2005

Pour le mode d’emploi (si, si, il y en a un, minimaliste), c’est ICI

Des références : https://www.photoscala.de/2005/05/02/funcam-summer-von-agfaphoto/, en allemand, https://www.app-phot-col.com/boit_deta_5.php?numephot=0&dn=1&numero=1323&marque=AGFA&modele=FunCam%20Summer&ty=B&T=B en français

Argentique

Le Berning RoBot II

Ah, voici un appareil singulier, comme je les aime !

La première impression, lorsque j’ai reçu le colis et que je l’ai déballé, a été de me dire « waouw, qu’est ce que c’est lourd », surtout au vu de la taille, réduite, de l’ensemble.

Et puis, il y avait ce « sac tout prêt », en cuir robuste (qui collabore au poids de l’ensemble), gainé de velours rouge-grenat à l’intérieur, avec un accessoire niché en son centre (un pare-soleil métallique), coincé là par un rouleau de papier ancien (un « mode d’emploi » d’une vieille pellicule) , et derrière l’appareil, un vieux bout de papier, usé (le document des douanes), presque en lambeaux..

Bref, l’impression de découvrir un appareil plein de passé

Enfin le boitier, petit, trapu, dense, au design très particulier avec sa grosse mollette sur le dessus et son viseur tout petit. Un appareil jouet ou un appareil espion ?

En tout cas, un qui interpelle …

Mais essayons d’en raconter l’histoire, particulière.

C’est en 1930 que Heinz Kilfitt, fils d’un horloger allemand, passionné de mécanique et d’optique, a conçu cet appareil. Il a d’abord présenté son projet à Agfa, puis à Kodak, qui l’ont refusé. Las, Heer Kilfitt vend finalement son invention à Hans Berning qui crée, en 1934, une entreprise éponyme pour la production de ce modèle, son premier. Entreprise qui intègre dans son staff le génial Kilfitt.

Ce ne sera pas simple de développer un nouveau modèle d’appareil, révolutionnaire pour son époque (et encore maintenant). Mais ils étaient ingénieux : par exemple, le boitier est fabriqué par WMF à Geislingen qui, après de longs essais, a trouvé un alliage d’acier inoxydable V2a avec lequel le boîtier pouvait être embouti; le ressort est fourni par le fabricant de mouvements Baeuerle & Söhne à St. Georgen en Forêt-Noire; et c’est la société Alfred Gauthier GmbH de Calmbach/Enz – Württemberg qui a fourni le verrou de rotation du disque.

La jeune entreprise sera recapitalisée pour pouvoir – enfin – démarrer la production du premier RoBot. Nous sommes en 1935.

Puis, quasi coup sur coup, la jeune entreprise sort en 1936 un Robot I suivi d’un Robot II.

Le Robot 1 présentait un fonctionnement unique : après le déclenchement pour une exposition, l’obturateur était bloqué jusqu’à ce qu’il soit armé et que le film avance avec lui et il possédait un ressort pour armer l’appareil et faire avancer le film.

Cet appareil, minuscule pour l’époque (plus petit qu’un Leica II) présentait des caractéristiques étonnantes qui le fit remarquer par l’armée allemande et quelques particuliers aux talents étonnants, comme ce Hans Hass, plongeur émérite qui inventa un caisson étanche pour photographier, avec son RoBot II les fonds sous-marins.

Notons que si l’entreprise existe toujours de nos jours, elle ne fabrique plus d’appareils photographiques, la production ayant été abandonnée en 1959.

Cet appareil, fabriqué en acier, a fait l’objet d’une publicité internationale dès 1939 car il présentait deux caractéristiques remarquables : d’une part, un système moderne d’avance du film avec double verrouillage de l’exposition et déclenchement couplé de l’obturateur et, d’autre part, un obturateur de Gauthier rotatif à plusieurs vitesses, entièrement en métal.

Ce boitier, très contenu, renferme donc quelques singularités qu’il convient de relever pour mieux comprendre son intérêt.

Tout d’abord, le fait que l’avance du film et l’armement de l’obturateur se font automatiquement après chaque prise de vue par un mécanisme à ressort, ce qui permet de prendre jusqu’à 4 photos par seconde. Il suffit d’appuyer à chaque fois sur le déclencheur pour « entendre » et « sentir » le film avancer d’une vue.

Ensuite, le format retenu, un 24×24, situé entre le 24×36 de Leica et le 18×24 du film cinématographique.

Rappelons-nous qu’en ces temps là, seul Kodak (1934) vendait des cartouches préchargées de film en 135mm (pour mémoire introduit par Leitz en 1924). Les autres marques devaient proposer leur propre solution pour utiliser ce film, qui était vendu « en vrac », c.-à-d. en bobine de +/- 400m. La plupart ont donc créé des cartouches que l’on pouvait charger de la quantité de vues voulues, le maximum étant généralement 36.

Avec ce format carré, le photographe pouvait espérer tirer environ 50 photos sur une longueur prévue pour un film de 36 pauses.

Autre avantage de ce format 24×24, vous pouviez tenir l’appareil dans n’importe quel sens, la photo sera toujours au format carré !

Chez Robot, il faut utiliser deux cartouches, appelées cassettes N et K. Vous chargez le film dans la première, film qui s’enroule dans la seconde au fur et à mesure des prises de vue. Comme le mécanisme d’avance est automatique, les deux cassettes ont été conçues de telle sorte que lorsqu’on appuie sur le déclencheur, les fentes par lesquelles passe le film s’ouvrent et lui permettent de glisser librement sans offrir de résistance mécanique importante au mouvement.

Première remarque à ce sujet : lorsque vous achetez un Robot I ou II il faut vérifier que ces deux cassettes sont bien présentes, car s’il en manque une, l’utilisation de l’appareil n’est pas possible car une cartouche « classique » en 135mm n’entre pas dans la chambre.

Bon, pas de bol, sur le mien, je n’ai qu’une des deux cassettes, et zut !

Notez, l’avantage de la seconde cassette est de ne pas devoir rembobiner le film en fin de course, il est déjà enroulé dans un récipient étanche à la lumière.

Il faudra attendre 1951 et la venue du Robot IIa qui acceptera les bobines standards pour être quitte de cette obligation..

Construit tout en acier inoxydable (acier Krupp V2a), ce boitier très compact (106x62x31mm) pèse le poids d’un réflex mono objectif ! C’est du costaud, du solide.

Ensuite, sa petite taille l’autorise à se passer de télémètre sans affecter la netteté des images, en jouant sur la mise au point, même un peu « au pifomètre ».

La bague de mise au point a des « clics » à certaines distances prédéfinies. Grâce à cette caractéristique, il est possible dans l’obscurité, ou même avec l’appareil photo dans la poche d’une veste, de prérégler la distance si vous mémorisez la séquence et comptez les clics.

Heu, prévoyez une poche solide !

Revenons un instant sur le gros bouton au dessus de l’appareil, qui permet d’armer un solide ressort, qui servira de « moteur » ,comme nous l’avons écrit, non seulement pour faire avancer les vues mais aussi pour réarmer. Il est costaud et il faut des doigts solides pour le « charger »

Le déclencheur n’est pas idéalement placé, collé contre le bouton du ressort, mais on s’y fait. Sur la façade, à droite de l’objectif, se trouve deux prises pour les flashs et la molette pour régler les vitesses, un peu comme sur les anciens Leica III.

Les vitesse s’échelonnent de la pause B au 1/2s jusqu’au 1/500s. Le flash est synchronisé à toutes les vitesses, ce qui est rare pour l’époque. Il suffit de le brancher dans un des connecteurs placés juste à côté.

Et puis, il y a l’obturateur de type rotatif, finalement une mécanisme simple et efficace qui, 82 ans plus tard, fonctionne toujours parfaitement..

Cet obturateur, fabriqué par la société Gauthier à Calmbach/Enz dans le Württemberg, est un disque rond rotatif doté d’une découpe immuable qui expose complètement le négatif pendant toute la durée de l’exposition.

source : robot-camera.de

Grâce à ce mécanisme, les différentes vitesses d’obturation ne sont pas obtenues en modifiant la largeur de la fente, comme avec les autres obturateurs à fente (ceux à rideaux par exemple, chez Leica), qui exposent le négatif par bandes, mais par la vitesse de rotation correspondante du disque.

Contrairement à l’obturateur Compur, qui est installé à l’intérieur de l’objectif dans le plan d’ouverture et qui ne permet pas de changer d’optique, l’obturateur RoBoT travaille directement derrière l’objectif, avec l’avantage de pouvoir changer d’optique à volonté si besoin.

Autre avantage, la disposition concentrique de toutes les pièces rotatives assure un fonctionnement sans vibration de l’obturateur.

Résultat ? Si vous n’avez pas la tremblotte ,vous pouvez envisager de photographier jusqu’au 1/10s sans risque de flou de bougé.

source : robot-camera.de

Outre sa précision, qui ne dépend ni des effets de la météo ni du fonctionnement du système de transport du film, cet obturateur est insensible au froid ou à la chaleur, à l’eau ou à la saleté. Ce qui a été prouvé non seulement pendant la guerre mais aussi lors de missions sous l’eau, dans les déserts et même dans l’espace. Dans les plus grandes chaleurs et même à moins 50° C, même après des tempêtes de sable et des bains d’eau salée involontaires, il a toujours fonctionné sans faille.

Notons encore un compteur de vue, sur le dessus de l’appareil, qu’il faut remettre à zéro lorsque l’on charge de nouveau l’appareil de ces deux cassettes K.

Sur la tranche de l’appareil, un large verrou permet de libérer le dos de celui-ci pour accéder à la chambre, un dos monté sur charnière.

Parlons aussi des optiques de ce petit appareil.

A l’origine, il s’agissait d’un Biotar conçu par Merté de chez Zeiss au début des années 1930.

Pour les férus de techniques, je cite  » […] Il s’agit d’un dérivé de Double Gauss, un concept utilisé, par exemple, dans le célèbre Planar conçu par Paul Rudolph à la fin du 19e siècle. La plupart des objectifs modernes à ouverture f/2 ou plus appartiennent à cette lignée de Double Gauss, à la différence qu’ils sont généralement asymétriques alors que le Double Gauss était initialement dessiné comme une paire de doublets symétriques autour du diaphragme. La conception du Biotar a été développée au point étonnant de proposer une ouverture de f/1,4 dans l’une de ses versions cinéma » source :

Bref, retenons que de nombreux objectifs ont été proposé par Zeiss et Schneider pour équiper les Robot.

Si l’objectif « normal » était un 40mm ouvrant à f2,8, des grands angles de 26 et 30mm ont également été monté, voire même un 75mm. Plus rare, un Biotar 40m ouvrant à f2.

Parmi les objectifs standard, on trouve finalement un Zeiss Tessar de 3 cm et un Zeiss Tessar de 3,75 cm en variantes f/2,8 et 3,5, un Zeiss Biotar de 40 mm f/2,0 et un Zeiss Sonnar de 7,5 cm f/4.

Ces objectifs n’ont pas bénéficié des traitement anti-reflet que nous connaissons actuellement. Nous aurons alors l’impression qu’ils manquent de contraste. Les spécialistes verront qu’il s’agit comme d’une signature des appareils d’avant la seconde guerre. Ceci étant, la qualité optique en terme de définition est très bonne, voire excellente.

Si vous vous en souvenez, le Robot est sorti en 1935. Cet appareil n’avait pas de viseur intégré. Il n’est apparu que sur le Robot II, en 1939 qui acquiert un viseur à l’intérieur du design du boitier.

Avec une particularité (encore une) : il possédait un viseur à 90° qui permet de prendre des photos sans être vu. Il suffisait de tourner un petit levier placé sur le dessus de l’appareil et un miroir renvoyait l’image, entrée par le viseur à l’avant, vers un second oculaire placé lui sur le côté de l’appareil.

D’ailleurs cet appareil était bien apprécié des services de renseignements allemands car il pouvait être déclenché plusieurs fois sans devoir remonter le ressort (qui pouvait encore être renforcé dans des applications bien particulières, j’y reviendrai), tout comme il pouvait être déclenché avec un câble, ce qui le rendait dissimulable dans des valises ou tout autre objet insoupçonnable pour prendre des photos incognito.

Comme je l’écrivais, l’armée allemande a beaucoup apprécié ce boitier solide et, finalement, atypique et efficace. Ainsi la Luftwaffe l’a utilisé comme caméra d’évaluation des dommages causés par les bombes, montée dans la queue des bombardiers en piqué JU87, les sinistres Stuka

Là, l’appareil était à entrainement électrique et utilisait de grandes cassettes pouvant contenir jusqu’à 300 images de 24 x 24 mm. Contrairement à la caméra centrale des Stuka, un Leica 250GG, qui s’allumait automatiquement lorsque les freins de plongée étaient actionnés, la caméra Robot devait être allumée manuellement. Il faut toutefois retenir que dans le stress de l’action, il n’était pas rare que le pilote s’évanouisse aussi à cause des impressionnant niveaux de G encaissé et donc l’allumage de la caméra d’évaluation des dégâts de la bombe était souvent oublié.

La Luftwaffe allemande, toujours elle, possédait des versions spéciales de cet appareil avec un moteur à ressort plus robuste et un objectif Xenar de 75 mm. Les modèles d’avant-guerre étaient équipés d’un viseur hybride.

Au début de la seconde guerre mondiale, les versions Robot « civiles » seront abandonnées, pour reprendre ensuite.

En résumé, un boitier tout à fait sympathique, relativement rare et conçu pour durer … longtemps.

Son « moteur » par ressort est économique (pas besoin de piles !), son format 24×24 l’est aussi (50 photos au lieu de 36), son obturateur est extrêmement précis et quasi indestructible, ses optiques sont d’excellente qualité.

Reste un point noir – à notre époque – celle des cassettes de film, difficile à trouver si elles sont manquantes.

A part ça, un boitier résolument comme je les aime et que j’ai bien envie de tester (dès que j »aurai trouvé ma cassette K).

Une fois n’est pas coutume, le prix sera conséquent si l’appareil est complet : difficile d’en trouver sous les 100€ minimum. C’est le coût de sa qualité et de sa singularité.

Si jamais vous en trouvez un, vous comprendrez pourquoi il est si attachant.

http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1239215402.jpg
source : Collection-appareils.fr, Photo-Plait 1939
http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1389465937.jpg
source : Collection-appareils.fr, Odéon-Photo 1939

Une video pour résumer tout ça :

Quelques références : http://camera-wiki.org/wiki/Robot, https://collectiblend.com/Cameras/Berning-Robot/Robot-IIa.html, https://en.wikipedia.org/wiki/Robot_(camera), https://apenasimagens.com/en/robot-ii-hans-berning-2/, http://www.subclub.org/shop/robot.htm en anglais, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11666-Robot_II%20.html, http://www.lumieresenboite.com/collection2.php?l=1&c=Berning_Robot_II, http://www.appaphot.be/fr/brands/berning-robot/ en français, http://www.robot-camera.de/ en allemand (vraiment incontournable)

Argentique

Le Petri 35E

Pour une fois, ce petit appareil n’était pas dans une caisse mais bien mis en valeur par son propriétaire, à côté d’un Praktica TL1000 qui fut le premier reflex de ce Monsieur, âgé, qui le vendait néanmoins lors de la Brocante annuelle d’Haine-St-Paul de ce 25 juillet 21.

Il est tout propre, dans son étui et je peux voir que le vendeur en a pris soin.

Bref, petite négociation, pour le plaisir, et j’emporte mon premier Petri.

Dimanche passé, j’avais déjà trouvé un Petri 7, pour lequel je m’étais arrêté sur un stand, mais le pauvre avait dû faire un fameux vol plané car non seulement il portait les stigmates de son atterrissage sur son capot mais, plus triste, le télémètre était complètement de travers.

Pourquoi m’étais-je arrêté pour cette marque ? Parce que je ne la connais pas et vous savez que je suis curieux …

D’ailleurs, pas facile de trouver des infos sur celle-ci, mais je vais essayer de résumer ce que j’ai pu glaner à son sujet.

Il semblerait que la société a été fondée en 1907 par Kuribayashi Yōji , fabriquant des trépieds et des boîtes noires, sous la marque Kuribayashi Seisakusho.

Leur premier appareil serait le Speed Reflex, sorti en 1912. Toutefois d’autre source cite une date de naissance en 1918 pour la fondation de la société et 1922 pour ce premier appareil. Pas facile de s’y retrouver d’autant que l’usine fut détruite lors de la seconde guerre mondiale, bombardée en 1945.

En 1930, changement de nom et la société s’appel désormais Gōshi-gaisha Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho. De 1929 au seuil de la seconde guerre mondiale, elle fabrique de nombreux appareils photos appelés First, distribués par Minagawa Shōten .

Au sortir de cette guerre, en 1949, la société change de statut et devient la K.K. Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho. Elle ne renouvelle pas sa collaboration avec Minagawa et doit dès lors chercher un nouveau nom pour ses appareils, la marque First appartenant in fine au distributeur.

Elle choisit finalement Karoron et Petri. Elle fabriquera des folding 4,5×6 sous ce snoms et un TLR en 6×6 appelé Petriflex.

En fait, son premier appareil 24×36 sort en 1954 (le Petri 35) et son premier reflex en 1959.

Nouveau changement de nom en 1956 puis en 1962 où elle devient la Petri Camera KK.

Et en 1968, elle sort le Petri Color 35, petit appareil très complet, qui serait inspiré du Rollei 35.

Fin de l’histoire en 1977, date de la faillite. Bien qu’elle ait été relancée sous le nom de Petri Kōgyō K.K, elle ne fabrique plus d’appareils photos mais des télescopes.

Pour rester dans la généalogie du Petri Color 35E, commençons par le Petri Color 35, sorti en 1968. C’est un petit appareil avec un viseur et un obturateur à lames. Tous les réglages se font avec trois molettes : une pour la mise au point, près du viseur, et les deux autres, sur le dessus du capot, pour régler la vitesse d’obturation et l’ouverture.

Outre une manivelle de rembobinage repliable, l’obturateur présente des vitesses de 1/15s à 1/250s plus pause B, tandis que les ouvertures de l’objectif vont de f2,8 à f22. La cellule est une CdS couplée et intégrée dans l’objectif, qui nécessite une pile PX675. La cellule est matérialisée dans le viseur par une aiguille.

Puis vint le Petri Color D, au design quasi identique sauf que le fenêtre du viseur est noire et qu’il y a la lettre D marquée sur le corps. Plus intéressant, l’obturateur monte au 1/300s. Quelques modèles portent les mots Color et D en rouge.

Enfin, en 1971, Petri introduit le Color 35E sur le marché. C’est une version simplifiée du Color 35. Ici plus d’aiguille pour la cellule car le 35E possède un programme d’exposition automatique sans aucun contrôle direct, sauf à modifier la vitesse du film. Il n’y a plus qu’un « drapeau rouge » qui apparaît dans la fenêtre du viseur en cas de sous exposition (sous 1/30s). Il utilise un mécanisme à poussoir pour étendre/rétracter l’objectif, un simple mécanisme de rotation de l’objectif pour faire la mise au point, et une manivelle de rembobinage classique.

Voilà, s’il est – relativement – facile de trouver des infos sur les Petri Color 35, en revanche, sur le Petri 35E, j’ai vraiment très peu d’infos à son sujet.

S’il garde le dos escamotable, par contre son objectif ne l’est plus, il est fixe.

Pour le reste, c’est un petit appareil tout automatique, classique des compacts de cette époque.

Il est vraiment petit, guère plus encombrant qu’un Rollei 35 si ce n’est l’objectif qui n’est pas « rentrant » comme nous l’avons écrit plus haut.

La cellule, une CdS est située sur le pourtour de l’objectif, un 40mm ouvrant à f2,8.

Les réglages sont réduits : la distances, la sensibilité de la cellule et … c’est tout ! L’appareil est un tout automatique.

Vous ne verrez rien des réglages choisi par le boitier dans le viseur, juste un « drapeau rouge » qui viendra se placer dans la fenêtre si la luminosité est trop faible (sous la vitesse de 1/.30s), à la manière des Olympus Trip.

Pour les distances, soit des pictogrammes soit des distances (en mètres et en pieds – feet) à régler sur le pourtour de l’objectif, sans renvoi dans le viseur. Ce n’est donc pas un télémétrique. Il y a bien un cadre, avec correction de la parallaxe dans le viseur, pour les photos « rapprochées » mais c’est tout. La distance minimale de mise au point est de 1m jusque l’infini

La sensibilité de la cellule est dans la moyenne des appareils de l’époque, de 25 à 500Iso. Sa position, sur le devant de l’objectif facilite l’utilisation éventuelle d’un filtre.

Les vitesses ne sont pas très larges, mais comme la plupart de ses concurrents de l’époque (je songe à l’Olympus Trip 35) : de 1/15 au 1/200s. Le flash se synchronise au 1/30s.

Ceci étant, vous le glisseriez dans une poche sans soucis, si ce n’était … son poids ! Parce qu’il n’y a quasi pas de plastique ici, que du bon métal, et ça se sent (390gr tout nu).

Ce n’est pas désagréable, mais sa densité étonne au premier abord. Et puis on se dit que ça le rend plus stable en mains, car il s’y glisse sans soucis.

Autre particularité due à sa taille, la pile qui est à l’intérieur de la chambre (tiens, tiens, comme le Rollei 35 !). Ce n’est pas gênant en soi, mais si elle vous lâche en cours de route, il faut terminer le film pour la remplacer. Notez que la pile (une LR 44 classique) ne sert qu’à alimenter la cellule et donc le boitier fonctionne toujours, même sans alimentation.

Encore une particularité, déjà évoquée brièvement : le dos qui s’escamote entièrement. Comme sur un Zorki 4k ou …un Rollei 35 (encore ?!). Comme l’assemblage est très bien fini, pas de soucis de fuite de lumière de ce côté là (on n’est pas chez Holga – de Lomography). C’est vrai que vu la taille de l’appareil, c’est finalement plus facile de remplacer le film comme ça.

L’objectif est un 40mm ouvrant à f2,8, ce qui n’est pas si mal même si nous sommes loin des f1,7 des Yashica Electro 35 ou Minolta Hi-Matic 11, voire du Canonet QL17 G3, d’un autre gabarit, il est vrai.

Voilà, je crois avoir fait le tour de ce petit appareil à la bouille sympathique mais aux infos un peu chiches.

Finalement, c’est un boitier rare mais donc les prix ne devraient pas dépasser 35€, en parfait état. Comparé au prix parfois délirant des Olympus Trip 35 déjà évoqué, si vous en trouvez un, prenez-le.

Quelques références : http://35mm-compact.com/minicompact/petri35e.htm, en français, https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Petri_cameras, en anglais, http://corect.net/pdf/PETRI_Petri35E.pdf en japonais

Argentique

Le Canon Prima Zoom 85 N

Eh oui, comme d’habitude, une vieille caisse et quelques appareils couverts de poussière, desquels émerge ce malheureux Canon Prima Zoom 85N.

De prime abord, il a l’air en bon état, la chambre est propre mais je n’ai pas pu bien voir l’état de la trappe à piles. Bah, pour 2€, je ne risque pas grand chose et au pire, si je n’arrive pas le faire fonctionner, j’aurai au moins pu vous le présenter.

Retour maison comme disait ET et me voilà, comme toujours avec mon tampon d’ouate et l’alcool à 90° pour le nettoyer, ce dont il a bien besoin.

J’y place deux piles AA et … tout fonctionne parfaitement

Mais revenons à sa présentation.

Ce petit compact, léger, tout à fait dans la mouvance des appareils de cette époque, fut présenté en 1998 à la Photokina.

S’il est tout en plastique, il est néanmoins bien fabriqué, sans trop de boutons et ceux qui s’y trouvent tombent naturellement sous les doigts.

Vous l’allumez avec le gros bouton noir sur le capot, qui vous permet de choisir entre le mode auto, le mode RT qui assure la mise au point avec le collimateur central (sinon il travaille avec 3 collimateurs autofocus), le mode flash forcé ou flash coupé, la fonction anti yeux rouges, le retardateur.

Sur la façade, deux gros boutons gris permettent d »actionner le zoom, passant du 38mm au 85mm. Le mouvement du zoom se voit en temps réel dans le viseur.

Qu’y a t-il encore ? Un petit écran LCD qui indique le nombre de vues et l’état des piles.

Simple, intuitif (il ne faut pas avoir lu 520 pages d’un manuel pour s’en servir !), vous mettez un film dedans et c’est parti.

Tiens, en parlant du film, là aussi rien de plus simple : dès l’introduction de la cartouche, l’appareil lit le codage DX, règle la sensibilité de la cellule en fonction de celle du film détecté et en refermant le dos, le film se charge automatiquement jusqu’à la première vue. De même, à la fin du film, il se rembobinera automatiquement.

Difficile de faire plus simple, non ?

C’est typiquement un petit compact des années nonante, de ceux que les familles jetaient dans un sac pour les photos de vacances ou celles des camps de jeunesse. Vous devriez trouver des tas de photo dans les albums qui trainent dans vos greniers faites avec ce genre d’engin.

Et vous constaterez qu’elles ne sont pas si mal que ça ! Canon, comme les autres, soyons réalistes, avait une parfaite maîtrise des automatismes, de la gestion de la lumière et de leur autofocus.

C’est ce qui a fait le succès de ces appareils pendant deux décennies.

Autrement dit, si vous en voyez un qui traine dans une caisse ou dans un tiroir chez vous ou vos parents, soyez gentils, prenez le avec vous, il vous rendra bien des services.

Mais ne dépensez pas plus de 15€ (20 s’il est avec sa dragonne et son sac d’origine)

Les données techniques

  • Visée fixe à cadre collimaté
  • Cellule a prépondérance centrale
  • Mode(s) d’exposition : automatique avec mode « yeux rouges », « rétro-éclairage », « flash » et « retardateur »
  • Sélecteur d’ISO de 25 à 3200 ISO en codage DX
  • Vitesse de 2 sec à 1/500 sec
  • Retardateur de 10 secondes
  • Compteur de vues sur l’écran LCD (avec en plus voyant de batterie)
  • Flash intégré

Ah oui, comble du luxe, certain avait un dot dateur !

Petite video d’illustration

Des exemples de photos réalisées avec cet appareil ICI

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Quelques références : https://www.danstacuve.org/test-canon-prima-zoom-85n/, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2976-Canon_Prima%20Zoom%2085N.html, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10140-Canon_Prima%20Zoom%2085.html en français, https://analogue-amsterdam.com/products/canon-prima-zoom-85n en anglais, https://www.isofilmshop.com/product/canon-prima-zoom-85n/ en italien

Argentique

Le Konica Minolta Zoom 80C

Encore un sauvé d’une caisse poussiéreuse où s’entassaient des épaves bonnes à jeter et ce petit bijou.

Car, après une rapide inspection (pas d’oxydation dans la trappe à piles, chambre propre), je décide de négocier un prix déjà ridiculement bas mais c’est juste pour faire payer à ce vendeur peu scrupuleux le traitement infligé à ce malheureux Minolta !

Première remarque, avant de me plonger dans le Net à la recherche d’infos supplémentaires, s’il se nomme Konica-Minolta c’est que c’est un appareil de fin de vie de Minolta, lorsque Konica l’eut racheté en 2003. Vous trouverez nombre de références sur l’épopée Minolta sur le site et aussi chez Monsieur Suandeau, le spécialiste français de la marque.

Pour mémoire, Minolta abandonnera toutes activités dans la photographie en 2006, en vendant sa technologie à Sony, qui reprendra la gamme des Dynax sous le nom d’Alpha, gamme que vous connaissez encore

Et de fait, il date de 2004, alors que le numérique balbutiait et que nombre de personnes hésitaient encore entre l’argentique, au sommet de ses performances et les nouveaux venus qui semblaient prometteurs, … vous connaissez la suite.

Bref, le Konica-Minolta Zoom 80c doit beaucoup au Minolta Zoom 80, même s’il a été repensé pour former un mélange entre le Konica et les compacts Minolta de dernière génération.

Ne nous leurrons pas, c’est un appareil facile, destinés aux photographes occasionnels, généralement aux familles pour leurs vacances ou les petits moments du quotidiens. Vos albums anciens ont peut-être quelques photos issues de ce type d’appareil, qui ne s’en sortaient pas si mal au fonds.

Vous pouvez vous en servir tout de suite, même sans avoir lu un mode d’emploi ni cherché sur le Net un « tuto » quelconque.

Il possède un zoom pratique de 35 à 80mm, ouvrant de f6 à f12 avec une mise au point à partir de 90cm. Le réglage du zoom s’effectue avec un bouton poussoir dans un sens W (wide) grand angle et T (télé) téléobjectif..

Notez que le viseur suit en temps réel le déplacement du zoom.

Pour le charger, rien de bien compliqué non plus : lorsque vous déposez la cartouche du film, le boitier lit le codage DX (avec toutefois la limite des 100 à 400 Iso). A défaut de codage DX, l’appareil se règle par défaut sur 100 Iso et si ça dépasse les 400, il le règle par défaut sur 400 Iso..Il n’est pas possible d’effectuer un réglage manuel, que la plupart des utilisateurs n’auraient pas utilisé de toute manière. Le Minolta va charger le film et l’amener à la première vue, automatiquement. En fin de film, il rebobine tout seul.

Ces valeurs, arbitraires j’en conviens, sont propices à une utilisation par grand soleil (100 Iso) ou par temps couvert (400 Iso).

Si jamais ce n’était pas assez, le flash supplée aux faibles luminosités. Un petit flash utile en cas de fill-in (en contre-jour), que l’on peut aussi – heureusement – débrayer, mais il faut le faire à chaque allumage de l’appareil.

Notons encore un retardateur d’environ 10 secondes, un petit filet pour le monter sur un trépied léger, lui -même n’étant pas bien lourd, 200gr avec la pile.

Pour les modèles de luxe il y avait même un dos dateur. Vu la date de fabrication, il est possible que celui-ci soit encore fonctionnel en 2021, on ne sait jamais.

Lorsque j’ai acheté ce Konica Minolta Zoom 80C, j’avais vu qu’un film était encore à l’intérieur.

Ne sachant pas combien de vues il restait (le compteur est tributaire de l’état de la pile), j’ai décidé de prendre l’appareil lors d’une ou deux sorties familiales, pour le terminer. J’aurai donc sous peu le résultat des prises de vue. C’était un Fuji color de 12 vues en 400 Asa et 3 vues avaient été faites par son précédant propriétaire. J’ignore depuis quand il est périmé.

Et franchement, je l’ai trouvé sympa ce petit cube argenté : il tient dans une poche, petit et rectangulaire, on le tient bien en main et tous les boutons sont faciles d’accès et agréables au toucher. Son semblant de petit grip à l’avant et à l’arrière sont finalement efficaces pour la tenue à une main et pour prendre des photos à la volée, si besoin.

Le viseur bien que clair et agréable ne contient aucunes données de prise de vue, il faut s’y faire mais à quoi bon puisque l’appareil gère tout lui-même : vous visez, l’autofocus fait la mise au point, la cellule calcule la luminosité et règle l’appareil pour la prise de vue, clic-clac, c’est dans la boîte !

Si vous connaissez un peu Minolta, vous savez que leur matériel est fiable au niveau cellule et programmation des réglages, faites lui donc confiance.

Ses modes d’expositions travaillerons correctement dans les situations classiques de prise de vues : il suffit de déplacer le petit index sur les pictogrammes dédiés aux mode macro (fleur), groupe (un groupe), infini (montagne), portrait de nuit (idem), puis le retardateur et le mode flash.

Comme je le dis souvent avec ce type d’appareil, vous n’aurez pas peur de le sortir si vous voulez éviter que votre beau matos ne prenne un coup, par exemple lors d’un carnaval ou si vous avez la chance de participer au Holi, en Inde.

Il est très discret, de par sa taille et sa forme, ainsi que ses mécanismes, finalement peu bruyants.

Si donc vous en trouviez un dans une caisse sale, prenez votre courage à deux mains (va falloir le nettoyer) et ne sortez pas plus d’un billet de 10€ s’il est en parfait état (et vous aurez sans doute la chance de l’avoir pour moins que ça).

Seule la pile est un peu onéreuse, une CR2, mais elle durera au moins un an (un peu moins si vous sollicitez souvent le flash). Prenez en toujours une d’avance car sans pile, rien ne fonctionne bien évidemment !

Video d’illustration

Spécifications techniques :

  • Objectif zoom 35-80 mm, 5 lentilles en 5 groupes, 1 asphérique
  • Plage d’ouverture de f/6 à f/12
  • Plage d’obturation de 1/2 sec. à 1/500 s.
  • Le code DX ne lit que 100 ou 400 films ISO
  • Modes d’exposition automatique
  • Contrôle de l’obturateur électronique
  • Délai du retardateur 10 secondes
  • Mesure de l’exposition moyenne
  • Modes de mise au point automatique
  • Verrouillage de la mise au point automatique
  • Modes de flash : mode automatique, mode remplissage, mode flash OFF, mode nuit, réduction des yeux rouges, synchro lente
  • Viseur
  • Distance minimale de mise au point 90cm
  • Alimenté par une pile CR2

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA

Quelques références : https://filmphotography.eu/en/konica-minolta-zoom-80c/, http://camera-wiki.org/wiki/Konica_Minolta_Zoom_80c, https://www.cnet.com/products/konica-minolta-zoom-80c-point-shoot-zoom-camera-35mm/, https://35mmco.com/products/minolta-zoom-80c, https://retrocamerashop.com/product/konica-zoom-80c/, http://www.sironline.com/press/pdf/minolta/pma04/camera/35mm/zoomrel.pdf en anglais

Argentique

Le Minolta Riva AF35c

Encore un que j’ai sorti d’une caisse où il croupissait sous la poussière et quelques épaves absolument inintéressantes.

Petite vérification sommaire de l’état de la trappe à piles, pas d’oxydation; la chambre est propre aussi. Ok, je demande le prix, négocie pour le plaisir et me voilà embarquant ce Riva AF 35 C dont je vais vous conter l’histoire aujourd’hui …

En fait, l’histoire sera courte car ce petit appareil est dans la grande moyenne des petits compacts tout automatique des années nonante.

Il va inaugurer, avec le Riva 105i la loooongue série des Riva. Heu… peut-on dire que c’est historique ?

En 1990, Minolta sortait le Riva AF 35 en Europe (Freedom AF 35 aux USA et Mac 35 au Japon). Un compact très facile, à mise au point automatique, chargement, avance et rembobinage du film, exposition et flash eux aussi automatiques.

Bref, vous chargez le film, vous visez et l’appareil fait le reste !

Son objectif est protégé par un volet coulissant, ce qui permet de l’emporter partout sans risque.

Basique donc … quoiqu’il ait existé une version « dateback », avec dos dateur en français, le comble du luxe.

Puis, en 1992, Minolta nous sort le Riva AF 35c (ou Freedom AF 35R aux USA, vous connaissez la suite).

En gros, on prend le même mais on lui ajoute une fonction pré-flash pour éviter l’effet « yeux rouges » et un retardateur.

Le flash peut être débrayé sinon il est d’office sur automatique.

Le viseur est clair, sans indications sauf un cadre pour cerner le sujet que vous voulez photographier et une correction de la parallaxe pour les sujets proches. Une Led verte clignote, sur le côté du viseur, pour indiquer que la photo peut être captée.

Ah oui, il existe toujours la possibilité de l’acheter avec un dos dateur.

La lecture des code DX, qui initialise la cellule, ne laisse travailler l’appareil que de 100 à 4OO Iso. Si donc vous installez un film non codé, il sera traité comme un 100 Iso et si il dépasse les 400, il sera traité comme un 400.

Bon, nous sommes d’accord de considérer que ce n’est pas trop avec ce genre d’appareil que l’on s’amuse à jouer sur les sensibilités : 100 Iso, c’est l’idéal pour les journées de vacances au soleil et 400 Iso pour quand on rentre en Belgique, sous la « drache » nationale qui nous suivra pendant l’automne et l’hiver.

Basique mais un peu sophistiqué pour répondre aux besoins des photos souvenirs que l’on fait pour le plaisir, de celles que vous retrouvez dans tous les albums photos familiaux.

La mesure pondérée et à prédominance centrale effectuée par la cellule fait que la majorité des photos sont justes, ce qui n’est déjà pas mal.

Si ces petits appareils n’ont pas révolutionné la technologie, ils ont surtout servis à documenter la vie familiale des années nonante et début des années deux-mille, en toute simplicité.

Voilà, si comme moi vous en trouvez un dans une caisse, emportez le mais ne payez pas plus de 10€ (15 s’il a sa dragonne et sa trousse d’origine en bon état).

Pour le reste, il ne vous coûtera que le prix des films que vous mettrez dedans et les deux piles AA nécessaires pour le faire fonctionner, et un peu d’alcool à 90° pour le dégager de sa gangue de poussière et le rendre présentable.

Typiquement le type de petit boitier que l’on prend avec soi pour ne pas abîmer son couteux matos quand on doit aller dans des endroits « dangereux » mais qui rendra de bons services, simplement.

Une petite video

Les données techniques :

Objectif de 35 mm f/4,5.
Mise au point par autofocus infrarouge actif de 0,95 m à l’infini.
Exposition avec mesure pondérée par le sujet
Flash intégré, activé automatiquement, non débrayable avec pré-flash en option. Portée de 0,95m –3,3 m. Signal LED prêt à clignoter.
Transport du film : Chargement, avance et rembobinage automatiques.
Alimentation par 2 piles alcalines AA ou NiCD.
Dimensions : 136 x 73 x 47,5 mm.
Poids : 255 g avec piles.

Des références si besoin : http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Riva_AF_35c, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Riva_AF_35, https://filmphotography.eu/en/minolta-riva-af-35c/ en anglais, https://www.silvervintageshop.fr/product-page/minolta-riva-af35c, https://www.mes-appareils-photos.fr/Minolta.htm, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11556-Minolta_Riva%20AF%2035c.html en français

Argentique

Le Minolta Riva Zoom 7W

Honnêtement, je lui trouve un petit air d’Olympus Mju avec ses formes toutes rondes, sa couleur noire (même s’il existé aussi en argenté, « titane » qu’ils disent).

Même sa conception est fort proche …

Sorti en 1995, il reprend les caractéristiques que l’on attendait à cette époque : tout automatique, de l’armement au rembobinage, avec un petit flash intégré et automatique, débrayable si besoin, avec un zoom pas trop long mais efficace de 28 -70mm ouvrant à f3,5.

Il a un proche cousin, le Minolta Riva Zoom 70 (sans le W donc) qui propose un zoom moins étendu de 35 à 70mm. D’où le W de cet exemplaire pour Wide = large car il propose lui un vrai grand angle.

Ce zoom est composé de 4 lentilles asphériques en 4 groupes qui est net dès 50 cm (ou 40 cm en mode macro) et jusque l’infini.

Présenté en Europe sous le vocable de Minolta Riva Zoom 70W, il fut connu aux USA comme Freedom Zoom Explorer 70W ou au Japon sous le nom de Minolta Capios 25. Il sera remplacé ensuite par le Minolta Riva Zoom 75W qui avait, vous l’eûtes deviné, un zoom un peu plus long dans un boitier du même gabarit.

C’est, comme la plupart des appareils de cet acabit et de ces moments là, un boitier destiné aux familles (et il n’y a là rien de péjoratif), voulu simple, pratique et fiable.

La preuve, c’est que 30 ans plus tard, il fonctionne toujours.

Techniquement, l’objectif zoom de l’appareil photo est fixe. C’est avec un petit curseur que vous pouvez choisir les focales entre 28 mm et 70 mm. L’ouverture maximale est de f/3,5 à 28 mm et f/8,4 à 70 mm. C’est assez étonnant de caser une telle amplitude dans un corps aussi petit.

C’est l’appareil qui fait la mise au point automatiquement et il sera net, comme je l’écrivais plus haut, de 40 cm en mode macro ou 50cm en mode normal.

Tout est prévu pour faciliter la vie des utilisateurs : lorsque vous placez un film dans l’appareil, vous tirez la languette jusqu’à la marque de la bobine réceptrice, refermez le capot arrière et l’appareil charge le film. au passage, il aura « lu » le codage DX de la pellicule et réglé la sensibilité de la cellule (sensible de 25 à 3200 Iso). Ensuite, il réglera, sans votre intervention, la vitesse et l’ouverture selon les besoins de la photo envisagée.

Facile je vous disais …

D’ailleurs, le boitier propose différents modes d’exposition : le mode full auto, le mode macro, le mode paysage et un mode pour les portraits de nuit, dans lequel l’utilisation du flash permet de figer le sujet. Une fois le mode choisit, il le garde en mémoire jusqu’à ce que vous le modifiez ou éteigniez le Minolta Riva Zoom 70 W.

Puisque nous parlons du flash, il peut se déclencher automatiquement, être forcé ou désactivé. Il possède une fonction de prévention des yeux rouges, qui fait – comme d’habitude – ce qu’elle peut.

Comme je le disais en préambule, c’est un petit boitier, un peu épais, léger (240gr), tout en plastique comme on en fabriquait dans ces années-là. On l’a bien en mains, son côté « savonnette » le rend agréable à manipuler. Un pas de vis sous le boitier permet de le fixer sur un trépied le cas échéant.

L’œil de la cellule est positionné sur l’objectif ce qui permet d’utiliser des filtres (si vous en trouvez) qui se clipsent sur celui-ci car la mesure se fera dès lors en tenant compte du filtre utilisé.

Il faut être attentif à un petit détail : le Minolta fait la mise au point automatiquement grâce à un système de mesure active (infra rouge). Si cette méthode permet de travailler même « dans le noir » mais l’appareil va « patiner » si vous voulez faire la mise au point sur un miroir ou à travers une vitre.

Revenons un instant sur les focales choisies pour ce boitier très compact : un 28 – 70mm. Ce qui est, me semble-t’il, un choix judicieux. Ils ne sont pas nombreux les compacts de cette époque à commencer avec un grand angle comme un 28mm. Généralement, il s’agit d’un 35mm ou, plus courant encore, d’un 38mm. Si vous en souvenez, j’avais fait l’analyse du Fuji DL 500 Mini Wide qui proposait un 28mm f3,5 et ils n’étaient pas nombreux à proposer une telle ouverture (citons peut-être aussi le Fuji DL Mini Super, le Minolta TC-1). C’est donc un bon point, même si certains estiment que les images pourraient être plus piquées, mais il ne faut pas toujours tout comparer à nos appareils d’aujourd’hui. A l’époque, les photos issues de ce boitier ont fait le bonheur de bien des utilisateurs.

Remarquons encore que le zoom est marqué 28 – 50 – 70mm, pas 35. Petite bizarrerie mais finalement, on a un grand angle, pourquoi utiliser moins ?

Au niveau manipulation, pas de soucis, les boutons sont faciles à atteindre et à mettre en action. Le petit écran LCD, sur le dessus vous permet de voir quels modes sont sélectionnés mais avec un peu d’habitude, je suis persuadé que vous allez mémoriser rapidement la « séquence » des modes et que vous ne le regardez même plus.

La mise en route est discrète et assez rapide. Si vous avez besoin d’actionner le zoom, le viseur suit le mouvement, qui est lui aussi assez rapide et- surtout – peu bruyant, un plus.

Le couvercle qui masque l’objectif s’ouvre de lui -même lorsque vous enfoncez le bouton ON. Ce n’est pas le clapet qui met le boitier sous tension, comme sur l’Olympus Mju, le Trip 300 ou autres « inspirés » du Mju.

Les vitesses vont de 8s à 1/500s, ce qui autorisent quelques fantaisies, pour peu que vous ayez un petit trépied pour éviter le flou de bougé.

Pour terminer, sachez que si vous maintenez le doigt sur le déclencheur, celui-ci exécutera une « rafale » à 1,2 image/seconde. Pas mal pour faire une « petite séquence » si besoin mais qui videra vite votre bobine de 36 vues à ce rythme là !

Je reviens un instant sur le viseur qui, s’il semble petit, n’est est pas moins très clair et agréable. Il suit le mouvement avant ou arrière du zoom « en temps réel », ce qui est confortable. N’y cherchez pas d’indications sur la vitesse, l’ouverture, il n’y en a pas. Juste un rectangle au milieu pour indiquer la mise au point, que vous pouvez décaler en gardant le doigt à mi-course sur le déclencheur, et deux diodes (rouge et verte) sur le côté du viseur, que vous entrevoyez au moment de la prise de vue, indiquant que la mise au point est verrouillée et si le flash est nécessaire (diode rouge).

En résumé, un chouette petit appareil qui se glissera dans un tout petit sac à défaut de le faire dans une poche de chemise (il est un peu épais). Vraiment facile d’utilisation, il pourrait frustrer ceux qui veulent toujours avoir le contrôle sur tout mais ravira ceux qui désirent juste faire de bonnes photos sans prise de tête inutile, car il le fait bien.

C’est un petit boitier que vous devriez trouver pour 20€ maximum, en bon état.

Et c’est typiquement le type d’appareil que vous n’aurez pas peur d’emmener même dans des endroits « dangereux » pour préserver vos appareils plus coûteux. Il n’est pas traité « all weather » mais un minimum d’attention lui permettra de fonctionner partout.

Ah oui, n’oubliez pas d’emmener une ou deux CR123 avec vous, pas qu’il soit excessivement gourmand, mais sans une pile, rien de fonctionne.

Amusant de comparer les modèles de l’époque, dont les caractéristiques se tiennent dans un mouchoir …

http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1558470658.jpg
source : Collection-appareils.fr, Camara Juillet 1998

Quelques données techniques :

  • Objectif : zoom motorisé Minolta 28-70 mm. Quatre éléments en quatre groupes. Max. ouverture f/3,5-8,4.
  • Autofocus de 0,5 m à l’infini, avec capacité macro de 0,4 à 1 m.
  • Autofocus actif à 3 faisceaux infra rouge
  • Exposition automatique avec des vitesses d’obturation de 2-1/500 s à 28 mm et 8-1/350 s à 70 mm.
  • Mémorisation de l’exposition par appui à mi-course sur le déclencheur
  • Avance du film : chargement automatique, enroulement et rembobinage du film codé DX (vitesses automatiques du film : ISO 25-3200).
  • Retardateur de 10sec
  • Rembobinage automatique à la fin du film ou manuel par pression sur le bouton ad hoc
  • Flash pop-up intégré, avec plusieurs modes. La portée maximale à 28 mm et 100 ISO est de 6 m.
  • Alimentation : un CR123/DL123A au lithium 3 V.
  • Dimensions : 121 × 66,5 × 44 mm
  • Poids : 240g

Une petite video d’illustration

Des exemples d’images ICI et LA

Quelques références : https://www.mes-appareils-photos.fr/Minolta-Riva-70W.htm, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12567-Minolta_Riva%20Zoom%2070W%20.html en français, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Riva_Zoom_70W, https://filmphotography.eu/en/minolta-riva-zoom-70w/ en anglais