Argentique

Le Vivitar Série 1 470 PZ

Ah, vous avouerais-je que cet appareil, j’ai failli le laisser dans la caisse « à brol » dans laquelle il croupissait ?

Heu … pour ceux qui ne sont pas habitué aux belgicismes, « brol » veut dire bric à brac, ensemble de choses dépareillées, vieux trucs entassés, … vous voyez l’esprit ?

Bref, si je me suis finalement décidé à l’extirper de cette caisse c’est parce que c’était l’occasion de vous parler de cette marque autrefois bien connue des amateurs de photographie.

Alors allons-y … il était une fois deux immigrés allemands, qui avaient choisi l’Amérique pour fuir un horrible petit moustachu arrivé au pouvoir dans leur pays.

C’est à Santa Monica (Californie) que les deux compères ont commencé en tant que distributeurs de produits photographiques, en 1938. Ils créèrent la Ponder & Best Inc. ( Max Ponder et John C. Best).

Comme beaucoup d’histoires folles, Best rédigeait les factures sur la banquette arrière de leur Oldsmobile tandis que Ponder vendait leur matériel, qu’il puisait dans le coffre de la même voiture !

Ponder & Best ont entretenu des relations commerciales avec les principaux fabricants de l’époque, notamment Mamyia, Olympus, Rollei, Voigtländer, Petri, etc. devenant les distributeurs américains des entreprises au Japon et en Allemagne.

Mais en 1964, ayant perdu les droits de distribution de Rollei et Olympus, ils décident de créer leur propre marque et de re badger les équipements qu’ils vendent.

C’est ainsi que nait le nom Vivitar, leur marque, déposée en 1965.

Ils vendront essentiellement des objectifs sous ce nom, dont les fameux « série 1 » qui désignaient leur haut de gamme. Les années soixante à septante seront les années de succès, dues à leur stratégie de fournir des objectifs de qualité pour les appareils reflex à des prix moindres que ceux des fabricants.

Souvenez-vous, leur façon de faire était d’acheter du matériel chez d’autres, qu’ils rebaptisaient Vivitar, en ce compris donc les objectifs qui faisaient leur force. Mais au début des années septante, le duo décide de créer leurs propres objectifs de qualité, en sous traitant la fabrication des lentilles mais en les assemblant selon leur propre conception et spécifications. Cette nouvelle série porteront les verres Vivitar Série 1.

Les personnes dont ils se sont entouré étaient des « pointures », un certain Betensky notamment, qui est à l’origine d’idées nouvelles qui permettaient des mises au point rapprochées qui dépassaient de loin les conceptions des autres objectifs de l’époque

Finalement, Vivitar, devenue Vivitar Corp en 1979 était devenue une entreprise multinationale tant pour la fabrication que pour la commercialisation, avec des filiales au Japon, en Allemagne de l’Ouest, en France, au Canada, au Angleterre, en Belgique et en Suisse.

Parfois à grandir très vite et à devoir adopter des méthodes de travail qui externalise des secrets de fabrication, on s’expose à la contre façon, au détournement ou au vol pur et simple de ces secrets. C’est qui arriva à Vivitar.

Copié, volé et après avoir perdu quelques procès pour d’obscures raisons des lois américaines, Vivitar, qui commençait à perdre de l’argent, est racheté par le groupe Hanimex (1985), société australienne, un autre grand distributeur de produits photographiques.

La situation financière s’étant améliorée, les études pouvaient reprendre et Vivitar introduit des objectifs autofocus autonomes (alimenté par batteries) pour les montures Canon Fd, Pentax K, Nikon AI-S et quelques autres.

Las, fin des années quatre-vingt, Vivitar et Hanimex sont revendus à la société britannique Gestetner PLC (détenue par Ricoh – vous vous souvenez des photocopieurs Gestetner ?).

Vivitar abandonne peu à peu la fabrication des objectifs pour se tourner vers celle des flashs haut de gamme et des appareils photo.

En 1994, un tremblement de terre à Northridge endommage les installations principales de Vivitar, détruisant d’importants stocks de marchandises, ce qui précipite encore un peu plus la disparition des objectifs Série 1, entre temps repris par Gestetner.

De rachat en revente, Vivitar passait de la fabrication d’objectif haut de gamme à celle d’accessoires et même à celle d’appareils compacts. Elle a même tutoyé le numérique.

Mais en 2008, après un ultime rachat, les stocks et actifs de Vivitar étaient vendus en ligne, signant la fin de la société, septante ans après sa création.

Toutefois, le nom existe toujours, utilisé pour la commercialisation de matériel photographique

Encore une histoire peu commune, non ?

Mais revenons à notre Vivitar Série 1 470 PZ, pour Power Zoom.

Il fut présenté à la PMA de Las Vegas en 1992 où Vivitar offrait une profusion d’appareils photo, objectifs, jumelles et accessoires divers.

Deux appareils en fait retenaient l’attention, le 440 PZ et le 470 PZ, des quasi-jumeaux qui possèdent, entre autres caractéristiques, un flash possédant le « mode musée » (c.-à-d. un flash off), un mode automatique (qui ne s’active qu’en fonction du contexte de la photo), un mode fill-in, et l’auto focus, dans son mode paysage, permet le blocage sur l’infini. Ils possèdent encore un retardateur et un zoom 38 – 70 mm.

En fait c’est un appareil bien dans la veine de ses concurrents de la même époque : exposition, flash, mise au point, avance et rembobinage automatiques. Avec un excellent zoom assez passe-partout par ses focales étendues.

Léger, pas vraiment compact, il fonctionne avec une pile CR123. Il a été pensé pour être simple d’utilisation : vous mettez un film dedans, dont il lit le codage DX pour régler sa cellule, vous visez et il fait le reste sans que vous ayez à intervenir.

Son viseur est clair, sans surprise, avec un cadre qui suit les mouvements du zoom, avec indication de correction pour la parallaxe en cas de vue rapprochée mais sans aucune indication ni de vitesse ni d’ouverture choisie par le boitier.

Son déclencheur est très doux, le moteur pas vraiment bruyant et ses automatismes assez pertinents, y compris pour le flash, que vous pourrez toujours débrayer … dans les musées !

Si comme moi vous en trouvez un en brocante, prenez le avec vous, ce n’est pas son prix qui devrait vous effrayer : 15€ maximum s’il est fourni avec sa dragonne et son étui marqué d’un beau Série 1 en rouge sur fond noir.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : http://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Vivitar_440pz.html, https://www.fstopcameras.com/pointandshoot/vivitar-point-and-shoot-35mm-film-camera-2nax3,http://camera-wiki.org/wiki/Vivitar en anglais, https://en.silvervintageshop.fr/product-page/vivitar-series-1-450pz-zoom, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2066-Vivitar_Series%201%20440%20PZ.html en français

Argentique

Le Canon AF 35 M

Il y a quelques temps, je vous avais présenté sa descendance, le Canon AF 35 M II, il était temps de revenir au pionnier …

Nous somme en 1979 et un an auparavant, coiffant tout le monde sur le poteau, Konica sortait le premier appareil autofocus au monde, le Konica C 35 AF. Canon se devait de réagir, vite, car le projet était dans ses cartons, prêt à sortir.

Le Canon AF 35 M sera donc le second appareil au monde à proposer l’autofocus sur un boitier compact et éminemment portable, même si nous sommes encore loin de la miniaturisation des années nonante.

Bon, revenons un instant sur cette histoire de premier ou deuxième sur le marché de l’autofocus.

« Techniquement », le premier appareil autofocus fut effectivement le Konica C 35 AF, quoiqu’il s’agissait d’un autofocus dit « passif » alors que celui du Canon est qualifié « d’actif »

Konica a utilisé le système Visitronic AF qui a été créé et produit par Honeywell. Ce système était une conception de mise au point automatique passive qui utilisait un télémètre traditionnel à deux fenêtres pour comparer la lumière entrant dans chaque fenêtre.

Par contre, le CAFS (Canon Auto Focus System) utilisait un faisceau de lumière infrarouge de balayage qui triangulait la distance en réfléchissant la lumière rebondissant vers l’appareil photo.

Le système de Konica était facilement trompé et ne pouvait pas très bien gérer les objets en mouvement ou très petits. Le système CAFS de Canon était loin d’être infaillible, mais il a géré une variété de scènes, y compris des situations de faible luminosité, de manière beaucoup plus fiable.

Tout ceci étant dit, gardons surtout en tête que grâce à ces systèmes, ces marques ont établi les standards de ce que deviendraient ensuite les autres appareils des 10 à 20 ans à venir : un appareil compact, équipé d’un moteur d’entrainement, des automatismes faciles.

Cet appareil connu un immense succès et il fut produit à des millions d’exemplaires (rare qu’il disait dans l’annonce !?). Pour vous donner une idée, il s’en fabriquait 110.000 exemplaires par mois au second semestre de 1981

Ceci dit, en trouver un en bon état n’est pas chose aisée (quoique, vu la quantité produite) car ils ont travaillé ces appareils.

Mais rendez-vous compte : pour la première fois (enfin la seconde si on veut), un appareil n’avait plus besoin que vous fassiez la mise au point, il s’en chargeait aussi, en plus du calcul de l’exposition et de la vitesse, de l’armement et du rembobinage de la pellicule. Une révolution qui allait combler tous les amateurs de photos familiales !

Rien d’étonnant à ce qu’il fut une des principales attractions du Salon International de la Photographie de Paris en 1979.

Comme je ne vais pas vous obliger à relire le texte sur le Canon AF 35 MII, ni moi réécrire ce que j’ai déjà écris, je vais me payer le luxe (si, si) de me citer :

« Le système de mise au point automatique de l’appareil n’est ni la détection de contraste utilisée dans les appareils photo numériques actuels, ni la détection de phase utilisée dans les reflex numériques. Il utilise plutôt la triangulation du faisceau actif dans le proche infrarouge. Ce système n’offre pas de mise au point automatique multipoint ni de détection des visages, mais il permet à l’appareil photo de faire la mise au point dans l’obscurité totale !

Le système d’auto-exposition utilise une photorésistance CdS, et c’est l’un des meilleurs systèmes de mesure que l’on puisse trouver dans un compact d’époque. Même dans les situations les plus difficiles, comme la prise de vue de nuit et la prise de vue dans la neige claire, les sous-expositions et les surexpositions sont très rares. »

Si je résume la technique la dessous, le système de mise au point automatique actif utilise une diode émettrice dans le proche infrarouge et une photodiode à broche pour déterminer la position du sujet par triangulation comme le ferait un télémètre à image coïncidente. Cela signifie que le système est indépendant des niveaux de lumière ambiante et atteint un haut degré de précision.

Pourtant, il pourrait être dupé par le verre (qui n’est pas transparent au rayonnement infrarouge). La zone de mise au point automatique est marquée sur le viseur optique « galiléen inversé », qui a également des lignes de cadre projetées, des marques de mise au point de zone pour près, moyen et éloigné (allumées pour indiquer la zone approximative que la mise au point automatique a sélectionnée), des marques de correction de parallaxe pour la photo de près et une vérification de la batterie et un LED rouge d’avertissement en cas de risque de flou de bougé, nous y reviendrons.

Parlons ensuite un peu de l’objectif. Il s’agit ici d’un 38mm ouvrant à f1:2,8 en 4 éléments et 3 groupes. La distance de mise au point minimale est de 90 cm. A l’époque, il utilisait encore de beaux objectifs pour les compacts !

Le bord de l’objectif est fileté pour permettre d’y ajouter des filtres si besoin (diamètre de 48mm) et d’autres accessoires comme des compléments optiques pour, par exemple, bénéficier d’un téléobjectif ou d’un grand angle.

Outre cet objectif, l’appareil offre cinq automatismes :

  • automatisme de la mise au point
  • automatisme de l’exposition
  • automatisme du flash
  • automatisme de l’avancement du film lors du réarmement (après chaque déclenchement)
  • automatisme du rembobinage en fin de film

Et tout ça dans un petit bloc de plastique noir, solide, guère plus grand que les autres compacts de l’époque (semblable à un Canonet 28 pour illustrer le propos), mais lui posséde un moteur et les spécificités citées ci-dessus !

Il fonctionne simplement avec deux piles AA, très communes, qui assurent environ 50 bobines de 36 vues par jeu de piles (soit près de 1800 photos !). Petite attention supplémentaire : à la fin du film, une fois rembobiné, l’alimentation se coupe, pour économiser encore un peu plus les AA. Il ne sort de sa torpeur que si vous insérez un nouveau film.

Il possède encore un flash intégré, qui se recycle assez vite (plus ou moins 8sec quand même) et à en outre le bon goût de ne pas systématiquement donner des yeux de lapins effrayés aux personnes que vous prenez en photos (il n’est pas trop puissant et pas trop près de l’objectif).

Soyons de bon compte, si cet appareil offrait un autofocus performant, nous en étions au balbutiements de la chose et tout n’était pas encore parfait.

Si vous voyez le sigle « CAFS » sur la façade de l’appareil, sachez qu’il désigne le principe de la mise au point par infrarouge. Cet émetteur est une lentille placée à gauche de l’appareil (si vous le regardez de face). En regardant ensuite vers la droite, vous verrez la fenêtre qui éclaire le cadre collimaté, puis le viseur et enfin le récepteur infrarouge

Comment ça marche ?

Lorsque vous visez un sujet, enfoncer le déclencheur vous permettra de faire la mise au point au centre de la photo et de la prendre.

Mais il faudra faire entièrement confiance à la technologie de l’appareil car vous ne verrez rien de ce qui se passe !

Si cela peut être frustrant pour certain, l’esprit de l’appareil allait aux familles qui voulaient juste ramener de belles photos, sans prises de tête … et ça fonctionne très bien.

N’espérez pas faire une mise au point, la garder en mémoire pour recadrer votre image en appuyant à m:i-course sur le déclencheur … ce serait trop simple !

Vous voyez le petit levier, en bas, marqué « self-timer/pré-focus » ?

Il a une double fonction, celle de retardateur, vous aviez compris, mais aussi, lorsqu’il est abaissé de garder la mémoire de la distance de mise au point. Si vous déclenchez endéans les 10 secondes, il n’y a plus de modification de la distance relevée par l’autofocus. Si vous attendez plus de 10 secondes, le déclenchement sera celui du retardateur habituel. Ce système vous permettra de faire la mise au point, puis de recadrer la photo si besoin..

Seconde particularité, vous ne verrez le point de mise au point que lorsque vous aurez pris la photo !

En effet, l’appareil vous indique sur une échelle avec des symboles tels que un visage, un groupe ou une montage l’endroit où il a fait la mise au point, ce qui n’est pas forcément ce que vous aviez visé mais bien ce que le faisceau IR (infra rouge) a estimé être la bonne distance. Notez qu’on s’y fait mais c’est déconcertant pour les utilisateurs de machins modernes ultra sophistiqués que nous sommes devenus

Le moteur se fait entendre mais il y a un petit truc pour éviter de se faire repérer quand vous avez pris une photo « délicate » : gardez le doigt sur le déclencheur, le réarmement ne s’effectuera que lorsque vous le relâcherez.

Charger un film est d’une facilité déconcertante, ce qui semblait être la hantise de beaucoup d’amateurs, mais elle n’est pas automatique : vous devrez glisser le bout de l’amorce dans la fente de la bobine réceptrice. Lorsque le film est inséré dans la dite bobine, vous refermez le dos et appuyez une ou deux fois sur le déclencheur, jusqu’à ce que le zéro s’affiche dans le compteur de vue (mélange de l’ancien et du moderne quoi !). Et pour rassurer complètement, l’AF35M dispose d’une fenêtre de chargement sécurisé pour indiquer que le film avance correctement.

Ensuite, grâce à la bague en plastique autour de l’objectif, vous réglez la sensibilité du film, qui doit être comprise entre 125 et 400 Asa

Sous l’optique de la lentille elle-même, se trouve la photorésistance au sulfure de cadmium (CdS) pour le posemètre. L’emplacement de la cellule à l’intérieur de la bague de filtre de l’objectif, indique que le compteur fonctionnera avec précision même avec des filtres installés sur l’objectif.

source : Casualphotfile
CanonVF
source : Mike Eckman

Un mot encore du viseur, qui comporte des lignes de cadre et des lignes de cadre corrigées de parallaxe pour la prise de vue rapprochée, un indicateur de mise au point (au milieu du viseur), une lampe d’avertissement de faible luminosité … et c’est tout, mais pour l’époque, c’est vraiment très bien.

La lampe qui vous signale la faible luminosité n’enclenche pas le flash automatiquement, vous devrez le déployer. Personnellement, j’aime mieux que ces flashs qui s’allument à tout bout de champ sans que l’on puisse les débrayer. Le flash est synchronisé avec le posemètre de l’appareil photo à toutes les vitesses.

Que penser de l’appareil ?

Le design des années quatre-vingt, on aime ou pas. Personnellement, je lui trouve un charme désuet qui lui va bien mais ne le rend pas « ringard » comme certains. C’est propre, c’est net et fonctionnel : tout tombe sous les doigts comme on s’y attend.

Pour le reste, il faut être conscient que l’appareil accuse ses quarante ans.

Il ne vous décevra pas (trop) mais ne lui demandez pas ce qu’il n’est pas capable de faire et ne le comparez pas aux appareils des années nonante voire début deux mille, ce n’est pas la même époque.

Mais ce qu’il fait, il le faut toujours bien, c’est un excellent boitier, avec un charme certain.

Vous devriez pouvoir en trouver un vers les 40€ maximum (en parfait état, avec sa gaine d’origine et sa dragonne). Il ne réclamera que deux piles AA pour repartir avec vous …

Un peu de technique :
Objectif Canon 38mm f/2.8 avec revêtement 4 éléments en 3 groupes
Mise au point automatique dans le proche infrarouge (cellule émettrice et cellule réceptrice, triangulation)
Obturateur à feuille électronique
Vitesses de: 1/8 – 1/500 secondes, en continu
Compteur CdS couplée
Pile 2 x alcalines AA 1.5v
Flash électronique intégré
Poids 405 grammes (avec piles)

http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1335472691.jpg
source : Collection-appareils.fr, Grenier-Natkin 1981

Petite video d’illustration

Quelques références : https://www.35mmc.com/03/08/2018/canon-af35m-making-review/, https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_AF35M, https://www.mikeeckman.com/2016/04/canon-af35m-1979/, https://casualphotophile.com/2015/02/23/canon-af35m-vs-nikon-l35af-camera-review/ en anglais, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1146-Canon_AF%2035M.html en français

Argentique

Le Fujica Half

Ah, vous dire le bonheur de retourner sur des brocantes !

Depuis le 08 mai 21, elles peuvent de nouveau être ouvertes au public, pour autant que ce soient des professionnels qui vendent (pourquoi ? Monsieur et Madame tout le monde sont plus contagieux ? … décidément les décisions de nos sinistres ministrables sont bien obscures !)

Et donc, nous avons pu humer le pavé frais et pluvieux de ce dimanche 23 mai.

Il n’y avait pas beaucoup de vendeurs mais la foule était bien présente, preuve que ce passe-temps était bien attendu.

Armé, discrètement, de mon Lomo, j’en ai profité pour faire quelques essais.

Puis, au détour de deux échoppes, j’ai trouvé de quoi occuper nos longues soirées pluvieuses : un Mikon MV-35 tout neuf, dans sa boîte et celui qui nous occupe, le Fujica Half.

Précisons d’emblée qu’un appareil demi ou half (in english) est un appareil dit « demi-format », c-à-d. que le format de la photo sera la moitié d’un format normal en 24×36, avec la conséquence immédiate que vous ferez deux fois plus de photos avec le même film. Soit 72 vues avec un 36 pauses classiques.

Le format utile était donc de 18x24mm, soit en horizontal ou en vertical (il faut y penser lorsque l’on tient l’appareil en main).

Bref, à l’époque où ces appareils sont sorti, vous pouviez faire vos vacances avec moins de films dans la besace … mais pour les « petits photographes », il fallait terminer le film … et 72 vues, c’est (parfois) long !

Le Fujica ne fut pas seul, citons en vrac les Canon demi (dont le fameux demi EE17 avec un objectif ouvrant à f1,7), Canon Dial 35, Olympus Pen EE-2, Olympus Pen EE-3, Olympus Pen F (un reflex celui-là), Olympus Pen FT, Olympus Pen FV, Yashica Half 17 Rapid (ici aussi un objectif de f1,7), Braun Paxette 28 BC, Penti II.

J’en oublie sans doute, mais ils sont sortis aux alentours des années soixante.

Pas vraiment par hasard car nous pourrions dire qu’il s’agit d’un âge d’or de la photographie argentique, celui de la photographie familiale, abordable au plus grand nombre bien que le film couleur fut encore assez cher, en tout cas par rapport au N/B, le grand standard. C’est ce qui a décidé quelques fabricants de passer au demi-format, qui permettait plus de photos sur un même film, avec la garantie d’un très bon rendu même en impression standard (10×13 ou 10×15).

Le prix du film couleur diminuera progressivement, son utilisation augmentant régulièrement. Vers la fin des années soixante, les appareils « plein format » reprenait la main et les demi disparaissaient du paysage.

S’ils ont connu une vie relativement courte (plus ou moins 10 ans), ces appareils ont été très bien vendus, leur facilité d’utilisation et leur compacité ayant régalé de très nombreux utilisateurs. Ils ne sont donc pas rares et leur prix devrait rester raisonnable, d’autant que leur cellule, souvent au sélénium, n’a pas toujours su traverser le temps. Ça ne les rend pas inutilisables mais vous perdez un de leur attrait. Tenez en compte en cas d’achat.

Bref, au moment où Canon se lance sur le marché des demi-formats (1963) pour concurrencer l’Olympus Pen, qui fait un carton, Fuji en fait de même. D’ailleurs, en y regardant bien, le Canon Demi et le Fuji Half se ressemblent esthétiquement

Bien sûr, ils proposent des caractéristiques techniques et une utilisation très proches (pourquoi réinventer la roue ?).

Enfin, sachez qu’en 1964, Fujica a lancé un modèle avec moteur, ou plutôt avec un gros ressort à remonter, qui servait de moteur, le Fujica Drive

Bien qu’il soit de petite taille, l’appareil est « dense », on le sent bien en mains.

Ce qui frappe, c’est sa compacité, accentuée encore par un objectif que je qualifierais de « pancake » tellement il est « court ». Celui-là, vous le mettrez dans un (petit) sac sans problème, voire même une poche (solide quand même).

C’est du costaud. Sur l’exemplaire que j’ai trouvé sur la brocante, outre la poussière habituelle dont j’ai dû le débarrasser, je n’ai à déplorer que la fêlure de la vitre qui couvre le viseur, mais sans occasionner la moindre gêne (sauf esthétique pour les plus tatillons).

Revenons un instant sur l’objectif, un Fujinon 28mm ouvrant de f2,8 à f22 en 5 éléments. La distance de mise au point minimale est de 60cm jusque l’infini. Vous réglez la distance sur l’objectif mais il faut savoir que c’est une focale qui pardonne beaucoup les mises au point approximatives et donne, généralement, d’excellents résultats.

Le viseur est confortable, même s’il ne propose pas de correction de la parallaxe lors du réglage de la distance mais il propose de voir la vitesse d’obturation retenue lorsque vous êtes en automatique, sur une échelle à gauche du viseur (pour autant que la cellule fonctionne toujours, ce qui est le cas pour mon exemplaire). Son cadre, bien délimité, permet de viser très correctement le sujet.

source : https://www.mikeeckman.com/2018/05/fujica-drive-1964/

Etant donné la faible vitesse des films couleur de l’époque, la cellule en dépasse pas les 200 Asa et les vitesses vont du 1/30, 1/60, 1/125 et 1/300sec, largement suffisant pour la plupart des prises de vue. C’est avec un petit sélecteur à l’arrière de l’appareil que vous réglez la sensibilité de la cellule.

Soit vous utilisez l’appareil en tout automatique, soit vous optez pour les réglages manuels. En tout automatique, le posemètre fixe la combinaison ouverture / vitesse et l’affiche dans le viseur. En mode manuel, les deux paramètres peuvent être fixés indépendamment.

La cellule est un luxmètre au sélénium, qui repose sur la réaction chimique (photovoltaïque) que l’élément sélénium a avec la lumière. Puisque le compteur Selenium produit sa propre charge électrique, il n’y a pas besoin de batterie ! Malheureusement, ces compteurs ont généralement près de 60 ans, et à cet âge, le câblage se corrode, l’électro-aimant qui lit le courant du compteur s’use, etc. A vérifier donc au moment de l’achat. Sachez que les appareils tenus dans le noir (un petit sac ?) et dans de bonnes conditions ont plus de chance de garder une cellule en état. Gardez cela en mémoire et protégez le vôtre dans une pochette.

Vous aurez découvert le compteur de vue, sous la semelle (mais bon, avec 72 vues, on ne le regarde pas souvent, … sauf si on trouve le temps long !).

Le déclencheur est un peu ferme, même s’il est relativement peu bruyant. attention au flou de bougé en vitesse lente.

L’ouverture du dos se fait avec le verrou sur la tranche. Les mousses sont à vérifier (normal à cet âge là).

En résumé, malgré sa petite taille, le Fujica Half regorge de nombreuses fonctionnalités, notamment l’exposition automatique à priorité ouverture, avec commande manuelle complète et un excellent objectif Fujinon f/2.8 à 5 éléments

Un autre attrait de ces petits appareils est de vous permettre de raconter une histoire différemment. En effet, en combinant deux prises de vue sur la même surface de pellicule, vous pouvez montrer deux aspects différents ou complémentaires de votre vision. C’est un exercice de style qui rend aussi ce type d’appareil intéressant. Je vous invite à aller voir ICI pour comprendre mon propos.

Quelques données techniques :

  • Obturateur Seikosha-L 1/30-1/300 + B
  • Objectif Fujinon 28 mm f/2,8, 5 éléments, enduit, filetage de filtre 22,5 mm
  • Zone Focus, avec une mise au point rapprochée à 0,6 m
  • Ouverture : f/2.8 – f/22 arrêts de clic complets
  • Mode Auto qui sélectionne un combo ouverture et obturateur couplés. (Contrôle manuel complet de l’ouverture et de l’obturateur possible.)
  • Levier d’armement rapide.
  • Synchro flash X avec sabot mais sans contact central.
  • Taille de l’image ‘Half-Frame’ 12x18mm, 72 images d’un film standard 135/36.

Une video de présentation

Des exemples de photos prises avec cet appareil à voir LA

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://ohnowhatdidisay.wordpress.com/2013/10/21/fujica-half-the-snapshot-ace/, https://thegashaus.com/2018/05/12/fujica-half/, https://www.halfframeclub.com/fujicahalf.html, https://lensebender.org/2016/02/01/fujica/, https://www.filmshooterscollective.com/analog-film-photography-blog/fujica-half-review-3-5, en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-5849-Fujica_Half.html en français

Tiens, et si vous deviez réparer le vôtre, une petite vidéo utile

Argentique

L’Olympus i-Zoom 75

Si vous trouviez que l’Olympus Mju était petit, le I-Zoom 75 l’est encore d’avantage, … parce qu’il utilise le format APS sur lequel j’ai déjà écris quelques lignes, ICI

Pour rappel, malheureusement (ou heureusement, c’est selon), le format n’existe plus et si vous voulez vous en servir, il faudra trouver des films forcément périmés. Quoique cela n’ai jamais empêché de faire des photos, que du contraire. Les labos ont toujours la possibilité de les développer de nos jours.

Autant je trouve surfaite la cote des Mju, autant je déplore que celui-ci n’y trouve pas une petite place.

Car il a tous les avantages de son illustre prédécesseur : un traitement « all weather » (ça ne veut toujours pas dire que vous pouvez l’immerger mais qu’il résistera à notre drache nationale du 21 juillet), un clapet qui protège efficacement son objectif et son viseur, un objectif 28 – 75mm de bonne qualité (même si son ouverture maximale eut mérité mieux qu’un f4,9), un autofocus efficace, des modes flashs tant qu’on veut et débrayable), un dos dateur, un retardateur.

Et tout cela dans un format réduit, grâce au film APS … quoique cela ne soit pas forcément une bonne affaire pour les gros doigt et les grandes paluches.

En effet, les boutons à l’arrière sont si petits que vous aurez bien besoin d’avoir un stylo sur vous ou le « cure-dent » d’un canif Suisse pour les enfoncer.

Si ce n’est pas grave pour l’éventuel rembobinage, c’est moins amusant pour les commandes du flash, ou du retardateur.

Même la commande pour passer du format panoramique au format carré est difficile à manœuvrer, tout comme pourtant l’excellente idée d’une correction dioptrique pour le viseur.

Excellent viseur, au demeurant. Chose étonnante, s’il parait aussi minuscule, quand vous le portez à l’œil, il parait très grand et confortable, avec sa mire au centre et les cadres qui changent selon le choix opéré (carré, 16/9, panoramique).

Son déclencheur est doux et discret, son moteur un peu moins mais reste raisonnable.

Bref, ce petit Mju moderne – il est apparu sur le marché en 1999 – avait beaucoup pour lui (surtout si vous avez de fins doigts), sauf le choix du film qui, s’il fut présenté un moment comme l’avenir de l’argentique, s’est rapidement mué en Bérézina.

Qu’en penser aujourd’hui ?

Si vous songez à en acquérir un, réfléchissez aux films, qui ne sont plus produits et dont les stocks ne seront pas inépuisables. L’avantage, c’est que vous pouvez les trouver pour une bouchée de pain et qu’on peut toujours les développer.

La piles, une CR2, est assez onéreuse mais elle durera longtemps (au moins une année en usage normal)

La qualité est bonne, il est tout petit, facile à glisser même dans une poche de chemise et résistant aux intempéries (eau, sable, poussières).

Donc, si vous en trouvez un, en état de marche, autour des 10€, prenez le, vous ne serez pas déçu.

source : Collection-appareils.fr, Camara 2001.

Les données techniques :

Format image16,7×30,2mm – 3 formats APS C, H et P
BoîtierAPS full auto ultra compact en synthétique
Conception « ALL WEATHER »
ObjectifOLYMPUS LENS ZOOM f:4,7-9,9/28-75 mm à 7 lentilles (équivalent 24×36 = 35-94mm)
Zoom motorisé avec commande sur le capot
Mise au point autofocus « multi-AF » de 0,6m à l’infini
Possibilité de bloquer la mesure
ViseurOptique couplé au zoom avec collimateurs.
Réglage dioptrique
2 diodes à gauche du viseur pour l’autofocus et le flash
ObturateurCentral électronique de 4 seconde à 1/500e
Retardateur électronique 12 secondes
PosemètreAutomatisme programmé. Mesures « e-light » sur 3 zones ou spot
Réglable automatiquement de 25 à 3200 ISO
FlashFlash électronique intégré se dépliant du capot
Automatismes : auto – yeux rouges -fill-in – night – off
Poids, dimensions164grs (sans batterie) – 106x53x33mm
DiversUn volet coulissant protège objectif et viseur
Chargement automatique et avancement-rembobinage motorisé
Panneau LCD
Dateur piloté par quartz (jusqu’en 2030)
Alimentation par une pile au lithium 3V CR-2
Une télécommande infrarouge est disponible en option

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Quelques références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Olympus_i_Zoom_75, https://www.cnet.com/products/olympus-i-zoom-75/, https://www.olympusamerica.com/cpg_section/cpg_archived_product_details.asp?id=155&fl=4, en anglais, http://philcameras.be/collection/collectionm/opqr/olympusm.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1661-Olympus_Izoom%2075.html en français

Argentique

Le Lomo LC-A original, suite

Voilà, voilà, j’ai reçu les photos faites avec ce drôle d’appareil.

-« Pourquoi drôle ? »

Ben, comment imaginer qu’un appareil avec autant de « défauts » puisse devenir la coqueluche de toute une génération, et de la suivante aussi au vu de l’engouement de plus jeunes lomographistes pour lui ?

C’est simple : avec lui, pas de règles (« no ruls » comme disait une campagne de pub d’un célèbre whisky) si ce n’est se faire plaisir et prendre des photos !

Moi, j’aime bien ce programme là !

Et donc, j’ai joué le jeu, appareil au bout des doigts, je me suis baladé dans les villes de Mons, Ath, Ronquières (la première brocante de l’année !!) notamment, pour capter l’humeur du moment, sans filtres, brut de décoffrage ….

Puis, comme je suis un « puriste », j’ai aussi joué le jeu de la pellicule périmée (tant qu’à avoir des couleurs improbables …), en l’occurrence une Agfa HDC 200Asa expirée depuis janvier 2002.

Voici le résultat

Que retenir ?

Les couleurs sont franches, voire saturées; le vignetage bien présent, la déformation de l’objectif aussi à certain moment, mais c’est vraiment là le charme de cet appareil.

Bon, ok, on aime ou on n’aime pas !

Il faut juste penser à le mettre en automatique, régler la bonne distance (et ne pas oublier de la changer le cas échéant) et lui faire confiance. Dans la majorité des cas, ça marche plutôt bien.

J’ai quand même compté quelques photos complément floues (vitesse trop basse, manque de luminosité).

Ah oui, et je n’ai pas remplacé toutes les mousses, ce qui me semblait inutile, juste celle de la partie arrière (charnière). Pourtant, pas de fuite de lumière notable.

En résumé, si vous en trouvez un, laissez vous tenter, c’est du pur plaisir.

Sachant que le Lomo LC-A+ de chez Lomography possède encore quelques astuces supplémentaires (surimpression, possibilité de monter des filtres colorés, des ajouts d’objectifs spéciaux, etc.) par rapport au « vrai » Lomo russe..

Laissez parler votre imaginaire et votre créativité, il vous le rendra bien !

Argentique

L’Olympus Trip 300

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà parlé de Olympus μ [mju] 1, dessiné par le célèbre Maitani Yoshihisa auteur aussi du XA, autre best-seller de la marque.

Introduit en 1991, il présentait la particularité de se loger parfaitement dans la main, avec sa forme de « savonnette ». Son objectif, de qualité puisque hérité du Trip 35 (1967 quand même), était protégé par un clapet coulissant, et il possédait un petit flash avec plusieurs modes. Il fit un malheur et fut vendu à plus de 5 millions d’exemplaires.

Donc, lorsqu’un vendeur vous déclare, la main sur le cœur, qu’il est rare et qu’il vaut bien les 200€ qu’il vous propose, faites comme moi, riez !

D’abord c’est un appareil tout en plastique et au fur et à mesure des années (il a trente ans quand même), il s’use (difficulté pour entrainer le film) quand il ne tombe pas tout simplement en panne, son électronique ayant rendu l’âme.

Reconnaissons qu’il est facile d’utilisation : vous visez, l’autofocus fait le reste et vous n’avez plus qu’à déclencher, c’est dans la boîte.

-« Bon, mais pourquoi il nous parle du Mju ? »

Eh bien parce que l’Olympus Trip 300 lui ressemble étrangement …

Bon, décodons le nom :

  • Olympus, tout le monde connait
  • Trip, comme le célébrissime Trip 35, qui date de 1967 et qui a ouvert la voie au 35mm compact de qualité (une référence)
  • 300 …. ben sans soute parce que les autres chiffres avaient déjà été pris !

En résumé, ils ont essayé, en 1994, de nous sortir un appareil avec le look du Mju mais simplifié et plus accessible.

Car celui-ci hérite du clapet coulissant qui libère l’objectif et le viseur, d’une forme assez semblable même si un peu plus épaisse, d’un petit flash automatique mais c’est un « point and shoot », sans autofocus donc.

Ici, vous visez à partir d’un mètre cinquante environ et vous êtes bon jusque l’infini avec le 35mm dont est doté le Trip 300. Nous n’avons plus ici l’excellent 35mm f3,5 mais un f5,6.

On peut pallier à cela en utilisant des films plus « rapides » (400Iso p. ex.)

Le flash est automatique, sans possibilité de le débrayer. Utile en cas de faible luminosité, il a toutefois parfois tendance à se déclencher un peu intempestivement.

La chambre est classique, tout en plastique mais bien structurée pour éviter les fuites de lumière, avec une petite fenêtre pour vérifier la présence d’un film.

L’appareil est muni d’un compteur de vue, qui se remet à zéro lors de l’ouverture. Si vous deviez interrompre le film en cours, un petit curseur sur le dessus de l’appareil vous autorise à rembobiner anticipativement (attention, la languette est avalée dans la cartouche).

Et en parlant du film, le codage DX de la cartouche est lu lors de l’introduction, ce qui règle automatiquement la sensibilité de la cellule. Mais vous ne pouvez pas le modifier manuellement.

Que penser de ce boitier ?

Sous ces vrais-faux airs de Mju, c’est un appareil simplifié. Ça ne veut pas dire mauvais, mais bénéficiant de moins de réglages et fonctionnalités. Ce qui a parfois du bon si on ne veut pas s’embarrasser de « techniques » chronophages : on vise, on appuie, c’est dans la boîte !

Il est léger (172gr tout nu). Facilement alimenté par 2 piles AA très courantes et que l’on trouve même au bout du monde (enfin, presque).

Relativement peu bruyant, même avec son moteur intégré qui réarme en faisant avancer le film d’une vue (pas possible de faire des surimpressions).

Nous n’en sommes plus à la qualité du Trip 35, premier du nom, nous ne sommes pas à celle du Mju premier aussi, mais ce n’est pas un mauvais appareil.

Un de ceux que l’on glisse dans une poche et que l’on emmène partout, sans remords.

Si vous en croisez un aux alentours des 20€ maximum, ne résistez pas, c’est une bonne affaire. Mais ne donnez pas plus.

Les données techniques :

  • Objectif Olympus 34 mm 1:5,6,
  • mise au point fixe 1,5 m – infini
  • Vitesse d’obturation unique 1/60
  • Avance et rembobinage automatiques
  • Couverture du flash intégré : 1,5 – 2,5 m
  • Le fait de faire coulisser le cache de l’objectif allume l’appareil photo et le flash
  • code DX plage ISO : 100 – 400Asa
  • Alimenté par deux piles AA
  • Taille : 122 x 70 x 53 mm – Poids : 172 g

Petite video d’illustration

Des exemples d’images avec l’appareil ICI

Quelques références : http://camera-wiki.org/wiki/Olympus_Trip_300, https://www.olympusamerica.com/cpg_section/cpg_support_product.asp?id=1001, https://35mmco.com/products/olympus-trip-300 en anglais, https://www.flickr.com/photos/raulm/6631302471 en portugais

Argentique

Le Cosina CX5F

Retour dans la catégorie Lomography avec les ancêtres du Lomo LC-A.

Pour mémoire, le Cosina CX-1, suivi du CX-2 ont servi d’inspirateurs aux ingénieurs de Lomo pour sortir celui qui donnera son nom au mouvement lomographie.

Ces deux appareils ont eux aussi eu une descendance, directe celle-là, à savoir le CX-5 et celui qui nous occupe, le CX5F, qui seront suivi d’un CX7 ensuite.

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source : http://camera-wiki.org/wiki/Cosina_CX5

Le Cosina CX5F est donc une version simplifiée du CX-5.

S’il reprend le principe du volet tournant et protecteur du viseur et de l’objectif, servant aussi d’interrupteur, il perd la mise au point pour devenir un fix-focus plus classique.

Son objectif reste un 33mm mais il ouvre maintenant à f5,6 au lieu de f3,8.

Enfin, sa sensibilité est moindre car il ne propose plus que le 100 et le 400 Asa.

Il semble que la cellule et le programme soit resté le même que sur le CX-5. La cellule est un CdS dont vous ne « verrez » le travail qu’à travers une diode rouge qui s’allumera parfois.

C’est un compact point and shot dont l’objectif est protégé par un bloc qu’il suffit de faire tourner à 90° pour « allumer » l’appareil. Ce bloc assure la protection du viseur et de l’objectif.

Il est de petite taille malgré l’ajout d’un petit flash, que l’on actionne à la demande. Et si vous regardez bien, il y a un petit curseur pour sélectionner les ASA (100 ou 400) mais ce petit bouton a une autre fonction, celle de modifier l’ouverture qui passe de f5,6 à f11.

Pour le reste, un déclencheur au dessus, une manivelle cachée dans le capot pour rembobiner, un compteur de vue et, en dessous, le petit bouton pour le moment où vous aurez fini votre film et voudrez le rentrer dans sa cartouche. Ah oui, un petit filet pour un trépied. Une molette crantée pour l’avance du film et sur la tranche, un loquet pour déverrouiller la porte arrière. Plus une petite trappe pour loger deux piles AAA, qui alimenteront le flash et la cellule.

C’est tout et amplement suffisant pour faire des photos !

L’objectif est un Cosinon de 33mm avec un obturateur central à une seule vitesse, le 1/100s. La mise au point minimale est de 90cm.

Le viseur est de type Galilée (visée simple sans marques de parallaxes) dans lequel une diode rouge s’allumera si la lumière est insuffisante et qu’elle vous recommande d’utiliser le flash d’appoint.

Voici l’appareil type que vous glisserez dans toutes les poches, peu encombrant et léger.

Il a été décliné dans une multitude de couleurs, du noir aux blanc, rouge, jaune et orange flashy !

Au début des années quatre-vingt (1983, date de sortie de l’engin) c’était monnaie courante (rappelez-vous les Konica Pop)

Si vous vous souvenez de l’histoire de Cosina, qui a fabriqué de nombreux appareils pour d’autres marques (Canon, Nikon Yashica, Petri, etc.) vous ne serez pas étonné de retrouver ce CX5F sous la marque Petri, le PX5F (se sont pas trop foulé pour le nom !). La même chose ayant été faite pour le CX-5 qui devenait un … PX-5 !

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Celui que j’ai acheté a dû être nettoyé, simplement. Le cover à gauche, légèrement gaufré a perdu sa belle couleur crème pour devenir un peu orangé, mais bon, ça n’a jamais empêché un appareil de fonctionner et celui-ci déclenche, la cellule anime la diode rouge quand il manque de lumière, bref, tout va bien, sauf le compteur de vue, qui ne fonctionne plus mais ça n’a guère d’importance ! Je n’ai même pas dû changer les mousses d’étanchéité.

A côté du Lomo, il est un peu plus haut et long, normal me direz-vous, il est équipé d’un flash. Mais il reste contenu et léger, ce qui incite à le glisser dans n’importe quelle poche pour sortir.

C’est vraiment un appareil dans la lignée du Lomo, par sa conception et sa philosophie : simple, rapide à mettre en œuvre, qui donne envie d’appuyer sur le déclencheur, juste pour voir …

Ce n’est pas, à proprement parler, un appareil rare, mais il fait son petit effet, très années quatre-vingt. Et rien que pour ça, on a envie de lui faire prendre l’air et de l’essayer.

Comme le Lomo, il est très silencieux au déclenchement ou à l’avance du film. Son petit flash pourra être utile en cas de luminosité trop faible. Il vous faudra juste prévoir un jeu de piles AAA pour ne pas être pris au dépourvu.

Un petit appareil sympa, à sortir pour le plaisir.

Une petite video d’illustration

Des idées de photos réalisées avec l’appareil ICI.

Quelques références : https://www.alessiapalermiti.it/blog/cosina-cx5f/ en italien, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10732-Cosina_CX5F.html en français, https://ameblo.jp/foto-pooh/entry-12669574775.html en japonais, https://www.cyberphoto.se/bloggen/2017/10/fotohistoria-cosina en suédois

Argentique

Le Kodak Instamatic 154

Petite visite dans un vide grenier à Chièvres car dehors il fait moche et gris, la neige a fondu et le ciel hésite encore à nous tomber sur la tête.

Bref, j’ai déjà trouvé chez lui quelques pépites (des Pentax que je vous ai présenté) mais cette fois-ci la pêche est maigre … quoique, j’ai déniché un drôle d’appareil, un Kodak Instamatic Camera 154.

Hmm … comme le précédant Kodak, le 324 , il ne va pas gagner un prix de design mais il est suffisamment bizarre pour que je négocie et l’emporte, d’ailleurs avec un « confrère » un peu plus moderne, un Agfamatic 4000.

En fait, deux éléments ont emporté ma curiosité : sa forme d’abord, et le fait ensuite qu’il y ait encore un film à l’intérieur, … si, si…

Je ne reviendrai pas sur l’histoire de la cassette en 126, que vous trouverez sur l’excellent site de Philcameras, mais c’est bien elle qui se cache dans l’appareil.

Ceci étant, je ne sais pas si je vais pouvoir le faire fonctionner, les 2 piles crayons qui étaient à l’intérieur devaient dater de sa sortie (1965 – 1969) et – se sentant sans doute abandonnées – se sont répandues dans le compartiment. Quoique, normalement, elles ne servaient qu’à alimenter un flashcube.

Le « flashcube », comme son nom l’indique est un petit cube de plastique qui contient 4 lampes flash, alimentées par les piles de l’appareil photo. Elles se déclenchent au fur et à mesure des photos, lorsque vous êtes en position flash. Lorsque le cube est terminé, vous le jetez.

Bon, physiquement, c’est un petit parallélépipède assez lourd pour sa taille, surmonté d’une drôle de grosse molette à tourner, qui est en fait le remontoir d’un ressort, ce qui n’arrange pas sa silhouette.

Pas de moteur pour faire avancer le film et armer l’obturateur mais donc un bon vieux mécanisme à ressort. Mais sans doute a t’il été trop remonté car tout semble bloqué et l’appareil ne déclenche pas, dommage.

A l’époque il n’y avait pas encore de micro moteur mais des mécanismes perfectionnés pour y suppléer. Kodak n’est d’ailleurs pas le seul à avoir eu recours à cette technique, je pense notamment aux Robot, eux aussi doté de cet appendice mécanique.

En fait il s’agit ici d’un Kodak Instamatic 104 sur lequel on a greffé ce « moteur »

Alors techniquement, c’est assez simple :

Objectif: 43 mm ouvrant à f 11
Format image 28 × 28 mm (typique de la cartouche 126)
Obturateur à vantail mécanique, 1/90 sec. et 1/40 sec. avec flash cube attaché
Alimentation: 2 piles AAA pour flash
Le viseur est extrêmement simple, sans marquages

Si nous résumons, dans les années soixante, il y avait les appareils « bijou » comme le Penti II et il y avait le Kodak … deux philosophies esthétiques mais une même volonté de rendre la photographie simple et accessible à toutes et tous, le premier en utilisant les cassettes Agfa, le second la cassette 126 Kodak.

Notons simplement que ni l’un ni l’autre n’ont survécu car si le premier était effectivement très joli, comme le second, ils étaient techniquement limités et les formules de films proposés avaient un défaut rédhibitoire, le manque de planéité de la pellicule qui, assorti aux limites des optiques, ne rendait pas des résultats photographiques exceptionnels. Petit avantage toutefois au Penti II qui avait une meilleure optique et un mécanisme qui aidait à mieux maintenir le film.

Cependant, le Kodak s’est vendu « à la pelle » comme on dit : plus de 50 millions d’appareils Instamatic (tous modèles confondus), dont 7,5 millions les deux premières années de production.

C’est pourquoi vous en trouvez pléthore dans les tiroirs, les greniers ou les caves (pas bon ça) de vos grands parents ou parents, dans les brocantes, les vides greniers … et, à moins de tomber sur un modèle un peu particulier, ils n’ont plus grand intérêt, la cartouche n’existant plus (en théorie car j’ai vu sur Ebay un hollandais qui en avait reconstitué avec une imprimante 3D et dans laquelle vous pouvez glisser un classique film 135mm).

Quoique j’en connaisse qui en ont transformé quelques uns en « caméras cachées » en glissant dedans des caméras de surveillance, d’autres en serre-livre (lestés de plâtre), d’autres encore en luminaire, … et je vous laisse imaginer d’autres dérivations, car je vous avoue que j’ai toujours très difficile de me débarrasser d’un appareil, même hors service (les pièces, la récup., le détournement, etc. sont les meilleurs moyens d’en préserver quelques uns).

Ah, encore un mot sur celui que je vous présente : j’ai réussi à le faire déclencher … quelques fois, avec beaucoup de patience. En fait, les piles qui ont coulé à l’intérieur ont oxydé toute la mécanique, y compris celle du déclencheur et de l’obturateur. Lorsque j’ai réussi à le faire déclencher, des particules d’acide solidifié ont jailli de toute part, expulsée par la force du ressort. Le démonter demanderait trop de travail pour sa valeur, je pense qu’il finira en objet de décoration ou en serre-livres …

Une video d’illustration de ce drôle d’engin

Kodak s’est même fendu, en 1963, d’un court-métrage promotionnel, avec Buster Keaton

Si vous voulez voir le film, c’est par ICI

Voici le synopsis : « Le triomphe de Lester Snapwell montre tous les ennuis d’un homme (nommé Lester Snapwell – Keaton), qui, à la fin des années 1860, tente de photographier sa chérie, Clementine, (Nelsson) et sa mère (Varela). Cependant, il a trop de problèmes avec l’appareil photo encombrant. Puis il est accidentellement tué et il traverse le temps, et à chaque époque successive, Lester se débat avec la technologie photographique du moment. Quand il arrive dans les années 60, le nouvel appareil photo Kodak Instamatic met fin à tous les problèmes de Lester« . Écrit par Jonathan McDevitt

Et quand j’écrivais que la plupart de ces appareils finissaient en objet de décoration, vu sur 2ememain.be, un vendeur qui peint des Instamatic

Des références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Instamatic, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m.html en français, https://www.kodaklist.com/cameras/KODAK-INSTAMATIC-154-lparenOutfitrparen, https://www.kodaklist.com/kodak-camera-photos que je vous recommande pour tout savoir sur la marque, en anglais

Argentique

Kodak Instamatic 324

Franchement, je suis parfois moi-même surpris de ce que je peux trouver dans une caisse d’un lot de vieux appareils.

En l’occurrence, sous un Nikon F65 en très bon état, se cachait ce drôle d’appareil.

Lui non plus ne gagnera pas un prix de design mais comme appareil vintage, il est sans doute imbattable.

Non mais, vous avez vu sa bouille ?

Dès que je l’ai extirpé de sa cachette, je l’ai fait tourner dans mes mains, pour le « sentir » … et c’est à ce moment là que j’ai vu qu’il y avait toujours un film à l’intérieur et que 16 vues avaient été prises déjà. Mais depuis quand et par qui ? Seul le développement pourra nous le révéler …

J’imagine que le film doit faire 24 vues, je vais donc le terminer …

Mais avant tout, nettoyage en profondeur et détection des éventuels problèmes. Bon rien de grave, quelques endroits où il faudra recoller le simili cuir, un bouton de sélection qui a besoin d’exercice pour retrouver un peu de fluidité, une optique et un viseur à nettoyer sérieusement.

J’arme et déclenche une fois, pour entendre l’appareil réagir … mais pas plus, je ne veux pas gaspiller la pellicule.

Au fait, celle-ci est dans une cassette appelée 126, qui fut créée par Kodak expressément pour ce type d’appareil, les Instamatic.

« Le format 126 fut introduit sur le marché par Kodak en mars 1963. La cartouche KODAPACK mettait remarquablement fin au récurent problème de la difficulté de charger correctement un film dans l’appareil. Ce fut un succès immédiat : plus de 50 millions d’Instamatics furent vendus entre 1963 et 1970 dont 7,5 millions les deux premières années !
Mise au point par l’ingénieur Australien Hubert Nerwin, le chargeur 126 est une cartouche en plastique contenant du film 35 mm avec perforations spécifiques doublé par un papier portant au dos les numéros de vues. Il suffit de déposer le chargeur dans l’appareil, fermer le dos et avancer automatiquement jusqu’à la première vue. Une fois le film terminé, il n’est pas nécessaire de le rembobiner, juste ouvrir le dos et retirer la cassette ». source : http://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m

source : http://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m

Le tout premier appareil a en bénéficier fut le Kodak Instamatic 50, fabriqué par Kodak UK et vendu en Angleterre en premier. Il fut produit de 1963 à 1966.

Puis vint l’Instamatic 100, fabriqué lui par Kodak USA de 1963 à 1966.

Toujours de 1963 à 1966, par Kodak USA, un Instamatic 300 et un 400, qui avait la particularité d’avoir un moteur à ressort

Il y en eut plein d’autres, que je vous laisse découvrir sur l’excellent site de Philippe, Philcamera qui est une véritable mine d’or en renseignements. La saga des Instamatic s’est finalement terminée en 1985.

Mais revenons à notre Kodak Instamatic 324. Cet appareil a été fabriqué de 1966 à 1968 en Allemagne.

S’il n’est pas le plus beau, il a quand même quelques jolis arguments à faire valoir, comme par exemple :

  • son objectif, un Rodenstock Reomar de 38mm ouvrant à f2,8, mise au point minimale de 0,72m
  • un obturateur qui offre les vitesses de 1/30s et 1/125s
  • la synchro flash au 1/30s (le flash est un « flascube »)
  • un curseur pour allumer ou non ledit flash,
  • les,distances sur le fut de l’objectif stylisées par des repères simples (un visage, un groupe, une forêt et l’infini)
  • et enfin, une cellule CdS qui assure l’automatisme
  • l’alimentation par 2 piles de 1,5v LR1.

Il était vu comme un modèle sophistiqué dans la gamme.

Un petit mot sur le « flashcub », que les plus jeunes ne connaissent pas forcément : il s’agit d’un cube dans lequel 4 ampoules sont insérées et qui tourne au fur et à mesure des prises de vue. Lorsque les 4 ampoules ont « flashés », vous jetez le cube et vous en remettez un nouveau si vous n’avez pas fini vos prises de vue. Il est toujours possible de retirer un cube entamé et de le remettre ensuite pour finir les lampes restantes. C’était une alternative au flipflash que je vous ai présenté avec l’Agfamatic 6008

source : https://www.lightstalking.com/flashcubes/

C’est une évidence, l’appareil est « carré », taillé à la serpe mais finalement, il me rappelle certaines carrosseries des voitures de ces années là

Au niveau manipulation, rien de compliqué, forcément : un grand viseur avec les marques pour la parallaxe; une tirette en plastique noir pour ré armer l’appareil à l’arrière; sur le dessus, la prise caractéristique pour le flash cube; au dessus de l’objectif, un curseur noir qui permet de choisir entre A pour automatique et flash; à la même hauteur, un gros poussoir noir, qui est le déclencheur, pas vraiment souple, il faut appuyer pour déclencher (risque de flou de bougé); l’objectif enfin, avec ses symboles tout simples pour la mise au point (ce n’est pas un télémétrique donc pas de patch pour la mise au point), de 70cm à l’infini; pour le nombre de prises de vues, pas de compteur mais une fenêtre qui donne sur le dos de la cassette de 126.

Un appareil voulu facile d’utilisation et qui a su trouver son public, moins regardant que de nos jours (dirais-je moins difficile/exigeant ?) mais qui a rempli de souvenirs des tas d’albums familiaux, qui font la joie aujourd’hui des enfants et petits enfants.

Ne croyez pas que je sois nostalgique, loin de là, mais je pense que jouir des choses simples est devenu un luxe, qu’il est tentant de réapprendre.

Une remarque encore pour cet appareil, et tous les autres qui utilisaient cette cassette en 126, car elle n’est plus fabriquée de nos jours.

J’ai pu trouver sur Ebay un vendeur hollandais qui fabriquait, avec une imprimante 3D, des cassettes acceptant du film en 135mm (du 24×36 classique). Je vous livre ici quelques photos issues du site de vente car je ne suis pas certain que vous retrouviez l’offre au moment où vous lirez ces lignes

Je reviens aussi sur un élément, qui est comme une trace, comme cette inscription sur le MIR que je vous présentais il y a peu : le fait qu’il y ait une pellicule dans l’appareil, entamée.

Croyez le ou pas, ça arrive souvent, lorsque je trouve de vieux appareils, compacts ou autres, que je découvre un film encore à l’intérieur. Et à chaque fois, je me dis que des personnes ont laissé là, sans même plus s’en souvenir, des tranches de leur passé, que je vais découvrir parce que je vais faire développer les films.

Et ça arrive même en numérique : le dernier Canon Eos 7D que j’avais acheté avait encore une carte CF à l’intérieur. J’ai visionné les premières images et me suis rendu compte qu’il s’agissait d’images de fêtes enfantines, d’anniversaires. J’ai immédiatement contacté le vendeur, anglais, pour lui demander s’il avait sauvegardé ces images ou s’il fallait les lui renvoyer. Comme il n’en était plus certain, j’ai utilisé les services gratuits de WeTransfer pour lui expédier les 780 photos qui étaient sur la carte.

Là, j’avais eu de la chance, je pouvais immédiatement identifier le propriétaire des photos mais lorsque j’achète un appareil dans un vide grenier, chez Emmaüs, sur une brocante, c’est quasi mission impossible …

Peut-être un jour ferais-je une galerie de ces images oubliées, en espérant que quelqu’un puisse s’y reconnaître, ou un des ses proches …

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Instamatic_324, https://www.lightstalking.com/flashcubes/ en anglais, http://collection-argentiques.net/?p=2534, http://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m en français

Argentique

Canon Top Twin

Oui, je sais, j’avais écris que je n’achèterais plus de compact, ayant quasi fait le tour de la question (non mais, et présomptueux avec ça !)

Mais voilà, comme on dit « l’occasion fait le larron » et en l’occurrence un passage chez Emmaüs m’a permis de trouver un Canon Top Twin ( ou Sure Shot Tele en Amérique et Autoboy Tele au Japon), un des fleurons de la marque.

Quoique … en fait cet appareil m’apparait comme une énigme car si il a des airs de Canon AF 35 M II, il est muni d’une espèce de zoom qui est en fait un … double objectif !

« Tiens, tiens, ça me rappelle le Canon Prima Twin S« , des années nonante qui offrait aussi un « double » objectif : un 35mm et un 70mm ouvrant respectivement à f3,8 et f6 alors que pour le Canon Top Twin, c’est un 40 – 70mm.

Le Canon Top Twin date lui d’octobre 1986. Et il présente quelques particularités intéressantes.

Commençons par l’objectif (finalement, c’est lui qui fait ou non une bonne photo) : c’est un bloc optique qui avance lorsque vous choisissez la position 70mm, et qui recule dans la position 40mm (position d’ouverture). Il est équipé d’un bouton, sur le côté, qui assure la mise sous tension en libérant un volet qui protégeait l’optique. Et si vous continuez à descendre ce même bouton, vous ferez sortir un « soft filter », un filtre intégré destiné à rendre les contours plus flous. Ou plutôt devrais-je écrire « moins net » car l’optique ouvre à f2,8 et est particulièrement « piqué ». Ceci dit, si l’idée semble bonne, elle n’est pas pratique car vous devez garder le doigt sur le bouton, le filtre ne se bloque pas seul.

Et, cerise sur l’objectif, vous pourrez monter un filtre sur le bloc (diamètre de 40,5mm) pour encore multiplier les effets (le principe Lomo avant l’heure).

La commutation entre les deux focales est automatique. Le grossissement du viseur change également en même temps: 0,45x pour le 40 mm et 0,72x pour le 70 mm.

Les deux petits boutons près du bloc optique ont pour mission de favoriser les doubles expositions ou d’améliorer les contre-jours. Le premier bouton ME (celui du haut) doit être maintenu pendant la prise de vue pour empêcher le film d’avancer, permettant ainsi une double exposition. Le second permet d’améliorer une prise de vue en contre-jour.

En termes d’exposition, l’objectif offre une large plage allant de 1/8 s à f2,8 à 1/500 s à f22 lorsque vous êtes en 40 mm. À 70 mm, l’exposition varie de 1/3 s à f4,9 à 1/350 s à f / 27. Notez que proposer du f2,8 à 40mm c’est très bien et du f4,9 à 70mm c’est rare et ça permet d’aller chercher du détail même à cette focale.

Heu, soyons de bon compte, le passage du 40 au 70 est bruyant, et inversement. Si vous comptez l’utiliser dans la rue, faites le changement avant la prise de vue, loin des passants.

Le gros rond près de l’objectif est la fenêtre de l’autofocus, par infra-rouge, performant.

La taille et le poids (environ 400gr sans piles ni film) sont bien équilibrés et l’appareil possède une poignée très ergonomique et antidérapante. Le viseur est assez grand pour une vue claire et précise avec des marques de correction de parallaxe.

Le déclencheur est facilement accessible et très souple. Il suffit d’appuyer à mi-course pour mémoriser l’exposition (et l’on peut changer de cadrage ensuite). A côté du déclencheur, le petit écran LCD indique juste le nombre de vues et l’état de la pile.

Au fait, même sur OFF, l’état de la pile reste indiqué, ça évite les mauvaises surprises au moment de prendre l’appareil pour sortir parce qu’il faut un tournevis pour la remplacer car le cache batterie est à droite de l’appareil, sous la poignée – attention à ne pas perdre les 2 petites vis sur le terrain.

Le bouton, qui ressemble à une tirette, sous le déclencheur est celui destiné à passer du 40 au 70 mm et vice-versa. Ne tenez pas le bouton car le bloc fera alors des allers-retours incessants et bruyants. Vous poussez pour choisir le 70mm, vous repoussez pour revenir au 40mm.

Il y a aussi un retardateur, en cherchant bien près du petit écran LCD (+/- 10 secondes).

Il y a aussi deux diodes : une rouge pour avertir que l’usage du flash est nécessaire, la seconde, verte, signale que l’autofocus est verrouillé.

Enfin, parlons du flash, qui peut être débrayé avant la mise sous tension, ce qui évite de devoir penser à le neutraliser à chaque nouvelle mise sous tension.

Le résumé des données techniques :

  • Grand angle: 40 mm f / 2,8, 4 éléments, 3 groupes.
  • Télé: 70 mm f / 4,9, 7 éléments, 6 groupes.
  • Autofocus de 0,96 m à l’infini. Confirmation de mise au point et avertissement de proximité dans le viseur.
  • Exposition automatique
  • Flash intégré. Les modes Auto, Off ou Forcé sont définis à l’aide d’un curseur.
  • Utilise des films codés DX pour les valeurs de 50 à 1600 Asa. Les films sans codes DX sont exposés à ISO 100.
  • Batterie lithium 6V 2CR5

Pour conclure, je dirais que c’est un appareil qui rompt avec le classicisme de la marque, de par sa forme d’abord et ensuite pour son côté ludique : la double focale, le fait de placer un filtre d’origine, et la possibilité de monter des accessoires dédiés (comme celui qui coupe en deux votre image, à utiliser en sur impression pour des effets spéciaux). Sinon, c’est du Canon, solide, bien pensé, fait pour traverser les années sans (trop de) bobos.

Une petite video, glanée sur la grande Toile

Quelques références pour les curieux : https://www.35mmc.com/11/09/2020/canon-top-twin-mc-review/, https://global.canon/en/c-museum/product/film121.html, https://www.flickr.com/photos/deafburglar/11794761375/ en anglais, https://shop.benber.fr/produit/canon-top-twin-accessoires/, https://benber.fr/revue-du-canon-top-twin/, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3869-Canon_Top%20Twin.html en français

Argentique

Les appareils « bijou », suite : le Fujifilm Epion 1010 MRC TIARA

Nous sommes ici aussi face à un appareil qui a été conçu pour être vraiment comme un accessoire de mode.

Pourquoi suis-je si catégorique ?

Tout d’abord sa robe, dorée (il a existé aussi en version Titanium, gris) ensuite sa longue dragonne qui le destine à être porté autour du cou, en sautoir; ensuite, sa toute petite taille, qui permet de le considérer comme – au choix – un étuis à maquillage, un porte-cigarettes, … jusqu’à ce qu’on l’ouvre et découvre, dans un léger bruit d’engrenages électroniques, un viseur, un objectif et un minuscule flash.

Ce tout petit appareil est un condensé de ce qui se faisait de mieux en APS.

En effet, son design élégant cache un concentré de technologies :

  • un objectif Fujinon Super EBC 24mm f3,5 en 3 éléments, 3 groupes, avec position macro incorporée
  • distance de mise au point minima 30cm jusque l’infini
  • autofocus à infra-rouge
  • obturateur électronique de 1/2s à 1/500s
  • chargement automatique du film, avance et rembobinage tout auto, avec lecture de la sensibilité (de 25 à 3200Asa)
  • la possibilité de changer le film en cours de route et de redémarrer à la prochaine photo vierge (l’avantage de l’APS) – MRC = mid roll change.
  • flash pop-up multi-programmé avec réduction des yeux rouges et débrayable
  • retardateur 10 secondes
  • un petit écran LCD qui regroupe les informations utiles et les réglages
  • option d’impression de la date et de l’heure
  • alimenté par une CR2

Lorsque vous le fermez, il est vraiment tout petit et lorsqu’il est en position ouverte, il n’est guère plus grand. Il fut d’ailleurs considéré comme le plus petit appareil du monde. Son nom en lettres capitales est plus long que l’appareil lui-même !

Le Fujifilm Epion 1010 MRC TIARA (pour le Japon) ou Fujifilm Endeavor 1010ix MRC Tiara APS (pour les USA) est un appareil assez rare. Même s’il devient difficile de trouver des films en APS,il reste un petit bijou à tenter …

Une petite vidéo pour illustrer l’appareil dans son fonctionnement :

Comme d’habitude, quelques références : https://phototakenwith.com/brand/fujifilm/model/fujifilm-epion-tiara-ix-1010-mrc/ et https://phototakenwith.com/brand/fujifilm/model/fujifilm-tiara-ix-epion-1010-mrc/ (quelques exemples de photos), https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fujifilm_Tiara_ix_1010, http://www.submin.com/aps/collection/fuji/cameras/endeavor_tiara_1010ix.htm en anglais,

Argentique

Un autre appareil « bijou » , l’Olympus LT

C’est vrai, certains appareils ont été conçus comme de véritables bijoux tant leur apparence est soignée, les détails recherchés, au delà de leur simple fonctionnalité.

Je vous présentais il y a peu le Penti II, quasi un archétype de ce genre d’appareil.

Aujourd’hui, c’est l’Olympus LT, digne successeur d’un autre très joli appareil, l’Olympus LT-1, sorti en 1995.

L’Olympus LT-1 (pour Leather Tech) fut donc lancé en 1995, suivi ensuite du LT-1 QD (Quartz Date) en 1997. Ce qui est amusant, c’est qu’il était considéré comme un appareil au « retro-look » à son époque (comme quoi le marketing. a parfois du mal à se réinventer !).

Bref, c’était un « point and shoot » 35mm conçu pour résister aux intempéries , son revêtement en cuir étant en fait synthétique. Il est une extrapolation du Mju, dont on devine la forme initiale sous le nouveau ramage.

Puis vint, en 1997, celui qui nous préoccupe aujourd’hui, l’Olympus LT Zoom 105. Il est une évolution du précédant. Mais si vous regardez bien, il n’est pas éloigné non plus du Mju Zoom …

Lui aussi opte pour une livrée en simili cuir (dans plusieurs coloris) mais abandonne le volet repliable pour opter pour un couvercle argenté qui se replie sur l’objectif.

Techniquement :

  • il possède un zoom de 6 éléments en 5 groupe, un 38 – 105 mm f4,5 – 8,9
  • mise au point de 60 cm à l’infini
  • son obturateur est électronique, programmé
  • sa cellule fait une mesure de la lumière sur 3 zones et il y a une fonction mesure spot
  • le viseur suit l’avancement ou le retrait du zoom; il possède une correction dioptrique
  • la visée est en taille réelle avec une marque pour la correction des gros plans (correction de la parallaxe)
  • une diode s’allume pour signaler le manque de lumière et la mise au point automatique
  • l’appareil reconnait le codage DX des films (sensibilité de 50 à 3200 ISO)
  • il possède un retardateur (12 secondes)
  • le flash intégré est à puissance variable, selon le mode choisi (Auto, Auto S – anti yeux rouges, débrayé ou full en mode nuit). Un petit bouton, près de l’écran LCD, permet sa gestion
  • l’appareil peut être déclenché à distance par une télécommande IR RC 200 (option)
  • pour l’énergie, une pile CR123 suffit
  • et, une fois n’est pas coutume, le dos dateur est prévu pour être réglé jusqu’en 2030 !

Le viseur et le petit panneau LCD sur le dessus de l’appareil sont particulièrement bien fournis en explications de toutes sortes

L’autofocus est efficace et il peut être utilisé même si l’objet à photographier est décentré (appuis à mi-course sur le déclencheur pour figer la mesure).

En fait, lorsque j’ai vu cet appareil pour la première fois, il m’a fait penser au style Steampunk avec cet espèce d’ hublot fermé par son écoutille argentée.

En y regardant de plus près, j’ai vu le petit loquet ON/OFF, près du sigle AF (discret). C’est lui qui permet de « déverrouiller » l’objectif.

Sur le haut, un petit écran LCD, qui reprend les modes choisis; à côté, deux minuscules boutons argentés pour la mise en route du retardateur et la gestion du flash; plus loin, un large déclencheur et à côté de lui, le « joystick » pour le zoom.

Attention, dès que vous mettez l’appareil sous tension, le petit flash sort automatiquement. Particulièrement bien équilibré pour les fill in (débouchage des ombres en cas de contre-jour), il faut penser dans les autres cas de figure à le mettre sur OFF pour éviter des déclenchements intempestifs. Lorsque vosu éteignez l’appareil, l’objectif se rétracte, ainsi que le flash. Par contre, la petite écoutille cache objectif, vous devez la remettre en place du bout des doigts.

Et lorsque vous le mettez sous tension, ne laissez pas votre doigt sur le flash, l’empêchant de sortir car dans ce cas, l’objectif ne se déploie pas.

Sur la tranche, deux autres minuscules boutons pour régler la date et un bouton plus large pour régler la vue en mode normal ou panorama.

Pour le charger, vous ouvrez la porte arrière (petit verrou sur la tranche droite), tirez un peu sur l’amorce du film, que vous poussez dans le compartiment avec la bobine réceptrice, vous refermez le tout et mettez sous tension : l’appareil va charger la pellicule et, comme dit plus haut, lire le code DX sur la cartouche, réglant ainsi la sensibilité du film, dans les valeurs admises.

Si vous êtes attentif, j’ai noté qu’il y avait un bouton pour régler le mode panorama. De fait, en ouvrant l’appareil, vous verrez le changement de cadre se mettre en place quand vous manœuvrez le dit bouton.

Du facile et simple à gérer. Ce qui n’empêche, dans la bonne tradition Olympus, de proposer un appareil aussi performant que son lointain cousin, le Mju. Comme lui, il est traité « All Weather »; il ne craindra donc pas les mauvais temps (rappelez-vous ce terme ne veut pas dire qu’il est étanche à l’immersion)

Je l’ai trouvé agréable à prendre en mains et à manipuler. En plus, il est joli et sort de l’ordinaire des appareils compacts des années nonante.

Si vous en trouvez un, laissez-vous tenter, il en vaut la peine.

Une petite video d’illustration :

Quelques références : https://www.imagingpixel.com/p/olympus-lt-zoom.html, https://www.cnet.com/products/olympus-lt-zoom-105-point-shoot-zoom-camera-35mm-series/, https://photojottings.com/olympus-lt-zoom-105-review/ en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=2045 en français

Argentique

Un appareil « bijou » : le Penti II

Parfois, au hasard d’un tiroir, on redécouvre des appareils anciens, plein de charme et d’histoires.

Celui que je vais vous présenter aujourd’hui à la saveur des histoires familiales, de ces photos conservées précieusement dans les albums que l’on feuillette avec bonheur et un brin de nostalgie.

Il a appartenu à ma belle-mère, que je n’ai pas eu le plaisir de rencontrer mais mon épouse a gardé précieusement ce témoin de ses premiers pas, des rencontres familiales, des évènements fondateurs d’une famille.

Lorsque l’on ôte son « sac tout prêt » en cuir beige, garni de feutrine rouge, on hésite, de prime abord : est-ce un appareil photo ou un de ces petits objets de dame des années soixante (un poudrier, un étuis de maquillage, un petit miroir, … ?)

Non, il y a un viseur et un objectif niché dans un écrin doré finement quadrillé.

Bon, d’abord, de qui s’agit-il ? Je le tourne et le retourne pour trouver une marque. Sur le pourtour de l’objectif, ultra plat, je trouve un mot Penti, suivi des chiffres romains II.

Petit tour sur le site de Sylvain Halgand (décidément incontournable) et je découvre les racines de l’appareil.

Il s’agit d’un Penti II. daté vraisemblablement de 1964. Le Penti fut fabriqué dès 1960 à l’origine par Welta-Kamera-Werk dans l’ex Allemagne de l’Est (RDA) à Dresde. La société Welta sera absorbé par la VEB Pentacon en 1964 alors que cet appareil était encore en production. Ceux qui seront fabriqués après la fusion ont été alors appelé Pentacon Penti II (le logo Pentacom – voir folder ci-dessous – est repris sur le dessous de l’appareil)

Techniquement, il propose quelques particularités intéressantes :

  • le film tout d’abord. C’est une cassette dite « rapid » provenant de l’Allemagne de l’Ouest (Agfa) au format particulier 18×24 – qui n’existe plus – c’est donc un « half frame » ou demi format
  • l’objectif est un Meyer Domiplan f3,5/30 mm en 3 groupes, doré comme le reste de l’appareil mais particulièrement compact
  • l’obturateur donne les vitesses de 1/30 à 1/125s + pause B
  • les sensibilités des films acceptés vont de 15 à 24 Din (soit 25 à 200 Asa) et vous réglez la sensibilité via un petit curseur sous l’objectif
  • sa cellule est au sélénium, couplée. Il faut ajuster une aiguille à une marque assujettie à l’ouverture et la vitesse
  • bague de mise au point de 1m à l’infini
  • le viseur est fixe, avec cadre collimaté et l’appareil tenu à l’horizontale, vous comprenez que c’est un demi format, la fenêtre étant verticale
  • le déclencheur est un gros bouton doré, très doux
  • pas de bouton d’armement classique. En fait, lorsque vous avez déclenché, une tige sort sur le côté gauche de l’appareil et le fait de la rentrer dans le corps de l’appareil fait avancer le film d’une vue et réarme le déclencheur (qui reste de ce fait toujours sous tension)

Je reviens aussi un instant sur la cassette Agfa, dite « rapid ». C’est un type de film qui était réservé à quelques appareils destinés aux amateurs. Connu sous le nom de SL System (Schnell Lade ou chargement rapide en allemand). En fait les cassettes n’ont pas d’axe sur lequel le film s’enroule.

Comme ces cassettes n’existent plus, il devrait être possible de charger, dans le noir absolu, une longueur de film équivalent à 12 vues dans une des cassettes (n’oubliez pas que c’est un demi format, donc vous aurez 24 photos). Pas certain que ce soit efficace car les encoches pour faire avancer le film risquent de ne pas correspondre et il faut découper l’amorce comme montré dans l’illustration ci-dessous..

Ici, je vais prendre une illustration d’un site très intéressant pour vous montrer le principe car il y a toujours un film dans celui que nous avons retrouvé. Sans doute des souvenirs que mon épouse ne veut pas perdre, je la comprends.

En fait, les 2 cassettes sont insérées dans le corps de l’appareil. Il faut tirer une amorce du film, l’amener vers la seconde cassette, qui est tenu par un loquet, et refermer la trappe qui « pousse » sur le film pour assurer son avancement et sa planéité

Très originaux dans leur conception, les Penti ont été conçu par Walter Henning lorsqu’il travaillait chez … Zeiss Ikon mais côté RDA (Allemagne de l’Est de l’après guerre). Finalement, il fut produit par la société Welta et son nom original était Welta Orix (produit exclusivement en 1958). Puis l’appareil devint Penti puis Pentacon Penti. Produit de 1959 à 1977, ces appareils ont été vendu à près de 800.000 exemplaires.

Cet appareil a été conçu comme un véritable accessoire de mode destiné aux dames. Les illustrations de l’époque le présentent comme tel

Pour le mode d’emploi, c’est ICI

Des références : http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-970-Pentacon_Penti%20II.html en français, https://www.mikeeckman.com/2018/12/pentacon-penti-ii-1961/ , https://apenasimagens.com/en/penti-ii-pentacon/, http://www.analogadvocates.com/page/penti en anglais

Argentique

Konica C35 automatic

Allez, je vous avoue, alors que je m’étais dit « plus de petit compact », j’ai craqué pour celui-là parce que je le vois régulièrement sur le site de Fred, un photographe Pro du Nord de la France, qui a le mérite de continuer à travailler en N/B même pour ses reportages rémunérés.

Et parce que, finalement, je le trouve aussi mignon que l’Olympus Trip 35 ou le Yashica Electro 35 MG que je vous ai déjà présentés, même si, techniquement, il est plus proche du second..

Le Konica C 35 Automatic (ou C 35 Flashmatic pour le Japon) est le successeur du Konica C 35.

Petit récapitulatif de la gamme :.

  • Konica C35, 1968, argent et noir, télémétrique couplé objectif Hexanon de 38mm f2.8
  • Konica C35V, 1971, tout argenté, sans télémétre, avec 4 zones de focus préétablies, objectif Hexanon 38mm f2.8
  • Konica C35 Automatic, 1972, argent et noir, ou tout noir (rare), télémétrique couplé, objectif Hexanon 38mm f2.8 et système avancé du contrôle du flash

Notez qu’il n’y a pas de grands changements mais plutôt de petites améliorations utiles pour les photographes des années septante qui recherchaient un petit appareil, simple, économique et qui donne de beaux résultats.

Au niveau technique, justement :

  • une optique Konica Hexanon de 38mm avec une ouverture de f2,8 (c’était souvent le cas à cette époque) d’excellente réputation
  • un obturateur Copal qui fonctionne du 1/30 s au 1/650 s et pause B
  • en position automatique, la vitesse varie du 1/30ème au 1/650ème de seconde, géré par la cellule
  • une cellule CDs, donc, qui se situe au dessus de l’objectif, alimentée par une pile style LR44,
  • on peut lui adjoindre un flash (2 en fait, selon la puissance que l’on veut utiliser)
  • un viseur, collimaté avec repère optique de correction de parallaxe possède, sur sa droite, une échelle reprenant le couple vitesse/diaphragme
  • un retardateur
  • une image télémétrique de grande taille (étonnant compte tenu de celle de l’appareil), teintée de jaune
  • un réglage de la sensibilité ASA (de 25 à 400)

Alors comment ça marche ?

Et bien vous cadrez, vous mettez la scène au point et … vous appuyez sur le déclencheur ! L’appareil sélectionne l’ouverture, de f2,8 à f24 et la vitesse d’obturation, de 1/30s à 1/650s et il vous rappelle, dans le viseur, la combinaison qu’il a choisie.

En résumé, un chouette petit appareil, qui tient dans une main. Très simple d’utilisation mais qui donne d’excellents résultats photographiques.

Nous pourrions lui reprocher de ne pas avoir la main sur ses choix lors de la prise de vue, mais s’ils sont bons, pourquoi vouloir se compliquer la vie ?

Ah oui, il y a quand même une petite chose à laquelle il faut veiller : acheter un bouchon d’objectif, car la cellule est toujours en ON et se décharge vite si vous ne la couvrez pas.

Voilà, pour le reste, faites vous plaisir, c’est un bel objet et il fait de bonnes photos, en toute simplicité.

Une petite vidéo :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références, pour aller plus loin, par curiosité : http://35mm-compact.com/compact/konicac35automatic.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1630.html en français, https://www.imagingpixel.com/p/konica-c35-automatic.html, http://blog.bkspicture.com/review_Konica_C35_automatic.html (avec des exemples d’images), en anglais.

Argentique

Zeiss Ikon Contessamat SBE

Après Voigtländer, une autre légende, Zeiss Ikon.

Zeiss Ikon, avant la première guerre mondiale, était l’une des plus grandes entreprises de matériel photographique dans le monde. Fondée en 1926 par la fusion de quatre sociétés (IKON = ICA + Contessa-Nettel et Ernemann, Goerz), elle faisait partie de la fondation Carl Zeiss.et fut rejointe encore par d’autres grosses entreprises. Si le siège social était établi à Dresde, elle possédait des usines à Stuttgart et Berlin

Ce qui explique que la plupart des appareils produits seront équipés des optiques signées Zeiss

Puis vint la seconde guerre mondiale. La société fut divisée en deux parties, comme beaucoup d’autres fleurons de l’industrie allemande, et une partie se retrouva en Allemagne de l’Ouest et l’autre à L’Est.

Je ne vous ferai pas ici l’histoire de la marque, passionnante, car vous trouverez facilement elle-ci sur la Grande Toile.

Arrêtons-nous sur cet appareil, que j’ai acquis en son temps dans un lot d’appareils anciens (le Vito CLR et le Vitoret que je vous ai présentés en faisaient partie).

Il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver dans les gammes d’appareil de Zeiss Ikon, qui essayait de couvrir tous les créneaux possibles, du plus basique au plus sophistiqué.

La gamme Contessa a été produite à Stuttgart dans les périodes 1950-1955 et 1960-1971, elle comporte de nombreux appareils de milieu et de haut de gamme. Ces appareils ont été conçus par Hubert Nerwin. Les versions des Contessa et Contina dont la désignation se termine par « E » comportent une visée télémétrique.

La gamme Contessamat fut déclinée en Contessamat, Contessamat SE, Contessamat STE et Contessamat SBE, qui était le haut de gamme de la série. Il fut produit de 1963 à 1967.

Que propose t’il qui justifie cette appellation de « haut de gamme » ?

  • il possède un télémètre couplé
  • une cellule couplée
  • un objectif Tessar 50mm f2,8 -f 22 (4 lentilles en 3 groupes), mise au point minimale 1m
  • un obturateur Prontomatic 500 SL qui va de 1s jusqu’au 1/500 s
  • pour la photographie au flash, il a un système pour coupler les anneaux de distance et d’ouverture; lors de la mise au point du télémètre, l’ouverture se règle simultanément.
  • un cadre collimaté avec superposition de l’image

Bon, ceci étant dit, comme le Vito CLR, on le sent bien en mains, même s’il est un peu plus léger (630gr).

Le déclencheur est plus habituel, sur le haut du capot. Très discret aussi. La manivelle de rembobinage est en dessous de la semelle et vous la déverrouillez en appuyant sur le petit bouton à côté.

La cellule est sur le haut du capot et il faut aussi quitter la visée des yeux pour la voir.

Esthétiquement, il est plus carré que le Vito CLR, mais c’est un design « classique » des années soixante.

Lui aussi est accompagné du fameux « sac tout prêt », dont la partie avant peut se détacher pour faciliter les prises de vue et qui permet de le porter (les lanières sont sur le sac). L’autre avantage de ce sac est de préserver la cellule, au sélénium, de la lumière qui l’épuise avec le temps. Celle de mon appareil est toujours fonctionnelle et l’appareil à plus de cinquante ans !

Franchement, ce qui impressionne avec cet appareil, c’est … son nom, promesse de qualité et que l’on voit bien (un peu à la Leica !)

Pour ma part, je le trouve tout à fait exploitable, même à notre époque. Il a ce qu’il faut pour photographier, mais sans courir : ces appareils demandent à s’apprivoiser pour donner le meilleur d’eux-mêmes.

Maintenant, si je devais choisir entre le Zeiss Ikon Contessamat SBE et le Voitgländer Vito CLR et bien … ce serait difficile !

Une petite vidéo (en anglais)

Et pour le mode d’emploi, c’est par LA

Des références, comme souvent : https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Zeiss_Ikon en français, https://pacificrimcamera.com/pp/zicontessamat.htm, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Zeiss_Ikon_Contessamat en anglais, http://fotobox.over-blog.fr/article-zeiss-ikon-contessa-et-contessamat-110280841.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=12909 en français, https://ilostrado.wordpress.com/2011/08/11/zeiss-ikon-contessamat-sbe-test-shoot-in-rome/ en anglais mais pour quelques idées de photos réalisées avec l’appareil