Argentique

Le Ferrania Eura, bis

Autre brocante, autre boite qui titille mon regard et à nouveau, un Ferrania (presque) complet dedans.

Je ne vais pas vous refaire les explications qui sont ICI pour ceux qui auraient raté le premier épisode.

Au vu de l’image des coffrets cadeaux, celui-ci date de 1964.

La boite a vécu mais hormis une partie de la serrure, disparue, elle est toujours en assez bon état.

Cet exemplaire à malheureusement pris un coup sur le dessus, près de la griffe flash, où il manque un morceau de plastique. Heureusement, cela n’aura pas de conséquence à la prise de vue, la lumière ne peut pénétrer par là dans la chambre.

Il est accompagné d’un livret expliquant le fonctionnement des flash Ferrania et l’appareil que j’ai acheté possède, dans sa boite et sa gaine, d’un flash à lampe … Ilford !

Ah oui, et il y a un toujours un film à l’intérieur, raison pour laquelle j’ai craqué. Comme il est difficile à ouvrir quand on ne connait pas le truc, gageons qu’il soit intact. Je n’arrive pas à bien lire à quel chiffre nous sommes, mais je vais le terminer. Comme dira Phil, suspens !

N’empèche, pour faire fonctionner ce flash, il me faut trouver la pile adéquate et ce n’est pas gagné. La plupart des anciens utilisent des piles de 22,5v !

Je ne pense pas que ce soit le cas ici, l’espace est trop petit.

Mais comme il y a du soleil, je vais pouvoir m’en passer jusque la fin du film !

Argentique

Le Diana original et ses clones d’époque

Si vous vous en souvenez, j’ai trouvé ces appareils chez un vide-grenier.

Tous les trois sont neufs, dans leur boîte avec leurs modes d’emploi et … des poussières !

Surtout le Diana, dont je ne pourrai, hélas, garder la boîte, trop abîmée (déchirée, qui a été dans l’humidité et porte des moisissures).

L’appareil en lui-même est aussi en mauvais état : sale, rouillé par endroit, avec le cerclage de l’objectif qui ne tient plus, un obturateur avec des tâches de rouille qui déclenche mais « à son aise ». Bref, je vais voir si je peux le récupérer, avec de la patience.

Les deux autres sont en fait des clones d’époque du Diana … enfin, si on veut car il s’agit en fait du même (ou presque) appareil mais badgés différemment. C’est là tout le sel de cette « découverte » : trouver en 2022 des appareils sortis il y a soixante ans, en plastique, mais neufs.

Je vous ai présenté le Diana F+, la version « moderne » de cet ancien best-seller chinois. Profitons-en pour parler du vrai, celui d’origine, le Diana tout court.

Petite mise au point de départ : l’original est le Diana, qui a existé en Diana F s’il était équipé d’un … flash !

Celui que je vous présente est donc un Diana, tout comme le Banner et le Anny, même si ce dernier a un look un peu différent.

Lomography a ressorti le Diana + (sans flash) et son fameux Diana F+ car ils ont choisi pour base l’original, surtout celui avec flash, auquel ils ont ajouté quelques fantaisies et améliorations.

Pour mémoire, c’est la Great Wall Plastic Factory de Kowloon, Hong Kong, qui a commis cet appareil, au début des années soixante. Voulu dès le départ comme un appareil bon marché, contrairement au Holga, il était avant tout destiné à l’exportation, notamment vers les Etats-Unis et l’Angleterre.

Pour vous donner une idée, l’importateur et distributeur américain le vendait par caisse de 144 appareils, à 50 cent US l’unité.

Les clients étant essentiellement des détaillants ou des intermédiaires pour créer des produits promotionnels.

Le Anny est, dans notre cas, siglé Reader Digest et il a été envoyé, sans doute comme cadeau, à un abonné en 1973.

Triste sort que d’être réduit à des cadeaux promotionnels, des lots de foire, de tombola … Il s’en est quand même vendu quelques uns, comme « vrais » appareils photos mais on pouvait douter de la sincérité des vendeurs par correspondance !

Si on en croit la légende, le Diana et ses clones immédiats ont vu leur production s’interrompre au seuil des années septante. C’était sans compter sur les copistes taïwanais, chinois et même hongkongais (on n’est jamais aussi si bien servi que par soi-même) qui ont continué encore quelques années.

Le fossoyeur de cet appareil mythique fut, notamment, le Kodak Intamatic, presque aussi bon marché mais tellement mieux fini et qui utilisait une nouveauté bienvenue auprès des photographes vraiment amateur, la cassette 126 qui était véritablement plus facile à charger que les films en 120 du Diana.

De nos jours, la firme Lomography est la seule à vendre ce Diana, il est vrai un peu amélioré, je vous renvoie à l’article que je lui ai consacré. Ils ont racheté les droits en 2007.

Mais, et je l’ai découvert en préparant cet article, un certain Greg Dash de Cyclops Cameras a lancé, en 2014, un projet participatif pour créer un Diana … digital. Mille appareils seront ainsi produit. Ce curieux phénomène s’appelait Rhianna (pour éviter les soucis avec Lomography) et s’est vendu 65 GBP pièce.

Source : Ebay

Que retenir de ce drôle de cube en plastique, souvent noir et bleu ?

Quand j’ai déballé le Banner, en voulant retirer le bouchon de l’objectif, j’ai eu la moitié de celui-ci en main, tout comme le cerclage métallique (si, si du vrai fer blanc chromé) du vrai Diana.

Construit trop vite, sans réelle volonté de garantir un minimum de qualité, les (mauvaises) surprises peuvent être légions : le tube de colle sera un précieux allié.

Fabriqué à partir de plastiques phénoliques de faible qualité, du type que l’on trouve couramment dans les jouets importés d’Asie dans les années 1960, ne vous attendez pas à de hauts standards de fabrication, ni même de constance dans celle-ci.

Au point de vue construction, l’avance du film est manuelle, avec une grosse molette, placée sur le dessus du capot, pas vraiment ergonomique, qui fait « clic » à chaque tour,

le tableau de bord, réduit à sa plus simple expression (appareil pas encore nettoyé) : la grosse molette pour l’avance du film et sur le côté de l’objectif, le déclencheur.

Ah, un point important : si la molette fait avancer le film, elle n’arme pas le déclencheur et ne se bloque pas à la vue suivante (hé, on n’est pas chez Rolleiflex ici, hein !). Il faut donc vérifier par la fenêtre rouge l’avancement des chiffres du film. Pas toujours évident, je vous le concède … mémoire de poison rouge, attention !

Le déclencheur est donc toujours « armé » et il suffit d’appuyer dessus pour faire la photo. La combinaison des deux permet les superpositions, volontaires ou non. Si vous êtes, comme moi, du genre distrait, gaffe car les surprises vont suivre !

Alors ne me demandez pas la vitesse d’obturation, elle varie non pas en fonction d’un quelconque réglage mais bien selon qui a construit l’appareil. Disons que ça fluctue entre 1/30 et 1/60 s.

La lentille, parlons-en de la lentille : c’est une lentille en plastique à ménisque très rudimentaire, qui ne couvre qu’imparfaitement la diagonale du film, ce qui a pour conséquence un vignetage assez prononcé et totalement aléatoire. Le manque de qualité de la lentille va aussi produire un contraste assez prononcé avec un rendu des couleurs étrange, sans compter les aberrations chromatiques et le flou, heu … artistique (?) de la chose.

Comme il n’y a pas de molette crantée pour l’avancement du film, celui-ci peut bouger, se coincer, ne pas avancer comme il le devrait. Bref, la aussi, surprise au menu !

La position de l’ouverture du diaphragme est confiée à trois pictogrammes – soleil, ombrageux, nuageux – via un petit levier dont la position est, comment dire, parfois fantaisiste (vérifiez toujours si l’ouverture est bien placée).

La version à 3 ouvertures propose des ouvertures de f11, f13 et f19, et – le luxe ! – il existe des filtres à clipser de 32 mm. Notons que la variante Diana Deluxe offre f 9, f 16 et f 22.

Si le Diana – enfin, l’appareil étiqueté ainsi – existe en plus de cinquante variantes similaires à la conception de base, il y eut plusieurs fabricants, plusieurs usines, qui n’ont pas utilisé toutes les mêmes plastiques (certains sont de meilleures qualités que d’autres), ou ont introduit de subtiles variantes à la physionomie générale (comme le Anny qui semble posséder une cellule), encore, certains ont ajouté des fonctionnalités comme une pause B (bulb), la possibilité de réellement faire du 6×6 (le Diana Deluxe), par exemple.

Pour insérer une bobine de 120, vous devrez déverrouiller tout le dos de l’appareil, grâce à une clé sous l’appareil. Il ne tombe pas tout seul, il fut parfois l’aider un peu, pour le faire glisser hors des « rails » en plastique prévus pour assurer l’étanchéité à la lumière.

Faites attention, car les languettes sur lesquels vous allez placer le rouleau sont fragiles.

Bon, bobine de film à gauche (appareil ouvert devant vous) et bobine réceptrice vide à droite. Vous tirez lentement sur le film pour insérer la languette dans la bobine réceptrice, et vous tournez un peu pour vérifier que la pellicule s’enroule bien. Faites-y attention car, je le rappelle, il n’y a pas de roulettes d’entrainement. Si vous le mettez mal, ce sera la galère pour le faire avancer ensuite.

En images, c’est plus clair :

Bon, il s’agit d’un Diana F+ de chez Lomography, mais le principe n’a pas évolué (le vrai Diana n’a juste pas de mode Bulb ni mode sténopé et on ne peut pas retirer l’objectif, enfin, heu … si, mais involontairement si ça a été mal collé !)

Voir les chiffres défiler à travers la pastille rouge n’est pas toujours aisé mais surtout, n’éclairez pas avec votre smartphone ou une lampe de poche, vous allez « griller » votre film (fuite de lumière assurée).

Ah oui, j’allais oublier de vous parler du viseur ! Son seul avantage est d’être à l’aplomb de l’objectif, un peu au dessus. Il ne contient, vous vous en doutez bien, aucune indication, même pas de cadre et à fortiori rien pour compenser la parallaxe. En fait, deux feuilles de simple plastique, sans grossissement.

-« Mais, me direz-vous à raison, qui voudrait d’un appareil aussi mal foutu ? »

Et bien par exemple le San Francisco Art Institute semble avoir été la première école à utiliser le Diana dans son programme de photographie en 1967-1968 comme moyen de stimuler la vision créative sans dépendre indûment des fonctionnalités et de la technologie de l’appareil photo. Ce sera au tour des étudiants de l’Université de l’Ohio à Athens ensuite, pour les mêmes raisons. Avec un point d’orgue quand une ancienne de l’école, devenue artiste confirmée, Nancy Rexroth, commis une exposition et un livre – Iowa – en 1976.

Si, de nos jours, beaucoup de photographes sont hantés par le piqué, le bokkeh, la précision chirurgicale, le rendu, etc. et acceptent de se plier aux réglages ardus de leur usine à gaz photographique, de nombreux autres ont envie de simplicité, d’approximation, de rêverie, sans prise de tête.

De fait, avoir ce « machin » en mains soit vous ôte tous vos complexes photographiques, soit vous bloque complètement (mais je vais avoir l’air idiot avec ce truc en mains !).

Si vous faites le pas, vous aurez envie de tester toutes les possibilités de réglages et comme elles sont « a minima », vous ne vous en préoccuperez plus, juste allez-vous vous concentrer sur le sujet.

Alors, tenté ?

Je vous résume ses qualités :

  • format photo normalement de 4×4, qui vous permet de faire 16 photos sur un rouleau de 120
  • ouvertures souvent de f11, f13 et f19
  • vitesses oscillants de 1/30s à 1/60s selon les modèles
  • possibilité de faire des surimpressions, volontaires ou pas
  • légèreté de l’ensemble (mois de 400gr avec le film, la courroie)
  • facilité d’utilisation vu le nombre de réglages proposés

Je passerai sur les défauts, vous les avez compris en lisant la « fiche technique ». Quoique certains auteurs insistent aussi sur de possibles fuites de lumière dues à l’assemblage un peu « rustique ». Le gaffer, je ne le dirai jamais assez, reste votre meilleur allié dans ce cas.

Est-ce un appareil à acheter ? Si vous en trouvez un en brocante, vide grenier ou dans un grenier, prenez-le, c’est tendance, surtout si c’est un vrai, de la belle époque (1960 – 1975).

Quant à acheter un Diana F+ de chez Lomography, pourquoi pas, ils ont fait l’effort de le rendre un peu plus agréable à l’emploi mais il n’est pas plus fiable que l’ancien, c’est la conception qui veut ça.

Mais c’est un appareil marrant, avec lequel on peut tout oser, ayant perdu vos complexes, l’œil au viseur.

Comme ma fibre « seconde main » me titille néanmoins, je dirais qu’il existe des appareils qui vous donneront les mêmes sensations, avec – souvent – une meilleure qualité d’image, ce qui n’empêche pas les fantaisies. Et comme ceux-là vous les trouverez pour une bouchée de pain, utilisez-les.

J’en ai déjà cité quelques uns dans la rubrique Lomographie, le dernier en date étant le Ferrania Euro

Petit résumé de mes trouvailles :

Si vous voulez contempler la plus grande collection de Diana, c’est par LA et ça vaut le détour.

Quelques images prises avec cet appareil ICI

Des références : https://lafillerenne.fr/blog/701/, https://www.lomography.fr/magazine/337781-diana-un-historique-rapide, https://microsites.lomography.com/diana/fr/galleries/detrich/ https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2406-Great%20Wall%20Plastic%20Factory_Diana.html en français, https://lensgarden.com/light/the-real-diana-camera-a-plastic-wonder/, https://analogsoulphoto.wordpress.com/2011/01/19/the-lovely-ladies-original-diana-camera-and-diana-f/, https://en.wikipedia.org/wiki/Diana_(camera)

Argentique

Petite moisson de vieux appareils

En passant devant un vide-grenier, poussé par une intuition sans doute, je m’y arrête et pousse la porte …

Dans le joyeux capharnaüm du magasin, au détour d’une allée, je découvre des tas de vieux appareils, pêle-mêle.

Bon, j’y vais et je trie : quelques Kodak Instamatic plus ou moins en bon état (je vous en ai déjà présenté quelques uns), un vieux Kodak à soufflet, malheureusement troué et dont une pièce métallique se balade dans la chambre (!?), de vieilles caméras de tous les âges, un Kodak Disc tout à fait inutilisable, deux Polaroid Swinger 20 – dont un en parfait état et dans sa trousse d’origine avec ses accessoires – qui ne sont plus utilisables non plus faute de film, le fameux film 20 qui donne son nom à l’appareil, un autre Polaroid Land 80 (dont le film n’existe plus) et …

… ceux que je choisi de prendre. Dans le désordre :

  • Un Anny W20, badgé Reader Digest,
  • Un Banner,
  • Un vrai Diana, tous les trois dans leur boite, neufs !
  • Un Kodak Brownie Bullet II avec encore un film à l’intérieur.
  • Un Minolta Autopack 500.

Bref, de quoi m’amuser quelques jours pour vous les présenter bientôt.

Argentique

Le Ferrania Eura

Une brocante de début avril, avec du soleil, assez exceptionnel.

Mais hormis cet astre, pas grand chose à me mettre sous les yeux ou entre les mains … et puis, au retour vers la voiture, j’aperçois un vieil appareil en bakélite, dans une trousse, avec ses accessoires qui ont l’air d’époque.

La dame du stand étant occupée, je prends cette trousse en mains et regarde ce qui s’y trouve : un boitier aux formes très datées, un flash, des ampoules, un second flash avec son câble. Bref, un « set » complet.

La dame a terminé son autre vente et revient vers moi. Je lui demande quelques précisions sur cet appareil et là elle me dit que c’est le sien, qu’elle avait reçu pour sa communion et qu’il est avec les accessoires qui l’ont toujours accompagné.

Poliment, au risque d’un impair, j’ose lui demander de quand date cette communion : « au début des années soixante », me dit elle en souriant.

Reste maintenant le moment délicat, celui où je m’enquiers du prix … une brève hésitation, parce que la dame me demande ce que je compte en faire. Et je lui explique ma démarche, le site, les achats et les tests que je fais.

Rassurée sans doute, elle me laisse partir avec ce souvenir qu’elle avait gardé mais plus guère utilisé, finalement.

A moi maintenant d’essayer de vous le présenter.

Vous allez voir, ce petit appareil tout en plastique va vous réserver des surprises car, très honnêtement, je pensais que sa présentation serait rapide … c’était sans compter sur le hasard, qui fait si souvent bien les choses !

Source : Bencinistory

Voici tout d’abord comment se présentait les coffrets cadeaux de cet appareil. Celui qui nous occupe date de 1966, celui que cette charmante dame m’a vendu (seule la tirette est HS).

Mais peut-être un mot d’abord sur Ferrania, une marque italienne qui, à l’origine, fabriquait essentiellement des films pour appareils photo, le cinéma et le monde médical.

Si elle a produit des appareils photos, c’est pour vendre aussi de la bobine (si je puis écrire), comme l’on fait Kodak, Agfa, Adox, Gaumont, etc. plus ou moins aux mêmes époques.

Elle n’a pas fabriqué tous les appareils qu’elle vendait sous sa marque, seulement les plus simples, les autres étant confiés à des partenaires, pour la plupart européens.

Son nom vient de la commune de Cengio, au lieu dit Ferrania, située en province de Savone (Ligurie) où, en 1917, se crée la FILM (Fabbrica Italiana Lamine Milano). Elle fusionnera en 1932 avec la SA Michele Cappelli. En 1935, ils rachètent la FIAMMA, active dans la construction d’excellents appareils.C’est à partir de cette époque qu’elle engrange les connaissances nécessaires (conception, fabrication) à la fabrication d’appareils photo.

Puis, en 1937, elle rachète encore la société FILMA, de Turin qui, comme son nom ne l’indique pas, fabriquait des luminaires caisson en tôles (mais bon, les fondateurs étaient dans plusieurs entreprises).

La société sera rachetée en 1964 par le groupe 3M, car outre la photographie, elle était impliquée dans l’impression notamment.

Pour compliquer un peu les choses, certaines caméras Ferrania ont été fabriquées par Dacora en Allemagne, tandis que leur série Condor l’était par Galileo en Italie.

Officiellement Ferrania est née en 1937 et elle est prête à commencer l’aventure.

Au début, elle recyclera des appareils fabriqués autrefois par Cappelli, des 6×6, 6X9 et 4,5×6. C’est en 1939 que la société Ferrania crée deux nouveaux appareils, le Zeta et l’Eta, qui seront présentés à la Foire de Milan en 1940. Si le Zeta est un 6X9 « classique », l’Eta rompt avec les formes usuelles des appareils de l’époque.

Source : Bencinistory, le Zeta en haut (6X9) et l’Eta (4,5×6) en dessous

Les années quarante verront l’avènement d’appareils télémétriques, folding et box tous assez originaux. Parfois en étroite collaboration avec l’entreprise Galileo, fabriquant d’appareils et d’optiques réputés.

En 1950, sortait notamment l’Elioflex, un reflex à double objectif qui utilisait du film 120 pour des négatifs 6×6, avec objectif Galileo. Ce fut un succès commercial car ce boitier, encore une fois, rompait avec les appareils traditionnels du paysage photographique italien.

Cette période fut l’âge d’or de la marque, avec une production d’appareils renommés (Condor, Falco, Rondine, Ibis, Astor et leurs nombreuses déclinaisons), jusqu’en 1952, qui marque une rupture. Celle d’avec Galileo d’abord pour des raisons internes. Puis une certaine rationalisation de la production afin de réduire les coûts et augmenter la production.

Les nouveaux appareils sont souvent des variations sur des thèmes plus anciens, qui évoluent par petites touches.

Enfin, en 1959, apparait l’Eura, un appareil fabriqué à Milan, tout en plastique, ultra-économique en format 6×6 pour film 120. Le boitier sera présenté comme  » une avancée décisive pour que TOUT LE MONDE puisse photographier en toute simplicité, en toute confiance, avec satisfaction, à moindre frais ».

Très simple d’utilisation, j’y reviendrai, il fit l’objet d’une campagne de publicité non seulement en Italie mais partout en Europe. L’Eura sera sans doute le plus grand succès commercial de la marque car, outre sa simplicité, les résultats photographiques étaient salué par la presse photo de l’époque.

Dans le même esprit, en 1962 les modèles Euralux 34 et 44 restaient proches de l’Eura : tout en plastique, mais plus petits, utilisant alors le film 127 pour des négatifs respectivement de 3×4 et 4×4, ils gardaient la même simplicité d’utilisation mais introduisait une espèce de coquille à l’avant, qui renfermait un petit flash à ampoules, rabattable.

Ce petit boitier noir, tout plastique, est donc un « phénomène » finalement un peu oublié de nos jours, quoique … les Lomographistes ne pouvaient qu’être enthousiastes à sa (re)découverte, j’en parlerai plus loin avec un projet étonnant.

Simple, écrivais-je, je dirais même simplissime, comme pouvaient l’être le Bilora Gevabox ou l’Agfa Clack, contemporains.

Son objectif est une lentille en plastique à ménisque, avec une mise au point de 2m à l’infini. Notons toutefois que la lentille est recouverte d’un traitement bleuté, anti-réfléchissant.

Tiens, juste en passant, c’est quoi une lentille à ménisque ? C’est une lentille qui a deux surfaces courbes, convexe d’un côté et concave de l’autre, plus épaisse au centre que sur les bords. Souvent combinée à un autre objectif, elle diminue la distance focale et augmente l’ouverture du système. L’utilisation d’une telle lentille produit un plan focal plus petit et occasionne moins d’aberrations qu’un objectif plan – convexe standard, améliorant la qualité de l’image.

Il y seulement deux ouvertures f8 (nuageux) et f12 (ensoleillé) et une seule vitesse, le 1/50s. Pas de pause bulbb, ni retardateur.

Mais on peut y brancher un flash !

Pour l’ergonomie, disons que c’est un peu atypique : le bouton d’avance du film est en dessous (habituellement il est au dessus) et guère pratique à cet endroit.

Et le verrouillage de la porte arrière, qui s’enlève entièrement, demande que l’on tourne le gros bouton du dessous vers « ouvrir » tout en descendant le curseur. Pas pratique du tout, même si cette technique permet de sécuriser le dos des ouvertures fortuites. Sur le dos amovible, au milieu, une fenêtre en rouge inactinique pour lire les numéros des photos (un compteur efficace en soi mais souvent peu lisible). Petite coquetterie utile, cette fenêtre est entourée d’un feutre noir pour éviter les fuites de lumière.

Je note que l’assemblage des plastiques est bon, avec des rainures qui s’emboitent bien et est sans doute bien étanche. Mais attention, c’est du plastique, qui pourrait se déformer si on l’expose à de fortes chaleurs.

Heu, pour refermer le dos, il faut le placer contre, remonter le curseur de gauche, ce qui libère la roue d’ouverture/blocage et revient bloquer le mécanisme. Il faut exercer une petite pression sur la partie droite pour bien clipser l’ensemble.

Je crains que même avec de l’habitude, changer de film demande un peu de patience.

Encore un mot, à propos de la chambre cette fois. Comme pour l’Agfa Clack, est elle légèrement bombée et le dos porte des « rails » qui servent de presse film.

Autre bizarrerie, la griffe du flash est montée sur la partie du dos qui s’enlève. La notice prévient d’ailleurs de tenir l’appareil contre soi lorsqu’on veut retirer le flash, pour éviter tout risque d’ouverture en tirant trop fort sur le flash.

Le viseur est un simple tunnel de Galilée finalement très lumineux à défaut d’être précis (pas de cadre).

Lorsque vous manœuvrez le bouton de bobinage pour faire avancer le film, dites-vous bien qu’il n’arme pas l’obturateur. Amateur de doubles expositions involontaires (ou pas), pensez-y, cela vous évitera des déconvenues car le déclencheur est toujours « armé ».

Le déclencheur, d’ailleurs, c’est le gros curseur rouge, sur le côté de l’objectif, qu’il suffit de descendre du bout de l’index.

Au niveau réglages, pas de panique : vous placez le repère de la couronne soit sur le chiffre qui correspond (plus ou moins) à la distance sujet – appareil (2 – 3 – 8 – infini).

Pour l’ouverture, même chose : vous placez le curseur soit sur 8 soit sur 12, fonction de la lumière disponible, ou le flash et la distance du sujet (sur 12 si vous êtes vers les 2 m, 8 si vous êtes au delà).

Sur l’appareil que j’ai acheté, on a dû recoller la couronne, mais pas à la bonne place car les symboles ne correspondent pas au mouvement de l’objectif ni à la position des ouvertures. Je vais regarder à remettre ça en place.

Ah oui, toujours sur le fut de l’objectif, une prise pour le câble du flash que vous aurez mis dans la griffe.

Qui dit appareil simple dit mode d’emploi restreint : ici, on frise le concentré

Voilà, voilà …

Admirez au passage la lanière en plastique, d’origine. Sa fragilité nous rappelle que l’appareil, nu, pèse moins de 300gr.

Les designers italiens ont bien travaillé et le style de l’appareil est plus élégant que l’Agfa Clack ou le Bilora Gevabox, mais les goûts et les couleurs …

Comme je l’écrivais plus haut, un appareil typique de la Lomographie : simple à utiliser, pas mal fichu, plaisant à l’œil avec son côté « vintage » assumé.

Lors du confinement dû à la pandémie de Covid 19, des photographes, essentiellement italiens, ont eu l’idée d’utiliser cet appareil pour raconter leur quotidien de confinés, mais je leur laisse la « parole » :

« Quinze passionnés de photographie racontent avec le même appareil – un Ferrania Eura de 1959 – l’immobilité qui nous entourait lors du premier confinement (mars/avril 2020).

Dans cette situation aliénante, celle qui a caractérisé la première vague, dans laquelle les journées sont devenues répétitives et semblables les unes aux autres enveloppées dans cette couverture de silence.

Chiara Vannoni, créatrice, dans cette perspective a cherché qui utiliserait la FERRANIA EURA et pourrait lire le même moment avec des yeux différents, créant ainsi le Collectif aLongSunday.

Comme un dimanche après-midi très long et désert où quinze passionnés de photographie ont repris leur EURA. L’idée était de documenter ces moments en appuyant leur intemporalité pour décrire un moment inédit avec un regard ancien. Cet appareil photo petit et léger de 1959 était la clé pour accompagner l’attente.

Ferrania Eura est le véritable protagoniste de ce projet. Le fil rouge qui unit les photographes ». Source : aLongSunday

Je vous invite, naturellement, à découvrir leurs travaux en tenant compte du contexte particulier du moment et du comment :

« NOS PHOTOS : Le claquement doux puis le claquement presque impertinent de la roue d’avance étaient le fil conducteur qui liait nos souvenirs de ces jours surréalistes.

Chacun, de la manière permise dans les lieux où il se trouvait, a commencé à emporter ce petit moyen format avec lui et à lui faire écrire ce qui se passait autour de lui.

Il y a ceux qui ont l’habitude de la photographie pour le travail, ceux qui la voient comme un passe-temps, ceux qui en ont une passion. Dans ce groupe, la variété n’est pas seulement géographique.

LE CONTEXTE HISTORIQUE : Le court-circuit du temps qui ne semblait plus s’écouler était amplifié par la vue de la petite caméra qui donnait une image presque intemporelle de ces jours étranges.

La grande vague qui nous a saisis et nous a enfermés dans nos maisons a brisé la réalité de ces mois en mille fragments.

Le confinement a eu des répercussions qui vont au-delà de celles économiques et sanitaires au sens strict. Dans le projet photographique, il est possible d’observer à la fois la trace de la documentation de la réalité et les différentes visions qui la filtrent pour la raconter.

Avec l’arrivée de l’été, les signes d’un mécanisme de refoulement tantôt inconscient, tantôt volontaire commencent à apparaître, frisant le déni.

Un projet comme celui-ci, sans se focaliser sur l’actualité des médias connus de tous, rappelle que même dans la réalité de chacun quelque chose s’est passé  » Source : aLongSunday

Les photos de ce groupe de passionnés, outre le message, vous donneront un aperçu des capacités étonnantes de cet appareil (il suffi de cliquer sur le nom de chaque photographe sous le titre Project 1.0.).

Franchement, ayant vu ces photos, je me demande encore pourquoi certain(e)s achètent encore un Holga ou un Diana F ? Ils ne présentent guère plus de réglages que celui-ci et en plus, ils souffrent d’un important vignetage – parait-il leur « signature » – dont est exempt le Ferrania Eura.

En ressortir fera aussi preuve d’écologie : l’appareil existe déjà, pas besoin d’en recréer de nouveau pour tenter l’expérience.

Vous l’aurez compris, ce petit appareil improbable m’a séduit. Il me reste quelques bobines en 120 que je destinais à un Diana F+ (oui, je sais, je cumule les fautes de goût !).

Il n’est pas trop difficile d’encore en trouver, tout le monde ne s’en est pas débarrassé, la preuve. Souvent offert comme cadeau, certains ont été précieusement conservé. Son prix ne doit pas dépasser 10€ si le set est complet, comme ici. Sinon, pas plus de 5€ pour l’appareil seul.

Juste à vérifier que l’obturateur fonctionne, que la coque n’a pas subit de chute et qu’elle n’est pas fissurée ou cassée.

Sinon, bonne découverte et, surtout, bon amusement !

Quelques publicités d’époque

Source : Photrio.com
Source : Bencinistory

D’autres exemples de photos prises avec l’appareil ICI et LA.

Caractéristiques

Film 120 rouleau, format image 6x6cm
Objectif ménisque f/8, filtre à enfiler
Ouverture : f/8 et f/12, réglage : levier et échelle sur le barillet de l’obturateur
Plage de mise au point : 2-8m +inf
Mise au point manuelle de la cellule avant
Obturateur Everset, une vitesse 1/50
Armement et déclencheur : par le même levier, sur le barillet de l’objectif-obturateur

Remontage : bouton sur la plaque inférieure
Viseur télescopique inversé
Prise Flash PC : sur le barillet de l’obturateur
Retardateur : aucun
Capot arrière : amovible, s’ouvre par un loquet sur le côté droit de la caméra
Gravure au dos de la couverture : Made in Italy
Prise trépied : ¼’
Pattes de sangle
Corps : plastique et aluminium ; Poids : 244 g
N° de série aucun

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Ferrania_Eura, https://www.lomography.com/magazine/224211-ferrania-eura-the-beauty, http://ericconstantineau.com/photo/review_ferraniaeura_en.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Ferrania en anglais, https://it.wikipedia.org/wiki/Ferrania_Eura, https://bencinistory.altervista.org/001%20CAM.%20FERRANIA/storiaferrania3.html, https://www.alongsunday.com/, https://thefilmrenaissance.wordpress.com/2016/07/02/ferrania-eura-the-italian-holga/, https://bencinistory.altervista.org/001%20CAM.%20FERRANIA/intro%20ferrania.html en italien, https://www.mes-appareils-photos.fr/Ferrania-Eura.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=105, https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferrania en français

Argentique

Le Smena 8

Toujours sur la brocante de Soignies, j’ai aussi dégoté ce Russe. Oui, je sais, il y a embargo sur leurs produits mais celui-ci fut produit sous Leonid Brejnev, Anastase Mikoyan, Nikolaï Podgorny et encore ce bon vieux Leonid (entre 1963 et 1971, pour l’appareil). Y a prescription !

Je vous avoue que je ne pensais pas trouver tant de choses à écrire sur cet appareil tout en plastique, à la forme étrange, pas vraiment beau et qui sent bon l’appareil que je classe dans les « lomographiques », c-à-d. aux rendus sans doute très, heu … aléatoires ?

Mais commençons par la présentation illustrée de l’engin

1 – ouverture, 2 – vitesses, 3- objectif, 4- échelle de profondeur de champ, 5 -levier d’armement, 6 -déclencheur, 7 – aide mémoire du film, 8 – compteur de vue, 9 – Viseur, 10 – molette de rembobinage, 11 – corps de l’appareil, 12 – couronne des vitesses, 13 – échelle des distances, 14 – verrou du dos, 15 – prise de synchro flash (PC), 16 – levier du retardateur, 17 – contrôle de l’ouverture, 18 – échelle des distances

19 – griffe flash dite froide, 20 – compteur de vue, 21 – viseur, 22 – molette d’armement, 23 – bobine réceptrice, 24 – dos détachable, 25 – presse film

Comme ça, le décor est planté.

Un peu d’histoire pour commencer : le nom Smena (Смена) est celui d’une longue série d’appareils conçus pour être peu coûteux, simples à utiliser, faciles à produire.

Le premier de la liste sera produit en 1939, tout en bakélite. Conçu par Ilya Grigoryevich Shapiro, il s’inspirait d’un Kodak Bantam avec quelques améliorations comme un obturateur plus souple d’utilisation, la possibilité de faire la mise au point et un viseur intégré à l’appareil, mais moins « beau ».

Source : About Photography Legend, le Kodak Bantam Art Déco
Source : Wikipedia, le Smena premier du nom.

Presque tous les Smena furent fabriqués à Leningrad (l’ancienne St Petersbourg qui redeviendra St Petersbourg !) dans l’usine de GOMZ (Gosudarstvenniy Optiko-Mekhanicheskii Zavod ou fabrique d’appareils optiques).

Un mot au sujet de cette entreprise pour comprendre mon allusion à la lomographie : LOMO (en russe : ЛОМО), acronyme russe de Ленинградское oптико-механическое oбъединение (Leningradskoïe Optiko-Mekhanitcheskoïe Obiedinienie, signifiant Association optico-mécanique de Léningrad), est la principale entreprise russe d’optique instrumentale.

Localisée à Saint-Pétersbourg, c’était à l’origine une firme franco-russe fondée en 1914. Nationalisée en 1919, elle a pris le nom de GOMZ en 1930, puis celui de LOMO en 1962.

La particularité de cette société est d’avoir produit une gamme astronomique d’appareils avec néanmoins une certaine constance : des appareils peu coûteux qui visaient à introduire la photographie de masse dans l’Union Soviétique. C’est sans doute un des producteurs les plus prolifique au monde.

Entre temps, la seconde guerre mondiale est passée par là et même si l’usine de GOMZ fut épargnée de la destruction, il faut attendre 1953 pour que le même Ilya Grigoryevich Shapiro sorte un nouveau Smena.

Pourquoi avoir repris ce nom, qui signifie « changement » ? La petite histoire dit que la sortie de l’appareil coïncide avec la disparition du tyran Joseph Staline et que notre bon Ilya Grigoryevich espérait sans doute du changement dans la politique de son pays …

Le Smena donc repart et se « perfectionne » au fil des numéros, jusqu’au Smena 5 qui introduit le premier corps bicolore.

Source : Soviet Camera’s

Heu, si vous regardez bien cet appareil, vous constatez qu’il n’y a pas de molette de rembobinage sur le dessus (ni en dessous d’ailleurs) : le film terminé, vous deviez vous mettre dans une chambre noire, ouvrir l’appareil et rembobiner à la main le film. Sans doute économique mais absolument pas pratique !

Les spécialistes considèrent qu’il y a une première génération de Smena, du 1 au 4, et une seconde qui débute avec le 5 pour se terminer au 9. Avec, entre temps, des variantes qui présentaient des changements mineurs entre elles.

Mais venons-en à notre numéro 8. Le Smena 8 (nom écrit en cyrillique pour le marché intérieur ou romain pour l’exportation), qui sera aussi appelé Cosmic 35 pour le marché anglais ou Global 35, ou encore Revue pour le distributeur allemand Foto-Quelle, est clairement destiné à une production visant aussi l’Occident décadent.

Bref, avec toutes les variantes, on estime que plus de trente millions d’appareils ont été vendu sous appellation Smena. Un fameux record !

Ce qui est un avantage, car ces appareils sont tellement courant qu’on en trouve un peu partout, à des prix « démocratiques ».

Si je résume à cet instant la philosophie des appareils Smena, nous pouvons dire qu’il s’agit d’appareils « low cost » et simples, destinés aux amateurs peu fortunés mais qui veulent quand même un appareil avec un bon objectif.

Le Smena 8 est dans la tradition avec un corps en plastique qui, s’il ne pèse que 327gr, semble dense en main; avec un petit côté ergonomique – la simili poignée à gauche, ce qui est bizarre parce que le déclencheur reste à droite, mais permet toutefois une bonne prise en mains.

Détaillons un peu l’engin : la plaque supérieure est banale, avec un petit bouton de rembobinage sur la gauche, à côté d’une griffe porte-accessoires, un cadran de rappel de film et un compteur d’exposition combinés, et un bouton de déclenchement fileté, garni de petits picots. L’avance du film est réalisée par une roue à droite, sous la plaque supérieure.

Cette roue a existé sur d’autres appareils de l’époque, si ce n’est qu’ici elle est accessible par devant ou derrière l’appareil, pour une meilleure prise. Ce qui n’est pas du luxe car elle n’est pas très « fluide ».

En dessous, rien de bien particulier, sauf peut-être la douille pour fixer un trépied, qui est au standard 1/4″ et pas au standard russe de 3/8″. Exportation oblige.

Le déverrouillage du dos se fait en actionnant le loquet qui est sur la tranche gauche de l’appareil (en le regardant de face). Le verrou est efficace et tient bien mieux que celui du Holga par exemple (mais ce n’est pas un bon exemple).

C’est le dos complet que s’enlève pour accéder à la chambre, ce qui n’est guère facile car lors d’un changement de bobine, il faut le tenir à l’œil pour qu’il ne tombe pas, p. ex. Autre particularité, il y a une bobine réceptrice dans l’appareil, amovible, un peu comme sur les anciens Zorki, Fed et consorts. Notez que si l’exemplaire que vous avez acquis en est dépourvu, vous pouvez la remplacer par une bobine de film « classique ». Elle se place à gauche dans la chambre.

Je note toutefois que des rainures permettent un bon assemblage et je pense qu’il ne doit pas y avoir de fuite de lumière de ce côté là. Le pastique est costaud.

Autre particularité de l’engin, son levier d’armement ! Je récapitule : pour faire avancer le film, vous tournez la grosse molette, jusqu’à ce qu’elle cale car vous êtes à la vue suivante. Mais ce mouvement n’arme pas l’obturateur. Vous devez le faire vous-même avec le petit levier qui se trouve sur le côté de l’objectif (le point 5 sur le dessin du dessus). Enfin, le déclencheur ne sert qu’a libérer l’obturateur.

Et si vous voulez utiliser le retardateur, on recommence : avance du film avec la grosse roue, armement de l’obturateur avec son levier, armement du retardateur avec l’autre levier sur l’objectif (le point 16 du dessin) et déclenchement avec le bouton du dessus.

A croire que ce système a été inventé pour favoriser les doubles expositions involontaires !

Ceci étant, l’obturateur offre 5 vitesses, de 1/15s au 1/250s, plus une pause B. C’est un peu court, surtout avec nos films modernes qui peuvent proposer du 800 Asa, voire plus. Si vous avez choisi ces vitesses rapides, sachez que vous aurez intérêt à n’utiliser le Smena 8 qu’à l’intérieur ! Un film de 100 Asa sera plus utilisable s’il y a du soleil.

Allez, autre rayon des choses étranges, le réglage de l’ouverture de l’objectif, qui se fait en tournant la bague à l’avant de celui-ci. Comme les bons vieux Jupiter 12 ou les anciens Leica Elmar. Vous aurez donc toutes les chances de laisser à un moment ou un autre des traces de doigts sur la lentille.

Mais vous constaterez que le devant de cet objectif comporte de fait deux échelles : celle des distances (de f4 à f16) et une notée de 4 à 8.

On s’y fait car c’est finalement assez pratique, étrange mais utile. Plutôt que d’aligner des mots, je vous invite à regarder la video ci-dessous pour saisir l’intérêt de ce système, finalement assez génial à défaut d’être pratique.

Ah, un mot sur le viseur, très lumineux, et pour cause : il s’agit de deux verres plats, sans grossissement, sans aucune marque pour aider à la visée, rien ! Un tube, point barre. Ce qui va compliquer la vie des porteurs de lunettes car sans grossissement, ils ne verront jamais l’entièreté du cadre de visée.

Vous avouerez que jusque là, ce n’est pas encourageant pour tester cet engin étrange. qu’est-ce qui pourrait bien rattraper l’impression de « bidule » induit par le Smena 8 ?

Son objectif ! Un triplet T-43, soit un 40mm qui ouvre, comme je l’ai écris plus haut, de f4 à f16. Si vous regardez l’échelle de mise au point, à f8, vous serez net de 2m à l’infini; à f11, vous serez net de 1,5m à l’infini. Autrement dit, si vous oubliez de faire la mise au point, il y a de forte chance pour que vos images soient nettes quand même.

Au vu des exemples que je vous invite à découvrir ICI et encore ICI, le rendu des images est bon, voire très bon.

Bon, que penser de cet appareil ?

Selon les critères de chacun, il est franchement moche, vintage, décalé, mignon.

Comme d’habitude, les goûts et les couleurs …

Mais à part quelques bizarreries, il n’est pas si mauvais et pourrait même apporter son lot de (bonnes) surprises, pour autant que vous soyez conscient de ses limites.

Si j’ai écris un peu plus haut qu’il n’est pas rare, on n’en trouve quand même pas beaucoup en Belgique. L’Angleterre et l’Allemagne semblent avoir été de bien meilleurs marchés.

Donc, si vous tombez sur un exemplaire en bon état et que vous n’avez pas peur de l’exotisme, laissez vous tenter. Car vous l’emporterez pour une quinzaine d’euros tout au plus.

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Un peu de technique :

Ce modèle est similaire au Smena-6 , mais avec rembobinage du film ajouté, possibilité d’utiliser une seule cassette avec bobine réceptrice et système de blocage
Bouton de rembobinage contextuel
Obturateur : central, vitesses 1/15-1/250 + B avec synchronisation flash
Objectif : T-43 (Triplet) 40mm f/4 en trois éléments, avec couche de protection
Ouverture : f/4 – f/16
Retardateur +/- 10 sec.
Mise au point : 1 mètre à l’infini
Batterie : Aucune (pas de cellule)
Support Flash : griffe froide, synchro M et X

Des références : https://sovietcameras.org/smena-8/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Smena-8, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Smena_Series_by_GOMZ_%26_MMZ_%26_LOMO, https://www.mikeeckman.com/2020/10/lomo-smena-8-1963/ https://www.lomography.com/magazine/12138-smena-8, http://ussrphoto.com/Wiki/default.asp?WikiCatID=71&ParentID=1, https://www.commiecameras.com/sov/simplecameras/index.htm, https://oldcamera.blog/2017/05/27/cosmic-35-aka-smena-8/ en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=43, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Lomo/Lomo_Smena_8, https://fr.wikipedia.org/wiki/Smena, http://www.lumieresenboite.com/collection2.php?l=1&c=Lomo_Smena_8M en français

Argentique

Le Kodak Intamatic 355 X

Toujours dans la gamme des appareils « luxueux » des Kodak Instamatic, j’ai trouvé ce 355X chez un vide-grenier.

Brève négociation du prix et me voici à la maison, muni de mes traditionnels coton et coton-tiges imbibés d’alcool à 90° pour le nettoyer de fonds en comble (et il en avait bien besoin).

Petit tour du propriétaire pour constater qu’une pile se cache dans l’appareil, une 6v. Elle commençait à s’oxyder mais elle n’a pas coulé et le compartiment est intact, tant mieux.

Bien naturellement, il acceptera les Kodapak ou cassette 126, spécialement créés pour la gamme des Instamatic. Pour en savoir plus à ce sujet, je vous renvoie avec plaisir vers les autres Instamatic déjà vus sur le site : le 28, le 154, le 324, le 233, le 277X.

Son objectif est un fix focus de 43mm ouvrant à f11, ce qui autorise une netteté de vos images de 1,2m à l’infini, pour autant que le soleil soit de la partie. Sinon, comptez sur le flash, un Magicube.

Si vous avez suivi les autres Instamatic et mes quelques digressions à leur encontre, vous aurez remarqué que, généralement, s’il y avait une pile, c’était pour utiliser des …flashcubes qui ont besoin d’une alimentation électrique.

Or ici, double contradiction : il y a une pile mais les flashs sont des Magicube, qui n’ont pas besoin de courant.

Quelle autre explication à cette pile de 6v, une 4LR44 actuelle ?

Si vous regardez bien sur la façade de cet Instamatic 355 X, il y a un rond à côté de la marque, une espèce d’hublot près du viseur.

Serait-ce une cellule ?

Eh oui, sur cet appareil, fabriqué de 1971 à 1977, Kodak avait greffé une cellule au CdS qui contrôlait la vitesse.

Introduit en même temps que le 155X et le 255X, il aura la même longue carrière que ce dernier.

C’est clair, l’ajout de cette cellule était un atout : vous n’aviez plus qu’à visez, l’appareil calculant la vitesse d’obturation.

Et justement, parlons-en des vitesses de cet appareil : l’obturateur déclenche de 30 secondes (vous avez bien lu) au 1/300s. Il est donc possible de faire des pauses longues avec ce 355X. La preuve ? Un filetage pour un trépied est prévu dans la semelle et il y a la possibilité de fixer un déclencheur souple près du déclencheur classique.

Voilà qui ouvre des perspectives intéressantes …

Si, lorsque vous visez, la cellule détecte un temps de pause supérieur au 1/30s, un signal lumineux (un point rouge dans le coin inférieur droit du viseur) vous en averti, vous incitant à utiliser un trépied ou à placer un Magicube dans la prise au dessus de l’appareil.

Décidément, ce petit compact, qui ne paie pas de mine, a des réserves pour nous étonner !

Le plus fou de l’histoire, c’est que cette petite boite de plastique a traversé le temps, vraisemblablement ballotée sans trop de ménagements, et qu’elle fonctionne toujours : elle arme, déclenche, le témoin lumineux est bien là !

Seule la cassette en 126 devient délicate à trouver : les dernières ont été fabriquée en 2009. Ou alors, il faut passer par les manipulations que je vous ai exposées dans l’article sur le 233.

Franchement, ça me tente …

Plus vintage que ça, c’est difficile, non ?

Alors, vu la quantité de ces appareils que l’on trouve facilement, faites-vous plaisir, tentez l’aventure.Cela vous rappellera les temps anciens ou vous remplissiez les albums familiaux, voire cela vous rapprochera des gestes de vos parents ou grands-parents, qui ont illustré votre historie familiale de ces petites photos carrées pleine de charme.

Comme j’avais bien envie de tester cet appareil, en passant sur le site de vente bien connu, j’ai dégoté quelques cassettes en 126 … Fuji ! Des 12 vues en 100 Asa expirées depuis 1991. Gageons qu’elles aient été bien conservées, mais je vais tenter l’aventure avec elles.

Les pubs de l’époque (merci à Collection-appareils)

Source : Photo-Plait 1972
Source : Manufrance 1973

Les données techniques :

Production09/1971 – 1977        –        Kodak Germany et Royaume Uni
Type de film126
Format image28x28mm
BoîtierPlastique avec facade en métal
ObjectifRodenstock 43mm ouvrant à f1:11, fix focus
ViseurOptique
ObturateurElectronique de 30 secondes au 1/300e. Un signal lumineux prévient lorsque la vitesse descend plus bas que le 1/30e
PosemètreCellule CdS
FlashMagicubes
DiversPrise pour déclencheur souple

Bien qu’il soit très simple d’utilisation, voici le lien vers le mode d’emploi, ICI.

Quelques références : https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-355x/, http://www.appaphot.be/en/brands/kodak/kodak-instamatic-355x/, https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1194 en anglais, https://app-phot-col.com/boit_deta_5.php, http://glangl1.free.fr/Liste-KodakInst.html en français, https://www.fuorifuoco.it/kodak-instamatic-355-x/ en italien

Argentique

Le Polaroid 636 Close-Up

Ah, celui-ci, je l’ai trouvé dans notre grenier … les circonstances de la vie font que, parfois, au hasard d’une nouvelle vie de couple, on découvre des objets inconnus.

Hormis un peu de poussières, il est en parfait état.

De prime abord, je dirais qu’il est plus récent que celui que je vous présentais il y a peu, le Supercolor 600, car ses formes sont moins anguleuses, plus arrondies, plus fluides et même plus compact en étant replié.

Chez Polaroïd, j’ai toujours l’impression qu’ils ont réussi à faire de « neuf » avec de l’ancien, avec quelques retouches purement esthétiques, hop, voilà un nouvel appareil !

De fait, celui-ci reprend la formule du 635 CL (pour Close-Up) mais s’habille « moderne ». Il fut produit au début des années nonante.

Les Polaroid 636 Close Up et 635 CL sont de proches cousins, qui se différencient essentiellement par leur design.
source : Instanmaniac

Il va donc reprendre les mêmes films (gamme 600) et – quasi – les mêmes fonctions, à savoir :

  • le flash
  • le curseur éclaircir/obscurcir qui vous donne un contrôle à minima sur l’exposition
  • le double déclencheur qui vous permet de déclencher sans flash ou de laisser l’appareil décider de l’activer

Notez qu’avec ce type d’appareil, vous pouvez très vite faire des photos sans lire un quelconque mode d’emploi : vous ouvrez le dessus de l’appareil, qui se met en batterie (diode verte sur le dessus et vous entendez le sifflement caractéristique du flash qui charge), vous visez l’objet de votre désir et vous appuyez sur le déclencheur …Zip, clac, la photo sort et vous la laissez sécher quelques minutes à l’abri de la lumière vive. C’est tout, facile non ?

En fait, par rapport au Supercolor 600 cité plus tôt, celui-ci possède une cellule qui va régler automatiquement les temps d’exposition et l’ouverture du diaphragme. Vous pourrez éventuellement corriger avec le curseur clair/sombre, mais après coup, si vous estimez que le résultat doit être modifié.

Par rapport au Supercolor toujours, le flash est donc intégré, ce qui autorise cette fois les photos en intérieur sans recourir à une barrette de flash externe, très difficile à trouver. Mais vous ne pouvez pas contrôler les paramètres d’exposition (ah, le charme de l’aléatoire !).

Mais venons en à sa spécificité, le « close-up ».

La distance de mise au point des Polaroid est généralement d’1,2m. Grâce à cette fonction, vous pourrez descendre à une distance de 60cm.

Pour être précis sur la mise au point, le mode d’emploi reprend un petit tableau, à retenir.

Techniquement, lorsque vous choisissez la fonction en faisant glisser le curseur vers le pictogramme de la petite fleur, vous déplacez une lentille qui vient se mettre devant l’objectif et le viseur.

La lentille qui se place devant le viseur vous donne une indication pour placer votre sujet correctement avant de déclencher.

Petit truc à retenir pour éviter de gâcher de la pellicule : lorsque vous refermez l’appareil, la lentille revient à sa place. Il faut donc la réajuster si vous voulez faire un nouveau gros plan.

Et il y a un compteur d’images qui peut vous induire en erreur lorsque vous arrivez au « bout » de la cartouche car il est calibré pour 10 vues alors que celle-ci n’en compte que 8. Concrètement, au chiffre 2, vous avez fini votre pack !

Toujours au sujet des pack 600, ils doivent contenir une pile. Faites attention au moment de l’achat car Impossible Projet, redevenu entre temps Polaroïd, a conçu des pack 600 sans pile, mais c’est (normalement) noté sur le pack.

Que retenir de cet appareil ?

Techniquement, il est plus intéressant que le Supercolor 600 déjà cité. La qualité de sa lentille autorise de meilleurs résultats, sa cellule est plus précise et grâce à son flash intégré, il est plus polyvalent (intérieur/extérieur).

Nous ne sommes pas encore à la qualité des Polaroid « pro » mais il se débrouille bien.

Et la taille de ses images est toujours plus grande que celle des Instax. Reste que les films coutent environ 18€ le pack de 8 photos, ce qui force à réfléchir un peu avant de déclencher !

Vous devriez pouvoir en trouver un, en bon état, aux alentours des 15€ (max). Ne vous en privez pas, cela reste un appareil amusant et qui autorise de gentils délires, voire stimule la créativité.

Petite video d’illustration

Des références techniques si besoin

Nom :636 Close-up
Marque :Polaroid®
Type :Intégral 600
Année de fabrication :Années 90
Lentille :1 lentilles en plastique 116mm
Obturateur :Electronique avec cellule
Vitesses :1/4 à 1/200
Ouverture :f/9
Mise au point :0,6m à l’infini
ISO :640 iso
Indice de rareté :très courant
Mode d’emploi :Télécharger le manuel
source : Polaroid Passion

Quelques références : https://filmphotography.eu/en/polaroid-636-closeup/, en anglais, https://www.instamaniac.com/test-avis-polaroid-636-close-up-cl/, https://polaroid-passion.com/appareils-format-600.php?id=219 en français, https://www.kameramuseum.de/0-fotokameras/polaroid/600er/closeup-636-off.html en allemand

Argentique

Le Kodak Instamatic 277X

Ben oui, je vous ai déjà écris que des Instamatic, vous pouviez en trouver dans tous les greniers, les brocantes, les tiroirs des parents et grands-parents, les vide-grenier, etc.

Rappelez-vous, plus de 50 millions d’appareils ont été produits entre 1963 et 1970 … ça laisse rêveur !

Donc j’en ai recueilli quelques uns, que j’ai eu envie de vous présenter.

Vous avez déjà pu lire les comptes-rendus des Kodak Instamatic 28, 154, 233, 324 … Aujourd’hui, ce sera le 277X.

Et si vous vous en souvenez, s’il est classé X c’est parce qu’il accepte les Magicube et qu’il n’a pas besoin de pile.

La forme est relativement identique à ses prédécesseurs : un corps en plastique et une façade en métal, chromé car c’était la grande mode dans les années septante (même le corps de l’objectif est chromé, en plastique, mais chromé !). Le chrome, c’est chic.

Cet appareil, produit de 1977 à 1985 sera décliné en deux versions : allemande ou anglaise selon l’endroit de production (Kodak Ltd pour le Royaume-Uni, Kodak AG pour l’Allemagne).

Ce qui les différencie tient à quelques détails :

Version allemandeVersion anglaise
La sérigraphie est de couleur noireLa sérigraphie est de couleur « cacao foncé ».
La languette de déclenchement du flash est légèrement plus grande et plus large que celle de son homologue anglais. 
La fenêtre de visualisation du film est toute lisse et entière alors que sur le modèle anglais il y a deux traits verticaux qui la traversent pour mieux cibler le centre du film.
source : Collection-appareils, selon T. Struss

C’est un des Instamatic produit le plus longtemps sans modifications.

Pour mémoire, la série Instamatic était très populaire car vendue à prix très bas, simple à utiliser grâce à sa cartouche (Kodapak ou cassette 126) et à la possibilité de monter des flashs eux aussi très simples d’utilisation, comme le Flashcube ou le Magicube.

Pas de surprises, il utilise la cassette 126 et son objectif est un Reomar de 41mm ouvrant à f6,6. Sur cet objectif, des réglages illustrés par des pictogrammes (5 comme d’habitude) permettent de régler le diaphragme selon la luminosité ambiante : de grand soleil à temps couvert.

A ceux-là s’ajoutent les distances pour l’utilisation du flash, le fameux Magicube.

Sa focale fixe ne nécessite pas de mise au point car ce type d’objectif repose sur une petite ouverture pour maintenir celle-ci nette. Ainsi, un objet à quelques mètres sera aussi net qu’un autre à l’infini.

Lorsqu’un Magicube était fixé à son sabot, un drapeau rouge, visible dans le viseur, vous le rappelait (et, honnêtement c’eut été difficile de ne pas le remarquer ! ).

L’exemplaire que j’ai trouvé chez un vide grenier était « tout nu », c-à-d. sans son « sac tout près », moulé en plastique pour le tenir au plus près. Une petite tigette métallique dans le boitier le clipsait à ce sac.

Il faut abaisser un petit levier, sur le côté pour ouvrir la chambre afin d’y glisser la cassette de film.

Attention, ne forcez jamais sur cette petite porte, tout en plastique car sa charnière peut vous lâcher (il n’y a pas de charnière métallique reliant le corps à la porte).

Elle comprend une ouverture qui permet de lire le chiffre de la vue en court car il n’y a pas de compteur de vues sur l’appareil.

Si nous nous arrêtons un instant sur sa fabrication, tout plastique moulé par injection, les prix sont forcément bas et la construction peut sembler légère. C’est une des causes qui a fait que beaucoup d’appareils ont été jeté, ou oublié dans des greniers, des tiroirs, des caisses (ça, c’est pour notre plus grand bonheur). Mais beaucoup ont péri dans des décharges ou des incinérateurs !

En résumé, nous avons là un bel exemple d’un petit appareil simple, qui fait le job sans complication et qui est resté suffisamment au catalogue que pour prouver son utilité.

Reste qu’il faut toujours compter sur le fait que la cassette en 126 n’existe plus mais je vous ai donné assez d’astuces dans l’article sur le 233 que pour pouvoir vous débrouiller et faire revivre ces petits boitiers sympathiques, que vous trouverez pour trois fois rien un peu partout.

Les pubs d’époque (merci à Collection-appareils.fr)

Manufrance 1977
Camara, 1979

Une petite video d’illustration

Des références : https://www.brocanteurdudimanche.fr/portfolio/appareil-photo-kodak-kodak-instamatic-277x/, https://www.danstacuve.org/test-de-linstamatic-277-x-une-histoire-familiale/, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/1444, en français, https://www.petervis.com/interests/Photography/Camera%20Technology/Kodak%20277X/Kodak%20277X.html, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Instamatic_277X, en anglais.

Argentique

Le Kodak Instamatic 233

Alors cet appareil, je voulais vous le présenter comme un grand clin d’œil à quelqu’un que j’apprécie – et qui se reconnaîtra.

Quand j’ai eu l’occasion non seulement d’acquérir le boitier mais aussi son emballage d’origine et ses accessoires d’époque, je n’ai pas résisté.

J’ai donc la chance de vous présenter l’appareil de quelqu’un qui a débuté la photographie avec cet Instamatic 233 et qui est devenu … photographe pour son – et notre – plus grand plaisir.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà tracé, rapidement tant l’histoire est riche, la genèse des Instamatic lorsque je vous présentais le Kodak Instamatic 28, l’Instamatic 154 et le 324.

Le Kodak Instamatic 233 fut fabriqué par Kodak Allemagne de 1968 à 1970, parallèlement au 133, qui était le prolongement du 33, un Instamatic tout simple (sorti en 1964) qui évolua peu, sauf en 33 X pour pouvoir utiliser le « Flashcube ».

Source : Photography Flashback Ici un Instamatic 104 avec un Flashcube.

Le 133 évolua aussi en 133 X pour pouvoir utiliser les « Magicubes », c’est à dire un Flashcube qui n’a plus besoin de pile pour fonctionner.

J’en profite pour une petite digression (vous me connaissez) à propos de ces flashs.

En effet, j’avais deux boites de flashs carrés, des Sylvana et des Osram. La première contenait 4 Flashcubes et la seconde, 4 Magicubes. Lorsque j’ai voulu installer les seconds sur le 233, ça ne collait pas tandis que les Sylvana entraient sans soucis.

J’ai donc voulu comprendre.

Auparavant, les flashs étaient constitués d’ampoules (ou lampes) flashs, que l’on insérait dans un support, parfois attaché à l’appareil.

Les premiers Instamatic utilisaient cette technique, comme l’explique cette vidéo :

Assez efficace mais pas pratique.

Toujours dans l’optique de rendre la photographie « facile » pour le plus grand nombre, la firme Eastman Kodak remplace, en 1965, ces anciens flashs par une invention de la société Sylvania Electric, le Flashcube.

Idée de génie que de réunir 4 ampoules flash dans un petit cube, divisé en quatre partie égales et munies chacune d’un réflecteur. Elles sont toutes montées à 90°. En actionnant le levier d’armement, on fait avancer le cube d’un quart de tour, exposant à chaque fois une ampoule neuve.

Cette technique supposait un contact électrique et une alimentation par une pile, insérée dans l’appareil.

Grâce à ce Flashcube, vous pouviez prendre 4 photos à la suite, avant de monter un nouveau cube et de repartir pour quatre autres photos. Vous pouviez aussi interrompre une série et reprendre ensuite le Flashcube pour terminer ensuite les ampoules non utilisées.

Très facile d’utilisation, propre et relativement économique, ce procédé ne souffrait que d’une contrainte : la pile dans l’appareil.

Pouvait-on aller plus loin et se libérer de cette pile ?

La réponse sera donnée en 1970 par l’invention du X-Cube ou Magicube. Si ce flash garde le même principe des 4 lampes dans un cube, qui tourne successivement à chaque armement, la mise en fonction de chaque ampoule est faite en libérant un ressort en fil de fer armé dans le cube. Le ressort percute une amorce à la base de l’ampoule flash (amorce en fulminate, qui détone sous l’effet d’un choc violent). Celle-ci enflamme une feuille en zirconium déchiqueté qui est en fait la source de lumière.

Si extérieurement les deux systèmes sont assez proches, ils différent notamment par leur base, les rendant impossible à interchanger dans les appareils.

Source : Photography Flashback : à gauche flashcube, à droite magicube.
Source : Lightstalking. Notez que l’auteur de l’illustration explique le mécanisme du Magicube mais l’intitule Flashcube. 1. le mécanisme qui asservi l’avancement du film à l’avancement des ampoules; 2. la collerette du flash; 3. le cran d’arrêt; 4. le cube qui contient les ampoules et les amorces de fulminate; 5. l’amorce de fulminate; 6. le percuteur qui viendra frapper les ressorts qui percuteront les amorces.

Voilà, j’espère comme moi que vous comprenez un peu mieux comment cela fonctionne et que vous aurez moins de difficultés pour trouver celui qui convient à votre appareil.

Pour en revenir à notre 233, il utilise les Flashcubes et passera aux Magicubes en devenant 233 X (1970 – 1971).

Deux modèles ont été proposé : le premier avait une molette pour ré-armer l’appareil tandis que le second héritera d’un levier, compact mais plus agréable à utiliser.

source : Philcameras

C’est un appareil en apparence simple mais qui révèle quelques belle surprises.

A commencer par son objectif, un Reomar de 41mm ouvrant à f6,6 (et non plus une lentille ménisque en plastique).

Ensuite, le 233 possède deux vitesses : le 1/40s pour la synchro flash et 1/80s pour le reste.

Puis, l’échelle des distances est couplée au diaphragme pour contrôle automatiquement l’exposition au flash. Sur le fut de l’objectif, 5 pictogrammes : soleil brillant sur sable clair ou neige, soleil brillant (ombres nettes), soleil faiblement voilé (ombres douces), nuageux clair (pas d’ombres), nuageux sombre ou ombre découverte (?!) et flash

Selon les conditions de lumière, il est recommandé de se tenir à 1m au moins de son sujet (soleil) ou 1,5m si la lumière est moindre

Une pile doit être insérée sous une trappe, à gauche du boitier, sous le viseur. Ces piles « Microdyn-Anode » 6V n’existe plus. On peut essayer de la remplacer par une 4LR44. N’oubliez pas que cette source d’énergie ne sert qu’à alimenter le flash et en son absence, vous pouvez parfaitement utiliser l’appareil.

Juste un mot encore sur l’objectif, qui est un »fix focus », c-à-d un objectif à focale fixe qui est un système sans dispositif de mise au point réglable. Ce type d’objectif est généralement utilisé dans les appareils photo compacts économiques tel celui-ci. Il a une très petite ouverture (f6,6 pour rappel) pour maintenir une mise au point confortable, ce qui donne des photos nettes dans une large plage. Cependant, une petite ouverture signifie également moins de lumière entrant dans la chambre, c’est pourquoi elle dispose de cinq réglages d’éclairage (les pictogrammes) et d’un flash pour les cas extrêmes.

Quant aux films, il s’agit des cassettes en 126 chères à Kodak et aux Instamatic.

Même s’il existe un mode d’emploi (dont vous trouverez le lien, ici plus bas), l’utilisation de l’appareil est simple : vous insérez la cassette dans la chambre, refermez le dos et armez plusieurs fois jusqu’à sentir un blocage, vous êtes à la première vue du film, vous réglez le diaphragme en fonction de la luminosité et vous visez pour placer votre sujet au milieu du cadre brillant qui est dans le viseur et vous appuyez doucement sur le déclencheur.

Et vous recommencez jusqu’au terme du film (maximum 24 vues), que vous devrez enrouler jusqu’à ce que le papier qui protège la pellicule soit « absorbé » dans la cartouche. Alors seulement vous pourrez ouvrir le dos de l’appareil, ôter la cassette pour la remettre à votre labo. Il est conseillé de ne pas exposer la dite cassette à trop de lumière lorsque le film est terminé (l’idéal étant de garder la pochette en papier pour l’y remettre quand vous le porterez au labo).

Si vous avez placé un Flashcube sur le boitier, vous devrez régler, sur l’objectif, le symbole du flash et placer votre sujet entre 1,2m et 4m. Notez que fonction de la distance, que vous réglez sur l’objectif, l’ouverture sera modulée par l’appareil.

Le viseur ne comporte aucune indication sauf un cadre brillant pour pouvoir composer votre image, en plaçant le sujet à l’intérieur de celui-ci.

Dans les années septante – et même encore à l’aube des années quatre-vingt – c’était typiquement un appareil que l’on offrait en cadeau aux plus jeunes, pour les anniversaires, les communions, par exemple.

Et les modèles plus « sophistiqués » étaient réservés aux dames !

J’ouvre ici une parenthèse car je ne voudrais pas me faire vilipender par la moitié de l’humanité : dans les publicités (surtout) des années cinquante et soixante, les as du marketing considéraient que les dames n’avaient pas besoin d’appareils photo compliqués, que les reflex 24×36 étaient réservés aux messieurs, « plus au fait de la technique ».

Oui, je sais, c’est très machiste comme réflexion mais replaçons la chose dans son temps (il y a soixante ans) et réjouissons-nous que cet état d’esprit ne soit plus de mise, …. enfin, j’ose l’espérer …

L’accroche de la pub dit  » si vous pouvez regarder, vous pouvez photographier »

Leur (apparente) simplicité permettait, selon les publicités, de se concentrer sur le cadrage et la prise de la photo, s’en s’embarrasser de « technique » puisque l’appareil s’occupait de tout !

En fait, avec un objectif de 41mm, finalement très proche de la vue humaine, et une ouverture de f6,6, couplée à une vitesse (hors flash) de 1/80s, votre mise au point est bonne de 1m à l’infini par temps clair.

Pour les autres situations, le recours au flash est utile.

Rappelons-nous que c’est un appareil principalement utilisé pour les vacances (dans l’esprit du constructeur) par temps ensoleillé !

La sensibilité des Kodapak était limitée à deux possibilités : du 64 Asa ou du 400. En gros, par temps ensoleillé, le 64 Asa et pour tout le reste du 400.

Ceci étant – et notre ami confirmera ou pas – l’Instamatic Kodak 233 ne s’en sortait pas si mal que ça, la plupart des photos étant tirées en 10x15cm maximum ou dans un charmant format carré de 9×9 si mes souvenirs sont exacts.

Je suis persuadé que dans vos albums de famille il se trouvent des photos faites avec cet appareil, ou ceux de sa génération (il y eut jusqu’à 80 modèles différents entre 1963 et 1970).

Ces appareils ont accompagné tant de personnes qu’il serait dommage de ne pas les ressortir, tout en étant conscient de leurs limites (nous sommes à des années lumières de la précision chirurgicale de nos appareils modernes) mais c’est ce qui fait leur charme, après tout !

De fait, j’ai trouvé chez un vide grenier des cartouches en 126. J’espère qu’elles n’ont pas été trop mal conservées car j’ai bien envie de tester ce Kodak Instamatic 233. Sinon, il restera la solution des cassettes rechargeables que j’ai expliquée dans l’article sur l’Instamatic 28

Et je me rappelle une anecdote, laissée par Salvatore, un ami, ancien photographe professionnel, qui possédait un labo : une de ses clientes faisait de magnifiques photos (composition, cadrage) avec un petit appareil identique. Un jour, on lui offrit un appareil sophistiqué, pour quelle puisse « aller plus loin » dans sa pratique. Et là, patatras, ses photos n’avaient plus aucun « sens » ! Tout simplement parce que son petit Kodak, elle le connaissait par cœur et il correspondait à sa manière de voir, le plus important en somme.

Alors, si comme notre ami, un jour, ce petit Kodak Instamatic 233 vous a amené vers la pratique de la photographie, il aura pleinement rempli son rôle.

De nos jours, vous trouverez des Instamatic dans tous les greniers, les armoires, les brocantes, les vide-greniers, … pour quelques euros. Et pourquoi pas tenter l’aventure ? Vous replongerez dans les années de votre enfance ou celle de vos parents, sans nostalgie, juste pour le plaisir !

J’espère que ce petit clin d’œil donnera envie à notre ami de trouver le moyen d’y glisser un film (ou une cassette, soyons fou) pour remonter le temps, celui de l’enfance et des plaisirs simples de la photographie d’alors.

D’autres publicités d’époque :

source : Philcameras
source : Collection-appareils, Odéon-Photos 1968-1969
Source : Collection-appareils, Manufrance 1969.
Source : Collection-appareils, Grenier-Natkin 1970

Petite video d’illustration

Production1968 – 1970      –     Kodak Germany / UK
Type de film126
Format image28x28mm
BoîtierPlastique, façade en métal
ObjectifREOMAR f:6,6 41mm, réglable à partir de 1,2m
ViseurOptique avec cadre lumineux
Obturateur1/40 (flash) – 1/80s
FlashFlashcube
DiversAlimentation par 1 pile « Microdyn-Anode » 6V ou une 4LR44 en 6v alkaline

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : https://mattlovescameras.com/kodak-instamatic-233-with-126-cartridge-film/, https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-233/ https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1177, https://www.lightstalking.com/flashcubes/ https://medium.com/the-grain/photography-with-tiny-explosives-dd7e6e4ffef6, https://eu.usatoday.com/story/tech/2013/03/29/instamatic-camera-50-years/2034585/ en anglais, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-123-Kodak_Instamatic%20233.html, http://glangl1.free.fr/Liste-KodakInst.html, http://kaftafex.free.fr/ampoulesflash.html, http://glangl1.free.fr/Pel-Form.html#126 en français

Argentique

Le Kodak Instamatic 28

Alors, celui-là, je l’ai (re)trouvé dans ma « caisse à brol » !

Entendez par là une grande caisse dans laquelle je retourne parfois car j’y ai entassé toutes sortes d’appareils recueillis souvent par hasard (des lots, des appareils reçus, trouvés, etc.).

Et donc, dans cette grande caisse, une boité jaune me fait de l’œil : celle d’un Kodak Instamatic 28.

Elle est neuve et ce qu’elle contient aussi : l’appareil n’a jamais été utilisé !

-« Kodak, mais c’est pas la firme qui faisait des films dans le temps ? »

Il n’y a sans doute que les moins de vingt ans pour ne pas connaître la célèbre marque jaune.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire de la marque, vous en trouverez des résumés très bien faits ICI et LA.

Retenons simplement que c’est grâce à Monsieur George Eastman et son génie des affaires que la photographie est devenue, très tôt, accessible au plus grand nombre.

J’écris « très tôt » car nous sommes en 1888, lorsqu’il crée le nom KODAK, qui ne veut rien dire mais fonctionne partout dans le monde. Grâce à l’invention du film « facile » – c-à-d. un film photographique sec, transparent et flexible, en rouleau – simple à utiliser mais aussi de l’appareil photo qui va avec, un appareil en carton, préchargé de 100 expositions, facile à transporter et à manipuler, résumé par un slogan publicitaire génial « You press the button, we do the rest » (Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste), il invente la photographie amateur.

source : Histoire des inventions

L’idée fantastique c’était de rendre le client « captif ». Par exemple, reprenons le premier appareil chargé de 100 vues : lorsque vous les aviez terminées, il suffisait de retourner l’appareil chez Kodak à Rochester, New York, où on développait le film et on vous renvoyait les photos tirées et l’appareil, rechargé. Le cycle recommençait.

Tout au long de l’histoire de l’entreprise, le même principe sera gardé : mettre à la disposition des clients des appareils simple d’utilisation, en grand nombre, pour diminuer les coûts, rendre accessible au plus grand nombre et pouvoir vendre des pellicules.

Cela a tellement bien fonctionné que même des appareils « bon marché » comme le Diana, distribué comme cadeau avec des produits ou services, ont été supplanté par les Kodak, notamment les Instamatic, vendus à des millions d’exemplaires.

Le premier Instamatic a été le 50, vendu en Angleterre en février 1963, soit un mois avant le modèle 100, lancé lui aux USA, qui sera le plus connu (et vendu).

La vitesse est de 1/90s, fixe, tout comme l’ouverture et la mise au point. Un système de flash sera ajouté au 100.

D’année et année, les appareils évolueront, par (toutes) petites touches. Il y aura même des modèles automatiques (série 800/804) vers la fin.

Pour vous donner une idée, un ordre de grandeur, plus de 50 millions d’Instamatic seront vendus entre 1963 et 1970, sous 80 modèles différents.

Et là, je ne vous parle que des appareils à cassette 126 car les Instamatic auront encore une longue carrière, jusqu’en 1990, avec les pockets (1972) qui utiliseront les films en cassette 110mm. 23 autres millions d’appareils seront vendus.

Si vous avez suivi – et je sais que vous êtes attentifs – Kodak a toujours voulu développer des appareils simplifiant la vie des photographes amateurs. Il a inventé le film souple en 135mm, en rouleau puis en bobine (les cartouches jaunes que tous les photographes de plus de 30 ans ont connu).

Et pour les Instamatic, il a développé un film en cassette, encore plus simple à utiliser : la cassette en 126 .

Une cassette en plastique dans laquelle un film en 135mm, dont on a modifié les perforations et doublé d’un papier qui reprend les données utiles (flèches indicatives, numéro de photo), permet de faire des photos au format 28x28mm. Avec elle, plus besoin d’insérer une amorce dans une bobine réceptrice, plus ou moins facilement : on ouvre le dos de l’appareil et on place la cassette dedans, on referme et c’est tout.

Kodak 126 open dropin shoot 700
source : Philcameras

La conception de la cassette protège parfaitement le film. Lorsqu’on arrive au bout, il est « absorbé » dans la partie où il s’enroule, pour éviter les fuites de lumière qui voileraient le film.

Au labo, il faudra casser la cassette pour en extraire la pellicule et la traiter.

L’appellation originale, sous laquelle la cassette 126 a été enregistrée par Kodak est le Kodapak.

C’est Hubert Nervin qui est à l’origine de cette invention, qu’il céda ensuite à Kodak. Elle fut inventée pour simplifier à l’extrême le chargement du film dans l’appareil, chose qui semblait effrayer les plus néophytes et les photographes vraiment amateurs (ceux qui ne faisaient que quelques photos par an).

Le film de 135mm est enroulé dans la cassette, avec un papier protecteur qui autorise la fenêtre prévue dans la cassette pour voir le nombre de vues effectuées (pas de compteur sur les appareils dès lors). L’avantage, puisque la cassette est asymétrique, c’est qu’on ne peut pas la monter à l’envers et que si, par inadvertance, on ouvre l’appareil, seule la photo « en cours » sera voilée, les autres étant protégées par la cassette et le papier qui est enroulé autour.

source :Kodak

Pour simple que cela paraisse, cette cassette a également incorporé l’un des premiers systèmes de détection de vitesse de film mécanique largement utilisés : à l’aide d’encoches sur la cassette, une vitesse de 64, 80, 125 ou 160 ASA est indiquée au boitier et permet de régler le mécanisme d’exposition de l’appareil photo. Soyons de bons comptes, toutes les appareils n’ont pas profité de cette fonctionnalité.

source : Kodak

Si la formule est attrayante, elle a quand même un grand inconvénient : la planéité du film ne peut être assurée car, prisonnier dans la cassette, il ne peut avoir de presse film efficace qui « plaque » la pellicule devant la fenêtre de la chambre.

Cette particularité n’avait pas trop d’importance dans les appareils Instamatic, extrêmement simplifiés (peu de réglages de vitesses, d’ouvertures). La « qualité » relative de ces appareils ne souffrait pas des inconvénients de la cassette 126.

Pour être complet, 4 reflex ont tenté l’aventure de la cassette 126 : le Contaflex 126, le Ricohflex, le Rollei SL 26, et le Kodak Retina Reflex Instamatic. Si les défauts de planéité étaient gommés par la faible qualité des optiques des Instamatic, avec des appareils plus « haut de gamme », ce n’était pas le cas. Ces appareils n’ont pas eu de succès.

Kodak a fabriqué cette cassette 126 de 1963 à 1998. Mais les dernières ont été fabriquées jusqu’en 2008 par la société Ferrania avec des pellicules Solaris.

Donc, à moins de tomber sur un stock, forcément périmé, de cassette 126, si vous voulez réutiliser vos vieux appareils – et ce serait dommage de ne pas le faire – vous devrez vous tourner vers des adaptateurs qui utilisent une pellicule en 135mm (il s’en vend sur Ebay p.ex. ou vous pouvez les « fabriquer » avec une imprimante 3D).

Ce qui a précipité la fin de la cassette 126 fut d’une part que les appareils photos des années quatre-vingt étaient pour la plupart pourvu de motorisation qui « chargeait » automatiquement les films et ensuite la mise sur le marché d’appareils jetables, préchargés d’une pellicule 24×36, qui avaient les mêmes qualités, sinon plus, que les appareils Instamatic ou Agfamatic.

Voilà, voilà … vous en savez plus maintenant sur ce « drôle » de film qui alimentait les Instamatic , et les Agfamatic, le concurrent de toujours qui dut faire « allégeance » au géant américain pour ce film.

Bon, et cet Instamatic 28 alors ?

Il est apparu en Grande-Bretagne en 1972 et il a sévit jusqu’en 1974.

Au pays des appareils simples, il est simplissime !

Un viseur sans aucune marque, un objectif ménisque (une seule lentille) de 43mm ouvrant à f11 avec mise au point fixe. Pas de griffe flash ni possibilité de greffer un flash cube comme sur ses petits camarades.

La seule chose que vous pouvez régler, c’est le diaphragme avec deux positions : soleil et soleil voilé.

Vous pouvez rarement vous tromper même si Kodak a prévu un mode d’emploi !

Un petit loquet en bas sur la tranche droite de l’appareil libère le dos, dans lequel vous glisserez la cassette. Vous armez avec le gros levier, au dessus. Selon la luminosité, vous réglez le diaphragme, vous visez et vous appuyez sur le bouton (une barrette) au dessus de l’appareil : clic-clac, c’est dans la boite !

Voilà, voilà … avouez que si je n’avais pas (un peu) brodé avant la présentation de cet Instamatic 28, je n’aurais pas eu grand chose à vous écrire.

Notez qu’il y a plus fort que moi, c’est le gars qui a tourné une video de plus de 5 minutes sur cet appareil !

A la question légitime « cet appareil est-il intéressant si on veut l’utiliser ? », je suis très tenté de vous répondre « non ». A moins d’en découvrir un dans l’état de celui que je vous montre, avec sa boite et neuf, ce qui peut faire le bonheur d’un collectionneur (d’un musée ?), cet appareil est très limité.

La gamme des Instamatic est suffisamment large que pour y trouver son bonheur. Voyez les 233, les 154 et leur drôle de moteur à ressort, les 324 et leur objectif ouvrant à f2,8, les 104 sur lesquels vous pouvez au moins adapter un cubiflash, ou les 355 X avec cellule CdS, par exemple (liste non exhaustive).

Le mode d’emploi

Si vous voulez tenter l’aventure de mettre du 135 en cassette 126, voici deux videos d’exemples (à faire en chambre noire bien évidemment).

La maison ne recule devant aucun bricolage pour que vous puissiez utiliser vos anciens Instamatic !

Les données techniques

Période de production : 1972-1974 – Angleterre
Type : compact
Format : 28×28 mm sur chargeur 126
Viseur : clair non collimaté
Objectif : ménisque 1:11 f=43 mm – mise au point fixe
Mesure de l’exposition : sans
Réglages : diaphragme soleil et soleil voilé
Sensibilité du film : 25 à 125 ASA
Obturateur : central à une seule vitesse
Déclencheur : sur l’obturateur
Flash : sans
Griffe : sans
Ecrou de pied : non
Armement : levier à une seule manœuvre
Ouverture du dos : par poussoir sur le côté
Dimensions : 108 x 67 x 52 mm
Poids : 177 g

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Instamatic_28, https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-28/, https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1185, http://Cet appareil photo fabriqué au Royaume-Uni est le seul modèle européen de la gamme à ne disposer d’aucune installation de flash, bien qu’il existe des paramètres « ensoleillé » et « nuageux ». https://kodak.3106.net/index.php?p=207 en anglais, http://fexmania.fr/picture.php?/1146, http://www.cameraboussat.fr/dossier_collection/cible_g.php?id=9&type=Instamatic, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Menu-Intamatic.htm en français

Argentique

Le Lomo Instant Wide

Encore un tour dans les appareils à développement instantané.

Car aussi étrange que cela paraisse, ce sont des appareils qui « donnent à voir » immédiatement l’intention du photographe, sans passer par un développement long puis un tirage (argentique classique) ou un travail devant un PC (postproduction).

Auparavant, la vedette incontestable de cet art de faire s’appelait Polaroïd, inventeur du principe dans les années quarante.

Kodak a essayé, ça lui fallut un procès retentissant et très onéreux contre Polaroïd. Fujifilm ensuite est entré dans la course avec plus de discernement et il a, par après, développé la gamme des Instax avec ses formats Mini, Square (carré) et Wide (large, celui qui se rapproche le plus du format Pola).

Les plus jeunes raffolent de ces minis photos, qu’ils peuvent échanger rapidement et – surtout – garder précieusement, donner à voir. Tout un système s’est développé autour de ces films : des albums, des séries de films aux couleurs différentes, des accessoires pour le monter à ses amis, …

J’omets volontairement les encres Z et leurs applications, reprises par exemple par Canon avec ses Zoemini car si la technologie est un peu différente, le résultat est très proche de celui des Instax Mini, notamment la taille de la photo.

Fuji a encore développé un concept hybride, qui permet à quelques uns de ses appareils de développer instantanément les photos captées mais aussi de le faire a posteriori car l’appareil est un appareil numérique qui enregistre les photos sur une carte mémoire.

Des imprimantes nomades ont aussi vu le jour, qui permettent d’imprimer le trop plein d’images stockées sur les téléphones intelligents, sans espoir d’être vues ou partagées réellement.

Bref, en quelques mots, le tour d’horizon de ce qui existe, sans entrer dans les détails des uns et des autres mais pour bien marquer que la photo instantanée n’est pas morte avec l’arrivé du numérique, même si l’acteur principal est exclu de la manne : c’est Fujifilm qui se taille la part du lion cette fois, pas Polaroïd. Et Lomo est en embuscade.

Mais venons en justement à notre Lomo Instant Wide. Pourquoi ai-je choisi celui-là ? Pour la taille des photos, des Wide, soit le format du film : 108(L) x 86(H) mm et le format de l’image : 99(L) x 62(H) mm

Un sujet, trois formats différents. De gauche à droite, une photo au format Instax Mini, une seconde au format Square, et la troisième au format Wide.
source : Instanmaniac, de gauche à droite, le format Mini, le Square, le Wide.

Et puis parce que cet appareil offre une grande liberté créative, que les autres appareils peinent à proposer.

Par exemple, il possède un flash débrayable si besoin, une prise PC pour y connecter des flashs externes ou – le luxe ! – un kit d’éclairage studio; un kit avec des objectifs pour photographier en gros plan ou en ultra grand angle, avec son viseur dédié; une astucieuse télécommande cachée dans le bouchon d’objectif j’y reviendrai); le Splitzer, un accessoire à viser sur l’objectif qui permet de créer des expositions multiples sans superposition d’image, en masquant successivement différentes parties de celle-ci; des filtres colorés à glisser sur le flash

Pas mal non ?

La télécommande, donc cachée dans le bouchon d’objectif, elle permet de déclencher l’appareil à distance (premier bouton) et à actionner le mode Bulb (pause longue) grâce au second bouton (le premier appui ouvre le diaphragme, le second le referme).

Quant aux compléments optiques, ils viennent se fixer, par vissage, sur le devant de l’objectif de base, un 90mm (distance mini de mise au point de 60cm). Vous bénéficiez alors d’un ultra grand angle qui possède son propre viseur, que l’on fixe sur le boitier à la place du viseur par défaut. Et avec le second, vous passez à la photo « close-up » (10cm) mais sans recevoir ici un viseur dédié.

-« Et c’est tout ? »

Mais non mon bon Monsieur, ma bonne Dame. Ce boitier possède des modes créatifs, un mode tout auto, des fonctions pour faire des pauses longues ou des surexpositions.

Bon là, il y a moyen de s’amuser, non ?

Je reviens un instant sur les modes de l’appareil : le mode auto devrait vous garantir des photos toujours correctement exposées, le mode Bulb est idéal pour les effets en light painting ou en photos de nuit, tandis que le mode « vitesse fixe » est plutôt destiné aux prises de vue en studio.

Tout ça à l’air trop beau que pour ne pas nous cacher quelques défauts, non ?

Ah ! le monde parfait n’existe pas.

Voyons ses défauts. Tout d’abord son encombrement : il est grand ce boitier et donc pas évident à déplacer. Et si vous avez la bonne idée de l’acheter dans une des nombreuses déclinaisons colorées « série limitée », on ne verra que vous !

Ceci étant, si l’appareil est grand, il reste léger. Construit tout en plastique, on ne peut pas dire qu’il respire la solidité, mais c’est une impression. L’avantage du plastique, à défaut de le rendre discret, vous apportera la satisfaction de shooter dans une des nombreuses déclinaisons proposées chaque année et souvent signées par des artistes du Street Art.

Son ergonomie est étrange, en tout cas pour ceux qui n’ont jamais travaillé avec un télémétrique et son viseur placé en façade, surtout qu’ici ledit viseur est dans l’angle supérieur droit. Mais on s’y fait, à la longue.

Et tant qu’à faire dans ce que les autres ne font pas, on place le déclencheur en façade, façon Praktica : il faut appuyer dessus alors qu’il est placé près de l’objectif et non pas au dessus, comme chez les autres.

Ah oui, son viseur, très décalé sur la droite, sans correction pour rétablir ce décalage, risque de vous donner des surprises entre ce que aviez vu et ce qui sort réellement. Il va falloir un petit moment pour appréhender cette « distorsion ».

Soyons aussi réaliste : lorsqu’un appareil vous propose des solutions dites créatives, cela suppose que vous allez faire pas mal d’essais/erreurs pour arriver à ce que vous voulez. Tout ça a un coût, tenez en compte.

Pour le reste, c’est presque du classique avec les boutons et commandes regroupés au dos, à droite.

Comme si ça ne suffisait pas, l’appareil offre plein de fonctions utiles/futiles mais en tout cas amusantes :

  • le flash se déclenche par défaut, mais vous pouvez le désactiver (touche ON/OFF). Mais surtout, Lomo vous livre des « vignettes » en plastique de toutes les couleurs, que vous glissez contre le flash et ça donne des teintes délirantes à vos photos
  • une fonction qui semble un incontournable chez les lomographistes, la multi exposition. C’est vrai que cette manipulation apporte souvent des résultats étonnants. Il faut juste y penser avant de se lancer dans l’exercice en appuyant sur la touche MX au dos de l’appareil. Vérifiez que le voyant passe bien à l’orange, puis faites vos expositions et ré-appuyez ensuite sur le bouton MX pour éjecter l’image (enfin, les images superposées) prise. Si vous avez une idée de composition précise en tête, vous pouvez aussi appuyez sur la touche MX, prendre votre première photo et ensuite éteindre l’appareil. Lorsque vous le rallumerez, vous pourrez prendre une nouvelle photo sur la même image.
  • le boitier propose encore une possibilité de compensation d’exposition de -1/+1, toujours accessible au dos du boitier

Il n’est pas inutile de lire le mode l’emploi de l’appareil pour vous familiariser avec tout ce qu’il vous propose, pas que ce soit difficile, mais on n’a pas l’habitude de ce type d’offres avec un appareil instantané.

Quelques exemples LA.

Que retenir de cet appareil ?

Il n’est pas donné : comptez entre 149 et 199€ chez Lomography.

Si vous cherchez juste un appareil instantané, je trouve que c’est cher – sauf si vous tombez sur une bonne occasion, comme j’ai pu le faire. Si vous voulez expérimenter, ça reste cher car il faudra ajouter le coût des films mais soyez raisonnable, faites vous plaisir et foncez, ce n’est pas tous les jours qu’on nous propose quelque chose d’amusant !

La pratique de l’instantané a toujours été onéreuse, mais c’est le prix de la liberté !

Comme chez Lomography ils sont sympas, ils mettent à votre disposition un tuto intéressant, que vous trouverez ICI

Et un résumé de « Comment s’en servir ? »

  • Première étape: Chargez la pellicule
    1. Ouvrez la porte arrière de l’appareil en appuyant sur le bouton d’ouverture
    2. Installez une pellicule neuve de Fujifilm Instax Wide à l’intérieur. Assurez-vous que le marquage jaune disposé sur l’appareil soit aligné avec la marque sur la pellicule.
    3. Fermez la porte arrière de l’appareil.
    4. Allumez l’appareil.
    5. Appuyez sur le déclencheur afin d’éjecter le premier film de protection de la pellicule. Assurez-vous que la fente d’éjection ne soit pas bloquée quand le film sort.
  • Étape 2: Sélectionnez votre mode préféré Le Lomo’Instant Wide est équipé de trois modes de prise de vue différents à utiliser selon vos envies photographiques. Vous pouvez facilement choisir parmi les trois modes grâce au loquet de sélection. En plus, vous pouvez choisir d’activer ou non le flash, peu importe le mode utilisé.
    1. Mode automatique (A) : Le mode automatique est parfait pour toutes les situations du jour et de la nuit. Peu importe ce que vous êtes en train de faire, vous réaliserez grâce à ce mode instinctif des photos parfaitement exposées. En plus, vous pouvez activer et désactiver le flash.
    2. Mode Bulb (B) : Vous êtes à la recherche de scènes surréalistes et incroyables pour votre Lomo’Instant Wide ? Alors passez en mode Bulb et laissez-vous aller à une expérience « lumineuse ». L’obturateur restera ouvert aussi longtemps que le déclencheur est maintenu enfoncé afin de capturer les lumières s’animer. Et puisque vous pouvez également choisir d’utiliser ou non le flash, c’est parfait pour créer des photos nocturnes éclairées au flash ou bien des photos d’ambiance en intérieur !
    3. Mode Vitesse d’Obturation Fixe (1/30) : Voici un nouvelle exemple de la polyvalence du Lomo’Instant Wide : le mode vitesse d’obturation fixe. Un mode idéal pour les photos en studio lorsque l’appareil est associé avec des flashs externes et à une ouverture fixe à f/8.
  • Étape 3: Prenez une photo
    1. Une fois que votre pellicule est installée correctement, que vous avez choisi votre mode de prise de vue, vous êtes prêt !
    2. Déterminez la distance qui vous sépare avec votre modèle et sélectionnez-la sur l’objectif.
    3. Regardez à travers le viseur pour composer votre prise de vue.
    4. Pressez le bouton du déclencheur et prenez une photo. Une fois que vous avez relâché le déclencheur, la photo sera immédiatement éjectée.
    5. Maintenant, attendez que l’image apparaisse entre vos mains !

Source : Micro site, Lomography

Petite video d’illustration

Spécificités techniques

  • Format des pellicules: Fujifilm Instax Wide Film
  • Zone d’exposition: 62mm x 99mm
  • Focale de l’objectif: 90mm (équivalent 35mm)
  • Type d’exposition automatique: automatique programmée
  • Ouverture: f/8, f/22
  • Gamme des vitesses d’obturation: Bulb (Mode Bulb), 8s-1/250s (Mode automatique), 1/30 (Mode vitesse d’obturation fixe)
  • Compensation d’exposition: Valeurs d’exposition +1/-1 (ambiant)
  • Mécanisme d’éjection: Motorisé
  • Expositions multiples: Oui
  • Nombre guide métrique du flash intégré: 13 (m)
  • Flash intégré: Mode flash automatique & Flash mode Off
  • Distance de mise au point minimum: 0.6m (0.1m avec l’objectif amovible gros plan)
  • Zones de mise au point Setting: 0.6m / 1-2m / infini
  • Emplacement pour trépied: Oui
  • Transmission de la télécommande: Infrarouge
  • Portée de la télécommande infrarouge : Par temps clair: 1-2m, Intérieur: 5m
  • Piles: 4 x piles AA (4 x 1.5V)
  • Piles de la télécommandeSupply: 1 x pile 2025 (3V)
  • Diamètre du pas de vis pour filtre: 49mm

Des références : https://shop.lomography.com/fr/cameras/lomo-instant-wide?country=be, https://microsites.lomography.com/lomo-instant-wide-camera/fr/technical-information/, https://www.pixfan.com/lomoinstant-wide/, https://www.instamaniac.com/test-avis-lomo-instant-wide-lomography/, https://www.instamaniac.com/comparaison-films-instax-mini-wide-square/ https://www.instamaniac.com/fujifilm-instax-impossible-polaroid-comment-choisir/ en français

Lomographie

Le Polaroïd Supercolor 600

Alors celui-là, je l’ai « sauvé » d’un vide grenier vraiment, comment dire, …bordélique ?

Perdue au milieu d’un amoncellement des plus hétéroclite, j’ai aperçu cette boite encore un peu « flashy » malgré l’épaisse couche de poussière qui la recouvrait.

Je l’ai ouverte et y découvert un Polaroïd quasi neuf, avec ses papiers et dans son emballage d’origine (y avait encore les insert en « frigolite » dedans !).

Je n’ai même pas négocié les 4€ (!?) que le vendeur me demandait pour l’emporter ….

Et à la maison, gros nettoyage du tout pour pouvoir vous le présenter décemment.

Avant tout, je vous précise que je n’ai jamais eu de Polaroïd ! Parce que – déjà à l’époque – les films coutaient chers et que je trouvais que la qualité n’était pas top, en tout cas avec les appareils d’entrée de gamme, comme celui-ci. C’est donc vraiment l’occasion d’une (re)découverte.

Acheté le 17/09/1986 à Peronne (en France), je me demande encore comment il a atterri chez un vide grenier en Belgique !

Ça fait quand même quelques kilomètres pour un si petit appareil !

Si je vous dit : « j’ai acheté un Polaroïd », je suis persuadé que vous voyez de quoi je parle immédiatement car ce modèle, produit entre 1980 et 1990, est l’archétype de l’appareil à développement instantané que tant de familles ont un jour possédé.

Il s’agit de la fameuse gamme des « 600 », ceux qui utilisaient un pack film avec batterie intégrée.

Le film 600 donne des photos de 79x79mm (carrées donc) avec une bordure blanche tout autour, aussi célèbres que l’appareil. Elles se développaient en plus ou moins 3 minutes (à 21°C).

La sensibilité du film est de 640 ISO. Lui aussi a été décliné sous plusieurs noms différents au fil des ans, comme « Extreme 600 » et « Notepad », et il y eut même une pellicule « professionnelle » haute définition nommée « 779 » dans la série 600.

Plusieurs appareils ont été déclinés autour du même thème : Polaroids “OneStep 600”, “Pronto 600”, “SuperColor 600”… Ils sont les premiers modèles d’entrée de gamme fabriqués par Polaroïd, simplifiés à l’extrême, si on les compare à d’illustres prédécesseurs comme le SX-70 ou les séries 300. Mais ils étaient destinés aux amateurs désireux de se simplifier la vie.

Le modèle standard fut le Polaroid OneStep 600, qui avait une simple lentille en plastique à 1 élément à focale fixe et sans l’adaptateur de gros plan, initialement seulement présenté en noir.

Votre seul contrôle est le curseur de compensation d’exposition utilisé pour éclaircir ou assombrir les images.

La mise au point est fixe, à 1,2m environ.

La grande astuce marketing est d’avoir vendu le même modèle sous des carénages, des noms et des autocollants différents selon les régions de vente. Produit « blanc » par excellence, il fut même édité sous les couleurs de quelques sociétés d’envergure ou en reprenant l’engouement vers des icônes alors populaires comme les Spice Girls, Barbie, Elite, Esprit, …

Si ces boitiers restent avares en fonctionnalités, ils font le bonheur des collectionneurs pour leur rareté.

Que nous propose-t-il ce Supercolor 600 ?

Outre l’indigence de son optique, il n’a pas de flash intégré. Toutefois, une fois le capot ouvert, on peut clipser une plaquette de flash dans la griffe prévue à cet effet.

GE 600 POLAROID FLASH BAR / FLASH ARRAY for Polaroid 600 Amigo Cameras
la barre de flash prévue pour le Polaroïd 600

Or sans cet accessoire, il vaut mieux éviter les photos en intérieur car l’appareil va se régler sur des temps de pause trop long, et vous ne pourrez pas éviter les flous de bougé. A réserver à l’extérieur donc.

Notez cependant que cet absence de flash lui permet d’être plus compact que ceux avec flash intégré : on ne peut pas tout avoir !

Il ne propose pas de mise au point, ni manuelle ni par sonar. Il faut convenir qu’à partir d’un mètre vingt ça commence à être net jusqu’à trois mètres environ. Disons que l’appareil est plus fait pour des portraits que de grands paysages ou de l’architecture.

Ah, il y a quand même la possibilité d’éclaircir ou obscurcir l’exposition si vous constatiez une sur ou sous exposition lors du premier « tirage »

A-t-il encore un intérêt de nos jours ?

Paradoxalement, je dirais que oui !

Pourquoi ? Mais parce qu’au prix que vous allez l’acheter, vous aurez moins de remords à utiliser les films d’Impossible Projet qui ont repris la fabrication de ceux-ci. Heu …. pardon, les films s’appellent de nouveau Polaroïd et vous les trouvez – enfin – chez les grands distributeurs (comme chez Retrocamera par exemple).

Comptez environ 18€ pour un pack contenant 8 photos (soit 2,25€ la prise de vue). Il va s’en dire que l’on peaufine sa composition à ce tarif là.

Et pensez à photographier dehors, par beau temps, pour éviter trop de déconvenues (sauf si vous trouvez encore des flipflash fonctionnels !)

Mais ce qui fait tout le charme de cette manière de photographier, c’est que l’on est certain que la photo sera – réellement – unique : imparfaite, imprévisible et impossible à reproduire.

Et ça, ça n’a pas de prix !

Ensuite, le format est bien plus qualitatif que les mini de chez Instax (pour mémoire, la taille image est de 86 x 54 mm pour le Mini contre 79x79mm pour le Pola 600) et cela permet toutes les audaces créatives.

Quelques exemples sont sur le Net, comme les œuvres de Chris Mettraux, Maurizio Galimberti ou de Nicolas Poizot vous donneront peut-être des pistes, des idées pour vous lancer ensuite (heu, soyons précis pour les esprits chagrins, ces artistes n’utilisent pas un Supercolor 600, leurs œuvres sont à titre d’exemples !).

Le plaisir de la découverte n’a pas de prix !

Des petites videos d’illustration et de bons conseils :

Et une petite aide pour s’y retrouver avec les films

Des références : https://www.instamaniac.com/le-polaroid-600/, https://polaroid-passion.com/polaroid-600.php?id=270 en français, https://momentsinseconds.wordpress.com/2016/02/25/polaroid-supercolor-600/, en anglais

Argentique

Le Kodak Brownie Starlet Camera

Franchement, souvent j’évite ces appareils car il me semblent tellement datés et tellement simples. De plus, tout en plastique, ils ont souvent souffert et sont fêles, les accessoires tordus quand ils n’ont pas disparus.

Mais voilà, au détour d’une caisse dans une brocante, je vois une sacoche en cuir en assez bon état …

« Humm, un Kodak, bon voyons voir … » et j’ouvre l’étui dans lequel se niche un tout petit appareil, presque un jouet.

N’était-ce qu’il avait été remis dans son « sac tout prêt » à l’envers, il est en bon état et presque propre. Je m’enquiers de son prix, que je négocie, presque par réflex et me voilà propriétaire d’un Kodak Brownie Starlet Camera.

Ce jour là, j’ai aussi emporté un Olympus AZ 230 SuperZoom que vous découvrirez plus tard.. Un peu plus de 20 ans séparent ces deux appareils mais j’ai l’impression que cela fait des siècles tellement le Kodak est dépouillé.

Même à son époque, il était d’une simplicité déconcertante ! Dites vous qu’il est contemporain des Yashica Electro,, d’un Ricoh 35, d’un Leica M2. Il a vu le jour en 1957 et fut produit jusqu’en 1962.

Bref, un appareil fidèle à la philosophie de Kodak « clic-clac, c’est dans la boite ».

Si, à notre époque, je trouve simplissime ce type d’appareil, il devait répondre à une demande, un besoin, déjà, de se simplifier la vie avec un minimum de réglages pour de relativement bonnes images.

La famille des « Star » (Starflex, Starflash, Starlux, Starmatic, Starmite, Starmeter et consort) a été vendue à plus de 10 millions d’exemplaires entre 1957 et 1962. Si les formes changeaient un peu, le fond restait le même et près de 127 appareils différents se sont déclinés sur le même thème.

Mais voyons de plus prêt ce drôle d’engin à photographier et pour le comprendre, nous allons faire un bref détour par l’histoire extraordinaire de ce fabricant qui a révolutionné la photographie.

En 1881, Georges Eastman abandonne son travail dans une banque pour créer sa société. Féru de photographie, mais sans bagage en chimie, il met au point un procédé révolutionnaire de « plaque sèche » bien plus pratique, facile à utiliser et transporter que les anciennes plaques dites « humides ».

C’est ainsi que nait la Eastman Dry Plate Company avec Henry Strong comme associé.

Après ce premier coup de génie, il en assène un second en créant, en 1888, le premier film souple transparent et un appareil, qui le contient, une boite rectangulaire toute simple baptisé « The Detective » et que les photographes doivent renvoyer à la firme pour qu’on y développe le film (environ 100 photos).

L’appareil, rechargé en usine, repart avec un nouveau film et les épreuves tirées.

C’est aussi la naissance d’un slogan devenu célèbre : «You press the button, we do the rest» (Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste).

Georges Eastman était aussi un génie du marketing et c’est lui qui a inventé le mot « Kodak », qui peut se prononcer dans toutes les langues … sans avoir la moindre signification !

Kodak, c’est court, c’est dynamique et ce nom va bientôt être présent partout dans le monde, tant avec ses films, la chimie pour les développements et les appareils, toujours simples d’utilisation et peu onéreux.

Bref, Georges Eastman a conquis le monde en proposant des solutions simplifiant la vie des photographes, rendant celle-ci très accessible et favorisant la vente tant des films que des appareils et tous les accessoires.

Las, l’histoire eut une fin digne de la taille de l’entreprise : après avoir raté le coche du développement instantané (Kodak n’avait pas retenu la proposition d’Ewin Land, inventeur du … Polaroïd), ils ont essayé de copier le procédé, ce qui leur vaudra une amende record de 3 milliards de dollars, ils ont raté le marché du numérique alors que c’est eux qui ont inventé en 1975 le procédé (Steve Sasson – création du prototype baptisé «film-less photography» qui affichait une définition de… 0,01 megapixel) en le mettant dans un tiroir, de peur de perdre leur quasi monopole du film argentique, qui leur faisait gagner des fortunes !

Bon, revenons à notre drôle de Kodak Brownie Starlet Camera.

Il est en plastique moulé, avec un viseur à vision directe ou tunnel de Galilée (ce n’est pas un télémétrique, plutôt un fix focus = une focale, une visée)

Comme souvent chez Kodak, il fut fabriqué en France, aux Usa, en Australie et au Canada, avec quelques subtiles différences que seuls les vrais collectionneurs affectionnent (des logos pas mis aux mêmes endroits, des plaques signalétiques légèrement différentes, bref, de quoi jouer au Sherlock Homes pour s’y retrouver).

Sur l’original, on pouvait fixer un flash sur le côté, grâce aux contacts à broche et à vis placés sur la tranche gauche de l’appareil. Là aussi avec des variantes spécifiques selon les pays.

Kodak Brownie Starlet (capot superieur strie)
source : Collection-appareils

Techniquement, difficile de faire plus « a minima » :

  • viseur de Galilée
  • objectif à ménisque de marque Dakon
  • Obturateur rotatif Rotary (ça ne s’invente pas !)
  • armement par molette sous l’appareil
  • déclencheur à poussoir sur le côté de l’objectif
  • deux réglages d’ouverture : un pour les films couleur (13) , le second pour les films en N/B (14)
  • mise au point de 1,2m à l’infini (14) ou 1,5m à l’infini (13).

Le film utilisé est en 127, qui donne des images carrée de 4×4 cm.pour cet appareil. Le film autorise 12 vues.

Le 127 est apparu dans les années trente. C’est un film en rouleau, comme les 120 ou 620, créé pour permettre de diminuer la taille des appareils. Pendant longtemps, ce fut toutefois le 120 qui eut la faveur du public et surtout des professionnels, bien que le 135 (le 24×36) s’impose dans les télémétriques, petits et légers. Cette simplification des appareils photos fut encore accélérée par la fabrication de boitiers en plastique (l’autre « nouveauté » de ces époques), qui permettait en outre d’abaisser fortement les coûts de fabrication, donc de vendre plus d »appareils, plus de films, … n’oublions pas que Kodak était avant tout un fabriquant de films !

Hélas, son « âge d’or » fut de courte durée. En fait dès l’apparition des appareils compacts et bon marché qui utilisaient les cartouches du film en 135, encore plus facile à utiliser et permettant des appareils encore plus petits.

Si le 120 perdure encore de nos jours, le 127 a quasi disparu. Au grand dam des possesseurs de Yashica 44 (un chouette petit TLR)) ou de Baby Rolleiflex, par exemple et bien sûr de tous les Kodak Brownie qui l’utilisent..

Si vous en cherchez, j’en ai trouvé chez Fotoimpex, sous la marque Rollei (qui n’en fabrique plus mais pose sa marque sur des films « produits blancs » d’autres fabricants).

Et pourtant, si vous regardez bien la chambre, comme sur l’Agfa Clac, elle est incurvée, ceci afin d’assurer une meilleure netteté des images. Un petit mécanisme empêche de faire des doubles expositions par mégarde. La construction du couvercle, par emboitement, assure une bonne étanchéité à la lumière.

Pas de réglages de distances, c’est un fix focus, qui assure une bonne netteté, comme dit plus haut, de 1,2m à l’infini.

Ce boitier était, semble-t’il, destiné aux jeunes et en tout cas aux personnes qui n’avaient pas envie de devoir « tripoter » leur appareil pour faire une photo.

En fait, vous ouvrez le sac tout prêt (dans lequel vous pouvez gardez l’appareil pendant la photo), vous visez, vous réglez selon le type de film (couleur ou N/B) et vous abaissez le levier rouge sur la droite de l’objectif : clic, la photo est dans la boîte.

Si vous l’avez remarqué, un film était encore dans l’exemplaire que j’ai acheté.

« Chouette, me suis-je dit, des photos oubliées anciennes ! » Las, le labo n’a rien pu tirer du film, trop vieux et sans aucun doute stocké dans de piètres conditions.

Ceci étant, ce qui m’agace un peu, c’est que j’ai cherché partout des infos sur la focale (un 35mm ?) et je n’ai rien trouvé, ni sur la vitesse unique de l’appareil. Les ouvertures sont notées 13 et 14 et je peux donc penser qu’il s’agit de f13 et f14.

Je dois me borner à en déduire qu’elle ne doit pas être bien rapide, ni l’ouverture très grande car le mode d’emploi spécifie « ne photographiez pas de sujets en mouvement » !

Bref, ce Kodak Starlet Camera, outre son aspect très ludique reste un appareil facile à manipuler : une fois le film mis en place, vous visez et vous tirez. Après avoir répété 12 fois l’exercice, vous déposez le film dans votre labo favoris pour contempler le résultat quelques jour plus tard..

Si vous en trouvez un en bon état, ne dépensez pas plus de 15€. Le film ne présente pas de problème majeur puisque vous pouvez encore en trouver. Il ne vous reste plus qu’à le sortir dans vos balades, si possibles ensoleillées pour en tirer le meilleur parti, quoiqu’il faille se dire que les films modernes sont plus rapides et améliorent considérablement le confort de prise de vue.

Bon amusement, bonne découverte car dites-vous bien que ce genre d’appareil a rempli des millions d’albums photos à travers le monde.

source : BrownieCam

La publicité a toujours joué un grand rôle dans l’histoire de la marque, la rendant omniprésente, incontournable, sur n’importe quels continents !

https://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1276172862.jpg
source : Collection-appareils, Sears 1958.
https://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1240988439.jpg
source : Collection-appareils, Photo-Plait 1960
https://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1312293137.jpg
source : Collection-appareils, Grenier Natkin 1960

petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : https://collectionappareilsphotos.com/2017/06/13/kodak-brownie-starlet/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=298, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=448, https://www.greelane.com/fr/sciences-humaines/histoire-et-culture/george-eastman-history-of-kodak-1991619/, https://www.innastudio.com/tech/eastman-kodak-company-lhistoire.html, https://www.capital.fr/economie-politique/kodak-splendeur-et-decadence-d-un-empire-913548, https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_127 en français, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Kodak_Brownie_Starlet, https://www.browniecam.com/, https://www.brownie-camera.com/39.shtml en anglais

Argentique

Le FunCam Summer d’Agfa

Vous le savez, j’apprécie assez les brocantes. On y trouve parfois des pépites, ou en tout cas, des appareils qui sortent de l’ordinaire, amusants ou incongrus, parfois en piteux états, parfois presque neufs …

Comme je ne suis pas sectaire et plutôt curieux, j’aime assez me laisser entrainer vers ces objets là.

Et donc, dans une caisse, mélangé à plein d’autres objets qui tenaient plus de l’ustensile de cuisine que de la photographie, je découvre ce drôle d’emballage, presque intact (si on excepte la couche de poussière).

Je le regarde et, par principe, négocie le prix : 2€. A ce prix là, j’ai au moins gagné un film vierge si le reste ne fonctionne pas !

Comme disait I.T., retour maison et bon nettoyage de l’emballage avant de faire quelques photos de l’ensemble.

Bon, à ce moment là je ne sais pas encore si je vais trouver quelque chose sur cet appareil Agfa, qui semble plus tenir du gadget que d’autre chose, mais bon, c’est ça le plaisir de la découverte.

Vous le découvrez donc ci-dessous, sous blister, un appareil photo Agfa surnommé FunCam, livré avec 2 films Agfa Vista de 27 photos (24+3) en 400 Asa (il n’y en a plus qu’un) et (mais elles manquent) deux piles AA.

Le blister a été entamé pour soustraire les deux piles et un film mais, semble t’il, l’appareil n’a jamais quitté son emballage.

Aussi farfelu que cela puisse paraître, si vous cherchez des infos sur ce drôle d’appareil, vous constaterez qu’il s’en vend sur Ebay et Catawiki, et à des prix de fous ! J’en ai trouvé annoncés à 32GBP (soit +/- 37€) l’appareil seul et tout nu et 55€ parce que « Agfa FunCam Summer 35mm Film Camera Rare Point & Shoot Collectable Lomo Retro« 

Ça y est, les mots clés sont lâchés : rare (heu, ça reste à voir !) – collectible (ouais, mais faut trouver l’amateur qui collectionne ça) – Lomo (ben oui, les Lomographistes apprécient ce type d’engin, mais en général, ils essaient de payer moins cher) – retro (sans doute, mais l’ensemble n’a que 16 ans, j’ai connu plus « rétro »)

Heu …. et si nous restions sérieux ?

Car, à l’origine, ce FunCam Summer est considéré comme un jetable (!?) destiné à accompagner les activités estivales des jeunes et moins jeunes, sans prise de tête et tout ça (appareil, films et piles) pour moins de 10€ en …. 2005 !

Historiquement (si, si, j’ose le mot !), Agfa avait déjà lancé un FunCam Motor puis un FunCam Slimline avant que n’arrive ce FunCam Summer blanc nacré en juin 2005.

Ne nous y trompons pas, le FunCam Summer est en tous points identique au FunCam Motor, n’était-ce sa belle robe blanche et le rouge tonic des boutons et du cadre autour du viseur.

Techniquement, c’est un point and shoot classique et basic : un grand viseur tout simple (pas de marques) , un flash électronique et un moteur

Voici ce que l’on en disait : « AgfaPhoto informe : Leverkusen, avril 2005 – Après la FunCam Motor et la FunCam Slimline, AgfaPhoto lance la FunCam Summer blanc nacré. À partir de juin, cet appareil photo 35 mm à part entière a les meilleures chances de devenir un succès estival après le succès de ses prédécesseurs. L’offre spéciale comprend non seulement l’appareil photo lui-même avec son flash électronique et son transport de film motorisé, mais aussi deux batteries et des films Vista pour 54 photos estivales colorées. Enfin, le prix de vente conseillé sensationnel de seulement 9,99 euros fait de la FunCam Summer le compagnon idéal pour toutes les activités estivales, pour le sport et les loisirs ainsi que pour s’amuser sur la plage ou le barbecue en soirée.« 

Le décor est planté : un appareil simplissime, essentiellement destiné aux jeunes qui veulent ramener des images « fun » de leurs vacances, sans se préoccuper de l’appareil, bon marché mais qui fait le job demandé.

Deux positions pour les prises de vue : avec ou sans flash selon la luminosité.

La distance de prise de vue idéale est comprise entre 1,2m et 4m (c’est un 35mm asphérical). Je n’ai pas trouvé d’indication quant à l’ouverture ni la vitesse mais si Agfa fournit deux films en 400Asa, ça ne doit pas être très lumineux (un f6,3 ?). La lentille semble être en plastique mais c’est une optique japonaise !

Pour le reste, deux piles AA à introduire dans le boitier, un verrou pour libérer la porte arrière pour accéder à la chambre, dans laquelle vous glissez les films vendus avec l’engin. Vous tirez la languette jusqu’au repère, refermez le dos et le moteur se charge d’enrouler jusqu’à la première vue.

A priori, on vous recommande de n’utiliser que les films Agfa , alors que tous les autres fonctionnent aussi : ah ! le marketing …

source : https://www.flickr.com/photos/botakjay/albums/72157602621464802

Reste à porter l’appareil à hauteur d’yeux, clic-clac, c’est dans la boite !

Après les Pocket Agfa, qui ont fait le bonheur de tant d’enfants lors des camps de vacances, ou des vacances tout court d’ailleurs, ces petits appareils sans prétention ont ravit la génération de leurs propres bambins, vingt ans plus tard.

Dans de bonnes conditions de lumière (présupposé de vos vacances à la plage), les photos ne sont pas mauvaises et s’il faisait moins lumineux, un petit coup de flash vous aidera (attention, pas trop près pour éviter les yeux rouges).

Et si même Agfa le considère comme un « jetable  » réutilisable, c’est qu’il se doute qu’à ce prix là et pour la clientèle visée, c’est un appareil qui pourrait souffrir. Ceci étant, les plastiques sont costauds et les assemblages pas si mauvais que ça. A moins de le laisser tomber de haut ou de l’immerger, c’est un petit appareil qui résiste bien à quelques mauvais traitements.

En résumé, à moins d’être collectionneur averti, ne dépensez pas plus de 5€ pour l’appareil, peut-être 8€ si vous trouvez le blister intact, c-à-d avec l’appareil, les 2 piles et les 2 films Agfa.

Pour le reste, amusez-vous, c’est vraiment dans l’esprit Lomo.

source : Photo-Scala, voici la configuration complète de l’appareil tel qu’il était vendu en 2005

Pour le mode d’emploi (si, si, il y en a un, minimaliste), c’est ICI

Des références : https://www.photoscala.de/2005/05/02/funcam-summer-von-agfaphoto/, en allemand, https://www.app-phot-col.com/boit_deta_5.php?numephot=0&dn=1&numero=1323&marque=AGFA&modele=FunCam%20Summer&ty=B&T=B en français

Argentique

Le Holga 120

En fait, je vais même vous en présenter deux, le Holga 120 N et le Holga 120 FN, vous allez comprendre …

Mais avant tout, comme d’habitude, un peu d’histoire, car celle-ci est singulière.

C’est à Hong-Kong que Lee Ting-Mo eut l’idée, au début des années quatre-vingt, de créer un appareil photo accessible pour les familles chinoises de la classe ouvrière. Son leitmotiv était de fabriquer aux coûts les plus bas.

Ce qui signifiait que les caractéristiques de l’appareil allaient être à minima : fabrication tout en plastique, objectif compris (lentille), mise au point minimale, netteté minimale, joint d’étanchéité minimal … et un maximum de chances que tout ça fonctionne de façon très aléatoire !

Ajoutons à ce cocktail étonnant l’utilisation du film 120, encore très couru en Chine à l’époque.

Et ça a fonctionné : des milliers de familles ont pu acquérir cet appareil improbable, plein de défauts, mais ils étaient heureux de s’en contenter à l’époque.

Cependant, même en Chine, les temps changent : fin des années septante et tout au long des années quatre-vingt, c’est le temps de l’ouverture vers le monde et des réformes économiques.

En deux mots comme en cent : les jours du Holga étaient compté, la classe ouvrière ayant acquis plus de pouvoir d’achat, se tournait vers les appareils photos en 35mm importés. Le film en 120 perdait sa place de leader et le Holga disparaissait petit à petit.

C’était sans compter sur l’Occident décadent, qui comme pour le Lomo LC-A venu de Russie, s’était entiché de cet appareil au look irréaliste et rétro.

Les fuites de lumière accidentelles, la douceur des images, le vignetage dans les coins, les surimpressions des distraits, tout cela étaient autant de qualités de ses défauts pour peu qu’on eut l’âme vagabonde et l’humeur créative.

Toujours est-il que la production a continué jusqu’en 2015, date de la fermeture de l’usine qui le fabriquait.

Même si la légende (mais en est-ce une) raconte que les moules pour fabriquer le Holga ont été détruit, un homme en avait gardé l’outillage : Lee Ting-Mo lui-même !

Ce fut donc une autre société chinoise, Sunrise, qui a remis le Holga 120N – l’original – en production, dès 2016, pour le plus grand plaisir de tous ses fans dans le monde.

Historiquement, c’est le Holga 120 S (pour standard) qui fut le premier produit en 1982, suivi de peu par un Holga 120 SF, qui recevait un flash intégré.

En 2009 c’est le Holga 120 N (N pour nouveau) qui pointe son objectif, qui ajoutait à la dotation de base un sabot pour flash électronique, une position B (bulb) et un filetage pour trépied.

Puis ce sera le Holga 120 FN, avec un flash intégré, j’y reviendrai.

Ensuite une hérésie, le Holga 120 GN : rendez-vous compte, il gardait les éléments du FN mais gagnait une optique … en verre ! Et on enfonçait le clou avec le Holga GFN, qui gardait l’optique « de luxe » et gagnait un flash intégré.

Mais on revenait aux fondamentaux avec le Holga CFN : position bulb, flash intégré, lentille en bon plastique avec cependant quelques fantaisies comme des filtres de couleurs intégrés pour le flash

Les lentilles en verre revenaient sur le Holga 120 GCFN (si vous avez bien retenu la logique = mode bulb, flash intégré, filtre colorés intégrés pour le flash)

Il y eu encore un Holga 120 GFN, à savoir un FN avec une lentille en verre et même un Holga 120 S avec lentille non plus en plastique mais en verre à nouveau.

Pour en terminer avec la saga de la marque, sachez que le Holga fut aussi fabriqué en format 135, mais là n’est pas notre propos.

Avec cet appareil, vous aurez en mains le moyen format sans doute le plus léger de l’histoire ! Seul le Lubitel 2 pourrait rivaliser mais c’est un TLR (deux objectifs superposés) moins commode à manipuler

J’ai donc eu la chance d’acquérir un Holga 120 N (dans sa boite, neuf) et un Holga 120 FN qui a déjà bien servi.

Les données techniques sont réduites à leur plus simple expression, et pourtant …

L’objectif est un 80mm ouvrant à f8. Comparé au Diana F, c’est presque un grand angle.

L’obturateur possède deux vitesses : le 1/100 sec et le mode bulb (il reste ouvert tant que vous gardez le doigt sur le déclencheur). Un curseur sous le bloc optique vous permet de choisir la position N ou B (pour bulb, vous aviez deviné).

Petit truc pour éviter les photos floues involontaires : remettre le curseur sur le N après l’avoir posté sur le B !

Pour les ouvertures, 2 réglages aussi : f11 pour les temps ensoleillés et f8 pour les nuages, que l’on ajuste grâce au curseur situé sur le dessus du bloc optique.

Le Holga 120 N gagnait, souvenez-vous, un filetage pour un trépied et un sabot pour flash électronique, tandis que le Holga 120 FN avait le privilège d’un flash interne.

Les distances sont simplissimes et se règlent avec l’objectif : des pictogrammes allant d’une personne seule à celle d’une montagne vous permette un réglage heu … approximatif d’environ 1 m à l’infini.

Avec un film en 120 vous pourrez faire 12 photos en 6x6cm ou 16 en format 4,5×6 (avec un cache) mais dans ce format vous perdez le privilège du vignetage dans les coins !

Pour en terminer avec le tour de l’appareil, voyons le dos de celui-ci : sur les tranches, deux règles métalliques, qui coulissent vers le bas, déverrouillent le dos, qui s’enlève en bloc, découvrant une chambre noire tout en plastique, plus ou moins bien ajustée.

C’est sur ces règles métalliques que vous pourrez attacher les sangles fournies avec le boitier.

J’avais écris un peu plus haut que je reviendrais sur le flash intégré du Holga 120 FN.

Il s’agit en fait d’un bloc flash fixé sur le boitier et que l’on met en route avec un petit curseur l’arrière, près du viseur. Une petite lumière rouge apparaît quand le flash est prêt.

La construction est vraiment limite : une plaquette avec une ligne cuivrée qui relie les deux pôles, que l’on glisse dans une encoche sous le bloc objectif, dans la chambre. Il va s’en dire que ça bouge au moindre petit choc et qu’il faut la remettre en place à chaque fois. Deux piles AA suffisent pour l’alimentation.

Sur mon exemplaire, le flash ne fonctionne d’ailleurs plus du tout (condensateur ?)

Revenons un instant sur les défauts de l’appareil, qui – finalement – le rendent vraiment attachant et unique :

  • l’objectif est une focale fixe avec une lentille en plastique, qui ne permet pas la fabrication d’une lentille de qualité. Elle aura tendance a déformer l’image et à faire varier les couleurs
  • cet objectif est incapable de restituer une ligne droite … droite !
  • il agit comme un œil astigmate : des zones seront floues à côté d’autres qui seront nettes sur la même image
  • s’il n’y avait qu’une lentille … mais il semble qu’il y en ait 4, qui créent une perte de lumière importante, qui induira un vignetage sur l’image, surtout en 6×6
  • de fait ces lentilles sont un cauchemar d’ophtalmologue : astigmatisme, aberration chromatique, aberration sphérique, la totale … mais c’est ce qui donne des photos à l’esthétique si particulière et unique pour chaque appareil
  • le boitier n’est pas bien étanche à la lumière. Il n’est donc pas rare de voir un voile apparaître sur la pellicule. Avoir du gaffer avec soi est une sage précaution, qu’il faudra recoller à chaque changement de film.
  • si vous utilisez le format 4,5×6 pensez que l’orientation de la photo change car le grand côté est vertical et le petit horizontal
  • la superposition des images est très simples à réaliser volontairement ou … involontairement : il suffit d’oublier d’avancer le film
  • l’ouverture du dos est simplissime mais elle aussi propice aux (mauvaises) surprises : pensez à coller un bout de gaffer sur les languettes métalliques
  • et tant que vous en avez en main, collez-en un bout sur la fenêtre arrière, pas franchement étanche
  • ce n’est pas un reflex … vérifiez donc a bien enlever le bouchon avant de faire une photo car la visée « télémétrique » ne vous laisse pas voir à travers l’objectif
  • lorsque vous avez terminé votre film, tournez une ou deux fois de plus le bouton de rembobinage pour être certain d’avoir bien rembobiné la pellicule sur son axe.

Comme souvent avec les appareils de la bande Lomography, on a l’impression d’avoir un appareil jouet en mains, et pourtant, celui-ci fut construit pour que des millions (nous sommes en Chine) puissent goûter aux joies de la photographie à moindre coût, ce qu’il fit très bien.

Somme toute, il possède le minimum syndical pour pouvoir faire des photos … ne riez pas, un Agfa Clack, un Kodak Dualflex, un Bilora Gevabox des années cinquante ne présentaient guère plus de possibilités, mais ils étaient vendus par de « grandes marques » !

En gros, ne vous attendez pas à des miracles mais sachez que c’est ce qui fait le charme de l’appareil. Comme tous ceux de la mouvance Lo-Fi, ils vous permettront une grande latitude créative, loin des standards figés qu’Instagram et consorts veulent nous imposer.

Pour éviter certaines (trop) mauvaises surprises, d’aucun recommande d’utiliser du gaffer pour « fermer » le dos de l’appareil (je pense que ce pourrait être utile d’en mettre une bande sur les réglettes, aussi pour éviter qu’elles ne glissent par inadvertance et laisse le dos s’entrouvrir).

Parlons prix maintenant : comptez entre 30€ pour un Holga de base et jusqu’à 90€ pour un avec tous ses accessoires (flash, caches, filtres, etc.). Si vous en prenez soin, malgré sa construction à l’emporte pièce, il vous suivra de longue années.

Le film 120 est bien évidemment toujours en fabrication et vous en trouverez pour tous les gouts (N/B avec ou sans grain, en couleurs) et tous les budgets.

Ma conclusion, comme d’habitude, si vous en croisez un et que vous vous sentez l’âme vagabonde, faites-vous plaisir !

Petite video d’illustration

Des exemples de photos ICI

Pour tout savoir sur les Holga, c’est par LA (en anglais) et le mode d’emploi est LA-BAS

Quelques références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Holga, https://www.danstacuve.org/holga-120-un-appareil-jouet/, https://shop.lomography.com/fr/holga-120n/, https://meilleurtest.fr/holga-120n/ en français, https://filmphotography.eu/en/holga-120-n/, https://www.myfavouritelens.com/holga-120n-camera-review/, https://lumenicity.wordpress.com/category/holga-120fn/ en anglais