L' Atelier de Jean-Pascal, passionné de photographie et de peinture
Catégorie : Argentique
Le monde de l’argentique est riche de tant de modèles différents, du minuscule Minox au moyen format, sans parler des chambres, que je n’ai pas (encore) pu utiliser. Il y a des reflex, des télémétriques, des compacts, des pockets, des appareils instantanés, bref, de quoi découvrir et s’amuser.
Voici donc le second appareil trouvé dans une caisse ce dimanche matin.
Je vous passe les détails du nettoyage intensif dont il a fait l’objet, mais il est très présentable et particulièrement petit.
Plus petit qu’un Olympus XA, pour vous donner une idée. Et avec un flash intégré en plus !
En fait, le progrès a parfois du bon : plus petit donc qu’un XA, avec un moteur, un flash intégré, un autofocus performant, la reconnaissance DX des sensibilités de film, le chargement et l’armement tout aussi automatique.
A mettre dans tous les sacs pour partir en vadrouille, en ville ou à la campagne.
Question technique, c’est du tout simple, fait – comme le voulait Olympus – pour les familles.
L’objectif est un 35mm ouvrant à f3,5 dont la mise au point minimale est de 0,65m jusque l’infini. Il est – vraiment – tout automatique, du chargement de la pellicule, à la lecture du code DX, à l’autofocus, au réarmement et à la fonction flash.
Flash que l’on ne peut, malheureusement, pas débrayer.
Pour le mettre en route, rien de plus simple : vous lui mettez deux piles AAA, ouvrez la porte qui protège son objectif et il est en fonction (une petite diode rouge clignote uen seconde pour vous le signaler) !
Son autofocus accroche vite et bien, pratique si vous devez « dégainer » rapidement en photo de rue. A ce sujet, il est relativement discret, du moins pour le déclencheur, le moteur un peu moins mais comme il travaille vite, on ne l’entend pas longtemps.
Le viseur reste confortable, avec un cadre pour bien viser et un point au centre qui indique où le focus sera fait. Notez qu’en appuyant à mi-course sur le déclencheur, vous pouvez verrouiller la mise au point et une diode verte apparait pour vous signaler que celle-ci est bien faite.
Voilà donc un petit appareil, apparu au Japon dès 1987, que vous aurez rencontré souvent, dans un tiroir, vu sur des photos familiales, ou trouvé dans une brocante !
Une excellente alternative aux jetables et récupérables inutiles.
… et donc, ce dimanche matin, sur la brocante, en fouillant dans une caisse d’un vendeur installé à l’intérieur d’un hangar (partie couverte de la brocante), je déniche deux appareils dignes d’intérêt : un Rolleimat F et un Olympus AF 10, qui fera l’objet d’un autre article.
La marque Rollei est surtout connue pour ses Rolleiflex, archétype du TLR (twins lens reflex, soit reflex à double objectifs) en 6×6. Certains atteignent des prix astronomiques, parfois largement surfaits même si ces appareils sont mythiques (mais les mythes s’entretiennent chèrement).
Mais la marque est aussi connue pour d’autres appareils, extrêmement compacts et très qualitatifs, eux aussi. Le Rollei 35, le Rolleimatic, le Rollei A110 en sont les plus beaux exemples.
Je vous renvoie aussi sur le site de Philcameras, qui est belge et une mine d’or de renseignements à propos de ces appareils.
Et donc le Rolleimat F, couvert de poussière, tapis dans le fonds de la caisse, qui avait encore son cache objectif et sa dragonne, a attiré mon attention.
Il a plus ou moins le gabarit d’un Canon A35 F, et il fait partie de ces rares « point and shot » de la fin des années septante, début quatre-vingt a posséder un flash intégré, en plus d’un objectif qualitatif.
Mais il n’est pas autofocus, ce sera pour plus tard.
Cet appareil donc, fut construit de 1978 à 1981 par … Nitto pour Rollei, à 120.000 exemplaires
Hé oui, cet appareil, pourtant encore presque tout en métal, fut considéré comme « low cost » par Rollei, qui le conçu mais en confia le cahier des charges et la réalisation à la société japonaise Nitto.
Ne nous y trompons pas, il est beau dans sa robe noire.
D’accord, il est simplifié presque à l’extrême mais c’est ce que recherchaient les acheteurs de l’époque : un appareil fiable, précis mais très facile d’utilisation.
Ce qui n’empêche pas de soigner le produit : regardez sur la première photo de la seconde ligne, le petit ergot placé sous la semelle, qui permet de poser l’appareil bien à plat sur la semelle. Notez encore la manivelle de rembobinage, située justement sur la semelle, pour équilibrer l’appareil.
Deux compartiments à piles : le premier sur le dos, près du viseur, accepte une LR43 classique et il alimente une cellule CdS couplée à l’automatisme située au dessus de l’optique, prenant en compte la correction pour d’éventuels filtres, tandis que le second, sur la tranche à gauche, accueille deux piles AA pour alimenter le flash.
Le flash, justement est un « pop up », que vous devrez faire sortir manuellement (pas de déclenchement intempestifs). Un rappel est situé sur le capot. Ce petit ajout est un grand avantage par rapport aux appareils des générations précédentes qui devaient embarquer un flash d’appoint à fixer sur la griffe prévue à cet effet.
L’objectif est un Rolleinon de 38mm ouvrant à f2,8 à 4 lentilles. Vous le réglez avec des symboles repris sur le dessus qui en fait sont respectivement les distances de 1m (mise au point minimale) représenté par un visage – 1,5 m, représenté par un couple – 3m, représenté par une famille et l’infini, représenté par une montagne.
Le viseur est clair et large, avec cadre lumineux et repères pour la parallaxe.. Adroite, une échelle reprend les diaphragmes de 2,8 à 22, sur laquelle l’aiguille de la cellule se déplace. Si vous n’avez pas assez de lumière, une diode rouge clignote et vous averti de sortir le flash
L’obturateur est central et mécanique de marque COPAL couplé à la cellule pour un automatisme programmé de 1/60e à 2,8 jusqu’à 1/350e à 22. Il y a un retardateur mécanique, en façade (+/- 10 sec.)
Je vous ai trouvé une petite vidéo pour illustrer cet appareil (en français pour changer):
En résumé, un appareil facile a utiliser, très bien construit, avec une cellule précise, peu bruyant et un objectif de qualité.
Comme je ne sais pas toujours essayer tous les appareils que je vous présente, je vous mets en lien le site de Lomography où sont exposées des photos réalisées avec cet appareil.
Et voici le second compact sauvé d’une caisse de sauvage … après l’avoir nettoyé et nourri d’une nouvelle pile, tout fonctionne parfaitement … ils construisaient solide à l’époque !
Comme d’habitude, petit tour sur la Grande Toile pour en apprendre plus sur ce petit compact Pentax.
Lui aussi, comme le Canon Prima Zoom Shot que je vous présentais il y a peu est sorti en 1995.
Ces années nonante ont vu fleurir nombre de ces très bons petits compacts, tout automatisés pour laisser le photographe se concentrer sur la prise de vue. Ce n’était plus seulement un appareil destiné aux seules familles mais quelques photographes pro en avaient un pour se dépanner.
Maintenant, soyons clair, cette appareil, avec son petit zoom 38 -70 f4,8 – 8,5 fonctionnera toujours mieux au soleil et avec une pellicule sensible. Et ne vous servez pas (trop) du zoom, vu son ouverture minimale. Ceci étant, l’objectif est bon, construit en 5 éléments en 5 groupes. La distance de mise au point minimale est de 55cm environ
Il est compact, tient bien en main et les commandes, très simples, sont à portée de doigts, notamment la commande de zoom, avec son gros bouton rotatif.
Sur le dessus du capot, outre un bouton rouge (ON/OFF) et le déclencheur, il y a deux boutons de part et d’autre de l’écran : un pour commander le retardateur (premier appuis) et caler l’autofocus sur l’infini (second appuis) et l’autre pour couper le flash en mode nuit (en fait, quand il fait plus sombre), flash en mode nuit, flash coupé au soleil, pause B (qui reste active tant que vous enfoncez le déclencheur – attention au flou de bougé dans ce cas là !). Par défaut, l’appareil, quand il s’allume, est en mode flash automatique. Pensez à le débrayer. Un dernier petit bouton gris, au dessus du flash permet la gestion des « yeux rouges ».
Que dire encore ? Le chargement du film est automatique, avec lecture du codage DX, pour la sensibilité des films (max. 1600 Iso). Après chaque photo, l’appareil réarme et fait avancer le film automatiquement. Celui-ci se rembobine automatiquement à la fin des vues, mais vous pouvez forcer son rembobinage grâce à un petit bouton situé sur la semelle.
Pour l’alimentation, une pile CR123 suffit.
Ici, tout est donc entièrement automatique et le photographe n’a aucune prise sur les solutions envisagées par l’appareil, mais c’était là le but, à l’époque.
Bref, un petit compact sympa à embarquer avec soi sans remords si jamais vous deviez le laisser tomber, le perdre … mais il serait surprenant qu’on vous le vole …
Bon, j’avais écris que je n’achèterais plus de compact, mais quand j’en vois un beau subir les affres d’une brocante, mon petit cœur flanche …
Et donc, je me suis retrouvé, dimanche matin, avec deux compacts en mains : ce Canon Prima Zoom Shot et un Pentax, qui fera l’objet d’un autre article. Je vous passe les détails habituels du nettoyage …
Petit tour sur la Grande Toile pour en apprendre un peu plus sur ce petit appareil à la bouille sympa.
Au Japon, il s’appelle Autoboy Juno, Sure Shot Zoom 60 aux Amériques et Prima Zoom Shot en Europe. C’est un appareil qui a vu le jour en mars 1995.
« La finition métallique argentée de la façade de l’appareil et le profil plat donnent à cet appareil compact à zoom entièrement automatique un aspect très tendance [NDL pour l’époque]. Il est suffisamment petit et léger pour être transporté partout où vous allez. Les autres caractéristiques comprennent un objectif zoom 38-60 mm, un autofocus 5 points avec Ai-AF, un viseur à zoom direct et un sélecteur de mode au dos de l’appareil. Toutes les opérations de l’appareil photo sont rapides et faciles. Un interrupteur situé sur le fond de l’appareil permet de passer du mode normal au mode panoramique. (Version japonaise uniquement) La date peut également être imprimée dans le format panoramique ». source : https://global.canon/en/c-museum/product/film179.html
Bon, la couleur argentée, on aime ou pas, mais c’est vrai que sa façade presque plate reste actuelle. Il offre une très bonne prise en mais, avec une légère « poignée » sur l’avant. Les boutons pour actionner le zoom tombent naturellement sous le pouce.
Les commandent sont réduites mais largement suffisantes : tout automatique avec gestion du flash (correction des « yeux rouges »), tout auto, flash débrayable, retardateur. Le pré focus se fait en appuyant sur le déclencheur à mi-course. Le viseur est très clair et même large. Une LED verte s’allume lorsque la mise au point est effectuée. Elle clignote lentement pour l’avertissement de gros plan et clignote rapidement pour l’avertissement de bougé de l’appareil. Elle s’éteint pendant le recyclage du flash.
Le chargement du film est simplifié : vous posez la bobine, tirez un peu de pellicule jusqu’au dessus de la bobine réceptrice et refermez l’appareil : il se charge du reste ! Si vous voulez le rembobiner plus rapidement, un petit bouton en dessous vous permet de le faire. Lecture du codage DX des films, qui règle la sensibilité.
Ce qui est intéressant sur ce petit appareil, c’est le zoom : un 38 – 60 f4,5 – 6,7 (il aurait pu être plus lumineux) en 6 éléments et 6 groupes. Relativement rapide, le viseur suit son mouvement. Mais je trouve que son amplitude est la bonne : presque un grand angle et pas encore un télé, tout juste pour se sortir de certaines situation, efficace.
Au niveau alimentation, une pile CR123 suffit.
Voilà, un beau petit compact des années nonante, que vous n’hésiterez pas à sortir. Bien plus utile et agréable que les jetables.
Même brocante que pour le Minolta AF 35 C, pas la même caisse, mais le même désastre … des tas de boitiers empilés à la sauvage …
Néanmoins, je vois un étui Canon, que j’ouvre, pour y trouver un appareil qui sera sans doute mon second rescapé de la matinée : un Canon Prima Zoom Mini.
Je vous passe les détails sordides mais une fois passé au grand nettoyage, remis deux piles dedans, il fonctionne !
Juste un petit éclat dans le verre du flash, mais cela n’empêche pas celui-ci de déclencher et de recharger, assez rapidement d’ailleurs
Petit tour sur la grande Toile pour en apprendre plus à son sujet car en fait – et je vous l’avoue – à l’époque, je ne regardais jamais ces appareils, trop content de posséder un magnifique Minolta 7Xi et ses objectifs qui, finalement, mourut dans un accident de la circulation (il a traversé l’habitacle et s’est écrasé à mes pieds, en passant par le ciel de toit, l’appuie-tête, le volant, le tableau de bord, les pédales).
Et donc, le Canon Prima Zoom Mini, ou Autoboy Ace A au Japon et Sure Shot Zoom Max aux Amériques, est un appareil présenté en septembre 1992.
C’est un compact à zoom entièrement automatique qui peut passer du mode normal au mode panoramique (version japonaise uniquement) par simple pression d’un levier.
L’autofocus est doté d’un autofocus intelligent à 3 points avec faisceau proche infrarouge. Il y a 161 niveaux de mise au point.
Lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, le pré-focus est activé. La mise au point commence à 60cm jusque l’infini.
Son objectif est un 38 -76mm ouvrant à f3,8 – 7,2 en 7 groupes. Pour les prises de vue macro, vous pouvez vous approcher jusqu’à 0,45 m. Mode macro que vous activez avec une touche à l’arrière de l’appareil.
Le viseur est à zoom direct, c.-à-d. qu’il avance, ou recule, en même temps que vous zoomez ou dé-zoomez. L’agrandissement est de 0,43x – 0,75x et la couverture est de 84% du champ. Dans la zone de l’image se trouvent les cadres AF (pour les distances normales et rapprochées), le cadre de correction de la parallaxe, le cadre panoramique. Une LED verte « OK-to-Shoot » s’allume lorsque la mise au point est effectuée ; elle clignote aussi pour l’avertissement de mise au point rapprochée, l’avertissement de macro hors gamme (45cm), l’avertissement de risque de bougé de l’appareil, la lampe de réduction des yeux rouges allumée, et elle clignote deux fois par seconde pour la mise au point sur un seul point et s’éteint pendant le recyclage du flash.
Le flash se déclenche automatiquement en cas de faible luminosité, avec pré flash pour la réduction des yeux rouges. Il est débrayable.
Lecture du codage DX des films. De 25 à 3200 Iso. Sans codage, l’appareil considère que c’est du 100 Iso.
Et donc, un appareil qui peut encore rendre de très bons services, son petit zoom pouvant vous sortir d’un mauvais pas. Mieux qu’un appareil jetable car il possède le minimum que l’on attendait d’un appareil en ce temps là, et même un peu plus, vu sa fiche technique.
En très bon état, avec son étui et sa dragonne (munie d’une petite pointe pour le rembobinage), il se négocie autour des 50€
Et encore un … sauvé d’une caisse où s’entassaient pèle-mèle des appareils compacts qui auraient dus être euthanasié il y a longtemps, pour abréger leurs souffrances !
Bref, dans ce fouillis poussiéreux, j’extirpe un Minolta Riva AF 35 C, encore dans sa pochette.
Petit coup d’oeil à la trappe des piles, pas de coulées … c’est bon signe ça. J’ouvre le compartiment film et… le referme aussitôt car il y en a encore un dedans !
Il y a l’air d’avoir des griffes près du viseur, mais en y regardant de plus près, c’est de la saleté… mais j’en profite pour négocier un peu.
De retour à la maison, j’ouvre ma bouteille d’alcool à 90°C, de la ouate, et hop, séance nettoyage. Là, il a déjà meilleure mine. Je mets deux nouvelles piles AA, et tout fonctionne.
Ensuite, j’enlève le film, de toute manière complétement voilé et je teste l’appareil avec un film qui ne sert qu’à ça : tout marche comme au premier jour ! Solide ces appareils des années nonante …
Quelques recherches sur la grande Toile me révèle que ce Minolta Riva AF 35c, ou Freedom AF 35R en Amérique, est un appareil compact autofocus lancé en 1992 dans le prolongement du Riva 35 et du Riva AF 35. C’est un entrée de gamme mais objectif est pointu.
Sa seule caractéristique supplémentaire est une fonction de pré-flash pour éviter les yeux rouges. Pour le reste, c’est un appareil entièrement automatique, ce qui signifie chargement automatique, avance automatique, rembobinage automatique, flash automatique, exposition automatique et mise au point automatique. Il est toutefois équipé d’un retardateur intégrés. L’objectif est protégé par un couvercle coulissant, qui commande la mise sous tension de l’appareil. Comme beaucoup d’appareils Minolta du même âge, il n’expose les films qu’à 100 ou 400 ISO. Une version datée était également disponible.
Vu comme ça, il est basique, mais c’est un loup déguisé en mouton, car si nous résumons, il possède un objectif 35 mm étonnamment pointu avec autofocus, flash intégré, retardateur, et il utilise des simples piles AA.
Quelques spécifications :
Objectif : 35 mm f/4,5.
Mise au point : autofocus actif par infra-rouge de 0,95 m à l’infini.
Exposition : mesure pondérée en fonction du sujet
Flash: Intégré, auto-activé, non débrayable avec pré-flash optionnel. Portée : 0,95-3,3 m. Signal LED de disponibilité de l’éclair.
Sensibilité des films : décodage ; les films en dessous de 400 ISO sont exposés comme ISO 100, ceux au-dessus comme ISO 400. Les films non-DX sont exposés à 100 ISO.
Avance du film : chargement automatique, avance et rembobinage.
Energie : 2 x AA alcalines et une CR2025 pour les appareils avec dos dateur.
Dimensions: 136 x 73 x 47,5 mm.
Poids : 235 g sans batteries.
Un appareil tout simple, un « point and shoot » comme il y en avait dans les années nonante, qui fait son travail sans chichis. Plutôt que d’investir dans un jetable, autant emporter ce type d’appareil, qui ne déçoit pas et qui possède les automatismes suffisants.
En très bon état, avec sa pochette et sa dragonne, il se négocie autour des 30€.
Tout doucement, je vais clôturer le cycle des compacts argentiques.
Mais hier, dimanche, j’ai déniché dans une caisse de vide-grenier, un Canon Prima Twin S (pour l’Europe ou Sure Shot Tele Max pour les Amériques et Autoboy Mini T pour le Japon).
Bon, le pauvre avait souffert : couvert de poussière, il était jeté avec des compacts qui auraient dû rejoindre le cimetière des compacts de zone Z depuis longtemps. Le compartiment à pile s’ouvre tout seul, un ergot de maintient est cassé, mais pas de traces de coulées d’acide; le compartiment à film est tout propre, les mousses sont intactes et toujours en forme. Je marchande pour le principe et je l’emporte.
De retour à la maison, passage à l’alcool à 90°C pour le nettoyer, plus produit d’opticien pour la lentille et le viseur. Il me restait une pile 123 de 3v dans un tiroir, et hop, l’appareil revit !
Quand je vous disais que Canon c’était du costaud ! J’ai mis un bout de gaffer pour tenir la porte du compartiment pile, ça fait baroudeur ! – mais surtout, ça tient …
Mais, que je vous présente l’engin.
Ce Canon Prima Twin S est sorti en septembre 1991. Il est le successeur d’une lignée commencée en 1979 par le Canon AF 35 M (dont je vous ai présenté le grand frère ICI). Cette lignée s’achèvera en 2005 avec le Canon Prima Zoom 90u II Date.
Qu’a t’il de spécial ? Un peu comme le Fuji DL 500 Mini Wide, il propose 2 focales distinctes : un 38mm ouvrant à f1:3,8 et un 70mm ouvrant à f1:6. Donc, pas de focales intermédiaires (38 – 50 – 70 p. ex.) mais un 38mm et un 70mm.
Son autofocus travaille sur une longueur d’onde proche de l’infra-rouge et travaille sur 3 points de référence.
Petit résumé des spécifications :
objectifs : permutation entre un 38mm, f/3.5 (3 éléments en 3 groupes) et un 70mm f/6 (6 éléments en 6 groupes).
autofocus intelligent à 3 points avec verrouillage de la mise au point préalable. Avertissement en cas de gros plan. Portée de 0,65 m à l’infini.
flash: flash automatique avec réduction des yeux rouges, Flash-On, Flash-Off.
reconnaissance de la sensibilité du film par codage DX
minuterie : délai de 10 secondes, clignote pendant le compte à rebours, et clignote rapidement dans les 2 dernières secondes.
corps fin : 125 x 68 x 48.5 mm
énergie : 3V CR123A avec contrôle de la batterie
durée d’utilisation avec une pile : 15 rouleaux de 24 exposition avec utilisation du flash à 50%
Cet appareil connu un large succès commercial, notamment parce que son optique est très bonne.
Au niveau manipulation, il est très facile à utiliser : vous posez la pellicule, son moteur la charge automatiquement. Vous visez au 38mm et d’un simple glissement d’un curseur en façade, vous passez en 70 mm. En fait, vous entendez et voyez l’optique changer et le … viseur qui s’adapte aux focales choisies.
Je l’ai essayé aujourd’hui et je le trouve agréable à porter et à utiliser. Il me semble que l’autofocus accroche bien et assez vite – j’aurai la confirmation au développement du film – même si j’ai le sentiment qu’il hésite lors de plan rapproché un peu rapide.
Si je le comparais au Fuji 500 DL Mini Wide, c’est aussi parce que ce sont deux appareils de la même époque, et aux mêmes caractéristiques. Inutile de faire ce genre de comparatif avec les autres compacts que je vous ai présenté (voir https://latelierdejp.org/et-les-autres/) parce que nous ne sommes pas dans les mêmes générations et donc les mêmes compétences.
Ce qui est, par contre, intéressant, c’est de « ressentir » l’évolution de ces appareils, pour comprendre où nous en sommes aujourd’hui.
Et lorsque je reviens à des appareils anciens, je vais accepter leurs contraintes et prendre le temps de photographier.
En bon état, il se négocie autour des 50€, que vous ne regretterez pas.
Vous me connaissez, je n’aime pas les marques rebattues au prétexte qu’il n’y aurait qu’elles qui soient de qualité.
Vous avez pu ainsi découvrir quelques alternatives très intéressantes au sempiternel Olympus Mju et si vous fouinez un peu sur le site, vous découvrirez les présentations et essais de ces appareils (allez voir dans argentique –> et les autres ?).
Tout comme je m’étais attaqué au mythe Leica en vous proposant un comparatif, très subjectif, des télémétriques. Là encore, vous pourrez découvrir les essais des uns et des autres dans la rubrique des télémétriques.
Et, en son temps, j’avais déjà égratigné le célébrissime Rolleiflex dans la rubrique des moyens formats lorsque je vous présentais un Lubitel 2, les Yashica C et D.
Alors aujourd’hui, je vous présente un appareil venu de l’Est, le Meopta Flexaret V.
Personnellement, je le trouve très beau, mais commençons par le début.
Cet appareil date de 1958 et ce modèle fut fabriqué jusqu’en 1961.. Il est équipé d’un objectif de 80 mm et d’une ouverture de f3.5. En gros, cet appareil est le jumeau tchèque du Rolleicord Va, mais en plus joli (avis tout subjectif).
Le Flexaret comprend une famille de TLR (pour mémoire, Twin Lens Reflex soit réflex avec deux objectifs) fabriqués par Optikotechna (qui fera plus tard partie de Meopta) pour les films en rouleaux de moyen format (120), fabriqués dans la Tchécoslovaquie de l’époque, entre les années 30 et 70. Meopta a développé ses propres lentilles, le Mirar dont le modèle Mirar II est très proche du Tessar avec ses 4 éléments en 3 groupes.
Au moins huit modèles du Flexaret ont été construit, des années trente aux années septante.
Le modèle V que je vous présente est – qui l’eut cru – une évolution du modèle précédant, à savoir le Flexaret IV. Dès ce numéro, le Mirar devient un Belar (mais on garde la qualité du Tessar d’inspiration). L’ouverture maximale de ces objectifs est de f/3,5, et on les trouve généralement avec des obturateurs Metax, plus rarement avec des Prontor-SVS et une vitesse maximale de 1/400.
Ces optiques ne déméritent pas par rapport à la concurrence.
Et donc, le modèle V est essentiellement une refonte du modèle IV, avec des changements surtout cosmétiques dans la partie avant et dans le bouton de mise au point. Fabriqué dans les dernières années 1950, on le trouve généralement avec une lentille 80/3,5 Belar sur Metax (communément) ou Prontor-SVS (moins communément). L’évolution, le Flexaret Va, est assez semblable à son prédécesseur dans le sens où elle permet d’utiliser des films 35 mm, moyennant un adaptateur.
Mais la particularité du Flexaret V c’est le réglage des distances, qui se fait en actionnant dans un sens ou dans l’autre, les deux boutons en dessous de l’objectif. Ils sont montés comme sur un compas avec – seconde particularité – la possibilité d’utiliser ce compas comme mise au point d’un zone focus (table de profondeur de champ). Je vous invite à parcourir la vidéo que je vous ai trouvée ici en dessous pour voir comment ça fonctionne. L’oscillation des deux bras fait en fait avancer ou reculer tout le bloc optique.
Chez d’autres constructeurs, c’est la rotation d’un bouton qui assure le même principe. Et chacun de ces principes à ses défenseurs et ses détracteurs. En gros, il faut l’essayer soi-même pour se rendre compte et adopter, ou pas, le système du Flexaret.
Personnellement, ce que je trouve intéressant, c’est que l’on peut le manipuler avec les deux index en tenant fermement l’appareil au creux des mains, alors qu’avec un bouton, une seule main assure le maintien, l’autre assurant la rotation dudit bouton de réglage.
C’est évidemment un appareil à manipuler en prenant son temps, comme vous le feriez avec un Minolta Autocord, un Yashica D, un Rolleiflex, par exemple.
Vous le savez, j’ai toujours un soucis avec ce type d’appareil car j’éprouve les pires difficultés à remettre l’image dans le « bon sens » – l’image sur le dépoli est inversée. Dépoli bien clair, au demeurant. Mais je vais l’essayer, pour le plaisir de manipuler un bel objet, qui sort un peu de l’ordinaire (je vais me faire incendier par les aficionados du Rolleiflex !).
Je vous ai trouvé une petite vidéo parlant de cet appareil (en anglais) – en fait, c’est le modèle du dessus mais les principes restent les mêmes.
Cet appareil est apparu en 1982. Même si le boîtier a été conçu par le designer industriel italien Mario Bellini, ce qui était un must à l’époque, il est cependant daté aujourd’hui.
Comme ses compagnons, tels que le Canon AF35M, il est équipé d’un objectif 38 mm f/2,8, d’un moteur d’avance automatique du film, d’un flash et fonctionne avec des piles AA courantes.
Il a été un des premiers modèles Fujica à utiliser le système de chargement « drop in loading » (DL) pour faciliter le chargement du film – la porte arrière s’ouvre seulement suffisamment pour permettre de déposer une cassette de film 35 mm, qui s’enroule automatiquement. Il est intéressant de noter que la porte arrière est équipée d’un coupe-film intégré qui permet de couper l’amorce si elle dépasse du corps lorsque la porte est fermée.
Canon avait inventé le QL pour « Quick loading » mais il fallait poser la bobine et tirer le bout de film jusqu’à une marque orange, puis armer une ou deux fois après avoir fermé le dos de l’appareil. Ici, tout est automatisé.
Un interrupteur, sur le dessus de l’appareil, verrouille le déclencheur pour éviter de le déclencher accidentellement.
Le viseur indique la zone de mise au point à l’aide de trois icônes : une tête (1m ), deux personnes (3m – 6m) et une montagne (infini).
Contrairement au modèle de Canon, la zone de mise au point est indiquée lors de la pré-mise au point, et non pas lorsqu’on a déclenché. Une lumière dans le viseur avertit si la vitesse d’obturation est faible. Si elle est trop faible, il vous faut sortir le flash manuellement.
Comme l’appareil photo est antérieur au système DX, il utilise à la place l’ancien système d’identification de la vitesse des films Fuji uniquement.
A défaut, il considère qu’il y a un film de 100 Iso.
Les données techniques :
point and shoot avec autofocus
objectif 38 mm à f1:2,8 en 4 éléments en 4 groupes, avec filtre UV intégré
distance minimale de mise au point : 90 cm
vitesses d’obturation : de 1/8s à /500s, obturateur Seiko
cellule : Cds
possibilité de pré-focus par pression à mi course sur le déclencheur
flash : flash à déclenchement manuel
vitesse des films de 50 à 400 Iso, à défaut d’identification, l’appareil travaille sur un 100 Iso
énergie : two AA batteries
dimensions : 12,95 x 7,95 x 5,8 cm
poids : 445 g
L’appareil que j’ai reçu est tout à fait complet, même avec le cache objectif tout aussi design que le reste. J’y ai juste inséré 2 piles AA, et tout fonctionne.
En mains, il est assez imposant, plus que le Canon AF 35 M. La tenue en mains est bonne même si je trouve que le dégagement entre la poignée et l’objectif est un peu court. Le viseur est clair, avec les marques du cadre et une petite correction de parallaxe pour les prises de vue rapprochées (min 90 cm).. Étonnamment, il semble qu’il faille charger un film pour pouvoir tester l’appareil car lorsque j’appuie sur le déclencheur, le moteur d’avance du film se met en route.
En tout cas, je pense avoir fait un peu le tour des appareils autofocus de cette époque. D’aucun me dirait qu’il manque le Nikon, mais au vu des prix pratiqués pour celui-ci, je passe.
Ceci étant, si vous en croissez un, essayez le, ça vous fera un bout d’histoire à tester.
Tout complet et en bon état, il se négocie autour des 50€. Un bon investissement.
Présenté en novembre 1977, le Konica C5 AF est le premier appareil au monde qui proposait un système d’autofocus.
De fait, Konica prit tout le monde de vitesse et surtout Minolta, qui travaillait d’arrache-pied sur ce projet.
Et la marque proposait une démarche originale, le système Visitronic.
Je me permets de vous renvoyer sur le site de Sylvain Halgand, qui est toujours une mine d’or, en français de surcroit pour les détails du fonctionnement de cet autofocus, mais si je résume, en gros, le système AF Visitronic de Honeywell fonctionne essentiellement comme un télémètre automatique travaillant sur de la triangulation entre deux points de références, captés dans les 2 fenêtres de part et d’autre de l’objectif et non sur la différence de contraste entre les 2 fenêtres de détection
« Conçu par Honeywell pour les caméras 35 mm (lumière visible), il utilise un ensemble distinct de détecteurs et de dispositifs à couplage de charge ainsi qu’un microprocesseur pour effectuer la mise au point automatique. Une corrélation est effectuée entre les ensembles de détecteurs en utilisant deux petites zones différentes et largement séparées de l’ouverture. La technique est basée, comme dans les télémètres optiques, sur la différence angulaire entre des récepteurs séparés en superposant la même scène. Cette technique détermine efficacement non seulement si le système est hors foyer, mais aussi la quantité et la direction du mouvement de l’objectif nécessaire pour obtenir une mise au point optimale », source « Electronic Focus for Cameras », by N. Stauffer and D. Wilwerding March, Scientific Honeyweller, Volume 3, No. 1 March 1982 cité par Camerapedia (voir lien ci-dessous) »
Si je résume, arriver à cet exploit dans les années septante était une gageure, relevé de mains de maître par Konica
« Les éléments relatifs à l’exposition sont gérés par un système de comptage CdS. L’appareil est équipé d’un objectif rapide à 4 éléments de f/2,8 et dispose d’une plage de vitesse d’obturation plus large que le C35 EF, mais il s’agit d’un système entièrement automatisé, sans autre contrôle de l’utilisateur que l’activation du flash déclenché manuellement. Une seule LED dans le viseur vous avertit en cas de faible luminosité et il n’y a pas de relevés de compteur pour vous donner une idée de l’exposition. Le viseur comporte des lignes de cadrage et des marques d’erreur de parallaxe. La possibilité d’utiliser des filtres traditionnels et l’inclusion d’un point de câble sont typiques pour l’époque mais inhabituelles dans les compacts AF ultérieurs. Source https://austerityphoto.co.uk/konica-c35-af-1st-roll-impression/«
Quelques données techniques :
Objectif : Hexanon 38mm, 4 éléments en 3 groupes
Autofocus : Passive AF
Indications : Témoin de sous-exposition, marque de correction de la parallaxe, carré de mesure de la mise au point
Distance focale : 1.1m to ∞
Mesure de la cellule : CdS
Exposition : Auto
Ouverture : f/2.8- 22
Obturateur : 1/60, 1/125 & 1/250
Batteries : 2xAA
Flash : GN14 (m)
C’est un peu étrange de « pointer et shooter » avec cet appareil. Vous n’avez aucun contrôle sur la vitesse d’obturation ni sur la visée. Vous visez avec le carré central dans le viseur et vous appuyez sur le déclencheur, ensuite il y a un bruit d’horloge de quelques centaines de millisecondes pendant que l’objectif recule et que l’obturateur se déclenche. La seule information en retour est le compteur à aiguille situé à l’avant de l’appareil qui vous indique la distance focale approximative après la prise de vue.
Impossible donc de faire un pré-focus ou de verrouiller l’autofocus sur un point particulier.
Mais nous sommes bien en présence du premier appareil capable de faire la mise au point automatiquement, sans aucune intervention humaine, sauf celle de pointer l’appareil vers un objet à photographier.
Les autres constructeurs n’ont pas retenu cette formule, complexe pour être efficace. Ils ont choisi un système d’AF actif, à l’instar du Canon AF 35 M, sorti 18 mois plus tard. Ils utilisent essentiellement un principe similaire à celui du radar ou du sonar. Un faisceau de lumière généralement infrarouge ou d’ultrasons est émis par l’appareil photo et le temps qu’il faut pour qu’ils rebondissent est utilisé pour déterminer la mise au point.
Je vous avoue que je suis très content de mon exemplaire, particulièrement complet avec sa gaine d’origine, sa plaquette de protection des fenêtres de visée et de l’objectif. Il est parfaitement fonctionnel, malgré les années.
Dans l’état exceptionnel de cet exemplaire, il se négocie autour des 70€. L’histoire a un (petit) prix !
Après les Canon, Olympus, Yashica, Ricoh, nous pouvons aussi envisager un Fuji.
Cette grande marque, toujours active et innovante dans le numérique a aussi eu ses lettres de noblesse dans l’argentique.
Ici je vais vous présenter encore une alternative très crédible à l’Olympus Mju, le Fuji DL 500 Mini Wide
L’exemplaire que je vous ai déniché ne paie pas de mine. Il était, comme (trop) souvent, jeté dans une caisse, couvert de poussière. Mais bon, je regarde son objectif … tiens, tiens, un 28mm et un 45mm, ça peut être intéressant. Je vérifie si la pile n’a pas coulé (une CR123) et je négocie pour l’emporter.
Arrivé à la maison, passage à l’alcool à 90° pour bien le nettoyer. Je change la pile et celle du dos dateur, tout fonctionne, chouette. Nettoyage de l’objectif et du viseur, tout est aussi ok même s’il y a quelques griffes sur le verre du viseur externe mais ce n’est pas gênant pour viser et prendre une photo.
Bon, et que nous dit la grande Toile à son sujet, car je ne connais pas cet appareil.
C’est un modèle apparu sur nos marchés en 1990.
Tout d’abord, parlons de ses optiques : il est équipe d’une double focale, la première de 28mm à f3,5, 3 éléments en 3 groupes et la seconde de 45mm à f4,5, 5 éléments en 5 groupes. Pour en changer, un appuis bref sur un bouton au dessus et le bloc objectif avance ou recule, selon la focale choisie. C’est quasi immédiat et l’autofocus suit. Pas mal. La distance minimale de mise au point est de 45cm.
La caractéristique la plus unique de cet appareil est qu’il a en fait deux longueurs focales : une de 28 mm et une de 45 mm, et il n’y a rien entre les deux. Cette disposition est obtenue en faisant pivoter un élément d’objectif supplémentaire à l’intérieur du trajet lumineux et en repositionnant l’objectif en même temps. Un bouton situé sur le dessus de la caméra permet de basculer entre les deux longueurs focales. En outre, le grossissement du viseur change pour donner une vue équivalente pour la longueur focale sélectionnée.
Quelle(s) autre(s) surprise(s) nous réserve t’il ?
Tout d’abord, lorsque l’on veut ouvrir la partie film, il y a une espèce de loquet qui empêche d’ouvrir à fonds le dos de l’appareil. Loquet que l’on peut soulever et là on comprend le pourquoi de sa présence : en fait, on peut présenter la cartouche, avec un bout d’amorce sortie et lorsque l’on referme le dos, l’appareil charge automatiquement le film jusqu’à la première vue. C’est en fait l’expression du DL qui est à côté du nom de l’appareil, pour « drop in loading », que l’on pourrait traduire par chargement rapide. Système déjà apparu sur le Fujica DL-100que je vous présentais il y a peu.
Simplement, en huit ans, les choses ont changé et l’appareil s’est miniaturisé, sa mécanique aussi
Pas besoin de réglage de sensibilité, le Fuji lit le codage DX des cartouches de film. Les sensibilités supportées vont de 50 à 1600 Iso. Et, cerise sur le mont Fuji, l’appareil enroule la bobine sur un axe. Il restitue donc les photos en les remettant dans la bobine au fur et à mesure. L’avantage ? En cas d’ouverture inopinée du dos, vous ne perdez que les photos non encore faites, les autres étant à l’abri de la cartouche. Comme dans le Ricoh R1.
Un petit flash permet, le cas échéant, de déboucher des ombres. Notons qu’il est débrayable par simple appuis sur une petite touche à l’arrière. Et, petite astuce, sous ledit flash, vous sentez une petite aspérité, qui vous empêche (normalement) de mette le doigt devant.
Autre petite pépite, la possibilité de surexposer en cas de contre jour (petite pression sur un bouton à l’arrière).
Décidément ce petit appareil n’a pas fini de nous étonner.
Il possède encore un retardateur et un mode « montagne » qui bloque l’autofocus sur l’infini. A noter que l’autofocus est efficace et qu’il se fait avec une pression à mi-course du déclencheur, une LED verte à côté du viseur s’allume pour dire « OK » et la photo peut être prise sans délai, contrairement à l’Olympus Mju qui fait sa mise au point au moment du déclenchement, induisant un délai non négligeable.
Ah oui, une remarque au sujet du dos dateur. Décidément, les ingénieurs de l’époque ne croyaient pas assez en leur appareil car ici aussi, impossible d’entrer l’année 2020.
Mais bon, ça n’a jamais empêché de faire des photos.
Un dernier mot au sujet des piles : l’appareil en réclame en fait deux. Une CR123 pour la partie « mécanique » et une 2025 qui sert non seulement à alimenter le dos dateur mais aussi les fonctions de changement d’objectifs. Y penser si vous avez l’impression que l’appareil ne fonctionne plus : les 2 piles sont elles toujours au top ?
En résumé, un petit appareil bien sympa, facile à glisser dans une poche ou un petit sac. Avec un bel avantage que ces 2 objectifs, dont un grand angle utile Il est peu bruyant et rapide à mettre en œuvre.
Un excellent candidat à opposer à l’Olympus.
En excellent état, il se négocie autour des 40€. Quand je vous écrivais qu’il y avait des alternatives intéressantes au Mju !
Je vous ai trouvé une petite vidéo sur la méthode de chargement particulier de l’appareil
Voilà, ce dimanche 20 septembre 2020, je viens de terminer le film que j’avais mis dans le Fuji DL-500 Mini Wide. Encore un peu de patience et je vous livrerais mes commentaires sur les photos.
Cela étant, je me suis bien amusé avec cet appareil : il est petit et tient bien dans la main. Son moteur est présent mais sans être excessivement bruyant. Il est rapide, tant pour accrocher le sujet que pour déclencher et passer à la vue suivante. J’ajoute que c’est amusant et parfois utile ce changement de focales ; d’une simple pression sur le petit bouton au haut, on passe du 28mm au 45mm. Attention, sans transition : c’est 28 ou 45 !
Une petite remarque lors du chargement automatisé (le drop in loading) : j’ai dû m’y reprendre à deux fois avant que le film ne soit pris. Sans doute parce que la lamelle métallique très fine qui joue le rôle de « pousseur » a été un peu abîmée. Je l’ai juste aidée à se mettre en place avec la lame de mon Victorinox (quand je vous disais qu’il fallait toujours en avoir un sous la main !). Une fois l’amorce engagée, l’appareil enroule toute la pellicule sur le second axe et donc les photos reviennent dans la cartouche au fur et à mesure de prises de vue. En cas d’ouverture inopinée du dos, seules les photos non exposées seront fichues. Ah, et l’appareil « mange » deux photos sur le film ; j’avais mis un 24 vues dedans mais il ne m’en a laissée que 22 à photographier.
Franchement, je ne comprends pas l’engouement pour l’Olympus Mju car depuis que j’ai entrepris de lui soumettre des concurrents, j’en trouve plein d’aussi intéressants et nettement plus abordables (et je pense que je n’ai pas encore fait le tour de la question …)
Donc, pour changer un peu, voici un nouveau candidat, le Yashica AF J.
Attention, dans la longue histoire des appareils Yashica, il y eut déjà un J, mais celui là était sorti en 1961.
Celui-là était tout proche des Yashica Lyncx et Yashica Minister. Et puis, c’était encore l’époque du tout métal …
Non, celui qui nous occupe aujourd’hui est apparu en 1987. Il est donc en plastique, solide, carré, dans la lignée de ceux que je vous ai présenté des mêmes époques.
Un charme un peu suranné, très « vintage » en somme mais néanmoins déjà très bien équipé pour l’époque.
Notons plutôt :
objectif yashica 32 mm f1:3,5
obturateur 1/30 – 1/500s
avancement automatique du film
réarmement motorisé (2 piles AA)
flash que l’on peut mettre en fonction si lumière insuffisante (ne se déclenche pas automatiquement)
autofocus Kyocera par infra rouge rapide et qui peut même »voir » lorsqu’il n’y a pas de lumière
viseur collimaté avec indication de correction de la parallaxe pour photographier de près (environ 70 cm)
Iso de 100 à 1600, lecture du codage DX des films
Vous noterez un nom dans ce descriptif, celui de Kyocera, qui était devenu propriétaire de la marque Yashica dans les années quatre-vingt, tout comme il était propriétaire de la marque Contax, des marques de référence à l’époque. Hélas, Kyocera a abandonné le secteur photographique en 2005, laissant orphelines ces deux marques autrefois prestigieuses.
En résumé, ce Yashica AF J est en fait le petit cousin des plus célèbres Yashica T, c’est peu dire !
Voici de nouveau un, appareil facile à mettre en œuvre : vous ouvrez le panneau escamotable qui protège l’objectif (petit levier coulissant à droite), vous réglez la distance via le petit curseur en dessous de l’objectif (visage -1 à 3m- et infini – au delà des 3m), vous visez et l’autofocus fait la mise au point – une diode rouge vous signale que le sujet est accroché, clic-clac, grrrrr (bruit du moteur) et à la prochaine vue.
Simple et efficace. Vous ne tremblerez pas si vous l’emportez dans un périple un peu mouvementé, il est fait pour ça (attention, je n’ai pas écris qu’il était weatherproof comme l’Olympus AF-1).
Le Yashica AF J avec sa dragonne et sa pochette d’origine
Il se négocie entre 40 et 50€ si ce dernier possède sa trousse d’origine et sa dragonne spécifique.
Je vous ai même trouvé une petite vidéo qui illustre l’appareil (le mien n’est pas équipé d’un dos dateur cependant)
Hé bien je vous avoue qu’il y a quelques semaines, moi non plus je ne connaissais pas cet appareil … mais voilà, au hasard d’une petite annonce, j’ai acquis un lot d’appareils anciens, dont ce fameux Gaumont Spido pliant Reportage.
Le vendeur (bien à toi Johan) ne connaissait pas trop non plus ces appareils, sauf qu’ils avaient appartenu à son défunt père, qui les collectionnait.
Lorsqu’il me l’a cédé, il me l’a d’ailleurs présenté comme un Gaumont Reporter, soit un appareil du début du siècle passé (1904).
Mais, de recherches en recherches, j’ai pu retracer l’histoire de cet appareil. Et ce ne fut pas facile car les infos étaient rares et difficiles à trouver.
Je vous résume donc cette quête.
Tout d’abord cet appareil est vraiment un appareil prévu pour le reportage !
« C’était le type même de l’appareil de reportage, avec objectifs interchangeables et obturateur à rideau « Le Klopcic-Paris ». Son grand viseur sportif permet la photo à main levée et deux écrous de pied au pas du Congrès autorisent la pose sur pied », je cite Sylvain Halgand.
Et là je dis chapeau aux reporters de l’époque car l’appareil pèse plus de 3kg500 avec ses plaques dans le magasin. Et donc le tenir à bout de bras …
Oui, vous avez bien lu, des plaques, pas de films ou de plans films mais des plaques en verre de 9×12 cm. Et chose extraordinaire, elles sont dans le magasin de l’appareil. Je ne les retirerai pas, de peur de les abimer et ne sachant comment les préserver, le cas échéant.
Ce qui est certain c’est que ces grands négatifs gardaient un avantage sur les déjà concurrents Rolleiflex et Leica, beaucoup plus petits et maniables, car ils pouvaient être tirés immédiatement par contact pour alimenter les journaux d’information et ce jusque dans les années quarante.
Donc nous voici en face d’un appareil fait de métal pour la chambre (alu et laiton nickelé), bois exotique (pour le magasin) et un soufflet de maroquin doublé toile. Les articulations des tendeurs sont extra-fortes, en acier nickelé. La chambre est équipée d’un magasin à escamotage, avec compteur, pour douze plaques et d’un viseur sportif à large cadre. L’obturateur va de la seconde au 1/2000°. L’objectif est à monture hélicoïdale ; il s’agit d’un Carl Zeiss Jena, lentille de 13,5cm f1:4,5, obturateur Klopcic 1/2000 La platine avant possède le double décentrement.
Cet appareil était connu pour la qualité de sa fabrication et sa solidité. Je confirme, l’obturateur, le volet et le rideau de travail sont toujours fonctionnels.
Il s’agit bien d’un Gaumont Spido Reportage pliant portant le n° 8871 et cet appareil date des environs de 1930 (1935 je pense).
Je dois bien l’admettre, cet appareil devrait être réservé à un musée ou à un collectionneur. Les musées de la photographie de Paris et celui d’Anvers en possèdent un.
Cet appareil me fascine et en même temps m’intimide, de par sa taille et parce que je ne sais pas le manipuler. Même si j’ai compris comment l’armer et le déclencher, comment enlever le magasin en gardant les plaques à l’abri. Mais pour le reste, je n’ai pas envie de l’esquinter.
C’est vraiment un morceau d’histoire de la photographie et du reportage que j’ai la chance d’avoir en mains, pour l’instant.
Voilà, je tenais à vous le présenter, parce qu’il est rare. Mais je ne le garderai pas, je ne suis pas collectionneur, seulement un grand curieux.
Et j’ai pu trouver des publicités de l’époque, avec les prix :
Le magazine Chasseur d’Images, dans son numéro 424 d’octobre 2020, pages 118 -119 fait un article très intéressant sur un appareil proche de celui-ci, le Gaumont Spido 6,5×9. A lire si vous voulez en apprendre plus sur l’histoire des appareils Gaumont.
Si vous avez lu les différents essais et commentaires – très subjectifs – sur les différents concurrents de l’Olympus Mju, vous comprendrez mon classement :
le Ricoh R1
le Ricoh FF-70
le Canon MC
le Canon Prima Twins S
le Fuji DL 500 Mini Wide
l’Olympus AF-1
le Yashica AF J
l’Olympus Trip AF MD
l’Olympus Trip MD
(sauf si le look l’emporte sur tout), l’Olympus Trip 35
Il me reste à vous souhaiter de trouver l’appareil qui vous convienne le mieux. Mes avis ne sont que le reflet – encore une fois très subjectif – de mes ressentis v.-à-v. de tel ou tel appareil et mes critères ne sont peut être pas les vôtres.
L’important est de prendre du plaisir avec votre appareil photo, sans forcément « être à la mode » et suivre les tendances d’un marché de toute façon surfait. Rappelez-vous que l’Olympus Mju – qui est un très bon appareil – fut vendu à des millions d’exemplaires et qu’il n’est donc pas si rare que pour justifier les prix pratiqués actuellement.
Si vous allez vous promener sur différents sites de ventes, vous en trouverez des centaines à vendre, avec – malheureusement – une constante : un prix de plus en plus élevé car le marché se nourrit de lui-même, au détriment des personnes qui veulent trouver un petit appareil chouette à glisser dans un sac ou une poche !
Pour la plupart des appareils que je vous ai présenté, j’ai essayé de vous noter le prix moyen, relevé sur ces mêmes sites de vente. Et comme ces appareils ne sont pas les plus connus (ou plutôt ont été oublié car à l’époque de leur sortie, ils étaient tous des « hauts de gamme » (sauf le Trip AF MD et Trip MD).
Très honnêtement, ils sont d’excellentes alternatives.
Il me reste à vous souhaiter de faire de bonnes photos …
Et si je vous dis qu’il a aussi existé un Agfa Clik !
Honnêtement, difficile de faire plus simple comme appareil, et pourtant …
Commençons par les données techniques :
objectif à ménisque de 95mm (élément unique avec verre de grossissement intégré)
le viseur est de type Galilée (soit un tube avec un verre de visée qui reproduit plus ou moins la taille de l’image captée)
ouverture f/11 et f/12.5
obturateur à 1/30s plus B
filtre jaune intégré
photos en 6×9 sur pellicule 120
zone focus sur 2 paliers : 1 – 3 m avec l’objectif de gros plan intégré, 3m à l’infini avec juste une bague d’ouverture entre l’objectif et le film
Et pourtant, écrivais-je, les ingénieurs de chez Agfa ont quand même planché sur cet appareil pour assurer de bonnes photos.
Car pour permettre à cet appareil de prendre des photos de qualité avec un objectif aussi simple, il est toujours ouvert à f/11. La meilleure caractéristique est le plan de film incurvé : il n’y a pas de plaque de pression à l’arrière de l’appareil car le film n’est pas censé être aplati. Le corps de l’appareil est de forme ovale lorsqu’on le regarde d’en haut,et le film est conduit autour du dos incurvé de l’appareil pour créer une netteté maximale : une solution intelligente pour créer un appareil photo bon marché et de qualité décente.
Il faut tenir compte de l’âge de cet appareil, créée en 1954 (et jusqu’en 1965 !), à une époque donc où les films rapides n’existaient pas. La valeur la plus utilisable devrait être 50 Asa de ce fait, un 100 Asa serait un maximum.
Le format 6×9 ne permet que de tirer 8 photos sur un film 120, ce qui peut sembler onéreux à l’usage. Mais il faut tenir compte qu’à l’époque, la plupart de ses utilisateurs faisaient tirer les photos directement, par contact, ce qui réduisait dès lors les coûts, même si l’image était relativement petite. Si vous trouvez de vieux albums avec cette taille de photo, dites-vous qu’elles auront sans doute été prises avec un Clack.
C’est un appareil typique de l’après-guerre allemand, vendu à des millions d’exemplaires, peu cher à fabriquer et peu onéreux à l’achat, ouvrant au plus grand nombre l’accès à la photographie familiale, pour oublier le passé et croire en un avenir industriel relancé après tant d’efforts et de sacrifices.
Les premiers exemplaires (comme le mien) sont tout en métal. Ils seront en plastique par le suite, allégeant encore les coûts de fabrication.
Pour le charger, il suffit d’ouvrir un énorme verrou qui se trouve en dessous, d’ôter le corps entier de l’appareil pour y installer le film, classiquement, une bobine en bas, l’autre en haut.
Disons le tout de suite, j’ai des doutes car il n’y a pas de repère pour amorcer le film. Disons que la flèche de départ sera mise en bas. Ensuite, pour le reste, ce sera en regardant à travers le fenêtre rouge inactinique qui est à l’arrière de l’appareil (et que l’on peut occulter avec un petit volet métallique). Je crois que ça va être du sport, comme le Gevabox sans doute (quoique la fenêtre soit en meilleur état que sur le Gevabox).
Pour avoir parcouru de nombreux sites pour vous écrire cet article, il semble néanmoins que les photos tirées de cet appareil soient de bonne qualité. J’ai donc bien envie d’essayer et pourquoi pas avec un film de chez OWAX, le seul fabricant belge de pellicule.
Donc, la suite au prochain numéro …
Mais pour terminer, un mot du Click dont je parlais en début d’article : il fut la version « simplifiée » (?!) du Clack. Sorti en 1958 et jusque dans les années 1970, c’était un 6×6 avec un ménisque de 72,5mm, ouverture f11 et une vitesse de 1/30 plus pause B.
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