Argentique

Un appareil « bijou » : le Penti II

Parfois, au hasard d’un tiroir, on redécouvre des appareils anciens, plein de charme et d’histoires.

Celui que je vais vous présenter aujourd’hui à la saveur des histoires familiales, de ces photos conservées précieusement dans les albums que l’on feuillette avec bonheur et un brin de nostalgie.

Il a appartenu à ma belle-mère, que je n’ai pas eu le plaisir de rencontrer mais mon épouse a gardé précieusement ce témoin de ses premiers pas, des rencontres familiales, des évènements fondateurs d’une famille.

Lorsque l’on ôte son « sac tout prêt » en cuir beige, garni de feutrine rouge, on hésite, de prime abord : est-ce un appareil photo ou un de ces petits objets de dame des années soixante (un poudrier, un étuis de maquillage, un petit miroir, … ?)

Non, il y a un viseur et un objectif niché dans un écrin doré finement quadrillé.

Bon, d’abord, de qui s’agit-il ? Je le tourne et le retourne pour trouver une marque. Sur le pourtour de l’objectif, ultra plat, je trouve un mot Penti, suivi des chiffres romains II.

Petit tour sur le site de Sylvain Halgand (décidément incontournable) et je découvre les racines de l’appareil.

Il s’agit d’un Penti II. daté vraisemblablement de 1964. Le Penti fut fabriqué dès 1960 à l’origine par Welta-Kamera-Werk dans l’ex Allemagne de l’Est (RDA) à Dresde. La société Welta sera absorbé par la VEB Pentacon en 1964 alors que cet appareil était encore en production. Ceux qui seront fabriqués après la fusion ont été alors appelé Pentacon Penti II (le logo Pentacom – voir folder ci-dessous – est repris sur le dessous de l’appareil)

Techniquement, il propose quelques particularités intéressantes :

  • le film tout d’abord. C’est une cassette dite « rapid » provenant de l’Allemagne de l’Ouest (Agfa) au format particulier 18×24 – qui n’existe plus – c’est donc un « half frame » ou demi format
  • l’objectif est un Meyer Domiplan f3,5/30 mm en 3 groupes, doré comme le reste de l’appareil mais particulièrement compact
  • l’obturateur donne les vitesses de 1/30 à 1/125s + pause B
  • les sensibilités des films acceptés vont de 15 à 24 Din (soit 25 à 200 Asa) et vous réglez la sensibilité via un petit curseur sous l’objectif
  • sa cellule est au sélénium, couplée. Il faut ajuster une aiguille à une marque assujettie à l’ouverture et la vitesse
  • bague de mise au point de 1m à l’infini
  • le viseur est fixe, avec cadre collimaté et l’appareil tenu à l’horizontale, vous comprenez que c’est un demi format, la fenêtre étant verticale
  • le déclencheur est un gros bouton doré, très doux
  • pas de bouton d’armement classique. En fait, lorsque vous avez déclenché, une tige sort sur le côté gauche de l’appareil et le fait de la rentrer dans le corps de l’appareil fait avancer le film d’une vue et réarme le déclencheur (qui reste de ce fait toujours sous tension)

Je reviens aussi un instant sur la cassette Agfa, dite « rapid ». C’est un type de film qui était réservé à quelques appareils destinés aux amateurs. Connu sous le nom de SL System (Schnell Lade ou chargement rapide en allemand). En fait les cassettes n’ont pas d’axe sur lequel le film s’enroule.

Comme ces cassettes n’existent plus, il devrait être possible de charger, dans le noir absolu, une longueur de film équivalent à 12 vues dans une des cassettes (n’oubliez pas que c’est un demi format, donc vous aurez 24 photos). Pas certain que ce soit efficace car les encoches pour faire avancer le film risquent de ne pas correspondre et il faut découper l’amorce comme montré dans l’illustration ci-dessous..

Ici, je vais prendre une illustration d’un site très intéressant pour vous montrer le principe car il y a toujours un film dans celui que nous avons retrouvé. Sans doute des souvenirs que mon épouse ne veut pas perdre, je la comprends.

En fait, les 2 cassettes sont insérées dans le corps de l’appareil. Il faut tirer une amorce du film, l’amener vers la seconde cassette, qui est tenu par un loquet, et refermer la trappe qui « pousse » sur le film pour assurer son avancement et sa planéité

Très originaux dans leur conception, les Penti ont été conçu par Walter Henning lorsqu’il travaillait chez … Zeiss Ikon mais côté RDA (Allemagne de l’Est de l’après guerre). Finalement, il fut produit par la société Welta et son nom original était Welta Orix (produit exclusivement en 1958). Puis l’appareil devint Penti puis Pentacon Penti. Produit de 1959 à 1977, ces appareils ont été vendu à près de 800.000 exemplaires.

Cet appareil a été conçu comme un véritable accessoire de mode destiné aux dames. Les illustrations de l’époque le présentent comme tel

Pour le mode d’emploi, c’est ICI

Des références : http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-970-Pentacon_Penti%20II.html en français, https://www.mikeeckman.com/2018/12/pentacon-penti-ii-1961/ , https://apenasimagens.com/en/penti-ii-pentacon/, http://www.analogadvocates.com/page/penti en anglais

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Konica C35 automatic

Allez, je vous avoue, alors que je m’étais dit « plus de petit compact », j’ai craqué pour celui-là parce que je le vois régulièrement sur le site de Fred, un photographe Pro du Nord de la France, qui a le mérite de continuer à travailler en N/B même pour ses reportages rémunérés.

Et parce que, finalement, je le trouve aussi mignon que l’Olympus Trip 35 ou le Yashica Electro 35 MG que je vous ai déjà présentés, même si, techniquement, il est plus proche du second..

Le Konica C 35 Automatic (ou C 35 Flashmatic pour le Japon) est le successeur du Konica C 35.

Petit récapitulatif de la gamme :.

  • Konica C35, 1968, argent et noir, télémétrique couplé objectif Hexanon de 38mm f2.8
  • Konica C35V, 1971, tout argenté, sans télémétre, avec 4 zones de focus préétablies, objectif Hexanon 38mm f2.8
  • Konica C35 Automatic, 1972, argent et noir, ou tout noir (rare), télémétrique couplé, objectif Hexanon 38mm f2.8 et système avancé du contrôle du flash

Notez qu’il n’y a pas de grands changements mais plutôt de petites améliorations utiles pour les photographes des années septante qui recherchaient un petit appareil, simple, économique et qui donne de beaux résultats.

Au niveau technique, justement :

  • une optique Konica Hexanon de 38mm avec une ouverture de f2,8 (c’était souvent le cas à cette époque) d’excellente réputation
  • un obturateur Copal qui fonctionne du 1/30 s au 1/650 s et pause B
  • en position automatique, la vitesse varie du 1/30ème au 1/650ème de seconde, géré par la cellule
  • une cellule CDs, donc, qui se situe au dessus de l’objectif, alimentée par une pile style LR44,
  • on peut lui adjoindre un flash (2 en fait, selon la puissance que l’on veut utiliser)
  • un viseur, collimaté avec repère optique de correction de parallaxe possède, sur sa droite, une échelle reprenant le couple vitesse/diaphragme
  • un retardateur
  • une image télémétrique de grande taille (étonnant compte tenu de celle de l’appareil), teintée de jaune
  • un réglage de la sensibilité ASA (de 25 à 400)

Alors comment ça marche ?

Et bien vous cadrez, vous mettez la scène au point et … vous appuyez sur le déclencheur ! L’appareil sélectionne l’ouverture, de f2,8 à f24 et la vitesse d’obturation, de 1/30s à 1/650s et il vous rappelle, dans le viseur, la combinaison qu’il a choisie.

En résumé, un chouette petit appareil, qui tient dans une main. Très simple d’utilisation mais qui donne d’excellents résultats photographiques.

Nous pourrions lui reprocher de ne pas avoir la main sur ses choix lors de la prise de vue, mais s’ils sont bons, pourquoi vouloir se compliquer la vie ?

Ah oui, il y a quand même une petite chose à laquelle il faut veiller : acheter un bouchon d’objectif, car la cellule est toujours en ON et se décharge vite si vous ne la couvrez pas.

Voilà, pour le reste, faites vous plaisir, c’est un bel objet et il fait de bonnes photos, en toute simplicité.

Une petite vidéo :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références, pour aller plus loin, par curiosité : http://35mm-compact.com/compact/konicac35automatic.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1630.html en français, https://www.imagingpixel.com/p/konica-c35-automatic.html, http://blog.bkspicture.com/review_Konica_C35_automatic.html (avec des exemples d’images), en anglais.

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Zeiss Ikon Contessamat SBE

Après Voigtländer, une autre légende, Zeiss Ikon.

Zeiss Ikon, avant la première guerre mondiale, était l’une des plus grandes entreprises de matériel photographique dans le monde. Fondée en 1926 par la fusion de quatre sociétés (IKON = ICA + Contessa-Nettel et Ernemann, Goerz), elle faisait partie de la fondation Carl Zeiss.et fut rejointe encore par d’autres grosses entreprises. Si le siège social était établi à Dresde, elle possédait des usines à Stuttgart et Berlin

Ce qui explique que la plupart des appareils produits seront équipés des optiques signées Zeiss

Puis vint la seconde guerre mondiale. La société fut divisée en deux parties, comme beaucoup d’autres fleurons de l’industrie allemande, et une partie se retrouva en Allemagne de l’Ouest et l’autre à L’Est.

Je ne vous ferai pas ici l’histoire de la marque, passionnante, car vous trouverez facilement elle-ci sur la Grande Toile.

Arrêtons-nous sur cet appareil, que j’ai acquis en son temps dans un lot d’appareils anciens (le Vito CLR et le Vitoret que je vous ai présentés en faisaient partie).

Il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver dans les gammes d’appareil de Zeiss Ikon, qui essayait de couvrir tous les créneaux possibles, du plus basique au plus sophistiqué.

La gamme Contessa a été produite à Stuttgart dans les périodes 1950-1955 et 1960-1971, elle comporte de nombreux appareils de milieu et de haut de gamme. Ces appareils ont été conçus par Hubert Nerwin. Les versions des Contessa et Contina dont la désignation se termine par « E » comportent une visée télémétrique.

La gamme Contessamat fut déclinée en Contessamat, Contessamat SE, Contessamat STE et Contessamat SBE, qui était le haut de gamme de la série. Il fut produit de 1963 à 1967.

Que propose t’il qui justifie cette appellation de « haut de gamme » ?

  • il possède un télémètre couplé
  • une cellule couplée
  • un objectif Tessar 50mm f2,8 -f 22 (4 lentilles en 3 groupes), mise au point minimale 1m
  • un obturateur Prontomatic 500 SL qui va de 1s jusqu’au 1/500 s
  • pour la photographie au flash, il a un système pour coupler les anneaux de distance et d’ouverture; lors de la mise au point du télémètre, l’ouverture se règle simultanément.
  • un cadre collimaté avec superposition de l’image

Bon, ceci étant dit, comme le Vito CLR, on le sent bien en mains, même s’il est un peu plus léger (630gr).

Le déclencheur est plus habituel, sur le haut du capot. Très discret aussi. La manivelle de rembobinage est en dessous de la semelle et vous la déverrouillez en appuyant sur le petit bouton à côté.

La cellule est sur le haut du capot et il faut aussi quitter la visée des yeux pour la voir.

Esthétiquement, il est plus carré que le Vito CLR, mais c’est un design « classique » des années soixante.

Lui aussi est accompagné du fameux « sac tout prêt », dont la partie avant peut se détacher pour faciliter les prises de vue et qui permet de le porter (les lanières sont sur le sac). L’autre avantage de ce sac est de préserver la cellule, au sélénium, de la lumière qui l’épuise avec le temps. Celle de mon appareil est toujours fonctionnelle et l’appareil à plus de cinquante ans !

Franchement, ce qui impressionne avec cet appareil, c’est … son nom, promesse de qualité et que l’on voit bien (un peu à la Leica !)

Pour ma part, je le trouve tout à fait exploitable, même à notre époque. Il a ce qu’il faut pour photographier, mais sans courir : ces appareils demandent à s’apprivoiser pour donner le meilleur d’eux-mêmes.

Maintenant, si je devais choisir entre le Zeiss Ikon Contessamat SBE et le Voitgländer Vito CLR et bien … ce serait difficile !

Une petite vidéo (en anglais)

Et pour le mode d’emploi, c’est par LA

Des références, comme souvent : https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Zeiss_Ikon en français, https://pacificrimcamera.com/pp/zicontessamat.htm, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Zeiss_Ikon_Contessamat en anglais, http://fotobox.over-blog.fr/article-zeiss-ikon-contessa-et-contessamat-110280841.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=12909 en français, https://ilostrado.wordpress.com/2011/08/11/zeiss-ikon-contessamat-sbe-test-shoot-in-rome/ en anglais mais pour quelques idées de photos réalisées avec l’appareil

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Voigtländer Vito CLR

La marque Voigtländer est sans doute la plus ancienne marque d’appareils optiques : elle fut fondée en 1756 par Johann Christoph Voigtländer, un pionnier de l’histoire de la photographie.

En 1840, elle sort le premier appareil photo tout métallique au monde et se sera le début d’une longue aventure d’innovations, jusqu’à une première association avec son concurrent, Zeiss Ikon en 1970, pour tenter de résister à l’invasion des appareils nippons. Hélas, en 1972 elle ferme ses portes. Son nom sera racheté par Rollei en 1974. Enfin, la société allemande Plusfoto GmbH rachète la marque Voigtländer et confie à Cosina (Japon) la réalisation de nouveaux boîtiers télémétriques haut de gamme, les fameux Besa.

Je ne vais pas faire ici l’historique de cette prestigieuse marque, vous trouverez facilement des infos sur la Grande Toile à son sujet.

Je vais m’arrêter sur un des nombreux modèles produit, le Vito CLR.

Contrairement aux Dacora Super Dignette et Voigtländer Vitoret que je vous présentais il y a peu, celui-ci est un télémétrique, c’est à dire que l’action que vous portez sur l’objectif se voit dans le viseur. Vous ajustez l’image par coïncidence d’un point (patch) sur celle-ci.

Ce qui permet une mise au point plus précise, non plus approximative mais basée sur l’objet à photographier (ce qui n’exclus pas l’utilisation du zone focus quand il faut aller vite).

Le Vito, premier du nom à vu le jour en 1939 et c’était un appareil pliable utilisant le 135mm. Ensuite, le Vito B, pourvu d’une « carrosserie rigide » est apparu en 1954. Cette gamme de Vito fut déclinée en plusieurs versions pour aboutir, en 1960, à la gamme du Vito C, dont le CLR est une déclinaison. Enfin, la gamme s’acheva sur le Vito Automatic.

C’est donc la troisième évolution du Vito. Le sigle CLR indique qu’il s’agit de la gamme C avec un photomètre (L = ligth) et un télémètre (R=rangefinder). Il fut produit de 1961 à 1967.

La cellule et le télémètre sont couplés à l’obturateur. Un luxe à l’époque qui se négociait en 1965 au prix de 56,97£ (soir près de 2058€ en 2020 !).

L’appareil photo est un peu plus grand que le Vito B – il mesure 125 mm sur 85 mm sur 75 mm et pèse 730 g. Concrètement, on « sent » ce que l’on a en mains ! Mais il reste compact et facile à manipuler, si vous le prenez correctement en mains : la gauche sous le fut de l’objectif et le majeur de la main droite sur le déclencheur… Faut juste un peu de pratique pour que ça paraisse normal.

L’appareil est maintenant doté d’un dos à charnière, fermé par un loquet fixé sur la gauche de l’appareil. Il faut appuyer sur les deux extrémités en même temps pour déverrouiller le loquet.

Un astucieux bouton, placé près de la fenêtre de visée, permet de déverrouiller la bobine réceptrice, pour rembobiner le film en fin de course. Sur ce bouton, un rappel pour le type de film inséré : lumière du jour ou lumière artificielle me semble t’il (j’ai toujours un doute sur l’utilité de cet accessoire).

L’armement se fait grâce à une tirette, parfaitement dissimulée dans le corps de l’appareil, avec juste un petit bout de cette tirette qui dépasse pour armer rapidement.

Le compteur de vue, qui se remet à zéro à l’ouverture du dos, se situe sous la semelle.

Il y a une griffe porte flash mais sans contact comme nous le connaissons aujourd’hui mais une prise pour le flash est en façade, sous le déclencheur.

Car oui, le déclencheur est en façade. Le gros bouton doit être abaissé pour prendre la photo, ce qui nécessite un peu d’habitude pour ne pas faire bouger l’appareil (finalement, le bouton à enfoncer du Dacora était peut-être une meilleure solution).

Pour le reste, le Vito CLR possède :

  • un objectif Voigtländer Color Skopar de 50mm ouvrant à f2,8 jusque f22
  • l’obturateur est un Pronto LK qui va du 15/s au 1/500s plus pause B
  • la cellule est au sélénium – et sur mon exemplaire, elle est toujours fonctionnelle, protégée par un bout de plastique blanc dont je soupçonne qu’il pouvait servir à diffuser la lumière reçue (comme sur les anciennes cellules à main) et son sac « toujours prêt », fabriqué dans un beau cuir doublé de feutrine crème.
  • sous l’objectif, le mécanisme du retardateur (plus ou moins 15s) – sur le mien, c’est assez aléatoire
  • pour régler la sensibilité du film, un petit bouton assez malcommode doit être enfoncé pour faire tourner la bague des vitesse sur la mesure DIN qui correspond à votre film (de 12 à 30 DIN soit de 20 à 800 ASA)
  • la vitesse se règle avec la bague en couronne sur l’objectif, qui est marquée par des « crans » subtiles mais bien présents
  • enfin l’ouverture se règle grâce à deux barrettes en plastique qui permettent une meilleure préhension de la bague et offre un réglage rapide
  • la distance se règle avec la bague avant, en forme de couronne aux aspérités bien marquées (ce qui évite de glisser sur la bague, en métal)
  • le déplacement de la bague d’ouverture ou des vitesses influe directement sur l’indicateur de la cellule

Le viseur est très grand, lumineux, avec un cadre parfaitement visible et compensation de la parallaxe (distance minimum de 1m pour les prises de vue). Ceci étant, il ne contient aucune indication. Si vous voulez vérifier la cellule, il faut quitter le viseur des yeux. Rome ne s’est pas faite en un jour, que voulez-vous !

L’exemplaire que je possède est marqué du numéro 138/1. Il est équipé de sa gaine en cuir, elle-même munie d’un petit sac qui contient un filtre B+W 32 à clipser sur le devant de l’objectif et un pare-soleil, lui aussi à clipser.

C’est un bel appareil. Honnêtement, si je devais en utiliser un entre le Dacora, le Vitoret et celui-ci, c’est lui que je prendrais.

Je crois que je peux le mettre en compétition avec le prochain appareil que je vous présenterai, le Zeiss Ikon Contessamat BSE.

Si j’avais un regret à son égard, c’est qu’il ne soit pas muni d’œillets pour pouvoir le porter avec une sangle. Mais à l’époque, il était inconcevable (ou presque) de ne pas emporter le sac « tout prêt » avec soi. Gage de protection d’un appareil onéreux, et de sa cellule, au sélénium.

En résumé, un bel appareil que l’on n’hésite pas à sortir, qui demande un minimum de pratique pour bien le manipuler.

Je vous ai trouvé une vidéo (en anglais) :

Quelques références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Voigtl%C3%A4nder, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1624-Voigtlander_Vito%20CLR.html en français, https://oldcamera.blog/2017/03/05/voigtlander-vito-clr/, https://www.k2-photography.dk/voigtlander-vito-clr/ en anglais

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Dacora Super Dignette

Cet appareil, c’est un ex-collègue qui me l’a cédé (merci Alain). Il lui venait de ses parents et lui-même s’en était servi quelques années.

Il est en très bel état et je vous avoue que je ne connaissais par du tout ni le modèle ni la marque;

En fait, la Dacora Kamerawerk était une société allemande fondée en 1946 par Bernard Dangelmaier Installée à Reutlingen et Munich, elle cessa son activité en 1972.

Dacora produisit des appareils qui furent commercialisés comme Ferrania en Italie, Lumière en France et au Royaume-Uni sous la marque Ilford entre 1959 et 1969. Les modèles produits sont par exemple le Ilford Sportsman, l’équivalent de la Dignette (en 24×35) et le Ilford Sporti (en 120 ou 127). La société a produit plus de 2 millions d’appareils en 25 ans d’existence, sous sa marque ou les autres citées.

La gamme Dignette commença en 1955. Elle évolua (peu) jusqu’en 1964 et elle était représentative de l’appareil d’entrée de gamme de l’époque (à rapprocher du Voigtländer Vittoret que je présentais il y a peu de temps). Un appareil avec un viseur simple, avec lequel il faut estimer la distance (pas de télémètre), un objectif 45mm ouvrant à f2,8 et avec un obturateur Prontor qui atteignait le 1/300s au plus rapide de la production.

Puis vint la Super Dignette … un certain goût du « luxe » !

Le modèle que je vous présente ici a vu le jour en 1960 et fut produit jusqu’en 1963.

Quelques spécifications techniques :

  • objectif Dignar ouvrant de f2,8 à f 22, 45mm en 3 éléments
  • réglage de la distance de 1 m à l’infini, en plus de l’échelle du mètre, les symboles populaires pour «montagne», «famille» et «portrait de poitrine» sont gravés sur le fut – vive le zone focus !
  • obturateur Vario LK 1/30-1/250 sec et pause « B »
  • viseur galiléen inversé, cadre de champ d’image gravé avec marques de parallaxe – ce n’est pas un télémétrique, vous devez encore estimer la distance vous même
  • cellule au sélénium avec mécanisme de mesure de suivi couplé – grâce sans doute à la gaine qui protège l’appareil, elle est toujours fonctionnelle
  • sac « prêt à servir » typique aussi de ces années soixante, il reste accroché en permanence mais – petit plus – la partie avant peut se décrocher pour faciliter les prises de vue (faut alors juste trouver un sac pour la mettre dedans !)

Du grand classique pour les appareils de milieu de gamme de ces années là.

A noter, la tirette pour réarmer, discrète, au dos de l’appareil, mais surtout,le bouton déclencheur, situé sur la face avant, près de l’objectif.

Cette position un peu particulière est surtout destinée, selon le constructeur, à réduire le risque de bougé car on presse le bouton vers la face avant (vers soi) lors du déclenchement, au demeurant, très discret.

Sa forme, qui hésite entre le rectangle et l’arrondi est appelée « boxer » et elle évoluera un peu vers un modèle plus « carré » vers la fin des années soixante.

Pour le charger, il faut pousser sur les deux extrémités du verrou, ouvrir le dos après avoir relevé la tige de rembobinage, glisser le film en repoussant la tige, tirer la languette jusqu’à la bobine réceptrice, armer une fois ou deux, refermer le dos et réarmer une fois : c’est prêt.

En résumé, un appareil un peu daté de nos jours mais qui a un certain charme. Sa simplicité le rend quasi indestructible, pour peu que vous préserviez sa cellule de trop de lumière (gardez le sac).

Et à défaut de vous en servir, il fera très bien dans une bibliothèque, comme objet de décoration « vintage ».

Quelques références : https://all-my-cameras.com/2016/10/21/the-dacora-super-dignette/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Dacora, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Dacora_Super_Dignette#Super_Dignette_1960 en anglais, http://collection-argentiques.net/?cat=85, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1069-Dacora_Super%20Dignette.html, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Dacora_Kamerawerk en français, http://www.optiksammlung.de/Diverse/DacoraSuperDignette.html en allemand

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Voigtländer Vitoret

Cet appareil est sorti en 1960, comme alternative bon marché au Voigtländer Vito, plus sophistiqué.

Ce n’est donc pas le plus prestigieux des Voigtländer mais c’est un petit appareil léger, simple et au viseur étonnamment lumineux.

En fait, il permettait d’entrer dans la marque (alors) prestigieuse avec une optique réputée De plus il ressemblait beaucoup au Vito C, plus sérieux, lourd mais beaucoup plus onéreux. La gamme Vitoret s’est ensuite diversifiée et les appareils ont reçu cellules, télémètres et obturateurs plus performants, au fil du temps.

En 1963 le Vitoret reçoit un obturateur au 1/125s, une optique 50mm Lanthar (pour l’Allemagne) ou Vaskar (pour l’exportation) à 3 lentilles et un viseur collimaté très lumineux. Sa forme est arrondie et ne changera qu’en 1967 pour devenir plus anguleuse comme les Vito de la série CS.

C’est un télémétrique à objectif non interchangeable. Le faible coût de l’appareil photo se reflétait directement dans sa qualité et ses performances.

Car si la lentille est jugée excellente (ouverture f2,8), son obturateur – bien que ce soit un Prontor – est limité au 1:125s plus pause B (1/30 – 1/60 – 1/125)

A noter, la position particulière du compteur de poses, en dessous de la semelle.

L’appareil est facile à charger, grâce à sa large bobine réceptrice et son dos monté sur charnière. Le verrou est efficace et évite les ouvertures par erreur (il faut pousser sur les deux ergots du verrou en même temps pour ouvrir la porte).

Il fut produit de 1960 à 1971, preuve qu’il y avait quand même un marché pour lui.

Pour s’en servir, c’est très simple : vous estimez la distance, vous vérifiez votre cellule à main (ou au pif) pour régler la vitesse, vous visez pour le cadre et « clic »

Des sites de références : http://fotobox.over-blog.fr/tag/voigtlander/en français, http://tazmpictures.com/site/?p=5302 en anglais

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Fed 4b

Le Fed 4b fut produit de 1964 à 1980 par l’usine Fed de Kharkov, en Ukraine

C’est un télémétrique avec obturateur à plan focal horizontal, avec des vitesses de 1s à 1/500 s plus pause B, synchronisation du flash au 1/30s. Les rideaux sont en toile caoutchoutée, réglables si besoin. Les objectifs sont à viser, au standard LTM 39 (Leica visant), ce qui ouvre pas mal de perspectives en matière de focales utilisables, quoique d’origine, l’appareil est paramétré pour un 50mm. Si vous voulez lui adjoindre un 35 ou un 90, voire un 135 mm, il vous faudra passer par un viseur ad hoc, à glisser dans la prise du flash. Il n’y a pas de cadres colimatés comme sur un Canon P ou un Leica M.

Son objectif en dotation normale est un Industar 61, un 53mm ouvrant à f2,8

Dans la logique des choses, il y eut le Fed 2, puis le Fed 3 avant le Fed 4. Et ce dernier se divise en Fed 4a (1964 – 1971) et Fed 4b (1969 – 1976), celui qui nous occupe aujourd’hui. Ce Fed 4b était disponible en trois variantes, qui concernaient surtout des détails cosmétiques. Il y aura ensuite un Fed 5, pour continuer la lignée.

Que retenir de ce Fed 4 ? Il fut sans doute le télémétrique le plus fabriqué, avec le Zorki 4, avec près de 633.000 exemplaires construits de 1960 à 1980. Même la célèbre marque de vente d’appareils photo FOTO-Quelle a vendu le Fed 4 sous la dénomination Revue 4, principalement en Allemagne.

Il est le premier a offrir une cellule au sélénium, non couplée, avec une jauge située sur le dessus du capot, à la place du bouton de rembobinage, qui migra de ce fait sur le côté de l’appareil sous la forme d’une grosse molette qu’il fallait actionner pour rembobiner le film en fin de course.

A part ça, heu…. comment dire, il n’est pas vraiment beau. Disons qu’il est un peu spécial, pour rester poli.

En fait, ce qui choque, c’est la disproportion entre la hauteur de l’appareil et la taille de l’objectif. Surtout que pour caser a cellule, la partie supérieure de l’appareil est surélevée.

Pour le reste, il ressemble au Fed 3b et au Zorki 6, à savoir une espèce de brique aux coins arrondis.

Soyons de bon compte, ses commandes sont onctueuses, on ne sent quasiment pas les engrenages quand on arme l’appareil. La cellule a dû être chargée en sélénium car celle de mon appareil fonctionne toujours et à mon avis, il y a longtemps qu’il a perdu son étui protecteur. Faudra le passer au compteur Geiger pour voir …

Sinon, on l’ouvre en faisant glisser tout le dos de l’appareil après avoir ouvert les deux clés situées sous la semelle, ce qui reste facile.

Comme tout russe qui se respecte, toujours armer avant de changer les vitesses pour éviter de casser la subtile mécanique de celles-ci.

Le viseur possède une correction dioptrique, bien utile. C’est un vrai télémétrique avec coïncidence de l’image réalisée par l’ajustement d’un point jaune au centre du viseur, qui pourrait être plus lumineux.On y arrive avec un peu de pratique, sans courir …

Celui que j’ai reçu, en toute connaissance de cause, ne fonctionne pas correctement. Les vitesses doivent être réglées, surtout les vitesses lentes. Il est équipé d’un Jupîter 8 de 1968 en assez bon état (il faut le faire briller mais il fonctionne et il est propre).

« Bon d’accord, mais pourquoi avoir acheté cet appareil alors ? »

Hé bien, par esprit de contradiction !

En effet, les puristes clament toujours bien haut et fort que seul Leica est LE télémétrique qui a tout inventé, les autres étant de vulgaires copies.

Avec un peu plus de discernement, je dirais que Leica a ouvert la voie, que certains ont copiée, mais ils s’en sont aussi servi pour faire avancer ensuite, à d’autre rythme, le concept initial.

Reprenons le cas de ce Fed 4b qui date, rappelons le des années soixante. Si en 1953 Leica a lancé un énorme pavé dans la mare aux télémétriques avec son Leica M, il faut bien reconnaître que nous devrons attendre 1973 pour voir apparaître le premier Leica avec une cellule, en l’occurrence, le Leica M5, qui a fâché la majorité des leicaïstes de l’époque.

Notre Fed 4b possédait une cellule, certes non couplée mais faisant corps avec l’appareil dès 1964, soit dix ans avant le prestigieux allemand ! Car à l’époque, si vous vouliez une cellule sur votre M4, il fallait acheter un Leicametre à fixer sur la griffe flash, ce qui donnait à l’ensemble un côté « bricolage » du meilleur effet, ou une cellule à main, que vous glissiez dans votre poche ou sac.

Et lorsque dans les années septante (de 1975 à 1978) la fabrication des M fut interrompue, au point que l’on a cru que cette gamme allait disparaître, nos amis russes fabriquaient encore et toujours des Zorki, des Fed et des Kiev.

Soyez curieux, essayez des appareils qui sortent des sentiers battus. Ils ont leur charme et, franchement, au prix où ils sont vendus, vous pourrez acheter d’excellentes optiques à fixer dessus et vous serez surpris des résultats.

Les références, comme d’habitude : http://camera-wiki.org/wiki/FED_4, http://www.rolandandcaroline.co.uk/fed4b.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/FED-4 en anglais et en français : http://www.collection-appareils.fr/avoscrayons/html/Boitiers_russes.php, https://internoinbakelite.wordpress.com/2014/10/19/recensione-semi-teorica-fed-4-tipo-b/ en italien (pour changer)

Argentique

Les appareils espions, suite : le Minox B

« What is your name ? » – « Bond, James Bond »

Voilà le décor, bien planté, pour vous présenter ce Minox B.

En effet, s’il y a bien un appareil minuscule qui fait partie intégrante du monde de l’espionnage, fantasmé ou réel, c’est bien le Minox.

Notre bon James l’a utilisé au moins deux fois, dans « On ne vit que deux fois » (1967) et « Au service de sa Majesté » (1969) et d’autres héros, comme Mission Impossible (1967).

Mais commençons par le commencement.

C’est l’ingénieur Walter Zapp qui a conçu ce petit bijou, dès les années vingt . Il a ensuite conclu un accord avec la société VEF (Valsts Elektrotehniskā Fabrika) en Létonie pour la fabrication et la vente dans le monde entier. Ils furent produits là-bas de 1937 à 1943. Le premier Minox s’appelait d’ailleurs Riga.

Imaginé dès les années vingt (1922) les premiers modèles ont vu le jour en 1934 mais la production ne commença qu’à partir de 1936.

Ensuite, la société déménagea en Allemagne, à Wetzlar (tient, comme Leica et Zeiss Ikon) et depuis 1948, c’est là qu’ils sont produits.

Pourquoi a t’il imaginé ce minuscule appareil ? Ses débuts en photographie ont eu lieu dans le studio photographique de Walter Lemberg (1922) et il trouvait les appareils de l’époque lourds, encombrants et mal commodes. C’est ce qui l’a poussé a inventer un appareil beaucoup plus petit et très performant.

Ça ne vous rappelle pas l’histoire d’un autre ingénieur ? Oskar Barnak, le père du Leica a aussi construit son appareil pour faciliter la vie des photographes (1923).

A l’origine, le Minox se destinait à une clientèle aisée et était considéré comme un produit de luxe.

La qualité de ses images, sa robustesse et – surtout – sa très petite taille ont fait qu’il fut finalement adopté par les services de renseignements tant des Alliés que de l’Allemagne pendant la seconde guerre mondiale, puis par les services secrets russes pendant la guerre froide.

Une interview de Walter Zapp décrivait son désarroi devant ce « détournement » de son appareil : « ...le premier VEF Minox Riga officiellement vendu est allé à un diplomate étranger, et malheureusement j’ai tout de suite compris ce que cela signifiait en anglais simple: Espionnage ! J’étais horrifié ! Je n’ai jamais pensé à la possibilité d’utiliser [la caméra] pour cette application. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas (désiré?) que [l’appareil photo] a été utilisé davantage dans ce domaine. C’était la meilleure publicité gratuite, mais la plus méchante! [..] – Des sources ultérieures indiquent qu’il s’agissait peut-être d’un diplomate français »

« Son principal avantage était sa taille. Le Minox était tout simplement idéal, il pouvait être expédié sur le territoire ennemi par divers canaux (dans des objets discrets) et ensuite facilement caché par son opérateur lors de la réalisation d’opérations secrètes dangereuses. Vous devez être capable de masquer une caméra du mieux que vous le pouvez. Surtout lors de l’observation ou même de l’entrée dans des zones ou des bâtiments top secrets, vous deviez inévitablement passer de nombreux points de contrôle. Par exemple, vous pouvez cacher la caméra de manière circulaire sur votre corps car vous ne feriez que rarement ou jamais l’objet d’une fouille à nu complète. De même, vous pouvez le cacher dans un objet et vous en éloigner en danger. Cela dépendait vraiment de la situation. »

 » Son plus gros inconvénient était le transport du film. Avancer manuellement chaque image en ouvrant et en fermant la caméra était un énorme obstacle et montre que la caméra n’a pas été conçue comme une caméra espion. Soit vous deviez faire sauter votre couverture et prendre des photos rapidement lorsque vous en aviez l’occasion, soit avancer minutieusement chaque image en secret. Cela coûtait un temps précieux, rendant les prises de vue séquentielles presque impossibles. Déménager était toujours mieux et comme vous seriez presque toujours entouré de quelqu’un. La règle d’or serait de ne pas se comporter différemment des autres. Pas d’arrêt, pas d’attente. Tochka, la copie Minox post-guerre ultérieure, a résolu ce problème en intégrant un mécanisme à ressort dans l’appareil photo permettant aux photos de prendre rapidement sans révéler aucun mouvement. » source : http://minoxriga.atwebpages.com/

Si vous voulez en apprendre plus sur les espions qui ont utilisés cet appareil, je vous renvoie au site Minox Riga qui est une mine de renseignements.

Donc, chronologiquement, nous avons le Riga, premier Minox, (1938- 1943), celui de la seconde guerre mondiale, ensuite le Minox A (1948 – 1969), celui de la guerre froide, avec son successeur le Minox B (1958 – 1969), puis un Minox C (1969 – 1978), un Minox LX (1978 – 2003), un Minox EC (1981 – 1992) le premier Minox en plastique,

Minox a aussi créé des appareils utilisant le format 24×35 : c’est la gamme des Minox 35, mais ça, c’est une autre histoire !

Actuellement, la firme se spécialise dans la production d’appareils miniatures digitaux, qui sont des « hommages » au Leica, Rolleiflex, …

Elle appartient, le croirez-vous, à Leica, qui s’est aussi offert son concurrent historique, Zeiss Ikon.

Mais revenons à notre Minox B.

C’est donc un subminiature, tellement petit qu’il tient dans la paume d’une main. Successeur du modèle A de l’après-guerre, il a été le modèle le plus célèbre et le plus utilisé dans le monde de la photo d’espionnage et ce jusque la fin de la guerre froide, au début des années nonante.

Même s’il fut remplacé en 1969 par le modèle C, amélioré, c’est lui qui a gardé la plus grande popularité. Il fut produit à 384 327 unités, fabriquées entre 1958 et 1969

Le corps de l’appareil est en aluminium et fermé, il mesure 97x27x15 mm, ce qui permet de le dissimuler facilement sur soi.

L’appareil photo est actionné en le tirant vers l’extérieur par une des deux extrémités. Lorsqu’il est fermé, le film avance à la position suivante. C’est ce mouvement tirer – fermer qui fait sa particularité et qui pouvait être considéré comme gênant lors de la copie de documents.

Le Minox est entouré de quelques accessoires particuliers qui accentuent encore ce côté espion. Par exemple, la chainette qui permet de l’attacher à ses vêtements (pour ne pas le perdre) : lors de la photographie de documents, la chaine mesure 60 cm de long et possède de petits marqueurs (nœuds) à 20, 24, 30 et 40 cm, tout comme les marquages ​​sur le cadran de mise au point (lorsque vous utilisez toute la longueur de la chaîne – soit 60 cm, la distance est idéale pour photographier des documents au format A4 +).; un minuscule trépied, à monter rapidement, permet de le fixer à la bonne hauteur pour les copies; un autre accessoire permet de le fixer sur l’oculaire d’une paire de jumelle et de lui adjoindre ainsi un super téléobjectif; il y a aussi un flash que l’on peut monter à son extrémité, mais à réserver aux espions qui se savent vraiment seuls !

La bande du film, non perforée, mesure 9,2mm de large. Elle est stockée sur une bobine à l’intérieur d’une cartouche pouvant contenir 50 images. Actuellement, les films sont limités à 36 vues, sauf si vous les coupez vous-mêmes dans des cartouches de film 135 (il existe une découpeuse dédiée à cet effet). Le négatif est de 8×11 mm, généralement en N/B, plus performant au niveau qualité des détails que le film en couleurs.

L’objectif de très haute qualité, combiné à un film au rendu excellent, permet d’obtenir des images (N/B) avec d’énormes détails malgré de si petits négatifs.

Le Minox B est le premier appareil subminiature avec une cellule intégrée, qui ne nécessite pas de pile, c’est une cellule au sélénium, qui convertit la lumière en électricité et entraine directement la jauge de la cellule.

Le compteur de vues augmente à chaque prise de vue, jusqu’à un maximum de 50 expositions. La fermeture de la caméra protège également l’objectif en déplaçant une plaque devant lui. Veuillez noter qu’à chaque fois que l’appareil photo est fermé, le film avance à la position suivante, que la photo ait été prise ou non. Cette mauvaise fonctionnalité, ou anomalie, a été résolue dans les modèles Minox ultérieurs.

Son obturateur mécanique fonctionne avec des vitesses allant de 1/2 à 1/1000 sec. L’objectif de haute précision permet une mise au point de 20 cm (8 pouces) à l’infini.

Lorsque vous tournez la molette de mise au point, le viseur se déplace en tandem pour corriger les erreurs de parallaxe. Au-dessus du viseur se trouve une barre de filtre, qui permet de déplacer un filtre vert ou neutre (ND) devant l’objectif. Ces filtres sont utilisés pour augmenter le contraste et réduire la luminosité en plein jour. Ce dernier est nécessaire pour photographier à l’extérieur alors que l’appareil photo est chargé d’un film très sensible.

Si vous vous rappelez que cet appareil, à l’origine, était prévu pour être un appareil destiné aux photographes aisés et exigeants, vous avez là tous les éléments d’une machine d’exception, dans un format lilliputien.

Mais est-il toujours exploitable ?

Pourquoi pas ? De fait, on fabrique toujours des films, que vous pouvez trouver chez Fotoimpex et il est possible d’acheter les films avec le processus de développement inclus pour un prix tout à fait raisonnable.

L’Allemagne voue un certain culte à cet appareil. Des clubs existent à son sujet et il y a de véritables spécialistes de tous les modèles produits par Minox. Un univers à découvrir.

Je vous ai trouvé une petite vidéo explicative

Des références, comme d’habitude : https://boowiki.info/art/entreprises-fondee-en-1937/minox.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Minox en français, https://cryptomuseum.com/covert/camera/minox/index.htm une bible de l’espionnage, http://minoxriga.atwebpages.com/ en anglais, http://minoxclub.de/ en allemand

Argentique

Au pays des tous petits … le Fujica 250 Pocket

Parfois, c’est en préparant un article que l’on en conçoit, inconsciemment, un second. Ainsi, je vous parlais des « films exotiques » et puis je me suis demandé quels appareils pouvaient bien utiliser ces films.

J’ai déjà quelques réponses, comme par exemple le Kodak Dualflex pour les films en 620, les Yashica C et D pour les bobines de 120, le Yashica 44 pour les films en 127, le Ashahi Pentax Auto 110 pour le format du même nom, ou le Rollei A110, le Minox b pour le format 8×11.

Ce n’est déjà pas mal. Et en faisant les recherches, je suis tombé sur un appareil que je ne connaissais pas, un Fujica 250 Pocket, en format 110.

Vous vous en doutez, il est petit, tout petit même, de la taille du Ashahi Pentax, sauf qu’il s’agit ici d’un »télémétrique » et non d’un réflex.

Guère plus grand que le Rollei A110 en fait mais peut-être plus discret au sens où il fait moins appareil « espion », modèle dont s’inspire le Rollei.

Sans doute plus « pratique » que les pockets de l’époque, que les plus de 40 ans ont bien connus, tels les Afgamatic 2008 ou Kodak Pocket Instamatic et autres marques de l’époque (tout le monde s’y était mis, Canon, Minolta, Hanimex, Fujica et plein d’autres très exotiques). Un petit tour sur Ebay à la rubrique « pocket » vous donnera le tournis.

Revenons donc à notre Fujica 250 Pocket.. Comme son nom ne l’indique pas, il fonctionne avec des films en 110 ( 13×17 mm), un format qui permit de fabriquer des appareils de très petites tailles, pas toujours de qualité mais éminemment portables, légers et faciles d’utilisation.

Il est apparu au Japon en mai 1977. Et il fait partie des appareils de qualité dans les 110. Il a été décliné dans une gamme qui commence avec lui et se termine avec le 550, muni d’un flash intégré.

Au niveau technique :

  • Objectif: Fujinon 25,6 mm (3 éléments en 3 groupes)
  • Obturateur: mécanique (1/80, 1/320)
  • Synchronisation flash : contact X avec griffe
  • Viseur : Perspective
  • Réglage de la mise au point : fixe (pas de réglage de la distance) – c’est un vrai fix-focus
  • Réglage de l’exposition: Aucun (ouverture f8)
  • Alimentation du film : manuelle, enroulement avec bouton à l’arrière
  • Poids : 120 gr
  • Dimension: 103 x 51,5 x 40 mm

La vitesse d’obturation peut être commutée entre «ensoleillé (1/320)» et «nuageux (1/80)» avec le levier sous le viseur. Sa plage de netteté commence à 1,5m jusque l’infini. Comme avec la plupart des fix-focus de ces années là, difficile de rater une photo, sauf en très basse lumière et encore, vous pouviez lui adjoindre un flash.

Difficile de trouver plus simple que ça ! D’autant que le film en 110 se présente sous la forme d’une cassette, que l’on glisse tout simplement dans l’appareil. Une fois celui-ci refermé, vous armez une ou deux fois et l’appareil est prêt. Quand je vous disais que c’était facile.

Pour armer, vous tournez la grosse molette crantée sous l’appareil et lorsque vous entendez « clic » et sentez une résistance, c’est prêt pour la photo.

En fait, avec ce genre d’appareil, ce qui risque d’être compliqué, c’est de le retrouver dans son sac !

Cet appareil ne va pas révolutionner la photographie, mais il est d’une époque, il a une histoire. Il est bien construit, comme on le faisait encore dans ces années là, pour défier le temps. La preuve, il fonctionne toujours parfaitement.

Je le trouve sympa ce petit Fujica 250 Pocket

Je vous ai trouvé une petite vidéo

Celui présenté n’est ni très beau ni très propre, mais la comparaison de sa taille avec celle du flash est amusante.

Comme à l’accoutumée, quelques référence utiles : https://quirkyguywithacamera.blogspot.com/2018/04/small-format-size-big-format-results.html en anglais, une « bible » pour les comparatifs des 110 anciens, http://matsumo.gozaru.jp/camera/pagefa3.htm en japonais (prévoyez un bon traducteur, mais je vous résume)

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FED 3b

J’ai reçu un gros carton, qui avait manifestement souffert de son long voyage au delà de la … Manche !

Déballage un peu inquiet, mais l’intérieur est gavé de papier serré et l’appareil entouré de plastique bulle. Ouf, tout va bien et l’appareil est intact.

Je le tourne et retourne dans mes mains : il est propre, l’objectif aussi, le viseur clair et, surtout, l’armement est d’une onctuosité rare – j’ai l’impression que les rouages baignent dans une graisse fluide, je sens à peine l’armement; enfin le déclenchement est finalement discret : un « flop » presque inaudible.

J’ouvre les deux clés sous la semelle et je fais glisser le dos entier vers le bas. Un peu d’oxydation sur les rails mais rien de grave, les rideaux ont l’air en très bon état et il ne manque pas la bobine réceptrice. Jusque là, tout va bien.

Attardons nous un peu sur l’histoire de cet appareil.

Je ne reviens pas sur l’histoire de FED, que vous trouverez ICI mais je vais m’attarder sur ce modèle en particulier.

Soyons honnête, il n’est pas « sexy ». Il est relativement carré même si les bords sont arrondis, pour alléger un peu la forme. Tout est là mais sans recherche particulière en ergonomie, même si tout tombe bien sous les doigts.

Au dessus, le gros boutons à droite est le compteur de vue, avec une espèce de « mémo » pour le type de film utilisé, et le bras d’armement est en prise directe. Le déclencheur est à côté et ensuite la molette pour les vitesses. De l’autre côté, la bobine réceptrice, qui tourne au fur et à mesure de l’avancement du film et que l’on tourne dans l’autre sens lorsque le film est terminé, pour rembobiner..

En dessous, deux clés permettent de déverrouiller le dos, pour le chargement du film. Plus facile que sur le Fed 1 G qui , à l’instar des Leica, demande de glisser le film, accroché à la bobine réceptrice, dans le corps de l’appareil.

Techniquement, l’obturateur est un plan focal horizontal avec un rideau caoutchouté, ce qui limitera la vitesse d’obturation (ici 1/500 s). Les vitesses vont de 30 secondes + pause B jusqu’au 1/500 s donc.

Ici aussi, toujours armer avant de changer les vitesses sous peine de tout abîmer.

Il y a encore une griffe pour monter un flash et une prise de synchronisation sur la façade avant mais pas de contact tel que nous les connaissons aujourd’hui.

Au dessus de l’objectif, deux fenêtres : la carrée est celle du viseur, la ronde, celle du télémètre. Justement, le patch du télémètre est visualisé par un cercle jaune, assez visible. Le cadre naturel du Fed 3b est le 50mm. Ici aussi, si vous voulez monter une autre focale, il vous faudra investir dans une tourelle ou un viseur dédié, que vous fixerez dans le griffe du flash.

La monture est en Ltm 39, celle des Leica dit visant, assez universelle même si délaissée de nos jours. Mais cette monture offre une gamme assez incroyable d’optiques, toutes marques confondues, de Leica à Canon, Nikon, Minolta, les objectifs russes comme les Fed, les Jupiter, les Industar, etc. Il y en a pour toutes les bourses, tous les styles de photographie, de l’ultra précis à celle d’un contour assez, heu…. indéfini

Ne cherchez pas la cellule, il n’y en a pas. Prenez en une avec vous.

Même si le viseur est plus grand et pratique que celui du Fed 1G, il n’a pas la clarté d’un Canon P ou d’un Leica M, par exemple. Ici aussi, le principe du zone focus sera d’une grande aide. Je l’avais qualifié « d’autofocus le plus rapide du monde » et c’est le plus pratique à utiliser en photo de rue notamment. Petite particularité intéressante à signaler : le viseur (la grosse roue crantée à l’arrière) permet une correction dioptrique en « vissant » ou « dévissant » la couronne. Pratique.

L’appareil que j’ai reçu est monté d’un Industar 61, un 52mm ouvrant à f2,8. Les bagues sont fluides et les crantages autour du fut sont pratiques pour le réglage de la distance, rapidement. Mais si j’en crois ceux qui l’on déjà utilisé, ce n’est pas le plus performant. Je vais le tester. Ne pas oublier qu’il s’agit d’un objectif à viser, donc ne pas le serrer trop fort contre la monture sous peine d’éprouver quelques difficultés pour le changer ensuite. Assurez-vous qu’il est bien contre, puis un petit coup de poignet et ça tiendra vraiment bien. Les distances sont exprimées en pieds (ft), ça nécessite un peu d’entrainement.

Et là – mais je vais me faire incendier – je vais le mettre en comparaison avec une autre « brique », mon Leica M5

En terme de taille, c’est sensiblement la même chose, mais le second a déjà une cellule. Remarquez néanmoins la taille du viseur et du télémètre du Leica, fort proche du M3 par rapport à celui du Fed 3b.

L’engin fait son poids : 620gr et de surcroit, les ingénieurs russes n’ont pas cru bon d’ajouter des œillets pour pouvoir le porter. Il faut se munir d’une gaine, en cuir épais, qui offre la particularité d’être en une seule pièce. Bref, la majorité des utilisateurs opèrent une coupe chirurgicale de la moitié inutile de la gaine, et pour ceux qui n’en ont pas, un petit sac fera l’affaire.

Honnêtement, ce n’est pas le plus beau des appareils, mais la douceur de ses commandes sont assez exceptionnelles. Il est beaucoup plus agréable à utiliser qu’un Zorki 4K par exemple. Et je trouve qu’il fait aussi moins daté que le dit Zorki 4K. Il fait très « années soixante » et cela contribue à son charme désuet.

Autant les Fed 1G, Zorki 1c, Leica IIIf font « vieils appareils », autant le Fed 3b semble « moderne » … pour l’époque. Surtout si vous le comparez au Fed 3 produit de 1961 à 1969, soit en même temps que le Fed 3b. Ce Fed3 là ressemble à s’y méprendre au Zorki 4, dont les silhouettes semblent hésiter entre l’ancien et le moderne.

De fait, le Fed 3 ressemble beaucoup aux Zorki 5 et 6, dont les commandes sont aussi étonnamment douces (l’armement ne fait aucun bruit si l’appareil est bien réglé). J’y reviendrai sans doute.

En résume, voici un appareil parfaitement fonctionnel, agréable à utiliser même s’il n’est pas toujours pratique de l’emporter. Qui aura sans nul doute son petit effet (allez, avouons-le, ça compte aussi !) lorsque vous le sortirez. Nous pourrions lui reprocher sa vitesse maximale de 1/500s mais la plupart des appareils de l’époque ne faisait guère mieux, si pas pire (un Olympus Trip 35 ne dépasse pas le 1/200s, un Canonet Ql 19 atteint le 1/500s). A son crédit, même si ça parait un détail, le correcteur dioptrique, puis le chargement du film assez simplifié, sa robustesse, son onctuosité, la possibilité de changer sa focale (grand parc d’optiques possibles).

Si vous en trouvez un en bon état – et il y en a beaucoup – faites vous plaisir, c’est un appareil attachant.

Ne perdons pas nos bonnes habitudes, quelques liens bien utiles : https://www.danstacuve.org/test-fed-3b-voyage-argentique-en-ex-urss/, https://www.mes-appareils-photos.fr/FED_3b.htm, http://www.collection-appareils.fr/avoscrayons/html/Boitiers_russes.php en français, http://mattsclassiccameras.com/rangefinders-compacts/fed-3b/, http://www.photoethnography.com/ClassicCameras/index-frameset.html?Fed3.html~mainFrame en anglais

Pour le mode d’emploi, c’est ICI

Et je vous ai trouvé une petite video pour son utilisation.

Argentique

Le vrai FED 1G

Produite de 1953 à 1955, cette série particulière, c-à-d. avec le numéro de série gravé sur le dos de l’appareil et non plus sur le dessus, fut produite à 205.000 exemplaires.

Mais commençons par le début … « La marque FED a été fondée en 1927 par Felix Edmundovitch Djerzinski. C’est ce Monsieur qui fonda à la même époque la Tcheka, ancêtre du GPU, lui même ancêtre du NKVD, lui même ancêtre du KGB ! (attention : beaucoup de Fed 1 sont gravés « NKVD », mais cela ne signifie pas qu’ils aient appartenu à cette même institution ! Nous ne sommes pas dans un James Bond, ce ne sont pas des appareils d’espions !) La production d’appareils photo a débuté en 1934. Ceux-ci étaient montés par des jeunes délinquants en voie de « réinsertion » sous la direction d’Anton Makarenko. C’est également ce Monsieur qui décida de prendre pour modèle le Leica » – source Sylvain Halgand

D’autres, aux mêmes époques, avaient décidé de « copier » Contax. En fait, ils avaient carrément pris l’usine, ses ingénieurs et les produits finis ou presque pour les transporter en Ukraine : ce sont les Kiev.

Ce qui est frappant avec ces appareils, c’est leur ressemblance parfois troublante avec le modèle d’inspiration. Ainsi, le FED qui nous préoccupe est une copie assez conforme d’un Leica II de …1932 alors que lui fut fabriqué de 1934 jusqu’en 1955 !

Et comme je vous parlais des Kiev, il faut savoir qu’un Kiev 4 reste une copie assez conforme du Contax d’origine (1932 aussi) et qu’il fut fabriqué jusqu’au seuil des années quatre-vingt sans grands changements.

Ces appareils ont fait perdurer le télémétrique plus que toutes autres marques, à l’exception de Leica (1913 – 2018) et du Zeiss Ikon ZM (2006 – 2012) et ils sont les télémétriques les plus vendus au monde (le Zorki 4 seul fut fabriqué à plus de 1.700.000 exemplaires pendant 16 ans).

En conclusion, vous en trouverez de très nombreux, souvent en très bon état, et à des prix très bas (en tout cas comparés à ceux des Leica), même si les pays autrefois de l’Est commencent à monnayer un peu mieux le prix de ces appareils.

Enfin, si d’aventures vous en trouvez un bel exemplaire, dont vous voulez vous servir, sachez que le meilleur artisan pour des réparations ou réglages se trouve ICI.

Mais revenons à notre Fed 1 G.

Le Fed 1 G est une des dernières variantes du Fed 1 original, sorti en 1934. Qui était une copie fidèle, comme je l’ai écris, du Leica II.

Honnêtement, vous aurez les mêmes sensations avec les deux appareils, qui demandent un peu d’attention pour pouvoir s’en servir correctement : à l’arrière, il y a deux « viseurs », celui de droite (vu de dos) étant le vrai, celui de gauche, le réglage du télémètre.

Ne vous y trompez pas, comme sur les Leica de la même époque, la visée est médiocre. En fait, il fallut attendre l’arrivée du Leica M (1953) pour avoir un vrai viseur, clair et précis, avec le télémètre dans une seule et même fenêtre, mais c’est une autre histoire (que vous trouverez ICI).

Avec ce type d’appareil, vous travaillerez le plus souvent en zone focus, c-à-d. en préparant à l’avance une zone de netteté dans laquelle vous ferez entrer votre sujet. Et de ce fait, c’est facile à utiliser : un coup d’œil à la cellule à main (à moins de savoir « lire » la lumière par expérience), armer l’appareil, régler la vitesse – et toujours dans cette ordre, je vais y revenir, régler le zone focus et vous voilà parti dans les rues, le cœur léger ! Juste un coup d’œil dans le viseur pour le cadrage du sujet.

C’est comme ça que travaillaient les grands noms de la photographie de rue, de HCB à Doisneau et confrères.

J’ai écris quelques lignes ci-dessus que je revenais sur un point important, celui du réglage des vitesses. Sur ce type d’appareil il est impératif d’armer avant de changer la vitesse !

Vous remarquerez d’ailleurs, lorsque vous faites la manœuvre d’avancer le film (d’armer en somme) que la roue des vitesses tourne en même temps. Donc, si vous voulez éviter une salade de pignons et abîmer irrémédiablement votre bel appareil, toujours armer avant de changer la vitesse (là ça va, j’ai assez insisté ?)

Techniquement, vous avez un appareil qui accepte toutes les optiques au standard Ltm 39 (Leica visant). Pas de réglage de la sensibilité du film, le compteur est manuel et vous devez penser à le remettre à zéro à chaque nouvelle bobine, il n’y a pas de retardateur mais le déclencheur est fileté ce qui vous permet d’y adjoindre une de ces merveilles d’ingéniosité mécanique que sont les retardateurs proposés en option (mécaniques, à l’eau, par pression , etc), la visée est calculée pour un objectif 50mm; si vous voulez en changer (35 ou 90mm p.ex.) il vous faut trouver une espèce de tourelle à monter sur la griffe porte flash avec les viseurs correspondant; les vitesses sont 1/25s, 1/50s, 1/100s, 1/250s, 1/500s + B, le flash n’est pas synchronisé. Difficile de faire plus simple, non ?

« Mais alors, me direz-vous, quel intérêt de photographier avec ce type d’appareil ? »

Mais le plaisir, tout simplement ! Celui d’avoir dans votre poche ou dans votre sac un peu de l’histoire de la photo.

Ne vous y trompez pas, j’ai bien écris « dans votre poche » car cet appareil est très petit, relativement léger (même si tout en métal), surtout s’il est accompagné, comme le mien, d’un objectif dit rentrant, qui le rend encore plus compact.

Et la qualité d’image, qui dépend, je le rappelle, de l’objectif (le reste étant une chambre noire plus ou moins sophistiquée) est très bonne, même avec les objectifs russes, qui sont aussi des copies de leurs homologues allemands. Admettons qu’il faille y regarder de plus près pour trouver le bon modèle, mais au prix où ils sont, faites vous plaisir.

Je vais même aller plus loin -là, je sens que je ne vais pas me faire que des amis – vu le prix que vous aurez mis pour votre appareil, généralement de 5 à 10 fois moins cher que le Leica, investissez dans une belle optique Zeiss et vous obtiendrez le même résultat !

« Bon, mais qu’est ce qui différencie ces appareils ? Pourquoi le Leica est-il si cher ? »

Nous parlons ici d’appareil fabriqué en 1953, basé sur un original datant de 1932. En 1953, Leica sortait le M qui allait révolutionner le télémétrique (en fait, surtout la visée). Les appareils russes, et les Fed en particulier, n’ont pas la réputation de rigueur de leur inspirateur allemand. Des soucis de constance dans les fabrications font qu’ils ne sont pas toujours bien réglés. Des détails de conception font qu’un Leica sera mieux construit et pensé, c’est un fait évident. Mais je persiste à dire que l’appareil n’est jamais que le réceptacle des faisceaux lumineux, qui viendront frapper une pellicule et c’est la qualité de l’objectif qui respectera au mieux la lumière.

Ensuite, c’est une question d’agrément à l’utilisation de l’appareil qui fera que vous accrocherez ou pas à ce modèle.

Mais de nos jours, un réparateur spécialisé comme celui que je vous ai cité plus haut est capable de corriger ces petits défaut et de rendre votre appareil fiable et parfaitement opérationnel.

Donc faire croire que seul un Leica peut être réparé et réglé est une contre vérité. Seul le tarif sera différent !

Honnêtement, pour avoir eu en mains un Fed 1g, un Zorki 1c et un Leica IIIf, je reconnais une certaine onctuosité dans l’utilisation des commandes du Leica mais elle ne s’inscrit pas dans une sensation « tout noir – tout blanc » ! A mes yeux, elle ne justifie pas les différences de prix demandés (notez que ceci s’entend pour des appareils identiquement réglés et performants).

Méfiez vous plutôt des vrais-faux Leica qui ne sont en fait que des Zorki ou Fed re badgé d’un nom plus prestigieux qui n’a d’autre but que de gruger le gogo.

Si vous voulez photographier à « l’ancienne », pour le plaisir de la découverte, un vrai – vrai Fed ou Zorki fera très bien l’affaire.

Si vous voulez investir (quel vilain mot !) dans une collection d’appareils authentiques, apprenez à en connaître toutes les infimes subtilités. A ce sujet – et je remercie Patrice pour ce lien – voici un article (en anglais) assez édifiant sur les vrais-faux.

Enfin, pour le plaisir, je ne résiste pas à vous présenter côte à côte le Fed 1G authentique et le Fed 1G digitalisé … c’est ce qui m’a incité à mettre le titre de cet article « le vrai Fed 1 G ».

Comme d’habitude, les sites de référence : https://camerapedia.fandom.com/wiki/FED_(Original)_(_FED_NKVD,_FED-S,_FED-1), http://www.sovietcams.com/index.php?2143765385 en anglais, http://www.collection-appareils.fr/avoscrayons/html/Boitiers_russes.php, http://t.hacquard.free.fr/site1/fed_1.html, https://sovietcameras-fed.monsite-orange.fr/autresappareilsfed/index.html en français

Argentique

Le Minolta MG 16. Qui n’a pas rêvé d’être un jour un(e) espion(ne) ?

Hé oui, voilà un « métier » qui fait toujours fantasmer et la « réalité » des films d’action, James Bond en tête, sont bien loin de celle de ces fonctionnaires, respectueux de limites bien réelles !

Mais, l’espace d’un moment, nous pouvons nous mettre dans le personnage, qu’il soit 007 ou, plus près, le Commissaire Laurence Swan, de la série des Petits meurtres d’Agatha Christie, et utiliser un de ses « sub miniatures » d’espion !

Le plus célèbre est le Minox, que l’on a vu dans de nombreux films d’action et d’espionnage.

Mais d’autres constructeurs se sont plié à l’exercice de ces tout petits appareils, dont Minolta.

C’est donc un Minolta 16 – MG que je vais vous présenter.

D’entrée, il est plus grand que le Minox et il utilise un film en cassette au format 16mm pour des photos en 10×14. Au départ, cette cassette était métallique puis fut remplacée par du plastique. Minolta produisait lui-même ses propres cassettes, en fait en reconditionnant du film dans celles-ci. Mais cette cassette, facile d’utilisation devint peu à peu le standard de ce type d’appareil.

Le Minolta 16 – MG fut fabriqué de 1966 à 1972, à la suite des premiers modèles sortis dès 1955 sur un brevet Konan datant de 1947.

Mécaniquement, le 16 – MG possède un posemètre couplé (cellule au sélénium) et un obturateur à la priorité au diaphragme. Il fonctionne sans pile. C’est un vrai « point and shoot » avec un viseur étonnamment clair même s’il reste petit, avec juste un cadre collimaté pour l’indication de la parallaxe.

Sur le dessus, la grand molette sert à faire avancer le film – pas de tirer-pousser comme le Minox – et est aussi le compteur de vue, qui se remet à zéro automatiquement. La seconde, plus petite, sert à noter la sensibilité ( de 25 à 400 Asa) et l’ouverture choisie, de f2,8 à f16. La vitesse d’obturation est comprise entre 1/30s et 1/250s. En cas de luminosité trop faible, il est possible de lui adjoindre un mini flash. Un bouton au dos de l’appareil permet de choisir le mode flash et dans ce cas, l’appareil synchronise la vitesse au flash.La distance minimale de mise au point est de 20cm.

Parlons justement de l’objectif de ce petit bijou. C’est un Minolta Rokkor 1: 2,8 / 20 mm avec 4 éléments en 3 groupes. Une astucieuse porte coulissante découvre l’objectif. Il y a deux petits boutons pour tirer la porte coulissante et l’un d’eux présente un élément de portrait, ce qui permet de cadrer en carré si l’on veut photographier en portrait.

Toute une série d’accessoires ont été pensé pour accompagner le Minolta 16 – MG : le flash, des porte-filtres, une dragonne métallique, une gaine en cuir.

Des versions spéciales ont vu le jour, dont une en plaqué or … pour espion fortuné sans doute et ne craignant pas d’être repéré !

Ceci étant, si l’appareil est petit, sympa à tenir en mains – enfin, entre les doigts plutôt – il faut reconnaître qu’il est difficile d’encore s’en servir car on ne fabrique plus, à ma connaissance, le film et même s’il était encore fabriqué, je doute qu’il y ai encore des labos qui le développe.

Paradoxalement, on fabrique toujours le film pour le Minox, qui est encore plus petit (8×11). Vous les trouverez chez Fotoimpex

D’ailleurs, en 1972, Kodak sonnait (déjà) le glas de ce format en introduisant le 110, un peu plus grand, et qui allait révolutionner la taille des appareils, à défaut de révolutionner la qualité des photos.

Les plus de 40 ans ont tous en tête des exemples d’appareils photo en 110, les fameux pocket. Si certains n’étaient pas franchement mauvais, le plus grand nombre était juste acceptable au niveau qualité photographique s’entend.

Comme toujours, des sites de références : http://www.suaudeau.eu/memo/collection/divers/minolta-16mg.html et http://www.minolta.suaudeau.eu/histoire/Minolta_16/Minolta_16.html en français, https://simonhawketts.co.uk/2017/01/22/minolta-16-mg-miniature-16mm-camera/, http://www.submin.com/16mm/collection/minolta/index.htm et http://www.submin.com/16mm/collection/minolta/cameras/revue_kb_chrome_small_box.htm en anglais

Et si vous cherchez le mode d’emploi, c’est par ICI

Argentique

Ricoh RZ 115

En mettant de l’ordre, j’ai retrouvé un Ricoh RZ 115 dans mes appareils « en attente ».

Comme j’ai déjà fait une belle liste d’appareil des années nonante intéressants, je vous présente encore celui-ci qui date de … 2002.

Autant dire quasi à la fin de la production de ce type d’appareil.

Et chose étonnante, j’ai eu beau chercher sur la Grande Toile, je n’ai pas trouvé pléthore d’infos à son sujet !

Commençons alors par sa présentation physique. Un bon rectangle dans une livrée argentée, fort commune à l’époque. Tout en plastique et pourtant il donne une sensation de poids pas désagréable et même rassurante quant à sa stabilité. Pourtant il ne pèse que 250Gr.

Il tient bien en main, même si son revêtement est un rien glissant. Le déclencheur tombe bien sous l’index, tout comme les deux touches en caoutchouc gris qui actionnent le zoom.

Car nous avons ici un 38 -115 ouvrant à f3,9, construit en 6 éléments en 6 groupes, finalement très compact et qui se déploie assez rapidement, tout en assurant la mise au point en continu. Sa mise au point minimale est de 60cm, voire 30 cm quant il est en position « super macro » (une touche dédiée qui reste éclairée quand on la met en service).

Sur le capot, au dessus, outre le déclencheur et les commandes du zoom, il y a aussi une commande pour le retardateur, la mise en tension ou non du flash; la touche « super macro », le bouton de mise en tension de l’appareil et un petit écran qui reprend les différents commandes appelées. Simple mais efficace.

Le viseur n’est pas très grand mais il est clair. Les infos ne s’y bousculent pas, juste l’ovale qui assure la mise au point (au centre), un cadre collimaté qui donne une indication de la parallaxe et lorsque vous appuyez sur le déclencheur et que la lumière est bonne, une diode verte vous signale que vous pouvez prendre la photo. Notez que l’appui à mi-course verrouille la mise au point et permet le recadrage. Et une particularité qui peut être utile : il y a un correcteur dioptrique pour le viseur ! Assez rare que pour être signalé.

Le chargement est très simple : vous ouvrez l’appareil, déposez le film bien au dessus des roues dentées, tirez la languette jusqu’à la bobine réceptrice et vous refermez le tout : l’appareil charge la pellicule tout seul et décode la sensibilité du film. Le moteur n’est pas bruyant, c’est une bonne chose. Le compteur est électronique, sur l’écran LCD.

La cellule au CDs gère tout automatiquement et, semble t’il, elle le fait bien. La pile CR123 alimente cette dernière, la motorisation du zoom et le moteur. Mais tout cela ne consomme pas trop, sauf si vous utilisez le flash régulièrement. Pensez à le débrayer quant il n’est pas vraiment nécessaire.

C’est clairement l’appareil qui attiraient les personnes désireuses de faire des photos sans se compliquer la vie. Et les résultats ne sont pas mauvais, loin de là.

A recommander si vous voulez vous aussi quelque chose de facile, que vous ne regretterez pas d’embarquer dans vos folles aventures.

Les infos techniques, comme d’habitude : http://www.collection-appareils.fr/x/html/affich_FT.php?id_appareil=15344 en français

Argentique

Un baroudeur, le Nikon L 35 AF AW AD

Quand j’écrivais qu’un bon vieil argentique n’avait pas peur de se mouiller, c’était sans penser au Nikon L 35 AF AW AD que je viens de recevoir !

En fait, dans la lignée du Canon AF 35 M, du Konica C 35 AF, du Fujica DL-100, il y a le Nikon L 35 AF, que je ne vous ai pas présenté, à défaut d’en avoir trouvé un à un prix raisonnable.

Sorti en 1983, Il est aussi reconnu pour la qualité de son objectif, un 35mm ouvrant à f2,8 en 5 éléments et 4 groupes, que celle de son autofocus, précis et rapide, outre sa qualité de fabrication (encore du métal dans la construction alors que les autres optaient pour le plastique).

Bref, un collector, mais dont le prix est souvent (très) élevé.

Comme tout bon appareil, celui-ci a donné naissance à une digne descendance, dont celui que je vous présente aujourd’hui, le Nikon L 35 AF AW AD, le baroudeur de la famille.

Nikon L 35, pour la lignée et la focale, AF pour autofocus, AW pour All Weather et enfin AD parce que ce modèle possède un dos dateur.

Cet appareil a gardé les qualités de son ainé et il a ajouté des joints un peu partout lui permettant d’affronter le sable, le froid, la pluie et de plonger sous l’eau (bon, 3 mètres maxi mais c’est déjà pas mal).

En fait, avec cet appareil, vous en avez « deux en un », un aérien et un sous marin !

Je m’explique : dans l’eau, l’autofocus ne sert à rien (autofocus à infra rouges, qui se perdent dans l’eau), il est donc débrayable sur l’appareil et quand vous revenez au sec, il reprend son autofocus performant mais il reste résistant à la pluie, par exemple.

Il a existé en plusieurs livrées, noires, oranges, bleues et rouges. A l’époque, il faisait partie des appareils chers et il ne fut pas produit longtemps malgré ses qualités (1986 à 1989).

L’avoir en mains est une expérience : il est lourd, costaud même s’il a gardé à peu près le gabarit de son ainé, ses boutons son gros, prévus pour être manipulé sous l’eau aussi. Il n’est pas désagréable à tenir, il faut juste s’habituer à son poids, qui est aussi gage de stabilité, dans l’eau notamment.

Ceci étant, il a gardé les atouts qui en font un appareil facile à utiliser : motorisé pour le chargement du film et l’avancement de celui-ci, lecture code DX (sensibilité du film), mise au point à 50c m sous l’eau et 70 cm à l’air, autofocus, cellule au CDs précise, lecture des infos faciles dans le viseur, avec cadre collimaté et correction de la parallaxe et indication de la distance au moment de la prise de vue, flash intégré débrayable.

Bref, une machine à emporter partout, par tous les temps, qui vous offrira de très belles images, sans se soucier du temps qu’il fait.

Comme d’habitude, quelques liens utiles : https://www.kenrockwell.com/nikon/l35af.htm, en anglais et https://www.lomography.fr/magazine/327128-lomopedia-appareil-argentique-nikon-l35-af et http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12763.html en français, https://theshuttergoesclick.blogspot.com/2014/02/nikon-l35-aw-af-is-point-and-shoot-that.html en anglais.

Argentique

Rollei 35

Ou comment faire entrer un maximum de possibilités dans un minimum de place !

Comme souvent avec ce qui va devenir un best seller, l’histoire du ROLLEI 35 est une véritable saga !

Imaginé par Heinz Waaske dès 1963 (vous vous souvenez, l’ingénieur génial qui a aussi dessiné le Rollei A110 et le non moins étonnant Rolleimatic) , le prototype fut présenté à Henry WIRGIN, de chez Edixa, qui le refusa. H. Waaske avait déjà réalisé pour Wirgin le reflex EDIXA (d’abord appelé KOMET) et le minuscule EDIXA 16.

Mais le projet fut agréé par ROLLEI et ce fut le départ d’un énorme succès malgré un prix plutôt élevé. D’une compacité incroyable (l’encombrement d’un 1/2 format 18×24), très innovant par la disposition originale de l’obturateur, doté d’une optique irréprochable, le Tessar de Zeiss, bien construit, le ROLLEI 35 fut à la base d’une longue série de modèles.

L’aventure commencée en 1966 se terminera avec le Rollei 35SE en 1981.

Pour plus d’informations techniques, je vous renvoie sur le super site iconomécanophile (je traduis, collectionneur d’appareils photo) de Philcameras, incontournable et belge.

Quoiqu’il en soit, l’appareil est vraiment petit, honnêtement pas forcément facile à manipuler, mais quelle mécanique !

  • l’objectif, un CARL ZEISS TESSAR f1:3,5 40mm en 4 lentilles, monté sur un tube rétractable. Mise au point à partir de 90cm, double échelles avec indications de profondeur de champ. Les distances 2m et 4m sont repérées en rouge
  • le levier d’armement, qui se trouve à gauche sur le boitier
  • obturateur central ROLLEI-COMPUR de 1/2 seconde au 1/500e + B dont le mécanisme est non pas autour de la monture de l’objectif mais réparti derrière la face avant du boîtier, Les molettes de sélection des vitesses et du diaphragme sont en façade de part et d’autre de l »objectif. La molette de réglage de diaphragme est munie d’un blocage qu’il faut enfoncer pour permettre sa rotation. Couplage de l’obturateur avec la cellule semi-automatique.
  • la manivelle de rembobinage, située sous la semelle
  • la pile est dans le corps de l’appareil, au dessus de la bobine de film
  • la prise de flash, située sous l’appareil
  • le viseur est lumineux, avec le cadre bien clair, un grossissement de 0,62x et des indications pour la parallaxe.
  • compteur de vue sous la semelle, avec remise à zéro automatique
  • sa taille : 97x32x60 mm pour 370 gr (et je vous assure qu’il donne l’impression d’être plus lourd vu sa compacité)

Comme le disait un ami, on compare souvent les mécanismes des appareils complexes à de l’horlogerie. Oui et non, car l’horlogerie est répétitive, au sens où on reproduit les mêmes mécanismes pour obtenir le même résultat : l’heure juste. Tandis qu’en photographie, les mécanismes ont toujours évolué pour obtenir de meilleurs résultats, différents : des photos à chaque fois singulières.

Ici nous sommes arrivés à un haut degré de sophistication en terme de complexité mécanique et pourtant, c’est très solide, très précis et quarante ans plus tard, ça fonctionne toujours parfaitement.

Pour autant que vous ayez pris soin du matériel, comme par exemple le fait de devoir armer avant de débloquer le tube de l’objectif et de le rentrer, en appuyant sur le petit bouton poussoir qui est à côté du déclencheur.

C’est un appareil finalement très discret, silencieux et redoutable d’efficacité si vous utilisez le zone focus (repères de mise au point sur l’objectif).

Personnellement, et parce que j’ai la vue qui baise, c’est comme avec les Minox, j’ai difficile sans chausser mes lunettes de faire les réglages.

Sinon, c’est un appareil qui a marqué son époque et qui a donné lieu à une belle descendance que la marque a eu l’intelligence de ne pas dénaturer dans sa qualité de fabrication, même si certains modèles sont plus simples que d’autres (le Rollei B35 p. ex.) .

Comme toutes les légendes, les prix des beaux exemplaires sont à la hauteur de la sophistication et de la singularité de l’appareil mais en cherchant bien …