Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Zeiss Ikon Contessa Matic E – Que penser de cet appareil ? – Un peu de technique – Des références
Préambule
C’est encore un appareil acheté lors de la brocante de l’Unicef, à Ath, chez ce Monsieur qui, petit à petit, liquide une partie de sa collection.
Je n’ajouterai donc pas qu’il est en parfait état et tout à fait fonctionnel.
Comme d’habitude, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter un appareil qui approche des ses ans et qui semble encore neuf : on construisait solide à ce moment là !
Un peu d’histoire
Rassurez-vous, je ne serai pas long car j’ai déjà souvent évoqué cette marque, incontournable de l’histoire de la photographie allemande et de la photographie tout court.
Vous trouverez des bribes de celle-ci lorsque j’évoquais le Zeiss Ikon Contessamat SBE, le Super Nettel, le Contina Ia, le Zeiss Ikonta B 521/16, en compact et folding compact, sans oublier une des stars de la marque, le Super Ikonta 531/2, un folding télémétrique en bobine de 120. Il y en a d’autres, je vous laisse fouiller.
Retenons simplement que Zeiss Ikon, au début du siècle passé, fondé par August Nagel, sera un ogre en Allemagne et il absorbera les marques historiques de l’Allemagne de l’Ouest et de l’Est (Ica, Ernemann, C.P. Goerz et Contessa-Nettel) avant la seconde guerre mondiale .
Les appareils fabriqués seront de qualité, avec des objectifs et/ou des obturateurs parmi ce qui se faisait de mieux à leur époque ; des boitiers de toute une vie comme on le disait (et le pensait à l’époque – l’obsolescence programmé, c’est dans les années quatre-vingt !).
Cependant, revers de la médaille, ces appareils sont chers car construits avec des matériaux de qualité et avec une complexité qui confine parfois à l’excentricité (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué). Mais surtout, les lignes d’appareils issus des différentes fusions n’ont jamais été rationnelles, trop nombreuses, se recoupant parfois Un déficit structurel en marketing et en gestion n’arrangera rien Il est même étonnant que l’entreprise ait tenu si longtemps.
Ils seront incontournables pendant les années trente et quarante, fragilisés dans les années cinquante et dépassés dès les années soixante, balayés par les produits japonais. Ces derniers avaient compris que les boitiers devaient être facilement reproductibles, fabriqués avec soin, avec de bons matériaux, sans faire l’impasse sur les innovations telles l’électronique et la miniaturisation des éléments. Surtout, ils ont lancé un appareil qui allaient reléguer aux oubliettes les modèles que je vous présente ici, le réflex. Un appareil ultra polyvalent.
Au début des années septante, la messe était dite …
Présentation du Zeiss Ikon Contessa Matic E
D’emblée l’appareil est ambigu car s’il est bien noté Contessa sur le pourtour de l’objectif, un Carl Zeiss Tessar de 50mm ouvrant à f2,8, il n’est écrit nulle part qu’il s’agit d’un Matic E.

On comprend vite que c’est un appareil télémétrique et qu’il possède une cellule au sélénium. En regardant à travers le viseur, on se rend compte (quand cette cellule fonctionne encore, comme ici) que la mesure de la lumière est couplée au jeu du diaphragme, une petite aiguille, au dessus du cadre, bouge quand on modifie l’ouverture.
Est-ce là l’automatic du nom ? De fait, il a existé aussi un Contessa Matic, similaire à celui-ci avec une cellule au sélénium dont on lit la valeur sur le capot, mais sans télémètre
C’est donc le couplage du posemètre au diaphragme qui justifie cet automatic. Et le E me direz-vous ? il s’agit du E de Entfernungsmesser, télémètre en allemand.
Ajouté au télémètre couplé, cela fait de ce Contessa Matic E la Rolls Royce de Zeiss Ikon à cette époque (1960). Car l’appareil offre ce qui se fait de mieux alors et est construit selon les standards de la marque, c’est-à-dire fait pour durer.
C’est en fait un boitier semi-automatique si vous optez pour le contrôle de l’exposition couplée à la cellule ou le mode manuel si vous voulez tout contrôler vous-même. Ce compact vous offre le même confort que le Contaflex Super (un réflex) dans un gabarit réduit et très transportable.

Son objectif, un Carl Zeiss de formule Tessar, un 50mm ouvrant de f2,8 à f22 est réputé excellent. C’est le même que celui du Contaflex Super B.
Le viseur, très grand et clair, avec un cadre collimaté et correction de la parallaxe, possède une petite fenêtre, en haut au milieu, qui montre l’aiguille de la cellule. Celle-ci oscille de gauche à droite selon l’exposition, qui est correcte lorsque celle-ci se stabilise au centre. Une seconde fenêtre, sur le capot, peut aussi être consultée.
Puisque nous sommes sur le dessus de l’appareil, restons-y pour constater qu’il est dépouillé. A droite, une large molette, encastrée, qui entoure le déclencheur : c’est le compteur de vue, qu’il faut positionner manuellement sur le nombre de vues du film. Attention, il décompte les images prises.

Au centre, la griffe dite froide (sans contact) pour des accessoires ou un flash non dédié, avec le prise PC à l’extrémité gauche.
Juste à côté de la griffe, la seconde fenêtre de la cellule. Et tout contre, deux trous (qui devraient être cachés par un bouchon en plastique) : ceux-ci servent à fixer le flash Ikoblitz 4 Spécial (sa s fil) ou le Ikoblitz 4 Standard (avec fil). Et c’est tout.
Par dessous, au centre, le filetage pour fixer l’appareil sur un trépied. A droite, le bouton pour autoriser le rebobinage et qui a une seconde fonction quand on appuie dessus : il libère la manivelle pour rebobiner le film.


Le dos de l’appareil s’ouvre avec un discret verrou, sur le flanc gauche, découvrant la chambre, classique. Sur la porte arrière, un disque aide-mémoire pour la sensibilité du film, en Asa/Din.



Le levier d’armement est très discret car seule la partie que le pouce accroche fait saillie, le reste étant caché sous le capot.
Et puis venons-en au cœur de l’appareil, son objectif et son obturateur. L’objectif est magnifique, nous l’avons vu. L’obturateur est un Gauthier, un Prontor SLK Spezial. C’est un obturateur à lamelles, situé au centre de l’ensemble. Il donne des vitesses de 1s à 1/500s, la pose B et même un minuteur, plus la synchro flash.

Trois lettres, sur le côté droit, vers le bas : V – X – M. La première est la position du minuteur, la seconde la synchro flash électronique et la troisième, la synchro flash à ampoules. Ne pas forcer, pour les faire bouger, il faut appuyer sur la languette juste au dessus.
Contre la façade, un anneau avec deux grosses poignées de préhension facilitent la mise au point, de 90cm à l’infini. Une échelle de profondeur de champ est gravée sur le fut.
L’avant dernier anneau, lui aussi muni de poignées pour un usage rapide, est celui des ouvertures, de f2,8 à f22. Vous constaterez que sous certaines conditions, il tourne avec le dernier anneau, celui des vitesses, et inversement. C’est le fameux couplage ouvertures/vitesses sensé nous simplifier la vie. Heureusement, c’est débrayable.
Par dessous, un discret bouton coulisse pour indiquer la sensibilité du film, de 12 à 33Din (de 12 à 1600 Asa).
Comme l’objectif est fixe, il était possible de fixer des compléments optiques, tels les Z E I S S P R O X A, qui permettaient de descendre jusqu’à 20cm.
Pour une fois, je n’ai pas de sac tout prêt avec le boitier. Ce qui pose problème si on veut le transporter car il ne possède pas d’attaches pour y fixer une dragonne ou une sangle. Restera à le déposer dans un sac (oubliez la poche, il est trop lourd, près de 700gr avec un film).
Dernier point. Ce modèle est le second produit. Au jeu de différences entre son ainé et lui, notons que les deux trous du flash étaient couvert par une petite plaque métallique pivotante, absente du second ; la lecture de la cellule par au dessus se faisait à travers une loupe, disparue ici aussi ; le compteur de vue portait aussi une roue supplémentaire qui était le mémo de sensibilité du film, relégué sur la porte arrière ici. C’est tout mais ça vous permet de voir quel type d’appareil vous avez sous les yeux.
Que penser de cet appareil ?
Contemporain du Kodak Retina IIF que je vous présentais sous peu, personnellement, je trouve qu’il manque de ce petit je ne sais quoi qui charme dans le Kodak.
Ici nous avons un beau rectangle, sans fantaisie, rationnel, très bien construit, efficace mais … terne (je sais, c’est subjectif).
Au delà de ces considérations esthétiques, force est de reconnaître que c’est un bel engin. Avec ou sans cellule fonctionnelle, il est toujours partant si vous vous munissez d’une cellule à main ou si vous pratiquez la règle du Sunny 16.
C’est un télémétrique efficace pour la photo de rue, grâce notamment à son grand viseur, très clair et à la facilité de réglage de celui-ci.
Peut-être un peu plus discret que le Kodak, il attirera quand même les regards car on en voit peu. Non pas qu’il soit rare mais l’absence d’identification aisée fait qu’on l’oublie trop souvent. Pourtant à son époque, il était un bel appareil haut de gamme.
Si vous voulez sortir des sentiers battus, pourquoi pas le faire avec lui ?
Un peu de technique
Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.
- Zeiss Ikon, Allemagne (Stuttgart)
- Film 135 (24x36mm)
- Transport de films manuel, levier d’armement couplé (avance du film et obturateur)
- Télémètre à coïncidence
- Compteur de vue intégré et couplé
- Cellule au sélénium, sensibilité de 12 à 1600 Asa (12 à 33 Din)
- Contrôle de l’exposition manuel et semi-automatique avec utilisation de la mesure EV (couplage vitesse/ouverture)
- Objectif fixe Zeiss Carl, Oberkochen, 50mm ouvrant à f2,8 jusque f22, filtre à visser 28,5mm
- Obturateur Alfred Gauthier, Calmbach, Allemagne, Prontor SLK Spezial
- Vitesses 1s à 1/500s plus pose B, minuterie et synchro flash; flash dédié Ikoblitz 4 Special sans fil ou flash Ikoblitz 4 Standard avec prise PC sur le dessus
- Poids nu 638gr
- Période de production de 1960 à 1964
Références
https://kameramuseum.de/objekte/zeiss-ikon-contessa-matic-e/, en allemand ; https://parlonsargentique.com/zeiss-ikon-contessa-matic-e-fiche-technique-avis/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11844.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Zeiss-Ikon-Contessamatic-E.htm, https://dekerampois.e-monsite.com/pages/appareils-photographiques/u-z/zeiss-ikon/contessa-matic-e/, https://www.mes-appareils-photos.fr/Zeiss-Ikon-Contessamatic-E-1.htm, en français ; https://bluemooncamera.com/museum/exhibit/268/zeiss-ikon-contessamatic-e, https://www.pacificrimcamera.com/pp/zicontessamatic.htm, https://www.pacificrimcamera.com/rl/00076/00076.pdf, en anglais

































































































































































































































