Argentique

Le Kodak Retina 1 type 149

Préambule.

Voici donc le second appareil acheté à ce collectionneur lors de la brocante au profit de l’Unicef, à Ath en ce début mars.

Celui-ci fonctionne bien mais il a vécu. Notez, il est apparu sur le marché en 1939, ça lui fait 86 ans.

J’ai déjà commis des articles sur le Kodak Retina, le Kodak Retina 2c et le Kodak Retina 3c : ceux-là possédaient un télémètre couplé et le dernier une cellule au sélénium. Celui-ci fait partie des premiers modèles. Plus de vingt ans séparent ces boitiers.

Un peu d’histoire.

Pour mémoire, Eastman Kodak en rachetant Nagel, crée Kodak Allemagne et les Retina sont dans les premiers appareils fabriqués. Le modèle Retina, avec bien évidemment de nombreuses évolutions, existera de 1934 à 1960.

Ce qui rend cet appareil célèbre, c’est que c’est avec cet appareil que Kodak a lancé sa fameuse bobine 135mm, celle que l’on utilise encore à l’heure actuelle si on est resté fidèle à l’argentique.

Ces appareils, destinés au grand public, contrastent fortement avec ce qui sera la production de masse des années ultérieures car ils sont fabriqués avec du matériel de qualité et parfaitement ajustés.

Présentation du Kodak Retina 1 type 149.

Ce modèle ne fut fabriqué qu’entre 1939 et 1940. Il est (quasi) identique au type 148, seule la garniture en cuir noir sur la plaque supérieure, sous le bouton de rembobinage, les différencie. Le type 148 avait un capot tout chromé. Autre détail, les bords de ce modèle étaient peints en noir alors qu’ils étaient polis pour le 148.

Celui fait partie d’une série rare de moins de 100 pièces parce que la plaque supérieure est en une pièce et la flèche du pointeur du compteur est en noir.

On estime que 17.500 boitiers ont été construits sur ce modèle type 149 en un an.

Le choix de l’objectif et de l’obturation sur ce modèle était limité à un Schneider-Kreuznach Xenar de 50mm ouvrant à f 3,5 – le choix aurait pu être pire, le Schneider-Kreuznach Xenar a une très bonne réputation – dans un obturateur Compur. Quoiqu’on ait relevé quelques modèles avec un Kodak-Anastigmat-Ectar 50mm ouvrant à f3,5, toujours avec le même obturateur Compur, mais moins performant.

Puisque je le cite, cet obturateur permet des vitesses de 1s à 1/300s plus une pause B, sans retardateur.

L’armement se fait en baisant le petit levier autour du bloc optique/obturateur et on déclenche soit avec le déclencheur sur le capot, le déclencheur sur le bloc ou avec une commande à fil, qui se visse à côté du déclencheur du dessus.

Attention, selon l’habitude, un mécanisme de protection contre la double exposition est bien présent. Donc, sans film à l’intérieur, impossible de déclencher si vous ne faites pas tourner la molette d’entrainement dans la chambre. A retenir, en cas de besoin …

Replié (les Allemands appellent ces appareils des Klapp) il est tout petit et se glisse dans n’importe quelle (grande) poche ou petit sac. Ouvert, il est un peu plus profond car la porte s’ouvre vers la droite et permet de faire sortir un court soufflet.

Si vous voulez le replier, vous devrez d’abord mettre la distance sur l’infini puis appuyer sur les deux boutons en saillie sur les ciseaux qui tiennent le soufflet bien rigide, puis appuyer doucement sur la porte et la rabattre jusqu’à fermeture complète.

Franchement, il est même plus petit que l’Agfa Super Solinette que je vous présentais il y a peu.

Il lui manque, par rapport à celle-ci, un télémètre mais il est parfait pour travailler en zone focus : vous pouvez pré déterminer la distance avec le bouton fixé sur la couronne des distances (roue crantée contre le bloc) et l’ouverture, grâce à la languette sous le bloc et vous aurez l’indication d’une profondeur de champ utile. Un astucieux tableau, malheureusement placé sous l’appareil, vous indique celle-ci.

Son utilisation, vous l’avez compris est simple : tout est manuel et peut se régler du bout des doigts.

Le compteur de vue doit être mis à zéro manuellement, en faisant tourner la plaque ronde munie de 2 petits ergots. Pour ouvrir le dos du Kodak, un simple levier sur la tranche gauche (vu de face) libère le verrou et ouvre la chambre, dans laquelle vous glisserez votre film. L’amorce se fixe sur la bobine à demeure, munie d’une longue fente pour recevoir l’amorce. Vous armez une ou deux fois, déclenchez, et vous voilà prêt à arpenter les rues.

Votre film est terminé ? Vous faites glissez le levier marqué des lettres R – A, placé sur le capot chromé, derrière et dessous le bouton d’avancement. En position R, le mécanisme est libre et vous rebobinez la pellicule avec le gros bouton de gauche (vue de dos).

Que penser de cet appareil ?

Outre son intérêt historique (le premier appareil a utiliser la bobine Kodak 135mm), c’est un Kodak extrêmement bien construit. Si ses propriétaires successifs en ont pris soin et que vous-même le dorlotiez, il vous rendra service encore longtemps.

La seule chose à craindre, comme pour l’Agfa Solinette, c’est le durcissement de la graisse verte initialement utilisée pour les engrenages. En l’occurrence, cet exemplaire a aussi eu droit à un petit traitement à l’essence à briquet pour débloquer le tout, puis je l’ai lubrifié avec de la graisse de silicone neutre. Il n’en faut pas beaucoup, elle se répand bien partout et assure un mouvement souple des rouages.

Finalement, seule son esthétique extérieure laisse un peu à désirer. Alors soit je le laisse dans son jus ou je lui redonne un lustre plus moderne. J’avoue que j’hésite encore …

Sinon, c’est un chouette petit appareil, vraiment sympa à emporter. La seule chose que je regrette, c’est l’ouverture de la porte, sur le côté plutôt que par dessous, qui assure une meilleure prise en main, à mon avis.

Au niveau prix, il faut compter, pour un exemplaire normal, entre 50 et 80€, selon l’état. Celui-ci étant un plus rare, il se négociera au-delà des 100€. Ces prix restent raisonnables pour un morceau d’histoire photographique que vous pourrez encore emporter partout.

Vidéos d’illustration.

Ce Kodak Retina 1 type 149 est le type classique, avec un viseur non attaché au bloc du déclencheur et le pointeur du compteur de vue est argenté.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Taille du film : 35 mm, avec bobine Kodak, devenue universelle
  • Obturateur : Compur avec pose B, de 1s – 1/300s, sans retardateur; filetage pour commande filaire
  • Lens : Schneider -Kreuznach Xenar 50 mm ouvrant de f 3,5 à f 16
  • Dates : 1939

Si vous deviez réparer le vôtre, c’est par ICI que ça se passe.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kodak_Retina, https://quirkyguywithacamera.blogspot.com/2016/03/diminutive-dapper-and-delightful-kodak.html, https://cameracollector.net/kodak-retina-i-010-149/, https://bvipirate.com/Kodak/Ret149-1.html, https://retinarescue.com/retina1type149.html en anglais ; https://mgroleau.com/photo/amerique/kodak/kodak_retina.html, https://mgroleau.com/photo/amerique/kodak/Kodak_retina_1_t149.html en français ; https://www.photo-foto.eu/kodak-ag-stuttgart/kodak-retina-i-typ-149/, https://kameramuseum.de/objekte/kodak-retina-i-typ-149/, https://kameramuseum.de/kodak-retina-papst-dr-david-l-jentz-von-der-hsrc-auf-forschungsbesuch-im-deutschen-kameramuseum/, https://www.photo-foto.eu/kodak-ag-stuttgart/kodak-retina-i-typ-149/ en allemand

Argentique

La Super Solinette d’Agfa (type 2035/230).

Préambule.

Les premières brocantes de l’année sont souvent les plus intéressantes car ceux qui ont accumulé ou qui ont hérité pendant la mauvaise saison vont enfin pouvoir se défaire de tous ces objets, vieux appareils incompris itou.

C’est ainsi que j’ai découvert quelques belles petites choses lors de la brocante de l’Unicef organisée à Ath, dans un grand hall couvert et chauffé – quoique ce jour-là, par extraordinaire, il faisait presque 20°C dehors, en plein début mars !

Ici, c’était un vieux monsieur, collectionneur dans l’âme, qui faisait un peu de place dans les 4 étages de sa maison, remplie de collections diverses, allant des appareils photos aux affiches et objets commémoratifs de l’Expo 58 de Bruxelles, en passant par les couvre-chefs de différents corps d’armée, la Poste, le rail, etc. Bref, une caverne d’Alibaba dans laquelle dormait quelques doublons.

C’est ainsi que j’ai acquis un Ihagee Exa dont je vais devoir chercher le numéro car la plaquette manque (voir l’article sur l’Exa 1a), un Kodak Retina 1, une chambre sur laquelle je reviendrai bientôt, un Pentax Spotmatic avec un incroyable système de reproduction de diapositives et cet Agfa Super Solinette.

Si j’ai pu les acheter à prix raisonnable c’est que comme tout bon doublon qui se respectent, ils présentaient de petit soucis, je pense assez facile à réparer.

Un peu d’histoire.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà commis un article sur l’Agfa Solinette II. Je vais vous faire grâce dès lors de toute l’histoire du modèle pour ne retenir ce qui nous intéresse sur celui-ci.

Juste revenir sur 2 points : la Solinette est un 24×36 tandis que l’Isolette est un 120. Si la forme change un peu, les mécanismes sont très, très proches. Ensuite, Agfa s’est associé, avant la seconde guerre mondiale avec la firme Ansco (USA) et donc cet appareil s’appelait aussi, outre Atlantique, le Ansco Super Regent (il y sera produit de 1954 à 1960).

Fabriqué de 1953 à 1957, la Super Solinette était le haut de gamme de la série. La première série est de type 2035 car l’obturateur Synchro Compur ne possède pas de retardateur (seulement noté X/M) tandis que la seconde série, de type 2035/230 verra gravée sur le fut du l’obturateur les lettres V (retardateur), M et X.

De fait, selon votre budget, vous pouviez acheter une Super Solinette avec une lentille Apotar (triplet) avec un obturateur Prontor ou Compur et le modèle que je vous présente.

Présentation de l’Agfa Super Solinette.

Comme je l’écrivais en préambule, cet appareil fut remplacé dans la collection du vendeur car il présentait un petit problème, fort commun aux Agfa et Kodak ancien : la graisse verte utilisée pour lubrifier le mécanisme de mise au point fige avec le temps.

Ici, j’ai eu de la chance, je pouvais faire tourner de deux crans la couronne de réglage, ce qui m’a permis de la débloquer avec … de l’essence à briquet !

Petite explication utile : j’ai fait couler, avec une aiguille fine, un peu d’essence dans le mécanisme, de l’extérieur vers l’intérieur. L’essence dissout très rapidement les graisses, sans laisser de traces. J’ai, entre chaque piqure, fait jouer le mécanisme – en gardant tout le temps l’appareil bien posé à l’horizontale – pour bien faire pénétrer l’essence. J’ai dû répéter plusieurs fois l’opération pour atteindre une fluidité normale mais ça m’a permis de ne pas devoir tout démonter. Les produits de type D40 sont moins efficace que l’essence à briquet, qui a aussi l’avantage de ne pas coûter une fortune.

Mais revenons au début : pour ouvrir l’abattant qui protège l’objectif, l’obturateur et le court soufflet, il suffit d’appuyer sur le petit bouton sur la tranche du capot, à gauche (en regardant dans le viseur).

Petit détail que j’aime beaucoup, l’abattant s’ouvre vers le bas, ce qui est toujours plus confortable que ceux qui s’ouvrent à droite ou à gauche, car on tient mieux l’appareil en le posant sur sa paume ouverte en dessous.

Pour le refermer, juste appuyer sur les deux parties en saillie striée de part et d’autre de l’objectif et pousser un peu sur l’abattant.

Passons à l’objectif, un Agfa Solinar ouvrant de f3,5 à f22, de type Tessar, Assez proche, au niveau qualité du Schneider Xénon. Associé au Synchro Compur, c’est une combinaison intéressante et performante.

L’obturateur est un classique mais un bon, simple d’utilisation : on arme avec une tirette sur le bord (sur la gauche) et on déclenche avec le … déclencheur.

Au fait, l’appareil est protégé contre les doubles expositions et donc, lorsqu’il n’y a pas de film dedans, impossible de déclencher l’appareil. Sauf si vous faites tourner à la main la roue d’entrainement du film.

Et même la protection est contournable si vous actionnez le déclencheur par la barrette, sous l’objectif, qui pousse sur la libération de l’obturateur.

L’ouverture se règle avec une tirette sur le pourtour du bloc objectif, de f3,5 à f22. Si vous placez le curseur sur le 8, vous aurez une échelle de profondeur de champ sur le pourtour du réglage de distance. Dans notre exemple, sur f8, vous serez net de 1m à 1,3m (entre les deux flèches noires).

Car si l’appareil est bien pourvu d’un télémètre couplé, rien ne vous empêche d’utiliser le zone focus, notamment en street, où on prépare souvent sa distance à l’avance.

Je reviens un instant sur le bloc obturateur, sur lequel vous pouvez faire glisser une tirette vert au dessus de 3 lettres : V = retardateur ; M = flash à ampoule ; X = flash électronique de l’époque. Le flash se branche sur une prise elle aussi sur le pourtour du Compur.

Tout en dessous, vous verrez une série de chiffres, en rouge, allant de 3 à 18. Un indicateur bouge sur ces chiffres quand vous manipulez la tirette d’ouvertures et celle des vitesses, que vous pouvez coupler. Si c’est le cas, vous utilisez le système dit EV, c’est-à-dire une combinaison de vitesse et d’ouverture en fonction d’un indice de luminescence, donné souvent avec les anciennes cellule à main. C’est un système souvent rencontré sur des appareils datant des années cinquante. On aime ou pas et ici on peut débrayer la chose.

Le chargement d’un film est un peu particulier. Vous ouvrez le dos, monté sur charnière, en tirant le verrou sur la tranche vers le bas. A l’intérieur de la chambre, une bobine attachée dans laquelle vous allez insérer le début de votre amorce et tourner la molette près du déclencheur d’environ un quart de tour, le temps de vérifier que la pellicule s’enroule bien sur la bobine (attention, vous aurez remarqué qu’il n’y a des dents sur l’axe de traction qu’en haut, il faut donc bien aligner le film).

Ceci fait, refermez le dos et mettez le compteur sur la lettre A en tournant la molette de bobinage/armement. Puis faite tourner la molette et déclenchez jusqu’à ce que vous arriviez au chiffre 1 : vous êtes prêt.

Pour faire avance le compteur, vous devrez faire glisser la flèche sous le viseur et appuyer sur le petit bouton sous le déclencheur.

Quand vous serez au bout de votre film, faites glisser le bouton avec la flèche, enfoncez le petit bouton sous le déclencheur et maintenez-le enfoncé en rembobinant avec la molette à gauche sur le capot.

La bonne prise en mains facilite le réglage de la distance car vous pouvez manipuler la roue crantée soit avec vos deux index, soit avec un (si l’hélicoïdal est bien lubrifié). Dans le viseur unique, vous verrez le patch clairement se positionner en fonction de la distance. C’est un télémètre à coïncidence d’image, classique. Le cadre n’est pas collimaté et il n’y a pas non plus de correction de la parallaxe, mais avec une mise au point à partir d’un mètre, ce n’est pas trop grave.

Que penser de cet appareil ?

Pour mémoire, mon ami Fred, d’Histoire de photos, a utilisé la Solinette 2 et voyez ICI et LA les résultats de ces pérégrinations dans le Vieux Lille.

Et celle-là n’était équipée que de l’Apotar, un 50mm f3,5 en triplet. Je vous laisse imaginer le résultat avec ce Solinar, proche de la formule Tessar.

Autre chose que notre ami Fred apprécie toujours beaucoup pour cet appareil : sa compacité. Une fois fermé, vous le glissez dans une poche sans problème, voire un petit sac si son poids tiraille trop votre veste. Envie de faire une photo, hop, on presse sur le petit bouton et l’objectif sort comme un beau diable de sa boite et vous êtes prêt à shooter. Magique !

D’autant qu’ici vous aurez en plus l’avantage du télémètre, que vous n’aviez pas sur la Solinette 2 ni même sur un Zeiss Ikon Nettar II 518/16, un Zeiss Ikon Ikonta M, un Zeiss Ikonta B 521/16, un Voigtländer Perkeo I, les plus proches en matière de compacité (ici ce sont des moyens format avec film 120 toutefois).

On n’y pense pas souvent, mais ces appareils sont abordables (bien que la Super Solinette coûte un peu plus, dans une fourchette de 30 à 80€ pour un exemplaire en excellent état avec sa gaine) et très facile d’emploi.

De plus, en rue, personne ne viendra vous embêter si vous faites une photo (tiens c’est quoi ce vieux truc ?) sauf si vous tombez sur une personne aimant ces anciens appareils, et vous êtes parti pour une papote.

Y-a-t-il un inconvénient à ce Super Solinette ?

Oui, sinon ce ne serait pas drôle … Question pratique, vous aurez remarqué qu’il n’y a pas d’œillets pour y fixer une sangle, car elle se trouve sur le sac tout prêt d’époque, qu’on ne trouve pas toujours avec l’appareil. Mais comme il se glisse dans une poche …

Ensuite, au moment d’un choix, vérifiez toujours l’état du soufflet : même court, il doit être étanche. Puis, faites surtout attention au réglage des distances car la couronne doit tourner au moins un peu pour pouvoir la réparer. Si elle est bloquée, ça va être difficile. Voilà, c’est tout, et c’est finalement peu.

Donc, je vous réécris ma petite phrase, soyez réaliste, faites vous plaisir !

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

  • Fabricant AGFA KAMERAWERK MUNICH
  • Modèle Super Solinette
  • Format de film 24 x 36 mm
  • Année de construction vers 1955
  • Objectif AGFA Solinar 50mm f 3,5 à f22 avec 4 éléments, monté sur rampe hélicoïdale
  • Obturateur Synchro Compur 1 ‘- 1/500s et B, plus retardateur 10sec (lettre V).
  • Télémètre couplé, mise au point de 1,0 m – infini
  • Griffe porte accessoire pour Flash et prise PC sur le pourtour de l’obturateur
  • Positions M (ampoules) et X (flash électronique) sur le Synchro Compur
  • Compteur de vue manuel
  • Protection contre la double exposition
  • Poids 530gr

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-20025-Agfa_Super%20Solinette.html, https://www.philcameras.be/agfa-general/ en français ; https://camerashiz.wordpress.com/ansco-super-regent/, https://retinarescue.com/supersolinette.html, https://elekm.net/pages/cameras/spotlight_supersolinette.htm, en anglais ; https://bleckedermoor.de/fotomuseum/agfa-susol.htm, https://kameramuseum.de/objekte/agfa-super-solinette/ en allemand

Argentique

Le Zeiss Ikon Contina Ia

Finalement, c’est une marque que j’aime bien, Zeiss Ikon. Ils ont essayé un peu de tout, du box au folding (pliant) en passant par les reflex et les « compacts » de l’époque.

Si vous vous êtes déjà promené sur le site, vous avez pu découvrir quelques unes de leurs réalisations, qui ont souvent un point commun : la qualité des assemblages.

Celui que nous allons découvrir aujourd’hui ne déroge pas à la règle : c’est du compact, c’est du solide, c’est du beau (même si cette dernière notion est toute subjective).

Et comme c’est une marque mythique, un peu d’histoire ne fera pas de tort pour comprendre cet appareil.

Cet boitier est né pendant la Seconde Guerre mondiale du cerveau fécond de Hubert Nerwin, le designer en chef de chez Zeiss Ikon depuis la fin des années trente.

On lui doit, par exemple, les modèles Contax II et III, le TLR Contaflex (bi-objectifs), le Tenax et l’Ikoflex.

Il réfléchissait à un appareil nouveau quoique encore basé sur un principe de « pliant » ou folding. Ses travaux vont permettre à Zeiss Ikon de redémarrer dans de bonnes conditions mais « à l’Ouest » (Stutgart), avec 3 fabuleux modèles : le Ikonta 35, qui sera rebaptisé Contina, ensuite le Contina II, doté d’un télémètre non couplé intégré, et le haut de gamme, le Contessa 35 avec télémètre couplé et posemètre au sélénium, non couplé.

Ironie de l’histoire, il ne verra pas tous ces appareils réalisés car il quittera l’Allemagne pour les USA où l’attendait une nouvelle carrière chez Graflex, puis chez Kodak. Mais il sera l’initiateur du changement.

Le premier modèle est donc l’Ikonta 35 522/24, selon la numérotation chère à Zeiss Ikon. C’est encore un appareil photo pliable mais avec un soufflet très court, comme les Kodak Retina par exemple.

Cet Ikonta 35 avait un objectif de 45mm au bout donc d’un soufflet court qui se déployait à l’ouverture de la porte de protection. Il bénéficiait de la prévention de la double exposition lorsque l’on arme l’appareil, le déclencheur était encore sur l’obturateur (un câble simplifiait le déclenchement) pour les premiers modèles et il n’avait pas de griffe porte-accessoires (ce sera chose faite pour les derniers modèles).

N’oublions pas, nous sommes au sortir de la guerre, les installations de production ont été fortement touchées et une partie de l’usine sera déplacée vers l’Est (partition de l’Allemagne). Dès lors, il y a des problèmes d’approvisionnement et de production, notamment du Tessar, l’objectif phare de la marque.

L’Ikonta 35, devenu Contina premier du nom, héritera alors d’un objectif qui n’est pas signé Zeiss Ikon mais bien Schneider.

Ce sera un Schneider Xenar avec un obturateur Compur Rapid ou Prontor. Plus tard, ce seront des objectifs Novar et un obturateur Pronto. Que voulez-vous, les temps sont durs … Quelques rares modèles plus tardifs seront équipé d’un Zeiss-Opton Tessar T (traité). Nos amis collectionneurs en salivent.

L’Ikonta 35 tire sa révérence en 1953, définitivement. Mais dès 1951 il est petit à petit remplacé par celui qui il s’appelle dorénavant Contina. C’est encore un appareil pliant, avec un soufflet très court et une porte qui bascule vers l’avant.

Enfin, en 1954, le Contina (522/24) devient un appareil « rigide » : il n’y a plus de soufflet mais bien un corps d’objectif fixe accolé à une platine liée au corps de l’appareil.

Quelques modifications mineures plus tard, nous arrivons en 1955 date de parution du Contina Ia (526/24), celui qui nous occupe aujourd’hui.

D’autres corrections esthétiques et techniques suivent pour qu’enfin, en 1955, il change sa face avant et la prise de synchro du flash quitte le fut d’objectif pour passer sur la plaque qui entoure cet objectif, un Novar qui deviendra plus tard un Novicar.

Ce Zeiss Ikon Contina Ia sera produit de 1954 à 1958.

Il est équipé d’un objectif de 45mm ouvrant à f3,5, un Novar-Anastigmat. Son obturateur est un Prontor SVS qui offre des vitesses de 1s à 1/300s plus une pose B. Il est équipé d’un retardateur et possède 3 positions M-X-V sur le côté, nous y reviendrons.

Dans la vaste gamme des appareils Zeiss Ikon de l’époque, ce Contina Ia est un appareil « populaire », destiné aux photographes amateurs et à prix abordable … pour un Zeiss Ikon.

Mais voyons ça de plus près.

L’appareil est dense (un peu plus de 500gr nu), compact et les commandes sont symétriques (ça c’est juste pour le plaisir des yeux). Tout est bien assemblé, les métaux ont résisté au temps, tout comme le simili-cuir, qui n’a pas bougé.

Sur le capot donc, à droite (vu en visant), la molette pour armer l’appareil et faire avancer le film. Cette manœuvre empêche aussi tout risque de double exposition, la hantise de l’époque. Dans le cercle de la molette, le compteur de vue, qui ne se remet pas à zéro lorsqu’on ouvre le dos de l’appareil. Il faut le remettre sur le chiffre quand on y met une nouvelle bobine. Au milieu toujours, le déclencheur fileté, doux et peu bruyant.

De l’autre côté, quasi identique, une autre molette qui servira à rembobiner le film en fin de course. En son centre, un mémo pour se souvenir de la sensibilité du film, s’il est en couleurs ou pas. Il fut déplacer trois minuscules plots sur les chiffres indiqués.

Au beau milieu du capot, le viseur qui, il faut bien l’avouer, est bien petit. Pourtant il est clair et donne tout le cadre de la prise de vue.

Comme cet appareil n’est pas muni d’un télémètre, on peut en fixer un sur la griffe porte-accessoires au dessus, ou plus simplement, travailler avec l’échelle de profondeur de champ gravée sur l’objectif. Nous y reviendrons.

Puisqu’on en est à la griffe porte-accessoires, elle sert aussi à y placer un flash. Elle est dite « froide », c’est-à-dire sans contact central pour une synchronisation. Le contact du flash, sur ce modèle, est encore un tube (3mm) placé sur le bloc objectif/obturateur.

Si vous vous en souvenez, il y a aussi 3 lettres V-X-M à côté de la prise. Le X, sans surprise est la synchronisation, au 1/25s. C’est sur cette lettre qu’il faut mettre le curseur pour les flashs électroniques et aussi les flashs avec lampes.

La position M est utilisée uniquement pour les flashs avec ampoules car elle permet de donner tout le temps nécessaire à l’éclair de l’ampoule (avec la synchro X, le flash ne se déclenche que lorsque l’obturateur est complètement ouvert) de se développer.

Extrait du mode d’emploi pour donner les valeurs selon les flashs utilisés.

Enfin la position V est celle du retardateur. Il faut d’abord armer l’obturateur puis glisser vers cette position pour bénéficier d’un délai de 8s lorsqu’on appuie sur le déclencheur.

Pour introduire un film dans la chambre, il faut faire glisser le verrou, sur la tranche gauche (vu de face) et le dos s’ouvre. L’amorce se glisse dans la bobine réceptrice. On arme une ou deux fois pour vérifier que le film est bien arrimé puis on referme le tout.

Armer et déclencher encore deux fois puis ne pas oublier de mettre le compteur de vue sur zéro. Lorsque le film sera terminé, pour le rembobiner il faudra appuyer sur le bouton sur la semelle et tourner la molette de gauche dans le sens indiqué par la flèche. Du classique finalement.

Vous voilà prêt pour vos premières photos.

Zeiss Ikon, depuis le temps qu’ils fabriquent des appareils photo, a compris que la hantise des amateurs est de rater ses photos par manque de netteté, due à une mauvaise estimation des distances ou une autre du temps d’ouverture.

Et donc, ils ont essayé de trouver des solutions, simples, pour rassurer les photographes et leur assurer les meilleures prises de vues possibles.

Les bagues des ouvertures et des distances sont accompagnées de repères. Bien crantées, elles restent en place une fois le réglage déterminé.

L’avantage de ces vielles optiques est qu’elles sont faites pour que la profondeur de champ soit parfaitement lisible.

Dans son mode d’emploi, Zeiss Ikon ajoute une table qui reprend ces distances. Je ne l’ai pas reprise ici car elle est exprimée en pieds alors que l’appareil de cet article est en mètres (plus facile pour nous).

Mais pour accélérer les réglages, Zeiss Ikon a aussi prévu ce qu’ils appellent « les points rouges ». Une (très) bonne idée reprise sur de nombreux appareils de la gamme et que d’autres constructeurs ont aussi utilisées (je ne sais pas qui a inventé ce système pratique).

La vitesse dépendra de la luminosité et de la sensibilité du film. Dans la plupart des cas, on sera entre 1/25s et 1/100s. La première vitesse nécessite soit un trépied soit un appuis solide pour éviter les flous de bouger.

Le mode d’emploi renvoie encore à une table, annotée à l’époque.

Vous constatez que les vitesses des films de l’époque n’étaient pas « rapides » : pour une prise de vue en extérieur sous le soleil, pour un film de 40 Asa l’ouverture sera de f8 pour une vitesse de 1/100s ; pour une prise de vue en extérieur sous ciel couvert, toujours pour un film de 40Asa , l’ouverture sera de f5,6 et la vitesse 1/50s.

N’oublions pas que l’obturateur ne nous donne que des vitesses entre 1s et 1/300s (plus la pose B). La latitude des films modernes risquent d’arriver vite aux limites de l’appareil. Optez pour des films plus lents car du soleil, il y en avait aussi dans les années cinquante, de la pluie, de la neige et des nuages et les photographes de l’époque s’en sortaient bien !

Vous verrez dans les photos que je n’ai pas ouvert l’appareil pour vous montrer la chambre (qui est sans surprise) mais en voulant le faire, j’ai découvert qu’il y avait un film dans ce Contina et que seules 5 photos avaient été prises. Qui seront gâchées par mon imprudence mais il me restera quelques images à prendre avec ce boitier (je m’aime pas gaspiller la marchandise !).

Ceci étant, j’aime bien cet appareil. Le tenir en mains est « rassurant » au sens où on sait ce que l’on a entre les doigts. Et puis la qualité de fabrication fait regretter tous les appareils qui viendront plus tard, en plastique !

Un mot encore sur le « sac tout prêt » qui accompagne ce Zeiss Contina Ia : tout en cuir, il est malheureusement déchiré à la jointure (le cuir est solide mais pas éternellement). Je vais demander au cordonnier le prix d’une réparation, si elle se justifie.

Car cet appareil n’est pas vraiment rare – rappelez-vous, c’était le modèle le plus abordable et donc le plus produit – et sa valeur ne dépasse pas les 80€ en très bon état (ce qui est le cas de cet exemplaire).        

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Contina, https://retinarescue.com/contina1a.html, https://filmandsensor.com/i-bought-a-zeiss-ikon-contina-1a/, http://camera-wiki.org/wiki/Zeiss_Ikon, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-6696-Zeiss%20Ikon_Contina%20Ia.html, http://www.appaphot.be/fr/brands/zeiss-ikon/zeiss-ikon-contina-ia-52624/, http://glangl1.free.fr/Liste-Zeiss.html en français

Argentique

L’Agfa Optima Ia et son flash Agfa Tully

Comme d’habitude, j’ai trouvé cet appareil sur une brocante.

Souvent j’évite ce type de boitier, car il y en a plein sur les brocante et les vides-greniers, et j’avais l’impression qu’ils n’étaient pas très excitant. Je mets dans la même bain les Dacora Dignette, les Balda, les Bilora Bella et compagnie.

Mais comme vous allez le découvrir avec moi, c’est parfois une erreur, car sous des dehors simplistes, cet appareil est une petite révolution en soi.

Plantons le décor, ce sera plus simple pour comprendre.

Agfa utilise le nom Optima, dans les années trente, pour désigner un film au format propriétaire avec un négatif mesurant 7,5 x 10,5cm. Ce film permettait 8 poses mais vous ne pouviez l’utiliser que dans des appareils prévus pour son usage, comme l’Agfa Billy Optima et ses déclinaisons.

Trop particulier, pas assez « universel », ce fut un fiasco. Pourtant, au tournant des années cinquante, Agfa ressort le nom pour des appareils qui utilisent dorénavant du film 135mm (24×36).

Notamment l’Optima 1, un appareil bien construit et innovant. De fait, la gamme Agfa Optima débute en 1959 et perdurera environ 20 ans. Il y aura plus ou moins quarante modèles différents, répartis en 4 séries.

Source : Collection-appareils

A la suite des Optima I, II et III et les variantes, en 1964 une nouvelle série apparaît, avec un design très inspiré du Silette Record de 1963. Ensuite, en 1966 c’est les Optima Rapid qui utilisent la pellicule Agfa Rapid (tiens, ils refont la même erreur avec une pellicule trop particulière).

En 1969, apparaissent les Agfa Optima Sensor, ceux avec le gros bouton orange au toucher si particulier. Ils seront suivi en 1976 par les Agfa Optima Electronic Sensor, sans oublier un passage par le format 110 avec les Optima Pocket 5000 et 6000 (1974).

La série des Optima est un succès commercial (sauf les Rapid mais on sait pourquoi). Par exemple, la série des Optima I, II, III et IIIs s’est vendue à plus d’un million d’exemplaires en trois ans. Et ce n’était que le début de l’aventure Optima !

Pourquoi ce succès ? Tout simplement parce que les Optima ont été parmi les tous premiers appareils au monde à proposer un contrôle automatique de l’exposition, ce qui simplifiait la vie des photographes amateurs.

L’appareil qui nous intéresse aujourd’hui, l’Optima Ia est le successeur de l’Optima I, qui offrait le réglage de la vitesse en fonction de la sensibilité du film choisi.

L’Optima Ia va plus loin : il est équipé du contrôle automatique de l’exposition.

Introduit sur le marché en 1962 (décidément une bonne année), l’Agfa Optima 1a, encore appelé Agfamatic de l’autre côté de l’Atlantique, a été l’un des premiers appareils photo argentiques 35 mm à mise au point entièrement automatique.

L’appareil utilise une cellule au sélénium qui génère un courant électrique, activé par la lumière, tant pour mesurer le niveau de celle-ci que pour fournir l’énergie nécessaire au réglage automatique de l’ouverture et de la vitesse.

La cellule en nid d’abeille

Voyons ça de plus près …

Ce qui frappe au premier regard, c’est la cellule en nid d’abeille. Elle n’est pas protégée par un clapet. Il est donc fortement conseillé de garder l’appareil dans son « sac tout prêt » pour éviter qu’elle ne s’épuise trop vite.

La partie électrique d’un tel posemètre est un instrument de mesure électromagnétique connecté à l’anode et à la cathode d’une cellule photoélectrique au sélénium qui produit plus ou moins d’énergie électrique lorsqu’elle est exposée à plus ou moins de lumière. Elle n’a pas besoin de pile pour fonctionner mais le système s’épuise avec le temps et le meilleur moyen de le protéger est de garder l’appareil dans le noir s’il n’est pas utilisé.

Ensuite, le déclencheur, en façade : un levier sur lequel il faut appuyer pour déclencher. On s’y habitue rapidement.

Puis le viseur, lumineux, avec des marques pour le cadre et pour la correction de la parallaxe, ainsi que des signaux rouges ou verts qui indiquent si l’exposition est correcte.

Reprenons depuis le début, pour ceux qui découvrent cet appareil.

Le design de l’Optima 1a a changé : le levier d’armement est maintenant sur le dessus, les matériaux utilisés sont plus « économiques » car on remplace le métal par du plastique quand c’est possible. Si l’ensemble reste agréable à l’œil et semble qualitatif, nous ne sommes plus dans les standard des premiers appareils.

L’objectif est un Agfa Color Agnar de 45mm ouvrant à f2,8, traité pour la correction des couleurs et pour lutter contre les reflets. Les auteurs que j’ai pu consulter sont assez unanimes sur la qualité de ce dernier.

On règle la distance avec une bague sur le fut, qui porte des symboles pour simplifier le choix des distances (portrait, groupe, paysage) tandis que la seconde bague règle l’ouverture. Une échelle de réglages des vitesses propose le mode A pour automatique, B pour la pose B (pose longue) et la vitesse synchronisée au 1/30s du flash On peut bien sur débrayer l’automatisme et utiliser les vitesses classiques.

La mise au point minimale est de 1 mètre.

L’obturateur donne les vitesses de 1/30s jusqu’au 1/200s et il fonctionne donc automatiquement lorsque vous appuyez sur le déclencheur. En effet, lorsque l’on est à mi-course sur le déclencheur, un système mécanique règle la valeur d’ouverture et la vitesse correcte à partir de la partie électromécanique du posemètre. Dès lors, un signal rouge apparait dans le viseur si la lumière est insuffisante, ou vert si la combinaison ouverture/vitesse est bonne.

La sensibilité de la cellule est réglable de 10Asa jusque 200Asa. Comme c’est un appareil allemand, vous avez aussi la correspondance en DIN. Il faut une pièce de monnaie pour faire tourner le bouton de réglage.

Pour ouvrir l’appareil, il faut retourner le boitier pour actionner le gros verrou qui libère tout le dos, ce qui facilite la mise en place du film dans la chambre. Les rainures du boitier sont profondes et bien usinées, ce qui devrait assurer une très bonne étanchéité à la lumière. Ne pas oublier de refermer le verrou une fois le film en place.

Petite particularité, le compteur de vue est sur le côté de l’appareil (compacité oblige). Comme il ne se remet pas à zéro automatiquement, vous devrez faire tourner les chiffres du nombre de vue de votre film. C’est un compteur qui « décompte » les photos prises ensuite (vous verrez cela en détail sur la video plus bas).

Sur le capot, une griffe flash qui accepte les flashs électroniques ou ceux à lampe, comme le Tully qui accompagnait cet exemplaire.

C’est un flash assez sophistiqué pour l’époque mais malheureusement inutilisable de nos jours car il fallait y placer une pile au mercure de 15v. Il n’y a pas de correspondance en pile actuelle.

Pour passer en mode flash, il faut tourner la bague sur le fut de l’objectif sur le symbole classique d’un éclair. Dès lors, le boitier passe automatiquement sur le 1/30s, quel que soit le réglage choisi pour l’ouverture.

Si vous tournez la même bague dans l’autre sens, vous vous mettrez sur le mode Bulb, celui des expositions de longue durée. Pour autant que l’appareil soit alors solidement fixé pour éviter les flous de bougé.

Notons que si le déclencheur est en façade, sur le capot il y a une prise filetée pour y fixer un câble de déclenchement, utile surtout pour les poses B.

Vous conviendrez que cet appareil, si simple en apparence, peut apporter beaucoup aux photographes amateurs de l’époque et … de nos jours.

C’est étonnant de trouver dans cet appareil un système qui était vraiment novateur pour l’époque et répondait aux mêmes impératifs que le grand concurrent de l’époque, Kodak : proposer au plus grand nombre un appareil simple, efficace, abordable et de qualité.

Pari tenu pour cet Optima Ia et les suivants ensuite.

Dès lors, je regarde de manière différente ces appareils que, comme je l’écrivais en préambule, autrefois je délaissais.

Au niveau prix, ils restent abordables car ils ont été produit en grande quantité. Comptez environ 40€ maximum pour un très bel exemplaire avec son « sac tout prêt » et fonctionnel. Et paradoxe de notre époque, il est au même prix que les Voigtländer ou Zeiss Ikon autrefois bien plus onéreux.

De quoi photographier différemment avec un appareil qui sort du lot. Il faut oser sortir des sentiers battus.

Petites videos d’illustration :

Des exemples de photographies prises avec cet appareil, LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Pour la liste exhaustive des appareils Agfa Optima, c’est encore LA-BAS.

Des références : https://www.philcameras.be/agfa-optima/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-667-Agfa_Optima%20Ia.html, en français ; https://en.wikipedia.org/wiki/Agfa_Optima_1a, https://blia-gear.blogspot.com/2012/12/agfa-optima-1a.html, http://camera-wiki.org/wiki/Optima, https://collectiblend.com/Cameras/AGFA/Optima-IA.html, https://collection.guyjbrown.com/blog/agfa-optima-ia-camera/ en anglais ; https://web.archive.org/web/20191206224430/http://www.ukcamera.com/classic_cameras/agfa3.htm, https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/optima/optima-ia/ en allemand

Argentique

Le Skylark Mansfield

Un petit appareil singulier que celui-ci. Déjà, j’ai dû batailler ferme pour faire baisser son prix, irréaliste, proposé par un vide-grenier qui, comme souvent, ne savait pas ce qu’il vendait mais le vendait … cher !

Nous étions sur une des dernières brocantes de l’année sans doute, à Forest, sous le soleil inhabituel de ce mois d’octobre 2023 (27°C à l’ombre et il y avait peu d’ombre).

Il n’est pas de toute jeunesse et il a un peu souffert mais j’aime bien sa « bouille » sympathique et, surtout, je n’en ai jamais vu auparavant.

J’ai donc deux noms indiqués sur l’appareil et un sigle stylisé : Mansfield sur la face avant, tout comme le sigle(un « M ») et Skylark sur le capot supérieur.

Premier indice déroutant, il est noté « made in Japan » sur la semelle.

Après quelques recherches sur la Grande Toile, il apparait que Mansfields soit américain et l’appareil lui est japonais.

  1. Un peu d’histoire.

J’explique : Mansfield Industries est une société qui était établie à Chicago. Elle distribuait des appareils photos sur lesquels elle re badgeait son nom, comme d’autres le faisaient (Revue en Allemagne, Hanimex en Australie, p. ex.). Cette activité s’est étendue de 1950 à la moitié des années soixante.

Voilà pour le côté américain du nom et du sigle.

Se seraient-ils inspiré de la Buick Skylark pour le nom, elle aussi sortie en 1961 ?

Buick Special, re nommée Skylark pour le haut de gamme, animée par un V8 compact

Ne nous égarons pas ! L’appareil est bien japonais, fabriqué par Yamato Optical Company sous le nom de Yamato Palmat Automatic. Lancé en 1961, c’est le seul appareil noté Skylark et Mansfield.

De fait, quatre appareils ont été baptisés Skylark par Mansfield : un appareil Argon qui était lui-même la version destinée à l’exportation du Windsor 35 produit par Toko Photographic Works (1957). Un télémétrique avec un objectif de 45mm ouvrant à f1,9 avec une pause B et des vitesses de 1s à 1/500s

Puis un Royal 35M, fabriqué par la Royal Camera Company, renommé Mansfield Skylark E, lui aussi de 1957. Toujours un télémétrique mais couplé, ici avec un objectif Tominar de 45mm ouvrant à f1,9 et des vitesses de 1s à 1/500S plus pause B et déjà une cellule au sélénium non couplée.

Ensuite, toujours la même année, un autre Royal, le 35P, devient le Skylark V. Ici c’est un « point and shot » très mince avec un objectif Cimenar de 45mm ouvrant à f1,9 et des vitesses de 1s à 1/300s avec pause B.

2. Présentation.

Enfin, en 1961, celui qui nous préoccupe, un Palmat Automatic légèrement modifié. C’est un « point and shot » avec un objectif Mantar ou Luminor Anastimag de 40mm qui semble ouvrir à f4 (mais certains auteurs pensent à un triplet ouvrant à f2,8), avec des vitesses de 1/10s à 1/200S et une pause B.

Mais sa particularité est de posséder une cellule au sélénium couplée (pas besoin de batterie donc). Toutefois, il perd le télémètre.

Seconde particularité (et je n’ai jamais vu ça ailleurs), sur le fut de l’objectif il y a 5 chiffres (de 2 à 6) et la lettre B gravés.

De fait, il faut se reporter au dos de l’appareil pour trouver un tableau qui reprend ces 5 chiffres en fonction de la vitesse du film que vous allez utiliser. Celle-ci est exprimée en ASA/DIN. Le chiffre retenu règle la sensibilité du posemètre.

Mais il y a encore un second réglage, situé en dessous de l’objectif, avec 3 lettres A – B – C et AUTO. En plein jour, positionné sur «Auto», l’ouverture est réglée automatiquement par un mécanisme d’aiguille piégée entraîné par le posemètre. C’est le principe utilisé par l’Olympus Trip 35 ou le Paxina Electromatic. Je vous renvoie aux références en bas d’article sur ce principe.

Il vous suffit alors de viser et déclencher, l’appareil règle l’ouverture. Si le signal vert apparait dans le viseur, c’est qu’il y a assez de lumière pour prendre la photo, sinon il faut monter un flash.

En cas d’utilisation dudit flash, il faut se reporter au guide noté dans le mode d’emploi et mettre le curseur sur « Auto » tandis que le guide sur le fut de l’objectif doit être positionné sur 2.

En fin de film, vous devrez appuyer sur le bouton de remise à zéro du compteur pour pouvoir rembobiner la pellicule dans sa bobine.

Le compteur et le bouton pour le rembobinage.

Le viseur, large et clair (il me fait penser aux viseurs des Voigtländer Vito) est seulement marqué d’un cadre lumineux, avec correction de la parallaxe pour les prises de vue rapprochées.

Un petit « mécanisme » ingénieux indique si la lumière est suffisante pour prendre la photo : un dispositif périscopique filtre en vert la lumière ambiante. Si celle-ci est suffisante pour activer le posemètre, elle apparaît dans le viseur telle une diode alors que ce n’est que la lumière réfléchie.

Le déclencheur, à droite en façade, est comme un curseur qu’il faut descendre pour actionner le déclenchement.

Pour charger l’appareil, il faut tourner une clé, en dessous (position L = lock ou O = open) et c’est tout le dos qui glisse vers le bas. La bobine réceptrice n’a qu’une « feuille » sertie dessus, dans laquelle il faut glisser l’amorce du film. Pas très rapide comme système (et je comprends la hantise de certains amateurs de l’époque dès lors).

Les rails dans lesquels coulissent le dos sont profonds, ce qui assure une bonne étanchéité à la lumière. Toute la chambre est floquée en noir, pour éviter tous rebonds de lumière éventuelle.

Petit détail, en dessous de l’appareil, deux ronds soudés (dont un contient le pas de vis pour trépieds) sur la semelle assurent que celui-ci tient bien « debout ».

3. Conclusion.

C’est un petit appareil qu’on assure bien en mains, malgré sa petite taille. Même si le déclencheur est à une place peu confortable (j’ai souvent tâtonné pour déclencher), c’est une petite machine à photographier qui semble avoir été bien pensée.

Il est assez rare et donc son prix aura tendance à prendre de la hauteur, surtout pour un exemplaire en très bon état. Le mien vaut 50€. Juste à vérifier que la cellule fonctionne toujours. Pour la protéger et sauvegarder son utilisation, pensez à glisser l’appareil dans une pochette.

Si vous en trouvez un, faites-vous plaisir, prenez-le, il en vaut la peine.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Mansfield_Skylark, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1382.html, https://pbase.com/cameras/mansfield/skylark en français; https://camerapedia.fandom.com/wiki/Mansfield_Skylark, https://collectiblend.com/Cameras/Mansfield/Skylark.html, http://tazmpictures.com/site/?p=3846, https://fr.wikipedia.org/wiki/Buick_Special, http://camera-wiki.org/wiki/Trapped_needle, en anglais.

Argentique

Le Zeiss Ikon Ikonta 522/24, suite.

Je ne pouvais décemment laisser ce petit appareil sympa dans le triste état où il était.

Dans l’article précédent, je vous avais écris que j’allais tenter de lui redonner un peu de son lustre d’antan …

Ici, il y a deux écoles : celle qui veut faire plus neuf que neuf à l’époque de la sortie de l’objet, et celle qui accepte quelques défauts, témoin de la vie dudit objet mais qui résout les gros dégâts. J’ai choisi la seconde, vous vous en doutez, elle préserve le côté « vintage assumé » de l’appareil.

Alors, au petit jeu du avant/après, voici quelques photos sur les travaux entrepris :

En un peu moins de deux heures de travail, ce petit Ikonta 522/24 a quand même meilleure figure. Le nettoyage complet de la gaine à aussi redonné du tonus aux ressorts qui maintiennent la gaine en place.

Je n’ai pas encore trouvé la vis/le boulon qui me permettra de fermer la pièce fixe à gauche sur l’image, mais je suis patient … De toute manière, cela ne génère pas d’entrée de lumière dans la chambre.

Ah oui, en parlant de la chambre (mais je n’ai pas fait de photos, désolé), j’ai placé une mousse, coupée à 2mmx2mm dans les rails de la porte arrière, sur les endroits de fermeture avant et arrière (mousse de 5mmx1mm) afin d’étanchéifier complètement celle-ci car j’avais constaté un peu de jeu à la fermeture, dû sans doute à l’âge.

Il est prêt pour de nouvelles aventures …

Argentique

Le Zeiss Ikon Ikonta 522/24

Un premier mai ensoleillé (du moins au matin) et une grande brocante à Namur.

Il est tôt (6h45) et nous déambulons entre les brocanteurs. Si certains s’installent encore, d’autres ont déjà leur stand tout prêt.

En voici un, avec une petite caisse contenant quelques appareils et des accessoires anciens de photographie.

Je déniche successivement un Yashica MF2 qui parait neuf dans sa trousse, un Olympus OM 10 sans objectif mais avec sa demi gaine en cuir et ce petit Zeiss Ikon Ikonta qui a dû connaître des jours meilleurs.

Petite parlotte avec le vendeur pour apprendre que ces appareils appartenaient à son grand-père. Comme il vide la maison et qu’il n’est pas fan de photographie, il vend … et je lui achète les trois appareils.

Pourquoi ces trois là ? Le Yashica parce que j’ai déjà le 35 MF, l’Olympus OM10 parce que j’ai commencé avec l’OM-1 et que c’était une occasion de reparler de la marque, que j’ai peu analysée en fait, et ce petit bijou de Zeiss Ikon Ikonta parce que j’aime bien ces appareils petits, denses, concentrés de technicité de leur époque et savoureux à utiliser.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà présenté un autre petit machin dans ce style, le Weltix de chez Welta. Celui-là datait de 1939, celui-ci de 1948 et sera produit jusqu’en mai 1953, en tout cas sous la marque Ikonta mais il s’appellera aussi Contina 1.

Manifestement, la marque Zeiss Ikon Ikonta sera réservée à l’exportation.

Petite parenthèse, au sujet du Weltix : j’ai eu la chance de pouvoir le confier à Fred, d’Histoire de Photos et vous pouvez en découvrir les photos ICI. Ce sera un comparatif intéressant à faire.

Outre cela, profitez-en pour découvrir les photos de Fred en argentique, ça donne des idées tant des lieux, que de l’utilisation des films, que de celle de vieux appareils.

Donc, voici le Zeiss Ikon Ikonta 522/24 ou Zeiss Ikon Ikonta 35 ou Contina 1.

Cet appareil a été développé par Hubert Nerwin – ingénieur chez Zeiss Ikon et concepteur, par exemple, du Contax II – au début de la seconde guerre mondiale. Les travaux furent ralentis, vous vous en doutez, mais ils aboutiront au premier nouveau produit de la marque juste au sortir de cette période noire, en 1948.

C’était un petit appareil pliant, avec un objectif de 45mm au bout d’un soufflet court, pour trancher avec les productions d’avant guerre. Il portait le nom de Zeiss Ikon Ikonta 35 522/24 (ouf !).

Les toutes premières versions ne possédaient pas encore la griffe porte-accessoires et le déclencheur, à câble, était directement fixé sur l’obturateur.

Néanmoins – une obsession je pense – ils avaient introduit la prévention contre la double exposition, cette fois en armant l’obturateur avec les pignons d’entrainement du film.

Petite remarque en passant, sans film, ou sans ouvrir la chambre pour mobiliser les pignons à la main, impossible de déclencher.

Sur les derniers modèles, il y aura donc une griffe « froide » au milieu du capot et le pas de vis pour un déclencheur à câble sera sur le côté opposé au déclencheur, comme sur cet exemplaire.

La guerre n’avait pas épargné les installations de la marque et, surtout aussi, par le fait que ce qui restait fut déplacé vers l’Allemagne de l’Est.

Résultat ? Les premiers appareils sont rarement équipés de Tessar chers à la marque mais plutôt de Schneider Xenar dans un obturateur Compur ou Prontor.

Amis collectionneurs, voilà un beau challenge que d’en trouver ainsi équipé du rare Tessar !

Plus tard, ils seront équipés de Novar (des triplets) ouvrant à f3,5, avec des obturateurs Prontor et sur les fins, quelques uns auront à nouveau le privilège de recevoir un Zeiss Opton Tessar T (la totale car en plus il ouvrait à f2,8) et quelques Xenar de chez Schneider (toujours à f2,8) accolé à un obturateur Synchro-Compur (qui montait au 1/500s).

Ecrivons-le tout de suite, c’est un appareil d’après-guerre et tout n’est pas parfait : ainsi il n’y a pas de télémètre couplé comme les concurrents de l’époque (voir le Kodak Retina IIc ou IIIc, la Super Solinette d’Agfa); le déclencheur n’est pas sur le capot de l’appareil mais sur le devant et il faut armer l’obturateur avant le déclenchement.

Mais qu’est-ce qu’il est bien fichu !

Petit, relativement léger (450gr tout nu), vous pouvez réellement le mettre dans une poche.

De plus, sa porte s’ouvre vers l’avant, ce qui compense un peu le fait de devoir appuyer sur le déclencheur devant (qui pourrait faire basculer l’appareil à la prise de vue). Elle permet un meilleur calage du boitier dans la main gauche.

Et puis il y a ces petits détails qui en font un grand appareil, comme cet étui en cuir qui s’accroche sur le cadre du boitier par un jeu de ressort (c’est lui qui a les sangles de portage) et la roue qui permet de faire avancer le film est munie de deux pointeaux qui viennent s’encastrer dans celle du boitier.

L’ajustement des pièces est excellente.

Il reste quand même quelques anachronismes comme le compteur de vue en dessous, qu’il fut régler à la main – mais bon, la place était comptée – ou ce déclencheur un peu étrange.

Pour le reste, c’est du Zeiss Ikon. Un objectif monté sur un soufflet court au creux d’un obturateur Prontor-S. Les commandes sont bien ajustées et tout se déplace encore correctement près de 80 ans plus tard.

Sur la face avant, le réglage de la distance avec une échelle de profondeur de champ, derrière. Notons la distance de mise au pont minimum, fixée à 80cm. Le levier d’armement juste derrière et en dessous, le réglage pour la prise synchro du flash (F ou M). La prise PC se trouve elle par dessus. Enfin, l’ouverture se règle avec la dernière réglette, contre la platine. On y arrive même avec des doigts d’adulte.

Le viseur, paradoxalement, est relativement large et clair mais ne contient aucune indication (pas de cadre, ni correction de parallaxe).

Cet exemplaire a souffert (il manque une vis sur le dessus, qui ne prête pas à conséquence), la couleur s’écaille, le cuir s’effiloche, le verrou de dos est un peu dur, comme ceux du sac tout prêt, mais un bon nettoyage devrait venir à bout de ces détails.

Finalement, cet appareil est un peu plus gros qu’un Minox EL, par exemple, mais ici au moins je n’ai pas besoin de mes lunettes pour effectuer les réglages, et il n’y a pas de plastique (ni d’électronique qui pourrait être capricieuse) !

Point de vue encombrement, il se dispute la place avec le Weltix, tout en étant plus perfectionné et performant, et la Solinette, plus basique.

Je sens que je vais essayer de lui redonner un peu du lustre de ses débuts car il le mérite bien.

Petit résumé en image :

A la question traditionnelle, cet appareil a-t-il un intérêt, je réponds oui, sans hésiter.

Discret, y compris lorsqu’il déclenche, si vous le réglez en zone focus, en photo de rue, il est redoutable. Voyez ICI quelques résultats.

Reste la question du prix et de la chance d’en trouver un : les exemplaires équipés du Tessar ou du Xenar ouvrant à f2,8, avec le Synchro-Compur de course (1/500s) seront les plus rares et les plus chers (environ 200€) tandis que les modèles plus simples se négocient autour des 60€ et sont un peu plus courants, même si je vous avoue que c’est la première fois que j’en voyais un.

Un petit appareil sympa, à essayer pour le plaisir de photographier différemment.

Des publicités d’époque (merci Collection-appareils)

Porst, 1948
Photo-Hall, 1950
Zeiss Ikon, 1951. Exemple de texte publicitaire de la marque : « Toujours prêt à fonctionner immédiatement, toujours avec un plein succès, le Contina 24 x 36 représente l’appareil Idéal pour les instantanés rapides en noir et blanc aussi bien qu’en couleurs. Si l’on met au point par exemple sur 5 mètres, en ouvrant le diaphragme à 8, tout est net de 2,50 à 25 mètres, ce qui offre un champ suffisant pour les clichés instantanés à prendre pour ainsi dire par surprise. Ce sont d’ailleurs toujours ceux-là qui sont les plus nets. Les dispositifs dont est équipé cet appareil affranchissent l’amateur de tout souci : verrouillage contre les doubles expositions et l’enroulement prématuré du film, mise au point sur repères rouges, armement sur le boîtier facilitant la prise des clichés successifs, et possibilité de contrôler tous les réglages, d’en haut, d’un seul coup d’œil. L’échelle de profondeur de champ est elle aussi prévue. Les objectifs à excellente correction chromatique (point essentiel pour les clichés en couleurs) sont traités par revêtement anti-réfléchissant. Les obturateurs (de 1 à 1/300ème de seconde à 1/500ème de seconde sur Synchro-Compur) comportent un contact-éclair synchrone.
Que l’on travaille hâtivement ou avec circonspection, en noir et blanc ou en couleurs, le Contina petit format se prête à toutes les exigences.
On n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Petites videos d’illustration

Des références : https://bluemooncamera.com/museum/exhibit/70/zeiss-ikon-ikonta-522-24, https://www.35mmc.com/06/08/2018/5-frames-zeiss-ikonta-b-522-24/, https://www.mikeeckman.com/photovintage/vintagecameras/ikonta35/index.html, en anglais; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12040-Zeiss%20Ikon_Ikonta.html, http://www.appaphot.be/fr/brands/zeiss-ikon/zeiss-ikon-ikonta-35-52224/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=13102, en français

Argentique

L’Agfa Solinette II

Après le Kodak Retina IIc, le Weltix (plus ancien, 1939) qui utilisaient du film 24×36, j’ai eu envie de retrouver quelques formats en 120 et 6×6, comme le Zeiss Ikon Ikonta M ou l’Agfa Isolette.

Et puis, par hasard, j’ai trouvé ce petit Agfa Solinette II, qui revient au 135 sous des dehors de 120.

Instantanément, on revient aux années cinquante … soit septante ans en arrière (soixante-dix outre Quiévrain).

Cet appareil fut fabriqué ente 1952 et 1955. Il va s’en dire que la mode des pliants commençaient à s’essouffler, les télémétriques prenaient le pas, les TRL (double objectifs type Rolleiflex et consorts) n’avaient pas dit leur dernier mot et les reflex pointaient le bout de leurs objectifs … interchangeables !

Agfa ne s’est pas trop casé la tête pour trouver une source d’inspiration, il est dans le style du moyen format Agfa Isolette.

Même abattant qui s’ouvre vers le bas, même viseur placé au centre, les deux mêmes boutons au dessus (un pour ouvrir l’appareil, l’autre comme déclencheur), même corps en tôles embouties, etc. mais le tout réduit à la taille du film 135mm.

Il lorgne clairement vers le Retina de Kodak avec, pour mon impression personnelle, l’avantage de cette porte qui s’ouvre vers le bas, contrairement au Kodak, qui s’ouvre vers la droite. Mais c’est très subjectif …

Deux appareils sortiront sous la dénomination Solinette : la première et la Solinette II, et cette dernière est beaucoup plus courante. Aux États-Unis, elle sera vendu sous la marque Ansco et appelée Ansco Regent.

Pas de révolution ici, mais du « bien fait », robuste et simple, sans fioritures superflues, rien que du nécessaire pour l’époque : armement manuel de l’obturateur et déclencheur sur le capot, verrouillage pour prévenir la double exposition, obturateur synchronisé pour le flash avec prise PC et griffe froide/porte-accessoires sur le dessus du boitier.

Dès que l’abattant s’ouvre, l’ensemble obturateur/objectif se met en place et se verrouille grâce à des solides charnières, bien rigides. Pour refermer, il faut appuyer en même temps sur les deux genouillères, sans devoir ici mettre l’objectif sur une position quelconque (contrairement au Retina où il faut se mettre sur l’infini avant de fermer le soufflet).

Pas télémètre ici, même non couplé, juste un viseur un peu étriqué mais qui rempli son rôle. Cet accessoire sera réservé à la Super Solinette.

Comme pour ses concurrents et dans la gamme même des pliants Agfa, il existait plusieurs variantes d’objectifs et d’obturateurs, comme indiqué dans le tableau ci-dessous :

Solinette II SolinarSolinar f/3.5/50mmSynchro-Compur
Solinette II Prontor SVSSolinar f/3.5/50mmProntor-SVS
Solinette II ApotarApotar f/3.5/50mmProntor SV
L’Apotar est un triplet, le Solinar comporte 4 éléments

Les combinaisons des uns et des autres influaient directement sur les prix de vente et pour vous, sur le prix d’achat si vous en trouvez en brocante, vide-grenier ou autre.

Celui que je vous soumets est équipé d’un Prontor SV et d’un Apotar 50mm ouvrant à f3,5. C’est celui le plus abordable et le plus courant.

Pour en terminer avec la lignée et avant d’en venir aux choses sérieuses (comment ça marche ?), juste écrire encore que la Silette fera suite à la Solinette, même si les deux appareils seront vendus ensemble un moment. Suite au restylage de la Silette, en 1958, un nouveau modèle, cette fois entièrement carrossé, portera encore le nom de Solinette

Venons-en donc à l’utilisation, fort simple vous verrez, de ce petit pliant.

Sur le dessus, à gauche, un bouton en champignon, quasi identique à celui sur la droite. Lorsque vous l’enfoncez, la porte s’ouvre et les articulations rigides se mettent en place, bloquant le combiné objectif/obturateur là où il faut.

Toujours sur le dessus, au milieu, une griffe froide pour y fixer un flash. Juste devant celle-ci, un cadran chiffré, le compteur de vue, qu’il faut remettre à zéro manuellement. Pour ce faire, il faut actionner le bouton plat à gauche et le bouton en saillie, à droite jusqu’à ce que vous arriviez à la lettre A, en rouge. Un peu fastidieux, mais on s’y fait.

Pour placer un film dans la chambre, juste ouvrir le dos monté sur charnières en baissant la tige du verrou. Lorsque vous avez glissé l’amorce du film dans la bobine réceptrice, vous actionnez la bobine crantée à la main pour avancer la pellicule en vérifiant qu’elle est bien prise dans les ergots de la tige d’entrainement. Vous tournez celle-ci jusqu’à ce qu’environ 3cm de film soit pris dans la bobine réceptrice. Puis vous fermez le dos et vérifiez que vous arrivez bien au chiffre un en déclenchant normalement au moins deux fois.

Lorsque vous serez en bout de film, il suffira d’appuyer sur le bouton en saillie pour débrayer le mécanisme et pouvoir rembobiner avec la molette de gauche (marquée d’un R).

Je vous le concède, on a fait mieux plus tard …

Revenons sur le haut de l’appareil et sur le second bouton en champignon, le déclencheur.

Comme sur les autres pliants que nous avons déjà vu, si vous n’avez pas armé le déclencheur situé sur l’obturateur, il ne se passera rien. Ce bouton actionnera juste un jeu de cames qui libèreront le déclencheur de l’obturateur.

Autre particularité : s’il n’y a pas de film dans l’appareil, vous ne pourrez pas réarmer celui-ci, sauf à tricher en faisant tourner à la main la tige avec les ergots destinés à tirer le film vers la bobine réceptrice.

La molette de droite sert à armer le déclencheur et engage la sécurité contre les double expositions, que l’on contourne, comme d’habitude en actionnant avec le doigt la came de déclenchement (ah, il faut savoir ruser !).

Voilà, voilà, … nous avons placé un film dans la chambre et sommes prêts à faire nos premières photos.

Comme cet appareil n’est pas équipé d’un télémètre pour faire la mise au point, deux solutions : soit vous travaillez en zone focus, c.-à-d. en prédéterminant la zone dans laquelle vos sujets seront nets, grâce notamment à la grille gravée sur le fut de l’objectif; soit vous achetez un télémètre ancien (du style Watameter) ou un électronique, que vous fixez sur la griffe, et vous reportez la distance indiquée sur l’objectif en tournant la roue crantée à l’arrière, je vais y revenir.

Honnêtement, la première solution est la plus rapide.

Si vous placez la distance sur 3m avec une ouverture de f5,6, vous serez net de 4m à 2,5m; si vous ouvrez à f8, vous serez bon de 4,5m à 2,2m.

Pour régler la vitesse, c’est avec la première roue crantée, à l’avant que vous allez l’ajuster. Les vitesses s’échelonnent de 1s à 1/300s, plus la pose B.

L’ouverture elle se règle avec le curseur qui est derrière le levier d’armement de l’obturateur (de f3,5 à f22).

Dans le prolongement, vous trouverez un second curseur, que vous ferez glisser en X ou en M selon le type de flash que vous allez utiliser. La synchro est 1/25 ou au 1/50s en X. En M, pour les lampes magnésiques, il vaut mieux être sur le 1/25s, le temps que la lampe soit à sa plus forte luminosité avant que le rideau ne se ferme.

Derrière encore, une dernière roue crantée, celle du réglage de la distance. La mise au point minimale est à un mètre.

Il y a aussi un retardateur, qu’il ne faut enclencher que lorsque vous avez armé l’appareil (sur l’obturateur) Il décompte environ 10 secondes.

Enfin, par dessous, un filetage pour le fixer sur un trépied, si besoin.

En fait, avec cette Solinette II, vous avez entre les mains un petit appareil sympathique et très portable (lui, vous pouvez réellement le mettre dans une poche) qui utilise sans soucis des films modernes. N’en prenez toutefois pas de trop rapides, les vitesses sont quand même limitées au 1/300s. A l’époque de ce boitier, les films n’étaient guère rapides et le nombre de vues étaient de 18, 20 ou 36. Ces chiffres sont d’ailleurs reportés en rouge sur le compteur de vues.

Derrière, l’Agfa J Solette (120) et devant, la Solinette II (135mm)

Les lentilles sont traitées, mais il faut quand même penser aux reflets en cas de forte luminosité, à moins de placer un filtre, à viser, devant celle de votre appareil (diamètre de 30mm externe) pour atténuer ces effets. Agfa avait sorti une série de filtres et même un pare-soleil, pas toujours faciles à trouver de nos jours.

C’est, évidemment, un petit appareil encore tout à fait utilisable. Vous aurez avec lui une des expressions la plus simple pour faire des photos : une ouverture, une distance, une vitesse. Et vous apprendrez rapidement à jouer avec elles.

D’autant qu’en rue, vous resterez discret (il est petit et fait peu de bruit). Et si on vous remarque, vous attirerez les questions et la sympathie, un excellent moyen de communication sur votre passion en somme.

-« Mais pourquoi l’utiliser ? »

Pour changer un peu des sempiternelles et archi connus Vitoret, Dacora, Bilora, etc. de la même époque. Pas que ceux-là soient mauvais, loin de là, mais il faut parfois oser tenter d’autres expériences. Et avec ce petit Solinette II, je gage que vous ne le regretterez pas.

D’autant que les résultats ne sont pas désagréables, voyez plutôt ICI et LA, même avec des films périmés.

Et à la question « combien ça coûte », la réponse est entre 40 et 60€ selon qu’il est équipé d’un Apotar ou d’un Solar, qu’il est complet avec sa gaine ou pas.

Bonnes photos !

Petites videos d’illustration

Un peu de technique :

Fabricant : Agfa Munich
Modèle Solinette II
Format de film 24 x 36 mm, film 35 mm 135
Année de construction 1955
Objectif : Agfa Solinar 50mm f/3.5
Obturateur : Prontor-SVS 1′ – 1/300 plus pose B et retardateur
Mise au point manuelle, 0,8 m – infini
Connexion flash : griffe flash sans contact central

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : https://christopherstoll.org/cameras/1955-agfa-solinette-ii.html, http://camera-wiki.org/wiki/Solinette, https://retinarescue.com/solinetteII.html en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1267-Agfa_Solinette%20II.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-13826-Agfa_Isolette%20II.html en français; https://de.wikipedia.org/wiki/Agfa_Solinette, https://bleckedermoor.de/fotomuseum/solinette.htm en allemand

Argentique

Le Balda Baldessa 1

Second appareil trouvé chez le vide-grenier, après un Minolta Riva Zoom 70.

De prime abord, je ne l’avais pas regardé, dans son « sac tout prêt » en cuir, il ressemblait à tant d’autres appareils de son époque (1955 – 1960), comme les Agfa, les Voigtländer Vitoret, etc.

Et puis, … il n’y avait pas grand chose à me mettre sous les yeux et donc je suis revenu vers l’appareil.

J’ai ouvert le sac et découvert, ma foi, un appareil quasi neuf, un Balda Baldessa 1, que je ne connaissais pas.

D’autant que ce petit boitier n’est pas avare en surprises, vous verrez.

Mais peut-être d’abord quelques mots de cette marque, disparue.

C’est en 1908 qu’un certain Max Baldeweg crée sa société, qui deviendra en 1913 la Balda-Werk, à Dresde. Au début, cette société produit des accessoires pour la photographie. Puis, vers 1920, elle commence la production de box, de folding à plaques ou à film en rouleaux (rollfilms).

Elle en fabrique sous son propre nom et aussi comme « produit blanc » pour d’autres marques. Sa spécificité étant de produire des appareils bon marché quoique de bonne qualité.

Mais voilà, la seconde guerre mondiale est passée par là et si l’usine est remise en route en 1946, elle est passée à l’Est.

Tandis que Max Baldeweg, lui, passe à l’Ouest, à Bünde (Westphalie) et y re fonde en 1948 une société, la Balda Kamera-Werk. Dès 1951, elle produira les Baldini, Baldinette, Baldafix et consorts.

Pendant ce temps, l’usine initiale devient en 1951 la Balda-Werk et elle sera absorbée en 1956 par la VEB Pentacon, l’orgre Est-Allemand qui dévorait/rassemblait toutes les anciennes gloires photographiques malheureusement passées entre-temps derrière ce qui deviendra le rideau de fer.

Pour mémoire, VEB veut dire, littéralement « possédé par le peuple » … toute une autre histoire en somme …

Des modèles seront alors construit soit sous leur premier nom, Balda, soit sous les nom de Belca (Pentacon)

Mais revenons à notre Balda Baldessa 1, fabriqué en « West Germany », à l’Ouest donc.

Il y eut, en 1957, un premier modèle, bien vite amélioré en 1958, celui qui devient le Baldessa 1.

Le premier du nom avait un objectif Westanar de 45mm ouvrant à f2,8 avec un obturateur Pronto-SVS.

Le second aura le choix entre trois objectifs : un Color-Baldanar, un Color-Isconar ou un Westanar, toujours en 45mm ouvrant à f2,8. Celui que j’ai acquis possède le premier cité.

Ce n’est pas le plus luxueux mais c’est une formule Tessar à quatre éléments. Vous pourrez voir ICI les résultats en photos. On a déjà vu pire (et mieux, je vous l’accorde).

Ensuite, il a aussi le choix entre quatre obturateurs, un Vario, un Pronto, un Pronto 125 ou un Pronto SVS, échelonné pour ce dernier de 60s (!) à 1/500s plus une pose B. C’est celui qui équipe l’exemplaire présenté.

Autre grand changement par rapport à l’appareil initial, le viseur reçoit l’aide d’une fenêtre adjacente, qui « illumine » ce dernier, ce qui rend la visée bien plus confortable. Viseur avec un cadre lumineux et des corrections de parallaxe, un vrai charme.

Ce n’est pas un télémétrique – ça se sera pour les Baldessa 1a et Baldessa 1b (qui gagne encore une cellule) – et l’objectif se règle de 1m à l’infini avec la bague avant de l’objectif. Il est évidemment possible de travailler en zone-focus, une échelle est présente sur le fut.

Il n’y a pas de cellule et pourtant vous pouvez régler la sensibilité du film via une couronne autour du filetage du trépied, de 10 à 200Asa. Disons que c’est plutôt un aide mémoire, qui vous permet aussi de savoir si vous avez mis un film couleur ou N/B.

Puisque nous sommes sous l’appareil, remarquons deux traits caractéristiques et assez uniques de ce Baldessa 1 : la clé de rembobinage et celle pour l’armement.

Lorsque vous placez un film dans la chambre, vous devez réinitialiser le compteur manuellement. Et donc, lorsque vous arrivez en fin de pellicule, pour rembobiner celle-ci, vous devez faire basculer une tirette notée T – R vers le R. Cela libère la clé de rembobinage pour vous permettre de recharger le film dans sa cartouche.

L’opération terminée, vous repositionnez la manivelle à sa place et refermez la tirette sur le T, qui la bloque et libère de ce fait le déclencheur, autrement calé tant que vous êtes sur la lettre R.

Toujours par dessous, une seconde clé, à gauche : c’est pour armer le boitier. Vous soulevez la « clé » et tournez un demi-tour pour armer le déclencheur et faire avancer le film d’une vue. Ingénieux mais peu courant comme système. Il faut s’y habituer, un peu comme avec l’espèce de gâchette du Kodak Retina IIIC ou IIC ou du Ricoh 35, contemporains ou presque.

Tant qu’à faire le tour des spécificités du Baldessa 1, ne cherchez pas un quelconque verrou sur une tranche, n’essayez pas de tirer sur la clé de remontage, non, il faut simplement appuyer, en même temps, sur les deux boutons placés sur la tranche gauche, et tout le dos se déclipse.

Pour le remettre en place, vous l’accrochez d’abord vers la droite puis une pression sur la gauche, pour re clipser les deux boutons dans leurs encoches et fermer le tout.

Pas courant, vous en conviendrez.

J’ai écris plus haut que la marque fabriquait des appareils abordables, d’aucun dirait bas de gamme. Eh bien, du bas de gamme comme ça, j’en veux bien tous les jours !

Presque tout est métallique sur ce Baldessa 1, ce qui confère un poids stable et une bonne prise en main. De plus, le déclencheur en façade permet d’éviter, avec un peu d’habitude, les bougés dus aux appuis sur le bouton.

Remarquez, par dessous le déclencheur, un filetage pour un déclencheur souple.

Encore une particularité, le système EV/LV pour les vitesses et les ouvertures, couplées. Notez que l’on peut débrayer la chose grâce à bouton noir sur la couronne des ouvertures.

-« Heu … c’est quoi le système EV/LV ? »

Ah, une belle invention (!?) introduite en 1954 à la Photokina et embarqué par des marques aussi prestigieuses que Rollei ou Hasselblad.

C’est le fait de coupler la vitesse et le diaphragme en liaison avec l’indice de lumination (la quantité de lumière reçue pour une sensibilité donnée sur une surface x).

Un exemple concret : si vous avez réglé EV 10, 1/30 s à f4, le passage à 1/60 s changera automatiquement l’ouverture à f2.8 et le passage à 1/15 s s’arrêtera automatiquement à f5.6.

Pour expliquer le principe, LV, valeur de lumière et EV, valeur d’exposition, sont des termes utilisés pour permettre un rapport facile entre l’exposition et la lumière sans la confusion des nombreuses combinaisons équivalentes vitesses d’obturation et ouvertures.

LV fait référence à la luminosité du sujet. EV est le réglage de l’exposition sur l’appareil photo.

EV et LV suivent une échelle ouverte. Chacun d’entre eux est éloigné d’un cran du suivant. En photographie, des valeurs d’environ 0 à 18 sont couramment utilisées. Les valeurs négatives sont parfaitement valables, juste très sombres et ne se produisent que dans la photographie de nuit. LV 15 correspond à la pleine lumière du jour, par exemple.

Chaque valeur d’exposition, ou EV, représente l’une des nombreuses combinaisons différentes mais équivalentes de f/stop et de vitesse d’obturation. Par exemple, 1/250 à f/8 correspond à EV14, de même que 1/125 à f/11. 1/125 à f/8, un diaphragme de plus, correspond à EV13, et 1/250 à f/11, un diaphragme de moins, correspond à EV15. Vous n’avez pas besoin de vous en souvenir, elles sont sur le cadran de votre posemètre.

La compréhension de ces valeurs vous permettra de reconnaître les valeurs d’éclairage courantes et de deviner correctement les expositions, même sans posemètre.(source : https://lilinguas.com/fr/que-sont-lv-et-ev/)

En gros, pour faire simple, quand vous avez déterminé, par exemple avec votre posemètre, une « lumière », vous la reportez sur la bague des ouvertures et lorsque vous voudrez faire varier soit celle-ci, soit la vitesse, elles avanceront de concert, vous donnant toujours la bonne combinaison.

De mémoire, les Yashica Minister D fonctionnaient aussi avec cette échelle. Il faut s’y habituer mais ensuite, c’est facile.

Source : Philcameras, l’évolution du modèle : le Baldessa 1 en bas; le 1a au dessus, avec télémètre; le 1b tout en haut avec télémètre et cellule au sélénium.

Revenons à notre Balda Baldessa 1 car, finalement, ce petit appareil nous a réservé son lot de surprises.

J’allais oublier la griffe flash, synchronisée X pour les flash électroniques et M, avec câble pour les flash plus anciens.

Petit, agréable à tenir en mains, avec un beau viseur, un système ingénieux pour les réglages, il tient la comparaison avec un Voigtländer Vito CLR, par exemple et il surpasse, à mon avis, un Dacora au niveau qualité de fabrication (ok, ces deux-là ont une cellule … au sélénium, qui ne fonctionne plus, souvent).

Son esthétique est délicieusement rétro, entre années cinquante et soixante, ce qui fait son charme.

Il est encore parfaitement utilisable. Et je pense qu’il attirera aussi la sympathie de ceux que vous prendrez dans le cadre.

Sans être vraiment rare, il n’est pas très courant. Son prix devrait se fixer à 40 voire 50€ pour un très bel exemplaire, complet avec sa gaine.

Je l’écris souvent, et je le ré affirme, pourquoi acheter des appareils chez Lomography, bien chers (là, il vont m’en vouloir), en plastiques, alors qu’il existe encore tant d’appareils, de qualité, parfaitement utilisables, par exemple avec les films de chez … Lomography (allez, je me rattrape).

Si vous en trouvez un, ne le laissez pas passer, il vous le rendra bien.

Petite publicité d’époque (merci Collection-appareils).

Photo-Plait 1960

Video d’illustration

Un peu de technique :

Production1958   – Balda
BoîtierBoîtier 24×36 en métal gainé
ObjectifObjectif Color – Baldanar 45mm ouvrant à f2,8
Mise au point par rotation de la frontale à partir de 1 m.
ViseurViseur optique à cadre lumineux et indication pour la parallaxe
ObturateurObturateur central PRONTOR SVS 60s – 1/500s + B
Déclencheur sur la face avant avec filetage pour déclencheur souple
FlashSynchro-flash X et M par câble. Sabot standard sur le capot
Poids, dimensions 465gr
DiversLevier de rebobinage également rabattable et déverrouillable par le sélecteur de rebobinage se trouvant sous l’objectif.
Compteur de vues également sur la semelle, à remise à zéro manuelle.
Ecrou de pied avec disque de rappel de la sensibilité du film.
Dos entièrement amovible

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Baldessa, https://www.shutterbug.com/content/baldessa-1brfun-despite-its-performance, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Baldessa en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-517-Balda_Baldessa%20I.html, https://www.philcameras.be/balda/, https://www.lesappareilsphotographiques.com/balda-p-19.html, https://www.collectiongeven.com/piwigo/index.php?/category/164 en français

Argentique

L’Agfa Optima Parat ou Sylverfish

Voilà le dernier appareil acheté lors de la foire de Villers Bretonneux.

Si généralement on connait Agfa pour ses camions d’appareils bon marché, comme Kodak, ils ont aussi produit des appareils innovants, aux solutions techniques élégantes, à l’esthétique soignée.

Cet Agfa Optima Parat, surnommé Sylverfish, en est un excellent exemple.

Cet appareil est apparu en 1964, en Allemagne et sera produit jusqu’en 1968.

Tout d’abord, c’est un demi-format, soit un 18×24. Si cela ne saute pas aux yeux quand on voit l’appareil pour la première fois, lorsque vous visez avec, vous êtes face à un viseur « en hauteur », typique de ces appareils.

Tout en métal, très élégant avec cet aluminium brillant et légèrement nervuré sur la face avant, il est « carrossé » comme ces voitures de rêve ou ces caravanes légendaires des années soixante …

Mais ce n’est pas tout, au delà du plumage, il y a le ramage.

Tour d’abord, c’est un 24×36, qui double le nombre de vos photos puisque demi-format.

A ce sujet, il faut savoir qu’un film de 36 vues en donnera donc 72, un 24 vues, 48.

Comme ça risquait d’être long avant d’avoir terminé son film, Agfa a sorti un film baptisé Weekend, un 12 vues qui en donnait 24 ! Malin …

C’est un savant mélange entre la série Parat en 24×36 et les Optima, automatiques. Pour vous donner une idée de la gamme :

modèleproductionprixactualisé
Parat-I1963-68Version simple,
sans posemètre.
168 francs270,79€
Paramat1963-67Identique au Parat-I, mais avec réglage automatique de l’ouverture par le posemètre337 francs543,19€
Optima-Parat1964-68Appareil entièrement automatique, comme les Optima contemporains548 francs883,29€
Je suis confus, je ne me souviens plus d’où j’ai péché cette info, que j’ai légèrement remaniée.

Modèle haut de gamme donc de la série Parat, il est tout automatique et possède un objectif Solinar 30mm f2,8 (jusque f22) à quatre lentilles de haute qualité, sur lequel pouvait venir se monter un complément optique télé AGFA COLOR TELEPAR f2,8 de 55mm du plus effet et très rare. La mise au point minimale est de 0,9mètre. Le réglage de la distance se fait au moyen d’icônes ou selon une échelle gravée sur le fut.

Cet objectif équivaut à un 45mm en « vrai » 24×36.

Son obturateur, un Compur, offre des vitesses de 1/30s à 1/500s plus une pose B.

La cellule, au sélénium, le dispense de piles mais, hélas, elle s’épuise avec le temps, souvent.

Sinon, lorsqu’elle fonctionne, un voyant rouge dans le viseur signale une sous exposition, ou un voyant vert prévient que celle-ci est bonne.

De fait, lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, le voyant adéquat s’allume et le boitier calcule l’ouverture et la vitesse optimale pour la prise de vue.

Heu … je vous rappelle que cet appareil date de 1964 !

Notons encore que l’automatisme est débrayable, ce qui le rend utilisable même lorsque la cellule est HS.

Le viseur est collimaté avec un cadre de visée pour le complément télé-objectif de 55mm et le signal rouge/vert, sur la droite qui signale l’exposition correcte.

Mais voyons comment il fonctionne de plus près.

Pour mettre un film dans la chambre, il faut déverrouiller le verrou sous la semelle. C’est tout le dos de l’appareil qui s’escamote. Notons la présence de gorges profondes pour glisser les deux parties l’une dans l’autre, assurant de la sorte une excellente étanchéité à la lumière. Remarquons aussi, en passant, la qualité des matériaux.

Une fois le film en place, ne pas oublier de noter la sensibilité de celui-ci, grâce à la molette au dessus de l’appareil. Celle-ci est exprimée en Asa et en Din (nous sommes en Allemagne). Une piécette est nécessaire pour tourner le bouton.

Ah, et n’oubliez pas de positionner le compteur sur le nombre de vues que vous allez prendre (pour rappel, un film de 36 = 72, un de 24 = 48, etc.). Le compteur va « décompter » les vues restantes au fur et à mesure des prises.

Il faut mettre le chiffre sur la flèche rouge, vous l’avez deviné.

Le petit levier d’armement à une course très courte, silencieuse, un régal. Et, ce qui ne gâte rien, il est particulièrement discret, bien intégré dans la carrosserie.

Le déclencheur est positionné sur la face avant. Il faut l’appuyer vers le bas pour prendre une photo. Particularité : si vous le descendez à mi-course, il enclenche la cellule qui vous donne le signal rouge (sous ex) ou vert (ok), puis vous appuyez à fond pour capter l’image.

Il manque une petite plaquette métallique sur le devant du déclencheur.

Toujours sur le dessus de l’appareil, un discret bouton marqué « R », qu’il faut faire tourner pour pouvoir rembobiner le film en fin de course.

A côté, la griffe pour le flash, avec contact central pour la synchronisation au 1/30s.

Vous avez vu, c’est compact et bien étudié.

Sur la face avant, la large « fenêtre » qui cache le viseur et la cellule, tout à gauche (face à l’appareil). Celle-là, il faut la protéger autant que faire se peut de la lumière si l’appareil n’est pas utilisé, pour l’économiser (cellule au sélénium).

Le signal vert/rouge ne se met en route que sur le mode automatique. Je l’ai découvert par hasard, pensant que la cellule était HS. Quelle ne fut pas ma joie de voir apparaitre le point vert alors que j’avais changé la position de la bague de réglage sur A.

Comme on peut débrayer le mode, l’appareil déclenche quand même, ce qui m’a induit en erreur. Vous serrez alors sans doute au 1/30s sur f2,8.

Je reviens un moment sur les optiques présentes. Celle de base est un 30mm ouvrant à f2,8, un Agfa Color Solinar. Si vous regardez bien la photo ci-dessous, vous verrez une couronne crénelée. C’est sur celle-ci que se place le complément optique, qui se vise ensuite sur le pas intérieur de l’objectif.

Sans doute a-t-il existé un étui spécial pour remiser le complément optique car je me dis qu’avec la protubérance du bloc arrière, il faut le manipuler avec précaution (tiens, comme le Jupiter 12, par exemple). Comme je ne l’ai pas, je le laisse monté sur le boitier.

Et pour tout vous dire, c’est lui qui m’a fait de l’œil quand j’ai vu l’appareil pour la première fois : ce grand rond limpide, qui me fixait de son regard froid.

A savoir, un autre complément, un « close up » appelé Natarix, existait aussi, accompagné d’un viser spécifique.

Petite remarque utile me semble-t-il : la fenêtre de visée est en « mode portrait », ce qui veut dire que si vous voulez prendre une photo en « paysage », vous devrez tourner l’appareil en vertical !

Faire la mise au point est simplifiée, grâce aux symboles, qui sont reportés ensuite sur les distances (vous utilisez l’un ou l’autre).

L’avantage de ce système, c’est que vous pouvez vous positionner entre deux pictogrammes, la distance sera justement reportée en dessous pour plus de précision si besoin.

Dans le viseur, les lignes sont bien marquées. Elles délimitent le cadre de la photo au 30mm, plus celles (plus à l’intérieur) du 55mm et il y a encore des lignes pour la correction de la parallaxe en cas de photographie à courte distance, soit sous le mètre.

Sur la droite, le marqueur rouge/vert indiquant si l’exposition est juste.

Le mode d’emploi fait remarquer qu’il faut au moins une seconde au posemètre pour analyser correctement la luminosité, le temps d’appuyer à mi-course sur le déclencheur en fait (pas mal en 1964, sans pile !).

Maintenant, si vous devez utiliser le flash, vous devez quitter la positon automatique en tournant les bagues autour de l’objectif.

Petit résumé des fonctions de l’appareil

De ce que j’ai pu lire à son sujet, il est très intéressant de l’utiliser en mode automatique, ce pour quoi il a été conçu. En tout cas si vous avez un exemplaire dont la cellule est toujours fonctionnelle, comme ici.

Beaucoup de photographes s’amusent avec le demi-format pour constituer des diptyques, voire des triptyques (il n’y a pas de limite en fait). Vous remarquerez alors un demi-rond sur le négatif, qui est comme la signature de l’appareil.

Source : Photothinking

Vous trouverez encore des exemples de photos ICI.

Que retenir de cet Agfa Optima Parat ?

Il est agréable à tenir en main. On sent la qualité de sa fabrication au poids (470gr nu) sans que ce soit gênant Un peu glissant sans doute avec ce beau métal brillant, mais on s’y fait vite.

Au rayon des regrets, il n’est pas pourvu d’œillet pour y attacher une lanière. A l’origine, il était équipé d’un « sac tout prêt » en deux partie, qui possédait ces lanières de portage. Un trouver un serait un must.

Une solution intermédiaire serait de lui ajouter une dragonne fixée par en dessous, au niveau du pas de vis du trépied.

De toute manière, pour préserver sa cellule, il faut le remettre dans un petit sac lorsqu’on ne s’en sert pas.

Autre désagrément, la vitesse maximale des films est de 250Asa. A l’époque, les films n’étaient pas encore « rapides ». Il faut en tenir compte si vous achetez des films pour l’utiliser.

Au delà de son esthétique, que je trouve très belle – et pourtant, j’ai toujours un faible pour les boitiers en noir ! – et comme hors du temps, sa « mécanique » était à la pointe dans les années soixante.

A cette époque, Agfa, comme son concurrent Kodak, fabriquait encore des appareils solides, élégants, innovants.

Ne me faites pas écrire ce que je n’ai pas écris : les années qui viendront ensuite verront chez ces deux marques une quantité astronomique de petits appareils, faciles, bon marché, non dénués d’innovation, qui ouvriront au plus grand nombre les joies de la photo de loisir. Ce qui fut, en soi, une bonne chose.

Mais la qualité de ce modèle ne se retrouvera plus alors.

J’ai la chance d’avoir pu essayer et vous présenter un très beau modèle, toujours entièrement fonctionnel et, qui plus est, équipé d’un complément optique rare de nos jours.

En trouver un relève de la chance et le prix s’en ressent. Comptez au minimum 60€ pour un très bel exemplaire fonctionnel, au moins 100€ s’il possède un complément optique et plus de 150€ s’il est complet, c.-à-d. avec sa gaine, ses deux compléments optiques et le viseur du close-up.

Utiliser ce genre de boitier est une expérience qu’il faut tenter, pour le plaisir, rien que le plaisir.

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est en dessous.

Quelques pubs d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Plait 1964
Grenier-Natkin 1965
Photo-Hall 1966, intéressant car montre les concurrents de l’époque.

Un brin de technique :

Production1963-1968 – AGFA AG
Type de film135
Format image18×24
BoîtierElégant boîtier en métal fondu entièrement garni de métal satiné ou chromé.
ObjectifCOLOR SOLINAR f:2,8/30mm. Mise au point par rotation de la frontale à partir de 0,9m (mètres, pieds et symboles)
Un complément télé AGFA COLOR TELEPAR f:2,8/55mm est prévu en option ainsi qu’un « close up » avec son viseur spécifique, le Natarix.
ViseurOptique, avec cadre lumineux + repères pour la parallaxe et repères pour l’utilisation du complément optique 55mm.
Signal vert dans le viseur indiquant la bonne exposition.
ObturateurCOMPUR automatique du 1/30e au 1/500e couplé à la cellule. Débrayable pour le flash et la pose B.
Déclencheur sur la face avant avec filetage pour souple ou retardateur mécanique
PosemètreCellule au Sélénium pilotant l’automatisme programmé de 1/30s à f2,8 au 1/500s à f22. Réglable de 12 à 24 DIN (max. 250 Asa) .
FlashSynchro-flash par contact central dans la griffe standard sur le capot. Système de réglage automatique par affichage du nombre guide dans une petite fenêtre sur le côté de l’obturateur.
Poids, dimensions 470 gr nu
DiversDeux petites fenêtres sur le dessus de l’obturateur laissent apparaître la valeur de diaphragme (en mode flash ou pose B) et le choix du mode : Auto, flash ou B.

Des références : https://www.philcameras.be/agfa-optima/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-535-Agfa_Optima-Parat.html en français; https://photothinking.com/2020-12-16-agfa-optima-parat-half-frame-jewel/, https://johnnymartyr.wordpress.com/2018/11/01/a-rave-review-of-the-agfa-optima-parat/ en anglais; https://www.photo-foto.eu/agfa/agfa-optima-sensor/agfa-optima-parat/, en allemand

Argentique

Le Weltix

Lorsque j’ai trouvé ce minuscule appareil dans une brocante des bords de Meuse (Namur), j’ai craqué pour sa bouille sympathique, sa taille et son côté « très vieux machin ».

Ni le vendeur ni moi ne connaissions l’engin, ce qui m’a un peu facilité les choses pour négocier le prix, scandaleusement élevé au départ et qui deviendra raisonnable lorsque j’ai fait remarquer au dit vendeur que l’appareil ne déclenchait plus.

Bref, une fois la chose conclue, j’ai glissé ce petit pliant dans mon sac à dos. C’était le dernier que j’achetais sur cette brocante, ouf !

Rentré à la maison, je l’ai bien nettoyé (il en avait bien besoin) et à force de « chipoter », j’ai trouvé comment l’armer et le déclencher, je vous expliquerai.

Mais ma plus grande surprise a été de découvrir qu’il s’agissait d’un 24×36. Je pensais trouver une bobine de 127 à l’intérieur car souvent, anciennement, pour réduire la taille des boitiers, c’est vers cette pellicule que les fabricants se tournaient.

Il est contemporain d’un certain Leica II, initiateur du format, et d’un Kodak, nous y reviendrons juste après.

Il est donc temps d’en apprendre un peu plus sur ce Weltix de chez Welta (c’est gravé dans le cuir).

Je vous invite, pour gagner du temps, à relire l’article que j’ai consacré au Kodak Retina IIIc dans lequel vous aurez appris qu’en 1934, Kodak Allemagne (qui vient de racheter Nagel Kamerawerk, du nom d’un génial inventeur) présente un petit appareil pliant, le Kodak Retina, qui utilise la cassette de film 35mm inventée quelques temps auparavant.

Source : Wikipedia; au gauche le Kodak Rétina, à droite, le Weltix acheté

Ce petit pliant a connu un immense succès et fut donc copié, par exemple par Balda et Welta.

Welta fut fondée par Walter Waurich, Waldemar Radewensky et Theodor Weber en 1914 à Freital, près de Dresde, sous le nom de Weeka-Kamera-Werk et deviendra Welta-Kamera-Werk en 1919 (je ne sais plus combien valent les W au scrabble, mais là, on a fait le plein !).

Elle fabriquait des appareils de grande qualité comme le Perle, le Solida (à ne pas confondre avec le Franka Solida) ou le Weltini. Ils étaient aussi précurseurs avec des appareils vraiment d’avant garde, comme le Perfekta et le Superfekta.

Source : Wikipedia

En 1935, quelques mois après la sortie du Retina original, avec un objectif ouvrant à f3,5, Welta met sur le marché le Welti, un appareil très inspiré du premier cité mais avec une gamme d’objectifs ouvrant de f2 à f3,5. Une première, destinée à couper l’herbe sous les pieds du géant Kodak qui devra attendre 1936 pour lancer le Retina II, équipé enfin d’un objectif ouvrant à f2.

Le Welti était tout noir, son déclencheur était positionné sur l’obturateur même, des Compur ou Compur-Rapid de qualité pour épauler des objectifs de haute qualité (Schneider Xenon, Carl Zeiss Tessar, Meyer Trioplan).

Comme l’appareil eut aussi du succès, ils l’ont amélioré avec des mécanismes pour corriger la parallaxe, un déclencheur sur le boitier, des chromes, un choix d’objectifs plus vaste.

Bref, ils se sont posé en concurrent directs du Retina, en proposant, en plus, un prix plus abordable.

La famille comptait dont le Welti, haut de gamme, le Weltini, un moyen de gamme, le Weston, plus simple et le Weltix, l’entrée de gamme. Tous les trois eurent un succès auprès des clientèles visées grâce à leurs qualités et leur positionnement de prix intéressant.

-« Et le Weltix dans tout ça ? »

Et bien il s’agit donc de la version économique du Welti, proposée à la fin des années trente. Economique mais pas sans atouts : il possédait aussi une correction de la parallaxe, un déclencheur sur le boitier et plus sur l’obturateur, et même un compteur de vues.

Les économies touchaient surtout la qualité des métaux utilisés, un choix plus restreint d’objectif (un Cassar ou un Xenar), d’obturateur (un Prontor II ou un Compur) et sans chromes, alors très à la mode pour faire « chic » et cossu.

Le boitier est fait de métal embouti dont les plaques supérieures et inférieures sont peintes en noir (qui s’écaille souvent avec le temps et les maladresses d’une longue série de propriétaires), le reste étant recouvert d’un cuir assez fin. Les objectifs n’ont pas de système de mise au point hélicoïdale mais se règlent directement sur l’avant. Il n’y a pas de griffe porte accessoires (où auraient-ils pu la mettre vu la taille de l’engin ?).

Mais la seconde guerre mondiale pointait le bout de son vilain nez et le Weltix ne fut produit qu’à la fin 1938 et en 1939, l’usine Welta ayant cessé de produire des appareils photo pendant la guerre.

En 1949, Welta a repris la production du Welti, avec des améliorations mais le Weltix ne fut jamais plus fabriqué.

Souvenez-vous, nous étions à Dresde – partie devenue Allemagne de l’Est. Après les déboires de la guerre, l’usine Welta a poursuivi la production en tant que société d’État (VEB Welta-Kamera-Werk). En 1959, elle devient partie du grand VEB Kamera- und Kinowerk Dresden, un conglomérat de fabricants est-allemand qui deviendra VEB Pentacon en 1964.

-« Bien, bien, et comment fonctionne ce Weltix ? »

Source : From the focal lense to infinity

Tout d’abord, pour l’ouvrir, il faut appuyer sur un petit bouton, en dessous, sur la semelle. Ce qui libère la face avant, qui se déploie souplement vers la droite, laissant apparaître le soufflet et le bloc objectif/obturateur de l’engin. La plaquette métallique sur la porte, c’est pour maintenir l’appareil de niveau si vous le posez sur une surface dure.

Sur la tranche gauche, le verrou pour ouvrir la porte arrière et découvrir la chambre. Regardez la mécanique, c’est du solide et malgré les ans, tout est propre et fonctionne. Celui-ci a bien servi si j’en juge par les traces laissées par les films sur la plaque de pression.

Les Weltix étaient équipés soit d’un Xenar 50mm f 3,5, soit – comme ici – d’un Cassar 50mm f2,9. Ce Cassar était fabriqué par Steinheil à Munich. C’était un objectif triplet très courant que l’on trouvait également dans d’autres appareils photo amateurs des années 1920 et 1930.

Bon, l’idéal aurait été d’avoir un exemplaire avec le Xenar qui, s’il ouvre moins grand, est de meilleure qualité (formule Tessar, fabriqué par Schneider-Kreuznach), mais bon, en brocante, on ne choisit par toujours.

La mise au point s’effectue en tournant l’élément avant de l’objectif, à partir d’un mètre jusque l’infini. Il faut près de 3/4 de tours pour manœuvrer. Les Welti, plus chers, utilisaient un système de mise au point hélicoïdale, plus précise et souple.

Mais que ce soit le Cassar ou le Xenar, aucune des lentilles n’est traitée et les images manqueront de contraste. Elles seront aussi sensibles au reflets. On peut monter des filtres, qui atténueront ces effets négatifs, c’était chose courante à l’époque.

L’obturateur, monté sur le bloc optique est un Compur (fabriqué par Deckel). Il donne des vitesses de 1s – 1/2s – 1/5s – 1/10s – 1/25s – 1/50s – 1/100s – 1/300 s et pause B. C’est un obturateur avec trois lames métalliques, qu’il faut armer avant de déclencher. Ici – c’est presque moderne – il y a un déclencheur sur le boitier, relié par un mécanisme simple à l’obturateur.

Pour être complet à ce sujet, sachez que certains Weltix, plus rares, ont été équipé d’obturateurs Prontor II (Gauthier), qui ne dépassaient pas le 1/200s.

Un mot sur le viseur maintenant, qui est assez particulier.

Pourtant, c’est un viseur de type Galilée (un tube avec deux verres) qui a l’avantage d’être économique, facile à fabriquer et qui offre une visée très claire. Vous le trouvez encore sur des compacts modernes (ceux des années nonante s’entend).

Son principal défaut, c’est l’erreur de parallaxe, car il est généralement placé à coté ou au dessus de l’objectif, pas dans son axe (l’avantage de la visée réflex). Sur les appareils un peu sophistiqués, il y aura une « correction » de la parallaxe, généralement représentée par des lignes tracées ou gravées sur le verre.

Et bien, ici aussi, de façon originale : c’est tout le viseur qui bouge pour corriger la parallaxe, grâce à un mécanisme simple qui le fait basculer vers l’avant, toujours dans le même axe.

S’il n’est pas trop abimé, vous devriez voir un N (pour « Nahe », c.-à-d. proche en allemand) gravé sur le viseur. Lorsque vous le relevez, vous pouvez viser les sujets proches (à partir d’un mètre).

Ok, c’est assez empirique. Au dos de l’appareil, vous trouverez un tableau qui donne les profondeurs de champ en fonction de l’ouverture et de la distance du sujet. Heu … c’est en allemand !

Reste le pifomètre, ça fonctionne aussi …

C’est subtil mais vous remarquerez sur les photos 1 et 2 le léger basculement du viseur vers l’avant

Alors, pour prendre une photo, une fois que vous aurez chargé un film dans la chambre, il vous faut armer l’obturateur, ce qui « arme » aussi le mécanisme du déclencheur sur le boitier.

Vous faites la mise au point en tournant le devant de l’ensemble objectif/obturateur, en vous aidant, le cas échéant du tableau à l’arrière de l’appareil (et d’un dictionnaire franco-allemand si besoin).

Les vitesses et l’ouverture se règlent avec les couronnes indiquées aux flèches 2 et 1.

Ici, il n’y a pas de retardateur à enclencher.

Comme souvent sur ces appareils, il y a un mécanisme pour empêcher les doubles expositions. Normalement, lorsqu’un film est monté dans la chambre, vous ne devriez pas faire la manœuvre, mais comme ici nous sommes « à blanc », si vous voulez armer l’appareil, vous devez faire tourner la tige crantée au moins 2 tours, jusqu’à entendre un petit « clic » discret. Si vous avez tiré le levier d’armement, vous pourrez déclencher, sinon c’est impossible (et ça ne sert à rien de forcer).

En passant, c’est un petit truc à retenir si vous découvrez ce genre d’appareil. Et comme les vendeurs de type « vide grenier » ne savent pas comment fonctionnent ces vieux machins, ça vous permet de faire diminuer les prix.

Si vous deviez mettre l’appareil sur un pied, pour une pose longue ou en cas de faible luminosité, vous pourrez fixer un déclencheur souple sur le fut de l’obturateur.

Heu, aurais-je oublié quelque chose à vous décrire ?

Oui, son sac « tout prêt », en cuir bien costaud. S’il n’est pas vraiment indispensable, sachez quand même que c’est sur lui que sont fixées les sangles de portage (sur mon exemplaires, elles sont casées mais c’est facilement réparable avec un bon cordonnier).

Comme souvent avec ces appareils qui s’ouvrent à droite (ou à gauche), ce n’est pas facile de le prendre en mains, d’autant que le boitier est petit, tout petit.

Mais il est chouette et, mine de rien, on le sent bien car il fait son poids. A l’époque, le plastique était inexistant, même la bobine réceptrice est en métal.

Encore une petite chose, pour le refermer, mettre l’objectif sur l’infini et appuyer légèrement sur le milieu des bras du compas, l’ensemble rentrera tout seul, sans forcer.

Comme on le dit souvent en riant, « c’est de la mécanique d’avant guerre ça mon bon monsieur, faite pour durer ! » Et c’est vrai car même si ce Weltix était considéré comme un entrée de gamme, destiné aux amateurs, près de nonante ans plus tard, il fonctionne encore.

Ne vous attendez pas à des images d’une précision chirurgicale, au piqué pointu. Non, plutôt une douce nostalgie et des couleurs aigres-douces, comme ces époques-là, pas franchement amusantes n’est-ce pas ?

J’imagine que les pellicules particulières de chez Lomography devraient lui aller à merveille (je pense à la Berlin ou Potsdam Kino, la Métropolis, la Lady Grey p.ex.), en noir et blanc.

Mais les plus osés passeront à la couleur, pourquoi pas ?

En résumé, un petit appareil pas si courant, au charme désuet, que je vois bien accompagner les personnes qui font des reconstitutions d’époque (un ami se reconnaîtra), et les autres, pour le plaisir d’utiliser autre chose qu’un vieux Leica pour le même type d’encombrement.

Alors, si vous en trouvez un en relativement bon état, essayez de le négocier autour des 40€ (mais oui, vous savez bien, il ne déclenche pas !) et disons 50€ s’il a encore son sac tout prêt en bon état.

Photographier avec ces appareils nous ramène aux fondamentaux de la photographie, avec humilité mais pas sans plaisir.

Des publicités d’époque

Source : Collection-appareils, Photo-Plait 1939 en haut et Central Photo, 1939 en dessous. Remarquez la phrase qui débute la seconde publicité : « utilisant le film cinéma, … ». C’est encore ainsi qu’on appelait les bobines en 24×36 chères à Oskar Barnak

Pour avoir une idée des photos prises avec cet appareil, c’est ICI et LA, p. ex.

Petites videos d’illustration

Des références : https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-21161-Welta_Weltix.html,https://www.autrefoislaphoto.com/musee/appareils-photographiques/folding/welta-weltix en français; http://camera-wiki.org/wiki/Welta, http://camera-wiki.org/wiki/Welti,https://sites.google.com/site/fromthefocalplanetoinfinity/weltix, https://cameracollector.proboards.com/thread/4374, http://forum.mflenses.com/watson-welta-weltix-from-1938-t30500,highlight,%2Bwatson.html (une mine de renseignements) en anglais

Argentique

L’Olympus Pen EE-2

Si vous vous en souvenez, il y a peu, je vous présentais l’Olympus Pen-EE, un chouette petit boitier avec la particularité de faire des demis-photos.

Soit, si vous avez mis un film de 36 vues, vous en ferez 72, 48 si c’est un film de 24 poses qui est dans la chambre.

Et ça me fait penser au commentaire d’Olivier qui disait, en substance, qu’à l’époque, les fabricants trouvaient ça peu intéressant car ils voyaient leurs ventes divisées par eux. Car la qualité des images restaient bonnes même en agrandissement. Je lui répondais qu’in fine, avec l’augmentation du prix des films et de la chime, ces appareils allaient avoir une seconde chance.

De fait, les appareils photo demi-format ont commencé à disparaître à partir des années 70 alors que les compacts plein format devenaient plus petits, mais la série PEN a survécu jusque dans les années 1980. C’est déjà un gage de qualité cette longévité contre les modes, qui passent et … repassent.

Comme dans la même brocante j’ai trouvé un second Pen, je vais vous le présenter.

Autant le premier était en parfait état, propre et dans sa boîte, autant celui-ci a dû bénéficier de mes soins attentifs, mais, comme le dit la pub, « il le valait bien » !

Alors c’est bien un Pen mais le PEN-EE-2, soit le successeur de celui que je vous ai proposé.

Pour mémoire, le premier Pen est apparu en 1959. En 1961, un Pen – EE prend la relève. Il sera produit jusqu’en 1967 et sera remplacé, début 1968, par le PEN EE-2.

Si la forme générale reste assez identique, quelques modifications importantes font leur apparition.

Ce qui ne change pas, c’est l’excellent groupe optique, une focale fixe D. Zuiko de 28mm ouvrant à f 3,5, de 4 éléments en 3 groupes. C’est toujours l’équivalent d’un 40mm en 24×36.

Sachez que si vous avez de la chance, vous pourrez trouver des filtres à viser au diamètre particulier de l’Olympus Pen, le 43 et demi.

Les vitesses d’obturation restent à 1/40s et 1/200s et 1/40s avec connexion flash synchro X en mode d’exposition manuel.

Si la plage de vitesses semble banale, en fait elle a été déterminée pour obtenir une profondeur de champ maximale.

Dans une lumière ambiante ensoleillée, la vitesse d’obturation sera réglée sur 1/200s et la plage d’ouverture est régulée de f/22 à environ f/8. Lorsque la lumière est inférieure à celle-ci, l’appareil photo passe à l’exposition de 1/40s et l’ouverture de l’objectif est réglée de f/11 à sa plus grande ouverture. En empêchant l’ouverture d’être trop petite, on évite la diffraction et ses reflets parasites.

Avec lui vous serez net de 1,5m à l’infini et quasi toutes vos photos prises entre 3 et 5 seront nettes.

Reste que si vous arrivez en situation de « drapeau rouge », c.-à-d. lorsque l’obturateur est verrouillé car l’éclairage n’est pas suffisant, comme avec l’ancien modèle, vous pouvez essayer de vous en sortir en réglant l’objectif sur la plus grande ouverture pour le flash, ou en verrouillant l’exposition sur un autre point plus clair, en maintenant le déclencheur enfoncé à mi-course. Puis vous recadrez votre sujet. Ça, vous ne pouviez pas le faire avec son prédécesseur.

Au rayon des nouveautés toujours, la sensibilité monte maintenant de 25 à 400 Asa (contre 200 pour l’ainé).

Autre grande innovation, une griffe flash apparait maintenant sur le capot supérieur.

Et le dos de l’appareil est monté sur charnière, plus pratique que de devoir ôter tout le dos pour recharger. Attention, n’arrachez pas la manivelle de rembobinage pour l’ouvrir, il y a un petit loquet en bas, sur la tranche pour ce faire. Par contre, vous devrez la soulever pour y glisser la nouvelle bobine.

Ce qui ne se voit pas, c’est que les calculs d’expositions et le travail de la cellule ont été revu aussi.

Le viseur était bon, ils l’ont laissé tel quel.

Lorsqu’il est activé, le drapeau contextuel rouge de sous-exposition s’affiche en bas du viseur.

Oui, je sais, le drapeau devrait être rouge, mais le mode d’emploi de l’époque propose cette photo !

Ce nouveau Pen EE-2, produit de 1968 à 1977, est – finalement et à première vue – presque le même que le Pen – EE avec l’ajout d’un sabot.

Cependant, ce que l’on sait moins, c’est qu’il partage le même mécanisme d’exposition automatique que le Trip 35, LA référence de l’époque.

Il reste un petit appareil sympa et facile à utiliser, sans prise de tête.

Le compteur de vue, très clair, ne demande plus rien d’autre que de charger le film, armer une ou deux fois (appareil fermé) jusqu’à ce que le chiffre 1 soit pointé. Vous pouvez commencer à prendre vos photos. Si cela semble plus simple, il y a néanmoins un inconvénient à cette « nouveauté » : en effet, avec l’ancien Pen – EE, vous saviez le nombre de photos restantes; ici, il vous faudra une bonne mémoire car il n’y a pas le moindre mémo pour vous rappeler quel film vous lui avez fait avaler (même pas une plaquette mémo sur le dos) !

En relisant l’article du Pen – EE premier du nom pour préparer celui-ci, je ne suis aperçu que je n’avais pas beaucoup insisté sur le côté ludique de ces appareils.

Par contre, les Lomographistes ont bien compris tout l’intérêt de ses demis-photos, permises grâce à l’excellente construction de l’appareil et à l’avancement du film, qui reste très stable.

Pourquoi ludique ? Mais parce que grâce à sa faculté de « couper en deux » une image, vous pouvez la reconstruire selon votre envie de raconter.

Vous pouvez ainsi « reconstituer » un récit, en positionnant, par exemple, deux points de vue à la suite l’un de l’autre.

Si mes propos vous semblent obscurs, je vous invite à aller voir des exemples de photos prises avec cet appareil LA, ce sera plus clair et vous donnera sans doute l’envie de tester ses étonnantes possibilités.

D’autant que les films modernes sont mieux définis que ceux de l’époque et que le dégradation (granulation) due à l’agrandissement des vues est dès lors moins sensible. Ceci étant, l’excellent objectif du Pen EE-2 sauvera la plupart de vos clichés.

Juste s’habituer au fait que si vous gardez l’appareil en position « normale », votre photo sera au format « portrait » et que vous devrez le tenir verticalement pour être en « paysage ».

Si vous deviez choisir entre les deux, lequel privilégier ?

Difficile de répondre catégoriquement : autant le second a des avantages intéressants (sensibilité, vitesses, griffe flash), ils ne disqualifient pas le premier pour autant, qui garde sa bonne bouille et ses capacités propres. Il sera juste un peu moins « tout » terrain.

Moins couru que le Trip 35, qui n’offre pas les mêmes caractéristiques, ces petits appareils se trouvent encore assez facilement. Souvent en bon état (du costaud je vous disais), il faut quand même vérifier si la cellule n’est pas définitivement HS, ce qui limite son utilisation au 1/40s seul. Les mousses seront souvent à changer, mais c’est le plus facile.

En résumé, pour environ 40€ maximum pour un bel exemplaire, ne le laissez pas passer, vous allez découvrir le monde différemment avec lui.

Ah oui, un dernier conseil : achetez-lui un bouchon d’objectif ou mettez le dans une petite sacoche noire quand nous ne vous en servez pas, la cellule au sélénium vous remercia.

Quelques pubs d’époque :

Source : Collection-appareils.fr, Grenier-Natkin 1969. Notez qu’ils se trompent quand ils limitent la sensibilité du EE-2 au 200Asa. Ils sont encore sur « l’ancien » PEN et les vitesses décrites sont toutes erronées !

Videos d’illustration :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : https://www.35mmc.com/16/05/2016/olympus-pen-ee-2-review-2/, https://www.imagingpixel.com/p/olympus-pen-ee-2.html, https://www.35mmc.com/02/09/2017/olympus-pen-ee-2-review/, https://pimhens.be/collection-item/olympus-pen-ee-2, https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_Pen, https://analogclubamsterdam.nl/camera-review/olympus-pen-ee-2-halfframe-camera-half-the-frame-double-the-fun/, en anglais,

Argentique

L’Olympus Pen-EE

Une des dernières brocantes de l’année, une charmante dame qui revendait un petit appareil qui lui appartenait et qu’elle avait remisé avec soin, et me voici propriétaire, le temps de sa découverte, d’un Olympus Pen EE.

Je vous ai déjà présenté un Olympus de poche, le Trip 35. Un appareil qui a toujours beaucoup de succès, encore de nos jours, grâce à la qualité de sa fabrication et de son optique, qui fut réutilisée jusqu’au Mju !

Celui-ci est aussi petit, très « vintage » et aussi de très bonne qualité.

Avec une particularité, c’est un demi-format, comme, par exemple, le Fujica Half ou le Canon Demi.

Ici, j’ai eu la chance d’acquérir un exemplaire avec sa boîte d’origine, le mode d’emploi, de la pub, sa gaine en cuir.

Mais commençons les présentations : Olympus Pen, Pen comme plume pour écrire au quotidien. Ce petit appareil ayant fonction de bloc-note à emporter partout.

Ensuite EE pour Electric Eye, la fameuse cellule en nid d’abeille autour de l’objectif. Une cellule au sélénium, qui n’a pas besoin de pile pour fonctionner mais qu’il convient de protéger de la lumière si on veut qu’elle tienne dans le temps. Gaine ou bouchon d’objectif recommandé fermement.

C’est le célèbre designer Yoshihisa Maitani qui va commettre cette petite merveille et une autre tout aussi connue, le PEN F original (faudra que j’en trouve un !) : le petit PEN est destiné au grand public tandis que le PEN F, un vrai 24X36, est destiné aux photographes experts. Ce brillant ingénieur sortira ensuite le plus petit reflex avec pentaprisme du monde (1973), l’Olympus OM-1 : O pour Olympus, M pour Maitani. Mais c’est une autre histoire ….

-« Mais pourquoi avoir opté pour le demi-format ? »

Pour répondre à un cahier des charges draconiens, qui voulait que l’appareil soit le moins coûteux possible tout en étant d’excellente qualité. Loin de décourager Monsieur Maitani, il a l’idée de réduire la taille du boitier tout en gardant le format en vogue, le 24×36, mais en cadrage vertical, le 18×24. Il va simplifier tant que faire se peut l’appareil, en renonçant au levier d’armement, qu’il remplace par une molette crantée, toute fine (si les pignons sont nombreux, ça ne se voit pas et le résultat est d’une élégance rare); il supprime le contrôle de l’ouverture, de la vitesse d’obturation et de la mise au point et il crée sans doute le premier appareil vraiment compact au monde !

Le PEN de 1959 est une réussite technique et commerciale

Celui que j’ai acheté est sans doute une deuxième version, car le simili cuir est gaufré, mais il porte le mot « Olympus » sur la plaque devant et PEN-EE embossé sur le capot alors que généralement il devrait y avoir Olympus Pen sur la plaque. Mais il possède les « nouvelles » vitesses du 1/40s et 1/200s au lieu du 1/60s intial.

Un petit boitier tout en rondeurs, avec son cuir gris, caractéristique. Notez que si l’envie vous en prend, il existe chez Aki-Asahi des tas de couleurs différentes, juste pour le plaisir.

Point de vue boutons et machins, c’est le minimum syndical : un déclencheur en saillie, une petite molette avec sa manivelle, une roue crantée en plastique pour ré armer, un compteur de vue; en dessous, le petit bouton de débrayage pour rembobiner le film et une clé pour ouvrir le dos (qui s’escamote en entier); sur la face avant, une prise PC (synchro flash). C’est tout, et ça suffit très amplement pour faire des (bonnes) photos.

Car ce petit appareil, qui est un fix-focus (un objectif fixe), a une excellente réputation.

Déjà celle de son objectif, un D. Zuiko de 28mm ouvrant à f3,5, trois composants en quatre éléments. C’est l’équivalent d’un 40mm en 24×36 puisque nous sommes ici avec un 18x24mm, j’y reviendrai. Il offre une grande profondeur de champ, une belle résolution et un joli contraste pour une si petite chose.

Ensuite, celle de sa facilité d’utilisation : soit vous le laissez en tout automatique et la cellule commande l’ouverture du diaphragme (de f3,5 à f22) selon la lumière, soit en manuel.

La seule chose que vous devez régler, au moment de mettre un film dedans, c’est la valeur de sa sensibilité, en ASA. L’appareil gère les sensibilités de 10 à 200 Asa.

Les vitesses, vous ne devrez pas vous en préoccuper, c’est le Pen qui la gère. Son obturateur va de 1/40s à 1/200s.

Si jamais vous n’aviez pas assez de lumière, un signal rouge (qu’on surnomme le « drapeau ») apparait dans le viseur et vous empêche de déclencher si vous êtes en mode automatique. Vous devez alors passer en manuel pour « forcer » la photo ou monter un flash (synchro au 1/40s). Quand je note « forcer » la photo, c’est quand vous vous mettez sur la position flash (bague autour de l’objectif, les chiffres oranges) sans le flash et que vous réglez l’ouverture en tenant compte des réglages d’une cellule à main, sachant que la vitesse de synchro sera constante au 1/40s

Il y a quand même une autre chose que vous devrez régler, j’allais l’oublier, c’est le compteur de vue.

Car nous touchons ici la particularité de ce petit bloc-note : il est en demi-format comme je le précisais au départ. Ce qui veut dire que vous tirerez 72 vues d’un film de 36, 40 d’un film de 20, …

Et donc, lorsque vous aurez mis un nouveau film dans la chambre, après avoir armé et déclenché trois fois (boitier refermé), vous devrez indiquer au compteur le nombre de vues qu’il va décompter.

En effet, ce compteur vous indique le nombre de vues restantes.

Là, je râle, car voulant tester ce fameux compteur, j’ai modifié le chiffre indiqué. Or, en voulant ouvrir l’appareil pour photographier la chambre, je me suis aperçu qu’il y avait un film à l’intérieur. Bon, il y aura quelques images grillées mais j’ignore combien il reste à tirer maintenant ! Je verrai bien.

Le viseur vous donne une image verticale si vous le tenez « normalement ». Si vous le tenez à la verticale, l’image sera alors horizontale. Etrange mais logique.

Et donc, sur un film en 24×36 vous ferez des photos en 18×24, du demi-format.

Pour en revenir au viseur, il est étonnamment lumineux pour sa taille, avec un cadre clair qui délimite la zone de prise de vue. Son grossissement est de 0,5 (la « magnification »).

Lorsque vous ouvrez l’appareil (une clé à tourner en dessous, qui libère le dos en entier), vous voyez la chambre divisée en deux. Les guides film et la plaque de pression dans le dos assurent un transport constant et fluide de la pellicule. C’est important si vous voulez faire des mini séries de photos, qui doivent se correspondre.

Voilà donc un petit boitier de 330 gr, que l’on glisse dans n’importe quelle poche ou petit sac, toujours prêt à déclencher.

Heu … le fabricant préconise quand même de n’armer l’appareil qu’au moment de prendre la photo pour ne pas laisser les ressorts de l’obturateur inutilement tendus et prolonger ainsi son espérance de vie.

Mais ça a dû être construit costaud car, présenté au public en 1961, de très nombreux exemplaires fonctionnent toujours comme au premier jour.

Redoutable de discrétion – le déclencheur ne fait quasi pas de bruit – il est le compagnon idéal des sorties en Street. Son obturateur central a en plus le bon goût d’éliminer quasi toutes vibrations.

Et puis, avec ses demis-photos, c’est presque un jeu de créer des histoires car l’esprit de la série, ou du « panorama » vient facilement : hop, une première photo, hop la seconde qui suit l’histoire …

Quelques exemples de photos prises par le PEN-EE à découvrir ICI.

Alors que penser de ce petit appareil rondouillard et sympa ?

Il est toujours parfaitement dans le coup. Il faut juste vérifier que la cellule fonctionne encore en essayant de déclencher dans différentes conditions de lumière. Si le « drapeau » rouge apparait systématiquement, c’est mauvais signe, même si vous pouvez toujours l’utiliser en mode manuel, à la seule vitesse du 1/40s alors.

Au niveau prix, comptez environ 40€ pour un exemplaire en très bon état, un peu plus si comme le mien il est dans sa boite.

Vous verrez, on ne se lasse pas de ce petit PEN-EE.

Deux videos d’illustration

Et au cas où vous devriez démonter :

Petite publicité d’époque :

Source : Collection-appareils.fr, Photo Hall 1964.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références : https://retrofilmcamera.com/olympus-pen-ee/, https://www.aperturepreview.com/olympus-pen-ee, https://www.imagingpixel.com/p/olympus-pen-ee.html, http://camera-wiki.org/wiki/Olympus_Pen, https://pimhens.be/collection-item/olympus-pen-ee-2, https://mikeeckman.com/2019/03/olympus-pen-ee-s-1962/ en anglais, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=46945, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1000-Olympus_Pen%20EE.html

Argentique

Le Kodak Intamatic 355 X

Toujours dans la gamme des appareils « luxueux » des Kodak Instamatic, j’ai trouvé ce 355X chez un vide-grenier.

Brève négociation du prix et me voici à la maison, muni de mes traditionnels coton et coton-tiges imbibés d’alcool à 90° pour le nettoyer de fonds en comble (et il en avait bien besoin).

Petit tour du propriétaire pour constater qu’une pile se cache dans l’appareil, une 6v. Elle commençait à s’oxyder mais elle n’a pas coulé et le compartiment est intact, tant mieux.

Bien naturellement, il acceptera les Kodapak ou cassette 126, spécialement créés pour la gamme des Instamatic. Pour en savoir plus à ce sujet, je vous renvoie avec plaisir vers les autres Instamatic déjà vus sur le site : le 28, le 154, le 324, le 233, le 277X.

Son objectif est un fix focus de 43mm ouvrant à f11, ce qui autorise une netteté de vos images de 1,2m à l’infini, pour autant que le soleil soit de la partie. Sinon, comptez sur le flash, un Magicube.

Si vous avez suivi les autres Instamatic et mes quelques digressions à leur encontre, vous aurez remarqué que, généralement, s’il y avait une pile, c’était pour utiliser des …flashcubes qui ont besoin d’une alimentation électrique.

Or ici, double contradiction : il y a une pile mais les flashs sont des Magicube, qui n’ont pas besoin de courant.

Quelle autre explication à cette pile de 6v, une 4LR44 actuelle ?

Si vous regardez bien sur la façade de cet Instamatic 355 X, il y a un rond à côté de la marque, une espèce d’hublot près du viseur.

Serait-ce une cellule ?

Eh oui, sur cet appareil, fabriqué de 1971 à 1977, Kodak avait greffé une cellule au CdS qui contrôlait la vitesse.

Introduit en même temps que le 155X et le 255X, il aura la même longue carrière que ce dernier.

C’est clair, l’ajout de cette cellule était un atout : vous n’aviez plus qu’à visez, l’appareil calculant la vitesse d’obturation.

Et justement, parlons-en des vitesses de cet appareil : l’obturateur déclenche de 30 secondes (vous avez bien lu) au 1/300s. Il est donc possible de faire des pauses longues avec ce 355X. La preuve ? Un filetage pour un trépied est prévu dans la semelle et il y a la possibilité de fixer un déclencheur souple près du déclencheur classique.

Voilà qui ouvre des perspectives intéressantes …

Si, lorsque vous visez, la cellule détecte un temps de pause supérieur au 1/30s, un signal lumineux (un point rouge dans le coin inférieur droit du viseur) vous en averti, vous incitant à utiliser un trépied ou à placer un Magicube dans la prise au dessus de l’appareil.

Décidément, ce petit compact, qui ne paie pas de mine, a des réserves pour nous étonner !

Le plus fou de l’histoire, c’est que cette petite boite de plastique a traversé le temps, vraisemblablement ballotée sans trop de ménagements, et qu’elle fonctionne toujours : elle arme, déclenche, le témoin lumineux est bien là !

Seule la cassette en 126 devient délicate à trouver : les dernières ont été fabriquée en 2009. Ou alors, il faut passer par les manipulations que je vous ai exposées dans l’article sur le 233.

Franchement, ça me tente …

Plus vintage que ça, c’est difficile, non ?

Alors, vu la quantité de ces appareils que l’on trouve facilement, faites-vous plaisir, tentez l’aventure.Cela vous rappellera les temps anciens ou vous remplissiez les albums familiaux, voire cela vous rapprochera des gestes de vos parents ou grands-parents, qui ont illustré votre historie familiale de ces petites photos carrées pleine de charme.

Comme j’avais bien envie de tester cet appareil, en passant sur le site de vente bien connu, j’ai dégoté quelques cassettes en 126 … Fuji ! Des 12 vues en 100 Asa expirées depuis 1991. Gageons qu’elles aient été bien conservées, mais je vais tenter l’aventure avec elles.

Les pubs de l’époque (merci à Collection-appareils)

Source : Photo-Plait 1972
Source : Manufrance 1973

Les données techniques :

Production09/1971 – 1977        –        Kodak Germany et Royaume Uni
Type de film126
Format image28x28mm
BoîtierPlastique avec facade en métal
ObjectifRodenstock 43mm ouvrant à f1:11, fix focus
ViseurOptique
ObturateurElectronique de 30 secondes au 1/300e. Un signal lumineux prévient lorsque la vitesse descend plus bas que le 1/30e
PosemètreCellule CdS
FlashMagicubes
DiversPrise pour déclencheur souple

Bien qu’il soit très simple d’utilisation, voici le lien vers le mode d’emploi, ICI.

Quelques références : https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-355x/, http://www.appaphot.be/en/brands/kodak/kodak-instamatic-355x/, https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1194 en anglais, https://app-phot-col.com/boit_deta_5.php, http://glangl1.free.fr/Liste-KodakInst.html en français, https://www.fuorifuoco.it/kodak-instamatic-355-x/ en italien

Argentique

Le Kodak Instamatic 277X

Ben oui, je vous ai déjà écris que des Instamatic, vous pouviez en trouver dans tous les greniers, les brocantes, les tiroirs des parents et grands-parents, les vide-grenier, etc.

Rappelez-vous, plus de 50 millions d’appareils ont été produits entre 1963 et 1970 … ça laisse rêveur !

Donc j’en ai recueilli quelques uns, que j’ai eu envie de vous présenter.

Vous avez déjà pu lire les comptes-rendus des Kodak Instamatic 28, 154, 233, 324 … Aujourd’hui, ce sera le 277X.

Et si vous vous en souvenez, s’il est classé X c’est parce qu’il accepte les Magicube et qu’il n’a pas besoin de pile.

La forme est relativement identique à ses prédécesseurs : un corps en plastique et une façade en métal, chromé car c’était la grande mode dans les années septante (même le corps de l’objectif est chromé, en plastique, mais chromé !). Le chrome, c’est chic.

Cet appareil, produit de 1977 à 1985 sera décliné en deux versions : allemande ou anglaise selon l’endroit de production (Kodak Ltd pour le Royaume-Uni, Kodak AG pour l’Allemagne).

Ce qui les différencie tient à quelques détails :

Version allemandeVersion anglaise
La sérigraphie est de couleur noireLa sérigraphie est de couleur « cacao foncé ».
La languette de déclenchement du flash est légèrement plus grande et plus large que celle de son homologue anglais. 
La fenêtre de visualisation du film est toute lisse et entière alors que sur le modèle anglais il y a deux traits verticaux qui la traversent pour mieux cibler le centre du film.
source : Collection-appareils, selon T. Struss

C’est un des Instamatic produit le plus longtemps sans modifications.

Pour mémoire, la série Instamatic était très populaire car vendue à prix très bas, simple à utiliser grâce à sa cartouche (Kodapak ou cassette 126) et à la possibilité de monter des flashs eux aussi très simples d’utilisation, comme le Flashcube ou le Magicube.

Pas de surprises, il utilise la cassette 126 et son objectif est un Reomar de 41mm ouvrant à f6,6. Sur cet objectif, des réglages illustrés par des pictogrammes (5 comme d’habitude) permettent de régler le diaphragme selon la luminosité ambiante : de grand soleil à temps couvert.

A ceux-là s’ajoutent les distances pour l’utilisation du flash, le fameux Magicube.

Sa focale fixe ne nécessite pas de mise au point car ce type d’objectif repose sur une petite ouverture pour maintenir celle-ci nette. Ainsi, un objet à quelques mètres sera aussi net qu’un autre à l’infini.

Lorsqu’un Magicube était fixé à son sabot, un drapeau rouge, visible dans le viseur, vous le rappelait (et, honnêtement c’eut été difficile de ne pas le remarquer ! ).

L’exemplaire que j’ai trouvé chez un vide grenier était « tout nu », c-à-d. sans son « sac tout près », moulé en plastique pour le tenir au plus près. Une petite tigette métallique dans le boitier le clipsait à ce sac.

Il faut abaisser un petit levier, sur le côté pour ouvrir la chambre afin d’y glisser la cassette de film.

Attention, ne forcez jamais sur cette petite porte, tout en plastique car sa charnière peut vous lâcher (il n’y a pas de charnière métallique reliant le corps à la porte).

Elle comprend une ouverture qui permet de lire le chiffre de la vue en court car il n’y a pas de compteur de vues sur l’appareil.

Si nous nous arrêtons un instant sur sa fabrication, tout plastique moulé par injection, les prix sont forcément bas et la construction peut sembler légère. C’est une des causes qui a fait que beaucoup d’appareils ont été jeté, ou oublié dans des greniers, des tiroirs, des caisses (ça, c’est pour notre plus grand bonheur). Mais beaucoup ont péri dans des décharges ou des incinérateurs !

En résumé, nous avons là un bel exemple d’un petit appareil simple, qui fait le job sans complication et qui est resté suffisamment au catalogue que pour prouver son utilité.

Reste qu’il faut toujours compter sur le fait que la cassette en 126 n’existe plus mais je vous ai donné assez d’astuces dans l’article sur le 233 que pour pouvoir vous débrouiller et faire revivre ces petits boitiers sympathiques, que vous trouverez pour trois fois rien un peu partout.

Les pubs d’époque (merci à Collection-appareils.fr)

Manufrance 1977
Camara, 1979

Une petite video d’illustration

Des références : https://www.brocanteurdudimanche.fr/portfolio/appareil-photo-kodak-kodak-instamatic-277x/, https://www.danstacuve.org/test-de-linstamatic-277-x-une-histoire-familiale/, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/1444, en français, https://www.petervis.com/interests/Photography/Camera%20Technology/Kodak%20277X/Kodak%20277X.html, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Instamatic_277X, en anglais.