Argentique

Le Fujifilm DL Super Mini

Un ciel gris, au loin grondent les orages, les brocanteurs scrutent le ciel avec anxiété car tous n’ont pas de tonnelles ou de bâches pour protéger les marchandises en cas de pluie …

Et les chalands un peu plus pressés que d’habitude, le nez en l’air, les oreilles aux aguets vont d’un stand à l’autre.

Prévoyant, un petit blouson bien imperméable sur le dos, je flâne à contre courant. Et c’est comme ça que je découvre un minuscule appareil dans une caisse où trônent quelques vieilles gloires du compact numérique.

Mais celui-ci est argentique et, bien que sa taille puisse le laisser penser, il est au format 24×36 et pas APS.

Brève négociation avec le vendeur et ce petit Fujifilm rejoint mes trois autres « prises » dans le sac à dos.

J’aime bien ces petits appareils, qui se glissent réellement dans une poche ou, comme ici, se cache dans un petit sac en cuir que l’on peut passer à la ceinture, pour dégainer plus vite.

La pile, une CR2 est HS mais il m’en reste à la maison, juste hâte de rentrer pour tester ce petit bijou.

Un ami montois m’avait montré le sien il y a peu et j’avais noté, dans un coin de mémoire, qu’i fallait l’ajouter à ceux que j’aimerais utiliser et décortiquer pour vous.

Alors, on y va …

D’abord sachez que cet appareil est rare. Appelé « la sardine » par ceux qui l’adorent, son vrai nom est Fujifilm DL Super Mini pour l’Europe (où il fut exporté au compte-goutte) et Cardia Mini Tiara au Japon (où la production fut aussi minime).

J’ai donc beaucoup de chance d’être tombé sur un très bel exemplaire, en parfait état et fonctionnel.

Sous sa robe en aluminium et plastique, cette petite boite, il est vrai, en forme de boite à sardine, cache bien son jeu.

Mais commençons par le début. Ce minuscule boitier est sorti d’abord au Japon en 1994, puis en Europe, en 1996. Il y eut une seconde version appelée Tiara II et un dernier opus au format APS, que je vous ai déjà présenté sur le site.

Sa forme présente un design épuré qui m’a séduit au premier coup d’œil. Le volet coulissant, devant, sert à protéger l’objectif mais encore d’interrupteur ON/OFF. C’est discret et très bien fini. Peu de choses dépassent de ce boitier minimaliste mais ô combien performant.

Lorsque vous faites coulisser le volet vers la gauche (en tenant l’appareil devant vos yeux), le bloc objectif sort (presque) en silence et se positionne un peu en dehors du boitier.

Certain le compare au Rollei 35 en terme de compacité. Mouais … je veux bien mais notons toutefois que le Rollei 35 avec son objectif sorti sera plus « long ». Pourquoi éviter la comparaison avec le Petri 35E dans ce cas, autre champion de la discrétion et de la petite taille ?

N’oublions toutefois pas que les deux appareils cités sont des « tous manuels » alors que le DL Super Mini est tout automatisé, moteur compris donc dans sa petite boite !

Alors, comparons-le à l’Olympus Mju, qui a marqué tant de passionnés. Leur taille est semblable avec cependant un avantage au Fujifilm qui, de mon point de vue, tient mieux en main et est plus solide que son concurrent, seulement en plastique et à l’électronique capricieuse.

Allez, ranimons notre petit compagnon : j’ouvre la trappe, en dessous, pour y glisser une pile CR2. Ensuite, je fais coulisser le volet vers la droite. Un très léger « Ziip » m’avertit que l’objectif sort. Pour le refermer, opération inverse : d’abord repousser le volet lentement vers la gauche, attendre une demi seconde que l’objectif se rétracte et refermer complément le cache objectif.

Ce petit bijou est un « point and shot » éminemment portable vu sa taille. Mais je ne saurais trop vous recommander de le porter dans sa gaine en cuir car si vous le « balancez » dans un sac, sa belle finition va se rayer rapidement.

Simple d’utilisation, nous y reviendrons, il présente le nécessaire pour ne pas rater ses photos, sans fioritures inutiles mais tout ce dont vous aurez besoin est là : une mise au point automatique ET une mise au point manuelle comprises de 0,35m à l’infini lorsque vous choisissez les modes prédéfinis sur le petit tableau de commande, derrière. La mise au point instantanée est un système astucieux qui définit la mise au point à une distance fixe et qui commande une petite ouverture pour fournir une zone où tout sera net (principe de la mise au point relative ou prédictive).

Un petit flash intégré, débrayable, vous rendra bien des services. Comme il est petit, il est affublé d’un détecteur de doigts : si un de vos doigts le cache, il se bloque et une LED dans le viseur vous en avertit.

Les réglages se font avec la barre de boutons située sous le petit écran LCD. Le réglage de la date (jusqu’en 2025 s’il vous plait !), les modes scènes, la sélection des programmes, le minuteur et, tout à côté, un minuscule bouton pour le rembobinage anticipé.

Tiens, justement, un mot pour le chargement du film. Ce sont les lettres DL (Drop-in Loading) qui mettent la puce à l’oreille de celui qui n’est pas pressé de tout découvrir. Lorsque vous ouvrez la trappe du film, le dos de l’appareil ne s’ouvre pas complètement mais dévoile un « conteneur » qui devra retenir le film. Lorsque vous placez la bobine dedans, l’appareil « lit » le code barre DX (sensibilité du film) et il le charge automatiquement.

Avec une particularité que j’aime bien : lorsque le film est inséré dans l’appareil, celui-ci le bobine sur une bobine réceptrice, intégrée au boitier. Et donc, si par malheur ou maladresse vous ouvrez l’appareil, seules les images non encore exposées seront gâchées, pas vos précieuses images. Comme pour le Ricoh R1.

Ca veut dire aussi que le compteur sera inversé, ne pas l’oublier : la photo 27 indique qu’il en reste 27 a faire et pas 9 (36 vues – 27) comme habituellement. On s’habitue, vous verrez …

Je reviens sur les modes de mise au point, qui méritent le détour.

Si vous avez déjà utilisé des compacts tout automatique, vous aurez constaté un truc éminemment agaçant : à travers une vitre, sur des surfaces très brillantes, impossible de faire la mise au point. C’est le principe de la mise au point par IR (infra rouge) qui est en cause car elle se concentrera sur le verre lui-même et pas le sujet qui est derrière et que nous voyons.

Donc notre petite boite propose la mise au point automatique (classique mais qui se fait piéger par les vitres), la mise au point à l’infini – qui a le bon goût de désactiver le flash, la mise au point SNAP qui donnera tout net de 1 à 3m en jouant sur la profondeur de champ de l’objectif, en position mise au point automatique mais avec le flash aussi et la mise au point manuelle de 35cm à l’infini.

Une remarque toutefois, comme le Mju, l’appareil ne fait la mise au point définitive qu’une fois enfoncé à fonds le déclencheur. Donc, vous visez, mettez au point et lorsque vous enfoncez complètement le déclencheur, l’objectif se met à la bonne position pour prendre la photo. Ce n’est peut-être pas très rapide mais efficace.

Lorsque vous prenez des photos rapprochées, tel un portrait, le boitier opte pour une grande ouverture pour offrir un beau flou d’arrière plan (le fameux « bokkeh »).

Mais je n’ai pas encore abordé le principal atout de ce joujou : son objectif EBC Fujinon, un 28mm ouvrant à f3,5 composés de 4 éléments, dont 2 asphériques, en 4 groupes, traité multicouches (reflet teinté bleu).

Il est, parait-il, redoutable ! Je vous dirai ça quand j’aurai terminé le film que j’ai mis dedans.

Sa taille pourrait être un handicap pour les grandes mains. Néanmoins, on le tient bien, sa forme rectangulaire un peu épaisse joue pour beaucoup.

Vous aurez remarqué qu’il n’y a pas de dragonne ni de place pour en fixer une. De fait, elle était proposée sur un gros bouton que l’on fixait à la place du trou pour le fixer à un trépied.

Je signalais plus avant que le Super Mini DL était équipé d’un petit flash intégré. Par défaut, il se déclenchera automatiquement si besoin, mais vous pouvez le débrayer. Il y a plusieurs modes : automatique donc, anti yeux de lapin affolé, flash débrayé, fill-in pour déboucher un contre-jour marqué et portrait de nuit.

Un seul regret, il ne garde pas en mémoire votre choix pour le flash, que vous devrez reparamétrer lorsque vous rallumez l’engin.

Si vous avez le malheur de placer vos gros doigts devant le flash, une diode rouge vous signale qu’il est temps de les retirer pour prendre votre photo. Lorsque ledit flash est prêt, une diode verte, dans le viseur toujours, vous encourage à appuyer sur le déclencheur.

Il a tout d’un grand je vous disais …

Ceci étant, il se débrouille très bien en base lumière mais vous ne pourrez pas faire de pause longue avec lui.

Quoi d’autre ? …

La fonction date, qui mérite un coup de chapeau car utilisable jusqu’en 2025 pour ceux qui aiment « taguer » leur photo, ou qui en ont besoin pour des raisons professionnelles, p. ex.

Les ingénieurs nippons l’ont aussi doté d’un retardateur.

Et un mode « panorama », que vous sélectionnez avec le gros curseur près du viseur : dès que vous l’actionnez, le viseur se transforme et vous donne l’impression de voir en cinémascope !

Tiens au sujet du viseur, s’il n’est pas grand (mais bon, vu la taille du boitier…), il est très agréable, avec un cadre colimaté bien clair et correction de la parallaxe. Un demi-rond, au centre, vous indique l’endroit de la mise au point.

Pour prendre une photo, vous visez pour mettre votre sujet au centre (que vous pouvez ensuite « délocaliser »), vous gardez le doigt à mi-course du déclencheur jusqu’à ce que l’appareil vous confirme la mise au point par un discret « bip » et une petite lumière verte dans le viseur. Clic, l’image est dans la (petite) boite !

Si je résume, voilà un petit bijou, rare, performant, joli, bien pensé, … enfin, comme je les aime !

Vous n’en trouverez pas souvent, malheureusement, et les prix s’en ressentent, comme d’habitude. Reste à croiser les doigts et à vous promener sur les brocantes dominicales, on y fait (souvent) des rencontres qui sortent de l’ordinaire, la preuve.

Et si vous en trouvez un (à prix raisonnable s’entend), ne le laissez pas partir sans vous, vous aller le regretter …

Petites videos d’illustration

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI et LA

Un brin de technique :

Format de film 35 mm (du vrai, pas un APS)
Boîtier en aluminium et plastique
Réglage ISO via codage DX, ISO 50 à ISO 1600
Viseur optique direct
Flash : intégré, automatique, correction des yeux rouges, flash désactivé et compensation du contre-jour
Lentille multicouche Fujinon EBC 28 mm, 4 éléments en 4 groupes
Vitesse d’obturation de ½ s à 1/800 s
Ouverture de f/3.5 à f/7.5
Mise au point : manuelle de 0,35m à l’infini, autofocus
Alimentation par 1 x CR2

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Quelques références : https://www.lomography.com/magazine/293211-lomopedia-fuji-dl-super-mini, https://kosmofoto.com/2020/01/fujifilm-dl-super-mini-review/, https://emulsive.org/reviews/camera-reviews/fuji-camera-reviews/compact-camera-mega-test-fujifilm-dl-super-mini-aka-fujifilm-tiara-the-upmarket-mju, https://www.35mmc.com/17/03/2015/fuji-dl-super-mini-tiara-review/, http://camera-wiki.org/wiki/Fujifilm_Tiara_Zoom, https://wkoopmans.ca/notebook/?p=7638, https://www.hazelandeye.com/blog/2020/8/18/4ebl6f67a66lj6hzdwhu8s7vrbftqh, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-9436-Fujifilm_Tiara%20II.html, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Fujifilm en français.

Argentique

L’Olympus Superzoom 140 S

L’avant dernier acheté à Soignies le 3 avril 2022. Un petit appareil coincé dans une belle pochette trop petite pour lui : si je n’avais pas été attentif, en l’extrayant, j’aurais pu arracher son protège objectif- interrupteur.

Il est propre, le compartiment pile pas oxydé mais celle qui est dedans est HS, impossible de l’essayer. Brève négociation à ce sujet et je l’emporte, je verrai bien à la maison.

C’est un petit compact assez typique de la fin des années nonante (1999) et qui, manifestement, est assez recherché.

Connu comme Infinity Accura 140S aux USA, il a, en fait, les mêmes spécifications que l’Olympus Mju 140S qui avait déjà fait chavirer quelques photographes amateurs.

Outre sa simplicité d’utilisation – j’y reviendrai – il propose un zoom de 38 à 140mm (de f4 à f11) qui, s’il n’est pas le plus grand, est assez étonnant. En effet les ingénieurs nippons ont réussi à caser 10 éléments optiques en 8 groupes dans cet assemblage très compact mais qui s’étire, s’étire …

Vous pouvez suivre ses va-et-vient dans le viseur, qui affiche des repères bien utiles pour éviter les erreurs de cadrage, surtout en gros plan. Ah, un truc que j’aime bien, le viseur est équipé d’une correction dioptrique.

Bon, pour le mettre en batterie, il suffit de faire coulisser le clapet qui protège l’objectif et inversement pour le refermer, mais laissez lui le temps de rentrer l’objectif.

Il est bien sûr tout automatique – je citais sa simplicité d’utilisation : dès l’installation du film, dont il lit le codage DX pour régler sa cellule (sensibilité des films), qu’il accroche à votre place et fait avancer à chaque vue prise.

Le petit flash intégré se déclenche automatiquement mais vous pouvez le débrayer si besoin.

Si vous le jugiez utile, il existait une commande à distance infra-rouge (la RC300), ainsi qu’une pochette de transport mais Olympus fournissait la dragonne qui permet de le porter au poignet ou autour du cou.

Je pense avoir fait le tour du propriétaire … pour le reste, je vous renvoie ici plus bas, aux spécifications techniques.

Si je résume, c’est un chouette petit appareil, facile à utiliser et qui peut se glisser dans un petit sac, voire même une poche (bien que je le trouve un peu gros pour ça). Sa forme arrondie, héritée du Mju, le rend agréable à prendre en mains.

Ses caractéristiques en font un chouette compagnon de voyage même si, pour ma part, je trouve que le zoom est trop long.

Mais faites attention au clapet de protection de l’objectif qui, je le rappelle, est aussi l’interrupteur : comme je vous l’expliquais, l’appareil que je vous présente était dans un petit sac très serré. Si moi j’ai fait l’effort de le retirer délicatement, d’autres n’ont pas eu cette précaution et finalement, après avoir remis une nouvelle pile, il s’est avéré que l’appareil ne fonctionnait plus.

Pour un exemplaire en bon état, avec sa dragonne, vous devriez pouvoir l’emporter pour une quinzaine d’euros maximum.

Petite video d’illustration

Quelques exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Un peu de technique :

Aappareil photo entièrement automatique à obturateur d’objectif à mise au point automatique de 35 mm avec objectif zoom intégré de 38 à 140 mm.
Film codé DX standard de 35 mm (24 × 36 mm).
Objectif Olympus 38 ~ 140 mm, F4 ~ 11, 10 éléments en 8 groupes.
Obturateur électronique programmé.
Viseur zoom image réelle (avec repère de mise au point automatique, repères de correction de gros plan, indicateur de mise au point automatique et indicateur de flash). Avec correcteur dioptrique.
Système de mise au point automatique multiple de type passif. Verrouillage de la mise au point possible.
Plage de mise au point Large : 0,6 m ~ infini, Télé : 0,9 m ~ infini.
Contrôle automatique programmé de l’exposition, mesure de la lumière sur 3 zones. Commutable en mesure spot.
Plage d’exposition automatique : Large : EV 2 (F4, 4 sec.) ~ EV 16 (F12.8, 1/400 sec.) ; Télé : EV 5 (F11, 4 sec.) ~ EV 17 (F22.9, 1/250 sec.)
Compteur d’exposition de type progressif affiché sur l’écran LCD.
Retardateur électronique avec env. 12 s. retard.
Télécommande (en option) à infrarouge avec env. 3 s. retard.
Réglage automatique avec un film codé DX avec ISO 50, 100, 200, 400, 800, 1600 et 3200. Les vitesses de film autres que celles ci-dessus seront automatiquement réglées sur la vitesse inférieure suivante. Pour les films non codés DX et les films avec moins de 50 ISO, la sensibilité du film est réglée sur 100 ISO.
Chargement automatique. (Passe automatiquement à la première image lorsque le capot arrière de l’appareil photo est fermé).
Avance du film automatique du film.
Rembobinage automatique du film (activation du rembobinage automatique à la fin du film, arrêt automatique du rembobinage). Rembobinage possible à tout moment avec le bouton de rembobinage.
Flash intégré.
Temps de recyclage : env. 0,5 à 5,5 s. (à température normale avec pile neuve).
Plage de fonctionnement du flash : Avec un film négatif couleur ISO 100 : Large : 0,6 ~ 6,4 m; Télé : 0,9 ~ 2,3 m
Avec film négatif couleur ISO 400 : Large : 0,6 ~ 12,8 m; Télé : 0,9 ~ 4,6 m
Modes de flash : flash automatique, flash atténuant les yeux rouges, désactivé, flash d’appoint, flash scène nocturne et flash scène nocturne atténuant les yeux rouges.
Contrôle de la batterie affiché sur l’écran LCD.
Source d’alimentation : Une pile au lithium de 3 V CR 123A.
Dimensions : 120 (L) × 65,5 (H) × 46 (P) mm
Poids : 255 g (Sans batterie).

Les références : https://www.newwavepool.shop/products/olympus-superzoom-140s-35mm-camera?variant=33418718281814, https://imuckaz.wordpress.com/2014/04/10/camera-review-olympus-superzoom-140-s/, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-13404-Olympus_Superzoom%20140S.html, en français.

Argentique

Le Kodak Adventix C450 Autofocus

Après Obelix et Astérix, voici l’Adventix C450 !

Ses aventure commencent en 1992 lors que Kodak présente 2 petits appareils à la forme de savonnette, en vogue à l’époque, et qui singe l’Olympus Mju.

Ceux-là portent le nom de Cameo (c’est pas la même BD) et le Cameo Motor, le plus sophistiqué des 2 possède un moteur, reconnait le codage DX des films (sensibilité Asa/Iso), arbore un objectif en verre et un petit écran à cristaux liquides.

Tous les deux possèdent un flash à la forme originale qui a pour avantage de limiter l’effet yeux de lapin apeuré.

Comme chez Kodak « rien ne se perd, tout se transforme », en 2000, il ressortent le bon vieux Cameo en lui donnant un petit coup de jeune, avec un nouveau design, un autofocus, des lentilles en verre et, surtout, un nouveau film au format APS.

C’est un format dont je vous ai déjà parlé ICI. Qui, malheureusement, n’existe plus. Et donc, à moins de tomber sur des stocks anciens (si, si, il en reste beaucoup), vous risquez de ne pas pouvoir utiliser votre appareil.

C’est là que nait la gamme Adventix, qui réunit les appareils avec films APS, et certains appareils photo jetables.

Dans cette nouvelle gamme, vous trouverez donc des appareils à objectif fixe simplistes, d’autres avec mise au point automatique et les dernières franchement sophistiquées avec zoom et fonctionnalités APS entières (changement de cadres, données enregistrées, faculté de changer le film en cours de route, …).

Celui que je vous présente aujourd’hui, je l’ai trouvé, comme d’habitude, dans une brocante, à Mons.

Il est absolument neuf !

C’est moi qui ai ouvert la boîte le premier, pour vous le présenter et ôter les 2 piles AAA qui étaient dans le paquet, complètement oxydées.

Un paquet contenant donc le petit boitier, sa house, sa dragonne, un film Kodak APS, le mode d’emploi et les fameuses piles. De quoi, à l’époque, commencer de suite à photographier (z’étaient forts les gars du marketing chez Kodak !).

Léger (170gr hors film), le boitier garde une forme assez arrondie et le fameux flash qui couvre l’objectif et lorsqu’il est ouvert, se positionne haut pour éviter l’effet « yeux rouges ».

Pour le reste, c’est un appareil tout simple : un objectif (un Ektanar) fixe de 25mm ouvrant à f5,6 avec de vraies lentilles en verre et autofocus. La mise au point minimale est de 80 cm.

Alimenté par deux piles AAA très communes, l’appareil s’allume lorsque vous tirez le flash vers le haut. Vous l’aurez deviné, celui-ci est automatique mais vous pouvez le gérer grâce au petit écran à l’arrière.

Autres réglages, celui des cadres, typiques du format APS : le C (pour carré), le H (pour le 16:9 horizontal) et le P (pour panorama – enfin, ce qui s’en approche un peu).

Vous voyez dans le viseur les réglages que vous avez choisi, ce qui aide pour la prise de vue bien évidemment.

Les films auront une sensibilité comprises entre 50 et 800 Asa (couleur) et l’appareil se règle automatiquement à la sensibilité détectée.

Si l’ouverture du diaphragme est comprise entre f5,6 et f12,6 (pas le plus lumineux), l’obturateur varie de 1/90s à 1/250s. Guère mieux que des Kodak des années septante, en gros.

Ah, pour faire moderne, il gère la fonction « top flash plus », finalement une gestion du flash selon la quantité de lumière présente.

Vous l’aurez compris, rien de transcendant sur ce Kodak Adventix, juste de l’éprouvé remis au goût du jour.

Si ce n’est que celui que j’ai trouvé était toujours neuf 22 ans après sa sortie, ce type d’engin présente peu d’intérêt.

Oui sa forme est agréable en mains, ses fonctions – a minima – facilitent la prise de vue mais vous ne pourrez pas l’utiliser facilement, les films APS n’étant pas facile à trouver.

Je pense que cet exemplaire fera l’objet d’un don pour le Musée de la photographie de Charleroi, il aura au moins fonction documentaire.

Petite (toute petite) video de présentation

Des références : https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12474-Kodak_Advantix%20C450.html, https://app-phot-col.com/boit_deta_5.php?numephot=6&dn=6&numero=1047&marque=KODAK&modele=ADVANTIX%20C450&ty=B, en français, http://camera-wiki.org/wiki/Advantix, https://collectiblend.com/Cameras/Kodak-Eastman/Advantix-C450.html, en anglais

Argentique

Le Minolta Riva Zoom 105i APZ

Ah, celui-là je l’ai reçu en cadeau alors que j’achetais un Pentax ME Super et tout un tas d’accessoires avec. Le vendeur (merci Christian) essayait de le vendre depuis quelques mois et il a décidé de me le donner. Je l’en remercie.

Car je vous avoue que je ne l’aurais pas acheté, même pour le tester. Disons qu’ici, je le fais par plaisir et curiosité vu l’engin.

J’ai déjà écris plusieurs fois que Minolta, disparu trop tôt, avait été prolifique et souvent innovateur. Voyons avec ce Riva 105I APZ si cela se confirme.

Déjà la forme ! Plus large que haut, ça lui donne un « look » qui rompt avec la concurrence de l’époque, celle du début des années nonante (introduit en automne 1990) avec des compacts souvent performants.

Si cet appareil fait partie des compacts, disons que la notion de compacité s’est un peu perdue en chemin car celui-ci vous devrez le manœuvrer à deux mains … enfin si vous savez comment le prendre en mains car sa forme déroute !

Pour que ce soit confortable, vous devez le prendre comme s’il s’agissait de jumelles et le tenir entre vos deux mains. De cette manière, le viseur qui est à peu près au centre est facile et il est lumineux, en plus.

La commande du zoom est sur la gauche, tandis que le déclencheur est à droite.

Avec un peu d’entrainement, on s’y habitue … ou pas.

Bon, ça c’est pour le dehors, et le dedans ?

Quand on s’appelle Minolta Riva Zoom 105i APZ, c’est que l’on possède au moins un zoom qui va jusqu’au 105mm, en partant ici du 35mm. Une belle amplitude, même si perso j’aime bien un angle un peu plus large (28 ou soyons fou, 24mm).

Mais la particularité de ce zoom est d’être … automatique, tout comme le reste de l’appareil d’ailleurs : chargement, lecture du codage DX (sensibilité du film de 25 à 3200 Asa), exposition entre 1/2s et 1/500s, flash (avec fonction anti-yeux rouges) et, à la fin, rembobinage lorsque le film est terminé.

Revenons un instant sur ce fameux zoom automatique : ses ouvertures ne sont pas si mauvaises, f4 à 35mm et f6,7 au 1O5mm. Sa dénomination APZ veut dire Advanced Power Zoom. En pratique, un capteur IR (infra rouge), situé sous le viseur essaie de trouver le sujet qui est le plus prêt du cadre et qui n’est pas à l’infini et le zoom se met en marche tout seul pour faire la mise au point dès que vous le portez à l’œil (il y a deux détecteurs près du viseur).

Rassurez-vous, ce système étrange est débrayable, en tout cas avant que vous ne deveniez fou (il suffit d’appuyer en même temps sur T et W). Merci qui ?

Pensez toutefois que dès que vous rallumerez le boitier, le zoom va recommencer sa dance de st Guy en essayant de capter un sujet proche.

On s’y fait, … ou pas !

Et donc, si vous désactivez sa fonction automatique, vous pouvez ensuite, normalement, utiliser les commandes W (large) ou T (télé) pour viser ce que vous voulez, vous.

Qu’y a-t-il d’autre ?

Un dos dateur sur certains modèles, qui, comme d’habitude, ne sert plus à rien, les dates ne dépassent pas les années deux-mille.

Sinon, sur l’arrière de l’appareil, un interrupteur ON/OFF, le bouton pour les fonctions du flash (j’y reviens) et la commande du retardateur, un petit écran ACL. Simple et même sobre.

Le flash donc. Par défaut, il est automatique. Il vous faudra appuyer trois fois sur le bouton pour l’éteindre, la seconde pression est celle du flash forcé (fill-in). Le système anti yeux de lapin affolé est assuré par un pré-éclair en mode automatique.

Le petit écran ACL ne renseigne que les fonctions retardateur/flash, le minimum syndical en somme.

Pour le faire fonctionner, une pile 2CR5 de 6v suffit, la trappe étant en dessous de l’appareil.

Finalement, que retenir de ce drôle d’engin ?

Dans la tradition Minolta, il n’est pas mauvais même s’il désoriente par sa préhension un peu spéciale. Mais d’autres, comme Pentax, feront pire (ou mieux ?).

Il est en tout cas très facile à utiliser puisque tout automatique, ce que les photographes amateurs de ces années-là semblaient apprécier au plus au point.

Il n’est pas discret, ce n’est pas un foudre de guerre mais il donne de bons résultats (voir les exemples de photos ICI).

Reste que c’est amusant de sortir avec ce type de boitier mais n’espérez pas passer inaperçu, ne fut ce que par la manière de le tenir pour s’en servir.

Essayer de ne pas perdre, si vous l’avez reçu avec l’appareil, le cache objectif, qui couvre aussi le viseur. Ça c’est un bon point (si, si, il y en a) car vous voyez directement si vous avez oublié de l’ôter.

Si vous êtes curieux et que vous en trouvez un au hasard d’une brocante, d’un vide-grenier, ou si on vous le donne, ne faites pas la fine bouche, essaye-le, ça vous changera de ce que vous connaissez, mais – en cas d’achat – il ne vaut pas plus de 10€ complet.

Source : Collection-appareils, Photokina 1991-92.

Une video d’illustration

Quelques données techniques :
Cartouche de type film 35 mm 135, contacts DX pour films 25-3200 ASA
Optique 35 – 105 mm
Plage d’ouverture 4 – 16 (35mm) / 6,7 – 27 (105mm)
Réglage de la distance de 0,7 m à l’infini
Mise au point automatique, capteur de ligne CCD passif (mesure TTL), lumière auxiliaire LED
Couvercle en plastique de protection de l’objectif
Filetage du filtre M 40,5×0,5
Vitesses d’obturation 1/2 – 1/500 s.
Mesure de l’exposition intégrale pondérée centrale entièrement automatique, activation automatique du flash (peut être désactivée)
Flash intégré, nombre guide 13, mode anti-yeux rouges
Viseur Image réelle Viseur Kepler
Retardateur électronique, environ 12 secondes
Alimentation 1 pack lithium 2CR5
Dimensions 153 x 64,5 x 84,5 mm
Poids 560 grammes
Le APZ (Advanced Power Zoom): Dans ce mode, qui peut être désactivé, l’appareil photo essaie de zoomer sur le sujet pour remplir l’image. Ceci est déclenché par un capteur IR sous le viseur (détecte si le photographe regarde à travers le viseur).

Des références : https://e-ca.pagesperso-orange.fr/Minolta%20Riva%20Zoom%20105i.htm, http://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?p=360701, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11557.html, en français, https://filmandsensor.com/this-is-a-weird-camera-minolta-freedom-zoom-105i/, en anglais, http://www.optiksammlung.de/Diverse/MioltaRivaZoom105i.html en allemand.

Argentique

Le Ricoh LX-55W

Voilà, c’est le dernier acheté sur la brocante sonégienne. Un petit Ricoh « weather resistant » dans sa pochette d’origine et avec sa dragonne.

Il ressemble un peu à une savonnette, le compartiment des piles est propre et son objectif est un 34mm. Une petite négociation sur le prix et hop, il rejoint la moisson du jour.

Rentré à la maison, petite séance de nettoyage (je n’aime pas l’odeur de cigarette) et j’insère deux piles AA très classique dans le compartiment. Le cache objectif coulisse et hop, l’appareil se réveille sans souci.

C’est de bonne augure…

En fait, j’ai acheté ce petit appareil pour au moins deux raisons : il était complet avec son petit sac et sa dragonne d’origine et ensuite, le mot « panorama » avait éveillé ma curiosité. Si j’ajoute à cela le fait qu’il soit « weather résistant », je ne pouvais pas le laisser seul dans sa grande caisse, non ?

C’est donc un petit « point and shoot » qui a vu le jour en 1994 au Japon. Il a aussi existé en version dateur (LX-55W Date) qui ne sert plus à rien car il ne va pas plus loin que l’ année 2020, ce qui est déjà exceptionnel en soi.

Comme souvent à l’époque, il partage nombre de ses composants (objectif, obturateur, forme du boitier, p. ex.) avec d’autres petits Ricoh mais il a un petit plus, deux même.

Résistant aux éclaboussures et la poussière, c’est typiquement le type de petit appareil que vous emporterez partout sans crainte. Attention, il n’est pas étanche au sens où vous ne pouvez pas l’immerger.

Et il vous propose un mode panorama, une fonction anti yeux rouges et un retardateur.

Avec lui, pas besoin de se farcir un mode d’emploi de 400 pages : il est tout automatique ! Le chargement est motorisé, le réglage de la sensibilité passe par la lecture code DX, la mise au point et l’exposition sont automatiques. Il possède un flash intégré qui équilibre bien ses interventions et vous avez même un système de réduction des yeux rouges pour que votre famille ou vos amis ne ressemblent pas à des lapins effrayés. En fin de film, il rembobine lui même la pellicule. Bon, faudra quand même que vous la portiez au labo !

Vous visez, il prend les photos, on ne peut faire plus facile ni simple. Et il le fait bien.

Le tableau de commande est réduit mais efficace : un déclencheur doux, le petit bouton du retardateur (10 secondes), le minuscule bouton pour rembobiner à mi-bobine, un compteur de vue (qui revient automatiquement à zéro), le bouton pour choisir entre photo normale ou panoramique, c’est tout.

Son objectif, un 34mm ouvrant à f4,5 (3 éléments en 3 groupes), protégé par la porte coulissante, a bonne réputation.

Petit particularité néanmoins, il est à f4,5 quand il déclenche au 1/50s mais il passe à f11,2 quand il le fait au 1/100s. Couplé avec la lecture DX qui sélectionne la vitesse des films (de 100 à 400 Asa), le boitier fait du bon travail pour vous sortir de belles photos.

Vous risquez plus des flous de bougé que de netteté

Pour la fonction panorama, lorsque vous ouvrez l’appareil, le petit bouton au dessus, qui permet de commuter entre le mode normal et panorama, fait glisser un cache qui réduit et allonge le cadre de visée.

Si vous regardez la video ci-dessous, c’est bien visible (à partir de 4′ 20″).

Pour la réduction des yeux rouges, il faut appuyer sur le petit bouton sous le flash, ce qui allume une diode sensée empêcher le phénomène de se produire.

Bref, que retenir de ce petit appareil au look sympa ?

Comme je l’écrivais, celui-là, vous n’aurez pas peur de le sortir, il est fait pour résister à beaucoup d’aléas. Il est facile, léger, peut-être un peu gros pour se glisser dans une poche, mais certainement dans un petit sac.

Un petit compagnon qui ne devrait pas vous coûter plus de 15€ et ne vous demandera que 2 piles AA pour fonctionner. Pas de folles dépenses avec lui. En tout cas, moins cher et mieux fini que la plupart des jetables qu’on nous propose actuellement.

Bonnes photos.

Un petit peu de technique :

Date de sortie : octobre 1994
Objectif Ricoh 34 mm f/4,5, 3 éléments en 3 groupes
Mise au point fixe
Obturateur de 1/50 s. et 1/100 s.
Ouvertures de f4.5 et f11.2
Plage de vitesse du film de ISO 100 ou 400 (système DX-Code)
Botier résistant aux éclaboussures (JIS Classe 4), Flash automatique, Réduction des yeux rouges, Retardateur, Panorama commutable
Source d’alimentation : pile de type AA X 2 (alcaline ou manganèse)
Dimensions : 123 mm X 67 mm X 48 mm
Poids : 250 g (sans piles)

Quelques références, comme d’habitude : http://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_LX-55W, https://cameragocamera.com/2016/01/17/ricoh-lx-55w/ en anglais.

Argentique

Le Fuji DL-200

Première « vraie » brocante ce 3 avril 22 à Soignies. Franchement, chapeau aux valeureux exposants, cette nuit nous avons atteint en Hainaut les moins 6°C !

Mais c’est sous le soleil que nous déambulons dans les avenues du Parc Pater et si tous les exposants prévus (150) ne sont pas là, les courageux présents font aussi œuvre de charité car le coût des emplacements va au Télévie de Soignies. Perso, ça m’incite à acheter.

Par exemple ce Fuji DL 200.

Pourquoi lui ? D’abord pour son optique, un 32mm qui ouvre à f2,8 et ensuite … parce que je n’ai pas réussi à trouver, sur place, où on mettait la pile nécessaire à son fonctionnement d’autofocus des années quatre-vingt et quand ça m’intrigue …

Donc, une fois rentré à la maison, je le tourne et retourne à nouveau dans les mains pour trouver l’astuce : rien sur l’extérieur de l’appareil ne laisse supposer une trappe quelconque, il faut donc chercher à l’intérieur. Or, quand on ouvre la porte arrière, celle-ci se bloque grâce à un mécanisme que j’ai déjà vu sur d’autre appareil : en fait, c’est fait pour les chargements automatiques de l’époque, j’y reviendrai. En faisant sauter le loquet du système, la porte s’ouvre normalement et là je trouve la pile.

Enfin, les piles, car je tombe sur un « bricolage » assez étrange qui me fait penser que la pile d’origine ne va pas être facile à trouver …

Mais, ne brulons pas les étapes et découvrons ce petit appareil à la forme très typée années quatre-vingt et sympathique.

Un petit bloc, genre briquette, avec un cache objectif qui sert aussi d’interrupteur pour la mise en route ou éteindre l’engin. Il est facile à transporter, sa surface n’ayant aucune aspérité et son objectif étant protégé.

C’est typiquement un « point and shoot » de ces années-là. Mais il est doté d’un objectif de 32mm ouvrant à f2,8 (4 éléments en 4 groupes) reconnu pour sa qualité.

Sorti en 1983, il se nomme Fuji Cardia au Japon et Fuji DL-200 partout ailleurs. Les deux lettres « DL » signifient « drop in loading ». En fait un système de chargement ultra simplifié : vous glissez la cartouche dans l’appareil, amorce légèrement sortie et l’appareil se charge de tout, et même plus car il soigne les distraits ou les maladroits qui risquent d’ouvrir la porte arrière par inadvertance. En effet, lorsque vous introduisez un film dans le logement ad hoc, l’appareil pré-enroule le film sur la bobine réceptrice et les vues « rentrent » au fur et à mesure des prises de vue. Donc, si vous ouvrez l’appareil par erreur, ne seront gâchées que les vues non encore exposées.

Fuji présentait cet appareil comme le premier au monde à proposer cette technologie.

En outre, le boitier « lit » le codage DX du film (sensibilité de 50 à 1600 Iso), tout ça pendant les quelques 13 secondes pendant lesquelles il enroule votre film de 24 vues. Sympa, non ?

Ensuite, ce petit boitier est équipé de deux cellules, dirigées vers le film, et qui mesurent en continu l’exposition, y compris lorsque vous utilisez le flash.

Et puisque je parle du flash, il est automatique mais débrayable et vous pouvez décider quand l’actionner, par exemple pour un fill-in (débouchage des ombres).

La mise au point est, bien entendu, automatique, à partir de 60cm et elle est mémorisable (appuis à mi-course sur le déclencheur). Petit détail à remarquer, l’autofocus fonctionne aussi la nuit, ce qui n’est pas toujours le cas pour les appareils de ces années-là.

L’exposition est aussi automatique, programmée de 1/4s à 1/400s, avec synchro flash bien sûr.

Allez, je résume : un point and shot autofocus efficace, avec un très bel objectif, lumineux, un flash intégré et débrayable, facile à transporter.

L’appareil parfait ?

Eh non, M’sieurs – Dames, ça n’existe pas !

Car les ingénieurs de l’époque ont eu une idée tout à fait saugrenue : lorsque la pile rendait l’âme, vous étiez obligé de renvoyer l’appareil en usine pour qu’ils vous la changent !

Absurde n’est-il pas ? Bon, ok, ils ont corrigé le tir avec le Fuji DL-200 II (ou Cardia II) où l’on pouvait changer la pile soi-même, mais, et nous, on fait comment ?

Si vous avez bien regardé les photos ci-dessus, vous aurez, comme moi, découvert deux piles CR123A soudées. Ce que je pensais être un bricolage était en fait le montage d’usine.

A l’époque, Fuji estimait que ce montage permettait de prendre environ 1000 photos en utilisant le flash pour la moitié du temps, ou 8 ans en utilisation normale.

Ben, à mon avis, l’exemplaire que j’ai acheté a été remisé quand ses piles ont rendu l’âme. Heureusement qu’elles n’ont pas coulé.

La video ci-dessous vous montre comment contourner le problème. Perso, je penche plutôt pour une solution à une pile de 6v, je vais creuser.

Le viseur est bien clair, assez grand pour ce type d’appareil, avec un cadre bien défini et un point central pour indiquer la mise au point. Il n’y a pas d’indication sur les paramètres que choisit l’appareil, c’est habituel pour ce genre de boitier. Il faut lui faire confiance, mais il vous décevra rarement.

Si j’en crois les articles que j’ai pu lire pour préparer cette chronique, un autre soucis est le temps d’éveil : le bougre serait lent à se « réveiller » lorsqu’on le met en batterie une première fois. Près de 20 secondes ! En fait, le temps de charger ses condensateurs, dont celui du flash.

Le conseil étant dès lors de le réveiller avant votre séance photo, pour qu’il soit prêt à temps. Le constat vaut surtout dans des conditions de base lumière, moins quand il y a du soleil.

Mais je ne pourrai le vérifier que lorsque j’aurai trouvé la solution pour la pile, et le tester en vrai.

Que vous dire d’autre si ce n’est qu’il a existé avec un dos dateur qui, outre un certain embonpoint, ne doit plus être d’aucune utilité de nos jours.

Que penser au final de ce petit Fuji DL-200 ?

Si ce n’est le souci de la pile, qu’il faut résoudre si ça n’a pas été fait par un utilisateur bricoleur avant, c’est un beau petit appareil, très typé de son époque mais qui ne manque pas de charme, un peu désuet. Des exemples de photos que vous trouverez ci-dessous, il délivre de belles images.

Sa tenue est agréable, pas trop grand ni trop épais, le revêtement granuleux assure une bonne préhension. Le déclencheur est souple et bien placé.

Ne pas oublier de changer la mousse autour du témoin de film (la petite fenêtre à l’arrière) pour éviter les fuites de lumière. Pour le reste, c’est bien construit et solide, le plastique de qualité.

Remarquez la petite saillie en dessous du flash, pour éviter d’y poser les doigts quand on le tient en mains, une petite astuce bien pratique qui vous évite aussi de mettre un doigt devant l’objectif (si, si, ça arrive).

Reste qu’il faut en trouver un et ne pas avoir peur de prendre son fer à souder. Celui que j’ai acheté ne m’a coûté que 3,5€ car le vendeur ne le connaissait pas non plus. Mais j’imagine que vous devriez pouvoir le négocier dans les 15€ maximum, avec sa dragonne et, idéalement, sa sacoche.

Petite video d’illustration

Source : Collection-appareils, Camara janvier 1987.

Des exemples de photos ICI et LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par là-bas.

Quelques données techniques :

Objectif : Fujinon 32 mm f/2,8 (4 éléments/4 groupes)
Mise au point : Autofocus avec verrouillage de la mise au point, 0,6 m à l’infini.
Obturateur : Électronique programmé, 1/40–1/400 s, retardateur.
Mesure : mesure directe hors film à travers l’objectif.
Sensibilité du film : ISO 50–1600, définie par code DX. Films non DX exposés à ISO 100.
Flash : Flash TTL intégré, GN 10.
Alimentation : batterie au lithium 6 V intégrée.
Dimensions : 134 x 69 x 42,5 mm.
Poids : 265 grammes.

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Fuji_DL-200, https://filmphotography.eu/en/fuji-dl-200/, https://filmandsensor.com/oh-another-point-and-shoot-camera-fuji-dl-200/, https://www.newwavepool.shop/products/fuji-dl-200-35mm-film-camera?variant=33372566159446, en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=1641, en français

Argentique

Le Smena 8

Toujours sur la brocante de Soignies, j’ai aussi dégoté ce Russe. Oui, je sais, il y a embargo sur leurs produits mais celui-ci fut produit sous Leonid Brejnev, Anastase Mikoyan, Nikolaï Podgorny et encore ce bon vieux Leonid (entre 1963 et 1971, pour l’appareil). Y a prescription !

Je vous avoue que je ne pensais pas trouver tant de choses à écrire sur cet appareil tout en plastique, à la forme étrange, pas vraiment beau et qui sent bon l’appareil que je classe dans les « lomographiques », c-à-d. aux rendus sans doute très, heu … aléatoires ?

Mais commençons par la présentation illustrée de l’engin

1 – ouverture, 2 – vitesses, 3- objectif, 4- échelle de profondeur de champ, 5 -levier d’armement, 6 -déclencheur, 7 – aide mémoire du film, 8 – compteur de vue, 9 – Viseur, 10 – molette de rembobinage, 11 – corps de l’appareil, 12 – couronne des vitesses, 13 – échelle des distances, 14 – verrou du dos, 15 – prise de synchro flash (PC), 16 – levier du retardateur, 17 – contrôle de l’ouverture, 18 – échelle des distances

19 – griffe flash dite froide, 20 – compteur de vue, 21 – viseur, 22 – molette d’armement, 23 – bobine réceptrice, 24 – dos détachable, 25 – presse film

Comme ça, le décor est planté.

Un peu d’histoire pour commencer : le nom Smena (Смена) est celui d’une longue série d’appareils conçus pour être peu coûteux, simples à utiliser, faciles à produire.

Le premier de la liste sera produit en 1939, tout en bakélite. Conçu par Ilya Grigoryevich Shapiro, il s’inspirait d’un Kodak Bantam avec quelques améliorations comme un obturateur plus souple d’utilisation, la possibilité de faire la mise au point et un viseur intégré à l’appareil, mais moins « beau ».

Source : About Photography Legend, le Kodak Bantam Art Déco
Source : Wikipedia, le Smena premier du nom.

Presque tous les Smena furent fabriqués à Leningrad (l’ancienne St Petersbourg qui redeviendra St Petersbourg !) dans l’usine de GOMZ (Gosudarstvenniy Optiko-Mekhanicheskii Zavod ou fabrique d’appareils optiques).

Un mot au sujet de cette entreprise pour comprendre mon allusion à la lomographie : LOMO (en russe : ЛОМО), acronyme russe de Ленинградское oптико-механическое oбъединение (Leningradskoïe Optiko-Mekhanitcheskoïe Obiedinienie, signifiant Association optico-mécanique de Léningrad), est la principale entreprise russe d’optique instrumentale.

Localisée à Saint-Pétersbourg, c’était à l’origine une firme franco-russe fondée en 1914. Nationalisée en 1919, elle a pris le nom de GOMZ en 1930, puis celui de LOMO en 1962.

La particularité de cette société est d’avoir produit une gamme astronomique d’appareils avec néanmoins une certaine constance : des appareils peu coûteux qui visaient à introduire la photographie de masse dans l’Union Soviétique. C’est sans doute un des producteurs les plus prolifique au monde.

Entre temps, la seconde guerre mondiale est passée par là et même si l’usine de GOMZ fut épargnée de la destruction, il faut attendre 1953 pour que le même Ilya Grigoryevich Shapiro sorte un nouveau Smena.

Pourquoi avoir repris ce nom, qui signifie « changement » ? La petite histoire dit que la sortie de l’appareil coïncide avec la disparition du tyran Joseph Staline et que notre bon Ilya Grigoryevich espérait sans doute du changement dans la politique de son pays …

Le Smena donc repart et se « perfectionne » au fil des numéros, jusqu’au Smena 5 qui introduit le premier corps bicolore.

Source : Soviet Camera’s

Heu, si vous regardez bien cet appareil, vous constatez qu’il n’y a pas de molette de rembobinage sur le dessus (ni en dessous d’ailleurs) : le film terminé, vous deviez vous mettre dans une chambre noire, ouvrir l’appareil et rembobiner à la main le film. Sans doute économique mais absolument pas pratique !

Les spécialistes considèrent qu’il y a une première génération de Smena, du 1 au 4, et une seconde qui débute avec le 5 pour se terminer au 9. Avec, entre temps, des variantes qui présentaient des changements mineurs entre elles.

Mais venons-en à notre numéro 8. Le Smena 8 (nom écrit en cyrillique pour le marché intérieur ou romain pour l’exportation), qui sera aussi appelé Cosmic 35 pour le marché anglais ou Global 35, ou encore Revue pour le distributeur allemand Foto-Quelle, est clairement destiné à une production visant aussi l’Occident décadent.

Bref, avec toutes les variantes, on estime que plus de trente millions d’appareils ont été vendu sous appellation Smena. Un fameux record !

Ce qui est un avantage, car ces appareils sont tellement courant qu’on en trouve un peu partout, à des prix « démocratiques ».

Si je résume à cet instant la philosophie des appareils Smena, nous pouvons dire qu’il s’agit d’appareils « low cost » et simples, destinés aux amateurs peu fortunés mais qui veulent quand même un appareil avec un bon objectif.

Le Smena 8 est dans la tradition avec un corps en plastique qui, s’il ne pèse que 327gr, semble dense en main; avec un petit côté ergonomique – la simili poignée à gauche, ce qui est bizarre parce que le déclencheur reste à droite, mais permet toutefois une bonne prise en mains.

Détaillons un peu l’engin : la plaque supérieure est banale, avec un petit bouton de rembobinage sur la gauche, à côté d’une griffe porte-accessoires, un cadran de rappel de film et un compteur d’exposition combinés, et un bouton de déclenchement fileté, garni de petits picots. L’avance du film est réalisée par une roue à droite, sous la plaque supérieure.

Cette roue a existé sur d’autres appareils de l’époque, si ce n’est qu’ici elle est accessible par devant ou derrière l’appareil, pour une meilleure prise. Ce qui n’est pas du luxe car elle n’est pas très « fluide ».

En dessous, rien de bien particulier, sauf peut-être la douille pour fixer un trépied, qui est au standard 1/4″ et pas au standard russe de 3/8″. Exportation oblige.

Le déverrouillage du dos se fait en actionnant le loquet qui est sur la tranche gauche de l’appareil (en le regardant de face). Le verrou est efficace et tient bien mieux que celui du Holga par exemple (mais ce n’est pas un bon exemple).

C’est le dos complet que s’enlève pour accéder à la chambre, ce qui n’est guère facile car lors d’un changement de bobine, il faut le tenir à l’œil pour qu’il ne tombe pas, p. ex. Autre particularité, il y a une bobine réceptrice dans l’appareil, amovible, un peu comme sur les anciens Zorki, Fed et consorts. Notez que si l’exemplaire que vous avez acquis en est dépourvu, vous pouvez la remplacer par une bobine de film « classique ». Elle se place à gauche dans la chambre.

Je note toutefois que des rainures permettent un bon assemblage et je pense qu’il ne doit pas y avoir de fuite de lumière de ce côté là. Le pastique est costaud.

Autre particularité de l’engin, son levier d’armement ! Je récapitule : pour faire avancer le film, vous tournez la grosse molette, jusqu’à ce qu’elle cale car vous êtes à la vue suivante. Mais ce mouvement n’arme pas l’obturateur. Vous devez le faire vous-même avec le petit levier qui se trouve sur le côté de l’objectif (le point 5 sur le dessin du dessus). Enfin, le déclencheur ne sert qu’a libérer l’obturateur.

Et si vous voulez utiliser le retardateur, on recommence : avance du film avec la grosse roue, armement de l’obturateur avec son levier, armement du retardateur avec l’autre levier sur l’objectif (le point 16 du dessin) et déclenchement avec le bouton du dessus.

A croire que ce système a été inventé pour favoriser les doubles expositions involontaires !

Ceci étant, l’obturateur offre 5 vitesses, de 1/15s au 1/250s, plus une pause B. C’est un peu court, surtout avec nos films modernes qui peuvent proposer du 800 Asa, voire plus. Si vous avez choisi ces vitesses rapides, sachez que vous aurez intérêt à n’utiliser le Smena 8 qu’à l’intérieur ! Un film de 100 Asa sera plus utilisable s’il y a du soleil.

Allez, autre rayon des choses étranges, le réglage de l’ouverture de l’objectif, qui se fait en tournant la bague à l’avant de celui-ci. Comme les bons vieux Jupiter 12 ou les anciens Leica Elmar. Vous aurez donc toutes les chances de laisser à un moment ou un autre des traces de doigts sur la lentille.

Mais vous constaterez que le devant de cet objectif comporte de fait deux échelles : celle des distances (de f4 à f16) et une notée de 4 à 8.

On s’y fait car c’est finalement assez pratique, étrange mais utile. Plutôt que d’aligner des mots, je vous invite à regarder la video ci-dessous pour saisir l’intérêt de ce système, finalement assez génial à défaut d’être pratique.

Ah, un mot sur le viseur, très lumineux, et pour cause : il s’agit de deux verres plats, sans grossissement, sans aucune marque pour aider à la visée, rien ! Un tube, point barre. Ce qui va compliquer la vie des porteurs de lunettes car sans grossissement, ils ne verront jamais l’entièreté du cadre de visée.

Vous avouerez que jusque là, ce n’est pas encourageant pour tester cet engin étrange. qu’est-ce qui pourrait bien rattraper l’impression de « bidule » induit par le Smena 8 ?

Son objectif ! Un triplet T-43, soit un 40mm qui ouvre, comme je l’ai écris plus haut, de f4 à f16. Si vous regardez l’échelle de mise au point, à f8, vous serez net de 2m à l’infini; à f11, vous serez net de 1,5m à l’infini. Autrement dit, si vous oubliez de faire la mise au point, il y a de forte chance pour que vos images soient nettes quand même.

Au vu des exemples que je vous invite à découvrir ICI et encore ICI, le rendu des images est bon, voire très bon.

Bon, que penser de cet appareil ?

Selon les critères de chacun, il est franchement moche, vintage, décalé, mignon.

Comme d’habitude, les goûts et les couleurs …

Mais à part quelques bizarreries, il n’est pas si mauvais et pourrait même apporter son lot de (bonnes) surprises, pour autant que vous soyez conscient de ses limites.

Si j’ai écris un peu plus haut qu’il n’est pas rare, on n’en trouve quand même pas beaucoup en Belgique. L’Angleterre et l’Allemagne semblent avoir été de bien meilleurs marchés.

Donc, si vous tombez sur un exemplaire en bon état et que vous n’avez pas peur de l’exotisme, laissez vous tenter. Car vous l’emporterez pour une quinzaine d’euros tout au plus.

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Un peu de technique :

Ce modèle est similaire au Smena-6 , mais avec rembobinage du film ajouté, possibilité d’utiliser une seule cassette avec bobine réceptrice et système de blocage
Bouton de rembobinage contextuel
Obturateur : central, vitesses 1/15-1/250 + B avec synchronisation flash
Objectif : T-43 (Triplet) 40mm f/4 en trois éléments, avec couche de protection
Ouverture : f/4 – f/16
Retardateur +/- 10 sec.
Mise au point : 1 mètre à l’infini
Batterie : Aucune (pas de cellule)
Support Flash : griffe froide, synchro M et X

Des références : https://sovietcameras.org/smena-8/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Smena-8, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Smena_Series_by_GOMZ_%26_MMZ_%26_LOMO, https://www.mikeeckman.com/2020/10/lomo-smena-8-1963/ https://www.lomography.com/magazine/12138-smena-8, http://ussrphoto.com/Wiki/default.asp?WikiCatID=71&ParentID=1, https://www.commiecameras.com/sov/simplecameras/index.htm, https://oldcamera.blog/2017/05/27/cosmic-35-aka-smena-8/ en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=43, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Lomo/Lomo_Smena_8, https://fr.wikipedia.org/wiki/Smena, http://www.lumieresenboite.com/collection2.php?l=1&c=Lomo_Smena_8M en français

Argentique

Le Kodak Intamatic 355 X

Toujours dans la gamme des appareils « luxueux » des Kodak Instamatic, j’ai trouvé ce 355X chez un vide-grenier.

Brève négociation du prix et me voici à la maison, muni de mes traditionnels coton et coton-tiges imbibés d’alcool à 90° pour le nettoyer de fonds en comble (et il en avait bien besoin).

Petit tour du propriétaire pour constater qu’une pile se cache dans l’appareil, une 6v. Elle commençait à s’oxyder mais elle n’a pas coulé et le compartiment est intact, tant mieux.

Bien naturellement, il acceptera les Kodapak ou cassette 126, spécialement créés pour la gamme des Instamatic. Pour en savoir plus à ce sujet, je vous renvoie avec plaisir vers les autres Instamatic déjà vus sur le site : le 28, le 154, le 324, le 233, le 277X.

Son objectif est un fix focus de 43mm ouvrant à f11, ce qui autorise une netteté de vos images de 1,2m à l’infini, pour autant que le soleil soit de la partie. Sinon, comptez sur le flash, un Magicube.

Si vous avez suivi les autres Instamatic et mes quelques digressions à leur encontre, vous aurez remarqué que, généralement, s’il y avait une pile, c’était pour utiliser des …flashcubes qui ont besoin d’une alimentation électrique.

Or ici, double contradiction : il y a une pile mais les flashs sont des Magicube, qui n’ont pas besoin de courant.

Quelle autre explication à cette pile de 6v, une 4LR44 actuelle ?

Si vous regardez bien sur la façade de cet Instamatic 355 X, il y a un rond à côté de la marque, une espèce d’hublot près du viseur.

Serait-ce une cellule ?

Eh oui, sur cet appareil, fabriqué de 1971 à 1977, Kodak avait greffé une cellule au CdS qui contrôlait la vitesse.

Introduit en même temps que le 155X et le 255X, il aura la même longue carrière que ce dernier.

C’est clair, l’ajout de cette cellule était un atout : vous n’aviez plus qu’à visez, l’appareil calculant la vitesse d’obturation.

Et justement, parlons-en des vitesses de cet appareil : l’obturateur déclenche de 30 secondes (vous avez bien lu) au 1/300s. Il est donc possible de faire des pauses longues avec ce 355X. La preuve ? Un filetage pour un trépied est prévu dans la semelle et il y a la possibilité de fixer un déclencheur souple près du déclencheur classique.

Voilà qui ouvre des perspectives intéressantes …

Si, lorsque vous visez, la cellule détecte un temps de pause supérieur au 1/30s, un signal lumineux (un point rouge dans le coin inférieur droit du viseur) vous en averti, vous incitant à utiliser un trépied ou à placer un Magicube dans la prise au dessus de l’appareil.

Décidément, ce petit compact, qui ne paie pas de mine, a des réserves pour nous étonner !

Le plus fou de l’histoire, c’est que cette petite boite de plastique a traversé le temps, vraisemblablement ballotée sans trop de ménagements, et qu’elle fonctionne toujours : elle arme, déclenche, le témoin lumineux est bien là !

Seule la cassette en 126 devient délicate à trouver : les dernières ont été fabriquée en 2009. Ou alors, il faut passer par les manipulations que je vous ai exposées dans l’article sur le 233.

Franchement, ça me tente …

Plus vintage que ça, c’est difficile, non ?

Alors, vu la quantité de ces appareils que l’on trouve facilement, faites-vous plaisir, tentez l’aventure.Cela vous rappellera les temps anciens ou vous remplissiez les albums familiaux, voire cela vous rapprochera des gestes de vos parents ou grands-parents, qui ont illustré votre historie familiale de ces petites photos carrées pleine de charme.

Comme j’avais bien envie de tester cet appareil, en passant sur le site de vente bien connu, j’ai dégoté quelques cassettes en 126 … Fuji ! Des 12 vues en 100 Asa expirées depuis 1991. Gageons qu’elles aient été bien conservées, mais je vais tenter l’aventure avec elles.

Les pubs de l’époque (merci à Collection-appareils)

Source : Photo-Plait 1972
Source : Manufrance 1973

Les données techniques :

Production09/1971 – 1977        –        Kodak Germany et Royaume Uni
Type de film126
Format image28x28mm
BoîtierPlastique avec facade en métal
ObjectifRodenstock 43mm ouvrant à f1:11, fix focus
ViseurOptique
ObturateurElectronique de 30 secondes au 1/300e. Un signal lumineux prévient lorsque la vitesse descend plus bas que le 1/30e
PosemètreCellule CdS
FlashMagicubes
DiversPrise pour déclencheur souple

Bien qu’il soit très simple d’utilisation, voici le lien vers le mode d’emploi, ICI.

Quelques références : https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-355x/, http://www.appaphot.be/en/brands/kodak/kodak-instamatic-355x/, https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1194 en anglais, https://app-phot-col.com/boit_deta_5.php, http://glangl1.free.fr/Liste-KodakInst.html en français, https://www.fuorifuoco.it/kodak-instamatic-355-x/ en italien

Argentique

Le Kodak Instamatic 277X

Ben oui, je vous ai déjà écris que des Instamatic, vous pouviez en trouver dans tous les greniers, les brocantes, les tiroirs des parents et grands-parents, les vide-grenier, etc.

Rappelez-vous, plus de 50 millions d’appareils ont été produits entre 1963 et 1970 … ça laisse rêveur !

Donc j’en ai recueilli quelques uns, que j’ai eu envie de vous présenter.

Vous avez déjà pu lire les comptes-rendus des Kodak Instamatic 28, 154, 233, 324 … Aujourd’hui, ce sera le 277X.

Et si vous vous en souvenez, s’il est classé X c’est parce qu’il accepte les Magicube et qu’il n’a pas besoin de pile.

La forme est relativement identique à ses prédécesseurs : un corps en plastique et une façade en métal, chromé car c’était la grande mode dans les années septante (même le corps de l’objectif est chromé, en plastique, mais chromé !). Le chrome, c’est chic.

Cet appareil, produit de 1977 à 1985 sera décliné en deux versions : allemande ou anglaise selon l’endroit de production (Kodak Ltd pour le Royaume-Uni, Kodak AG pour l’Allemagne).

Ce qui les différencie tient à quelques détails :

Version allemandeVersion anglaise
La sérigraphie est de couleur noireLa sérigraphie est de couleur « cacao foncé ».
La languette de déclenchement du flash est légèrement plus grande et plus large que celle de son homologue anglais. 
La fenêtre de visualisation du film est toute lisse et entière alors que sur le modèle anglais il y a deux traits verticaux qui la traversent pour mieux cibler le centre du film.
source : Collection-appareils, selon T. Struss

C’est un des Instamatic produit le plus longtemps sans modifications.

Pour mémoire, la série Instamatic était très populaire car vendue à prix très bas, simple à utiliser grâce à sa cartouche (Kodapak ou cassette 126) et à la possibilité de monter des flashs eux aussi très simples d’utilisation, comme le Flashcube ou le Magicube.

Pas de surprises, il utilise la cassette 126 et son objectif est un Reomar de 41mm ouvrant à f6,6. Sur cet objectif, des réglages illustrés par des pictogrammes (5 comme d’habitude) permettent de régler le diaphragme selon la luminosité ambiante : de grand soleil à temps couvert.

A ceux-là s’ajoutent les distances pour l’utilisation du flash, le fameux Magicube.

Sa focale fixe ne nécessite pas de mise au point car ce type d’objectif repose sur une petite ouverture pour maintenir celle-ci nette. Ainsi, un objet à quelques mètres sera aussi net qu’un autre à l’infini.

Lorsqu’un Magicube était fixé à son sabot, un drapeau rouge, visible dans le viseur, vous le rappelait (et, honnêtement c’eut été difficile de ne pas le remarquer ! ).

L’exemplaire que j’ai trouvé chez un vide grenier était « tout nu », c-à-d. sans son « sac tout près », moulé en plastique pour le tenir au plus près. Une petite tigette métallique dans le boitier le clipsait à ce sac.

Il faut abaisser un petit levier, sur le côté pour ouvrir la chambre afin d’y glisser la cassette de film.

Attention, ne forcez jamais sur cette petite porte, tout en plastique car sa charnière peut vous lâcher (il n’y a pas de charnière métallique reliant le corps à la porte).

Elle comprend une ouverture qui permet de lire le chiffre de la vue en court car il n’y a pas de compteur de vues sur l’appareil.

Si nous nous arrêtons un instant sur sa fabrication, tout plastique moulé par injection, les prix sont forcément bas et la construction peut sembler légère. C’est une des causes qui a fait que beaucoup d’appareils ont été jeté, ou oublié dans des greniers, des tiroirs, des caisses (ça, c’est pour notre plus grand bonheur). Mais beaucoup ont péri dans des décharges ou des incinérateurs !

En résumé, nous avons là un bel exemple d’un petit appareil simple, qui fait le job sans complication et qui est resté suffisamment au catalogue que pour prouver son utilité.

Reste qu’il faut toujours compter sur le fait que la cassette en 126 n’existe plus mais je vous ai donné assez d’astuces dans l’article sur le 233 que pour pouvoir vous débrouiller et faire revivre ces petits boitiers sympathiques, que vous trouverez pour trois fois rien un peu partout.

Les pubs d’époque (merci à Collection-appareils.fr)

Manufrance 1977
Camara, 1979

Une petite video d’illustration

Des références : https://www.brocanteurdudimanche.fr/portfolio/appareil-photo-kodak-kodak-instamatic-277x/, https://www.danstacuve.org/test-de-linstamatic-277-x-une-histoire-familiale/, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/1444, en français, https://www.petervis.com/interests/Photography/Camera%20Technology/Kodak%20277X/Kodak%20277X.html, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Instamatic_277X, en anglais.

Argentique

Le Yashica MF-2

Les beaux jours vont revenir (si, si, soyons optimistes) et les envies de photographier léger aussi.

Léger mais argentique, pour le plaisir de sortir un bel appareil de son placard.

Alors voici le Yashica MF-2, un petit compact sympa dans sa robe noire, qui lui sied à merveille.

Cependant, restons de bon compte, nous ne sommes plus au temps de la splendeur des Yashica Electro 35, ni des Lynx, ni même des Minister D.

Ici le métal se fait rare (ouiiii la manivelle de rembobinage est en métal !) même si la construction reste très propre et tout est bien agencé.

Issu de la lignée du Yashica 35 MF (1977), son grand-frère sera le Yashica MF-1 (1979). Tous deux étaient à mise au point par des pictogrammes, indiquant des zones de distances (portrait, photo de groupe, paysage).

Logiquement, le MF-2 est un MF-1 simplifié car si le MF-1 possédait un programme d’exposition automatique, en utilisant la cellule de mesure CdS à l’avant de l’objectif pour faire varier à la fois la vitesse d’obturation et l’ouverture par le programme, sur le MF-2, la cellule de mesure sert uniquement à avertir de la sous-exposition, grâce à une LED rouge qui apparait dans le viseur, vous incitant à sortir le flash intégré.

Ici, s’il garde un objectif de 38mm, ce dernier ouvre à f4 maintenant. Ce n’est plus un Yashinon mais un Yashica Lens et c’est un fix-focus. Vos sujets devront être placé vers 1,5m pour être nets.

S’il n’y a pas de véritable contrôle de l’exposition, vous agissez quand même sur la sensibilité de la cellule, réglable de 100 à 400Iso.

Notons que les films ayant faits d’énormes progrès depuis la sortie de l’appareil, en 1980, vous n’aurez pas trop de soucis à vous faire, à moins de vouloir photographier, sans flash, dans un endroit particulièrement sombre.

Deux piles AA, très courantes, alimentent tant le flash que la cellule.

Un mot sur le flash, justement : afin d’éviter les yeux de lapin pour vos sujets, placez les à au moins 2m de l’appareil. Pour le mettre en route, une poussée sur le dessus du flash le libère et il se met à charger (bruit caractéristique de moustique). Heu … comptez jusqu’à 8 pour voir le témoin s’allumer, indiquant qu’il est prêt.

Pour la visée, un grand viseur avec un cadre assez lumineux à l’intérieur.. Hormis la LED rouge qui vous signalera le risque de sous exposition, rien d’autre à signaler. Ah si, le témoin du flash étant proche, vous le voyez sans quitter le viseur des yeux pendant la prise de vue.

Est-il toujours d’actualité ?

Oui si vous acceptez que le verrou pour ouvrir la porte arrière demande des petits doigts et un peu de patience (ou d’habitude, c’est selon). Pour le reste, c’est un beau petit compact des années quatre-vingt, simple d’utilisation mais qui donne de bons résultats, pour autant que l’on tienne compte de ses spécificités (voir les liens vers des exemples de photos ci-dessous).

Il n’est pas trop difficile d’en trouver, en bon état. Disons qu’avec sa lanière et son sac d’origine, vous ne devriez pas dépenser plus de 25€ pour un bel exemplaire.

C’est un petit compagnon facile à transporter et qui affiche gaiement son côté « vintage ». Si vous en trouvez un, prenez le avec vous, il ne vous décevra pas.

Source : Collection-appareils Phokina 1982-83,

Pour des exemples de photos prises avec cet appareil, c’est par ICI et par LA

Petite vidéo d’illustration

Quelques références : http://camera-wiki.org/wiki/Yashica_MF-2,https://camerapedia.fandom.com/wiki/Yashica_MF_2 en anglais, https://benber.fr/revue-yashica-mf-2/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard_eng.php?id_appareil=13098 en français

Argentique

Le Kodak Instamatic 233

Alors cet appareil, je voulais vous le présenter comme un grand clin d’œil à quelqu’un que j’apprécie – et qui se reconnaîtra.

Quand j’ai eu l’occasion non seulement d’acquérir le boitier mais aussi son emballage d’origine et ses accessoires d’époque, je n’ai pas résisté.

J’ai donc la chance de vous présenter l’appareil de quelqu’un qui a débuté la photographie avec cet Instamatic 233 et qui est devenu … photographe pour son – et notre – plus grand plaisir.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà tracé, rapidement tant l’histoire est riche, la genèse des Instamatic lorsque je vous présentais le Kodak Instamatic 28, l’Instamatic 154 et le 324.

Le Kodak Instamatic 233 fut fabriqué par Kodak Allemagne de 1968 à 1970, parallèlement au 133, qui était le prolongement du 33, un Instamatic tout simple (sorti en 1964) qui évolua peu, sauf en 33 X pour pouvoir utiliser le « Flashcube ».

Source : Photography Flashback Ici un Instamatic 104 avec un Flashcube.

Le 133 évolua aussi en 133 X pour pouvoir utiliser les « Magicubes », c’est à dire un Flashcube qui n’a plus besoin de pile pour fonctionner.

J’en profite pour une petite digression (vous me connaissez) à propos de ces flashs.

En effet, j’avais deux boites de flashs carrés, des Sylvana et des Osram. La première contenait 4 Flashcubes et la seconde, 4 Magicubes. Lorsque j’ai voulu installer les seconds sur le 233, ça ne collait pas tandis que les Sylvana entraient sans soucis.

J’ai donc voulu comprendre.

Auparavant, les flashs étaient constitués d’ampoules (ou lampes) flashs, que l’on insérait dans un support, parfois attaché à l’appareil.

Les premiers Instamatic utilisaient cette technique, comme l’explique cette vidéo :

Assez efficace mais pas pratique.

Toujours dans l’optique de rendre la photographie « facile » pour le plus grand nombre, la firme Eastman Kodak remplace, en 1965, ces anciens flashs par une invention de la société Sylvania Electric, le Flashcube.

Idée de génie que de réunir 4 ampoules flash dans un petit cube, divisé en quatre partie égales et munies chacune d’un réflecteur. Elles sont toutes montées à 90°. En actionnant le levier d’armement, on fait avancer le cube d’un quart de tour, exposant à chaque fois une ampoule neuve.

Cette technique supposait un contact électrique et une alimentation par une pile, insérée dans l’appareil.

Grâce à ce Flashcube, vous pouviez prendre 4 photos à la suite, avant de monter un nouveau cube et de repartir pour quatre autres photos. Vous pouviez aussi interrompre une série et reprendre ensuite le Flashcube pour terminer ensuite les ampoules non utilisées.

Très facile d’utilisation, propre et relativement économique, ce procédé ne souffrait que d’une contrainte : la pile dans l’appareil.

Pouvait-on aller plus loin et se libérer de cette pile ?

La réponse sera donnée en 1970 par l’invention du X-Cube ou Magicube. Si ce flash garde le même principe des 4 lampes dans un cube, qui tourne successivement à chaque armement, la mise en fonction de chaque ampoule est faite en libérant un ressort en fil de fer armé dans le cube. Le ressort percute une amorce à la base de l’ampoule flash (amorce en fulminate, qui détone sous l’effet d’un choc violent). Celle-ci enflamme une feuille en zirconium déchiqueté qui est en fait la source de lumière.

Si extérieurement les deux systèmes sont assez proches, ils différent notamment par leur base, les rendant impossible à interchanger dans les appareils.

Source : Photography Flashback : à gauche flashcube, à droite magicube.
Source : Lightstalking. Notez que l’auteur de l’illustration explique le mécanisme du Magicube mais l’intitule Flashcube. 1. le mécanisme qui asservi l’avancement du film à l’avancement des ampoules; 2. la collerette du flash; 3. le cran d’arrêt; 4. le cube qui contient les ampoules et les amorces de fulminate; 5. l’amorce de fulminate; 6. le percuteur qui viendra frapper les ressorts qui percuteront les amorces.

Voilà, j’espère comme moi que vous comprenez un peu mieux comment cela fonctionne et que vous aurez moins de difficultés pour trouver celui qui convient à votre appareil.

Pour en revenir à notre 233, il utilise les Flashcubes et passera aux Magicubes en devenant 233 X (1970 – 1971).

Deux modèles ont été proposé : le premier avait une molette pour ré-armer l’appareil tandis que le second héritera d’un levier, compact mais plus agréable à utiliser.

source : Philcameras

C’est un appareil en apparence simple mais qui révèle quelques belle surprises.

A commencer par son objectif, un Reomar de 41mm ouvrant à f6,6 (et non plus une lentille ménisque en plastique).

Ensuite, le 233 possède deux vitesses : le 1/40s pour la synchro flash et 1/80s pour le reste.

Puis, l’échelle des distances est couplée au diaphragme pour contrôle automatiquement l’exposition au flash. Sur le fut de l’objectif, 5 pictogrammes : soleil brillant sur sable clair ou neige, soleil brillant (ombres nettes), soleil faiblement voilé (ombres douces), nuageux clair (pas d’ombres), nuageux sombre ou ombre découverte (?!) et flash

Selon les conditions de lumière, il est recommandé de se tenir à 1m au moins de son sujet (soleil) ou 1,5m si la lumière est moindre

Une pile doit être insérée sous une trappe, à gauche du boitier, sous le viseur. Ces piles « Microdyn-Anode » 6V n’existe plus. On peut essayer de la remplacer par une 4LR44. N’oubliez pas que cette source d’énergie ne sert qu’à alimenter le flash et en son absence, vous pouvez parfaitement utiliser l’appareil.

Juste un mot encore sur l’objectif, qui est un »fix focus », c-à-d un objectif à focale fixe qui est un système sans dispositif de mise au point réglable. Ce type d’objectif est généralement utilisé dans les appareils photo compacts économiques tel celui-ci. Il a une très petite ouverture (f6,6 pour rappel) pour maintenir une mise au point confortable, ce qui donne des photos nettes dans une large plage. Cependant, une petite ouverture signifie également moins de lumière entrant dans la chambre, c’est pourquoi elle dispose de cinq réglages d’éclairage (les pictogrammes) et d’un flash pour les cas extrêmes.

Quant aux films, il s’agit des cassettes en 126 chères à Kodak et aux Instamatic.

Même s’il existe un mode d’emploi (dont vous trouverez le lien, ici plus bas), l’utilisation de l’appareil est simple : vous insérez la cassette dans la chambre, refermez le dos et armez plusieurs fois jusqu’à sentir un blocage, vous êtes à la première vue du film, vous réglez le diaphragme en fonction de la luminosité et vous visez pour placer votre sujet au milieu du cadre brillant qui est dans le viseur et vous appuyez doucement sur le déclencheur.

Et vous recommencez jusqu’au terme du film (maximum 24 vues), que vous devrez enrouler jusqu’à ce que le papier qui protège la pellicule soit « absorbé » dans la cartouche. Alors seulement vous pourrez ouvrir le dos de l’appareil, ôter la cassette pour la remettre à votre labo. Il est conseillé de ne pas exposer la dite cassette à trop de lumière lorsque le film est terminé (l’idéal étant de garder la pochette en papier pour l’y remettre quand vous le porterez au labo).

Si vous avez placé un Flashcube sur le boitier, vous devrez régler, sur l’objectif, le symbole du flash et placer votre sujet entre 1,2m et 4m. Notez que fonction de la distance, que vous réglez sur l’objectif, l’ouverture sera modulée par l’appareil.

Le viseur ne comporte aucune indication sauf un cadre brillant pour pouvoir composer votre image, en plaçant le sujet à l’intérieur de celui-ci.

Dans les années septante – et même encore à l’aube des années quatre-vingt – c’était typiquement un appareil que l’on offrait en cadeau aux plus jeunes, pour les anniversaires, les communions, par exemple.

Et les modèles plus « sophistiqués » étaient réservés aux dames !

J’ouvre ici une parenthèse car je ne voudrais pas me faire vilipender par la moitié de l’humanité : dans les publicités (surtout) des années cinquante et soixante, les as du marketing considéraient que les dames n’avaient pas besoin d’appareils photo compliqués, que les reflex 24×36 étaient réservés aux messieurs, « plus au fait de la technique ».

Oui, je sais, c’est très machiste comme réflexion mais replaçons la chose dans son temps (il y a soixante ans) et réjouissons-nous que cet état d’esprit ne soit plus de mise, …. enfin, j’ose l’espérer …

L’accroche de la pub dit  » si vous pouvez regarder, vous pouvez photographier »

Leur (apparente) simplicité permettait, selon les publicités, de se concentrer sur le cadrage et la prise de la photo, s’en s’embarrasser de « technique » puisque l’appareil s’occupait de tout !

En fait, avec un objectif de 41mm, finalement très proche de la vue humaine, et une ouverture de f6,6, couplée à une vitesse (hors flash) de 1/80s, votre mise au point est bonne de 1m à l’infini par temps clair.

Pour les autres situations, le recours au flash est utile.

Rappelons-nous que c’est un appareil principalement utilisé pour les vacances (dans l’esprit du constructeur) par temps ensoleillé !

La sensibilité des Kodapak était limitée à deux possibilités : du 64 Asa ou du 400. En gros, par temps ensoleillé, le 64 Asa et pour tout le reste du 400.

Ceci étant – et notre ami confirmera ou pas – l’Instamatic Kodak 233 ne s’en sortait pas si mal que ça, la plupart des photos étant tirées en 10x15cm maximum ou dans un charmant format carré de 9×9 si mes souvenirs sont exacts.

Je suis persuadé que dans vos albums de famille il se trouvent des photos faites avec cet appareil, ou ceux de sa génération (il y eut jusqu’à 80 modèles différents entre 1963 et 1970).

Ces appareils ont accompagné tant de personnes qu’il serait dommage de ne pas les ressortir, tout en étant conscient de leurs limites (nous sommes à des années lumières de la précision chirurgicale de nos appareils modernes) mais c’est ce qui fait leur charme, après tout !

De fait, j’ai trouvé chez un vide grenier des cartouches en 126. J’espère qu’elles n’ont pas été trop mal conservées car j’ai bien envie de tester ce Kodak Instamatic 233. Sinon, il restera la solution des cassettes rechargeables que j’ai expliquée dans l’article sur l’Instamatic 28

Et je me rappelle une anecdote, laissée par Salvatore, un ami, ancien photographe professionnel, qui possédait un labo : une de ses clientes faisait de magnifiques photos (composition, cadrage) avec un petit appareil identique. Un jour, on lui offrit un appareil sophistiqué, pour quelle puisse « aller plus loin » dans sa pratique. Et là, patatras, ses photos n’avaient plus aucun « sens » ! Tout simplement parce que son petit Kodak, elle le connaissait par cœur et il correspondait à sa manière de voir, le plus important en somme.

Alors, si comme notre ami, un jour, ce petit Kodak Instamatic 233 vous a amené vers la pratique de la photographie, il aura pleinement rempli son rôle.

De nos jours, vous trouverez des Instamatic dans tous les greniers, les armoires, les brocantes, les vide-greniers, … pour quelques euros. Et pourquoi pas tenter l’aventure ? Vous replongerez dans les années de votre enfance ou celle de vos parents, sans nostalgie, juste pour le plaisir !

J’espère que ce petit clin d’œil donnera envie à notre ami de trouver le moyen d’y glisser un film (ou une cassette, soyons fou) pour remonter le temps, celui de l’enfance et des plaisirs simples de la photographie d’alors.

D’autres publicités d’époque :

source : Philcameras
source : Collection-appareils, Odéon-Photos 1968-1969
Source : Collection-appareils, Manufrance 1969.
Source : Collection-appareils, Grenier-Natkin 1970

Petite video d’illustration

Production1968 – 1970      –     Kodak Germany / UK
Type de film126
Format image28x28mm
BoîtierPlastique, façade en métal
ObjectifREOMAR f:6,6 41mm, réglable à partir de 1,2m
ViseurOptique avec cadre lumineux
Obturateur1/40 (flash) – 1/80s
FlashFlashcube
DiversAlimentation par 1 pile « Microdyn-Anode » 6V ou une 4LR44 en 6v alkaline

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : https://mattlovescameras.com/kodak-instamatic-233-with-126-cartridge-film/, https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-233/ https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1177, https://www.lightstalking.com/flashcubes/ https://medium.com/the-grain/photography-with-tiny-explosives-dd7e6e4ffef6, https://eu.usatoday.com/story/tech/2013/03/29/instamatic-camera-50-years/2034585/ en anglais, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-123-Kodak_Instamatic%20233.html, http://glangl1.free.fr/Liste-KodakInst.html, http://kaftafex.free.fr/ampoulesflash.html, http://glangl1.free.fr/Pel-Form.html#126 en français

Argentique

Le Kodak Instamatic 28

Alors, celui-là, je l’ai (re)trouvé dans ma « caisse à brol » !

Entendez par là une grande caisse dans laquelle je retourne parfois car j’y ai entassé toutes sortes d’appareils recueillis souvent par hasard (des lots, des appareils reçus, trouvés, etc.).

Et donc, dans cette grande caisse, une boité jaune me fait de l’œil : celle d’un Kodak Instamatic 28.

Elle est neuve et ce qu’elle contient aussi : l’appareil n’a jamais été utilisé !

-« Kodak, mais c’est pas la firme qui faisait des films dans le temps ? »

Il n’y a sans doute que les moins de vingt ans pour ne pas connaître la célèbre marque jaune.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire de la marque, vous en trouverez des résumés très bien faits ICI et LA.

Retenons simplement que c’est grâce à Monsieur George Eastman et son génie des affaires que la photographie est devenue, très tôt, accessible au plus grand nombre.

J’écris « très tôt » car nous sommes en 1888, lorsqu’il crée le nom KODAK, qui ne veut rien dire mais fonctionne partout dans le monde. Grâce à l’invention du film « facile » – c-à-d. un film photographique sec, transparent et flexible, en rouleau – simple à utiliser mais aussi de l’appareil photo qui va avec, un appareil en carton, préchargé de 100 expositions, facile à transporter et à manipuler, résumé par un slogan publicitaire génial « You press the button, we do the rest » (Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste), il invente la photographie amateur.

source : Histoire des inventions

L’idée fantastique c’était de rendre le client « captif ». Par exemple, reprenons le premier appareil chargé de 100 vues : lorsque vous les aviez terminées, il suffisait de retourner l’appareil chez Kodak à Rochester, New York, où on développait le film et on vous renvoyait les photos tirées et l’appareil, rechargé. Le cycle recommençait.

Tout au long de l’histoire de l’entreprise, le même principe sera gardé : mettre à la disposition des clients des appareils simple d’utilisation, en grand nombre, pour diminuer les coûts, rendre accessible au plus grand nombre et pouvoir vendre des pellicules.

Cela a tellement bien fonctionné que même des appareils « bon marché » comme le Diana, distribué comme cadeau avec des produits ou services, ont été supplanté par les Kodak, notamment les Instamatic, vendus à des millions d’exemplaires.

Le premier Instamatic a été le 50, vendu en Angleterre en février 1963, soit un mois avant le modèle 100, lancé lui aux USA, qui sera le plus connu (et vendu).

La vitesse est de 1/90s, fixe, tout comme l’ouverture et la mise au point. Un système de flash sera ajouté au 100.

D’année et année, les appareils évolueront, par (toutes) petites touches. Il y aura même des modèles automatiques (série 800/804) vers la fin.

Pour vous donner une idée, un ordre de grandeur, plus de 50 millions d’Instamatic seront vendus entre 1963 et 1970, sous 80 modèles différents.

Et là, je ne vous parle que des appareils à cassette 126 car les Instamatic auront encore une longue carrière, jusqu’en 1990, avec les pockets (1972) qui utiliseront les films en cassette 110mm. 23 autres millions d’appareils seront vendus.

Si vous avez suivi – et je sais que vous êtes attentifs – Kodak a toujours voulu développer des appareils simplifiant la vie des photographes amateurs. Il a inventé le film souple en 135mm, en rouleau puis en bobine (les cartouches jaunes que tous les photographes de plus de 30 ans ont connu).

Et pour les Instamatic, il a développé un film en cassette, encore plus simple à utiliser : la cassette en 126 .

Une cassette en plastique dans laquelle un film en 135mm, dont on a modifié les perforations et doublé d’un papier qui reprend les données utiles (flèches indicatives, numéro de photo), permet de faire des photos au format 28x28mm. Avec elle, plus besoin d’insérer une amorce dans une bobine réceptrice, plus ou moins facilement : on ouvre le dos de l’appareil et on place la cassette dedans, on referme et c’est tout.

Kodak 126 open dropin shoot 700
source : Philcameras

La conception de la cassette protège parfaitement le film. Lorsqu’on arrive au bout, il est « absorbé » dans la partie où il s’enroule, pour éviter les fuites de lumière qui voileraient le film.

Au labo, il faudra casser la cassette pour en extraire la pellicule et la traiter.

L’appellation originale, sous laquelle la cassette 126 a été enregistrée par Kodak est le Kodapak.

C’est Hubert Nervin qui est à l’origine de cette invention, qu’il céda ensuite à Kodak. Elle fut inventée pour simplifier à l’extrême le chargement du film dans l’appareil, chose qui semblait effrayer les plus néophytes et les photographes vraiment amateurs (ceux qui ne faisaient que quelques photos par an).

Le film de 135mm est enroulé dans la cassette, avec un papier protecteur qui autorise la fenêtre prévue dans la cassette pour voir le nombre de vues effectuées (pas de compteur sur les appareils dès lors). L’avantage, puisque la cassette est asymétrique, c’est qu’on ne peut pas la monter à l’envers et que si, par inadvertance, on ouvre l’appareil, seule la photo « en cours » sera voilée, les autres étant protégées par la cassette et le papier qui est enroulé autour.

source :Kodak

Pour simple que cela paraisse, cette cassette a également incorporé l’un des premiers systèmes de détection de vitesse de film mécanique largement utilisés : à l’aide d’encoches sur la cassette, une vitesse de 64, 80, 125 ou 160 ASA est indiquée au boitier et permet de régler le mécanisme d’exposition de l’appareil photo. Soyons de bons comptes, toutes les appareils n’ont pas profité de cette fonctionnalité.

source : Kodak

Si la formule est attrayante, elle a quand même un grand inconvénient : la planéité du film ne peut être assurée car, prisonnier dans la cassette, il ne peut avoir de presse film efficace qui « plaque » la pellicule devant la fenêtre de la chambre.

Cette particularité n’avait pas trop d’importance dans les appareils Instamatic, extrêmement simplifiés (peu de réglages de vitesses, d’ouvertures). La « qualité » relative de ces appareils ne souffrait pas des inconvénients de la cassette 126.

Pour être complet, 4 reflex ont tenté l’aventure de la cassette 126 : le Contaflex 126, le Ricohflex, le Rollei SL 26, et le Kodak Retina Reflex Instamatic. Si les défauts de planéité étaient gommés par la faible qualité des optiques des Instamatic, avec des appareils plus « haut de gamme », ce n’était pas le cas. Ces appareils n’ont pas eu de succès.

Kodak a fabriqué cette cassette 126 de 1963 à 1998. Mais les dernières ont été fabriquées jusqu’en 2008 par la société Ferrania avec des pellicules Solaris.

Donc, à moins de tomber sur un stock, forcément périmé, de cassette 126, si vous voulez réutiliser vos vieux appareils – et ce serait dommage de ne pas le faire – vous devrez vous tourner vers des adaptateurs qui utilisent une pellicule en 135mm (il s’en vend sur Ebay p.ex. ou vous pouvez les « fabriquer » avec une imprimante 3D).

Ce qui a précipité la fin de la cassette 126 fut d’une part que les appareils photos des années quatre-vingt étaient pour la plupart pourvu de motorisation qui « chargeait » automatiquement les films et ensuite la mise sur le marché d’appareils jetables, préchargés d’une pellicule 24×36, qui avaient les mêmes qualités, sinon plus, que les appareils Instamatic ou Agfamatic.

Voilà, voilà … vous en savez plus maintenant sur ce « drôle » de film qui alimentait les Instamatic , et les Agfamatic, le concurrent de toujours qui dut faire « allégeance » au géant américain pour ce film.

Bon, et cet Instamatic 28 alors ?

Il est apparu en Grande-Bretagne en 1972 et il a sévit jusqu’en 1974.

Au pays des appareils simples, il est simplissime !

Un viseur sans aucune marque, un objectif ménisque (une seule lentille) de 43mm ouvrant à f11 avec mise au point fixe. Pas de griffe flash ni possibilité de greffer un flash cube comme sur ses petits camarades.

La seule chose que vous pouvez régler, c’est le diaphragme avec deux positions : soleil et soleil voilé.

Vous pouvez rarement vous tromper même si Kodak a prévu un mode d’emploi !

Un petit loquet en bas sur la tranche droite de l’appareil libère le dos, dans lequel vous glisserez la cassette. Vous armez avec le gros levier, au dessus. Selon la luminosité, vous réglez le diaphragme, vous visez et vous appuyez sur le bouton (une barrette) au dessus de l’appareil : clic-clac, c’est dans la boite !

Voilà, voilà … avouez que si je n’avais pas (un peu) brodé avant la présentation de cet Instamatic 28, je n’aurais pas eu grand chose à vous écrire.

Notez qu’il y a plus fort que moi, c’est le gars qui a tourné une video de plus de 5 minutes sur cet appareil !

A la question légitime « cet appareil est-il intéressant si on veut l’utiliser ? », je suis très tenté de vous répondre « non ». A moins d’en découvrir un dans l’état de celui que je vous montre, avec sa boite et neuf, ce qui peut faire le bonheur d’un collectionneur (d’un musée ?), cet appareil est très limité.

La gamme des Instamatic est suffisamment large que pour y trouver son bonheur. Voyez les 233, les 154 et leur drôle de moteur à ressort, les 324 et leur objectif ouvrant à f2,8, les 104 sur lesquels vous pouvez au moins adapter un cubiflash, ou les 355 X avec cellule CdS, par exemple (liste non exhaustive).

Le mode d’emploi

Si vous voulez tenter l’aventure de mettre du 135 en cassette 126, voici deux videos d’exemples (à faire en chambre noire bien évidemment).

La maison ne recule devant aucun bricolage pour que vous puissiez utiliser vos anciens Instamatic !

Les données techniques

Période de production : 1972-1974 – Angleterre
Type : compact
Format : 28×28 mm sur chargeur 126
Viseur : clair non collimaté
Objectif : ménisque 1:11 f=43 mm – mise au point fixe
Mesure de l’exposition : sans
Réglages : diaphragme soleil et soleil voilé
Sensibilité du film : 25 à 125 ASA
Obturateur : central à une seule vitesse
Déclencheur : sur l’obturateur
Flash : sans
Griffe : sans
Ecrou de pied : non
Armement : levier à une seule manœuvre
Ouverture du dos : par poussoir sur le côté
Dimensions : 108 x 67 x 52 mm
Poids : 177 g

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Instamatic_28, https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-28/, https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1185, http://Cet appareil photo fabriqué au Royaume-Uni est le seul modèle européen de la gamme à ne disposer d’aucune installation de flash, bien qu’il existe des paramètres « ensoleillé » et « nuageux ». https://kodak.3106.net/index.php?p=207 en anglais, http://fexmania.fr/picture.php?/1146, http://www.cameraboussat.fr/dossier_collection/cible_g.php?id=9&type=Instamatic, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Menu-Intamatic.htm en français

Argentique

Le Canon Snappy 20

Ça y est, encore un appareil extrait du capharnaüm de chez mes parents. Et quel appareil, un Canon Snappy 20 tout jaune !

Je le tourne et retourne entre mes mains fébriles car celui-là non plus je ne le connaissais pas, décidément …

Alors, souvent, les appareils de ce type sont étanches (les Minolta par exemple) mais attention, pas celui-ci. Il a un air de baroudeur, mais seulement l’air.

En ouvrant la trappe à piles, je déchante : elles ont coulé. Faudra prévoir un bon nettoyage et espérer que les contacts ne sont pas fichus.

Allez, j’embarque l’engin pour le regarder à mon aise, chez moi.

Manifestement, c’est un appareil voulu simple, tout est automatisé : le chargement du film, l’avance jusque la première vue, l’armement bien sûr et l’exposition, tout comme le déclenchement du flash. Et, in fine, le rembobinage, en fin de film, est automatique.

C’est un appareil destiné aux personnes qui ne veulent pas s’encombrer d’un mode d’emploi à rallonge : je mets le film dedans, je vise, j’appuie, clic-clac, c’est dans la boîte !

C’est typiquement un petit appareil de vacances : sa longue lanière permet de le porter autour du cou et son objectif, caché sous un volet de protection qui allume le boitier quand on l’escamote, évite un étui, toujours encombrant.

Pour autant, puisque je fais mention de l’objectif, celui-ci est quand même constitué de quatre lentilles, les trois premières étant même en verre (et bizarrement, la quatrième en plastique, y a pas de petites économies).

Bref, apparut sur le marché en septembre 1982, c’est un appareil compact soucieux du budget des acheteurs. Pourtant, cela n’exclut pas un brin de fantaisie et le Snappy 20 (un des premiers de cette célèbre famille) a existé en quatre couleurs un peu « peps » : jaune, bleue, rouge, blanche et pour les plus sérieux, en noir.

Tiens, en parlant de « sérieux », il faut savoir que le Snappy 20 est sorti quasi en même temps que le Snappy 50, plus performant (il est autofocus lui) mais qui lui n’a existé qu’en gris/noir.

Tout automatique, écrivais-je un peu plus haut, avec un objectif 35mm ouvrant à f4,5 et avec une mise au point fixe. Une diode signale si on risque la sous exposition et il faut allumer le flash, qui se déclenche alors automatiquement (le bouton orange glisse vers la gauche pour le mettre en batterie).

C’est donc un petit « point and shoot », qui a cependant retenu la critique, positive, de Popular Photography, qui écrivait de lui : « Dans ce cas, le nom dit tout. « Snappy » fait sûrement référence aux légions de tireurs d’élite à cartouche et à disque que Canon espère attirer vers le 35 mm avec ces modèles peu coûteux et hautement automatisés.
Assez compacts et plutôt beaux dans un plastique de l’ère spatiale, les Snappies ont un côté droit fortement quadrillé et profilé qui fait que la main tient un, euh .. . se casser. Le fonctionnement nécessite un minimum d’attention, bien qu’il ne soit pas aussi « sans décision » qu’avec les modèles Kodak Disc.
… Pour leur public cible de preneurs de photos auparavant non critiques, les appareils photo Snappy devraient être une révélation. La combinaison d’énormes négatifs 24×36 mm (comparativement) et d’appareils photo intelligemment conçus devrait donner des tirages beaucoup plus nets et plus fins que ceux auxquels ces photographes sont habitués. »

En 1984, une version spéciale dénommée SNAPPY 84 sortira à l’occasion des jeux Olympiques de Los Angeles.

Source : Philcameras.be

Très années quatre-vingt, ce drôle de petit compact fonctionne toujours. En effet, après avoir nettoyé les traces d’oxydation, j’ai remis deux piles AA et c’est reparti (sauf le flash, hors service) !

Il n’est pas vraiment discret mais il fait le job : viser, déclencher et garder un souvenir précieux (ou pas) de ses sorties.

En résumé, un petit appareil que l’on voit parfois fleurir dans les bonnes brocantes et qui garde un certain attrait (visuel et pratique) si vous voulez un compact facile mais de bonne qualité et – surtout – pas cher ! Vous devez pouvoir l’emporter pour 15€ maximum.

Faites juste attention au compartiment des piles, qui doit être propre et se fermer facilement.

Si vous en trouvez un, soyez curieux, prenez le avec vous.

https://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1350998224.jpg
Source : Collection-appareils, Photokina 1983 -84.

Les spécifications techniques

Appareil photo 35 mm à objectif fixe et obturateur entièrement automatique
Taille de l’image 24 x 36 mm
Mise au point fixe
Objectif 35 mm f/4.5 (4 éléments en 4 groupes), cache objectif rapide fourni.
Obturateur et ouverture programmés à commande électronique. Vitesses d’obturation contrôlables à partir de 1/20 sec. à 1/500 s.
Viseur galiléen inversé. Grossissement de 0,45x. Vérification de la batterie et témoin de tremblement de la caméra fournis.
EE SPC pour programme entièrement automatique EE avec deux vitesses d’obturation. Plage de mesure de 9,3 à 15 IL (à 100 ISO). Vitesses de film ISO 100 et 400.
Guide Flash intégré n° 11 (à 100 ISO en mètres). Lorsque le voyant d’avertissement de bougé de l’appareil photo s’allume, tirez le commutateur de flash pour activer le flash.
Source d’alimentation Deux piles AA de 1,5 V
Chargement du film : après avoir ouvert le dos de l’appareil photo, alignez l’amorce du film sur le repère, puis avancez automatiquement jusqu’à l’image 1 en appuyant sur le déclencheur. L’avance du film est automatique.
Compteur d’images par addition des vues. Se réinitialise automatiquement lorsque le dos de l’appareil photo est ouvert. Décompte pendant le rembobinage du film.
Rembobinage automatique avec le bouton de déverrouillage et l’interrupteur de rembobinage.
Dimensions &Poids 148 x 58 x 44 mm, 290gr

Petite video d’illustration

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Canon_Snappy_20, https://global.canon/en/c-museum/product/film108.html, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/3846, https://www.newwavepool.shop/products/canon-snappy-20-35mm-camera-serial-1420371?variant=39622558482518 en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-3380-Canon_Snappy%2020.html, http://www.philcameras.be/collection/collectionm/cde/canomm.html#snappy20 en français

Argentique

Le Polaroïd Land 360 Automatic et des films Fuji FP-100C

Bon, là je suis conscient que je vais m’attaquer à un domaine tout à fait particulier, qui a ses fans absolus, auprès desquels je ferai sans doute figure de béotien, mais la découverte de système « étrange » m’entraine parfois dans de lieux inconnus … et j’aime ça !

Toutes les personnes de ma générations connaissent ces appareils, les plus jeunes les découvrent avec admiration et envie car il est vrai que Polaroïd a réalisé un vieux rêve fou : voir (quasi) immédiatement le résultat de la photo prise.

Mais pour s’y retrouver dans les nombreux modèles, ce n’est pas simple. A ceci s’ajoute le fait que l’entreprise historique n’existe plus, balayée par le numérique et de mauvais choix stratégiques.

Pire, la plupart des films qui alimentaient ces appareils n’existent plus. Un projet aussi fou que l’histoire de la marque a pourtant vu le jour pour essayer de ressusciter quelques formats et rendre vie à l’un ou l’autre modèle. Ainsi est né « Impossible Project » qui a depuis changé plusieurs fois de nom pour redevenir … Polaroïd. Je ne vais pas m’étendre sur cette saga, que vous pourrez découvrir sur la Grande Toile.

Je vous recommande aussi de parcourir un site plein de ressources au sujet de la marque et des appareils, en français qui plus est : Polaroïd Passion porte réellement bien son nom.

Voilà pour planter un peu le décor de l’appareil que j’ai sous les yeux : un Polaroïd Land 360 Automatic, sorti des usines de 1969 à 1971.

Il fait partie d’une gamme appelée « pack 100 », qui est le format du film. Cette gamme a pour caractéristique d’être équipée d’un soufflet (pack 100 à 400) même si certains appareils qui acceptent ce type de film sont tout en plastique (sans soufflet donc)

Pub de l’époque pour présenter les Polaroïd Pack 100 (source : Polaroîd Collection)

Ce format fut très apprécié des photographes professionnels et il fut utilisable jusqu’en 2016, date d’arrêt de la production des films Fuji FP-100 (Polaroïd avait arrêté la sienne en 2008). Cette série d’appareils compte le plus de modèles différents.

Pour la petite histoire, le premier appareil photo utilisé par Robert Mapplethorpe fut un Polaroid 360 emprunté à son amie Sandy Daley pour photographier Patti Smith, son premier modèle.

Pourquoi un tel intérêt ?

Au rayon des spécificités de ces appareils, certains sont équipés d’un télémètre et d’un viseur séparés. Le premier vous permet de faire la mise au point et le second de faire la composition. Avec le 360, vous bénéficiez d’un viseur Zeiss Ikon avec télémètre intégré dans une fenêtre unique.

Autre particularité, le boitier possède une minuterie pour compter le temps de développement des films, très important à respecter pour le films de la marque mais devenue moins utile avec les films Fujifilm. FP-100C qui sont à développement « auto-terminant », c.-à-d. qu’ils s’arrêtent de se développer tout seuls.

Mais sa principale caractéristique est le flash électronique dédié, qui se fixe à l’aide d’une griffe propriétaire. Ce flash est couplé au télémètre et de petites ailettes à l’intérieur de la tête du flash réduisent le flux lumineux à mesure que l’appareil photo se rapproche au plus près, donnant automatiquement une exposition correcte.

Le flash contient des piles rechargeables Ni-Cad. Une unité de recharge dédiée était fournie pour le flash. Cependant, 40 ans plus tard, les piles du flash sont malheureusement souvent mortes. Les piles à l’intérieur peuvent être remplacées, mais c’est à réserver à ceux qui sont doués avec la réparation électronique.

Contrairement aux modèles précédents de la série 100-400, le compartiment de la batterie est déplacé vers la partie avant de l’appareil photo derrière la poignée gauche. Cela était nécessaire car le rabat arrière est riveté et contient une plaquette à circuits intégrés liée à la gestion du flash.

L’appareil photo utilisait deux piles 3v 352 / PX24, une pour l’obturateur et l’autre pour la minuterie de développement. Ces piles au mercure ont heureusement disparu mais il faut dès lors procéder à une modification pour installer des piles modernes. Cette opération a été faite sur l’exemplaire que je possède (ce qui m’arrange bien, mes compétences en électronique étant porche du zéro absolu !).

Par contre, mon exemplaire n’est pas pourvu de ce fameux flash. On ne trouve pas toujours tout en brocante.

Si je résume à présent les atouts de cet appareil : un soufflet pour un réglage précis, un télémètre intégré au viseur, le calcul de l’exposition automatique grâce à un posemètre externe « Electric Eye » à coté de l’objectif et l’utilisation de film 8,22 x 10,80 cm, le fameux pack 100

Vous pouvez régler la distance, l’ouverture, corriger l’exposition, régler la sensibilité du film, régler la puissance du flash : un vrai appareil, complet et à développement instantané. Vous comprenez pourquoi il a eu du succès ?

Pour une fois, j’énumère les caractéristiques techniques :

  • Objectif : 114 mm f/8,8 en verre à 3 éléments
  • Ouverture : f/8,8, f/12,5, f/17,5, f/25, f/35, f/42
  • Obturateur : électronique ; 10 secondes – 1/1200
  • Viseur/télémètre rabattable fabriqué par ZEISS Ikon.
  • Exposition automatique à priorité ouverture.
  • Réglages pour les vitesses de film de 75, 150, 300 et 3000 ASA.
  • Cadran de compensation d’exposition avec une plage de -1/+2 arrêts (commande « Éclaircir/Assombrir »).
  • Corps en métal et obturateur/boîtier d’objectif en métal
  • Prise trépied.
  • Pas de port PC pour flash externe car griffe intégrée pour le flash dédié&
  • Minuterie électronique (désactivée).
  • Conversion pratique avec des piles modernes
  • Bracelet en cuir pour le portage

Cet appareil est décidément ouvert aux créatifs. En effet, vous pouvez prendre une photo et ne pas sortir le film tout de suite, ce qui vous permet de faire des multi expositions jusqu’à ce que vous décidiez de tirer le film entre les rouleaux qui écraseront la chimie nécessaire au développement..

Le Polaroïd Land 360 Automatic se présente comme un box en plastique et métal. Dense et finalement compact (comme souvent les folding), il faut ouvrir le couvercle, que l’on déclipse facilement, pour voir apparaître l’appareil. Vous dépliez le viseur, qui « s’attache » au cadre grâce à un aimant puisant, puis tirez sur le soufflet pour le déployer complètement.

Ci-dessous la modification apportée pour l’utilisation de piles modernes et, dans le frigo, les boites de Fujifilm FP-100C

Pour les manipulations, pour une fois je vous renvoie au mode d’emploi qui vous trouverez ICI. Même s’il est en anglais, les images parlent d’elles-même.

Et là, je suis face à un dilemme : l’appareil en lui-même n’a de valeur qu’avec les films pack 100. Et ces films atteignent des sommets car il n’en existe plus beaucoup et personne ne semble vouloir les refabriquer (Fujifilm a arrêté en 2016 de les produire, il ne s’en vendait pas assez).

Bref, je vais faire un « paquet » comprenant l’appareil et les films mais je ne vais pas l’essayer, bien qu’il fonctionne parfaitement.

C’est un peu frustrant mais nécessaire si je veux vendre le tout (car mes armoires débordent toujours).

Ceci étant, de ce que j’ai pu lire et voir comme images tirées de cet appareil, la qualité est au rendez-vous et croyez-moi, les créatifs vont s’en donner à cœur joie.

Comme le sujet est vaste et méconnu, je vous mets plusieurs videos sur le Polaroïd

Pour s’approprier le maniement de ces Polaroïd
pour les manipuler
sur les films
sur l’histoire des films
Polaroïd créatif
Si vous en trouvez un avec les anciennes piles, voici un tutoriel de conversion.

Des références : https://www.polaroid-passion.com/appareils-format-pack-100.php?id=110, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=714, https://polaroidcollection.jimdofree.com/cotations-appareils-photos/polaroid/polaroids-format-pack-100/ en français, https://edvatzainstantphotography.wordpress.com/tag/polaroid-360/, https://lamlux.wordpress.com/category/polaroid-360/ https://lamlux.wordpress.com/category/polaroid-360/ http://www.landlist.ch/landlist/landhome.htm en anglais

Argentique

Le Minolta Riva Zoom 105

Encore un appareil trouvé sur une brocante, avec sa pochette d’origine.

Pour une fois, pas dans un pêle-mêle de brol mais bien placé sur une table, propre.

Heu … pour nos amis français et canadiens qui nous lisent, « brol » est un mot typiquement belge qui veut dire bazar, désordre, foutoir.

Heureusement pour moi, la pile était HS (sans avoir coulé) et donc j’ai pu négocier son prix.. Hop, dans le sac à dos !

Petit tour sur la Grande Toile pour trouver des infos, finalement assez chiches.

Et c’est un peu normal, car ce Minolta Riva Zoom 105 est dans la mouvance de ces appareils des années deux mille., qui se ressemblent beaucoup, quoique …

Que nous propose-t-il celui-là ?

Comme son nom le laisse supposer, un zoom. En l’occurrence, un 38 – 105 mm ouvrant de f4,5 à f11,8. Sa distance de mise au point est de 1m minimum, jusqu’à l’infini

Puis, il offre différents modes de prise de vue : portrait, paysage, mode nuit, rafale (1i/s), pause Bulb jusqu’à 60min… A cela il faut ajouter les modes flash, à savoir automatique, réduction des yeux rouges, activé ou désactivé. Et un retardateur d’environ 10 secondes

Son autofocus est assez rapide et précis.

Il est tout automatique, du chargement du film, à la lecture du code DX qui règle la sensibilité de la cellule de 50 à 3200 Iso, en passant par le rembobinage auto à la fin du film, et que l’on peut forcer en cours de route si besoin

Tout automatique aussi le réglage de l’ouverture et de la vitesse d’obturation grâce à la combinaison sensibilité/ouverture.

Son alimentation est assurée par une pile CR123, qui donne une autonomie d’environ 20 film de 24 pauses avec utilisation du flash à 50% (ça fait quand même environ 480 photos).. Le petit écran ACL (tant qu’à faire des traductions, ça veut dire « à cristaux liquides ») indique le niveau de la pile

Si vous suivez les appareils que je vous présente souvent, rien de bien nouveau.

Ah oui, un petit plus que les plus de 40 ans apprécient, un correcteur dioptrique de -3 à +1

Mais en y regardant de plus près, il y a quand même quelques détails intéressants.

Comme par exemple la possibilité de faire des doubles expositions, le verrouillage de la mise au point pour décaler celle-ci le cas échéant, le mode portrait avec cadrage automatique (ben oui, ça existait déjà), l’intervallomètre permettant de capturer des images avec un intervalle de 1 seconde à une heure, le décompte des secondes lors de l’utilisation du retardateur sur l’écran à cristaux liquides..

Il y eut aussi un modèle avec dos dateur à quartz, qui permettait d’imprimer directement sur la photo les indications Année Mois Jour, Jour Heure (24 heures), Désactivé, Mois Jour Année et Jour Mois Année. Mais là les ingénieurs ont été frileux car au delà de 2019, ce dos dateur ne sera plus utilisable.



Chasseur d’image lui reprochait à l’époque le déclenchement d’une diode en façade lorsqu’il faisait la mise au point et déclenchait.

Bah, si ça gêne tant que ça, un bout de gaffer et c’est joué !

Qu’en dire de plus ?

Il est finalement bien complet. Minolta a toujours eut bonne réputation pour la justesse de ses réglages. Utile à savoir quand on sait que l’appareil est tout automatique et que les infos de prises de vue sont inexistantes.

Le viseur, qui pourrait être plus clair est placé quasi à l’aplomb de l’objectif, c’est plus facile pour bien viser.

Voilà, voilà … un petit compact bien de ces « années-là », ni plus ni moins. Si vous en trouvez un, ne dépensez pas plus de 15€ pour un bel exemplaire avec sa pochette et sa dragonne.

Pour le reste, il vous accompagnera partout et vous ne craindrez pas de le faire souffrir si les circonstances le demandent.

Très coute video d’illustration

Des références : https://filmphotography.eu/en/minolta-riva-zoom-105/, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Riva_Zoom_105, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-13204-Minolta_Riva%20Zoom%20105.html, en français.