L' Atelier de Jean-Pascal, passionné de photographie et de peinture
Catégorie : Argentique
Le monde de l’argentique est riche de tant de modèles différents, du minuscule Minox au moyen format, sans parler des chambres, que je n’ai pas (encore) pu utiliser. Il y a des reflex, des télémétriques, des compacts, des pockets, des appareils instantanés, bref, de quoi découvrir et s’amuser.
Au lieu dit Le Grand Large, près de Mons, c’est la dernière brocante de l’année. Pour une fois, nous y sommes vendeurs, le décès de mes parents nous ayant laissé encore beaucoup d’objets à écouler.
La météo est formelle, il ne pleuvra pas, mais le temps est bien gris et frisquet en ce très petit matin (5h). Installation sans courir car l’humidité est mauvaise pour les sacs, les vêtements, les livres et tout ce qui contient de l’électricité/électronique. Les quelques appareils photos que j’ai pris attendront qu’il fasse plus sec.
La matinée s’écoule au gré des passants qui passent et repassent …
Enfin, presque 13h30, il n’y a plus foule et je vais en profiter pour faire un petit tour, sait-on jamais. Mes mais Fred et Tristan ne sont pas passés, j’ai une petite chance d’encore trouver quelque chose …
Et là, sur un stand qui commence (déjà) à remballer, je tombe sur une série de vieux appareils, pour la plupart dans un état plus proche de la déchèterie que de la vente, mais il ne faut pas toujours se fier aux apparences. En fouillant bien, je déniche 5 appareils que j’estime intéressant Peut-être ais-je tort, nous verrons bien à l’autopsie car certains me semblent bien loin !
Voici le premier que je compte ressusciter : il est complétement rouillé, l’objectif est bloqué mais voir écrit, sur la même surface les mots Hollyvood, Rodenstock Périscope et fabriqué en Allemagne écrit en français, cela me titille.
Un peu d’histoire.
J’en rassure certain(e)s, ce ne sera pas (trop) long. La société Ruberg & Renner a été fondée en 1918 à Hagen – Delstern, en Allemagne, par Joseph Ruberg qui est devenu plus tard un industriel local notoire et un fervent partisan du N.S.D.A.
Dès 1917, Joseph Ruberg (1875 – 1941) a développé de nouveaux types de cartouchières métalliques, mais comme le traité de paix de Versailles interdisait la production d’armes automatiques et d’accessoires en Allemagne jusqu’en 1935, il ne pourra pas produire ses inventions.
Donc, à l’origine, la Ruberg & Renner fabrique des chaînes de transmission pour vélos, motos, automobiles et machines – outils. Vers 1930 – 31, la société se tourne vers la fabrication d’appareils photo simples et bon marché. Cette activité sera brève car elle s’arrête au début de la seconde guerre mondiale (1942) car l’entreprise est priée de participer à l’effort de guerre. Elle fabriquera dès lors les fameuses ceintures pour cartouches de mitrailleuses, notamment pour les armes des avions.
Les fils de Josef Ruberg, Felix (1909-1994) et Werner (1912-2005), étaient également actifs dans l’entreprise.
Tandis que Felix fonde sa propre entreprise de supports de canon embarqués (plus tard des appareils ménagers) en 1937, Werner reprends la direction de la société Ruberg & Renner en 1941.
À partir de 1947, Ruberg & Renner se concentre à nouveau sur les chaînes d’entraînement et de transport. L’entreprise a promu le cyclisme et le motocyclisme et a maintenu sa propre équipe de course jusqu’en 1967. Dans les années 1970, Ruberg & Renner est rachetée par la société américaine Rexnord. En 1982, Rexnord Ketten GmbH a déménagé sa production à Lennetal près de Fley et elle existe encore de nos jours.
Pour en revenir aux appareils photo, pendant cette courte période (1931 – 1942), elle aurait produit 4 modèles différents déclinés en 25 versions d’appareils photo. Au sortir de la guerre, elle ne relancera pas la production mais reviendra à ses premiers produits, les chaines.
Les boitiers fabriqués par Ruberg & Renner étaient faits en métal ou bakélite, ou les deux mélangés. Souvent vendus sous des noms différents comme le Baby Ruby, le Dici, Fibi, Alfa, Ruby Sport, Hollyvood, Present et Rubette, entre autres. Vers 1935 – 36, la production déclinera avant de cesser définitivement. Ce ne devait pas être une production importante pour l’entreprise car une brochure de présentation de celle-ci, en 1953, ne mentionnera même pas le secteur d’activités photographiques.
L’appareil à l’origine sera le Ruberg, au format 4 x 5,5cm sur film 127. Une plaquette portant ce nom, rivetée sur le côté de l’appareil et/ou reprise sur le bord de l’objectif sera remplacée par le Little Wonder, le Dixi ou le Hollywood, selon les endroits où l’appareil serait distribué (USA, Angleterre, France). Noms différents mais toujours le même appareil, simpliste.
En l’occurrence, le Hollywood est en fait un Dixi destiné à l’exportation vers la France : le pourtour de l’objectif, très Art Déco, est rédigé en français. Il sera disponible en deux versions : celle avec une plaquette métallique sur la gauche de la face avant et le nom repris sur l’objectif et celle sans cette plaquette mais toujours le nom sur l’objectif.
C’est donc un boitier très simple, en métal et bakélite (corps de l’objectif), de forme rectangulaire.
Présentation du Hollywood.
Un petit rectangle en tôle emboutie, avec un objectif dont le fut, tournant, est monté sur un tube en bakélite qui se vise dans un second fut, métallique. La plaque, au bout de cet objectif, porte la lentille au centre, le réglage de la vitesse, celle de l’ouverture (tirette par en dessous) et le déclencheur.
Sur le dessus, un viseur rapide en tôle, qui se déplie et reste en place grâce à de petits ressorts. C’est très imprécis et la forme du cadre semble bien optimiste par rapport à la taille du film. A côté, une molette en bakélite pour faire avancer le film. Pas de compteur, mais une fenêtre rouge inactinique qui en tient lieu (le film 127 est entouré d’un papier comme le 120).
Je reviens un instant sur le porte objectif : le nom Hollywood est sérigraphié en cursives élégantes et très Art Déco. Tout autour de la lentille, le texte en français fabriqué en Allemagne, breveté dans tous les pays. Selon la position du bloc tournant, le périscope Rodenstock, les réglages sont à des places différentes mais considérons qu’il est à son maximum d’ouverture. Dès lors, normalement, la petite roue des vitesses et sur la gauche et le déclencheur sur la droite. En dessous, sous l’inscription en français petit diaphragme, une tirette permet de passer de f11 à f16 et inversement. Sur la tranche du porte objectif, dans le trou pratiqué à cet égard, il est possible de fixer un câble souple de déclenchement.
L’obturateur à guillotine offre deux vitesses : le 1/30s – noté par un I pour instant sans doute et une pose T.
Le fait de tourner la molette d’avance du film n’arme pas le déclencheur, ce qui veut dire que celui-ci fonctionne toujours (il n’y a pas de protection contre la double exposition). Distrait, pensez-y !
Par dessous l’appareil, un filetage au pas du Congrès permet de fixer un trépied.
Sur la tranche gauche, un simple verrou permet d’ouvrir le dos, monté sur charnières. Pas de protection particulière pour empêcher ce verrou de s’ouvrir, d’autant qu’il est monté s’ouvrant du haut vers le bas (ce qui me semble dangereux si on le met dans un sac, par exemple). Ceci étant, un rebord important est autour du cadre, ce qui devrait assurer une bonne isolation contre les fuites de lumière.
A l’intérieur de la chambre, on voit bien le tube de l’objectif dans lequel se vise la spirale en bakélite. la lentille est un simple ménisque de focale inconnue.
Une fois ouvert, sur la gauche, la bobine sur laquelle enrouler le film et sur la droite, la pellicule 127. Encore une fois, comme sur la pellicule 120, celle-ci est composée du film, protégé par une bande de papier où sont notés les chiffres du nombre de vues. Lorsque le film est terminé, il n’est pas nécessaire de le rembobiner, il suffit d’ôter la bobine réceptrice (en soulevant la molette d’avance) et de coller une languette qui ferme le film exposé.
Le dos du boitier est recouvert d’une feutrine noire et une petite fenêtre ronde, en rouge inactinique, sert de compteur.
Que penser de cet appareil ?
Moins encombrant qu’un box voire même qu’un folding (pliant), il est tout aussi simpliste que les premiers cités. Les réglages sont vraiment le minimum syndical !
Pas de fioritures, hormis le lettrage en lettres dorées. Du rationnel (tôle emboutie), du pratique (objectif rentrant). En résumé, du vite fait – bien fait à prix mini.
N’espérons pas de la grande qualité optique car la mise en place de l’objectif est assez aléatoire (suis-je bien à fond ?), c’est un simple ménisque (une seule lentille) et à l’intérieur de la chambre, il n’y a pas de presse-film pour assurer la planéité, juste deux rails sous lesquels il faut,je pense, faire passer la pellicule, ce qui ne doit pas être facile. Pas de roue d’entrainement avec des ergots pour assurer un bon avancement (tiens, ils ne pouvaient pas faire des chaines miniatures pour y remédier ?).
Comme il était tout rouillé, je l’ai poncé et repeint en noir, comme à l’origine, prenant bien soin de laisser à l’un ou l’autre endroit quelques défauts pour signaler ce repeint.
Quelle est sa valeur ? Et bien la relative rareté de l’engin donne des prix surprenants : il n’est pas rare de voir ceux-ci tourner autour des 100€
Mais êtes-vous collectionneur ?
Un peu de technique.
Marque Ruberg & Renner, Hagen, Allemagne Film photographique : Rouleau de film 127 (A-8) Format négatif : 4 x 6 cm Lentille : Rodenstock, Munich, Allemagne périscope 1:11, focale inconnue Objectif fixe, mise au point fixe, ouverture f8 – f11 (?) Obturateur : à guillotine, exposition manuelle de 1/30s et pose B Période de production : 1932 – 1933 Matériau du boîtier : Métal Dimensions : 11,5 x 8,5 x 7 cm (hors tout) Poids : 220gr
Cela fait une semaine que je dois ranger ce Rolleiflex qui est à côté de mon bureau mais au moment où je le prend en mains, je me rends compte que c’est la boite marquée Kinax que j’avais à mes pieds !
Quand ais-je acheté celui-ci ? Sans doute à la brocante de … je ne m’en souviens plus, l’âge sans doute …
Mais trêve de plaisanterie, je me souviens que cet appareil m’avait, comme souvent, intrigué et c’est pourquoi je vous le présente aujourd’hui.
Un peu d’histoire.
Elle est compliquée, disons-le d’emblée !
Gustave Pierre Jousset, né en 1868 à Paris, est représentant de commerce avec son frère Emile Albert (né en 1870) alors architecte. Ce dernier rencontre Auguste Dumont et obtient de construire son usine. Cette entreprise est spécialisée dans l’ébénisterie et fabrique notamment des pièces pour Bellieni. Gustave Jousset rencontre à cette occasion Auguste Dumont, dont il devient le fondé de pouvoir des Ets. A. Dumont.
Les Ets. A. Dumont produisent alors les Indiscret et Indiscret Stéréo, très proches des Gamine de Mattioli, deux sociétés qui sont selon toute vraisemblance, en relation.
C’est sans doute à cette occasion que le constructeur d’obturateurs et autres accessoires destinés à la photographie, Gaëtan Mattioli, rencontre Gustave Jousset.
Celui-ci désire remettre son exploitation. C’est Gustave Jousset qui s’en porte acquéreur (1908) et pendant près d’un an, Mattioli fait la passation de savoir. Ainsi, les obturateurs Mattioli deviennent Jousset.
Auguste Dumont décède fortuitement en 1909. Gustave Jousset reprend alors la production des pliants Indiscret.
Gustave Jousset continuera les productions de Dumont et Mattioli et élargit un peu la gamme des obturateurs en intégrant les type Guerry à son offre.
La Première Guerre Mondiale interrompt les activités, que Gustave Jousset relance ensuite en s’associant avec la Maison Hébert (1922). Deux ans plus tard, l’association se dissout et Gustave Jousset se spécialise dans la construction de pliant (folding) en 6,5×9 et 9×12 à châssis métalliques pour plaques de verre ou film, de pieds photographiques et de pinces pour le développement dont la Pince Idéale brevetée en 1895.
S’il produit toujours des appareils photo c’est essentiellement pour des revendeurs car il laisse dans l’anonymat la majorité de sa production. Son fils cadet, André, le rejoint dans la société.
La Seconde Guerre Mondiale interrompt à nouveau la production de l’entreprise, qui renaitra ensuite sous le nom Anciens Ets. Jousset, Société Industrielle de Photographie et d’Optique. Petit à petit, Gustave Gousset laisse les rennes de l’entreprise à son fils André.
C’est en octobre 1945 que la nouvelle société dépose la marque Kinax et entre 1945 et 1950, elle déposera quatre brevets autour de cet appareil. Pour simplifier les choses, le premier brevet déposé en 1945 l’est au nom des Anciens Ets. Jousset, celui de 1948 le sera sous le nom de la Société Industrielle de Photographie et d’Optique (IPO), tandis que ceux de 1949 et 1950 le sont au nom de la Société Kinax S.A.
Finalement, la production se concentrera sur des folding 6×9 et quelques appareils bis-objectifs (TLR) 6×6 dont le fameux Kinaflex, même si ce dernier est inspiré du boitier fabriqué par ATOMS, qui sera d’ailleurs la base de nombreux autres TLR français comme l’Aiglon, le Luxoflex et l’Atoflex.
Il faut se souvenir que les premiers constructeurs et producteurs de TLR, avant la Seconde Guerre Mondiale, étaient essentiellement Allemands, avec en tête de file l’inventeur du genre, la firme Franke & Heidecke et leur Rolleiflex (1929).
Ce n’est qu’après cette période que les français, entre autres, se lanceront dans la construction de ce type d’appareil, le champ étant libre et, il faut bien l’avouer, l’aventure du pliant (folding) commençait franchement à s’essouffler.
In fine, la société Kinax s’éteindra en 1958, après la série Kinaflex (6×6), celle d’une caméra stéréoscopique.
Présentation du Kinaflex.
Ce TLR est donc basé sur l’Atoflex fabriqué par Atoms. C’est un TLR (Twin Lens Reflex) assez classique, équipé d’un objectif Anastigmat de 75mm f3 pour la visée et d’un Flor Berthiot de 75mm f3,5 pour la prise de vue. L’obturateur est un Atos-2 qui offre des vitesses de 1s au 1/300s plus pose B.
C’est un boitier tout en métal, recouvert de faux cuir noir, avec une face avant en métal un peu proéminente qui porte les deux objectifs.
Le Kinaflex (1951) est un 6×6 qui offre la particularité de faire la mise au point par rotation des deux objectifs, liés par un système par rotation des deux objectifs en même temps. La mise au point est assurée par une rampe hélicoïdale. Une échelle de profondeur de champ est gravée sur l’objectif du dessus
Un Babyflex, faux TLR, sera aussi produit mais il n’offre pas d’intérêt étant très simpliste.
Seconde particularité, le capuchon de visée offre en son centre une lentille qui, associée au viseur sportif, rendrait la visée plus confortable et fine.
Les vitesses se sélectionnent avec une roue crantée sous l’objectif, un simple point servant de repère. L’armement se fait avec un levier situé à droite, qu’il faut monter vers le haut une fois la vitesse choisie et le déclenchement s’opère avec un levier à l’opposé, qu’il faut aussi faire monter. Il n’y a pas de retardateur. Un trou fileté, sous le déclencheur, permet de fixer un câble. A son opposé, une prise PC pour le flash, sans doute synchronisé à toutes les vitesses, aucune mention de type de flash n’étant reprise (ni X ni M). Les deux rigoles chromées sous l’objectif permettent de fixer les fils du flash et le câble de déclenchement.
Quant aux ouvertures, elles se règlent avec un petit levier, sur la gauche, de f3,5 à, f16.
La grosse molette, sur la droite du boitier, ne sert qu’à l’avancement du film. Il n’y a pas de protection contre les doubles expositions.
Pour ouvrir le dos, il faut faire glisser un bouton au dessus, ce qui libère deux crochets. Au dos, une simple fenêtre en rouge inactinique sert de compteur. Un petit bouton rond permet de masquer la fenêtre.
Et là je me maudis un peu car j’ai commis une erreur de débutant en ouvrant l’appareil alors qu’un film y était engagé. Je n’avais pas vu de chiffre ou autre dans la dite fenêtre rouge (on n’y voit rien !). Dommage, ce seront sans doute quelques images gâchées !
Toujours est-il que lorsque vous l’ouvrez, c’est tout le dos qui s’escamote. Il faut, pour le refixer, veiller à ce que 2 petits tenons à l’avant soient bien engagés dans les trous de la porte avant de refermer et de mal le placer et donc de causer des fuites de lumière.
Quand au capuchon du viseur, il suffit de le relever pour qu’il se déplie automatiquement mais par contre, il faut replier les parois une à une pour le refermer. Un trou, percé dans la paroi arrière, permet de faire une visée dite sportive, à hauteur d’œil, grâce à la lentille sur la face avant, Ce n’est guère précis mais ça aide (un peu). Une petit loupe est intégrée aussi à la face arrière et permet de faire une mise au point plus fine sur le dépoli. Mise au point qui commence à 1,5m seulement, jusque l’infini.
Par dessous l’appareil, un pas de vis permet de le fixer sur un trépied.
La publicité d’époque nous racontait déjà des histoires : … comporte les perfectionnements que l’amateur averti exige d’un Réflex à deux objectifs. Puis vient le prix, 25.030 fr de l’époque.
Pourtant, si je regarde un Semflex du même moment, il est plus sophistiqué et sensiblement au même prix. Un Meopta Flexaret III ou un Rolleicord III, encore mieux pourvu, offraient aussi des alternatives intéressantes.
Soyons honnête, l’appareil n’est pas médiocre, loin de là (nous ne sommes pas chez Lubitel) même s’il a des lacunes. Tout le nécessaire est là : un bon objectif de visée clair (f3), un objectif de prise de vue agréable (le Flor Berthiot a bonne réputation), un déclencheur qui offre une vitesse dans la moyenne (1/300s), une construction sérieuse.
Avec son beau sac tout prêt en cuir, il a même fier allure.
Mais voilà, c’est un appareil qui n’a pas vraiment d’âme, de fantaisie, de ce petit quelque chose qui fait qu’on le retient.
Finalement, son pire défaut c’est d’être trop semblable à d’autres, muris sur le même moule que l’Atoms. Cela se ressent au niveau des prix si vous voulez en acquérir un : vous en trouverez en bon, voire très bon état dans une fourchette de 50 à 110€ pour les plus parfaits.
C’est là une manière de se mettre au moyen format sans faire trop de frais, avec un vrai boitier école, solide et qui vous laissera encore assez d’argent que pour acheter des films et faire des photos.
Qu’en pensez-vous ?
Vidéo d’illustration.
Un peu de technique.
TLR 6×6
KINAX sur base : Atoms, modèle Kinaflex
Visée reflex sur dépoli
Mise au point par rotation des objectifs couplés par engrenage
Objectif de prise de vue : Som Berthiot Flor f:3,5/75mm ; de visée : Anastigmat 1:3/75mm
Obturateur Atos II 1s-300e +B – avec armement préalable – mise au point de 1,6m à l’infini
Brrr … il ne fait pas chaud ce matin à Estaimpuis. Et le ciel est bien gris. Pourtant, les brocanteurs sont là, et nous aussi, bon pied, bon œil.
Et des yeux, il va en falloir, des aiguisés, pour trouver quelque chose chez les quelques 400 vendeurs prévus.
Sac au dos, nous voilà parti entre les échoppes, où certains s’installent encore (traduisez, il faudra revenir sur nos pas plus d’une fois).
Un peu d’histoire.
Après avoir inondé le marché avec ses film 126 (en cassette, 1963) et les appareils Instamatic – copiés par tous les autres pour rester dans la course – en 1972, Kodak récidive et lance le format 110, toujours en cassette.
Ce film, vague copie du format 16 lancé par Minolta et ses tout petits appareils (les MG 16 et leurs déclinaisons) donne une image de 13X17mm sur un film de 16mm (tiens, tiens …), c’est – à – dire une image deux fois plus petite que celle d’un film 24x36mm.
Son autre caractéristique est qu’elle est enfermée dans une cartouche en plastique, ce qui simplifie – comme avec le format précédent, le 126 – le chargement dans l’appareil puisqu’il suffit de déposer la cartouche dans la chambre de l’appareil.
Pas d’amorce à fixer (une difficulté semble-t-il à l’époque) ni de film à rembobiner une fois le nombre de vue épuisé, le film rentrant intégralement dans la cartouche en fin de course.
Les appareils prévus étaient les Instamatic Pocket, les Agfa Pocket et toutes une série d’autres constructeurs dont certains grands noms de l’histoire photographique comme Minolta, Pentax, Canon, Rollei, Voigtländer, par exemple (vous en trouverez aisément sur le site à la rubrique les pockets).
Le film étant petit, la plupart des appareils le furent aussi (le Voigtländer Vitoret 110 EL, le Rollei A110 pour ne citer qu’eux). Mais toute règle mérite ses exceptions et le Gracia que je vous présente aujourd’hui est une fois et demie plus long et une fois plus large que le Vitoret 110 EL déjà cité.
Cela l’empêche-t-il d’être un bon appareil ? Non, mais il ne sera plus vraiment facile à ranger dans une poche (pocket).
En ce qui concerne ce Gracia, je vous avoue avoir bien cherché mais très, très peu trouvé d’informations à son sujet.
C’est dans aucun doute un boitier produit-blanc ou un appareil re badgé à ce nom pour une raison quelconque que notre raison ignore encore ! Les informations les plus fiables font état d’appareils fabriqués au Japon ou Taïwan pour une société de vente par correspondance Inter-Sélection à Lys-lez-Lannoy (France). Cette société aurait été active de 1989 à 1999.
Présentation du Gracia 505 XLR Telephoto Pocket Camera with Electronic Strobe.
Ce (long) nom résume à lui seul les caractéristiques de l’engin, sauf sans doute le côté pocket, vu sa taille.
Gracia XLR
Je ne sais pas non plus d’où vient le chiffre 505 (il est plus léger et moins long) mais pour le reste, commençons :
Sur la plaque supérieure de l’appareil apparaissent toute une série de curseurs :
un pour mettre en route le flash (strobe)
un autre qui fait apparaître/disparaître les lettres XLR
un troisième qui permet de passer de la position normale à celle d’un téléobjectif (le cadre du viseur change et le bloc objectif se déplace)
Le gros bouton rouge, vous l’avez compris, est le déclencheur, pas vraiment sensible – nous sommes loin de la douceur des Sensor d’Agfa.
Et en dessous, un seul grand curseur qui sert à armer l’appareil en poussant dessus.
Un tableau, sur le dessous de l’appareil, indique la puissance du flash selon la sensibilité du film, de 100 à 400 Asa. C’est sans doute là que réside l’explication du XLR car cette position permet de photographier plus loin avec le flash en position normale, de 3 à 6m contre 1,5 à 3m sans la position XLR. C’est ce que le constructeur nomme le flash intégré à portée étendue.
Enfin, un volet permet de cacher l’objectif et le viseur.
Pour le reste, désolé mais je manque d’informations ; focale d’origine ? – Version télé ? – Ouverture ? – Vitesse ? Tout ce que l’on sait, c’est qu’il est tout automatique pour autant que vous le nourrissiez de 2 piles AA, mais qui pourraient ne servir qu’à alimenter le flash car l’engin déclenche même en l’absence d’énergie.
Que penser de cet appareil ?
La Dame qui m’a vendu cet appareil me disait qu’il s’agissait de celui de ses parents, qui l’utilisaient pour les vacances et que les photos étaient belles.
Pourquoi pas ? Ces appareils étaient souvent construit sur le même moule, pas forcément avec des matériaux de grande qualité, mais dans la moyenne de ce qui se faisait alors pour ce type d’appareil au format 110, même chez Kodak ou Agfa.
Bonne affaire ou pas ? Franchement, quand je vois le prix des 110 chez Lomography, en neuf, je ne peux que dire oui. Car pour 5€ et deux piles AA vous voilà avec un appareil un peu au delà de la moyenne de l’époque.
Juste que celui-là, il faudra le mettre dans une grande poche …
Petite comparaison avec un Agfamatic 2008, sans flash.
Ce jour-là, j’avais pris un peu d’avance sur mon épouse lors d’une brocante, le nez en l’air à la recherche d’une petite perle à vous raconter plus tard. Mais comme d’habitude, quelques brocanteurs n’en étaient qu’au début de leur déballage.
Et voici que mon téléphone sonne : dis, les Yashica, tu m’as dit que c’étaient de bons appareils ? Oui, en effet, en général en tout cas, ce sont de bons boitiers, pourquoi ? Tu n’as pas vu celui dans un demi-sac en cuir, un Campus ? Ben non. Le vendeur en veut combien ? Petit conciliabule entre le vendeur et mon épouse … Pas cher, je le prends, à tout à l’heure.
Et voilà comment ce télémétrique a atterri dans le sac de mon épouse.
Un peu d’histoire.
Vous la trouverez dans les différents articles que j’ai déjà consacré aux modèles de la marque, mais, en résumé, sachez que c’est en 1949, à Nagano (Japon) que Yoshimasa Ushiyama,fonde la Yashima Seiki Company. D’abord spécialisée dans les composants électriques, elle se lance rapidement (1950) dans la fabrication d’appareils photo, notamment des TLR (Twin-Lens-Reflex ou réflex double objectifs). Le but est de produire des TLR de qualité bien plus abordables que les très couteux Rolleiflex. Le Yashica Mat devient cette autre référence.
En 1958, Yashica s’inspire du Contax pour fabriquer son premier télémétrique à objectif fixe, le 35. Cet appareil aura une longue descendance …
Yashica, qui désire se développer dans le secteur, rachète toujours en 1958, un petit constructeur de télémétriques Nicca (Nippon Camera). Cette société fabriquait d’excellents appareils inspirés des Leica, avec des objectifs interchangeables en monture M39 à vis (Leica, Nikon, Canon, Steinheil, Carl Zeiss, …).
Quand je note inspiré des Leica, plus précisément du Leica III que Nicca va améliorer encore et du rachat de Yashica sortiront les Yashica YE et YF, malheureusement trop complexes et qui n’auront pas de succès
Mais sur la base de ces appareils, Yashica sort la série des M (ou Minister), un télémètre à objectif fixe qui propose déjà une cellule au sélénium, non couplée (1960).
Toujours en 1960, Yashica sort le Lynx 1000, qui ouvre la gamme des Lynx 5000, 14, 5000E et 14E. Ce sera une gamme plus luxueuse, destinée aux photographes aguerris. Le Lynx 1000 dispose d’une cellule au sélénium, couplée et d’un obturateur Copal qui propose alors le 1/1000s. Deux lignées existent alors ; les M pour tout le monde et les Lynx pour les puristes.
1966 voit naître le Yashica Electro 35, qui aura aussi une longue et prolifique descendance puisqu’il sera produit, avec des innovations successives, jusqu’en 1986.
Où se place alors le Campus ? Disons que celui-ci est le successeur du J, un appareil, comment dire, un peu soupe aux pièces qui restent ! En effet, ceux qui l’ont démonté peuvent dire que le corps serait celui du Lynx 1000, l’objectif et l’obturateur viendraient des surplus des YE, par exemple. Bref, on ne gaspille pas, on recycle et on sort un petit télémétrique pas cher.
Le Campus sera donc essentiellement le boîtier du modèle J avec une mise à niveau de l’objectif et de l’obturateur. Il sort au Japon en 1962.
Yashica collaborera avec Carl Zeiss pour créer la marque Contax (1975). Elle continuera aussi à produire des appareils équivalent sous sa propre marque (voir les Yashica FX-1ou le Yashica FR-1). Ses reflex (SLR pour Single Lens Reflex ou reflex à un seul objectif) introduisent encore des technologies avancées pour leur époque, comme l’exposition automatique.
Yashica continue sa philosophie d’offrir un très bon rapport qualité/prix, auquel s’ajoute une fiabilité mécanique reconnue. La grande production d’appareils compacts, ses reflex et même ses TLR sont plébiscités par un public toujours plus nombreux.
Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin et Yashica encaisse très mal la crise du marché argentique et elle cesse ses activités début des années 2000. Elle sera rachetée mais le nouveau groupe tente très maladroitement de revenir en proposant des appareils d’entrée de gamme en … numérique.
Présentation du Yashica Campus.
Le Yashica Campus est donc issu du Yashica J, amélioré mais gardant certaines limitations car il ne possède pas de posemètre (ce n’est pas grave) et le viseur ne dispose pas de lignes pour compenser la parallaxe même s’il est collimaté (pas irrémédiable non plus, c’est une question d’habitude d’utilisation).
Son obturateur est un Copal SV qui donne des vitesses de 1s à 1/500s, plus pose B et un retardateur. La synchronisation des flashs se fait à toutes les vitesses pour la synchro X (flash électronique) et 1/30s pour les flashs à ampoule.
L’objectif est un Yashinon de 45mm ouvrant de f2,8 à f22. Il possède 4 lentilles. Facile a régler grâce au gros bouton fixé sur le pourtour de la bague des distances. Un tableau d’échelle de profondeur de champ est bien entendu visible sur l’objectif.
Sur le fut de cet objectif, outre la bague des distances (près du corps), vient ensuite celle des ouvertures puis celle de vitesses. Bien crantées, elles tiennent. Le retardateur, c’est cette petite tirette en bas, à n’armer que lorsqu’on a tiré sur le levier d’armement. Sur la gauche, la tirette du flash, à positionner sur X ou M. La prise pour les flash est à droite, à côté de l’objectif.
Les filtres éventuels sont au diamètre de 46mm, à viser.
Il possède un télémètre à coïncidence couplé avec un patch rectangulaire orange.
Pour ouvrir le dos du Campus, il faut appuyer et faire glisser vers l’avant le petit bouton sous l’appareil. Ce n’est pas toujours facile, mais on s’y fait.
Le chargement est facile avec une belle fente prévue dans la bobine réceptrice. Attention, il fut remettre le compteur à zéro manuellement (sous le levier d’armement).
Lorsque vous avez terminé votre bobine, il suffit d’appuyer sur le petit bouton sur la semelle et de rentrer le film dans son logement via la manivelle à gauche.
Du simple, du facile à utiliser, du solide car 60 ans plus tard le boitier fonctionne toujours.
Ici pas de cellule au sélénium qui risque d’être épuisée ni d’autre au CdS dont on aurait oublié de retirer la pile. Si vous voulez une cellule, c’est une bonne manuelle qu’il vous faut. Sinon, le bon vieux système du Sunny 16 est toujours d’application.
Le télémètre se règle facilement et vous donne la garantie d’une image identique à celle que vous aviez vue. C’est d’ailleurs, me semble-t-il, un excellent appareil pour apprendre à utiliser cette manière de photographier car il n’y a rien qui vient vous distraire, juste vous et le cadrage, la mise au point et clic-clac c’est dans la boite !
En plus, mais c’est toujours très subjectif, même si nous avons appris dans son histoire qu’il a été fabriqué avec des pièces en trop, il est bien équilibré et juste dans la lignée de ces beaux appareils des années soixante, quand le métal était encore majoritaire.
On pourrait lui reprocher un objectif à l’ouverture un peu faible (f2,8) mais, franchement, il est dans les meilleurs de sa catégorie et c’est du Yashinon, réputé.
Pour moi, ce fut une belle découverte et un plaisir de le manipuler pour vous le présenter.
Au niveau prix, c’est un appareil qui devrait se négocier dans les 40€ en très bon état et 45€ s’il possède son sac tout prêt en cuir complet.
Fabricant : Yashica Co. Ltd, Japon Modèle : Yashica Campus Type : Appareil photo télémétrique 35 mm Année de production : 1962 Film : 35mm (Type 135) Taille de l’image : 24 x 36 mm Matériau : Métal, partiellement chromé Objectif : Fixe. Yashinon f=4.5cm f 1:2.8 Mise au point : Télémètre couplé Plage de mise au point : 0,8 mètre – infini Viseur : Viseur lumineux avec des marques de correction de parallaxe de base Obturateur : Obturateur Copal SV, vitesses de 1s à 1/500s Ouverture : automatique de f/2.8 – f/16. Flash : réglages X (flash électronique) et M (magnésique – ampoule). Sabot sans contact Contact Flash : Contact PC à côté du barillet de l’objectif. Avance du film : levier situé sur le dessus de l’appareil photo Dimensions : 130 x 84 x 72 avec objectif Filetage du filtre : 48 mm Comment ouvrir le compartiment du film : basculez le levier en bas à gauche sur la position O et poussez.
Grande braderie d’Amiens ce dimanche 05 octobre (pas la Grande Riderie, qui a lieu en avril, mais c’est tout proche quand au nombre de chalands).
Nous sommes arrivés la veille et avons dormi dans le camping car. Enfin, disons plutôt que nous avons essayé car outre le vent, la pluie en rafale, des fêtards intrépides avaient décidé de fêter un anniversaire et, l’alcool aidant, ils ont tenus le coup jusque 4 heures du matin. Et nous avions décidé de sortir de nos duvets pour 6h !
Bref, nous étions dans une forme olympique pour arpenter les rues et ruelles de la belle ville d’Amiens. Comme d’habitude, nous prenons nos trois points de repère : la cathédrale (magnifique), ce que nous pensons être un beffroi (moins joli mais plus haut) et une troisième clocher plus loin.
Comme je l’ai signalé, la pluie a bien marqué la nuit mais les brocanteurs sont des pros et si cela les contrarie, ils ont quand même déballé, avec plus ou moins de protection pour leurs marchandises.
Autrement dit, les appareils que j’ai pu trouver étaient de mouillés à bien trempés. Et c’est là qu’on se dit que ces vieux machins étaient quand même solides …
Car outre ce très beau Nikon F3, j’ai trouvé quelques Kodak Retinette, un reflex inconnu et un très joli Vest Pocket Kodak avec sa trousse en cuir d’origine.
La pêche fut maigre malgré les 14kms parcourus mais nous avions commencé tard, pour les raisons que vous savez …
Un peu d’histoire.
De fait, l’histoire commence en 1959 avec l’apparition du Nikon F, l’archétype du reflex professionnel pensé pour des photographes professionnels. Celui-ci a évolué au fur et à mesure pour rencontrer les nouveaux besoins des photographes et, surtout, pour continuer à régner car la concurrence devenait farouche.
Dés 1965, Nikon avait pensé à ce futur autre best-seller, qui sortait enfin en 1971 sous la forme du Nikon F2. Celui-là apportait des nouveautés à faire oublier le bon vieux F, quoique certains n’en démordaient pas et que celui-ci fut fabriqué en parallèle jusqu’en 1973.
Petits résumés de ces nouveautés :
une gamme de vitesses plus étendues, de 10s à 1/2000s (1s à 1/1000s pour le F)
prisme Photomic DP-1 avec une cellule de EV1 – EV17 à 100Asa (EV2 à EV17 pour Photomic FTn du F)
utilisation d’une pile « moderne » de 1,5v (pile au mercure de 1,35v pour le F)
dos à charnière (dos amovible pour le F), démontable
accepte différents moteurs d’entrainement (le F demande un appairage du module moteur)
Les boitiers F2 étaient toujours quasi identiques et ce sont les Photomic, les cellules rapportées, qui font la différences.
Petits résumés de ces F2 :
Nikon F2 équipé du DE-1, 1971-1976
Nikon F2 Photomic équipé du DP-1, 1971-1976
Nikon F2S Photomic équipé du DP-2, 1973-1976
Nikon F2SB Photomic équipé du DP-3, 1976-1977
Nikon F2A Photomic équipé du DP-11, 1977-1980
Nikon F2AS Photomic équipé du DP-12, 1977-1980
In fine, si le F a ouvert la voie, c’est le F2 équipé du DP-12, alors appelé le F2AS qui sera longtemps considéré comme LE reflex des professionnels. Il est presque parfait, ne demande des piles que pour sa cellule, fonctionne par tous les temps. Solidement et consciencieusement construit, il tombe rarement en panne malgré les endroits improbables où les photojournalistes le trainent.
Cependant, encore une fois, il faut faire face à la concurrence. Cela a commencé avec le dernier des F2, le F2AS donc (1977), dont la monture devient AI (Automatic Indexing). En résumé, cette nouvelle monture F ne demande plus au photographe d’indexer sa cellule lorsqu’il change d’optique, cela se fait automatiquement. Un grand progrès qui évite bien des désagréments.
Petit à petit, les ingénieurs de chez Nikon voient les avancées de Canon (F-1 et New F-1) et Minolta (MKX) grignoter leur suprématie. Il faut donc encore avancer pour rester au sommet car le F2 est devenu, à son tour, LE reflex des professionnels.
Dès 1977 les ingénieurs nippons commencent la conception et l’organisation du prototype d’un nouvel appareil destiné à remplacer le F2. La philosophie de conception de ce nouvel appareil repose sur 3 objectifs : une haute qualité de fabrication et une fiabilité à toute épreuve ; un fonctionnement automatisé, sur base de la philosophie héritée du F2 ; une plus grande facilité d’utilisation et une plus grande polyvalence.
Ainsi, par exemple, l’obturateur du futur F3 est de conception modulaire. C’est un obturateur en feuilles de titane à déplacement horizontal, auquel, à la suite de nombreux essais, les ingénieurs ont ajouté un régulateur pour assurer la fiabilité mécanique et garantir un réglage précis du fonctionnement électrique du volet.
La méthodologie VE (value engineering) a été appliquée pour réduire le poids et le nombre de pièces. Un premier prototype sera ainsi achevé en novembre 1978.
Petit aparté amusant à ce sujet : à l’automne 1978, la NASA, qui avait déjà utilisé des Nikon Photomic FTN lors des missions Apollo et pendant le programme Skylab (1970), revient vers Nikon pour développer un appareil photo. Les spécifications sont astreignantes : l’appareil doit être fourni dans un an et demi, il doit posséder un contrôle automatique de l’exposition et il doit être capable de prendre 250 photos et permettre de changer le film même lorsque l’on photographie. Se basant sur leur expérience du programme Apollo, Nikon accepte le challenge, d’autant que le F3 est en pleine préparation pour sa sortie commerciale.
Ils ont alors développé deux appareils, le Big pour le film de 250 vues et le Small pour un film de 72 vues. Ceux-ci seront livrés en mai 1980 et ils passeront avec succès les tests du Johnson Space Center de Houston (Texas). Ces appareils seront chargés dans la navette Columbia, lancée en avril 1981 et satisferont aux attentes d’une fiabilité à 100%.
Source : appareil-photo. Crédit photo : James Artaius. Le Big embarqué vers l’espace
Il va sans dire que les développements faits pour la Nasa seront repris dans l’appareil présenté au public en mars 1980. C’est un reflex AE à priorité ouverture avec commande électronique, le tout dans une belle robe noire italienne et proposé avec un objectif Nikkor de 50mm f1,4.
Mais pour rompre quand même avec un passé qui devient encombrant (je fais ici allusion au poids et aux dimensions des appareils plus anciens) même si on ne le renie absolument pas, les ingénieurs de chez Nikon vont faire un grand pas : ils font appel au designer italien, Giorgetto Giugiaro, pour la forme, qui intègre pour la première fois un design industriel moderne avec une poignée ergonomique et un viseur considéré, à l’époque, comme futuriste. Le design novateur comprend aussi l’intégration d’un moteur et son entrainement – le MD-4 – et la fameuse ligne rouge verticale.
Ce signe distinctif sera dorénavant présent sur tous les appareils reflex Nikon, avec de nombreuses variations sur le même thème, rouge.
Pour mémoire, Giorgetto Giugiaro avait déjà conçu le modèle du Nikon EM, qui sort également en 1980 comme entrée de gamme et il est, entre autre, le père de la Lotus Esprit, la DMC Delorean, le Seiko Speedmaster Chronograph Watch et le Beretta Neos Handgun.
Si la robe est italienne, le cœur électronique du nouvel appareil sera japonais et confié à Tetsuro Goto. C’est lui qui prendra la décision d’intégrer des circuits électroniques numériques et l’écran LCD dans le F3 et qui aura en charge le dessin dudit circuit.
En 1980 donc, Nikon dévoile le petit nouveau, le F3. C’est à lui qu’incombe désormais la lourde tâche de rester le maître des appareils professionnels. Pourtant les photojournalistes, qui l’appelaient de leurs vœux, vont de prime abord s’en méfier – comme ils l’avaient fait lors du passage du F vers le F2, mais certains ont la mémoire courte semble-t-il.
Pourquoi cette défiance cette fois ? Parce que l’appareil requiert des piles pour fonctionner et ils rechignent à l’idée de confier leur reportage à une histoire de pile ! L’électronique des années quatre-vingt fait encore peur.
Encore une fois, Nikon garde sa ligne de conduite : on avance en faisant évoluer l’appareil par des ajouts bien pensés, qui s’inscrivent toujours dans le système du F (accessoires, optiques, flashs, etc.)
Ensuite, introduction de l’électronique dans un appareil professionnel : la mesure d’exposition à priorité ouverture (AE = exposition automatique) est pilotée par un circuit intégré qui s’avèrera très fiable (la grande crainte des professionnels de l’époque).
Source : imaging.nikon. Le schéma électronique du F3
Petite parenthèse utile : le F2 possédait déjà des circuits électroniques pour le contrôle de l’exposition et d’autres mécanismes, mais l’obturateur était contrôlé mécaniquement. Ces circuits étaient analogiques. Tout comme pour les premiers essais du F3 mais Nikon s’est vite aperçu que la somme des informations à traiter ne pouvait l’être avec des circuits analogiques, il fallait passer au numérique. Ensuite, les ingénieurs ont opté pour un affichage à cristaux liquides, qui faisait déjà ses preuves depuis quelques années notamment dans les montres. Ce dernier consommait moins que les diodes utilisées jusque là.
Puis l’élargissement des accessoires, qui vont des viseurs interchangeables aux dos spécifiques, en passant par des moteurs adaptés aux besoins et, toujours, la large gamme des objectifs de la marque, excellents.
Source : imaging.nikon. Un exemple des nombreux verres de visée et des viseurs prévus pour le F3
Le F3 sera aussi décliné en plusieurs versions :
le F3 avec viseur DE-2 (1980)
le F3HP (High Eyepoint) avec viseur DE-3 (1982). Il a un meilleur dégagement oculaire, mais moins de grossissement. Il offre un confort de visée accru, même pour les porteurs de lunettes.
le F3T (1982) avec recouvrement en titane. Le F3T était de couleur champagne de 1982 à 1985, par la suite, il sera noir.
le F3AF (1983) a été le premier Nikon à mise au point automatique (AF). C’est un système complexe qui ne fonctionne qu’avec quelques objectifs dédiés.
Le F3H (1998) (High Speed) : conçu avant les Jeux Olympiques de 1998 à Nagano, au Japon. il était capable de livrer 13 images/s grâce à un moteur spécial.
le F3P, une version encore plus robuste, destinée à la Presse. Elle bénéficie de joints d’étanchéité.
Toutefois, si nous devions retenir une chose dans l’évolution de ce modèle par rapport au F2, c’est bien la méthode d’analyse de la lumière, vous allez comprendre.
Pour rappel, les F et F2 évoluaient grâce à leurs viseurs interchangeables, les fameux Photomic. Ces viseurs contenaient un posemètre intégré, qui se modifiait au gré des avancées technologiques.
Cependant, la mesure TTL (à travers l’objectif) ne peut être effectuée avec des viseurs d’action ou au niveau de la taille, par exemple. Aussi plutôt que de partir sur le viseur proprement dit, les ingénieurs de Nikon ont décidé de transporter la mesure dans le corps de l’appareil qui lui ne change pas, quelque soit le type de viseur choisi.
Le plus gros problème étant alors la fonction de mesure réelle de la lumière dans le boitier.
Des années de recherches ont été nécessaires pour aboutir à une trouvaille géniale : un miroir à sténopé !
Du côté réfléchissant du miroir reflex, il y a un certain nombre de trous minuscules (environ 50 000 sténopés ; section elliptique sans dépôt de 20 μm x 30 μm (micromètre) sur la surface du miroir pour former la partie centrale translucide), et la lumière qui passe à travers les trous va au capteur de mesure. En changeant l’emplacement des trous, la fonction de mesure devient assez flexible et il n’y a aucun problème avec la visibilité du viseur. C’est le principe de la mesure matricielle que développe le F3, qui sera ensuite reprise par les autres Nikon.
Source : imaging.nikon. Le schéma du passage de la lumière à travers le miroir et le sous-miroir.
De plus, la lumière est acheminée par le sous-miroir vers le bas de la chambre, puis est collectée au niveau du capteur à travers l’objectif du condenseur. Ce sous-miroir est une caractéristique unique qui condense et dilate la lumière. Cette conception permet alors le contrôle du flash TTL à l’aide du capteur.
Grâce à cette construction, la taille du miroir peut être réduite et la nouvelle technologie de mesure, réduite elle aussi, tout comme de nombreuses autres pièces sont devenues plus petites et légères, ont permis de réduire la taille et le poids du prototype. C’est ici qu’intervient la nouvelle technologie des circuits intégrés, eux aussi plus petits et prenant moins de place mais capables de calculer plus rapidement un plus grand nombre de données utiles. L’essai peut devenir opérationnel et proposé au public.
D’autres technologies, tels le déclenchement électromagnétique de l’obturateur, le contrôle de celui-ci par un quartz et l’affichage à cristaux liquides (LCD) pouvaient encore améliorer le confort d’utilisation du photographe. La place gagnée en interne permettait de les loger.
Mais pour cela, il fallait concevoir un tout nouvel appareil : ce sera notre F3.
Cet appareil est typique des années quatre-vingt, qui rompt avec les appareils précédents et il ouvre la voie vers de nouvelles technologies, la prochaine étant l’auto-focus entre autre.
Il a marqué la transition entre les appareils photo entièrement mécaniques et l’ère des systèmes à commande électronique.
En 2001, Nikon arrête la production du F3, après 21 ans de bons et loyaux services et longtemps après que le F4 et même le F5 aient été lancés. On estime que plus de 860.000 boitiers auront été produit.
Les campagnes de marketing pour les photographes de guerre Nikon F3 comme Eddie Adams, avec le slogan, « aller en guerre avec tout autre appareil photo serait un risque » (Crédit d’image: Nikon)
Outre Eddie Adams, grand photographe de guerre, d’autres noms célèbres ont utilisé le Nikon F3, tel le photojournaliste Steve McCurry, le photographe de Nature Pro Jim Brandenburg, le photographe de mode Peter Lindbergh ou Igor Kostine qui photographia l’après explosion de la centrale de Tchernobyl depuis un hélicoptère .
En résumé, le F3 en six points :
le premier appareil professionnel avec un écran LCD dans le viseur, indiquant la vitesse d’obturation, l’ouverture et la compensation d’exposition. Toutes les informations essentielles sans quitter le sujet des yeux.
il a introduit le système de mesure matricielle, qui analyse la lumière sur l’ensemble du cadre pour calculer l’exposition optimale. Il s’agissait d’une amélioration significative par rapport aux systèmes de mesure à pondération centrale utilisés dans les appareils photo précédents comme le Nikon FM2 et les concurrents comme Canon ou Minolta.
il présente un obturateur ultra fiable, à plan focal se déplaçant horizontalement avec des vitesses allant de 1/2000 à 30 secondes, plus B. Sa durée de vie théorique était de 150.000 déclenchements, mais certains fonctionnent toujours avec bien plus au compteur.
sa conception modulaire l’inscrit de fait dans le système Nikon : verres de visée, viseurs, moteurs, etc. Tous ces éléments permettent de répondre à quasi tous les besoins des photographes.
il peut fonctionner avec ou sans piles. Si celles-ci alimentent les modes de mesure et d’exposition automatique, l’appareil photo peut toujours être utilisé en mode manuel avec des vitesses d’obturation mécaniques allant jusqu’à 1/1000 seconde lorsque les piles sont déchargées.
il est compatible avec quasi tous les objectifs Nikkor F, offrant ainsi une vaste gamme de focales, de l’ultra grand angle au super téléobjectif.
Comme le précise l’historique ci-dessus, la volonté de Nikon a été de faire un appareil simple, solide et performant. Les commandes reprises ci-dessus en sont le meilleur exemple : rien de superflu, que le nécessaire.
Et c’est bien là la force tranquille du F3 : un appareil taillé pour toutes les aventures qui a l’air aussi simple qu’un réflex moyen de gamme.
De fait, lorsque j’ai vu celui-ci sur le stand du vendeur, qui essuyait tant bien que mal les quelques reflex qui venaient de recevoir la dernière drache (= la dernière grosse averse pour nos amis français), je n’ai pas tout de suite capté qu’il s’agissait d’un F3. Ce n’est que lorsque je l’ai pris en main que j’ai vu le nom et senti le bossage inhabituel de cet appareil.
Il est assez lourd, il n’est pas spécialement compact mais il a quelque chose d’imposant en lui.
D’abord, toutes les commandes tombent naturellement sous les doigts. Puis il y a ces petits détails qui créent ce sentiment de sérieux, de bien construit : le petit levier, près du déclencheur pour faire rapidement des surimpression ; l’autre petit levier, qui actionne un volet pour cacher l’œilleton de visée en cas de pose longue ; celui encore pour relever le miroir ; ou pour vérifier la profondeur de champ. Tout ça du bout de l’index, sans tâtonner.
Puis il y a encore ces précautions, pour ne pas gâcher de la pellicule : le verrou autour du levier d’armement ; la double commande pour ouvrir le dos ; le retardateur que l’on manœuvre du bout des doigts.
Et cet écran LCD, minimaliste peut-être, mais qui donne la juste indication nécessaire pour ajuster votre réglage avant la prise de vue, sans lever le nez : vous réglez l’ouverture, la cellule vous indique la vitesse et vous déclenchez. Point !
Le dos aussi, qui peut se libérer en deux secondes : utile si un film est bloqué dans la chambre, vous donnant ainsi de la place pour œuvrer, ou pour installer un de ces dos aux possibilités étonnantes (250 vues).
Encore une autre petite astuce, l’éclair du flash est visible dans le viseur lors du déclenchement de celui-ci grâce à la petite fenêtre de rétro-éclairage de la vitesse.
Enfin cette dernière astuce qui permet de déclencher même si vos piles ont mortes, soit sur le 1/60s soit sur la pose T (plus délicat), avec le petit bouton en bas, près de l’objectif.
C’est un automatique avec priorité à l’ouverture (position A), ou un semi-automatique ou un manuel.
Vous pouvez lui adjoindre un moteur, le MD-4, qui permet du 6 images/seconde et un rebobinage en 7secondes. Il suffit de le nourrir de 8 piles AA.
Toute une série de verres de visée (20 en tout) sont disponibles, ainsi que plusieurs viseurs : le DW3, viseur de poitrine, le DW4 qui assure un grossissement de x6, le DA-2, un viseur sportif.
Bref, un appareil que vous pourrez prendre en mains sans devoir vous taper les 500 pages du manuel d’utilisateur (il fait 47 pages).
Que penser de cet appareil ?
Bon, il y a quand même quelques trucs agaçants comme le fait qu’il n’y a pas de griffe porte-accessoires, sauf en option et il s’agit alors d’un adaptateur à glisser autour de la manivelle de rembobinage. Accessoire que vous devrez ôter si vous deviez changer de film.
La fine bague pour régler la correction d’exposition est protégée par un minuscule bouton. Ça évite les décalages intempestifs mais il faut les deux mains pour faire la correction.
Les laudateurs du boitier ont beau nous expliquer qu’il est plus compact et moins lourd que les autres avant lui, il reste qu’il fait toujours son bon kilo avec les piles, le film et un 50mm f1,8.
Enfin, et c’est sans doute le plus énervant, c’est le coût du mythe ! Allez faire un tour sur certains sites de vente bien connus et il vous sera difficile d’en trouver sous les 200€. Et ceux-là vous seront présentés comme bien patinés, entendez par là qu’ils sont complétement rincés !
Oui, c’est un superbe appareil, bien construit. Oui, c’est un Nikon (comme on dirait un Canon, un Leica, un Hasselblad, …). Oui – en son temps – il était à la pointe et a rarement déçu ceux qui l’on utilisé …
Mais nous sommes 45 ans plus tard, avec des avancées technologiques qui vous permettent de photographier à main levée dans le noir presque complet. Alors, soyons réalistes !
Je suis très heureux d’avoir pu trouver cet exemplaire, en très bel état (je dois juste changer la mousse du miroir qui se dégrade) et si je trouve un bel objectif AI de 50mm f1,4, je mettrai peut-être une bobine dans la chambre.
Mais je reste réaliste … et vous, vous en pensez quoi ?
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Pour le mode d’emploi, c’est par LA (anglais) et LA (français).
Reflex 35 mm à obturateur à plan focal (SLR) à commande électronique
Contrôle de l’exposition A (priorité à l’ouverture, automatique), manuel
Viseur à hauteur d’œil DE-2 en standard, interchangeable avec 3 autres types
Ecran de mise au point fourni en standard avec dépoli et stignomètre à coïncidence (type K) , interchangeable avec 19 autres types
Système de mesure TTL à pondération centrale, mesure à pleine ouverture
Plage de mesure : EV 1 à 18 avec film ASA/ISO 100
Réglage de la vitesse du film : ASA/ISO 12 à 6 400
Obturateur automatique : de 8 à 1/2 000 s (en continu), avec pose B et T, synchro X au 1/80s
Obturateur mécanique à T, Réglage mécanique (1/60 sec. ou T) disponible avec le levier de déverrouillage mécanique de secours lorsque les piles sont faibles ou épuisées
Synchronisation du flash : réglage X uniquement, flash synchronisé à X (1/80 s) ou moins
Contrôle automatique de l’exposition au flash TTL disponible avec le flash SB-12 ou SB-11 dédié (avec l’utilisation du cordon de contrôle de l’exposition au flash TTL SC-12)
Levier de verrouillage du déclencheur
Aperçu de la profondeur de champ
Levier d’exposition multiple
Verrouillage du miroir
Store du viseur pour éviter les fuites de lumière
Bouton de l’illuminateur du viseur
Monture à baïonnette Nikon F Compatible avec l’IA, les objectifs AIS et le pré-IA en stop down
Dimensions et poids (environ) 148,5 x 96,5 x 65,5 mm ; 700 g (corps seul)
L’entraînement motorisé MD-4 alimente aussi le F3, ce qui implique qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des piles SR44 ou LR44 lorsque le MD-4 est utilisé (8 piles AA).
Avec le MD-4 attaché, le déclencheur d’obturateur du F3 continue d’opérer. Si vous pressez le déclencheur du F3 et que vous le gardez enfoncé, le MD-4 attend pour avancer le film jusqu’à ce que vous relâchiez le doigt du déclencheur supérieur du F3.
Un beau stand, celui d’une dame âgée qui vend de beaux bibelots, de la belle vaisselle et, au détour d’une de ses tables, un beau sac tout prêt qui me titille l’œil.
Ce doit être un TLR, mais lequel. Rapide regard sur le devant du sac en cuir, c’est un Flexaret VI. Tient, j’en ai déjà analysé un par le passé, c’était le Flexaret V.
L’étui est ouvert sur un bel appareil gris, qui possède encore son cache objectif d’origine. Vite, j’ouvre le tunnel de visée et je découvre un magnifique verre gravé de lignes de mise au point. Je sens que je vais bien l’aimer celui-là.
Petite négociation et le voilà dans le sac à dos.
Un peu d’histoire.
Nous sommes à l’Université de Přerov (en Tchécoslovaquie, aujourd’hui République Tchèque), en 1933. Le professeur de physique Alois Mazurek décide de créer une petite usine pour fabriquer des composants optiques, des loupes, des jumelles. Ainsi nait Optikotechna, lancée grâce aux locaux et aux capitaux d’un ingénieur qui croit en l’aventure, Alois Beneš
Dès 1934, la petite société élargit sa gamme de produits et propose des agrandisseurs, des objectifs photographiques en plus des condensateurs de lumières, des loupes et des jumelles initiales.
Pour grandir encore, en 1935, Alois Beneš vend l’entreprise à un important fabricant d’arme pour l’armée tchécoslovaque, Zbrojovka Brno. Avec les nouveaux investissements, on construit une nouvelle usine sur le site et la production s’accroit encore.
Finalement, en 1938, elle fabrique des appareils photo pour compléter son offre. Ce seront les Optiflex, Autoflex et Flexette, des reflex bi-objectifs (TLR) de moyen format 6 × 6, qui marquent le début d’une longue série.
Des bruits de botte annoncent une nouvelle direction pour l’entreprise : de 1939 à 1945 elle est obligée de fabriquer des télémètres, des périscopes, des jumelles et des lunettes de tir pour l’armée allemande, au détriment des autres produits.
Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale (1946), l’entreprise est nationalisée et agglomérée avec une série d’autres entreprises actives dans les mêmes domaines. Elle s’appelle désormais Meopta (MEchanická a OPTická výrobA – fabrication mécanique et optique) et reprend la fabrication d’appareils photo, de projecteurs, de caméras pour le cinéma, de jumelles, de lunettes de visée, d’agrandisseurs, etc.
Meopta est maintenant connue dans le monde entier et reconnue pour la qualité de ses produits. Notamment avec ses appareils 6×6 Flexaret, qui seront produits à plus de 600.000 exemplaires jusque dans le début des années septante (1971).
De 1947 à 1970, Meopta sera l’un des plus grands fabricants d’agrandisseurs au monde et le seul fabricant de projecteurs de cinéma (Meopton) en Europe centrale et orientale.
Lors de l’Exposition Universelle de 1958, à Bruxelles, Meopta est primé pour ses appareils photo Mikroma (16mm) et Flexaret (6×6). Le projecteur Meopton 4 a reçu une médaille d’or du Grand Prix.
A l’Exposition Universelle de 1967 à Montréal, Meopta fait la démonstration de ses techniques de projection modernes et reçoit des éloges dans le monde entier.
Dès 1971, la production de produit militaire augmente considérablement dans le cadre du Pacte de Varsovie.
Mais au cours des années quatre-vingt, la demande militaire décroissant rapidement, elle ne fabrique plus que des lunettes de visée pour l’armée et pour la chasse, des télescopes. D’ailleurs, dès les années nonante, les programmes militaires sont réduits à zéro et l’entreprise devient privatisée en 1992, restant alors la seule entreprise d’optique en République Tchèque. Elle sera le fournisseur des grandes entreprise optiques du monde entier.
Elle développe alors des produits pour la chasse et les sportifs, sans abandonner les recherches sur l’optique et l’optoélectronique, dont elle devient un des grands leaders mondiaux.
A ce jour, Meopta fabrique toujours des lunettes de visée pour la chasse, pour les tireurs sportifs, des télescope d’observation, de l’optique de précision, des jumelles et des systèmes optoélectronique dont des conducteurs et des systèmes de commande électroniques optiques pour l’industrie des semi-conducteurs, des systèmes optiques pour projecteurs numériques, des systèmes de mesure sans contact, des lentilles, des prismes optiques.
Pour en revenir aux appareils photos bis-objectifs, les Flexaret ont commencé leur carrière sous le nom de Flexette, en fait un appareil appelé Autoflex de Bradac, fabriqué un court moment par les frères Bradac qui, lorsqu’ils ont cessé leurs activités, ont semble-t-il revendu les brevets à Optikotechna.
Le Flexaret I serait donc un Autoflex remanié, devenu un Optiflex puis un Flexette.
Puis il y aura un Flexaret II (1945 – objectif Mirar 80 mm f4,5 obturateur Prontor) suivi d’un IIa (1948 – obturateur Metax), d’un III (1950 – objectif Mirar 80mm f3,5, obturateur Prontor et manivelle automatique pour l’avance du film), d’un IV (1955 – objectifs Mirar 80mm f3,5, obturateur Prontor SV), d’un V (1958 – objectifs Belar 80mm f3,5 et obturateur Metax, plus avancement et armement couplés par molette ), d’un VI (1964 – 1968 avec d’abord obturateur Metax puis Prontor SVS , et enfin d’un VII (1968 – 1971, obturateur Pentacon Prestor).
Pour en terminer avec la généalogie de ce bel appareil, il faut savoir que les Soviétiques ont repris dans le VEB Pentacon la fabrication des appareils photo et le successeur de ces Flexaret, loués pour leur fiabilité et leur confort d’utilisation sera le … Lubitel !
Présentation du Meopta Flexaret VI Automat.
Tout d’abord, mais c’est tout personnel, je trouve que sa robe grise lui va à ravir, c’est moins triste que le sempiternel noir si sérieux.
Ensuite, l’exemplaire que j’ai acheté doit dater de 1964 car il est équipé d’objectifs Belar (copies très convaincantes des Tessar) et d’un obturateur Metax (copie du Compur). Les appareils ultérieurs, qui bénéficieront d’un obturateur Prontor SVS, auront en plus une échelle de réglage basée sur les EV (indice de lumination), calquée sur les données des cellule à main, qui vous permettait de régler en un seul geste l’ouverture et la vitesse, avec possibilité de débrayage du système.
S’il parait un peu plus simple dès lors, cet exemplaire est toutefois fichtrement bien construit.
Commençons par la visée : dés l’ouverture du couvercle de protection, les 3 autres côtés se déploient au dessus du verre gravé. Certain me diront encore que c’est sombre. Oui, c’est là la touche de ce type d’appareil, à part quelques rares exceptions comme le Mamya C220 ou le Rolleiflex haut de gamme.
Rassurez-vous, la visée se fait très bien car on s’habitue vite et finalement on se rend compte que ce n’est pas si mal que ça.
Le réglage de la distance est simplissime et très agréable car il suffit de faire bouger de droite à gauche et inversement une espèce de compas, en dessous des objectifs, pour faire la mise au point, à partir d’un mètre et jusque l’infini. On peut le manipuler du bout des indexes tout en tenant fermement l’appareil entre ses mains. Ce compas est en outre doté d’une échelle de profondeur de champ bien pratique. Mais, surtout, ce qui ne se voit pas, c’est la superbe mécanique qui est là-dessous car les optiques sont montées sur une rampe hélicoïdale qui assure le parallélisme entre le plan optique et le film bien mieux que les autres systèmes (platine).
Il est équipé d’un obturateur Metax, qui propose des vitesses de 1s à 1/400s, plus un retardateur de 7s et la pose B. Comme c’est un obturateur central, il est synchronisé à toutes les vitesses pour les flashs. Flash qui se monte sur la griffe à gauche mais viendra ensuite se brancher sur la prise PC, en haut sur la face avant.
Autre point fort de cet engin, l’avance du film : elle se fait en tournant la grosse molette à droite. Celle-ci arme l’obturateur (point dur sur la course) et faire avancer le film d’une vue exactement. C’est d’ailleurs ce mécanisme complexe qui donne son nom au modèle (automat).
Un système discret empêche les doubles expositions involontaires. Et je n’ai pas trouvé comment le contourner.
A propos des films, le boitier accepte donc le 120 et le 135mm moyennant l’installation d’un accessoire pour fixer le film 24×36. Un second compteur, à droite, permet de compter les vues (jusque 36) mais n’ayant pas cet accessoire, je ne peux que vous renvoyer au mode d’emploi (voir ici plus bas).
Pour ouvrir le dos de l’appareil, le principe est astucieux et n’autorise pas les fausses manœuvres : il faut d’abord dévisser le petit bouton en haut à gauche et ensuite pousser sur celui-ci pour libérer le verrou du dos. Impossible d’ouvrir par erreur.
La bobine réceptrice doit se trouver en haut. Il faut un peu tirer sur le gros bouton d’armement pour faire entrer la bobine sur les axes et le relâcher ensuite. Normalement, les deux compteurs se remettent à zéro lorsque l’on ouvre le dos mais à vérifier. Si ce n’est pas le cas, en tout cas pour le compteur 24×36, le faire tourner à la main.
Attention, lorsque l’appareil est vide, il est impossible de déclencher, notamment pour vérifier si l’obturateur fonctionne bien. Vous devrez ouvrir le dos et faire tourner la grosse molette pour armer et déclencher, dos ouvert.
Une seconde protection existe pour éviter de gaspiller de la pellicule : au dessus du déclencheur, un petit curseur bloque ce dernier. Pratique si vous avez armé mais pas fait la photo.
Petite remarque utile, le pas de vis pour le trépied est dit au pas du Congrès, il faut donc prévoir un adaptateur pour nos trépieds modernes.
Si vous voulez y monter des filtres, les deux optiques possèdent une monture pour accessoires spécifique à deux baïonnettes opposées, diamètre intérieur 36mm. Etant donné la forme de la baïonnette, je me demande s’il n’est quand même pas possible de viser un filtre classique en 36mm, à vérifier.
A noter le tableau, à l’arrière de l’appareil, qui reprend ces filtres et, en dessous, un mémo pour se souvenir des caractéristiques du film introduit dans la chambre.
Enfin, le Flexaret VI Automat peut se transporter dans son sac tout prêt, qui porte la bandoulière, ou sans, en ajoutant alors la sangle directement sur le boitier.
La série se terminera par un Flexaret VII qui verra sa vitesse atteindre le 1/500s et qui acceptera 4 formats différents, mais c’est une autre histoire.
Pour des exemples de photos prises avec cet appareil, je vous suggère d’aller voir LA et LA.
Que penser de cet appareil ?
Encore une fois, c’est très subjectif, mais cet appareil est beau, sobre mais avec toutes les commandes utiles au bon endroit, sans superflu.
Facile à utiliser, on pourrait lui reprocher son poids (un bon kilo quand même !) mais tenu à deux mains pour mieux régler la distance, on ne le sent finalement pas, sauf quand vous le portez à l’épaule. Ceci étant, ce poids s’explique aussi parce que dans ce boitier il n’y a rien en plastique, rien que du métal, solide et durable.
Je le citais en titre, c’est un appareil trop peu connu chez nous et pourtant, il fut en son temps reconnu comme excellent : ses objectifs sont une formule Tessar (4 lentilles) et, rappelez-vous le paragraphe sur l’histoire de la marque, la qualité optique est au rendez-vous. L’obturateur Metax est inspiré du célèbre Compur et donne entière satisfaction.
Son verre de visée, gravé pour vous aider à la composition, est finalement bien lisible, même mieux que certains appareils plus chers (non, je ne citerai pas de nom, voyons)
Bref, c’est un TLR que je recommande car il est largement abordable (moins de 200€ en très bon état avec sa gaine en cuir). Ce qui vous laisse encore de quoi acheter des films et gouter aux joies du moyen format, un autre univers. Un petit coup d’œil sur un grand site de vente vous rassurera aussi sur la quantité d’accessoires destinés à cet appareil.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Pour le mode d’emploi en français, c’est par ICI (anglais) et LA (français).
Appareil photo reflex à deux objectifs (TLR)
Marque : Meopta, Přerov, Tchécoslovaquie
Film photographique : film120 / 220 en rouleau de film (B2-4 / B2-6 / B2-8 à partir de 1932), accessoire spécial pour film 135
Format négatif : 6 x 6 cm (12 vues) ; 24×36 mm (36 vues) – 2 compteurs de vues
Transport de films : avancement par molette
Mécanisme empêchant la double exposition
Sécurité du déclencheur
Lentille de prise de vue : Meopta Belar, anastigmat à quatre lentilles de 80mm de f3,5 à f16, mise au point minimale de 1m à l’infini ; lentille de visée Meopta Belar anastigmat à 3 lentilles de 80mm f3,5 ; les lentilles sont traitées antireflet (le 80mm équivaut à un 44mm en 24×36)
Obturateur : Prontor SVS, obturateur central ; vitesses de 1s à 1/400s plus pose B ; retardateur de 7s ; synchro flash à toutes les vitesses ; couplage vitesse/ouverture selon indice de lumination (EV) ou obturateur Metax (mêmes caractéristiques sauf échelle EV)
Flash : prise sur le côté gauche, contact PC sur la face avant
Tableau des filtres à l’arrière plus mémo de la sensibilité du film en ASA et DIN
Ah, celui-ci, c’est mon épouse, qui se prend au jeu, qui l’a trouvé sur la grande brocante de Rhode-St-Genèse (Bruxelles).
Dis, tu l’as vu ce Samoca, dans sa boîte ? Heu … non, il est comment ? Bah, il est avec un étui en cuir et il est assez lourdet la dame le vend pas cher. Ecoute, prends-le, on verra bien à la maison.
Et revenus chez nous, je découvre l’appareil, en bon état et que je ne connais vraiment pas. Ce sera l’occasion de nouvelles recherches et fouilles pour vous le présenter.
Un peu d’histoire.
Difficile de trouver des informations sur la Samoca Camera, qui vécut, semble-t-il, de 1952 à 1962.
C’est Sanei Sangyo K.K. qui est à l’origine de la Samoca, rebaptisée Samoca Camera K.K. CO. Ltd. en 1955. Les appareils et accessoires Samoca (trépieds, flashs, projecteurs et posemètres) seront distribués par Hattori Tokein-ten aux débuts de l’entreprise, puis on perd la trace d’un autre distributeur, jusqu’aux années soixante où l’américain Sears commercialise certaines appareils Samoca sous le nom de Tower (Tower 57 et Tower 57A). Il y eut même un Hanimex, le A 35 (pour mémoire Hanimex était un gros importateur/distributeur australien).
Le logo, composé de trois A inscrit à l’intérieur d’un triangle, serait inspiré du prénom Sanei, qui peut être compris phonétiquement comme trois A en Japonais.
Certains boitiers étaient marqués EP, vendus uniquement dans les magasins pour Gi’s au Japon après la seconde guerre mondiale. D’autres étaient vraisemblablement vendus sur le marché local quand d’autres ont fait leur chemin vers les États-Unis. Une façon simple de les retrouver est de vérifier le marquage sur le cadran de mise au point, en métrique ou impériale.
La gamme des appareils n’est pas pléthorique (22 modèles ou plutôt variantes de modèles phares) mais une constante s’en dégage : la qualité de fabrication.
Les premiers appareils sont des boitiers avec un simple viseur. Celui qui commence l’aventure, le Samoca 35, est sorti en 1952 et sera décliné en plusieurs versions, la dernières étant le Samoca 35EM de 1956.
Source : Camdex, le premier de l’histoire, le Samoca 35.
Ensuite viennent les télémétriques, en 1956. La gamme débute par les Samoca 25 et 35RF qui, eux aussi, évolueront au fil du temps. Le dernier sera le Samoca MR, introduit en 1961, qui bénéficiait d’un télémètre couplé.
Source : idem supra. Le Samoca MR de 1961.
Enfin la marque va tenter l’aventure du reflex avec des appareils au design étonnant, qui semble hésiter entre TLR et reflex classique : ce seront les Samocaflex 35 produits en 1956 et 1957.
Source: idem supra. Le Samocaflex 35de 1956
Notez le double viseur : soit un viseur poitrine, soit un viseur externe en forme de tunnel. Si l’appareil est toujours très bien construit, avec une grande majorité de métal, il est un hybride assez spécial.
Ce modèle ressemble au Bolsey C, imaginé par un américain mais fabriqué en Suisse (1950) ou encore au Tougodo Hobix S III japonais (1950).
Il me fait aussi penser au Flexilette d’Agfa (1960) ou à l’Agfa Optima Reflex (1965), mais c’est une autre histoire.
Comme je l’écrivais un peu plus haut, la constante de ces appareils est la qualité de fabrication, où le métal prime, ainsi que la qualité d’ajustage et une certaine compacité. Si pour certains aspects ils sont assez classiques, du moins par le choix des techniques retenues (obturateur central, synchro flash à toutes les vitesses, choix des focales, techniques d’ouverture du dos (verrou), du chargement des films, etc. , ils se démarquent de la concurrence par des designs spéciaux qui mélangent les styles.
A une époque (1952 – 1962) où les différents acteurs rivalisaient d’ingéniosité et allaient marquer la suite de l’histoire photographique par leurs inventions (télémètres couplés, cellule au CdS remplaçant le sélénium, cellule couplée, miroir à retour automatique, mesure de la lumière TTL, etc.), un petit constructeur comme Samoca devait innover pour s’imposer, ou disparaître. Ce sera le cas dès 1962 – 63.
Fin des années septante, début quatre-vingt, pourtant, des appareils portant la marque Samoca ont encore existé : les Samoca 35 J , Samoca Flash 35EE , Samoca Winderflash EE et Samoca Winderflash EES mais ils étaient vendus par Halina, qui les distribuait aussi sous le nom Ansco aux USA.
Présentation du Samoca LE-II.
Arrêtons-nous donc sur cet exemplaire de Samoca LE-II, ma foi en très bel état.
S’il est le second du nom, c’est qu’il eut un prédécesseur, à savoir le Samoca 35 LE, apparut en 1958. C’est un télémétrique classique, équipé d’une cellule au sélénium, non couplée. Cette époque semblait propice à l’éclosion de ce type d’appareils chez les petits fabricants japonais. On peut citer, par exemple, les Aires, Beauty, Kowa, Petri, Yamato, originaux mais hélas disparus trop vite.
Ce 35 LE était déjà bien pourvu donc ;
avec un posemètre au sélénium, non couplé, protégé par un volet à charnières, comme sur les Zeiss. On peut viser volet ouvert ou fermé, dans ce cas les valeurs indiquées changent de couleur (respectivement rouges ou noires)
posemètre lié à une calculatrice EV (indice de lumination) pour déterminer la vitesse et l’ouverture
un levier d’armement à double course moins habituel, sauf chez Leica
un objectif relativement rapide (50mm avec ouverture f2,8 – f22)
deux cadrans pour le réglage de la sensibilité des films, en Din/Asa
un compteur de vues intégré au levier d’armement avec un réglage manuel
une synchro flash pour les anciens flashs avec ampoules ou les nouveaux dit électroniques même si la griffe porte-accessoires est dite froide (sans contact au milieu)
le viseur possède un cadre clair et la correction pour la parallaxe
un obturateur Copal MKV silencieux offrant la seconde et jusqu’au 1/300s, plus pose B
enfin, il n’y a pas de retardateur
Le LE-II, successeur de ce premier modèle, est arrivé en 1960, un des derniers appareils photo proposés par Samoca.
Les grandes lignes restent identiques au 35 LE (mêmes vitesses, même objectif, même viseur, etc.). Le reste est plus du cosmétique :
Au jeu des huit erreurs, on peut relever :
le couvercle du posemètre au sélénium à disparu (dommage, ça protégeait bien celle-ci)
l’échelle EV est reconsidérée
les attaches pour installer une sangle ne sont plus là (il faut au moins la demi du sac tout prêt pour les retrouver)
le compteur de vue passe sur la semelle
la forme de l’objectif a évolué
le levier d’armement est plus long
la griffe porte-accessoire est au milieu du capot
levier de retardateur sur l’objectif (en dessous)
Un mot au sujet de la calculatrice EV qui équipe cet appareil : deux fenêtres, DIN ou ASA, vous permettent de régler la sensibilité du film, selon le chiffre qui apparait dans celles-ci (de 6 à 800 Asa ou 90à 30 Din). Ensuite, vous voyez dans la fenêtre à côté de la calculatrice une fine aiguille et une autre, plus large. En alignant les deux aiguilles l’une sur l’autre, vous pourrez lire une combinaison vitesse/ouverture sur la couronne de réglages, à reporter sur l’objectif.
Pas très rapide mais bien utile. Quoique, si la cellule est hors service (ce qui peut se comprendre après 63 ans !), l’appareil reste pleinement utilisable, avec une cellule à main classique ou la bonne vieille règle du Funny 16.
Un mot aussi sur le viseur, lumineux avec un cadre comprenant des lignes pour la correction de la parallaxe et un patch en losange orange au milieu pour le réglage du télémètre à coïncidence.
Les réglages de la vitesse se font sur l’objectif, tout comme celui des distance, bien aidé par un bouton rond qui assure une bonne préhension de la couronne et permet d’affiner plus vite le réglage.
Sous l’objectif, la tirette pour régler le retardateur (toujours le mettre en route après avoir armé l’obturateur) et celle pour le réglage du flash (ampoule ou électronique).
Les filtres, à viser, sont au diamètre de 34mm. Il n’y a pas de bouchon d’objectif, celui-ci étant censé être protégé par le sac tout prêt, garni de velours grenat.
Pour installer un film dans la chambre, ne tirez pas sur la molette de rembobinage mais plutôt sur le verrou sur la tranche gauche, pour ouvrir le dos, sur charnière. Classiquement, il faut glisser l’amorce dans la fente de la bobine et armer une fois en s’assurant que le film est bien pris par les ergots d’entrainement ; refermez en repoussant le verrou vers le bas et armez/déclenchez une ou deux fois pour arriver à la première vue.
Le compteur de vue doit être initialisé à la première en tournant la vis au centre de celui-ci. Il ne se remet pas à zéro automatiquement.
Lorsque vous avez terminé le film, appuyez sur le bouton sous la semelle, près du compteur, afin de débrayer le mécanisme pour pouvoir rembobiner.
Le flash se synchronise à toutes les vitesses pour les flashs électroniques mais au 1/30s pour les flashs à ampoules (bien mettre la tirette sur la bonne position pour éviter les déconvenues).
Que penser de cet appareil ?
Ce n’est pas un appareil courant, surtout en Europe, un peu moins au Japon et aux USA. En effet, dans les années ’50 et ’60, il y eut nombre de petits fabricants japonais qui construisaient et vendaient surtout aux GI’s américains stationnés dans le Japon occupé de l’après-guerre. Ces soldats ont, naturellement, ramené chez eux leurs achats et les ont disséminés dans leurs régions d’origine.
C’est donc une belle trouvaille que mon épouse a faite là avec ce Samoca LE-II.
Quoique certains auteurs aient tendance à croire que la qualité des derniers appareils conçus et produits par Samoca ait baissé, dont celui-ci, j’aimerais trouver plus souvent des appareils de si belle facture.
C’est un boitier agréable à tenir en mains, assez compact au demeurant pour l’époque (plus petit qu’un Electro 35 de Yashica par exemple).
La cellule fonctionne toujours mais je ne m’y fierais pas plus que ça car elle ne réagit bien qu’en cas de forte lumière. Autant avoir sur soi une cellule à main, au cas où !
De fait, c’est un bel appareil, différent ce que je vois habituellement et qui donne envie de sortir tirer quelques bobines, avec nonchalance, le nez en l’air …
Au niveau prix, sa cote tourne autour des 50 à 60€, accompagné au moins de son sac tout prêt et quelques euros de plus si, comme ici, il est dans sa boite d’origine avec le mode d’emploi (en anglais).
Et vous, vous en pensez quoi de ce Samoca 35 LE-II ?
Un peu de technique.
Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.
Viseur optique avec télémètre à coïncidence couplé, cadre lumineux avec repères de correction de parallaxe
Objectif Samocar 50mm f/2.8 – f22
Mise au point de 90cm à l’infini ; échelle de profondeur de champ sur l’objectif
Obturateur central Copla MKV, de 1s à 1/300s et pose B, retardateur de +/- 10s
Posemètre au sélénium, cellule non couplée ; sensibilité de 6 à 800 Asa ou 9 à 30 Din
Griffe porte-accessoires sans contact
Flash avec prise PC (douille coaxiale) sur l’objectif, 2 réglages pour flashs avec ampoules ou électronique
Transport du film avec levier
Compteur d’images sur la semelle de l’appareil photo
D’habitude c’est un modèle que j’évitais. Pourtant, aujourd’hui j’en ai acquis un exemplaire car sur le même stand j’ai trouvé un Solida III E avec celui-ci.
Je ne voulais pas briser la fratrie …
Sérieusement, j’ai déjà écris un article sur ces appareils et celui-ci manquait dans la liste.
Un peu d’histoire.
Pour être honnête, je ne reprendrai pas ici l’histoire de la marque car vous pourrez la trouver LA.
Je préciserai toutefois que l’acquisition du grand frère, le Solida III E m’a permis de corriger l’article précité car celui qui je vous avais présenté était munis d’un Synchro-Compur qui affiche des vitesses de 1s au 1/500s, plus pause B, alors que le dernier acheté possède un Prontor SVS dont la vitesse maximale est réduite au 1/300s.
Et j’en profite pour rappeler à certains vendeurs que ce n’est pas toujours la marque qui fait le prix mais les attributs du modèle : le Franka Solida III E équipé du Synchro-Compur est le haut de gamme tandis que celui équipé du Gauthier Prontor SVS est l’entrée de gamme. Les objectifs sont identiques, un Schneider-Kreusnach Radionar de 80mm ouvrant à f2,9 en triplet.
Cette légère différence fait presque doubler le prix de l’appareil.
Mais revenons à notre Junior. Plusieurs modèles ont pu exister dont un modèle issu du Solida I et qui offrait la possibilité, moyennant un cadre spécial, de passer du 6×6 au 4,5×6, juste en poussant sur une tirette en façade.
Les premiers Solida datent de 1936 et se sont déclinés en versions I, II, III, Record et Junior. Contrairement au Solida III E, L ou EL, ils s’ouvrent horizontalement.
Ces modèles évolueront lentement, surtout cosmétiquement car la mécanique reste assez identique. Toutefois, à partir des années cinquante, les formes se modernisent et les vitesses sont indiquées différemment
Présentation du Franka Solida Junior.
Remarquez le magnifique sac en cuir épais.
En effet, les premiers Solida Junior ont des vitesses de 1/25 – 1/75 – B, qui évoluent vers le 1/30s – 1/100s et toujours la pose B (1958).
Les Juniors de 1954 possèdent encore le levier à l’avant pour passer du 4,5×6 au 6×6 tandis que ceux de 1958 abandonnent cette faculté.
L’objectif reste un Frankar de 75mm ouvrant à f6,3 avec une mise au point minimale de 1m.
Il va sans dire que c’est bien un appareil d’entrée de gamme. Toutefois les solutions retenues fonctionnent très bien par temps clair et à l’extérieur, même si l’appareil est muni d’une griffe porte-accessoire et d’une prise PC qui autorise l’utilisation d’un flash.
Les réglages sont réduits à leur plus simple expression avec cependant l’introduction d’une petite nouveauté : l’utilisation de symboles pour figurer les ouvertures à utiliser.
Voyez, sur le pourtour de l’objectif vous avez en haut le réglage avec les temps et par dessous, les symboles soleil et nuage qui encadrent les chiffres f6.3 et f11, avec un petit clic entre les deux positions.
Comme cet appareil reprend le châssis du Solida I, il bénéficie aussi de cette petite astuce pour savoir si l’appareil est armé ou pas : le petit point rouge, derrière le déclencheur ; s’il n’apparait pas, c’est que vous devrez armer pour la prochaine photo.
Ensuite, c’est le fait de tourner la grosse molette dans le sens de la flèche qui va faire avancer le film d’une image et aussi armer l’obturateur. Dans la foulée, et contrairement au premier modèle, il y a aussi le verrou pour empêcher les doubles expositions qui s’enclenche.
Ah oui, si pour ouvrir l’appareil il faut appuyer sur un petit bouton sur le capot, pour le refermer, il faut juste enfoncer le petit curseur entre les béquilles à l’avant (ne jamais forcer).
Petite publicité d’époque, qui reprend la gamme des Franka Solida de 1959
Source : Collection-appareils, Sears 1959
Pour le reste, c’est classique : un verrou sur la tranche libère la porte arrière, qui ouvre sur la chambre, munie de deux demi-ronds qui entourent les bobines, celle du nouveau film et celle du film terminé.
Pas de compteur d’image ici, mais une petite fenêtre rouge inactinique par laquelle vérifier le numéro de vue engagée. Quant au viseur, il est un simple viseur de Galilée sans marque d’aucune sorte.
Que penser de cet appareil .
Junior parce qu’il était destiné aux plus jeunes ou parce qu’il était particulièrement dépouillé ?
Honnêtement, je penche plutôt pour la seconde solution. A l’époque (années cinquante) il n’était pas rare de trouver des appareils très simples, voire simplistes, comme les Brownie de Kodak, les Clic et Clac d’Agfa, les Flex, etc.
L’avantage de celui-ci, comme d’autres pliants (folding) plus prestigieux, c’est la compacité : plié, il entre dans une grand poche ou un sac alors même qu’il utilise le film en bobine 120 (image de 6x6cm).
Ceci étant, quant il fait plein soleil vous risquez peu de rater une photo, ça va se gâter quand il fera sombre ou en intérieur, même si on peut accoler un flash.
Si vous visionnez la vidéo ci-dessous, vous aurez u aperçu des capacités du Junior.
La question maintenant de sa cote ? Disons dans un très bon état avec son sac tout prêt en cuir : pas plus de 20€.
Pour 20 ou 30€ e plus vous pourriez déjà vous achetez un Zeiss Ikon Nettar, un Agfa Solinette, par exemple. Nettement plus qualitatifs et performants. A moins que vous ne vouliez rester chez Franka car dans ce cas le Solida III E est une excellente option.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Vidéo d’illustration.
Un peu de technique.
Marque : Franka, Bayreuth, Allemagne Film photographique : 120 / 220 Rouleau de film (B2-4 / B2-6 / B2-8 à partir de 1932) Film photographique format négatif : 6 x 6 cm Lentille : Franka, Bayreuth, Allemagne, Frankkar Anastigmat 75mm f6,3 Obturateur : Alfred Gauthier, Calmbach, Allemagne, obturateur central Singlo 2, vitesses de 1/30s 1/100s pose B Flash : griffe porte-accessoires, prise PC sur le fut de l’objectif Période de production : 1954 Matériaux du boîtier : métal, soufflet en cuir Métal (aluminium, laiton, fonte, etc.), sellerie cuir
Une brocante triste à regretter d’y être venu si tôt : les brocanteurs arrivent au compte-goutte et déballent eux aussi sans grand enthousiasme semble-t-il. S’il fait frais, la météo est formelle, il ne pleuvra pas.
Finalement, après avoir fait au moins trois fois le tour de celle-ci pour découvrir au fur et à mesure les déballages, je fini par découvrir ce box tout métallique qui m’intrigue. Je n’en ai jamais vu portant ce nom ni dans cette configuration, que vous allez découvrir aussi.
Ce jour-là, il sera bien seul dans le sac à dos, les quelques (rares) autres qui vont le rejoindre étant des petits compacts numériques.
Un peu d’histoire.
Elle sera brève, pour une fois, les renseignements sur la Pho-Tak Corporation de Chicago étant assez limités.
Son adresse, 17 N. Loomis à Chicago ne nous apprend pas grand chose de plus, sauf que c’est un tout petit constructeur/distributeur qui était lié à la United State Camera (USC) qui a produit plusieurs variantes de modèles très semblables à ceux de Pho-Tak mais avec des noms différents. Une vieille technique marketing pour écouler des rossignols.
Pho-Tak a produit quelques modèles, des foldings ou des box, voire des faux TLR (vous pourrez retrouver les images de ces appareils LA), qui avaient tous des points communs : un prix bas, des spécifications simplissimes, la refonte successive de vieux modèles sous de nouveaux noms.
Leur slogan résume cela très bien d’ailleurs :
Quoique l’exceptionnel (outstanding), je le cherche encore … – sinon prix bas – facilité d’emploi des appareils et accessoires.
Cette entreprise sera active approximativement de 1948 à 1960, alors que USC tiendra jusqu’en 1970, en vendant toujours des appareils très simples et pas chers.
Présentation du Eagle Eye.
C’est un petit box tout en métal embouti, avec une face avant un peu décorée, qui utilise du film en bobine 120. Une simple sangle en cuir, sur le dessus, permet de le tenir en main, à moins de le laisser dans son sac en cuir qui possède lui une lanière. Cet appareil sera produit en 1950 et sans doute encore une ou deux années de plus, sous son nom ou celui d’une de ses nombreuses copies.
Petite particularité, le viseur, un long tunnel en tôle sur le côté, qui est en fait un viseur de Galilée très simple : un trou rond minuscule d’un côté et un carré pas bien plus grand de l’autre, avec deux morceaux de verre plats.
Bizarre comme position car l’appareil est un 6x9cm en vertical (8 vues sur un film 120) et donc, le fait de le tenir à plat pour viser produit une photo presque panoramique. D’autant que les commandes sont elles aussi sur le côté droit de l’engin. Ergonomie où es-tu ?
Puisque j’écris au sujet des commandes, nous allons ici aussi faire vite : une longue tige qui dépasse sur la droite (appareil debout donc), qui est le déclencheur ; au dessus, une réglette très dure et malcommode pour passer de time (pose) à instant (instantané) et c’est tout !
Sur l’arrière, ce que certains appellent un verrou de sécurité (un simple ressort plat) retient la porte de la chambre, montée sur charnière. A l’intérieur, la chambre, amovible, (il faut tirer sur le bouton de bobinage pour pouvoir l’ôter), qui tient une bobine de métal pour film 120.
L’obturateur est de type instantané, ce qui veut dire qu’à chaque fois que vous le manipulez, il ouvre et ferme une feuille de métal qui sert à empêcher la lumière d’atteindre le film. Notez que c’est le même procédé sur d’autres box anciens. Lorsqu’il est en position time, il reste ouvert tant que vous gardez le doigt sur le déclencheur. Pas commode car il n’y a pas de filetage pour un câble. Sa vitesse est unique, au 1/50s.
Au milieu de la face avant trône un objectif à ménisque de focale fixe, un Zellar de 110mm à l’ouverture non déterminée.
Pas de prise flash, pas de vitesses, pas de filetage pour un trépied, pas de compteur (une fenêtre rouge inactinique à l’arrière), rien, le minimum syndical, qui se retrouvera aussi sur le Trailblazer.
Il faudra attendre le Spectator Flash 120 pour avoir une prise PC synchronisée, sur le dessus de l’appareil (idem sur le Macy Flash 120 et le Scout Flash 120, ce dernier étant un appareil destiné aux seuls Scouts américains). On passait alors d’un prix de 5,95$ à 7,95$.
Plus fort, Pho-Tak vendait 10,95$ un kit Cub Photographer comprenant un appareil Spectator Flash 120, un flash, 4 lampes, deux piles AA, un rouleau de film Ansco 120 N/B, un livre Getting Started in Photography et … une carte de presse !
Pour trois dollars de plus vous bénéficiez d’un kit Official Photographer’s Kit qui contenait, outre la carte de presse, un étui en cuir et quelques ampoules de plus que le précédant kit. Marketing, marketing …
Que penser de cet appareil ?
Comme je l’écrivais en préambule, si j’ai acheté cet appareil c’est parce que c’était la première fois que j’en voyais un. Il est assez rare en Europe, moins aux USA.
Mais à part ça, rien de nouveau sous le soleil, sauf cet étrange viseur sur le côté dont on ne doit pas se servir souvent et donc la visée se fait d’avantage au pifomètre (on peut recadrer sur un 6×9 au cas où).
Finalement, la seule chose intéressante serait qu’il utilise du film 120, plus simple que le 620 des box Kodak que j’ai déjà présentés sur le site. Quelques Agfa ont aussi cet avantage.
L’exemplaire que je possède est en très bon état, son étui aussi.
En regardant un peu partout une cote à vous proposer, je suis tombé sur un 69,95€ chez Oldcam (Anvers), mais fluctue entre 20 et 50€ sur un grand site de vente en ligne.
Est-ce bien raisonnable ? Ok, il est assez rare, il présente pas trop mal, mais c’est bien tout.
Celui-ci, ça fait quelques mois qu’il trône sur un bureau et que je me dis qu’il faut lui consacrer un article.
Aujourd’hui, comme j’ai besoin de place sur ledit bureau, c’est l’occasion ou jamais de m’y mettre.
C’est lors d’une brocante couverte à Ath, tout début 2025, que j’avais acheté cet appareil, avec quelques autres, à un charmant Monsieur âgé et grand collectionneur devant l’autel de la photographie, entre autre.
Et vous allez comprendre le sens du titre dans les paragraphes qui suivent, bonne lecture.
Un peu d’histoire.
Pour ceux que ce chapitre n’enthousiasme pas d’ordinaire, pas de panique, je ne m’étendrai pas et pour les autres qui aiment comprendre le pourquoi de leur appareil, je vais les renvoyer à l’article consacré au Ashahi Pentax Spotmatic SP2 où j’ai retracé les grandes lignes de l’épopée du célèbre Spotmatic.
Juste retenir que le Spotmatic F, apparu en 1973, est un des derniers modèles qui, associé à une gamme d’objectifs remaniée de Takumar Super Multi Coated (SMC), avait la capacité de mesurer la lumière sans arrêter l’objectif.
Mais, me diriez-vous, qu’est-ce que ça change ?
Rappelez-vous, avec le Spotmatic premier du nom, le processus de déclenchement se déroule comme suit :
la mise au point s’effectue à la plus grande ouverture
car il est plus aisé de régler le plan focal de cette manière, le dépoli étant alors plus lumineux
puis il faut pousser le levier à gauche de l’objectif pour activer le posemètre et le témoin de profondeur de champ
il faut ensuite régler l’exposition correcte
enfin, on peut déclencher
Avec le F, on saute l’étape de la mise au point objectif ouvert et activation du posemètre car cela se fait automatiquement grâce à l’obturateur et le nouvel objectif.
Car pour pouvoir effectuer correctement la mesure TTL, il fallait de nouveaux objectifs afin d’établir la communication avec l’appareil photo. Cette liaison est assuré grâce à un tenon sur l’objectif car la monture M42 n’avait pas été prévue pour cela. Cet obstacle sera résolu au passage à la baïonnette de la monture K qui viendra juste après celle-ci.
Les anciennes optiques s’appelaient Auto-Takumar ou Super Takumar. Les nouvelles recevront les désignations de Super Multi Coated Takumar (1971), ou SMC Takumar pour les intimes de la marque (1972). Outre l’ergot sur l’objectif, les focales bénéficient d’un traitement spécial pour réduire le flare et atténuer certaines aberrations.
Le Spotmatic modèle F reste un merveilleux appareil école pour apprendre à gérer le triangle d’exposition avec déjà un petit avant goût de ce que seront les appareils plus perfectionnés d’après (monture K) mais en offrant aux néophytes (et aux autres aussi) un parc d’optiques immense, la monture M42 ayant été exploitée tant par les japonais que les allemands ou les russes. Et ces optiques restent particulièrement abordables.
Comme une image vaut mille mots, voici celle qui résume au mieux la philosophie de ce Spotmatic F : du simple, du bien pensé, du solide, même si tout n’est pas parfait.
Du simple.
La présentation est d’un grand classicisme pour un réflex :
sur le capot, au milieu et sur le prisme, la griffe pour le flash, avec contact central et synchro X mais aussi une prise pour les flashs plus anciens
sur la gauche, la molette de rembobinage avec la manivelle. Si vous la soulevez, elle ouvre la porte arrière. Par dessous, un mémo pour le type de film
sur la droite, le levier d’armement, tout en métal, juste légèrement recourbé pour être saisi rapidement par le pouce. Au milieu, le compteur de vue, qui se remet à zéro dès qu’on ouvre l’appareil. Ensuite, la grosse molette qui permet de régler les vitesses et, lorsque vous la soulevez, la sensibilité Asa du film (de 20 à 3200Iso/Asa). Entre les deux, le déclencheur, entouré d’un verrou (On/Off) et fileté si besoin d’un déclencheur souple
sous le prisme, le viseur, dépouillé mais bien lisible, avec sur le côté le réglage des valeurs en suivant l’aiguille, alimentée par la cellule. Il offre un grossissement de x0,88 ; la mise au point s’effectue sur un microprisme et l’on peut voir l’action du bouton de test de profondeur de champ directement.
par dessous l’appareil, la trappe pour la pile, le bouton pour assurer le rembobinage, le filetage pour le trépied.
Du bien pensé.
La particularité de cet appareil, c’est sa cellule au CdS. En fait, deux cellules au CdS sont placées de part et d’autre de l’oculaire tandis qu’une troisième est située au dessus de celui-ci. Cette dernière est tournée vers le verre de visée et mesure la quantité de lumière reçue, ou pas. Si elle n’en détecte pas, ou pas assez, elle alimente un transistor qui va faire passer le courant vers les deux autres cellules. Enfin, si elle constate assez de lumière, elle considère le transistor comme conducteur et alimente les deux autres cellules en courant. Le système est efficace mais il est gourmand en électricité.
Rappelez-vous, c’est une cellule non pas spot comme le nom de l’appareil l’indique, mais à prépondérance centrale, avec toutefois une petite tendance à utiliser la partie basse de la lumière entrante, afin d’équilibrer mieux celle-ci.
Nous pourrons donc écrire qu’il s’agit d’un appareil semi-automatique à mesure TTL intégrale pondérée, à diaphragme ouvert avec les objectifs SMC Takumar, et à diaphragme fermé avec les Takumar et Super-Takumar, ainsi que les autres objectifs en 42 à vis (qui n’ont pas la petite aiguille pour le réglage de la communication avec le boitier)..
Autre petite chose qui pourrait paraître insignifiante, sauf quand on se rend compte de son utilité : sur le petit bouton de débrayage pour le rembobinage, vous verrez un petit point. Celui-ci indique si le film tourne lorsque vous l’avez accroché et que vous armez.
L’appareil est entièrement manuel et mécanique, l’alimentation électrique n’étant nécessaire que pour la cellule. Il est donc toujours possible de faire des photos avec le Spotamic F, avec ou sans pile.
A ce sujet, un point qui me semble utile à souligner : exit la pile au mercure des appareils de ces années-là, une PX625 qui délivrait 1,35v. Or, de nos jours, on ne trouve plus que des piles PX625A (alcaline) de 1,5v. Mais là où les ingénieurs japonais ont eu le nez fin, c’est qu’ils ont installé un pont Wheatstone sur le circuit. Comme je ne suis pas électronicien, ce que j’ai pu en comprendre, c’est que la valeur absolue de la tension n’est pas pertinente pour ce circuit, mais seulement une différence de tension entre deux diviseurs de tension.
Vous êtes perdus par la technologie (moi aussi) ? En gros, retenez qu’ici peu importe la tension de la pile, qu’il s’agisse de 1,35v ou de 1,5v, la cellule fonctionnera correctement.
Du solide.
L’obturateur est entièrement mécanique, donnant des vitesses de 1s jusqu’au 1/1000s, avec retardateur et pose B, plus synchro flash via la griffe placée sur le toit du pentaprisme (1/60s) ou contact pour flashs plus anciens avec prise et fil.
Presque entièrement en métal, il en faut beaucoup pour l’abîmer et le dérégler (toutefois aucun appareil n’est indestructible !).
C’est une gamme qui sera toujours louée pour sa fiabilité et sa robustesse. Rappelez-vous le Spotmatic SP 2 de l’ami Jean, que je vous ai présenté ICI.
Et pourtant, tout n’est pas parfait, mais on s’y fait rapidement.
Je reviens un instant sur la question de la consommation électrique de l’appareil. Comme il n’y a pas d’interrupteur On/Off pour la mesure d’exposition, celle-ci consomme en continu de l’électricité et vide la pile. Mais seulement s’il y a de la lumière (voir ci-dessus). Habituez-vous donc a toujours garder le bouchon de l’objectif à portée de main car dans le noir, la cellule ne fonctionne plus et vous économisez vos piles !
Second point de friction : l’appareil accepte toujours toutes les optiques en M42 mais seules celles munies de la petite tige d’accouplement vous donneront la mesure à pleine ouverture, dont les Takumar SMC. Pour les anciens Takumar, c’est à ouverture fermée qu’il faut travailler.
Ensuite, quelques uns pourraient lui reprocher son poids (642gr tout nu) mais c’est gage de stabilité aussi, d’autant que le boitier est bien construit et pour l’époque, assez ergonomique en mains.
Enfin j’en viens à ce titre qui vous a peut-être intrigué, mais l’exemplaire que j’ai acquis est monté avec un rail, deux soufflets et un objectif Takumar de 35mm f2.
Alors que je le tournais entre mes mains dubitatives, j’ai compris que cet ensemble, qui fait plus de 50cm une fois tout déplié, n’était pas destiné à la macrophotographie mais à la reprographie de diapositive.
Si de nos jours on peut scanner facilement n’importe quel document, à l’époque de ce boitier on utilisait encore cette technique délicate : on glisse la diapo dans l’espace réservé et on règle les distances pour que tout soit bien net. Ensuite, calcul de la vitesse et clic-clac, c’est dans la boite !
Ce montage suppose donc une bague à fixer en lieu et place de l’objectif, sur laquelle vient se monter le premier soufflet. Ensuite, l’objectif s’e fixe ‘attache sur ce soufflet et sert de lien avec le second soufflet, réglable lui en vertical et horizontal. Le tout signé Ashahi Pentax comme il se doit.
Il suffit d’avoir un bon trépied, solide, ou une table qui ne tremble pas et c’est parti.
Avouez quand même que l’ensemble est un peu impressionnant …
Que penser de cet appareil ?
Muni d’une bonne sangle de transport, vous voici prêt à sillonner les rues, les paysages qui sont près (ou loin) de chez vous. Juste à penser de mettre quelques films dans son sac, de prendre un flash au cas où, et quelques piles pour ce dernier et vous voici dans la peau d’un photographe old school, de ceux qui savaient utiliser la lumière, bien secondés par leur boitier fidèle.
Personnellement, je ne regrette qu’une chose sur ce Spotmatic F : il n’y a pas de stignomètre à coïncidence pour aider à la visée, seulement un dépoli, fin, mais moins précis que l’autre système pour les prises de vue.
Même si on s’y habitue, pour moi, c’est un manque.
Mais à côté de cela, quel plaisir !
Il me rappelle les sensations de mon bon vieux Fujica ST 605N (aussi un appareil avec objectifs à vis M42) ; il ne faut pas être pressé mais quelle joie quand vos photos vont apparaître dans leur bain de révélateur !
Question prix, un exemplaire comme celui-ci se négocie autour des 100€ et environ 80€ pour le boitier et un objectif seul (sauf s’il s’agit d’un Takumar SMS de 50mm ouvrant à f1,4 car là il vous faudra bien casser votre tirelire)
Des exemples d’images prises avec un boitier identique LA.
Vidéos d’illustration.
Restons dans la famille, … quand j’écrivais que c’était un excellent appareil école !
Zut, encore un Agfa me suis-je dit en fouillant dans une caisse. Un sac tout prêt noir taché et la gravure du logo de la marque ne me trompaient pas. Pourtant, mu par une idée étrange, j’ouvre le cuir qui fut un jour noir et je découvre, presque neuf, un petit Agfa Paramat.
Il me semble avoir déjà écris un article sur cette gamme ? Mais oui, un Agfa Optima Parat dit Sylverfish et si mes souvenirs sont exacts, je l’ai vendu à mon ami Marc lors de la foire de Villers Bretonneux l’an passé. Un très beau petit appareil, à l’époque où Agfa, comme son grand concurrent, Kodak, faisait encore de beaux appareils photo, en métal et pas encore destinés à être vendu par camion entiers
Bref, comme d’habitude, petite négociation et le voilà dans mon sac à dos.
Un peu d’histoire.
Les boitiers Agfa Parat ont vu le jour en 1963. D’abord avec le Parat I, basique, suivi par le Paramat un peu plus sophistiqué. La gamme est couronnée en 1964 par un Optimat-Parat (voir l’article précité).
Si ces appareils utilisent le film 135mm, ce n’est pas au format 24x36mm mais bien en18x24mm, soit le demi-format. Et donc, si vous avez acheté un film de 36 vues, vous en obtiendrez 72 et 48 avec un 24 vues.
Ça peut être long de les finir ces films et à l’époque, Kodak avait lancé sur le marché un film limité à 12 vues, ce qui en fin de compte offrait quand même 24 vues utiles.
Mais attention, le boitier ne fournit pas exactement le double de vues sur un film à la longueur donnée, notamment à cause du nombre d’espaces supplémentaires entre les images. Néanmoins, le compteur de vues va jusque 72.
Nous allons découvrir à quoi cela ressemble…
Présentation de l’Agfa Paramat
Je dois reconnaître que pour tout noir qu’il soit, cet appareil est assez joli, notamment avec la platine blanche autour de l’objectif, ses chromes très sixties, et en plus, il est vraiment compact pour l’époque.
Revenons un moment sur son objectif, un triplet Agfa Color Apotar traité anti-reflets de 30mm ouvrant à f2,8. C’est le même objectif pour les trois Agfa (Parat, Paramat, Optima Parat) mais les commandes peuvent varier d’un modèle à l’autre. La mise au point commence à 90cm et se termine à l’infini.
Pour effectuer la mise au point sur ce Paramat, deux solutions : en tournant la bague argentée autour de l’objectif vous utilisez les pictogrammes situés sur le dessus ou les distances (en mètre ou en pieds), situées en dessous, que vous positionnez avec le pointeur.
En ce qui concerne la qualité de cet objectif, il est reconnu comme très bon, avec un contraste élevé et des couleurs saturées. A son époque, on considérait que les photos délivrées étaient très bonnes, ce que recherchait un public familial qui ne voulait pas d’un appareil compliqué.
Pour l’ouverture, c’est un curseur noir sur le pourtour à gauche de l’objectif, de f2,8 à f22 et pour le reste, c’est l’autre curseur noir, qu’il faut enfoncer pour faire bouger. Avec ce dernier vous réglez l’appareil sur le symbole du flash, le A de automatique et la pose B.
Car, de fait, l’appareil n’a que deux vitesses, de 1/125s et 1/30s, la synchro flash. C’est donc l’ouverture qui est corrigée par le posemètre au sélénium (cellule à gauche dans le bandeau marqué Agfa). Vous activez celui-ci en appuyant à mi-course le déclencheur. Si vous voyez un indicateur vert dans le viseur, c’est que l’exposition est bonne sinon c’est un signal rouge qui apparait.
Petite remarque utile : le déclencheur est en façade et il faut appuyer vers le bas pour déclencher. N’y allez pas trop fort pour la mi-course, on a vite déclenché de cette manière car si l’appareil vous donne un signal rouge (sous exposition ou vitesse trop lente), il ne bloque pas le déclencheur et vous risquez de gâcher une photo. d’autant que le déclencheur n’est pas un modèle de souplesse ou de fluidité et on a parfois tendance à appuyer trop fort dessus.
Pour armer et faire avancer le film d’une vue, un petit levier en partie caché dans le capot donne une course assez courte et est finalement discret.
Imaginons un instant que vous avez réussi à terminer votre film. Pour le rembobiner, il faudra faire pivoter un petit curseur, à côté de la griffe porte-accessoire puis actionner la manivelle à gauche sur le capot pour faire revenir le film dans sa cartouche.
Ensuite, retournez le boitier car pour ouvrir la chambre, il faut ouvrir le verrou (AUF) et faire glisser tout le dos.
Enfin, sur le dessus, à côté du curseur de rembobinage, un cadran pour régler la sensibilité de la cellule, en DIN et AA, que l’on fait tourner avec une pièce de monnaie ou un petit tournevis.
Mais j’allais oublier de parler du viseur, clair et collimaté en hauteur, avec correction de la parallaxe. Si je le compare avec celui d’un Olympus Pen, il est plus lumineux et confortable. Un signal rouge ou vert apparaitra lorsque vous appuierez à mi-course sur le déclencheur, vous signalant si vous êtes en sous-exposition ou juste pour faire la photo.
Que penser de cet appareil ?
S’il n’a pas l’aura du Sylverfisch, il reste très agréable à l’œil, même si cela est subjectif.
Sa simplicité d’utilisation et sa qualité de fabrication en ont fait un petit appareil apprécié et recherché, d’autant que produit seulement de 1963 à 1965, il n’est pas très courant, sans être rare.
Ce qui risque de flancher, c’est la cellule au sélénium, qui vieillit mal si on la laisse à la lumière : il vaut mieux la laisser dans sa trousse mais sans certitude.
L’exemplaire que je possède a encore sa cellule fonctionnelle, pour combien de temps encore …
Bref, un petit appareil sympa, facile à utiliser et qui sort des sentiers battus si on veut l’utiliser. Quant à son prix, comptez une fourchette, selon l’état, comprise entre 35 et 50€ pour un exemplaire en très bon état avec son sac tout prêt.
Un stand de vide-grenier, dans une brocante du namurois. Sur l’ensemble de l’étal, quelques vieux box décrépis, des Kodak bons pour la déchetterie et une boite fine, longue, marquée Voigtländer !
Intrigué, je la prends et la retourne dans tous les sens car je tiens-là un appareil peu commun je crois : un Voigtländer en format 110. Je ne me souvenais pas que cela existât.
Petite négociation rapide, le vendeur ne sait pas ce que c’est et hop, dans le sac à dos.
Un peu d’histoire.
Dans ma mémoire un peu fatiguée, je situais bien un Voigtländer Vitoret, mais dans les années soixante et d’un format un peu plus grand, en 24x36mm. Et il n’avait pas vraiment marqué les esprits, étant un bon entrée de gamme.
Et puis, ce type d’appareil ne pouvait sortir que dans les années septante, hors à ce moment-là, Voigtländer était en difficulté (elle ferme les portes en 1972 – voir cet article pour l’histoire de la marque). Qui donc relance ce nom à cette époque ?
Il ne peut s’agir que de Rollei, qui a racheté la marque en 1974. Or cette même année, Rollei avait lancé son magnifique Rollei A110, petite merveille de compacité et de technicité allemande.
Est-ce pour ne pas concurrencer son propre produit que Rollei utilise alors une autre marque dans son portefeuille pour proposer un nouveau concept, tout aussi qualitatif mais différent ?
Je pense qu’un petit aparté est utile.
Pour mémoire, le film au format 110 (1,5 fois plus petit que le 24x36mm puisqu’il propose un négatif de 13x17mm) est lancé au début des années septante par Kodak (1972). La volonté du fabriquant est de proposer, dans la lignée du film en cassette 126, des films faciles à utiliser et destinés à des appareils basiques, généralement.
Le film, basé sur le film 16mm, est perforé une fois, pour assurer l’avance de la pellicule. La cartouche propose 12 ou plus généralement 24 vues. La pellicule est protégée par un papier sur le verso (comme les films 120) qui porte les numéros des vues grâce à une petite fenêtre prévue dans la cartouche du film. Ce qui permet aussi de se passer de compteur de vue sur l’appareil car il suffit de regarder ce cadre pour savoir où on en est dans ses prises de vue.
Ce film, pour décrié qu’il fut par les professionnels, a conquis des millions de personnes (comme le 126 avant lui). Il a surtout donné le goût de photographier à ces millions de personnes, sans complexe, pour le plaisir de garder un souvenir
Kodak cessera de produire le film 110 en 2006, Fujifilm en 2009. Heureusement, Lomography l’a relancé (2012) et entrainé quelques autres fabricants sur la même voie.
Kodak, Agfa et toutes une série d’autres entreprises vont se lancer dans ce créneaux juteux car destinés aux plus jeunes et/ou aux personnes qui veulent juste des photos souvenirs sans s’embarrasser de technique. La production de ces appareils est souvent médiocre, pour ne pas écrire pire : objectif à ménisque en plastique, une seule vitesse (1/60s) et peu ou pas de réglages.
L’engouement vers ce petit film est tel que des grands constructeurs, plus habitués à fabriquer des boitiers de très bonne facture, vont aussi se lancer dans l’aventure, mais en essayant de résoudre les défauts de la cassette. Pentax, Canon, Minolta, Rollei, Fujica, pour n’en citer que quelques uns, vont lancer des petites merveilles de compacité et de technologie pour donner des images de meilleure qualité. Ici pas question d’objectif en plastique mais en verre ; introduction du télémètre sur certains hauts de gamme ; obturateur électronique ; cellule au CdS embarquée et couplée ; flashs intégrés ou dédiés ; mise sous tension des films pour assurer une meilleure planéité (problème numéro 1 de la cassette 110, comme celle de la 126 d’ailleurs).
Bref, ils vont mettre le paquet pour donner ses lettres de noblesse à ce format qui sera roi du début des années septante à la fin des années quatre-vingt, partout.
Alors, si je n’ai pas la réponse à ma question ci-dessus, je constate que c’est Heinz Waaske, designer chez Rollei-Werke (le père de l’Edixa 16, du Rollei 35 et du Rollei A110), en collaboration avec Rudolf Schober, ancien designer chez Voigtländer, qui crée ce petit bijou que nous allons découvrir.
Autre singularité, cet appareil sera fabriqué à Singapour et pas en Allemagne. De quoi perdre encore un peu plus un journaliste curieux ?
Pour être complet, en 1984, toujours sous le nom de Voigtländer, qui avait cette fois été repris par Plusfoto, un nouveau Vitoret 110 voit le jour. Il est doté d’un fix-focus, d’un flash intégré, d’un obturateur à une seule vitesse et est en plastique. Nous sommes loin de la qualité de ces prédécesseurs.
Source : fotoboxPetite liste de la taille des films.Pour avoir une idée de la taille d’un négatif Kodak-disc – 110 – 135mm
Trêves de spéculations, voyons voir de quoi il retourne.
Présentation du Vitoret 110 EL.
Le premier appareil fut le Vitoret 110, celui qui fut développé par Heinz Waaske en 1975.
Il le présentait comme un petit appareil sans prétention. Pourtant il était bien conçu : le levier d’armement faisait avancer le film et armait l’obturateur. Il recevait un obturateur mécanique et on pouvait régler l’ouverture et la distance en fonction de 4 symboles sur le dessus du capot. La vitesse d’obturation était comprise entre 1/40 s et 1/300 s, en fonction de la situation d’éclairage mesurée par la cellule au CdS intégrée.
Ce petit appareil sans prétention sera bien accueilli et se vendra aisément, sa qualité première étant son objectif, un Lanthar de 24mm ouvrant à f5,6, avec une mise au point minimale de 1,2m jusque l’infini.
Mais tout évolue. En 1978, Rollei-Voigtländer nous présente le Vitoret 110EL : on garde le meilleur, c’est-à-dire l’objectif, la cellule au CdS et on y ajoute un brin d’électronique pour l’obturateur.
Quelque petits changements aussi …
Au repos, l’objectif et le viseur sont cachés par une plaque métallique. Ils ne se dégagent que lorsqu’on arme l’appareil. Ici pas besoin d’ouvrir/fermer le boitier, comme avec les Kodak, Agfa ou … Minox, juste un petit curseur à faire glisser.
L’obturateur électronique est central et travaille de 4s à 1/300s. Il est assujetti à la cellule au CdS avec photodiode au silicium. Si l’appareil est privé de pile, l’obturateur se cale sur le 1/300s.
Le viseur, collimaté avec correction de la parallaxe est très clair pour un si petit appareil. Une diode rouge vous signale encore si votre vitesse risque d’être sous le 1/30s. Dans ce cas, vous pouvez utiliser le flash dédié, le V200 (fonctionne avec 2 piles AAA) ou, à défaut (comme ici, le flash est hors service, les piles ont coulé dedans, comme d’habitude !) on peut utiliser un adaptateur pour Magicube, voire encore dévisser la dragonne pour installer l’appareil sur un trépied.
Sous l’appareil, un curseur gris clair anime le mécanisme d’armement et avance du film. Le déclencheur, un carré gris clair sur le dessus, lorsqu’il est appuyé à mi-course, permet à la cellule de faire son calcul en fonction de l’ouverture. Celle-ci peut-être modifiée grâce au curseur sur soleil ou nuage.
Pour alimenter la cellule, deux piles de 1.5v, des LR44, se glissent dans le compartiment situé à l’arrière, sous un couvercle à viser.
L’appareil en lui-même est vraiment petit : 122 x 35 x 27 mm. Il est d’ailleurs livré avec une dragonne mais plus inhabituel, avec une pince que l’on glisse dans la prise du flash. On peut alors l’accrocher à un vêtement. Des auteurs écrivent même que sa petite taille permettait de le mettre dans une poche de veste ou de chemise et que le sens de l’agrafe permet de cacher l’appareil à l’intérieur d’une veste et de prendre des photos en entrouvrant celle-ci. Mais n’est pas espion qui veut …
L’ouverture se sélectionne manuellement, avec les symboles nuage ou soleil, mais aussi grâce au film que vous mettez dans l’appareil car celui-ci est capable de lire la sensibilité de la pellicule. Oh, pas de miracle électronique ici, mais un subterfuge déjà utilisé avec les cartouches de 126. Une petite saillie, sur l’un des côtés de la cartouche, permet à l’appareil de reconnaitre mécaniquement la sensibilité du film utilisé. Une petite saillie = sensibilité élevée ; une saillie plus longue = sensibilité faible.
Avec un film ISO 100, vous pouvez choisir entre Soleil (f11) et Nuages (f5.6). Avec le film ISO 400, vous pouvez choisir entre Nuages (f11) et Fenêtre pour l’intérieur (f5.6).
Pour glisser un film dans la chambre, il faut tirer sur la partie gauche (celle où il y a le viseur) et soulever la longue partie à droite. Le recul est serré, à peine 2mm mais cela garantit une bonne isolation contre la lumière.
Une fois le film placé, la porte refermée, armez quelques fois jusqu’à ce que vous voyez le chiffre 1 apparaitre à la fenêtre arrière. Visez un sujet, vérifiez que vous êtes sur le bon réglage météo et appuyez sur le déclencheur : la photo est dans la boite.
Attention toutefois : lorsque vous faites glisser le curseur pour fermer l’appareil, vous faites avancer le film d’une vue et vous armer l’obturateur. En clair cela veut dire que si vous rangez ensuite l’appareil, à la prochaine réouverture, vous perdrez une image.
En résumé, un tout petit appareil, fort bien fabriqué, tout en métal, avec un très bon objectif. Que demander de plus ?
Que penser de cet appareil ?
Je n’ai pas pu résister, j’ai glissé un film dans la chambre et je vais l’essayer.
De prime abord, je suis frustré par le flash hors service, la pince qui me manque, tout comme la dragonne, mais comme je ne suis pas un collectionneur, je trouverai bien des alternative si je dois l’utiliser par manque de lumière.
Si je le compare aux Agfa que j’avais sous la main, il est réellement plus petit et compact.
Ceci étant ce n’est pas un appareil très courant, même s’il fut vendu à plus de 450.000 exemplaires, tous modèles confondus. Mais il fut sans doute considéré comme inutilisable pour la plupart, les films ayant été un moment retiré de la circulation.
Heureusement, chez Lomography, et d’autres après eux, ont eu la bonne idée de relancer le film, aussi dans des versions originales et créatives. De quoi donner envie de faire revivre ces petites merveilles.
Question prix, pour un exemplaire complet, dans sa boite, avec le flash en état, la dragonne et le clip, comptez environ 50€. L’appareil seul se négocie autour des 30€ s’il est fonctionnel (toujours vérifier le compartiment des piles).
Reste à le sortir en ville car si hier et avant hier l’utilisation de tel appareil semblait normale, de nos jours, on risque de vous regarder faire.
Alors, oseriez-vous le sortir ?
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Caméras : analogique catégorie/type appareil photo de poche
Marque : Voigtländer, fabriqué à Singapour
Film photographique : cartouche 110
Film photographique format négatif : 13 x 17 mm
Transport de films : à glissement
Posemètre : intégré, couplé
Contrôle de l’exposition : cellule au CdS automatique avec photodiode au silicium
Marque : Voigtländer Lanthar 24 mm f5.6 – f11, mise au point fixe, en 3 éléments (triplet), multicouches.
Pourquoi ce titre étrange ? Si vous vous en souvenez, je vous ai déjà présenté un FotoSniper, le FS-12, qui était dans sa boite, complet avec absolument tous ses accessoires d’origine.
Et déjà à l’époque, je signalais qu’il valait mieux éviter d’utiliser cet ensemble lors d’une manif, pour éviter de se faire tirer dessus ou, au moins, embarquer manu militari.
Deux images valent mieux que cent mots :
Vous saisissez le sens du titre ?
Mais alors, à quoi sert cet engin ? A l’origine (voir précédant article), au KGB pour débusquer les mouvements ennemis, ensuite à certains journalistes, puis à des photographes animaliers, enfin à qui veut se faire plaisir avec un ensemble photographique hors du commun !
Celui-ci je l’ai trouvé à la brocante d’Andenne ce weekend. Il était triste à voir car son filtre de protection était brisé, le bord bien enfoncé, vraisemblablement dû à une chute car ce gros filtre en alu était bien plié et le verre bien fendu.
Outre une propreté douteuse, l’appareil déclenchait encore, l’objectif variait en fonction de la distance. Bref, il allait mériter un bon nettoyage, une bonne remise en état, quelques efforts pour ôter ce filtre bien utile car c’est lui qui a tout pris et la lentille est intacte par dessous.
Petite négociation car la vendeuse pensait qu’il était fichu et j’embarque l’engin dans le sac à dos. Ce qui me valut quelques regards bizarres car la crosse dépassait.
Un peu d’histoire.
A ceux qui zappent régulièrement ce passage, je fais cette fois une fleur car je ne reviendrai pas sur l’histoire de cet ensemble, elle a déjà été présentée dans l’article précité.
Juste préciser que ce modèle fut parmi les derniers fabriqués par Krasnogorsk (KMZ), la firme qui était aussi à l’origine des Zorki, des MIRS et des Zenit. Il fut en effet fabriqué dans les années quatre-vingt et à l’époque, le mur de la honte allait tomber à Berlin, le KGB avait investi dans des appareils plus discrets, les américains aussi, et la guerre froide n’était jamais aussi chaude qu’en ces temps-là !
Présentation du Zenit 12 XPS Fotosniper.
Le Zenit 12 est une variation améliorée du Zenit TTL. Finie la pile au mercure, remplacée par 2 piles alcalines (LR43-SR43) de 1,5v.
Ensuite le posemètre est muni de deux cellules CdS, placées derrière le prisme et non plus devant celui-ci, derrière un miroir semi-transparent. Plus précise, surtout en milieu sombre, elle abandonne aussi l’aiguille du galvanomètre au profit de deux diodes qui avertissent en cas de sur ou sous-exposition et, lorsqu’elles clignotent de concert, c’est que l’expo est bonne.
A cette cellule plus précise, on a ajouté une nouvelle lentille de Fresnel avec un dépoli à micro-prismes qui facilite la mise au point, le viseur étant plus lumineux.
Ceux qui ont plus de 40 ans se souviennent des Zenit 12 XP, la coqueluche des photographes amateurs des années 1980 – 1990. Son prix de vente, bien en dessous des réalisations japonaises, combiné à un génial objectif Hélios 44M, sa monture en M42 qui lui ouvrait un gigantesque parc d’objectifs de toutes les marques, sa robustesse de tank soviétique en ont fait une star des sacs amateurs.
Parlons-en de sa robustesse d’ailleurs, car la baffe que celui-ci a pris en aurait démonté plus d’un autre. Je vous assure, pour plier le bord du filtre, il a fallu que l’appareil tombe de haut.
Malgré de nombreuses tentatives, j’ai dû me résoudre à couper la couronne du filtre car il était impossible de le desserrer. Ensuite, j’ai fait sauter les morceaux de verre (épais), en veillant à ne pas toucher la lentille en dessous et intacte. Enfin, j’ai déchiré le métal sur le pourtour pour arriver à tout retirer correctement. Doigté et délicatesse de rigueur.
Le fait que l’objectif ait été fixé sur le rail du pistolet pointeur a sans doute contribué au sauvetage de l’ensemble, et c’est heureux. La monture est intacte, tout comme le mécanisme interne de l’objectif qui est fonctionnel, le boitier aussi. Solide le gaillard !
Le Zenit 12 XPS est en tout point identique au 12 XP (sorti en 1983 et produit à plus d’un million d’exemplaires), en tout cas dans la mécanique mais le S signale qu’il a été légèrement transformé pour être monté sur un PhotoSniper, nous allons voir cela.
Sur le boitier, les modifications sont sur le bas du corps :
une capsule en aluminium qui porte un pointeau, qui remplace le déclencheur et qui est actionné par la gâchette du fusil
ensuite, à droite, une autre espèce de tourelle avec une prise de type jack (2,5mm) pour le couplage
un embout pour l’utilisation d’un trépied est positionné sur l’avancée du fut porte objectif
réarmement via le bouton rouge placé sur l’objectif ou via le levier classique
Quant à l’objectif, il a été lui aussi modifié :
réglage de la distance par une crémaillère asservie à un gros bouton au bout de la focale
gros bouton rouge pour activer l’armement du boitier
réglage de l’ouverture via une bague au tout début du fut
en son milieu, gros pas de vis pour la fixation sur le fusil mais qui peut être utilisée pour fixer un trépied (recommandé quand c’est le TAIR qui est monté sur le boitier)
Le mode d’emploi (voir ci-dessous) et les vidéos ici plus bas vous montrent mieux qu’en 1.000 mots comment utiliser cet engin venu d’une autre époque mais toujours aussi intriguant.
Que penser de cet appareil ?
Enfonçons allègrement une porte ouverte : avec cet engin, vous ne passerez pas inaperçu, sauf peut-être en forêt, dense.
A l’origine, le Fotosniper était livré aussi avec un Hélios de 58mm en M42, qui autorisait une utilisation plus classique. Mais dès que vous montez dessus le TAIR 300s, c’est autre chose.
Quoique si vous évitez le montage sur la crosse mais sur un trépied, vous voila avec un simple appareil muni d’un gros téléobjectif. De fait, c’est la crosse de type fusil qui interpelle.
Mais encore une fois, les plus de 40 ans se souviennent de ces accessoires qui ont existé dans d’autres marques aussi, pour monter des longs téléobjectifs. Mais ces montages n’étaient pas aussi bien intégrés que celui-ci.
Exemples de crosse en argentique, à droite, pour Polaroid.
Ceci étant posé, que penser de la qualité et de l’utilité de cet appareil ?
Avec un Zenit, le terme qualité en fait toujours sourire quelques uns car elle est souvent aléatoire, la programmation quinquennale des usines soviétiques étant celle-qu’elle était.
Mais lorsque l’appareil est bon, il l’est vraiment. Rudimentaire, coupé à la serpe et travaillé au marteau, il intègre néanmoins ce dont on a besoin pour faire une bonne photo : une cellule précise, une sélection de vitesses utiles, la possibilité de monter un flash et, surtout, d’excellents objectifs en monture M42.
Parfois décrié, l’Hélios de base (58mm f2) donne de bons résultats, avec ce bokeh un peu particulier des optiques russes (Swirly bokeh ou en œil de chat). Quant au TAIR 300, il est sensible au flare mais pas mauvais du tout. De nombreux amateurs le monte sur un numérique avec une bague d’adaptation car c’est finalement un bon télé pas cher (il existe aussi en version non modifiée pour le Fotosniper).
Voyez ici des exemples de photos prises avec cet objectif.
En résumé, si vous aimez pratiquer la photo animalière, cet ensemble vous donnera satisfaction. Bien évidemment on peut l’utiliser dans toutes les situations où un téléobjectif est utile mais l’utilisation avec la crosse vous fera vite remarquer. C’est souvent un excellent moyen pour créer du lien.
Mais n’oubliez pas que vous pouvez aussi le monter sur un trépied, plus conventionnel.
A vous de choisir, qu’en pensez-vous ?
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Pour le mode d’emploi, c’est par ICI ou LA (anglais).
Appareil photo reflex 35 mm à monture M42 (inventée par Pentax et dite universelle)
Mise au point manuelle
Fabriqué par KMZ sous la marque Zenit . Il s’agit de la version Sniper du 12XP conçue pour le système Fotosniper/Photosniper.
Possède un déclencheur supplémentaire au bas de l’appareil photo qui se couple à la crosse du sniper et d’un connecteur pour l’objectif Tair 300 pour la mesure à pleine ouverture. Corps en métal et en plastique, disponible en noir.
Obturateur : Horizontal, plan focal, 1/30s X – 1/60s – 1/125s – 1/250s – 1/500s + B
Cellule au CdS alimentée par 2 piles LR43
Plage ISO : 25 – 400
Taille : 135 x 105 x 59 mm
Poids : 616g pour le boitier, 650gr pour le TAIR 300 (f4,5 – f22, mise au point minimale de 3m)
Une caisse où trainent quelques braves appareils, bien abimés par des manipulations loin d’être délicates, et au milieu de ce capharnaüm, ce drôle d’appareil.
Mon ami Patrice m’en avait parlé mais je n’en avais jamais trouvé. Eh bien, c’est chose faite maintenant. Il est accompagné de son drôle de bouchon d’objectif et d’un autre protège bouton, j’y reviendrai.
Manifestement, le vide-grenier ne sait pas ce qu’il vend et lorsque je m’enquiers du prix, je suis surpris, agréablement. Sans hésiter, je débourse mon billet et me voici propriétaire de ce drôle d’appareil, qui doit venir d’Allemagne de l’Est si mes souvenirs sont bons.
Mais nous allons découvrir tout cela ensemble.
Un peu d’histoire.
Nous sommes en 1806, à Iéna, en Prusse (aujourd’hui l’Allemagne, dans l’actuel Land de Thuringe). Les Français ont gagné en 1816 grâce à Napoléon deux victoires importantes, la bataille de Iéna et celle d’Auerstedt (là grâce au Maréchal Davout). La Prusse est à genoux et l’hégémonie française se consolide en Europe.
Cette défaite nourrit le sentiment nationaliste allemand et nourrit l’idée de revanche qui entrainera une autre guerre, franco-allemande (1870), où la France de Napoléon III est vaincue à Sedan. Les différents Etats Allemands s’unissent alors dans un Empire Allemand. Une partie de l’Alsace et de la Lorraine devient allemande. Cette fois c’est l’Empire qui renforce son hégémonie sur l’Europe.
Et c’est reparti dans l’autre sens : cette défaite et ses conséquences (dette de guerre, perte de territoires) vont renforcer le nationalisme français, qui se retrouvera dans le déclenchement de la Première Guerre Mondiale.
C’est dans ce contexte pour le moins perturbé qu’en 1846 nait un atelier d’optique et de mécanique de précision, crée par un certain Karl Zeiss (1816 – 1888).
Si au début de ses activités l’entreprise fabrique essentiellement des microscopes et des lentilles de précision, lors de la Première Guerre Mondiale, elle fournit à l’armée allemande des appareils photographiques et autres capteurs optiques qui permettront aux aviateurs d’effectuer des opérations de reconnaissance contre les lignes de front de l’ennemi.
Puis, lors de la Seconde Guerre Mondiale, elle emploiera de nombreux prisonniers de guerre, des déportés du camp de concentration de Flossenbürg et du service de travail obligatoire. Et continuera à fournir du matériel aux forces armées allemandes.
Mais après cette guerre, où l’Allemagne est vaincue, une partie du personnel scientifique est transféré dans la zone occupée par les Américains tandis que l’autre partie est transférée en Allemagne de l’Est, sous souveraineté soviétique, dont une partie de l’usine, du personnel, du matériel et des outils (en témoignent les Kiev et Moskva, répliques des Zeiss Ikon Contax et Super Ikonta d’avant-guerre). Ainsi se créent deux entreprises : Carl Zeiss à l’Ouest et le VEB Carl Zeiss Jena à l’Est.
Il faudra attendre 1991 pour réunir les deux entreprises. De nos jours Carl Zeiss est leader mondial des verres ophtalmiques, juste derrière Essilor.
Voilà pour situer l’histoire singulière de cette entreprise, qui est partie intégrante de l’histoire de la photographie.
Mais pour en revenir à notre Werra, il faut retourner au début des années cinquante, lorsque les ouvriers et ingénieurs passés de force en Allemagne de l’Est sont libérés (ils ont formé assez d’ingénieurs russes et ukrainiens).
Ils reviennent pour la plupart à Iéna, sans savoir trop quoi faire et dans une usine désaffectée. En moins d’un an, ils vont créer, sans ordinateur, sans étude de marché, sans cible, sans aller-retour de la planche à dessin, sans schéma préconçu à respecter, un produit unique. Son nom emprunte celui d’une rivière proche, la Werra et sa couleur celle de la Thuringe, le cœur vert de l’Allemagne (les premiers Werra sont verts).
Dans un pays où l’individualisme et le non conformisme est non seulement mal vu mais aussi considéré comme contraire à l’ordre social, ces techniciens et ingénieurs vont créer un appareil photographique qui sort complétement des sentiers battus de l’époque.
Cette usine ne fabriquait que l’appareil photo Werra. Pentacom, l’ogre de l’Est, fidèle aux principes de l’économie socialiste planifiée (qui tuaient tout ce qui fonctionnait à peu près bien), l’a repris et puis l’a fermé en 1968 après avoir produit plus de 520 000 caméras.
Il sera produit entre 1955 et 1968 et sera vendu de part et d’autre du sinistre Rideau de Fer.
Vous vous en doutez, la longue vie de ce boitier est propice à des améliorations successives : les premiers Werra, de couleur vert olive, sortent en 1955. C’est lui qui donne le la du design, une ligne épurée, très symétrique, avec des commandes judicieusement placées et intégrées (le déclencheur affleure, le capot de l’objectif sert aussi de pare-soleil, l’avance du film et l’armement de l’obturateur se fait par la rotation d’une bague). Vers 1961, la forme du capot s’arrondit légèrement, accentuant encore la perfection du design. Il y aura in fine quatre générations de cet appareil.
Au fil du temps donc, il y aura des Werra avec ou sans télémètre, avec ou sans cellule, tout noir ou encore couleur Kaki, des objectifs fixes puis des interchangeables, des obturateurs de plus en plus rapides.
Sauf sur les tout premiers exemplaires, l’objectif est un Carl Zeiss Jena de formule Tessar, qui devra prendre le nom de Jena T suite à des objections sur le nom faites par Zeiss en Allemagne de l’Ouest sur les exemplaires plus tardifs (au fait Jena est la transcription allemande du mot Iéna).
Voilà, le tableau est brossé, voyons voir de plus près ce Werra Matic E.
Présentation du Werra Matic E.
Celui-ci est apparu après le Werra de la cinquième génération et doit dater de 1967 car il est équipé d’un obturateur Prestor RVS qui atteint, chose rare pour l’époque, la vitesse de 1/750s ainsi que d’un objectif de 50mm ouvrant à f2,8 marqué aus Jena T, le mot Tessar étant protégé par Zeiss Ikon, nous l’avons lu.
D’aucuns soulignent que ces modèles ont perdu du minimalisme bauhausien des premiers appareils. Des lignes striées argentées ont été ajoutées, donnant un petit côté plus moderne mais qui s’éloigne de la pureté des premiers boitiers. Mais, franchement, on a vu pire !
Je reviens un instant en arrière : le premier Werra est apparu sur le marché en 1955. Dès ce moment, il rompait avec les autres appareils de l’époque non seulement par sa forme, minimaliste et très moderne, mais aussi par les solutions techniques envisagées, et qui ont progressé au fur et à mesure de la vie de l’appareil.
Le premier Werra Matic proposait, en vrac : un posemètre couplé, un télémètre couplé, des objectifs interchangeables (il est livré avec un grand Tessar), la synchronisation du flash à toutes les vitesses. Tout ça dans un format de poche.
A ces aspects techniques, il faut ajouter l’idée géniale de l’armement en tournant simplement la bague autour de l’objectif, celle-ci fait aussi avancer le film d’une vue. C’est un mécanisme d’une grande précision et néanmoins solide (si on le respecte). La bague tourne d’un quart de tour vers la gauche (on s’y fait vite).
Autre grande idée, le capuchon d’objectif : on peut retirer le bouchon visant tout en le gardant en place, ce qui assure une bonne protection en cas de fine pluie (attention, il n’est pas étanche), ou le retirer et le positionner à l’envers, en le visant sur l’objectif, lui assurant ainsi une bonne protection contre le soleil. Enfin, le bouchon du capuchon peut aussi être utilisé comme bouchon d’objectif.
N’oublions pas non plus le déclencheur, affleurant au capot, avec cependant un filetage pour y fixer une commande filaire.
Tous les appareils qui suivront garderont ces points positifs, sauf la monture permettant de changer d’objectif sur quelques modèles.
Enfin, mais là je cite un passage de Collection-appareils, l’obturateur était aussi une pièce d’orfèvrerie inédite : L’obturateur Prestor est assez particulier. Pour permettre des temps de pose inférieurs au 1/500, les ingénieurs est-allemands ont trouvé un système original. Sur un obturateur central classique, les lames de l’obturateur en forme d’aileron de requin ralentissent avant d’arriver à la pleine ouverture, puis passent par une vitesse nulle pour repartir en sens inverse afin de refermer le passage de la lumière. Ceci nuit aux performances de l’obturateur pour les poses brèves. Sur le Werra, les lamelles en forme de croissant de lune ne ralentissent pas à l’approche de la pleine ouverture mais continuent à se déplacer dans le même sens; et c’est la seconde partie du croissant de lune qui obture la lumière. L’inconvénient de ce système est que, lors du réarmement, les lamelles suivent le chemin inverse et l’obturateur se ré-ouvre.La présence d’un second obturateur fermé pendant le réarmement est donc nécessaire. Il faut savoir que Carl Zeiss Jena se fournissait auparavant chez Zeiss pour ses obturateurs (Compur et Synchro Compur), mais un différend avec l’allemand l’a contraint à fabriquer son propre obturateur, le Prestor, tout aussi excellent et original.
Voilà, c’est écrit : allons voir maintenant le modèle qui nous préoccupe, le Werra Matic E de 1967.
Je commence par coller mon œil au viseur, et là, surprise, il est extrêmement lumineux, avec des cadres qui semblent gravés dans le verre. Des lignes indiquent la correction de la parallaxe et au centre, un rectangle bien visible pour le réglage du télémètre. La vitesse d’obturation et les valeurs d’ouverture sont reflétées dans le coin droit par un système de miroir très ingénieux.
Héritage sans doute des appareils russes, le Werra possède un correcteur dioptrique. Il suffit de tourner la bague autour du viseur pour adapter à sa vision (+/- 2 dioptries).
Ensuite, j’ai cherché le levier d’armement avant de comprendre qu’il fallait faire tourner la bague derrière l’objectif tant pour faire avancer le film d’une vue mais aussi pour armer l’obturateur.
C’est facile et on se demande pourquoi d’autres n’y ont pas pensé avant !
Ensuite, les réglages sur l’objectif : la première bague est celle destinée à la distance.
Par dessous, une molette qui porte la manivelle de rembobinage, au centre, le verrou, à l’autre extrémité, le compteur de vue. Au sujet du verrou, deux lettres O/R pour ouvrir/fermer et ensuite 3 autres lettres, V-X-M qui sont en fait les positions pour le flash (X-M pour la synchro X et pour les ampoules magnésiques) alors que le V indique le retardateur. C’est en fait le curseur juste au dessus, attaché à l’objectif, qui fait le réglage. Pour le retardateur, il faut d’abord mettre le curseur sur la bonne position, puis armer l’appareil et enfin appuyer sur le déclencheur. Vous avez 10 s pour être sur la photo aussi !
Le filetage pour un trépied, ou pour les anciens modèles, le trépied et une barre sur laquelle on posait le flash, est au centre de la semelle.
Imaginons avoir mis le verrou sur O pour ouvrir la chambre afin de poser un film dedans. C’est en fait tout le dos qui s’escamote. A l’intérieur, le film se place à droite et se déroule vers la gauche. Il faut un peu de doigté pour introduire l’amorce dans la fente de la bobine réceptrice mais une fois cela effectué, le film s’enroule facilement (voir vidéos ci-dessous). Les rainures dans lequel glisse le dos sont profondes et parfaitement usinées, ce qui évitera des fuites de lumière.
A noter que le compteur d’images doit s’initialiser à la main. Il faut positionner le repère sur zéro, ensuite ‘il s’incrémente d’une vue à la fois.
Au fait, lorsque vous serez en fin de film, vous devrez renverser le boitier, le capot vers le bas, appuyez sur le déclencheur et sortir la manivelle pour rembobiner le film. Il suffit de tourner dans le sens indiqué par la flèche pour rembobiner la pellicule.
La cellule, au sélénium, est couplée. Ici elle n’est plus protégée par un clapet (dommage, cela aurait allongé sa durée de vie) mais une petite fenêtre rectangulaire translucide sur le capot, éclaire l’aiguille dans le viseur. Un mécanisme couple alors vitesse/diaphragme, l’index de réglage est décalé à 45° vers le viseur et les indications de vitesse et diaphragme sont gravées en noir sur fond blanc pour être mieux visibles dans le viseur.
L’affichage de la cellule et en bas du viseur, où vous verrez une espèce de T à l’envers. Une aiguille se déplace sur ce T et lorsque celle-ci est alignée avec la tige du T c’est que les valeurs d’ouverture et vitesses que vous avez choisies sont bonnes.
Ne vous y trompez pas, cette apparente simplicité est en fait une prouesse d’ingénierie mécanique, mais avant tout, la création d’un posemètre pour un appareil photo nécessite qu’il puisse déterminer la vitesse d’obturation et l’ouverture que vous utilisez, afin qu’il puisse utiliser ces valeurs dans ses calculs. Sur la plupart des appareils, le couplage du posemètre est relié à un simulateur de diaphragme et un circuit électronique. Pas de ça ici : lorsque vous tournez la vitesse d’obturation ou la bague d’ouverture, toute la lecture de l’aiguille (qui se reflète de manière opaque dans le viseur comme un point télémétrique) est décalée vers la gauche ou la droite ! Il dispose, en effet, de son propre système de télémètre séparé, où les bagues de vitesse d’obturation et d’ouverture agissent comme des fournisseurs de paramètres.
Que penser de cet appareil ?
Sa forme détonne (pour l’époque) et étonne mais on l’a tout de suite bien en main. Si j’ai tâtonné pour trouver comment l’armer au début c’est parce que je rechigne toujours à faire des recherches avant d’avoir trouvé comment fonctionne un appareil (sinon c’est moins rigolo). Mais une fois que l’on a compris le truc, c’est facile et rapide.
Ce qui est le plus lent, c’est d’accrocher un film dans la chambre, c’est sans doute aussi une question d’habitude à prendre.
Les commandes, surtout le déclencheur, sont très douces (presque un Sensor d’Agfa).
Bref, il titille la curiosité des passionnés de vieux appareils argentiques tant il est original.
Attention, il n’est pas exempt de défauts et notamment les lamelles particulières de l’obturateur ont tendance à coller et comme il y a deux obturateur, bonjour la galère pour démonter ! Même si c’est facile, il faut un peu d’habitude pour bien manipuler la bague de réarmement sans quitter le viseur des yeux.
Mais si vous tombez sur un exemplaire parfaitement sain et fonctionnel, vous aurez la satisfaction de photographier avec un appareil assez unique et tout à fait qualitatif.
Question prix, il faut compter entre 60 et 100€ pour un bel exemplaire complet. Plus s’il est accompagné de ses accessoires.
Comme d’habitude, la météo nous avait prévu des averses généralisées et un franc soleil nous accompagnait ! Il y eut bien des endroits en Belgique qui ont essuyés des trombes d’eau, mais ce fut, in fine, assez localisé et j’ai une pensée émue pour les personnes qui se sont trouvées avec des caves, des garages sous eau.
Pourquoi parler météo ? Tout simplement parce que ces annonces ont refroidi plus d’un brocanteur sur les deux endroits que nous avions pensé visiter ce dimanche 27 juillet. Et je me désespérais de trouver quelque chose d’intéressant.
Sauf que au dernier stand de la dernière brocante, je suis tombé sur un charmant Monsieur, collectionneur de Polaroid et qui revendait quelques uns de ses doubles, dont un très chouette Tazz au format 600 qui me permit d’engager la conversation.
De fil en aiguille, je découvris qu’il avait à vendre quelques films en pack 100, un petit Pentax ME ayant appartenu à son papa mais bien oxydé et ce petit compact à la bouille sympathique.
Les films, le Pentax et ce Chinon se sont retrouvé dans la boite d’époque du Pentax et aujourd’hui je vais tenter de vous faire découvrir cet appareil.
Un peu d’histoire.
Lorsque je vois un appareil avec un chiffre romain, ou autre qui m’indique deux, je me dis qu’il y a dû avoir un numéro un à la série.
Ici, il y en eut même deux pour le même prix, mais avec des carrosseries différentes. Le tout premier Chinon 35 F-A est apparu en 1979, au tout début de l’aventure autofocus des appareils compacts. Il ressemblait d’ailleurs assez bien au Konica C 35 AF, qui fut lui le précurseur (1977). Comme son comparse, il utilisait le système d’autofocus Visitronic (je vous encourage à relire l’article sur le Konica pour vous souvenir des détails de ce système innovant).
Puis, en 1984, le design change et le Chinon 35 F apparait. C’est un petit compact simplissime : pas de réglages, sauf celui de la sensibilité de la pellicule.
C’est un fix-focus, un 35mm ouvrant à f3,8. Et comme je le citais ci-dessus, le réglage de la sensibilité, de 100 – 200 et 400 – 1000 Iso, est important car c’est le choix de la sensibilité qui fixe l’ouverture, l’appareil n’ayant qu’une vitesse d’obturation. L’ouverture est donc de f3,8, de f8 ou f16. Il compte un flash, que l’on extrait comme sur le premier 35 F-A, qui va aussi jouer sur le choix de la vitesse. Le flash n’est donc pas automatique, c’est une diode rouge, à côté du viseur qui vous suggère de l’utiliser.
Ensuite vint le Chinon 35 FA II ou 35 FA Super selon les marchés.
Il a pris de l’embonpoint (13,3 x 6,9 x 4,7 cm pour 315gr) mais sa silhouette reste identifiable au premier coup d’œil : un clapet coulissant qui protège l’objectif, mais qui cette fois porte aussi le flash, et sur le bord fixe du clapet, une bande opaque qui dissimule les fenêtres de l’autofocus intégré.
Présentation du Chinon 35 AF II.
Car oui, si l’appareil garde son bon objectif de 35mm, il passe de f3,8 à f3,5, construit avec 4 éléments répartis en 3 groupes, et maintenant il est piloté par l’autofocus. La mise au point minimale est fixée à 1m.
Comme c’est un appareil tout automatique, c’est le posemètre qui va dicter la vitesse et l’ouverture au boitier. Normalement, les sensibilités du posemètre sont de 50 à 400Iso, que l’on peut sélectionner par incréments d’1/3, mais on peut aussi définir la valeur de 1000Iso.
Nous ne sommes plus dans la configuration précédente (100-200 ; 400-1000), le réglage de la sensibilité du film se fait à partir de 100 – 200 – 400 – 1000 en tournant la bague autour de l’objectif
Le flash intégré a une portée de 1m jusque 4,2m (pour un film 100Iso). Son action jour aussi sur la programmation de l’ouverture et de la vitesse.
Par dessous, un filetage autorise le montage de l’appareil sur un trépied.
Sur le capot, un bouton clair, c’est le déclencheur et à ses côtés, un bouton coulissant (S.T.), c’est le retardateur. Vraiment très simple.
Au dos, près de l’œilleton de visée, 2 petites diodes : une rouge pour signaler un manque de lumière et l’utilisation du flash et la seconde, verte, pour signaler que la mise au point est faite. Tout à côté, un nouveau curseur, celui du flash. Une lampe orange signale lorsqu’il est prêt.
Certains modèles ont pu être équipés d’un dos dateur, qui n’a plus guère d’utilité de nos jours, le compteur s’arrêtant à 2019. Il permettait de dater les clichés.
Au niveau énergie, 2 piles AA communes sont nécessaire pour faire fonctionner le tout (2 LR44 étaient placées dans le dos dateur. A vérifier pour les enlever avant qu’elles ne coulent).
Insérer un film est aussi d’une grande simplicité : vous ouvrez le dos avec le verrou qui est juste à côté de la porte. Il suffit ensuite de poser le film dans la chambre, en tirant l’amorce jusqu’au dessus de la bobine réceptrice, de refermer le dos et le moteur lance le bobinage du film jusqu’à la première vue.
Difficile de faire plus simple et efficace.
Un conseil toutefois : regardez bien l’état de la mousse autour de la fenêtre de repère du film car comme souvent elle est à changer. Cela vous évitera de désagréable fuite de lumière.
Que penser de cet appareil ?
C’est un bon produit des années quatre-vingt, avec ce qu’il faut pour vous simplifier la vie et donner de bons résultats.
Bien évidemment, vous n’avez aucune maîtrise à la prise de vue mais pour beaucoup, c’est un avantage.
Bien fini, avec un minimum de précautions, vous pourrez l’emmener partout. Il reste facile à mettre en œuvre et son déclenchement est discret, le bruit du moteur aussi.
Un petit compact bien pensé, pas très courant mais agréable à l’œil et à l’usage pour qui ne veut pas s’embarrasser de réglages inutiles, juste bien viser et appuyer sur le déclencheur.
D’aucuns considèrent qu’il se rapproche, en terme de rendu et de qualité, du Lomo LC-A. Ils l’ont testé avec une pellicule, je leur fait donc confiance à ce niveau-là.
Qu’à sa tenue, elle n’est pas loin de celle des Pentax qui affichaient eux aussi un panneau coulissant pour protéger l’objectif. Ce qui donnera l’esthétique du Mju plus tard.
Le viseur est très lisible, avec un beau cadre lumineux et des traits pour la correction de la parallaxe. Un cercle au centre du viseur est l’endroit où l’autofocus fait sa mise au point. Si vous maintenez le déclencheur à mi-course, vous pouvez déplacer le point.
Autre petit détail bien vu, le flash, qui est légèrement déporté et évite ainsi autant que faire se peut de transformer vos sujets en lapins effrayés.
Bref, ce Chinon 35 AF II est une bonne affaire. Son prix ne devrait pas dépasser les 25€ s’il est en très bon état. Un investissement rationnel.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Vidéos d’illustration.
Le Chinon FA 35, pour comparaison.
Un peu de technique.
Type d’appareil photo Appareil photo instantané Format de film 35mm Transport de film Automatique avec moteur Format d’image 24 mm x 36 mm Distance focale 35 mm, la plus grande ouverture f2.8 Distance minimale de mise au point 100 cm Mise au point Autofocus Conception de l’objectif 4 éléments en 3 groupes Posemètre Oui Vitesses de film prises en charge ISO 100 – 200 – 400 – 1000 Modes d’exposition : programme automatique Réglages d’exposition manuels Non DX automatique (sensibilité du film) Non Impression de la date possible selon une variante du modèle Flash intégré Portée du flash 1 à 4,2 m Support de trépied Oui Retardateur : Oui Alimentation 2x piles AA Taille 13,3 x 6,9 x 4,7 cm Poids 315 grammes
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