Argentique

Le Canonet QL 17 G III

Bizarre, car en fait, cet appareil, j’ai déjà écris sur lui – notamment lorsque je présentais le Minolta Hi-Matic 11 Super 3 Circuit, les Electro 35, les plus beaux télémétriques (à mon humble avis), le Canonet QL 19 G III et un article rapide à son sujet – à chaque fois alors que je l’avais revendu !

Car j’ai eu le plaisir d’en posséder deux : un en livrée métallique et l’autre en noir, mon petit « must » à moi.

Première remarque, en passant : l’appareil a été fabriqué au Japon et à Taïwan. D’aucuns vous diront que les japonais sont meilleurs que les taïwanais et essaierons de justifier un surcoût qui n’a aucune raison d’être, les deux fabrication étant identique. Ensuite, si effectivement les noirs sont magnifiques, ils n’apportent rien de plus mais coûtent de 3 à 4 fois le prix de leur homologue métallique.

-« Mais bougre de cornichon, pourquoi les avoir vendus ? »

Ah, vaste question ! Peut-être parce que je ne suis toujours pas collectionneur, que mes armoires ne sont pas sans fonds, qu’il faut bien que je vende les appareils achetés pour en reprendre de nouveaux que j’ai envie de découvrir (je n’ai pas encore gagné au Loto – avec un seul « t » en Belgique), etc.

Bref, je vais tenter de clôturer la découverte de ce magnifique appareil construit à plus de 1.200.000 exemplaires entre 1972 et 1982, ce qui en fait sans doute le télémètre à posemètre intégré le plus vendu de tous les temps !

Tiens, j’ai même envie d’écrire que cet appareil a été utilisé de 1972 à … nos jours, ce qui en fait le télémètre à posemètre intégré le plus utilisé de tous les temps, na !

Mais commençons par le début de l’histoire …

En 1965, Canon présente le Canonet QL 17, muni d’un objectif de 40mm ouvrant à f1,7 à 6 éléments en 5 groupes. Il possède un obturateur Copal allant d’une seconde au 1/500s.

En 1969, c’est au tour du New Canonet QL17, plus léger d’environ 200gr que son paternel. Son objectif de 40mm ouvre toujours à f1,7 mais il est de 6 éléments en 4 groupes, tandis que son obturateur, toujours un Copal, ne démarre plus qu’au 1/4 de seconde jusqu’au 1/500. Le viseur dispose d’un marquage pour la correction de parallaxe.

Enfin, en 1972, présentation du Canonet QL 17 G-III, le chiffre romain indiquant la troisième génération (grade 3). Si elle garde les attributs de ses prédécesseurs, elle dispose d’un testeur de pile facile et d’une qualité de fabrication qui frise la perfection.

Décortiquons un peu le nom, assez long, de ce Canonet QL 17 G III.

Vous avez compris que le 17 vient de l’ouverture de l’objectif, que le G III indique la généalogie de l’engin, mais, et le QL ?

QL pour « quick loading » ou chargement rapide dans la langue de molière.

Car les Canonet qui bénéficient de ce QL possèdent un système génial pour charger rapidement et facilement le film dans l’appareil, ce qui était, semble-t-il, la hantise de nombreux photographes à l’époque.

Vous tirez la languette du film jusqu’au repère orange, en veillant à ce que les roues dentées soient bien dans les encoches du film, vous refermez le dos et vous actionnez trois fois le levier d’armement : c’est dans la boite et une fenêtre de contrôle vous rassure sur l’accroche correcte du film

Maintenant, tordons le coup à une phrase qui revient souvent et qui qualifie le Canonet QL 17 G-III de « Leica du pauvre »

Tout ça parce qu’il bénéficie d’un objectif superlatif, unanimement reconnu depuis tant d’années.

Ce boitier n’a jamais été conçu pour être un Leica de substitution mais bien pour être un télémétrique facile à utiliser, d’excellente qualité et procurant de vraies sensations et des images superbes, qu’il peut aller chercher même quand la lumière est chiche.

« Facile à utiliser » car si je compare le chargement du film d’un Leica (par la semelle) avec le « quick loading » du Canonet, « y a pas photo » : un zéro pour Canon ! Vous chargez votre film en quelques seconde avec un peu d’habitude, et celle-ci est vite prise.

Parlons justement un peu plus de l’objectif du Canonet : le choix du 40mm est judicieux car il représente ce qui est le plus proche de la vision humaine à travers un objectif pour un film donné. Et pour le 24x36mm, l’idéal absolu est de 42,5mm, soit la diagonale du négatif.

Ah, la distance de mise au point minimale est de 80cm, logique pour cette focale.

Le 35mm que beaucoup adore est plus « large » et le 50mm, tout aussi prisé, est plus « serré ». Un très bon choix de la part du constructeur.

Un autre avantage du Canonet, c’est son obturateur Copal à lames intégré dans l’objectif. Non seulement ça permet de synchroniser le flash à toutes les vitesses mais sa position « centrale » réduit presque à néant toutes vibrations intempestives. Ce qui est particulièrement utile pour photographier en basse lumière, à main levée.

Le boitier travaille soit en mode ‘automatique » à priorité vitesse (avec verrouillage de l’exposition) mais il offre toujours un mode manuel complet.

Techniquement, le système d’exposition fait appel à une cellule CdS placée sur le devant de l’objectif (pratique si vous montez des filtres, elle en tient compte). En position A (automatique) pour une vitesse donnée, l’appareil se charge de régler le diaphragme. Mais, comme écris plus haut, il peut fonctionner en mode manuel avec contrôle de l’exposition.

Le télémètre se règle très facilement grâce au levier fixé autour de l’objectif, que vous déplacez avec le pouce gauche. Un « patch » orangé, clair, se superpose à votre image jusqu’à ce que celle-ci soit nette.

Tout le monde tâtonne un peu au début, mais quand vous avez compris le truc, c’est hyper rapide et précis.

Et puis, rien en vous empêche, en plus, d’utiliser le « zone système » qui vous permet de « prédéterminer » la zone dans lequel vous allez placer votre sujet, net.

Je vous laisse regarder le mode d’emploi pour les manipulations (très simples) mais je m’attarde un moment sur le viseur qui contient les infos utiles pour la prise de vue (sans avoir besoin d’aspirine).

Tout est-il idéal avec cet appareil ?

Parlons un peu de son poids, 620gr, qui sans être vraiment lourd fait que vous le sentez bien en mains et déforme les poches, si toutefois vous en trouvez d’assez grande que pour l’y glisser (les compacts des années septante ne sont pas en plastique mais en bon métal, costaud, solide).

Et abordons le sujet de la pile : autrefois au mercure, elle peut être remplacée par une alcaline moderne (LR44) mais il faut penser à sous exposer d’un cran, ou alors utiliser des Weincell, plus chères mais qui respectent les 1,35v initiaux.

Notez que l’appareil fonctionne aussi sans pile mais alors sans l’aide de la cellule, tout en manuel, avec une cellule à main ou en jouant avec la règle Sunny 16, que je vous invite à découvrir si vous ne la connaissez pas.

Si vous en trouvez un, vérifiez toujours les mousses d’étanchéité, qui ne résistent pas à l’usure du temps et qu’il faut changer (c’est facile à faire et je vous recommande toujours Aki-Asahi pour ces fournitures.

Une petite attention à l’utilisation, recommandée par Canon lui-même, celle de placer un capuchon sur l’objectif pour économiser les piles. Bien que si vous mettez la bague autour de l’objectif au delà de la position A sur n’importe quelle ouverture au hasard, ça fonctionne comme un interrupteur OFF.

Le filetage de l’objectif est en 48mm, assez peu courant mais vous pouvez acheter une bague de 48 vers 49mm pour y suppléer.

Que retenir de cet appareil ?

En son temps déjà il a marqué les esprits de par sa simplicité d’utilisation et la qualité de ses images.

Bien construit, il traverse les âges et se vend, toute proportion gardée, bien plus cher aujourd’hui qu’à sa sortie en 1972, surtout dans sa version noire (il est vrai, magnifique).

Si je devais le comparer au Minolta du début de cet article, aux Electro 35 GSN, au Lynx 5000E difficile de faire un choix car ils ont chacun des particularités attachantes qui conviendront mieux à l’un ou l’autre, selon ses habitudes photographiques.

Mais ils auront un point commun : si l’on vous remarque prendre une photo avec ces appareils, il y a fort à parier que l’on viendra vers vous vous demander ce que c’est et vous n’aurez pas de mal d’engager la conversation, au point que la plupart oublieront qu’ils sont « dans la boîte ».

Je vois là un excellent moyen de communication, qui démystifie le photographe de rue, notamment et rapproche les curiosités.

Selon vos moyens, essayez de vous en procurer un et tentez le, c’est un régal, qui demande un peu de temps d’apprivoisement (rien de bien rédhibitoire) mais ensuite, que du plaisir et ça, honnêtement, ça manque avec les appareils modernes, trop « plein » de tout alors qu’ici, on vise à l’essentiel de l’acte photographique, sans renier un peu d’aide (automatisme).

https://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1383777816.jpg
source : Collection-appareils, Odéon 1973
https://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1335472685.jpg
source : Collection-appareils, Grenier-Natkin 1981

Videos d’illustration

Et pour ceux qui auraient la malchance de tomber en panne, une video pour le réparer

Des exemples de photos prises par des fans absolus de l’appareil ICI

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Des références : https://benber.fr/presentation-canonet-ql17-g-iii/, http://35mm-compact.com/compact/canonetql17g3.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10538-Canon_Canonet%20G-III%2017%20QL%20.html en français, https://www.filmshooterscollective.com/analog-film-photography-blog/canon-canonet-review-4-23, http://camera-wiki.org/wiki/Canon_Canonet_QL_17_GIII, https://www.cameraquest.com/canql17.htm, https://www.sharkandpalm.com/camera-reviews/canonet-ql-17-film-camera-review en anglais

Argentique

Le Yashica Minister D

Voilà, dans la grande famille des Yashica télémétriques, il me restait à vous présenter le Minister D, qui vient compléter l’offre du constructeur au début des années soixante.

Je pense ainsi que j’aurai fait le tour de ces fabuleux appareils qui, soixante ans après leur production, font toujours rêver et produisent toujours d’excellentes photos.

Ah, ils savaient construire utile, beau et solide en ces époques là !

Si vous relisez l’article consacré au Lynx 5000E, nous pouvons écrire que le premier Yashica télémétrique, le Yashica 35 sort en 1959, suivi ensuite par une nouvelle famille, le Minister, en 1960 et puis une lingée supplémentaire, plus orientée « pro » verra le jour aussi en 1960, la famille des Lynx, enfin, les Electro 35, à partir de 1966 viendront couronner le tout.

Personnellement, si je devais retenir une chose de ces appareils, comme je l’écrivais plus haut, c’est qu’ils ont été construit pour donner du plaisir, longtemps, à leurs heureux propriétaires. Sophistiqués pour l’époque mais terriblement maniables, ils ont enchanté des millions de photographes. Et ils en enchantent encore de nouveaux, ceux qui les découvrent ou les re découvrent.

Chacun à sa spécialité, si je puis l’écrire : les Minister sont destinés aux photographes qui aiment tout sélectionner eux-mêmes mais n’excluent pas le confort d’un peu d’automatisme, les Electro 35 flattent les photographes qui ne dédaignent pas l’aide discrète mais efficace de l’électronique, les Lynx sont destinés aux « professionnels » ou – je préfère – aux puristes qui se sentent comblés par la maitrise qu’ils ont sur tous les paramètres de prise de vue.

C’est résumé, je le concède, mais ça permet d’aller à l’essentiel car je pars du principe que si vous voulez vous lancer dans l’argentique, vous cherchez les infos utiles pour utiliser votre appareil.

Un peu d’histoire vous permet de le situer dans le temps mais si vous cherchez des détails infimes, c’est que vous penchez sur la collection et mes propos ne vont pas dans ce sens

Bref, le Minister D fait partie d’une famille commencée en 1960 par le Minister (aussi appelé M, avec un objectif ouvrant à f1,9), suivi par le Minister II, le Minister D (1963), qui sera suivi en 1964 par un Minister 700 (qui bénéficiait d’un objectif ouvrant à f1,7) et un Minister III en 1966. Si ce n’est pas très logique, c’est assez condensé : six ans de production.

En fait, chaque itération du boitier apportera une substantielle amélioration : ici une cellule qui évolue, là un obturateur, encore un compteur de vue qui se modifie … des petites touches pour un « toujours mieux ».

Toutefois l’appareil restera toujours entièrement mécanique, fonctionnant même sans batterie pour les modèles qui en réclament une (qui alimente seulement la cellule au CdS), donnant au photographe un contrôle total sur l’ouverture et la vitesse d’obturation contrairement au modèle qui le remplacera, le Yashica Electro, mais c’est une autre histoire…

En effet, en 1966, Yashica lancera le premier appareil photo à obturateur entièrement électronique au monde, le Yashica Electro, qui remplacera à la fois les gammes Minister et Lynx. Tous les Electro seront livrés avec l’excellent objectif Yashinon f/1.7 et resteront en production pendant plus d’une décennie encore.

Les Minister étaient considérés comme les moyens de gamme de la série des télémétriques, les Lynx étant le haut de gamme.

Quoique, installer une cellule CdS sur un appareil moyen de gamme à l’époque était une « fleur » faite à la clientèle des Minister. Peu d’autres appareils, à l’époque, bénéficiaient d’un tel luxe, même chez les reflex !

Reprenons à son prédécesseur, le Minister II pour comprendre celui qui nous préoccupe aujourd’hui. C’est un télémétrique, doté d’une cellule non couplée, au sélénium. Une petite molette à l’arrière du boitier permet de modifier l’affichage de la cellule en indiquant la sensibilité de la pellicule utilisée.Son objectif est un Yashinon de 45mm ouvrant à f2,8 – en général, car il existe aussi des objectifs ouvrant à f1,9 (1964), plus rares.

Le Minister D reprend ses caractéristiques (objectif et obturateur Copal) mais il change la cellule, qui devient CdS, et qui nécessite cette fois une pile.

Le compteur de vue s’intègre maintenant dans le capot, avec une petite fenêtre de lecture.

Comme je le notais, l’obturateur est un Copal SVL (pour Light Value Scale – échelle d’indice de lumière). En fait cela désigne un mode de réglage un peu particulier parce que celui de l’obturateur est couplé à l’ouverture et à la vitesse.

La cellule du Minister D indique la lumière mesurée sur l’indicateur au dessus du capot. C’est un système de valeur de lumière (LV ou indice de lumination) notées de 3 à 17. Ce système est « l’ancêtre » des cellules couplées qui pourront plus tard détecter l’ouverture sélectionnée et les vitesses d’obturation pour suggérer une lecture précise de la lumière (comme sur les Electro 35).

Donc, dans ce cas, si vous changez la vitesse ou l’ouverture, la cellule ne réagit pas. Ce qui fera réagir celle-ci, c’est la modification de la valeur des Asa (la « vitesse » du film) avec le petit cadran qui est juste devant l’échelle LV

En pratique, lorsque vous appuyez sur le bouton qui active la cellule (près du viseur, à gauche), la petite aiguille de l’indicateur LV va réagir à l’éclairage que « l’œil CdS » va capter. Cette cellule est à mesure moyenne, c.-à-d. qu’elle fait la « moyenne » de la quantité de lumière reçue dans un triangle (virtuel) d’environ 30 à 40 degrés devant le boitier. La mesure « ponctuelle, ce sera pour plus tard !

Lorsque vous pointerez l’appareil vers un sujet, « l’œil de la cellule » va détecter une quantité de lumière qui sera reflétée sur l’écran de l’échelle LV par une position devant un chiffre allant de 3 à 17, encore une fois sans qu’intervienne ici la vitesse ou l’ouverture choisie. Cela peut vous sembler anodin mais ceci implique que lorsque vous regarderez l’écran, pensez à ne pas (trop) modifier la position de l’appareil sous peine de modifier la quantité de lumière « vue » par la cellule (ne visez pas vers le haut ou le bas par exemple). Rappelez-vous, il n’y a pas de rappel dans le viseur (ce sera aussi pour plus tard).

l’écran LV gradué de 3 à 17
le bouton près du viseur qui active la cellule

Ça y est, vous avez noté le nombre qui apparait sur l’échelle LV ?

Regardez maintenant le barillet de l’objectif. Il affiche 3 séries de nombres : ceux de l’échelle LV, les ouvertures et les vitesses.

Il vous reste maintenant à faire correspondre les valeurs de vitesse et d’ouverture avec le chiffre LV que vous aurez retenu.

Ceci vous semble compliqué ? Pourtant, les ingénieurs de chez Yashica ont pensé ce système pour vous faciliter le calcul de l’exposition. Au lieu d’avoir à comprendre les lectures d’exposition ou de mémoriser la règle Sunny 16, vous prenez simplement le numéro LV de l’échelle, puis tournez un cadran sur l’objectif pour correspondre à ce numéro, et c’est réglé.

De fait, tout est actionné à l’intérieur de l’objectif : si l’écran LV vous suggère LV 9, vous tournez la bague sur le chiffre 9 et c’est réglé !

Dans notre exemple, l’indice de lumination indiqué par le posemètre est de 9. Dans ce cas, l’exposition de base sera de f5,6 pour 1/15 sec. Après avoir aligné le chiffre 9 sur le triangle de repère rouge de l’objectif, l’exposition et la vitesse seront parfaites. En procédant de la sorte, les diverses données d’exposition comprises dans la zone délimitée par les lignes sont autant de combinaisons correspondant à l’exposition.

Cependant, si vous voulez changer la vitesse ou l’ouverture suggérée de cette façon, vous pouvez encore le faire (vous quittez alors le mode « automatique »).

Si je résume, voici un appareil compact (comme il pouvait l’être dans les années soixante !), tout en métal, construit pour durer, avec un système facile pour prendre de belles photos, que vous pouvez ignorer si besoin ou envie. Son viseur est clair et précis, avec un patch du télémètre bien visible, collimaté qui plus est.

Même si vous en trouviez un avec la cellule HS (hors service), il est toujours parfaitement utilisable, son obturateur ne dépend pas de la pile.

Le télémètre est rapide et précis, parfaitement utilisable, notamment en photo de rue. Le seul risque dans ce dernier cas d’utilisation est que l’on vous aborde pour discuter de lui !

Un dernier mot enfin, au sujet du Minister III, qui sera le dernier de la famille. Sa cellule est maintenant placée autour de l’objectif et non plus en façade et son obturateur est dorénavant un Citizen et non plus un Copal.

Je pense que vous en conviendrez avec moi, ces appareils sont plaisants à l’œil et – cerise sur le déclencheur – de très bonnes machines à photographier, soixante ans après leur présentation au public qui leur a, en son temps, réservé un fort bon accueil (en témoigne les millions d’exemplaires vendus pendant les 25 ans de leur carrière).

Donc, si vous en trouvez un dans une brocante, un vide grenier, dans un grenier familial, laissez-vous tenter, essayez le pour le plaisir de posséder un bel appareil et un boitier qui ne vous décevra pas souvent.

Moins prestigieux que les Lynx ou les Electro 35, il gagne en facilité d’utilisation, il est compact et son objectif est très bon. Il est souvent délaissé, injustement, mais cela se répercute invariablement sur les prix, qui restent bas.

Ah oui, le prix ! Moins prisés donc que les Electro 35 ou les Lynx, ils sont accessibles. Comptez entre 30 et 5O€ maximum pour un bel exemplaire fonctionnel et avec sa magnifique gaine en cuir.

https://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1317384105.jpg
source : Collection-appareils, Flash 1969.
https://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1336592329.jpg
source : Collection-appareils, Phokina 1969

Petites videos d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : https://www.mikeeckman.com/2016/08/yashica-minister-d-1963/, http://camera-wiki.org/wiki/Yashica_Minister_D, https://retinarescue.com/yashicaministerd.html, https://vintagecameraproject.com/cameras/ministerd/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Yashica_Minister_D, http://www.yashica-guy.com/document/chrono2.html, en anglais, https://mgroleau.com/photo/japon/yashica/yashica_minister_d.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1364-Yashica_Minister%20D.html, en français.

Ils ont beau être solides, il est parfois utile d’avoir des infos pour les retaper, alors vous trouverez ça ICI.

Argentique

Le Petri 7s

Ah, celui-là, ça faisait un moment que j’en cherchais un !

J’en avais déjà trouvé, mais souvent dans des états plus que lamentables (le dernier vu était manifestement tombé de haut et outre son verre de visée brisé, le télémètre était tout de travers).

Bref, ici, en fouillant dans la caisse d’un vide grenier, je découvre un étui en cuir marqué Petri. Je l’ouvre et, surprise, c’est un Petri 7s, sale, mais en bon état à première vue …

Je négocie car en tentant d’armer le boitier, je sens une résistance et un bruit bizarre qui me fait penser qu’un film est coincé à l’intérieur, dans le meilleur des cas (je ne veux pas l’ouvrir dans le hangar).

Me voilà donc avec ce fameux Petri 7s qui m’a toujours intrigué avec son viseur vert et sa ressemblance avec d’autres ténors de l’époque (Electro 35, Canonet et consorts).

Je ne reviendrai pas sur l’histoire de la marque, que je vous avais présentée lors de l’analyse du Petri 35 E., sauf à préciser que le Petri 7 fait partie des télémétriques de la marque, les premiers qui ont commencé avec l’ancêtre, le Petri 35MX, qui datait de 1955.

Alors décortiquons cet appareil.

Le Kuribayashi Petri 7s (de son vrai nom) est un appareil télémètrique à obturateur à feuilles (dans l’objectif comme les Yashica Electro p. ex..), introduit en 1963.

Il est une variante du Petri 7 qui a été introduit lui en 1961. La principale différence est le levier d’avance de film et un compteur de vues améliorés. Et il garde le télémètre couplé et une mesure au sélénium autour de l’objectif (dite ATL). avec une aiguille de type allumette visible à la fois dans le viseur et sur le dessus de l’appareil photo.

Il sera suivi par le Petri Color 35, plus compact, en 1968. Sa production prendra fin en 1973.

Comme je vous l’écrivais, ce qui me tentait, c’était cette couleur verte du viseur. En fait Petri a appelé son système de mise au point par télémètre le « Green-O-Matic ». Le viseur global est teinté de vert tandis que la zone de mise au point coïncidente est jaune. Cela rend la mise au point beaucoup plus facile, grâce au contraste.

Pour le reste, dans le viseur, vous avez des lignes de cadre, trois points pour utiliser une correction de parallaxe et l’excellente idée d’avoir ajouté un simple compteur à aiguille. Bon, il n’y a pas de marques précises : tout ce que vous avez à faire c’est d’ajuster la vitesse d’obturation ou l’ouverture jusqu’à ce que vous aligniez l’aiguille dans le point central. Facile et intuitif finalement.

Ah, un autre point intéressant : la cellule n’a pas besoin de piles pour fonctionner, puisqu’elle est au sélénium (qui produit sa propre électricité). Comme elle est située autour de l’objectif et à l’avant, vous pouvez viser en ayant mis un filtre, la cellule en tiendra compte.

L’obturateur a des vitesses allant jusqu’à 1/500. Comme je l’écrivais plus haut, placé dans l’objectif, il émet quasi aucunes vibrations ce qui , allié à l’ouverture honorable du f2,8 (et encore mieux avec le f1;8), permet des prises de vue même dans des conditions délicates.

Pour mémoire, les concurrents de l’époque s’appelaient Minolta Hi-Matic 7 et Yashica Electro 35. Du lourd, du sérieux, du bien construit … ce que l’on pourrait reprocher au Petri, plus léger, avec des commandes moins bien ajustées. Mais un prix plus abordable, qui en fit, malgré tout, un best seller pendant plus d’une décennie.

En ce qui concerne les commandes, la plupart sont situées sur le barillet de l’objectif : ouverture, vitesse d’obturation (1s – 1/500 + B), sensibilité du film (10 – 400 ASA) et mise au point. le levier pour la synchro flash X -M, le levier du retardateur. Celles-ci se gèrent avec la main gauche tandis que la droite arme et déclenche… ergonomiquement il est bien conçu mais demande un minimum de pratique ! Mais ça vient vite …

Le reste est un grand classique : le bouton de rembobinage est par dessous, près de la douille pour fixer un trépied et la griffe flash au dessus. C’est une griffe « froide »; il faut donc un câble pour connecter le flash. La prise se trouve sur le fut de l’objectif.

A gauche, sur la tranche, une languette qu’il faut tirer vers le haut pour libérer le dos. Pour insérer la bobine de film, rien de compliqué non plus même si le Petri ne bénéficie pas d’un système d’accroche rapide.

Généralement plus abordable que ses concurrents de l’époque (qui atteignent des sommets !), il reste un excellent choix si vous voulez vous initier à coût raisonnable au monde merveilleux du télémétrique.

Juste bien regarder qu’il ne soit pas trop abimé et que la cellule fonctionne toujours. A ce sujet, si vous en trouvez un avec son « sac tout prêt » vous augmentez vos chances car le noir préserve la réactivité de la cellule.

Vous devriez en trouver dans les vides greniers ou les brocantes, en cherchant un peu …

Un peu de technique :

  • Vitesses d’obturation de 1 seconde à 1/500e de seconde plus pause B
  • Ouverture de f/1,8 ou f/2,8 à f/16, objectif de 45mm
  • Cellule Circle Eye System, entièrement couplée, cellule au sélénium
  • Obturateur Petri MYE
  • Sensibilité de 100 à 400 Asa
  • Flash avec prise PC sur le fut de l’objectif avec languette de synchronisation X ou M
  • Retardateur d’environ 10 sec

Une petite video d’illustration

Des références : http://www.photoethnography.com/ClassicCameras/Petri7s.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Petri_7s, https://neverwasmag.com/2018/04/vintage-camera-review-petri-7s/, https://www.aperturepreview.com/petri-7s, https://www.35mmc.com/24/11/2018/5-frames-with-the-petri-7s-by-barry-carr/, https://internoinbakelite.wordpress.com/2012/06/11/lasola-ovvero-la-petri-7s/ en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11407-Petri_7S.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1604-Petri_7.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Kuribayashi

Argentique

Le Yashica Minimatic C

Comme d’habitude, dans une caisse poussiéreuse, un magna d’appareils entassés et plein de poussières … j’ai failli me décourager et puis, un étuis noir en bon état attire mon regard et mes doigts tous noirs.

Je l’extirpe et ouvre le « sac tout prêt » : un Yashica Minimatic C, qui a l’air en assez bon état si ce n’est la saleté qui le recouvre. J’ôte le sac tout prêt pour mieux le manipuler. Vu le « nid d’abeilles » autour de l’objectif je ne pense pas qu’il y ait une pile … ok, confirmé, rien en dessous ni derrière pour en contenir une.

A part ça, j’avoue que je suis perplexe : c’est bien un Yashica mais je ne reconnais pas le modèle. Il est plus petit qu’en Electro 35 ou un Lynx, bien qu’il ne soit pas vraiment compact.

Sur le dessus, une fenêtre semble indiquer qu’il y a une cellule, un gros bouton cerclé de rouge, …. bref, il titille ma curiosité, vous me connaissez, alors je demande le prix, négocie par réflex et me voilà emportant cet étrange Yashica Minimatic C.

Bon, va falloir trouver des infos maintenant … Un petit tour sur Collection-appareils (voir dans les références) m’apprend que cet appareil est rare car visiblement peu ou pas importé en Europe. Il semble avoir été destiné au marché Nord américain et au Canada essentiellement.

Comme quoi, dans les brocantes, on peut trouver des pépites !

Allez, séance de nettoyage intensif, il en a bien besoin, le sac tout prêt y compris (en cuir et en bon état finalement).

Je reviens sur cette fenêtre, sur le capot, qui m’avait interpellée : en fait, ce n’est pas l’indicateur de la cellule mais un réglage pour les Asa/din, que l’on modifie grâce au gros bouton rouge, près du déclencheur et cerclé de rouge, permettant ainsi de régler une aiguille en face de la valeur Asa/din voulue.

Ensuite, comme je l’écrivais plus haut, la cellule en nid d’abeilles autour de l’objectif est une cellule au sélénium (auto alimentée si je puis dire et qui n’a donc pas besoin de pile ou batterie).

L’objectif lui est un Yashinon (un classique) de 45mm ouvrant à f2,8.

Je peux juste régler l’ouverture ou mettre une position A (auto). Il n’y a pas de réglage de vitesses.

Sans doute le boitier calcule t’il la vitesse en fonction de l’ouverture sélectionnée, pour une valeur Asa/din donnée.

L’obturateur est un Copal « unique ».

Voilà, voilà … alors, de lectures en traductions, je découvre que cet appareil est bien à exposition automatique, qui sélectionne dès lors l’ouverture et la vitesse grâce à l’obturateur Copal Unique.

Ne cherchez pas d’indication pour savoir ce que fait l’appareil (il faut lui faire confiance), vous ne verrez qu’un indicateur qui se déplace entre deux zones rouges « Under » et « Over », vous signalant les limites ne pas dépasser. Ça c’est quand vous êtes sur la position Auto.

Car lorsque vous quittez celle-ci, vous devrez régler l’ouverture mais la vitesse d’obturation est réglée au 1/30s et franchement, c’est à utiliser avec le flash.

De ce que j’ai pu lire, le boitier gère très bien les situations d’éclairage que vous lui soumettez et le conseil donné est de faire confiance à la position automatique.

Cet appareil est apparu sur le marché entre 1961 et 1963 et s’il n’est pas vraiment « mini », il est quand même plus petit qu’un Electro 35 de la même époque et (un peu) plus léger.

Il y eut deux boitiers dans la gamme Minimatic : le C que je vous présente et le S, un peu plus sophistiqué puisque lui comporte des indications de l’exposition dans le viseur, et il possède un objectif ouvrant à f1,8.

Ceci étant, si vous regardez les photos prises avec cet appareil (voir ci-plus bas), vous constaterez que le f2,8 est loin d’être ridicule. Les Yashinon ont toujours eut une bonne réputation.

Le déclencheur est agréable, relativement discret, l’armement est souple et rapide. Le viseur est clair, avec un cadre fixe pour aider à la visée et le télémètre est bien visible (patch orangé).

Que dire de plus ? La mise au point sera au minimum à 80cm; c’est un télémétrique avec cadre collimaté et vous voyez le réglage dans le viseur (couplé). La griffe flash est dite « froide » c’est-à-dire qu’il faut impérativement utiliser un câble pour connecter le flash au boitier.

Et, comme souvent avec les Yashica de cette époque, il est construit pour durer : c’est du solide, du bien fini et tout en métal.

Finalement, j’ai bien fait de continuer à fouiller cette caisse, j’en ai extrait un bel exemplaire de Yashica, rare qui plus est et fonctionnel. Bref, la cerise sur le gâteau.

source : https://www.goantiques.com/yashica-minimatic-c-1954136

Cette publicité en noir et blanc du 18 octobre 1963 explique: « Voici pourquoi le nouveau Minimatic C de Yashica est l’appareil photo familial parfait. Le père est ravi des diapositives de paysages, la mère adore photographier le bébé, la sœur est ravie de l’utiliser à l’école et le frère est un fan de sport et il est là pour photographier ».

Ce qui est amusant avec cette publicité, c’est aussi ce qui est « autour » : un Monsieur prend des photos avec le Yashica Minimatic C puis les développe avec un appareil Polaroid Autoprocessor. Ce qui explique les méthodes « ordinaires », les habitudes, des photographes de l’époque.

Ah oui, un mot sur le Autoprocessor de Polaroïd : non seulement la célèbre firme américaine a inventé le film à développement instantané mais elle a aussi fabriqué des films en 24×36 classiques. Toutefois, pour rester logique avec elle-même, elle a trouvé un procédé pour que vous puissiez développer chez vous, en lumière naturelle, vos pellicules Polaroïd. Il fallait pour ça acquérir un Autoprocessor (qui deviendra Automat un peu plus tard, c.-à-d. électrique) dans lequel vous installiez la bobine, puis les chimies et vous pouviez développer votre film tout seul à la maison.

Un peu de patience, je vous expliquerai tout ça dans un avenir proche, j’ai eu la chance de pouvoir en acheter un rien que pour vous ! (et par curiosité aussi).

En résumé, ce Yashica Minimatic est une belle découverte qui ravira les adeptes de la photo de rue. Discret, n’ayant pas besoin de piles ou batterie pour fonctionner, son objectif est suffisamment lumineux pour la plupart des scènes et il n’est ni trop lourd ni trop encombrant.

Si d’aventure vous avez la chance d’en découvrir un, faites vous plaisir. Sa rareté risque de jouer en sa défaveur (question prix bien sûr) mais pour ma part j’estime qu’il ne devrait pas coûter plus de 50€ (c’est le prix auquel je revends cet exemplaire).

Il me reste à vous souhaiter de bonnes balades et de bonnes photos en sa compagnie …

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI

Video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Quelques références : https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1455-Yashica_Minimatic-C.html, en français, https://www.goantiques.com/yashica-minimatic-c-1954136, https://www.photo.net/discuss/threads/yet-another-yashica.418863/, http://seqvintagecameras.com/portfolio-item/cam_074/, http://neighborhoodvalues.com/nv/JH/010JH.htm, http://filmisback.blogspot.com/2010/11/yashica-minimatic-c.html en anglais

Argentique

Le Yashica Lynx 5000E

L’histoire de Yashica est riche d’appareils qui ont marqué l’histoire de la photographie argentique. La marque a eu le tort de disparaitre trop tôt …

Je vous encourage à relire l’article consacré au Yashica Electro 35 GSN dans lequel je reprenais, rapidement, l’historique de la gamme.

Pour mémoire, tout commence en 1958 lorsque le fabriquant sort le Yashica 35, suivi en 1959 d’un Yashica YL, en 1960 d’un Yashica M ou Minister. Toujours en 1960, une ligne supplémentaire s’ajoute avec le Lynx 1000, suivi d’un Lynx 5000 en 1962 et d’un fabuleux Lynx 14 en 1965.

Cette lignée, destinée aux photographes « experts » sera couronnée en 1969 par un Lynx 5000E et un toujours magnifique Lynx 14E.

Il n’y aura pas d’autre descendance. Les télémétriques luxueux, comme les Canon QL de troisième génération, les Minolta Hi-Matic et les Yashica Electro, les Yashica Lynx seront les derniers télémétriques à objectifs fixes « haut de gamme ». Début quatre-vingt, l’autofocus pointe le bout de son nez, les moteurs intégrés aussi et, surtout, les photographes de l’époque ont envie d’appareils simplifiés, voire simplissimes … mais qui fassent d’excellentes photos. Les compacts des années nonante sont en gestation, qui ne seront supplantés que par les ultra compacts de l’ère du numérique !

Mais revenons à notre Yashica Lynx 5000E.

Et pour cela, je vais vous parler du … Lynx 1000, premier du nom.

source : Monsieur Suaudeau

Plus compact que les Yashica Minister contemporains, il propose une cellule au sélénium, couplée, un obturateur à feuille qui atteint le 1/1000s, et un objectif ouvrant à f2,8 pour une version et f1,8 pour l’autre.

Il est très agréable à prendre en main, les commandes tombent naturellement sous les doigts (levier d’armement, déclencheur, ergot sur la couronne pour la mise au point rapide). Une petite fenêtre sur le capot laisse voir l’aiguille de la cellule et deux repères lumineux (over/under) aident à trouver la juste exposition.

Revenons un instant sur l’obturateur, un Copal SV, placé dans l’objectif Yashinon (6 élément en 4 groupes), un 45mm ouvrant à f1,8 et qui ouvre jusque f22, rare sur ce type d’appareil. Les vitesses s’étagent de la pause B puis d’1s à 1/1000s. A l’époque, seuls quelques reflex (SRL) offraient cette vitesse de compétition.

Tiens au fait, il fut baptisé « Lynx » par rapport à la vitesse de son obturateur !

La synchro flash est à toutes les vitesses sur la prise X. Un retardateur de 8s complète la présentation.

Pour régler la sensibilité Asa, il faut manipuler un petit levier sur le barillet de l’objectif. La cellule est sensible de 10 à 800 Asa, bien large aussi pour l’époque.

Son viseur, lumineux, possède les mêmes cadres de correction de la parallaxe automatique que ceux de la série Yashica Electro G.

Pour être complet, rappelons que le Lynx 1000 fut aussi proposé en 1962/63 avec un objectif f2,8 de 45 mm mais avec un obturateur allant jusqu’au 1/500s seulement.

Et pour en finir, le Lynx 1000 était considéré comme le haut de gamme des télémétriques Yashica de l’époque (1960) juste au dessus des Minister.

En fait les deux modèles, le Lynx 1000 et le Lynx 5000, partagent l’obturateur à feuilles Copal SV , l’objectif Yashinon 45 mm f1.8 à monture fixe (filetage de filtre de 46 mm) et le viseur à cadre lumineux avec télémètre couplé à correction de parallaxe. La mise au point minimale est de 80 cm.

Ici aussi la visée est très claire : dans le viseur, il y a un cadre brillant qui se déplace suivant le réglage de la distance de mise au point afin d’éviter les erreurs de parallaxe.

En fait, lorsque vous visez en réglant la distance, vous voyez varier l’image du télémètre et le cadre se déplacer. Facile et confortable.

Mais il y a une grosse différence entre les deux appareils : la cellule !

Si elle est au sélénium sur le Lynx 1000, elle est au sulfure de cadmium (CdS) sur le 5000. Qui aura donc dorénavant besoin de pile pour actionner la mesure de la lumière.

Vous devez appuyer sur un bouton en façade pour activer la cellule (un bonton marqué « Switch »). Sur le capot de l’appareil, sous un verre épais, une aiguille se déplace selon les réglages de l’objectif. A remarquer que cette fenêtre est séparée en deux par un trait épais. Il faut alors régler la vitesse et l’ouverture pour amener l’aiguille sur ce trait. Sous le trait, une zone « under » vous signale une possible sous exposition tandis qu’au dessus, une zone « over » signale une possible surexposition. Notons qu’une autre aiguille est visible dans le viseur.

Puis vint le Lynx 5000E, qui progresse encore, tout en gardant les bonnes choses de son prédécesseur (obturateur au 1/1000s, objectif lumineux, cadre lumineux et télémètre facile).

Exit toutefois la fenêtre extérieure de la cellule, cette fois elle est dans le viseur avec un affichage par diode des Over/Under qui apparaît quand nécessaire.

Mais surtout, il introduit un obturateur à circuit intégré, comme sur les Electro 35 G, GS, GSN/GTN. Vous verrez le sigle connu sur la face du boitier

A la différence cependant des Electro cités, il n’y a aucun automatisme sur le Lynx 5000E (ni sur le Lynx 14E) car, rappelons-le, ils étaient destinés aux photographes « experts » qui voulaient garder la main sur tous les réglages.

Bref, du beau matériel qui devrait inspirer les photographes de rue qui ont envie d’essayer autre chose que les Electro 35, les Canonet QL 17 ou QL 19 GIII, les Minolta Hi-Matic 11 ou 7sII (tous excellents, entendons-nous bien !)

Si je le compare à un Electro 35G, il est plus compact, même s’il est pratiquement exclu de le glisser dans une poche.

Pour le charger, il faut appuyer sur un petit bouton situé sur la semelle, ce qui libère la porte arrière. Inutile donc de tirer sur la tige de rembobinage, elle ne sert qu’à dégager la bobine lors du changement.

Notez le large oculaire du viseur, confortable.

Il n’y a pas de contact électronique pour le flash, juste une griffe, et un contacteur X synchronisé à toutes les vitesses, grâce à l’obturateur Copal devenu électronique. .

L’autre petit bouton sous l’appareil sert à débloquer le film pour rembobiner en fin de course. C’est aussi en appuyant dessus une fois que l’on peut envisager de faire des surimpressions puisqu’il débraye l’entrainement du film jusqu’au prochain armement.

Ah oui, un mot sur les piles. Autrefois au mercure, elles sont introuvables. Vous pouvez les remplacer par 2LR 44 que vous glissez dans un adaptateur ou 2 PX625A. Il faudra ajouter un ressort pour assurer la bonne hauteur. Et prenez la précaution d’entourer votre montage d’un bout de Gaffer pour éviter les cours-circuits. Ça fonctionne parfaitement.

PILE PX625 A MR9 625 V625U PX13 H-D KX625 RPX625 LR09 D625 EPX625G EPX625 LEICA
MR-9 PX625 Battery Converter Adapter for Film Camera 124g, Olympus OM1, Canon F1

Finalement, que retenir de ce boitier ?

Il présentait à son époque ce qui se faisait de mieux en terme de rapidité de son obturateur (peu d’appareil proposait le 1/1000s, même chez le reflex), la plage de la cellule est intéressante (de 10 à 800 Asa), la synchro flash à toutes les vitesses, il est totalement réglable, son télémètre est rapide et précis.

Cinquante plus tard, il reste une valeur sûre.

Les Lynx sont moins connus que les Electros 35, vendus pendant près de vingt ans et qui correspondaient à une certaine clientèle, attirée par leur automatisme.

C’est une gamme qui demande un peu de connaissances, qui se résument in fine dans ce que l’on appelle le triangle d’exposition, c.-à-d. la base que tout photographe argentique maitrisait (ou essayait de maitriser) et qui a permis quelques chefs d’œuvres.

Si vous avez la chance de croiser la route d’un bel exemplaire, il devrait être à vous pour moins de 50€.

Ne le laissez pas passer, vous le regretteriez.

source : Collection-appareils.fr, Photokina 1969

Une video de présentation

Petite video utile au cas où …

Pour le mode d’emploi, c’est ICI et LA

Quelques références : https://www.lomography.com/magazine/77611-yashica-lynx-5000e-yashica-haunts-my-dream-1, http://mattsclassiccameras.com/rangefinders-compacts/yashica-lynx-5000/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Yashica_Lynx, https://www.mikeeckman.com/photovintage/vintagecameras/lynx/index.html, http://www.yashica-guy.com/document/chrono2.html, https://www.flickr.com/photos/28796087@N02/4267166922/in/pool-camerawiki, http://www.yashica-guy.com/document/chrono2.html en anglais, https://www.suaudeau.eu/memo/pratique/tel_yas.html, https://www.suaudeau.eu/memo/collection/Tlmfx/yl5e.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11865-Yashica_Lynx%205000E.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1373-Yashica_Lynx%205000.html en français

Pour les réparations éventuelles : http://www.yashica-guy.com/document/lynxfix.html en français

Argentique

Le Canon A 35 F

Dans la longue tradition des appareils Canon, celui-ci est un des derniers télémétriques produit. Il date de 1978, basé sur le célèbre Canonet 28.

Ah, vous connaissez ma faiblesse … je vais donc vous conter – rapidement, c’est promis – la saga Canon télémétrique.

Comme tous les grands constructeurs de l’époque, Canon s’est inspiré des appareils télémétriques allemands, dont le Leica, quoique ….

« J’ai découvert que l’appareil ne comportait aucun matériau précieux, comme des diamants. Toutes les pièces étaient en laiton, en aluminium, en acier et en caoutchouc. Ma surprise a été grande en réalisant que ces matériaux bon marché, une fois assemblés pour former un appareil photo, étaient vendus à un prix exorbitant. » (citation extraite du livre 150 ans d’appareils photo, de Todd Gustavson, paru aux éditions Eyrolles). Ainsi parla Goro Yoshida, lorsqu’il démonta un appareil Leica au début des années 30.

C’est de ce constat que part Goro Yoshida pour proposer un premier prototype, sous la marque Kwanon, déesse de la miséricorde. Nous sommes en 1934.

Afin de trouver une solution optique qui le satisfasse, il fait appel à la Nippon Kogaku Kogyo, spécialisée dans la fabrication d’éléments optiques (qui n’est autre que l’ancêtre de Nikon) et en 1936, il produit le premier « vrai » télémétrique Canon, le Hansa

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source : le monde de la photo, le premier télémétrique Hansa (1936)

Devant le succès du Hansa, en 1937, Yoshida fonde,; avec 3 collaborateurs, la société Canon.

Ce premier jet fut suivi d’un Hansa S (1937) qui était destiné clairement à concurrencer le Leica.

source : le monde de la photo, Canon SII et IIB

Le Hansa S devient Canon S dès la déclaration du nouveau nom de la société. Le but du premier PDG de l’entreprise est de « rattraper et dépasser Leica ».

Mais la Seconde Guerre Mondiale vient redistribuer les cartes et il faudra attendra 1946 pour que Canon sorte un successeur au Canon S sous la dénomination de SII, qui sera réellement le premier appareil photo 35 mm à disposer d’un viseur avec télémètre combiné. Leica n’y arrivera qu’avec le M3, bien plus tard !

En 1949, ils sortent son successeur, le II B qui comprend alors un viseur optique à trois voies, assorti d’objectifs interchangeables.

Jusqu’en 1954, Canon, grâce au design soigné de ses modèles, à la qualité de sa fabrication et ses innovations devient l’égal de la marque allemande. Ils vont apporter nombre de modifications qui prouve que Canon n’est plus un « copieur » de Leica et qu’ils sont en avance sur bien des points :

  • assembler en une seule fenêtre viseur et télémètre
  • viseur à grossissement variable en faisant apparaître les focales de 50-85-135mm
  • installation d’un vrai système de flash avec une griffe qui possède un contact pour la synchronisation
  • dos à charnière

Toutes ces caractéristiques seront reprises dans le IV SB 2 (1954), un des plus beaux télémétriques jamais produit.

Mais Leica vient de sortir le M3 qui peut être considéré comme le summun du télémétrique argentique :

  • viseur-télémètre multi focale,
  • monture à baïonnette,
  • sélection automatique du cadre de visée au montage de l’objectif
  • , possibilité de prévisualiser le champ d’un objectif sans nécessairement le monter,
  • compatibilité totale avec les anciens objectifs à vis (bague d’adaptation vis sur baïonnette),
  • toute la gamme des vitesses sur un seul barillet (alors que Canon isolera les vitesses lentes sur un deuxième barillet placé sur la face avant des appareils jusqu’en 1956),
  • deux prises de synchro flash (électronique et magnésique),

Dès lors Canon continuera à apporter quelques améliorations, surtout au niveau des optiques notamment en sortant des focales inhabituelles qui seront reconnues pour leur qualité optique et viendront concurrencer sans rougir celles de chez Leitz.

Mais c’est dans le début des années soixante que Canon va marquer un grand coup en présentant le Canon 7. Celui-ci propose une cellule au sélénium incorporée, un viseur multi focale en 35 – 50 – 85 – 100 et 135 mm, toujours son dos sur charnière et il est proposé avec un objectif exceptionnel par ses caractéristiques physiques, un 50mm ouvrant à f 0;95.

Cet imposant objectif nécessite que Canon modifie la monture, côté appareil, pour l’y fixer : une baïonnette fait son apparition avec une came pour le réglage télémétrique mais elle garde le filet en M39 pour tous les autres focales.

Ensuite, en 1965, la marque présente le 7S, l’amélioration venant de la cellule qui passe du sélénium au Cds (sulfure de cadmium) plus performante en termes de précision et sensibilité mais qui nécessite une pile.

Finalement Canon arrêtera la fabrication de télémétriques en 1968, du moins ceux à objectifs interchangeables.

De fait, la marque s’est lancée dans une autre aventure, celle des reflex qui seront l’avenir de la photographie pour de nombreuses autres années et qui verra Canon river le clou définitivement à Leica en devenant régulièrement la marque la plus vendue au monde, tous modèles confondus.

Toutefois, lorsque Canon a lancé le Canon 7 en 1961, il faut reconnaître que le marché des appareils photo télémétriques à objectif interchangeable haut de gamme commençait à tomber en disgrâce auprès des photographes.

Depuis les années cinquante, le Single Lens Reflex (SLR) commençait à combler les attentes des photographes sérieux et ils se détournaient des télémétriques coûteux.

Lucide, Canon savait que pour rester au top du marché, ils devaient produire plus de reflex et moins de télémètres. Bien que ces appareils restaient attractifs pour les amateurs, les familles qui cherchaient un appareil facile à manipuler, tout en restant qualitatif.

1961 fut donc une excellente année car c’est à cette époque qu’apparut aussi le Canonet.

Un modèle tout à fait original car ce boitier, au design neuf, proposait un objectif fixe f/1.9 45 mm, un posemètre à cellule au sélénium, et était vendu moins de la moitié du prix d’un Canon 7 avec 50 mm objectif f/1.4.

Ce télémétrique à objectif fixe a été un succès immédiat et s’est très bien vendu en tant qu’option intermédiaire aux reflex plus chers et au Canon 7 haut de gamme.

Devant ce succès, Canon introduit en 1963 le premier « entrée de gamme » en proposant un modèle encore plus basique, le Canonet Junior. Un boitier plus petit et plus léger, avec un objectif 40 mm f/2.8, un posemètre à cellule au sélénium, mais pas de télémètre.

Puis, en 1965, vint le Canonet QL17, avec un tout nouveau design de boîtier (plus petit et plus léger que le modèle d’origine), mais qui contenait des fonctionnalités avancées comme un posemètre CdS, une exposition automatique à priorité vitesse et la nouvelle fonction de chargement rapide (QL pour quick load) qui simplifiait le film chargement rendant presque impossible l’insertion incorrecte d’une nouvelle bobine.

Ce QL17 était le haut de gamme de la série Canonet et offrait aux photographes un objectif f/1.7 très rapide avec une excellente optique, un posemètre précis et un excellent télémètre pour un prix toujours abordable.

De nombreuses déclinaisons verront le jour autour du Canonet. La dénomination changera en fonction de l’objectif : QL 17 pour le 40mm ouvrant à f1,7, QL 19 celui ouvrant à f1,9, QL 25 pour le même ouvrant à f2,5. Il y eut aussi un f2,8 mais celui-ci perdait le télémètre.

Le succès reste toujours présent et en 1969, les Canonet deviennent des « New Canonet ». Les boitiers sont plus petits et plus légers mais ils gardent leurs excellents objectifs dont le fameux f1,7 en 6 éléments, la fonction QL, le posemètre CdS et l’exposition automatique à priorité vitesse.

Toute la gamme bénéficiait de cette cure d’amaigrissement et, cerise dans le capot, le Canonet 28 recevrait enfin un télémètre contrairement aux modèles précédents qui étaient uniquement à mise au point « à l’échelle » (celle gravée sur le fut) ou au « pifomètre ».

Onze ans après sa sortie, le succès était toujours au rendez-vous, ces appareils comblaient les désirs de bien des photographes. Car si les reflex dominaient le marché pro depuis plus de 10 ans, le besoin de modèles intermédiaires, voire même d’entrée de gamme, commençait à se faire sentir.

Décidément le télémètre allait-il mourir une seconde fois ?

Dans un dernier effort – ou baroud d’honneur ? – Canon améliore encore sa gamme en 1972 : cette fois le haut de gamme de celle-ci s’appelle Canonet G III QL 17. Le G suivit des chiffres romains 3 indique qu’il s’agit de la troisième (et dernière) génération du Canonet.

Si ces beaux appareils restaient très performants et efficaces, ils demandaient un minimum de connaissances et d’investissement de la part du photographe.

Or le photographe lambda veut quelque chose de simple et de – vraiment – facile.

La mise au point automatique, les flashs intégrés sont sur les tables à dessin des grands constructeur : Canon, Minolta, Konica planchent dessus depuis un moment.

Finalement, Konica sera le premier, en 1977, a présenter le premier appareil à mise au point automatique et prise de vue automatisée : ce sera le Konica C 35 AF, AF pour autofocus, un mot qui deviendra une norme.

Canon et Minolta se faisaient coiffer sur le poteau !

En réaction, Canon sortait alors un Canonet qui changeait de nom et devenait le A 35 F, un télémètre toujours manuel mais avec le flash intégré

Fin stratège, Canon appelle son petit dernier A 35 F, histoire d’ajouter un brin de scepticisme chez le client qui a bien intégré que AF voulait dire autofocus !

C’est clairement un appareil destiné à combler une attente car dès 1979, Canon sortira son Canon AF 35 M pour autofocus 35mm motorisé. Celui-ci devrait même être considéré comme le premier vrai autofocus parce que contrairement à celui du Konica dit « passif », le sien était dit « actif ».

En 1978, le Canon A35F est donc l’un des derniers appareils photo télémétriques à mise au point manuelle produits par Canon, basé sur le boîtier Canon Canonet 28, une valeur sure.

Il propose un programme d’exposition automatique, contrôlé par une cellule CdS, un flash automatique intégré (mais qu’il faut sortir manuellement), alimenté indépendamment par une pile AA classique.

Le système de flash est appelé « CATS » (Canon Auto Tuning System) car il mesure l’exposition correcte en fonction de la distance du sujet et de la tension de charge.

De fait, le premier appareil Canon a bénéficier de ce flash électronique intégré a été le Canon A 35 Datelux. Un appareil peu couru et qui offrait simultanément le flash intégré mais aussi une fonction « dateur » généralement réservée à des boitiers haut de gamme, qui permettait d’imprimer la date sur chaque photo prise (utile pour le suivi de chantier, des présentations commerciales, p. ex.)

C’est un appareil à fonctionnement automatique avec un système d’exposition qui présélectionne un couple vitesse/ouverture. L’objectif est un classique 40 mm dont l’ouverture maximale est f/2,8.

Le viseur fournit les informations de parallaxe et d’ouverture. Si la pile d’alimentation du système d’exposition est bonne, en appuyant sur le bouton de test de pile, l’aiguille de la cellule se positionne sur une zone verte.

L’appareil photo est doté d’un objectif Canon de 40 mm à 5 éléments et d’un système AE à programme complet pour des expositions de qualité à chaque fois.

Pour rappel, le Canon A35 F est essentiellement un Canonet 28, partageant son objectif à 5 éléments 40 mm f/2.8, qui gagne un un flash et supprime toutes les commandes manuelles, sauf celle de la mise au point. Il n’existe qu’en livrée noire (tant mieux, c’est celle que je préfère et ça vous évitera des surcoûts comme pour le Canonet QL 17 G III qui frisent les 200€ en noir).

Esthétiquement, le dessus du boitier est un hybride d’ancien (le Canonet 28) et de nouveau avec le flash « popup » manuel qui occupe le quart gauche de l’appareil photo, avec la poignée de rembobinage rabattable à sa droite. J’aime assez ce style de poignée de rembobinage qui, une fois pliée, est presque complètement à plat sur le dessus et, lorsqu’elle est en position de rembobinage, a un bras légèrement plus long pour un rembobinage plus rapide que les autres modèles Canonet précédents.

À droite se trouve un bouton rouge de vérification de la batterie, près du levier d’armement et d’avance du film, avec déclencheur au centre, puis le compteur d’exposition à réinitialisation automatique.

En dessous, vous trouverez le bouton de déverrouillage du rembobinage, la prise de trépied 1/4 ‘et les deux compartiments de batterie. Pour mémoire, le flash utilise une seule pile alcaline AA et le reste de l’appareil photo une pile au mercure 1.35v PX625, heureusement interdite et que l’on peut remplacer par une LR 44.

Derrière se trouve la porte du film qui occupe presque toute la largeur, avec une petite partie restante pour loger la batterie du flash. La porte s’ouvre en appuyant sur le loquet de déverrouillage.

Dans le coin supérieur gauche se trouve l’interrupteur Flash On, qui non seulement fait apparaître le flash, mais commence à le charger. Il faut entre 5 et 8 secondes en fonction de la puissance de la batterie,pour charger le flash.

La chambre est assez classique, toutefois sans la fonction de chargement rapide. Le transport du film se fait de gauche à droite sur une bobine réceptrice fixe et à plusieurs fentes. La plaque de pression est en métal plat, avec un rouleau métallique et des pinces à ressort de l’autre côté pour stabiliser à la fois la bobine et maintenir la planéité du film lors de son transport à travers la chambre.

Ce boitier dispose d’une exposition automatique entièrement programmée qui prend en charge tout le contrôle des vitesses d’obturation et des diaphragmes. Le posemètre CdS n’est pas TTL, mais se trouve dans la bague de filtre de l’objectif, il compense donc automatiquement lorsque des filtres sont fixés à l’appareil photo.

Contrairement au Canonet 28 qui peut fonctionner même sans piles, ici sans elle ,point de salut. Vérifiez donc bien que le compartiment n’est pas oxydé si vosu en trouvez un.

À l’avant, la seule autre commande de l’appareil photo est un retardateur mécanique situé en dessous et à gauche de l’objectif.

Le viseur est celui des Canonet antérieurs avec un viseur principal teinté de bleu vif, avec des lignes de cadre projetées jaunes et des marques d’indication de parallaxe, un patch de télémètre rectangulaire et une échelle d’exposition qui n’affiche que les diaphragmes (sur la droite) .Le viseur est de bonne taille et facile à utiliser, clair et précis.

source : Mike Eckman

La sensibilité de la cellule se règle sur le fut de l’objectif, de 215 à 400 Iso.

Un dernier mot sur le déclencheur, très doux et discret, parfait pour la photo de rue.

S’il faut reconnaître que les appareils qui suivront, avec autofocus et réarmement motorisé vont simplifier la vie de nombre de photographes, ils n’étaient pas (encore) reconnus pour leur discrétion. Essayez un Canon AF 35 M, vous comprendrez …

Celui que j’ai trouvé, sur une brocante, pour une fois était préservé. Une dame âgée venait de décéder et sa fille vendait ce dont elle n’avait plus besoin. Vendu avec son « sac tout prêt », il est en bel état. Heu, l’appareil, pas le sac, qui n’a pas bien résisté au temps qui passe. Il n’est, ma foi, pas indispensable, même s’il protège toujours l’appareil.

Je l’ai sorti délicatement du sac, retourné dans mes mains puis porté à l’œil : la cellule fonctionnait parfaitement et le flash aussi, les vendeurs ayant pris la peine de remplacer les piles. J’ai presque eu scrupule à marchander le prix !

Bref, me voilà avec une espèce de « chainon manquant » puisque j’ai eu l’opportunité d’acquérir en son temps un Canon P, digne représentant,t des « vrais » télémétriques à objectif interchangeable, puis un Canonet QL 17 GIII, un Canonet QL 19 G III, un Canonet 28, un Canon AF 35 M et un Canon AF 35 MII.

Là je pense avoir fait le tour.

Si vous cherchez un appareil télémétrique, que vous réglez encore vous-même, mais bénéficiant d’une cellule précise, cet appareil n’attends que vous.

Pour environ 35€ en bon état, vous trouverez un compagnon fiable et facile, prêt à vous accompagner dans tous vos déplacements. Vous pourriez lui reprocher une ouverture somme toute pas si ridicule que ça (f2,,8) mais dites vous que les films modernes, plus rapides qu’à l’époque, vous offrent la latitude nécessaire pour ne pas rater vos photos

https://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1335476357.jpg
source : collection-appareils.fr, Grenier-Natkin 1979

Petite video d’illustration

Un peu de technique :

Viseur collimaté avec télémètre à coïncidence pour la mise au point.
Objectif de 40mm de focale, F:2,8 (5 éléments en 4 groupes)
Obturateur : vitesses de 1/60 à 1/320 s
Retardateur mécanique.
Armement par levier.
Compteur de vue progressif, remise à zéro automatique à l’ouverture du dos
Manivelle de rembobinage sur le dessus.
Exposition automatique programmée, déterminant l’ouverture et le temps de pose en fonction des conditions d’éclairage et de la distance de prise de vue.
Réglage manuel de la sensibilité de 25 à 400 ISO.
Indications disponibles dans le viseur : à droite de l’image, l’aiguille indique l’ouverture, avec repère de contrôle de la batterie, et secteurs rouges indiquant la surexposition ou sous-exposition.
Source d’énergie : une LR44 et une batterie de 1.5 V AA pour le flash intégré.
L’extraction, la mise en service et le retrait du flash sont manuels (bouton au dos du boîtier)
Le fonctionnement du flash est entièrement automatique avec le système Canon (CATS) qui règle l’ouverture selon la distance de prise de vue et la sensibilité du film.
Dimensions et poids de l’appareil : 122 x 75 x 61 millimètres, 540 g.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Quelques références comme d’habitude : http://35mm-compact.com/compact/canona35f.htm,https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10540-Canon_A35F.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10541.html, https://www.lemondedelaphoto.com/De-Kwanon-a-Canon-un-peu-d,9915.html, https://fr.independent-photo.com/news/a-brief-history-of-canon/ http://ivsb2.free.fr/index-rf.html en français, https://www.mikeeckman.com/2020/11/canon-a35-f-1978/, https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_A35F en anglais

Argentique

Le Petri 35E

Pour une fois, ce petit appareil n’était pas dans une caisse mais bien mis en valeur par son propriétaire, à côté d’un Praktica TL1000 qui fut le premier reflex de ce Monsieur, âgé, qui le vendait néanmoins lors de la Brocante annuelle d’Haine-St-Paul de ce 25 juillet 21.

Il est tout propre, dans son étui et je peux voir que le vendeur en a pris soin.

Bref, petite négociation, pour le plaisir, et j’emporte mon premier Petri.

Dimanche passé, j’avais déjà trouvé un Petri 7, pour lequel je m’étais arrêté sur un stand, mais le pauvre avait dû faire un fameux vol plané car non seulement il portait les stigmates de son atterrissage sur son capot mais, plus triste, le télémètre était complètement de travers.

Pourquoi m’étais-je arrêté pour cette marque ? Parce que je ne la connais pas et vous savez que je suis curieux …

D’ailleurs, pas facile de trouver des infos sur celle-ci, mais je vais essayer de résumer ce que j’ai pu glaner à son sujet.

Il semblerait que la société a été fondée en 1907 par Kuribayashi Yōji , fabriquant des trépieds et des boîtes noires, sous la marque Kuribayashi Seisakusho.

Leur premier appareil serait le Speed Reflex, sorti en 1912. Toutefois d’autre source cite une date de naissance en 1918 pour la fondation de la société et 1922 pour ce premier appareil. Pas facile de s’y retrouver d’autant que l’usine fut détruite lors de la seconde guerre mondiale, bombardée en 1945.

En 1930, changement de nom et la société s’appel désormais Gōshi-gaisha Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho. De 1929 au seuil de la seconde guerre mondiale, elle fabrique de nombreux appareils photos appelés First, distribués par Minagawa Shōten .

Au sortir de cette guerre, en 1949, la société change de statut et devient la K.K. Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho. Elle ne renouvelle pas sa collaboration avec Minagawa et doit dès lors chercher un nouveau nom pour ses appareils, la marque First appartenant in fine au distributeur.

Elle choisit finalement Karoron et Petri. Elle fabriquera des folding 4,5×6 sous ce snoms et un TLR en 6×6 appelé Petriflex.

En fait, son premier appareil 24×36 sort en 1954 (le Petri 35) et son premier reflex en 1959.

Nouveau changement de nom en 1956 puis en 1962 où elle devient la Petri Camera KK.

Et en 1968, elle sort le Petri Color 35, petit appareil très complet, qui serait inspiré du Rollei 35.

Fin de l’histoire en 1977, date de la faillite. Bien qu’elle ait été relancée sous le nom de Petri Kōgyō K.K, elle ne fabrique plus d’appareils photos mais des télescopes.

Pour rester dans la généalogie du Petri Color 35E, commençons par le Petri Color 35, sorti en 1968. C’est un petit appareil avec un viseur et un obturateur à lames. Tous les réglages se font avec trois molettes : une pour la mise au point, près du viseur, et les deux autres, sur le dessus du capot, pour régler la vitesse d’obturation et l’ouverture.

Outre une manivelle de rembobinage repliable, l’obturateur présente des vitesses de 1/15s à 1/250s plus pause B, tandis que les ouvertures de l’objectif vont de f2,8 à f22. La cellule est une CdS couplée et intégrée dans l’objectif, qui nécessite une pile PX675. La cellule est matérialisée dans le viseur par une aiguille.

Puis vint le Petri Color D, au design quasi identique sauf que le fenêtre du viseur est noire et qu’il y a la lettre D marquée sur le corps. Plus intéressant, l’obturateur monte au 1/300s. Quelques modèles portent les mots Color et D en rouge.

Enfin, en 1971, Petri introduit le Color 35E sur le marché. C’est une version simplifiée du Color 35. Ici plus d’aiguille pour la cellule car le 35E possède un programme d’exposition automatique sans aucun contrôle direct, sauf à modifier la vitesse du film. Il n’y a plus qu’un « drapeau rouge » qui apparaît dans la fenêtre du viseur en cas de sous exposition (sous 1/30s). Il utilise un mécanisme à poussoir pour étendre/rétracter l’objectif, un simple mécanisme de rotation de l’objectif pour faire la mise au point, et une manivelle de rembobinage classique.

Voilà, s’il est – relativement – facile de trouver des infos sur les Petri Color 35, en revanche, sur le Petri 35E, j’ai vraiment très peu d’infos à son sujet.

S’il garde le dos escamotable, par contre son objectif ne l’est plus, il est fixe.

Pour le reste, c’est un petit appareil tout automatique, classique des compacts de cette époque.

Il est vraiment petit, guère plus encombrant qu’un Rollei 35 si ce n’est l’objectif qui n’est pas « rentrant » comme nous l’avons écrit plus haut.

La cellule, une CdS est située sur le pourtour de l’objectif, un 40mm ouvrant à f2,8.

Les réglages sont réduits : la distances, la sensibilité de la cellule et … c’est tout ! L’appareil est un tout automatique.

Vous ne verrez rien des réglages choisi par le boitier dans le viseur, juste un « drapeau rouge » qui viendra se placer dans la fenêtre si la luminosité est trop faible (sous la vitesse de 1/.30s), à la manière des Olympus Trip.

Pour les distances, soit des pictogrammes soit des distances (en mètres et en pieds – feet) à régler sur le pourtour de l’objectif, sans renvoi dans le viseur. Ce n’est donc pas un télémétrique. Il y a bien un cadre, avec correction de la parallaxe dans le viseur, pour les photos « rapprochées » mais c’est tout. La distance minimale de mise au point est de 1m jusque l’infini

La sensibilité de la cellule est dans la moyenne des appareils de l’époque, de 25 à 500Iso. Sa position, sur le devant de l’objectif facilite l’utilisation éventuelle d’un filtre.

Les vitesses ne sont pas très larges, mais comme la plupart de ses concurrents de l’époque (je songe à l’Olympus Trip 35) : de 1/15 au 1/200s. Le flash se synchronise au 1/30s.

Ceci étant, vous le glisseriez dans une poche sans soucis, si ce n’était … son poids ! Parce qu’il n’y a quasi pas de plastique ici, que du bon métal, et ça se sent (390gr tout nu).

Ce n’est pas désagréable, mais sa densité étonne au premier abord. Et puis on se dit que ça le rend plus stable en mains, car il s’y glisse sans soucis.

Autre particularité due à sa taille, la pile qui est à l’intérieur de la chambre (tiens, tiens, comme le Rollei 35 !). Ce n’est pas gênant en soi, mais si elle vous lâche en cours de route, il faut terminer le film pour la remplacer. Notez que la pile (une LR 44 classique) ne sert qu’à alimenter la cellule et donc le boitier fonctionne toujours, même sans alimentation.

Encore une particularité, déjà évoquée brièvement : le dos qui s’escamote entièrement. Comme sur un Zorki 4k ou …un Rollei 35 (encore ?!). Comme l’assemblage est très bien fini, pas de soucis de fuite de lumière de ce côté là (on n’est pas chez Holga – de Lomography). C’est vrai que vu la taille de l’appareil, c’est finalement plus facile de remplacer le film comme ça.

L’objectif est un 40mm ouvrant à f2,8, ce qui n’est pas si mal même si nous sommes loin des f1,7 des Yashica Electro 35 ou Minolta Hi-Matic 11, voire du Canonet QL17 G3, d’un autre gabarit, il est vrai.

Voilà, je crois avoir fait le tour de ce petit appareil à la bouille sympathique mais aux infos un peu chiches.

Finalement, c’est un boitier rare mais donc les prix ne devraient pas dépasser 35€, en parfait état. Comparé au prix parfois délirant des Olympus Trip 35 déjà évoqué, si vous en trouvez un, prenez-le.

Quelques références : http://35mm-compact.com/minicompact/petri35e.htm, en français, https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Petri_cameras, en anglais, http://corect.net/pdf/PETRI_Petri35E.pdf en japonais

Argentique

Le Yashica Electro 35

Je ne vais pas refaire un papier complet sur cet appareil, que je vous ai déjà présenté en parlant de l’Electro 35 G et de l’Electro 35 GTN

Juste vous montrer le petit dernier récemment acquis, lui aussi, sur une brocante et qui, pour une fois, n’a pas nécessité de gros travaux de nettoyage, juste un bon rafraîchissement

C’est un Electro 35, premier du nom, apparu en 1966.

C’est donc lui, après la belle gamme des Yashica Lynx, qui va inaugurer ce qui fera le succès de la gamme Electro, pendant près de vingt ans, à savoir :

  • Un obturateur Copal Auto qui assure un automatisme à priorité à l’ouverture dont les vitesses vont de 30 secondes à 1/500eme de manière linéaire. Ceci implique que toutes les vitesses sont possible, pas seulement par fraction, et donc l’exposition est très précise.
  • Un objectif Yashinon DX 45mm ouvert à f 1,7, avec 6 lentilles en 4 groupes. Il reste identique tout au long de la production en dépit de la notation « color » à partir du Yashica Electro 35 G.

Une légère évolution du modèle viendra en 1968 avec le Yashica Electro 35 G qui finalement arborera le mot « color » sur la bague avant de son objectif, sans rien y changer d’autre.

Toujours très bien construit, cet appareil, 55 ans après sa sortie, fonctionne encore sans soucis notable.

Il faut juste pouvoir bricoler un peu pour remplacer les piles au mercure et ce qui fonctionne très bien, c’est une pile CR123 plus 2 LR44 pour réanimer la cellule et l’obturateur électronique. La légère surtension est très bien acceptée par le boitier (6v au lieu de 5,6v).

En effet, contrairement au Yashica Lynx 5000, 5000E, la pile permet le fonctionnement de l’obturateur qui, sans elle, ne déclenche qu’au 1/500s, en dépannage.

Rassurez-vous, l’appareil n’est pas gourmand et vous irez une bonne année avec ces piles, surtout si vous pensez à le remettre sur la position de verrouillage après vous en être servi (la bague autour du déclencheur, à mettre sur L).

Comme j’ai reçu entre temps le Minolta Hi-Matic 11 série 3 circuit, je me suis amusé à vous les présenter côte à côte (dernière photo).

C’est là qu’on s’aperçoit que le Minolta est un peu plus compact (environ 1cm de moins en longueur))

A l’arrière, un petit espace est prévu pour loger un morceau de la boite du film, pour se souvenir de ce qu’on lui a donné à manger.

Les commandes sont toujours onctueuses, étonnement peu bruyantes. Nous pourrions juste lui reprocher que la sensibilité de la cellule ne dépasse pas les 400 Asa mais les films de l’époque n’étaient pas rapides.

Retenons surtout son exceptionnel objectif, un 45mm ouvrant à f1,7, qui vous servira bien si vous l’entrainez dans les rues, où il excelle, non seulement comme « capteur » de vie mais aussi comme moyen de communication si jamais la personne que vous prenez en photo s’en aperçoit : pour l’avoir vécu plus d’une fois, notamment avec le GTN, les personnes prennent le temps de venir voir l’appareil, qui leur rappelle parfois des souvenirs (pour les plus anciens) et parlent alors de la photographie à l’ancienne et sont souvent surprises de voir que quelques uns raniment ces belles machines;.

Alors que les prix des GSN/GTN s’envolent, l’Electro 35 reste dans des prix raisonnables, tout en présentant de beaux arguments qui le rendent encore et toujours compétitif, à commencer par son prix : comptez souvent un peu moins de 50€ pour un exemplaire en très bon état, avec sa sacoche en cuir)

Et s’il vous arrivait d’en trouver un un peu fatigué, voici une video qui devrait vous intéresser :

Argentique

Le Minolta Hi-Matic 11 super 3 circuit

Oui, oui, … oui, Oskar Barnak a révolutionné la photographie en imaginant, vers 1913, l’utilisation d’un film au format réduit, le 24×36.

Et oui, en inventant dans la foulée un appareil éminemment portable, compact, le Ur-Leica, il allait bouleverser la pratique photographique.

Encore oui, dès 1932, le Leica devenait télémétrique (Leica II) et ouvrait des perspectives encore plus intéressantes.

Toujours oui, de 1934 (Leica III) à 1954 (Leica M), le Leica fut copié ou – à tout le moins – il fut « l’inspirateur » de nombreux appareils très proches, surtout en URSS (Fed, Zorki, Mir) et au Japon (tous les grands noms), même s’il faut aussi reconnaître que d’initiales copies ont parfois dépassé le maître en introduisant des améliorations significatives que celui-là n’a intégrées que bien plus tard (une cellule TTL couplée, p. ex.) ou jamais, tel le dos sur charnière d’un Canon P, contemporain du Leica M3.

Oui… mais les constructeurs japonais ont aussi révolutionné l’utilisation du télémétrique en introduisant, vers 1960 le concept du télémétrique à objectif fixe, avec une focale proche de la vison humaine et du rapport idéal du format 24×36 (41.3mm de diagonale), le 40 ou 45 mm offrant des ouvertures rapides de f1,7 ou 1,8, voire 1,9.

Les Yashica Electro, Canonet et Minolta en ont été les maîtres incontesté, aussi en rendant la pratique beaucoup plus abordable au niveau prix et facilité d’utilisation (premiers appareils avec électronique embarquée).

D’accord, j’utilise des raccourcis de l’histoire et j’oublie certainement quelques modèles emblématiques au passage (les Voigtländer p. ex.), mais ce que je veux illustrer par mes propos c’est que l’industrie japonaise a permis un essor fantastique de la pratique photographique, en proposant des appareils robustes et d’excellente qualité mécanique et optique.

Il ne faut pas oublier non plus l’apport inestimable de l’industrie de l’URSS, qui a quand même produit le plus grand nombre de boitiers télémétriques au monde avec ses Zorki, Fed, Contax/Kiev, rendant la pratique encore plus accessible, avec des appareils qui ne déméritaient pas quoiqu’ils soient parfois plus frustres que leurs inspirateurs.

Je vous ai déjà présenté, dans cet esprit le Canonet QL17 GIII, le Yashica Electro 35 G, le Yashica Electro 35 GTN,, le Zorki 4K, les Fed. En cherchant bien, vous en trouverez encore plein d’autres sur le site, pour dénicher celui qui vous fera franchir le pas (n’ayez pas peur de parcourir la rubrique « télémétriques »).

Alors, venons en à notre beau Minolta Hi-Matic 11 super 3 circuit … quoique je vais encore faire quelques détours …

Vous le savez, Minolta fut prolifique en matière de boitiers, de tout style et de qualité, pas avare en innovations non plus. De fait, le nom « Hi-Matic » regroupe une longue série d’appareils dont le premier fut présenté en 1962.

Il a été le premier boitier Minolta à proposer l’exposition automatique et fut vendu sous son autre nom, Ansco Autoset, l’appareil qui accompagna John Glenn en 1962 autour de la Terre.

N’en déplaise aux esprit chagrins, il n’y eut pas que Hasselblad et Nikon à s’envoyer en l’air !

Ce premier Hi-Matic offrait un objectif 45mm f2 ou f2,8 avec un télémètre et un posemètre au sélénium intégré. La vitesse et l’ouverture étaient réglées automatiquement.

Puis, en 1963, Minolta proposait un Hi-Matic 7. Son objectif était plus lumineux (f1,8) et il avait une cellule CdS, plus précise que celle au sélénium, même si dès lors il fallait envisager une pile:.

Contrairement au premier Hi-Matic, le photographe avait la possibilité de régler l’exposition manuellement ou de rester en automatique.

Ensuite, en 1966, Minolta propose un Hi-Matic 7s et un Hi-Matic 9. Tous deux des versions encore améliorées du 7 devenu très populaire.

Par exemple, le 7s était équipé du système de mesure CLC (pour Contrast Light Compensator), c.-à-d. un système composé de deux cellules CdS connectées en série, pour offrir de meilleurs résultats dans les cas de conditions d’éclairage contrastés. Il optait aussi pour une griffe flash synchronisée (contact central).

Le Hi-Matic 9 était identique au 7s hormis son optique, un chouia plus lumineuse puisque ouvrant à f1,7, gagnait des vitesses de 1/2s et 1s en plus et optait pour le système de flash Easy-Flash destiné à simplifier la prise de vue avec cet accessoire.

Enfin venait le Hi-Matic 11 en 1969. Basé sur le 9, il gagnait l’automatisme avec une priorité à l’ouverture et l’affichage de la vitesse dans le viseur.

Pour en terminer avec la série, sachez que toujours en 1969, Minolta sortait un Hi-Matic C pour compact, équipé d’un objectif repliable de 40mm ouvrant à f2,7,qui perdait quelques vitesses mais surtout le télémètre. Il bénéficiait de l’exposition automatique avec priorité à l’ouverture et sa cellule était au CdS.

Cette année 1969 verra encore la sortie d’un Hi-Matic 5, en fait un C mais sans son optique escamotable.

En 1971, on reprend le C mais Minolta l’améliore en lui confiant une optique de 40mm ouvrant à f1,7, en remettant le télémètre en place et – surtout – il le dote du système électronique Electro Control identique à celui des Yashica Electro. Ce sera le Hi-Matic E.

S’ensuit une série d’appareils moins sophistiqués et bon marché, tels le Hi-Matic F (1972), le Hi-Matic G (1974 et le Hi-Matic G2 (1982). Ces appareils perdent le bénéfice du Electro Control (dès le modèle F) pour un système plus simple mais un peu moins performant.

Arrêtons-nous quand même sur le Hi-Matic 7s II, apparu en 1977 et qui sera considéré comme l’un des meilleurs de la série notamment par son objectif 40mm ouvrant à f1,7, son exposition automatique à priorité vitesse, sa commande manuelle, le tout dans un boitier toujours compact.

Le dernier Hi-Matic sera le GF, sorti en 1984, cette fois tout en plastique (fichues années quatre-vingt ! ), avec un objectif de 38mm ouvrant à f4, avec 3 ouvertures prédéfinies désignées par des pictogrammes pour soleil – nuageux – très nuageux. La mise au point était aussi simplifiée à l’extrême avec 4 positions allant de 1m à l’infini… Horreur et décadence !

En résumé, le Minolta Hi-Matic 11 super 3 circuit est donc un Hi-Matic 9 amélioré, qui était lui-même un Hi-Matic 7s amélioré … ça va, vous suivez toujours ?

Techniquement, il propose :

  • un objectif Rokkor de 45mm ouvrant à f1,7
  • 3 automatismes : tout auto (programmé) – priorité à la vitesse – automatisme au flash
  • disparition du contrôle manuel … sauf pour le flash
  • cadre collimaté avec correction automatique de la parallaxe
  • télémètre à coïncidence d’images
  • renvoi dans le viseur (jeu de miroir) du type d’automatisme choisi
  • mais pas d’indications en « mode programme » dans le viseur ( vitesse, ouverture ?)
  • obturateur Seiko avec des vitesses de 1s au 1/500s
  • obturateur mécanique
  • la pile ne sert qu’à alimenter la cellule et son calculateur
  • Le système CLC, deux cellules au CdS pour plus de précision

Si je devais le classer dans mon petit palmarès des beaux télémétriques à objectif fixe, il serait accompagné du Canonet QL 17 G III, du Yashica Electro 35 GTN, du Minolta Hi-Matic 7s II, du Yashica Electro 35 GX (un peu plus compact)

C’est vraiment un bel appareil. Vous ne pourrez pas le glisser dans une poche, à moins qu’elle fut grande et solide (il fait quand même 720 gr tout nu) mais il vous accompagnera partout avec une bonne sangle confortable.

Le manipuler procure un plaisir rare, celui de toucher un objet construit pour durer autre chose qu’un bref été. 52 ans après sa sortie, il fonctionne toujours impeccablement.

L’exemplaire que j’ai acquis était en outre accompagné de son « sac tout près » en cuir. Seule la pression pour le fermer à l’arrière est abîmée.

Son esthétique est équilibrée, son maniement facile : le déclencheur, un peu long, est très doux et silencieux; les autres commandes sont sur l’objectif, comme le retardateur, l’ouverture, la distance.

A ce sujet, si j’ai bien un regret, c’est que cet objectif, excellent au demeurant, ne porte pas une bague « rapide » pour le réglage des distances, comme sur le Yashica ou le Canonet. Notez qu’on peut y remédier facilement mais les ingénieurs auraient pu y porter plus d’attention.

Si vous regardez bien, le sigle CLC est sur le devant de l’objectif, à côté de la cellule, ce qui autorise la mise en place d’un filtre, dont il sera tenu compte lors de l’exposition.

Pour activer la cellule, une pile LR44, avec éventuellement un adaptateur, ou une WeinCell pour être au plus près de la tension d’origine (1,35v), mais comme le Yashica Electro 35, le calibrage de la cellule n’est pas affecté par une légère sur tension (heureusement, les piles au mercure n’existent plus). Pour vérifier la tension de la pile, il faut amener le repère, un petit carré sur la bague de vitesse, en face du mot « check » et regarder dans le viseur, l’aiguille de la cellule se mettra en face de la position flash. Le « négatif » de la pile se met sur le dessus, c.-à-d. face au bouchon à viser.

Le viseur est clair et les marques du cadre sont bien visibles. Le patch pour effectuer la coïncidence d’image un peu moins mais on y trouve rapidement ses marques. Et, en photo de rue, où il excelle, vous pouvez toujours utiliser le zone focus pour prédéterminer la zone de prise de vue.

Des photos en soirée ou par temps plus gris ne lui font pas peur, grâce à la belle ouverture proposée par le Rokkor.

Pas de soucis pour le charger non plus, il suffit de glisser l’amorce dans la large fente du tambour de la bobine réceptrice, en n’oubliant pas ensuite de noter la bonne sensibilité du film. Un témoin apparait pour indiquer si le film est bien accroché et chargé.

A noter que pour ouvrir le dos de l’appareil, ce qui traduit un peu son âge, comme les premiers Electro 35, c’est un loquet qu’il faut dégager et pas en tirant sur la bobine de rembobinage

La sensibilité du film se règle sur le fut de l’objectif, avec une sensibilité de 25 à 500 Asa, tout à fait dans la norme de ces époques où les films n’étaient pas encore très sensibles (il faudra attendre 1976 pour bénéficier d’un film couleur rapide – FUJICOLOR F-II 400 ISO – et 1984 pour atteindre le 1600Iso en couleur – toujours chez Fujifilm)

C’est un appareil qui fonctionne soit en tout automatique, si vous faites coïncider la marque AA sur l’objectif avec le repère, soit en semi-automatique si vous réglez la vitesse, auquel cas, il règle lui-même le diaphragme.

Pour le flash, vous devez mettre le repère sur le sigle flash et vous pouvez régler la puissance du flash en indiquant sur l’objectif la distance du sujet.

Bon, vous l’aurez compris, ce boitier m’a charmé et j’espère vous avoir donné l’envie de le découvrir aussi.

Ce n’est pas un appareil rare même s’il est peu courant. Vous devriez pouvoir le trouver aux alentours des 50€ en très bon état. Il est moins couru que le Canonet QL17 G III ou le Yashica Electro 35 GTN (qui atteignent des prix complètement dingues) et pourtant il offre peu ou prou les mêmes agréments.

http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1276289054.jpg
source : Collection-appareils, Flash 1971,

Petite video d’illustration

Le mode d’emploi est par LA

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_Hi-Matic_11,, https://thiscreativemidlife.com/minolta-hi-matic-11/,, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Hi-Matic_11 en anglais, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1629-Minolta_Hi-Matic%2011.html, http://www.minolta.suaudeau.eu/appareils/135/telemetriques/minolta_Hi-matic_11.html en français

Argentique

Le Yashica Electro 35 G

Les Electro 35 fascinent encore et toujours. Si leur porte drapeau fut le Yashica Electro 35 GTN, celui que je vais vous présenter est celui qui a ouvert la voie.

Pour mémoire, le modèle original Yashica Electro 35 a été introduit en 1966. On peut le qualifier de « compact » mais n’espérez pas le glisser dans une poche, à moins qu’elle fut grande et solide car l’appareil fait son poids et ce n’est pas un Rollei 35 !

Cet appareil photo dispose d’un système d’exposition automatique à priorité ouverture, alimenté par une pile initialement au mercure, une TR164 de 5,6v.

Etant donné la vitesse des films de l’époque, la plage ASA va de 12 à 400. On règle cette vitesse (pour le système de contrôle d’exposition automatique) grâce un cadran qui présente à la fois les réglages ASA et DIN.

Mais l’innovation majeure de Yashica fut un obturateur automatique unique et entièrement électronique, dont la vitesse est contrôlée par un électro-aimant. Cela a donné naissance à la désignation de modèle « Electro ». .

On détermine l’exposition correcte en tournant la bague des ouvertures jusqu’à ce que ni les lampes rouge ni orange ne soient allumées. Celles-ci sont visibles à la fois sur le dessus de l’appareil photo et dans le viseur. Si la lampe jaune s’allume, vous serez dans un temps d’exposition long qui demandera un trépied ou un appuis. La lampe rouge vous averti de la surexposition. Les lampes telles qu’elles apparaissent dans le viseur sont rondes. Elles prendront la forme de flèches dans les modèles ultérieurs.

Un objectif rapide, une cellule précise, un automatisme confortable ont fait de cet appareil un énorme succès commercial.

Dès lors, en 1968, Yashica a introduit un nouveau modèle, le Electro .35 G (pour « grade up »). Si son esthétique a été légèrement modifiée pour le rendre « plus moderne », le fabuleux Yashinon ouvrant à f1,7 est resté, en arborant maintenant la désignation Yashinon Color, qui n’avait d’autre but que de rassurer les clients sur le fait que cet objectif était apte pour l’utilisation des films couleurs, en pleine explosion. Les Yashinon étaient déjà traité pour assurer la meilleure colorimétrie et le meilleur rendu, mais le fait de le noter avait surtout un poids psychologique et … marketing assumé !

L’objectif n’a subit d’autre modification interne que celle de son engrenage de mise au point, rendu encore plus efficace.

Le modèle Electro G originel était en version chromée satinée. En 1969, une version noire fit son apparition sous le nom de Electro GT. Il était livré avec un pare-soleil exclusif censé bloquer l’appareil sur la position Auto. Même s’il n’y a pas de blocage mécanique à proprement parler, l’emploi du pare-soleil rend quasi impossible tout réglage, laissant de facto le boitier sur la position Auto.

L’ergonomie a été bien pensée et s’il faut actionner un verrou pour ouvrir la porte arrière, son dessin spécifique permet de l’ouvrir très facilement.

Le viseur de l’Electro 35 G s’ajuste pendant le réglage pour compenser la parallaxe et le patch, en forme de diamant jaune, est bien visible. Le télémètre est entièrement couplé aux déplacements de l’optique.

Lorsque vous effectuez une mise au point rapprochée, les lignes du viseur se déplacent pour compenser la parallaxe, ce qui est bien pratique en photo de portrait ou pour de petits objets..

Une légère modification interviendra dans le modèle : la tirette pour ouvrir la porte arrière sera abandonnée au profit de la classique molette de rembobinage que l’on soulève pour provoquer l’ouverture.

Une prise flash est prévue pour recevoir un flash avec câble de raccordement PC (connecteur spécifique). Une griffe porte flash est installée sur le capot de l’appareil mais sans contact.

L’échelle des ASA va de 12 à 500, les films couleurs devenant plus sensibles.

La cellule doit donc être alimentée par une pile, ce qui n’empêche par l’appareil de fonctionner sans, mais à la vitesse de 1/500sec fixe alors. Un petit bouton pour vérifier la charge de la batterie est installé sur une plaquette à l’arrière. Une lampe verte s’allume ensuite dans le compteur de vue.

Finalement, en 1970, l’Electro 35 G sera suivi d’un Electro 35 GS, puis d’un GSN, etc (voir l’article sur l‘Electgro 35 GTN).

Il restera une référence dans la série des Electro 35 qui en fait encore et toujours un appareil très agréable d’emploi, facile et d’excellente qualité. Moins cher en occasion que son petit fils, il est une excellente affaire si vous voulez vous initier au télémétrique à objectif fixe.

Sachez que l’optique de 45mm est le rapport le plus proche de la diagonale du film 24×36, soit 41,3mm. C’est aussi celle qui se rapproche le plus de la visée humaine, le 35mm étant plus large et le 50mm plus étroit.

Il fait partie des « Gold Mechanica » avec son G doré, qui atteste que les contacts internes sont dorés à l’or fin, pour assurer de meilleurs contacts électriques et les garantir de l’oxydation.

Si la pile TR 164 n’existe plus – et heureusement, elle contenait du mercure ! – vous pouvez la remplacer par un petit bricolage qui vous donner du 6v, mais parfaitement « encaissé » par la cellule : une CR123 à laquelle vous ajoutez 2 LR44. Cela fonctionne très bien et vous coûtera bien moins cher que certains adaptateurs vendus près de 10€ ! La cellule est une CdS très performante.

Rappelez-vous c’est un appareil avec un obturateur électronique qui permet des vitesses de 1/500ème à 30 secondes,  et un fonctionnement semi automatique (priorité ouverture) non débrayable. Quoique la position flash 1/30s ou la pause B puissent être considérées comme des modes manuels, restreints il est vrai.

Je reviens encore un instant sur son système semi-automatique de priorité à l’ouverture : vous choisissez uniquement l’ouverture et l’appareil règle automatiquement la vitesse ce qui rend le fonctionnement de l’Electro 35 vraiment enfantin. Et redoutable en photo de rue, même en soirée, à main levée, grâce à son ouverture de f1,7.

Concrètement, comment ça marche ?

Vous choisissez avec la bague de l’objectif l’ouverture désirée, vous visez, et vous appuyez sur le déclencheur … c’est tout !

Ce qui peut être déconcertant, c’est que si tout est bon, vous ne verrez rien se passer sauf à entendre le léger clic du déclencheur.

Par contre, si l’ouverture que vous avez choisie est trop faible ou trop grande et que l’appareil ne peut pas compenser l’ouverture par un temps d’exposition adéquat, soit la diode jaune « slow » (lent) ou rouge »over » (au delà) s’allumera dans le viseur et sur le capot.

Donc, lumière jaune = ouverture trop petite (donc un « f » grand, f11 par ex.) : l’appareil passe sous le 1/30sec et le risque de flou de bougé est important. Il vous faut ouvrir plus grand ( un « f » plus petit, f2.8 par ex.)

Si la lumière est rouge = risque de sur-exposition (un « f » trop petit, f1.7 par ex.) et là vous devrez diminuer la lumière qui entre dans l’objectif en fermant le diaphragme (passer de f1,7 à f11 par ex.).

L'ouverture choisie ici est trop petite (grand F/) et l'appareil doit donc choisir une vitesse trop lente ("slow"), ce qui générera du flou.

La limitation de la vitesse à 1/500sec vous obligera à utiliser des films lents pour les journées ensoleillées mais – avec un film « normal » de 200 Asa – dès le crépuscule, il est royal.

Il est conseillé de ne pas descendre sous le 1/60 sec à main levée, pour éviter les flous de bougés. Et si vous deviez travailler au 1/30sec, ayez un trépied ou – au pire – une assisse solide.

Un petit truc que j’ai relevé sur le site « 35mm ethnochraphy » : … On ne peut pas choisir sa vitesse mais il y a cependant une astuce si on veut régler la vitesse et non l’ouverture. Il faut fermer le diaphragme jusqu’à ce que « slow » apparaissent dans le viseur, ça signifie que l’obturateur s’est réglé à 1/15s. En ouvrant d’un cran, il passe à 1/30s. Deux crans, 1/60s. Et ainsi de suite. Si vous voulez faire un filé sportif avec un arrière plan flou, par exemple, il faudra donc ouvrir en conséquence (ne pas trop ouvrir pour que l’obturateur soit relativement lent) ».

Bon marché et facile, je pense pouvoir dire que c’est l’un des meilleurs compacts d’initiation au genre télémétrique.

Au niveau des prix, les GSN/GTN atteignent des prix fous (et c’est dommage). Par contre, un Electro 35 G se négocie encore autour des 30€- ce qui est très bien.

Si vous en voyez un sur un site de vente ou sur une brocante, vérifiez comme toujours si la trappe des piles n’est pas oxydées, si l’objectif est fluide, s’il arme et déclenche (même sans pile, rappelez-vous mais limité au 1/500sec), si le loquet d’ouverture du dos fonctionne, ou la molette de rembobinage (selon les modèles) et si la porte arrière n’est pas gauchie (risque de fuite de lumière).

Si tout est OK, faites vous plaisir, c’est un excellent investissement et – surtout – un excellent compagnon.

source : :Collections-appareil, Alpha 1969.

Pour mémoire, les caractéristiques :

  • Obturateur Copal Auto qui assure un automatisme à priorité à l’ouverture
  • Vitesses de 30 secondes à 1/500eme de manière linéaire (ce qui veut dire que toutes les vitesses sont possible, pas seulement par fraction, l’exposition est donc très précise).
  • Objectif Yashinon DX 45mm ouvrant à f1,7, avec 6 lentilles en 4 groupes.  

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est ICI (il s’agit de l’Electro 35 premier du nom mais il est plus proche du G qu’un GS ou un GTN)

Et si vous deviez faire quelques travaux

Les références (toutes celles de l’article sur l’Electro 35 GTN, plus) : http://www.yashica-guy.com/document/chrono.html en anglais, https://35mmethnography.wordpress.com/2014/12/15/le-yashica-electro-35-g/, http://rangefinder.free.fr/Electro35GSN.html en français

Argentique

Le Yashica Electro 35 GTN

Décidément, il fascine toujours autant ce bel appareil sorti en 1975 et que, personnellement, je trouve splendide dans sa belle robe noire, quasi tout en bon métal bien costaud, qui sait se patiner avec élégance …

J’ai déjà touché un mot de ces merveilleux appareils, dans les articles que vous trouverez ICI et LA.

Mais je voulais y revenir, un peu frustré de n’avoir, me semblait-il, pas été au bout. Je vais donc tenter de corriger et reprendre le fil.

Même si je ne reviens pas sur l’histoire de la marque, que vous trouverez à l’article sur le très beau Yashica FR-1, j’estime utile de rappeler qu’en décembre 1965, Yashica présentait le premier télémétrique à commande électronique du monde, l’Electro 35, qui sera décliné en plusieurs variantes pour arriver au chiffre extraordinaire de 8 millions d’exemplaires vendus.

Petite griffe en passant : 8 millions d’exemplaires n’en font pas des appareils rares, quelle que soit leur déclinaison et donc rien ne justifie les prix ahurissants de ces derniers mois.

Bon, reprenons notre historique : en 1958 le fabricant sort son premier Yashica 35, suivit en 1959 d’un Yashica YL, lui-même suivit par un Yashica M, ou Minister, en 1960, qui sera une gamme à part entière.

La genèse se complique un peu avec l’apparition, toujours en 1960, d’un Yashica Lynx 1000, qui possède un posemètre au sélénium couplé cette fois (le précédant avait une cellule non couplée). Puis vint un Lynx 5000 en 1962, un fabuleux Yashica Lynx 14 en 1965 (cellule au CdS et surtout une optique de 45mm ouvrant à f1,4 – vous avez bien lu).

Enfin, pour en terminer avec cette gamme d’exception, plutôt destinée aux experts, en 1969 sortiront un Lynx 5000E et un Lynx 14E avec cellule à circuit intégré et des flèches dans le viseur pour ajuster l’exposition, mais sans automatisme..

Des flèches dans le viseur, comme un certain Electro 35, sortit lui en 1966.

Cette gamme va s’étoffer sur les vingt ans de son existence, mais nous pouvons retenir les grandes lignes qui ont fait sont succès :

  • Un obturateur Copal Auto qui assure un automatisme à priorité à l’ouverture dont les vitesses vont de 30 secondes à 1/500eme de manière linéaire. Ceci implique que toutes les vitesses sont possible, pas seulement par fraction, et donc l’exposition est très précise.
  • Un objectif Yashinon DX 45mm ouvert à f 1,7, avec 6 lentilles en 4 groupes. Il reste identique tout au long de la production en dépit de la notation « color » à partir du Yashica Electro 35 G.

Donc, en 1966 apparait le Yashica Electro 35, premier du nom. Une légère évolution du modèle viendra en 1968 avec le Yashica Electro 35 G qui finalement arborera le mot « color » sur la bague avant de son objectif, sans rien y changer d’autre.

Enfin si, au fil de l’évolution du Electro 35G, le dos du modèle va évoluer, passant d’une ouverture par tirette en bas de la semelle à celle plus classique en tirant sur la molette de la bobine de rembobinage.

La version « pro » de cet appareil devient noire et s’appelle Yashica Electro 35 Professionnal, le noir faisant sérieux … pour l’anecdote. Retenons surtout que la cellule de cet appareil montait jusqu’à 1000 Asa contre 500 pour les modèles 35 et 35G.

En 1969 sort la version Electro 35 GS, qui reprend le réglage de la sensibilité à 1000 Asa du modèle « professionnel ». La version noire s’appellera Electro GT.

Dès ce modèle, les Yashica Electro 35 seront assemblés aussi à Hong-Kong et non plus seulement au Japon. Les petits malins qui aiment trouver des excuses pour faire monter les prix profitent de ce dédoublement géographique bien que l’assemblage fait au japon et Hong-Kong fut rigoureusement identique ! Ne vous laissez par embobiner à ce sujet.

C’est donc en 1975 qu’apparait l’Electro 35 GSN et sa version noire, l’Electro 35 GTN. Il porte dorénavant une griffe porte-flash avec contact central.

Soyons clairs : l’Electro 35 GSN et l’Electro 35 GTN sont identiques. Le premier est en livrée chromée et noire, le second est tout noir parce que destiné au « pro ». Mécaniquement et électroniquement, rien ne change.

Citons encore, dans la gamme en 1970, l’Electro 35 CC, plus compact avec un objectif 35mm ouvrant à f1.8, qui deviendra en 1973 l’Electro CCN, suivi en 1975 par l’Electro MG-1, puis enfin, l’Electro 35 GX, tout aussi compact, équipé lui d’un 40mm ouvrant à f1.7, une petite merveille aussi, mais c’est une autre histoire !

Pour mémoire, une des innovations majeures de Yashica fut son obturateur Copal entièrement électronique dont la vitesse est contrôlée par un électro-aimant. C’est qui a donné la dénomination Electro de la gamme.

C’est un obturateur à lames, silencieux (5 lames). Il atteint le 1/500 seconde au plus rapide et peut fournir des vitesses d’obturation jusqu’à quatre minutes à f/16 au plus lent.

Ah oui, un obturateur à lames a encore un autre avantage, celui de se synchroniser à toutes les vitesses lors de l’utilisation d’un flash électronique.

Le diaphragme est placé non pas dans l’appareil mais dans l’objectif, ce qui diminue quasi complétement les vibrations, déjà de part la conception avec des lames puisqu’il a un déplacement centripète et non pas linéaire comme les obturateurs à plan focal (horizontal ou vertical)

Pour la petite histoire, il faut savoir que cette technologie était partagée par des appareils … Polaroïd Land ! Ainsi, le Polaroïd Land 120, présenté en 1960, était fabriqué au Japon par Yashica.

Pour régler l’exposition correcte, il faut tourner la bague des ouvertures jusqu’à ce qui ni la lampe rouge, ni la lampe orange ne s’allument. Ces lampes sont visibles à la fois dans le viseur et sur le capot supérieur. A côté de celles-là, une flèche indique même dans quel sens tourner la bague pour obtenir l’exposition correcte.

Si le temps d’exposition risque d’être long (= risque de flou de bougé), la lampe orange s’allume, vous signalant qu’un bon point d’appui est nécessaire (un trépied, un mur où vous adosser, …).

De même, vous pouvez vérifier l’état de la pile en appuyant sur un petit bouton rouge, à l’arrière du boitier. Une lampe verte s’allume alors dans le compartiment du compteur de vue.

Rappelez-vous, ces appareils embarquent de l’électronique dès 1965 et sur la troisième génération d’Electro 35 (1970, avec l’Electro 35 GS ou GT en noir), tous les contacts électriques sont plaqués or pour augmenter l’efficacité du flux de courant et pour empêcher la formation d’oxydation. Ils ont ainsi été surnommés les « Gold Mechanica ». Le G est couleur or et le symbole atomique aussi alors que les autres inscriptions sont en argenté.

Le déclencheur est fileté, pour accepter, le cas échéant, un déclencheur souple. L’appareil possède encore un retardateur d’environ 8 secondes. Notons encore que le déclenchement est franc, très doux et peu bruyant, tout comme le ré armement.

Ça va faire grincer des dents, mais il est plus silencieux qu’un Leica M6 par exemple !

Il y a une position de blocage du déclencheur, qui permet d’armer l’appareil et de le transporter sans risque de déclenchement intempestif.

Un mot de nouveau à propos de l’objectif : un magnifique Yashinon DX ouvrant à f1,7 construit avec 6 éléments en 4 groupes, muni d’un filetage pour accepter des filtres en 55mm et d’autres accessoires. Cette objectif a subi un traitement spécial pour atténuer le flare et augmenter le rendu. Pour rassurer les clients qui utilisaient de plus en plus des films couleurs, Yashica a ajouté le mot « color » sur l’objectif à partir de l’Electro 35 GT

Il est muni d’une bague de mise au point confortable et une échelle de profondeur de champ. La distance de mise au point minimale est de 0,8 mètre. Il possède un sélecteur de mode pour basculer sur le mode de priorité à l’ouverture automatique, le mode bulb et le mode de synchronisation du flash.

Pourquoi un 45mm ? Un objectif « normal » est défini comme ayant une distance focale égale à la diagonale du film, qui est de 43,2 mm sur un film 35 mm. Ainsi, tout ce qui va de 40 mm à 45 mm est normal, les objectifs 35 mm étant un peu larges et les objectifs 50 mm un peu étroits.

Encore un point important à souligner, le viseur, qui s’adapte pour compenser la parallaxe lorsque l’on tourne la bague de mise au point. Très clair, il permet de faire la mise au point même par faible luminosité. Un vrai confort d’utilisation.

Pour la quatrième génération, celles des Electro 35 GSN et GTN (apparus en 1973), s’ils étaient similaires à la génération précédente, ils ont finalement reçu un sabot avec une prise flash et un contact central, quoiqu’ils aient gardé la prise PC pour une rallonge flash.

Tiens au fait, on parle toujours de PC pour Connecteur Photo-Flash. Le terme « PC » vient de Prontor Compur, le célèbre fabricant d’obturateurs allemands qui a le premier introduit ce connecteur, qui est devenu une norme dans l’industrie photographique.

L’Electro 35 GTN était le porte drapeau de la gamme, avec une amélioration de la sensibilité de la cellule, poussée à 1000 Asa et toujours ces fabuleux obturateur électronique et objectif ouvrant à f1,7

Que dire encore de cet appareil ?

Ah oui, la pile pour alimenter la cellule, initialement au mercure, était une TR 164 qui n’existe plus. Le voltage de 5,4v est compliqué a retrouver mais l’électronique, encore balbutiante, autorise un léger « survoltage » sans répercussions notables sur la précision de la cellule.

Mais il faut un peu « bricoler ». Personnellement, j’utilise une CR123 à laquelle j’ajoute deux LR44. J’ai un voltage de 6v mais ça fonctionne parfaitement bien.

L’appareil n’a pas de mode manuel. Vous serez en mode priorité à l’ouverture la plupart du temps. Vous réglez l’ouverture sur l’objectif et l’appareil photo sélectionne automatiquement la vitesse d’obturation en fonction de l’ouverture, de la lecture du compteur et du réglage Asa. Ou vous optez pour le mode A et le Yashica fait tout le travail (sauf la mise au point, l’autofocus sera pour plus tard, hien !) et il le fait très bien …

Hmm … quand j’écrivais « pas de mode manuel », il y en a pourtant un mais limité au 1/30s, celui de la synchro flash, ou la position B (Bulb).

Si vous deviez tomber en panne de piles, le Yashica déclenche toujours, au 1/500s.

N’oublions pas qu’il s’agit d’un appareil télémétrique. Celui-ci est clair, avec un patch de mise au point en diamant au centre du viseur (en jaune). Les lignes de guidage du 45mm sont lumineuses et le grossissement du viseur est de 0,8 fois.

Si le soucis majeur des anciens télémètres est de ne pas voir exactement ce que l’on vise, en raison de la faible distance entre la fenêtre du télémètre et l’objectif, ici, le télémètre du GTN est non seulement entièrement couplé (c’est-à-dire que la mise au point du télémètre focalise l’objectif), mais il dispose également d’une compensation de parallaxe intégrée. Avec le Yashica, au fur et à mesure que vous vous rapprochez, le quadrillage du viseur se déplace en fait pour compenser la quantité de parallaxe. Ce qui, vous en conviendrez, améliore vraiment la qualité de prise de vue.

La cellule est une CdS, placée au dessus de l’objectif, à droite du télémètre, non TTL. Le voyant rouge OVER signifie que vous êtes à 1/500 seconde ou plus. Le voyant jaune SLOW signifie que vous êtes au 1/30 ou plus lent… bloquez votre respiration si vous êtes à main levée !

En cas de contre-jour, vous devrez jouer avec le sélecteur des Asa, voire ajouter un filtre pour compenser car il n’y a pas encore de verrouillage de l’exposition (AE).

Autre point utile à savoir avec cette cellule qui n’est pas montée sur l’objectif, en cas de filtre (pour rappel, diamètre 55mm), il faut que vous compensiez sur la grille des Asa car la cellule ne peut pas « voir » le filtre.

Tous les réglages se font, in fine, sur l’objectif : la distance, bien évidemment mais aussi le retardateur, une petite tirette que vous poussez et qui se déclenche lors que vous appuyez sur le déclencheur; l’ouverture qui va, rappelons-le, de f1,7 à f16, doublée de symboles qui vont du grand soleil (f16) vers le « nuageux » (f4) à gris (f1,7) pour ceux qui hésiteraient encore où, à l’époque, venaient d’appareils mon « sophistiqués » et qui utilisaient ces pictogrammes pour se repérer; enfin, les trois derniers repères sont la position du flash, de la pause B et de l’automatisme (A).

Hormis la bague des distances, très fluide, le reste est à « crans » bien marqués, qui ne se dérèglent pas sans effort (en gros, il faut vraiment le vouloir pour que les données changent, elles ne le font pas toutes seules).

L’appareil que j’ai racheté pour faire cet article m’a été livré avec son étuis et sa sangle d’origine. Autant le « sac » d’un Electro 35 G est en cuir, celui-ci est en plastique mais 40 ans plus tard, toujours vaillant et en parfait état. La lanière est à minima, même si un réglable de la longueur est possible et vu le poids de l’engin, elle n’est pas très agréable en fin de journée si vous le portez autour du cou.

A remplacer par une de meilleure qualité en usage intensif, par exemple en photo de rue, où il excelle.

D’abord, rappelez-vous, il est très silencieux, ce qui est toujours en avantage pour ne pas se faire remarquer. Ensuite, son objectif très lumineux possède une table de profondeur de champ, toujours très agréable pour fonctionner en « zone focus » (prédétermination de la zone à photographier) même si son télémètre est très rapide et confortable. Enfin, son look intrigue ceux que vous avez capté et s’ils vous ont vu, bien souvent ils parleront avec vous de cette belle machine, qui leur rappelle quelque chose et vous voilà parti pour parler photographie argentique, au point qu’ils oublieront souvent qu’ils sont dans la boite ! (expériences vécues sur les marchés, notamment en Alsace, ou dans la rue, à Mons).

Bref, tout serait il parfait au pays du Yashica Eloectro 35 GTN ?

-« Ah mon bon monsieur, ma bonne dame, la perfection, ça n’existe pas ! »

En effet, outre – parfois – la difficulté (toute relative) à y mettre une bonne combinaison de piles neuves, il y a un autre soucis plus grave, surnommé « le tampon de la mort ».

Brrr … triste surnom d’un petit morceau de caoutchouc qui peut vous pourrir la vie en perdant la sienne …

De quoi s’agit-il en fait ?

C’est un petit tampon qui se trouve sous le bouton du déclencheur, qui avec le temps et surtout le fait que l’appareil n’ait pas été entreposé dans de bonnes conditions, se dégrade. Lorsqu’il est mort, impossible de déclencher et l’appareil ne répond plus.

Mais je vous livre ici une série de vidéo très bien faites qui vous permettront de sauver votre appareil car il en faut plus, bien plus, pour « tuer » un Yashica Electro 35.

Juste être minutieux, calme et prendre le temps de le faire consciencieusement …

Donc, si vous trouvez un dont le compartiment de pile n’est pas oxydé mais qui ne déclenche plus, il s’agit peut-être de ce soucis. Négociez pour l’avoir à un prix le plus bas possible (finalement, il ne fonctionne pas cet appareil !) et dites-vous que vous pourrez vraisemblablement le ramener à la vie sans trop de tracas.

Car parlons-en du prix. En 2019, le premier que j’ai acheté m’a coûté 35€, en version GSN, puis 40€ en version GTN.

Aujourd’hui, j’en vois qui se négocie à plus de 200€ !

Vous connaissez mon aversion pour ces prix de dingues. Vous devriez encore pouvoir en trouver autour des 50€ maximum, en état de fonctionnement parfait, mais il vous faudra chercher, ou avoir de la chance

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI et LA

Des références : un incontournable en français, celui de Monsieur Suaudau : http://www.suaudeau.eu/memo/pratique/tel_yas.html, http://35mm-compact.com/compact/yashicaelectro35gx.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1377-Yashica_Electro%2035%20GSN.html, https://mgroleau.com/photo/japon/yashica/yashica_electro35.html, https://francoislegeait.blogspot.com/2015/11/yashica-electro-35-gt-une-occasion-en-or.html, https://35mmethnography.wordpress.com/2014/12/15/le-yashica-electro-35-g/, http://rangefinder.free.fr/Electro35GSN.html en français, https://www.imagingpixel.com/p/yashica-electro-35-gtn.html, http://camera-wiki.org/wiki/Yashica_Electro_35_GTN, https://www.kenrockwell.com/yashica/electro-35.htm, l’autre site incontournable http://www.yashica-guy.com/document/chrono.html, http://www.brokencamera.club/blog/2016/5/17/yeshiva-35-gtn, https://www.stevehuffphoto.com/2011/05/06/is-the-yashica-electro-the-best-deal-in-rangefinder-photography-by-ricky-opaterny/, http://photoethnography.com/ClassicCameras/YashicaElectro35GS.html en anglais

Argentique

Les plus beaux (et utilisables) télémétriques à objectifs interchangeables (toujours à mon humble avis)

Après le petit exercice d’hier sur les télémétriques à objectifs fixes, passons à ceux dont vous pouvez changer la focale.

Ce sera plus compliqué car je pense faire une distinction entre les « anciens » et les « modernes » (histoire de rester dans la tradition de la polémique).

Et donc, au rang des anciens, je place dans l’ordre de mes préférences :

Le Zorki 1C, copie conforme du Leica 2. Il est généralement plus apprécié qu’un Fed 2 parce que sa fabrication en est plus précise et soignée. Soyons de bon compte, le viseur n’est pas pratique, ni la manière de le charger, tout comme sur les Leica de l’époque et il faut utiliser le zone focus pour prérégler l’appareil avant la prise de vue. Mais, équipé d’un Industar 22 dit rentrant, vous pouvez – réellement – le mettre dans une poche. Et quand vous le sortez, effet garanti pour les passants attentifs, qui généralement entameront la conversation, au point d’oublier que vous les avez mis en boite. L’utilisation d’une cellule est recommandée, soit à main, soit à placer dans la griffe porte flash (mais c’est moins joli). Mais son avantage décisif, c’est son prix, souvent autour des 100€ avec l’objectif, soit de 4 à 5 fois moins cher qu’un Leica IIIf (pour retrouver l’agrément d’utilisation)

Le Fed 1G , l’autre copie du Leica 2. Je ne vais pas répéter ce que je viens d’écrire car si la marque change, le résultat est le même. Et comme pour le précédant, le prix modeste vous permettra, le cas échéant, de vous offrir une belle optique, soit rentrante pour garder l’avantage de la compacité, soit fixe.

Le Leica IIIf, dit « l’original », qui est une évolution du même Leica 2 qui a servi de base aux 2 premiers cités. Fondamentalement qu’a t’il de plus ? Une fabrication plus complexe et plus soignée, un peu plus d’onctuosité dans les commandes. Pour le reste, il est aussi peu pratique pour la visée ou le chargement du film et c’est l’objectif qui fera la différence pour le rendu de vos photos, comme pour les deux premiers. Ah oui, il y a le prestige Leica et sa réputation de solidité et de réparabilité, qui existe aussi, rassurez-vous, pour les appareils russes (ICI). Toujours est-il que le prix s’en ressent, comptez environ 400€ pour un boitier nu.

Ces appareils font partie de l’histoire de la photographie en 35mm, initiée rappelons-le par les inventions d’Oskar Barnak tout d’abord de l’utilisation différente d’un film destiné au cinéma et ensuite de son Leica, premier vrai appareil compact et ultra transportable, modulable ensuite.

S’en servir pour photographier aujourd’hui, c’est accepter quelques contraintes (visée, chargement, réglage des vitesses, cellule indépendante) mais c’est prendre le plaisir de découvrir comment faisaient « les anciens » pour obtenir de biens belles images. Je dirais que c’est presque un état d’esprit.

Voilà, j’en viens à mes « modernes » que je présente par préférence, pas par date de fabrication :

Le Zeiss Ikon ZM qui est pour moi LE télémétrique absolu. Il est beau, pratique, ergonomique, léger, facile à charger, précis (cellule et visée), en un mot : moderne ! Vous pouvez y monter toutes les optiques en monture M et celles de Voigtländer, si elles sont – un peu – plus abordables que les Zeiss Leica, sont aussi proches de l’excellence. Même son prix, je vous le concède conséquent – comptez 1900€ nu – est pourtant encore un avantage car un Leica 7, son seul concurrent, est au triple de sa valeur.

Le Leica M5, car il est le vilain petit canard de la famille et que j’aime bien ces gens là ! Blague à part, c’est un excellent appareil, le premier à avoir proposé une cellule TTL précise et des réglages extrêmement faciles et rapides. Sauf pour le charger, ce qui se fait toujours par la semelle même si Leica a – un peu – facilité la tâche du photographe pressé. Forcément en monture M, vous pouvez tout lui monter dessus, même des russes comme le Jupiter 3 f1,5, avec une bague d’adaptation (mais pas le Jupiter 12, un grand angle qui rentre très fort dans le boitier). Il se négocie autour des 1000€ nu.

Le Canon P, contemporain du Leica M3 et M2, il a – pour moi – le gros avantage d’avoir aussi un magnifique viseur, collimaté du 35 au 100mm et surtout il possède un dos sur charnière. C’est un magnifique télémétrique, très bien dessiné et solide, qui accepte tous les objectifs en Ltm 39 dont des objectifs Canon qui sont excellents et peuvent aussi atteindre des prix pharaoniques (le f1:0,95 est himalayen !). Le boitier seul se négocie autour des 200€n ce qui le rend très abordable, vu sa qualité.

Et dans la famille des « modernes », il y a les appareils russes qui ont évolués, se détachant de leur modèle initial pour proposer parfois des solutions innovantes, que Leica utilisera 10 ans plus tard (p. ex. une cellule embarquée)

Le Zorki 6, qui est très compact, donne une bonne sensation de solidité (tout métal) et qui autorise – enfin – de pouvoir changer les vitesses quand on veut (appareil armé ou non). Il simplifie aussi le chargement grâce à son dos sur charnière. Mais son argument massue, c’est son prix : moins de 80€ avec un objectif ! Et comme il est toujours en monture Ltm 39 (Leica visant), le parc optique est immense et adapté à toutes les bourses.

Le Fed 3b, dont les commandes sont d’une onctuosité rarement atteinte, le déclencheur très discret (un petit flop) et assez facile à charger (dos amovible). Ce n’est pas le plus sexy de la bande mais il reste « sortable » et comme ici aussi vous pouvez monter ce que vous voulez comme optique en Ltm 39, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas l’essayer. D’autant que son prix n’est surement pas un obstacle : comptez autour des 60€ avec un Industar 61. Comme pour le premier cité, n’oubliez pas votre cellule à main

Le Fed 4b, bon d’accord, il n’est pas beau mais 10 ans avant Leica, il nous sortait une cellule intégrée au boitier. Pas encore couplée, mais vous l’avez sous les yeux et vu ce qu’elle était chargée en sélénium, elle résiste au temps, pour autant que vous la couvriez ou utilisez le « sac tout prêt » en cuir généralement vendu avec l’appareil. Ses commandes sont très douces et il est discret … enfin, autant qu’une armoire normande puisse l’être ! Même son prix n’est pas une excuse : comptez environ 40€ pour un appareil fonctionnel avec un objectif 50mm.

Un outsider enfin, le Zorki 4 ou le Zorki 4K, qui fut sans doute le télémétrique le plus fabriqué au monde. Ce n’est pas le plus beau mais il bénéficie d’un beau viseur, clair, avec correction dioptrique, son levier d’armement, agréable et plus facile que de tourner un bouton (le Zorki 4), sa discrétion au déclenchement (un flop très doux). Pas trop onéreux (comptez 60€ avec objectif), il semble faire le lien entre l’ancienne génération de par sa forme et la nouvelle puisqu’il fut fabriqué jusque dans les années quatre-vingt.

Si vous voulez voir de quoi il est capable, je vous invite à découvrir ce site car le photographe utilise un Zorki 4 pour ses sorties de Street photography.

« Mais, me direz-vous, quel attrait pour l’utilisation de ces appareils où tout est manuel ? »

Mais celui de la différence, celui de la recherche esthétique (bon, ok par pour le Fed 4b, on est d’accord) et – surtout – celui du temps que l’on accepte de consacrer à sa passion, celle de faire des photos, pensées, réfléchies, voulues ou non pas prises à la sauvette comme je le vois si souvent avec les « dégaineurs » de smartphone ! Utiliser un télémétrique, c’est comprendre comment l’appareil devient le prolongement de votre regard, naturellement, car la visée peut se faire les deux yeux ouverts pour « capter » l’air du temps qui va précéder le moment où vous appuierez sur le déclencheur.

Un célèbre exemple est le travail de Henri Cartier-Bresson (HCB pour les intimes) qui humait l’endroit avant de figer l’instant désiré. Même s’il fut reporter et pas des moindres (co-fondateur de Magnum), il savait anticiper l’espace et le temps qui allait donner l’image, même dans les situations d’urgence.

Un dernier mot encore, peut-être : si ces appareils acceptent différentes optiques, généralement du 28 au 135mm, souvent vous vous contenterez de celle qui vous correspond le mieux. Ce peut être du 50mm (le plus proche de la vision humaine) ou du 35mm qui offre des plans plus larges ou qui vous oblige à aller au plus près du sujet. Cela fait partie de l’expérience télémétrique.

Je vous souhaite donc de belles découvertes.

Argentique

Les plus beaux télémétriques à objectifs fixes (à mon humble avis)

Si vous me suivez régulièrement, vous savez que j’ai beaucoup hésité entre des télémétriques à objectifs fixes et ceux à objectifs interchangeables … pour finalement (presque) toujours utiliser la même focale à savoir le 28 ou le 35mm parce qu’elles permettent de bien utiliser le zone focus en photo de rue.

Mais la distance focale, c’est une habitude à prendre, ou plutôt à trouver. Ainsi lorsque j’utilisais les Yashica Electro 35 ou le Canonet 17, je m’étais habitué au 40 – 45mm, finalement très proches de la vision humaine.

Et j’avoue que dans cette gamme d’appareils, vous aurez le choix et ils sont, pour la plupart, toujours fonctionnels sans trop d’interventions.

Voici le Top 3 de ceux que j’ai utilisé et apprécié :

Le Canonet QL 17 G III est un superbe appareil, sorti en 1972, surtout si vous arrivez à le trouver en livrée noire, à mon avis la plus belle mais aussi – sorry – la plus chère (comptez environ 200€). Pas de difficultés au niveau des piles, quoique si vous utilisez la LR44 à tout faire, il faut compenser en sous exposant un peu ou alors utiliser la WeinCell MRB 625 qui respecte le voltage initial. Juste vérifier l’état des mousses qui ont tendances à se laisser aller, mais l’intervention est super simple à faire. A part ça, un appareil facile à prendre en mains, avec un objectif de légende : un 40mm ouvrant à f1,7 qui permet de travailler même en début de soirée, à main levée. Déclencheur discret, assistance à la mise au point (le petit ergot sur le fut de l’objectif), un chargement de film simplifié (le QL pour quick load), un viseur clair et collimaté, une position automatique fiable … et vous voilà parti baguenauder dans la Ville

Le Yashica Electro 35 GTN, qui aurait mérité un exæquo avec le Canonet si je n’étais pas si attaché à cette marque. Et en plus, c’est avec un Yashica que j’ai ouvert ma découverte de ces magnifiques appareils : un Electro 35 GTN noir – comme il se doit ! Même dans cette couleur, il est plus abordable que le Canonet : comptez environ 150€ pour un bel exemplaire. Lui aussi est sorti au début des années septante. Sa particularité est d’avoir des contacts dorés à l’or fin, ce qui assure une meilleure longévité de ceux-ci est une meilleure connectivité. Un objectif fabuleux de 45mm ouvrant lui aussi à f1,7 pour vous offrir les mêmes fantaisies que le Canonet. Pour les piles, là aussi la sempiternelle LR44 fera l’affaire et l’appareil accepte mieux la sensible différence de voltage. Vérifiez les mousses aussi mais l’opération est toujours facile à faire. Certains auteurs font mention d’un souci avec un amortisseur en caoutchouc qui poserait problème. Honnêtement, et j’en ai eu plusieurs entre les mains, je n’ai jamais eu le moindre soucis à ce niveau là. Mêmes remarques que précédemment au niveau déclencheur, viseur, position automatique, … Un must lui aussi

Le Konica C35 automatic, lui aussi apparu en 1972. Il est un peu plus petit que les deux précédents et un peu simplifié mais pour le confort du photographe qui cherche justement un appareil facile et rapide à mettre en œuvre. Un magnifique objectif de 38mm ouvrant à f2,8, un automatisme qui fonctionne super bien (cellule précise), un déclencheur sensible et discret, une taille contenue, un chargement facile : il ne lui manque rien. Il existe aussi en noir, toujours plus cher mais, personnellement, pour celui -ci, je trouve que le bis-tons lui va bien. Comptez entre 80 et 100€ pour un bel exemplaire. Ici aussi, au niveau pile, la bonne vieille LR44 fait l’affaire. Vérifier les mousses (histoire connue) et prévoir un bouchon d’objectif car la cellule est toujours sur ON, ce qui décharge la pile. Un film dans la chambre et vous voilà parti bien équipé pour la Street.

Voilà, ça c’est mon trio de tête, mais il y a de beaux outsiders :

Le Canonet QL 19 G III, qui est exactement le même que le 17 si ce n’est son objectif qui ouvre à f1,9 (les numéros reprennent, vous l’avez compris, les focales). Généralement boudé au profit de son grand frère, il est pourtant tout aussi excellent. Si vous mettez un film rapide dedans, vous compenserez la différence d’ouverture en basse lumière. Il se trouve entre 50 et 100€. Une très belle affaire.

Le Yashica Electro 35 GSN, qui est exactement le même que le GTN si ce n’est que le second nommé est considéré comme Pro parce que livré d’office en noir ! Vous aurez donc le même objectif 45mm ouvrant à f1,7, le même mode programme, les mêmes sensations au déclenchement … mais vous devriez le payer autour des 50 à 60€. Une autre bonne affaire.

Le Minolta Hi-Matic 7s, malheureusement, j’ai possédé cet appareil avant de commencer à bâtir le site et je l’ai revendu pour acheter le Yashica dont question plus haut. C’est aussi un superbe appareil avec un objectif magnifique de 45mm ouvrant à f1,8, avec position automatique. Il est lui aussi sensible au voltage de la pile, il vaut mieux utiliser une WeinCell MRB 625. Je pouvais lui reprocher un objectif un peu moins maniable que les Canon ou Yashica et surtout un déclencheur avec une longue course, déroutante mais néanmoins très discret. Un très bel appareil aussi tout métallique. Il se négocie souvent autour des 60€ car moins recherché.

Argentique

Connaissez-vous le MIR ?

Non,, ce n’est pas une station spatiale soviétique, ni encore une célèbre lessive, ni le nom d’un rappeur, …. c’est ? ….

Un appareil photo !

Notez, si vous lisez ce site, c’est normal ….

Alors le MIR est bien soviétique et il est la version économique d’un appareil déjà pas très cher (en tout cas pour nous à l’heure actuelle), le Zorki 4

Cet appareil, qui connu quelques versions aux modifications minimes, était essentiellement réservé au marché intérieur de l’URSS. On estime qu’environ 156.000 exemplaires ont été construit. Ce qui n’est pas mal car il ne fut produit que pendant 3 ans.

Version économique parce que l’obturateur a été simplifié et il a perdu le 1/1000ème de seconde ainsi que les vitesses lentes. Néanmoins il prend le nouveau standard 1/30ème ,1/60ème etc.…..jusqu’au 1/500ème et la pose B.

Bon, les vitesses lentes, on s’en sert peu, il faut bien l’avouer (vous shootez souvent à 1s ?), ce n’est donc pas irrémédiable ni forcément préjudiciable.

Et il n’est plus livré avec le très bon Jupiter 8 mais avec un Industar 22. Ceci étant, puisqu’il utilise la monture en Ltm 39 (Leica visant), rien ne vous empêche de monter dessus ce que vous voulez, même du Leica (ce qui serait drôle).

Par contre, il garde son grand viseur, hérité si mes souvenirs sont bons du Zorki 3, le télémètre est couplé (vous voyez les réglages de votre objectif dans le viseur – réglage du patch du télémètre), le viseur comporte un réglage dioptrique toujours bien venu et vous pouvez synchroniser un flash. Ensuite, lorsque vous armez l’appareil, vous armez aussi l’obturateur. Attention, comme souvent avec les appareils russes (sauf le Zorki 6), toujours armer avant de sélectionner une vitesse, au risque de casser la mécanique des vitesses.

Il fut fabriqué par l’usine KMZ de Krasnogorsk, près de Moscou, entre 1959 et 1961.Le nom Мир = Mir, peut signifier «paix» ou «monde».

Voilà, disons que c’était la partie « technique » de la présentation car l’appareil que je vais vous montrer à une particularité.

Tout d’abord, je tiens à remercier mon ami Patrice, qui en est l’heureux propriétaire, de m’avoir permis de vous raconter son histoire singulière.

Quelques photos du Mir par lesquels vous verrez immédiatement l’air de famille avec le Zorki 4. Notez le bleuté de la fenêtre de visée (non, non, il fut produit avant Tchernobyl, quoique … vous comprendrez en lisant ce qui suit) : cette couleur renforçait le contraste du patch lors de la mise au point.

Comme nombre d’appareils soviétiques, il possède une bobine, souvent amovible, dont il faut vérifier la présence lors d’un achat.

Et puis, admirez ce cuir robuste du sac de transport, qui a généralement une odeur particulière, due – parait-il – aux bains de tannage.

Si vous regardez la seconde photo en bas à gauche, vous voyez le gros bouton pour armer l’appareil, niché entre celui-ci et la molette de réglage des vitesses, le déclencheur, la griffe porte flash puis à l’extrémité, la molette destinée au rembobinage en fin de film avec le petit levier, à sa base, pour la correction dioptrique du viseur.

Et puis, il y a cette photo

Voici la traduction de ce texte – et je remercie Maroussia pour celle-ci : « A notre très cher Youri Pietrovicht, pour votre anniversaire, votre équipe. OGM Krasnoïarsk – 26 – le 23 janvier 1961« .

La ville de Krasnoïarsk jouit d’un passé historique intéressant, que je vous invite à découvrir en cliquant sur le nom.

Mais Krasnoïarsk – 26, aussi connue sous le nom de Jeleznogorsk est aussi cette « ville fermée de Sibérie » qui a été créée en 1950 en tant que site de production de plutonium à usage militaire. Elle a été créée pour abriter les activités de fabrication des têtes nucléaires des missiles intercontinentaux. La construction de la ville va mobiliser 65 000 prisonniers du Goulag. Les usines et laboratoires se trouvent dans des installations souterraines à l’abri des attaques nucléaires. Trois réacteurs fournissent le plutonium. En outre, la ville mène des activités de recherche et développement de systèmes spatiaux, dont le célèbre programme GLONASS – une alternative russe au GPS de fabrication américaine.

Certaines sources affirment que la ville possède des installations nucléaires rappelant celles qu’on voit dans les films, construites à l’intérieur de grottes dans les montagnes qui entourent la zone – elles seraient conçues pour résister à une frappe nucléaire.

La ville n’est plus secrète depuis 1992. Au début du XXIe siècle, il ne reste plus qu’un réacteur en fonctionnement. Le Combinat minier et chimique de Krasnoïarsk (en russe : Красноярский горно-химический комбинат, Krasnoïarski gorno-khimitcheski kombinat) traite les déchets nucléaires de toutes les centrales russes. Un deuxième complexe industriel fabrique la majorité des satellites russes.

Une légende locale raconte que bien que les tentatives des services de renseignement étrangers d’infiltrer la ville n’aient jamais abouti, un résident local a déjà volé du plutonium à l’usine secrète, le conservant chez lui dans un simple bocal en verre. Lorsqu’il a été arrêté, il a déclaré que sa seule intention était d’empoisonner sa belle-mère trop intrusive.

source : https://fr.rbth.com/lifestyle/85151-cinq-villes-fermees-russie et https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeleznogorsk_(krai_de_Krasno%C3%AFarsk)

Je reste sur ma faim pour identifier l’usine, mais je me doute qu’elle ne devait pas forcément être ouverte au public !

Je vous avoue que j’adore ce genre d’histoire car elle donne une autre dimension à l’appareil que vous tenez en main. Elle vous permet de vous rapprocher, un peu, de ceux qui en ont été les propriétaires respectifs, parfois uniques et qui eux ont gardé cet appareil longtemps, parce que c’était le leur et qu’il les avait accompagné dans nombre d’étapes de leur vie. Ce sont des petits bouts d’histoire personnelle, chargée de souvenirs.

Nous n’avons pas toujours la chance de telle remarque, de telle inscription, de tel détail, mais quand nous en possédons et que nous pouvons retracer le fil, c’est un vrai bonheur.

Enfin, si vous voulez goûter aux spécialités russes, en passant dans la ville de Mons, arrêtez-vous « chez Maroussia », rue Rogier, elle vous accueillera avec plaisir.

Quelques références : http://400iso.org/WP/2014/01/pourquoi-choisir-un-appareil-telemetrique/, https://pierretizien-photos.blogspot.com/p/mir-1.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11356 en français, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Mir, http://camera-wiki.org/wiki/Mir, http://www.theothermartintaylor.com/moveabletype/archives/cameras/000012.html en anglais

Argentique

Fed 5V ou ФЭД-5в

Je viens de recevoir ce Feb 5V, à qui il manquait une clé pour refermer le dos amovible. Ce qui m’a permis de l’acquérir pour un prix minime car, hormis ce défaut, il fonctionne parfaitement.

Et comme j’avais démonté un ancien Zorki lui tout à fait HS (hors service), j’ai pu récupérer la dite pièce manquante.

Voilà donc un Fed 5V tout complet et fonctionnel.

Bon, ceci dit, … il ne gagnera pas un prix en design et je ne pense pas que le CID du Grand-Hornu en fera sa vedette !

Mais voyons l’appareil de plus près.

Indubitablement, le Fed 3 et le Zorki 6 restent les plus contenus, le Fed 5V et le Fed 4 sont quasi identiques.

Lorsque je reçois un nouvel appareil, j’ai ce fichu réflexe, après l’avoir déballé, de le porter à l’œil pour estimer la visée, ensuite je le nettoie car souvent il y a de la poussière sur les fenêtres de visée et celle du télémètre.

Ici, je reste dubitatif ! La fenêtre de visée est comme sur un demi-format et je visualise un point qui est la fenêtre du télémètre. Et j’ai beau tourner l’objectif, je ne vois pas de mise au point s’effectuer.

Faut que je trouve un mode d’emploi pour comprendre …

Les données techniques :

  • l’appareil fut fabriqué de 1975 à 1990 (belle longévité) avec environ 10 déclinaisons/évolutions stylistiques et fut produit à 1.500.000 exemplaires !
  • le modèle est extrapolé du Fed 3 et ressemble au Fed 5, mais sans le posemètre
  • l’obturateur est à plan focal horizontal avec rideau en tissus caoutchouté, au son assez discret
  • les vitesses vont de 1s, 1/2s, 1/4s, 1/8s, 1/15s, 1/30s, 1/60s, 1/125s, 1/250s, 1/500s plus pause B
  • la mise au point minima est de 1m avec un 50mm comme l’Industar 61, qui est son objectif d’origine.
  • comme sur les autres télémétriques soviétiques (sauf le Zorki 6), toujours armer avant de modifier les vitesses sous peine de casser le mécanisme
  • correction dioptrique en tournant la couronne du viseur à l’arrière
  • compteur de vue qui revient à zéro avec un nouveau film
  • aide mémoire pour les Iso/Asa
  • retardateur
  • et une nouveauté, un contact pour le flash sur la griffe (synchro au 1/30s) bien qu’il reste possible d’utiliser d’ancien flash avec fiche de contact (fiche à l’arrière)

Celui que j’ai acheté est des premières séries (les logos évoluent (!?) avec le temps). S’il est une extrapolation du FeD 3, il faut reconnaître que s’il reste « lourd », je sens que ce n’est plus la même fabrication. Sans doute les alliages ont ils été changé, la tôlerie affinée.

Je reprends l’appareil et re vérifie cette visée : en fait, la fenêtre permet le cadrage et le télémètre se règle dans le petit rond qui apparaît sur le côté. Pas pratique mais comme d’habitude, c’est un appareil sur lequel on utilise le principe de la zone de netteté, l’échelle sur l’objectif est parfaite pour cela.

Un mot d’ailleurs sur cet objectif, un Industar 61 de 52mm ouvrant à f2,8. Il a une très bonne réputation et d’aucun le compare au Tessar de Leica, surtout les versions marquées LD.

En résumé, un télémétrique qui ne remportera pas un prix d’élégance mais qui fera de bonnes photos pour un coût très modique. Si vous voulez vous lancer sans regret, c’est sans doute un excellent achat. D’autant que généralement vous aurez dans le même prix l’appareil et l’objectif !

Une petite vidéo pour illustrer tout ça :

Quelques références, comme d’habitude : http://cameras.alfredklomp.com/fed5v/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/FED-5v, http://mattsclassiccameras.com/rangefinders-compacts/fed-5b/ et http://www.sovietcams.com/index.php?278113337 en anglais