Hanzinelles et sa brocante annuelle. S’il ne fait pas très beau – le ciel est gris – il y fait froid et un fin crachin s’insinue doucement, glaçant. Et dire qu’hier, il y avait encore 24C !
Ceci étant, rien de bien intéressant, sauf … une gentille dame qui a déposé une caisse pleine de vieux appareils.
Aïe, j’arrive une seconde trop tard et je vois partir une chambre d’un modèle tout à fait spécial, zut. Pourtant, il reste quelques beaux box art déco et un étonnant WeekEnd gainé de cuir bordeaux, que je prends. Et là, dans un coin, ce qui semble être une pièce perdue : je la ramasse et me rends compte qu’il s’agit bel et bien d’un tout petit appareil photo en bakélite noire.
Je reviendrai voir cette charmante dame car il me semble avoir aperçu dans sa camionnette au moins une autre caisse d’appareils …
Un peu d’histoire.
Outre que l’appareil est étonnant, je ne connaissais pas du tout cette marque, Universal. Elle a vu le jour à New York en 1932, fondée par Otto W. Githens et Jacob J. Shapiro.
Leurs conceptions étaient pour le moins originales, comme le fameux Mercury, et outre des appareils photo, ils ont aussi créé et fabriqué des caméras pour le cinéma et l’amateur, des jumelles et des accessoires, y compris des films, pour appareils photos.
Mais commençons par le début.
Otto W. Githens et Jacob J. Shapiro avaient une idée en tête : créer l’appareil photo le moins cher du moment mais ils avaient aussi un soucis car comment faire quand on ne vient pas du domaine de la photo et qu’on ignore tout de la fabrication d’un boitier ?
Petits filous, ils ont contacté une société spécialisée dans la fabrication plastique, la Norton Laboratories, qui avait dans ses cartons un prototype non encore couvert par un brevet, que nos deux loustics ont copié sans vergogne avant le dépôt de celui-ci.
Ainsi est né l’Universal Univex Model A. Vendu à l’époque 0,39$ – en comparaison, le Box Kodak coutait 1,50$ – cet appareil connu un grand succès.
Dès 1936, la stratégie de l’entreprise Univex était ainsi définie : production de masse d’appareils simples et efficaces. Qui se ressemble s’assemble et c’est comme ça que Georges Kende, concepteur rusé, propose la caméra Univex Model A-8 Ciné et le projecteur P-8 au prix de 9,95$. Le succès est tel qu’ils devront faire patienter leurs clients tant la demande était forte.
Cette caméra, et les modèles qui suivront ensuite, a été véritablement l’outil, aux USA, qui a permit à des milliers de consommateurs de se lancer dans l’aventure du film amateur.
La seconde guerre mondiale va imposer à l’entreprise un effort de guerre, comme aux autres entreprises, tous secteurs confondus. Ils produiront des jumelles pour les forces armées américaines et alliées.
Source : Collection Libraries. Cette publicité d’époque interroge sur la manière la plus rapide de couler un U Boat allemand : en le voyant le premier, grâce aux jumelles de précision Universal.
Au sortir de la guerre, l’entreprise tentera de relancer la production des caméras pour amateur qui avaient fait son succès. Ils modifieront un peu le modèle d’avant guerre, puis présenteront de nouveaux modèles, souvent hélas fait d’ajouts mineurs sur les premières caméras mais présentées sous de nouveaux noms. Mais les jours sont comptés car des mouvements sociaux important vont bloquer les productions (grèves chez le principal fournisseur par exemple). Les années cinquante seront catastrophiques et finalement, au début des années soixante, l’entreprise disparaitra.
Présentation du Universal Univex Model A.
Vous connaissez maintenant la genèse de ce minuscule appareil (9cm de haut et 6cm de profondeur).
Plusieurs modèles vont se succéder, comme d’habitude, qui verront des modifications d’ordre esthétique surtout (face avant redessinée et simplifiée). Mais en soi, le boitier ne changera pas.
Techniquement, c’est un boitier en plastique noir, qui s’ouvre en deux en appuyant fermement sur un appendice qui est en fait une partie du viseur. On referme en faisant pression sur les deux parties.
A l’intérieur, la chambre qui accueille un film appelé 00, spécifique à ce type d’appareil. A gauche, la bobine du film, et à droite, la bobine réceptrice. Notez la particularité de la tête de bobine, prévue pour s’encastrer dans le prolongement du bouton d’avance du film.
Le viseur, réduit à sa plus simple expression, est constitué d’un cadre en métal qui se déplie vers l’arrière pour constituer, avec l’ergot destiné à l’ouverture de l’engin, un viseur sportif. Sa position implique de tenir l’appareil à la verticale, d’autant que le minuscule déclencheur est aussi posé sur le côté.
Pour le reste, une seule lentille, fixée par la tête de vis étrange posée sur la face avant (forme de fleur ?). Quant à l’obturateur, une simple feuille en métal qui passe devant l’objectif lorsqu’on appuie sur le déclencheur. Vitesse estimée de 1/50s.
A ce niveau de dépouillement, même un Diana à l’air sophistiqué !
Un mot encore sur le film Univex 00. Il sera spécifique à Univex et fabriqué de 1933 à 1960 pour alimenter les appareils simplissimes de la marque. Ceci étant, ce n’est pas eux qui ont fabriqué la pellicule mais Gevaert, en Belgique.
Il existait un Ultrachrome et un Ultra Plan (plus sensible). Cette pellicule à une longueur de 30cm sur une largeur de 30,7mm. Elle délivre 6 vues de 28x38mm. On ne connait pas la sensibilité du film, ce qui importe peu en fait, l’appareil n’ayant qu’une vitesse et une focale fixe.
Il va s’en dire que le film est rare et à ce jour inexploitable car produit il y a plus de 80 ans maintenant. En outre, il faudrait trouver comment le développer car on ne connait plus, semble-t-il, les produits de développement et les temps nécessaires, et les spirales sont quasi introuvables.
Que penser de cet appareil ?
Difficile de faire plus simple, sauf peut-être les porte-films 110 des années septante et quatre-vingt.
Outre le fait qu’il soit très petit, la conception de son déclencheur minuscule et mal placé ne donne pas envie de le tester.
Reste qu’il fait partie de ces modèles réduits qui ont eu leur part de succès à un moment donné. Et, avouons-le, ils sont faciles à collectionner ces petits boitiers étonnant, bien moins encombrant que leurs homologues en 24x36cm ou plus.
En Europe, l’Univex Model A est plutôt rare tandis qu’on en trouve encore facilement aux USA. Leur prix varie de 10€ à 50€ selon qu’ils soient complets, en bon état et munis de leur boite. Ici, tenez plutôt compte d’un prix variant de 10 a 20€.
Il me restera encore 2 appareils à vous proposer, tous venant de la grande brocante de Maroilles.
Celui-ci m’ a frappé pour sa bonne bouille et parce qu’il était dans son sac tout prêt en beau cuir brun. A part quelques traces d’oxydations superficielles, il est en bon état et tout fonctionne. Allons donc le découvrir de ce pas …
Un peu d’histoire.
Au sortir de la seconde guerre mondiale, de nombreuses entreprises françaises ont essayé de prendre place dans le grand marché des appareils photos en pleine renaissance, les Allemands étant encore sous embargo et leurs usines en pleine reconstruction pour celles restées du bon côté du futur mur de la honte et pour celles, démantelées et envoyées de l’autre côté, la question était plutôt de savoir que faire de toutes ces marques capturées et de réfléchir au futur conglomérat pour le peuple (VEB) Pentacon.
Toujours est-il que la Société de Constructions d’Appareils Photographiques et Cinématographiques de Levallois-Perret ou SCAPEC a tenté le coup. Etablie non loin d’OPL (Foca), elle se lance dans la grande aventure de la production photographique.
Le premier appareil présenté par la SCAPEC sera un box, le Kovex (1951). Hélas, un excès de snobisme peut-être l’a empêché de voir ses ventes décoller. En effet, il sera vendu plus cher que ses concurrents parce qu’il était gainé d’un cuir croco grenat (?!) et entouré d’un demi-sac de protection.
Ils revoient leur copie et lance un second box, le Rollex, beaucoup plus simple et moins ostentatoire, le gainage étant une simple toile encollée. Hélas, le résultat est identique, les ventes stagnent.
Troisième essai avec encore un box dont ils délèguent la vente à une société coopérative ouvrière de production, la SCOPA (Société COopérative de Production d’Appareils et de Matériel Photo et Cinéma). Il s’appellera donc le Scopa, mais il n’eut pas plus de chance que ses frères d’infortune. De fait, cet appareil est identique au Rollex, seul le nom change. Il n’apporte rien de plus ou de différent pour tenter de (re)lancer les ventes.
Bref, la SCAPEC ne semble pas avoir vécu longtemps, en 1953 elle passait la main à la SCOPA pour, sans doute, écouler les stocks restant.
Pourquoi ce manque d’engouement pour ces trois box ? Disons que la mode de ce type d’appareil agonissait déjà. Ensuite, la construction était légère et n’apportait rien de neuf : un corps en aluminium plié, revêtu de gainage noir sur les côtés et le dessus/dessous ; un 6×9 sur film 120 ; il offrait peu ou pas de réglages (j’y reviendrai) ; l’objectif était un ménisque (une seule lentille) fix-focus. Rien de bien grisant.
La seule originalité était cette espèce de boite sur le devant, au dessus de l’objectif/obturateur, commune à tous les modèles, et qui contenait le viseur, monté sur ressort façon diable qui sort de sa boite !
En résume, le Rollex semble être le box le plus commun, du moins en France, le Voltex et le Scopa étant plus difficiles à dénicher. Toutefois leur valeur n’est pas affolante, leur piètre prestation étant encore leur pire ennemie. Mais ils ont un petit quelque chose qui titille les collectionneurs …
Quand on voit les prix demandés par rapport aux concurrents, on comprend ...
Présentation du Rollex.
Je crains qu’elle ne soit rapide, les réglages étant réduits à leur plus simple expression, un peu comme pour les FEX.
L’objectif, de marque inconnue, est donc un ménisque, peut-être de 75mm. C’est un fix-focus, sans aucun réglage de distance donc. Mais il est noté objectif special, Made in France, Trade Mark.
Il y avait en tout et pour tout deux diaphragmes : petit diaph et grand diaph, inscrits sur le pourtour du fut d’objectif. Mais allez savoir à quoi ils correspondaient ! On les règle avec deux tirettes sur le dessous de l’objectif.
Quant aux vitesses, il y en a une instantané et la seconde est la pose (B), que l’on règle (le grand mot) à l’aide d’un petit levier au dessus de l’objectif. On estime la vitesse au 1/50s.
Soyons de bon compte, il y a une synchronisation du flash car il y a une prise PC sur le côté.
Pour déclencher l’obturateur, sans protection contre la double exposition ni asservi au remontage du film avec la grosse molette sur le côté – il faut bien vérifier le compteur qui est en fait le passage du film sous la fenêtre rouge inactinique – c’est le gros tube qui fait saillie sur le côté droit du combo objectif/obturateur. Comme sur les vieux box Kodak, vous appuyez dessus, ça déclenche, vous ré-appuyer, ça re-déclenche. Distraits, vous allez en faire des double, triple, … expositions !
Finalement, le truc le plus rigolo de cet appareil (et des autres de la marque), c’est le viseur, enfermé dans sa petite boite métallique, au dessus du combo objectif/obturateur. On le libère en appuyant sur le bouton au dessus de cette mini-boite à surprise. C’est un viseur comme on en trouvait sur les vieux pliants (folding) et on peut juste le faire pivoter pour prendre des photos à l’horizontale. Heu … visée pifométrique assurée.
Le filetage pour assurer l’appareil sur un trépied est bizarrement mis sur le côté gauche de l’appareil. Fallait-il uniquement faire des photos horizontales dans ce cas où ajouter un accessoire pour photographier avec le boitier debout ?
A noter qu’il y a des points d’ancrage pour fixer une sangle sur chaque côté du Rollex, bien que le sac tout prêt en accueille une en cuir.
Admettons que vous ayez envie de glisser un film dans cette drôle de boite. Il faut mettre le verrou du dessus sur O (ouvert) et la même chose sur celui du bas puis tirer délicatement sur toute la partie derrière la face avant.
Attention, n’appuyez pas trop fort de crainte de plier ce presque demi-cercle d’aluminium. Tout comme il faut éviter de serrer trop fort les deux côtés de l’engin, pour les mêmes raisons. Hormis la corps de la chambre, à l’intérieur, rien ne vient renforcer les deux parois. Pour remonter le tout, regardez bien le sens du dos, c’est marqué bas et haut pour éviter toute mauvaise introduction du morceau dans les rails qui guideront cette partie jusqu’au verrou, que vous remettrez sur F (fermé).
A l’intérieur, un grand vide ! Une chambre comme celle des anciens box du début du siècle passé, avec la bobine débitrice à mettre en dessous. D’aucuns hésitent sur le type de film : 120 ou 620 ? Une bobine métallique à l’intérieur de mon exemplaire m’a fait penser un instant à la seconde solution mais c’est bien du 120 qu’il faut pour nourrir l’engin (bobine avec un grand cercle de base en 120 contre un petit en 620).
Dernière revue de détails :
Que penser de cet appareil ?
Disons qu’il a le mérite d’exister et de nous montrer que certains fabricants n’hésitaient pas à enjoliver par leur publicité le vide sidéral qu’ils proposaient.
Certes, la Scapec n’ a pas été la seule à proposer des appareils simplissimes, mais pas au prix d’un Rolleiflex !
Je ne pense pas que je tenterai de mettre un film dans l’appareil, le format 6×9 est difficile à faire développer si on n’a pas son propre matériel.
Reste que ce Rollex est une pièce de collection dont vous pourriez vous rendre acquéreur pour 40€ maximum si l’exemplaire est en (très) bon état, avec sa gaine en cuir.
Il a au moins l’avantage de proposer un look singulier par rapport aux multiples box qui ont vécu avant et en même temps que lui.
J’avais prévu de rester raisonnable à la Bourse de Villers-Bretonneux. Pari dangereux quand on sait le nombre de belles choses qui s’y trouvent !
J’ai donc résisté tant que j’ai pu, mais en me baladant vers la fin de la Bourse, j’ai quand même craqué pour un appareil, disons, étonnant.
Petite négociation sympathique, pour la forme, et j’emmène ce drôle d’engin dans sa valise en cuir un peu fatiguée mais témoin du sérieux marketing de l’engin.
Un peu d’histoire.
Si vous vous intéressez un tant soit peu à l’univers de la photographie, le nom d’Ansco ne vous est pas étranger.
Cette société, américaine, a vu le jour en 1896 à Binghamton. Elle fabriquait alors du papier photographique et s’appelait Wescott Photo Specialty. Entre 1900 et 1907, elle changera plusieurs fois de nom pour arriver enfin au nom d’Ansco, la contraction des noms Anthony et Scovill, les nouveaux propriétaires.
En 1928, elle fusionne avec Agfa et devient Agfa-Ansco. Elle étoffe son offre : outre les papiers photographiques, elle fabrique du film, de la chimie pour la photographie et des appareils photo. Deux Oscars techniques la récompenseront pour ses produits en 1935 et 1937.
Outre ses propres produits, Ansco commença à revendre des appareils d’autres fabricants, re badgés ou fabriqués sous licence, essentiellement des Agfa.
En 1939 la société Agfa – Ansco fut rebaptisée General Aniline & Film (GAF). Mais en 1944, GAF disparait car Afga était une industrie allemande, reconnue prise de guerre. L’entreprise reprend son nom initial d’Ansco. Elle continue à produire du film, notamment aussi pour le cinéma, et continue à imaginer des appareils photos, généralement simples d’utilisation et d’un coût abordable.
La société reprend son essor et produit jusqu’à 2 millions d’appareils par an. A partir des années 1950, elle vend de nouveau des appareils re badgés Ansco, des boitiers fabriqués par Agfa, bien sûr, mais aussi par Chinon, Ricoh et Minolta.
En1967, re-changement de nom et elle redevient GAF : elle continue a fabriquer des films et des appareils sous sa nouvelle dénomination, GAF. Mais c’est le début de la fin : en 1977, elle ne produit plus que des films.
En 1978, la société Haking de Hong-Kong acquiert le droit d’utilisation de la marque Ansco. La fabrication des appareils Ansco sera alors poursuivie jusque dans les années 1990 par Haking, tandis que GAF devint Anitec. C’est cette dernière, en 1992, qui célèbrera le 150e anniversaire de la société. L’usine de Binghamton fut fermée en 1989 et démolie en 2000.
Réclame Ansco de 1912
Présentation de l’Anscoflex II.
Je vous avoue que lorsque j’ai vu cet appareil, présenté debout et fermé mais flanqué de son flash (c’est ça qui m’a fait penser à un appareil photo), j’ai été surpris, tant par sa forme, qui tient plus du frigo que d’un boitier photographique, que par sa conception, toute métallique (quoique, pour un frigo !).
Si c’est un deuxième du nom, il en existe logiquement un premier.
A gauche, le premier et le second à droite.
Et cet Anscoflex I est un appareil étonnant sur le plan mécanique : un boîtier en métal émaillé d’un gris/vert avec, sur la droite (vu de dos), un énorme bouton d’avance et d’armement ; puis un petit bouton rouge métallique en saillie pour le déclenchement ; un rideau en aluminium en face avant qui protège le viseur et l’objectif ; un énorme viseur carré sur la façade et un petit rond où se loge l’objectif en dessous.
C’est tout, c’est sobre, c’est très années cinquante.
Techniquement, le lever du rideau ouvre les deux volets du dessus, qui masquent le large viseur. Ces volets sont commandés par deux petits rivets circulant dans des fentes de forme complexe à l’intérieur du rideau. Puis deux petits ressorts permettent de rabattre les volets à la fermeture. Astucieux, mais il faut y aller avec délicatesse pour ne rien déboiter, surtout si un peu d’oxydation venait à trainer par là.
A l’arrière du viseur, un bouton poussoir rouge commande l’ouverture du dos du boîtier. Le rideau dispose d’un rebord pour pouvoir le manipuler facilement.
Enfin, l’appareil est protégé contre les doubles expositions et le bouton d’avance/armement est un mouvement en va et vient quand on a compris que son quart de tour n’était pas suffisant pour faire avancer le film d’une vue !
Il n’y a pas de compteur de vue mais une simple fenêtre en plastique rouge inactinique au dos. Ici, il faudra faire attention car il faut faire un certain nombre de va et vient pour faire avancer d’une vue, sans dépasser le chiffre qui apparaîtra.
Il n’y a pas de réglages ni d’ouverture (f11 fixe) ni de vitesse (1/60s). Ce qui est amusant, c’est que le viseur est un simple ménisque alors que l’objectif composé de 2 éléments en verre.
Nous devons ce bel objet au designer franco-américain Raymond Loewy. Pourtant c’était un appareil vendu à bas prix, qui était de 15,95$ au moment de sa sortie, en 1954.
L’entreprise mettra le paquet pour promouvoir son nouvel appareil, telle une pleine page dans le numéro 19 de juillet 1954 du magazine Life : … Styled by Raymond Loewy, cette toute nouvelle caméra réflexe combine la beauté intelligente avec les avancées techniques modernes et la construction robuste vêtue de métal pour vous apporter tout ce que vous avez toujours voulu dans une caméra en instantané facile à utiliser! …
Si effectivement Raymond Loewy a mis la main à la construction originale de cet appareil, la plupart des fonctionnalités (oui, je sais, le mot est peut-être trop fort) étaient déjà reprises dans un prototype Ansco de 1948, le Shurflex. Relevons quand même la construction modulaire, tout en aluminium du boitier. A cette époque, la plupart des concurrents utilisaient le plastique moulé. Une autre particularité pour un appareil de ce prix, il utilise deux éléments en verre pour l’objectif là où la concurrence utilise toujours des simples ménisques (voir le Kodak Dualflex 1 par exemple).
Donc, je résume, l’Anscoflex 1 présente un objectif en verre à 2 éléments, ouvrant à f11 fixe (mise au point minimale à 1,2m) et une vitesse fixe de 1/60s. C’est aussi ce qu’on appelle un faux TLR (twin lens reflex, appareils à objectifs superposés) car il n’y a pas de mise au point asservie à la vision du premier objectif.
Publicité d’époque pour l’Anscoflex 1 et les films Ansco (1954)
La seconde itération sera-t-elle plus performante ?
En fait, … non !
Ah, on y a bien ajouté 2 commandes, sous les objectifs, mais elles ne révolutionnent rien, jugez plutôt :
le premier cercle, à droite vu de face, actionne une lentille close-up, comme sur les Polaroid plus tard. Grâce à elle, vous pourrez photographier au grand angle, mais sans préciser quel angle.
le second cercle, à gauche donc, fait glisser un filtre jaune devant l’objectif. Léger anachronisme de la chose lorsque dans ces années-là on passe progressivement à la couleur.
Et c’est tout !
Première photo en haut à gauche, les 2 boutons de commande du close-up et du filtre, la lentille close-up est partiellement engagée ; seconde photo avec le filtre jaune ; dernière photo de l’objectif seul (cliquez sur les images pour une meilleure définition).
Cet appareil, destiné au grand public, a bénéficié d’une campagne publicitaire importante, on trouve même des posters :
Publicité pour l’Anscofolex 2 et les films Ansco (1956)
Mais nous pouvons relever quelques idées peu abouties, comme le filetage pour trépied qui sous tend une utilisation pour éviter le flou mais il n’y a pas de filetage pour un câble de déclenchement. D’autant que la vitesse restera encore et toujours au 1/60s, et que le piston qui fait bouger l’obturateur latéralement risque aussi, par sa rigidité, de provoquer ce f… flou. Ensuite le mouvement de va et vient pour armer et faire avancer le film, car il faut compter une cinquantaine de mouvements pour arriver à la première vue du film. Ce n’est pas d’une facilité exemplaire.
Tiens, je n’ai encore rien écris à propos du flash, l’Anscoflash IV. Celui-ci se fixe sur le côté gauche de l’appareil grâce à une vis et 1 tenon qui se calent dans la carrosserie. Celui-ci utilisent deux piles C classiques, qui se logent dans la poignée. Les ampoules sont soit des SF, des SM ou des M2 (grosses ampoules à douille métallique). Seul ce flash est accepté par l’appareil, comme pour les Brownie Hawkeye de Kodak.
Monté sur l’appareil, ça lui donne un petit côté reporter à la Weegee (sans la grosse SpeedGraphic et le cigare Cubain).
Quant à la synchronisation, elle se fait au … 1/60s, la seule vitesse de l’appareil.
A l’origine, l’appareil se vendait dans une mallette en cuir brun qui contenait l’Anscoflash IV, 2 piles C, 4 ampoules flash et l’appareil dans un sac tout près en cuir de la même couleur que le boitier. D’origine, la lanière en plastique, de la même couleur encore, non réglable, est fixée à l’appareil.
Un mot encore sur ce drôle d’engin : il utilise du film en 620 et impossible d’y faire entrer du 120, ça coince.
J’ai déjà expliqué la différence entre les 2 bobines, illustrées ci-dessous :
Source : emulsive.org. A gauche, une bobine de 620 et une de 120 à droite.
ll existe plusieurs méthodes pour faire passer du film 120 sur des bobines 620, vous en trouverez pas mal sur Internet, mais celle que j’utilise est plus rapide et plus simple : vous entourez la pellicule dans du film alimentaire bien serré puis, avec une petite ponceuse et une feuille à gros grain (180 par exemple), vous ramenez l’épaisseur de la rondelle de la 120 à celle de la 620 (1,25mm) de chaque côté. Puis vous ôtez le film alimentaire, qui aura retenu les poussières, et le tour est joué.
Que penser de cet Anscoflex 2 ?
Comme je le disais en préambule, ce boitier a un petit quelque chose qui attire le regard, surtout s’il est monté avec son flash.
Le volet à l’avant intrigue et on a envie de le soulever pour découvrir ce qui se cache derrière. Puis on aperçoit l’immense viseur en verre, très clair.
Mais bien vite on constate aussi les limites de l’engin : pas de réglages, hormis les 2 boutons devant, qui sont plus des gadgets que des accessoires utiles ; pas de vrai TLR mais c’est bien imité ; la gymnastique pour faire avancer le film à la première vue puis aux suivantes, archaïque.
Si je n’ai pas eu l’occasion de tester le Brownie Hawkeye, j’ai utilisé le Kodak Dualflex, qui date de la même époque et les résultats furent … surprenants !
Je vais donc tester cet Anscoflex, pour le plaisir. Les résultats sous peu (enfin, le temps de prendre les photos, de les faire développer et scanner).
En trouver un de nos jours en bon état et avec son box complet n’est pas évident, quoique vous en trouviez sur Ebay, mais aux USA. Sinon les prix varient de 25€ à 75€. Pas de quoi se ruiner pour tester un objet qui a su défier le temps et les modes.
Ah, celui-ci, il fleure bon son pays d’origine, de l’autre côté d’un rideau de fer, gravé fièrement sur le fut de l’objectif!
Le Cosmic 35 est un petit appareil soviétique qui utilise du film en cartouche 135 que je classerai pour ma part dans la catégorie Lomography, même si les résultat photographiques ne sont pas si mauvais que ça, nous le verrons plus loin.
Un peu d’histoire.
Eh bien je vous invite à lire l’article que j’ai consacré au Lomo Smena 8 car le Cosmic 35 ou Revue 35 s’il est re badgé par l’importateur allemand, voire Global 35 pour un autre importateur, est la version d’exportation de cet appareil.
Apparu en 1964, il sera produit jusqu’en 1971. Il fait partie de ces appareils bon marché destinés aux peuples de l’URSS mais que l’on a également vendu à l’Ouest car il fallait bien faire rentrer des devises. De toute manière, contrairement à l’idéologie de l’Est, tous les habitants de l’Ouest n’étaient pas forcément riches et donc ce petit appareil a aussi eu son lot de clients occidentaux.
Simple d’utilisation, il allait quand même se heurter très vite à la machine de guerre de Kodak, qui sortait aussi, en 1963, ses Instamatic avec les cassettes 126, mais c’est une autre histoire …
Présentation du Cosmic 35
C’est un petit appareil tout en plastique, solide, presque comme de la bakélite. La plaque supérieure, bleu/gris est ornée d’un motif granuleux sensé rappeler le cuir.
Vu de face, à droite, une petite molette métallique, à peu près au centre, une griffe flash dite froide (il y a une prise PC sur le fut de l’objectif) et à côté d’elle, un rond encastré dans la plaque assure la fenêtre du compteur de vue (qu’il faut remettre à zéro soi-même) et un mémo pour les Asa, limité à 200 Asa. A gauche, une grosse roue qui est en partie sous le capot, servira à entrainer le film après chaque prise de vue.
Ce qui m’ a perturbé au premier regard, c’est qu’il n’y a pas de manivelle pour rembobiner, ni, en dessous de l’appareil, un bouton de déverrouillage quelconque.Il faut chercher l’astuce.
De fait, celle-ci est double car il faut d’abord enfoncer le bouton de déclenchement et le faire tourner un quart de tour vers à gauche pour aligner deux points rouges, puis il faut (essayer de) faire tourner la petite molette métallique, et c’est pas gagné car le mécanisme est super dur !
Toujours sur le capot supérieur, le viseur, un simple tunnel, sans marques de cadre ou de corrections de parallaxe. De toute manière, avec une mise au point commençant 90cm, on n’en a pas vraiment besoin.
Pour le chargement du film, il suffit d’ouvrir le loquet sur la tranche et c’est tout le dos qui s’enlève. Attention, la bobine réceptrice est amovible, ne la perdez pas. Si cette solution à l’air de simplifier la mise en place d’un film, imaginez-vous assis sur un banc, avec votre cartouche de film en main, le dos de l’appareil posé quelque part et la bobine folle qui ne demande qu’à se faire la malle : pas confortable ni pratique in fine.
Comme mon exemplaire est bloqué, je ne suis dit que je pouvais le démonter pour voir ce qu’il y avait lieu de faire pour (essayer de) le réparer.
Deux vis fendues à ôter et le capot bouge mais reste bloqué par la petite molette métallique. En soulevant le capot, il faut regarder par dessous la molette et découvrir un petit ressort sur le fut qui supporte la molette. Avec un fin tourne-vis, faite le sauter pour pouvoir dégager la molette.
Une fois cela effectué, vous pouvez enlever le tout et découvrir le mécanisme. Notamment celui de la bobine de rembobinage qui était si dure à l’usage : c’est en fait un renvois d’angle, ce qui explique sans doute que lorsqu’il y a tension, ça coince, d’autant que la molette est petite et peu pratique pour les doigts.
Pour le reste, c’est assez basique, comme vous pouvez le voir sur les photos.
Au point de vue des manipulations, si vous n’armez pas d’abord l’obturateur via le levier marqué d’un point rouge, vous ne pourrez pas déclencher. Ensuite, photo faite, vous devriez pouvoir tourner la grosse molette noire pour faire avancer le film et ce mouvement doit entrainer le compteur. Regardez-le bien pour la progression des images car il n’y a pas de blocage, ni réarmement de l’obturateur !
Avantage : vous pouvez faire autant de surimpressions que vous voulez ; inconvénient : la même chose si vous êtes distrait !
Venons-en à l’objectif, un Lomo T43 de 40mm ouvrant de f4 à f16. La mise au point se fait en faisant tourner la couronne contre le boitier tandis que l’ouverture se règle en faisant tourner la fine bague juste devant la lentille. Ici, deux soucis : le réglage se dérègle très vite et ensuite il arrivera vite que vous empreintes digitales se retrouvent sur le verre. Comme l’obturateur est presque collé à la lentille, elles risquent d’apparaître sur vos clichés. Chiffon plus qu’utile dans la poche.
Si vous regardez bien, il y a une rangée de chiffres supplémentaires au dessus des chiffres des vitesses. En fait, si vous utilisez une cellule à main qui donne les valeurs EV (comme les anciens Zeiss Ikon Ikaphot par exemple), le chiffre de la vitesse ajouté à celui de l’ouverture doit être la valeur EV requise.
Autrement dit, si votre cellule indique EV14, vous choisirez une ouverture de f8, qui porte aussi le chiffre 6 (8+6=14) et si vous regardez EV14 moins l’ouverture 6 donne une vitesse de 8, soit le 1/250s.
Autre exemple : si la cellule indique EV12 et vous voulez une vitesse d’obturation de 1/125s pour éviter le flou de bougé. 1/125s porte le chiffre 7. Donc EV12 moins la vitesse 7 donne une ouverture de 5 qui est f5.6.
Les vitesses se limitent au 1/250s maximum, plus une pose B. Cependant, comme l’obturateur est dans l’objectif, la synchronisation du flash se fait à toutes les vitesses et donc jusqu’au 1/250s, via la prise PC sur le fut de l’objectif.
Sous cette prise, le petit levier est celui du retardateur, de 10s, à n’armer que lorsque le levier d’armement de l’obturateur est abaissé.
Que penser de ce Cosmic 35 ?
Avouons-le, il a un petit côté sympa avec cette forme improbable, qui est loin d’être un modèle d’ergonomie.
Même s’il a l’air solide, il reste fragile et les exemplaires en forme sont assez rares. La faute sans doute à ce manque d’ergonomie qui fait que certains le forcent.
Si vous prenez la peine de regarder les références ici en dessous, vous constaterez que les images prises avec l’appareil ne sont pas mauvaises du tout, l’objectif s’en tire plus qu’honorablement.
Comme je l’écrivais au début de l’article, je le classe toutefois dans la catégorie lomographie car il est loin des standards de ce type d’appareil, même si les images sont meilleures qu’avec un Instamatic de Kodak.
S’il n’est pas vraiment rare, il n’est pas commun, du moins en Europe de l’Ouest, quelque soit le nom utilisé pour le nommer. Les pays autrefois dits « de l’Est » sont un meilleur réservoir que nos pays.
Au niveau prix, si vous en trouvez un en parfait état, avec sa gaine en vrai faux cuir russe, ne dépensez pas plus que 15€ pour l’acquérir.
Ensuite, ça peut être un petit compagnon amusant mais peu fiable.
Vidéo d’illustration
Un peu de technique
Objectif : Lomo T-43 de 40mm ouvrant de f4 à f16 Plage de mise au point: 90cm à l’infini Ajustement de l’objectif: fixe Obturateur: armement séparé du déclencheur Vitesses: 1/15 à 1/250s plus pose B Flash: connecteur PC et synchro X jusq’au 1/250s Taille du film: 35 mm
Ah, petit clin d’œil à Nicolas, j’en ai trouvé un, avec son flash !
Avouez que ça fait très « pro » des années cinquante !
Je vous ai déjà proposé un Kodak Brownie « moderne » (en opposition aux Brownie en forme de box en carton ou métallique), le Twin 20, assez étonnant.
Ici, c’est une remarque de Nicolas qui m’a fait tourner la tête vers cet appareil sur une brocante, d’autant qu’il était accompagné de son flash.
Pour le situer, c’est un appareil qui sera produit aux Etats-Unis, au Canada et en France entre 1949 et 1961, avec quelques variantes, bien évidemment. Il est fabriqué entièrement en bakélite. Ne le laissez pas tomber, ça casse.
Vu sa longévité, vous vous doutez bien que c’est un appareil « bien né » et en tout cas une réussite commerciale pour Kodak.
Au début cet appareil n’était pas prévu pour utiliser un flash. C’est en 1951 que les modifications ont été apportées. Dès lors ce Brownie est devenu Brownie Flash en France et Brownie Hawkeye Flash aux States.
Nos amis collectionneurs trouveront des subtiles différences dans les modèles, comme un bouton d’avance du film métallique pour les anciens exemplaires et en plastique par la suite.
Pour ceux qui ne le savent pas, comment retrouver la date de fabrication de son appareil photo Kodak ?
En ouvrant l’appareil, à l’endroit de la bobine réceptrice, vous trouverez 4 lettres. Celles-ci correspondent à des dates, en utilisant le code Kodak « CAMEROSITY ».
C A M E R O S I T Y 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0
Cet appareil, qui porte les lettres YORA, aura ainsi été fabriqué en juillet 1951. En effet, Kodak a utilisé 13 périodes de 4 semaines pour diviser chaque année, de sorte que ces chiffres se traduisent par la 7e période de 4 semaines de 1951 (entre la seconde moitié de juin et le début de juillet).
Comme souvent avec ces Brownies, l’appareil est compact, avec une poignée pour le transport sur le dessus et le bouton d’armement à droite. Il est souvent présenté dans son « sac tout prêt » en vrai/faux cuir du plus bel effet mais absolument pas pratique.
Nous devons le design à Arthur H. Crapsey, qui est aussi l’auteur du Kodak Brownie Bull’s-Eye et des Kodak Brownie Star dans les années quarante et cinquante.
Visuellement, il est bien équilibré :
d’abord un grand viseur sur le dessus, avec un verre bombé qui élargit le cadre
ensuite, de part et d’autre, le déclencheur et un second bouton qui permet de faire des expositions longues (mais il n’y a pas, paradoxalement, de prise pour fixer un trépied)
Cet appareil est prévu pour utiliser des films aujourd’hui disparu, les 620 qui sont en fait des 120 avec une bobine plus fine et dont la tête est plus petite. Mais comme le faisait remarquer Nicolas, c’est sans doute le seul appareil qui acceptera la bobine de 120 sans rouspéter car il y a assez de place pour que celui-ci tourne sans devoir la transformer. Un bon point !
Attention toutefois, la bobine réceptrice devra être une bobine de 620 (à vérifier si vous achetez cet appareil qu’elle soit dedans) car si la bobine de 120 tourne bien en bas, il n’en est pas de même de l’autre côté, allez savoir pourquoi !
Source : emulsive.org. A gauche, une bobine de 620 et une de 120 à droite.
Le viseur, un simple verre bombé placé au dessus d’un miroir incliné, est une version (très) simplifiée de la visée des TLR (twin lens reflex). Il donne une image inversée, non corrigée.
Seul avantage de ce système : il n’y a que 2 vis à ôter pour nettoyer le tout et remettre au goût du jour ces appareils.
Ne nous trompons pas, la visée se fait plutôt « au pif » qu’avec la rigueur des autres types d’appareils, même si le carré du viseur correspond au cadre.
L’objectif est un ménisque de 80mm ouvrant à f16 (ouverture fixe). La mise au point minimale est de 3,5m jusque l’infini. Il n’est pas traité et sera donc très sensible aux reflets, ce qui fait en sorte son charme. Tout comme le vignetage et la distorsion en barillet qui, même si elle est faible, est comme une signature. Les plus pointus trouveront aussi quelques aberrations chromatiques. De fait, la surface plane de l’avant de l’objectif plus le verre de protection placé devant l’obturateur font que tous ces petits défauts s’accumulent. Et pourtant, les images tirées par cet appareil ne sont pas si nulles, voyez ICI.
D’autant qu’il ne faut pas oublier que vous allez travailler avec un grand négatif de 6X6cm, ce qui vous autorise, si besoin, à recadrer.
Enfin, les agrandissements sont bons mais vous pourriez faire comme à l’époque, un tirage direct à partir du négatif (tirage par contact).
Si vous tombez sur de vieux albums familiaux, il est très probable que certaines photos sont issues de ce type d’appareil, vendu à plusieurs millions d’exemplaires et les photographes de l’époque s’en sortaient assez bien.
Restons au niveau « technique » en écrivant sur la vitesse de l’obturateur. Théoriquement, elle doit être entre 1/30s et 1/50s mais cela va dépendre de la propreté de l’ensemble, de la fatigue éventuelle du ressort, de la chaleur, du froid, … et de l’âge du capitaine !
C’est un obturateur rotatif (il tourne pour exposer le film).
Bref, à cette vitesse là, tenez bien l’appareil en mains pour éviter les flous de bougé, à moins d’utiliser un film un peu plus rapide que ceux de l’époque (c’est d’ailleurs le seul paramètre sur lequel vous pouvez influer).
C’est sans doute ici que le flash intervient. Attention, pas n’importe quel flash, ce doit être un Kodak, le Midget (celui aussi des Brownie Starlet, Starflex ou Bull’s Eye).
Ce flash se monte sur le côté et si vous devez le monter, faites-le sans piles et sans ampoules, un faux contact et hop, ça flash !
Par contre, ce qui est intéressant, c’est qu’il est alimenté par deux piles C, très courantes. L’ampoule est de taille M, peut-être un peu plus difficile à trouver.
Le flash est synchronisé avec l’appareil dès que celui-ci est monté dans les broches et visé au corps.
Plus tard Kodak proposera un flash plus petit, le Kodalite Midget, qui utilisera deux piles AA et acceptera les plus petites ampoules flash M2 et M2b (bleues, pour les films couleur) ainsi que les plus grandes #5 et #25, plus économiques et peut-être plus facile à trouver.
Nous n’avons plus l’habitude de ce type d’appareil et de flash à ampoule mais rappelez-vous qu’ici vous ne pouvez pas modifier la vitesse de l’obturateur. La seule manière d’atténuer la puissance de l’éclair c’est de s’éloigner de son sujet.
Pour mettre un film dans la chambre, vous allez devoir faire pivoter le verrou, placé au dessus, sous la sangle.
Tout le dos s’escamote, vous laissant découvrir toute la chambre dans sa splendide … simplicité.
Profitez-en pour revoir vos notions d’anglais car tout est bien expliqué pour y placer un nouveau film.
Ne cherchez pas un quelconque compteur de vue, c’est une petite fenêtre rouge, à l’arrière, qui vous permettra de voir le film avancer, vue par vue. Ne pas faire tourner le bouton trop vite est gage de bon positionnement du film.
Même si l’appareil est simple, Kodak lui a fournit toute une série d’accessoires peu courant dans cette gamme.
Comme un filtre jaune de série V de 25,5mm, qui se monte par friction.
Source : emulsive.org. La plupart des autres filtres de cette série peuvent se monter sur le Kodak Brownie Hawkeye Flash.
Il y aura aussi notamment un objectif « gros plan », des options de flash (le Midget, plus petit), un « étui de terrain » en cuir (voir au début de l’article) et un « filtre nuage ».
Source : emulsive.org. Le complément optique « grand angle »
Avec cet accessoire, la plage de mise au point descend entre 1,5m et 2,5m. Attention si vous l’utilisez, n’oubliez pas qu’il n’y a pas de correction de parallaxe sur l’appareil. Alors si vous ne voulez pas guillotiner vos sujets, pensez à incliner l’appareil vers le haut pour compenser.
Voilà, voilà … nous avons fait le tour de l’engin. Alors que retenir de lui ?
Son look d’abord, avec ce gros flash sur le côté, qui lui donne un air professionnel pour les novices en face.
Mais sil a le ramage, il n’a pas le coffre pour rivaliser avec d’autres appareils de années cinquante à soixante. Rappelez-vous, il n’y a qu’une ouverture, fixe, et une vitesse, limitée si tout va bien au 1/50s.
Le seul réglage que vous pourriez faire, c’est choisir la sensibilité du film selon les conditions de lumière du moment, le sujet et l’environnement dans lequel il va évoluer.
Si j’en crois les différents auteurs consultés, ce qui nous sauve, c’est la latitude des films, qui compense les limites de l’appareil. La plupart a utilisé du 100Asa avec succès lorsqu’il y avait du soleil ou un temps légèrement couvert.
La vitesse d’ouverture limité vous autorisera rarement à fixer des sujets aux mouvements rapides : le flou de bougé sera bien souvent invité, soit parce que le sujet a bougé, soir parce que vous avez tremblé.
Mais bon, toutes ces limitations peuvent devenir des invitations à la créativité, ce que certains photographes exploitent avec brio (voir les exemples de photos cités plus haut).
D’autant que la facilité à démonter cet appareil en incite certain à des manipulations comme le retournement de l’objectif (le centre sera net et les bords flou).
Comme il n’y a pas de protection contre les doubles expositions, vous pourrez vous en donner à cœur – joie.
Internet regorge de bidouillages en tout genre pour cet appareil. Soyez curieux, allez y faire un tour.
Enfin, puisque vous travaillez avec un grand négatif, là aussi beaucoup de choses sont permises, comme le tirage par contact évoqué plus avant ou a contrario, de grands agrandissements pour aller chercher des détails qui se perdent dans des formats plus petits.
En résumé, vous devriez pouvoir trouver cet appareil, avec son flash, pour une vingtaine d’euros, en parfait état et fonctionnel. Moins si vous devez le démonter pour le nettoyer. Vérifiez bien que vous possédez une bobine de 620 dans la chambre. Sinon, il faut en trouver une.
Petite video d’illustration :
ils se comportent comme de vieilles caméras. La plupart n’ont jamais été révisés et beaucoup présentent une usure considérable. Certains peuvent avoir des obturateurs collants (très lents) ou inopérants, une synchronisation du flash non fonctionnelle ou d’autres composants internes cassés.Kodak n’a jamais conçu ces appareils photo comme des outils professionnels haut de gamme ; ils étaient destinés à rendre la photographie plus accessible à l’amateur plus intéressé à prendre une photo des vacances en famille ou de la fête d’anniversaire d’un enfant. Parce qu’un grand nombre d’entre eux ont été fabriqués, ils sont acquis à un prix relativement bas. Le mien coûte moins de 20 $ et peut souvent être obtenu à un prix beaucoup moins cher lorsqu’il est acquis dans un marché aux puces ou trouvé caché, peut-être dans le sous-sol ou le grenier de la maison d’un parent.
Etrange nom n’est-ce pas, qui est en fait écrit en caractères cyrilliques et en caractères latins.
Mais que je vous raconte : nous étions en vacances en Croatie et de passage à Zagreb nous apprenons qu’il y a une espèce de brocante continue, qui a lieu tous les jours. Comme je rêvais de trouver là-bas l’un ou l’autre appareil russe intéressant, ni une ni deux, nous voilà parti à la découverte de ce lieu très connu.
Il faisait beau, il faisait chaud, nous avons pas mal marché mais, in fine, j’étais déçu : quelques petits compacts des années nonante, japonais, rien de plus.
Et puis, au détour d’une énième allée, un petit compact on ne peut plus russe, ce ВИЛИЯ – VILIA dans sa sacoche en vrai cuir artificiel et, ma fois, beaucoup de poussières.
Petite négociation en anglais et me voilà avec, enfin, un appareil « de l’Est ».
Bon, de retour à la maison, cherchons un peu qui se cache derrière ce carré de plastique assez simpliste au premier abord.
Tout d’abord le fabriquant, la MMZ-BelOMO à Minsk, en Biélorussie (Minskiy Mechanicheskiy Zavod, ou usine mécanique de Minsk et OMO signifiant Optical and Mechanical Association). Vilia est aussi le nom d’une rivière qui court de la Biélorussie à la Lituanie.
Cet appareil y a été fabriqué entre 1973 et 1986 à plus de deux millions d’exemplaires ! C’est typiquement un appareil fabriqué en masse car « le peuple devait pouvoir posséder un appareil photo ». Il était vendu 23 roubles.
Petite remarque en passant. Si le nom de l’appareil est inscrit en russe et en alphabet latin, il ne sera toutefois pas exporté au delà des satellites de la Russie. Il est rare d’en trouver dans l’Occident décadent.
Commençons la visite : il est tout en plastique, avec néanmoins une feuille métallique qui fait quasi le tour de l’engin, donnant un aspect plus « chic » et solide. Il est d’ailleurs étonnamment lourd pour un appareil tout plastique, serait-il lesté ? Sans doute.
Sur le dessus, une prise pour un flash, tout à droite et à l’autre extrémité, la molette pour le rembobinage. Ne lui arrachez pas la tête pour tenter d’ouvrir le boitier, c’est un verrou, sur la tranche gauche qui s’en charge.
Le flash possède une synchro X et sur la tranche gauche, il existe aussi une prise PC pour les flashs plus anciens. Comme l’obturateur est central, la synchro se fait à toutes les vitesses.
« Et le déclencheur, il est où ? »
Sur le pourtour de l’objectif, en prise directe avec l’obturateur central. Celui-ci propose des vitesses de 1/30 – 1/60 – 1/125 – 1/250 et une pose B. Ces vitesses, vous les réglez avec la première bague, contre le boitier.
Tant qu’à être sur l’objectif, jetons-y un œil : inscrit en russe et en caractères latins, il est indiqué que c’est un triplet en verre, avec un revêtement multi-couche, de 40 mm ouvrant à f/4.
La mise au point se fait avec la bague notée soit en mètres soit avec des symboles tels que portraits, portrait à deux, groupe et bâtiment (tiens, y a pas de montagne en Russie ?). La mise au point minimale est d’environ 80 cm.
Si vous choisissez d’utiliser les symboles, la vitesse d’obturation est prédéfinie en fonction de l’échelle de vitesse du film indiquée sur sa bague, en dessous – de 1/30 s pour 25 ou 32 GOST à 1/250 s pour 200 ou 250 GOST (le Gost est la référence de sensibilité russe, comme nos Asa ou Iso), tandis que l’exposition est ajustée en changeant l’ouverture de 4 (gros nuages/pluie) à 16 (soleil éclatant). Les symboles météorologiques sont visibles uniquement en bas du viseur et sont signalés par un petit point lumineux, en fonction du réglage de l’ouverture. Il faut y être attentif car ils ne sont pas bien visibles (manque de contraste).
Le viseur et les symboles lors de la prise de vue. Le viseur, au reflet jaune, montre des cadres et une correction pour la parallaxe. Pas très clair mais suffisant pour la visée.
Par dessous, un petit levier, indiqué de 4 à 16 règle l’ouverture. L’obturateur est de type à lames, tandis que le diaphragme à quatre lames a une ouverture presque carrée.
Le compteur de vue est en dessous et commence à 1 pour finir à 36. Il se réinitialise en ouvrant le dos.
Toujours en dessous, un filetage pour un trépied et le bouton pour pouvoir rembobiner le film.
Au dos de l’appareil, une petite roue, exprimée en Gost et Asa (qui pourtant ne correspondent pas tout à fait) ne sert que d’aide mémoire pour le film introduit dans le boitier. L’appareil ne possède pas de cellule, vous l’aviez déduit.
Le levier d’armement est assez discret, affleurant et à la course assez longue. Peu bruyant, tout comme le déclencheur finalement.
Pour le transport, c’est soit via le sac tout prêt, soit via une dragonne qui se fixe sous l’appareil, sur le filetage du trépied.
Voilà, on a fait le tour de l’engin.
Si on le regarde avec des yeux d’occidentaux, il ressemble (de loin) à un petit compact de ces années-là. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il ressemble aux appareils japonais mais les derniers Bessy de Voigtländer, ou un Smena Symbol pour rester dans le pays.
En ce qui concerne l’objectif, le Triplet est correct et raisonnable. Mais à grande ouverture, parait-il, il y a davantage de distorsion visible sur les bords. Ceci est moins évident de plus près et à des ouvertures réduites.
Si vous voulez voir ce que ça donne comme images, c’est par ICI.
En résumé, un petit appareil tout simple, qui a toute sa place en Lomography : pas de prise de tête pour faire la photo, réglages simplifiés, images convenables.
Reste qu’en trouver un n’est pas évident, très peu d’exemplaires nous sont parvenus. Quoique, avec l’Internet, c’est relatif.
Question prix, disons 20€ maximum avec son « sac tout prêt », le prix de l’exotisme en somme.
Videos d’illustration :
Un peu de technique :
Objectif : Triplet-69-3 (ТРИППЕТ) 40 mm f/4, verre revêtu, filetage de filtre 46 mm
Ouverture : jusqu’à f/16 réglage : par un petit levier sous l’objectif
Plage de mise au point : 0,8 à 8 m + inf
Mise au point : mise au point manuelle de la cellule frontale, symboles sur l’échelle de distance (portrait, portrait de groupe, groupe, paysage) et échelle DOF
Obturateur : type vantail, vitesses : 1/30-1/250 +B
Déclencheur : sur l’obturateur
Prise de déverrouillage du câble : aucune
Levier d’armement : enroule également le film, course courte 180°), au dos de l’appareil photo
Compteur d’images : réinitialisation automatique, type additif, fenêtre sur la plaque inférieure
Viseur : cadre lumineux, avec lignes de correction de parallaxe
Levier de rembobinage : manivelle rabattable, sur la plaque supérieure
Déclencheur de rembobinage : bouton sur la plaque inférieure
Prise Flash PC : sur le côté gauche de l’appareil photo
Cadran mémoire : au dos de la plaque supérieure
Retardateur : aucun
Dos : à charnière, s’ouvre par un loquet coulissant sur le côté gauche de l’appareil photo
C’est grâce à Isabelle (qui m’avait déjà donné le box Brownie Six-20 Model C et que je remercie donc encore chaleureusement) que je vais vous présenter un Agfa ISO-RAPID 1C.
Mais, dans le même temps et en déballant celui-là, je me suis souvenu que dans ma caisse « à brol » il me restait un autre ISO-RAPID, mais un 1F, en moins bon état que celui d’Isabelle.
Je vais donc faire d’un pierre deux coups et vous présenter les deux.
L’Iso-Rapid 1C (à gauche) possède un déclencheur sur le capot alors que l’Iso-Rapid 1F (à droite), antérieur a encore le déclencheur sur l’obturateur
Une première réflexion, avant toute chose : si Isabelle a pu me céder ses deux appareils c’est parce que, comme beaucoup d’autres personnes, elle a hérité de ceux-ci. Se sont, tous les trois (le box, les 2 Iso-Rapid), des appareils qui ont été vendu « par camions » et qui ont marqué l’histoire de la photographie non pas par leur complexité inouïe (loin de là) mais par leur facilité d’utilisation qui en ont fait des appareils prisés. Ils ont donné accès à l’acte photographique au plus grand nombre et – accessoirement – permis à Kodak ou Agfa de vendre encore un peu plus de films.
Toute une époque …
Un peu d’histoire.
Mais comme souvent, les choses les plus simples s’avèrent complexes à expliquer et nous ne pouvons faire l’impasse sur un peu d’histoire.
Il faut tout d’abord se remémorer ce qu’est un film et comment il fallait le mettre dans un appareil. Manifestement, cet acte en apparence simple était la hantise de nombreux photographes (très) amateurs.
Merci Manu.
Les industriels n’ont alors eu qu’une envie : trouver le moyen miracle pour simplifier le chargement et le déchargement de celui-ci.
Ils ont développé essentiellement deux voies : celle de la mécanique des appareils, avec des bobines réceptrices de plus en plus sophistiquées et/ou des systèmes permettant le chargement rapide et qui deviendra automatisé dans les années nonante. Je songe notamment au système QL (quick load) de Minolta, Yashica, Praktica ou Canon.
Et puis il y eut celle du film en lui-même : de l’appareil préchargé d’un film de Kodak (1898) qu’il fallait renvoyer pour développement et rechargement ensuite, en passant par des bobines, où il fallait enrouler soi-même le film dedans, à la bobine industrielle avec la pellicule prête à l’emploi, les fabricants ont cherché le truc ultime, qui apparaitra dans les années soixante : la cassette de 126, puis celle du 110.
Il y eut des formules intermédiaires, bien évidemment.
Et deux protagonistes, essentiellement, Agfa et son grand rival (ou l’inverse), Kodak.
De fait, ces deux-là ont bien essayé de trouver une entente car leur but était commun : vendre le plus de pellicules possible (ne nous leurrons pas, si les fabricants d’appareil photo gagnent leur vie, c’est surtout grâce à la vente de consommables qu’ils font du bénéfice). Pour cela, il fallait résoudre trois difficultés rencontrées par les photographes peu au fait de la technique mais nombreux. A savoir le réglage de l’exposition, le réglage des distances et le changement de film.
La première difficulté fut résolue en 1959 par Agfa avec l’Optima, qui introduisait une cellule au sélénium et le premier automatisme de l’ouverture couplée.
La seconde difficulté ne sera résolue qu’avec l’invention de l’autofocus mais bien plus tard (fin années septante). On avait bien instauré le système des symboles pour portrait, groupe et paysage et ça a fonctionné sans trop de soucis pendant longtemps, en simplifiant la recherche de la distance idéale.
Restait la troisième difficulté, le chargement du film dans l’appareil.
Bien souvent, le revendeur de film se chargeait de l’opération au moment de la vente, mais vous conviendrez avec moi que si « Monsieur et Madame Tout le Monde » sait le faire lui-même, ça permet de vendre bien plus de films !
En 1962 Kodak Allemagne et Agfa essaient de développer conjointement un système de chargement rapide, basé sur la cartouche Karat, inventée par Agfa en 1937.
Mais Kodak USA rejette le projet et présente alors de son côté, à la Photokina de mars 1963, l’Instamatic et son Kodakpak (cartouche de 126).
C’est l’ingénieur Australien Hubert Nerwin qui invente cette cartouche en plastique dans laquelle se place un film au format 35mm, avec des perforations spécifiques, doublé d’un papier jaune qui porte le numéro des vues (un peu comme les films en 120). On ne peut faire plus simple : il suffit de déposer la cassette dans la chambre, de refermer l’appareil et d’avancer à la première vue. Lorsque le film est terminé, pas besoin de rembobiner, il suffit d’enlever la cartouche et de la déposer au labo.
Tout n’était pas parfait, loin de là : problème de planéité du film dans la cassette même, impossibilité de mettre en place un presse film pour y remédier, imprécision dans la fabrication, avec comme conséquences des images pas toujours très nettes.
Kodak n’arrêta la production du format 126 qu’en 1999, soit trente-trois ans plus tard, et des millions de films et d’appareils Instamatic vendus, un succès !
Vexé sans doute, Agfa refuse de prendre la licence Kodak tant parce que les conditions leurs semblaient défavorables que pour rester indépendants technologiquement.
Agfa fait alors le « forcing » pour lancer son système Rapid, notamment en essayant d’amener le plus de fabricants d’appareil à rejoindre le « Club Rapid ». Il vont jusqu’à offrir des licences gratuites pour les convaincre d’adhérer.
Finalement, 27 fabricants européens et japonais se rejoignent. En décembre 1964 de nombreux appareils ayant adopté le « system Rapid » sont mis sur le marché. Mais essentiellement sur le marché européen d’abord, les USA ne seraient approché qu’une fois que le système fut bien implanté en Europe.
La cartouche Rapid d’Agfa
2. Résultats.
Dès le départ, le système Rapid sera à la traîne par rapport à l’Instamatic.
On peut dégager trois raisons à cela : le budget publicitaire de Rapid n’était que de 10 millions de DM (Deutch Mark pour mémoire) contre 50 millions de DM pour Instamatic rien qu’en Europe ; le changement de film encore plus facile avec l’Instamatic ; le manque de solidarité du Rapid Club a fait qu’en deux ans, tous les membres qu’ils avaient gagnés ont arrêté la production.
En conséquence, Kodak avait déjà vendu 22 millions d’appareils photo Instamatic dans le monde en 1967, tandis qu’Agfa n’en était qu’à environ 4 millions d’appareils photo Rapid au cours de cette période.
Finalement, Agfa proposera des films Instamatic pour ses appareils dès 1967 et il abandonnera les appareils Rapid en 1972. Les Agfamatic allaient prendre le relais, avec succès.
3. Le « system Rapid »
Mais revenons un instant sur ce « system Rapid ».
C’est un système développé essentiellement par Agfa lui-même en 1963 et présenté en 1964.
Il se compose de deux magasins métalliques identiques, l’un contenant un film 35 mm et l’autre vierge, qui recevra le film exposé. Le film passait d’un magasin à l’autre au fur et à mesure de son utilisation
La cartouche contenant le film était alternativement inséré à droite ou à gauche, selon la configuration de l’appareil.
En lançant le système Rapid, Agfa réactualise en quelque sorte le système Karat (inventé en 1937 pour mémoire) comme je l’écrivais plus haut.
C’est un film 35 mm dans un cartouche sans axe central. Le film n’est entrainé que par les dents d’un cabestan qui s’insèrent dans les perforations du film. Il est ainsi sorti de la cartouche débitrice et poussé dans la réceptrice. Il n’y a pas besoin de rembobiner en fin de film, les deux cartouches étant strictement semblables. Sur les cartouches, il y a un petit ergot métallique, de longueur différente suivant la sensibilité du film. Elle est « interprétée » par certains modèles d’appareils pour transmettre la valeur de la sensibilité au posemètre.
Ce nouveau système de chargement instantané du film permet de photographier plus simplement, plus sûrement et plus rapidement avec les avantages suivants : mise en place simple du film, accrochage automatique de celui-ci, réglage automatique de la sensibilité du film pour les appareils à commande automatique de l’exposition , pas de rembobinage, appareil rapidement prêt à fonctionner, changement de film rapide et netteté exceptionnelle grâce à un cadre presseur assurant la parfaite planéité du film. Un seul métrage de film est prévu qui permet d’obtenir : 12 vues en 24 x 36, 16 vues en 24 x 24 et 24 vues en 18 X 24.
Le principe est séduisant et répond manifestement aux imperfections du concurrent Kodak (planéité du film, netteté, gestion de la sensibilité).
Concrètement, la cartouche Karat était identique à la cartouche Rapid à un détail près, une petite innovation qui, comme avec la cassette Instamatic, permettait de connaître la vitesse du film. À cet effet, une tôle en forme de T a été rivetée à la cartouche à mi-hauteur près de l’ouverture du film, la base du ‘T’ ayant une longueur différente, qui indiquait la sensibilité du film.
Heu, ce code n’intéressait que le labo, l’utilisateur n’en avait pas connaissance.
Les cartouches Rapid et Karat étaient rétrocompatibles, elles pouvaient donc être utilisées dans un appareil photo Karat ou Rapid, pour autant que celui-ci soit sans posemètre, les appareils du système Karat n’en disposait pas.
Techniquement, la cartouche Rapid n’a donc pas d’axe à l’intérieur. La languette de film, qui dépasse comme celle d’un film 35 mm, a été coupée droite et spécialement gaufrée afin d’obtenir une torsion avec laquelle elle devrait s’enfiler de manière fiable dans la cartouche réceptrice. Il s’agissait de la cartouche de rechange du dernier film ou d’une cartouche vide fournie avec l’appareil photo.
Après insertion du film et fermeture du dos de l’appareil, le film s’enroule image par image dans la cassette vide lors du transport du film. La cartouche pleine est ensuite déchargée pour le développement, et la cartouche désormais vide peut être utilisée pour le film suivant à enrouler. Il n’y a donc pas eu de rembobinage.
Vous noterez que cette particularité autorise toujours l’emploi de ces cassettes, que l’on peut charger avec du film moderne en rouleau. Mais il faut connaître le code de la cartouche pour la bonne sensibilité du film si l’appareil possède un posemètre.
Autre point à connaitre : la cartouche n’accepte que 60cm de film. Comme il n’est pas enroulé autour d’un axe, il est moins serré dans le contenant. Il faut en tenir compte.
4. Un peu de mécanique.
Au niveau mécanique, nous avons effleuré le sujet, ce système donne de meilleurs résultats (planéité, plaque de pression entre autre) mais il nécessite un mécanisme plus complexe pour le transport du film et un compteur de vue.
En effet, avec la cassette 126 il y a un seul trou de perforation par image, ce qui simplifie le mécanisme. Ensuite, on « compte » les vue à travers la fenêtre au dos de l’appareil puisque les chiffres sont notés sur la papier jaune à l’arrière du film, comme sur les bobines de 120.
L’autre avantage du système Rapid, c’est la plaque de pression qui assure une planéité parfaite au film. Le principe de la cassette ne permettait pas cet ajout, de sorte que le réglage de la distance, le cas échéant, ne produisait parfois pas le résultat souhaité.
Soyons de bon compte, cet aspect n’a joué aucun rôle avec les faibles intensités lumineuses des objectifs des appareils les plus simples, car les petites ouvertures associées se traduisent par une grande profondeur de champ. Pour cette raison, il n’y avait pas d’appareil photo Instamatic avec un objectif plus rapide que f2,8 – mais c’était également le cas avec les appareils photo Agfa Rapid.
Il y a un point commun entre la cassette 126 et le système Rapid. Tous les deux gardent la photo exposée à l’abri de la cartouche ou cassette. En cas d’ouverture intempestive du dos de l’appareil, on ne perd que la photo actuellement exposée.
Autre petit avantage au système Rapid : le nombre de photos. Dans les deux principes, il n’y a pas d’axe pour enrouler le film serré. Chez Agfa on dispose alors de 12 vues en 24×36, de 24 vues en 18×24 ou 16 au format 24×24. Avec les cassettes 126 il n’y a que 12, 20 ou 24 vues possibles pour la même longueur de film (60cm souvenez-vous).
Agfa proposait quatre émulsions de film Rapid :
Isopan I F 17 Rapid : film noir et blanc avec ISO 17/40°
Isopan ISS 21 Rapid : film noir et blanc avec ISO 21/100°
CN 17 Rapid : Film négatif couleur avec ISO 17/40°
CT 18 Rapid : film inversible couleur lumière du jour ISO 18/50°
Vue de la position des cartouches dans la chambre avec les explications du fabricant.
Tiens, encore une question : pourquoi avoir baptisé leurs appareils d’entrée de gamme ISO-Rapid ?
C’est en fait une tradition d’avant-guerre, avec l’introduction du film noir et blanc isochromatique. Dès lors ce suffixe a trouvé sa place dans certains noms d’appareils photo d’entrée de gamme. L’Iso-Rapid I, par exemple, coûtait seulement 33 DM à son lancement en 1964.
4. Les appareils Iso-Rapid.
Les caméras Iso Rapid, produites de 1964 jusqu’au milieu des années 70 sont des appareils très simples, qui possèdent l’essentiel et sont complets.
Leur différence tient au type de flash pouvant être utilisé. L’Iso Rapid I utilisait un flash électronique traditionnel à insérer sur la griffe avec les contacts électriques, les autres utiliseront des FlashCube, sauf le Rapid 1F qui retrouve un « vrai » flash.
Tous seront remplacés progressivement par les Iso-Pak à la fin des années 60, Agfa rejoignant le rang des utilisateurs de cartouches 126. Ils auront quand même vendu près de 5 millions d’appareils sous le nom Rapid.
A partir de 1964 – 65, Agfa sort quatre gammes d’appareils qui utilisent donc le nouveau système, le Rapid.
Iso-Rapid, des appareils simples qui donnent 16 vues de 24x24mm
Isomat-Rapid, qui ont la particularité de pouvoir détecter la sensibilité du film et de régler le posemètre en conséquence. Les images sont toujours au format 24x24mm.
Silet Rapid, qui sont des 24×36 de milieu de gamme (film normal en 24×36)
Optima Rapid, le haut de gamme qui délivre 36 images en 24x36mm (idem).
Mais restons sur les Iso-Rapid, eux aussi au nombre de quatre :
L’Iso-Rapid 1 qui possède une griffe flash, un obturateur Parator avec un objectif Isitar f8,2, et, dans un premier temps, un déclencheur sur l’obturateur puis sur le capot dès 1966.
L’Iso-Rapid C qui utilise lui des FlashCube pour le flash (d’où le C dans le nom, pour cube). L’avancement du film est couplé à la rotation du flash cube. L’obturateur est toujours un Parator et l’objectif un Isitar ouvrant à f8,2. Le déclencheur est sur le capot.
L’Iso-Rapid 1c utilise toujours un FlashCube mais il faut le faire tourner manuellement (c’est beau le progrès !). Pour le reste, pas de changement.
L’Iso-Rapid 1F va utiliser des ampoules AG-1 et non plus des cubes de flash. Le déclencheur est toujours sur le capot dès 1966, l’obturateur reste un Parator mais l’objectif devient un Isinar ouvrant à f8.
Parlons donc du premier appareil en notre possession, l’Iso-Rapid 1F.
Dans le nom Iso-Rapid 1F, le F signifie « Flash » (vous l’aviez deviné). Il y avait donc une douille pour les ampoules flash – également de type AG 1 – à la place de la griffe porte-accessoires des autres modèles ou de la fiche pour les cubes.
Autour de la douille, une feuille réfléchissante semi-circulaire peut être poussée hors du boîtier grâce à une molette. La batterie de 6 volts pour l’allumage est accessible après avoir déclipsé le panneau inférieur.
Attention, il s’agit ici d’une batterie au mercure et il faut la remplacer par une 6V moderne, avec un peu de bricolage (les tailles ne sont pas identiques)
L’objectif, un Isinar de 42mm ouvrant à f8, est fixe. Un « point and shot » dans toute sa simplicité.
Les réglages sont très simples : deux symboles, soleil ou nuage/flash avec un curseur sur le fut de l’objectif, qui actionne les vitesses de 1/80s ou 1/40s. Un second curseur, de l’autre côté, indique 3 chiffres : 8 – 11 – 16 qui sont respectivement les ouvertures que vous pourrez utiliser. Le « 11 » étant spécifique à l’utilisation lorsqu’il y a du soleil, les autres ouvertures étant réservées à l’utilisation du flash (portrait ou groupe).
Ce dernier curseur actionne un disque avec des trous de tailles différentes, correspondant aux ouvertures choisies (comme sur les Box anciens). Simple, je vous écrivais …
En résumé, vous visez et vous appuyez sur le déclencheur, à droite de l’objectif. Puis vous actionnez la molette qui fait avancer le film d’une pause.
Le chargement du film est vraiment facile avec les cassettes Rapid : vous placez la nouvelle cassette pleine dans l’appareil photo à droite, une cassette Rapid vide à gauche. Il faut juste s’assurer que l’amorce du film est au-dessus de l’arbre du pignon et puis vous fermez le dos. Il n’est pas nécessaire de fixer le film à quoi que ce soit. Une fois le dos fermé, prenez deux photos factices jusqu’à ce que le compteur d’images pointe sur « 16 ». Cela pousse l’amorce du film dans la cassette vide. Lorsque le compteur de film atteint « 1 », le déclencheur ne fonctionne plus et vous devez enrouler le film plusieurs fois avec la molette pour faire passer la dernière image exposée dans la cassette réceptrice. Le film exposé dans la cassette de gauche peut ensuite être retiré pour être développé.
Petite particularité avec le compteur, qui est réinitialisé sur la lettre A lors de l’ouverture. Le compteur compte à rebours de 16 à 1 (deux images sont comptées entre le A et le 16 pour tenir compte de l’amorce du film qu’il faut engager dans la bobine réceptrice).
Ce modèle n’est plus guère utilisable, non pas tant à cause du film Rapid mais parce qu’il est compliqué de retrouver des lampes G1 fonctionnelles.
Venons-en alors au Iso-Rapid 1C, apparu en 1967, qui utilise lui un flash cube.
Ce flash cube est une invention de Sylvania, apparue en 1966. Il simplifie la manipulation d’un flash et propose 4 éclairs successifs avant de changer le cube. Ceci nécessite une pile de 6v à l’intérieur de l’appareil.
A part ça, rien de transcendant ni de vraiment nouveau : l’objectif est un Isinar ouvrant à f8,2, tandis que l’obturateur Parator est toujours à 2 vitesses (1/40s et 1/80s). Toujours 3 ouvertures aussi, f8 – f11 – f16.
De fait, l’Agfa Iso-Rapid 1C est l’adaptation du Iso-Rapid I à l’utilisation du flash cube. Contrairement à l’Iso-Rapid C, vous devrez faire avancer le cube du flash à la main, il n’est pas couplé au réarmement.
Ah oui, j’allais oublier, la pile. Elle se trouve en dessous de l’appareil, il faut faire « sauter » la plaque métallique qui recouvre la semelle, en tout cas pour les appareils qui en sont pourvus.
Si je résume, ces appareils ont été des locomotives pour Agfa, comme les Instamatic chez Kodak, qui ont permis de vendre massivement du film et des appareils.
De nos jours, ils n’ont guère plus d’intérêt, leur qualité étant réduite à leur simplicité.
Ils sont encore utilisables mais c’est presque du masochisme de vouloir s’en servir.
La qualité de leurs images est médiocre, voyez quelques exemples ICI.
Franchement, tant les Kodak Instamatic que ces Agfa Iso-Rapid n’ont plus grand chose à nous apporter.
On en trouve sur toutes les brocantes, par dizaines, et même à 1€ pièce, ils ont du mal à partir !
Par contre, j’en ai vu, colorés, collés les uns aux autres pour former des assemblages décoratifs. Quelques uns sont même transformés en lampe, d’autres en caméra espion, comme dans la vidéo ci-dessous.
Comme je suis un adepte inconditionnel de la récup et de la transformation, je ne saurai trop vous encourager à laisser parler votre imagination pour proposer une autre vie à ces petits cubes finalement sympathiques.
Celui-ci, je l’ai acheté en lot avec un Bilora Bella 66 et quelques accessoires d’époque.
Il a un certain charme dans sa livrée beige et son fronton marron/doré.
En le regardant bien, impossible de nier une descendance du modèle que je vous présentais il y a peu, le Six-20 « Brownie » C. Fait amusant, ils seront produit quelques années ensemble (jusqu’en 1957) !
Ici les deux « viseurs » sont clairs alors qu’ils étaient dépolis sur le model C. Le bouton d’armement et le déclencheur sont en plastique, blanc cassé pour rester dans les tons. Et quelques détails sur lesquels je vais revenir.
Mais, ironie de la chose, ce qui est le plus fou, c’est de se dire que ce modèle est contemporain du Bilora Bella 66 !
Quand on les regarde côte à côte, on a l’impression de ne pas être sur la même planète photographique.
D’un côté un appareil fait de tôle, presque « à la va vite », au mécanisme biblique : une vitesse de1/50s et une pause B. Un objectif à minima : un ménisque de 100mm ouvrant à f11. Et quelques fonctionnalités intéressantes à venir.
De l’autre, un boitier en fonte et tôle d’aluminium, un obturateur central aussi simpliste que son concurrent mais qui offre trois vitesses (1/50s – 1/100s – pause B) et un objectif aussi simple, un ménisque là aussi de 100mm ouvrant à f8 (je vous laisse relire l’article à son sujet pour le reste).
Le choc des anciens et des modernes, version photographique en somme …
Tous les deux ont eu du succès, le premier grâce à la machine de guerre Kodak, le second pour son design moderne et agréable, très sixties, alors que son concurrent faisait « vieux ».
Méditons, méditons …
Et revenons-en à notre Brownie Six-20 Model F.
C’est la version « Deluxe » du populaire Six-20 Brownie Model E, un cheval de trait produit pendant plus de vingt ans (1937 – 1957) sans quasi aucun changement.
Nous savions les Anglais conservateurs, mais là !
Bon, d’accord, c’est du solide, de l’éprouvé : on trouve souvent de ces vieux Box dans les brocantes, les vide-grenier et bien souvent, malgré leur aspect miteux, ils fonctionnent toujours … les joies de la simplicité en fait.
Bref, notre appareil « luxueux » donc, introduit quand même quelques perfectionnements : tout d’abord, une prise flash sur le coté, avec deux broches en saillies, réservées aux seuls flashs Kodak.
Ensuite, toujours sur le même coté, deux excroissances en demi-cercle. Il s’agit en fait, pour la première, d’une lame qui porte une lentille accessoire pour pratiquer le portrait. Elle permet de descendre à 1,5 m – 3 m la mise au point minimale (d’habitude, le point minimum est à 2,5 – 3m). Une astuce souvent utilisée chez Kodak et Agfa (voir l’Agfa Billy-Clack 74) et sans doute aussi quelques concurrents de l’époque.
La seconde lame est munie d’un filtre jaune, souvent utilisé avec les films en N/B pour accentuer le contraste.
Une plaquette en laiton encadre le « réglage » de la vitesse (I pour instantané et B pour pose). En dessous, un petit bouton à descendre ou relever si on veut bloquer/débloquer le déclencheur, qui est en dessous. Pratique pour éviter la double exposition involontaire. Rappelez-vous, le fait d’avancer le film n’arme pas le déclencheur qui peut donc s’ouvrir à tout moment sur une vue déjà exposée.
Deux filetages vont permettre de le fixer à un trépied si besoin et surtout autoriser à greffer un support sur laquelle viendra se fixer le flash car il n’y a pas de griffe.
Pour le reste, c’est la même gymnastique que pour le model C quant au chargement du film, son avancement, la lecture des chiffres que l’on voit mal dans la petite fenêtre à l’orange inactinique fatigué.
Voilà, voilà …
Solide et pourtant quand j’ai reçu mon exemplaire, il faisait un inquiétant « bling – bling » qui laissait augurer quelques dégâts.
D’abord chercher sur la Grande Toile une façon de l’ouvrir qui ne l’abîme pas.
En fait, c’est très facile car sur les côtés, il y a comme deux « poinçons » dans le couvercle en tôle ; il suffit d’exercer une pression avec la lame d’un tournevis pour déboiter un côté puis l’autre. Toute la face avant vient en bloc si on lui demande gentiment (ne pas forcer sur les bords, la tôle est fini et plie vite).
Comme vous pouvez le voir, les principes utilisés sont d’une simplicité désarmante : les deux « viseur » sont de simples morceaux de tôle chromée serties à froid. Deux tunnels qui portent un miroir en verre, qui renvoient l’image vers le viseur, légèrement bombé (effet loupe) sur le dessus ou le côté droit de l’appareil.
Ensuite, dans le ventre de la boîte ouverte, le mécanisme élémentaire mais efficace de l’obturateur, du déclencheur, du réglage de la vitesse. C’est un obturateur à une seule lame, qui balaie la surface grâce à un ressort calibré.
Puis vient la raison du bruit entendu lors de la manipulation : un bout de languette cuivrée s’est détaché et un second morceau pointe le bout de son nez par dessous.
Aïe, va falloir enlever le bloc pour aller voir derrière ce qui se passe !
Mais pas de panique, là encore tout tient par un sertissage à froid. La lame du tournevis en vient vite à bout et en faisant basculer l’ensemble vers la droite, je dégage tout le bloc « mécanique ».
C’est là que je découvre le problème : les deux lamelles en cuivre devaient être les contacts du flash. Petite vérification sur le document que j’ai trouvé (et que vous pourrez télécharger ci-dessous), là je vois comment ils devaient se positionner et surtout ce qui manque : les deux broches en saillies du flash et les minuscules écrous qui tenaient les pièces ensembles.
Ça ne va pas être facile à trouver, sauf si je déniche une épave quelque part. Petit bout de gaffer pour ne pas perdre les pièces et je remonte.
Je ne suis pas certain de la taille de l’ampoule, mais je n’avais que celle-là sous la main.
Nous pouvons rester dubitatif sur de tel assemblage mais force est de constater qu’il a traversé les âges avec plus ou moins de bonheur et que beaucoup de ces appareils, comme je le faisais remarquer en préambule, fonctionnent encore près de 70 ans après avoir été construit.
Les résultats en images sont LA et ce n’est pas si mal.
Alors, honnêtement, ces appareils ont-ils encore un intérêt ?
Oui, pourquoi pas, si vous avez l’âme aventureuse et l’envie de (re)découvrir d’autre manière de photographier. D’autant qu’ici il ne faut pas se frotter à des techniques compliquées, juste adapter la bobine de 120 au diamètre de celle du film 620 (je l’ai décrit dans l’article du Six-20 Brownie C – video).
Le reste est affaire de labo lorsque vous déposerez votre film.
D’autant qu’utiliser ce type de boitier est d’une simplicité enfantine : vous visez, vous appuyez, c’est dans la boite !
Et si vous êtes perfectionniste, vous utilisez une cellule à main, un chrono pour votre pose B, et le résultat est (sensiblement) le même.
C’est une expérience, qui peut être amusante et en tout cas qui suscitera l’intérêt et la curiosité.
Au prix où vous trouverez ces petites boites, souvent une dizaine d’euros, faites-vous plaisir, essayez.
Petites videos d’illustration
Un peu de technique
Box pour film 620 (ou 120 modifié) Introduit en 1955 et arrêté en 1957 Taille du film : 620 pour une image en 6×9 cm (8 vues par film) Fabriqué au Royaume-Uni Objectif à Menisque de 100 mm ouvrant à f11, avec un objectif portrait coulissant et filtre jaune intégré Obturateur à une lame avec deux vitesses de 1/50s et pause B
Si un jour vous deviez le démonter, comme moi, voici le document utile :
C’est dans le gentil capharnaüm d’un Emmaüs que j’ai trouvé – en ce décidément trop chaud mois de novembre ’22 – ce Mamya, qui avait bien besoin qu’on s’occupe de lui, à commencer par un bon nettoyage.
Lorsque je l’ai manipulé dans le « magasin », outre la saleté et quelques bosses, j’ai ouvert la trappe à piles et, étrangement, elle était nette avec une pile LR 44 toujours fonctionnelle !
Serait-ce à penser que cet appareil a encore servi il y a peu ? Ou que les LR 44 sont décidément des piles « longues durées » ?
Ce n’est pas le premier Mamya ( voir les Mamya NC 1000, Mamya DSX 1000B, Mamya MSX 500 pour ne citer que les reflex) que je vous propose et à chaque fois, je suis surpris des solutions retenues par les ingénieurs maison. Ici encore, je crois qu’il va nous en réserver.
Mais commençons par le début.
Bon, le ton est donné, c’est un appareil d’entrée de gamme et bon marché.
Le capot supérieur est en plastique, la semelle en laiton argenté. Le reste est en métal, très fin.
C’est déjà étonnant quand on connait la marque, qui fabriquait généralement des appareils sophistiqués et chers.
Mais, faut bien vivre … et vendre !
Alors, c’est en 1967 que cet engin est sorti. Soit avec des marquages Mamiya ou Mamiya/Sekor, ou encore sous le nom de Sears Auto 35TL pour les exemplaires vendus aux USA.
Lorsque je l’ai eu en mains, comme toujours, j’ai vérifié qu’il armait et déclenchait. C’est le bruit étrange qu’il produisait qui m’a intéressé : une espèce de « flop » assourdi qui dénote avec les sons habituels des obturateurs métalliques ou en tissu.
De fait, quand j’ai ouvert, sur place, l’appareil, un étonnant « chapeau » semblait faire office de « bouchon » pour la chambre.
Seconde surprise, impossible d’enlever l’objectif, et pour cause, c’est le deuxième reflex que j’ai en mains dont l’objectif est … fixe !
Ah, il y avait bien moyen d’ajouter des compléments optiques pour obtenir les effets d’un grand angle (35mm) ou d’un petit téléobjectif (62mm).
C’est Vivitar qui fabriquait l’objectif principal (bien que marqué Sekor), un 48mm ouvrant à f2,8 (diamètre 52mm), un triplet tout simple et qui fabriquait aussi les « convertisseurs ».
Ne vous attendez pas à un piqué et une définition d’enfer, le caillou fait se qu’il peut et les compléments optiques n’aident pas !
L’appareil est équipé d’une cellule CdS, placée derrière le miroir. Vous pouvez régler la sensibilité par un curseur, sous l’objectif (de 1 à 400 Iso).
La cellule est alimentée par une pile S76 à l’oxyde d’argent (à l’origine, c’était une 676 au mercure), que vous pouvez remplacer, comme ici, par une LR 44. Notons que l’appareil fonctionne même sans pile.
Ah oui, c’est un appareil qui travaille en automatique, priorité vitesse, ou en manuel puisque vous pouvez régler la vitesse avec la bague qui ceint l’objectif.
Puisque je vous parle des vitesses, un mot sur l’obturateur. C’est un dérivé du Copal qui donne des vitesses de 1/15s à 1/500s, plus la pose B et une synchro flash.
-« Dites, les obturateurs Copal, c’est pas ceux à obturateur central qui équipaient les compacts style Electro 35 ? »
Tout juste, et là, il faut saluer le courage ou l’inconscience des ingénieurs qui ont imaginé cet engin car placer un obturateur central dans un reflex, fallait oser.
– » Mais pourquoi ? »
Rappelons-nous la séquence des mouvements pour prendre une photo, car lors du déclenchement :
L’obturateur se referme.
Le miroir se relève.
L’obturateur s’ouvre et se referme le temps de la prise de vue.
Le miroir se rabaisse.
L’obturateur se ré-ouvre.
Ici, pour permettre la visée à travers l’objectif, l’obturateur doit rester en position ouverte. Le film est alors protégé par le miroir qui, en position abaissée, isole la chambre noire de toute pénétration de lumière.
Nous avons affaire à un obturateur à lames (trois), qui doivent être maintenues ouvertes le temps de la mise au point puis refermées avant que le miroir ne se relève. Puis, ouverture et fermeture de l’obturateur pour capter les photons et quand l’exposition est finie, le miroir revient en position et les lames de l’obturateur s’ouvrent de nouveau pour permettre une nouvelle visée.
Techniquement, c’est compliqué et bruyant (d’où le gros « flop » dont je vous parlais ci-dessus), en plus de générer des vibrations importantes.
A gauche, le « chapeau » dont je parlais plus haut, qui est en fait le miroir; à droite, le miroir relevé quand on maintien le doigt sur le déclencheur.
Et tout ça en une fraction de seconde … et en gérant dans le même temps l’ouverture et la fermeture du diaphragme.
Etrange cette solution …
Pour avoir accès à la chambre, n’arrachez pas la mollette de rembobinage, il y a un discret verrou sur la tranche gauche.
Pour le reste, c’est un appareil simplissime : vous mettez l’appareil sur A, vous visez à travers l’objectif, vous déclenchez.
Si vous aimez le fun, vous réglez l’ouverture et la vitesse avec les bagues sur l’objectif et vous déclenchez.
Le viseur est assez clair et, sur votre droite, l’échelle avec l’aiguille du posemètre.
Si je résume, nous avons un reflex, c.-à-d. à visée à travers l’objectif dont on ne peut changer les focales car l’objectif est fixe.
Honnêtement, quel intérêt ?
Si c’est pour abaisser le coût de fabrication en offrant quand même une visée plus « réaliste » des scènes, d’accord. Mais ensuite, pourquoi se compliquer la vie avec un obturateur central ?
Ça me fait penser à une blague : nous sommes en Corse, et un touriste demande à un petit vieux assis sur son banc, comment font les Corses pour construire leurs routes, parce que ça tourne tout le temps, que ça monte et que ça descend. Ah dit le vieux, on laisse aller un âne et on trace à sa suite. Mais dit le touriste, et si l’âne ne veut pas ? Alors on demande à un ingénieur.
Ils n’avaient donc pas d’âne chez Mamya ?
Il ne fut pas le seul appareil à proposer un objectif fixe sur lequel on venait fixer des compléments optiques, je songe notamment au Contaflex, qui avait aussi un obturateur central, d’une autre conception. La qualité était toutefois supérieure mais le concept ne survécu pas non plus.
Finalement, que penser de ce 528 TL ?
Pour le principe de l’anecdote, il est impeccable. Pour faire des photos, c’est plus discutable.
Des articles que j’ai pu lire pour préparer celui-ci, ils sont assez unanimes pour dire que la qualité optique n’est pas le point fort de l’appareil. qu’il est assez bruyant (je confirme) et en tout cas peu pratique (pas la possibilité de changer d’optiques).
Sans doute, à l’époque, avait-il une raison d’être car il offrait la visée directe du reflex, la mesure à travers l’objectif de la lumière et un confortable automatisme pour ceux que les réglages effrayaient. En fait, il fonctionnait comme un compact, la visée en mieux.
Il ne semble pas avoir eu un succès phénoménal mais il s’est quand même vendu, notamment via les commerces comme Sears, qui vendaient par correspondance à des clients peu fortunés et/ou éloignés des grands centres urbains.
A-t-il encore un intérêt aujourd’hui ?
Pour une collection, certainement car ses formules sont assez uniques. Pour prendre des photos, pourquoi pas, mais ne vous attendez pas à des résultats extraordinaires. Je le placerai d’ailleurs dans la catégorie « Lomography ».
Au niveau achat, il est relativement peu courant mais vous pourrez argumenter pour amener son prix, s’il est en très bon état, autour des 25 à 30€.
Si vous aimez les appareils étranges, celui-ci vous attend.
Là, je reviens avec un des appareils amusants de chez Lomography.
Je vous avais déjà présenté le premier opus, que vous trouverez ICI.
Celui-ci est la seconde version, encore plus « fun ».
Au niveau design, l’objectif est toujours omniprésent et comme ils se sont rendu compte que le viseur du premier était (presque) inutile – car lorsqu’on regarde dedans, on voit surtout … l’objectif ! – ils l’ont viré pour en proposé un, tout rond, tout rigolo, qui se fixe dans la prise accessoire, façon Leica ancien.
Dans mon premier article, je signalais que cela le rendait moins transportable mais ils y ont pensé chez Lomography car il est livré avec un petit sac qui englobe bien le boitier et sur lequel est fixé un appendice pour y loger le viseur. Moyennant supplément, vous pouvez même en acquérir un en cuir !
Le Fish Eye Two est toujours tout en plastique, décliné en une multitude de décors, qui varient en fonction du moment (ou de la promotion, soyons vache).
Son objectif est toujours un 10mm offrant un angle de vision de 170° (pensez à vos pieds quand vous faites une photo !), tout en plastique, ouvrant à f8 constant. Il reste le plus petit Fish Eye du monde à ce jour.
Sa vitesse est toujours de 1/100s, fixe.
On y glisse toujours une pile AA de 1,5v afin d’alimenter le petit flash intégré et … puissant. Avec lequel il faut faire preuve de parcimonie car si vous faites des photos rapprochées, son éclair risque de brûler l’image. Or, le but de ce type d’appareil, c’est d’être près, voire très près (20cm minimum) pour maximiser l’effet de l’ultra grand angle.
Notons que dans d’autres cas, vu la taille de l’objectif, il se pourrait qu’il crée des ombres sur les images. L’idéal serait d’utiliser un flash annulaire. Lomography y a d’ailleurs pensé et ils vous en proposent un avec des filtres colorés, tant qu’à faire et au prix proposé (ok, il fonctionne aussi sur le Diana et Le Lomo LCA).
-« Ben, y a rien qui change alors ? »
Si, si, l’apparition d’une griffe flash, sur laquelle vous fixez le viseur, je l’ai souligné, mais qui accepte aussi un vrai flash externe.
Ah, il faut choisir : viser en aveugle avec un flash externe ou voir ce que l’on vise !
Et il y a trois réglages (un luxe) sur le dessus, près du déclencheur, résumés en trois lettres : L- N – B.
L pour lock, soit un verrou pour empêcher les déclenchements inutiles quand on a déjà armé l’appareil
N pour normal, le mode normal s’entend, c.-à-d. un déclenchement au 1/100s à f8
B pour Bulb, car vous pourrez envisager des poses longues avec lui. L’obturateur restera ouvert tant que vous maintenez le doigt sur le déclencheur
Je reviens un instant sur ce dernier point et suggère aux gens de Lomography, pour le Fish Eye troisième du nom, de prévoir un filetage pour pouvoir insérer un déclencheur souple car rester un long moment le doigt crispé sur un appareil en plastique, fut-il attaché à un trépied, ne présage rien de bon au niveau tremblements de l’ensemble et flou quasi garanti.
Dernier gadget cher à la marque, un bouton pour la surimpression, marqué MX, à l’arrière de l’appareil. En poussant ce bouton, vous pouvez armer sans faire avancer le film. Ce bouton revient à sa place quand vous avez déclenché et rien ne vous empêche de refaire l’opération autant de fois que désiré.
-« Et au niveau image ? »
En gros, c’est … rond. Et plus vous serez près de votre sujet, plus les déformations seront visibles.
Tout peut être envisagé comme photo – sauf les paysages car ils seront peu définis et comme écrasés au fonds de l’image.
Heu, si vous tentez le portrait, prévenez votre sujet que les résultats seront, disons … étranges et pas vraiment flatteurs, mais rigolos.
Ceci étant l’appareil est toujours livré avec un cache objectif en caoutchouc souple, attaché à la dragonne, ça évite de le perdre.
Pour le reste, c’est un appareil d’une simplicité enfantine : vous armez avec la grosse molette au dos, vous visez et vous appuyez sur le déclencheur. Si vous avez l’âme mutine, vous tenterez la surimpression, en restant raisonnable pour encore voir quelque chose sur vos photos, le mode Bulb pour des photos de nuit inhabituelles et le coup de flash si vous pensez le maitriser.
Le sujet qui fâche maintenant, le prix.
Comptez 59€ pour l’appareil. Mais dites-vous aussi que le marché de l’occasion est là car certains se lassent vite de leurs derniers joujoux. C’est comme ça que j’ai acheté le mien, avec sa boite et tout et tout.
Bah, ce seront bientôt les fêtes et si vous n’avez pas encore d’idée pour votre cadeau, en voilà une, amusante.
Ah, je vous sentais frustré par le Bilora Bella que j’ai présenté ICI.
En effet, et même si je le réaffirme encore, le film en 127 existe toujours. Toutefois, il est moins aisé à trouver que du 120, avec moins de possibilités que ce dernier (moins de sensibilités proposées p. ex.).
Alors j’ai cherché dans la gamme Bilora un appareil qui utilise le 120. Il s’agit donc du Bilora Bella 66 (produit, toutes séries confondues, de 1958 à 1963).
Petite précision, lorsque j’ai acheté celui-ci sur 2ememain.be, j’ai failli m’étrangler quand il est arrivé : l’objectif à pris un coup et est de travers, la couronne portant les indications a aussi pris, elle est pliée. Quant au dos, la clé de fermeture est plus que fantaisiste et ne tient plus bien.
Bref, malgré ses 15€, je me suis fait avoir et le vendeur n’est pas de bonne fois. Que voulez-vous, ce sont les risques …
Bref, oublions ces défauts et passons à la présentation.
Il est plus grand que le Bella, la pellicule 120 est plus haute que la 127.
Si le Bella était en fonte d’alu issue d’une fonderie par moulage (bloc moulé), ici nous avons affaire à de l’aluminium moulé sous pression (des « tôles »), les ajustements sont moins bons, les gorges où doivent coulisser les bords du dos (qu’on enlève complètement) sont moins profondes et sans doute plus sujettes à des fuites de lumière, surtout si – comme ici – la clé de verrouillage ne tient plus fermement.
Bref, ils ont voulu faire des économies et ça se ressent.
Ce Bilora Bella 66 -3 a été produit en 1959 et 1960. S’il a encore un aspect sérieux, presque « couteux », la mécanique est simple mais de qualité :
un obturateur avec deux vitesses, le 1/50s pour le flash, le 1/100s et une pause B
un objectif Rodenstock Achromat f8 avec de vraies lentilles en verre
une mise au point à partir d’1,5m jusque l’infini
une griffe pour le flash, déportée sur la gauche, une prise PC sur le fut de l’objectif
un déclencheur sur le dessus du porte objectif, fileté si besoin
un système pour éviter les doubles déclenchements
Comme le Bella que je vous exposais, il n’y a pas de système pour y accrocher une sangle. Normalement, le sac tout prêt en est équipé.
Esthétiquement (mais ça dépend des goûts de chacun), l’appareil est agréable à la vue. Ergonomiquement, il faut s’habituer à le prendre en main mais il est facile à comprendre et à utiliser.
L’avancement du film n’arme pas le déclencheur. Toutefois, lorsque vous avez pris une photo, vous devrez tourner la molette au moins une fois pour pouvoir de nouveau déclencher. Cela évite les doubles expositions involontaires, certes, mais ça empêche les volontaires aussi.
Voilà, voilà … si vous voulez vous initier au moyen format 6×6 sans casser votre tirelire, cet appareil est un bon candidat (quand il est en bon état) : pas cher à l’achat (comptez 15€ maximum avec son sac tout prêt), facile à transporter (il n’est pas trop lourd), simple à utiliser, avec une optique qui sort du lot des Diana et ses clones, ou des Holga bien plus fragiles et moins bien construits, voire même des Lubitel 2 pour la facilité de visée (par très claire avec le TLR = Twin Lens Refelx).
Il est aussi bien plus « qualitatif » que les Kodak ou Agfa des mêmes années, moins courant aussi et plus solide (métal contre plastique).
Mon conseil – si je puis me permettre – lorsque vous en voyez un, prenez-le.
Des exemples de photos prises avec cet appareil LA.
Caméra en alliage coulé avec revêtement gris moucheté. Comprend un étui de transport en plastique et en vinyle.
Bilora, Allemagne, de 1959 à 1960
Les inscriptions sur le corps de l’appareil photo : ‘FILM 82 / n° 120 / 6 x 6 cm / 2 1/4 x 2 1/4 » ‘BILORA’. Sur le pourtour de l’objectif : ‘5 ft – 6 – 8 -10 – 15 – Inf / 1,5 m – 2 – 3 – 5 – infini / ouverture f16 – 8 Rodenstock / B & W COLOR BELLA 66 Achromat 1:8.
Il faisait partie des vieux machins que j’ai trouvé chez le vide-grenier dont je vous ai parlé ICI.
J’aurais pu faire l’impasse mais il y avait encore un film dedans et vous savez que je suis curieux …
Je ne vais pour refaire l’histoire de cet appareil car il est identique au Brownie Starlet que je vous ai présenté il y a quelques temps.
Enfin, quand je dis identique, je devrais écrire « presque » car celui-ci est dépourvu de contacts flashs.
Il est donc encore plus dépouillé que le Starlet qui ne brillait pas d’artifices superflus :
Techniquement, difficile de faire plus « a minima » :
viseur de Galilée
objectif à ménisque de marque Dakon
Obturateur rotatif Rotary (ça ne s’invente pas !)
armement par molette sous l’appareil
déclencheur à poussoir sur le côté de l’objectif
deux réglages d’ouverture : un pour les films couleur (13) , le second pour les films en N/B (14)
mise au point de 1,2m à l’infini (14) ou 1,5m à l’infini (13).
Le tout dans un corps en plastique noir, rainuré et dont la façade est ornée d’une fine plaque d’alu qui reprend les noms de l’engin.
Si le Starlet a vu le jour en 1957, issu lui-même de la série des Brownie Star, celui qui nous préoccupe fut fabriqué d’août 1961 à novembre 1968.
Comme souvent, c’est un peu compliqué chez Kodak pour s’y retrouver : au Brésil, cet appareil s’appelait Rio-400 (pour commémorer le 400ème anniversaire de Rio) tandis qu’en Angleterre, ils ont fabriqué en 1953 un Brownie Starlet destiné à être exporté aux … USA ! Mais il s’agissait d’une version re badgée du Brownie 127 sorti lui en 1954.
Ça va, je ne vous ai pas perdu ?
Reprenons notre descriptif : si l’appareil est simplissime, il possède quand même la particularité d’une chambre courbe, pour tenter de garder la distance film/obturateur la plus constante possible. Et les ingénieurs se sont fendus d’un système empêchant le double déclenchement.
Remarquez le film, plié, qui était à l’intérieur. Je verrai si le labo peut en tirer quelque chose car ça doit faire un moment qu’il est là ! Notez que mon exemplaire à perdu la plaque avec le marquage sur le dessus.
A part ça, rien de transcendant.
Je pourrais vous dire qu’il est compact, pas vraiment moche, qu’il a un grand viseur, qu’il est léger, que sa petite dragonne fait un peu « sac à mains », mais je sens que la liste des limites de l’appareil va être plus longue (pas de contacts flashs ni possibilité d’en monter un sur le boitier, molette d’avancement du film pas commode à manipuler, viseur sans marquages, tenue en mains datant d’avant l’invention du mot ergonomie, seulement deux vitesses et deux ouvertures, production de masse)
Ah oui, il utilise aussi le film en 127, que l’on trouve encore mais je ne ferai pas l’effort d’en acheter un pour remettre dans l’appareil.
Franchement, si je compare avec le Bilora Bella présenté il y a quelques jours, comme on dit « y a pas photos ! »
Souvent je me demande comment des clients pouvaient acheter ce type d’appareil quand on voit se que les autres constructeurs proposaient à la même époque. La renommée de Kodak ? La force de leur publicité ? Ou tout simplement le prix ?
Sauf comme objet de décoration, ce type d’appareil n’a – me semble-t-il – plus aucun intérêt. Certains les transforme en lampe de bureau ou en serre-livres (en les lestant de plâtre).
Donc, si vous en trouvez un (et il y en a toujours sur une brocante), pensez à ce que vous allez en faire mais ne dépensez pas plus de 5€ pour l’acquérir, en parfait état.
Des exemples de photos prises avec cet appareil LA.
Les données techniques :
Production
08/1961-11/1968 – Kodak USA
Type de film
127
Format image
12 vues
Boîtier
Bakelite noire avec stries horizontales. Façade en aluminium unie. Déclencheur en plastique gris
Objectif
DAKON fix-focus. 2 diaphragmes (E.V. 13 et 14)
Viseur
Optique direct dit de « Galilée »
Obturateur
Rotatif monovitesse vers 1/60s
Pour le mode d’emploi, c’est par LA ou ICI (mais c’est pour le plaisir de découvrir ces vieux écris car l’appareil est archi simple à utiliser).
Celui-là vient aussi de mon passage chez le vide-grenier et il n’a rien à voir avec la qualité très approximative des Diana et consorts que je vous ai présenté il y a peu.
C’est un appareil « sérieux », bien fini et … qui a ce petit quelque chose qui fait qu’on s’arrête pour le regarder de plus près.
De fait, c’est la forme inhabituelle de l’objectif, carré, qui retient l’attention. Son côté dépouillé aussi, comme un genre zen : l’essentiel est là, bien disposé et rien de plus.
Et franchement, dans sa belle livrée blanche, qui n’a pas bougé depuis sa sortie au monde, en 1966, il me fait penser à ces objets habillés par Courège (que ceux qui se souviennent de la Matra Baghéra Courège lèvent le doigt).
Bref, pour en revenir à notre Minolta Autopak 500, même s’il a été lancé en même temps (et en collaboration avec) que la ligne Instamatic de Kodak, il est bien plus luxueux, son design est recherché et il est un peu plus gros qu’un Instamatic.
Pourtant, il utilise la même cassette Autopak de Kodak, la fameuse 126 qui, si elle n’existe plus, peut être contournée, je l’ai déjà signalé ICI.
Ce Minolta Autopak 500 fut aussi distribué en Allemagne par Quelle – la grande société de vente par correspondance – via sa division Foto Quelle, sous le nom de Revuematic 500. Au Royaume-Unis, il est re- badgé Ilford Monarch, plus « classe » !
Techniquement l’appareil apporte quelques incongruités pour cette gamme de boitier utilisant le 126, généralement simplissime pour ne pas écrire simpliste !
Petite revue :
un objectif Rokkor de 38mm ouvrant à f2,8, rarissime sur ce type de boitier
une mise au point manuelle dont vous voyez les indications dans le viseur
un posemètre au sélénium entoure l’objectif
une exposition réglée automatiquement par l’appareil avec des temps d’exposition de 1/90s, sauf en synchro flash qui est au 1/40s (Flashcube)
une première mondiale en ce qui concerne d’ailleurs le flash car l’Autopak 500 est le premier appareil capable de déclencher automatiquement un flash en cas de faible lumière.
Tout ça dans une boite élégante de 320 gr.
Vous l’avez compris, cet appareil est avant tout destiné aux amateurs. Déjà le choix du film, en cassette 126, pour ne pas se compliquer la vie en mettant son film dans le boitier. Ensuite, le système d’exposition automatique qui vous simplifie la prise de vue : vous visez, l’appareil fait le reste, y compris, comme je l’indiquais plus haut, la gestion du flash. L’avance des vues est confiée à un levier d’armement discret qui tombe pourtant naturellement sous les doigts. Notez qu’il faut l’actionner deux fois pour avancer à la vue suivante.
Pour alimenter l’engin, une trappe sous l’appareil accueille deux piles AAA très communes.
A ce sujet, le bouton rouge, au dos, près du viseur, ne sert pas à vérifier les piles mais à libérer le Flashcube que vous auriez monté.
Une dragonne toute simple vient compléter le tout et vous incite à l’emporter partout.
Pour ouvrir l’appareil, un loquet sur la droite déverrouille le dos, monté sur une vraie charnière. Dessous, la chambre, ici très propre. L’ajustement des pièces doit assurer une bonne étanchéité à la lumière.
Ah oui, j’allais oublier de vous parler de ce curieux bouton, sur le côté gauche : il sert à régler la distance du sujet à photographier. Et, cerise dans le viseur, ces distances sont reprises, sous forme de pictogrammes, sur le côté gauche de celui-ci. Ces réglages ont toute leur importance lorsqu’on est en mode flash car l’ouverture est couplée alors avec la mise au point.
Un dernier mot sur le viseur : il est très clair, collimaté avec correction de la parallaxe et, comme dit plus haut, indication des distances.
Voilà, voilà … un beau joujou, que l’on ne trouve pas facilement mais qui vaut le détour.
Bien sûr, certains vont rechigner sur la cassette 126, qui demandera un peu d’effort de détournement pour qu’on puisse utiliser l’appareil, mais c’est faisable.
Franchement, l’appareil mérite bien quelques efforts. Avec lui, vous photographiez avec style et différemment.
Toutefois, soyons conscients que même si l’appareil offre des qualités que les autres utilisateurs de la cassette 126 (les Instamatic et les Agfmatic en tête) n’ont pas, il reste quand même que la qualité du film reste ce qu’elle est.
Donc si vous en trouvez un, ne le laissez pas seul, emportez-le (et négociez son prix, autour des 15€ maximum s’il est en parfait état avec sa dragonne).
Petite video d’illustration
Un peu de technique :
Type: appareil photo argentique à viseur Fabricant: Minolta Année de lancement : 1966 Film : cartouche de film 126 Objectif : Rokkor 1 : 2,8/38 mm avec 4 éléments Viseur : cadre lumineux avec marques de parallaxe, symboles de distance reflétés dans le viseur, indicateur de flash Obturateur : vitesse 1/90 sec. en normal ou 1/40 sec. en mode flash Avance du film : le levier a besoin de deux mouvements pour avancer à la prochaine vue Flash : Flash cube, déclenchés si nécessaire Dimensions : 118 × 71 × 57 mm Poids : 320 grammes
Sur un stand de brocante, bien seul, un sac « tout prêt »en plastique gris perle attire mon attention.
Je l’ouvre et découvre un petit appareil simple mais bien construit, un Bilora Bella.
Outre le fait que je vais vous le présenter, je vais aussi tenter de vous prouver que ces appareils sont bien plus intéressants que le Holga, le Diana F et consorts.
Ceux de chez Lomography ne m’en voudront pas car c’est avec ce type de boitier que vous aurez envie d’acheter leurs films thématiques, j’y reviendrai.
Mais commençons par le commencement, la présentation de ce joli petit appareil, que je pensais classer dans les appareils-bijoux mais qui sera mieux dans celle des lomographes.
Il ressemble comme deux gouttes d’eau au Bilora Bella 3c dit « Die blaue Bella », fabriqué de 1955 à 1958 mais y a quelques subtiles différences qui améliorent son confort d’utilisation.
Un peu d’histoire pour situer la marque Bilora.
C’est un fabricant allemand d’accessoires photographiques (des trépied notamment) et d’appareils photo.
Le nom est la contraction de Kürbi & Niggeloh, Radevormwald, société fondée en 1909 qui fabriquait donc des trépieds et qui vient aux appareils photo en 1935.
Leur premier appareil était un « box », le Bilomatic. Mais déjà à l’époque, ils construisent pour d’autres fabricants, comme Voigtländer, avec un Voigtländer Box qui est la copie conforme – à quelques détails esthétiques près – du Box de Bilora.
Après les Box, ce seront quelques boîtes en bakélite (les Boy – 1950), un presque télémétrique (le Radix – 1949), de faux double objectifs (les Bonita 66, qui ressemblent au Kodak Dualflex – 1951), une association avec Agfa-Gevaert pour fabriquer les Gevabox), les premiers Bella qui verront une multitude de versions – 1953 à 1963, puis les Belleluxa – 1961, les Bellina – 1963, pour terminer par les Bilomatic avec des cartouches en 126 (Kodapak) – 1968 – 1975.
La firme a, entre-temps, continué à fabriquer des trépieds et des flashs.
Quant aux appareils photos, soit sous son propre nom, soit pour compte d’autrui, comme – déjà cité – Voigtländer, Geva, ou Ansco, elle a sorti, de 1935 à 1975, date de la fin, quelque chose comme 1 million d’appareils photo.
De nos jours, la marque Bilora existe toujours, notamment, pour ses trépieds, qui ont survécu à tout.
Pour en revenir à notre Bella, plus de vingt versions ont été produites. Je vous recommande l’excellent site www.kameraschaetze.de pour en découvrir toutes les subtilités.
Celui qui nous préoccupe aujourd’hui est un Bilora Bella 46-1 qui date de 1956.
Fabriqué par moulage, l’appareil est destiné à être bon marché mais de qualité. Ici pas de plastique, mais un alliage sans doute d’aluminium. D’aucun dise que la fonderie est grossière; franchement, je ne trouve pas : c’est carré, c’est net, c’est costaud, fait pour durer.
Première particularité, il utilise du film 127 – rassurez-vous, on en trouve encore par exemple chez Retrocamera ou Fotoimpex. Plus petit que le film 120 mais plus grand que le 135, il autorise des formats 4×4 ou 4×6,5, celui du Bella 46-1.
Pour info – ça peut-être utile en cas d’achat – les modèles 44 utilisent aussi du 127 (douze images 4x4cm); les modèles 46 font donc des cadres de 6,5x4cm sur 127, et les modèles 66 prennent des photos 6×6 sur pellicule 120.
Ce n’est pas un télémétrique mais un « point and shot » avec mise au point réglable de 1m à l’infini. Il suffit de tourner la bague au bout de l’objectif pour régler la distance estimée.
Deux ouvertures, f8 et f11, trois vitesses, 1/50 – 1/100 – pause B. Le flash est synchronisé au 1/50s. S’il y a bien une griffe, il faut utiliser un flash avec un câble, que l’on branche sur le côté de l’objectif. Une plaque avec des trous circulaires appropriés vient se placer devant l’axe de l’objectif selon l’ouverture choisie.
L’objectif est un achromat f8 sans traitement de surface.
Sur le dessus , qui traverse le capot, à gauche, une grosse molette en métal strié sert à bobiner le film. Comme souvent, le fait de faire avancer le film à une autre vue n’arme pas le déclencheur. Ici aussi, les doubles impressions seront voulues ou accidentelles mais tout à fait réalisables sans se compliquer la vie.
Pas de compteur de vues, mais une fenêtre rouge au dos (rouge inactinique) pour voir défiler les chiffres des prises de vue. La fenêtre est placée au centre d’un gros verrou, avec une sécurité, qui permet d’ouvrir le dos, tout le dos, qui s’escamote en tirant dessus.
Apparait alors la chambre noire. De profondes rainures laissent penser que l’appareil est bien étanche à la lumière, et la rigueur de l’assemblage me conforte dans cette idée.
Vous pouvez voir à l’intérieur de celle-ci le mécanisme à retour automatique du déclencheur. Puis, de part et d’autre de la chambre, les bobines : à gauche (l’appareil ouvert devant vous) la bobine réceptrice, à droite, le rouleau sur sa bobine. Il n’y a pas de roulettes d’entrainement mais deux espèces de rails, qui servent aussi au verrouillage du loquet de fermeture, qui assurent le trajet de la pellicule. A remarquer que le presse film est incurvé car le plan du film est courbe. En effet, il est plus facile de concevoir un objectif avec un ou deux éléments qui projette l’image sur un plan semi circulaire qu’un qui projette sur un plan droit.
Pourquoi ? Parce que le Bella utilise un objectif avec une lentille à ménisque à un seul élément. Or il est difficile de maintenir la netteté sur un plan film avec un seul élément. En incurvant le plan du film, les bords de l’image resteront à une distance plus proche du centre focal de l’image, améliorant ainsi la netteté.
La chambre et le dos amovible sont peint en noir mat et soit rainuré (près de l’objectif), soit guilloché (le dos) pour éviter tout rebond de lumière à l’intérieur. Bien pensé.
Amusant, une étiquette à l’intérieur nous dit que l’appareil vient du Studio Albert, à Flénu (près de Mons).
Pour caler les bobines, ici pas de plastique comme sur les Diana, Holga et consorts, mais des ressorts en métal, qui tiennent et empêchent le film de bouger dans la chambre.
Un filetage au 1/4 (standard) autorise à monter l’appareil sur un … trépied, Bilora bien sûr !
Le viseur est un simple tunnel, sans aucune indications (cadre, parallaxe, échelle des distances) mais étrangement clair et large.
Enfin, le déclencheur, monté verticalement prés de l’objectif. Il est fileté pour y fixer un éventuel déclencheur souple. Il n’est pas spécialement souple mais il est franc et tombe, finalement, assez bien sous l’index de la main droite.
Un mot d’ailleurs sur la tenue de l’appareil : de part la forme de la chambre, un peu arrondie, il est plus large au milieu que sur les côtés. Ce n’est pas désagréable en soi, juste particulier pour la tenue en mains et il faut un petit temps pour s’y habituer.
Je pense que c’est un appareil avec lequel il faut travailler sans courir, en utilisant le plus possible le préréglage de la distance (d’autant qu’avec les ouvertures de l’objectif, vous avez toutes les chances d’être net au delà du mètre).
Normalement, il devrait y avoir des œillets sur les côtés pour fixer une courroie. Bizarrement, sur mon exemplaire il n’y en a pas et semble ne jamais en avoir eu d’ailleurs. Aurais-je déniché un exemplaire unique ?
Plus réaliste, comme souvent avec ces anciens appareils, de petites modifications en cours de route ajoutent un petit plus au fur et à mesure. Et comme à l’époque il était impensable de se séparer de son « sac tout prêt », c’est lui qui est muni des attaches et de la sangle en plastique, réglable s’il -vous -plait.
Alors, en résumé ? Pour 5€ (je n’ai pas négocié le prix) voilà un appareil tout métallique, dense mais pas lourd, avec autant de réglages qu’un Diana (né presque 10 ans plus tard) mais vachement bien construit, avec lequel vous pourrez aussi faire des surimpressions à gogo mais avec une bien meilleure définition (la lentille est en verre), dont les réglages sont constants et tiennent (vitesses, ouvertures bien crantées).
Et en plus, il est beau (oui, je sais, les goûts et les couleurs …). Plus de soixante ans après sa sortie d’usine, il est toujours parfaitement fonctionnel.
Seul bémol, peut-être, son format de film un peu inhabituel, mais c’est la rançon de sa compacité et – je le redis – on en trouve toujours à la vente.
Source : Retrocamera.beSource : Fotoimpex.de : la preuve que ça se vend toujours, ils sont en rupture de stock !
Avec son format carré, il va faire des ravages !
Petites videos d’illustration
Un peu de technique :
Fabricant : Bilora Type : rouleau de film 127 Format négatif : 4 x 6,5 Année de fabrication : 1955 – 1958 Lentille : Achromatique 8/70 Fermeture : par verrou avec sécurité Appareil photo à viseur sans télémètre, pas de cadre collimaté Griffe du flash sous la mention « BILORA » avec connecteur PC sur le fut d’objectif pour la synchro (1/50s) Boîtier : bleu / gris, alliage métallique, bande de cuir synthétique
Quelques exemples de photos prises avec l’appareil ICI
Petit appareil perdu dans une brocante ce samedi 7 mai … il m’a fait signe, désespéré et je l’ai emporté …
Plus sérieusement, il est complet, avec sa boite « toute prête », sa lanière et même un film dedans (avec 9 vues sur 24)..
Et puis, comme je vous avais présenté des Kodak Instamatic, il était normal que je fasse aussi la présentation d’un concurrent.
Pour mémoire, en 1962, Kodak invente le Kodapak, une cartouche de film ultra simplifiée : une cassette en plastique qui contient un film, doublé d’un papier épais jaune, annoté des numéros de vue, qui s’enroule dans la partie gauche lorsque vous prenez les photos. En fin de film, pas besoin de rebobiner donc et il suffit de déposer le tout chez votre labo préféré.
Clairement, Kodak vise le marché des amateurs, pas forcément éclairés mais désireux de garder des photos de moments joyeux, de vacances, de fêtes familiales, etc.
Et avec l’appareil prévu pour ces films les Kodak Instamatic, il vont inonder le marché de boitiers peu chers, d’assez bonne qualité et – surtout – ultra simples à utiliser.
Vous savez comment va le monde, tout le monde veut sa part du gros gâteau et certains ont les moyens de se l’offrir.
C’est le cas d’Agfa-Gevaert, une société belgo-allemande qui est, entre autre, spécialisée dans la fabrication de pellicule photographique et qui viendra, comme les autres, à fabriquer des appareils photo.
Les premiers sortent en 1926 (ça ne nous rajeunit pas !), ce sont les fameux Billy
Puis, en 1930, ils sortent l’Agfa Box, vendu à perte mais qui utilise du film 120 Agfa, qui se rattrape sur les ventes de consommables. Un peu comme Kodak, non ?
S’en suivront ensuite des appareils pour film 35mm, qu’Agfa fabrique bien évidemment. La seconde guerre mondiale redéfinit le paysage de nombreuses entreprises et au sortir de celle-ci Agfa reprend sa production d’appareils photos et de films, qu’il peaufine. ce sera la gamme des « Solinette ».
C’est en 1968 qu’apparait le gros bouton rouge, qui sera comme la signature des appareils Agfa.
Et à l’entame des années septante, c’est la riposte à Kodak en sortant les Agfamatic Sensor.
Las, toutes les belles histoires ont une fin et celle de la division photographique d’Agfa s’arrête en 1983. Les derniers appareils photo fabriqués, les Selectronic, l’ont été, en fait, par Chinon.
Outre l’utilisation de cassette 126, très simple comme nous l’avons déjà noté, la particularité des appareils Agfamatic est ce gros bouton orange, le déclencheur Sensor.
C’est un mécanisme particulier qui a été inventé pour éviter les flous de bougé, notamment lorsqu’on appuie trop fort sur le déclencheur à vitesse assez lente, ce qui est le cas des appareils comme les Instamatic de Kodak et les Agfamatic.
Car il faut bien le reconnaître, le déclencheur d’un Instamatic, ce n’est pas quelque chose de doux : une barrette de métal, posée sur le dessus du capot, qu’il faut enfoncer fermement pour déclencher.
le déclencheur du 355X, une barrette métallique à enfoncer.
Le Sensor, cette pastille orange, typique des appareils Agfamatic Sensor a été une petite révolution à l’époque de sa création. Les ingénieurs voulaient offrir un déclenchement sans vibration. Ils ont donc imaginé un bouton souple qui permet une tension délicate d’une partie en métal moulé. On peut déclencher en appuyant tout doucement sur le Sensor sans causer la moindre vibration contrairement aux anciens déclencheurs mécaniques sur lesquels il fallait « pousser » et qui risquaient de déstabiliser l’appareil lors de la prise de vue.
Un confort supplémentaire qui a détourné quelques clients de Kodak vers Agfa. D’autant que, comme son rival, sous l’apparente simplicité des appareils, se cachent parfois un petit monde de sophistication. J’y reviendrai peut-être si, au détour d’une brocante, je trouve un appareil intéressant à ce sujet comme un Optima 535 par exemple, ou un 1035.
Bref, venons-en à notre Agfamatic 200.
Il fit partie d’une famille de 4 boitiers qui commence à l’Agfamatic 50, 100, 200 et 300. Tous les quatre sont apparus sur le marché en 1972. Comme vous vous en doutez, chacun est une évolution du précédant : le 50 a une seule vitesse d’obturation et une seule ouverture; le 100 possède lui deux réglages d’exposition, nuage ou soleil; le 200 en a quatre : nuageux/ombragé, brumeux, ensoleillé, ensoleillé à la mer ou sur la neige; quand au 300, il gagne une exposition automatique grâce à une cellule et on peut y faire la mise au point par zone.
Donc, plus précisément, notre Agfamatic 200 propose 1/80s lorsqu’il y a du soleil et 1/40s quand il fit plus gris. C’est vous qui choisissez la vitesse en tournant la bague chromée autour de l’objectif et placez un trait noir en face du pictogramme ad hoc. Pour les photos en manque de lumière, vous devrez passer par un Magicube à fixer dans la griffe sur le capot. Notez qu’une marque apparait dans le viseur pour indiquer si la face que vous avez introduite n’est pas une lampe brûlée.
L’objectif est un 44mm ouvrant à f8,2, ce qui permet d’espérer des photos nettes au delà des deux mètres jusque l’infini.
L’appareil est joli, surtout avec son sac « tout prêt », qui fait très moderne, clipsé à l’arrière du boitier. Personnellement, je le trouve plus joli que les Instamatic de Kodak, mais c’est affaire de goût personnel, nous sommes d’accord.
Mise en perspective de deux modèles proches techniquement.
Facile à transporter à défaut de le glisser en poche (ça, ce sera pour les pockets qui sortent l’année d’après chez Agfa et en 1972 pour Kodak), il vous accompagne partout.
Pas besoin de mode d’emploi : vous vérifiez la lumière, tournez la bague sur le pictogramme adéquat, effleurez le Sensor et clic, l’image est dans la boîte.
Comme neuf photos ont déjà été prises avec cet appareil, je me dois de terminer le film pour découvrir ce qui s’y cache.
C’est aussi typiquement un appareil qui fut offert comme cadeau de communion, d’anniversaire, ou pour partir au camp scout/guide. Il n’est donc pas difficile d’en trouver, en bon état.
Reste la question délicate du film en 126, qui n’existe plus. Des solutions sont proposées, je vous en ai touché un mot ICI.
Plus une petite video d’illustration d’un adaptateur
Vraiment, c’est presque dommage de ne pouvoir en profiter plus car c’est un petit boitier qui me plait beaucoup.
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