Argentique

Un superbe ensemble au charme désuet : une chambre portative Friedrich Deckel et son trépied d’époque

Préambule.

Ce bel ensemble a failli ne jamais être réuni, l’appareil étant jeté dans une caisse et son trépied, loin, dans une autre, tous les deux dans un fatras de choses assez innommables.

Mais voilà, ce jour là St Daguerre était avec moi et j’ai pu les remettre ensemble et partir avec pour un prix très très convenable.

Un ancien appareil photo avec un étui en cuir et des accessoires photographiques sur une surface claire.

Rentré à la maison, il me restait à les nettoyer tous les deux, quelques traces d’humidité étaient présentes sur le cuir de l’appareil et son sac en cuir.

Un peu d’huile de coude puis de cirage et revoilà cette paire en pleine forme.

Un peu d’histoire.

Comme pour la Certo et la Ihagee que je vous proposais il y a peu, il n’y a pas de marquage sur le boitier. Juste un nom délicatement écris en cursives sur le pourtour du combiné objectif/obturateur : F. Deckel – München.

C’est, un peu court, mais essayons de trouver qui est derrière cette chambre de belle facture ?

Tout d’abord, l’obturateur, un Compur qui fut fabriqué par … Friedrich Deckel AG, à Munich dès 1903.

A l’origine était Friedrich Wilhelm Deckel (1871–1948), un mécanicien de précision qui travaillait pour Zeiss à Iéna dès 1889. Il quittera l’entreprise pour fonder son propre atelier, fin 1898.

Il s’associe avec Christian Bruns, un autre mécanicien de précision qui a développé l’obturateur central Compound. Ensemble, dès 1903, ils fondent la Bruns & Deckel à Munich. Ils fabriquent l’obturateur Compound et le commercialise.

En 1905, Monsieur Bruns quitte la société et continue à développer des obturateurs pour son propre compte, comme le Compur, développé pour les temps d’exposition lents. Dès lors, Friedrich devient le seul propriétaire de l’entreprise devenue la Friedrich Deckel GmbH.

L’entreprise acquiert de nouveaux actionnaires en 1910 et pas n’importe lesquels : Carl Zeiss, Bausch & Lomb et Alfred Gauthier. Zeiss, qui vient d’acquérir les brevets du Compur, les fait fabriquer sous licence par Deckel.

Une des spécificités de Deckel était qu’il fabriquait en interne les machines-outils de précision et les moules nécessaires à la fabrication des appareils photo. Comme à l’époque de telles machines étaient peu disponibles sur le marché, la société va vendre de plus en plus de machines-outils, et ses obturateurs, à d’autres fabricants, comme l’Agfa Camerawerk par exemple. Finalement, l’activité de construction des machines est devenue l’activité principale de l’entreprise.

C’était une société moderne pour son époque : elle a introduit la journée de huit heures en 1912 pour son personnel (elle comptait 500 employés en 1914). Elle continue à se diversifier et s’intéresse au monde de la voiture. Elle fabriquera des pompes d’injection pour moteurs essence ou diésel (1924). En 1940, elle fabriquera d’ailleurs l’injection du moteur d’avion BMW 801.

Mais pour en revenir au monde de la photographie, elle conçoit le concept d’échelle de valeur lumineuse (LVS) et développe la fameuse échelle de valeur d’exposition (EVS). Elle va distribuer des obturateurs qui utilisent des fermetures couplées à une valeur lumineuse et en faire la norme. Vous trouvez souvent cette échelle sur les appareils des années cinquante, notamment chez Rollei Hasselblad, Voigtländer, Braun, Kodak, entre autres. Ces obturateurs sont souvent liés à une monture d’objectif à changement rapide, couplée aux obturateurs, la fameuse baïonnette DKL.

Les américains ont repris le principe de la valeur lumineuse dans le système APEX en 1960.

De plus en plus, pourtant, l’entreprise se concentre sur la production de machines-outils de grande précision. Elle changera plusieurs fois de nom au gré des acquisitions, fusion et faillite. En 2009 elle passe entièrement dans le giron de la société japonaise Mori Seiki.

La production d’obturateur pour appareils photo a été arrêtée en 1973, sauf pour quelques Hasselblad équipés d’objectifs Zeiss. Celle-ci cessera définitivement en 1976 et la production sera reprise par l’usine Alfred Gonthier (Prontor).

Nous pouvons résumer les obturateurs de la Friedrich Deckel :

1904 – Obturateur à lames composées avec échappement pneumatique à air
1911 – Obturateur à lames Compur avec échappement mécanique à engrenages plus précis
1928 – Retardateur supplémentaire Compur V
1935 – Compur-Rapid vitesse d’obturation la plus courte 1/500 s (1/400 pour un obturateur plus grand)
1951 – Synchronisation flash supplémentaire Synchro-Compur X et M
1958 – Monture DKL d’une monture à baïonnette incluant un obturateur Synchro-Compur avec couplage LV

Ah, me direz-vous, cela ne nous avance guère !

Reste, peut-être à voir du côté de l’objectif, un Boyer Topaz de 105mm ouvrant à f4,5.

Vous verrez, c’est aussi un pied de nez à l’Histoire …

Antoine Boyer fonde en 1895 les Etablissements Boyer, qui fabriquent des objectifs. Ce n’est pas une grande entreprise, il n’y a que quatre employés. Par la suite, André et Marcel Boyer, ses fils, prennent la relève et le nom de la firme évolue en Boyer Frères. Elle n’est guère plus grande (6 employés).

En 1925, André décède et son frère, Marcel refuse de diriger seul l’entreprise, qu’il vend alors à un opticien d’Orléans, Abraham Lévy. Son fils, André avait été commercial chez Lacourt-Berthiot. Lorsque son père racheta donc la société Boyer Frères, il était alors directeur du département photographique de Baille-Lemaire.

La designer de chez Boyer, Madame Suzanne Lévy-Bloch fut sans doute la première femme ingénieure en optique française (ingénieure de l’École Supérieure d’Optique et de l’Institut d’Optique Théorique et Appliquée). C’est elle qui dessinait les optiques de la firme (1925 à 1965).

A la mort d’André Lévy, c’est son fils Robert qui prend les rennes de la société. Las, au seuil des années septante, la maison fait faillite. Elle sera reprise par CEDIS, une société appartenant à M. Kiritsis, ancien propriétaire des Ets Roussel, une autre société d’optique française. L’entreprise disparaitra définitivement en 1982, au décès de M. Kiritsis.

En résumé, nous avons une entreprise allemande qui fabrique des obturateurs renommés et sans doute aussi des appareils photographiques, et de l’autre côté, une société française d’optique reconnue.

Tout cela autour des années 1928 -1929 si je tiens compte du numéro de fabrication du Compur de cet appareil.

Je ne suis guère plus avancé mais j’aime l’ironie des nationalités des personnes qui ont œuvré en ces temps troublés à la fabrication de cet appareil dont j’ignore toujours le nom de fabrication, à moins d’admettre qu’il s’agisse d’une chambre Deckel.

Un mot encore pour ce Boyer Topaz, un triplet qui fut vendu soit comme objectif de prise de vues, soit comme objectif pour agrandisseur. Il a existé dans de nombreuses focales, de 20 à 180mm ouvrant à f2,9 ou f3,5 avant 1939 ; puis focales de 75 à 135mm ouvrant à f4,5 ; encore en focales de 58 à 210mm ouvrant à f6,3 ; et dans les années septante de 45mm à f2,8 ; 35 ou 50mm à f3,5 et finalement 75 et 105mm ouvrant à f4,5.

Un commentaire éclaire sur sa place dans la gamme des optiques de chez Boyer : C’était le cheval de bataille de la firme ! Des centaines étaient encore vendus chaque mois lorsque l’entreprise ferma brutalement. Ils étaient très bien fabriqués, mais comme tous les triplets, avec une courbure de champ prononcée, et de l’aberration de sphéricité à pleine ouverture. La série ouvrant à 2,9 d’avant 1939 est parfaite comme objectif à portrait ; ce sont des optiques douces sans manquer de piqué. Pour autant que je le sache, c’est la base du modèle Rubis (très peu furent fabriqués). De nombreux Topaz étaient également vendus comme objectifs d’agrandisseur, en dépit de leur qualité moyenne pour cette application. 

Présentation de la chambre portative F. Deckel

Je l’ai retournée dans tous les sens, regardé le moindre bout de cuir, sous et sur les bobines, autour et derrière l’obturateur, sur la plaque de pression, rien ! Pas la oindre marque comme Certo ou Ihagee qui ont pourtant parfois utilisé les services de la F. Deckel.

Il reste donc à déduire qu’il s’agit bien d’une chambre portative créée par la F. Deckel pour son compte propre et sa commercialisation.

Alors, que voyons-nous ?

Un beau bloc aux cuirs noirs et bords arrondis en chromes solides. Sur le dessous, une grosse molette pour l’avance du film, un petit bouton en forme de champignon à son côté, qui permet de libérer la porte avant de la chambre, et enfin un pas de vis large (pas du Congrès) pour la fixer sur un trépied.

Sur le dessus, un simple viseur repliable en tôle, rudimentaire.

Devant, une porte avec un second filetage pour attacher la chambre et un levier pour poser celle-ci à plat.

Derrière, un dos ajouté et fixé à la partie ouvrante. Ce dos porte une fenêtre en rouge inactinique et un crochet sur le dessus : il est sans doute prévu pour y glisser une plaque de verre ou un châssis (vu l’épaisseur, je penche pour la plaque de verre).

Sur la tranche gauche, un discret verrou permet d’ouvrir le dos, monté sur charnière et qui ouvre sur une chambre noire de 6x9cm à soufflet. L’intérieur est floqué d’une peinture noire très structurée, épaisse et solide. De chaque côté, des cages en demi-cercle pour y glisser une bobine de film 120. Ce qui est un peu déroutant, c’est la présence d’une plaque de pression qui semble ne pas autoriser l’utilisation d’une plaque photographique. Le dos surajouté n’a d’ailleurs pas d’accès à la chambre.

Vue de dessus d'un appareil photo vintage avec un corps en cuir noir et une sangle en cuir.

Enfin, après avoir appuyé sur le bouton champignon, la porte avant s’ouvre et dévoile un gros œil rond : l’obturateur Compur avec en son centre, l’objectif Boyer Topaz de 105mm ouvrant à f4,5.

Vue rapprochée d'un vieil appareil photo avec objectif et mécanisme exposés.

L’abattant de la porte, en métal, porte deux rails, sur lesquels va glisser le soufflet, qui va venir se bloquer en position dans un verrou à ressort. Deux boutons ronds permettent de tirer sur l’ensemble Soufflet/ Obturateur-Objectif.

Sur le côté droit des rails, un bouton en tirette permet de régler la distance et de bloquer l’ensemble aux distances de 2m à l’infini

Le Compur est gradué en vitesses de 1s à 1/250s, plus une pause B et une T. Un petit bouton, que je pensais être le retardateur, permet de passer en mode T ou B. Le levier d’armement est au dessus et le déclencheur par dessous. On peut encore utiliser un déclencheur souple, à viser.

Les ouvertures sont réglables de f4,5 à f32 (4,5 – 6,7 – 8 – 11 – 16 – 26 – 32) via une réglette placée sous le combo objectif/obturateur. La distance, elle, se règle grâce au déplacement du soufflet sur le rail. Il n’y a pas ici de décentrement vertical.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo vintage avec la marque 'Compur' et des réglages visibles.

Deux viseurs dont encore présents sur le combiné objectif/obturateur : un simple cadre en fil, qui se replie devant le tout et qui, une fois déplié et combiné au viseur fixé sur le dessus du boitier doit être un viseur sportif, et un second viseur pivotant, qui se replie lorsqu’on referme l’appareil.

Autrement dit, les viseurs sont rudimentaires et peu précis, la distance de mise au point se fait au pifomètre.

Pour refermer le tout, il est impératif de sortir le crochet d’arrêt du soufflet, de le replier lentement pour ne pas abîmer les plis et de s’assurer qu’il est bien remisé au fond de la boite avant de refermer la porte avant.

Gros plan sur un appareil photo vintage avec des réglages en métal, y compris un bouton de mise au point et un compteur de distance.

Ce n’est pas compliqué, il faut juste prendre son temps et respecter le matériel, sans forcer.

Ce genre de chambre portable n’apprécie pas d’être bousculée. Et notez que si elle a été respectée, 100 ans plus tard, elle fonctionne toujours parfaitement et reste pleine de charme.

Associée à sa sacoche en cuir clair, c’est un ensemble du plus belle effet. Si vous y ajoutez le trépied dans son sac, lui aussi en cuir, il ne vous manque plus qu’une belle vieille Benz pour participer à un rallye en costume d’époque !

Que penser de cette ensemble ?

Outre son esthétique, il faut reconnaître que nous avons là un bel outil, toujours parfaitement fonctionnel.

Les commandes sont souples, onctueuses et loin d’être tout à fait dépassées car les ouvertures et les vitesses étaient encore celle utilisées dans les années cinquante dans d’autres folding et même certains appareils fermés.

Comme je le précisais dans l’historique, ce type d’appareil photo demande que l’on prenne son temps, pour cadrer, pour viser, pour régler et enfin déclencher.

N’oublions pas que nous sommes dans du 6x9cm, le négatif va fourmiller de détails si les paramètres de prise de vue sont respectés. D’ailleurs, à l’époque de cette F. Deckel, il n’était pas rare de faire un tirage direct, la taille du négatif l’autorisant sans agrandissement.

Reste que je m’interroge toujours sur le dos rapporté sur le boitier car je ne vois pas bien son utilité. Sans aucun doute un manque manifeste d’habitude avec ce type d’engin.

Cette chambre est-elle rare ?

J’ai retourné la Toile dans tous les sens, je n’ai pas trouvé un seul endroit qui puisse lister les appareils produits par F. Deckel. Beaucoup d’informations sur les obturateurs Compur, les machines-outils FP1 et suivantes, la baïonnette DKL, mais sur ce modèle, rien.

Peut-être un lecteur perspicace trouvera-t-il une solution, une réponse.

Ceci étant, c’est un bel ensemble, toujours fonctionnel, et pour le moment, cela me suffit.

Des références.

https://de.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Deckel, en allemand ; https://camera-wiki.org/wiki/Deckel, https://en.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Deckel, https://camera-wiki.org/wiki/Compur , https://camera-wiki.org/wiki/Compur_serial_numbers, https://www.galerie-photo.com/boyer-lens-optic.html en anglais ; https://galerie-photo.com/optiques-boyer-catalogue.html, en français

Argentique

Un reflex moins connu, le Ricoh XR-S

Préambule.

Souvent le hasard fait bien les choses car ce Ricoh, cela faisait un moment que je le cherchais. En fait depuis l’article sur le Canon Prima Sol, le premier appareil photographique à fonctionner uniquement à l’énergie solaire (1995) alors que celui-ci, auquel je faisais allusion, utilisait aussi l’énergie de notre bon vieux soleil, mais pas que !

Et, mea culpa, il était resté dans ma boîte des appareils que je dois encore vous présenter, depuis un petit moment déjà.

Comble de l’ironie, c’est par un temps particulièrement gris et sombre que je vais commencer à vous le décrire.

Un peu d’histoire.

Les grands acteurs japonais de la photographie ont souvent été soit des opticiens, comme leurs homologues allemands, soit actifs dans le domaine de l’électronique avant de développer leurs activités dans la photo. Ricoh, lui, a commencé par le … papier.

L’Institut de Recherche Riken, Institut de Recherche Physique et Chimique a créé en 1927 l’entreprise Rikagaku Kogyo pour commercialiser le produit de ses recherches, notamment dans le domaine des papiers sensibilisés. En 1936, la division papier est scindée pour devenir Riken Kankoshi Co., Ltd, le précurseur de Ricoh. Sous la direction de Kiyoshi Ichimura, la société se développe bien et introduit pas mal d’innovations.

Par exemple, dans les années ’50, Ricoh est la première entreprise au Japon a introduire un système de convoyeur à bande pour la fabrication des appareils photo, ce qui augmente considérablement la capacité de production. Elle atteint 10.000 unités par mois contre moins de 1.000 unités dans l’industrie photographique plus artisanale de l’époque. Cette capacité permettait de garantir des prix plus abordables tout en gardant un seuil de qualité élevé. Un bel exemple fut la production du Ricohflex Modèle III qui sera adopté par une majorité de Japonais cherchant un bon appareil (on estime que cet appareil a atteint plus de 50% des ventes nationales à son apogée).

Photo en noir et blanc d'une usine avec des assemblages de caméras Ricoh, montrant des travailleurs en train de monter des appareils photo sur des tables de travail.

Ricoh reçu le prestigieux prix Okochi Memorial Prize Production en 1957 pour sa capacité de production élevée et rigoureuse.

En 1960, Ricoh inaugure sa nouvelle usine de Numazu, celle destinée à la fabrication de papier. En 1962, celle-ci s’agrandit pour installer une production intégrée de papier sensibilisé, une première mondiale.

Se voulant toujours être dans pionnier dans l’innovation, en 1960, l’entreprise lance le Ricoh Auto 35, un appareil photo automatique avec une cellule au sélénium. En 1962, il propose le Ricoh Auto Half, un demi-format entièrement automatique très compact qui possédait en plus un moteur sous forme d’un ressort, le tout dans un format guère plus grand que celui d’un paquet de cigarettes.

Le nom de Ricoh Company Ltd. devient le nom officiel de l’entreprise en 1963.

Vous aurez remarqué que je ne cites pas toutes les autres avancées de Ricoh en terme de photocopieurs, mais il y en eut un paquet. Ils furent aussi très actifs dans le domaine de l’électronique et de l’informatique. Ainsi ils proposèrent en 1971 le premier ordinateur de bureau, le Ricom 8.

Ils continuent à développer des appareils photo mais vous aurez compris que ce n’est pas leur activité de cœur business comme on dit, mais ils restent très présents et attentifs aux évolutions.

Ils ont par exemple développé leur premier appareil digital en 1995, le Ricoh DC-1.

Au niveau des appareils argentiques, nous l’avons vu, ils ont développé des TLR avec la gamme Ricohflex, des compacts télémétriques avec les Ricoh 35 ; puis des compacts très compacts avec télémètre comme le Ricoh 500G ; des reflex avec la gamme des Ricoh KR ( Ricoh KR 5) et XR avec monture K, sans oublier quelques collaborations comme avec Olympus pour le Ricoh Miraï, ou avec Nikon pour le Ricoh Singlex (mais fabriqué par Mamiya) avec monture F ou en monture M42 (Ricoh Singlex 2) ; des compacts innovants comme le FF-70, d’autres ultra fins comme le Ricoh R 1. Et ne passons pas à côté du GR, toujours d’actualité en digital de nos jours.

De fait, Ricoh Co Ltd est une entreprise très diversifiée, qui offre du matériel d’impression, des réseaux de gestion de l’information, des photocopieuses, des centraux téléphoniques, etc. Elle produit aussi des circuits LSI et d’autres composants électroniques sophistiqués.

Il est donc logique que Ricoh ait mis sa technologie au service de la photographie.

Bref, si la marque ne s’est plus trop engagée dans le domaine des boitiers photographiques, hormis donc le GR qui en est à sa quatrième itération digitale, elle a quand même toujours été parmi les entreprises innovantes. Nous allons encore le découvrir avec le réflex qui nous préoccupe aujourd’hui.

Présentation du Ricoh XR-S.

De prime abord, c’est un réflex classique, très classe dans sa robe noire, ce qui fait bien ressortir le nom du modèle, en lettres blanches et rouge, soulignées d’un trait rouge.

Puis, quand on y regarde de plus près, sur le prisme, au dessus du nom Ricoh, trois petits mots interpellent : solar battery system .

Et c’est là qu’on se rend compte que sur les deux faces du prisme il y a effectivement des mini-panneaux solaire !

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo Ricoh XR-S, montrant le levier d'armement, la roue de sélection des vitesses et les panneaux solaires.

Mais n’allons pas trop vite, commençons par la présentation du tout.

Sur le capot, à droite, un levier d’armement moderne ; à son côté, le compteur de vues qui revient automatiquement à zéro ; devant lui, la roue de sélection des vitesses, de 15s à 1/1000s, avec une synchro flash au 1/125s, une pose B, une position L pour lock (fermer) et une position A, pour automatique. Un minuscule petit bouton marqué d’un point vert sert à déverrouiller la roue pour changer les positions.

Vue supérieure d'un appareil photo Ricoh XR-S montrant le système de batterie solaire, la molette de sélection des vitesses et le bouton de déverrouillage.

A gauche, une roue encercle la manivelle, utile lors du rebobinage et pour ouvrir la porte arrière de l’appareil. Cette roue a une double fonction : indexer la cellule de la sensibilité, en Asa (de 12 à 1200Asa), et permettre une correction d’exposition de -2 à +2. Le tout aussi minuscule bouton Self sert à lancer le retardateur.

Gros plan sur le sélecteur de sensibilité ASA d'un appareil photo reflex Ricoh XR-S, en métal noir avec marquages clairs.

Sur la face avant, sous le nom, un levier pour activer la cellule et à côté du nom, un second levier pour le contrôle de la profondeur de champ (encore rare à l’époque sur des appareils dits grand public)

Sur la droite toujours, contre le fut d’objectif, le bouton pour débloquer la monture de l’objectif en monture K.

A gauche, autour du fut de l’objectif, le bouton du dessus sert à verrouiller l’AE et, en dessous, la prise synchro pour les anciens flashs. Pour les flashs modernes, la griffe est munie d’un contact au centre pour la synchronisation.

Gros plan sur le boîtier d'un appareil photo reflex Ricoh XR-S, mettant en avant le détail du porte-objectif et des commandes en relief.

A l’arrière, rien de spécial à part deux boutons qui raviront les Lomographistes car ils permettent de faire des surimpressions.

La semelle porte le filet pour fixer un trépied, le cache pour les piles (2LR44) et les engrenages pour la motorisation si on y ajoute un Winder. Les 2 LR44 doivent se placer le plus vers le bas dans le compartiment.

Vue du dessus d'un appareil photo Ricoh XR-S, mettant en avant le levier d'armement, le compteur de vues et la roue de sélection des vitesses.

Tout est résumé ci-dessous.

Au delà de cette énumération presque à la Prévert (je n’ai pas trouvé le raton laveur !), découvrons ce qui se cache là-dessous.

D’abord que le boitier est basé sur le XR-7, sorti en 1982. Lui aussi conçu pour la baïonnette K, il possède un obturateur géré électroniquement (d’où les 2 piles de 1,5v). Il propose des vitesses identiques à celles reprises par le XR-S, l’automatisme à priorité ouverture. Le bouton à l’avant (11) permet de visualiser la vitesse choisie par l’automatisme sur le bord droit du viseur. La compensation d’exposition, le verrouillage de l’exposition (AE) sont là aussi, la surimpression itou. Tous ces éléments seront repris donc dans le XR-S.

A cette longue liste s’ajoute la technologie embarquée de l’énergie solaire : les deux cellules rechargeaient une batterie S capable de tenir 5 ans. Il sera le premier reflex à utiliser l’énergie des minis-panneaux photovoltaïques pour alimenter le circuit de mesure. En cas de manque de soleil (ou de lumière forte), voire de défaillance de la batterie S (ce qui risque d’arriver après 45 ans !), les 2 piles de 1,5v prennent le relais et désactivent le circuit solaire.

Nous avons donc un reflex moderne avec son obturateur piloté par quartz, une AE priorité à l’ouverture, et ce que vous avons découvert du XR-7, plus un viseur à cristaux liquides multi-informations.

Il y aura un modèle plus récent, le Ricoh XR Solar (1994), mais c’est un appareil photo sans lien de parenté finalement, fabriqué en Chine par Cosina, et qui ne dispose pas de l’exposition automatique.

Appareil photo reflex Ricoh XR-S, en finition noire avec des éléments fonctionnels visibles comme le levier d'armement et le nom du modèle.

Notez qu’il a existé aussi un XR-2s (1972) qui n’a rien à voir avec une éventuelle succession de celui-ci puisque antérieur à ce modèle.

Que penser de cet appareil ?

Vous le savez, j’aime bien les appareils noirs et je trouve celui-ci particulièrement agréable à l’oeil. Le boitier est agréable à tenir en mains, pas trop lourd et toutes les commandes tombent bien, exceptés le minuscule bouton pour engager le retardateur (Self) et l’aussi minuscule bouton à point vert pour modifier la position des vitesses.

Si les cellules solaires ne servent plus à rien car je n’ai pas la batterie S d’origine, j’ai mis deux LR44 communes dans l’appareil.

Et là vous comprendrez ma frustration car impossible de déclencher et le miroir reste bloqué en haut. Je pense que c’est une question de contact car, ayant enlevé la semelle, j’ai pu ré armer mais impossible de déclencher, alors que le retardateur émet son signal caractéristique (preuve que les piles sont bien mises et fonctionnelles). C’est dommage.

Ceci étant, si vous en trouvez un en pleine forme, préparez u billet de 50€ pour vous faire plaisir, et vous ne le regretterez pas, le boitier a des arguments à faire valoir : il est assez complet, agréable et facile à prendre en mains et, ce qui est toujours important, pour moi, il sort des sentiers archi battus en assurant des prestations dignes des autres marques de l’époque.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi multi-lingues, c’est par ICI.

  • Type : reflex 35mm avec obturateur automatique à contrôle électronique du plan focal
  • Obturateur : obturateur métallique à mouvement vertical à commande électronique, automatique de 16 à 1/1000s ; manuel de 16 à 1/1000s, piloté par Quartz Control (uniquement manuel) plus pose B. Verrouillages d’obturateur en position L (lock = fermé)
  • Viseur : le champ de vision couvre 93 % horizontalement et verticalement ; grossissement de 0,88X (avec objectif 50mm f/1,4) ; affichage par écran LCD (Liquid Crystal Display) : compensation d’exposition – B – Manuel – surexposition et sous-exposition – indicateur de vitesse d’obturation (clignote en verrouillage AE) – avertissement batterie (quand la batterie est presque épuisée) – lumière LED prête à clignoter – numéro de stop
  • Posemètre : Photodiode au silicium TTL à pleine ouverture SPD (photodiode au silicium) pour la mesure pondérée au centre
  • Plage de vitesse du film : ASA 12-3200
  • Réglage d’exposition : Système d’ajustement d’exposition ( + 2 – – 2, par incréments d’1/3)
  • Système de verrouillage AE (mémoire)
  • Retardateur automatique : délai de fonctionnement de 10 secondes ; pendant le fonctionnement, la lumière LED rouge clignote et émet un bip
  • Source d’alimentation : les minis-panneaux solaires rechargent la batterie de stockage (Batterie-S, tension de sortie des cellules photovoltaïques de 3,5v)
    Autres piles utilisables : deux piles SR-44 1,55V oxyde d’argent, ou deux LR-44 ; piles alcalines 1,5V
    Autres fonctionnalités : Multi-exposition, levier de prévisualisation
  • Objectif Rikenon 50mm f2 (diam. filtre 52mm)
  • Dimensions nu : 136 x 89 x 51mm
  • Poids nu : 475gr
  • Produit : 1981 – 1990

Des références.

https://bromurefilm.com/products/ricoh-xr-s, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=15196, https://focusargentique.fr/appareils-photo/ricoh/, https://www.ricoh.be/fr/a-propos-de-nous/entreprise/histoire/, https://www.ricoh.com/about/history, en français ; https://kameramuseum.de/objekte/ricoh-xr-s-mit-solarzellen/, en allemand ; https://mailch.blogspot.com/2012/02/users-review-ricoh-xr-s-35-mm-film.html, https://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_XR-S, en anglais ; https://www.ricoh-imaging.co.jp/japan/products/ricoh-filmcamera/cameralist/XR-S.html, en japonais

Argentique

Un Petri Penta V2 qui a connu des jours meilleurs.

Préambule.

Cet appareil provient d’une dame qui voulait faire un peu de place dans ses placards et qui m’a demandé de le lui vendre.

Hélas, si j’ai pris l’appareil, j’ai dû lui montrer que le pauvre ne fonctionnait plus : miroir bloqué en haut, impossibilité d’armer et de déclencher, perte de sa plaquette d’identification sur le prisme et pastille sur le levier d’armement. Elle a convenu qu’il n’avait pas été préservé de la meilleure manière mais il l’avait accompagnée lors de ses voyages et il représentait un brin de nostalgie, remisée dans ses albums.

Si j’ai déjà eu des Petri, je ne connaissais pas ce modèle. Donc, même en panne, je peux en faire le tour et essayer de vous le présenter.

Un peu d’histoire.

Les entreprises japonaises ne sont pas toujours aisées à retracer car elles avaient la fâcheuse idée de changer régulièrement de nom et surtout parce qu’elles étaient souvent de petites sociétés plutôt artisanales. La plupart ont aussi commencé en vendant des articles destinés à la photographie, voire en vendant les appareils d’autres marques, avant de se lancer elles-mêmes dans la construction et la vente de leur propre matériel. Si leurs débuts semblent avoir été difficiles, les années cinquante et soixante ont vu leur âge d’or. Les plus fortes, financièrement et de par leur avance technologique, ont abordés l’industrialisation de leur production dans les années septante et celles-là ont survécu. Tant d’autres ont disparu, malgré leurs qualités, leurs approches particulières (parfois trop) et – c’est d’ailleurs là un paradoxe – certaines par leur obsession de la qualité (Miranda, Petri, Beauty, Bronica, Kowa, Minolta, Neoca, Taron, par exemple).

Kuribayashi Seisakusho fut l’un des premiers noms de Petri. Fondée en 1907 par Kuribayashi Yōji, elle fabriquait des trépieds et des boites noires. D’aucuns prétendent que sa véritable date de naissance serait 1918. Ses premiers bâtiments étaient situés à Shitaya (Tokyo).

Toujours est-il qu’elle commence à vendre des appareils photo en 1919 (les mêmes disent 1922, allez savoir !). Ceux-ci seront distribués par Minagawa, qui aurait choisi leur nom, des First. Leur premier appareil aurait été le Speed Reflex, un appareil à plaque grand format qui était fabriqué sur mesure, avec une grande variété d’objectifs et/ou d’obturateurs (un peu comme le Gaumont Spido Reportage).

En 1930, la société devient Gōshi-gaisha Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho (ouf !). Elle produit toujours des appareils baptisés First : des appareils pliants en 4,5×6 comme le Semi First, des 6×6 comme le First Six, des 6×9 comme le First Roll, des TLR en 6×6 comme le First Reflex. Ces appareils sont vendus comme fabriqués par First Camera Works, sans doute une autre idée marketing de Minagawa (qui repris les noms après la guerre pour des appareils fabriqués par Tokiwa Seiki).

Difficile de dire ce que faisait l’entreprise pendant la Seconde Guerre Mondiale. On sait juste que son usine et ses bâtiments administratifs situés à Shitaya (Tokyo) furent détruits lors d’un bombardement allié en 1945. Il lui restait une usine à Adachi (Tokyo).

Elle change de statut et de nom en 1949 et devient K.K. Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho avec un nouveau siège social à Chiyoda, toujours près de Tokyo. Elle en profite pour ne pas renouveler sa coopération avec Minagawa (qui garde ses First). Dès lors il lui faut trouver une autre marque. Elle choisi les noms de Karoron et Petri pour désigner ses nouvelles gammes : la première concerne des appareils pliant d’entrée de gamme et la seconde, son premier TLR, le Petriflex.

Commencent alors les années cinquante, qui voient la sortie du premier appareil en 35mm, le Petri 35 en 1954 et son premier reflex, le Petri Penta en 1959.

Ce premier reflex était plutôt compact, plus que les Nikon et Minolta de l’époque. Bien construit, il utilisait la monture M42 de Pentax. Le viseur était très lumineux, avec un écran de Fresnel, et au centre, un astucieux sitgnomètre à coïncidence en rectangle, qui permettait une mise au point rapide et facile. Le déclencheur n’était pas posé sur le capot mais en façade, comme sur les Praktica.

Mais sa vitesse était limitée au 1/500s et il ne possédait pas de prisme amovible et interchangeable, son objectif de dotation était un 50mm f2 très classique. Il ne sera jamais destiné au monde professionnel mais bien aux amateurs exigeants

1956, nouveau changement de nom : Kuribayashi Shashin Kōgyō K.K.

Finalement, comme d’autre avant elle, elle optera pour le nom de ses produits qui lui assuraient ses rentrées financières et la reconnaissance. En 1962, elle devient Petri Camera KK.

Le Petri 7S Circle-Eye System, à télémètre couplé et cellule au sélénium sort en 1963. Il est très bien construit et sera utilisé régulièrement par des professionnels dans les années soixante. Il sera suivi par un Petri 7S 2 en 1966, toujours télémétrique et cellule au sélénium. On les reconnait rapidement, grâce à la lueur verdâtre de leur viseur.

Vue d'un appareil photo Petri 7S posé sur un bureau avec un fond flou, montrant ses détails et son design distinctif.

Toujours au rayon des compacts, en 1968, ils sortent le Petri 35, un magnifique petit appareil qui n’est pas sans rappeler le Rollei 35.

L’entreprise innove aussi et elle présentera un Petri Computor 35 en 1970 : télémétrique avec cellule au CdS couplée qui pouvait rivaliser avec les Electro 35 de Yashica.

Hélas, en 1977, l’entreprise fait faillite. S’ils fabriquaient de bons appareils, ils restaient toujours un peu à la traine au niveau innovation et, surtout, les entrées financières ne leur ont pas permis de passer à l’automatisation nécessaire pour la production de masse. Pourtant, les ouvriers et employés y croyaient : ils ont racheté l’entreprise, rebaptisée Petri Koguyo KK, qui a encore tenu quelques années. Leur dernier appareil fut le Petri MF-1, un réflex qui avait un gros défaut à la fin des années septante : sa monture était toujours la M42, incompatible avec les progrès de l’automatisation électrique et électronique des appareils de ces années-là. Et ne parlons pas de l’autofocus qui pointait le bout de son nez …

Pourtant quelques réflex Petri MF ont continué à être produit mais ils étaient fabriqués par Cosina.

La partie photographique de la société fut finalement rachetée par le groupe britannique Dixon en 1980, qui garda la marque comme marque interne encore quelques temps, puis celle-ci disparu.

Aujourd’hui, Petri Kogyo KK fabrique des télescopes.

Revenons un instant sur les réflex Penta : les premiers utilisaient la monture universelle M42 mais ensuite ils sont passé à une monture propre, dite à culasse : l’objectif se verrouille avec une baïonnette et un cercle métallique qui vient fixer le tout. La monture est munie d’un ergot, qui doit se positionner au centre haut de la platine, ce qui oblige bien souvent à maintenir l’objectif à la verticale pour qu’il tombe juste.

En outre, s’il y eut bien quelques réflex qui proposaient le 1/1000s, la technique d’arbre de transmission utilisée pour armer l’obturateur, lever le miroir et faire avancer le film d’une vue. Ce système, complexe, nécessitait sans doute trop de pièces et les appareils ne tenaient pas la vitesse du 1/1000s annoncé. Ils se sont donc limités au 1/500s.

Présentation du Petri Penta V2 ou Petri Flex V (USA).

Le premier Petri Penta a donc vu le jour en 1959. Relativement compact, son design était assez séduisant. Il propose une monture en M42, des vitesses de 1/2s jusque 1/00s plus pose B. Une vitesse de synchronisation du flash au 1/45s mais pas de griffe flash, sauf en option et pas de retardateur. Attention, il faut arrêter soi-même l’ouverture de l’objectif à la prise de vue.

Son successeur sera le Petri Penta V en 1960. Ce qui le différencie de son prédécesseur, c’est une monture désormais à baïonnette à verrouillage par la culasse, la fermeture automatique des objectifs à ouvertures prédéfinies, un obturateur qui va jusqu’au 1/1000s plus pose B, synchro flash toujours au 1/15s et un minuteur de +/+10secondes.

Et puis vient l’appareil qui nous occupe aujourd’hui, le Petri Penta V2 ou Petri Flex V au USA de 1961. Il propose les mêmes particularités que le Penta V sauf qu’il retrouve un obturateur limité au 1/500s, pour les raisons que nous avons vues ci-dessus.

Son design reste soigné avec cette bande de simili cuir sur le pentaprisme, qui sert à éviter les griffes si on monte une griffe flash (fixée sur l’œilleton de visée) et ce petit V en jaune vif, qui attire l’œil (bon, sur le mien, il est parti, zut !).

Vue de dessus d'un appareil photo vintage avec plusieurs réglages et une lentille métallique.

Il garde le verre de mise au point particulier avec son écran de Fresnel et le sitgnomètre rectangulaire qui fait son charme et sa facilité de mise au point. Sur certains appareils, le nom Petri est d’ailleurs gravé en bas à droite du verre (pas sur le mien, rezut !).

Trois illustrations montrant les principes du verre de mise au point Fresnel et les images à diviser, avec des annotations indiquant 'Erroné' et 'Correct'.

Outre la particularité de son arbre de transmission, l’appareil présente quelques subtiles astuces, comme le sélecteur du flash sur le capot, à gauche (FP = flahs à ampoules ou X = flash électronique), un joli compteur de vue sous verre rond, et – au bout du capot – un trou fileté pour y fixer soit une cellule autonome ou une griffe porte-accessoire (flash y compris).

S’il a toujours la baïonnette propriétaire, il existe aussi une bague d’adaptation pour y fixer des objectifs en monture M42 (une manière de ne pas se fâcher avec les propriétaires des anciens Penta qui ont investi dans des optiques).

Pour ouvrir le dos de l’appareil, il faut soulever une languette sur la tranche gauche pour libérer le verrou. Le dessin particulier de ce verrou facilité les choses car on peut saisir le bord avec le bout des doigts.

Vue latérale d'un appareil photo argentique avec un objectif en métal, posé sur un bureau.

Revenons au capot de l’engin : à droite, le sélecteur de vitesses et à sa droite encore, le levier d’armement.

Gros plan sur la molette de réglage de la vitesse d'obturation d'un appareil photo, indiquant différentes vitesses allant jusqu'à 500, avec une marque rouge sur 60.

En dessous, une pastille rouge marquée d’un S très stylisé. Puis, en façade, le déclencheur incliné, très typé Praktica mais toujours idéalement placé (enfoncer vers soi le déclencheur évite les flous de bougé dus à l’appui sur le déclencheur du dessus). Sous ce dernier, le levier du retardateur et son petit bouton de lancement.

Appareil photo vintage avec un objectif, posé sur un bureau près d'un clavier d'ordinateur.

Sur la face gauche, juste la prise PC pour le flash et tout en dessous, une plaquette d’identification notée Petry Penta V Color Corrected Super puis, en tous petits caractères, le nom de l’entreprise.

Gros plan sur un appareil photo vintage avec une étiquette noire portant les mots 'PETRI PENTAX COLOR CORRECTED SUPER'.

La semelle ne nous réserve que le filetage pour la fixation d’un trépied et le petit bouton pour débrayer le film lors du rebobinage de celui-ci.

L’objectif est un Petri Orikkor CC (color corrected lens, en rouge) de 50mm ouvrant à f2. Rien de bien étrange si ce n’est la bague, en fonds, qui permet d’ouvrir ou de fermer le diaphragme. En fait, lorsque vous allez composer votre image, vous mettez cette bague sur la position Auto et de ce fait, l’objectif travaille à sa plus grande ouverture. Mais lorsque vous allez prendre la photo, vous devez remettre la bague sur la position Manuel et l’objectif se remet à la valeur d’ouverture que vous avez choisie. Il faut reconnaître que le système, présenté ici comme une exclusivité, était déjà un peu dépassé chez les concurrents.

Gros plan sur un objectif d'appareil photo avec des étiquettes de réglage en mode manuel et automatique.

Que penser de cet appareil ?

Hélas, comme le reste de la production des Petri, il n’est pas en avance sur son temps. Rappelez-vous, en 1959 sortait aussi un certain Nikon F qui allait révolutionner l’univers des reflex.

Rien de tel ici.

De plus, comme je le signalais au début, cet exemplaire a connu des jours meilleurs. J’ai d^refixer le levier d’armement qui avait perdu sa couronne et avait la fâcheuse tendance à vouloir s’en aller tout seul.

Ensuite, comme il était bloqué, j’ai eu la bonne vieille idée d’ôter la semelle, pensant naïvement pouvoir le relancer sans difficultés. Ben non, car même si je crois avoir compris le fonctionnement de l’arbre de transmission et ses interactions, il me faut toujours armer deux fois pour que j’entende le miroir se relever et l’obturateur se mettre en position de déclenchement. Ce qui n’est pas normal.

Enfin, le rideau en caoutchouc est tout plissé. Il se déplace lors de l’armement et le déclenchement mais je doute de sa totale opacité à la lumière.

Je crois que je tiens là un beau serre livre, suffisamment lourd (885gr avec l’objectif) que pour les tenir en place.

Faut-il en chercher un ? Pour de la collection pure, pourquoi pas, ils n’ont pas été produit à des quantités astronomiques et participent de l’histoire de la photographie nippone. Pour l’utiliser, j’ai des doutes car il est limité et moins pratique que d’autres, notamment à cause de sa monture propriétaire qui limite l’accès aux objectifs, difficiles à trouver.

Si jamais vous en trouviez un en bon état, fonctionnel et avec au moins un objectif de 50mm, ne dépensez pas plus de 40€ pour l’acquérir.

Qu’en pensez-vous ?

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Vidéo d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Fabricant : Kuribayashi
Modèle : Petri Flex V
Année d’introduction : 1961
Format film : 35mm
Objectif : baïonnette Petri
Obturateur : plan focal mécanique horizontal
Minuteur : oui
Vitesses d’obturation : 1/2 – 1/500s, plus pose B, synchro flash 1/45s
Armement : levier à course longue
Compteur de vues : remise à zéro automatique
Viseur : pentaprisme
Écrans de mise au point : Fresnel, stignomètre à coïncidence de forme rectangulaire

Des références.

https://camera-wiki.org/wiki/Petri_Penta, https://en.wikipedia.org/wiki/Petri_Camera, https://beyondtheaperture.com/2023/02/review-petri-v-vi-petri-v6-135-35mm-film-camera/, https://mikeeckman.com/2016/06/petri-flex-v-1961/, https://www.pentax-slr.com/181841703.html, https://vintagecameradigest.com/petri-kuribayashi-flex-v/, https://mikeeckman.com/tag/petri/ (pour découvrir d’autres produits Petri), en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-20750-Petri_Petri%20Flex%20Penta%20V2.html, en français

Argentique

L’improbable Agfa Flexilette

Préambule.

C’est bien évidemment sur une brocante que je l’ai trouvé mais cela fait un long moment qu’il est dans ma caisse des appareils à vous présenter.

Pourquoi ai-je attendu alors que c’est un appareil que j’ai longtemps cherché ? Sans doute parce que je craignais la longueur de l’article à lui consacrer, car, il faut bien l’avouer, cet appareil fait partie des curiosités de l’histoire des appareils photo, vous verrez.

Ceci étant, il est en parfait état, dans son sac-tout-prêt impeccable.

Alors, allons-y, lançons-nous dans sa présentation …

Un peu d’histoire.

Si on parle souvent – à juste titre – de Kodak dans le milieu de la photographie, ils ne sont pas les seuls à avoir débuté dans les années 1800. Agfa fait partie de ces entreprises qui ont traversé les siècles.

Tout commence en 1867 lorsqu’une usine de colorants s’établit près de Berlin (Allemagne). En 1873, elle s’enregistre sous le nom de Aktien-Gesellschaft für Anilin-Fabrikation, AGFA en résumé (Société anonyme pour la fabrication d’aniline), une teinture dans les bleus très utilisée dans la fabrication de tissu coloré.

Un peu plus loin, à Anvers (Belgique), en 1890, un photographe, Lieven Gevaert ouvre une boutique de photographie avec sa mère, veuve et qui faisait vivre la famille grâce à sa petite entreprise de fabrique de papier. Il se rend très vite compte que son papier photographique est couteux et qu’il dépend de l’étranger pour en bénéficier. Il décide dès lors de le fabriquer lui-même (il a un diplôme en chimie) et crée son propre atelier de fabrication de papier calcium destiné à la photographie. Il fonde une société en Commandite, la L. Gevaert & Cie. Le succès de son papier est énorme et les photographes amateurs achètent en masse le papier et les fournitures (chimie). De fait, le trait de génie de Lieven Gevaert fut de croire au papier plutôt qu’aux plaques, très en vogue à l’époque, mais fragiles et difficiles d’emploi, alors que le papier est fabriqué industriellement, sa durée de conservation est garantie, l’équipement nécessaire pour le photographe était simple et les ventes pouvaient se faire via un réseau de distribution.

Boîte de papier photographique sensibilisé Gevaert, avec des instructions d'utilisation, fabriquée en Belgique.

Agfa sort en 1892 un révélateur qui va traverser le temps, le fameux Rodinal.

En 1894, sous l’impulsion d’Armand Seghers, avec un capital de 20.000 francs belge (à peine 500€), l’entreprise devient une société anonyme, la L.Gevaert & Cie.

A peine un an plus tard, la société annonce la création de sa première filiale à l’étranger. Elle rachète la société parisienne Blue Star Papers qui introduit un nouveau papier gélatine.

Elle entame le nouveau siècle en déménageant d’Anvers vers Mortsel, dans des locaux bien plus grands (1904). Petite particularité de l’entreprise : les employés sont autorisés à participer aux bénéfices de l’entreprise ! Lieven Gevaert est un visionnaire et compte beaucoup sur la recherche et le développement de nouvelles idées. Il déposera de nombreux brevets pour ses inventions, comme celle, en 1919, qui consiste à créer une langue dans la pellicule pour insérer plus facilement le film dans les bobines (l’amorce).

L. Gevaert & Cie continue son expansion. En 1920, elle s’appelle désormais Gevaert Photo Producten N.V.

Dès 1916, Agfa a développé des produits pour la photographie couleur. Le Dr. Rudolf Fischer (Berlin) était un pionnier de la couleur et Agfa a toujours amélioré celle-ci, notamment pendant les années vingt jusqu’à aboutir, dans les années 1930 a produire l’Agfacolor-Neu (1936). Pour la première fois, un seul film, une exposition unique et un seul processus de développement suffisaient pour la photographie couleur générale. 278 brevets ont protégés ces découvertes majeures !

Depuis le début du siècle, Agfa est un acteur majeur de l’industrie cinématographique, en fournissant des films et des projecteurs pour les salles de cinéma.

Jusque là, Agfa n’avait pas produit d’appareils photo. C’est suite au rachat de Rietzschel en 1925 qu’il va en fabriquer et vendre. Elle commence par marquer les produits Rietzschel de son fameux losange.

Finalement, le premier appareil conçut par Agfa, le Standard (appareil à plaque de verre), voit le jour en 1926 et en 1927 le sigle Rietzschel disparaît définitivement des productions.

Appareil photo reflex Agfa Standard, modèle ancien avec un châssis repliable, en cuir noir et accessoires visibles.

En 1928, Agfa présente son premier appareil photo à film en rouleau, l’Agfa Billy, qui sera commercialisé aux USA par Ansco.

Puis, en 1930, sort le premier Agfa Box 6 x 9 qui utilisait le film 120. L’année suivante il vend le Box 44 pour 4 Reichsmarks seulement. Comme Kodak, il compense plus que largement ses pertes sur cet appareil grâce à ses ventes de films 120. Agfa produira des Box jusqu’en 1958 (Agfa Synchro Box)

En 1938, Agfa propose un papier couleur et un film de cinéma amateur en 16mm couleur. Il lance la série des appareils Karat et la première tentative de chargement rapide grâce à la cartouche du même nom.

Appareil photo Agfa Karat, vue de face, avec un design vintage, situé sur une surface réfléchissante.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Agfa améliore ses appareils d’avant-guerre puis produit un nouvel appareil 35 mm, la Solinette.

Agfa fabrique aussi des films à rayons X, assez récemment découverts, En 1947, il lance de nouveaux produits, avec une sensibilité plus élevée, un contraste bien meilleur, une meilleure luminosité et des marges d’exposition plus larges. Le monde médical adore les produits Agfa X-ray.

De son côté, Gevaert développe son secteur RD (recherches et développements) et cela produit de nouvelles technologies et de nouveaux produits innovants. Les plaques et films Scientia sont destinés essentiellement aux scientifiques, aux chercheurs, aux techniciens car cette gamme sera utilisée en physique nucléaire, en photographie infrarouge, en micrographie, entre autre.

Chez Agfa, en 1954 apparaissent les appareils de la série Silette, les non moins célèbres Agfa Click (24x36mm) et Clack (film 120) et les Isola.

Afga croit lui aussi (décidément, comme son grand rival Kodak) que la photographie ne peut se développer que si elle est simple et facile à manipuler par les photographes, même (et surtout) amateurs. 1956 voit le lancement du premier appareil à commande entièrement automatique de l’exposition, baptisé Automatic 66 puis, en 1959, ils dévoilent un autre appareil 35mm entièrement automatique, l’Agfa Optima. Un succès immédiat et colossal : de 1959 à 1961, Agfa vend 1 million de ces appareils Optima.

Ils tenteront l’aventure des appareils télémétriques à objectif interchangeable (Agfa Ambi-Silette), les reflex mono objectif (Agfa Ambiflex) et les étonnants reflex bis-objectifs (Agfa Flexilette)

1964 sera l’année d’un mariage historique : Agfa AG, filiale à 100% de Bayer, fusionne avec Gevaert Photo Producten N.V. et donne naissance à Agfa-Gevaert AG à Leverkussen (Allemagne) et Gevaert-Agfa NV à Mortsel (Belgique). Chacun des partenaires possèdent 50% des parts.

Agfa perd une bataille vis-à-vis de Kodak, qui lance en 1963 le film en cassette plastique au format 126. Ils n’ont pas fait le poids avec leur cassette Rapid, inspirée de la Karat (1937) face à la simplicité de la 126. Ils doivent acheter la licence pour leurs propres appareils dans ce segment (les Agfa Agfamatic Sensor).

Agfa lance en 1968 le fameux bouton orange, le Sensor : un déclencheur ultra doux pour éviter les flous de bougé. Il équipera tous les appareils Agfamatic en format 126 et 110.

Ce sera l’essor des Agfa Optima Sensor 535 et 1035 (1970).

Appareil photo Agfa Optima 535 avec objectif Solitar, affichant un design compact et moderne, incluant un viseur et un capteur flood.

De cette union entre les deux grands naîtra de nouveaux produits (Gevafax X-10, premier copieur xérographique européen – 1971), de nouveaux appareils photo (la gamme des Agfamatic et des Optima), de nouveaux films N/B et couleurs.

Vue de face d'un appareil photo Agfamatic 3008 avec objectif Color Apotar, posé sur un bureau avec un clavier en arrière-plan.

Si les années soixante et septante sont un âge d’or pour Agfa-Gevaert, les débuts des années quatre-vingt commencent mal : le prix de l’argent coûte sept fois plus cher qu’auparavant. Or l’argent est l’un des matériaux de base de l’activité photographique. La situation financière d’Agfa-Gevaert s’en ressent et Bayer intervient en contre-partie de 100% des parts du groupe. Dès lors le nom de Gevaert disparait progressivement.

Contrairement à certains de ses concurrents, Agfa-Gevaert pense déjà au numérique, dès 1982. Ils rachètent Compugraphic Corporation (USA) et deviennent leader mondial des machines de réglage photographique contrôlées par ordinateur.

On reste dans l’impression car Agfa acquiert Hoechst en 1996 (plaque d’impression et industrie de l’épreuve en imprimerie), puis, un an plus tard, la division Arts graphiques de DuPont. Plus de 40% de tous les imprimés de par le monde sont fabriqués via les produits ou systèmes Agfa.

A la fin des années nonante, Agfa rachète Sterling Diagnostic Imaging et devient de ce fait leader mondial de l’imagerie médicale.

Autre gros changements en 1999 : Agfa est introduit sur les bourses de Bruxelles et de Francfort.

Les années deux mille verront Agfa s’investir dans l’imagerie numérique, dans le secteur médical, de l’imprimerie, l’informatique, les réseaux d’image et d’information médicales, dans le secteur de la prépresse automatisée, les systèmes de flux numériques, les arts graphiques, la production de films pour le cinéma.

Toutefois, en 2004, Agfa cède toutes ses activités photographiques à une nouvelle société indépendante, AgfaPhoto.

Les années suivantes permettront à Agfa de consolider ses positions dans des solutions d’impression numérique innovantes qui respectent l’environnement ; dans le secteur médical (imagerie, solutions globales pour le patient, etc.).

Par contre, les marchés du film s’érodent et Agfa se concentre alors sur des solutions de papier synthétique, des matériaux spécifiques pour les cartes d’identité, des matériaux organiques conducteurs.

De nos jours, Agfa s’est reconcentré sur des marchés d’impressions industrielles et continue à développer des solutions modernes et innovantes dans ces domaines.

AgfaPhoto produit de son côté des appareils photo, des films, de la chimie pour le grand public. Les appareils photo sont bien évidemment numériques. Et il propose donc aussi des imprimantes, des cadres numériques et les accessoires de ces produits.

Impossible de faire plus court tant il y a à raconter sur cette vieille marque.

Présentation de l’Agfa Flexilette.

En matière d’appareils photo, outre les folding (pliant), les compacts et les télémétriques, il y a les réflex mono objectif interchangeable (SLR) et les reflex bis-objectifs (TLR), généralement à objectifs fixes. En exemples, je citerai le Canon F1 (oui, je l’aime bien) en SLR et le Yashica D en TLR.

Ensuite, il y a ceux qui utilisent du film 120 (moyen format), avec la possibilité parfois d’y placer du 135 (je ne vois toujours pas l’intérêt de la chose) et ceux qui utilisent du film 24×36 (ou 135).

Puis il y a un mélange des genres : un réflex mono objectif interchangeable qui utilise du film 120 et dont le viseur (natif)* est celui d’un TLR – le Pentacon Six en est un bel exemple – ou un SLR qui utilise du film 135 avec lui aussi un viseur dit de poitrine (natif) – l‘Exa 1a en est un autre exemple.

*Je note natif car on peut y ajouter des viseurs dit à hauteur d’œil, c’est-à-dire des viseurs à pentaprismes ou à prisme.

Et enfin, il y a cet Agfa Flexilette, qui brouille encore plus les pistes car c’est un réflex à objectif modifiable, avec un viseur dit de poitrine (ou encore puits de lumière) et un double objectif comme les TLR, qui utilise du film 135 !

Notez qu’il y eut encore plus farfelu : le Bolsey Model C, sorti en 1950. Il conjuguait viseur de poitrine, viseur télémétrique, double objectif et usage du film 135 !

N’oublions pas le Meisupi TLR, un compact fix focus TLR horizontal avec viseur tunnel et puits de lumière (1937) ; l’anecdotique Tougodo Hobix D1(1952), lui aussi avec un viseur classique, un puits de lumière mais qui est un fix focus utilisant du film 24x32mm ; ou encore le Samocaflex 35 TLR, lui aussi avec deux objectifs superposés, un puits de lumière et un viseur tunnel (1954).

Vous le voyez, la grande différence avec l’Agfa Flexilette (ou encore Agfa Reflex) c’est que celui-ci possède un double objectif qui est un vrai TLR, c’est-à-dire un objectif au dessus qui sert à la visée et celui du dessous qui prend la photo.

Vue rapprochée de l'appareil photo Agfa Flexilette, mettant en évidence son objectif à double lentille et son design vintage.

Le meilleur des deux mondes dans un seul appareil ?

Nous allons tenter de le découvrir avec la présentation de ce singulier appareil, né en 1960 et qui ne vivra qu’un an. En 1962, il sera remplacé par l’Agfa Optima Reflex qui sera muni d’un prisme plus conventionnel.

Partons du postulat que les ingénieurs de chez Agfa ont voulu réunir dans un seul boitier les envies des partisans du TLR (visée claire à hauteur de poitrine, réglages fins de la mise au point) et ceux du SLR (format 35mm, possibilité de changer d’objectif, utilisation de filtres simplifiée).

Dans ce cas, le pari est plutôt réussi :

  • le viseur de poitrine est lumineux et une loupe aide à la mise au point fine
  • les deux objectifs sont sur la même platine, ce qui évite les distorsions
  • le viseur peut se transformer en viseur dit sportif (plus facile aussi pour les cadrages verticaux)
  • composition aidée par un stignomètre à coïncidence et image divisée horizontale
  • l’objectif de visée est un Agfa Color Apotar de 45mm ouvrant à f2,8 (ce qui est assez rapide) jusque f22 (en 3 éléments)
  • l’objectif de prise de vue est identique à celui de la visée
  • la mise au point commence à 90cm (selon les marchés, les distances sont exprimées en mètres ou en pieds)
  • filtre à clipser au diamètre de 51mm
  • l’obturateur est un Gauthier Prontor 500 qui, comme son nom le laisse supposer va jusqu’au 1/500s (1s – 1/2s – 1/4s – 1/8s – 1/15s – 1/30s – 1/60s – 1/125s – 1/250s – 1/500s plus pose B), synchro flash 1/30s
  • prise flash PC sur le devant, sous l’objectif
  • mise au point par la première bague à l’avant. Sa couronne est découpée pour une meilleure préhension
  • réglage de l’ouverture par la seconde bague chromée
  • réglage des vitesses par la troisième bague, munie de pièces en plastique pour une bonne manipulation

Au niveau des accessoires, des filtres et un complément optique pour les gros plans.

L’appareil est quasi tout métallique et à un poids raisonnable, qui assure une bonne stabilité.

Son ergonomie est un peu particulière car l’objectif est un véritable pancake tant il est réduit. De fait, il n’est pas interchangeable au sens propre du terme mais il peut évoluer grâce à des compléments optiques, une pratique en vogue à l’époque chez Agfa et aussi chez Zeiss Ikon par exemple.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo Agfa Flexilette, montrant les réglages d'ouverture et de vitesse d'obturation.

Les nervures et découpes, les pièces en plastique sur le côté assure un maniement aisé mais les (très) gros doigts ne vont pas être à la fête !

Ensuite le levier d’armement est situé en dessous, à gauche. C’est déroutant au début mais on s’y fait assez vite et cette présentation permet d’aller vite tout en restant en visée, par exemple. Toutefois, sa course est assez longue (environ 270°). Ceci dit, il est particulièrement silencieux, tout comme le déclencheur d’ailleurs (avec un filet pour y installer un déclencheur souple si besoin), qui aurait lui mérité d’être un peu décalé car il est collé contre le puits de lumière. Etant donné la forme et le taille de l’appareil, il est pourtant bien placé pour l’index droit.

Sur l’arrière du boitier, trois petits curseurs à faire glisser : celui du milieu ouvre le puits de lumière, celui à coté d’une flèche et de la lettre R vous permettra de déverrouiller l’engrenage pour le rebobinage , et enfin celui de gauche, il vous sera utile pour mettre le compteur de vue au nombre de vues du film. Celui-ci décompte ensuite les prises.

Vue latérale du dessus d'un appareil photo Agfa Flexilette, montrant les boutons de contrôle et le viseur.

J’allais oublier le petit curseur rond, sur le capot, qui sert d’aide mémoire pour le film inséré dans la chambre. Défileront les lettres CT Day – CK A – CF F – CK – CT – CN – et un damier alternant noir et blanc.

Détail du sommet d'un appareil photo analogique, montrant le bouton de réglage de la vitesse d'obturation et un indicateur de vitesse sur fond sombre.

Par dessous, le filetage pour y installer un trépied, une grosse molette plate pour rebobiner le film, le levier d’armement et un petit plot en plastique qui assure la stabilité de l’appareil si on le pose sur une surface plane.

Enfin, pour ouvrir la porte arrière, à peine plus large que l’épaisseur d’un film 24×36, il faut tirer sur une languette dans la serrure sur le flanc gauche. Deux attaches métalliques, sur les côtés, permettent de fixer une lanière quoique celle-ci soit présente sur le sac tout près. Mais vous pourriez ne pas avoir envie de vous encombrer de lui, pourtant prévenant à votre égard car un macaron au centre vous rappelle d’ôter le filtre avant de refermer le sac.

Que penser de ce boitier ?

Force est de constater qu’il est original. Si vous sortez photographier avec, rencontres et questionnements assurés !

Ceci dit, même si je n’en servirai pas car les puits de lumière et moi sommes fâchés (je n’arrive pas à remettre les images dans le bon sens), sa tenue en mains n’est pas mauvaise et son fonctionnement est doux : pour actionner les bagues de réglages ou l’armement, le déclencheur, particulièrement discret.

Sa construction, tout en métal, a un revers : son poids. Nu, il pèse 756gr. On a vu pire me direz vous et vous aurez raison.

Son sac-tout-prêt est magnifique et l’ensemble lui confère un statut très classe. Qu’on le sorte pour faire des images ou qu’on le mette sur une étagère, il intrigue mais ne dépare pas d’un certain style très sixty.

Ce n’est pas un appareil très courant puisqu’il ne fut fabriqué qu’un an. En trouver un en bon état, complet et fonctionnel renforce son attrait et … son prix.

Comptez entrer 80 et 100€ en général mais sachez que les accessoires (comme les filtres) se négocient au même prix que l’appareil !

Seriez-vous tenté d’en faire l’expérience ?

Vidéos d’illustration

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Type d’appareil photo Appareil photo reflex à double objectif
  • Format film 35mm, format d’image 24 mm x 36 mm
  • Distance focale 50 mm, ouverture maximale f/2.8 jusque f22, distance minimale de mise au point 100 cm
  • Temps d’exposition de 1s à 1500s plus pose B, synchro flash 1/30s
  • Filet pour trépied
  • Nom de la marque Agfa Camera Werk AG
  • Pays de production : Allemagne
  • Production de 1960 à 1961

Des références.

https://www.35mmc.com/05/03/2019/agfa-flexilette-review/, https://camera-wiki.org/wiki/Flexilette, https://vintagecameralab.com/agfa-flexilette/, https://fupduckphoto.wordpress.com/2025/01/02/agfa-flexilette/, https://filmphotography.eu/en/agfa-flexilette/, https://www.rolandandcaroline.co.uk/flexilette.html, en anglais ; https://benber.fr/revue-agfa-flexilette/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10405-Agfa_Flexilette.html, https://99camerasmuseum.com/fr/agfa-flexilette, en français ; https://kameramuseum.de/objekte/agfa-flexilette/, en allemand ; https://doemee.museumvanvlaanderen.be/topics/1453/entries/34021, en néerlandais

Si vous désirez en savoir plus sur les papiers photo de Gevaert, le Fomu est le lieu idéal : il regroupe plus de 377 types de papier et 1300 emballages de papier photo numérisés et toutes les archives Gevaert.

Argentique

Pas courant ce Solida troisième du nom

Préambule.

Une belle trousse en cuir, épais, en bon état, plate : sans aucun doute un folding. Encore un, perdu dans une caisse, balloté entre quelques épaves qui devraient terminer leur triste vie autrement …

J’ouvre le sac tout près et découvre effectivement un folding (pliant) que je ne parviens pas à identifier tout de suite, il faudrait le sortir complètement. Mais il se déplie, l’objectif est propre, ce qui doit tourner tourne et ce qui doit déclencher … ne déclenche pas !

Petite négociation et il va se poser dans le sac à dos. Il faudra que je regarde pourquoi il ne déclenche pas mais ce n’est peut être pas grave.

De retour à la maison, j’ôte le cuir et je découvre un Solida III. Tiens, on est en terrain pas tout à fait inconnu.

Un peu d’histoire.

Histoire que je ne vais pas toute refaire car vous en trouverez des larges extraits dans les articles consacrés au Solida Junior et au Solida III E.

Juste rappeler que la Franka Kamerawerk fut fondée en 1909 par Franz Vyskocil et son épouse Leoni. Au départ, c’était un magasin de fournitures photographiques et d’appareils photo, alors situé à Stuttgart.

Ils déménagent assez rapidement à Bayreuth (plus connue pour ses opéras de Wagner) et commencent à construire des appareils photo abordables. Ils s’associent avec un investisseur, Weigand et l’entreprise s’appelle dés lors Weigand & Vyskocil (1910). Deux ans plus tard apparait la Frankonia-Kamerawerk.

Les époux Vyskocil quittent l’entreprise en 1913. Celle-ci change de nom à nouveau et devient Hogaschwerk, nom éphémère car 5 mois plus tard, ce sera la Franka-Kamerawerk.

Sa production était essentiellement des appareils à plaques de verre, de différentes tailles. Pendant la Première Guerre mondiale, elle vend beaucoup aux soldats du Kaizer, notamment grâce à des slogans du style Mit Franka in den Krieg (avec Franka à la guerre).

Jusqu’en 1930, la production sera essentiellement des appareils à plaques de verre. Puis, elle passe (enfin !) au film en rouleau, en 120, en 135 et même quelques subminiatures.

En 1958, l’usine était le plus grande de la Haute-Franconie et avait atteint son apogée. Las, en 1962, elle est rachetée par Wirgin, un autre fabricant d’appareils photo allemand. Il vendra dés lors les appareils Franka sous sa propre marque ainsi que sous le nom de Wirgin. La production des Franka cesse en 1966.

L’usine de Bayreuth sera démantelée et les activités déplacées à Wiesbaden.

Mais revenons à 1930. C’est donc à cette époque que la marque passe au film en rouleau, d’abord le 120. Leurs appareils étaient souvent livrés avec des cadres qui permettaient de photographier en 6×9, 6×6 ou 6×4,5. En 1939, Franka propose la Kleinbildkamera, son premier appareil en film 135 mais l’appareil ne sera produit qu’après la guerre.

En 1955, la firme abandonne le 6×9 pour ne plus proposer que du 6×6 et du 24×36.

Le dernier appareil développé par Franka sera le Frankamatic Lux, avec un posemètre au sélénium relié à l’obturateur et un indicateur de sous exposition qui était monté dans le viseur.

Le Franka 16 et l’Edixa 16, des appareils de type espion avec du film 13x16mm seront produits sous l’ère Wirgin.

Dernier retour en arrière. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, puisque l’entreprise vendait essentiellement à l’export et qu’elle avait la chance d’être du bon côté du futur rideau de Fer, que le Mcartisme faisait rage aux USA et que le régime soviétique n’était que très peu apprécié, la Franka-Kamerawerk apposait sur la plupart de ses appareils la mention Made in Germany – US Zone. On n’est jamais trop prudent en marketing …

Présentation du Franka Solida III.

Le premier appareil du nom de Solida date de 1936. C’est un pliant très simple avec un viseur soudé sur le capot.

Appareil photo pliant Franka Solida III, avec objectifs Schneider-Kreuznach Radionar, en position dépliée.

Mais il faudra attendre les années cinquante pour que revienne ce modèle. Ce seront des appareils de moyenne gamme, sans fonctionnalités couteuses mais honnêtement construit : les obturateurs seront des Gauthier mais il y eut des Synchro-Compur ; les objectifs étaient des triplets comme le Frankar, l’Enna Ennagon, des Schneider-Kreuznach dont il y eut quelques Xenar.

On dénombre sept variantes de Solida dans ces années-là :

  • Solida I : souvent équipé d’un Frankar Anastigmat 75 mm, en configurations f/4.5, f/5.6 ou f/6.3 ; avec des obturateurs Pronto ou Vario à 4 vitesses. Le bouton de déverrouillage est situé sur le couvercle supérieur, et la porte s’ouvre verticalement.
  • Solida II : ici l’objectif le plus fréquent es un objectif Ennagon 75/3,5 sur des obturateurs Pronto ou Prontor-S, avec 4 ou 5 vitesses. Les exemplaires fabriqués à la fin des années 60 étaient équipés d’objectifs Jsco Westar fabriqués par Schneider-Kreuznach.
  • Solida IIE : identique au précédent mais un télémètre non accouplé.
  • Solida II : identique au Solida II, mais avec un posemètre Gossen non couplé.
  • Solida III : souvent présenté avec des objectifs Schneider-Kreuznach Radionar et des obturateurs Prontor-S ou Prontor-SV à 9 vitesses. La porte s’ouvre latéralement, au moyen d’un bouton situé en bas de la caméra.
  • Solida IIIE : identique au précédent mais avec un télémètre qui peut être combiné ou non.
  • Solida IIIb : identique au Solida III mais avec un posemètre non couplé

Pour que la liste soit complète, il faudrait ajouter le Solida Jr (Junior) ou le Solida Record, par exemple.

Les différences entre les modèles n’étaient pas flagrantes, plutôt des améliorations :

  • 1951-1958 : en commun, l’utilisation du film 120, expositions 4×4 ou 6x6cm, appareil pliant, viseur.
  • 1951 : capot plat avec table de profondeur de champ, bouton de rembobinage à gauche
  • 1952 : bouton de rembobinage sur le côté droit, ouverture horizontale
  • 1954 : viseur plus grand, capot plus haut
  • 1958 : format 4x4cm
  • 1958 : format 6x6cm, levier d’armement.

Mais venons-en à notre exemplaire, un Solida 3 de 1951.

Tout d’abord, pour l’ouvrir, il faut appuyer sur le petit bouton qui est par dessous. La porte s’ouvre et se déplie vers la droite, laissant apparaître le soufflet et le combo objectif/obturateur.

Sur le capot, à droite nous voyons le bouton du déclencheur, devant la griffe porte-accessoire ; au milieu, une table de profondeur de champ ; et à gauche, le bouton pour faire avancer le film avec pas dessus, un mémo pour le type de pellicule utilisée.

Vue du dessus d'un appareil photo pliant avec des réglages d'ouverture et de profondeur de champ visibles.

Le viseur est minuscule et on n’y voit pas grand chose. On pourrait envisager d’y poser un viseur annexe, mais la griffe est déportée. Mauvais point.

L’objectif est un Schneider-Kreuznach Radionar qui ouvre à f2,9. Ce qui en fait un objectif dit rapide à cette époque, car la concurrence faisait au mieux dans le f3,5 ou f4,5. C’est un triplet qui n’a pas mauvaise réputation mais qui aime les ouvertures un peu plus petites car il est très bon entre f8 et f11, parait-il. Il accepte des filtres au diamètre de 42,5mm. La mise au point se fait avec la lentille frontale.

Gros plan sur l'objectif Schneider-Kreuznach Radionar d'un appareil photo vintage, avec des inscriptions visibles sur le dessus de l'objectif et un éclairage mettant en valeur les détails.

Ici l’obturateur est un Prontor SV, qui propose les vitesses suivantes : 1s – 1/2s – 1/5s – 1/10s – 1/25s – 1/50s – 1/100s – 1/250s – pose B. On règle la vitesse avec la grande roue dentée derrière l’objectif. Le retardateur est en dessous (point rouge)

Détail d'un objectif de caméra pliable avec un soufflet en cuir noir, affichant des réglages de vitesse et d'ouverture.

Pour la réglage des ouvertures, c’est une languette que l’on fait coulisser sur le pourtour, de f2,9 à f22.

Sur la partie gauche du combo, un dernier curseur permet de faire passer l’index pour le flash de M à X. La prise pour le flash est d’ailleurs au dessus de l’index.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo vintage, affichant les réglages d'ouverture et des boutons pour la mise au point, avec un arrière-plan flou d'objets de bureau.

L’armement de l’obturateur se fait sur le combo, avec un petit levier qu’il faut tirer vers la droite. On déclenche en appuyant sur le bouton sur le capot. Ce dernier actionne une came qui vient appuyer sur un levier, ce qui déclenche l’obturateur. Il y a aussi une prise filetée pour fixer un câble souple.

Zoom sur l'objectif Schneider-Kreuznach Radionar f2.9/80 à l'intérieur d'une trousse noire, avec un fond flou.

D’ailleurs, il y a un filet en dessous de l’appareil pour y fixer un trépied.

Pour ouvrir le dos, il faut faire glisser un curseur situé sur le flanc gauche, sous la lanière. La porte est montée sur charnière et dévoile une grande chambre en 6x6cm. La porte est munie d’une plaque de pression et d’une fenêtre rouge inactinique, qui sert aussi de compteur de vue. On peut fermer cette fenêtre avec un petit curseur qui fait glisser une pastille marquée 6×6 et la mesure anglaise. A laisser fermé lorsqu’il y a beaucoup de soleil et en cas de non utilisation prolongée.

Sous le bouton du déclencheur, une lettre T et en dessous, un curseur marqué d’une flèche, qui m’a intrigué. En fait, c’est la pose T : il faut positionner le curseur des vitesses sur B puis actionne le curseur sous le T dans le sens de la flèche et ensuite déclencher. L’obturateur restera ouvert aussi longtemps que l’on ne remet pas le curseur à sa place. C’est un type de pose à très longue durée que l’on utilise sans doute rarement mais qui n’impose pas de laisser le doigt sur le déclencheur, comme pour la pose B.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo pliant Solida III, montrant les boutons de réglage et le marquage 'T' pour la pose longue.

Le nom du modèle est embossé dans le cuir, sur la gauche, et par derrière, la mention Made in Germany – US Zone car ces appareils étaient essentiellement destinés à l’exportation (Quelle, Walmart, Mongomery Ward pour ne citer qu’eux exportaient les appareils souvent sous leurs propres noms).

Attention, pour refermer l’appareil, il est vivement conseillé de remettre la distance sur l’infini avant de refermer la porte, en appuyant au milieu des jambes d’extension du soufflet.

Que penser de cet appareil ?

Comme je l’écris souvent, ce type d’appareil vous permet de toucher au moyen format sans se ruiner car un Franka Solida 3, avec son sac-tout-prêt, en bon voire très bon état, se négocie autour des 60€ maximum.

L’autre avantage de cet appareil, c’est sa compacité pour un moyen format : une fois replié, vous le glissez sans soucis dans une (grande) poche ou un sac.

Son objectif avec cette ouverture avantageuse vous permet de faire des photos même dans des conditions de lumière un peu moins bonne.

Les manœuvres sont faciles et simples, les réglages aussi.

Reste à regretter le viseur riquiqui et quasi inexploitable.

Sur mon exemplaire, je dois faire un petit réglage car la came qui doit pousser sur le déclencheur ne vas pas assez loin et ne permet pas ainsi de déclencher, sauf à passer mon doigt sur le côté pour actionner moi-même le mécanisme.

C’est d’ailleurs la manœuvre à effectuer pour contourner la sécurité contre les doubles expositions.

A tenter, pour le plaisir d’un bel objectif.

Exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Franka Solida 3, produit de 1951 à 1958 (6 versions)
  • Objectif Schneider-Kreuznach Radionar 80mm f2,9 jusque f22, triplet (autres optiques possibles)
  • Obturateur : Prontor SV à lamelles métalliques avec les vitesses de 1s à 1/250s plus pose B, synchro flash avec prise PC
  • Déclencheur sur le capot et prise filetée sur l’obturateur pour câble souple
  • Viseur simple intégré dans le capot
  • Type de film : rouleau de 120
  • Formats image : 6×9 – 6×6 – 6×4,5 – 4×4 avec cadres spécifiques ou série
  • Prévention de la double exposition

Des références.

https://camerapedia.fandom.com/wiki/Franka_Solida, https://blog.bkspicture.com/review_Franka_Solida_III.html, https://www.jnoir.eu/en/cameras/franka/solida/, https://vintagecameralab.com/brand/franka/, https://collectiblend.com/Cameras/Franka-Werke/ , https://www.jnoir.eu/en/cameras/franka/, https://cameracollector.net/franka-franka/ en anglais ; https://antique-autoradio-madness.org/1_A.C.M(Photo)/ACM-2-Appareils-Photo/ACM-Franka/ACM-FRANKA-Solida-III-1954-Radionar_1.htm, en français ; https://www.dewitcameras.nl/merk/franka/, en néerlandais ; https://kameramuseum.de/firmen/franka/, https://kameramuseum.de/bernd-arnal-fotogeraete-aus-oberfranken-i-franka-co-heft-326/, en allemand

Argentique

Le Kodak Pony 828 Camera

Préambule.

Vous n’allez pas me croire, j’ai acheté un Kodak sur une brocante, sous le soleil de cet été (oui, c’était il y a quelques mois) parfois torride.

Mais pas n’importe lequel – ceci dit, on devrait donner une prime à la mise en déchèterie de tous les Instamatic qui pullulent habituellement – un petit Kodak en bakélite, avec une bouille sympa.

Je pressens qu’il va me réserver des surprises … En tout cas, il n’est pas commun, c’est la première fois que j’en vois un.

Mais commençons par le début …

Un peu d’histoire.

Rassurez-vous, je ne vais pas refaire toute l’histoire de la marque, j’ai déjà écris pas mal à son sujet lors d’articles traitant de ses produits (il faudra vous balader un peu sur le site).

Juste sans doute rappeler que George Eastman, le génial entrepreneur à l’origine de la marque, visionnaire de la photographie, a vraiment révolutionné ce domaine et à permis au plus grand nombre d’y avoir accès, tant en vendant des appareils simples et faciles à utiliser que tous les produits qui les accompagnaient, de la chimie au papier, en passant par les films, les filtres, entre autre.

Et il a inventé un slogan que tant de générations avant le numérique connaissaient par cœur : You push the button, we do the rest (vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste).

Surtout, cette entreprise a souvent donné le LA des tendances en créant les films qui allaient servir ses marchés.

Ainsi, le format 828 sera introduit en 1935 et présenté comme une option économique pour les photographes amateurs, car il permettait d’avoir une image plus grande, soit 28x40mm. Le nombre de photos étaient réduit, 8 voire 12 selon l’appareil. Mais au moins, les photographes amateurs ne gaspillaient pas de pellicule inachevée.

Les Kodak Bantam et Tourist ont par exemple été conçu pour utiliser ce format.

Ce fut pourtant un format éphémère car en 1950 Kodak l’abandonnait, le 24x36mm restant alors la référence et surtout, c’est le film qu’adoptait la majorité des fabricants d’appareil photo.

Si aujourd’hui vous vouliez utiliser ce format, il vous faudrait un appareil prévu pour ou un 135mm modifié pour l’accepter … mais le film est quasi introuvable et de toute manière, si vous en trouviez une bobine, il y a beaucoup de chance qu’elle soit vraiment périmée.

Pour vous donner une idée des formats :

Image montrant différents formats de pellicule photographique, incluant des bobines de Film 116, 120, 220, 127, 126, 135, 828, APS, et 110.

Les spécificités du 828 :

  • la taille de la pellicule : 4 cm x 2,8 cm, légèrement plus grand que le format standard de film 35 mm.
  • le nombre d’expositions : varie selon l’appareil, mais généralement de 8 à 12 expositions par pellicule.
  • la qualité d’émulsion : le 828 est généralement supérieur à celui du film 35 mm, ce qui signifie qu’il a un grain plus fin et peut produire des images plus nettes avec plus de détails.
  • la sensibilité ISO : elles peuvent aller de ISO 32 à ISO 160 en couleur, ISO 100 étant un choix courant pour le film couleur, et ISO 400 pour le film noir et blanc.
  • le traitement au développement : équivalent au film 135 mm

Voilà pour la pellicule, voyons donc un des appareils prévus pour son utilisation, notre Pony 828.

Il sera le premier d’une série de six appareils, série qui s’éteindra donc en 1959 (Kodak Pony 828 – 1949, Kodak Pony 135 – 1950, Kodak Pony 135 Modèle B – 1953, Kodak Pony 135 Modèle C – 1955, Kodak Pony II – 1957, Kodak Pony IV – 1957) . Pourtant, les 5 autres versions du Pony seront adaptées pour utiliser, déjà, le format classique 135.

On doit leur design et leur conception à Arthur H. Crapsey, qui en dessinera bien d’autres pour Kodak ensuite.

Son design rompait avec les appareils précédents et il allait utiliser des matériaux innovants pour l’époque, ainsi qu’un style très aérodynamique (l’époque des premiers Jets au sortir de la seconde guerre mondiale).

Sa constructeur s’inspire de ces formes aérodynamiques, qui lui confèrent une bonne prise en mains et, surtout, une construction simplifiée (corps moulé en plastique) pour réduire les coûts et permettre des ventes importantes. De fait, s’il fut vendu à l’époque 31,15$, ce n’était pas si bon marché mais il faisait partie de ces ventes de masse qui voulaient rassurer le public sur la bonne marche de la reprise des marchés au sortir de la guerre.

Les Pony sont des appareils de la reprise de confiance tant des constructeurs (surtout US) que des acheteurs.

Présentation du Pony 828.

Esthétiquement, l’appareil est très simple : tout en plastique moulé, en deux couleurs, avec des inserts métalliques (alu), il est, disons, dépouillé.

Sur le capot, à droite, le déclencheur et un disque mémoire pour le film installé dans la chambre, le viseur au milieu et à gauche, la molette d’avance du film.

Le dos, qui s’escamote entièrement quand on a ouvert le verrou sur la tranche gauche, ne porte au milieu qu’une fenêtre en vert inactinique, qui fait office de compteur de vue.

Par dessous, un pas de vis pour y fixer un trépied.

Remarquez, à l’intérieur de la chambre, la pose d’un carré en plastique pour fixer la bobine de 828 et la fine bobine du film. Comme les films 120, il n’est pas nécessaire de rebobiner le film puisqu’il passe d’une bobine à l’autre.

Pour avoir une idée de la forme et la tenue de ce film, voyez la vidéo ci-dessous :

Comme la bobine du 828 est plus grande que celle du 24×36, il est possible d’enrouler une pellicule classique dessus mais au développement, les perforations seront visibles.

L’appareil est muni d’un objectif dont la particularité est qu’il est rentrant : il faut faire tourner l’ensemble d’un quart de tour pour le sortir et ensuite le verrouiller à sa place. Le tube est métallique.

C’est un ensemble objectif/obturateur qui se trouve sur ce tube, un peu comme les anciens foldings (pliant).

L’objectif lui-même est Kodak Anaston de 51mm ouvrant à f 4,5 jusque f22, traité. Il est en trois éléments. Des images prises avec le Kodak Pony 828 sont à découvrir ICI.

Quant à l’obturateur, c’est un Kodak Flash 200, synchronisé. Il donne quatre vitesses de 1/25s à 1/200s, plus pose B.

La prise pour le flash est de type post, autrement dit quasi introuvable de nos jours.

Appareil photo Kodak Pony 828 avec objectif Anaston, vue rapprochée.

L’armement se fait à l’aide du levier avec une tête ronde, sur le combo. Sur cet exemplaire, il est bloqué, ce qui est une panne courante, les corps gras utilisés ayant tendance à figer avec le temps.

Ce qui veut dire aussi que le mouvement pour faire avancer le film est indépendant de l’armement, qui ne possède pas de protection contre les doubles expositions. La mise au point se fait par estimation de la distance

Vue rapprochée d'un Kodak Pony 828, montrant le mécanisme de l'objectif et les commandes d'exposition.

Notez qu’il y a une échelle de profondeur de champ sur la face de l’objectif.

Un mot enfin sur le viseur, étonnamment grand pour l’appareil. Il offre une bonne vision mais c’est un viseur de Galilée très classique et sans informations.

Que penser de cet appareil ?

Comme je l’écrivais au début de cet article, il a une bouille sympathique et il est devenu moins courant que les éternels Brownie déclinés sous toutes les formes.

Ceci étant, il n’offre aucun agrément particulier et sa pellicule, obsolète, ne le désert pas évidemment. Pour l’essayer, il faut bricoler avec une 24×36 moderne.

D’autant, pour cet exemplaire et beaucoup d’autres d’après ce que j’ai pu lire à son sujet, qu’il faut souvent démonter l’obturateur pour tenter de le remettre en route.

Honnêtement, je ne le ferai pas. Il restera un bel appareil pour qui veut le collectionner.

En terme de prix, il faut compter entre 30 et 50€, selon qu’il fonctionne ou pas et qu’il est en bon état cosmétique.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Vitesses d’obturation : B, 1/25, 1/50, 1/100 et 1/200s
  • Objectif triplet Anaston 51 mm f/4.5, sur tube rentrant pour les 3 premiers modèles, fixe ensuite
  • Ouvertures : f/4,5 à f/22
  • Taille du filtre : Série V à clipser
  • Diamètre de l’adaptateur : 1 1/8′
  • Taille du film : 828 (plus tard, 35mm)
  • Expositions par rouleau : 8
  • Corps en bakélite

Des références

https://en.wikipedia.org/wiki/Kodak_Pony, https://filmphotography.eu/en/kodak-pony-828/, https://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Pony_828/135, https://connealy.blogspot.com/2017/05/kodak-pony-828.html, https://filmphotographyproject.com/kodak-pony-1950s-little-work-horse/, https://www.kodaklist.com/cameras/KODAK-PONY-828-Camera, https://oldtimefocus.com/828-film-format-guide-history-uses/, https://pheugo.com/cameras/index.php?page=pony (pour l’entretien et les réparations), https://obsoletemedia.org/828-film/, https://web.archive.org/web/20120306023905/http://www.kodak.com/global/en/consumer/products/techInfo/aa13/aa13.pdf (si vous voulez la liste de tous les appareils produits par Kodak, depuis les origines), https://pheugo.com/cameras/index.php?page=spool828, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=30027, en français

Argentique

L’étonnant Exakta RTL 1000

Préambule.

C’est comme d’habitude sur une brocante que je l’ai trouvé mais le soucis, quand j’accumule des appareils à vous présenter, c’est que je ne me souviens pas toujours d’où ils viennent. Notez, cela a peu d’importance.

Ce dont je me souviens, c’est que j’ai dû batailler ferme pour l’emporter à un prix décent, le vendeur ayant été voir le prix sur Internet mais ne savait absolument pas de quoi il s’agissait, un comble ! De plus, le miroir reste collé.

Bref, je vérifie vite fait si la pile n’a pas coulé, avant qu’il ne se ravise et change d’avis, et hop, dans le sac à dos.

Je m’apercevrai plus tard que l’objectif a été monté de travers …

Ce qui m’a attiré sur cet appareil, outre la marque, c’est l’appendice dont je vous parlerai ensuite, et le côté délicat de ce cube de métal taillé à la serpe (sorry, vilaine allusion à l’emblème soviétique des années de fer).

Un peu d’histoire.

Ce n’est pas la première fois que j’aborde cette marque et donc vous retrouverez l’histoire dans des articles tels que l’Exakta Varex 2a ou l’Ihagee Exa type 6 et bien sûr le site de la marque Ihagee.

Juste rappeler que si Ihagee a été une marque établie à Dresde en 1912, créée par un néerlandais, Johan Steenbergen , après la seconde guerre mondiale elle passe en Allemagne de l’Est, sous contrôle soviétique. L’usine a été détruite par les alliés et le directeur nazi, n’ayant pas pu racheter l’entreprise à son fondateur, a tout fait pour la mettre en faillite.

Mais avant ce désastre, la marque a produit quelques beaux et rares appareils, comme un Box reflex, un folding reflex et, surtout, l’appareil considéré comme le premier vrai réflex direct avec miroir derrière l’objectif, l’Exakta (1933), qui donnera naissance au Kine Exakta en 1937.

A son apogée, les reflex Exakta étaient prisés par les photographes professionnels parce que tout un système avait été développé autour de ces appareils : large gamme d’objectifs, flashs, filtres, accessoires divers. Même le cinéma lui a rendu hommage

Au sortir de la guerre, l’Etat prend 30% des parts de l’entreprise et en 1968 elle est absorbée par le VEB Pentacon.

L’appareil de cet article sera donc un pur produit de l’Allemagne de l’Est, sous la bannière Pentacon, qui fabriquait aussi les Praktica, entre autre.

D’ailleurs, légalement, Pentacon ne pouvait pas utiliser la dénomination Exakta, toujours propriété de Johan Steenbergen et ses descendants. Hormis dans la sphère d’influence soviétique, cet appareil s’appellera donc RTL 1000 pour tous les pays d’exportation. Les marquages successifs indiquent si les appareils étaient destinés au marché interne ou à l’export.

Dans ce boitier, in fine, il n’y aura plus que la baïonnette pour rappeler l’origine réelle de ce réflex.

Présentation de l’Exakta RTL 1000.

La particularité des Exakta était leur forme inhabituelle, un peu en forme de triangle aux angles arrondis, que l’on voit bien ici sur cette photo de l’article sur l’Exakta Varex 2a.

Vue de dessus d'un appareil photo Exakta RTL 1000, mettant en évidence sa structure métallique distinctive et l'objectif attaché, avec un clavier d'ordinateur en arrière-plan.

Or ici, le boitier a été fabriqué en rupture totale avec ce design et Pentacon est parti sur la base du Praktica L : un bloc rectangulaire, comme taillé dans la masse.

A la base, c’est un boitier sans cellule, avec un puits de lumière à la place du pentaprisme, que l’on peut ôter (autre réminiscence des anciens Exakta).

Vue du dessus d'un appareil photo Exakta RTL 1000 avec des réglages visibles sur le dessus, incluant la molette de sélection des vitesses et un compartiment ouvert pour le miroir.

Comme tel, c’est un reflex que je qualifierais de basique : vous réglez la distance avec le cercle de microprisme fin, vous réglez la vitesse sur le barillet de sélection et les ouvertures avec la bague de l’objectif.

Pas de cellule, jusque un aide-mémoire pour se souvenir du type de film placé dans la chambre.

Vue rapprochée du sommet d'un appareil photo reflex Exakta RTL 1000, montrant les commandes et la molette de réglage.

Petite singularité, le double déclencheur : un à droite, en face avant, style Praktica, et le second à gauche toujours sur la face, style Exakta (ce qui nécessite un objectif avec un levier pour déclencher).

Si certains détails rappellent les anciens appareils Exakta, il y a des limitations dans le réemploi de certains accessoires : si la plupart des anciens objectifs peuvent encore être utilisés, les puits de lumières et pentaprismes des Exakta anciens ne sont plus compatibles.

Mais reprenons depuis le début : dans les années cinquante et soixante, les Exakta continuent à bien se vendre mais la déferlante japonaise arrive. Dès lors les produits Exakta Dresden commencent à perdre pied. Pentacon prenait de plus en plus de place et la production se faisait maintenant dans ses usines. En 1968, le nom d’Ihagee avait pratiquement disparu.

Un ingénieur de chez Pentacon, Herbert Scholtze, fut chargé de développer un nouvel appareil qui emprunterait aux deux marques, avec un nouveau boitier et des améliorations techniques modernes : ce sera le Prakitca L et l’Exakta RTL 1000. Ils seront présentés à la Foire d’automne de Leipzig en 1969 avec les améliorations suivantes :

  • Carrosserie moderne carrée avec commandes droitières (et gauchères)
  • Obturateur à lame métallique à déplacement vertical avec synchronisation des flashs électroniques au 1/125s et 1/60s pour les ancien flashs (voire même 1/30s pour les magnésiques).
  • Mesure TTL avec le viseur spécial
  • Réinitialisation automatique du compteur de vues
  • Une monture d’objectif révisée supportant des objectifs avec diaphragme automatique interne (comparé à la détente externe des Exakta précédents)
  • Système de chargement du film simplifié

Le nouvel appareil sera fabriqué exclusivement dans les bâtiments de Praktica et les usines historiques d’Ihagee seront louées pour d’autres entreprises n’ayant aucun rapport avec la photographie, une dernière mesure pour éliminer définitivement la marque des esprits.

Revenons donc sur ce viseur spécial, qui assure une mesure de la lumière à travers l’objectif. Franchement cela ne vous pas penser à quelque chose ?

Oui, au moins ces trois appareils japonais avaient un appendice qui assurait la visée avec mesure de la lumière.

Le Penta Prism TTL du RTL 1000 fait à lui seul l’objet d’un mode d’emploi (que vous trouverez ICI.)

Ce n’est pas que ce soit très compliqué mais son utilisation nécessite un peu de concentration :

Diagramme illustrant les contrôles de fonctionnement du TTL Penta Prism, comprenant des descriptions des différentes parties et réglages associés à un appareil photo Exakta RTL 1000.

En cherchant bien, je vous ai trouvé une traduction d’époque pour l’utilisation de cet accessoire.

Régler la sensibilité du film sur un appareil photo, avec des instructions concernant le choix de la vitesse et l'ouverture diaph.
Instructions en français pour sélectionner l'ouverture de diaphragme et régler la durée d'exposition sur un appareil photo Exakta RTL 1000.

On a fait plus simple depuis, convenons-en !

Quelques mots encore sur la baïonnette : si c’est bien celle de l’Exakta, elle a néanmoins été modifiée pour supporter une broche pour fixer l’ouverture (comme sur les objectifs M42 de Praktica). Il a donc existé des objectifs à monture Exakta pour cet appareil qui pouvaient se fermer automatiquement sur le diaphragme sans utiliser un bouton externe, comme tous les autres Exakta.

Gros plan sur le boîtier d'un appareil photo Exakta RTL 1000 montrant la monture d'objectif et le sélecteur de vitesse.

Enfin, dernière spécificité, les vitesses lentes. Sur le cadran, la plus lente est notée 1s or l’appareil peut donner des vitesses lentes de 2 – 4 – 8s, mais pour cela il faut utiliser le … minuteur, sur lequel ces trois chiffres sont notés.

Détail de la molette de réglage sur le boîtier de l'Exakta RTL 1000, montrant les réglages de vitesse et un interrupteur placé à proximité.

En pratique, il faut d’abord mettre la molette supérieure sur la position B. Il faut alors remonter le minuteur puis choisir la vitesse désirée avec le disque inséré dans la commande de ce dernier. Il suffit ensuite de déclencher, avec le déclencheur de gauche ou de droite. Notez qu’il est indispensable d’avoir posé l’appareil sur un trépied ou une surface plane, pour qu’il ne bouge pas.

Que penser de cet appareil ?

Si on démontait la platine avant, celle qui porte la baïonnette Exakta, nous aurions devant nous un Praktica. In fine, la seule différence resterait les deux déclencheurs, Praktica à droite et Exakta à gauche, avec la complexité sans doute inutile d’un mécanisme interne pour que cela fonctionne en harmonie.

Serait-ce que même en Allemagne de l’Est, à l’époque, un service marketing a joué sur la notoriété d’une marque que même le pouvoir en place a rayé de la mémoire collective, du moins dans ce régime collectiviste (aïe, pas fait exprès) ?

Il n’y a donc que les photographes de l’Ouest qui se souvenaient de l’excellence des Exakta ? Mais ils durent vite déchanter car ils avaient bel et bien un Praktica entre les mains. Non pas que ceux-ci fussent fondamentalement mauvais, mais ils étaient loin de la rigueur d’assemblage, de l’idée même que l’appareil fasse partie d’un système (accessoires, objectifs dédiés pour répondre à la demande des photographes professionnels ou amateurs exigeants), ce qui fit la renommée de la marque au soleil et au croisant de lune !

Vue rapprochée du logo Ihagee sur le boîtier d'un appareil photo vintage, montrant un design classique avec des détails métalliques.

Cet appareil est le canard boiteux des deux marques : pas vraiment un Exakta ni un Praktica, et de ce fait, mal considéré par les collectionneurs. Pourtant, avant qu’il ne soit remplacé par le Praktica VLC, cet Exakta, le dernier du nom, sera lui toujours inscrit dans cet univers d’accessoires dédiés et fort apprécié des photographes qui trouvaient en lui un substitut abordable aux Nikon ou Minolta.

Illustration de l'Exakta RTL 1000 montrant les différents viseurs interchangeables et le boîtier de l'appareil avec l'objectif.

En préambule, je signalais les quelques problèmes de cet exemplaire :

  • le verre de visée reste collé, bloqué par le mécanisme
  • l’obturateur à lames métallique remonte bien mais arrivé en haut (à la fin de la manœuvre d’armement), il retombe
  • l’objectif avait mal été remonté et le petit tenon ajouté à la monture est un peu plié parce qu’on l’a forcé

Mais il reste l’objectif, un Oreston Meyer-Optik Görlitz de 50mm ouvrant de f1,8 à f16, avec la particularité de descendre à 33cm pour la mise au point minimale. Il offre, parait-il, ce fameux bokeh tourbillonnant tant apprécié et recherché.

Je ne pense pas que j’essaierai de le réparer, la mécanique est complexe. L’Exakta RTL 1000 fut produit pendant 4 années et fut un relatif échec commercial, alors que son frère, le Praktica L, allait donner naissance à une nombreuse descendance qui ne s’éteindra qu’avec la chute du mur de la honte.

Ceci étant, si vous en trouvez un en très bon état, prenez-le, cela reste un bon appareil, original et c’est un morceau de l’histoire de la photographie qui s’est fermé avec lui, il mérite donc bien un peu d’attention.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA ou encore ICI (en français).

  • Exakta RTL 1000 sous l’ère Pentacon (Allemagne de l’Est – DDR)
  • Production de 1969 à 1973
  • Quantité fabriquée : +/- 85.600 toutes séries confondues
  • Réflex à objectif interchangeable, baïonnette Exakta
  • Obturateur à plan focal vertical métallique
  • Vitesses de 8s à 1/1000s plus pose B
  • Synchro flash X – M à 1/125s ou 1/30s
  • Poids nu 610gr, 750gr avec prisme et posemètre
  • Posemètre : aucun dans l’appareil, viseur TTL accessoire avec cellule CdS couplée avec aiguille de correspondance dans le viseur
  • Sensibilité de la cellule : de 6 à 800Asa
  • Objectif de dotation : Oreston Meyer Optik Görlitz 50mm ouvrant à f 1,8
  • Retardateur d’environ 10sec.
  • Pile de 1,35v pour le Penta Prism avec cellule (à remplacer par un pile PX625 de 1,5v)

Des références.

https://cameracollector.net/exakta-rtl-1000/, https://camera-wiki.org/wiki/Exakta_RTL_1000, https://mikeeckman.com/2022/01/exakta-rtl-1000-1969/, https://kosmofoto.com/2020/04/kosmopedia-exakta-rtl-1000/, https://dutchthrift.com/fr/blogs/gear/exakta-rtl1000-oreston-50mm-review-vintage-film-slr-kit, https://learncamerarepair.com/product.php?product=124&category=2&secondary=26 (pour les réparations), https://oldcamera.blog/2017/07/19/exakta-rtl1000/, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2893-Ihagee_Exakta%20RTL%201000.html, https://fotobox.over-blog.fr/2023/06/exakta-rtl-1000.html, en français ; https://photobutmore.de/exakta/rtl/, en allemand

Argentique

Le Yashica TL Super, un réflex précurseur ?

Préambule.

Tiens, ça faisait longtemps que je n’avais plus trouvé un reflex intéressant sur une brocante, et en bon état.

Alors quand j’ai découvert ce Yashica, avec son sac tout prêt propre et ses modes d’emploi, je n’ai pas hésité. Après une petite négociation, il a atterri dans le sac à dos où il est resté bien seul.

Il faut dire que j’essaie, dans la mesure du possible, de restreindre mes achats à des appareils originaux et en bon état. Pensez donc, avec près de 800 articles sur le site, cela fait beaucoup de matériel. Celui-ci fait donc partie de ces beaux appareils attirants.

Un peu d’histoire.

L’entreprise est née en 1949, tout d’abord sous le nom de Yashiama, un dérivé de Yoshihama, le nom donné aux 8 îles qui composent le Japon. Ensuite, ce sera Yashinon et enfin Yashica en 1958.

Sa première spécialité sera la fabrication de composants pour … horloges électriques, avant de se ré-orienter vers la fabrication d’appareils photo, alors en vogue au Pays du Soleil Levant.

Les premiers appareils produits seront, disons, très inspirés de la star de l’époque, le Rolleiflex. Ce premier jet s’appellera Pigeonflex (1953), un 6×6 qui aura la bonne idée d’être très abordable et qui aidera à populariser ce type d’appareil au Japon.

Ensuite, dès 1957, se sera le début de l’aventure des Yashica Mat, une évolution majeure du précédant et qui se vendra très bien à l’international, faisant ainsi découvrir la marque dans le monde.

Si on veut résumer la sucess story de la marque, on peut le faire quelques dates et produits phares :

  • 1953, le Piegeonflex suivi du Yashimaflex, les premiers 6×6
  • 1957, le Yashica Mat, la référence en 6×6 japonais
  • 1958, le Pentamatic, un réflex avec baïonnette propriétaire et diaphragme automatique
  • 1958, acquisition de Nicca, spécialisé dans les télémétriques
  • 1962, adoption de la monture Zeiss/Praktica M42 et production du reflex Penta J
  • 1965, les Electro 35, les premiers télémétriques contrôlés électroniquement
  • 1968, le Yashica Mat-124, un TLR abordable et performant
  • 1968, acquisition de l’opticien Tomioka, le plus réputé du Japon à l’époque
  • 1969, rachat de Zunow Optical Industry Co. Ltd., entreprise innovante en réflex et cinéma
  • 1970, lancement du Yashica Mat-124G, un TLR avec posemètre intégré, utilisation de films 120 et 220
  • 1972, le Yashica TL-Electro, un réflex à posemètre intégré électronique et obturateur Copal contrôlé électroniquement
  • 1973, en collaboration avec Carl Zeiss, lancement du Top Secret Projet 130 qui donnera naissance au Contax RTS, appareil avec obturateur électronique
  • 1975, les Yashica FR, des réflex avec des obturateurs électroniques équivalent aux Contax
  • 1979, lancement du FX-3 à destination des débutants mais avec les optiques C/Y (Contax/Yashica), fabriqué par Cosina
  • 1983, rachat de Yashica par Kiocera (Kyoto Ceramics)
  • 1985, introduction du FX-103, toujours en collaboration avec Contax, premier reflex de la marque avec flash TTL et mode d’expositions programmées
  • 1986, le Samouraï, un étrange réflex demi-format aux allures futuristes
  • 2005, Kyocera arrête la production des appareils photo
  • 2008, vente des droits de la marque Yashica au groupe MF Jebsen (Hong Kong)

Voilà encore une marque qui disparait trop tôt, avec perte et fracas car depuis sa revente, les projets de relance du nom se sont heurtés à des initiatives dépourvues d’intérêts et très hasardeuses.

A l’époque de leur premier reflex (1958), le Pentamatic, Yashica a commis une erreur, celle d’utiliser une baïonnette propriétaire et de lancer trop peu d’objectifs pour accompagner l’appareil. La plupart des concurrents utilisaient parfois de telles montures, mais avec une gamme de focales conséquente (Nikon et sa monture F, ou Canon et sa monture FL) ou alors ils utilisaient la monture dite universelle, à viser, la M42. Cela permettait d’élargir les possibilités d’optiques pour les clients.

Mais revenons à 1966, date à laquelle le TL Super est apparu sur le marché, et même encore un peu avant cette date.

La série J (1961) succède à la série des Pentamatic à laquelle elle diffère par l’utilisation de la monture M42 (dite universelle) et non plus une monture propriétaire. Il faut encore viser à la pleine ouverture avant d’armer le déclencheur mais il bénéficie déjà d’une cellule que l’on vient clipser sur le devant de l’appareil.

Puis vient donc la série TL, qui sont leurs premiers TTL (Throug-the-Lens = à travers l’objectif), une mini révolution.

Cette série ne s’arrêtera qu’en 1978 et on peut y noter les appareils suivants :

  • TL- Super, avril 1966
  • TL, novembre 1967, semblable au TL Super mais aux vitesses limitées et sans verrouillage du miroir
  • TL Electro-X, octobre 1968 Type 1, remplace les aiguilles de la cellule par des diodes et l’obturateur est électronique
  • TL- E, juin 1969, la même chose mais avec obturateur mécanique
  • ITS, décembre 1970, idem que le TL Electro X mais uniquement en finition noire
  • Electro AX, mars 1972, propose l’exposition automatique à priorité ouverture
  • TL- Electro, avril 1972, version allégée du TL Electro X avec obturateur mécanique
  • FFT, juillet 1973, une version light du TL Electro avec obturateur mécanique, retour à la mesure de la cellule via une échelle à aiguille et reprise des piles au mercure !

Si comme la série précédente elle utilisait encore la monture M42, cette fois, elle inaugurait la mesure de la lumière directement à travers l’objectif, avec une cellule interne, alimentée par une pile à l’oxyde d’argent, contrairement au Pentax Spotmatic, qui utilisait encore des piles au mercure. Selon la légende, ce serait le premier appareil à passer à ce type de piles.

Mais nous allons voir tout cela en détail …

Présentation du Yashica TL-Super

C’est un bel appareil, tel qu’on se représente les reflex des années soixante – septante : tout en métal, bis-coleurs. Oui, il fait son poids (pas loin du kg avec un 50mm) mais il respire la solidité, l’assurance tranquille d’un appareil fait pour traverser les ans. La preuve ? Celui-ci fonctionne comme au premier jour.

Dans l’historique ci-dessus, je précisais que cet appareil était de la veine des Pentax Spotmatic SP, mais aussi des Minolta srT101, des Canon FT QL, du Nikon F ou du Nikkormat FTn. La famille des incassables comme j’aime parfois l’écrire.

Voilà le portrait tracé, voyons maintenant de plus près ce qui fait sa particularité.

Illustration annotée d'un appareil photo Yashica TL Super, montrant les différentes parties et fonctionnalités, avec des numéros correspondant aux éléments décrits.
Schéma du Yashica TL Super avec des annotations des différentes parties de l'appareil, montrant la tige guide de la bobine de film, le verrou du couvercle, le viseur, et d'autres composants importants.

Le Yashica TL Super est donc un appareil reflex qui possède deux résistances au CdS montées à l’intérieur du viseur et qui mesure avec précision le degré moyen de la lumière qui passe à travers l’objectif avant de frapper le film (TTL).

Cette cellule, alimentée par une pile à l’oxyde d’argent* de 1,5v (là aussi une petite révolution car habituellement on utilisait encore des piles de 1,35v au mercure), était bien plus précise que celles au sélénium.

Allumez la cellule en abaissant le curseur ; l’exposition est parfaite lorsque l’aiguille du posemètre est centrée. Cette manœuvre obscurcit la visée, surtout si l’ouverture choisie est petite. Remontez le curseur pour fermer la cellule. L’ouverture de l’objectif s’ouvre alors complètement et vous pouvez visez alors très clairement. N’oubliez donc pas de remettre le curseur en position OFF, vers le haut, sous peine de vider la pile trop rapidement car la cellule restera sous tension.

Appareil photo reflex Yashica TL Super, vue de côté montrant l'objectif et le boîtier en métal.

Ensuite, une griffe flash faisait son apparition sur le toit du pentaprisme, pour alimenter un flash synchronisé au 1/60s. Notons qu’il existe toujours une prise PC pour l’utilisation de flashs plus anciens

Il y aura deux versions du TL Super : la première utilise un verrou situé sur la semelle pour ouvrir la porte arrière, le levier d’armement est tout en métal, les objectifs sont des Auto Yashinon-DX à nez chromé, disponibles en deux ouvertures différentes, soit un 50mm ouvrant à f1,7 ou à f1,4.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo reflex Yashica TL Super, montrant des boutons de réglage et la griffe de flash, avec un objectif monté en arrière-plan.

L’appareil que je vous présente aujourd’hui fait partie de cette première version.

La seconde version adopte des éléments plus modernes comme le levier d’armement avec un embout en plastique noir, le fait de tirer vers le haut la molette de rembobinage pour ouvrir la porte et des objectifs, toujours en 50mm, mais des Auto Yashinon-DX à nez noir en f1,7 ou f1,4.

Ces deux objectifs possèdent un curseur qui glisse de A vers M. Si vous voulez mesurer la profondeur de champ de votre prise de vue, il faut faire glisser ce curseur sur A (lettre M visible). Ensuite, la mesure faite, il faut remettre le curseur sur M (lettre A visible) pour avoir le diaphragme entièrement ouvert et donc une visée claire.

De plus il propose une fonction de verrouillage du miroir, que l’on ne retrouvait souvent que sur des appareils plus sophistiqués, destinés aux professionnels.

Vue rapprochée d'un appareil photo Yashica TL Super, montrant l'arrière avec son revêtement en cuir et l'objectif monté.

Une petite publicité d’époque, sympathique.

Une femme souriante tenant un appareil photo Yashica TL Super, avec un texte promotionnel en arrière-plan en français indiquant 'faites-vous des amis'.
Source : yashicasailorboy. Sympa la publicité d’époque.

Son viseur, large et clair, porte un cercle avec micro-prisme au centre du dépoli. Je regrette seulement qu’il ne possède pas un stignomètre divisé, plus précis pour viser juste, mais c’est tout personnel. Sur la droite, un cadre dans lequel doit évoluer l’aiguille indicatrice de la cellule.

Diagramme représentant un cercle avec un contour et une ligne stylisée sur la droite, sur fond blanc.

Enfin la monture est celle dite universelle, la M42 développée par Carl Zeiss (Contax S) et Praktica. C’est une monture à viser, très courante à l’époque et qui offre un vaste choix de beaux cailloux dans de nombreuses marques différentes.

Les objectifs Yashinon sont excellents, très proches des Super Takumar d’Asahi Pentax, que vous pourrez donc monter dessus, tout comme un Hélios 44-2 russe ou l’un des nombreux objectifs allemands de l’époque.

Vue de dessus d'un appareil photo reflex Yashica TL Super avec un objectif Auto Yashinon DX de 50mm f/1.7, sur une surface de travail.

Voici une idée des objectifs proposés par Yashica :

Illustration des lentilles interchangeables pour le Yashica TL Super, montrant différents modèles et spécifications.
Une série d'objectifs pour appareil photo Yashica, présentant divers modèles allant de 80 à 800 mm, avec spécifications et caractéristiques visibles.

Ceci sans compter les tubes allonges, les soufflets et autres accessoires (filtres, viseur d’angle, etc. ).

Sur le dessus de l’appareil, à gauche, la molette de rembobinage posée sur la couronne pour régler la sensibilité, en Asa et Din (de 25 à 800 Asa). Au centre, sur le pentaprisme, la griffe de flash avec point de synchro. A droite, le levier d’armement avec, à son côté, le compteur de vue (qui se remet à zéro à l’ouverture de l’appareil) ; sur le devant, le déclencheur, avec un pas de vis pour y attacher un câble souple ; enfin, le sélecteur de vitesse, gradué de 1s à 1/1000s** plus la pose B et le témoin de synchro flash au 1/60s.

Vue de dessus d'un reflex Yashica TL Super avec un objectif, boutons de réglage et griffe de flash visibles, posé sur un bureau avec un clavier en arrière-plan.

La face avant est tout aussi dépouillée, avec juste le levier du retardateur, celui pour relever le miroir (contre le porte objectif) et de l’autre côté, toujours sur le porte objectif, le curseur pour activer la cellule et au dessus, la prise PC pour les anciens flashs.

Vue détaillée du Yashica TL Super, un appareil photo reflex avec un boîtier en métal et un objectif 50mm, sur un fond de bureau.

Reste la semelle, qui porte en son centre un filet pour y fixer un trépied et à côté, le cache de la pile ; à droite, le petit bouton pour le débrayage lors du rembobinage ; à son extrémité gauche, le verrou de la porte arrière.

Vue du dessus d'un appareil photo reflex Yashica TL Super, montrant les commandes, le viseur, et le tirage d'objectif.

Rien de plus, rien de moins et largement assez pour faire de bonnes photos, sans fioritures inutiles.

L’objectif qui est monté sur cet exemplaire est celui de la monte d’origine, un 50mm donc, qui ouvre à f1,7 jusque f16. La bague d’ouverture est près du boitier, crantée ; celle de la distance est plus à l’avant avec une large bague métallique striée pour une meilleure préhension. Tout l’objectif d’ailleurs est en métal, sauf le bouchon, en plastique. L’ouverture choisie apparait dans une fenêtre sur le dessus de l’objectif et une table de profondeur de champ.

Là encore, du costaud, sans artifice mais de la qualité.

Enfin, petite astuce trouvée sur yashicasailorboy pour trouver la date de fabrication de votre appareil :

Il est facile de décoder le numéro de série de votre appareil car Yashica utilisait un code de date à 3 ou 4 chiffres au début du numéro de série. Par exemple, voici un numéro de série sur un TL-E (90607952) 9 = 1969, 06 = juin, 07952 = 7 952e réalisé ce mois-là dans la séquence à partir de 00001.

Voici un TL (2816946) 2 = février, 8 = 1968, 16946 = 16 946e réalisé ce mois-là dans la séquence.

Celui que je vous présente porte le numéro 3600254, donc si je suis cette logique, il date de mars 1966 et est le 264ème produit. C’est vraiment un des tout premiers car il ne sera vendu qu’à partir d’avril 1966 !

Pour vos donner une idée de ses capacités, voici quelques exemples de photos prises avec le Yashica TL Super, ICI.

*L’avantage de cette configuration est que l’on peut remplacer l’oxyde d’argent par une pile alcaline ou même au lithium pour autant que le voltage soit de 1,5v

**Notons que la vitesse du 1/1000s à l’époque n’était pas commune, on plafonnait souvent au 1/500s, sauf les appareils destinés aux professionnels.

Que penser de cet appareil ?

Oui, l’appareil fait son petit poids mais c’est la rançon de la qualité de sa fabrication. Prévoyez une bonne sangle de portage et vous voilà paré pour le sortir faire des images.

A son époque, c’était un appareil assez révolutionnaire avec sa cellule et sa visée TTL, sa vitesse d’obturation rapide (1/1000s), sa griffe flash avec synchro, sa large compatibilité d’objectifs avec la monture M42. Il a fait le bonheur de nombreux photographes, qui appréciaient sa tenue en main, sa qualité de fabrication, sa facilité d’utilisation.

Pas de mauvaises surprises avec lui et avec un peu d’attention et d’habitude, vous serez armé d’un appareil bon pour encore un long service.

Autre avantage, il ne faut pas ici recalibrer ou trouver des astuces pour utiliser la cellule avec une pile de 1,5v alcaline car c’était déjà la tension de l’époque. Et même si un jour celle-ci venait à vous quitter, le boitier est toujours pleinement fonctionnel, l’obturateur est mécanique.

Vidéos d’illustration.

Pour bien le nettoyer et le remettre en route.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Type de film : 135 (24x36mm)
  • Monture à vis M42
  • Objectifs : 50mm ouvrant à f/1,7 Auto Yashinon DX + bien d’autres
  • Miroir réflexe avec pentaprisme
  • Obturateur en tissu au plan focal
  • Vitesses : B, 1s – 1/1000s , plus retardateur 10s et synchro X du flash
  • Posemètre : TTL derrière le miroir capteur CdS avec exposition par aiguille de correspondance
  • Batterie : LR44
  • Flash : griffe synchro et prise PC
  • Poids : 703gr nu, 955gr avec objectif 50mm Auto-Yashinon f1,7

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10308-Yashica_TL-Super.html, , en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Yashica_TL, https://thenoisyshutter.com/2023/03/08/classic-camera-review-yashica-tl-super/, https://mikeeckman.com/2015/12/quick-review-yashica-tl-super-1966/, https://yashicasailorboy.com/2024/01/05/yashica-tl-super-3/, https://yashicasailorboy.com/2016/06/16/yashica-tl-super/, https://camera-wiki.org/index.php?title=Yashica_TL, https://en.wikipedia.org/wiki/Yashica, en anglais

Argentique

Une seconde chambre à identifier, une Ihagee

Préambule.

Celle-ci non plus je ne me souviens plus quand je l’ai achetée, ni où. Elle m’avait attirée car elle était dans sa boite avec 6 plaques, dont quelques unes étaient encore garnies de plan-film (je l’ai vu trop tard !) et qu’elle possédait des réglages tous azimuts.

Mais comme pour la précédente, la Certo, il a été très difficile de trouver de quel modèle il s’agissait car Ihagee est surtout connu pour son Exakta et ses Exa, qui sont largement mis en valeur, moins semble-t-il pour ses chambres.

Et pourtant, il y en eut …

Un peu d’histoire.

Rassurez-vous, je ne vais pas reprendre toute l’histoire de la marque, vous la trouverez notamment dans les articles sur l’Exakta Varex IIa ou sur l’Exa II, par exemple, et surtout sur le site de la marque elle-même.

Simplement se rappeler que cette marque a vécu une drôle d’aventure : installée à Dresde (Allemagne – 1912) par un Néerlandais, Johan Steenbergen, elle a produit des appareils originaux dont le premier réflex, le Paff (un box réflex) datait de 1920. Puis entre 1933 et 1939 sortiront les VP pour Vest Pocket, les premiers Reflex avec visée à travers l’objectif. Ensuite, en 1936, ce sera le Kine Exakta, considéré comme le premier réflex 24×36 de l’histoire. De plus, cet appareil, très modulable, sera pensé comme étant dans un système tel qu’on le conçoit aujourd’hui, c’est-à-dire avec les objectifs et autres accessoires dédiés.

Mais les vicissitudes de la seconde guerre mondiale ont fait que son usine et ses biens ont été confisqué en Allemagne et qu’il n’a pas pu relancer son entreprise au sortir de la seconde guerre mondiale, l’usine ayant été détruite et poussée à la quasi faillite par l’administrateur nazi nommé à sa direction.

Voilà pour situer le contexte, rapidement.

Ce que l’on sait aussi c’est que jusqu’en 1933, les appareils construits étaient en bois et/ou en métal, avec soufflet, à objectifs fixes ou encore des pliants conçus pour les plaques, les film pack et le film en bobine. Mais excepté le Paff et le Corona (ce dernier était vendu par Ihagee mais pas construit par eux), le nom des modèles n’étaient pas marqué sur les appareils.

Vous comprendrez pourquoi j’hésite encore …

En effet, si je regarde ce catalogue en français, datant de 1925, je pense que la chambre que je vous présente aujourd’hui est un Photoklapp Duplex Patent, plus précisément un 9x12cm avec objectif double Anastigmat Veraplan Hugo Meyer & Co Goerlitz de 135mm ouvrant de f4,5 à f50, avec un obturateur Compur.

An image of the Duplex folding camera from 1925, featuring a black and chrome design with an adjustable lens and a large folding structure.

Mais nous allons voir tout cela plus en détails.

Présentation de la chambre Ihagee Patent Duplex.

Toute la description reprise dans la présentation du modèle ci-dessus correspond à l’exemplaire que je vous présente aujourd’hui.

Tout, sauf … que ce modèle possède un viseur de côté en verre quadrillé alors qu’il n’a pas le viseur brillant au dessus de l’objectif (le plomb de la douane y est par contre), que l’obturateur Compur propose des vitesses de 1s à 1/200s et trois lettres sur un petit cadran Z – D – M ; que l’objectif est bien un double Anastigmat Veraplan Hugo Meyer & Co Goerlitz de 135mm ouvrant de f4,5, mais jusque f36 (f4,5 – 6,3 – 9 – 12,5 – 18 – 25 – 36).

Ensuite, les deux boutons pour débloquer la platine sont bien nickelés mais travaillés et non de simples poussoirs.

Détail de la chambre photographique Ihagee Patent Duplex avec objectif à lentilles et réglages visibles. On peut apercevoir le mécanisme de l'obturateur Compur et les boutons de déverrouillage.

Serait-ce une production plus tardive ? Ou une fabrication à la carte ?

Quoiqu’il en soit, cette chambre a manifestement beaucoup servi (on voit encore la trace des plateaux de trépied dans le cuir, en dessous et sur le côté). Si elle reste parfaitement fonctionnelle, elle porte plus les traces que sa consœur : le cuir est éraflé à de nombreux endroits, le soufflet reste étanche mais certains plis sont écrasés et, enfin, il manque le verre du dépoli; son cadre est d’ailleurs à restaurer.

Ceci étant, par rapport à la Certo, celle-ci possède des réglages plus sophistiqués car outre le réglage de la distance via une échelle à côté du rail, on peut faire évoluer l’objectif de gauche à droite via une molette à vis sur le côté, et en hauteur via une autre vis sur le bâti en U.

L’objectif est un Doppel Anastigmat, c’est-à-dire qu’il est construit avec 4 lentilles, non traitées, en 2 groupes. Il est possible de viser un filtre devant, au diamètre de 37mm.

L’obturateur se commande via une petite roue posée au dessus de l’objectif. Et une seconde roue, dentée, permet d’autres réglages. Ce doit être un Compur 2 avec des commandes écrites en allemand car les lettres Z – D – M ont des significations précises :

  • Z = Zeit (temps en allemand) — mode time : l’obturateur s’ouvre quand vous appuyez sur le déclencheur, et se ferme quand vous appuyez à nouveau.
  • D = Dauer (durée en allemand) — mode bulbb : l’obturateur s’ouvre quand vous appuyez et reste ouvert tant que vous maintenez le déclencheur enfoncé.
  • M = mechanisch gesteuert (que l’on peut traduire par Moment/instantané) — mode normal : l’obturateur fonctionne selon la vitesse choisie sur le cadran des vitesses, après armement.

En pratique donc :

  • Si vous voulez une pose longue manuelle, mettez sur D (ouvrir-fermer à la pression = équivalent à la lettre B pour bulbb en anglais) ou sur Z (appui pour ouvrir, appui suivant pour fermer = équivalent à la lettre T habituellement et en anglais).
  • Pour une photo avec une vitesse définie, mettez sur M, armez l’obturateur, puis déclenchez.
Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo ancien, montrant des réglages de l'obturateur et une molette de contrôle, avec un fond flou de surface de travail.

En fait, il faut armer l’obturateur avec le levier sur la gauche et déclencher, après avoir choisi le mode utile, soit en utilisant le câble souple, soit via le levier de déclencheur, en bas à droite.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo Ihagee Patent Duplex avec un obturateur Compur, affichant la marque 'Hugo Meyer & Co.' et des indications sur les ouvertures.

Le diaphragme est dit en iris. Il se règle avec une tirette en dessous de l’objectif dont l’action se reporte sur le dessus via un index qui se positionne à l’ouverture choisie

Sur un catalogue de Ihagee, daté de 1931, cela se précise : il s’agirait d’une chambre Ihagee Patent-Duplex 720 TC : 720 parce que format 9×12 et TC parce qu’obturateur sans retardateur.

Illustration d'un catalogue présentant une chambre photographique Ihagee, avec des spécifications techniques et des descriptions, incluant des détails sur le matériel et les accessoires associés.
Une page d'un ancien catalogue d'Ihagee, décrivant l'obturateur Compur de la série C, avec un diagramme illustratif et des explications sur son fonctionnement.

Ce modèle semble disparaitre des catalogue l’année suivante. Pouvons-nous en déduire qu’il fut commercialisé de 1925 à 1931? Collectiblend nous apprend finalement que ce modèle sera produit, aussi sous le nom de Photoklapp Patent Duplex, avec des améliorations au fur et à mesure, de 1914 à 1939. Belle longévité !

Ce modèle en particulier doit dater de 1924 – 1925, selon les finitions des tirettes sur le rail, qui se simplifient en 1926.

Il est vrai qu’ensuite l’entreprise va développer de plus en plus l’Exakta et ses dérivés. Les pliants, chambre et folding, vont petit à petit disparaître, comme chez les concurrents d’ailleurs. Quoique Zeiss Ikon et Voigtländer, Agfa, Kodak, pour rester en Allemagne Est/Ouest, produiront encore des pliants jusque dans les années cinquante.

Que penser de cet appareil ?

Hormis ses petits défauts, dus à son grand âge et sans doute une utilisation importante, elle est toujours fonctionnelle.

Trouver un nouveau dépoli ne sera pas simple mais j’ai quelques idées, que je partagerai si elles fonctionnent.

J’avoue que celle-ci j’ai envie de l’essayer, notamment pour ses nombreux réglages. Mais je vais devoir tailler les feuilles de papier et les placer dans les châssis, dans le noir complet. Je m’y prépare, doucement.

Est-ce un appareil toujours utilisable ? Oui, mais en tenant compte de ce que j’écrivais dans l’article sur la Certo : il faut prendre son temps, réfléchir à sa photographie, envisager une vision différente et prévoir le matériel pour le transport et la mise en œuvre.

Question prix, en très bon état avec au moins 3 châssis, elle pourrait atteindre 200€, sinon, comptez environ de 80 à 100€ pour un exemplaire fonctionnel et presque complet.

Et vous, aimeriez-vous tenter l’aventure du grand format ?

Des références.

https://ihagee.org/, https://ihagee.org/cat/IHGcat1930-31-4.pdf, https://collectiblend.com/Cameras/Ihagee/Patent-Duplex-720.html en anglais ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Ihagee, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=2943, en français ; https://www.camarassinfronteras.com/patent_duplex_720/patent_duplex_720.html, https://www.camarassinfronteras.com/ihagee/ihagee.html, en espagnol

Argentique

Une magnifique chambre Certo, oui mais laquelle ?

Préambule.

Honnêtement, je ne sais plus où je l’ai achetée celle-ci, mais je la trouvais jolie et, surtout, complète dans son sac de transport en cuir brun, très propre. A l’intérieur, des plaques, deux câbles souples et un dos spécifique dont je connais pas encore la fonction.

La personne qui s’en défaisait ne semblait pas en connaître ni la marque, ni la valeur, mais elle voulait s’en débarrasser. Petite négociation et la voilà dans le sac à dos.

Une seconde la rejoindra le même jour, nous en reparlerons.

Le soucis avec ces chambres, c’est qu’il n’est pas toujours facile de les identifier, nous allons essayer.

Un peu d’histoire.

Vous vous en doutez, lorsque je commence un nouvel article, je réunis de la documentation, trouvée ça et là sur la Grande Toile, parfois sur des catalogues que je possède, de vieux magazines photo que j’ai trouvés, d’anciens livres destinés à la photographie.

De fil en aiguille, quant un modèle est plus compliqué à retrouver, il faut croiser les sources, aller chercher des détails, faire de grands détour pour trouver l’info manquante et enfin conclure.

Puis vient le moment de la rédaction, après de nombreuses traductions (merci Deepl Traduction), les photos d’illustration, les corrections et refontes du texte. En soi, le travail de création.

Et parfois – même si c’est très rare – je reste sur ma faim car je n’arrive pas à trouver ce que je cherche. Et ici, c’est le cas, impossible à ce stade de définir le modèle exact de cette chambre !

Je sais que c’est une Certo grâce au logo embossé dans le cuir, à l’arrière, celui de la marque. Mais pour le modèle, rien, nada, niente, nothing, nichts, niets, …

Peut-être une Certorex 9x12cm mais là encore je ne trouve rien. Dans ce cas, allons-y à l’intuition et à l’observation.

C’est certain, c’est une Certo (désolé, pas pu résister !). Mais qui se cache derrière cette marque ?

Ce sont Alfred Lippert, ingénieur, et Karl Peppel qui ont fondé cette entreprise en 1902, à Johannstadt, une banlieue de Dresde. Sa production était axée sur des appareils pliant avec plaques de verre à prix abordables. Cela a plutôt bien marché car dès 1905, ils ont dû déménager pour des lieux plus grands. C’est aussi vers cette année qu’ils auraient utilisé le nom Certo comme marque.

L’entreprise sera rachetée en 1917 par Emil Zimmermann. Il ajoutera à la gamme la Certonet 6×9. Son gendre, Fritz von der Gönna, ajoutera la Super Dollina à leurs produits un peu avant la seconde guerre mondiale.

Lorsque la guerre éclate, Fritz von der Gönna cache les machines de production de la Super Dollina dans les maisons d’employés fidèles.

Au sortir de la guerre, il a commencé à produire des machines destinées à rouler des cigarettes mais il a reconstruit secrètement les machines pour la production des appareils photo. Toutefois, lorsque Certo a relancé la production de la Super Dollina (1946), tous les appareils ont dû être livrées dans le cadre des réparations de guerre à l’Union Soviétique.

L’entreprise restera privée jusqu’en 1958, au décès de von der Gönna. L’état achètera 30% de l’entreprise (Allemagne de l’Est). La société continuera à produire des appareils photo abordables, voire même simplistes et bon marché jusqu’en 1970, notamment le SL 100 qui utilisait les cartouches SL Rapid, ou le KN 35 avec film 135.

C’est en 1972 qu’elle devient le VEB Certo-Kamerawerk Dresden et passe entièrement propriété de l’Etat, avant d’être absorbée par l’ogre VEB Pentacon en 1980.

Les derniers appareils sous le nom de Certo furent fabriqués en 1982, avant que l’usine ne soit utilisée pour augmenter la production de l’Exa 1c, ce petit c signalant que les appareils Exa ont été fabriqué dans l’ancienne usine Certo.

En ce qui concerne cette chambre, travaillons à rebours : que n’a-t-elle pas par rapport aux modèles que j’ai trouvés à comparer ?

  • pas de rails de guidage larges
  • pas de cadre dit sport pour la visée
  • pas de viseur sur le côté de la chambre
  • pas de viseur à gauche ou à droite
  • pas de mécanisme d’élévation par vis

Nous pouvons donc déjà considérer qu’il ne s’agit pas d’une Certrotrop, d’une Certosport, d’une Certo Bee Bee, d’une Certolob, d’une Certorex, d’une Certoruhm, ni d’une Certoplat.

Reste alors que ce devrait être une Certoruf. Un appareil fabriqué de 1924 à 1929 en plusieurs formats de plaques (6.5×9, 9×12 ou 10x15cm) et différents montages.

Nous avons un lieu géographique, une période de fabrication, reste à peaufiner la présentation de cette chambre Certo

Présentation de la chambre Certo Certoruf.

Comme je l’écrivais ci-dessus, cette Certo possède des rails de guidage étroits, avec une plaque sur le côté pour indiquer les distances de visée. Par contre, elle ne possède pas de vis dans le bâti pour corriger l’élévation de l’objectif.

Lorsque l’ouvre l’appareil, on découvre niché au creux de la boite en bois recouverte de cuir noir, l’ensemble du soufflet avec à son extrémité le combo obturateur/objectif, et par dessus, un viseur repliable.

Vue intérieure d'une chambre photographique Certo, avec objectif visible, sur un fond de bureau en bois.

Il faut appuyer sur un levier, à gauche, pour libérer le soufflet et l’étendre jusqu’au bord de la plaque des distances. Lorsqu’on actionne celle-ci, elle fait avancer le rail et étend le soufflet selon la distance choisie.

Gros plan sur un objectif et un mécanisme d'une chambre photographique Certo, montrant le détail des réglages.

Son objectif est un Certo Anastigmat Certar de 13,5cm (un 135mm donc) ouvrant à f6,3 – 7,7 – 12,5 – 18 – 25 – 36 – 50, des ouvertures assez inhabituelles.

L’obturateur est un Original Gauthier Pronto qui offre des vitesses de 1/25s – 1/50 – 1/100s plus une pose B et une pose T, puis un retardateur d’environ 15 secondes. Le déclencheur est fait d’une espèce de roulette d’éperon inversée, doublé d’un fut pour y viser un câble.

Gros plan sur l'objectif d'une chambre photographique Certo Anastigmat, mettant en évidence le design vintage et les détails de marque.

Au dessus de la roue des vitesses, le viseur, pivotant avec sur le côté un accessoire avec un verre rouge dont je ne m’explique pas encore l’utilité, peut-être un niveau à bulle ?

Vue du dessus d'un appareil photo ancien avec un soufflet noir, un viseur et un bouton rouge, posé sur une surface bleue à côté d'un clavier.

Manifestement les appareils étaient vendus avec un large choix d’objectifs et d’obturateurs différents, Certo étant plutôt un assembleur qu’un fabricant qui contrôle toute la chaine de production de ses éléments.

Amusante et émouvante surprise, lorsque j’ai ouvert le couvercle de la chambre, j’ai découvert une carte de visite, celle de Monsieur Pallard, professeur de Châtelineau (près de Charleroi, Belgique). Il devait en prendre soin de son appareil car il est en parfait état et très propre.

Carte de visite de Raoul Pallard, professeur à Châtelineau, visible à l'intérieur d'un appareil photo ancien.

A l’arrière, un couvercle que l’on déplie à la façon d’un tunnel de visée, mais en cuir, et sous lequel se trouve un verre dépoli, gravé de lignes pour aider au cadrage.

Un petit crochet permet de libérer l’ensemble du dos pour y glisser un châssis contenant une plaque de verre, un négatif ou un plan film.

Détail d'une chambre photographique Certo avec un soufflet en cuir et un fermoir métallique, mettant en évidence la texture et les composants anciens.

Il y a trois châssis de 9x12cm, plus un châssis destiné à ce qu’on appelait des films-pack (introuvables de nos jours) dans lequel se trouve 2 adaptateurs, je pense, et un adaptateur en 4,5×6 ; ce chargeur pouvait aussi accepter, semble-t-il, des plaques de verre.

A la recherche d’information sur l’utilisation de cet engin (je vais y venir), il semble qu’il faudrait ajouter des septum dans les châssis si on utilise du papier plutôt que du verre, afin de compenser l’épaisseur entre les 2 médiums et assurer la planéité de la feuille.

Enfin, il y avait 2 câbles filetés pour activer le déclencheur.

Comment ça fonctionne une chambre ancienne ?

Précisons d’emblée que le fait qu’elle soit ancienne ou nouvelle ne change rien au processus de mise en œuvre.

Par contre, avec une chambre du début du siècle et même jusqu’au années quarante environ, il n’y a pas vraiment de standardisation des mesures et des fabrications, surtout pour les chambres en bois. Ce qui implique que si vous voulez vous lancer dans cette aventure artistiquement intéressante, lors de votre achat vous devrez invariablement vous assurer que la chambre convoitée possède son dépoli, même partiel (on peut en refaire) et, surtout, ses châssis et porte-plaque. Il est en effet très difficile de trouver des éléments compatibles les uns avec les autres, même parfois au sein d’une même marque et d’un même modèle car fabriqué artisanalement.

Ce qu’il faut vérifier, outre l’étanchéité du soufflet, c’est l’état des châssis, souvent fait en simple tôle peinte en noir et qui ont la fâcheuse tendance à rouiller sur les bords et à perdre leur isolant contre la lumière.

La case très fin papier de verre est indispensable s’il y a de la rouille, puis repeindre à la bombe en noir mat et s’assurant que les bords sont bien lises pour coulisser facilement dans les rainures du boitier.

Lorsque vous ouvrez un châssis vous devriez trouver sur les bords supérieurs et parfois inférieurs du velours noir, rouge, bleu, bordeaux, peu importe, mais une fine bande doit être présente pour assurer l’étanchéité à la lumière. Décollez celle qui est abîmée et remettez une nouvelle bande de velours proprement.

Voyons maintenant comment fonctionne une chambre.

Vous trouverez des informations sur la Grande Toile, à foison, aussi vais-je me permettre d’aller à l’essentiel.

Lorsque vous avez ouvert votre chambre, bien fixée sur un trépide solide, vous devez vous assurer d’avoir sous la main une cellule à main pour la lumière et, éventuellement, un télémètre pour la précision de la distance.

Après avoir effectué vos mesures, vous les reportez sur la chambre : distance avec l’échelle, vitesse et ouverture avec la cellule sur le combo obturateur/objectif. Vous vérifiez alors votre cadrage avec le dépoli, ou le viseur. Si vous le faites avec le dépoli, il est conseillé de se couvrir d’un tissus noir pour augmenter la visibilité sur le verre

Ensuite, vous retirez le dépoli et le remplacez par un châssis chargé d’un plan film, d’un négatif ou, si vous en avez trouvé, une plaque de verre.

Vous armez le déclencheur et ôtez la protection du châssis avant de déclencher, idéalement avec un câble souple, pour plus de facilité.

Clic-clac, c’est dans la boite ! Remettez tout de suite la plaque de sécurité sur le châssis et sortez-le ensuite pour le ranger dans une boite noire ou en tout cas très sombre où ils seront en sécurité lorsque vous aurez fait plusieurs photos.

Si nous résumons, voici le matériel indispensable :

  • vérifier le dépoli
  • vérifier d’avoir des châssis compatibles avec la chambre
  • un déclencheur souple
  • avoir un trépied solide et stable
  • posséder des septums si nécessaire
  • des châssis préchargés et bien protégés

Ensuite le matériel plus qu’utile :

  • un voile noir pour mieux viser
  • une cellule à main
  • un télémètre
  • une boite noire pour ranger les châssis vierges et une pour les châssis exposés
  • un solide sac de transport

La photographie à la chambre est une école de patience et de méthode. Elle demande du temps et de la réflexion mais vous donnera des images exceptionnelles, fourmillant de détails.

On parle souvent des chambres en 4×5″, voire plus grand encore, mais déjà commencer avec un 9x12cm, c’est une aventure !

Que penser de cet appareil ?

Outre le fait que ce soit un très bel objet, c’est un appareil photo toujours parfaitement capable de donner des images très détaillées, cent ans après sa naissance !

Rien n’est compliqué mais tout demande le temps de faire les actes nécessaires à la prise de vue sans se presser, pour le plaisir, presque de façon méditative sans doute.

Ceci étant, pratiquer la chambre demande quelques investissements, nous l’avons vu au paragraphe précédant. C’est sans doute la rançon de cette photographie d’exception.

Ensuite, c’est juste pour le plaisir de photographier différemment, à un rythme lent et conscient. L’art du portrait, du paysage est alors à votre portée, avec un peu d’entrainement.

Question prix d’une chambre, il y en a pour toutes les bourses, il suffit de se promener sur un grand site de vente pour s’en convaincre. Vous en trouverez autour des 30€ et d’autres qui s’envolent au delà des 250€.

Celle-ci était dans la fourchette base.

Je lui reprocherais de ne pas posséder un réglage vertical ou latéral, bien pratique pour corriger des perspectives mais ces spécificités font monter les prix, invariablement.

Ceci étant, c’est un magnifique objet et j’en ai encore quelques unes à vous proposer.

Seriez-vous tenté de faire le pas ?

Vidéos d’illustration.

Pour avoir envie de se lancer dans l’usage de la chambre ancienne.

Une alternative, si vous trouvez le dos adéquat.

L’utilisation d’une ancienne chambre (en anglais, ne pas oublier de traduire via Youtube); celle-ci est assez proche de celle de l’article.

Des références.

https://www.breutel.de/kameras/seiten/0125.html, en allemand ; https://web.archive.org/web/20170214004316/http://fo-to.de/KAD_C.htm, https://camera-wiki.org/wiki/Certoruf, https://camera-wiki.org/wiki/Certo, https://camera-wiki.org/wiki/Certoruf, en anglais ; https://galerie-photo.com/prise-de-vue-a-la-chambre.html, https://photoklub.com/photographie-a-la-chambre/, https://www.francoishardel.com/le-portrait-a-la-chambre-9-x-12-une-ecole-dauthenticite/, en français

Argentique

Un set complet, le Fuji 1000 Zoom Date Discovery

Préambule.

Celui-ci, je l’ai trouvé à la brocante de Jemappes, il y a un moment. Et je l’avais mis de côté car il me semblait vous avoir déjà présenté pas mal de compact des années nonante.

Je l’ai acheté parce qu’il était complet, dans sa boite (en mauvais état, certes), avec ses modes d’emploi, sa sacoche, des documents pour envoyer ses films à développer et une pochette pour y placer les photos prises avec l’appareil, plus un set de nettoyage. Un vrai set de découverte, comme le souligne le titre de la boite.

Boîte du Fujifilm DL-1000 Zoom avec accessoires, affichant les caractéristiques de l'appareil photo et son équipement, sur un bureau avec un clavier en arrière-plan.

A l’époque, on pouvait encore faire des cadeaux à ses clients car, ce qu’il manque dans cette boite, c’est la pellicule qui était livrée en plus, pour débuter tout de suite.

Un peu d’histoire.

Fuji fêtait ses 90 ans en 1994. C’est donc en janvier 1934 que Fuji Photo Film Co., Ltd., filiale de la Daicel Corporation, voit le jour à Ashigara, à 100km de Tokyo mais au pied du Mont Fuji (3776m, le point culminant du Japon), qui donnera son nom à l’entreprise. Créée suite à un programme gouvernemental*, la nouvelle entreprise reprend les activités de découpe des films photographiques de Dainippon Celluloid Company Limited.

Logo de Fujifilm représentant le Mont Fuji et le nom 'Fuji' stylisé à l'intérieur d'un cercle.
Le logo de Fujifilm en 1934.

Mais commençons par le commencement …

A ses débuts, Fujifilm produit des films destinés au cinéma, puis pour la photographie et enfin pour les appareils de radiographies. Il produit aussi des plaques d’impression et du papier. En fait tout ce qui a trait au photosensible. Dès 1948, il développe ses premiers films couleurs.

Fujifilm crée des usines et des sièges d’activités un peu partout dans le monde au fur et à mesure de son expansion : Brésil (1958), Royaume – Unis (1962), USA (1965), Allemagne (1966), Pays-Bas (1982), USA (1988).

Ensuite, il achète aussi toute une série d’acteurs dans le domaine de l’imagerie : Rank Xérox (1962), Chiyoda Medical Co., Ltd. (1993), Eurocolor Photofinishing GmbH & Co. KG (1997), Enovation Graphic Systems, Inc.(2001), Arch Chemicals, Inc. (2004), Arch Chemicals, Inc., (2005), Avecia Inkjet Limited (2006), Dimatix, Inc.(2006). Toutes ces entreprises ont un rapport avec l’image imprimée ou non et dénote la propension de Fujifilm a être toujours à la pointe du progrès dans ces domaines.

Dès les années quatre-vingt, Fujifilm est présent dans le domaine des appareils photos numériques mais continue à développer des produits destinés à la photographie argentique.

D’ailleurs, en écrivant au sujet des appareils photos, c’est en 1938 que Fuji-Photo Film Co. Ltd construit son usine de fonderie de verre optique (Odawara) pour la production d’objectifs haut de gamme. Pour obtenir le verre le plus pur possible à l’époque, Fujifilm utilisait des creusets en platine !

Il sera le précurseur dans le domaine du revêtement par faisceau d’électrons (EBC), qui permettait de cumuler des couches de revêtements (jusqu’à 14 couches), dans des matières différentes, qui avaient toutes une influence sur la qualité de la transmission de lumière. En 1972, l’EBC Fujinon 55mm f3,5 Macro fut le premier objectif a bénéficier de ce traitement. La transmission de lumière de ce traitement était de 99,8% !

Le premier objectif visant au standard LTM 39 (Leica) fut le Cristar 50mm f2 (1949). Suivi rapidement par le 35mm f3,5 et un Summitar 50mm f2. En 1954, Fujinon présentait un trio d’objectifs dits rapides, le Speed Trio : le 35mm f2, le 50mm f1,2 et le 100mm f2.

Moins connu peut-être mais toujours très apprécié, le FUJINON 50mmF1.2 fut également construit pour les montures Nikon. Dans les années soixante, Fujinon sortira des objectifs grand format (CM Fujinon) puis, lorsque les réflex seront plus nombreux, les ST et des objectifs en monture M42.

Oui mais, et les appareils photos ?

Ils arrivent, en 1948, sous la forme d’un pliant, le Fujica Six, qui sera fabriqué jusqu’en 1953. Plus tard, le Fujica 35-EE (1961) sera le premier appareil au monde à proposer trois modes d’exposition, ainsi que le compact 35mm V2, un télémétrique avec un objectif de 45mm (1964).


En 1970, le reflex Fujica ST 701, avec objectif Fujinon 50mm f1,8 en monture M 42, entre sur le marché : entièrement manuel, il est pourvu d’une cellule au silicium, plus précise que celle du CdS. C’est une première mondiale pour un appareil grand public. La mesure est TTL, à travers l’objectif. Le ST 801 qui lui succèdera (1972) introduira lui les premières LED pour indiquer les valeurs de la cellule.

Fujica investira aussi le marché des moyens formats avec brio. Le G690 est un télémétrique moyen format à objectif interchangeable et obturateur central (1968 – 1975). C’est un appareil conçu par les photographes professionnels pour des photographes.

En 1980, Fujica lance une trilogie : les AX-1 – AX-3 – AX-5. Ces trois appareils utilisent la nouvelle monture à baïonnette Fujica X et les nouveaux objectifs Fujinon X. Le AX-5 présente 3 modes d’expositions et un mode manuel (priorité vitesse, ouverture, programme et manuel), un obturateur électromagnétique rapide, un moteur, des dos interchangeables. Sous un design compact et léger, à un prix abordable, il entendait rivaliser avec les productions de Nikon, Canon et Minolta de l’époque.

Dans les années quatre-vingt et nonante, Fujica proposera de nombreux appareils compacts de qualité, rivalisant avec Canon, Nikon, Minolta, Olympus, Pentax. Ces appareils, mieux que quiconque sans doute, illustrent l’ambition de Fujica : proposer des appareils de qualité, abordable et performant.

Au niveau des appareils d’exception, en 1998, Fujica lance un appareil télémétrique panoramique à objectif interchangeable. Ce sera le TX-1, produit en collaboration avec Hasselblad qui le commercialisera sous la dénomination de XPan.

Toujours dans le domaine de la collaboration avec Hasselblad, Fujica sortira un appareil moyen format doté de l’autofocus, le GX645AF, qui s’appellera H1en Suède. Le Fujifilm GD645AF et le Hasselblad H1 disposent des mêmes fonctions et partagent les mêmes accessoires (2003 – 2010).

Plus anecdotique, en 2008 et cette fois en collaboration avec Cosina, Fujica développe un appareil à soufflet pour les prises de vue en 6x6cm ou 6x7cm sur film 120 et 220. Ce sont respectivement le Voigtländer Bessa III et le Fujifilm GF670.

Puis viendra l’aventure du numérique car là aussi Fuji développera, en collaboration avec Toshiba, le premier appareil réellement exploitable, le Fujix DS-1P, pourvu d’un capteur Super CCD (1988).

Celui que l’on retiendra le plus sera toutefois le FinePix S3 Pro, un réflex numérique développé avec Nikon sur base du F80 qui offrait 12Mpx grâce à un capteur Fuji Super CCD SR.

Depuis l’aventure Fuji continue. C’est une des rares entreprises à maitriser toute la chaine de ses appareils, de l’ingénierie à la construction en passant par l’informatique et les capteurs.

*Au sortir de la première guerre mondiale, le Japon est en plein essor industriel. Si depuis 1925, le pays est une démocratie avec élection au suffrage universel, le pouvoir appartient essentiellement à de hauts fonctionnaires, étroitement liés aux Zaibatsu (immenses conglomérats détenant l’essentiel de l’économie japonaise).

Présentation du Fujifilm DL 1000.

La gamme DL débute en 1984 avec le DL-50 et se termine en par celui-ci en 1996.

DL pour drop – in loading, ou chargement rapide. De nombreuses marques se sont attaquées au problème du chargement des films dans les appareils. Les réponses les plus radicales ayant été la création des cassettes 126 et 110 par Kodak, puis APS-C par un consortium de sociétés. Ici il s’agit d’une manière élégante d’y faire face : il suffit de sortir un peu l’amorce du film, de le glisser dans l’appareil et de le refermer. L’appareil entraine automatiquement la pellicule à la première image et, comble du bonheur, prébobine le film. Ce qui veut dire que l’appareil vide la cartouche pour poser le film dans un enclos prévu à cet effet et au fur et à mesure des prises de vue, le film réintègre sa cartouche. En cas d’ouverture accidentelle du dos, seules les parties non exposées seront voilées. Autre avantage, il ne faut pas rebobiner le film en fin de course puisque celui-ci a déjà réintégré sa cartouche.

Celui qui nous préoccupe aujourd’hui, le Fujifilm DL 1000 Zoom (aussi appelé Discovery 1000 – 1992) sera le compact le plus sophistiqué de la gamme DL.

En effet, il propose tout d’abord un zoom Fujinon motorisé 38 -80mm ouvrant de f3,8 à f8, 8 lentilles en 8 éléments. Une belle amplitude sans être extrême.

Appareil photo compact Fujifilm DL 1000 Zoom, posé sur un bureau avec un fond flou, montrant ses caractéristiques comme le zoom Fujinon et le mode autofocus.

Le zoom est couplé à un autofocus multi faisceaux précis (trois faisceaux croisés), pour assurer des images précises presque à tous les coups.

La mise au point se fait de 65cm à l’infini. Elle est automatique avec verrouillage de l’autofocus Il y a un réglage spécifique pour les paysages nocturnes : l’appareil règle l’objectif pour la prise de vue vers l’infini, éteint le flash et diminue la vitesse.

L’obturateur est électronique programmé, de 1/10s à 1/350s.

Bien évidemment, le DL 1000 est équipé d’une cellule, dont la sensibilité se règle automatiquement grâce à la lecture du code DX des cartouches. La plage de sensibilité va de 50 à 1600Iso.

Réglage de la vitesse du film : Automatique avec les films ISO 50, 100, 200, 400, 800 et 1600 DX.

Ensuite, le DL 1000 offre plusieurs modes : paysage, panoramique et des options de flash intelligentes, pour rendre chaque prise de vue optimale. L’affichage est à cristaux liquides et donne les indications suivantes : compteur de vue qui affiche les images restantes à faire ; la distance focale de l’objectif ; indication du mode retardateur ou charge du flash ; signale le mode réduction des yeux rouges, le flash d’appoint, le flash désactivé, le flash modéré pour les contre-jours ou les portraits de nuit et enfin il signale quand les piles sont faibles.

Un mot d’ailleurs sur le flash. Il est intégré et contrôlé automatiquement pour répartir uniformément la lumière à toutes les focales du zoom. Il y a aussi un mode déclenchement automatique (débrayable), le mode réduction des yeux rouges, un mode flash d’appoint (pour les contre-jours), le mode flash désactivé (pratique dans les musées)

Le mode panoramique fonctionne grâce à un cache amovible qui, de fait, réduit la hauteur de l’image et étire sa longueur.

Vue intérieure d'un appareil photo Fujifilm DL 1000 Zoom avec son objectif visible et le compartiment à film ouvert.

Le viseur est réglable selon sa dioptrie, ce qui est toujours un plus. C’est un viseur qui suit les mouvements de l’objectif, en taille réelle. Le grossissement va de 0,35 à 072x. Le cadre est collimaté avec des marques pour la correction de la parallaxe. Une lampe verte s’allume à côté du viseur quand la mise au point est fixée et elle clignote rapidement si le sujet est trop près ou trop loin ; enfin, elle clignote lentement pour signaler que la vitesse d’obturation est faible (risque de bougé).

On peut encore trouver un mode retardateur complet : il est aussi contrôlé électroniquement et vous laisse 10 secondes pour être aussi sur la photo. Son bouton de commande est aussi celui de la rafale (3 images à la suite). Pour les distraits, on peut l’arrêter à mi-parcours.

De ce que j’ai pu lire en préparant cet article, les avis sont unanime sur la simplicité d’utilisation du boitier et d’ajouter que le reste des commandes est intuitif : nous sommes loin des compacts numériques et leur foultitude de commandes !

Schéma de l'appareil photo Fujifilm DL 1000 Zoom, montrant les différentes parties et les étiquettes numériques pour identification.
Manuel d'utilisation du Fujifilm DL 1000 avec caractéristiques principales et schémas explicatifs en français.
Schémas explicatifs sur les fonctions et l'utilisation de l'appareil photo Fujifilm DL 1000 Zoom, comprenant des instructions de chargement du film, de prise de vue et de réglages divers.

Pour alimenter tout ça, deux piles CR123A suffissent.

Vue rapprochée d'un compartiment de batterie d'un appareil photo Fujifilm Discovery 1000, montrant les deux piles lithium et les indications de polarité sur la tranche.

Ce modèle est équipé d’un dos dateur, qui ne sert plus à rien car il n’a pas dépassé les années 2010.

Vue arrière du Fujifilm DL 1000 Zoom, montrant le sélecteur de mode et d'autres boutons de commande.

Si vous en trouvez un équipé de ce dos, retirez la pile pour éviter les problèmes.

Petit résumé en images du set discovery :

Que penser de cet appareil ?

Compact, c’est vite dit ! Vous le mettrez difficilement dans une poche, sauf celle, grande, d’un manteau. C’est pour ça que Fuji fournissait un sac bien utile et, ma foi, seyant avec sa belle ligne verte.

Ceci étant, il a tout ce qu’il faut pour vous accompagner partout et sans prise de tête. Son objectif est parait- il très bon, ce qui n’a rien d’étonnant puisque c’est un Fujinon.

La marque a mis tout son savoir-faire dans un appareil que l’on a envie de prendre avec soi pour faire des photos. Vous n’aurez pas le choix des focales, sauf celles comprises entre le 38 et le 80mm, ce n’est pas un réflex. Mais au vu de ses compétences, il est facilement comparable aux entrées de gamme des concurrents – et même de Fuji – en réflex, c’est peu dire.

Ce qui m’a intrigué et amusé, dans ce set, c’est que tout avait été pensé pour qu’une fois acquis vous n’ayez qu’à ouvrir l’emballage pour vous lancer, il y avait tout, même le film Fujifilm, mais pas les piles !

Mais le photographe qui vous le vendait en avait sans doute en stock.

Hormis donc sa taille, c’est un excellent appareil à faire voyager avec vous si vous voulez vous lancer dans un modèle argentique qui ne vous décevra pas aux premières images.

Question prix, si vous avez la chance de le trouver complet avec sa boite, disons dans les 40€, sinon, seul mais en très bon état, tablez plutôt sur 20 à 25€

Le plaisir n’a pas de prix dit-on…

Pour voir des photos prises avec cet appareil, c’est par ICI.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA (multilingues) et encore LA (anglais).

  • Type : Appareil photo 35mm compact et motorisé
  • Objectif : Zoom Fujinon 38-80mm f/3.8-8.2, optique de haute qualité
  • Mise au point : Autofocus multifaisceaux (3 capteurs) + mode simple faisceau
  • Modes de prise de vue : Auto, paysage (mise au point à l’infini), panorama
  • Obturateur : Électronique programmé, vitesse de 1/9s à 1/350s
  • Sensibilité du film : ISO 50 à 1600 (détection DX automatique)
  • Exposition automatique : Ajustement précis selon la scène
  • Transport du film : Avancement et rembobinage motorisés avec prébobinage sécurisé
  • Flash intégré : 4 modes (auto, réduction des yeux rouges, fill-in, désactivé)
  • Retardateur : Déclenchement programmable jusqu’à 3 photos consécutives
  • Alimentation : 2 piles CR123A (non incluses)
  • Dimensions et poids : 135 × 71,3 × 56,5 mm | 331 g (sans piles)
  • Autres fonctionnalités : Écran LCD informatif, correction dioptrique, filetage pour trépied

Des références.

https://bromurefilm.com/products/fuji-dl-1000-zoom, https://www.newwavepool.shop/fr/products/fujifilm-dl-1000-zoom-35mm-camera-serial-91113415, https://fuji.ch/fr/story/fujifilm-heritage-une-retrospective-de-lhistoire-de-90-ans-de-fujifilm/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-7371-Fuji_DL-1000%20Zoom.html, https://www.fujifilm.com/fr/fr/about/hq/corporate/history, en français ; https://heartswellco.com/fuji-discovery-1000-zoom-camera/, https://springcoffeebreak.com/fuji-discovery-1000-zoom/, https://lapinataoldtown.com/fuji-discovery-1000-zoom-camera/, https://camera-wiki.org/wiki/Fuji_DL-1000_Zoom, en anglais

Argentique

Un Japonais particulier, le TARON Auto JE

Préambule.

Celui-ci, je l’ai trouvé sur la brocante du Grand-Large, près de Mons. Il était dans une boite en simili cuir gris-bleue, très tendance dans les années soixante, ce qui m’a attiré vers lui. J’ai ouvert la boite, extrait l’appareil dans son sac-tout-prêt, ôté enfin ce dernier pour me retrouver face à un appareil tout à fait inconnu : un Taron Auto JE.

Chouette me suis-je dit presque tout bas, des recherches en perspectives et sans doute une chouette histoire.

Petite négociation avec la dame qui le vendait, et hop, sous le bras (je n’avais pas mon éternel sac à dos ce jour-là !)

Un peu d’histoire.

Et bien ce ne fut pas aisé de retracer l’histoire de cet appareil, ni celle de la marque. Il a fallu faire des recoupements, aller voir des modèles qui ne correspondaient pas pour trouver des pistes, fouiller un peu la Grande Toile puis assembler les éléments recueillis.

Il semble que ce soit en 1943 que cette société nippone ait vu le jour. Comme souvent avec les sociétés japonaises, il y aura plusieurs noms. Le premier, celui donné par son fondateur, sera Yanagihara Tasaburo (entreprise de fabrication), ensuite la société transforme son nom en Nihon Kosokki puis en Nippon Kōsokki Kōgyō K.K. (Industrie japonaise des géomètres optiques), en 1949 ; enfin, elle deviendra Taron en 1959, pour coller au nom de ses modèles.

C’est à partir de 1949 qu’elle produit des appareils photo mais pour compte de tiers comme Fujica, Topcon (Tokyo Kogaku Kikai), Mamiya, Tougo-Do et Yashima Kogaku Seiki.

Pourtant, ce n’est qu’à partir de 1955 qu’elle entreprend de construire ses propres appareils : des télémétriques, des compacts 35mm, un TLR en 6×6 (le Taroflex) et même un appareil avec cassette 126 (le Taromatic F).

Malheureusement, elle disparut peu après, vers 1967.

Sa production comptait surtout des télémétriques (13), les compacts en 35mm (4) dont un appareil demi-format (le Taron Chic), un 6×6 donc et un avec film en cassette 126.

Celui qui nous préoccupe aujourd’hui sera fabriqué en 1965. Comme il n’y a pas pléthore d’informations à son sujet, nous partirons donc à la découverte complète de cet appareil qui est, il va s’en dire, rare.

Présentation du Taron Auto JE.

Ce qui frappe d’abord avec ce boitier, c’est son caractère un peu frustre, même si tout est bien assemblé, que le métal est majoritaire, qu’il fait son (petit) poids (590gr). Ceci est sans doute dû à la forme du fut de l’objectif/obturateur, on ne peut plus dépouillé.

Cependant, il dispose d’une cellule au sélénium, placée autour de l’objectif proprement dit.

Mais commençons par le décrire :

  • sur le capot, à gauche, la manivelle de rembobinage ; presque au centre, la griffe porte-accessoire, dite froide (pas de contact de synchronisation flash) ; à droite, le levier d’armement avec en son centre le compteur de vue, manuel, et un peu sur l’avant, le déclencheur avec un pas de vis pour y fixer un câble
Vue du dessus de l'appareil photo Taron Auto JE, montrant les commandes et le design du boîtier.
  • la semelle ne supporte qu’un petit bouton plat pour débrayer le mécanisme lors du rembobinage et un filet pour fixer un trépied
Vue du dessus d'un appareil photo Taron Auto JE avec un design minimaliste, capturé sur un fond de surface grise.
  • la porte arrière s’ouvre en soulevant une tirette, qui libère le verrou, sur la tranche gauche de l’appareil. Elle est montée sur une charnière
  • le viseur lui mérite toute notre attention. Si le carré arrière est assez petit, la surface à l’avant est plus confortable mais c’est à l’intérieur que cela devient intéressant car il possède un cadre lumineux collimaté, avec repères pour la correction de parallaxe et, surtout, si vous regardez vers le haut, un rappel de la distance choisie et si vous regardez vers le bas, l’ouverture choisie lorsque vous êtes en position Auto, ou l’ouverture si vous êtes en manuel.
Deux femmes assises à une table, levant des verres, dans un environnement intérieur. L'une porte un haut à pois, tandis que l'autre a les cheveux longs et bouclés. Des bouteilles sont visibles sur la table.
  • enfin, le fut d’objectif/obturateur porte plusieurs indications dont scènes – groups – close-up, en face desquels il faut faire correspondre un point vert sur la bague noire striée autour de l’objectif ; tandis qu’en dessous du fut vous trouvez une tirette pour mettre la position Auto (en rouge) ou l’ouverture que vous voulez choisir (de f2,8 à f22), la pose B et le type de flash à synchroniser (M)
  • la prise coaxiale du flash est en haut du fut, sur la gauche
  • sur le devant de l’objectif, par dessous, une autre tirette pour noter la sensibilité du film, en Din et Asa, de 25 à 400 Asa
Vue rapprochée d'un objectif de caméra vintage montrant des réglages de sensibilité ISO en DIN et ASA, avec une inscription 'AUTO' en rouge.
  • l’objectif est un Taronar de 40mm ouvrant à f2,8
  • autour de l’objectif, le nid d’abeille (Electric Eye ou EE) de la cellule au sélénium (toujours active ici). On peut fixer un filtre devant la cellule, qui est tient compte dés lors.
  • deux broches, sur les côtés, permettent de fixer une sangle, même si celle-ci est reprise aussi sur le sac-tout-prêt, en cuir noir.

Dans la boite, j’ai eu la chance de trouver son certificat et, surtout, son mode d’emploi, pas bien épais (16 pages) mais bien utile.

Il nous dit tout d’abord que la compagnie Taron est très gratifiée et honorée que nous ayons choisi cet appareil. Tout automatique, le Taron est un one touch camera qui peut être utilisé par chacun (en résumé, dès que nous avons les réglages de la sensibilité du film et de la distance, il reste à appuyer sur le déclencheur.

Autrement dit – je cite – avec le système EE, le cerveau électrique détermine l’ouverture automatiquement.

Dés le moment où un film est placé dans la chambre, que le compteur de vue est remis sur 1 pour la première photo, que la sensibilité de la cellule est réglée, il suffit ensuite de régler la bonne distance avec les 3 symboles qui apparaissent dans le viseur et d’appuyer sur le déclencheur pour capter votre sujet.

Vue rapprochée du dessus d'un Taron Auto JE, montrant le mécanisme de rembobinage et le compteur de vue.

Le close-up (un personnage) détermine une distance de 1,5m, le groups (plusieurs personens) une distance à partir de 2,5m et scenes (une montagne) à partir de 10 m jusque l’infini. L’échelle de distance est notée dans le viseur. Lorsque la marque est verte, c’est que la mise au point est bonne. Ce qui veut dire que l’on peut prérégler la distance et l’affiner en tournant la bague à l’avant de l’objectif, comme s’il s’agissait d’un télémètre.

Pour le flash, il faut régler la distance comme s’il faisait jour. La synchro se fera au 1/60s. Petite subtilité, puisqu’on ne peut régler la vitesse soi-même, il faut calculer l’ouverture en fonction de nombre guide du flash (diviser le nombre guide par la distance au sujet), poser l’ouverture au chiffre obtenu puis remettre la tirette sur Auto. Une table est d’ailleurs fournie avec les vitesses par rapport aux ouvertures (voir ci-dessous).

Tableau des vitesses et ouvertures pour la photographie, indiquant les correspondances entre l'ouverture du diaphragme et la vitesse d'obturation, avec des valeurs f diverses.

Rien de bien compliqué en somme …

Que penser de cet appareil ?

Vraiment pas courant celui-là, je n’en ai trouvé qu’un seul à la vente sur le grand site de vente qui commence par E et nulle part ailleurs.

Outre cela, il ne manque pas d’attraits pour un boitier de son époque, ce qui le rend encore intéressant.

Fabriqué solidement, il peut encore rendre de bons services d’autant que les quelques articles que j’ai pu lire disent que l’objectif est de qualité.

L’autre avantage est que s’il est automatique, on peut quand même s’en servir en manuel, donc même si le sélénium vous lâche lâchement à un moment ou un autre.

Si vous aimez photographier différemment, voilà un bon candidat !

Au niveau cote, il devrait se négocier autour des 100€ avec son sac-tout-prêt, son manuel et sa seconde sacoche de transport. C’est raisonnable au regard de la rareté du Taron Auto JE.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Des références.

https://maniacphotos.com/produkt/taron-auto-je/, en allemand ; https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co8819433/camera-taron-auto-je, https://filmphotography.eu/en-p/cameras/taron/, en anglais ; https://www.wikiwand.com/fr/articles/Taron_(Nihon_Kosokki), https://fr.wikipedia.org/wiki/Taron_(Nihon_Kosokki), https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/1605904#Compact_35_mm, en français

Argentique

Un autre Pocket un peu sophistiqué, le Kodak Tele-EKTRALITE 600 camera.

Préambule.

Un coffret noir, qui trainait sur une table parmi d’autres objets. Un rapide coup d’œil m’indique que c’est un Kodak qui doit se trouver à l’intérieur. Je l’ouvre par acquis de conscience car ce pourrait être un des nombreux Kodak d’entrée de gamme ou un des rares un peu plus sophistiqué : bonne intuition, c’est un Kodak Tele-EKTRALITE 600.

Petite négociation rapide et voilà le coffret dans le sac à dos.

Et aujourd’hui, il sera bien seul car sur cette brocante, à part des épaves, des Clack, des Kodak Instamatic, il n’y avait rien à se mettre sous la main.

Alors partons à la découverte de ce Pocket.

Un peu d’histoire.

L’histoire du format 110 a déjà mainte fois été évoquée, je vais donc la passer (pour ceux qui viennent d’arriver sur le site, allez-voir, par exemple sur les articles consacrés à l‘Agfa 3008, le Fujica Pocket 400, le 110 revient, comment ne pas dépenser trop , et l’excellent article paru sur Collection-appareils à ce sujet).

Revenons juste à la genèse du film et des appareils conçus avec et pour lui, les Pocket Instamatic, dont les premiers sont numérotés 20 – 30 – 40 – 50 – 60 – 100 – 200 – 300 – 400 – 500, tous sortis en 1972, date de lancement du film au format 110.

Petit aparté : si chez Agfa c’est assez facile de s’y retrouver avec les familles (voir article sur l’Agfa 3008 cité plus haut), chez Kodak, il y a pléthore de références dont nous pouvons essayer de dégager quelques grandes lignes : les Pocket Instamatic, les premiers fabriqués (1972 – 1976) ; puis les Instamatic (1974 – 1978) qui ont comptés quelques Tele. Cette gamme utilisait exclusivement les flashs en cube, appelé MagiCube. Ensuite, à partir de 1975 et jusqu’en 1983, ce seront les appareils utilisant les FlipFlashs, les Ektra et leurs déclinaisons. Enfin, une troisième série de 1980 à 1990, qui utilisera des flashs intégrés, des Ektra ou Extralite et leurs déclinaisons. Si tout ceci est bien compliqué, c’est parce que sous l’emblème Kodak, des bureaux d’étude des quatre coins du monde s’y sont attelés : Etats-Unis, Angleterre, Canada Allemagne, Brésil.

Si vous voulez compulser la série complète, c’est par LA et LA encore, sous forme de ligne du temps.

Au fur et à mesure des évolutions, on peut donc distinguer les appareils qui utilisent les Magicubes, puis les Flipflashs et enfin les flashs électroniques intégrés, avec quelques exceptions pour au moins deux modèles qui utilisent un flash électronique externe.

A cela, et toujours selon les bureaux d’études des pays de production, on peut ajouter des différences stylistiques. Ainsi, les Instamatic non jamais reçu de protection alors que les Ektra en ont reçue une, sous forme de la poignée, qui se repliait sur l’appareil. Sa fonction était donc double : protéger le boitier et proposer une prise assurant une meilleure tenue en mains pour capturer des photos.

C’est en Allemagne et en Angleterre que ces détails ont été ajouté, parfois copié par les USA, comme pour cet appareil en particulier.

Dans l’évolution des modèles, on peut retenir aussi le passage à des appareils avec télé, en fait une lentille qui vient se placer devant le viseur et l’objectif (comme sur les Agfamatic Pocket) ; des vitesses qui évoluent, couplées à des objectifs plus ou moins lumineux ; puis l’adjonction de cellule au CdS. Il y eut même un modèle muni d’un télémètre et d’une cellule (Pocket Instamatic 60, 1972 -1976).

Bien souvent des Pocket Instamatic se superposent dans les périodes de vente et ils ne se suivent pas forcement en terme de fonctionnalités : ainsi il y eut un Tele-Ektralite 40 (1979 – 1981) qui proposait un objectif ouvrant de f5,6 à f22 avec des vitesses de 1/100s et 1/500s (USA) mais sans cellule alors que le Tele-Ektralite 600 (1980 – 1982) pourrait être considéré comme un successeur car il possédait lui une cellule au CdS mais avec un objectif beaucoup moins clair car ouvrant de f8 à f22 et avec des vitesses limitées au 1/125s et 1/250s (USA aussi).

Difficile de trouver une logique, s’il y en a une.

Ne boudons pas notre plaisir, et voyons ce que ce Pocket Tele-EKTRALITE 600 nous propose …

Présentation de l’appareil.

Comme ses homologues de chez Agfa, les Tele-Ektralite ont un parfum de nostalgie car eux aussi ont été offert en cadeaux pour chaque occasion de la vie : anniversaire, fêtes de fin d’année, communion, réussite scolaire, départ en vacances, etc., même si ce modèle était considéré comme un haut de gamme.

Faciles à utiliser, discrets et éminemment portables, ils étaient de toutes les poches et donc de toutes les sorties. Même les films ne prenaient pas de place et on en avait bien toujours deux ou trois sur soi, en poche ou dans le sac à main (car ils étaient limités à 12 ou 24 poses maximum). Ceux qui possédaient un flash intégré simplifiait encore la prise de photo et réduisait l’encombrement au maximum.

Considérons ce qui fait la spécificité de cet appareil.

Tout d’abord, sa poignée qui, lorsqu’elle est replié, forme une coque protectrice et, lorsqu’elle est dépliée, assure un maintient intéressant de l’appareil. Une belle idée en fait.

On pourrait objecter qu’il est bien plus grand que l’Agfamatic 3008. C’est vrai mais n’oublions pas qu’il ne faut pas y ajouter un flash puisqu’il est intégré. On peut toutefois toujours le placer dans une poche ou un sac, sans difficulté.

Outre ce flash, bien utile, parlons de ses autres équipements.

Tout d’abord, son objectif : de base, c’est un Reomar de 22mm qui ouvre à f8 constant. Etant donné la taille du film, il est l’équivalent d’un 40mm en 24×36. Mais, grâce à une lentille qui coulisse devant le viseur et l’objectif, on passe à un 44mm (soit un 88mm ou un mini-télé). Petite particularité, que l’on découvre et faisant glisser le curseur et en regardant dans le viseur : il y a en fait 5 choix lorsque l’on est en position Tele, où l’on voit un indicateur glisser sur des pictogrammes allant de portrait à paysage. Si vous repassez en position normal, la barre des pictogrammes à disparu.

Nous n’allons pas quitter le viseur mais en passant par le … déclencheur. Celui-ci m’a fait penser, la couleur en moins, au Sensor des Agfa : une légère cuvette autour du déclencheur incite le doigt à appuyer sur un minuscule bouton orange niché au centre. Lorsque vous visez une scène, en appuyant légèrement sur le bouton, vous verrez dans le viseur une diode verte s’allumer si la photo est possible sans flash et si elle est rouge, c’est que la lumière n’est pas suffisante. En laissant votre doigt appuyé 3 secondes sur le déclencheur, le flash va s’activer automatiquement et la diode repasser au vert lorsque vous pourrez déclencher. Malin.

Vue rapprochée du boîtier noir de l'appareil photo Kodak Tele-Ektralite 600, avec objectif et interrupteur visibles, posé sur une surface près d'un clavier.

Ce flash a un nombre guide de 14 pour 100Asa, ce qui est plus puissant que sur les autres Ektralite (NG10).

Enfin, pour en terminer avec le viseur, disons encore qu’il est collimaté avec lignes pour correction de la parallaxe mais seulement en mode portrait, c’est-à-dire l’appareil maintenu à la verticale.

L’appareil possède aussi une cellule au CdS comme je le soulignais plus haut. C’est elle qui analyse la lumière et règle la vitesse d’obturation, l’ouverture étant toujours fixée à f8. La cellule (près du logo de la marque) est alimentée par une pile de 9v, utilisée aussi pour le flash. Le voltage est assez inhabituel.

Petite publicité de 1982.

Page publicitaire présentant plusieurs modèles d'appareils photo Kodak des années 1980, y compris le Kodak Ektralite 600, avec descriptions et prix.

Pour ouvrir la chambre, il faut pousser la porte, qui sert aussi de compteur de vue, vers la gauche sur +/- 2mm et soulever celle-ci. La cassette contenant le film se pose dans la chambre, que l’on referme en refaisant glisser la porte sur la droite cette fois. Lorsque celui-ci est dans la chambre, il faut armer plusieurs fois, avec le petit curseur sous l’appareil, jusqu’à ce que le chiffre 1 apparaisse sur le papier du film. Vous êtes prêt pour votre première photo.

En fin de film, pas de rembobinage ici mais vous continuez à armer l’appareil jusqu’à ce que vous sentiez que le film passe intégralement dans la cartouche de gauche (fenêtre noire). Il suffit d’ouvrir à nouveau la porte et de recharger une nouvelle cassette de 110. Petit truc quand même, placez le film terminé dans la pochette de celui qui le remplace ou dans un endroit à l’abri de la lumière vive pour éviter les (mauvaises) surprises.

Pour une idée des capacités de l’appareil, c’est par ICI.

Que penser de cet appareil ?

Encore une fois, ce n’est pas le plus petit des appareil qui utilise le format 110, sans être le plus grand (voir le Gracia 505 XLR), mais il a l’avantage du flash intégré, plus simple d’usage.

Sa poignée est un petit plus indéniable pour bien le tenir, sans trop bouger lors des prises de vue. D’autant qu’il est assez lourd pour un miniature.

Ses trois avantages, à mon avis, sont la cellule CdS, le passage du normal au télé, le flash intégré. De quoi voir venir sans trop de soucis.

La littérature est peu nombreuse sur ces appareils, produits eux aussi par millions pourtant. Je n’ai ainsi pas pu déterminer en quelle matière était fait l’objectif (plastique, verre, mixe des deux comme chez Agfa ?).

Ceci étant, il semble que la qualité des images ne soit pas mauvaise (voir lien ci-dessus).

Toujours est-il que c’est là un boitier assez complet, pas trop encombrant, facile d’usage, que l’on peut acquérir pour des prix très raisonnables (entre 5 et 15€) ou trouver gratuitement dans les tiroirs de ses parents ou grands-parents, oncles, tantes (faites donc le tour de la famille).

Une autre manière de découvrir le format 110 sans se ruiner car il vous laissera assez de sous que pour acheter des pellicules chez Lomography.

Bon amusement.

Vidéo d’illustration.

Un peu de technique.

  • Kodak Tele-Ektralite 600
  • Produit entre : 1980 – 1982 (USA)
  • Objectif : Reomar de 22mm et 44mm (avec ajout d’une lentille devant l’objectif) ouvrant à f8
  • Type de film : cartouche de 110
  • Taille de l’image : 13 x 17 mm
  • Vitesses de 1/125 et 1/250s
  • Cellule au CdS, alimentée par pile de 9v
  • Flash intégré de NG14 pour 100Iso

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-686-Kodak_Tele-Ektralite%20600.html, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Tele-Ektralite_600, https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co8208496/, https://kodak.3106.net/index.php?p=211&cam=1071, en anglais.

Argentique

Le Beauty Super L

Préambule.

C’est bien sur une brocante que j’ai trouvé ce bel appareil, mais je ne me souviens plus de laquelle car cela fait un moment que je devais vous le présenter, comme d’autres d’ailleurs, qui attendent sagement.

Là j’ai craqué parce que le boitier était magnifique et sa gaine en cuir mérite juste un bon nettoyage et un brin de baume pour cuir pour retrouver tout son éclat.

Et, de plus, j’avais le sentiment que ce n’était pas un appareil très courant car c’était bien la première fois que je voyais ce modèle.

Mais commençons par le début …

Un peu d’histoire.

La société Taiyodo, de Tokyo, a eu une idée originale pour lancer ses premiers appareils photo : elle a fait paraître dans le Ars Caméra (un magazine japonais pour les amateurs de photographie) une petite annonce singulière. En effet, elle s’engageait à échanger des appareils usagés contre un appareil de qualité. Nous étions en 1946.

Source : heyjohnbear. La première publicité connue de Camera Taiyodo, écrite en chinois traditionnel
(appareil photo en japonais), et trouvée dans les numéros de janvier et juillet 1946 du magazine Ars Camera. Cette coupure de presse indique
Achetez à un prix élevé, appareil photo de haute qualité et Échange bienvenu.

Si au début l’entreprise vendait des appareils d’occasion, à partir de 1948, installée à l’arrière du magasin, elle commence à fabriquer ses premiers boitiers sous le nom de Taiyodo Koki KK.

Il me faut faire un aparté ici. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le Japon est vaincu et occupé par les américains (430.000 soldats), des anglais du Commonwealth (40.000 soldats) et des milliers de contractants, civils, pour la reconstruction du pays. Pays exsangue qui peine, comme tous les pays au sortir de la guerre, à reprendre un rythme de vie à peu près normale. De plus, les conditions dictées par les vainqueurs sont drastiques pour les produits fabriqués. Par exemple, les appareils photo devaient être vendus aux troupes d’occupation avant toutes ventes aux citoyens, qui se voyaient eux en plus taxé à 120% du prix. Dès lors, les quelques appareils que les Japonais pouvaient encore s’acheter – et ce n’était pas une priorité à l’époque – étaient ces fameux subminiatures dont vous ait présenté un exemple, le Hit.

Le premier produit fut le Meteor, un tout petit appareil qui utilisait le film 17,5mm, qui sera suivit ensuite par un Vestkam, un Epochs et un Beauty 14

Ces petits appareils étaient construits sérieusement et très bien finis, avec un viseur intégré dans un long capot, un gros bouton pour l’avance du film, offrant un design élégant. Le dos s’ouvre sur charnière, après avoir fait coulisser une languette, sur la tranche. Le plan film est légèrement incurvé pour corriger les aberrations de l’objectif. La bobine porte un film de 17,5mm pour un négatif de 10 poses de 14x14mm.

Ces subminiatures, très simples (mise au point et ouverture fixes), étaient de ce fait les seuls vraiment abordables pour les Japonais. Toutefois, les occupants, et les américains en tête, ont massivement exporté ces minuscules boitiers, qu’ils trouvaient amusants et sont souvent devenus des cadeaux, voire des appareils offerts comme jouets alors qu’ils étaient pleinement fonctionnels.

Je vous encourage vraiment à relire l’article sur le HIT déjà évoqué, l’explication sur les films et leur histoire y est relatée.

Parallèlement à ces subminiatures, Taiyodo lance le Spy 16 et le Beauty 16, des appareils qui utilisent eux le film en 16mm. Encore un film réduit en taille. Comme les films du Météor ou du Hit, il est découpé dans une pellicule de 24x36mm. Economie, économie …

Puis il lance (1950) le Beauty Six, un TLR , tout comme le Beautyflex. Notons que c’est à cette époque que la majorité des boitiers vont s’appeler Beauty : Beauty Flex, Beautycord, Beautyflex & Beauty (6×6 TLR), Reflex Beauty (reflex 6×6 – 1954), Beauty 35 (viseur 35mm – 1955), Beauty Super 35 & Canter Beauty (télémètres 35mm – 1955).

Comme vous le découvrez, la firme élargit sa gamme : des appareils en 24x36mm, en 6x6cm (film en bobine de 120) ; des fix-focus, des télémétriques, des TLR (bis-objectifs), des SLR (réflex), finalement une gamme complète.

Taiyodo Koki, en plus de vendre ses propres appareils, fabriquait des boitiers pour Miller Outcalt (Santa Monica) un détaillant d’appareils et équipement photographique, pour le géant de la vente par correspondance américain, Montgomery Ward (Chicago) et pour la United States Camera Corporation ; pour la SCL canadienne, ainsi que pour Fodor, le grand détaillant néerlandais par lequel 99% de la production japonaise est entrée en Europe.

Mi 1957, la société change de nom et s’appelle désormais Beauty Camera KK, vraisemblablement pour faire correspondre son nom à celui de ses produits, qui se vendent bien.

Mais revenons à notre Beauty, en version en 35mm. Sorti en 1955, il sera un des premiers appareils photo à proposer un levier d’armement qui fait avancer le film et arme l’obturateur (seul le Minolta A est antérieur).

Cet appareil possède un viseur fixe (sans télémètre), un bloc objectif/obturateur fixé à la carrosserie. L’objectif est un 45mm ouvrant à f2,8 ; l’obturateur, un NKS-FB Prontor (avec des vitesses de 1 sec., 1/2, 1/5, 1/10, 1/25, 1/50, 1/100, 1/300, +B).

Pour la petite histoire, il sera rebadgé en Milo 35 pour Miller Outcalt (le vendeur de Santa Monica), en Ward 35 pour Montgomery Ward (Chicago) et en Gen 35 pour la vente au Canada. Pour compliquer encore un peu les choses (amis collectionneurs, je suis de tout cœur avec vous !), selon les appellations, il existent de nombreuses variantes au niveau des lentilles, des obturateurs et de détails cosmétiques.

Source : heyjohnbear. Les 4 logos des différentes variantes sur un même thème.

Le Super 35 sera le premier boitier équipé d’un télémètre couplé produit par Taiyodo Koki en 1956 -57. Le terme Super, parfois réduit au S, était régulièrement utilisé par les fabricants allemands dans les années 50 pour désigner les boitiers équipés d’un télémètre. C’est clairement un développement du modèle 35.

Ce Super 35, premier du nom proposait un objectif Canter de 45mm ouvrant à f2,8, une construction à 5 éléments. Le diaphragme, constitué de 10 pales, se fermait à f16.

Et comme faire simple semble bien compliqué, le premier modèle avait un obturateur Copal proposant une vitesse maximale de 1/300s mais la firme a lancé en même temps deux autres modèles presque identiques si ce ne sont des détails cosmétiques et dont l’un avait un obturateur avec une vitesse maximale de 1/500s.

Enfin, en 1958 -59, apparait le Beauty Super L. C’est toujours un télémétrique couplé mais il introduit un élément nouveau, un posemètre intégré. Et cette fois, c’est la Beauty Camera Company qui est le maître d’œuvre de ces nouveaux appareils, qui rompent aussi avec le design de leurs prédécesseurs.

Présentation du Beauty Super L (ou Beauty Varicon SL).

Comme je l’écrivais en préambule, ce qui m’avait attiré vers ce boitier, c’était son côté singulier. Même si, en y regardant de plus près, on a une impression de déjà vu : un Contax, un Kiev 4, un Yashica, … ?

Non, car il fut un des premiers à posséder une cellule, non couplée. C’est une cellule au sélénium (fabriquée par Seiko Electric Industries, le fabricant des posemètres modernes Sekonic) avec un couvercle à rabat, coupé d’une petite fente au milieu. En cas de forte lumière, on laisse le rabat fermé et en cas de faible lumière, on le relève, en appuyant sur le petit bouton sur le côté. Un système simple mais toujours utile pour protéger ces cellules, car celle de cet exemplaire fonctionne toujours.

A l’origine, il pouvait être vendu avec un amplificateur, c’est-à-dire une cellule au sélénium supplémentaire, que l’on enfiche sur le boitier quand on veut augmenter la sensibilité de la cellule mère, notamment en cas de très faible lumière.

Ce qui explique que la lecture de l’échelle de lumière travaille sur 3 points : high (haute), low (basse) et amplified (amplifiée). Il y a encore des repères de compensation d’exposition en cas d’utilisation de filtre jaune (+1 arrêt) ou orange (+2 arrêts). Les sensibilités de film sont comprises entre 6 et 800Asa. N’oublions pas qu’à l’époque, les films étaient relativement peu sensibles.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo Beauty Super L, mettant en évidence le posemètre et les réglages d'exposition.

Le réglage de l’exposition se fait avec le système LV (light value = valeur de lumination), comme sur les Yashica Minister III (1966) et Minister D (1964).

L’objectif est un Canter-S de 45mm ouvrant à f1,9 jusque f16. Il est en 6 éléments et 4 groupes, traité au Lanthanum.

Appareil photo Beauty Super L avec objectif Canter-S de 45mm, exposant un design vintage en métal sur fond flou.

L’obturateur est un Copal SVL (ou MXV selon des publicités et le mode d’emploi) donnant les vitesses de 1s à 1/500s, plus pose B. La synchronisation du flash sur X se fait à toutes les vitesses ; en cas d’utilisation de flash à ampoules et selon le type d’ampoules (M ou F), la synchro se fait entre 1s et 1/60s. Il faut toujours bien vérifier sur quelle lettre la tirette du flash est positionnée – M ou X – pour éviter des déboires et aussi parce qu’en position M, on ne peut pas faire démarrer le retardateur de 10s (tirette sous l’objectif). La griffe du flash est dite froide puisqu’il n’y a pas de contact. Une prise coaxiale est sous l’objectif, pour brancher le flash.

Le réglage de la distance se fait avec le gros bouton fixé à la bague des distances. Il vous permet de voir nettement le patch carré orangé au centre du viseur pour effectuer la mise au point, via le télémètre.

Pour la vitesse et l’ouverture, comme je le précisais ici au dessus, on travaille avec le système LV, soit indice de lumination. Selon la lecture du posemètre, vous trouvez un numéro, que vous notez sur le barillet de l’objectif via la bague de réglage LV, qui est couplée à l’ouverture et modifie la vitesse selon la combinaison LV : LV 13 = 1/60s + f11 ou 1/30s + f8 ou encore 1/15s + f11.

Cette méthode permet de modifier en une fois la vitesse et l’ouverture, selon l’indice de lumière reçue. On peut évidemment débrayer le système et revenir à un réglage tout manuel.

Pour charger un film dans la chambre, il suffit de tirer sur la languette du verrou, sur la tranche gauche, et le dos pivote sur sa charnière. Lorsque l’on arrive au terme de sa bobine, il suffit d’appuyer sur le petit bouton sur la semelle et de rembobiner le film avec la manivelle. Du classique.

Le viseur, large et clair, est collimaté avec lignes pour la correction de la parallaxe. La base du télémètre est assez courte (+/- 4cm) mais il reste précis et facile à régler.

Le compteur de vue se remet à zéro lorsque l’on ouvre le dos de l’appareil.

Vue détaillée du haut d'un appareil photo vintage, montrant les mécanismes de réglage de l'exposition et de l'obturateur.

Un filetage pour un trépied se trouve aussi en dessous, au milieu de la semelle.

Vue de face d'un appareil photo vintage Beauty Super L, avec un design minimaliste et un objectif Canter de 45mm, sur un fond de bureau avec un clavier et un écran d'ordinateur.

L’appareil est tout en métal et offre une bonne tenue en mains.

Si le sac tout près qui l’accompagne porte une lanière, deux broches permettent d’en fixer une directement sur l’appareil si besoin. Ce genre de sac est toujours un avantage pour bien protéger le boitier.

Que penser de l’appareil ?

Franchement, je le trouve beau. De ces appareils faits pour durer et près de 70 ans plus tard, il fonctionne toujours parfaitement (bien que sur cet exemplaire, il faille régler le télémètre).

Il est lourd (767gr) et rassurant. Sa seule faiblesse est la cellule au sélénium, qui va s’épuiser (même si celle de cet exemplaire est toujours active). Ce qui n’empêchera pas l’appareil de toujours fonctionner, il vous faudra juste prendre une cellule à main.

Si ce boitier peut se trouver aux USA, il est extrêmement rare en Europe.

C’est donc une belle pièce, qui ravira le collectionneur.

Mais c’est avant tout le témoin d’une industrie qui, exsangue, s’est montrée inventive et qui a misé sur l’ingéniosité et la qualité pour se relever, notamment dans le domaine des appareils photos.

S’il est vrai que de nombreux modèles japonais ont été copiés sur ce que l’Allemagne a produit de mieux, ils ont su rapidement s’en éloigner pour créer leurs propres produits et, nous connaissons maintenant l’histoire, ravir la première place dans un marché très concurrentiel.

Au tournant des années septante, le Japon avait remporté tous les marchés du reflex, des fix-focus, des télémétriques et des moyens formats. En Europe, quelques rares marques, dont Leica, Hasselblad, Rolleiflex, par exemple, tentaient de résister, en faisant d’autres choix.

En tout cas, je suis content d’avoir trouvé ce beau Beauty Super L.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

  • Beauty Super L, aussi appelé Berauty Varicon SL, Japon, 1958 -59
  • Objectif couplé Canter-S 45mm ouvrant à f1.9 – f16 avec 6 éléments en 4 groupes, traité au Lanthanum
  • Réglages de l’objectif sur l’échelle de la valeur lumineuse (EV) : réglage EV effectué avec la bague avant adaptée aux bagues d’ouverture et de vitesse d’obturation.
  • Obturateur Copal-SVL, vitesses de 1s à 1/500s, plus pose B ; synchro flash à toutes les vitesses (X), de 1s à 1/60s pour les flashs à ampoules M ou F, griffe froide, prise coaxiale
  • Posemètre au sélénium Seiko non couplé, intégré à l’échelle EV, avec cellule de rappel au sélénium amovible montée sur des broches au-dessus du panneau avant droit. Le compteur a été indexé pour les lectures en haute ou basse lumière et pour les lectures avec cellule d’appoint.

Des références.

https://vintagecameralab.com/beauty-super-l/, https://camera-wiki.org/wiki/Beauty_Super_L, https://heyjohnbear.wixsite.com/taiyodo/beauty-super-l, https://collectiblend.com/Cameras/Taiyodo-Koki/Beauty-Super-L.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Beauty_Super_L, https://collectiblend.com/forum/viewtopic.php?f=5&t=4394, https://en.wikipedia.org/wiki/Camera_Taiy%C5%8Dd%C5%8D, https://camera-wiki.org/wiki/Taiy%C5%8Dd%C5%8D, https://heyjohnbear.wixsite.com/taiyodo en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10424-Beauty_Super%20L.html, en français.

Argentique

L’Agfamatic 3008 Pocket, discret et efficace

Préambule.

Ce petit pocket, c’est une histoire un peu folle : sur une brocante, je le vois posé sur une table et je le prends en mains pour voir s’il fonctionne encore. La dame qui tient le stand me regarde faire et puis me dit, gentiment, si vous le voulez, vous pouvez le prendre car un monsieur vient de me dire que ça ne valait plus rien car on ne trouve plus de film à mettre dedans !

Sapristi me dis-je, en voilà encore un qui sait de quoi il parle ! Tout d’abord, j’informe la dame que c’est faux et que Lomography a repris la production et la distribution de ces films (depuis 2012), qui se trouvent donc assez aisément chez certains distributeurs et en tout cas via Internet. Je lui raconte même que ladite firme reproduit des appareils dans ce format mais à des prix, disons, costauds.

L’ai-je convaincue ? Toujours est-il qu’elle me remercie et insiste pour que je le prenne, gracieusement, car elle a l’impression qu’au moins j’en ferai bon usage.

L’ayant remerciée, je respecte son vœux et vous présente donc ce petit boitier sympathique qui fit plus d’un heureux dans les années quatre-vingt.

Un peu d’histoire.

En 1963, Kodak réinvente le film et le chargement de celui-ci dans les appareils photo : il insère une cartouche de 24x36mm dans une enveloppe scellée de plastique et l’on dépose le tout dans les appareils conçus expressément pour les recevoir, les Kodak Instamatic. C’est la cartouche de 126.

Une cartouche de film 126 de la marque Solaris, utilisée pour les appareils photo vintage.

Ce fut un succès colossal même si la qualité intrinsèque des images étaient loin d’être aussi précises que si vous les aviez captées avec un appareil compact 24×36 classique.

En cause ? La cartouche n’autorisait pas de placer un presse – film pour assurer la planéité de celui-ci et l’absence de trous multiples pour entrainer la pellicule n’assurait pas une tension régulière (il n’y avait qu’un seul trou pour l’avance).

Mais ces petit appareils, ultra simples, compacts, rendaient la photo accessible même aux enfants, avec des résultats suffisants comme souvenirs de vacances, souvent. Les albums photo de vos parents ou grands-parents en contiennent surement.

Kodak a vendu des millions d’appareil, dont certains un peu plus sophistiqués que d’autres dans la gamme. Devant ce succès, d’autres marques, comme Agfa, ont payé la licence à Kodak pour pouvoir produire leur propre gamme, elle aussi simplifiée mais vendue par millions. Enfin, quelques marques historiques comme Canon, Minolta, Fuji, Rollei, … ont aussi sorti des appareils utilisant ce format (la fameuse cassette de 126) mais en s’attachant à fournir des appareils parfois de très grande qualité (avec cellule, des objectifs en verre, etc.).

Presque 10 ans plus tard (1972), rebelote, Kodak lance un nouveau film en cassette, réduite de moitié cette fois, le format 110. On garde les mêmes défauts et on y ajoute la nécessité d’agrandissement de ce tout petit format de 13x17mm.

Les Kodak Instamatic Pocket sont nés en même temps et l’histoire se répète : d’autres marques paient à Kodak la licence pour exploiter le format du film dans leurs propres appareils photo, dont Agfa qui introduit là aussi son fameux déclencheur Sensor et le système Repitomatic (vous pouvez charger l’appareil et ne pas déclencher sans perdre d’image). Les grandes marques citées précédemment vont encore une fois essayer de se démarquer en fabricant des tout petits appareils utilisant la cartouche de 110 mais avec une meilleure qualité de photo (voir quelques articles sur le site, comme le Voigtländer Vitoret 110 EL, le Rollei A110, le Minolta 110 Zoom, par exemple).

Tout comme la cartouche de 126, celle de 110 permet des appareils de taille réduite et si la qualité n’est pas toujours au top, elle permet d’emporter partout avec soi un appareil guère plus gros, souvent, qu’un paquet de cigarette (mais moins nocif pour la santé). Les vacances restent le terrain de jeux favoris des pocket, mais aussi toutes les manifestations festives. Là encore, on en offrira des dizaines de milliers comme cadeaux de fin d’année, de fin de cursus scolaire, d’anniversaire, de communion, …

Abandonnons un peu Kodak pour nous concentrer sur Agfa, le grand rival.

Le site de Collection-appareils reprend la gamme des appareils Agfamatic, je ne vais donc pas refaire leur travail mais vous encourager à aller le voir.

Sachez que la gamme s’inaugure avec l’Agfamatic 1000 en 1974 et se terminera en 1983 avec le Traveller. Des évolutions discrètes enrichiront la gamme mais, il faut bien l’avouer je pense, souvent on reprend de vieux modèles et un petit lifting cosmétique suffit à lui attribuer une nouvelle référence sans avoir révolutionné l’appareil. Parfois, une petite avancée technique justifie-t-elle mieux le changement de nom.

Ainsi, l’Agfamatic 3008 du jour n’est autre qu’un Agfamatic 3000 auquel on a ajouté un autre type de flash.

Pour y voir plus clair, disons que l’on peut subdiviser les modèles Agfa en familles : la famille des 1000 est celle des appareils avec des connecteurs pour Flashcube ; celle de 8 utilise les mêmes appareils mais cette fois muni d’un connecteur pour Flipflash. Attention, ça se complexifie : dans la famille des 1000, s’ils ont un flash intégré, ce sont des Flash Pocket, tandis que dans la famille des 8, s’ils sont munis d’un téléobjectif, ce sont des Télé Pocket et s’ils sont munis d’un objectif qui fait aussi macro, des Macro Pocket. Et puis il y a une exception, le 901, qui possède un moteur et sera donc très compact.

Bref, l’histoire se termine au seuil des années nonante pour la plupart des marques, chassé par les APS-C argentique puis par l’avancée du numérique et de ses compacts.

Fin des années nonante, Kodak, en pleine tourmente financière, abandonne le format 110, puis se sera le tour de Fujifilm en 2009. Mais Lomography reprend le flambeau en 2012 et relance la vente de ces films, la fantaisie en plus.

Alors oui, le format 110 existe toujours et il offre encore des possibilités de photographies amusantes, même au temps du numérique.

Présentation de l’Agfamatic 3008 Pocket.

Comme je l’écrivais un peu plus haut, le recyclage était de mise chez Agfa. Ainsi, le 3000 qui a servi de base au 3008, ressemblait au 2000, qui ressemblait au 1000 … mais en plus performant : l’exposition se règle avec 4 pictogrammes météos, chacun de ces pictogrammes donnant un couple vitesse/ouverture et possède un objectif plus lumineux, un Apotar Couleur de 26mm à 3 lentilles (en verre et résine) ouvrant à f6,3 jusque 16.

L’utilisation d’un flash est assuré par un Cubeflash.

Appareil photo Agfa Agfamatic 3000 Pocket avec Flashbar, en haut un film pour appareil photo.

Pour le 3008, on reprend la même formule : un objectif Apotar Couleur de 26mm à 3 lentilles ouvrant à f6,3 jusque f16 ; les 4 pictogrammes météo qui donne un couple vitesse/ouverture : 1/50s à f6,3 ou 1/100s à f6,3, ou 1/100s à f9,5 ou 1/100s à f15 et un connecteur flash pour FlipFlash.

Un appareil photo Agfamatic 3008 Pocket avec un module de flash monté sur le dessus, posé sur un fond de couleur orange.

Petit aparté concernant le Flip-flash. Avant lui, il existait un petit flash carré, appelé Magic-cube, qui proposait 4 lampes flashs, à jeter. Le Flip-Flash lui en propose 2 x 4 (il suffit de retourner la plaquette) dans un format très fin et qui ne nécessite pas de pile. Outre sa plus grande capacité, son autre avantage est de présenter les éclairs plus haut qu’avec le Magic-Cube et donc assure une meilleure illumination du sujet, ce qui permet d’éviter l’effet yeux rouges lorsqu’on réalise un portrait.

Vue rapprochée de l'appareil photo Agfamatic 3008 Pocket, mettant en avant le logo et l'objectif Color Apotar.

Le 3008 bénéficie aussi du système de chargement/armement appelé par Agfa Repitomatic et que l’on doit au génial inventeur Alfred Winkler (1976): ce système permet, en un seul mouvement coulissant d’une moitié de l’appareil photo, de faire avancer le film d’une image, d’ouvrir le protège objectif, d’armer l’obturateur et, s’il en est équipé, de faire tourner le flash. L’appareil reste en position ouverte le temps de la prise de vue puis vous pouvez le refermer et le bloquer par un loquet coulissant ou refaire la manœuvre pour la photo suivant.

Comme les autres appareils, il est équipé de la grosse pastille orange, le déclencheur Sensor, une autre belle invention destinée elle a éviter le flou de bougé. Lorsque vous regardez ce disque, vous constatez qu’il est au milieu d’un cercle, une collerette de 0,7mm de haut, qui n’a d’autre but que d’amener votre doigt au centre du disque orange, en plastique (un disque de 16mm) qui se trouve au-dessus du bouton proprement dit. La course est très courte (0.5mm) et il suffit d’une force de 300gr sur le disque pour déclencher l’appareil. Cette pastille orange sera non seulement un signe de reconnaissance mais aussi un argument publicitaire puissant.

Vue du dessus de l'Agfamatic 3008 Pocket, mettant en avant le bouton de déclenchement et les réglages de l'exposition.

Petite publicité de 1975 pour des appareils au format 110. Vous pouvez y lire les spécifications de chacun et comparer les prix (en francs français)

Une page de catalogue présentant divers appareils photo, incluant des modèles Agfa et Kodak, avec des descriptions techniques et des prix.

Source : Collection-appareils. Photo-Odéon 1975. Une petite idée des forces en présence à l’époque.

Dans le coffret de présentation, vous trouviez donc l’appareil, une dragonne en métal très à la mode en ce temps-là, un film, un mode d’emploi et, selon le coffret acheté, soit un FlipFlash ou un module Lux 234 que l’on branchait sur le connecteur du flash.

Appareil photo Agfamatic 3008 Pocket accompagné de son emballage, de documents et d'un flash, sur un fond texturé.
Cette image ne vous rappelle rien ? Il y en eut tellement, offerts comme cadeau pour toutes les circonstances de la vie …

Très simple d’emploi, ce petit appareil a eu beaucoup de succès. N’importe qui pouvait s’en servir, à la limite même sans le mode d’emploi. Vous pouviez le glisser dans n’importe quelle poche et le sortir au bon moment.

Que penser de cet appareil ?

Ce sont des appareils photo que l’on trouve facilement en brocante/braderie, chez les vide-grenier, Emmaüs et dans de nombreux tiroirs ou greniers.

Pour les plus jeunes qui ont envie de découvrir les joies du format 110, je dirais que la chasse est ouverte. Il n’est pas nécessaire de se tourner vers les appareils plus sophistiqués pour lesquels j’ai écrits quelques mots ci-dessus mais dans la gamme Agfamatic, je conseillerais de rester dans la famille des 8, justement à partir du 3008 jusqu’au 6008 et les Optima.

Vous savez que je fustige souvent les prix pratiqués notamment par Lomography pour ses nouveaux appareils au format 110. Car vous pourrez trouver facilement et à des prix bien plus décents, des 110 encore en pleine forme et qui n’attendent que vous.

Mais beau joueur, le site Lomography présente quelques photos prises avec cet appareil ICI, d’autant plus la plupart de ces images sont captées sur pellicule … Lomography !

Ceci étant dit, à une époque où le vintage gagne du terrain, voici un moyen amusant de se replonger dans les années septante et quatre-vingt.

Cela vous tente-t-il ?

Vidéo d’illustration

Un peu de technique.

  • Appareil photo de poche
  • Agfa, Allemagne
  • Film photographique format 110
  • Format négatif 13x17mm
  • Transport de films manuel
  • Contrôle de l’exposition manuel par pictogrammes météo
  • Objectif fixe Couleur Apotar de 27mm ouvrant à f6,5
  • Obturateur avec vitesses de 1/50s et 1/100s
  • Déclencheur de type Sensor
  • Sécurité de fermeture
  • Pas d’avancement du film si armement sans déclenchement, système Repitomatic
  • Flash via Flashbar ou module flash Agfamatic Lux 234
  • Période de production à partir de 1975

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-95-Agfa_Agfamatic%203008%20Pocket.html, https://dutchthrift.com/fr/blogs/gear/agfa-agfamatic-pocket-3008-vintage-fun-for-2025, https://www.mes-appareils-photos.fr/Agfamatic-3008.htm en français ; https://kameramuseum.de/objekte/agfa-agfamatic-3008-pocket-sensor/, en allemand ; https://www.submin.com/110/collection/agfa110/cameras/3008.htm, en anglais