L' Atelier de Jean-Pascal, passionné de photographie et de peinture
Catégorie : Argentique
Le monde de l’argentique est riche de tant de modèles différents, du minuscule Minox au moyen format, sans parler des chambres, que je n’ai pas (encore) pu utiliser. Il y a des reflex, des télémétriques, des compacts, des pockets, des appareils instantanés, bref, de quoi découvrir et s’amuser.
Ah, je vous l’ai déjà écris ailleurs, les brocantes du 1er mai à Namur et Haversin furent riches en découvertes.
C’est à Namur que j’ai trouvé, dans une belle housse, cet étonnant Olympus Superzoom 110 Multi AF.
S’il fait partie de la catégorie des compacts, disons que celle-ci est assez … large (lui aussi d’ailleurs).
Un premier point d’attention, c’est la mention Weather Proof sur le sticker. Ça ne veut toujours pas dire que vous pouvez plonger à l’eau avec lui mais qu’une belle « drache » nationale ne lui fera pas peur (drache = averse soutenue en Belgique), ni un saut dans la poudreuse, ni de se perdre dans le sable d’une plage. Bref, vous avez compris l’idée, il n’a pas peur de se mouiller : il est prévu pour soutenir de mauvais traitements.
Partons à sa découverte …
En l’absence d’un mode d’emploi, j’essaie toujours de comprendre comment fonctionne un appareil. Je trouve que ça donne une bonne estimation de la facilité d’utilisation.
Là pour le compte, j’ai failli abandonner : je ne trouvais pas comment l’allumer ! Et puis, un peu par hasard, je fais coulisser l’espèce d’ergot près du flash, où il est noté « ON » et là, tout s’anime …
On va pouvoir commencer.
L’Olympus Superzoom 110 s’appelle Olympus OZ 110 Zoom au Japon et SuperZoom 3000 (Infinity SuperZoom 3000) de l’autre côté de l’Atlantique.
Paru en 1992, l’appareil était proposé en deux versions dont l’une avec dos dateur (mais les dates s’arrêtent en 2020, ce qui était déjà un exploit).
Comme souvent dans ces années-là, l’Olympus Superzoom 110 est tout automatique : du chargement du film à son avancement, à la prise en charge de la lumière, l’ouverture, la vitesse, le flash. Mais il le fait bien.
L’objectif « Olympus Lens Zoom » est composé de 10 éléments répartis en 8 groupes. c’est un fameux morceau quand il est déployé. Il offre des focales du 38 au 110mm, variant de f3,8 à f8,1. Son autofocus est efficace à défaut d’être très rapide mais il est relativement silencieux. La distance minimale pour la mise au point est de 60cm.
Au niveau des vitesses, qu’il sélectionne lui-même selon les circonstance de prise de vue, elles s’échelonnent de 2s à 1/500s. Il propose aussi un retardateur de 12 secondes.
Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a des programmes pour affiner vos envies de prise de vue.
Ceux-ci sont choisis grâce à la grosse molette, qu’on actionne du pouce. Les modes apparaissent dans l’écran LCD
Parmi ces programmes :
le Spot qui fait la mise au point et la mesure d’exposition sur le centre de l’image,
le Zoom automatique : la tête et les épaules du sujet remplissent l’image. La caméra effectue un zoom automatiquement pour ce cadrage.
Scène de nuit pour les photos de nuit évidemment. Ce mode peut être combiné avec les quatre modes flash différents.
AF-P qui effectue automatiquement la mise au point sur un sujet en mouvement.
Infini : la mise au point est fixée sur l’infini automatiquement. Ce mode est utile pour les photos de paysages.
Double-exposure, pour pouvoir faire des surimpressions
Pour charger l’appareil, il suffit de faire glisser le curseur sur la tranche et le dos s’ouvre. Vous glissez la cartouche dans la chambre et tirez l’amorce jusqu’au trait puis refermez l’appareil. Celui-ci va lire le codage DX pour régler la sensibilité des films de 50 à 3200 Iso (pas de réglage manuel possible) et charger le film jusqu’à la première image. A défaut de codage sur la cartouche, par défaut l’appareil règle la sensibilité à 100 Iso.
Puisque tout est automatisé, il faut de l’énergie, assurée ici par deux piles CR123A.
En poussant le levier qui sert à activer l’appareil, on découvre le flash intégré. Celui-ci à une portée de 60cm à 5,9m pour 100 Iso. Comme indiqué un peu plus haut, le flash possède 4 modes différents : automatique, réduction des yeux rouges, flash d’ambiance (fill-in) et débrayé.
Je notais un peu plus haut que l’appareil possédait un retardateur de 12 secondes mais on pouvait aussi lui adjoindre une commande à infra-rouge pour déclencher à distance.
Le viseur est clair et comme tous ceux de cette génération, peu informatif (d’ailleurs tout est automatique). Il possède toutefois les marques utiles pour corriger la parallaxe et deux diodes, à côté du viseur, renseignent si le flash est ok et si la mise au point est fixée. Notons aussi la correction de dioptrie, toujours bien venue.
Sur la photo ci-dessus, à travers la fenêtre du dos, vous pouvez voir le film installé dans l’appareil.
Petit avantage de cet Olympu SuperZoom 110, lorsque vous remettez des piles dedans, le compteur de vue redémarre à la photo en cours. Appréciable quand il y a un moment que vous ne vous en êtes pas servi.
Ce appareil est un « ultra compact 38-110 zoom » de sa génération, c’est-à-dire pas si compact que ça !
Sa forme, plus allongée que haute, ne le rend pas très facile à tenir en mains et on a vite fait, en essayant de bien placer ses doigts sur la petite poignée devant, d’appuyer sur le levier de mise en route et de … l’éteindre.
Tout en plastique, c’est pourtant un appareil assez lourd. Surtout si on le compare avec les compacts de la génération suivante.
Enfin, lorsque l’on déploie le zoom, il est vraiment long et semble fragile (voir la video ci-dessous).
Reste que pour son époque, cet Olympus SuperZoom 110 était un bon appareil. La marque nous avait habitué à des boitiers efficaces et bien construits, celui-ci ne déroge pas à la règle.
Pour ma part, je trouve simplement qu’il fait un peu « dépassé » par son design et il l’est aussi dans ses performances, comparés à la génération suivante (mais là, c’est normal sinon pourquoi proposer de nouveaux modèles !).
Reste que c’est un appareil bien conçu et son petit plus indéniable est le traitement « tous temps » dont il bénéficie.
Si vous en trouvez un, ne le négociez pas à plus de 15€, en très bon état.
Spécifications techniques de la caméraAttributeSpecification Type de caméraCaméra instantanée Format de film35mm Transport de filmAutomatique Mécanisme de transport du filmMoteur Format d’image24 mm x 36 mm Distance focale38 mm – 110 mm Plus grande ouverturef/3,8 Distance de mise au point minimale60 cm / 1,968 ft Fonction zoomOui FocusAutofocus Temps d’exposition1/500 seconde à 2 secondes PosemètreOui Vitesses de film prises en chargeISO 50 à 3200 Auto DXYOui Modes d’expositionProgramme automatique Paramètres d’exposition manuelsNon Impression de la dateVariante du modèle Fonction double et/ou exposition multipleNon FlashFlash intégré Portée du flash0,6 Mètre – 5,9 Mètre Modes de flashFlash d’appoint, Réduction des yeux rouges Support pour trépiedOui Filetage de dégagement du câbleNon RetardateurOui Alimentation2x piles CR123A Dimensions13,3 x 6,8 x 5,6 cm Dimensions en pouces5,24 x 2,68 x 2,20 pouces Poids305 grammes Noms sur d’autres marchésJapon : Olympus OZ 110 Zoom, États-Unis : Olympus SuperZoom 3000, États-Unis : Olympus Infinity SuperZoom 3000
Ah, parfois je craque pour de petits appareils improbables parce que du fonds de la caisse dans laquelle ils croupissent, ils me font des signes désespérés …
Celui-ci, je devinais à peine ses beaux boutons fluo sous la poussière, alors j’ai décidé de l’emporter.
Après un bon nettoyage en profondeur, il est déjà plus présentable.
S’il a existé en noir, il a été décliné dans des couleurs pétillantes. Konica répétait sans doute la recette qui avait si bien fonctionné avec le Konica Pop, lui aussi mis à toutes les couleurs pour autant qu’elles soient vives.
Malgré les apparences, et c’est souvent le cas, ce petit appareil qui ressemble à un gros galet, n’est pas si anodin qu’il n’y parait.
Tout d’abord, c’était lui la vedette sur le stand Konica au Salon de Paris, en 1992 (une autre très bonne année).
Avec ses visuels multicolores, on ne pouvait de toute manière pas le rater.
Le département marketing de la marque a bien fait son travail et bien définit sa cible : les plus jeunes qui cherchent un appareil gai, les amateurs qui cherchent un appareil facile à utiliser.
Bref, pour l’époque, une histoire bien rodée. Mais ce n’est pas tout car la cerise sur le déclencheur, c’est le traitement « weather + proof » du boitier. Non seulement, il est marrant, mais résistant et on peut le sortir où on veut, quand on veut.
Sa forme arrondie, sa compacité, son poids plume (230gr avec la pile) le rendent agréable à prendre en mains. L’ergonomie est bien étudiée parce qu’il se cale bien dans la paume de votre main et naturellement, le majeur et l’annulaire se positionnent dans le petit creux, en bas alors que le pouce trouve sa place sur les stries à l’arrière. L’index trouve le chemin du déclencheur avec facilité tandis que le pouce, encore lui, n’aura aucun mal à faire tourner la grosse molette de réarmement. A l’autre extrémité, un léger rebord sous la lampe flash vous incite à ne pas mettre un doigt devant, ça gâche ses effets.
C’est un appareil pensé pour être simple d’utilisation : réglage des ISO manuellement (100 – 200 – 400), flash électronique avec rappel dans le viseur.
Un mot pour ce viseur : il est clair et large avec des lignes de cadre bien définies et même des repères pour la correction de la parallaxe. De part et d’autre de celui-ci, une diode pour indiquer si on est en sous-exposition et une autre pour indiquer que le flash est prêt à servir.
Comme c’est un « fix-focus », pas de réglage distance mais la quasi certitude d’être bon d’environ 1m à l’infini avec son 35mm Konica ouvrant à f4 en 4 éléments.
Il n’y a pas de réglage de la vitesse, qui est fixée au 1/125s une fois pour toute.
Ici comme sur le Haking Compact SC que je vous présentais récemment, il y a un embryon de système de mesure, composé d’un « posemètre » au CdS et d’un circuit élémentaire qui mesure simplement un seuil de luminance minimale en dessous duquel la plage de latitude du film couleur négatif ne peut plus vous sauver.
N’oublions pas que l’ouverture est réglée lors de la sélection de la sensibilité du film. Le « sensor » ensuite ne fait que vous signaler qu’il y a risque de sous exposition via la diode rouge.
Il y a bien une pile pour alimenter l’appareil, une simple AA d’1,5v, mais elle fournit l’énergie utile pour les diodes et le flash. Ce qui veut dire aussi que vous pouvez toujours utiliser le Jump sans pile ou avec une pile vide.
En résumé, après avoir réglé la sensibilité du film et armé le boîtier (indispensable pour réaliser la mesure), composez et appuyez légèrement sur le déclencheur. Si la luminosité de la scène et la plage de latitude d’exposition du film sont suffisantes pour réaliser une exposition correcte, rien ne se passe. Appuyez ensuite complètement sur le bouton de déverrouillage pour exposer l’image. Le laboratoire fera le reste …
Sinon la LED rouge placée à droite de l’oculaire s’allume. N’insistez pas, il faut relâcher la pression et mettre en route le flash électronique.
Il faut alors faire pivoter le levier du flash pour le mettre en branle. Environ 7secondes plus tard, la diode de pleine charge vous confirme qu’il est prêt. Il suffit d’appuyer à fonds sur le déclencheur et la photo est prise.
La puissance de l’éclair étant ce qu’elle est, assurez-vous que votre sujet soit entre 1m et 3,5m environ sinon l’effet du flash sera très limitée, vous vous en doutez.
Attention, la profondeur de champ sera plus faible qu’en lumière naturelle lorsque vous faites appel au flash :
La valeur d’ouverture est réglée manuellement lors de l’affichage de la sensibilité, — f8 pour 100 ISO ; — f11 pour 200 ISO ; — f16 pour 400 ISO. Ces valeurs sont converties automatiquement lors de l’utilisation du flash électronique en : — f4 pour 100 ISO (f/8 courte distance) ; — f6 pour 200 ISO (f/11 courte distance) ; — f8 pour 400 ISO (f/16 courte distance).
Venons-en maintenant au traitement particulier de ce petit boitier sympathique : Weather + proof.
Puisqu’il a été prévu pour les plus jeunes et les autres, il a été conçu pour résister aux aléas des plaines de jeux, les camps scouts, aux vacances à la plage, aux sports d’hiver, aux aventures dans les désert, … bref un peu partout où l’on est susceptible d’embarquer un appareil photo solide.
Pour cela, le Jump est équipé de joints partout où c’est utile et nécessaire :
joints plats pour le compartiment de la batterie et le couvercle arrière
joints en caoutchouc scellés autour des commandes, c’est-à-dire la molette d’armement, la manivelle de rembobinage, le sélecteur de sensibilité, le levier du flash, le déclencheur.
Il réponds à la norme JIS classe 4 de la norme C0920 (protection contre les éclaboussures). La norme précise : « aucun préjudice en raison de la pulvérisation d’un taux de 10 L par minute par mètre carré pendant une période de 5 minutes au moins, dans une surface de pulvérisation placée entre 300 et 500 mm de l’objet. »
Concrètement, cela veut dire que :
si vous le laissez tomber dans un mètre d’eau et que vous l’extrayez immédiatement de ce fichu trou, que vous le séchez rapidement, il ne subira pas de dommages
si vous vous plantez dans la neige fraîche et que grâce à ses couleurs vives vous le retrouvez rapidement, en le séchant vite, il ne subira pas de dommages
si malgré tous vos efforts, il est plein de boue, vous pouvez soit le tremper dans une dizaine de centimètres d’eau propre en le secouant un peu ou le passer sous un robinet sans trop de pression. Il suffit ensuite de le sécher rapidement.
Tout ceci suppose évidemment qu’il n’y ait pas de saleté sur les joints sinon ça fonctionne moins bien ! Vérifiez donc toujours qu’ils soient propres et en bon état.
Si jamais vous éprouviez des difficultés pour l’ouvrir (gros changements de pression ou de température par exemple), ouvrez d’abord le compartiment de la batterie avant le dos de l’appareil, ça aide.
Au fait, pour ouvrir la chambre, il faut juste soulever la bobine de rembobinage, qui libère le verrou.
Puisque cet appareil à une bonne trentaine d’année, pensez à vérifier la mousse autour de la fenêtre qui permet de voir si un film est dans la chambre.
Lorsque le dos s’ouvre, le compteur de vue se réinitialise à zéro. Puisque vous venez de placer un nouveau film dans la chambre, en glissant l’amorce dans les fentes de la bobine réceptrice, armez et déclenchez une fois pour vérifier que la pellicule est bien accrochée. Refermez le dos et procédez encore à deux déclenchements : le compteur de vue passe de S au chiffre un. Vous voilà prêt pour de nouvelles prises de vue et d’autres aventures.
C’est typiquement un de ces petits appareils bien pensés et bien fabriqués des années nonante : il ne va pas vous bluffer par des performances hors norme mais il ne vous décevra pas non plus et saura vous sauver la mise dans des situations où vous n’oseriez pas sortir votre beau réflex.
Question prix, soyons réaliste : je l’ai vu pendant mes recherches pour cet article à 90 et même 169€.
Ok, il est marrant, résistant, sympathique mais limité dans ses performances : ne dépensez pas plus de 25€ pour un bel exemplaire propre et en bon état (joints à vérifier).
Et pour vos prochaines vacances un peu sportives, vous pourrez compter sur lui.
Petite video d’illustration
Un peu de technique :
Konica Jump (1992) Objectif : 35mm ouvrant à f4 Mise au point : Fixe Film : 35mm Vitesse d’obturation : 1/125 sec Sensibilité : à régler manuellement 100 – 200 – 400 Asa Modes de prises de vues : Automatique Avancement du film : Manuel Flash : flash intégré Alimentation : 1x AA Poids : Environ 400g avec une pile et un film de 36 vues Dimensions : 140 x 88 x 66 mm
Encore un petit appareil résolument différent et qui m’ a fait de l’œil tant sa forme et son fonctionnement sont originaux.
Reste que la marque me surprend : Haking, serait-ce le nom d’un importateur anglais ou américain ? Non, il semble bien que ce soit la marque elle-même.
Mais qui est Haking ? J’ai en fait encore un ou deux appareils de cette marque à vous soumettre alors il est temps de voir qui se cache sous ce nom.
C’est le Docteur Haking Wong qui l’a créée à Hong-Kong. Fils d’un riche Chinois établi en Thaïlande, il regagne Hong-Kong pour terminer ses études. A la fin de celles-ci, il se lance dans le caoutchouc et finalement fabrique des millions de chaussures de sport.
Curieux de tout et attentif aux développement des nouvelles technologies, il s’intéresse aux plastiques (il fut le plus grand fabricant de brosse à dent du monde !), au textile et … à l’électronique balbutiante.
En 1956, il s’associe à Pauline Chan et se lance dans l’optique de précision avec notamment des jumelles réputées, puis dans l’industrie de la photographie, qui nous intéresse.
S’il visait la production d’appareils abordables, il s’est quand même attaché à apporter des améliorations aux obturateurs, aux prismes et au revêtement des lentilles. Il s’est essentiellement tourné vers les appareils en 135 puis en 110, équipés de flashs électroniques intégrés, souvent fabriqués en plastiques avec une couleur grise un peu particulière et un revêtement en « pointe de diamant ».
Sa capacité de production fit trembler l’Allemagne et même le Japon, alors pays de la technologie. Hong-Kong, Taïwan et Macao prenaient leur place parmi les plus grands constructeurs de jumelles, caméras et télescope au monde.
Haking s’est même offert le luxe de racheter Ansco, le constructeur américain d’appareils photographiques.
C’est sous les marques Haking, Halina et Ansco que seront distribués leurs produits, qui seront ensuite parfois re-badgés par des importateurs comme Foto-Quelle (Revue).
Ainsi notre Haking Compact SC s’appelle aussi Halina Micro 35 ou Revue 35 FC, mais encore Ansco 2000 Micro 35 et Miranda 35ME. Ouf !
Mais pourquoi m’a-t-il intrigué ?
Disons que de prime abord il a un petit quelque chose de « déjà vu ». Je pense au Cosina CX-2, voire au vrai Lomo LC-A (inspiré du premier si vous vous en souvenez).
Ici pas la peine d’essayer de tourner le cache pour découvrir l’objectif ou de trouver une tirette en dessous, non, il faut … armer l’appareil pour découvrir le viseur et l’objectif. Particulier mais efficace car ce simple geste met aussi le boitier sous tension.
Une fois découvert, on constate que l’objectif est un 38mm ouvrant à f3,5, un fix-focus (pas de réglage de la distance). La mise au point minimale se situe à environ 1m (close-up avec le flash). Mais comptons plutôt sur 3m pour éviter les mauvaises surprises sans flash.
Petite particularité, cet appareil possède bien un posemètre (sensibilité de 21 à 27Din) mais en fait, le boitier sélectionne simplement une ouverture fixe en fonction de la sensibilité du film. Vous pouvez choisir entre 100, 200 et 400 ISO grâce au curseur sur le côté droit de l’objectif. Et la vitesse unique est fixé à 1/125s .
Les piles ne servent que pour le flash qui peut être ou non activé et pour le posemètre. Et aussi les diodes dans le viseur.
Un mot d’ailleurs à propose du viseur : de type Galilée, il ne contient aucune information sauf ces deux diodes qui est rouge si on est en sous exposition ou verte si celle-ci est bonne. Et les marques du cadre ainsi que la correction de la parallaxe. Mais il est assez clair et large.
Le flash finalement est le plus sophistiqué puisqu’il bénéficie d’un « sensor » qui le déclenche automatiquement s’il manque de lumière. On peut le débrayer via le petit bouton en bas, à gauche du bloc objectif.
Ce drôle d’engin est sortir au début des années quatre-vingt (1982). Dans sa version Haking il était gris mais dans les autres marques il sera aussi noir, rouge, jaune, bleu et vert
Voilà, voilà, …
Ce n’est pas un appareil qui révolutionne la photographie, nous sommes d’accord.
Mais, comme je l’écrivais en préambule, il est suffisamment original que pour être retenu.
Ce n’est pas non plus un appareil courant mais si vous en trouvez un, ne dépensez pas plus de 20€, ses fonctions sont limitées. Le prix de sa différence en somme.
Spécifications techniques :
Objectif 38 mm f/3,5 Lentilles entièrement revêtues à 3 éléments en 3 groupes Vitesse d’obturation unique à 1/125 sec. Réglage automatique de l’ouverture en fonction de la sélection de la sensibilité du film Charge et utilisation automatique du flash Mise au point fixe Viseur à vue directe 2 piles AAA pour le flash taille: 111 x 69 x 49 mm poids : 230 grammes
Voilà un chouette petit appareil, surtout dans sa belle robe noire. J’en ai souvent eu un exemplaire dans un sac car il est idéal pour la photo de rue.
Mais commençons par le début …
A mon goût, Yashica, tout comme Minolta, sont un peu les parents pauvres de la photographie argentique, sans doute ont-ils eu le tort de disparaître trop tôt.
Un peu d’histoire pour nous rafraichir la mémoire :
Au début la firme s’appelait Yashima, un nom dérivé de Yoshihama qui est l’ensemble des huit îles que compte le Japon. C’était en 1949.
Ensuite, elle s’appellera Yashinon. Un nom que vous connaissez si vous avez déjà eu un Yashica en main, car c’est la dénomination de la majorité de ses optiques. Ce nom sera gardé d’ailleurs pour cette partie des activités de la firme, qui était en outre sa spécialité.
Ce n’est qu’en 1958 que le nom évoluera encore pour devenir Yashica.
Si l’optique était donc la spécialité de la marque (comme avant elle Nikon et Nicca pour rester au Japon), elle produira d’abord des 6×6 et des 4×4 inspirés des Rolleiflex.
Tant qu’à s’inspirer des productions allemandes, lorsque Yashica sort son premier télémétrique à objectif fixe, le 35 tout court, il est inspiré du Contax. Ce premier appareil est l’aïeul d’une longue lignée qui fera la réputation de la marque.
Pourtant, ils voudraient bien aussi proposer des télémétriques à objectifs interchangeables, encore très à la mode. Yashica va alors racheter la firme Nicca parce qu’elle fabrique de très belles copies de Leica en monture LTM 39 à viser.
Le Nicca est souvent proposé avec des optiques Nikon, mais rappelons que Yashica est aussi spécialiste en optique. Ils vont donc confier la construction des boitiers dans l’usine Nicca et assurer celle des optiques.
C’est grâce à cette association que sera produit le tout premier Yashica télémétrique à objectif interchangeable, le Yashica YE. Basé sur le Nicca 3F type II, s’il est excellent, il sera très cher à produire et à vendre dès lors.
Pour corriger le tir et réduire les coûts de production afin de lutter contre les produits de Canon et Nikon, Yashica sort le YF, toujours en collaboration avec Nicca. Mais si l’appareil est performant, son télémètre est jugé trop petit et pas à la hauteur des autres possibilités du boitier.
Source : fghphoto, à gauche le YE et à droite le YF.
Le YF sera le dernier télémétrique à objectif interchangeable de la marque, qui a aussi compris que ce type d’appareil devient dépassé, le reflex prenant toute la place. Nous sommes en 1959 et Nikon vient de lancer une fameuse pierre dans la marre avec son fabuleux F.
Car au niveau des reflex, Yashica ne s’en tire pas si mal, notamment parce qu’il a privilégié la monture à vis M42, assez universelle pour ses appareils.
Pourtant, après son rachat par Kyocera en 1983, la situation empire. Les appareils photos perdent leur nom de Yashica pour devenir des Kyocera. Heu, à l’origine Kyocera était spécialisé dans les céramiques industrielles et donc inconnue du monde de la photo.
La production des appareils photos cessera en 2005, malgré quelques tentatives très maladroites de relancer la marque d’origine, malmenée, car si l’entreprise n’existe plus depuis un bon moment, seuls les droits relatifs à son nom demeurent et passent de mains en mains.
Via un passage par Kickstarter, un obscur groupe basé à Hong Kong tente de relancer le mythique Electro 35 en … numérique.
Je vous laisse lire l’article paru sur Les Numériques à son sujet que je résume par « une belle arnaque » mais qui met définitivement la marque Yashica hors jeu !
Triste fin.
Mais revenons à des périodes plus honorables et à notre Yashica MG-1.
Pourtant, quand on le regarde on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit là d’un amalgame. Comme si Yashica avait voulu terminer un stock de pièces. De fait, le boitier est grand, presque trop grand, dense (620gr) et on l’a muni d’un objectif moins performant, toujours un 45mm mais ouvrant à f2,8 (pour mémoire, les Electro 35 avaient tous un 45mm ouvrant à f1,7).
Clairement ils ont voulu produire un appareil moins cher, qui ne ferait pas de l’ombre à leur nouveau Electro GSN/GTN, qui possède un boitier un peu plus petit ou à l’Electro 35 GX qui a un boitier encore plus compact et regagne un objectif digne des anciens de 40mm ouvrant à f1,7.
Si vous êtes attentif, vous remarquerez que ce boitier ne porte pas le mot « Electro » dans son nom.
Pourtant, lorsque Yahsica l’a présenté en 1975, il le déclinait comme le successeur de sa série Electro 35. Ah, le marketing, quel menteur !
Que nous propose, in fine, ce boitier assez sympathique au final ?
Tout d’abord c’est donc un télémétrique couplé automatique à objectif fixe qui propose une priorité à l’ouverture. C’est déjà un bon point.
Ensuite, son objectif, un Yashinon de 45mm qui ouvre à f2,8 en 4 éléments et 3 groupes. La mise au point minimale est d’environ 1mètre et puis jusque l’infini. Pourquoi un f2,8 et pas les habituels f1,7 ? Pour réduire les coûts de fabrication, tout simplement. Ceci étant, cet objectif ne démérite pas.
La cellule, au CdS, est placée au dessus de l’objectif. Yashica l’appelait le Top Eye. Ce qui implique que si vous placez un filtre devant ce dernier, la cellule en tient compte. Au fait, le diamètre est de 55mm.
On règle la sensibilité de la cellule avec le petit levier sur le fut, de 25 à 800Iso.
Les distances se règlent avec le télémètre, couplé. Vous, vous réglez l’ouverture en fonction du sujet et de l’ambiance, soit en utilisant les valeur d’ouvertures (de f2,8 à f16) ou via les symboles sur le fut (soleil, nuage, intérieur/sombre).
L’obturateur, un Copal, est à commande électronique qui offre des vitesses de 2s à 1/500s. Sur le capot, vous voyez deux diodes : la jaune (slow) averti d’une vitesse inférieure au 1/30s et la rouge (over) une surexposition. S’il n’y a rien, vous pouvez prendre la photo sans corrections. Ses lumières sont présentes dans le viseur, sous forme de flèches et c’est la seule indication que vous y trouverez.
Le flash dispose de deux modes : le X qui règle la vitesse au 1/30s ou une position automatique où la synchro est à toutes les vitesses (merci l’obturateur central).
Notons aussi la position L (lock) pour pouvoir verrouiller le déclencheur. Parfois bien utile dans le sac quand l’appareil est armé.
Que pourrait-on lui reprocher ?
Sa taille encore conséquente. Son poids (620gr) qui distant les poches légères.
Sa pile, une pile au mercure heureusement interdite mais d’une taille qui n’existe plus de nos jours va demander quelques bricolages, faciles.
Il existe des adaptateurs sur Ebay, par exemples. Mais si vous fixez 4 LR44 avec du gaffer et que vous ajoutez un petit ressort large et souple par dessous le montage, vous avez le même résultat pour pas grand chose. Personnellement, j’entourais les 4LR44 (ou SR44) dans un carton léger, puis un tour de gaffer pour que ça tienne bien, un bout de ressort trouvé dans ma boîte à bricoles et le tour était joué. Jamais eu de problèmes !
Il n’a pas beaucoup d’infos dans le viseur mais il est au rapport 1:1 et très lumineux.
Il est « tout » automatique pour les vitesses que vous ne pouvez pas directement contrôler.
Mais il est fabriqué tout en métal alors que le plastique va bientôt tout envahir. Sa stabilité, grâce à son poids et sa taille, justement, qui le rendent aisé à prendre en mains et que « l’on sent bien ».
Sa cellule, bien positionnée et plus moderne, donne un meilleur système d’exposition.
A l’époque où il est sorti, le public plébiscitait ces appareils pour lesquels les réglages étaient simplifiés au maximum. Et de nos jours, soyons honnête, ces réglages simplifiés nous aident parfois bien. Si l’on veut pouvoir tout maitriser, on achète un Lynx 5000 ou un Lynx 14.
La seule indication dans le viseur sont les flèches jaune ou rouge qui signalent une sous ou une sur exposition. Elles s’allument quand vous appuyez à mi-course sur le déclencheur. C’est pratique car il suffit de tourner la bague d’ouvertures pour modifier celle-ci et en voir le résultat dans le viseur : quant les flèches s’éteignent, c’est que vous êtes bon.
Le levier d’armement est un régal de douceur et de souplesse. Avec un peu d’entrainement, tenant le boitier à la main avec une dragonne, vous savez l’armer d’une main. Utile en Street photography.
Il y fait encore merveille grâce à la discrétion de son déclenchement : à peine un petit clic très discret.
Cet appareil sera construit de 1975 à 1980. Et si l’on tient compte de tous les Electro 35 depuis 1966 jusqu’à cette date, plus de huit millions d’appareils seront fabriqués.
Que penser de cet appareil ?
Il a existé en noir et argent et tout noir. Vous me connaissez, je trouve toujours les noirs plus beaux mais c’est subjectif.
C’est un chouette compagnon de balade, qui donne entière satisfaction dans quasi toutes les conditions de prises de vue.
Agréable à manipuler, vous en viendrez vite à oublier son poids, surtout si vous utilisez une dragonne ou une lanière tour de cou confortable.
Au niveau prix, si vous en trouvez un en très bon état avec son « sac tout prêt », comptez environ 40€. Il ne va pas vous ruiner.
Petites videos d’illustration :
Des exemples de photographies prises avec cet appareil ICI, LA.
Yashica MG-1 produit de 1975 à 1980. Objectif Yashinon f/2.8 Objectif 45 mm, quatre éléments en trois groupes.
Obturateur à commande électronique avec vitesses variables en continu de 1/500 sec. à environ 2 secondes, avec retardateur intégré (+/- 10s)
Griffe flash avec contact X. La vitesse d’obturation se règle automatiquement à 1/30 sec. lorsque le levier automatique est sur le réglage du flash.
Viseur avec cadre lumineux avec marques de correction de parallaxe, indication d’exposition avec des flèches jaunes et rouges.
Posemètre au CdS « Top-Eye » entièrement automatique : la vitesse d’obturation est réglée automatiquement grâce à la présélection du symbole d’exposition (ouverture de l’objectif)
Sensibilité de 25 à 800 Asa
Avancement du film avec le levier d’avance du film à action unique qui arme l’obturateur.
Batterie Une batterie au mercure de 5,6 V (Eveready E164, UCAR E 164, Mallory PX32 ou équivalent.) que l’on remplace avec un petit bricolage par 4LR44.
Voici un appareil singulier, qui a tout de suite retenu mon attention.
Son apparence particulière m’a attiré et souvent, qui dit « apparence particulière », dit aussi histoire à raconter.
Aussi bizarre que cela paraisse cet appareil a été conçu par un allemand, Heinz Kilfitt. Cet ingénieur fut aussi le père du célèbre Berning Robot (1930) et d’un reflex très compact au début des années cinquante, le Mecaflex (fabriqué par Metz Apparatefabik) et de quelques objectifs, ce qui était finalement sa seconde spécialité car il créa la Kilfitt Optische Fabrik à Munich en 1964.
C’est sur base d’un prototype Kilfitt 6×6 et son univers composé d’objectifs différents et interchangeables, qui sera montré lors du « Popular Photography » de 1952, que sera construit, en 1956, le Fujita 66.
Le Fujita 66 est donc un reflex mono objectif, à objectif interchangeable, au format 6×6. Il aura son petit succès car il était une alternative économique à d’autres marques prestigieuses … et chères.
Pour l’anecdote, le modèle original porte son nom en lettres manuscrites sur la plaque signalétique. Plus tard, les lettres seront en majuscules. Cet exemplaire est donc un des premiers.
Cet appareil à l’aspect si particulier fait partie des hommages car il est issu de la collection pour laquelle j’ai écris quelques articles déjà.
Comme il était abordable et de qualité, quelques versions du Fujita 66 fabriquées par Fujita Optical Company ont également été rebaptisées Kalimar Reflex, Kalimar Six Sixty, Soligor 66, Haco 66 et Fodor 66SL. De quoi ravir les collectionneurs.
En fait, dès la fin 1962, Fujita Kogaku a arrêté la production d’appareils photo sous sa propre marque mais a continué à fabriquer les appareils photo de la série Kalimar, du nom de l’importateur américain, qui, comme d’autres, a re-badgé quelques appareils qu’il importait et vendait.
Il est aussi contemporain de l’Exakta 66 et des premiers Hasselblad 1000F. Sa construction est plus simple et pourtant, il ne démérite pas.
Voyons cela de plus près.
Sa taille d’abord, plus proche d’un TLR de style Rolleiflex ou Yashica D que d’un Hasselblad et du Exakta 66.
Sa technique ensuite, résumée ici :
Pas de miroir à retour instantané (sauf à la fin sous la dénomination Kalimar Six Sixty)
Obturateur à plan focal en tissu relativement silencieux de 1/25s jusqu’au 1/500s
Objectifs interchangeables – monture à vis, pas de diaphragme automatique mais à preset
Distances focales de 52 mm (la plus large en 1957) jusqu’à 300 mm
Pas de chargeurs interchangeables
Viseur vertical et écran de visée non interchangeables
Verre de visée à écran de Fresnel (clair)
Pas de manivelle mais un gros bouton d’armement et d’avance du film
Une petite remarque au sujet du 52mm : il s’agissait à l’époque de l’objectif le plus « grand angle » disponible pour un reflex 6×6.
Trois ans après le célèbre Angénieux Retrofocus 35 mm, le 52 mm Kaligar ouvrant à f3,5 était le premier objectif rétrofocus pour moyen format. En plus de permettre une couverture d’angle plus large dans un reflex, la conception rétrofocus a fourni un meilleur éclairage des coins et a rendu possible des ouvertures plus élevées – et elle a ouvert la voie vers l’avenir, car ce concept allait devenir la base du formidable développement du grand angle au cours des deux prochaines décennies.
Des adaptateurs ont été prévu pour monter le Kaligar 52mm sur le Hasselblad 1000F et cette combinaison objectif/adaptateur est un des articles les plus recherché des collectionneurs.
A l’origine, la gamme d’objectifs accompagnant le boitier sera limitée. Elle s’agrandira avec la production du Kalimar. La monture est donc à vis au standard M44.
Nous avions au début un 52mm ouvrant à f3,5et un 80mm ouvrant à f3,5. Puis est apparu un 150mm ouvrant à f4. Ensuite de nouveau un 80mm mais ouvrant à f2,8. Enfin avec le Kalimar Six Sixty, les objectifs Kalimar 240mm ouvrant à f4,5 et 300mm ouvrant à f5,6.
Si je résume la gamme, nous trouverons :
le Fujita 66 (1956),
le Fujita 66 ST (1957) aussi appelé HACO 66, Kalimar Reflex, Soligor 66
puis le Fujita SL (1958) encore appelé Fodor 66 SL, Kalimar Reflex SL qui apporte une vitesse lente de 1/5s
le Fujita SQ qui sera le Kalimar Reflex SQ, un SL qui gagne un miroir à retour instantané (1960)
enfin le Kalimar Six Sixty, le seul modèle avec un viseur à prisme interchangeable et un écran de mise au point avec image à coïncidence
Lorsqu’on le prend en mains, sa taille séduit tout d’abord. Ensuite, on relève le capot du viseur et on plonge dedans. Bon, comme d’habitude, il y a une petite loupe et un viseur dit « sportif » si vous ouvrez la trappe du dessus mais c’est dommage de ne pas utiliser le verre de visée.
Si vous examinez l’appareil de face, tout d’abord on voit l’objectif qui, je le rappelle est à viser (monture M44) et dessous le bouton du déclencheur.
Sur la droite, le gros bouton pour faire avancer le film et qui arme l’obturateur. Sur la plaque métallique, vous voyez encore une prise filetée pour un déclencheur à câble et au dessus, le compteur de vue. Notez que les vitesses sont sur le bouton d’armement.
Petite particularité, pour réinitialiser le compteur de vue, il faut faire glisser une petite tirette sous le mot « set ».
Sur le côté gauche, les deux boutons pour libérer les bobines quand on devra changer de film, une griffe pour flash dite « froide » (pas de contact de synchro dessus) et en dessous une prise PC. La synchro flash se règle avec la tirette sous les lettres FP – X.
Le X synchronise le boitier au 1/25s ou sur la pause B. Sur le FP (focal plan), la synchronisation se fait en rapport avec les ampoules utilisées : au 1/100s – 1/200s et 1/500s l’ampoule brûle en 40 milliseconde (ms) ; au 1/50s, elle brûle en 50ms et au 1/25s, en 70ms. Il faut donc, en cas d’utilisation d’anciens flashs à ampoules bien choisir celles-ci.
Par dessous, quatre petits pieds métalliques, un filetage pour un trépied, le gros loquet pour ouvrir le dos du boitier.
On voit bien ici le large rideau de l’obturateur, en toile.
Ici pas de plastique, du métal et pour envelopper le tout, un simili-cuir qui comme quasi tous les simili-cuir de ces époques, se fait la malle par endroit.
Nous avons fait le tour de ce reflex pas commun.
Comment fonctionne-t-il ?
Après avoir ouvert le dos avec le gros verrou par dessous, vous installez une bobine de 120 dans la chambre. Vous tournez le film jusqu’aux marques de départ alignées aux points rouges. Refermez le dos et vous faites glissez le curseur qui est sous le mot SET pour que la lettre S apparaisse dans le compteur de vue. Encore un tour jusqu’à ce que ça se bloque sur le numéro 1 qui apparait dans la fenêtre.
Vous ouvrez le viseur pour composer votre image. Le réglage se fait avec la bague des distances de l’objectif jusqu’à ce que l’image soit nette dans le viseur. A défaut, l’objectif porte des marques pour composer son image en zone focus (mise au point pré-réglée selon la profondeur de champ). Vous réglez la vitesse et l’ouverture, puis « clic-clac », l’image est dans la boite !
Comme le miroir n’est pas à retour automatique, il faut attendre un moment avant de pouvoir viser à nouveau à travers le dépoli. En fait, un piston actionné par le déclencheur ramène le miroir à sa place. Ingénieux à défaut d’être rapide.
Que penser de cet appareil ? Si vous désirez sortir des sentiers battus, vous avez trouvé l’appareil qui convient. De plus, il est loin d’être ridicule en termes de qualité. Des auteurs que j’ai pu consulter, ils s’accordent tous à dire que les images produites sont d’excellente qualité.
Revers de la médaille : il n’est pas forcément aisé de trouvé les objectifs si vous voulez agrandir votre parc.
Au niveau prix, comptez entre 250 et 350€ pour un très bel exemplaire avec sa gaine (que je ne vous ai pas montrée ici ayant dû recoller un morceau)
Un peu de technique :
Fujita Fujita 66 SL, 1958 par Fujita Optic Co
Objectifs interchangeables en monture M44 (filetage) F.C. Fujita f3,5 de 80 mm, Fujita H.C. f3,5 de 52mm (grand angle)
Comme d’habitude, j’ai trouvé cet appareil sur une brocante.
Souvent j’évite ce type de boitier, car il y en a plein sur les brocante et les vides-greniers, et j’avais l’impression qu’ils n’étaient pas très excitant. Je mets dans la même bain les Dacora Dignette, les Balda, les Bilora Bella et compagnie.
Mais comme vous allez le découvrir avec moi, c’est parfois une erreur, car sous des dehors simplistes, cet appareil est une petite révolution en soi.
L’Optima 1a et son « sac tout prêt » accompagné de la gaine du flash Tully
Plantons le décor, ce sera plus simple pour comprendre.
Agfa utilise le nom Optima, dans les années trente, pour désigner un film au format propriétaire avec un négatif mesurant 7,5 x 10,5cm. Ce film permettait 8 poses mais vous ne pouviez l’utiliser que dans des appareils prévus pour son usage, comme l’Agfa Billy Optima et ses déclinaisons.
Trop particulier, pas assez « universel », ce fut un fiasco. Pourtant, au tournant des années cinquante, Agfa ressort le nom pour des appareils qui utilisent dorénavant du film 135mm (24×36).
Notamment l’Optima 1, un appareil bien construit et innovant. De fait, la gamme Agfa Optima débute en 1959 et perdurera environ 20 ans. Il y aura plus ou moins quarante modèles différents, répartis en 4 séries.
A la suite des Optima I, II et III et les variantes, en 1964 une nouvelle série apparaît, avec un design très inspiré du Silette Record de 1963. Ensuite, en 1966 c’est les Optima Rapid qui utilisent la pellicule Agfa Rapid (tiens, ils refont la même erreur avec une pellicule trop particulière).
En 1969, apparaissent les Agfa Optima Sensor, ceux avec le gros bouton orange au toucher si particulier. Ils seront suivi en 1976 par les Agfa Optima Electronic Sensor, sans oublier un passage par le format 110 avec les Optima Pocket 5000 et 6000 (1974).
La série des Optima est un succès commercial (sauf les Rapid mais on sait pourquoi). Par exemple, la série des Optima I, II, III et IIIs s’est vendue à plus d’un million d’exemplaires en trois ans. Et ce n’était que le début de l’aventure Optima !
Pourquoi ce succès ? Tout simplement parce que les Optima ont été parmi les tous premiers appareils au monde à proposer un contrôle automatique de l’exposition, ce qui simplifiait la vie des photographes amateurs.
L’appareil qui nous intéresse aujourd’hui, l’Optima Ia est le successeur de l’Optima I, qui offrait le réglage de la vitesse en fonction de la sensibilité du film choisi.
L’Optima Ia va plus loin : il est équipé du contrôle automatique de l’exposition.
Introduit sur le marché en 1962 (décidément une bonne année), l’Agfa Optima 1a, encore appelé Agfamatic de l’autre côté de l’Atlantique, a été l’un des premiers appareils photo argentiques 35 mm à mise au point entièrement automatique.
L’appareil utilise une cellule au sélénium qui génère un courant électrique, activé par la lumière, tant pour mesurer le niveau de celle-ci que pour fournir l’énergie nécessaire au réglage automatique de l’ouverture et de la vitesse.
La cellule en nid d’abeille
Voyons ça de plus près …
Ce qui frappe au premier regard, c’est la cellule en nid d’abeille. Elle n’est pas protégée par un clapet. Il est donc fortement conseillé de garder l’appareil dans son « sac tout prêt » pour éviter qu’elle ne s’épuise trop vite.
La partie électrique d’un tel posemètre est un instrument de mesure électromagnétique connecté à l’anode et à la cathode d’une cellule photoélectrique au sélénium qui produit plus ou moins d’énergie électrique lorsqu’elle est exposée à plus ou moins de lumière. Elle n’a pas besoin de pile pour fonctionner mais le système s’épuise avec le temps et le meilleur moyen de le protéger est de garder l’appareil dans le noir s’il n’est pas utilisé.
Ensuite, le déclencheur, en façade : un levier sur lequel il faut appuyer pour déclencher. On s’y habitue rapidement.
Puis le viseur, lumineux, avec des marques pour le cadre et pour la correction de la parallaxe, ainsi que des signaux rouges ou verts qui indiquent si l’exposition est correcte.
Reprenons depuis le début, pour ceux qui découvrent cet appareil.
Le design de l’Optima 1a a changé : le levier d’armement est maintenant sur le dessus, les matériaux utilisés sont plus « économiques » car on remplace le métal par du plastique quand c’est possible. Si l’ensemble reste agréable à l’œil et semble qualitatif, nous ne sommes plus dans les standard des premiers appareils.
L’objectif est un Agfa Color Agnar de 45mm ouvrant à f2,8, traité pour la correction des couleurs et pour lutter contre les reflets. Les auteurs que j’ai pu consulter sont assez unanimes sur la qualité de ce dernier.
On règle la distance avec une bague sur le fut, qui porte des symboles pour simplifier le choix des distances (portrait, groupe, paysage) tandis que la seconde bague règle l’ouverture. Une échelle de réglages des vitesses propose le mode A pour automatique, B pour la pose B (pose longue) et la vitesse synchronisée au 1/30s du flash On peut bien sur débrayer l’automatisme et utiliser les vitesses classiques.
La mise au point minimale est de 1 mètre.
L’obturateur donne les vitesses de 1/30s jusqu’au 1/200s et il fonctionne donc automatiquement lorsque vous appuyez sur le déclencheur. En effet, lorsque l’on est à mi-course sur le déclencheur, un système mécanique règle la valeur d’ouverture et la vitesse correcte à partir de la partie électromécanique du posemètre. Dès lors, un signal rouge apparait dans le viseur si la lumière est insuffisante, ou vert si la combinaison ouverture/vitesse est bonne.
La sensibilité de la cellule est réglable de 10Asa jusque 200Asa. Comme c’est un appareil allemand, vous avez aussi la correspondance en DIN. Il faut une pièce de monnaie pour faire tourner le bouton de réglage.
Pour ouvrir l’appareil, il faut retourner le boitier pour actionner le gros verrou qui libère tout le dos, ce qui facilite la mise en place du film dans la chambre. Les rainures du boitier sont profondes et bien usinées, ce qui devrait assurer une très bonne étanchéité à la lumière. Ne pas oublier de refermer le verrou une fois le film en place.
Petite particularité, le compteur de vue est sur le côté de l’appareil (compacité oblige). Comme il ne se remet pas à zéro automatiquement, vous devrez faire tourner les chiffres du nombre de vue de votre film. C’est un compteur qui « décompte » les photos prises ensuite (vous verrez cela en détail sur la video plus bas).
Sur le capot, une griffe flash qui accepte les flashs électroniques ou ceux à lampe, comme le Tully qui accompagnait cet exemplaire.
C’est un flash assez sophistiqué pour l’époque mais malheureusement inutilisable de nos jours car il fallait y placer une pile au mercure de 15v. Il n’y a pas de correspondance en pile actuelle.
Pour passer en mode flash, il faut tourner la bague sur le fut de l’objectif sur le symbole classique d’un éclair. Dès lors, le boitier passe automatiquement sur le 1/30s, quel que soit le réglage choisi pour l’ouverture.
Si vous tournez la même bague dans l’autre sens, vous vous mettrez sur le mode Bulb, celui des expositions de longue durée. Pour autant que l’appareil soit alors solidement fixé pour éviter les flous de bougé.
Notons que si le déclencheur est en façade, sur le capot il y a une prise filetée pour y fixer un câble de déclenchement, utile surtout pour les poses B.
Vous conviendrez que cet appareil, si simple en apparence, peut apporter beaucoup aux photographes amateurs de l’époque et … de nos jours.
C’est étonnant de trouver dans cet appareil un système qui était vraiment novateur pour l’époque et répondait aux mêmes impératifs que le grand concurrent de l’époque, Kodak : proposer au plus grand nombre un appareil simple, efficace, abordable et de qualité.
Pari tenu pour cet Optima Ia et les suivants ensuite.
Dès lors, je regarde de manière différente ces appareils que, comme je l’écrivais en préambule, autrefois je délaissais.
Au niveau prix, ils restent abordables car ils ont été produit en grande quantité. Comptez environ 40€ maximum pour un très bel exemplaire avec son « sac tout prêt » et fonctionnel. Et paradoxe de notre époque, il est au même prix que les Voigtländer ou Zeiss Ikon autrefois bien plus onéreux.
De quoi photographier différemment avec un appareil qui sort du lot. Il faut oser sortir des sentiers battus.
Petites videos d’illustration :
Des exemples de photographies prises avec cet appareil, LA.
D’habitude, je passe ce type de Polaroid car les films ne sont plus fabriqués et il y en a tant sur les brocantes.
Mais ici, en achetant autre chose, le vendeur à tenu à me l’offrir, je n’allais pas dire non.
C’est un appareil qui fait partie des Colorpack, c’est-à-dire des appareils qui acceptent des films non plus en rouleau mais des packs contenant toute la chimie nécessaire au développement instantané de la photo.
Attention, nous ne sommes pas encore au pack intégral, comme les films SX-70 et 600 qui viendront au début des années septante : la différence fondamentale est que le pack intégral comporte la photo non encore révélée, la chimie et la pile qui fait fonctionner l’appareil alors que les packs 80 et 100 ne contiennent que la photo non encore révélée et la chimie nécessaire, la pile étant dans l’appareil et en l’occurrence ici il y en a deux, des piles AA toutes simples.
Ces piles devaient normalement être suffisantes pour une année de prise de vue. La marque conseillait d’ailleurs de les changer une fois l’an pour éviter toute mauvaise surprise pendant une prise de vue car les piles étant à l’intérieur de l’appareil, vous risquiez de gâcher la pellicule en ouvrant la chambre pour changer les piles.
Les Polaroid Colorpack sont nombreux, je vous invite à aller voir leurs caractéristiques sur Polaroid Passion, qui les regroupe.
Lorsque vous déclipsez le gros ressort sur la tranche de l’appareil, le dos s’ouvre sur la chambre, dans laquelle on plaçait une cartouche de film. En dessous (en bleu), le mécanisme qu’il faut faire basculer pour atteindre les deux piles AA.
Cet appareil pouvait indistinctement utiliser du pack 80 ou du pack 100.
Contrairement aux appareils qui utilisent les packs 600 ou SX-70, il faut ici suivre une « séquence » d’actions pour sortir une photo.
Lorsque l’image est captée, il faut sortir manuellement la photo de la chambre puisque le développement se fait « à l’extérieur ».
Je reviens un instant sur les deux systèmes que j’évoque ici, les films 600/SX-70 et les packs 80 ou 100 :
les films 600/SX-70 contiennent la pile et la chimie utile pour le développement de la photo
les packs 80 et 100 ne contiennent que la chimie utile au développement de l’image
le développement se fait, pour les deux, à l’extérieur de l’appareil
les appareils 600/SX-70 possèdent un moteur qui éjecte la photo une fois celle-ci prise
les appareils Colorpack n’ont pas de moteur. Il faut extraire manuellement la photo de l’appareil en tirant dessus vers l’extérieur
les films 600/SX-70 ont un temps de développement assez régulier et fixe et le temps de développement se fait « à l’oeil » puisque l’image se révèle sous vos yeux,
il faut respecter un temps de développement précis pour les films packs. C’est pourquoi certains appareils, comme ce EE66, possède une minuterie externe qui permet de calculer le temps exact avant de pouvoir séparer la photo de son négatif
avec les films 600/SX-70 il n’y a plus de négatif et la photo apparait rapidement sans devoir « peler » la photo de son support.
De fait, lorsque la photo est prise, vous tirez donc sur la languette qui permet de la sortir de l’appareil. Puis il faut poser la photo sur une plaque dite « froide » et qui se cache au dos de l’appareil. La minuterie, fonction du type de film (couleur ou noir et blanc) et de la température externe va donner un temps T pendant lequel l’image va se développer.
Si cette minuterie est un plus intéressant, elle n’est pas gratuite et vient grossir le prix du boitier. Bon, de nos jours, ça n’a plus grande importance, ils sont tous d’occasion.
Pour mieux comprendre la manœuvre, une petite video explicative est utile :
Ceci étant, nous sommes devant un Polaroid, ce qui veut dire qu’il faut de la lumière et qu’il y a, en tout cas ici, des réglages à respecter en fonction des films utilisés : si vous introduisiez un film couleur, il fallait impérativement régler sur 75 et sur 3000 en cas de film noir et blanc.
Sous le capuchon en plastique transparent, près de la minuterie, le bloc pour fixer un flash cube, qui permettait de prendre 4 vues avant d’être changé.
Notez que la « vitre » en plastique reste devant le flash cube et devient un diffuseur. Malin non ?
Il y a encore le traditionnel réglage plus clair – plus foncé (la molette à côté de l’objectif) et la possibilité de bloquer le déclencheur (utile au prix des photos !).
Petite particularité de ces appareils : le fait de devoir tirer sur la photo pour la faire sortir. Ici en dessous, vous voyez une étrange poignée, repliée. En fait, elle sert à se saisir de l’appareil pour pouvoir mieux tirer sur la languette du film. De toute manière, chez Polaroid, ils ont toujours été très didactiques, il suffit de suivre les images imprimées au dos du boitier.
Ce qui est assez amusant avec ce modèle, c’est le viseur, fixé sur le dessus qui lui donne, je trouve, un côté sympathique. Ceci étant, il est très imprécis car il n’y a pas de cadres à l’intérieur et pas de correction de la parallaxe. Pourtant, situé là haut, ce serait bien utile.
Dernier point, on peut régler la distance de prise de vue, de 1,5m à l’infini. C’est un système de « zone focus » car le viseur ne reflète pas la distance choisie.
Voilà, voilà …
Un appareil simple, qui était le plus sophistiqué de sa gamme mais qui, hélas, n’a plus d’utilité car les films en pack 80 ou 100 deviennent quasi introuvables et/ou à des prix que l’utilisation de cet appareil ne mérite pas.
Comme objet de déco, pourquoi pas . Mais pas plus de 10€ s’il est en parfait état.
Petites infos techniques :
Polaroid EE66, sorti en 1976 – 1977
Utilise films pack 80 ou pack 100
Objectifs à 3 lentilles en verre, 114 mm ouvrant à f9,2, mise au point minimum de 1,5m
Mesure électronique avec cellule, sensibilité de 75 ou 3000 Iso
Vitesses automatiques entre 1/500s et 10 s
Flash via flash-cube
Minuterie
Possède une sangle de transport et une poignée pour tirer le film correctement
Toujours le 1er mai ’23 mais plus à Namur, à Haversin (près de Ciney) pour une seconde grand brocante (oui, oui, nous sommes en forme et les kilomètres s’enchainent).
Une longue table et une dame charmante qui m’explique, alors que je regarde plusieurs appareils exposés, que son mari se sépare d’une partie de sa collection.
Et c’est ce bel exemplaire d’un Voigtländer Vito CSR qui retient mon attention.
Si vous vous en souvenez, je vous ai déjà parlé des Voigtländer Vito, notamment lors de la présentation du Voigtländer Vitomatic IIa, qui en était un dérivé.
Pour simplifier, disons que les Vito était la gamme simplifiée destinée aux photographes amateurs, les Vitessa étaient disponibles avec une sélection élargie d’objectifs principalement fixes pour les amateurs avancés et représentaient le milieu de gamme, tandis que les Prominent étaient des télémètres destinés aux professionnels et représentaient le haut de gamme.
Il y eut aussi chez Voigtländer également une gamme d’appareils photo reflex mono-objectif, le Bessamatic/Ultramatic, mais ne compliquons pas les choses.
Ce qui caractérise ces appareils c’est de posséder un objectif fixe, d’un obturateur central et un dos qui est monté sur charnière.
Pour le reste, souvent chez Voigtländer (et Zeiss Ikon d’ailleurs), sur un même boitier on peut avoir des objectifs et des obturateurs différents, qui expliquent les différences de prix de certains modèles.
Donc, de grâce, Mesdames – Messieurs qui vendez sur les brocantes, quand vous me dites tel prix parce que c’est un Voigtländer (ou un Zeiss Ikon, logé à la même enseigne), faites au moins l’effort de vérifier l’objectif et l’obturateur pour justifier le prix affolant que vous proposez !
Voici un petit tableau récapitulatif :
Le Vito CSR que je vais vous présenter est donc le plus abouti de la gamme Vito avec un télémètre et un posemètre couplés. Le must !
Vous avez peut-être déjà découvert sur le site le Vito CLR qui était l’équivalent de celui-ci mais avec encore une cellule au sélénium. Ici, on garde les bonnes choses et on y ajoute une cellule « moderne » au CdS (pour Sulfure de Cadmium), qui demande maintenant une pile, une PX 625 au mercure aujourd’hui introuvable mais que l’on peut remplacer par une PX 625A.
Fidèle à leur manière de dénommer leur appareil chez Voigtländer, nous avons donc Vito pour la gamme, CS pour la cellule (CdS) et R pour télémètre (rangefinder). Facile non ?
Vous remarquerez que sur ce modèle, on abandonne la semelle qui s’ouvre en deux parties (comme sur le Vitomatic IIa) car il fallait bien placer la pile quelque part (le gros rond noir).
Il faut dire que cet appareil est le dernier de la série des Vito : produit de 1967 à 1971, il était aussi le plus moderne. Notamment, outre la cellule, avec le nouveau design, plus carré que les modèles précédant (et qui se rapproche aussi du Zeiss Ikon, ce qui n’est sans doute pas fortuit, Zeiss ayant racheté Voigtländer à ce moment-là).
Tout ce qui a été écris au sujet du CLR est encore valable ici, en mieux.
La cellule au sélénium est excellente mais elle risque, à terme, de s’épuiser. Ici, il faut juste changer la pile et c’est reparti. Un petit testeur de pile est situé en dessous, près du filetage du trépied. La sensibilité des films est réglable de 12 à 30 DIN (12 à 800 ASA) avec une petite tirette sur le fut de l’objectif.
Par contre, ils ont gardé le très bon obturateur Prontor 500 LK qui offre des vitesses de 1/15s à 1/500s plus une pose B et un retardateur (tirette rouge en dessous).
L’objectif est soit un Color-Skopar, soit un Color-Lanthar, un 50mm toujours, ouvrant à f2,8. Le Lanthar serait un brin moins performant, en coupant les cheveux en quatre.
Il a gardé son fabuleux viseur, très large (1:1) et lumineux dans lequel se reflète la mesure de l’exposition (vue sur le dessus de l’aiguille de la cellule et dans le viseur). Le cadre est fixe, avec correction de la parallaxe.
La fenêtre du télémètre est en forme de losange, qui se répète dans le viseur pour le « patch » de mise au point (à coïncidence).
Image non conforme à gauche et juste à droite.
Il gagne une griffe flash avec synchro au centre. On peut encore utiliser des flashs anciens, à lampe, avec un câble de connexion. Là, la vitesse est de 1/30s tandis qu’avec la synchro X elle est à toutes les vitesses.
Pour charger un film, il faut d’abord faire saillir la molette de rembobinage, avec la petite tirette près du viseur, puis lever le verrou pour ouvrir le dos.
La bobine réceptrice, largement fendue, permet une accroche rapide de l’amorce du film.
Même s’il est relativement compact, cet appareil est « dense » (pas loin des 700gr) et pensé pour photographier rapidement : remarquez le levier d’armement, discret mais diablement efficace.
Tout comme le système de zone focus avec une échelle de profondeur de champ sur le fut de l’objectif, si vous trouvez que le télémètre ce n’est pas assez rapide.
Tant qu’à se simplifier la vie, si vous utilisez les symboles :
Il suffit de faire coïncider les marques rouges sur le fut avec les symboles pour obtenir la meilleure profondeur de champ possible, fonction de l’ouverture choisie.
Il faut faire coïncider les marques en rouge avec le repère noir.
Pour les vitesses, vous pouvez aussi choisir de pré-sélectionner celle-ci en tournant la bague des vitesses jusqu’au repère en triangle : dans ce cas-là, lorsque vous appuyez sur le déclencheur, l’appareil choisit automatiquement une vitesse comprise entre 1/15s et 1/500s. Vous pouvez contrôler si l’ouverture est judicieuse en regardant dans le viseur si l’aiguille se place au milieu de la « griffe », qui bouge avec la bague des vitesses. Pratique.
Juste il faut s’habituer au déclencheur, placé en façade, sur lequel il faut exercer une légère pression, vers le bas. Attention aux vitesses lentes pour éviter les flous de bougé dus au mouvement trop appuyé.
C’est un bel appareil, bien équilibré, aux ajustements parfaits. Même le « sac tout prêt » est réfléchi pour s’ouvrir facilement (attaches en élastique pour le faire glisser vers l’avant).
C’est un appareil moins connu que les autres Vito, plus élaboré aussi mais qui eut en son temps moins de succès car les boitiers japonais raflaient tout sur leur passage, notamment les Canonet, les Yashica Electro 35 ou Lynx, les Minolta.
Pourtant, il n’a pas à rougir face à ceux-là : solide, extrêmement bien construit, il est fabriqué pour durer et donner du plaisir à qui sait s’en servir.
Le seul point noir, rare, c’est le viseur, d’un seul bloc de cristal, qui peut parfois jaunir. Il est impossible de le nettoyer, malheureusement, ce qui assombrit la visée. A moins de tomber sur un autre appareil à phagocyter, il faut s’en contenter.
Sinon, franchement, c’est un appareil à essayer, qui sort de l’ordinaire. Au niveau prix, pour un exemplaire avec son sac tout prêt et en excellent état, vous ne devriez pas dépenser plus de 40€.
Quant je vois que chez Lomography, Kodak, Fuji, Ilford, ils fabriquent des appareils en plastique, basique de chez basique et qui coutent deux fois le prix, je ne vois pas pourquoi cet appareil n’aurait pas sa chance !
Là c’est le type de petit appareil que j’aime bien : petit, léger, élégant, simple d’utilisation et suffisamment performant que pour avoir envie de les emporter partout.
Ici pas de chichis, du simple, de l’éprouvé, du fiable : un viseur efficace, un objectif de 38mm ouvrant à f2,7 à 4 éléments en 3 groupes, avec une bague de mise au point en 4 zones, une cellule au CdS pour une exposition automatique avec priorité à l’ouverture, un déclencheur, une griffe flash synchro, un poids contenu (370gr nu).
Que faut-il de plus ?
La mode de ces petits compacts, très populaires, en a fait sortir toute une série, clones plus ou moins fidèles les uns aux autres, mais jamais ennuyeux.
Par exemple, ce petit Cosina 35S s’est aussi appelé Vivitar 35 CA ou encore Porst 135C. C’est le même appareil dans tous les cas.
En fait ce Cosina 35 S est apparu sur le marché lors de la Photokina de 1976, en même temps que le Cosina 35 E, un peu plus complet (lui possède un retardateur et une pose B).
Comme je l’indiquais en préambule, c’est un petit appareil bien fabriqué avec une exposition automatique à priorité ouverture.
La mise au point se fait avec une bague sur le fut de l’objectif qui porte des distances et des symboles.
Le viseur est complet avec rappel des paramètres d’exposition via une aiguille qui se déplace en face d’une échelle donnant les couples ouvertures/vitesses.
Et petit plus, dans le bas du viseur, il y a également un rappel de la distance de mise au point à l’aide des symboles déjà présents sur l’objectif. Un curseur de couleur verte vient teinter le symbole correspondant à la distance choisie.
La cellule, qui est située sur le devant de l’objectif, se règle manuellement de 25 à 400 Iso. Une pile LR44 assure son énergie. Comme pour tous ses confrères, il est préférable de le munir d’un bouchon d’objectif (46mm) pour éviter de vider la pile trop vite car la cellule est toujours active.
Seul son bouton de déclencheur peut perturber : ici pas de bouton à enfoncer mais plutôt un large curseur sur lequel il faut appuyer. On s’y habitue très rapidement.
C’est typiquement le genre de petit appareil qu’on tient dans une main, ayant pré-réglé la distance de prise de vue (zone focus), la dragonne autour du poignet, et avec lequel on déclenche à la taille en photo de rue. Redoutable d’efficacité et de discrétion.
Pas très courant, il se négocie pourtant autour des 40€ maximum avec sa dragonne et un bouchon d’objectif. Pas de quoi vous ruiner !
Franchement, j’aime bien ces appareils, ils donnent toujours l’impression d’être si solides, si bien pensés, bref des appareils faits pour durer autre chose qu’un été.
Tout métal et verre, on n’est pas trompé sur la marchandise : dès qu’on le prend en mains, on sait que c’est du costaud et que, souvent, septante ans plus tard, ils vont encore fonctionner.
Petit tour historique pour commencer car Voigtländer est le plus vieux fabricant d’appareil optique du monde. Pensez donc, ils ont commencé en 1756 !
Bon, d’accord, la photographie n’est apparue qu’en 1824 avec la première image fixée par Nicéphore-Niepce mais Voigtländer fabriquait déjà des appareils de mesure (astrolabe et boussole pour la navigation) scientifique. Puis l’entreprise évolua vers le début des années 1800 en fabriquant des appareils optiques (lunettes de visée) et enfin, de fil en aiguille, des objectifs pour l’industrie naissante de la photographie.
Dont le célèbre Petzval, inventé par un professeur hongrois, Jozef Maximilián Petzval, qui fut le premier objectif à utiliser les mathématiques et les principes physiques de la lumière alors que la concurrence utilisait empiriquement des morceaux de verre plus ou moins incurvés. Nous sommes au début des années 1840.
Les premiers daguerréotypes ont utilisé des Petzval car leur ouverture (équivalent à f3,7, un record pour l’époque) autorisait le photographe à faire du portrait dans des temps contenus (les premiers portraits demandaient des dizaines de minutes et tout un assemblage pour que les sujets ne puissent pas bouger).
En 1862, Voigtländer produisait son 10.000ème objectif Petzval. La firme était, à l’époque, le leader mondial de l’optique pour appareils photographiques.
Mais la daguerréotypie commençait à s’essouffler et Voigtländer continuât à fabriquer des objectifs à portrait mais pour les autres types d’appareils, ceux qui commençaient à utiliser des plaques de verre puis du film en rouleau.
Ainsi sont nés dans la foulée les premiers appareils photographiques de la marque, vraisemblablement vers 1890. Appareils à soufflet qui consistaient plutôt en assemblage de pièces de diverses origines, ce qui les rend difficiles à authentifier.
Il faudra attendre l’essor du film en rouleau inventé par Kodak pour que Voigtländer se décide a fabriquer ses propres appareils de manière suivie et rigoureuse. Nous sommes au début des années 1900.
C’est également à cette époque que Voigtländer commence à expérimenter de nouvelles conceptions de lentilles plus avancées techniquement, appelées lentilles Heliar, Dynar et Kollinear. Chacun de ces objectifs seront les prédécesseurs des objectifs Skopar et Color-Spokar qui connaîtront un énorme succès plus tard au 20e siècle.
L’histoire est lancée. Tout allait bien pour l’entreprise, qui dut même déménager pour des locaux plus grands. Mais 1915 et la première guerre mondiale allait rattraper la firme et au sortir de celle-ci, elle connut pas mal de difficultés, l’économie allemande étant exsangue.
Des collaborateurs de qualité allaient quitter le navire, comme Rudolf Heidecke et Paul Franke qui fonderont leur propre entreprise Franke & Heidecke, qui sera plus tard connue sous le nom de Rollei et deviendra l’un des principaux fabricants d’appareils photo allemands du 20e siècle. Le Rolleiflex sera un concurrent redoutable !
Petit à petit, les choses s’améliorent et vers 1925, Voigtländer sera racheté par la société chimique allemande Schering AG, ce qui donne un coup de fouet salutaire. En 1929, l’entreprise connait un grand succès car ils fabriquent des modèles utilisant les films en rouleau, qui sont davantage destinés au consommateur moyen. C’est la naissance du Bessa original, au sujet duquel je prépare un article pour bientôt.
Ce nom Bessa sera la gamme d’appareils photo la plus réussie de la société, qui commence par des appareils photo pliants à film 120 qui donne des images en 6 x 9cm, puis 6 x 6cm et évoluera au cours des 80 prochaines années pour devenir un appareil photo numérique qui est toujours vendu aujourd’hui, mais fabriqué par … Cosina au Japon.
Ces appareils, comme le Perkeo, l’Inos restent des folding, d’excellente qualité certes mais qui commencent à dater car à l’époque un nouveau format est apparu sur le marché : le film 135 placé horizontalement par un certain Oskar Barnak.
Voigtländer fut sans doute un des derniers fabriquant allemands à se mettre à ce nouveau format. Tous les concurrents de l’époque étaient passé au 135. Ce n’est qu’en 1939 que la firme se lance dans l’aventure avec le premier Vito, un petit folding qui utilise le nouveau format mais sans les perforations du film. Il ne sera pas produit longtemps, une seconde guerre mondiale pointe son sinistre bout du nez.
Ce sera en 1947 que Voigtländer relancera la fabrication du Vito. Cette fois il utilise le 135 en bande avec perforations mais avec des cartouches propriétaires, ce qui a entrainé une profonde refonte du modèle original. Son principal concurrent se nomme Kodak Retina, celui imaginé par Nagel.
Ce Vito sera abandonné en 1951 et remplacé par un Vito II : celui-là utilise le même film en bobine « industrielle » que le Kodak et les autres concurrents mais il reste un modèle avec un soufflet. De taille réduite et très compact mais avec cette technologie déjà ancienne au seuil des années cinquante.
Pourtant, ils ne se reposent pas sur leurs lauriers, notamment au niveau des objectifs : on voit apparaitre les premiers objectifs Color-Spokar, optimisés pour la photographie couleur.
Mais il faudra attendre 1954 pour voir apparaitre le Vito avec une carrosserie en une seule pièce : un capot, un viseur, un dos qui s’ouvre et plus de soufflet. Il s’appelle dorénavant Vito B.
Une autre particularité du Vito est qu’il sera produit jusqu’en 1970 et désignera tant les modèles d’entrée de gamme que ceux du haut de gamme.
Puis en 1958, le modèle évolue encore et s’appelle dorénavant Vito BL. Il reçoit (enfin) un viseur amélioré qui est beaucoup plus grand que tout ce qui se trouvait alors sur le marché.
Cet immense viseur était constitué d’un seul morceau de cristal et offrait une image au rapport 1:1 qui permettait au photographe de prendre des photos avec les deux yeux ouverts. Confort absolu pour tous ceux qui avaient été habitué au trou de serrure des autres appareils de l’époque.
Parallèlement à la sortie du BL, une variante appelée Vitomatic est lancée, qui ajoute un posemètre à cellule au sélénium couplée.
Le Vitomatic sera disponible soit avec une configuration avec viseur simple uniquement (Vitomatic I), soit avec un télémètre couplé, le Vitomatic II.
En 1960, les Vitomatics Ia et IIa recoivent deux mises à niveau assez importantes :
un obturateur revu qui augmentait la vitesse maximale de 1/300s à 1/500s,
et un miroir de viseur « intelligent » qui permettait à l’utilisateur de voir le système d’aiguille (cellule) depuis le viseur.
Cette innovation permettait au photographe de composer son image tout en ayant sous les yeux la lecture de la lumière. Le Vitomatic IIa sera d’ailleurs le tout premier appareil photo doté d’un affichage intégré d’un compteur à aiguille visible dans le viseur.
Il sera le modèle le plus vendu (200.000 exemplaires selon les estimations). Ce qui est assez fantastique car ce Voigtländer n’était pas un appareil bon marché pour l’époque. Le prix du confort et de l’innovation en somme.
Mais pourquoi Vitomatic ?
On pourrait croire que tout est « automatique » mais n’oublions pas que nous sommes en 1958 et la notion se réduit à ce que les éléments utiles pour prendre une photo soient faciles à voir et à utiliser.
J’explique : auparavant, pour faire une photo, il fallait posséder au pire une cellule à main ou au mieux une cellule non couplée sur l’appareil. Ce qui imposait de quitter le viseur pour voir les indications. Ensuite le Vitomatic IIa est un télémétrique, ce qui veut dire que les modifications de distance que vous opérez se voient directement dans le viseur, ce qui est une grande facilité par rapport aux appareils où il faut estimer la distance que l’on rapporte sur le fut de l’objectif (souvent avec des distances gravées, plus tard avec des pictogrammes).
Vous avez donc là les « automatismes » qui vous facilitent la prise de vue.
Plus un bonus censé vous simplifier la vie dans la sélection des vitesses et de l’ouverture : la configuration de la vitesse et de l’ouverture est couplée à la valeur d’exposition (EV). De fait, la bague d’ouverture ne peut se déplacer que dans la plage de vitesses d’obturation limitée par le réglage de l’EV. Cette fonctionnalité, permet d’effectuer tous les réglages sans retirer l’appareil photo des yeux.
Heu, on aime ou on n’aime pas …
Esthétiquement, l’appareil respire la solidité. Compact il est aussi « dense » en mains : tout est en métal et en verre, il flirte avec les 750gr nu.
Rappelez-vous, le viseur est constitué d’un seul bloc de cristal, en plus des miroirs de renvoi du télémètre et de la cellule. Lourd mais stable.
Personnellement je ne le trouve pas forcément très équilibré avec la saillie du bloc qui porte la cellule sur le devant d’un côté et de l’autre la fenêtre du télémètre, puis « l’écran » au dessus. Le déclencheur, qui dépasse beaucoup, est un simple tube, fileté si on veut y adjoindre un câble, pas très élégant. Mais il a un charme certain.
Par contre, le levier d’armement, très fin, se dissimule à l’arrière, tout en étant facile d’accès.
Autre jolie pièce de design, la manivelle de rembobinage, qu’il faut dégager grâce au petit curseur en dessous, ce qui fait « monter » le bouton de rembobinage.
Ensuite pour ouvrir l’appareil, il faut ouvrir le verrou, en dessous, ce qui libère tout le dos.
Admirez la chambre : tout est en métal !
Un mot sur l’objectif du Vitomatic Ia ou comme ici, le Vitomatic IIa. Il s’agit du Color-Skopar 50mm ouvrant à f2,8 à 4 éléments. Il a existé quelques rares boitiers équipés d’un Ultron de 50mm ouvrant à f2 (6 éléments). Moins de 6500 exemplaires ont été fabriqués sous cette configuration, les prix sont bien évidemment à l’avenant de nos jours.
Finalement les Vitomatic Ia et IIa seront remplacé par des Ib, IIb et même IIIb après 4 ans de bons et loyaux services.
La carrosserie est modifiée, plus « moderne » et quelques fonctionnalités sont revues quand d’autres passent à la trappe (comme l’affichage de la cellule sur le haut du capot).
Encore 4 ans de production et un nouveau modèle proposera cette fois une cellule au CdS, alimentée par une pile. Pourtant, cette nouveauté n’aura pas le même succès que le précédant (moins de 25.000 exemplaires contre plus de 200.000 entre 1961 et 1963 pour « l’original »).
En effet, le Vitomatic IIa reste apprécié pour son apparence et, surtout, la qualité de sa fabrication, que les modèles suivant ne rencontreront plus (la marque fait de économies).
Pourtant, de nos jours, cet appareil n’est pas le plus recherché. Cependant, la qualité de son objectif, son viseur extraordinaire, le fait de voir en direct l’aiguille de la cellule, voire même le réglage par EV en font des arguments qui devraient plaider en sa faveur car ils simplifient son utilisation et la rendent très agréable.
Là je vais encore me faire des amis mais quand je vois les prix pratiqués chez Lomography pour des appareils tout en plastique et fragiles, je me dis qu’il est aberrant de ne pas se tourner vers cet appareil si on veut photographier « autrement » tout en bénéficiant de la qualité de fabrication de celui-ci.
Est-il facile à utiliser ? Oui, même si certaines « bizarreries » le rendent attachant : la première, c’est la manière d’ouvrir le dos de l’appareil. Il faut soulever le petit verrou sous la semelle pour ouvrir une petite partie du dos, puis la seconde partie s’ouvre aussi.
Avantage de la manœuvre ? Celle de pouvoir facilement glisser la cartouche dans la chambre.
Ensuite, il est conseillé de faire sortir la molette de rembobinage. Ici aussi avec une évidence pour faciliter le chargement du film car de cette manière vous pouvez retendre le film facilement dans la cartouche et ensuite, comme vous avez débrayez la roue d’entrainement, vous avez plus facile pour amorcer le film sur la bobine réceptrice. C’est subtil, si, si …
Voilà, vous avez fixé l’amorce, vous avez retendu un peu le film. Après avoir vérifié que le film est bien placé au dessus des roues dentées, refermez d’abord la grande porte puis la plus petite, que vous prendrez bien la peine de bien verrouiller. Ah, ne pas oublier de remettre le bouton de rembobinage dans sa position initiale sous peine que le film ne s’enroule pas comme il faut.
Tant que vous êtes en dessous de l’appareil, profitez-en pour réinitialiser le compteur de vue car il ne le fait pas automatiquement. Attention, comme sur le Kodak Retina, il compte à rebours. Ce qui veut dire que vous devez indiquer le nombre de vues de votre film : s’il s’agit d’un film de 36 vues, vous vous mettrez sur un F rouge, à côté du chiffre 36. Vous verrez aussi une seconde marque rouge, à la 22ème image. Elle était destinée au film de 20 vues (plus produit). Par contre, si vous mettez un film de 24 vues, réglez le compteur sur 26. Effectuez deux prises « à blanc » et vous voilà prêt. Le compteur va « décompter » les photos au fur et à mesure de vos prises de vues.
Autre point étrange quand on n’a pas l’habitude, les indications du posemètre, sur la plaque supérieure : vous voyez une aiguille et un cercle. Grâce à une série intelligente de miroirs, la lumière qui pénètre à travers le posemètre est réfléchie dans la partie inférieure du prisme du viseur afin que vous puissiez voir une image miroir du compteur tout en regardant à travers le viseur. Simple et efficace.
Le corollaire de cette position particulière c’est qu’il vous faut de la lumière pour voir l’aiguille dans le viseur. S’il fait sombre ou si le dessus de l’appareil est à l’ombre, vous ne verrez rien.
Comment ça fonctionne ? Vous avez donc une aiguille et un rond. L’aiguille est connectée au posemètre et elle bouge en fonction de la quantité de lumière détectée (principe des cellules au sélénium). Par contre, le rond est en liaison avec les bagues d’ouverture et de vitesse de l’objectif. Si vous vous en souvenez, ces deux bagues sont couplées avec un système d’indice de lumination (EV). Le but, vous vous en doutez, c’est de faire coïncider l’aiguille avec le centre du cercle en bougeant les bagues de l’objectif. Si vous êtes au centre, votre exposition est juste.
C’est un peu étrange au début mais on s’y fait assez vite et c’est précis.
Vous pouvez évidemment vous affranchir de ce système. Le Vitomatic IIa indique en jaune les vitesses B et inférieures au 1/30s pour vous rappeler qu’il y a risque de flou. Les vitesses au dessus du 1/60s sont en noir, le risque étant écarté.
Enfin, le Vitomatic IIa est un télémètre, ce qui permet de faire une mise au point fine, en tournant la bague des distances de l’objectif.
Mais vous pourriez préférer travailler par « zones » – c’est parfois plus rapide – et c’est d’ailleurs prévu : sur la bague de mise au point vous trouverez un cercle et un triangle rouges qui indique l’optimisation de la profondeur de champ.
Le triangle sera utilisé pour les portraits lorsque le sujet est entre 80cm et 3.5m tandis que le cercle sera utile pour les paysages lorsque le sujet est au delà des 3,5m jusque l’infini.
Il suffit de tourner simplement la bague de mise au point sur le triangle ou le cercle selon votre situation et réglez la bague d’ouverture sur au moins f. /5,6 ou plus et votre photo sera toujours nette. Si vous utilisez f/8 ou plus, vous aurez une zone de mise au point toujours plus grande.
Simple non ?
Vous aurez encore remarqué sur les photos qu’il y a une griffe porte-accessoires avec une griffe dite « froide » (pas de contact central de synchronisation).
Le petit levier, sur le côté de l’objectif, vous permet de choisir entre la synchronisation M, pour les flashs à ampoules, et la synchro X pour les flashs électroniques. Sur le X, le flash sera synchronisé à toutes les vitesses de 1/60s à 1/500s tandis que sur le M il ne le sera qu’au 1/30s.
Les plus attentifs auront remarqué une troisième lettre, la V. En fait c’est le retardateur que vous pourrez engager lorsque vous aurez armé l’appareil. Vous aurez alors 8 secondes pour être sur la photo.
Finalement, que penser de cet appareil ?
Si vous voulez voir des exemples d’images prises avec celui-ci, voyez LA. Et je souris intérieurement car des Lomographes ont bien compris l’intérêt de ce superbe boitier.
S’il n’est pas le plus recherché des Voigtländer, tant mieux pour vous : vous aurez là l’occasion d’une machine superbement construite, solide et parfaitement fonctionnelle. Vous pouvez utiliser ses « automatismes » ou vous en affranchir mais la qualité de son viseur, de son optique, l’onctuosité de sa mécanique feront que vous prendrez plaisir à vous en servir encore et encore.
Vraiment, si vous cherchez un appareil qui sorte de l’ordinaire mais vous en donne pour votre argent – vous en trouverez facilement entre 20 et 40€ – le Vitomatic IIa est l’appareil qu’il vous faut.
Voigtländer, appareil photo télémétrique Année de lancement : 1960 Film : 35 mm avec des vitesses de 12 à 800 ASA Objectif : Voigtländer Color-Skopar 1:2,8/50 mm ou 1:3,5/50 mm, ou Ultron 1:2/50 mm Obturateur : Prontor SLK-V (avec M-sync) ou Prontor 500 SLK-V (sans M-sync), avec des vitesses de 1 sec. à 1/500 s. plus B Appareil de mesure : cellule photoélectrique au sélénium et instrument à aiguille ; le pointeur avec l’anneau est couplé aux commandes de vitesse et d’ouverture ; les valeurs appropriées sont trouvées lorsque l’aiguille du compteur correspond à l’anneau Avance du film : levier rapide, caché dans le dos de l’appareil photo ; Le bouton de rembobinage doit être relâché avec un petit levier de vitesse étroit sur le côté du corps, sous le bouton.
C’est dans une caisse chez Emmaüs que j’ai trouvé ce petit appareil, dans son étui.
C’est d’ailleurs celle-là qui m’a intrigué : je ne voyais pas de modèle « connu » dans une si petite gaine marquée Yashica. Donc, je l’ai ouverte pour en sortir ce petit carré en plastique à la forme intéressante, avec un abattant pour dégager l’objectif, à la mode des Minox 35 GT.
Tiens, tiens, jamais vu ce modèle …
Mais disons le tout de suite, la comparaison avec le Minox s’arrête bien vite : s’il possède un volet pour dégager l’objectif, la taille est un peu plus grande et les réglages plus simplistes, je vais y revenir.
N’empêche, il a un petit cachet intéressant ce Yashica Partner. Je l’ai donc emporté.
Je l’ai déjà souligné, il est tout en plastique (on est loin de la qualité des Electro 35) et s’il fait, comme on dit, « son petit poids », c’est parce qu’il y a deux piles AA dans le corps, pour alimenter le flash intégré.
Fabriqué à Hong-Kong pour Yashica dans les années 1983 – 1986, il fait partie de ces petits appareils sans prétentions mais avec ce petit quelque chose dans le design qui retient l’attention.
Lorsque vous faites basculer le volet qui protège l’objectif vers l’avant, vous découvrez un objectif de 38mm ouvrant à f4. Signé quand même Yashica Lens (heu, pas Yashinon quand même).
Autour de la platine qui vient de se découvrir, une inscription à gauche (vu de face) indique un réglage de la sensibilité du film (limité à 100 ou 400Asa) et de l’autre côté, un réglage pour le flash ?
Vu par au-dessus, l’objectif montre deux bagues : la première, contre le boitier, ne tourne que pour sélectionner les valeurs Asa (400 et 100) et elle porte les indications d’ouvertures (soleil, nuage lumineux, nuage) et de l’autre côté les indications de distances (pictogrammes en rouge pour portait, portrait groupé, groupe, infini).
Vu la taille des bagues, elles ne sont pas pas facile à manipuler mais je sens 6 crans sur la première bague en allant de nuage à plein soleil. Le diaphragme passe sans doute ainsi de f22 à f4.
Quant à l’autre partie de la bague, celle aux inscriptions en rouge, alors que je pensais qu’elle réglait la distance, de fait oui, mais pour l’utilisation du flash.
Flash que l’on met en batterie en actionnant un petit coulissant à l’arrière en haut : la lampe témoin du flash se soulève pendant que l’on entend le petit bruit strident habituel du flash qui charge.
Qui dit réglage de la sensibilité dit normalement cellule : celle-ci est nichée sur le pourtour de l’objectif (un petit œil rond). C’est une cellule au CdS, alimentée par les 2 piles AA déjà mentionnées.
En cas de lumière insuffisante, une petite diode rouge signale, dans le viseur, qu’il faut actionner le flash. C’est d’ailleurs tout ce que vous trouverez comme indication dans le viseur, réduit à sa plus simple expression (pas de cadre, pas de correction de la parallaxe) mais assez large (pour couvrir le 38mm) et finalement lumineux.
Si l’on tient compte de la plage d’ouverture proposée, la vitesse d’obturation, unique, doit être de 1/100s. Mais ça reste très théorique.
Sur le dessus du capot, un bouton rouge en saillie, c’est le déclencheur, derrière lequel se niche le compteur de vue (qui se remet à zéro à l’ouverture de la chambre).
L’armement se fait avec une molette, à l’arrière du capot. Impossible de déclencher, vous vous en doutez, si le volet est fermé.
Sur le dessus du flash à peu près, une molette avec la manivelle pour rembobiner un film. Pour débrayer l’entrainement du film, il faut trouver le minuscule picot en plastique qui est en dessous, vaguement protégé par un renfoncement dans le plastique de la semelle.
Ah, et il y a aussi, sur la semelle, un filetage pour un trépied.
Pour ouvrir la chambre, il fut actionner un petit verrou et tirer doucement le renflement prévu à cet effet sur la semelle. Pour refermer, opération inverse mais gardez en tête que le verrou et le crochet sont en plastique (mieux vaut les aider pour ne rien casser).
La bobine réceptrice est largement ajourée pour permettre l’insertion facile de l’amorce d’un film. Les rails de guidage sont minimalistes mais un minuscule plot permet de se mettre droit, dans l’axe de la roue crantée lors du chargement de la pellicule.
Et nous en avons déjà terminé !
En résumé, un petit appareil au look sympa, qui ne va pas révolutionner l’histoire de la photographie mais qui a pu avoir son petit succès (quoique in fine je n’ai pas trouvé pléthores d’information à son sujet).
Plutôt un petit objet à collectionner sans se ruiner : donner plus de 10€ serait une erreur à mon sens (sauf si vous tombez sur une version dorée à l’or fin, mais j’ai des doutes).
Ah, petit clin d’œil à Nicolas, j’en ai trouvé un, avec son flash !
Avouez que ça fait très « pro » des années cinquante !
Je vous ai déjà proposé un Kodak Brownie « moderne » (en opposition aux Brownie en forme de box en carton ou métallique), le Twin 20, assez étonnant.
Ici, c’est une remarque de Nicolas qui m’a fait tourner la tête vers cet appareil sur une brocante, d’autant qu’il était accompagné de son flash.
Pour le situer, c’est un appareil qui sera produit aux Etats-Unis, au Canada et en France entre 1949 et 1961, avec quelques variantes, bien évidemment. Il est fabriqué entièrement en bakélite. Ne le laissez pas tomber, ça casse.
Vu sa longévité, vous vous doutez bien que c’est un appareil « bien né » et en tout cas une réussite commerciale pour Kodak.
Au début cet appareil n’était pas prévu pour utiliser un flash. C’est en 1951 que les modifications ont été apportées. Dès lors ce Brownie est devenu Brownie Flash en France et Brownie Hawkeye Flash aux States.
Nos amis collectionneurs trouveront des subtiles différences dans les modèles, comme un bouton d’avance du film métallique pour les anciens exemplaires et en plastique par la suite.
Pour ceux qui ne le savent pas, comment retrouver la date de fabrication de son appareil photo Kodak ?
En ouvrant l’appareil, à l’endroit de la bobine réceptrice, vous trouverez 4 lettres. Celles-ci correspondent à des dates, en utilisant le code Kodak « CAMEROSITY ».
C A M E R O S I T Y 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0
Cet appareil, qui porte les lettres YORA, aura ainsi été fabriqué en juillet 1951. En effet, Kodak a utilisé 13 périodes de 4 semaines pour diviser chaque année, de sorte que ces chiffres se traduisent par la 7e période de 4 semaines de 1951 (entre la seconde moitié de juin et le début de juillet).
Comme souvent avec ces Brownies, l’appareil est compact, avec une poignée pour le transport sur le dessus et le bouton d’armement à droite. Il est souvent présenté dans son « sac tout prêt » en vrai/faux cuir du plus bel effet mais absolument pas pratique.
Nous devons le design à Arthur H. Crapsey, qui est aussi l’auteur du Kodak Brownie Bull’s-Eye et des Kodak Brownie Star dans les années quarante et cinquante.
Visuellement, il est bien équilibré :
d’abord un grand viseur sur le dessus, avec un verre bombé qui élargit le cadre
ensuite, de part et d’autre, le déclencheur et un second bouton qui permet de faire des expositions longues (mais il n’y a pas, paradoxalement, de prise pour fixer un trépied)
Cet appareil est prévu pour utiliser des films aujourd’hui disparu, les 620 qui sont en fait des 120 avec une bobine plus fine et dont la tête est plus petite. Mais comme le faisait remarquer Nicolas, c’est sans doute le seul appareil qui acceptera la bobine de 120 sans rouspéter car il y a assez de place pour que celui-ci tourne sans devoir la transformer. Un bon point !
Attention toutefois, la bobine réceptrice devra être une bobine de 620 (à vérifier si vous achetez cet appareil qu’elle soit dedans) car si la bobine de 120 tourne bien en bas, il n’en est pas de même de l’autre côté, allez savoir pourquoi !
Source : emulsive.org. A gauche, une bobine de 620 et une de 120 à droite.
Le viseur, un simple verre bombé placé au dessus d’un miroir incliné, est une version (très) simplifiée de la visée des TLR (twin lens reflex). Il donne une image inversée, non corrigée.
Seul avantage de ce système : il n’y a que 2 vis à ôter pour nettoyer le tout et remettre au goût du jour ces appareils.
Ne nous trompons pas, la visée se fait plutôt « au pif » qu’avec la rigueur des autres types d’appareils, même si le carré du viseur correspond au cadre.
L’objectif est un ménisque de 80mm ouvrant à f16 (ouverture fixe). La mise au point minimale est de 3,5m jusque l’infini. Il n’est pas traité et sera donc très sensible aux reflets, ce qui fait en sorte son charme. Tout comme le vignetage et la distorsion en barillet qui, même si elle est faible, est comme une signature. Les plus pointus trouveront aussi quelques aberrations chromatiques. De fait, la surface plane de l’avant de l’objectif plus le verre de protection placé devant l’obturateur font que tous ces petits défauts s’accumulent. Et pourtant, les images tirées par cet appareil ne sont pas si nulles, voyez ICI.
D’autant qu’il ne faut pas oublier que vous allez travailler avec un grand négatif de 6X6cm, ce qui vous autorise, si besoin, à recadrer.
Enfin, les agrandissements sont bons mais vous pourriez faire comme à l’époque, un tirage direct à partir du négatif (tirage par contact).
Si vous tombez sur de vieux albums familiaux, il est très probable que certaines photos sont issues de ce type d’appareil, vendu à plusieurs millions d’exemplaires et les photographes de l’époque s’en sortaient assez bien.
Restons au niveau « technique » en écrivant sur la vitesse de l’obturateur. Théoriquement, elle doit être entre 1/30s et 1/50s mais cela va dépendre de la propreté de l’ensemble, de la fatigue éventuelle du ressort, de la chaleur, du froid, … et de l’âge du capitaine !
C’est un obturateur rotatif (il tourne pour exposer le film).
Bref, à cette vitesse là, tenez bien l’appareil en mains pour éviter les flous de bougé, à moins d’utiliser un film un peu plus rapide que ceux de l’époque (c’est d’ailleurs le seul paramètre sur lequel vous pouvez influer).
C’est sans doute ici que le flash intervient. Attention, pas n’importe quel flash, ce doit être un Kodak, le Midget (celui aussi des Brownie Starlet, Starflex ou Bull’s Eye).
Ce flash se monte sur le côté et si vous devez le monter, faites-le sans piles et sans ampoules, un faux contact et hop, ça flash !
Par contre, ce qui est intéressant, c’est qu’il est alimenté par deux piles C, très courantes. L’ampoule est de taille M, peut-être un peu plus difficile à trouver.
Le flash est synchronisé avec l’appareil dès que celui-ci est monté dans les broches et visé au corps.
Plus tard Kodak proposera un flash plus petit, le Kodalite Midget, qui utilisera deux piles AA et acceptera les plus petites ampoules flash M2 et M2b (bleues, pour les films couleur) ainsi que les plus grandes #5 et #25, plus économiques et peut-être plus facile à trouver.
Nous n’avons plus l’habitude de ce type d’appareil et de flash à ampoule mais rappelez-vous qu’ici vous ne pouvez pas modifier la vitesse de l’obturateur. La seule manière d’atténuer la puissance de l’éclair c’est de s’éloigner de son sujet.
Pour mettre un film dans la chambre, vous allez devoir faire pivoter le verrou, placé au dessus, sous la sangle.
Tout le dos s’escamote, vous laissant découvrir toute la chambre dans sa splendide … simplicité.
Profitez-en pour revoir vos notions d’anglais car tout est bien expliqué pour y placer un nouveau film.
Ne cherchez pas un quelconque compteur de vue, c’est une petite fenêtre rouge, à l’arrière, qui vous permettra de voir le film avancer, vue par vue. Ne pas faire tourner le bouton trop vite est gage de bon positionnement du film.
Même si l’appareil est simple, Kodak lui a fournit toute une série d’accessoires peu courant dans cette gamme.
Comme un filtre jaune de série V de 25,5mm, qui se monte par friction.
Source : emulsive.org. La plupart des autres filtres de cette série peuvent se monter sur le Kodak Brownie Hawkeye Flash.
Il y aura aussi notamment un objectif « gros plan », des options de flash (le Midget, plus petit), un « étui de terrain » en cuir (voir au début de l’article) et un « filtre nuage ».
Source : emulsive.org. Le complément optique « grand angle »
Avec cet accessoire, la plage de mise au point descend entre 1,5m et 2,5m. Attention si vous l’utilisez, n’oubliez pas qu’il n’y a pas de correction de parallaxe sur l’appareil. Alors si vous ne voulez pas guillotiner vos sujets, pensez à incliner l’appareil vers le haut pour compenser.
Voilà, voilà … nous avons fait le tour de l’engin. Alors que retenir de lui ?
Son look d’abord, avec ce gros flash sur le côté, qui lui donne un air professionnel pour les novices en face.
Mais sil a le ramage, il n’a pas le coffre pour rivaliser avec d’autres appareils de années cinquante à soixante. Rappelez-vous, il n’y a qu’une ouverture, fixe, et une vitesse, limitée si tout va bien au 1/50s.
Le seul réglage que vous pourriez faire, c’est choisir la sensibilité du film selon les conditions de lumière du moment, le sujet et l’environnement dans lequel il va évoluer.
Si j’en crois les différents auteurs consultés, ce qui nous sauve, c’est la latitude des films, qui compense les limites de l’appareil. La plupart a utilisé du 100Asa avec succès lorsqu’il y avait du soleil ou un temps légèrement couvert.
La vitesse d’ouverture limité vous autorisera rarement à fixer des sujets aux mouvements rapides : le flou de bougé sera bien souvent invité, soit parce que le sujet a bougé, soir parce que vous avez tremblé.
Mais bon, toutes ces limitations peuvent devenir des invitations à la créativité, ce que certains photographes exploitent avec brio (voir les exemples de photos cités plus haut).
D’autant que la facilité à démonter cet appareil en incite certain à des manipulations comme le retournement de l’objectif (le centre sera net et les bords flou).
Comme il n’y a pas de protection contre les doubles expositions, vous pourrez vous en donner à cœur – joie.
Internet regorge de bidouillages en tout genre pour cet appareil. Soyez curieux, allez y faire un tour.
Enfin, puisque vous travaillez avec un grand négatif, là aussi beaucoup de choses sont permises, comme le tirage par contact évoqué plus avant ou a contrario, de grands agrandissements pour aller chercher des détails qui se perdent dans des formats plus petits.
En résumé, vous devriez pouvoir trouver cet appareil, avec son flash, pour une vingtaine d’euros, en parfait état et fonctionnel. Moins si vous devez le démonter pour le nettoyer. Vérifiez bien que vous possédez une bobine de 620 dans la chambre. Sinon, il faut en trouver une.
Petite video d’illustration :
ils se comportent comme de vieilles caméras. La plupart n’ont jamais été révisés et beaucoup présentent une usure considérable. Certains peuvent avoir des obturateurs collants (très lents) ou inopérants, une synchronisation du flash non fonctionnelle ou d’autres composants internes cassés.Kodak n’a jamais conçu ces appareils photo comme des outils professionnels haut de gamme ; ils étaient destinés à rendre la photographie plus accessible à l’amateur plus intéressé à prendre une photo des vacances en famille ou de la fête d’anniversaire d’un enfant. Parce qu’un grand nombre d’entre eux ont été fabriqués, ils sont acquis à un prix relativement bas. Le mien coûte moins de 20 $ et peut souvent être obtenu à un prix beaucoup moins cher lorsqu’il est acquis dans un marché aux puces ou trouvé caché, peut-être dans le sous-sol ou le grenier de la maison d’un parent.
Je crois que tout le monde connait le Rolleiflex, en tout cas pour peu que l’on s’intéresse à la chose photographique.
Synonyme d’excellence et de précision, ils ont toujours été chers et essentiellement destinés aux professionnels. Même encore de nos jours, en occasion, ils restent assez inabordables pour qui veut tenter l’aventure du 6×6.
Conscient que dès lors Rollei perdait une partie de clientèle, la marque décida de rendre plus accessible le principe du TLR (twin lens reflex ou reflex bis-objectifs) en simplifiant son best-seller afin de le rendre plus accessible et ils créèrent le Rolleicord.
Je n’aime pas le principe des appellations comme « le Rolleiflex du pauvre » que l’on attribue au Rolleicord. Expression « le xxxx du pauvre » est bien souvent assorties à des appareils d’excellente qualité mais qui ont le bon goût d’offrir celle-ci à des prix décents. Quelques journalistes en mal d’inspiration ont ainsi traité le Canonet 17 QL III ou les Electro 35 Gsn en référence au Leica. Quelle absurdité !
Bref, les modèles proposés sous la dénomination Rolleicord ont évolué avec le temps et les tous derniers, ceux de la série V notamment, possédaient les mêmes standards de fabrication et s’approchaient de la qualité optique du Rolleiflex. Seule l’utilisation restait un peu différente, avec notamment l’absence d’une manivelle du film couplée à l’armement de l’obturateur. À la place, on trouve une manipulation en deux temps : on fait bouger le film avec un bouton, puis on arme l’obturateur avec une manette dédiée. Rien de rédhibitoire, vous en conviendrez.
Petit tour historique pour situer la firme Rollei : elle est fondée par Paul Franke et Reinhold Heidecke à Brunswick (Allemagne) en 1920. D’abord sous l’appellation Werkstatt für Feinmechanik und Optik – Franke und Heidecke (Atelier de mécanique de précision et d’optique – Franke et Heidecke). Elle deviendra la Rolleiwerke Franke & Heidecke en 1962, puis Rollei-Werke Franke & Heidecke GmbH en 1972, Rollei-Werke Franke & Heidecke GmbH & Co. KG en 1979 et Rollei Fototechnic GmbH & Co. KG en 1981. Elle existe toujours de nos jours et fabrique encore des appareils photographique et d’optique ainsi que des accessoires.
En ce qui concerne le Rolleicord, l’aventure commence en 1933 avec le Rolleicord I et se termine en 1977 avec le Rolleicord Vb. Bel exemple de longévité.
Le premier Rolleicord était une version simplifiée du Rolleiflex standard, avec un objectif Zeiss Triotar 75 mm moins cher et un mécanisme d’avance de film simplifié utilisant un bouton au lieu de la manivelle du Rolleiflex. Habituellement recouvert d’un simili-cuir noir, il a aussi existé avec des plaques métalliques qui ont donné une variante appelée « Art Déco » du plus bel effet.
Au fil du temps, les objectifs seront améliorés avec, par exemple un Schneider Kreuznach Xenar à 4 éléments (qui seront aussi proposé sur les Rolleiflex). Mais si l’objectif le plus lumineux était un f2,8 chez Rolleiflex, il ne sera jamais plus ouvert que f3,5 chez Rolleicord, il fallait bien garder une différence entre les « pro » et les amateurs.
Ceci étant, ils partageaient quelques accessoires, comme le Rolleikin, un dispositif pour mettre du film 135 dans un 6×6.
Mais venons-en à notre Rolleicord Va modèle 2, qui a fait partie de la collection que je vous ai présentée.
Il faut d’abord établir les deux points qui sont les différences fondamentales entre le Rolleicord et le Rolleiflex :
la manivelle d’avancement du film et d’armement de l’obturateur : elle est la « signature » d’un Rolleiflex. D’un mécanisme complexe et donc cher, elle ne sera jamais montée sur un Rolleicord, qui héritera d’un bouton pour avancer le film et d’un système différent pour armer.
le déclencheur : sur le Rolleiflex, c’est un bouton sur lequel on pousse, situé en bas à droite de la face avant (vu de face) tandis que sur le Rolleicord, c’est un petit bouton, situé à gauche, sur lequel on pousse d’un côté pour armer l’obturateur et de l’autre côté pour déclencher.
Cet appareil est dans les derniers de la série des Rolleicord, qui se termine en 1977. Celui-ci sera produit de mars 1958 à janvier 1961, à 37.000 exemplaires. Je ne vais pour vous faire la liste de toutes les versions, que vous trouverez LA, réunie par des passionnés de la marque, mais vous vous doutez bien qu’entre 1933 et 1977 il y en eut quelques uns.
Arrêtons-nous sur cette dernière série de Rolleicord, la série V.
Il y eut un Rolleicord V, produit de 1954 à 1957, puis un Va de 1957 à 1961 et enfin le Vb de 1962 à 1977.
Si ce dernier est le plus perfectionné, c’est aussi un appareil qui arrive à un moment où les bis-objectifs sont en perte de vitesse, en tout cas chez les professionnels, qui préfèrent maintenant la souplesse des reflex et leur polyvalence, tout comme leur parc optique conséquent.
Destinée aux amateurs, la gamme fut discontinuée alors que celle des professionnels (le Rolleiflex) a perduré jusqu’en 2002 (le Rolleiflex 2.8GX) et qu’elle existe toujours (Rolleiflex 4,0 FW depuis 2006).
Mais commençons par les présentations : le Rolleicord est donc un TLR, soit un « twin lens reflex » ou, dans la langue de Voltaire, un reflex bis-objectifs.
De fait, les 2 objectifs sont positionnés l’un au dessus de l’autre. Le premier ne sert qu’à la visée, le second à la prise de vue. Une chambre noire unique recueille les rayons lumineux pour imprimer le film. La visée se fait par le dessus de l’appareil, via une espèce de tunnel qui se replie ensuite.
Avec cet éclaté, on voit mieux le principe des deux objectifs et de la chambre unique.
Vous visez sur un large dépoli, pas toujours très lumineux mais généralement quadrillé et muni d’une loupe, pour les mises au point très précises.
Vous ne regardez donc pas directement votre sujet, la tête penchée sur votre écran, ce qui donne ce que certain appelle une « posture d’humilité » (Robert Doisneau), peut-être moins agressive que le photographe qui vous vise à travers le gros œil rond de son objectif.
Comme pour tous ces appareils, il faut ouvrir le dos de ce dernier pour y insérer un film en rouleau, appelé 120. Comme cet appareil donne des négatifs de 6x6cm, vous pourrez faire 12 photos sur un rouleau.
Oui, c’est peu mais ça vous oblige à penser vos images, à prendre le temps.
Et si vous avez encore des doutes, voyez cette petite video :
Vous voyez, ce n’est pas si compliqué et avec un peu d’entrainement vous y arriverez facilement.
Bon, vous avez installé une pellicule dans la chambre et l’appareil est prêt pour votre première photo. Holà, pas de précipitation, il vous faut régler sur la plaque mémo le type de sensibilité de votre film. Notez que c’est juste pour votre confort, notamment en cas d’utilisation d’une cellule à main qu’il faut calibrer car l’appareil n’a pas de cellule intégrée.
Quoiqu’il ait existé un « Rolleilux », un posemètre indépendant qui se fixe sur le pare-soleil.
Notez que le constructeur a prévu un tableau, au dos de l’appareil, qui reprend la majorité des cas de figures des prises de vue .
C’est amusant mais la plupart des modes d’emploi anciens sont toujours utiles et précis dans leurs explications. On ne peut pas toujours en dire autant des nouveaux …
Un condensé fort bien fait des conditions de lumière et d’ouverture.
Vous avez noté que je n’ai pas fait mention des vitesses. En effet, avec cet appareil, on travaille avec des valeurs EV qui permettent de régler un couple vitesse/ouverture.
Un même nombre EV (indice de lumination – vous trouverez les explications de ce principe ICI) correspond à plusieurs couples Vitesse d’obturation / Ouverture de diaphragme équivalents. Par exemple le nombre 13 correspond au couple f/8 à 1/125 s, mais aussi au couple f/5,6 à 1/250 s ou encore au couple f/11 à 1/60 s. Les combinaisons de paramètres défilent dans les deux petites fenêtres f et t.
Bien évidemment, vous pouvez vous affranchir de ces propositions et ne juger que sur les valeurs de votre cellule à main ou votre expérience. Il vous faut alors débrayer les deux petites tirettes en appuyant dessus et en les faisant bouger.
Je pense que bien souvent, les photographes préréglaient leurs temps de pose. Petit exemple de ceux-ci :
Quand j’écrivais que les anciens modes d’emploi étaient utiles !
Ceci étant, l’obturateur est un Deckel Synchro-Compur MXV/CR00 qui propose des vitesses de 1s à 1/500s plus pose B, un retardateur V (10 secondes) et synchro X – flash électronique(à toutes les vitesses) et M – flash à ampoule (1/30s). C’est un obturateur qui sera proposé aussi sur les Rolleiflex.
Autre astuce bien présentée dans le mode d’emploi, la présélection de la profondeur de champ.
Franchement, pourquoi acheter un bouquin qui explique la technique ? Vous l’avez en termes simples et bien concrets ici.
Ceci étant, mais c’est moi que ça dérange, je n’aime pas la molette de réglage située à gauche. Ce n’est pas ma main directrice et j’ai quelques difficultés de manipulation.
Allez, on résume : vous avez mis un film dans la chambre, noté sa sensibilité, compris comment fonctionnait la sélection vitesse/ouverture, réglé votre profondeur de champ. Il ne vous reste plus qu’à faire la photo !
Dernière petite manipulation :
Si vous vous souvenez de ce que j’écrivais plus haut, contrairement au Rolleiflex, le fait de tourner le bouton d’avance du film n’arme pas l’obturateur. Vous devez donc le faire manuellement comme expliqué ci-dessus.
Vous avouerez qu’il n’y a là rien de compliqué, juste une petite manœuvre supplémentaire. Et je vous avouerai que je l’aime bien cette petite manœuvre en plus, elle me rappelle celle nécessaire pour prendre une photo avec les foldings (appareils à soufflet).
De gauche à droite : le levier d’armement et le déclencheur du Rolleicord puis celui du Rolleiflex
Ah, le plaisir du bruit de cet appareil quand il déclenche …
Bon, vous avez pris votre première photo, passons à la prise de vue suivante : ne pas oublier de réarmer en tournant le gros bouton à droite, jusqu’à arriver en butée. Vous verrez le chiffre du compteur s’incrémenter d’une vue.
Petit arrêt ici car cet appareil, je vous l’ai écris, était l’un des plus sophistiqué de la série de Rolleicord.
Tout d’abord, vous pouvez introduire dans la chambre un film 135 (bon, je ne vois pas trop l’intérêt de la chose, mais les goûts et les couleurs …) ou des plaques, voire des plans-films, moyennant bien sûr des adaptateurs. Ce qui vous donne finalement un appareil très polyvalent.
Quelques manipulations sont nécessaires, tant pour ajouter des caches dans le viseur que dans la chambre, et jusqu’au compteur, qui devra tenir compte du nombre plus élevé de prises de vue avec les films autres que le 120 classique (je vous renvoie au mode d’emploi ci-dessous).
La force de ces appareils tient aussi au nombre important de compléments : que ce soit des filtres, des compléments optiques, des pare-soleil, des étuis plus ou moins sophistiqués, des accessoires pour flashs ou cellule, etc.
Et comme il est parfois difficile de s’y retrouver dans les références, je vous livre ici celles que j’ai trouvées. Elles pourraient vous aider dans vos recherches de ces accessoires.
Alors, vous avez encore l’impression que c’est un appareil « au rabais » ?
Finalement, outre la simplification de son système de bobinage et d’armement, qui nécessite moins de pièces et de mécanisme précis, la seule autre chose qui différencie cet appareil du Rolleiflex, c’est le choix des objectifs.
Celui-ci est équipé d’un double objectif : celui du dessus, qui ne sert qu’à la visée, est un Heidosmat de 75mm ouvrant à f3,2 tandis que l’objectif qui prendra la photo est un Schneider Kreuznach Xenar ouvrant à f3,5. Il est construit sur un schéma Tessar.
Pourquoi une différence entre les 2 ? Celui de la visée ouvra plus grand pour faciliter la prise de vue en offrant une meilleure luminosité dans le tunnel de visée, qui reste quand même toujours un peu sombre. Quoique …
Source : 50mmf2. La qualité du viseur est excellente et on peut s’aider d’une loupe pour régler sa visée au millimètre.
Des différents auteurs que j’ai consultés pour écrire cet article, il ressort que le Xenar serait très bon à partir de f8 et au-delà, offrant une foule de détails sur le grand négatif 6×6. Il n’a donc pas à rougir encore une fois face au Rolleiflex, qui en sera d’ailleurs pourvu pour les modèles « d’entrée de gamme ».
Ai-je oublié quelque chose à son sujet ?
J’ai brièvement écris sur le flash mais vous pouvez voir sur les photos qu’il n’y a pas de griffe porte-accessoires. Alors c’était soit un complément à fixer sur l’objectif du haut, soit une plaque à viser par dessous qui portait le flash. Un câble relie alors ce dernier à l’appareil.
Vous aurez pu apercevoir aussi sur les photos un gros point rouge : en fait c’est un mécanisme pour empêcher les surimpressions : si le point est visible c’est que le risque existe car le système n’est pas verrouillé.
Peut-être encore un dernier mot du « sac tout prêt » du Rolleicord. Tout en cuir, il respire la solidité et il est vraiment bien pensé pour protéger le boitier. Je vous avoue qu’en découvrant ce type de TLR j’ai été tenté d’écrire un article uniquement sur ces sacs, tellement certains sont astucieux. Un jour peut-être …
Voilà, je pense avoir fait le tour de l’engin et, surtout, vous avoir donné envie de le découvrir vous aussi.
Car il reste une question : vaut-il mieux se payer un Rolleiflex plus ancien (et plus abordable) ou prendre un Rolleicord plus récent au même prix ?
Faisant fi de tout snobisme déplacé ma réponse est sans équivoque : je prends le Rolleicord.
Vous avez pu lire ses qualités, il vous reste maintenant à le tester par vous-même.
Ah, dernière chose et pas la moindre : le prix ?
Pour un boitier en très bon état avec sa gaine, comptez environ 520€ soit près de la moitié d’un Rolleiflex. De quoi réfléchir …
Pour avoir les deux, j’écris sans ambiguïté que le Rolleicord est un excellent appareil, moins « glamour » que le Rolleiflex (parce qu’il n’a pas la même légende autour de lui) mais tout aussi performant et bien plus accessible.
L’essayer, c’est l’adopter.
Videos d’illustration
Comme ça je prépare un prochain article, à l’avance …
C’est dans une caisse de vide-grenier que j’ai trouvé la boite de celui-ci, bien sale, bien amochée mais plutôt complète.
De retour à la maison, grand nettoyage du tout (il en avait bien besoin) et découverte de ce drôle de reflex.
Pourquoi « drôle » ? Parce que la forme de son capot m’a intrigué par son arrondi qui me faisait presque penser aux vieux Alpa.
Mais puisque c’est un produit de la marque Revue, qui se cache réellement dans ses entrailles ?
Car, souvenez-vous, les produit portant la marque « Revue » sont en effet des « produits blancs » re-badgés par la firme de vente par correspondance allemande Quelle et notamment ici sa filiale photo, Foto-Quelle. Impossible de reprendre ici tout ce que cette firme a produit et distribué. Alors si vous êtes curieux, aller voir sur le site en cliquant sur le mot ci-dessus.
Cet appareil date de 1976. Il est sorti en même temps que le RevueFlex 2002, un Chinon CXII en fait (fabriqué par Cosina).
Mais le 1001, qui est un modèle simplifié, nous allons le voir, ne semble pas avoir de correspondance dans les modèles Chinon. Serait-ce une commande spécifique pour le distributeur Quelle ? Sans doute.
Cosina s’est fait une spécialité de fabriquer des produits que d’autres vont renommer à leur sauce. Fabriqués au Japon, ces appareils sont généralement bons en terme de fiabilité car fait avec du matériel éprouvé, mais ils manquent d’originalité.
De fait, ils « collent » à la clientèle des entreprises qui les commandent. En l’occurrence ici, Foto-Quelle voulait fournir un appareil abordable et pas compliqué à une clientèle spécifique de photographes amateurs.
Donc, ce RevueFlex est un argentique 24×36 qui accepte tous les objectifs en monture M42 (vaste choix d’optiques à prix raisonnables) et qui était livré avec un Revuetar économique de 50mm ouvrant à f2,8. Voilà, vous savez maintenant pourquoi il s’appelle RevueFlex 1001 2,8.
Si le RevueFlex 2002, lancé en même temps, proposait un testeur de batterie et un levier autorisant les expositions multiples, ici il n’en est pas question.
« Bon, mais il propose quoi alors ? »
Il offre la mesure TTL (à travers l’objectif) pour son posemètre intégré au CdS (qui demande une pile).
Sur la droite du viseur, une aiguille bouge en fonction de vos réglages de vitesses ou d’ouvertures et vous devez essayer de la placer au centre des signes + et -, garantie d’une bonne exposition.
La sensibilité de cette cellule peut être réglée de 10 Asa à 1600 (ou Din 11 et 33).
Il propose un obturateur qui offre des vitesses de 1s à 1/1000s, plus la pose B Ce qui le place dans la norme de l’époque.
Sur le dessus, une griffe porte-accessoires avec contact au centre accueille un flash électronique ou à ampoules car il y a deux prises de connexions pour la synchronisation X ou M.
Un retardateur mécanique, sur la face avant, vous permet de faire le 100m en moins de 10secondes si vous voulez être sur la photo.
Dernier raffinement, le déclencheur peut être bloqué en faisant tourner sa base sur la lettre L (lock).
Sous la molette à gauche, pour rembobiner le film, un aide-mémoire hérité du passé vous permet de vous souvenir si vous avez mis un film couleur ou N/B dans la chambre.
Par dessous, la trappe pour la pile, le bouton de débrayage pour rembobiner le film et le filetage pour la fixation d’un trépied.
On ouvre le dos de l’appareil en tirant sur la manivelle de gauche. La bobine réceptrice est faite de telle sorte qu’il soit aisé d’y glisser l’amorce d’un film. Du grand classique en somme.
Le viseur est large à défaut d’être réellement confortable. Comme tous ceux de son époque, il est dépouillé : il n’y a que l’aiguille du posemètre sur la droite, pas d’autres indications.
Mais encore une fois, cela correspondait à la demande de certains photographes amateurs. A la même époque vous aviez les Praktica et les Zenit qui offraient les mêmes services mais ne bénéficiaient pas du marquage « made in Japan » alors reconnu comme gage de qualité.
Ni plus ni moins que le Cosina CX II (avec les restrictions soulignées ci-avant) et quelques autres appareils simples de l’époque, comme le Fujica ST 605, le Praktica MTL 3 ou le Zenit E, par exemple.
Par rapport à ceux-là, il aura l’avantage de sortir du lot avec son look particulier.
Sa manipulation est des plus simples : vous choisissez la vitesse avec le barillet de droite, sur le capot, vous réglez l’ouverture sur la bague de l’objectif, vous corrigez en fonction des mouvements de l’aiguille du posemètre, vous visez et cadrez, clic-clac, c’est dans la boite !
Pour le reste, sa monture en M42 vous autorise à piocher dans l’immense parc optique dédié et à trouver de petites perles qui feront oublier la rusticité de l’ensemble. Rappelez-vous, un appareil photo, c’est une chambre noire et c’est la qualité de l’optique qui fait la différence. Ici, vous aurez le choix de vous faire plaisir à prix tout doux.
Et tant qu’à parler de prix, cet appareil devrait se négocier autour des 30€ maximum, avec un objectif de 50mm. Mais, à ma connaissance, on n’en trouve pas souvent sauf peut-être sur le marché allemand, terre de Foto-Quelle.
Une caisse en tôle, vert kaki, lourde (+/- 6kg5) avec, au dessus de la poignée en cuir, une inscription en écriture cyrillique et un gros bouton cranté, noir, en dessous.
Caisse à outils ? Caisse avec un kit de survie de l’armée russe ? … surprise, il s’agit d’un kit photographique !
En fait, ce kit ФС-12 (FS-12) se compose d’un boîtier reflex Zenit 12S, d’un fût métallique avec poignée pistolet, d’une crosse d’épaule métallique, d’un objectif standard Helios-44M-4 de 58 mm, d’un téléobjectif Tair-3S de 300 mm, d’un filtre UV, de deux filtres jaunes, d’un filtre orange, d’un filtre vert, de deux tournevis et deux cartouches à remplir de pellicules photo format 24 x 36. Non, ne cherchez pas, il manque le raton laveur de Prévert !
Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser les Russes à créer cet ensemble et quand leur est venue cette idée saugrenue ?
Déjà avant la guerre 40 – 45, l’armée russe avait envisagé le montage d’un appareil photo sur une crosse de fusil. C’est l’entreprise GOI (Leningrad) qui envisageât cet assemblage avec un Fed modifié, une crosse de fusil et un téléobjectif Tair arrangé. Ainsi naquit le FS-1 vers 1937. Plutôt prototype que réel outil à usage militaire, mais l’idée était là.
C’est lors du siège de Stalingrad (du 11 juillet ’42 au 02 février ’43, 2.000.000 de morts) que le rôle du Sniper (tireur d’élite militaire) a été démontré, tout comme la reconnaissance des positions adverses avant de lancer une contre-attaque.
L’état-major russe décide d’équiper les troupes de reconnaissance d’un appareil photographique robuste et performant, qui doit pouvoir être mis en œuvre par le soldat, aussi rapidement que son fusil.
Ainsi naquit le FS-2, un appareil FED (copie du Leica II … allemand) fournit par GOI (qui avait déjà envisagé le FS-1, souvenez-vous), que l’on modifie en lui adjoignant une crosse en bois de fusil Mosin-Nagant, le fusil en dotation de l’armée soviétique.
On garde même le mécanisme de détente, qui est alors relié au déclencheur de l’appareil. Il sera muni, en guise de « canon » d’un objectif Tair-2 de 300mm ouvrant à f4,5. Ce premier appareil sera fabriqué à 300 exemplaires environ, de 1943 à 1945.
Fin de la seconde guerre mondiale, nait une autre guerre, celle que l’on a qualifiée de « froide » (1945 – 1989). Période trouble où un pouvoir occulte et dangereux, le KGB, va se réserver l’utilisation de ces appareils pour ses surveillances.
Cependant, ce type de matériel va perdre de sa valeur stratégique assez rapidement, les progrès en matière d’espionnage sont rapides et plus … discrets.
Une version modernisée, appelée FS-3 sera fabriquée et destinée au marché civil ainsi qu’à l’exportation. Cette version sera fabriquée de 1965 à 1969 et comprend le kit que nous connaissons aujourd’hui : un objectif standard de 58mm, un téléobjectif de 300mm, des filtres, des pièces de la crosse, des accessoires de montage, le tout logé dans une mallette métallique. L’appareil photo est un Zenit E légèrement modifié car c’est dorénavant KMZ qui fournit les boitiers.
Pour la petite histoire, le Zenit E sera sans doute le réflex le plus produit au monde : 8.000.000 d’exemplaires, un record !
Plus tard, la mallette sera remplacée par un sac en cuir, puis de nouveau un container en métal pour la dernière version, le FS-12. Cette dernière série sera produite de 1982 à 1995 à 110.000 exemplaires, selon les sources. Normalement, on peut aussi porter le container comme un sac à dos, grâce aux lanières en cuir qui sont fournies avec l’appareil et que l’on glisse dans des encoches. Heu … très inconfortable !
Et, selon la légende, c’est parce que Nikita Khrouchtchev avait casé son FS-3 et qu’il voulait le remplacer que KZM relança la production du Photo Sniper.
Le dernier kit se compose cette fois d’un boitier Zenit 12 XPS (1995), d’un fut métallique avec poignée pistolet, un crosse d’épaule à monter sur le fut, un objectif standard Helios – 44M-4 de 58mm, un télé-objectif Tair-3S de 300mm, d’un filtre UV, de deux filtres jaunes, d’un filtre orange, d’un filtre vert, de deux tournevis et deux pellicules photo format 24 x 36 deux bobines vides à remplir soi-même ou deux bobines « commerciales ».
Monté sur sa crosse d’épaule, le Photo Sniper FS-12 mesure 603mm (réglage maximum) et pèse 2,9kg. Même si le fait de le porter avec une crosse rend le port plus confortable, le poids est là ! L’idéal, c’est de la fixer sur un trépied (le zoom possède une bague à cet effet).
L’appareil qui équipe cet dernier ensemble est une version simplifiée, la 12 XPS, du modèle le plus évolué du Zenit, le 12 XP. Vous verrez souvent la lettre « S » accolée aux modèles Zénit des Photo Sniper, pour noter cette simplification.
Ah oui, vous verrez le nom de ce kit orthographié soit Photo Sniper soit Foto Snaiper. Ne vous tracassez pas, c’est le même mais il semble que la traduction de ФОТО СНАЙПЕР soit littérale (Foto Snaiper) ou destinée aux exportations (dans un premier temps limitées aux pays du Pacte de Varsovie) et donc en anglais (Photo Sniper en lettres latines).
Revenons un instant sur l’année 1965, celle où KMZ introduit le Zenit E à monture M42 (à viser) : placé dans le montage du Photo Sniper, il devient Zenit ES. On place un déclencheur supplémentaire dans la base afin que l’appareil photo puisse être déclenché par la gâchette. Le gros téléobjectif Tair 300mm ouvrant à f4,5 reçoit aussi un montage particulier pour la mise au point, effectuée par un cadran situé sous la crosse et une seconde molette permet de régler l’ouverture. Pas évident à manipuler mais avec un peu d’habitude … (voir vidéos en dessous pour mieux comprendre).
Lors de la prise de photos, une main tient l’appareil photo par la poignée pistolet et l’appuie fermement contre l’épaule, tandis que l’autre main est libre pour soutenir l’extrémité avant de la crosse (le fut) et régler le bouton de mise au point. Le Tair-3 est doté d’un diaphragme à ressort avec présélection, qui se déclenche en même temps que l’appareil photo grâce à un ingénieux mécanisme. C’est un diaphragme semi-automatique et doit être armé à chaque prise de vue. Enfin, lorsqu’on appuie sur la gâchette, un cliquet libère la commande du diaphragme, tandis qu’un autre cliquet actionne l’obturateur de l’appareil photo modifié.
Source : Vintagelensforvideo, le mécanisme particulier pour le réglage du téléobjectif.
Cet ensemble, le FS-3 donc, sera produit à environ 100.000 exemplaires et finalement, peu finiront dans les forces armées.
Il faudra attendre 1982 pour voir arriver un nouveau modèle, équipé cette fois d’un Zenit 12 SLR soit une version mise à jour du bon vieux Zenit E. Par exemple, son posemètre au sélénium sera remplacé par un au CdS, alimenté par une pile, plus sensible et précis.
Cet équipage sera produit à environ 112.000 exemplaires, un record !
L’histoire se termine en 1995 avec la dernière itération du Zénit, le 122 SLR (ça ressemble à une dénomination de carabine !). Ce sera le FS-122 équipée comme nous l’avons vu du Zenit 12XPS.
Ne comptons pas le nombre de prototypes envisagés qui bien souvent associaient des appareils plus évolués, comme le Zenit 16, un semi-automatique, ou le Zenit 19 au montage particulier du Photo Sniper.
Finalement, la fin de la guerre froide, la chute du mur de Berlin auront raison de cet appareil encore trop souvent associé au KGB qui, en fait, l’a sans doute très peu utilisé : il n’est vraiment pas très discret !
Que penser de ce Photo Sniper ?
Il est original et ressemble plus à un lance-roquette qu’à un appareil photo. Ce qui le rend souvent voyant et sans doute plus à l’aise dans un marché d’armes du côté de Kaboul que dans une bourse photo (quoique le mien sera à Occaphot Bruxelles du 03 décembre ’23).
Mais avant de le proposer à la vente, petit tour de l’engin.
Ce FS-12 est encore assez proche du FS-3, ses composants ont juste été mis à jour. Il date des années quatre-vingt.
Par exemple le boitier est maintenant un Zenit 12S qui propose la mesure de la lumière à travers l’objectif (TTL).
L’objectif de base est aussi revu : c’est toujours un Hellios 44 mais devenu 44-M4 de 58mm ouvrant à f 2. Et évidemment, le téléobjectif Tair suit le mouvement. C’est maintenant un Tair-3S toujours de 300mm ouvrant à f4,5. Ces objectifs ont besoin d’une connexion électrique avec le boitier pour permettre au posemètre de lire correctement la lumière.
Ne nous y trompons pas, le Zenit 12, et sa variante destinée au Photo Sniper, le 12S, est un appareil rare. Environ 90.000 exemplaires ont été fabriqué de ce semi automatique dans la période de 1983 à 1988.
C’est donc un appareil TTL avec un obturateur à rideau qui donne les vitesses de 1/30s – 1/60s – 1/125s – 1/250s – 1/500s et la pose B. L’affichage de la mesure de lumière se fait avec des diodes et non plus une aiguille.
Ce sera le Zenit 12 XPS qui est la version d’exportation du modèle 12 CD, qui fermera la production. Le boitier 12XP sera produit à plus d’un million d’exemplaires. Le 12 CD, réservé au « marché » soviétique sera aussi produit à un million d’exemplaires.
Petit aparté intéressant : la plupart des Zenit ont été produits en grande série :
et le premier a été le Zenit 3M avec 781.678 unités,
puis le Zenit E avec plus de 8.000.000,
le Zenit B avec 889.000 unités,
le Zenit ET avec environ 3.000.000 unités,
le Zenit EM avec 979.140 unités,
le Zenit 11 avec environ 1.500.000 unités,
le TTL avec 1.632.212 unités,
le Zenit 12XP, plus d’1.000.000,
tandis que le Zenit 12 arrivait seulement à 94 489 unités.
N’oublions pas que les appareils Zenit, avec les Praktica, offraient la possibilité aux photographes amateurs de s’équiper à moindre coût d’appareils robustes, pas forcément « glamour » mais qui ont fait leurs preuves au fil du temps (même si la réputation de quelques modèles a donné des sueurs froides à quelques uns).
En combo avec l’Helios 44 M-4, il délivre d’excellents clichés avec un bokeh assez fantastique. N’étant pas spécialiste en objectif, je vous renvoie avec plaisir sur l’excellent site de Radojuva qui en fait une série de présentations et analyses fines.
Bien évidemment, le téléobjectif Tair 3 S n’est pas en reste : il propose un diaphragme à iris assez rond (16 lames). Ses éléments sont de qualité et montés avec précision. Normalement la distance minimale de mise au point est de 2,2m mais la version optimisée pour le Photo Sniper allonge celle-ci à 3,3m mais il propose un meilleur revêtement des lentilles pour des images encore plus qualitatives.
Voilà donc un ensemble étonnant, qui intrigue toujours autant les amateurs d’appareils « différents ».
Son origine belliqueuse s’est adoucie au fil du temps et il reste un appareil particulier qu’il faut prendre le temps d’appréhender. Pas qu’il soit « difficile » à utiliser, mais disons que sa présentation générale demande un petit temps d’accommodation.
Maintenant, comme l’ont souligné avec humour plusieurs des sources consultées, évitez de le sortir lors d’une manifestation, vous risqueriez d’être pris à partie tant par les forces de l’ordre que par certains manifestants peu au fait de l’histoire du matériel photographique.
Se pose alors la question : est-ce vraiment un appareil utilisable ?
La réponse est claire : oui, sans restrictions. C’est un très bon appareil, certes rustique et assez lourd, mais la qualité de ses optiques est reconnue et le boitier ne s’en sort pas si mal.
Il faut juste oser le sortir, si vous en trouvez un à prix raisonnable et complet. Normalement, comptez environ 280€ pour un tel ensemble, ce qui n’est pas exorbitant, vous en conviendrez.
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