Argentique

Le Nikon FM : un argentique recherché

Préambule.

Parfois les planètes s’alignent, on ne sait pourquoi … Toujours est-il qu’après les FG et FA précédent, j’ai trouvé sur la brocante de Braine-l’Alleud ce bel exemplaire de Nikon FM.

Toute petite négociation car le prix était très attrayant et hop, dans le sac à dos, où il est bien seul. Comme le faisait remarquer Olivier, j’ai parfois l’impression, comme lui, que la source se tarit. Mais ça dépend des jours et des … brocantes.

Parfois il n’y a rien à se mettre sous les yeux et parfois on ne sait pas où donner de la tête et des mains, en tout cas pour être dans les premiers à trouver de belles affaires, en connaisseurs. Franchement, ce qui m’agace le plus, se sont ces gens qui achètent en lot, sans savoir ce qu’il y a dans ledit lot et qui essaieront ensuite de revendre à la pièce parce qu‘ils ont été voir le prix sur Internet mais qui sont incapables de faire la différence entre 2 Zeiss Ikon, par exemple. Quel gâchis souvent !

Un peu d’histoire.

Ici encore, je vous la fait courte parce que justement je me suis épanché dans les articles sur les Nikon FG et FA précités mais aussi sur le Nikon F2S et le Nikkormat FTn.

Pour plus de clarté, je reprends encore le tableau ci-dessous (merci Collection-appareils) :

Le Nikon FM fait partie des boitiers de moyenne gamme, destinés aux amateurs très exigeants et des pro en recherche d’un second boitier sérieux.

Il est dans la succession du Nikkormat déjà cité, un peu plus moderne et compact que son aîné. Fabriqué de 1977 à 1982 (commercialisé en mai 1977), il succède au Nikkormat FT3 et il sera le premier d’une lignée (FM, FE, FM2, FE2, FA et FM3A) qui perdurera jusqu’en 2006.

Source : Kamera museum, Photo : Ralf Peter Müller

Cet appareil, destiné au grand public exigeant, ne renie en rien la qualité de fabrication et le sérieux des ingénieurs nippons. Il permettait d’entrer dans le monde Nikon sans casser (trop) sa tirelire et en bénéficiant du sérieux de la maison.

A l’époque, ses grands concurrents se nommaient Olympus OM-2, Pentax MX, Canon AE-1 et Minolta XE, bien que, si on veut rester objectif, il commençait à dater un peu, surtout dans les dernières années de sa production.

Il inaugure le nouveau système de couplage du posemètre AI (Aperture Index) développé par Nikon et un nouveau design, plus compact et léger. Son corps, réalisé en un amalgame cuivre/alu, est solide. Ce châssis sera celui de nombreux autres appareils moyen de gamme de la marque.

De fait, la célèbre monture F évolue et elle autorise un couplage entre le boîtier et le diaphragme totalement automatique sans l’utilisation des « oreilles de lapin », classiques des objectifs non AI.

Si on y regarde de près, le Nikon FE et le FM sont comme de faux jumeaux : ils partagent le même châssis, les mêmes dimensions externes, les mêmes contrôles généraux et les mêmes spécifications de base, et la même conception globale. De fait, si vous enlevez simplement l’électronique du FE, vous avez un FM.

Je pose ici un nouvel aparté car l’Histoire de la photographie s’invite dans notre réflexion. A l’inverse du milieu automobile où la course a nourri les voitures de Monsieur Tout le Monde, en photographie, les constructeurs sont partis des demandes des amateurs pour faire évoluer leurs appareils. Ainsi les appareils ont perfectionnés leurs viseurs, télémétriques ou réflex ; les tailles des boitiers se sont condensées pour un port plus agréable ; le chargement des films s’est simplifié ; la mise au point s’est améliorée jusqu’à devenir automatisée (AF) ; la contrainte de juger de la qualité de la lumière s’est déplacée vers des cellules embarquées de plus en plus performantes ; la rapidité des prises de vue s’est affranchie du levier d’armement pour embarquer des moteurs de plus en plus silencieux et performants, etc.

Toutefois, n’en déplaise à certains, Nikon a toujours fabriqué d’excellents appareils, techniquement parlant, presque parfait pour leur fiabilité et leur précision (voir l’histoire du mythique F) mais la marque n’aime pas prendre de risques ni se lancer dans des innovations comme ont pu le faire Minolta, Fujica, Pentax, Miranda, par exemple.

Au moment de lancer le Nikon F, ils ont été confronté à un choix : se lancer dans des innovations peut-être éphémères, des gadgets peu utiles ou rester dans un conformisme rassurant mais susceptible de leur faire perdre des parts de marché.

Ils ont opté pour un entre-deux, plus Normand que Nippon : leur nouvel appareil serait simple, extrêmement bien construit, fiable, construit dans une robe nouvelle, dans l’ère du temps. Un appareil qui donnera l’impression aux amateurs d’être comme des professionnels de l’image, avec un boitier très sérieux. Et, concession à la nouveauté, les Led dans le viseur pour contrôler la luminosité. Puisque nous en sommes à faire les fous, on ajoute un petit bouton, près du levier d’armement pour pouvoir exécuter facilement des expositions multiples que Lomography ne renierait pas !

Finalement, la légende du Nikon FM tient plus à sa qualité de construction et sa fiabilité qu’à son audace novatrice, même si quelques améliorations ont pu conforter sa notoriété. Et, à l’époque, les gens de Nikon ne se sont pas trop trompés : les clients préféraient un appareil sûr, qui allait les accompagner longtemps et fidèlement.

Présentation du Nikon FM.

Ne cherchez pas un logo sur la face avant ou le prisme, le FM se fait discret. Ces deux lettres sont inscrites à côtés du numéro de série, à l’arrière, sous le levier d’armement.

C’est un appareil entièrement mécanique, qui peut fonctionner sans piles, celles-ci étant seulement destinées à alimenter la cellule. Et tant qu’à parler alimentation, deux LR44 suffisent.

Selon les critères de l’époque, il est très classique, voyez ce croquis annoté ci-dessous :

Source : Mes appareils photo.

Ah, que j’aimerais retrouver cette simplicité dans nos appareils modernes, bardés de fonctions, de trucs et de machins qui en arrivent aux mêmes résultats : savoir gérer le triangle d’exposition, c’est-à-dire la lumière, la vitesse, la sensibilité.

Petit aparté à ce sujet ; j’ai récemment eu l’opportunité de faire l’acquisition d’un Nikon Z Fc. Sa présentation et la manière de l’appréhender sont très proches de cet appareil. Même son design parait être un clone moderne. Je crois que, comme les Fuji XT et le dernier Fuji EX-5, c’est une idée qui mérite d’être suivie car elle permet de se concentrer sur l’essentiel : faire une photo pensée, réfléchie.

Mais revenons à notre bon vieux FM : bien qu’il semble conventionnel, ce boitier est entièrement parti d’une feuille blanche, pour de nouveaux concepts. Par exemple, sa taille, bien plus petite que les prédécesseurs Nikkormat. Sa conception même a fait appel à une réduction drastique du nombre de pièces internes, afin d’alléger l’ensemble mais aussi pour réduire les couts de fabrication.

Source : Nikonclassic. Si, si, je vous assure, il y a moins de pièces qu’avant !

Toutefois, il s’inscrit d’office dans le vaste système Nikon des objectifs F, des flashs et de moteurs d’entrainement (le défaut des Nikkormats, qui n’avaient reçus sur le tard qu’un ré-armeur bien lent), à savoir en l’occurrence le MD-11 et le MD-12. En effet, ce modèle est prévu, mécaniquement, pour recevoir l’ajout d’un moteur ; un dos dateur, le MF-12 pouvait être ajouté (date et heure).

Contrairement aux appareils destinés aux professionnels, on ne peut pas ici retirer et changer le prisme. Par contre, on peut changer les verres de visées, selon ses habitudes ou ses besoins. Pratique je vous écrivais.

Pour le reste, du conventionnel bien pensé, comme l’obturateur à plan focal vertical, qui donne des vitesses de 1s jusqu’au 1/1000s, plus pose B et retardateur de 10s (levier en façade). La synchro flash est fixé au 1/125s. Un levier, à côté du fut d’objectif, permet d’estimer la profondeur de champ.

Le viseur couvre 93% du cadre avec un grossissement de 0,86x. A l’intérieur du viseur, en un seul coup d’œil, vous avez accès aux éléments utiles pour votre prise de vue : en haut, l’ouverture choisie ; à gauche, la vitesse ; et à droite, l’échelle avec les diodes qui vous indiqueront une sur ou sous exposition.

À l’aide d’une paire de photodiodes au gallium logées juste à côté de l’oculaire, le système dispose du modèle de détection standard 60/40 avec pondération centrale. La plage de sensibilité est de 12 à 32000 Iso.

le circuit de mesure

Comme je l’écrivais ici plus haut, la petite innovation ce sont les petites lampes LED, bien visibles quelles que soient les conditions de lumière et en tout cas bien plus facile à lire que les anciennes versions à aiguille flottante.

Autre détail bien pensé, la mise sous tension de la cellule se fait lorsque vous écartez le levier d’armement du boitier, ce qui facilite aussi sa prise rapide en cas de photos rythmées. Ne pas oublier dès lors de bien le rabattre pour économiser les piles.

Le petit bouton coulissant, à côté du levier d’armement permet de faire, simplement, autant d’expositions que voulues sur la même image.

Enfin, par dessous, les contacts électriques bien visibles indiquent que l’on peut monter un moteur, le MD-12, pour atteindre les 3,5 ips (images par seconde).

Encore un mot sur ce qui pourrait n’être qu’un effet stylistique : la forme du support du prisme autorise toujours le montage des anciennes optiques F (pré-AI), celles avec les oreilles de lapin. Un onglet sur le pourtour de la monture permet toujours leur utilisation, à condition de composer diaphragme fermé.

Le système AI pour indexation d’ouverture maximale automatique autorise un couplage d’ouverture entre une optique Nikkor et la cellule. La mesure se fait à travers l’objectif (TTL). La force de ce système est de permettre la réversion de compatibilité et donc de toujours pouvoir utiliser une ancienne optique.

La modification des dispositifs de couplage a permit de renouveler tous les anciens modèles : le Nikon F2 Photomic est devenu le Nikon F2 Photomic A, le Nikomat/Nikkormat FT2 est devenu le Nikomat/Nikkormat FT3 , et le Nikomat/Nikkormat EL est devenu le Nikon EL2. On dit merci qui ? Le Nikon FM !

Pour ouvrir le dos de l’appareil et le charger d’une pellicule, comme d’habitude, vous tirez sur la bobine de rembobinage mais comme il y a une sécurité, il faut faire tourner la couronne autour de la manivelle, pour la déverrouiller.

Voilà, nous avons fait le tour de l’engin.

Que penser de ce Nikon FM ?

C’est un appareil que l’on prend plaisir à regarder, à toucher, à sentir. C’est fabriqué avec minutie et sérieux, fait pour durer une éternité si on y prend soin. Amoureux de belle mécanique, c’est un boitier incontournable.

Les commandes sont douces, précises, sans rien de superflu, que de l’essentiel mais judicieusement disposé pour que vous puissiez vous concentrer sur votre image.

Je parle souvent, sur le site, de boitier école : pour moi, celui-ci en fait clairement partie, et je ne suis pas le seul à le penser (voir la seconde vidéo ci-dessous).

En 1982, la marque proposera un FM2, qui reprend les caractéristiques de ce boitier bien né, et le fait doucement évoluer avec, notamment, un obturateur en titane, qui propose des vitesses de 1s à 1/4000s.

Il sera produit à des millions d’exemplaires, il n’est donc pas vraiment rare, mais sa robustesse et sa fiabilité renforce sa cote malgré le temps qui passe. Pour un bel exemplaire avec un objectif Nikkor, comptez quand même dans les 200€ en version bis-tons ou noire.

Publicité d’époque.

Source : Collection-appareils. Cliquez sur l’image pour ouvrir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FM, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-907-Nikon_FM.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Nikon-FM.htm, https://www.lomography.fr/magazine/78087-nikon-fm, https://35mm-compact.com/reflex/nikon-fm.htm, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Nikon_FM, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/nikonfmseries/fm/index.htm, https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/cousins09-e/, https://casualphotophile.com/2018/05/11/nikon-fm-35mm-film-camera-review/, https://www.kenrockwell.com/nikon/fefm.htm en anglais ; https://nikonclassics-michalke.de/blog/?p=613, https://kameramuseum.de/objekte/nikon-fm/, en allemand

Argentique

Le Canon Eos 300X : un argentique tellement moderne

Préambule.

Celui-ci, ça faisait un moment que je le cherchais. J’ai souvent trouvé des 300 et 300N mais le dernier des Eos argentique m’échappais toujours.

Cette fois, j’en ai trouvé un, avec sa boite et un grip, lui aussi avec son emballage. C’est dire qu’ils ont peu servi … Je m’étais égaré dans un Cash Converter où ils le bradaient à un prix ridicule, personne ne s’intéressant à lui depuis des mois. Une bonne intuition ce jour-là.

Il est le dernier X, avec film !

Un peu d’histoire.

Rassurez-vous, je ne fais pas vous refaire toute l’histoire de Canon, un article n’y suffirait pas.

Vous retrouverez les grandes lignes dans les articles consacrés à l’Eos 300 (pas de 300N hélas, je l’ai vendu avant d’avoir pu faire l’article) et à l’Eos 300V. J’y notais que la série des Eos 300 a été une des meilleures séries de la marque : légers, performants, rapides, avec un autofocus prédictif à la pointe, une ergonomie soignée qui autorise à photographier d’une main si besoin, faciles à utiliser avec tous les modes que nous connaissons aujourd’hui, déjà installés. Bref, un best-seller qui allait passer la main en septembre 2004 (date de sortie de l’Eos 300X) devant les premiers Eos numériques (le premier Canon numérique entièrement dû à la marque fut le Canon Eos D30, apparu en 2000).

Un an avant (2003) donc, Canon sortait un Eos 300D de 6,1Mpx. Il allait signer la fin des appareils argentiques destinés au grand public. L’Eos 300D était un APS-C qui, heureusement, allait pouvoir réutiliser les optiques EF des anciens Eos, avec toutefois un coefficient de conversion de x1,62, ces optiques ayant été pensées pour l’équivalent des full frame, c’est-à-dire la taille du film 24x36mm.

Pour mémoire, le système EOS (Electro-Optical System) a tout changé dans la gamme Canon car il abandonnait la monture FD pour la EF à moteur intégré (USM). Les nouveaux Eos sont des appareils modernes qui embarquent une électronique sophistiquée, dotés d’un autofocus rapide et précis, notamment grâce à la communication tout électrique des boitiers vers les optiques et réciproquement.

Il n’y a plus de compatibilité avec les optiques FD et leur petite came qui dépassait à l’arrière, qui faisait la liaison avec les boitiers. Sauf à utiliser des bagues de conversion.

Le design de la gamme Eos s’inspire du T90, dû à Colani (inventeur du bio-design), le dernier appareil avec l’ancienne monture.

Présentation du Canon Eos 300X et du grip BP-220.

Comme d’habitude, si cet appareil s’appelle Eos 300X en Europe, il se nomme Rebel T2 aux USA et Eos Kiss 7 au Japon.

Il est donc le successeur du Canon Eos 300V dont il reprend les codes de design, mais son micro-processeur en est à la version trois, plus rapide. Ce qui accélère la réactivité de l’autofocus, qui peut travailler dans les 3 modes One-Shot, Servo-Ai et Ai Focus.

Cet appareil rattrape de cette façon la gamme des appareils destinés aux experts, les EOS 30/33, mais il reste un appareil destiné aux amateurs.

Et, surtout, il répond au dernier sursaut de Nikon avec son F75, lui aussi destiné aux consommateurs amateurs. Si les Eos 500 et Eos 300 distançaient le Nikon F70, la marque jaune voulait un baroud d’honneur avant elle aussi de passer au numérique. Canon allait réagir …

Si je devais résumer la position de cet appareil, c’est qu’il possède en son sein la technologie dernier cri de la marque, presque à jeu égal avec les appareils destinés aux experts très exigeants (de ce fait, certaines fonctions sont bridées) mais habillé dans une robe considérée comme légère, tout en plastique (sauf la monture, en acier), qui se griffe vite et perd alors de sa superbe, même si la technologie embarquée n’en souffre pas.

Voyons ça de plus près, en reprenant les points essentiels.

Commençons par la mise au point automatique, basée sur 7 collimateurs AF, que l’on peut sélectionner individuellement. Ce sont des capteurs croisés, plus précis car ils utilisent 2 capteurs pour donner un meilleur positionnement. Ce sont des capteurs CMOS TTL-CT-STR (TTL Cross Type secondary image registration) – ouf !

L’appareil possède un aperçu DoF (aperçu de la profondeur de champ), pas souvent mis en avant sur des appareils destinés aux amateurs.

Puis, un mot sur le calcul de l’exposition, autrefois chasse gardée de Nikon avec sa mesure matricielle. Ici, Canon travaille sur 35 zones (au lieu de 25 pour le F75), en plus d’une mesure spot et une pondérée centrale.

Ensuite, l’obturateur travaille de 30s au 1/4000s (le Nikon plafonne au 1/2000s). Il y a bien sûr la pose B, un retardateur (10s), avec télécommande si besoin. Si on ajoute la synchro flash au 1/125s, on n’est plus vraiment dans les performances habituelles de l’entrée de gamme.

Comme souvent, l’appareil lit le codage DX des films, de 25 à 5000Iso et on peut toujours faire un réglage manuel entre 6 et 6400Iso. On peut aussi faire une compensation d’exposition de 3EV, par demi-crans, en plus ou en moins.

Le viseur est un pentamiroir (pas un pentaprisme, question de budget) qui reste étonnamment lumineux, avec une couverture de 90%. L’affichage reprend le verrouillage de la mise au point, la vitesse, l’ouverture, la compensation EV, des infos sur le flash et le blocage de l’exposition (AEL = Auto Exposure Lock).

Vous verrez des petits carrés piqués d’une LED rouge dans le viseur, ce sont eux qui vous indiquent si la mise au point est bonne.


Un mot aussi sur le flash, pop-up (qui sort automatiquement ou manuellement). Sa sensibilité est de 13GN pour 100Iso, ce qui est très raisonnable. La vitesse de synchronisation est fixée au 1/125s. Mais comme l’appareil est dit E-TTL 2 (calcul à travers l’objectif), vous pouvez utiliser les excellents flashs de la série Speedlite EX – xxx et vous obtiendrez une synchro flash à haute vitesse si besoin. N’oublions pas que dans les Eos la communication se fait du boitier ver l’optique et inversement : les informations sur la distance et l’ouverture permettent d’affiner la puissance du flash intégré ou des flashs externes pour un meilleur équilibre entre le sujet et l’arrière-plan.

Pour alimenter tout ça, le boitier demande 2 piles CR2. On peut s’en passer si on ajoute un grip, comme ici, le BP 220 qui ingère 4 piles AA très communes. Il faut pour cela ouvrir la petite porte du compartiment piles et y glisser la tige du grip, l’attacher au boitier par la vis de serrage et le tour est joué.

L’ergonomie est classique des Canon et les boutons, molette de réglage des fonctions, molette de réglages particuliers, le trèfle à l’arrière sont facilement accessibles et judicieusement placés.

A l’arrière, un grand écran(30x30mm) qui, éteint, pourrait faire penser à un numérique, nous renseigne sur les fonctions choisies. L’écran est rétro éclairé si besoin pour favoriser les réglages quand la lumière manque. Il donne accès à des fonctions comme le réglage des Iso, la compensation d’exposition, la suppression du bip de mise au point, en plus de 6 autres paramètres personnalisables (réglage des zones de mise au point) ou paramètres du flash. Deux fonctions, bien utiles aux distraits auxquels je me compte : impossible de déclencher si on a oublié de mettre un film dans l’appareil ou s’il n’y a pas d’optique fixée.

La grande roue PSAM reprend les mode habituels de Canon : programme P, modifiable, ou rectangle vert pour le programme tout automatique ; priorité vitesse (Tv), priorité ouverture (Av) et manuel (M). Viennent ensuite s’ajouter les modes dits créatifs : portrait, portrait de nuit, macro, sport et une spécialité maison, le A-DEP qui permet de juger de la profondeur de champ optimale entre deux points, l’un situé au loin et l’autre plus près du sujet. N’oublions pas la possibilité de désactiver le flash.

Je reviens (encore !) sur la monture EF car elle vous permet de choisir dans un immense catalogue d’optiques généralement très bonnes, y compris les fameuses séries L (pro). Les objectifs plus anciens peuvent encore être utilisés, moyennant des bagues d’adaptation et en acceptant de perdre certaines fonctionnalités. Vous perdrez l’autofocus mais garderez une mesure en mode stop down (calcul de la luminosité) si vous êtes en mode Tv.

Compact et léger (365gr), il possède une poignée encore plus ergonomique que celle de son prédécesseur. Toutes les commandes ont été regroupées d’un côté de l’appareil ce qui permet de l’utiliser à une main si besoin. Un bip vous avertira aussi si à main levée vous êtes à la limite du flou.

Enfin, le chargement a été simplifié au maximum : vous posez la bobine dans la chambre, vous tirez sur l’amorce pour l’amener à la tête de flèche et puis vous refermez le tout. Le boitier se charge de charger (c’est le cas de l’écrire) le film correctement. On dit merci qui ?

Publicité d’époque.

Que penser de cet Eos 300X ?

Je l’ai acheté muni du grip d’origine BP 220 qui, s’il améliore l’alimentation de l’appareil, assure aussi une très bonne tenue en mains mais a tendance à déséquilibrer le tout lorsqu’un objectif un peu long, comme le 28 – 90 du kit, est monté : il pique du nez ! Rien de grave, mais à ne pas oublier quand on le pose sur une surface plane. Ce grip n’augmente pas la vitesse en déclenchements continus ou rafale.

Avec ou sans cet appendice, l’appareil est agréable à tenir en mains, facile d’usage. Finalement, il contient tout le savoir faire de Canon en appareil argentique mais sous une robe non professionnelle, c’est-à-dire en plastique non renforcé, sans joints d’étanchéité, avec quelques fonctions bridées mais avec les mêmes ingrédients que les Eos 30/33, voire Eos 3.

Avec lui vous ne prenez pas de risque : selon le choix du programme que vous faites vous aurez toutes les chances que les réglages soient justes et vos photos réussies, tout en ayant en mains un appareil très proche des standards actuels et des commandes que l’on utilise encore presque comme à l’époque de son lancement, il y a vingt ans. Presque hier en somme …

Je pense l’avoir déjà écris souvent dans ce blog, si vous voulez vous lancer dans l’argentique sans avoir connu ce milieu auparavant, donnez-vous toutes les chances de réussir vos images pour ne pas vous décourager. Les réglages des appareils plus vieux (années septante et quatre-vingt) n’ont rien d’ésotériques mais un minimum de compréhension de ceux-ci est nécessaire pour tirer la quintessence de ces anciens boitiers. Ici, pas de casse-tête mais des menus simples et assez évidents.

En plus, cet Eos possède une fonction que j’aime beaucoup : lorsque vous chargez un film dedans, celui-ci précharge le film et le dévide vers la bobine réceptrice au fur et à mesure. L’avantage est énorme : en cas d’ouverture intempestive du dos, seules les photos non encore exposées seront voilées.

Ensuite, ces appareils n’ont pas encore vraiment le statut d’anciens et donc ils ne sont pas encore très recherchés, avec dès lors des prix attractifs. Comptez environ 40€ pour un très bel exemplaire avec un objectif (souvent ceux du kit d’origine). Ça ne va pas vous ruiner et vous ferez des économies sur les photos que vous réussirez presque toutes à coup sûr.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

  1. AF One-Shot : l’appareil photo verrouille la mise au point sur les sujets immobiles
  2. AI Servo AF : l’appareil photo suit en permanence les sujets en mouvement
  3. AF AI Focus : l’appareil photo évalue le sujet et sélectionne automatiquement l’AF One-Shot ou l’AF AI Servo.
    L’autofocus est activé en enfonçant le déclencheur à mi-course
    Plage de travail AF EV 1-18 (à 100 ISO)
    Méthode d’assistance AF Via le flash intégré : émet des impulsions répétées de faible luminosité si le flash est levé.
    Contrôle de l’exposition
    Modes de mesure 1. Mesure TTL à pleine ouverture à l’aide d’un SPC (cellule photoélectrique au silicium) à 35 zones. Trois modèles de mesure disponibles.
    a. Mesure évaluative à 35 zones.
    b. Mesure partielle centrale qui couvre environ 9,5 % de la surface du viseur.
    c. Mesure moyenne pondérée centrale (réglée automatiquement en mode M)
  4. E-TTL II : mesure du préflash sur 35 zones à l’aide des flashs macro Speedlite 550EX, 420EX, 220EX ou EX MR-14EX ou MT-24EX. Flashs Speedlite de la série EX ou flash intégré requis.
    Plage de mesure EV 1-20 (avec objectif 50 mm f1.4 à 100 ISO)
    Modes d’exposition 1. Programme AE intelligent avec décalage variable (P)
  5. Priorité à la vitesse d’obturation : AE (Tv)
  6. Priorité à l’ouverture AE (Av)
  7. DEP AUTOMATIQUE (A-DEP)
  8. Entièrement automatique (programme intelligent AE, non décalable)
  9. Modes de zone d’image programmés : portrait, paysage, gros plan, sport, portrait de nuit et flash désactivé
  10. Programme E-TTL II FLASH AE
  11. Réglage manuel aidé par la cellule
    Exposition multiple : jusqu’à 9 expositions peuvent être préréglées. Effacement automatiquement une fois terminé. Annulable à mi-chemin
    Compensation d’exposition 1. Bracketing d’exposition automatique (AEB) jusqu’à +/-3 IL en 1/2 arrêts
  12. Correction d’exposition manuelle jusqu’à +/-3 IL par 1/2 arrêts.
  13. Disponible en modes entièrement automatique et programmé
    Obturateur
    Type Obturateur à déplacement vertical, plan focal avec toutes les vitesses contrôlées électroniquement. Les rideaux des obturateurs avant et arrière sont tous deux dotés d’un contrôle de déclenchement électromagnétique dédié. (Vitesse du rideau : 6,3 ms/24 mm)
    Vitesses d’obturation Vitesses d’obturation 30s à 1/4000 s, pose , X-sync à 1/125s
    Flash intégré:
    Type : Flash automatique E-TTL II intégré pour des expositions au flash stables et de haute précision (flash FE activé)
    Commandes AE du flash 13 m (42,6 pi) (ISO 100)
    Angle de couverture du flash : couvre l’angle de vue de l’objectif de 28 mm
    Durée du flash : 1 ms ou moins
    Temps de recyclage : environ 2 secondes. L’icône s’allume dans le viseur lorsqu’elle est prête
    Température de couleur équivalente à la lumière du jour
    La lampe de réduction des yeux rouges s’allume lorsque le déclencheur est enfoncé à mi-course et que la mise au point et la mesure sont réalisées
    Transport de films
    Système de pré-enroulement automatique du chargement du film. Après le positionnement du film et la fermeture du capot arrière, le film s’enroule automatiquement jusqu’à la fin du rouleau. Au fur et à mesure que les photos sont prises, le film est rembobiné image par image dans une cassette.
    Réglage de la vitesse du film ISO 25-5000 automatiquement réglé par incréments de 1/3 d’arrêt selon le code DX. Peut également être réglé manuellement à partir de 6-6400 ISO par incréments de 1/3 d’arrêt
    Transport du film Avance sur une seule image ou avance continue réglée automatiquement en fonction du mode de prise de vue
    Bobinage de film L’un des deux modes suivants peut être réglé : Image unique et Continu. (En mode continu, avec AF verrouillé, environ 3,0 ips et en mode AF AI Servo, environ 2,8 ips)
    Rembobinage du film Rembobine automatiquement à la fin du rouleau. Rembobinage à mi-rouleau possible
    Source d’alimentation
    Batterie : deux piles au lithium CR2 logées à l’intérieur de la poignée de l’appareil photo
    Le niveau de la batterie est affiché par l’indicateur de niveau de batterie sur l’écran LCD. Le niveau de la batterie est indiqué sur l’un des quatre niveaux.
    Dimensions
    Dimensions (L x H x P) : 130 x 90 x 64 mm (5,1 x 3,5 x 2,5 po)
    Poids 365 g (12,9 oz) (sans piles)
    Autre : dos dateur avec Date/Heure Mentions légales Jour/Mois/Année, Mois/Jour/Année, Année/Mois/Date, Date/Heure/Minute

Des références.

https://studio-argentique.fr/2015/10/15/le-canon-eos-300x-pour-mettre-un-pied-dans-largentique/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-9607-Canon_EOS%20300X.html, en français ; https://www.35mmc.com/07/10/2017/canon-eos-300x-40mm-f2-8-stm-review/, https://www.the3rs.uk/the-final-eos-film-slr-culmination-or-capitulation-the-canon-eos-300x-review/, https://austerityphoto.co.uk/last-of-the-line-canon-eos-300x/, https://global.canon/en/c-museum/product/film248.html, en anglais ; https://filmphotography.eu/kamera/canon-eos-300x/, en allemand

Argentique

Le Pontiac 6×9 Bloc-Métal 45A : le must des appareils vintages.

Préambule.

J’avais déjà vu cet appareil chez ce brocanteur, mais il me semblait en trop mauvais état. Seulement voilà, ce jour-là, impossible de se mettre le moindre boitier intéressant sous la main. En désespoir de cause, j’ai négocié pour l’emporter car, finalement, on n’a pas tous les jours la chance de mettre une telle marque dans son sac à dos !

Un peu d’histoire.

C’est en 1938 que Monsieur Laroche fonde la MFAP, soit la Manufacture Française d’Appareils Photographiques. Il choisi pour marque celle de Pontiac, peut-être en référence à la voiture américaine du même nom et synonyme alors d’élégance et classe, tout en étant abordable. Ou alors en référence au chef Indien Pontiac, né en 1720 au bord du lac Nipissing, qui devint chef des Ottawa et chef suprême de la confédération des Algonquins des Grands Lacs grâce à ses qualités de stratège et de communicateur. Allié des Français, il fut un ami fidèle de Montcalm.

L’entreprise, établie à Paris, produit d’abord des folding (appareils pliants) dont le corps est en bakélite. Ce sont essentiellement des 6x9cm qui utilisent du film 620. Ces appareils sont sans doute des reprises d’un modèle Gallus, qui avait assez vite abandonné la fabrication, la bakélite étant assez fragile, notamment avec ce type d’appareil. Pontiac est arrivé à la même conclusion car il est passé à des appareils en métal dès 1941, avec la mise en vente du Bloc-Métal 41.

Publicité de la marque, en 1941.

A partir de 1941, la société produit aussi le Lynx 1, un appareil qui utilise du film 127, qui deviendra le Super Lynx en 1948 et qui adoptera lui le format 24×36. Il y eut aussi quelques Baby Lynx , dans les années ’50, aussi au format 24×36. La production s’arrête à ces quelques modèles, déclinés sous différentes versions

Comme vous l’avez remarqué, cette marque est née peu avant la seconde guerre mondiale, ce qui fut une difficulté car à ce moment les marques allemandes et américaines tenaient le marché des appareils photo ainsi que leurs accessoires, y compris les films. Pourtant, paradoxalement, ce fut aussi sa chance car au début des hostilités, ces grands concurrents furent appelés aux efforts de guerre de leurs pays respectifs et laissèrent le champ libre à Pontiac, à Lumière ou Demaria Lapierre, en France car, ayant commencé leurs activités avant la guerre, ces entreprises ne furent pas frappées par le décret des autorités d’occupation qui interdisait toute nouvelle création d’entreprise photographique. Monsieur Laroche vit là une opportunité et son dynamisme voulait faire de sa marque la première marque française.

C’est dans ces moments là que la marque Pontiac décida d’abandonner la bakélite pour des appareils en métal. Reconnue pour sa fragilité et son coût abordable, elle ne correspondait pas au renom que voulait donner Monsieur Laroche à ses créations.

La société opta pour une méthode et une matière nouvelle, faite d’un alliage dur d’aluminium baptisé Hydronaniurn. En théorie, ce métal était indéformable ; le boitier, le dos, l’abattant, la poignée, le verrou de fermeture, la béquille d’appui et le bouton d’enroulement, tout fut réalisé par moulage dans ce matériaux.

Le nouvel appareil reçut alors le nom de Bloc-Métal auquel on ajouta le chiffre 41, pour l’année de sa sortie.

Mais ne nous leurrons pas, l’époque était aux restrictions et si l’hydronanium ne manqua quasi jamais, il n’en fut pas de même pour d’autres fournitures, comme le cuir pour fabriquer le soufflet, qui sera remplacé par du tissus, mais celui-ci aura vite tendance à se percer dans les coins du soufflet ; le chromage des pièces est très fin et elles rouillent assez vite ; les ressorts en acier, cassent très vite car trop fins et d’acier de mauvaise qualité ; le cuir toujours, qui devait recouvrir le boitier, sera remplacé par un granité du métal, ensuite peint en noir ou des boitiers en métal poli.

Tout cela n’empéchait pas Pontiac de fabriquer environ 100 appareils par jour et on estime la production en temps de guerre à environ 200.000 pièces, majoritairement fabriquées à Paris. Un tour de force pour ces époques troublées.

Cependant, il faut reconnaître que le Bloc Métal 41 est fragile, parfait témoin de ce que l’on a pu réaliser à une époque où tout manquait, c’est ce qui fait son charme, avec un brin de nostalgie.

Au sortir de la guerre, les concurrents allemands avaient presque tous disparus ou étaient en pleine reconstruction (Dresde, fief de l’industrie photographique fut rasée et les vainqueurs dépecèrent en grandes parties les noms qui restaient, comme Zeiss Ikon en est un terrible exemple).

Le modèle qui nous préoccupe aujourd’hui, le Bloc Métal 45 a vu le jour en … 1945 (c’est bien, vous avez suivi !). Il sera produit jusque dans le début des années ’50, ses itérations étant notées d’une lettre différente selon les années de production (BM 45, BM 45A, BM 45B, BM 45AF et quelques autres nuances peu nombreuses).

In fine, la MFAP a existé de 1938 à 1954. En 1951, l’entreprise a déménagé de France au Maroc. Son logo était alors un objectif portant la mention PONTIAC PARIS, puis PONTIAC MAROC.

Présentation du Pontiac 6×9 Bloc Métal 45A.

Ainsi que nous venons de le découvrir, le Pontiac MB 45 a vécu quelques modifications, qui tenaient à l’objectif, à son traitement, à l’obturateur, aux vitesses de celui-ci.

Les objectifs étaient des Berthiot Spécial à trois lentilles ou des Roussel Trylor 4,5 non traités – qui disparaissent assez rapidement – (Pontiac Bloc Metal 45 A), ou des Berthiot Flor 4,5 traité, à 5 lentilles, (Pontiac Bloc Metal 45 B), des Berthiot Spécial ou des Roussel Trylor 4,5 traités (Pontiac Bloc Metal 45 AF). Le 45 B est le plus cher avec sa combinaison Berthiot Flor et Prontor II.

Les obturateurs eux, étaient soit des Gauthier Prontor II avec retardateur et vitesses de 1s à 1/200s ou 1/175s et poses B et T, voire des Gitzo affichant des poses B et des vitesses de 1/25 à 1/200s, sans retardateur.

Celui du jour est muni d’un objectif Berthiot Special de 105mm ouvrant à f4,5 et d’un obturateur Prontor II avec des poses B et T, gradué de 1s à 1/200s et d’un retardateur de 10s. Comme je pense que l’objectif n’est pas traité, j’en déduis qu’il s’agit d’un des premiers modèles, donc un Bloc Metal 45A de 1948.

Comme d’habitude avec ce type d’appareil, il faut d’abord armer l’obturateur avec un petit levier placé autour du combiné objectif/obturateur mais il suffit d’appuyer sur le déclencheur sur la capot pour prendre la photo. Un mécanisme de renvoi joue ici son rôle. A moins que vous ne choisissiez d’installer un câble à viser sur le côté pour effectuer la prise de vue.

Toujours sur le pourtour du combiné, une prise PC pour la synchronisation du flash, qui put être installé sur le capot dans la griffe dite froide.

Par dessous le combiné, un levier marqué en rouge signale le retardateur. Attention, ne l’actionner que lorsque l’on a armé sous peine de tout bloquer.

Pour régler la vitesse, il faut faire tourner la bague crantée et arrêter le témoin devant celle sélectionnée.

Les ouvertures se règlent elles avec un curseur placé à l’arrière du bloc, de f4,5 à f 32.

Enfin, la distance se règle avec l’optique à l’avant, que l’on fait tourner autour d’un axe limité dans sa course par une marque rouge, ce qui empêche de dévisser in fine la lentille.

Pour les réglages, c’est tout et c’est du grand classique.

Par contre, sur le capot, à côté du viseur, un simple tunnel de Galilée, vous voyez une grosse roue crantée : c’est une échelle de profondeur de champ, bien lisible mais non couplée à un quelconque réglage. Elle a le mérité d’exister.

Pour ouvrir le dos de l’appareil, il suffit de faire glisser le gros verrou vers le bas. A l’intérieur, la chambre, immense.

Une simple fenêtre rouge inactinique sert de compte vue. Le levier placé sur le dos, au milieu, fait basculer un cache de la fenêtre, pour éviter toute intrusion inopportune de lumière dans la chambre.

Petit détail intéressant sur l’abattant, près de la béquille de maintient : c’est un petit espace dédié à un câble à viser pour le déclenchement à distance, qui manque sur mon exemplaire.

Plus précisément, mon boitier est mal en point : le soufflet est percé et une tentative maladroite avec du papier collant ne sert à rien. Puis il a été forcé, sans doute par quelqu’un qui ne savais pas le replier, et un de compas (à droite) est brisé, ce qui empêche l’appareil de s’ouvrir seul et de tenir le soufflet bien ouvert.

Sur la face avant, et sur la semelle, deux ouverture filetées permettent de fixer Le Pontiac sur un trépied.

Le gros bouton, tout à fait à gauche, sert à enrouler le film dès que la photo est prise.

Pour ouvrir la porte avant, il suffit de tirer sur la plaque qui servira ensuite de béquille de maintient si vous le posez sur une surface plane. Et pour le refermer, appuyez légèrement sur les bras du compas et remontez la plaque avant délicatement, pour laisser au soufflet le temps de rependre sa place correctement.

Du classique en somme pour ce type d’appareil, tel que ceux-ci étaient présentés dès le début des années ’20.

Donc, hormis un aspect un peu plus moderne, grâce à ses surfaces métalliques et sa forme arrondie (qui n’est pas non plus sans rappeler celle des appareils en bakélite des débuts), ce Pontiac n’offre finalement qu’un viseur assez large par rapport à la concurrence, mais pas de télémètre ni de cadre quelconque.

Que penser de cet appareil ?

Je vous livrais déjà ci-dessus une partie de mon opinion sur ce Pontiac. A cela j’ajoute que si, effectivement, sa plastique est assez belle, le ramage vaut-il le plumage ?

Dans la série, seul le Pontiac Bloc Metal 45 A avec le Berthiot Flor f4,5 traité, à 5 lentilles équipé du Prontor II à 1/200s tire réellement son épingle du jeu. C’est le plus abouti, le plus cher et le plus rare à trouver.

Pour le reste, ce sont de beaux objets de décoration car, à moins de posséder soi-même la possibilité de développer le 6x9cm, vous aurez des difficultés pour faire tirer vos images. D’autant que la pellicule est du 620 et non du 120, ce qui nécessite de modifier la bague si vous désirez utiliser cette dernière dans le Pontiac. Ensuite, il faut bien constater qu’ils sont fragiles, les quelques uns que j’ai déjà pu croiser avaient tous un souci (soufflet, bras de compas, came du déclencheur, …).

Bref, même s’il est beau dans sa pochette en cuir brun et plus beau encore en dehors, vous ne vous en servirez pas souvent. Evitez donc de dépenser plus de 10 à 20€ pour un modèle en parfait état de fonctionnement.

Pour terminer, oserai-je la paraphrase des montres ? Pontiac, clic-clac !

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Marque : Pontiac
Année : 1945 jusqu’en 1954
Numéro de série : pas noté
Format : 6 x 9 cm
Objectif : Berthiot Spécial 105 mm f4,5
Mise au point : frontale
Diaphragmes : 4,5 – 6,3 – 8 – 11 – 16 – 23 – 32
Monture : fixe
Viseur : Galilée
Obturateur : PRONTOR II (Gauthier) synchronisation coaxiale
Vitesses : T – B – 200 – 100 – 50 – 25 – 10 – 5 – 2 – 1
Support : film 620
Ecrou de pied : avec
Griffe porte accessoires : avec
Matériau : Métal – poids de 569gr nu.

Des références.

https://collection.click-clack.fr/pontiac-appareils-photo-6×9-cm/, http://glangl1.free.fr/Liste-Pontiac.html, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/34907/category/52, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-652.html, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Bloc_M%C3%A9tal_41, https://www.lomography.com/magazine/9048-pontiac-bloc-metal-41-the-irrestible-charm-of-a-folding-camera, en anglais

Argentique

Le Nikon FA : l’argentique qui a ouvert la voie

Préambule.

Si vous vous en souvenez, c’est dans l’article sur le Nikon FG que j’expliquais la découverte de ce second Nikon, muni de son moteur et d’un flash. Si le premier était bis-tons, celui-ci est tout noir, comme je les aime.

Lorsque je l’ai trouvé, impossible de l’armer et de déclencher, parce qu’il était monté sur le moteur et que celui-ci – heureusement – ne contenait plus de piles. J’en ai donc remis dans le chargeur (4 piles AA classiques) et c’est reparti sans souci.

L’autre point que je voulais vérifier, c’était le flash car, généralement, après un certain temps, ceux-ci ne fonctionnent plus. De plus, pour celui-ci, la vitre striée à l’avant me semblait comme brûlée.

Et bien 4 nouvelles piles AA plus tard, il repartait lui aussi sans problème.

Finalement, l’achat de ces 2 appareils est finalement une bonne affaire !

Un peu d’histoire.

Encore une fois, je ne vais pas tout reprendre, les articles précédents sur la marque en ont déjà fait un beau tour et le dernier sur le FG l’a encore approfondi.

Je vais toutefois reprendre le tableau déjà utilisé car c’est un excellent résumé :

Grâce à ce tableau, nous pouvons resituer le Nikon FA dans la gamme : nous ne sommes plus dans l’entrée de gamme mais dans le milieu, à côté du FM2.

Pourquoi à côté et non pas sur le même pied ? Parce que le FA inaugure un nouveau système de mesure d’exposition innovant, le AMP pour compteur automatique à motifs multiples ou encore mesure matricielle.

Produit de 1982 à 1988, il va marquer durablement la manière de mesurer la lumière chez les reflex.

Présentation du Nikon FA.

Je reviens donc un instant sur cette mesure matricielle car elle mérite notre attention.

Comme un petit dessin vaut mieux que mille mots :

Le viseur est subdivisé en quatre zones de surface équivalente. Une zone centrale empiète sur chacune de ces quatre zones, un peu plus sur les zones basses. Pour chacune des quatre zones, une cellule mesure la lumière. La zone centrale est mesurée par deux cellules, placées de part et d’autre de la visée.

Ensuite, les valeurs qui sont mesurées sont envoyées vers un véritable calculateur, nourrit de millier de valeurs inscrites dans sa mémoire. Il va les comparer, choisir éventuellement de ne pas tenir compte des valeurs de certaines cellules ou les plafonner si elles sont trop extrêmes. Bref, on pourrait dire qu’il va faire des moyennes pondérées de la lumière pour déterminer la valeur la plus fine possible.

De nombreux tests auront lieu et la critique sera unanime : cet appareil était génial pour l’époque avec sa mesure matricielle (sur 5 zones). Il reçu d’ailleurs le Grand Prix Camera 1984 au Japon pour cette innovation.

Attention, à l’époque il n’y avait pas d’Intelligence Artificielle (AI) pour encoder les infos dans l’ordinateur de bord embarqué par le FA, mais la patience des ingénieurs …

Imaginez une surface équivalente à un film de 24x36mm. Sur celle-ci, les ingénieurs ont placé 24 SPD ou photodiode au silicium, soit de petits carrés de 5mm². Quatre sont placées à la verticale et six à l’horizontale. Ce support est fixé en lieu et place d’un film dans le corps d’un Nikon FE. A côté de cet appareil, un autre FE non modifié, que l’on charge de films différents, qui seront exposés avec un braketing d’exposition. Ensuite, les photos considérées comme les meilleures sont retenues et on introduit leurs références dans l’algorithme (méthode résolution d’un problème) qui alimentera la mémoire du FA.

Imaginez les milliers de photos que cette méthode requiert et la patience méticuleuses des ingénieurs Nikon de l’époque !

Ah, et encore une chose : cet appareil upgrade son micrologiciel à … chaque nouveau film que vous mettez dans la chambre. Facile, non ?

La mesure à pondération centrale écrit ses derniers jours … car la mesure matricielle se retrouve encore dans les appareils digitaux modernes.

Le boitier propose encore une vitesse de travail jusqu’au 1/4000s, alors que la concurrence plafonnait au 1/2000s (obturateur en titane et caoutchouc alvéolé du F2) ; une synchro flash au 1/250s ; l’ancêtre du PSAM avec un mode manuel, un priorité ouverture (A), un priorité vitesse (S) et un mode programme (P), qui offrait la sélection des vitesses hautes pour les téléobjectifs AI-S, et enfin la mesure TTL au flash.

Source : Camera Passion

Mais alors, pourquoi ne pas l’avoir considéré comme un appareil haut de gamme ?

Chez Nikon, on est perfectionniste et orienté professionnels de la photo. Or le FA a pour eux deux défauts (qui deviendront ensuite des qualités, mais ne brulons pas les étapes) : sans piles, rien ne fonctionne alors qu’un F3 travaille toujours – ce qui, in fine, n’est pas tout à fait juste car il y a une vitesse mécanique de secours, le 1/250s M250) ; ensuite, pour exploiter toutes ses possibilités, il faut utiliser des optiques AI-S. Les AI sont bien évidemment compatibles sauf en téléobjectif car le mode P ne les reconnait pas pour le décalage de programme en vitesses rapides.

Ceci étant, il accepte des verres de visée différents (quadrillé, dépoli), un dos dateur et un moteur, le MD 15, comme un vrai Pro.

Petit aparté utile sur les objectifs à réglages manuels Nikkor de chez Nikon (merci Nikon passion) : depuis 1959, la monture des boitiers reflex de la marque est la F, introduite avec le mythique Nikon F.

  • Nikon Nikkor non AI : objectif à réglages manuels (1959 – 1977) ; ils sont de trois types : A (couronne filtre chromée), C (couronne filtre noire) et K (revêtement caoutchouc). Ils possèdent une espèce de fourchette sur le pourtour, qui viendra s’embrocher sur l’index de l’appareil
  • Nikon Nikkor AI : toujours des objectifs à réglages manuels (1977) mais ils permettent cette fois l’indexation automatique de l’ouverture du diaphragme (AI = Automatic aperture Indexing). Le boitier interprète mécaniquement la valeur d’ouverture maximale et fait les calculs, diaphragme ouvert. Ils portent tous des rainures noires, une couronne de mise au point revêtue de caoutchouc, des lentilles traitées multicouches. Sur ceux-ci, la fourchette est ajourée, il y a deux lignes d’indications pour le diaphragme et une bague de couplage AI, ce qui rend l’objectif compatible tant avec les appareils à fourchette que ceux sans.
  • Nikon Nikkor AI-S : ils sont toujours manuels et une évolution des AI. Sorti en 1982, cette fois l’indexation automatique concerne la transmission au boitier de la distance focale de l’objectif en plus de l’ouverture maximale du diaphragme, d’où le Automatic aperture Indexing, and Shutter (indexation automatique du diaphragme et de l’obturateur). Le signal, positif ou négatif de la distance focale permet d’adapter le mode P (programme) des nouveaux boitiers (comme le FA). Pour les reconnaître, la valeur la plus petite est inscrite en orange et il y a un renfoncement sur la face de la baïonnette.
  • Nikon Nikkor série E : ce sont des objectifs AI-S, mais dans une version économique. Ils sont construit en matériaux composites, optent pour une formule optique simplifiée et le traitement multicouche a été réduit. Ils sont considérés comme de moins bonne qualité. Ils sont au nombre de huit : NIKKOR 28 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 35 mm f/2.5 Série E, NIKKOR 50 mm f/1.8 Série E, NIKKOR 100 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 135 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 36-72 mm f/3.5 Série E, NIKKOR 75-150 mm f/3.5 Série E, NIKKOR 70-210 mm f/4.5 Série E. Pour les reconnaître, l’indication de l’ouverture la plus faible est en orange et il y a une cuvette dans la monture arrière pour le couplage mais plus de fourchette.

De l’autre côté de la molette de commandes des vitesses et des modes, il y a la molette de rembobinage, qui permet aussi, en la soulevant, d’ouvrir le capot arrière ; autour de la couronne, le disque pour noter les mesure de la sensibilité (jusque 3200Asa, que l’on manipule après avoir appuyé sur le petit bouton argenté à côté et enfin la correction d’exposition (-2 à +2).

Sur la façade, le déclencheur, que l’on actionne en faisant descendre le levier. Vous avez 10 secondes pour rejoindre la photo de famille.

Le déclencheur est muni d’une position lock et il est fileté pour y adjoindre une télécommande filaire.

Notez encore la griffe flash, dans laquelle vous pourrez fixer un flash dédié (attention, pas un flash moderne, plutôt un SB-15 ou un flash tiers (ici un Metz faisait l’affaire). Il y a toutefois une prise pour les flash plus ancien (attention : ne jamais fixer un flash moderne sur ces appareils, vous allez griller votre flash, les valeurs ne sont plus les mêmes). La vitesse de synchronisation est fixée au 1/250s.

Un mot encore du moteur, un MD-15, développé pour le FA : celui-ci accepte 6 piles communes, des AA, et il alimente alors tout l’appareil (moteur et cellule). Il offre la motorisation automatique (pas de réarmement nécessaire) et il permet d’atteindre la cadence de 3,2 i/s. Avec ses 330 gr, ajoutés aux 625gr du boitier, on frôle le kilo mais la tenue en mains est confortable et le moteur apporte une double commande, bien pratique pour les cadrages verticaux, par exemple.

Au rayon des astuces bien pratiques, notons ce volet qui occulte l’oculaire de visée en cas de pose longue. Comme sur le Canon A-1 ou F-1 et en tout cas bien utile pour éviter les lumières parasites.

Ou encore ces fenêtres dans le prisme, qui illuminent littéralement le viseur, et cette petite poignée qui assure une meilleure prise en mains si on n’utilise pas le moteur MD-15.

Dernière petite revue de l’engin.

Que penser de cet appareil ?

Quels étaient les appareils en compétition en 1982 ?

Il y avait les excellents Minolta X700 MPS, Canon A-1, Pentax LX, Olympus OM-3, Fuji AX-5, par exemple, qui ont tous développé des nouveautés, que ce soit le mode PSAM, l’utilisation du premier CPU au monde, l’appartenance à un système complet d’accessoires, la compacité et la robustesse, notamment.

Le Nikon FA devait innover encore pour creuser la différence : ce fut chose faite avec sa mesure matricielle associée à un calculateur numérique et non plus analogique, et le fait d’atteindre la barre mythique du 1/4000s.

Pari réussi, nous l’avons vu. Et même si j’ai un grand faible pour le Canon A-1, je reconnais bien volontiers que ce Nikon est impressionnant.

Il fait partie de ces légendes qui ont perduré même après l’avènement, en 1985, du premier appareil doté de l’autofocus.

Bref, si vous avez la chance d’en trouver un, ne le laissez pas partir, c’est un compagnon d’excellente réputation. Mais il vous faudra délier les cordons de la bourse car il est délicat d’en trouver sous la barre des 150€ avec un objectif de 50mm. On passe celle des 200€ avec un moteur.

C’est, réellement, un appareil que l’on a envie de garder et d’essayer jusqu’à plus soif, un peu comme une tranche d’histoire que l’on garde pour soi …

Alors, soyez raisonnable, faites-vous plaisir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Reflex Mono-objectif
Format de Film 35 mm
Armement manuel ou avec moteur
Une image au format 24 mm x 36 mm
Monture d’objectif monture d’objectif Nikon F série AI-S ou AI avec restrictions
Réglage manuelle de la distance
Viseur avec pentaprisme
Temps d’exposition à 1/4000 seconde à 1 seconde, plus pose B
Mesure matricielle de la lumière sur 5 zones
Sensibilité de 12 à 4000Iso
Modes d’exposition : priorité vitesse, priorité ouverture, programme, mode manuel
Connexion flash via la griffe et prise PC-Flash
Vitesse de synchronisation du Flash 1/250 s
Filetage de trépied
Possibilité de déclencheur filaire
Retardateur
Alimentation 2x piles LR44
Taille 14,2 x 9,2 x 6,4 cm
Poids de 625 grammes nu

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FA, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11608.html, http://www.ericconstantineau.com/photo/review_nikonfa_fr.html, https://camerapassion.wordpress.com/2013/05/07/nikon-fa/, en français ; https://www.kenrockwell.com/nikon/fa.htm, https://mynikons.org/manual/nikon-fa/, https://filmphotography.eu/en/nikon-fa/, https://casualphotophile.com/2021/10/20/nikon-fa-review/, https://all-my-cameras.com/2018/09/25/the-nikon-fa/

Les instantanés

Le Polaroid MiniPortrait : un appareil instantané déroutant

Préambule.

Maubray et sa grand brocante, d’habitude sous le soleil est aujourd’hui sous un fin crachin qui s’insinue partout. Pourtant, la plupart des vendeurs sont là et les chineurs aussi, tout va bien.

Mais, comme le faisait remarquer Olivier dans un de ses commentaires, les appareils photos sont rares sur les stands et pourtant nous étions là tôt.

Finalement, outre quelques petits compacts à la mode Lo-Fi, je n’ai pas encore vu un boitier qui me fasse frémir.

Et puis, au détour d’un stand, un appareil imposant où le terme « mini » fait presque sourire : un vieux Polaroid MiniPortrait à peu près en bon état. Petite négociation et j’essaie de le faire entrer dans le sac à dos, non sans difficultés.

Un peu d’histoire.

En fait de Polaroid, il s’agit plutôt d’un appareil inventé par la société Cambo, une des rares entreprises de matériel photographique hollandaise.

Fondée en 1946 par Roelof Bok à Hengelo, elle s’appelait alors Technica Hengelo. Elle se spécialisait dans des appareils professionnels de grands formats comme des appareils de reproduction ou des boitiers techniques.

Petit à petit, son expertise dans ces domaines lui a permis de se diriger vers la fabrication de chambre de grande qualité (Super Techna) et de toute une série d’accessoires comme des bancs de reproduction, des trépieds, des rotules, des chambres de développement, etc.

En 1965, pour éviter une confusion avec les chambres Linhof Technica lorsqu’elle exporte ses produits, elle change de nom et devient Cam(era) Bo(k) ou Cambo et elle déménage à Kampen, toujours aux Pays-Bas.

C’est en 1966 qu’elle présente le Cambo modèle 40, un appareil destiné aux professionnels pour effectuer des portraits … pour documents, comme les passeports.

C’est un gros boitier, en métal, destiné à être utilisé sur trépied, bien qu’une solide poignée soit ajoutée sur le côté. Il peut produire 4 images sur chaque feuille de film. Techniquement, ce sont 4 appareils photo similaires réunis dans un même boitier. Quatre carrossages distincts, à l’intérieur, définissent 4 cadres d’image de la taille d’une photo d’identité (format image de 2×2 images dans un rectangle de 73×85 mm, chaque image fait environ 36×42 mm ).

L’idée est originale et des milliers d’appareil de ce type seront vendus aux professionnels. Si vous avez fait faire des photos d’identité dans ces années-là, vous avez dû être face à un des ces gros appareils.

Devant ce succès, l’entreprise produira même, dix ans plus tard, un Combo du Cambo (sorry, pas pu m’en empêcher !) : une boite contenant un appareil photo et devenant un mini-stand avec flashs et support pour le document sur lequel imprimer la photo. La plastifieuse est aussi intégrée à la machine, permettant de réaliser en un tour de main le document officiel recherché, sans possibilité de falsification (heu, la machine à écrire pour compléter le papier était en option !). En options bien réelles celles-là, la pince à perforer le document, les œillets et la pince pour accrocher de suite la carte ainsi réalisée. On n’arrête pas le progrès mon bon Monsieur …

Intéressant me direz-vous, mais Polaroid dans tout ça ?

En fait, cet appareil est réalisé en partenariat avec Polaroid, partenariat qui s’arrêtera à la fin des années septante (soixante-dix pour nos lecteurs français).

La liste des apports de Polaroid : l’arrière de l’appareil reçoit des pack film instantanés Polacolor 125i à l’origine (des packs 100) ; le grand panneau d’objectif et l’obturateur proviennent du Polaroid MiniPortrait.

Moins sophistiqué, le Polaroid ne propose qu’une ouverture de f8, deux vitesses et une pose B et on ne peut que faire les 4 photos en même temps (ici le modèle 454).

Pour le reste, les objectifs sont des Schneider-Kreuznach Radionar de 125mm ouvrant à f8. Ils sont tous égaux, chacun étant focalisé sur la même distance, ce qui est la distance optimale pour les portraits photo d’identité.

Enfin, l’appareil photo a aussi quelques pièces Cambo : la chambre métallique massive contenant les quatre chambres de l’appareil photo ; le très fin viseur à cadre lumineux télescopique galiléen inversé ; en dessous, la plaque de trépied solide portant le numéro de série de l’appareil photo ; la poignée solide et le câble de déclenchement spécial ; le bouton du sélecteur, au milieu.

Polaroid a aussi produit ses propres appareils à portraits, sans collaboration toutefois. Quant à cette série, elle compte, si j’ai bien compris, deux itérations : le 401 et le 404.

La société Cambo, qui a plus de 80 ans maintenant, continue a produire des appareils pour studio, des accessoires (pieds, rotules, etc.) et s’est diversifiée dans le digital avec des produits de haute technologie.

Présentation du Cambo Polaroid MiniPortrait.

C’est fou ce qu’on découvre avec ces appareils, surtout ceux qui sortent de l’ordinaire. De prime abord, pour moi c’était un énième avatar de Polaroid, et bien non !

Bon voyons de plus près cet engin …

Outre sa taille, ce qui frappe le plus, ce sont les quatre objectifs sur la face avant et les multiples réglages que l’appareil suppose.

Puis vient la marque, Polaroid MINIPORTRAIT avec cette réglette organe au dessus, puis le viseur sur le côté et enfin la poignée et le câble de déclenchement.

L’arrière est plus sobre, il n’y a que le support pour le pack 100 et en dessous, le gros socle qui permet de fixer le boitier sur un trépied de photo solide. C’est aussi sur ce socle que vous trouverez les indications du modèle, ici un 401 et la marque.

Je reviens un instant sur les objectifs, qui sont signés ici Combonar, toujours des 125mm ouvrant à f8. Bien que peu connus du grand public, les objectifs Cambo ont une excellente réputation, notamment grâce aux nombreuses chambres produites par la marque.

C’est le moment d’expliquer comment cela fonctionne : au centre, un sélecteur, qui permet de choisir quel objectif sera utilisé et un point au sommet qui permet de choisir les 4 en même temps ; ensuite, de chaque côté vous voyez un sélecteur. Celui de droite sélectionne les vitesses de 1/50 ou 1/100s plus un pose B, tandis que celui de gauche permet de sélectionner l’ouverture choisie, de f8 – f11 – f16 puis encore f22 et f32. C’est la forme particulière des lames de l’obturateur qui nécessite ce positionnement des ouvertures. Les objectifs sont des fix focus avec une distance minimale de 1,2m à f8.

Petit tableau des distances selon les ouvertures.

Sur le bord extérieur de l’ensemble, un levier qui arme l’obturateur. Ce dernier sera libéré en appuyant sur le bouton du câble attaché à la poignée. Lorsque l’on tient l’appareil en mains avec la poignée, on peut facilement appuyer avec le pouce sur le dit déclencheur.

Finalement, on se rend compte que les réglages sont assez minimalistes.

J’allais oublier la griffe flash, au dessus de l’ensemble alors que la prise PC est juste en dessous de celui-ci. Il est possible de faire déclencher plusieurs flashs avec des éléments en option, voire même des flashs de studio, comme chez les photographes qui utilisaient cet appareil. La synchronisation du flash se fait à toutes les vitesses.

Encore un mot sur le viseur, situé à gauche du boitier. il possède un cadre vertical lumineux et projeté, avec la parallaxe corrigée pour les prises de vue aux distances données.

Enfin, pour en terminer, le dos porte-film. C’est un simple dos amovible dans lequel on insert un pack 100. Il a toutefois la particularité de posséder un darkslide, cette feuille métallique que l’on glisse à l’intérieur pour pouvoir ôter le dos sans que la lumière n’entre dans celui-ci. Il est également possible de remplacer le dos Polaroid par celui d’une chambre 4×5 ou un dos Pola 4×5.

Lorsque le dos est ôté, on peut parfaitement voir le cloisonnement des 4 appareils dans la chambre.

Lorsque la photo est prise, il suffit de tirer sur la languette du film pour en extraire la photo, qui passe entre le rouleaux et écrasent la chimie, permettant l’instantanéité de l’image (heu, compte quand même plus ou moins une minute pour voir le résultat se révéler).

Tiens, ça me fait penser que l’on pourrait sans doute utiliser un dos LomoGraflok 4×5 Instant et utiliser alors de l’Instax Wide à la place du pack 100, quasi introuvable de nos jours à prix raisonnable et encore utilisable. Notons encore que l’on peut utiliser du plan film en 4×5, on peut varier les plaisirs …

Que penser de cet appareil ?

Difficile de le sortir dans la rue celui-là, sauf à avoir envie de se faire remarquer vraiment !

Ou alors lors d’une fête, d’un évènement quelconque, pour tirer le portrait des invités, seuls ou à plusieurs, ce qui peut être rigolo. Mais au prix que coûte les antiques Fuji FP100 (pack 100 encore un peu disponible), ça va en décourager plus d’un.

Reste alors la solution du plan film, mais qui nécessite une autre logistique, ou celle du dos LomoGraflok, abordable.

Ceci étant, ça reste une pièce de collection ou de musée car même sil s’en est vendu beaucoup pour les professionnels, tous ne les ont pas gardés, la technologie étant depuis belle lurette dépassée.

Selon l’état et le fait qu’il soit complet ou non (surtout le raccord filaire et le dos Pola), comptez environ 80€ pour en acquérir un, si vous le trouvez.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

CAMBO POLAROID MINIPORTRAIT MODÈLE 401, fabriqué en Hollande par Cambo

Prise de photos d’identité sur un film pack 100
Distance focale 1,12 m.
Ouvertures de f 8 à f32.
Vitesses d’obturation : B, 1/50, 1/100s
Optiques Cambonar de 125mm à f8
Possibilité d’ajouter un flash avec un câble x-sync sur prise PC
Prise de 4 photos identiques ou 4 photos différentes.
Fonctionne sans piles.
Dos en film Polaroid amovible (avec darkslide)

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références.

https://www.polamad.com/polaroidshop-studioexpress.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Cambo, https://www.cambo.com/en/about/history, https://www.nederlandsecamera.nl/cambo-info.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Cambo_model_40, https://camera-wiki.org/wiki/Cambo_model_40, en anglais ; https://www.fotointern.ch/archiv/2012/12/02/cambo-kameras-aus-kampen/, en allemand

Argentique

Le Nikon FG : un moyen de gamme vintage de grande qualité

Préambule.

De passage dans l’Emaüs de Ghlin, je m’étonnais auprès du personnel à la caisse qu’il n’y ait pas de nouveaux appareils photo à se mettre sous la dent (il était 13h00 et je n’avais pas encore diné/déjeuné pour nos amis français).

Ah mais si, me répond une des dames, j’ai vu un sac beige avec deux appareils dedans, il doit être ici. Ce disant en le cherchant, elle le trouve et me le tend.

Un gros sac en tissus comme dans les années septante, avec des poches devant, un bon vieux Tenba Equal en bon état et … propre. C’est déjà un bon indice pour ce qui devrait se trouver dedans. J’ouvre et je découvre deux Nikon : un FG qui fait l’objet de cet article et un FA noir avec son moteur, un flash et un autre objectif !

Cruel dilemme : je suis dans un endroit destiné à aider de plus démunis et en même temps je n’ai pas envie de payer trop cher et je ne sais pas encore si tout ça fonctionne, le FA étant bloqué, sans doute à cause du moteur monté dessus et sans piles. Proposition honnête et accord de la dame, j’emporte le tout à la maison.

Je vais pouvoir tester tout ça, flash compris, pour vous proposer deux articles au sujet de cette belle trouvaille.

Un peu d’histoire.

Je ne reviendrai pas sur l’histoire de la marque, déjà présentée dans les articles qui concernent les Nikon sur le site.

Juste revenir sur un point important au sujet de la manière dont les ingénieurs de Nikon considèrent leurs bébés : ils doivent être parfaits et répondre aux mieux aux besoins des usagers, surtout professionnels ou amateurs exigeants.

L’exemple le plus frappant est la mise au point et le développement du Nikon F, qui est comme le début de la légende.

Si chez Nikon on voulait choyer les photographes professionnels, ils se sont vite aperçu que les nombreux autres photographes attendaient aussi des solutions de confiance, abordables. C’est ainsi qu’est né le Nikkorex, pourtant particulier car fabriqué par Mamya pour Nikon. Puis sont venus les Nikkormat, appareils de milieu de gamme aussi sérieusement construits que les F et qui sont bien souvent devenus les seconds boitiers des professionnels.

En résumant, nous pouvons déterminer 3 grandes familles : les appareils professionnels, descendants du F et désigné par cette lettre ; les appareils destinés aux amateurs éclairés, les successeurs du Nikkormat qui redevient Nikon en 1976 pour éviter la dispersion des désignations et représentent le milieu de gamme ; les appareils destinés à un usage familial ou amateur, descendants lointains du Nikkorex des années soixante. Voyez le tableau ci dessous (merci Wikipédia).

Vous constaterez qu’il faudra attendre 14 ans pour que le Nikkorex ait un descendant destiné aux amateurs, le Nikon EM (1979), qui sera remplacé dès 1981 par celui qui nous occupe aujourd’hui.

Présentation du Nikon FG.

Ce FG ne sera pas produit très longtemps non plus, de 1981 à 1984 seulement. Plus cher que le EM qu’il remplaçait, il ne correspondait pas vraiment à la cible des amateurs. Il était de qualité, cela ne fait aucun doute mais les clients ne voulaient pas dépasser le budget de l’ancien EM. Nikon sorti donc ensuite un FG 20 et un F-301plus moderne et qui quittait le design des anciens Nikon pour se rapprocher des nouveaux standards du Canon Eos et du Minolta. L’autofocus était dans l’air du temps et n’allait pas tarder à pointer le bout de son nez (1985).

Techniquement, il propose 3 modes d’exposition : un mode programme (automatique) un mode priorité à l’ouverture et un à la vitesse. Une position spéciale permet de travailler avec l’appareil même en l’absence de pile, le 1/90s, noté M90 (c’est une vitesse mécanique de secours). C’est le tout premier appareil chez Nikon a proposer un mode automatique.

Mais le point essentiel pour les Nikkonistes, c’est qu’il accepte la monture F de ses grands frères. Seules les optiques non Ai et celles de la série G ne sont pas compatibles avec le FG.

les objectifs prévus pour le Nikon FG lors de sa mise sur le marché.

Revenons un instant sur les point importants : c’est un appareil assez compact, bien plus qu’un Nikkormat ou un F2. Il est de fait plus léger et maniable (490gr nu). Pourtant il est construit majoritairement en métal (alliage à base d’aluminium) et polycarbonate. C’est du solide.

Tout un ensemble d’accessoires ont été prévu, comme les moteurs MD et MD 14 ou les flashes SB-E, SB-14 et SB-15 qui travaillent en TTL (mesure de la lumière à travers l’objectif). La vitesse de synchro flash est le 1/90s.

Ensuite, outre ses commodités liées aux automatismes, il propose un obturateur métallique à déplacement vertical qui offre des vitesses de 1s à 1/1000s, avec un mode B pour les longues expositions, et la vitesse mécanique du 1/90s. Il garde aussi la possibilité de tout contrôler manuellement en débrayant les automatismes.

Comme le Canon AE-1, c’est un appareil avec contrôle automatique de l’exposition à priorité ouverture. Vous définissez l’ouverture souhaitée et les automatismes ajustent la vitesse d’obturation pour garantir une exposition correcte. Une aide précieuse pour les sujets en mouvement ou pour les conditions de lumières difficiles.

L’autre atout majeur du Nikon FG c’est son système de mesure de la lumière à travers l’objectif (TTL). Cette technique autorise aussi une bonne analyse de la lumière entrant dans le boitier, garantissant ainsi des images précises et correctement exposées. Il prend en compte la luminosité de la scène et ajuste l’exposition en conséquence. Pour la petite histoire, cette matrice de mesure de la lumière avait été inaugurée sur le F3 !

Un retardateur, positionné sur la face avant, offre un répit de 10 secondes à qui veut se trouver aussi sur la photo. Il est facile à mettre en œuvre, sans devoir passer par des menus et sous-menus.

Tout cela se règle du bout des doigts avec une large molette des vitesses, sous le levier d’armement et le déclencheur.

La sensibilité de la cellule va de 25 à 3200Asa, que l’on peut pousser à 6400Asa si vous utilisez la correction d’exposition, située elle sur la molette de gauche.

La mesure de la lumière est une mesure à pondération centrale, avec un capteur photodiode au silicium (SPD). Vous pouvez voir le bord extérieur de la zone dans le viseur, c’est un mince cercle noir. La méthode de mesure utilisée (arrêt instantané) sera reconduite jusqu’au Nikon F-501, même si elle n’est pas exempte de défaut, comme celui d’un temps assez long pour la mesure une fois le déclencheur enfoncé à mis course.

En effet, le miroir est complétement arrêté avant que la lecture de la lumière soit prise, et puis le miroir bascule et l’exposition proprement dite peut commencer. C’est, in fine, la technique utilisée dans le F3, professionnel

N’oublions pas le bouton AE, qui permet la compensation en contre-jour. Ce bouton vous permettra de surexposer l’image de deux arrêts. Cela est utile lorsque le sujet est éclairé par une fenêtre ou le soleil.

Petit plus moderne : un signal sonore (que l’on peut débrayer) vous indique si la vitesse choisie n’est pas trop base, vous évitant ainsi les flous de bougé intempestifs.

Que penser de l’appareil ?

Nikon peut bien le considérer comme un appareil destiné aux amateurs, il ne lui manque rien et il est superbement construit. En fait, il a le nécessaire sans s’encombrer du superflu !

Il est très agréable à prendre en mains, même si nous sommes encore loin de l’ergonomie des appareils des années nonante, mais toutes les commandes tombent bien sous les doigts.

Hormis deux piles LR44, il ne demande rien de spécial. Je ne m’attarde pas sur les manipulations, vous allez les découvrir dans la vidéo ci-dessous, c’est du classique (soit dit en passant, on voit que le créateur de celle-ci n’est pas un grand habitué des appareil argentiques).

Personnellement je trouve que c’est un appareil qui mérite soit un bon 50mm, soit un bon 35mm. Je le vois très bien en photo de rue ou en classique photos de voyage.

Le revers de la médaille, celle du très bon, c’est celui du prix : difficile d’en trouver sous la barre des 80€ s’ils sont en bon état et avec au moins un 50mm. Mais comme on dit, quand on aime, on compte moins …

C’est un appareil bien né, solide, dans la tradition d’excellence de Nikon, facile à utiliser et fiable. De quoi bien commencer dans le monde de l’argentique si vous êtres allergique aux appareils des années ’90.

Et je souris car je viens d’acquérir un Nikon Z fc, finalement assez proche, si ce n’est que chez Nikon ils ont oublié la petite poignée de maintient facultative qui existait pourtant bien sur le FG et rendait son port encore plus confortable, sans gros encombrement.

Vidéo d’illustration.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FG, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon, https://benber.fr/presentation-nikon-fg/, https://focalcrafters.com/fr/appareil-photo-nikon-fg/, http://declic87.free.fr/Docu_PDF/Nikkorex.pdf en français ; https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/cousins12-e/, https://camera-wiki.org/wiki/Nikon_FG, https://www.outsidetheshot.com/nikon-fg/, https://casualphotophile.com/2016/08/10/nikon-fg-camera-review/ en anglais ; https://kameramuseum.de/objekte/nikon-fg/, en allemand

Argentique

Le Fujica Compact 35 : un compact argentique étonnant

Préambule.

Voici le second appareil acheté dans la nuit de la Grande Réderie d’Amiens (avril 2025). Pourtant j’ai hésité car je ne pouvais pas vérifier la cellule, dans le noir, et parce qu’il était dans une grande caisse de comparses d’infortune.

Mais comme je n’ai pas écris beaucoup d’article sur ce type d’appareil dans la marque, je ne suis dit et pourquoi pas, faut juste bien négocier le prix. Ce que je fis. Voilà donc le second appareil dans le sac à dos.

Un peu d’histoire.

Si j’ai pas mal écris sur les reflex Fuji et les tous petits appareils au format 110, l’appareil qui me semble le plus proche par la forme de celui-ci est le Fujica Half, un étonnant demi-format des années soixante.

Mais commençons par le début …

Le nom de la société vient du mont Fuji, le plus haut mont du Japon ( 3776m), car l’entreprise a vu le jour, en 1934, à ses pieds

Fujifilm, dès le lancement de l’entreprise, produit du film tant pour le cinéma que pour la photographie, mais aussi des films spéciaux, comme pour la radiographie. C’est en 1948 qu’apparaissent les premiers films couleur, presque en même temps que se développent la fabrication d’objectifs et d’appareils photos, sous le nom de Fujica.

De nos jours, Imaging Solutions reste la partie la plus connue de l’entreprise. Elle produit toujours des films photographiques et du papier alors que ses grands concurrents historiques, Agfa et Kodak ont jeté l’éponge, parfois définitivement. S’y ajoute encore la production de livres photos et la technologie d’impression directe avec des bornes situées dans les magasins, ainsi que des appareils destinés au tirage professionnel dans les labos, en plus des scanneurs pro.

Voilà, rapidement, ce qui concerne les films, au sens large (car Fujifilm a aussi produit des films pour la vidéo privée 8mm, Single 8 et consorts) ainsi que des bandes magnétiques pour l’enregistrement (depuis 1950).

Une autre partie connue de ses activités, c’est celle de l’optique. Dès 1938 Fuji met en place une fonderie de verre optique à Odowara. La volonté de la marque était de produire des objectifs haut de gamme. Rien n’était trop beau pour y parvenir, comme l’utilisation de creuset en platine ! Fuji Photo Optical Co Ltd voit le jour en 1944 ; ainsi commence la production des Fujinon, aux qualités reconnues.

Par exemple, en monture Leica, Fujinon propose son premier objectif à monture vissante, le Cristar 50 mm ouvrant à f2 (1949), en même temps qu’un 35mm f3,5 et un Summitar 50mm ouvrant à f2. Puis, en 1954 il y aura le Fujinon Speed Trio avec le 35mm f2, le 50mm f1,2 et le 100mm f2. Le Fujinon 50mm f1,2 sera également construit en monture Nikon. C’est un excellent objectif, peut-être pas assez connu des amateurs.

Fujinon sera encore le précurseur pour le traitement des lentilles. Ils seront les premiers dans le domaine du revêtement par faisceau d’électrons (EBC). Cette méthode était la plus précise et la plus performante des techniques, aussi par les matériaux employés : Fujinon utilisait jusqu’à quatorze couches de revêtements contenant, notamment, de l’oxyde de zirconium et du fluorure de cérium.

L’EBC Fujinon 50mm f3,5 macro fut le premier objectif à bénéficier de ces traitements (1972). La légende dit que ces lentilles avaient une transmission de la lumière de 99,8% !

Enfin, en ce qui concerne les appareils photo, le premier Fujifilm sera le Fujica Six, un folding (pliant). Il sera produit de 1948 à 1953.

Dans les années soixante, Fujica lance deux appareils à visée télémétrique innovants : le Fujica 35-EE qui est le premier appareil au monde à proposer trois modes d’exposition (1961) puis le V2, un autre compact avec un objectif de 45mm qui propose une cellule au CdS couplée et capable d’offrir une vitesse maximale de 1/1000s (1964).

Toujours en 24×36 à visée télémétrique couplée, mais un peu plus tard (1998), Fujica lance le TX-1 à objectif interchangeable. Ça ne vous dit rien ? Et si j’écris XPan, c’est plus parlant ?

En effet, cet appareil est une collaboration entre Fujifilm et Hasselblad. C’est un appareil panoramique qui connu un grand succès, lui aussi, et qui sera suivi en 2003 d’un XT-2 (ou d’un XPan 2).

Suivront les années septante et la montée en puissance des reflex. Fujica présente alors le Fujica ST70, un reflex avec une monture vissante de 42mm, entièrement manuel et qui était équipé d’un lumineux Fujinon de 50mm ouvrant à f1,8. Ce sera un grand succès commercial, notamment parce qu’il était équipé d’une cellule couplée au silicium.

Pour en terminer avec les appareils fameux de la marque, il convient d’écrire un mot sur le moyen format. Dès la fin des années soixante et jusqu’au mitan des années septante, le Fujica G690 offrait un moyen format télémétrique à objectifs interchangeables. Fuji, qui a toujours été à l’écoute de ses clients, a créé cet appareil pour répondre aux besoins de photographes professionnels qui voulaient un appareil facile à utiliser, pas trop encombrant mais d’un format plus grand que le 24×36.

Le G690 (1968) est donc un 6x9cm qui ressemble à un Leica M3 mais avec un gros objectif.

Puis, plus tard, le Fuji GX 680 (1986 – 2010) sera un 6x6cm prévu surtout pour le studio, qui utilise soit le 120, soit le 220.

Toujours en collaboration avec Hasselblad, Fujifilm sort le GX645AF, un moyen format qui sortira aussi sous le nom de H1chez Hasselblad. Ils auront les mêmes accessoires et fonctions l’un et l’autre.

Quant à parler de collaborations, c’est avec Cosina cette fois que Fujifilm sort le GF670 (2008), un 6x6cm ou 6x7cm qui s’appelle encore Voigtländer Bessa 3. C’est d’ailleurs amusant de constater qu’il s’agit ici d’un appareil pliant, comme un certain … Fujica Six !

Fujifilm reste de nos jours dans la course, avec une gamme de télémétrique, de reflex et de moyens format numériques d’excellente réputation.

Présentation du Fujica Compact 35.

Ce petit compact date de 1967. Même s’il et considéré comme un petit automatique grand public, il est sérieusement construit et son aspect est qualitatif.

Tout d’abord, ce n’est pas un télémétrique. Vous réglez la distance avec les distances gravées sur le fût, en mètres ou en pieds. Mais dans le viseur, les distances sont reportées par quatre pictogrammes. Vous pouvez donc choisir les deux méthodes pour viser votre sujet au plus juste.

Et puisque nous en sommes à écrire sur le viseur, précisons encore qu’il est large, bien clair, collimaté pour le cadre, avec correction de la parallaxe et en sus, sur la gauche, vous verrez une échelle des ouvertures choisies par l’appareil lorsque vous êtes en position automatique.

Car ce petit appareil contient une cellule couplée, hélas au sélénium (celle de mon exemplaire fonctionne toujours) même si ce type de cellule vous dispense de piles. Si la luminosité est trop faible, elle interdit le déclenchement en position automatique. Il faut alors passer en manuel pour régler l’ouverture et la vitesse.

La cellule se règle grâce à un bouton à l’arrière de l’appareil.

L’obturateur est central, qui donnent des vitesses de 1/30s à 1/250s. Sa position centrale autorise la synchronisation du flash à toutes les vitesses. Le flash se pose sur la griffe dite froide et doit être raccordé avec une prise PC, en façade.

Donc, sur le fût de l’objectif, vous avez, au dessus, la bague pour les ouvertures, et en dessous, une petite fenêtre pour régler la vitesse, de la pose B aux vitesses citées plus haut, en passant par la position pour la synchro flash (en rouge).

Pour armer, c’est comme d’habitude, avec un petit levier en métal. Le déclencheur, fileté pour recevoir un câble, est doux et le déclenchement assez discret. Un petit appareil pour la street photo sans trop d’efforts.

Ne cherchez pas le compteur de vue au dessus, il est sur la semelle, dans une fenêtre en arc de cercle et il se réinitialise automatiquement à l’ouverture du dos. Celui-ci s’ouvre grâce à un verrou sur la tranche gauche de l’appareil. Monté sur charnière, il découvre la chambre.

La manivelle de rembobinage est elle sur le capot mais ne tirez donc pas dessus comme un forcené, ce n’est pas elle qui ouvre l’appareil. Le petit bouton de débrayage pour rembobiner le film est sur la semelle.

Encore un mot sur l’objectif, un beau Fujinon de 38mm ouvrant à f2,8 jusque f22. Comme je l’indiquais plus haut, les objectifs Fujinon ont bonne réputation en général.

Que penser de l’appareil ?

Franchement, je l’aime bien : il est mignon, assez compact même s’il ne rentre pas dans une poche mais plutôt un petit sac (j’ai d’ailleurs celui d’origine, en cuir) ou un petit sac photo.

Il est agréable à tenir en mains et facile à régler. Toutes les indications sont bien visibles, ce qui est rare pour ce type d’appareil. Enfin, il permet de travailler en manuel et en automatique, ce qui n’est pas courant non plus pour les petits compacts de cette époque.

Sans être vraiment rare, il n’est pas très courant et c’est tant mieux. Point de vue budget, compter au maximum 50€ pour un bel exemplaire complet et dont la cellule fonctionne toujours. Un bel investissement pour qui veut voyager léger et en bonne compagnie !

Vidéo d’illustration.

Grâce à Collection-appareils, voici le lien vers le mode d’emploi.

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Fujica_Compact_35, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fujica_Compact_35, https://kamerastore.com/products/fujica-compact-35, https://www.photo.net/forums/topic/319201-fujica-compact-35ever-use-one/, https://r-kobus.eu/fujica-compact-35-en/, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1636-Fujica_Compact%2035.html, https://parlonsargentique.com/fujica-compact-35-fiche-technique-avis/, https://fuji.ch/fr/story/fujifilm-heritage-une-retrospective-de-lhistoire-de-90-ans-de-fujifilm/, en français.

Argentique

Le Minolta Autopak 450E : le charme du 110 vintage

Préambule.

Oui, j’avoue, je suis parfois un peu distrait, mais vous allez comprendre …

Comme d’habitude, promenade sur une belle brocante, pas très riche en appareils photo toutefois. Mais il fait beau et l’endroit est joli.

Au détour d’un stand, je découvre toutefois un vieil Agfa folding qui a bien souffert, et à côté, un parapluie de poche. A défaut de l’Agfa, je regarde le petit sac rectangulaire de ce que je pensais être un accessoire utile en Belgique et je découvre … un appareil au format 110, un Minolta impeccable.

Petite négociation rapide, et hop, dans le sac à dos.

Quand je pense que j’aurais pu passer à côté !

Un peu d’histoire.

Vous le savez, j’ai une tendresse particulière pour les Minolta, une marque souvent en avance sur ses concurrents mais qui n’a jamais su conquérir le cœur des professionnels. Elle fut très active chez les particuliers, leur proposant souvent des appareils de qualité, facile à utiliser et offrant un excellent rendu.

Pour mémoire, c’est Minolta qui proposa le premier reflex autofocus en 1985, le Minolta 7000 AF et c’est encore eux qui ont proposé le premier reflex mécanique à atteindre le 1/12000s (Minolta Dynax 9, boitier professionnel – 1998).

Bref, ils ont innové et produit d’excellentes machines à faire des photos, dans tous les formats, du 24×36, au 6×6 en passant par le 110.

Le format 110 est un format qui eut son heure de gloire dans les années septante et quatre-vingt. Tous ceux qui ont plus de 40 ans ont pu recevoir un appareil dans ce format, pour un anniversaire, une communion, un cadeau de fête.

Pour les plus jeunes, Lomography a relancé des modèles de ces appareils il y a deux ans maintenant et, surtout, ils sont presque les seuls à produire les cartouches pour ce film atypique.

Donc, pour les d’jeunes, un peu d’histoire : en 1972, soit 10 ans après avoir introduit la cartouche 126, Kodak lance le format 110. Le principe reste le même : un film est placé dans une cartouche fermée qu’il suffit de glisser dans l’appareil ad hoc. Ce qui simplifie à l’extrême une hantise vieille comme la bobine 24×36, à savoir comment bien placer son film dans l’appareil.

Blague à part, cette révolution a permis à Kodak et à ceux qui l’ont suivi de vendre des camions d’appareils photos, simples à utiliser mais pas (toujours) dénués de fonctions intéressantes (cellule, automatisme).

Ce petit container renfermait un film de 13x17mm avec une seule perforation. La contenance évoluait de 12 à 20 – 24 – 36 photos.

Petites particularités : la taille du film est environ la moitié d’un film 24×36. Le film est entouré d’un papier support (comme les bobines de 120) qui porte des indications pour le début et la fin des images, ainsi que des numéros car ils servent de compteur de vues. Il n’y a souvent qu’une perforation pour faire avancer le film dans l’appareil. Enfin, le film est généralement pré-exposé pour y faire figurer des numéros des images et des lignes utiles pour les labo. Une fois développé, on vous renvoie le film en bande, comme le 24×36 ou le 126 avant. En fin de film, pas besoin de rembobiner, la seconde partie de la cartouche étant le réceptacle final des images. Facile on a dit …

Source : the Darkroom

Kodak a fait un tabac avec ses Pocket Instamatic (plus de 60 millions d’Instamatic Poket vendu entre 1972 et 1984), suivi ensuite par Agfa et ses Pocket Sensor, puis d’autres marques telles que Canon, Minolta, Fuji, Rollei, … pour n’en citer que quelques unes. A un moment ou un autre, ils s’y sont tous mis à fabriquer des appareils de poche.

Après la faillite de Kodak (1985), Fujifilm a pris le relais de la fabrication du 110, pour jeter l’éponge en 2009. C’est finalement en 2012 que Lomography relance la fabrication du film, en couleur, N/B et en versions avec des rendus spéciaux.

Les millions d’appareils produits sont de qualité très inégales : les produits de base ou d’entrée de gamme sont assez affligeant mais certaines marques ont réussi à produire de petites merveilles, comme le Rollei A110, le Canon 110 ED, les Fujica Pocket 400, Pocket 450 Flash , le Pentax Auto 110 (le plus petit réflex du monde), le Minolta qui nous préoccupe, et j’en passe.

Il faut savoir que la taille du film et sa conception ne donne pas une qualité excellente aux images. Si vous ajoutez à ces défauts une optique et une mécanique médiocre, je pense que vous avez compris.

Mais encore une fois, certains fabricants sont parvenus à des résultats étonnant.

Au delà de ces aspects que relèvent les photographes un peu tatillons, le format doit son succès à la taille réduite des appareils qui l’utilisent, à sa simplicité de mise en œuvre, à sa relative qualité en tirage de petites tailles, à la qualité de certains boitiers

Une petite idée des films classiques :

Pour en revenir à notre Minolta Autopak 450E proprement dit, il faut savoir que la marque a déjà lancé par le passé des appareils miniatures et fonctionnels, notamment le Minolta 16 II (1960), qui ne cessera d’évoluer et deviendra même le standard des appareils à film 16mm (voir aussi les articles sur le MG 16 et le 16 – MG S).

Ce format, repris par d’autres aussi, a finalement cédé le pas devant le nouveau standard de la machine Kodak, le 110. Ils sont de fait très proches en taille, à partir du 16 – MG S, qui propose des images de 12x17mm (contre 10x14mm auparavant) grâce à la modification des derniers films en 16mm, à qui on a supprimé les perforations en haut et en bas, pour n’en garder qu’une seule comme le … format 110.

La grande différence entre ces deux standards tient à la qualité des images produites : dans le premier cas, il s’agit d’un film se déroulant d’une bobine à l’autre dans une cassette réduite à sa plus simple expression car le boitier qui l’accueille est fait de telle sorte que le film est bien plan. Sans distorsion de la pellicule, le résultat est meilleur et dès lors, les appareils prévus pour ces films étaient généralement équipé de bonnes optiques. Toutefois, ne nous leurrons pas, les agrandissements restaient limités si on voulait garder une qualité acceptable. Dans le second cas, celui du 110, la cassette est plus grande mais assure une moins bonne planéité à la pellicule car celle-ci est enfermée dans le plastique et ce dernier ne tend pas assez le film. Des marques comme Rollei ont essayé de trouver des solutions pour endiguer le problème mais sans jamais vraiment y parvenir. Soyons bien clair à ce sujet : Kodak a sorti le format 110 à la suite du 126, destiné déjà à une clientèle qui voulait avant tout des appareils faciles, sans (trop de) réglages et qui pouvait se contenter de photos souvenirs où la qualité n’était pas primordiale. Notons encore que la qualité des cassettes 110 étaient meilleures que celles des 126.

Jusqu’au Minolta 16 QT de 1972, la marque à résisté mais en 1974, elle sortira son premier appareil à cassette 110, le Minolta Autopak 50.

Ensuite, en 1976, Minolta sort un APNI (appareil photo non identifié), le 110 Zoom, premier reflex pour film 110 avec zoom 25 – 50 intégré.

1977, et voici notre Minolta Autopak 450E, avec flash intégré, ce qui le rend plus long que son prédécesseur, l’Autopak 50.

En 1980, la firme nous sort un sous-marin … jaune, le Weathermatic 110, que l’on verra souvent trainer sur les plages et dans les petit bateaux de plaisance. ce sera le dernier opus de la marque dans ce format, déjà en perte de vitesse.

Je ne vais pas les citer tous, mais il y eut aussi un Autopak 70, sans flash intégré mais avec réglage des distances et obturateur électronique (1973), un Autopak 401, un 430EX avec flash intégré et obturateur électronique, un 470 auquel on pouvait adjoindre un flash dédié, un 450EX, un 460 TX (flash électronique, télé-zoom intégré, obturateur électronique).

Pour une liste plus exhaustive, je vous invite à découvrir le super site de 110 cameras (en anglais), qui est une mine d’informations incontournables sur ces petits appareils (il donne même envie de devenir collectionneur, le bougre !).

Présentation du Minolta Autopak 450E.

Premier constat, il est assez imposant pour un appareil en 110. Sans doute parce que le flash est intégré, ce qui allonge d’autant le corps de l’appareil mais est gage d’une meilleure qualité que les flashs cube classique. Ensuite s’il est généralement en plastique, il est aussi garni de belles pièces métalliques qui lui assurent une belle prestance et un petit côté chic. Sa taille lui confère une bonne prise en mains.

Second constat, par rapport aux Kodak et Agfa non motorisés, il n’est pas nécessaire de faire glisser la moitié de l’appareil pour réarmer, un petit mouvement sur le curseur en dessous suffit. C’est aussi plus confortable si on doit faire plusieurs photos les unes à la suite des autres car on peut manœuvrer ce curseur sans quitter le viseur des yeux.

Ensuite, nous pouvons nous arrêter encore sur la partie objectif, c’est un Rokkor de 26mm ouvrant à f3,5, fabriqué en quatre éléments en trois groupes. La mise au point minimale est de 90cm jusque l’infini en cinq zones de mises au point, repérées par des pictogrammes, visibles dans le viseur. Un objectif macro permet de descendre à environ 45cm grâce au glissement d’une lentille devant l’objectif. Et, petit détail utile, cette mesure correspond à la longueur de la lanière de transport (un peu comme les Minox et leurs chaines de mesure). En position objectif fermé, il est impossible de déclencher.

Quant à l’exposition, elle se définit grâce à trois réglages : soleil (f11), nuage (f22) et flash. Une LED rouge vous indique si la lumière est trop faible. Les réglages s’effectuent avec un curseur orange sur le dessus de l’appareil, à côté de celui pour le réglage de la distance.

Le flash intégré a une portée d’environ 3,5m pour un film de 80 à 100 Asa et d’environ 6m pour une sensibilité de 250 à 400 Asa. Lorsque vous êtes en position flash, l’ouverture est liée à la mise au point.

Un mot encore sur le viseur, très clair malgré la taille du boitier et qui dispose de quelques informations bien utiles : cadre de mise au point, correction de la parallaxe, indication par une LED rouge d’une insuffisance de lumière, les réglages de la mise au point sont visibles (pictogrammes).

La vitesse d’obturation, fixée au 1/200s est fixe.

Enfin, pour alimenter le boitier, une simple pile AA suffit.

Que penser de cet appareil ?

Pour un prix très bas (20€ maximum avec sa gaine et sa dragonne) vous aurez la chance d’avoir un appareil d’excellente qualité avec une optique reconnue, la possibilité de faire de gros plans, des informations utiles dans le viseur, un flash intégré, un obturateur qui n’est pas lié à la batterie et fonctionne donc toujours.

Qui plus est, il est bien fabriqué et solide.

Par contre, on pourrait lui reprocher qu’il n’y ait que deux paramètres d’exposition, hormis le flash en sus. Flash qui met beaucoup de temps à se charger d’ailleurs.

Ceci étant, quand je vois le prix pratiqué par Lomography pour ses nouveaux appareils 110, je me dis forcément qu’il y a là de bonnes affaires à faire !

Soyons de bons comptes : si je me moque des prix pratiqués par Lomography, il faut les remercier d’encore favoriser la diffusion de ce format et pour la fabrication des films, y compris dans des variantes exotiques qui en raviront certain(e)s.

Si je devais résumer en quelques mots, j’insisterais sur le fait que ces appareils ont toujours un public et un intérêt. N’achetez pas les bas de gammes, ni les marques exotiques et prenez le temps de choisir parmi les meilleurs de ces boitiers, comme celui-ci, le Canon 110ED, le Fujica Poket 400, l’Agfa 6008, par exemple.

Et amusez-vous bien !

Pour vous donner une idée des images délivrées par cet appareil, allez voir ICI.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Type: Caméra de poche pour cassettes de film 110 (image de 13x17mm)
Fabricant: Minolta
Année de sortie : 1977
Objectif: Rokkor 26 mm f3,5 (4 éléments en 3 groupes), objectif gros plan intégré déplaçable sur l’objectif
Focus: manuel à l’aide de symboles
Vitesse : vitesse 1/200 secondes.
Indicateur : contrôle manuel, f 3,5 (soleil) ou f11 (nuageux) en mode normal ou selon la distance en mode flash
Viseur: cadre avec trame lumineuse et avec compensation de parallaxe,
LED – Indicateur d’avertissement pour trop peu de lumière et affichage de distance sélectionné
Flash : intégré, jusqu’à 5,30 m à 100 ASA
Dimensions: 162 × 59 × 28 mm
Poids: 235 g.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_110, https://meemoria.fr/blog/l-histoire-des-negatifs-110-n46, https://boxargentique.fr/le-format-110-en-argentique-lomo-tiger-canon-110ed/, https://www.suaudeau.eu/memo/histoire/histoire_minolta/Histoire_de_Minolta.html en français : https://collectiblend.com/forum/viewtopic.php?t=2513, https://lightindarknessphotography.wordpress.com/2019/11/19/minolta-autopak-450e/, https://medium.com/pforppp/vintage-110-camera-22bff9921a0, https://thedarkroom.com/film-formats/110-film/, https://www.fredmiranda.com/forum/topic/1884671/0 en anglais ; https://www.photo-foto.eu/minolta/minolta-pocket-autopak-450e/, en allemand

Argentique

Le FEX Ultra Reflex version 13 : ou comment la publicité vintage nous vend un appareil simple

Préambule.

Mais que ne ferais-je pour nous trouver des appareils différents ? Ainsi, nous sommes à Amiens en début d’après-midi ce samedi 12 avril, car demain, ce sera la Grande Réderie.

Un petit tour de la Ville, repérage d’une aire pour passer la nuit dans le camping-car (camping de l’étang du Cygne) puis d’un restaurant pour le souper (pardon, le diner pour nos amis français).

Après avoir copieusement mangé (le Nord est généreux même dans les assiettes), nous décidons de faire quelques pas, le temps de retrouver le CC garé un peu en dehors du centre-ville.

Et quelle n’est pas notre surprise de voir des brocanteurs commencer à s’installer un peu partout. Mais ça ne commence que le 13, non ? Oui, certes, mais les brocanteurs peuvent s’installer dès les 18h00 et qui dit déballer dit vendre.

Bref, demi-tour, nous partons déjà en chasse et commençons écumer les échoppes alors que le soleil décline.

Et déjà le sac à dos s’emplit de quelques pépites que vous découvrirez au fur et à mesure.

Mais il est déjà 22h30 et nous avions prévu de nous lever vers 3h00 pour quitter le camping et rejoindre la Réderie. La nuit sera très courte … quoique le mauvais temps s’est invité à la fête et il a plu jusque 5h00 du matin, nous offrant ainsi 2 petites heures de sommeil en plus.

Un peu d’histoire.

Si vous vous en souvenez, c’est une marque que j’ai déjà évoquée sur le site, notamment avec le FEX Elite et l’Ultra FEX.

Je vous ferez donc grâce de l’histoire de la marque, que vous retrouverez dans lesdits articles.

Juste vous rappeler ce que j’écrivais déjà à l’époque, à savoir que la marque était dans les championnes pour le recyclage et la réutilisation de modèles plus anciens que l’on présente comme nouveaux à coup d’arguments publicitaires vantant des améliorations qui sont autant de cache-misère.

Mais vous allez comprendre …

Présentation du FEX Ultra Reflex version 13.

Photo de l’Ultra Fex de l’article précédent.

Ici la marque reprend intégralement la face de l’Ultra FEX, donc tant l’obturateur que l’objectif, mais sans l’espèce de tube extensible qui l’accompagnait car de fait, la taille de la chambre fait office de ce tube.

Donc, au point de vue des réglages, on reste dans le minimalisme : 2 vitesses (1/25 et 1/100s) plus une pose indiquée ici par un P ; ensuite, 2 ouvertures (normale et intense, ce qui correspond à f16 et f22). La position normale s’utilise par temps gris et l’intense par temps ensoleillé (neige, sable aussi).

Remarquez que comme son compère, notre Ultra Reflex tend à tromper son monde avec un beau reflet bleu dans l’objectif, qui pourrait faire croire à un traitement de la lentille mais qui est en réalité le reflet d’une pastille bleue autour du cache de l’objectif.

Venons-en au deux objectifs de ce reflex. En fait cet appareil est un faux TLR (twin lens reflex) car la visée se fait sur une loupe et un miroir à 45 °. Et comme vous pouvez le constater, il n’y a pas moyen de régler la distance, celle-ci étant fixe (mise au point minimale de 1,2m pour de ménisque de 75mm).

Même lorsque FEX vendra le Fex Indo Ultra-Reflex 4,5, pourtant équipé d’un objectif ouvrant à f4,5 et possédant un obturateur capable d’atteindre le 1/300s, ce sera un faux bis-objectifs et les nombreuses molettes de réglages ne seront là que pour faire joli car inopérantes.

Voilà, pour l’utilisation, on a (vite) fait le tour.

Vous voyez que le boitier, en bakélite mais avec un dos métallique, possède une griffe, pour y monter un flash. Que vous brancherez sur la minuscule prise coaxiale qui est sur le coté du bloc optique/obturateur. Le flash est synchronisé à toutes les vitesses.

Le déclencheur est un simple bouton poussoir placé à côté du faux premier objectif, pas très ergonomique ni bien placé.

Un mot encore du filetage pour fixer un trépied, car il est au pas dit du Congrès, soit un pas ancien et large.

Enfin, pour charger l’appareil d’un film, il faut faire basculer vers le haut la patte métallique derrière le viseur puis tirer en arrière et vers le bas l’ensemble du dos. Heu, si ça coince, assurez-vous d’avoir en poche un petit canif Suisse pour faire levier sur le haut du dos afin de le débloquer. Notez que pour le remettre en place ce n’est guère plus aisé car il faut faire entrer le bas dans les tenons et le remonter pour le bloquer avec le verrou. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Sans doute que le coût d’une charnière eut fait exploser le prix de cet engin.

Quant au film, c’est une bobine de 620 (ou une 120 modifiée) qui vous donnera 12 vues en 6x6cm.

J’allais oublier de vous parler du viseur, collimaté mon bon Monsieur, avec une loupe ou en position de viseur sportif. En somme, un viseur qui aurait pu être clair et large mais qui devient compliqué à utiliser car si vous ne levez pas le bras du viseur sportif, le viseur est bien encombré.

Que penser de cet appareil ?

Il peut amuser les collectionneurs car selon son époque, il a un dessus borgne, puis un viseur, entouré de noir, de chrome ou de couleur champagne ; la sérigraphie est droite ou courbe ; etc.

Ceci étant, cet engin, produit de 1954 à 1964 tout de même, ne donnera sans doute pas une grande image de l’industrie photographique française. Peut-être s’il avait été très abordable …

Je vous avoue que j’ai essayé de lui trouver des points positifs mais en vain, sauf sa bouille assez sympathique.

Si vous en trouvez un, avec sa gaine en cuir comme ici, ne dépensez pas plus de 15€ pour l’acquérir.

Quant à le tester, pourquoi pas, mais même chez Lomography personne encore ne s’y est risqué.

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-481-Fex%20Indo_Ultra-reflex.html, https://collection.click-clack.fr/fex-indo-appareils-photo-ultra-reflex/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-357-Fex%20Indo_Ultra-Reflex%204,5.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Fex-Ultra-Reflex.htm, https://fexmania.fr/index.php?/category/34, http://glangl1.free.fr/Liste-Fex_Indo.html

Argentique

Le Canon Eos 3000 N : demain sera son présent

Préambule.

Brocante de Braine-le-Comte, très tôt le matin, nous déambulons dans les allées à la recherche de quelques objets intéressants, des appareils photo pour moi en tout cas.

Hélas, après avoir fait plusieurs fois le tour, le temps que les vendeurs s’installent, je dois bien me rendre à l’évidence, celle-ci est bien pauvre en argentique, hormis les éternels Kodak Instamatic invendables, les Agfa Clack, les box en plus ou moins bon état, des folding qui n’ont rien de folichon tant ils sont délabrés.

Un peu découragé, retournant sur mes pas, je débusque dans une remorque une boîte qui contient quelques vieux retardateurs mécaniques, un télémètre à glisser dans une griffe accessoire, une boîte d’un Agfa Optima Pocket Sensor (prochain article) et un vieux sac photo dans lequel se cache ce Canon Eos, tout beau, tout propre, livré avec un flash annulaire que je vais tester aussi.

Finalement, la pèche est maigre mais les poisons sont bons !

Un peu d’histoire.

Les habitués du site savent que j’aime bien cette marque, qui fut celle de mes débuts. Et comme j’ai déjà présenté plusieurs appareils à la marque rouge, je vous fais grâce de l’histoire de celle-ci.

D’ailleurs vous en retrouverez des extraits dans l’article que j’ai consacré à son prédécesseur, le Canon Eos 3000.

Sauf à vous préciser que ce modèle, sorti en 2002, est le pénultième Eos argentique, le dernier étant le 3000X. Faut-il préciser que ceux-ci ont été commercialisé à la charnière du numérique et que donc leur carrière connu quelques hésitations, les clients ne sachant pas encore dans quel camp se ranger. L’histoire nous a donné la réponse …

Présentation du Canon Eos 3000 N.

S’il s’appelle EOS 3000 N c’est donc qu’il fut précédé d’un EOS 3000, le N étant chez Canon le New (nouveau).

Le premier du nom sera commercialisé en 1999, soit seulement trois ans avant cet opus. Les changements seront surtout cosmétiques. Voici le texte qui accompagnait le lancement du boitier :

L’EOS 3000N allie simplicité et élégance, offrant une opérabilité améliorée et un nouveau design sophistiqué. Chargé de fonctionnalités, les utilisateurs n’auront aucun problème à capturer les photos qu’ils veulent. Avec sa finition métallisée argentée accrocheuse, l’EOS 3000N est le nouvel appareil photo EOS d’entrée de gamme de Canon. Adapté aux nouveaux venus dans la photographie reflex, mais doté de suffisamment de fonctionnalités avancées pour satisfaire les propriétaires à mesure que leurs compétences photographiques se développent, l’EOS 3000N est un appareil photo ultra-compact et léger doté de nombreuses fonctionnalités.

Ce qui veut dire, lorsque l’on lit entre les lignes, qu’ils n’ont pas changé grand-chose au précédant modèle, juste la carrosserie, plus flatteuse et un rien plus ergonomique. Pour le reste, on reprend ce qui fonctionne et on le garde.

Techniquement, même s’il affiche une belle quantité de fonctions et astuces, il reste l’entrée de gamme de la marque, surtout à cause de sa qualité de fabrication. Rassurez-vous, tout tient parfaitement et est assemblé avec précision mais la coque est toute en plastique ABS, y compris la baïonnette.

L’avantage est celui du poids et, honnêtement, je n’ai jamais vu un boitier fendu ni une monture partir en lambeaux ni se tordre.

Ce que j’aime bien avec ces mécaniques, c’est que nous sommes vraiment très proche de ce que les appareils numériques proposent à cette époque, et encore maintenant. On n’est jamais déconcerté par sa manipulation en quittant le numérique pour le prendre en mains, les commandes sont les mêmes.

Vous pouvez l’utiliser en tout auto ou avec la gamme de programmes PSAM et, bien sûr, en manuel. C’est clairement un appareil école car il va permettre aux débutants bien mettre le pied dans la série des Eos s’ils veulent progresser ensuite.

Car, autre gros avantage, le boitier accepte toutes les optiques Canon EF et la plupart des accessoires dédiés.

Son autofocus est rapide et précis, sa mesure de lumière exacte et sensible. Il est un peu bruyant mais rien de dramatique et sa cadence de prise de vue est réduite à une image seconde. Ce n’est clairement pas un boitier sportif mais il est à l’aise dans toutes les autres disciplines.

Pour l’alimenter, juste 2 CR123A. Faire attention à la porte des piles, comme souvent sur ces boitiers, sinon vous passerez par la case Gaffer pour tout faire tenir. Comme le faisait remarquer un gentil chat (il/elle se reconnaîtra), on peut fixer un grip, le battery pack bp8, qui fonctionne avec des piles AA, plus économiques.

Que penser de cet appareil ?

Au risque de me répéter, selon que l’on veut découvrir l’argentique en personne pratique ou en esthète, vous choisirez ce modèle ou ses frères, ou vous partirez vers un A-1, un FTb, un AE-1 (presque) tout métallique mais sans beaucoup d’aide (l’autofocus n’est pas à leur programme).

Si donc vous avez choisi la première solution, vous ne serez pas dépaysé en utilisant cet Eos 3000 N car ses commandes sont celles des premiers Eos numériques et des suivants.

Ce sont ces boitiers qui ont initié l’ergonomie des numériques, y compris la plupart de leurs commandes.

Ceci étant précisé, cet appareil ne manque de rien, même si à l’époque on le considérait comme un entrée de gamme (selon la notation chez Canon : 3000 = entrée de gamme, 300 = consommateur moyen, 30 = expert , 3 = professionnel). Voyez la fiche technique ci-dessous.

Il est précis et les photos qu’il délivre sont correctement exposées si vous ne flirtez pas avec les limites des grands contrastes lumineux. Léger et finalement bien construit, il vous suivra partout sans que vous ayez peur de le faire souffrir un peu. Car côté budget, comptez environ 40€ pour un exemplaire avec un objectif EF, souvent un zoom 24 – 90mm.

Ne trainez pas, leur valeur monte …

Vidéos d’illustration.

Camera bon marché – des images qui tuent ! – Un fantastique reflex pour des cacahuètes (n’oubliez pas que vous pouvez traduire les vidéos en cliquant sur paramètres – sous-titres)

Un peu de technique.

  • Appareil photo reflex analogique 35 mm (2002, Japon).
  • Autofocus : trois capteurs, dont un capteur central de type croisé, contrôlable individuellement, priorité à la mise au point ou servo AI, commutable en manuel, lumière d’assistance AF.
  • Mesure de l’exposition : mesure multi-champs à six zones, mesure intégrale sélective et pondérée centrale (avec réglage manuel de l’exposition).
  • Types d’exposition : programme automatique, cinq modes scène, plein, ouverture et priorité à l’ouverture, mesure manuelle par suivi, priorité à la profondeur de champ ; exposition multiple.
  • Flash : pop-up, NG 12. Exposition du flash : E-TTL (avec les appareils Canon EX), A-TTL (avec les appareils EZ/E), contrôlé par TTL via trois zones.
  • Temps d’exposition : 30 secondes à 1/2 000 seconde (par pas de 1/2) et B.
  • Sensibilités du film : en manuel ISO 6-6 400 ou via encodage DX, ISO 25-5 000.
  • Synchronisation du flash : automatique, synchro au 1/90 s.
  • Transport du film : automatique avec avance rapide jusqu’à la fin, exposition simple ou continue (maximum une image par seconde), retardateur, connexion de déclenchement à distance.
  • Alimentation : 2 piles au lithium de 3 volts (CR 123 A).
  • Monture d’objectif : Monture Canon EF

L’EOS 3000 N est identique à l’EOS 500 N, à l’exception de quelques différences extérieures mineures.

Des références.

https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS_3000N, https://www.danstacuve.org/test-du-canon-eos-3000n-lun-des-derniers-argentiques-canon/, https://lafillerenne.fr/blog/1308/ en français ; https://www.lomography.com/magazine/183308-my-new-love-canon-eos-3000n-and-its-perfect-bokeh, en anglais ; https://kameramuseum.de/objekte/canon-eos-3000-n/, en allemand

Argentique

Le babysem 2 : un argentique de poche.

Préambule.

Un matin franchement frisquet, le thermomètre affiche -2C en cette fin mars 2025. Peu de brocantes encore, sauf celle de Jemappes, où sont pelotonnés vendeurs et … acheteurs. Je déambule à travers les stands des courageux venus tôt ce matin et au détour d’une allée, je vois sur un stand une boîte d’ampoules pour flash ancien. Comme je m’enquiers du prix et que la dame est occupée, mes yeux furètent sur la table bien encombrée et ils s’arrêtent sur une petite house de cuir jaune. Je l’ouvre et découvre ce petit appareil sympathique. Petite transaction pour le prix des ampoules et du boitier et ils plongent dans le sac dos.

Je ne trouverais pas autre chose d’intéressant ce jour-là. Il est temps de rentrer boire un chocolat chaud …

Un peu d’histoire.

Je vous ai déjà présenté un SEM, le Semflex Standard 3,5B type 9 (ouf !) et j’aurais dû faire aussi la présentation d’un Babysem, premier du nom, mais j’ai eu la mauvaise idée de le prendre sur une bourse et il est parti trop vite.

Appareil photo vintage Babysem en métal avec un objectif OREC et un viseur en haut à gauche.

Ceci étant, le modèle que je vous propose est une extrapolation du premier Babysem, sur lequel on a greffé une face avant plus moderne.

Mais commençons par le début …

Vers 1940, la société Parisienne G. Cornu demande à la société Aluvac de lui couler les corps et dos de petits appareils 24×36. Ces pièces portent les marques Aluvac 3439 et 3440.

Avant la seconde guerre mondiale, l’industriel Stéphanois (St Etienne) Jean Cros fabrique des ailettes pour roquette. Il fait couler celles-ci par la société Aluvac. Au déclenchement de la seconde guerre mondiale, il se doit se diversifier et produit pour G.Cornu des appareils photographiques Reyna Cross.

Monsieur Jean Cros obtient, en 1941, de la société G. Cornu une licence pour fabriquer à St Etienne un appareil photographique à partir des pièces détachées produites par Aluvac. C’est Paul Royet, un technicien en mécanique qui fabrique des obturateurs Micromécanic, qui sont installés dans les appareils photographiques Reyna Cross, qui mène à bien cette entreprise (1942).

Finalement, en 1946, Paul Royet et Jean Cros s’associent pour fonder la SEMM, Société des Établissements Modernes de Mécanique, appelée également SEM, d’abord établie à St Etienne, puis, dès 1947, à Aurec. Cette entreprise fabrique d’abord des appareils pour Cornu, sous licence, mais bien vite, réalise ses propres modèles, dont les plus célèbres et connus seront les Semflex, des reflex bis-objectifs de qualité (voir l’article cité ci-avant)

Dès 1949, SEM produit un petit appareil 24×36, le Babysem premier du nom (voir photo ci-dessus), inspiré du Reyna des Ets G. Cornu.

Un appareil photo ancien de marque Reyna, affichant un design vintage avec un objectif et des réglages visibles sur le devant.

Le Reyna est sorti en pleine seconde guerre mondiale, sans publicité, n’apparaissant dans aucun catalogue. Il a été perfectionné et modifié par Paul Royet pour devenir le Reyna Cross.

Paul Royet va optimiser le mécanisme pour en faciliter la construction et présentera le Reyna Cross 2. Rapidement, G. Cornu adoptera un certain nombre de modifications passant ainsi du Reyna au Reyna 2.

Petit à petit, d’améliorations en simplifications, le Reyna Cross prend le chiffre 3. SEM prend de plus en plus une dimension industrielle alors que Cornu reste artisanal. On estime que 95% des boitiers produits seront utilisés par SEM. La maison G. Cornu disparaitra petit à petit.

Les boitiers évolueront tant à cause de cette phase de pré-industrialisation (rationalisation de la construction) qu’à cause des difficultés d’approvisionnement toujours en vigueur au sortir de la guerre.

Le Babysem premier du nom va en profiter, ou en subir les conséquences, c’est selon, et il deviendra Babysem 2 lorsque sa façade sera réduite en épaisseur et modifiée pour s’installer sur le dos du Babysem Il perd aussi le déclencheur sur le capot, qui nécessite des liaisons mécaniques plus complexes.

Enfin, après des années de privations, de production plus ou moins organisée pour les entreprises, de difficultés économiques et de reconstruction, arrivent la fin des années cinquante et celles du retour à la prospérité, d’un pouvoir d’achat qui augmente et d’une nouvelle génération qui aspire aux loisirs, aux amusements, à une nouvelle vie.

Conscient de ces changements, SEM décide de moderniser ses appareils noirs et gris, qui ne sont plus dans l’air du temps. Ils font appel à Roger Tallon pour rajeunir le Baby Sem.

Trois nouveaux modèles verront le jour suite à ce ravalement de façade : le Babyjoy d’entrée de gamme et destiné aux plus jeunes, le Babysem qui nous préoccupe, le BabyLord qui sera le haut de gamme de la série.

A y regarder de plus près, les trois modèles sont construits sur la même base, pas très éloignée d’ailleurs du modèle précédent (même s’ils sont un peu plus grands) : la face avant est rectangulaire avec un carter échancré pour y loger l’optique et le mécanisme de l’obturateur (il n’y a pas de déclencheur sur le capot) ; sur le dessus, deux trous pour y loger un flash (brochage spécifique) ; le viseur n’est plus central mais décalé vers la droite ; un léger décrochage en bas est garni d’un simili-cuir coloré, qui fit d’ailleurs le tour du boitier ; la typographie a aussi été revue et le B majuscule disparait pour une minuscule.

C’est la partie arrière qui est la plus proche de l’ancien modèle, avec ses deux gros boutons ronds, en partie cachés par le retour de la face avant (avance et rebobinage du film) ; un large tunnel abrite un minuscule trou, celui du viseur, très approximatif (à se demander pourquoi ils ne l’ont pas fait plus grand vu l’espace inutilisé). Toute la surface du dos est gainée du même vinyl coloré.

Présentation du babysem.

Un mot encore des autres modèles, pour mieux apprécier les différences :

  • le babyjoy, produit de 1960 à 1965, est donc le modèle de base : il possède un obturateur Orec avec une seule vitesse (1/50s) ; on peut régler l’ouverture, illustrée par les chiffres 1-2-3 ou des pictogrammes météorologique ; la peinture est lisse sur ce modèle et il y a inversion des couleurs du bandeau vinyl.
  • le babysem, produit sur la même période, est le milieu de gamme : il ne possède pas de vitesses lentes et le maximum est le 1/250s avec une pose B ; les distances se règlent en continu de 75cm à l’infini ; la peinture est granuleuse et les bandeaux de couleurs sont identiques devant et derrière.
  • le babylord, produit de 1962 à 1965, plus rare, est le haut de gamme : il possède des vitesses lentes et sa limite est le 1/400s ; l’esthétique est identique à celle du babysem.
Publicité pour l'appareil photo Babyjoy, montrant les caractéristiques et fonctionnalités, avec des illustrations des appareils et des scènes de prise de vue.

Les trois appareils bénéficient du même objectif anastigmat Som Berthiot de 45mm ouvrant à f2,8. Toutefois, il y aura quelques rares modèles équipés d’un objectif Angénieux.

Pour en terminer, Photo-Hall distribuera le babysem sous les appellations de Photo-Hall 1A, puis de Photo-Hall SB1.

Venons-en à la présentation spécifique de ce babysem 2.

Je ne reviens pas sur la présentation générale mais j’ajoute que pour l’ouvrir, il faut tirer sur un loquet situé sur la tranche gauche, ce qui libère le dos, qui se retire en entier.

Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il y avait encore un film dans la chambre, que j’ai refermée bien vite. Le compteur de vues n’est pas clair, alors combien d’images encore ?

Ceci étant, comme le loquet ne tient pas bien, j’ai décidé de retirer le film, mais comment le rembobiner ?

C’est sur le site de Collection-appareils que j’ai, heureusement, trouvé le mode d’emploi dont le lien est ICI.

Premier constat, il faut de bons ongles pour tirer sur le minuscule bouton strié qui est sur la tranche. Une fois qu’on y est arrivé (plus ou moins 0,5cm de retrait), il faut encore le tourner d’un quart de tour pour débrayer le système.

Vue d'un appareil photo vintage Babysem avec un design rétro et une finition en métal, posé sur une surface texturée, avec une figurine en arrière-plan.

Enfin, là on pourra rembobiner en tournant la grosse molette à gauche dans le sens de la flèche. Ce qui a pour conséquence de réinitialiser aussi le compteur de vue (c’est d’ailleurs comme ça que j’ai compris que le film était presque arrivé en fin de course).

Le réglage de la distance se fait avec la rotation de la lentille, non crantée, de 75cm à l’infini.

La vitesse se règle elle grâce à la roue striée derrière la lentille, de la pose B – 1/15s – 1/30s – 1/60s – 1/125s – 1/250s. Un filetage est prévu, en dessous du déclencheur, pour y fixer un câble.

Enfin, l’ouverture se règle avec une tirette située sous l’optique, de f2,8 à f22.

Appareil photo Babysem avec un design rétro, incluant un objectif Som Berthiot de 45mm, monté sur une surface texturée grise et une bande rouge.

Le flash, très rare, se fixe sur le dessus, dans les 2 broches prévues et un câble le relie au bloc optique/obturateur.

Comme je le signalais plus haut, il n’y a pas de déclencheur sur le capot. SEM utilise ici un vieux système, comme sur les anciens folding : on arme avec une tirette, on déclenche avec une autre située autour de l’obturateur. Simple, efficace et moins sophistiqué à produire qu’un autre système.

Autre bizarrerie, le bouton placé en façade, sur lequel il faut appuyer après chaque photo pour permettre d’avancer d’une vue. C’est une idée simple pour éviter la double exposition mais guère pratique dans l’absolu. Il faut donc appuyer sur ce bouton, tourner la grosse molette d’avancement, relâcher le bouton tout en continuant à tourner jusqu’à ce que celui-ci se bloque, puis vous pourrez faire une autre photo. On a connu plus simple dans les années soixante !

Le compteur de vue doit être initialisé sur 20 ou 36 manuellement. Il fonctionne par décompte des déclenchements.

Que penser de cet appareil ?

Tout en alliage d’aluminium, il a quelque chose de rassurant car il donne cette impression de solidité que confère le métal.

Cependant, les défauts sont nombreux :

  • viseur réduit à sa plus simple expression, un chat d’aiguille : on devine plus qu’on ne voit ce que l’on va photographier
  • le loquet de blocage du dos gagne du jeu avec le temps, rendant l’appareil moins étanche aux fuites de lumières
  • les réglages sont minimalistes et on ne peut rien contrôler (ouverture, vitesse, sensibilité)

Ceci dit, la prise en main n’est pas mauvaise et les réglages sont bien disposés, sauf ce f…. bouton pour débrayer l’enroulement en vue du rembobinage.

Dans son beau sac tout prêt en cuir, il a belle allure et vous pouvez alors le porter autour du cou car la lanière est sur ce dernier, pas sur le boitier.

En conclusion, c’est un appareil rare mais qui n’a pas une grande cote (50€ avec sa gaine en bon état). Il fait partie de ces boitiers intéressants à posséder en collection car il est le reflet d’une époque.

Vidéo d’illustration.

Un peu de technique.

Année 1960

Objectif : Som Berthiot 45mm ouvrant à f2,8, anastigmat

Obturateur central en Iris OREC de 1/15s au 1/250s plus pose B

Format : 24 x 36 mm

Viseur de type Galliée

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1030-Sem_Babysem.html, http://clicclac1.free.fr/old/Appareils_francais/SEM/Baby.htm, https://www.lesappareilsphotographiques.com/sem-p-186.html, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_S_1017.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12921-Photo-Hall_Baby%20Sem.html, http://glangl1.free.fr/Liste-Sem.html, https://stereoantica.com/sem-baby-sem/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_des_%C3%A9tablissements_modernes_de_m%C3%A9canique, https://collection.click-clack.fr/sem-histoire-et-publicites/, https://www.mes-appareils-photos.fr/SEM.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1079-Sem_Baby%20Sem.html en français ; https://cameracollector.net/sem-kim-baby-sem/, en anglais.

Argentique

Le Balda et un sac photo en cuir bien garni

Préambule.

Ce mois de mars n’en finit pas de nous surprendre : un dimanche matin avec 18°C, c’est peu courant !

Alors j’en ai profité pour faire une brocante, seul cette fois. Ronquières, me voici. Il y a, bien évidemment un monde fou et comme je n’arrive pas très tôt, je me demande si je vais quand même trouver quelque chose d’intéressant à mettre dans le sac à doc.

Là, au détour d’un stand, dans des caisses reléguées au fonds, je vois des crosses destinées manifestement à supporter des longs téléobjectifs, comme on les faisait dans les années septante. Par curiosité, je les regarde et par dessous, une longue boite en cuir un peu fatigué.

Ah, manifestement il y a un appareil dedans et des accessoires. Petites négociation rapide et j’emporte celle-ci dans le sac. Elle y sera bien seule mais je pense que la trouvaille aura quel que intérêt.

Un peu d’histoire.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà décrit un Balda dans ces articles, le Balda Baldessa.

Mais revenons un peu plus en arrière : Max Baldeweg, maître mécanicien qualifié et très intéressé par la photographie fonde à Dresde (décidément berceau de grandes marques), le 20 novembre 1908, la Balda Werk.

A ses débuts et en tout cas avant la seconde guerre mondiale, la société produit essentiellement des appareils à prix abordables, notamment des appareils pliants. Mais si elle a produit en son nom, elle a aussi produit des appareils que je qualifierais de produits blancs, c’est-à-dire destinés à d’autres fabricants qui y apposaient leur propre marque.

L’usine interrompt sa production à l’aube de 1940 pour soutenir l’effort de guerre de l’Allemagne. Elle fut partiellement détruite sous les bombes qui rasèrent Dresdes.

Au sortir de cette période difficile, Max Baldeweg et Willbald Lauterbach, un directeur fidèle, essaient de relancer la production. Mais le pouvoir en place fait qu’ils durent tous deux quitter leur entreprise et la ville pour fuir vers l’Ouest. Balda Werk sera nationalisée en 1946 puis elle sera engloutie par le VEB Pentacon en 1956.

A l’Ouest, Max Baldeweg fonde la Balda-Balda, qui devra changer de nom en Belca Werk en 1951 à cause de litiges dus à la marque Balda restée à l’Est.

Présentation du lot.

Comme je l’écrivais en préambule, l’appareil est dans un sac photo en cuir, d’origine, mais qui a bien besoin d’être nettoyé et re ciré. La chose faite, je m’attaque aux objets à l’intérieur : de prime abord, 3 filtres dans leurs pochettes en cuir, un pare-soleil en caoutchouc lui aussi dans une pochette de cuir, 2 films terminés, un troisième avec l’amorce sortie, le Balda avec son sac tout prêt, sa lanière en cuir sur laquelle est attaché un petit sac, qui devait contenir un flash ou prévu pour y mettre un film d’avance. Il est vide en tout cas. Une boite et 5 lampes hors boite de Sylvana AG 3B complètent le tout.

Tous ces objets sont nettoyés et retrouvent bien vite leur lustre d’antan.

Les filtres sont des B&W de 40,5mm : le premier est un filtre UV, le second est en fait une bonnette X1 et finalement une bonnette X2 pour le troisième élément.

Quant à l’appareil, c’est donc un Balda Super Matic. Il est équipé d’une lentille de 45mm Color Baldanar, ouvrant à f2,8. Notez qu’il aurait pu être équipé d’un objectif couleur Estconar toujours de 45mm ouvrant aussi à f2,8, voire d’un Xenar aux mêmes spécifications.

La distance se règle sur la lentille avant, mesures en mètres, en pieds et pictogrammes. La distance minimale est de 1m jusque l’infini. Une échelle de profondeur de champ est gravée sur la couronne.

Ses vitesses s’échelonnent de 1/30 – 1/60 – 1/125 (synchro flash, en rouge) – 1/250 – 1/500s et une pose B. Le déclencheur est en façade, glissant vers le bas et fileté dans sa partie basse pour y loger un câble souple. Il y a aussi un A pour automatique, j’y reviendrai.

La griffe porte-accessoire est dite froide. Une prise PC, elle aussi en façade, permet de raccorder le flash.

On règle la sensibilité de la cellule, au sélénium, via une languette, qu’il faut enfoncer avant de faire tourner la bague qui porte un point orange, à faire coïncider avec la valeur choisie, de 12 à 1600 Asa (échelle en DIN aussi, de 12 à 33).

Publicité d’époque.

Sorti en 1960, pour remplacer les Baldina, vous trouverez peut-être plusieurs dénominations sur le cartouche en bas à gauche (vu de face) : Balda Super Matic, Super Balda Matic ou Super Baldamatic.

Les spécificités de ce modèle sont au nombre de cinq : une forme arrondie, jolie mais pas très pratique à tenir en mains ; une clé pour armer, sur la semelle de l’appareil : une manivelle de rembobinage en dessous, montée sur ressort ; le compteur de vue est sur la semelle et il faut le réinitialiser à la main ; c’est tout le dos de l’appareil qui se libère quand on appuie sur les 2 boutons placés sur la tranche gauche.

Ensuite, le Super Matic est équipé, comme je le signalais plus haut, d’une cellule au sélénium, qui est couplée, pour l’utiliser en mode automatique (le A de la couronne de vitesses) ou en manuel. Cette cellule est visible sur la gauche du viseur et elle indique l’ouverture choisie. Ce boitier est un priorité vitesse.

Son viseur, assez grand et clair, est collimaté avec indication du cadre pour la correction de la parallaxe.

Que penser de cet appareil ?

Peut-être devrais-je parler du lot complet car il est intéressant et relativement rare de trouver un ensemble qui était celui utilisé par un photographe, hélas, inconnu.

De plus, les films terminés indiquent que cette personne osait le film couleur et même la diapositive avec cet appareil. C’est donc qu’il avait confiance aux qualités intrinsèques de son matériel, la diapositive étant plus délicate manier que le film couleur ou N/B.

La bobine non entamée est une Kodachrome 2 de 25 Asa (film inversible, diapositive), qui sera produite de 1961 à 2009. Les deux pellicules terminées sont des 3M, une inversible de 50 Asa et l’autre, un film couleur de 80 Asa. Celles-ci étaient fabriquées pour 3M par Ferrania, la société américaine étant entrée dans son capital en 1964.

Malgré quelques recherches, je ne suis pas parvenu à savoir jusqu’à quelle date ces films ont été produits, mais je pense, vu les nombres Asa qu’ils l’ont été jusqu’à la fin des années soixante. Ce sera intéressant de les faire développer …

Ceci étant, si l’appareil est agréable à l’œil de par ses formes un peu arrondies, sa petite taille ne permet pas de le tenir facilement en mains lorsqu’on veut manipuler les commandes, et le viseur placé à droite est régulièrement barré par un index qui ne sait pas trop où se placer.

Pourtant les commandes sont souples et si la position du déclencheur peut dérouter (en façade) elle est assez logique car en baisant le levier, doux, on ne risque pas de faire bouger le boitier et on réduit dès lors les risques de flou de bougé.

Reste que je trouve toujours un peu compliqué ces dos que l’on ôte complétement pour le chargement car il faut garder un œil dessus (enfin, plutôt un doigt ou une main) pour qu’il ne finisse pas par terre quand on veut changer le film ailleurs que sur un bel endroit stable !

Mais manifestement ces petits désagréments n’ont pas empêché un photographe d’un autre temps de se servir de son ensemble au moins quelques années, avec enthousiasmes, vu les accessoires ajoutés et en diversifiant les films.

Vous me connaissez, c’est surtout cet aspect humain de la trouvaille qui m’a plut et j’espère que la personne qui achètera cet ensemble saura l’apprécier aussi.

Video d’illustration.

Des références.

https://www.35mmc.com/28/09/2024/balda-super-matic-quirky-but-fun/, https://historiccamera.com/cgi-bin/librarium2/pm.cgi?action=app_display&app=datasheet&app_id=3242 en anglais ; https://bleckedermoor.de/fotomuseum/baldasupermatic1-rep.htm, https://www.kameramuseum.net/0-fotokameras/balda/balda-super-balda-matic.html, https://kameramuseum.de/objekte/balda-super-balda-matic/ en allemand ; https://mgroleau.com/photo/allemagne/balda/balda.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10428 en français

Argentique

Le Kodak Retina 1 type 149

Préambule.

Voici donc le second appareil acheté à ce collectionneur lors de la brocante au profit de l’Unicef, à Ath en ce début mars.

Celui-ci fonctionne bien mais il a vécu. Notez, il est apparu sur le marché en 1939, ça lui fait 86 ans.

J’ai déjà commis des articles sur le Kodak Retina, le Kodak Retina 2c et le Kodak Retina 3c : ceux-là possédaient un télémètre couplé et le dernier une cellule au sélénium. Celui-ci fait partie des premiers modèles. Plus de vingt ans séparent ces boitiers.

Un peu d’histoire.

Pour mémoire, Eastman Kodak en rachetant Nagel, crée Kodak Allemagne et les Retina sont dans les premiers appareils fabriqués. Le modèle Retina, avec bien évidemment de nombreuses évolutions, existera de 1934 à 1960.

Ce qui rend cet appareil célèbre, c’est que c’est avec cet appareil que Kodak a lancé sa fameuse bobine 135mm, celle que l’on utilise encore à l’heure actuelle si on est resté fidèle à l’argentique.

Ces appareils, destinés au grand public, contrastent fortement avec ce qui sera la production de masse des années ultérieures car ils sont fabriqués avec du matériel de qualité et parfaitement ajustés.

Présentation du Kodak Retina 1 type 149.

Ce modèle ne fut fabriqué qu’entre 1939 et 1940. Il est (quasi) identique au type 148, seule la garniture en cuir noir sur la plaque supérieure, sous le bouton de rembobinage, les différencie. Le type 148 avait un capot tout chromé. Autre détail, les bords de ce modèle étaient peints en noir alors qu’ils étaient polis pour le 148.

Celui fait partie d’une série rare de moins de 100 pièces parce que la plaque supérieure est en une pièce et la flèche du pointeur du compteur est en noir.

On estime que 17.500 boitiers ont été construits sur ce modèle type 149 en un an.

Le choix de l’objectif et de l’obturation sur ce modèle était limité à un Schneider-Kreuznach Xenar de 50mm ouvrant à f 3,5 – le choix aurait pu être pire, le Schneider-Kreuznach Xenar a une très bonne réputation – dans un obturateur Compur. Quoiqu’on ait relevé quelques modèles avec un Kodak-Anastigmat-Ectar 50mm ouvrant à f3,5, toujours avec le même obturateur Compur, mais moins performant.

Puisque je le cite, cet obturateur permet des vitesses de 1s à 1/300s plus une pause B, sans retardateur.

L’armement se fait en baisant le petit levier autour du bloc optique/obturateur et on déclenche soit avec le déclencheur sur le capot, le déclencheur sur le bloc ou avec une commande à fil, qui se visse à côté du déclencheur du dessus.

Attention, selon l’habitude, un mécanisme de protection contre la double exposition est bien présent. Donc, sans film à l’intérieur, impossible de déclencher si vous ne faites pas tourner la molette d’entrainement dans la chambre. A retenir, en cas de besoin …

Replié (les Allemands appellent ces appareils des Klapp) il est tout petit et se glisse dans n’importe quelle (grande) poche ou petit sac. Ouvert, il est un peu plus profond car la porte s’ouvre vers la droite et permet de faire sortir un court soufflet.

Si vous voulez le replier, vous devrez d’abord mettre la distance sur l’infini puis appuyer sur les deux boutons en saillie sur les ciseaux qui tiennent le soufflet bien rigide, puis appuyer doucement sur la porte et la rabattre jusqu’à fermeture complète.

Franchement, il est même plus petit que l’Agfa Super Solinette que je vous présentais il y a peu.

Il lui manque, par rapport à celle-ci, un télémètre mais il est parfait pour travailler en zone focus : vous pouvez pré déterminer la distance avec le bouton fixé sur la couronne des distances (roue crantée contre le bloc) et l’ouverture, grâce à la languette sous le bloc et vous aurez l’indication d’une profondeur de champ utile. Un astucieux tableau, malheureusement placé sous l’appareil, vous indique celle-ci.

Son utilisation, vous l’avez compris est simple : tout est manuel et peut se régler du bout des doigts.

Le compteur de vue doit être mis à zéro manuellement, en faisant tourner la plaque ronde munie de 2 petits ergots. Pour ouvrir le dos du Kodak, un simple levier sur la tranche gauche (vu de face) libère le verrou et ouvre la chambre, dans laquelle vous glisserez votre film. L’amorce se fixe sur la bobine à demeure, munie d’une longue fente pour recevoir l’amorce. Vous armez une ou deux fois, déclenchez, et vous voilà prêt à arpenter les rues.

Votre film est terminé ? Vous faites glissez le levier marqué des lettres R – A, placé sur le capot chromé, derrière et dessous le bouton d’avancement. En position R, le mécanisme est libre et vous rebobinez la pellicule avec le gros bouton de gauche (vue de dos).

Que penser de cet appareil ?

Outre son intérêt historique (le premier appareil a utiliser la bobine Kodak 135mm), c’est un Kodak extrêmement bien construit. Si ses propriétaires successifs en ont pris soin et que vous-même le dorlotiez, il vous rendra service encore longtemps.

La seule chose à craindre, comme pour l’Agfa Solinette, c’est le durcissement de la graisse verte initialement utilisée pour les engrenages. En l’occurrence, cet exemplaire a aussi eu droit à un petit traitement à l’essence à briquet pour débloquer le tout, puis je l’ai lubrifié avec de la graisse de silicone neutre. Il n’en faut pas beaucoup, elle se répand bien partout et assure un mouvement souple des rouages.

Finalement, seule son esthétique extérieure laisse un peu à désirer. Alors soit je le laisse dans son jus ou je lui redonne un lustre plus moderne. J’avoue que j’hésite encore …

Sinon, c’est un chouette petit appareil, vraiment sympa à emporter. La seule chose que je regrette, c’est l’ouverture de la porte, sur le côté plutôt que par dessous, qui assure une meilleure prise en main, à mon avis.

Au niveau prix, il faut compter, pour un exemplaire normal, entre 50 et 80€, selon l’état. Celui-ci étant un plus rare, il se négociera au-delà des 100€. Ces prix restent raisonnables pour un morceau d’histoire photographique que vous pourrez encore emporter partout.

Vidéos d’illustration.

Ce Kodak Retina 1 type 149 est le type classique, avec un viseur non attaché au bloc du déclencheur et le pointeur du compteur de vue est argenté.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Taille du film : 35 mm, avec bobine Kodak, devenue universelle
  • Obturateur : Compur avec pose B, de 1s – 1/300s, sans retardateur; filetage pour commande filaire
  • Lens : Schneider -Kreuznach Xenar 50 mm ouvrant de f 3,5 à f 16
  • Dates : 1939

Si vous deviez réparer le vôtre, c’est par ICI que ça se passe.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kodak_Retina, https://quirkyguywithacamera.blogspot.com/2016/03/diminutive-dapper-and-delightful-kodak.html, https://cameracollector.net/kodak-retina-i-010-149/, https://bvipirate.com/Kodak/Ret149-1.html, https://retinarescue.com/retina1type149.html en anglais ; https://mgroleau.com/photo/amerique/kodak/kodak_retina.html, https://mgroleau.com/photo/amerique/kodak/Kodak_retina_1_t149.html en français ; https://www.photo-foto.eu/kodak-ag-stuttgart/kodak-retina-i-typ-149/, https://kameramuseum.de/objekte/kodak-retina-i-typ-149/, https://kameramuseum.de/kodak-retina-papst-dr-david-l-jentz-von-der-hsrc-auf-forschungsbesuch-im-deutschen-kameramuseum/, https://www.photo-foto.eu/kodak-ag-stuttgart/kodak-retina-i-typ-149/ en allemand

Argentique

Le G. Glunz & Sohn n°3

Préambule.

Voici le dernier appareil acheté à notre ami collectionneur sur la brocante d’Ath.

Depuis le temps que je rêvais de ce type d’engin, là je suis servi : il est dans sa superbe boite en cuir, avec son mode d’emploi, son dépoli et 6 porte-plaques de 9x12cm.

Vous l’avez deviné, c’est une antique chambre, une G. Glunz & Sohn, de Hanovre : les nouveaux modèles Glunz constituent, à un prix avantageux, le maximum de perfectionnement technique dixit le mode d’emploi.

Un peu d’histoire.

La société Glunz & Sohn voit le jour en Allemagne (Hannover) en 1889 et s’éteint vers 1939.

Elle produira essentiellement des chambres, des folding, un Klapp. Petite particularité de ces appareils ? Ils n’ont pas de nom mais portent des numéros, souvent réutilisés, sauf le klapp (ce qui veut dire rabattable en allemand).

Source : Collection-appareils.fr

La plupart des chambres sont en bois au début puis passent à l’aluminium recouvert de cuir noir.

Comme souvent, des objectifs et des obturateurs différents justifient des prix plus ou moins élevés selon la configuration.

L’appareil qui nous préoccupe porte le numéro 3, chiffre déjà attribué dès 1913 à un modèle qui ne cesse d’évoluer pour arriver à celui-ci, vraisemblablement fabriqué vers 1928.

Enfin, quand j’écris évoluer, je pense que je suis gentil car à cette époque il existait déjà des appareils bien plus performants chez Zeiss Ikon, Voigtländer, Rolleiflex, Leica, … pour n’en citer que quelques uns en Allemagne.

Cette série d’appareils devaient avoir une clientèle de fidèles mais elle n’incitait pas à s’affranchir d’un passé encore bien présent dans ces applications ici (obturateur lent, système de visée archaïque, chargement lent, etc.).

Présentation du G. Glunz & Sohn n°3.

Nous avons donc ici une chambre, c’est-à-dire un appareil muni d’un soufflet, d’une platine objectif/obturateur, d’un double système de guidage, d’un dépoli pour la visée et des plaques à insérer, contenant soit un plan film soit une feuille de papier photographique.

Dès que les réglages sont effectués, on enlève le dépoli – sans rien bouger au reste – et on le remplace par une plaque qui contient encore une fois soit un négatif soit un papier photographique. On arme le déclencheur, on retire la plaque de protection du film/négatif et on déclenche. C’est dans la boite et on remet de suite la plaque de protection avant de retirer le châssis !

Reprenons les réglages :

  • la vitesse est confiée à un obturateur Vario. Elles s’échelonnent de 1/25 – 1/50 -1/100, une pose B et une T (pour mémoire, la différence entre pose B et T : dans le premier cas, l’obturateur reste ouvert tant que l’on maintient le doigt sur le déclencheur ; dans le second cas, l’obturateur s’ouvre au premier déclenchement et reste ouvert jusqu’à ce qu’on ré appuie sur le déclencheur … à ne pas oublier de faire). La vitesse se règle sur le dessus, avec la petite roue dentée sur l’obturateur. Il n’y a pas de retardateur mais il est possible de déclencher via un déclencheur souple, à viser.
  • l’objectif est un Glunz Anastigmat de 135mm ouvrant à f6,3 jusque f25. L’ouverture se règle avec une réglette située sous le bloc optique/obturateur.
  • la distance se règle grâce au bouton situé sur l’échelle, à côté du rail de guidage. Un appui sur ce bouton permet de faire avancer le bloc jusqu’au chiffre choisi, d’1,5m à l’infini.
  • un second réglage, micrométrique, permet de faire monter ou descendre le bloc optique/obturateur, par exemple pour compenser la parallaxe ou redresser les lignes de fuites. Ce réglage se fait en regardant à travers le dépoli (tout comme la distance de netteté). La roue de réglage agit sur le support en U autour du bloc optique/obturateur.
  • l’armement se fait grâce à un levier sur le côté du bloc optique/obturateur.

Ce que je trouve étonnant, ce sont les viseurs supplémentaires, dont je me demande à quoi ils pouvaient servir : un viseur rapide sur le coté de l’appareil, un viseur dit sportif, en fait une simple barre de métal formant un rectangle, un viseur réflex. Admettons que le photographe de l’époque ajustait son cadre à la volée avec eux et affinait avec la vision au dépoli.

Que penser de cet appareil ?

Autant l’écrire tout de suite, c’est un appareil qui demande que l’on prenne son temps pour l’utiliser et le secours d’un trépied sera plus qu’utile (il faut trouver un convertisseur car le pas est ancien et large, c’est du 3/8 de pouce).

Il faut être méthodique : on monte l’appareil sur un trépied, puis on ouvre la chambre (bouton sur la droite), on estime la distance pour appuyer sur le bouton qui libère le soufflet et pour avancer sur le rail de guidage on pince les deux petites boutons ronds, devant (on peut vérifier le cadrage avec le viseur réflex au dessus du bloc optique/obturateur) ; pour le réglage fin, on ouvre le dos de l’appareil pour faire apparaître le dépoli, à travers lequel on ne voit rien si on n’a pas pris la précaution d’armer et de mettre l’obturateur sur T, ceci afin d’ouvrir l’objectif et donc de voir sur le dépoli le sujet/la scène choisie … à l’envers (ça va pas m’arranger cette inversion, mais bon …) ; avec le réglage sur l’échelle de guidage, on essaie d’être net et avec le réglage de bas en haut (on parle dans ce cas de décentrement horizontal ou vertical) de régler les déformations éventuelles de perspectives ; on referme l’obturateur et on règle l’ouverture et la vitesse en fonction des données soit d’une cellule à main soit de la carte (voir image ci-dessous) livrée avec l’appareil ; on retire le bloc arrière avec le dépoli, que l’on remplace par un châssis fermé qui contient soit un plan film soit du papier photographique ; quant tout est prêt, on ôte la plaque de protection du châssis, on arme l’appareil et on déclenche avec le câble pour éviter les vibrations ; on remet la plaque de protection sur le châssis et on recommence avec un autre châssis.

J’ai très envie de l’utiliser mais je vais devoir demander à mon ami Fred Buchet de placer les papiers dans les châssis, car pour ma part, je ne sens plus les éventuelles petites aspérités ou encoches qui m’indiqueraient le bon sens d’insertion. Et s’il veut bien, me les tirer aussi car je n’ai pas de chambre noire à la maison. Lui s’amuse beaucoup avec ces vieilles chambres, qui lui permettent de nombreuses expérimentations.

J’ai aussi découvert, en préparant cet article, qu’il existait des châssis prévus pour mettre un rouleau de film 120, ce qui serait une très bonne alternative. Je sens que je vais piocher sur Ebay pour essayer de trouver cette merveille.

Exemple de ces dos avec cartouche de 120

Video d’illustration de l’utilisation d’une telle chambre.

Il s’agit ici d’un Voigtländer, mais vous verrez qu’il est très proche de notre Glunz & Sohn.

Des références.

https://www.emtus.ch/glunz—sohn.html, https://www.engel-art.ch/glunz-sohn-hannover/ en allemand ; http://www.redbellows.co.uk/CameraCollection/Glunz/GlunzcameraMod3_441.htm, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Glunz, https://collectiblend.com/Cameras/Glunz-G/, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/general/html/listeG_imagettes.php#Glunz

Argentique

La Super Solinette d’Agfa (type 2035/230).

Préambule.

Les premières brocantes de l’année sont souvent les plus intéressantes car ceux qui ont accumulé ou qui ont hérité pendant la mauvaise saison vont enfin pouvoir se défaire de tous ces objets, vieux appareils incompris itou.

C’est ainsi que j’ai découvert quelques belles petites choses lors de la brocante de l’Unicef organisée à Ath, dans un grand hall couvert et chauffé – quoique ce jour-là, par extraordinaire, il faisait presque 20°C dehors, en plein début mars !

Ici, c’était un vieux monsieur, collectionneur dans l’âme, qui faisait un peu de place dans les 4 étages de sa maison, remplie de collections diverses, allant des appareils photos aux affiches et objets commémoratifs de l’Expo 58 de Bruxelles, en passant par les couvre-chefs de différents corps d’armée, la Poste, le rail, etc. Bref, une caverne d’Alibaba dans laquelle dormait quelques doublons.

C’est ainsi que j’ai acquis un Ihagee Exa dont je vais devoir chercher le numéro car la plaquette manque (voir l’article sur l’Exa 1a), un Kodak Retina 1, une chambre sur laquelle je reviendrai bientôt, un Pentax Spotmatic avec un incroyable système de reproduction de diapositives et cet Agfa Super Solinette.

Si j’ai pu les acheter à prix raisonnable c’est que comme tout bon doublon qui se respectent, ils présentaient de petit soucis, je pense assez facile à réparer.

Un peu d’histoire.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà commis un article sur l’Agfa Solinette II. Je vais vous faire grâce dès lors de toute l’histoire du modèle pour ne retenir ce qui nous intéresse sur celui-ci.

Juste revenir sur 2 points : la Solinette est un 24×36 tandis que l’Isolette est un 120. Si la forme change un peu, les mécanismes sont très, très proches. Ensuite, Agfa s’est associé, avant la seconde guerre mondiale avec la firme Ansco (USA) et donc cet appareil s’appelait aussi, outre Atlantique, le Ansco Super Regent (il y sera produit de 1954 à 1960).

Fabriqué de 1953 à 1957, la Super Solinette était le haut de gamme de la série. La première série est de type 2035 car l’obturateur Synchro Compur ne possède pas de retardateur (seulement noté X/M) tandis que la seconde série, de type 2035/230 verra gravée sur le fut du l’obturateur les lettres V (retardateur), M et X.

De fait, selon votre budget, vous pouviez acheter une Super Solinette avec une lentille Apotar (triplet) avec un obturateur Prontor ou Compur et le modèle que je vous présente.

Présentation de l’Agfa Super Solinette.

Comme je l’écrivais en préambule, cet appareil fut remplacé dans la collection du vendeur car il présentait un petit problème, fort commun aux Agfa et Kodak ancien : la graisse verte utilisée pour lubrifier le mécanisme de mise au point fige avec le temps.

Ici, j’ai eu de la chance, je pouvais faire tourner de deux crans la couronne de réglage, ce qui m’a permis de la débloquer avec … de l’essence à briquet !

Petite explication utile : j’ai fait couler, avec une aiguille fine, un peu d’essence dans le mécanisme, de l’extérieur vers l’intérieur. L’essence dissout très rapidement les graisses, sans laisser de traces. J’ai, entre chaque piqure, fait jouer le mécanisme – en gardant tout le temps l’appareil bien posé à l’horizontale – pour bien faire pénétrer l’essence. J’ai dû répéter plusieurs fois l’opération pour atteindre une fluidité normale mais ça m’a permis de ne pas devoir tout démonter. Les produits de type D40 sont moins efficace que l’essence à briquet, qui a aussi l’avantage de ne pas coûter une fortune.

Mais revenons au début : pour ouvrir l’abattant qui protège l’objectif, l’obturateur et le court soufflet, il suffit d’appuyer sur le petit bouton sur la tranche du capot, à gauche (en regardant dans le viseur).

Petit détail que j’aime beaucoup, l’abattant s’ouvre vers le bas, ce qui est toujours plus confortable que ceux qui s’ouvrent à droite ou à gauche, car on tient mieux l’appareil en le posant sur sa paume ouverte en dessous.

Pour le refermer, juste appuyer sur les deux parties en saillie striée de part et d’autre de l’objectif et pousser un peu sur l’abattant.

Passons à l’objectif, un Agfa Solinar ouvrant de f3,5 à f22, de type Tessar, Assez proche, au niveau qualité du Schneider Xénon. Associé au Synchro Compur, c’est une combinaison intéressante et performante.

L’obturateur est un classique mais un bon, simple d’utilisation : on arme avec une tirette sur le bord (sur la gauche) et on déclenche avec le … déclencheur.

Au fait, l’appareil est protégé contre les doubles expositions et donc, lorsqu’il n’y a pas de film dedans, impossible de déclencher l’appareil. Sauf si vous faites tourner à la main la roue d’entrainement du film.

Et même la protection est contournable si vous actionnez le déclencheur par la barrette, sous l’objectif, qui pousse sur la libération de l’obturateur.

L’ouverture se règle avec une tirette sur le pourtour du bloc objectif, de f3,5 à f22. Si vous placez le curseur sur le 8, vous aurez une échelle de profondeur de champ sur le pourtour du réglage de distance. Dans notre exemple, sur f8, vous serez net de 1m à 1,3m (entre les deux flèches noires).

Car si l’appareil est bien pourvu d’un télémètre couplé, rien ne vous empêche d’utiliser le zone focus, notamment en street, où on prépare souvent sa distance à l’avance.

Je reviens un instant sur le bloc obturateur, sur lequel vous pouvez faire glisser une tirette vert au dessus de 3 lettres : V = retardateur ; M = flash à ampoule ; X = flash électronique de l’époque. Le flash se branche sur une prise elle aussi sur le pourtour du Compur.

Tout en dessous, vous verrez une série de chiffres, en rouge, allant de 3 à 18. Un indicateur bouge sur ces chiffres quand vous manipulez la tirette d’ouvertures et celle des vitesses, que vous pouvez coupler. Si c’est le cas, vous utilisez le système dit EV, c’est-à-dire une combinaison de vitesse et d’ouverture en fonction d’un indice de luminescence, donné souvent avec les anciennes cellule à main. C’est un système souvent rencontré sur des appareils datant des années cinquante. On aime ou pas et ici on peut débrayer la chose.

Le chargement d’un film est un peu particulier. Vous ouvrez le dos, monté sur charnière, en tirant le verrou sur la tranche vers le bas. A l’intérieur de la chambre, une bobine attachée dans laquelle vous allez insérer le début de votre amorce et tourner la molette près du déclencheur d’environ un quart de tour, le temps de vérifier que la pellicule s’enroule bien sur la bobine (attention, vous aurez remarqué qu’il n’y a des dents sur l’axe de traction qu’en haut, il faut donc bien aligner le film).

Ceci fait, refermez le dos et mettez le compteur sur la lettre A en tournant la molette de bobinage/armement. Puis faite tourner la molette et déclenchez jusqu’à ce que vous arriviez au chiffre 1 : vous êtes prêt.

Pour faire avance le compteur, vous devrez faire glisser la flèche sous le viseur et appuyer sur le petit bouton sous le déclencheur.

Quand vous serez au bout de votre film, faites glisser le bouton avec la flèche, enfoncez le petit bouton sous le déclencheur et maintenez-le enfoncé en rembobinant avec la molette à gauche sur le capot.

La bonne prise en mains facilite le réglage de la distance car vous pouvez manipuler la roue crantée soit avec vos deux index, soit avec un (si l’hélicoïdal est bien lubrifié). Dans le viseur unique, vous verrez le patch clairement se positionner en fonction de la distance. C’est un télémètre à coïncidence d’image, classique. Le cadre n’est pas collimaté et il n’y a pas non plus de correction de la parallaxe, mais avec une mise au point à partir d’un mètre, ce n’est pas trop grave.

Que penser de cet appareil ?

Pour mémoire, mon ami Fred, d’Histoire de photos, a utilisé la Solinette 2 et voyez ICI et LA les résultats de ces pérégrinations dans le Vieux Lille.

Et celle-là n’était équipée que de l’Apotar, un 50mm f3,5 en triplet. Je vous laisse imaginer le résultat avec ce Solinar, proche de la formule Tessar.

Autre chose que notre ami Fred apprécie toujours beaucoup pour cet appareil : sa compacité. Une fois fermé, vous le glissez dans une poche sans problème, voire un petit sac si son poids tiraille trop votre veste. Envie de faire une photo, hop, on presse sur le petit bouton et l’objectif sort comme un beau diable de sa boite et vous êtes prêt à shooter. Magique !

D’autant qu’ici vous aurez en plus l’avantage du télémètre, que vous n’aviez pas sur la Solinette 2 ni même sur un Zeiss Ikon Nettar II 518/16, un Zeiss Ikon Ikonta M, un Zeiss Ikonta B 521/16, un Voigtländer Perkeo I, les plus proches en matière de compacité (ici ce sont des moyens format avec film 120 toutefois).

On n’y pense pas souvent, mais ces appareils sont abordables (bien que la Super Solinette coûte un peu plus, dans une fourchette de 30 à 80€ pour un exemplaire en excellent état avec sa gaine) et très facile d’emploi.

De plus, en rue, personne ne viendra vous embêter si vous faites une photo (tiens c’est quoi ce vieux truc ?) sauf si vous tombez sur une personne aimant ces anciens appareils, et vous êtes parti pour une papote.

Y-a-t-il un inconvénient à ce Super Solinette ?

Oui, sinon ce ne serait pas drôle … Question pratique, vous aurez remarqué qu’il n’y a pas d’œillets pour y fixer une sangle, car elle se trouve sur le sac tout prêt d’époque, qu’on ne trouve pas toujours avec l’appareil. Mais comme il se glisse dans une poche …

Ensuite, au moment d’un choix, vérifiez toujours l’état du soufflet : même court, il doit être étanche. Puis, faites surtout attention au réglage des distances car la couronne doit tourner au moins un peu pour pouvoir la réparer. Si elle est bloquée, ça va être difficile. Voilà, c’est tout, et c’est finalement peu.

Donc, je vous réécris ma petite phrase, soyez réaliste, faites vous plaisir !

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

  • Fabricant AGFA KAMERAWERK MUNICH
  • Modèle Super Solinette
  • Format de film 24 x 36 mm
  • Année de construction vers 1955
  • Objectif AGFA Solinar 50mm f 3,5 à f22 avec 4 éléments, monté sur rampe hélicoïdale
  • Obturateur Synchro Compur 1 ‘- 1/500s et B, plus retardateur 10sec (lettre V).
  • Télémètre couplé, mise au point de 1,0 m – infini
  • Griffe porte accessoire pour Flash et prise PC sur le pourtour de l’obturateur
  • Positions M (ampoules) et X (flash électronique) sur le Synchro Compur
  • Compteur de vue manuel
  • Protection contre la double exposition
  • Poids 530gr

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-20025-Agfa_Super%20Solinette.html, https://www.philcameras.be/agfa-general/ en français ; https://camerashiz.wordpress.com/ansco-super-regent/, https://retinarescue.com/supersolinette.html, https://elekm.net/pages/cameras/spotlight_supersolinette.htm, en anglais ; https://bleckedermoor.de/fotomuseum/agfa-susol.htm, https://kameramuseum.de/objekte/agfa-super-solinette/ en allemand