Argentique

Le mal aimé, le Fuji STX-2. Pourtant un petit réflex sympathique.

Préambule

Ah, celui-ci, cela fait un moment qu’il est dans une caisse, chez moi, au sec. J’avais craqué dessus sur une brocante (braderie) et j’ai maudit, ensuite, le vendeur car si l’appareil présentait (très) bien, la porte arrière était cassée. Ce que je n’ai vu qu’une fois à la maison, le boitier étant dans son demi-étuis, qui cachait le problème.

Bref, j’attendais de trouver une pièce sur une épave pour envisager de le réparer et puis vous le présenter, enfin.

Hier, j’avais un peu de temps et c’est sur un Minolta complètement hors service que j’ai trouvé le verrou qui allait remplacer celui, en plastique, du Fuji. Une petite heure de bricolage a suffit pour trouver la solution et y remédier.

Partons alors à sa découverte …

Un peu d’histoire

C’est une marque que j’ai déjà abordée assez souvent aussi vais-je être assez court dans son histoire, vous trouverez plein de traces à ce sujet dans les articles consacrés aux appareils Fujica, Fujifilm, Fuji.

Souvenons-nous cependant que la marque doit son nom au Mont Fuji car elle est née à ses pieds (Ashigara) en 1934. La société est d’abord active dans les émulsions et la chimie. Elle produit des films pour le cinéma et la photographie dès 1936, y compris des films pour les rayons X.

Il faut attendre 1944 pour que Fuji développe une partie optique, suite au rachat d’Enomoto Kogaku Seiki Manufacturing. Toutefois, pendant cette période mouvementée, l’entreprise produit surtout pour l’armée impériale.

Enfin, en 1948, elle propose son premier appareil photo, le Fujica Six, un folding (pliant à soufflet) 6×6 en film 120. Ce qui est anecdotique car la société produit alors surtout des films en 24x36mm. Fujica est la contraction de Fuji et Camera.

Les Fujica 35, dans les années cinquante, sont des télémétriques solides, très bien construits qui ont de beaux succès.

Dans les années soixante, Fujica propose de nombreux formats, allant des demis au moyens formats. Il se lance aussi dans le Super 8, le film familial par excellence. Les caméras Single-8 sont de sérieuses concurrentes aux Kodak.

Enfin, au début des années septante, Fujica lance la série des ST avec le fameux ST 701 : c’est un réflex solide, avec une monture M42, universelle, et doté d’une mesure TTL qui utilise des photodiodes au silicium, modernes. Fuji entre dans le monde du réflex avec des appareils compacts, efficaces et faciles d’utilisation.

Suivront les ST-801 et ST-901 qui inaugurent respectivement l’affichage par LED (première mondiale) et l’affichage numérique de la vitesse en mode automatique (re-première mondiale).

Les années quatre-vingt voient Fujica monter en sophistication avec la série des AX, qui étrennent une nouvelle monture, la X-Fujinon : se seront les STX-1, AX-1,AX-3 et AX-5, le plus complet, qui propose, à l’instar du Canon A-1, la priorité vitesse, priorité ouverture, l’automatisme ou le mode manuel, le tout dans un boitier compact et très bien fini.

Pourtant, petit à petit, Fujica quittera la scène des réflex pour se consacrer aux appareils compacts, aux moyens formats, aux appareils jetables, aux appareils instantanés, puis au numérique, où il reviendra aux réflex, entre autre.

Mais je reviens au Fujica STX-1, le premier réflex qui utilisera la nouvelle monture propriétaire, la X-Fujinon. Ce boiter est l’évolution du ST-605n dont il reprend tous les bons points mais il y ajoute donc une nouvelle monture, nécessaire pour la transmission d’informations de plus en plus poussées et électriques. Il est présenté au monde en 1979, lors du 33ème Salon de Paris.

Petit aparté au sujet des objectifs Fuji X : on y distingue deux familles, les Fujinon qui sont en alu et de conception plus poussée, certains disposent du traitement EBC (electron beam coating : superposition de 11 couches de traitement sur les lentilles) et les Fujinar qui eux sont plus simples et constitués de plus de plastique. Si vous avez le choix, préférez les premiers, ils sont très bons.

Mais, surtout, les Fujinon X de l’époque ne sont absolument pas compatibles avec la nouvelle monture Mont X Fujinon des appareils numériques. Et à ma connaissance, il n’existe pas de bague d’adaptation de l’un vers l’autre et inversement.

Notons que (presque) toutes les marques d’appareils photo sont passées par là : Minolta passe à la MD, Canon à la FD, Yashica à la Y/C (en collaboration avec Contax), Pentax à la K et même Nikon avec une F qui devient électrique, et cela évoluera encore avec les années.

Comme je le précise souvent, changer de monture représente toujours un risque majeur pour une marque. En effet, les clients qui ont investi, par exemple, dans un parc d’objectifs, risquent de la trouver saumâtre lorsqu’on leur apprend qu’ils ne peuvent plus utiliser leurs fidèles cailloux sur les nouveaux boitiers. La monture précédente, la M42, était de plus assez universelle et autorisait de monter des marques différentes sur l’appareil. En passant à une monture propriétaire, Fujica abandonnait cette faculté. D’autant que, plus tard, au seuil des années nonante, Fuji abandonnera aussi le monde des appareils réflex et ne développera plus d’optiques pour ceux-ci.

Certains s’ingénient à trouver des astuces pour garder leur monture, comme Nikon avec la F, ou Pentax, avec la K mais parfois au détriment d’autres développements qui peuvent peser lourd dans un marché ultra concurrentiel. Heureusement, il existe aussi des bagues d’adaptations, développées en interne ou via des opticiens tiers. Elles sont plus rares pour la monture Fujinon, même si l’adaptateur Fujica Mount Adapter X-S permet aussi l’usage d’objectifs à vis M42 mais en mode stop-down (c’est-à-dire qu’il faut fermer le diaphragme à la valeur de prise de vue avant de prendre la mesure de lumière, puis vous déclenchez) et qu’avec Tamron, il existe une bague Adaptal 2 en monture Fujinon X.

Le Fujica STX-1 donc est entièrement manuel, équipé d’une cellule (TTL) à photodiode au silicium. Il faut une alimentation pour la faire fonctionner (2 LR44), mais l’appareil reste entièrement mécanique (vitesses de 1/2s jusqu’au 1/750s, pose B, minuterie (10sec) et synchro flash au 1/60s).

Pour l’époque, il est bien doté : outre ce que je viens de noter ci-dessus, il possède aussi un testeur de profondeur de champ et un affichage de la vitesse, plus une indication de sur ou sous exposition dans le viseur.

Cet appareil a eut un beau succès, au USA sous le nom de Fujica MPF105X et en Allemagne, re badgé par Prost, sous le nom de CR-1 et dans le reste du monde sous son vrai nom. Sa solidité et sa simplicité ont séduit.

Il évoluera en STX-1n en 1982 : pas de grands changements, juste une adaptation moderne en adoptant des LED dans le viseur. Son design est un peu plus compact, avec un capot redessiné mais la mécanique reste la même. Les indications de la cellule abandonnent l’aiguille, qui est remplacée par des LED, rouges pour la surexposition ou la sous exposition et verte pour une juste exposition.

Finalement, en 1985, la dernière évolution sera le Fuji STX-2. Notez que le nom change. En effet, dès 1985, tout ce qui concerne les appareils photo sont sur la bannière Fuji et non plus Fijica. Un autre appareil, encore plus décrié, verra la jour en 1985, le AX-Multi, mais c’est une autre histoire.

Petite remarque : pendant la période de transition Fujica vers Fuji, certains appareils sont estampillés Fujica STX-2 ou Fuji STX-2. Ce sont les mêmes boitiers.

Outre ce changement de patronyme, le STX-2 devient semi-automatique, tout en restant entièrement mécanique, pour rassurer les novices à qui il s’adresse.

Mais nous allons découvrir cela ci-après.

Présentation du Fuji STX-2

Un petit éclaté pour voir les commandes principales, ce qui permet de constater que le boitier est classique :

Diagramme d'un appareil photo Fuji STX-2 avec annotations numérotées des différentes parties et fonctions.

Que ne voyons-nous pas dans ces dessins ?

Si la silhouette nous est familière, puisque c’est celle du STX-1n, l’appareil est en plastique !

Appareil photo réflex Fujifilm STX-2 avec objectif et protection de lentille.

Exit le bon vieux métal, rassurant mais lourd, place au plastique, léger (510gr nu) mais faisant craindre pour la résistance dans le temps.

C’est d’ailleurs la raison pour lequel j’ai dû intervenir sur cet exemplaire, qui autrement paraissait neuf : le crochet de la porte arrière était cassé. J’ai dû effectuer une découpe pour pouvoir glisser un crochet de verrou en métal et sceller le tout pour assurer que l’ensemble tienne dans le temps.

C’est le seul reproche que je peux faire à ce réflex, car pour le reste, il est agréable à tenir en mains et les commandes tombent bien sous les doigts (même si nous sommes encore loin de l’ergonomie de la décennie suivante).

Pour mémoire, les AX, sortis en même temps que le STX-1 étaient plus sophistiqués et avaient donc un peu d’avance technique. Ils ont peu été remaniés, sauf le dernier, l’AX-Multi, qui simplifie à l’extrême l’utilisation de l’appareil (qui ressemble dès lors plus à un compact tout automatique).

Le STX-2 évite cet écueil : c’est un semi-automatique, avec un aperçu de la profondeur de champ, un minuteur, un viseur clair avec les indications nécessaires tout en restant un appareil destiné aux amateurs. Allez, j’ose : un Pentax K1000 (sans doute l’appareil école le plus vendu à ce jour) mais avec un brin de sophistication utile.

Avec lui, tout est simple : la mesure de la lumière (cellule) s’affiche à droite dans le viseur sous forme de trois diodes : une rouge en haut pour la surexposition, une verte au milieu pour l’exposition correcte, une rouge en bas pour la sous-exposition. Le jeu consiste à tourner la bague de vitesse ou de diaphragme jusqu’à obtenir uniquement la verte. C’est binaire, c’est rapide, et c’est exactement ce qu’on demande à un boîtier d’apprentissage.

Petite revue du tableau de bord : le levier d’armement, la roue des vitesses et du réglage de la sensibilité Iso, le déclencheur avec un pas fileté, le curseur pour verrouiller l’appareil (lock) ; au centre, la griffe flash avec contact ; de l’autre côté, le compartiment des piles et la manivelle pour le rebobinage.

Vous pouvez aussi voir, à gauche de l’objectif, le bouton qui permet de déverrouiller la monture. Sur la face, de l’autre côté de l’objectif, le minuteur et le testeur de profondeur de champ.

Deux flèches indiquant les boutons d'une caméra Fujifilm STX-2.
le minuteur (flèche rouge) et le testeur de profondeur de champ (flèche jaune)

Un brin de sophistication utile écrivais-je, notamment sa mesure de la lumière, qui se fait à travers l’objectif (TTL) et grâce à une cellule au silicium qui contrôle les 3 LED dans le viseur. La mesure est une pondération moyenne précise. C’est elle seule qui nécessite l’utilisation de 2 LR44 (ou une G11) car pour le reste, c’est un appareil tout mécanique, rassurant.

Un (autre) petit regret – le premier étant le plastique, si vous suivez bien ! – c’est le viseur : il aurait pu être un brin plus lumineux, comme celui des AX par exemple. A part cela, il porte sur sa gauche l’échelle avec les vitesses sélectionnée et à droite, les 3 LED qui indiquent la sur ou sous exposition possible. Au centre, un dépoli fin et un stigmomètre à coïncidence, rapide et précis.

Il est aussi un peu bruyant lors du déclenchement mais nous sommes encore loin des Zenit et Praktica !

Mais là où cet appareil rassure, c’est dans sa fiabilité (comme le STX-1 avant lui) : ici pas d’électronique fantaisiste et capricieuse. Car à ce petit jeu-là, les AX sont grands perdants (j’en suis à ma troisième épave non récupérable de AX-3, par exemple, et l’ami Olivier a déjà ranimé quelques AX-5).

Que penser de cet appareil ?

Si je résume, voyons ses points forts et faibles :

points positifspoints négatifs
légèreté du plastiquesa relative fragilité
semi-automatique completpas d’automatismes comme les AX
facilité d’utilisationtrop simple ?
très bons objectifs X Fujinonbaïonnette propriétaire et nombre des objectifs limités
pas beaucoup d’opticiens tiers (Tamron avec une bague adaptall 2)
bonne sensations en mains
appareil mécanique

In fine, ce n’est pas si mal.

Reste seulement, à mon sens, le problème des objectifs : Olivier (que vous connaissez bien) m’a offert un superbe AX-5 avec une collection d’objectifs mais il a dû chercher pour trouver ce que j’estimais utile à ma pratique, à savoir un 28mm minimum, un zoom 24 -70mm, un 50mm, un 135mm, un petit télé (encore merci l’ami).

Voici ce qu’il m’a trouvé (et qui pourrait vous être utile) :

  • un grand angle 24mm Auto Makinon f2,8
  • un zoom 28 – 80mm Foca MC f3,8 – f4,8
  • un 28mm Tamron avec adaptal 2 f2,5
  • un 50mm X-Fujinon DM f1,9
  • un 135mm Tokina RMC f2,8
  • un 200mm X-Fuijnon T EBC f4,5
  • et un flash Philips P36 Computer TLS

A ceux-ci j’ai ajouté un 50mm X-Fujinon DM ouvrant à f1,6, qui était attaché à l’épave d’un AX-3.

En conclusion, c’est un excellent appareil école, léger et agréable, non exempts de quelques défauts mais rien de rédhibitoire.

Si votre pratique se plait avec un bon 50mm, vous n’aurez pas trop de soucis pour en trouver un, il est généralement attaché au boitier. Pour des optiques plus exotiques, ça risque de coincer. La philosophie de l’engin étant l’apprentissage, vous ne serez pas, à mon sens, trop pénalisé avec ce choix du 50mm.

Quant au prix, on trouve de tout mais il faut rester réaliste, comme d’habitude : au delà des 50€, ce n’est l’est plus. Sauf si on vous propose un tas de cailloux compatibles (à vérifier !) et en très bon état.

Pour le reste, je suis très content d’avoir pu redonner vie à cet exemplaire et j’espère vous avoir titillé si vous cherchez un bon appareil qui vous accompagnera encore longtemps.

Vidéos d’illustration

Un peu de technique

Pour le mode d’emploi, c’est par LA (multilingue).

  • Appareil photo 35 mm, reflex mono-objectif (SLR), entièrement manuel
  • Marque : Fuji / Fujifilm / Fujica, Tokyo, Japon
  • Format 135, film photographique au format négatif 24x36mm
  • Transport de films : manuellement
  • Posemètre : TTL centre de type de moyenne pondéré ; récepteur de photocellule de silicium couplé à un circuit FET (Field Effect Transistor) ; indicateur d’exposition 3-LED en viseur ; couplé ; sensibilité de la cellule : de 25 à 3200 Asa/Iso
  • Contrôle de l’exposition manuellement
  • Objectif Fujinon monture X (attention, n’est pas compatible avec la monture X des appareils hybrides de Fuji)
  • Objectif X-Fujinon : standard 50mm ouvrant à f1,9 (5 éléments en 5 groupes) ; mise au point minimale à 60cm ; diamètre filtre de 49mm
  • Mise au point : manuellement
  • Obturateur : rideau caoutchouté à défilement horizontal
  • Vitesses : de 1/2s à 1/1000s plus pose B, synchro flash au 1/60s
  • Viseur : 0.86 X grossissement, 90% vertical 92% horizontal ; à gauche, indication de la vitesse choisie, à droite LED pour la sur ou sous exposition
  • Chargement, avance, rebobinage manuel
  • Compteur de vue avec remise à zéro automatique
  • Alimentation : 2 LR44 ou 1 G11 (3v), uniquement pour le posemètre
  • Minuteur (10secondes)
  • Verrouillage du déclencheur (économise les piles)
  • Poids : 480gr nu, 625gr avec objectif monté
  • Filetage pour trépied en dessous
  • Période de production : 1985 – 1990

Accessoires prévus : Eyecup, Objectif de réglage de la vue, tubes d’extension automatiques, adaptateur de microscope, Adaptateur inverse, soufflet d’extension automatique, capot de lentille, montage Adaptateur-X-S, Téléconvertisseur 2X, Sacs Gadget L, S, Fujica Filtres, Auto Strobo AZ, Auto Strobo 300X, Auto Strobo 200X, Copieur de diapositives. Focusing Rail, Macrooinecopy.

Disposition d'équipements photographiques comprenant divers objectifs, appareils photo, et accessoires dans des sacs.
Liste d'accessoires pour l'appareil photo Fuji STX-2, incluant des flashes, des filtres et des adaptateurs.

Des références

https://camera-wiki.org/wiki/Fuji_STX-2, https://www.35mmc.com/01/11/2024/fuji-stx-2-a-love-affair-with-a-much-hated-camera-simple-refinement/ , https://cameragx.com/2018/05/29/fuji-stx-2/, https://www.pentax-manuals.com/fujica/cameras/stx2.htm, https://camera-wiki.org/wiki/Fujica_STX-1, en anglais ; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12557-Fuji_STX-2.html?__r=1.934db7d58601f7af3638fabfccf67ed1, https://expert-photo.fr/fujifilm-stx-2-test-avis/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12557-Fuji_STX-2.html?__r=2.646c5c075c4ba46eaa78d5853ca80dcf, https://adopteunboitierphoto.fabien-nguyen.fr/galerie.html?page=fuji_stx2, http://t.hacquard.free.fr/site1/fuji_stx2.html, https://photoetmac.com/2007/12/petit-historiqu/, en français ; https://kameramuseum.de/objekte/fuji-stx-2/, en allemand

Argentique

Le Savoyflex, un réflex à la française, audacieux mais bien mal inspiré.

Préambule

Où ais-je bien pu trouver cet appareil ? Impossible de m’en souvenir. Mais ce n’est pas le plus important.

Par contre, je me souviens l’avoir pris parce que j’ai déjà analysé un autre Savoy Royer, un télémétrique, qui m’avait bien intrigué.

Et je pense qu’avec celui-ci, ça va être une autre découverte étonnante .

En tout cas, il demande un peu de nettoyage mais il est complet avec son sac tout prêt en cuir, intact.

Alors, débutons les recherches …

Un peu d’histoire

Comme je le soulignais rapidement ici dessus, c’est en découvrant le Savoy Royer 3F que j’ai aussi découvert la marque et un peu de son histoire.

Sans la reprendre en entier (comme ça vous serez obligé de lire l’autre excellent article consacré à cet appareil, na !), je reviens sur ce que j’avais noté à l’époque, écrivant au sujet des réflex de la marque, dont ce Savoyflex est le premier représentant : ils ne sont pas à la hauteur des concurrents de l’époque, notamment face à un certain Nikon F, qui vient de bousculer toutes les habitudes et idées reçues sur ces appareils réflex, mais …

En fait, le Savoy Royer télémétrique va servir de base pour la construction de ce Savoyflex. Ce Savoy était, lui, un excellent appareil, très bien construit (armement par levier, objectif ouvrant à f2,8) et qui a eu un grand succès (en tout cas les derniers modèles, voir l’article consacré à celui-ci) car il était taillé pour les films couleurs qui commençaient à prendre leur part de marché chez les particuliers dans les années cinquante.

Ce modèle s’est voulu la réponse au Contaflex et ce fut une erreur. En effet, vouloir construire un réflex avec un obturateur central est très compliqué et ne permet pas de changer facilement d’objectifs, mais n’oublions pas que Monsieur René Royer était avant tout un ingénieur et la complexité, il aimait ça. De plus, il avait déjà travaillé chez Lumière pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette période n’est pas anodine dans l’histoire de Savoy car il faut savoir qu’au sortir de cette guerre, la France voulait relancer son économie et pour accélérer la reprise, elle a interdit les importations étrangères, et surtout allemandes, pour de nombreux secteurs économiques. Dont le secteur photographique. C’est ainsi que de nombreuses petites entreprises actives dans l’optique et le matériel photographique ont vu le jour, pour combler notamment ces interdictions d’importation.

Son entreprise, SITO (Société Industrielle de Technique Optique), fabrique d’abord des obturateurs avant de se lancer dans la fabrication des premiers appareils, des 6×9 dès 1948 (folding Royer puis un Téléroy – folding télémétrique), des 6×6 en réflex bis-objectifs (le Royflex) à partir de 1952, puis des 24×36 (le Royer 35, qui devient le Savoy lorsque l’entreprise déménage en Savoie) dès 1956 et enfin des réflex avec le Savoyflex en 1958. Ajoutons à ces productions celles d’accessoires tels que filtres, bonnettes et pare soleils, flash magnésique, poignée porte-accessoires, sous son propre nom ou en tant qu’importateur.

Notez que le Savoyflex fait partie des tous premiers réflex à posséder un miroir à retour automatique (un bon point) mais il gâche cette avancée par son obturateur central. De fait, lors de la Photokina de 1958, ce sont trois réflex qui sont présentés : les Savoyflex I, Savoyflex II et Savoyflex III Automatic.

Tous les trois ont des audaces qui auraient pu leur ouvrir les portes du succès : prisme en toit, miroir à retour automatique, synchro flash, minuteur, mise au point par vis hélicoïdale et, cellule sur le gâteau, pour le troisième du nom, premier réflex automatique à cellule au sélénium avec, au choix, la préférence à l’ouverture ou à la vitesse – selon la sensibilité du film utilisé. Attention, c’est un appareil automatique mais mécanique.

De fait, l’automatisme asservit la présélection du diaphragme à l’indication du posemètre au sélénium et à la bague des vitesses. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

MAIS ces trois appareils (et leurs variantes) possédaient un obturateur central, qui interdisait de pouvoir interchanger les objectifs, outre qu’il était complexe et peu fiable.

Ces réflex ne décolleront jamais et SITO arrêtera de les produire en 1963.

Techniquement, le Savoyflex est basé sur un Savoy 2 : la taille est identique (quand on excepte le bossage du pentaprisme en toit), le dos est monté sur charnière, l’objectif, fixe, est un Som Berthiot de 50mm ouvrant à f2,8 en quatre éléments en 3 groupes. Celui que je vous présente est un Savoyflex 1 (1958 – 1960). Je vais revenir sur ses particularités mais il y en a une constante aux trois appareils : permettre un repositionnement du miroir après déclenchement et ce, sans avoir à réarmer l’appareil.

Pour y arriver, un bouton déclencheur, placé à gauche sur le capot (d’autre marque l’ont déjà fait, comme les Exakta, mais là tout est à gauche), avec une course longue comme un jour sans pain, permet tant la remontée du miroir que la commande de l’obturateur puis la descente, lente, très lente, du miroir, avant que celui-ci ne remonte, tout aussi lentement, ce qui crée un trou noir pendant la visée et ce qui entraine des photos floues et mal cadrées par le photographe, surpris !

Le Savoyflex 2 est identique en taille mais il est équipé cette fois d’un obturateur qui est soit au 1/300s soit au 1/500s et reçoit un objectif, toujours fixe, avec un réglage avec mise au pont frontale (mise au point minimale de 35cm) et hélicoïdale (mise au point minimale de 80cm).

Enfin, le Savoyflex troisième du nom gagne un automatisme à priorité vitesse (de 1/30s au 1/300s). La cellule est une Westinghouse, placée entre l’objectif et le prisme. C’est une cellule au sélénium, donc sans nécessiter de pile. On utilisait des filtres munis de petits trous selon la sensibilité des films utilisés (jusque 200 Asa) pour moduler la lumière.

Puisque l’objectif était fixe et que, par principe, la polyvalence d’un réflex c’est de pouvoir changer de focale, il y avait des compléments optiques à monter sur celui de l’appareil. Le réglage se faisait sur ce dernier seul.

Ils se visent sur la partie frontale de l’objectif Berthiot (diamètre de 32mm). On pouvait trouver un Hyperflex (ou Hyper Flor de 35mm) ouvrant à f2,8 ; un Ampliflex (ou Ampli Flor), un mini-télé de 80mm ouvrant à f4 ; un Macroflex permettant de descendre à 9cm du sujet et ouvrant encore à f2,8.

Une publicité vintage présentant les appareils photo SAVOYFLEX 3E et SAVOY 3B, avec des images des caméras et des descriptions de leurs caractéristiques techniques.

Hélas pour SITO et Monsieur Royer, la concurrence des appareils japonais, plus modernes et moins chers, a balayé ses appareils. Dès 1965 il semble que la société disparaisse complètement.

Monsieur Royer fut l’importateur français de Yashica pour la France, constat qu’il était conscient que son produit ne répondait pas aux demandes d’une clientèle toujours plus exigeantes.

Présentation du Savoyflex

C’est un boitier compact, lourd, tout en métal, comme souvent à cette époque (1959).

Ce qui frappe, c’est la sobriété de l’engin : sur le capot, au centre, le pentaprisme en toit, assez bas ; à droite, le levier d’armement avec le compteur de vue, manuel, au dessus (plateau), dégressif* ; entre le levier et le prisme, un minuscule bouton, qui permet de rebobiner le film en fin de course et, éventuellement, d’effectuer des expositions multiples ; à gauche, un bouton en saillie, le déclencheur et enfin, le bouton de rebobinage, avec, en pastille, un mémo pour le type de film utilisé.

*Attention, arrivé à zéro, le compteur ne se bloque pas, ce qui peut amener à déchirer un film !

Vue supérieure d'un appareil photo argentique avec des boutons de réglage et une finition métallique.

C’est tout et, vu les capacités de l’engin, c’est assez.

Par dessous, rien, hormis un pas de vis dit de Kodak pour y fixer un trépied.

Un haut-parleur rétro avec un grille en métal et un corps en métal argenté, légèrement usé.

Et vous aurez remarqué qu’il n’y a pas d’œillets pour y fixer une lanière ; il faudra utiliser le sac tout prêt pour en bénéficier.

Sur la face, outre le bloc optique et obturateur, une petite prise PC pour brancher un flash.

Un appareil photo vintage Savoyflex, vu de profil, avec un boîtier en métal brillant et des éléments noirs.

Sur la tranche droite, un verrou pour ouvrir la chambre. Celle-ci pourrait paraître classique, sauf si on plonge en son centre car il n’y a pas de rideau, ou de lamelles d’obturateur puisque ce dernier est au centre de l’objectif. Par contre, on aperçoit aisément une plaque noire qui bouche l’entrée de la lumière. C’est effectivement le miroir. Vous le verrez se soulever non pas lorsque vous aller armer l’appareil mais uniquement alors que vous aurez appuyé sur le déclencheur. A ce moment, le miroir se lève, permettant à la lumière de frapper le film et puis celui-ci redescend, doucement et lentement.

Autre point à signaler à propos de la porte arrière du Savoyflex : elle s’ouvre avec la charnière à gauche, alors que le film se déroule de gauche à droite (habituellement, les compartiments de film de gauche à droite sont articulés vers la droite). Ce qui signifie que s’il y a une fuite de lumière du côté de la fermeture, elle passera sur la partie du film déjà exposé. Pas rassurant.

Vue intérieure d'un appareil photo vintage montrant le mécanisme d'entraînement du film.

Si vous avez gardé l’œil rivé au viseur, vous voyez le sujet à travers l’objectif, y compris lorsque vous armez l’obturateur. Mais lorsque vous appuyez sur le looong bouton de déclencheur, une espèce de rond vient passer devant la visée et … la cache un bref moment. Bref, certes, mais déstabilisant car vous avez l’impression d’un trou noir !

Cette particularité est due au fonctionnement de l’obturateur, logé au centre du bloc optique car lorsqu’il s’ouvre, il laisse forcément passer la lumière, sur le chemin que bouche le miroir, qui doit se relever.

Là où le Savoyflex semblait inaugurer sur les autres réflex anciens, c’est que non seulement le miroir se soulève mais qu’ensuite il redescend. Tous les réflex de l’époque n’était pas doté d’un miroir à retour.

Mais entendons-nous bien : il y a miroir à retour instantané et miroir à retour rapide. Dans le premier cas, le miroir se lève seulement lorsque l’obturateur est ouvert et il se replie instantanément lorsque l’obturateur se referme. Dans le second cas, et sur le Savoyflex, le retour du miroir est conditionné à la pression que vous aurez exercé sur le déclencheur. En effet, pour un miroir à retour rapide, c’est un câble qui soulève le miroir alors que vous appuyez sur le déclencheur ; relâchez ce dernier et le miroir redescend. Mais la vitesse du retour est proportionnelle à la force et à la vitesse avec laquelle vous avez enfoncé le déclencheur.

J’ai fait l’essai et c’est très intrigant. Et aussi très gênant car c’est aussi cette pression qui fait que votre visée sera occultée plus ou moins longtemps. Ce qui entraine, naturellement, que pour limiter ce trou noir vous aurez tendance à appuyer vite et fort et de ce fait, l’appareil bougera invariablement, à cause principalement de la course exagérément longue du déclencheur.

Reste alors à accepter d’appuyer juste ce qu’il faut pour ne pas être aveugle trop longtemps et ne pas faire trop bouger le boitier. Entrainement nécessaire, mais au prix de certains films, ça donne à réfléchir.

Bref, l’histoire du miroir à retour rapide vaut que si l’idée est bonne, elle est déjà dépassée car cette année-là (1959), un certain Nikon F enfonçait tous ses petits camarades par sa modernité.

Des variantes des Savoyflex avec un E (comme éclair) ont permis de régler en partie ce soucis.

Si seulement Monsieur Royer avait eu la bonne idée d’abandonner son obturateur central !

Car, outre la complexité mécanique inhérente, elle interdit de pouvoir changer d’objectif, celui-ci étant partie intégrante du mécanisme, sauf à ajouter ensuite des compléments optiques, forcément limités en focales et performances.

Zeiss Ikon avait déjà essayé de contourner celles-ci avec son Contaflex, sans succès plus probants. Pour mémoire, eux aussi étaient parti d’un télémétrique, le Contax, pour essayer de créer un réflex, sans résultats*.

*Un lecteur attentif (merci Bernard) me fait remarquer que cette formulation porte à interprétation car, de fait, les Contaflex et Contarex, de même type de conception (obturateur central) se sont, eux, très bien vendus. Ce que je veux exprimer ici c’est que la formule de l’obturateur central peut fonctionner, certes, mais au prix de complexités mécaniques qui, à terme, font qu’il est très difficile de réparer ces appareils (j’en ai deux en parfait état mais hors service). De plus, les contorsions nécessaires pour ajouter de la polyvalence, grâce à des compléments optiques, sont limitées et peu souples pour une utilisation moderne, telle que les appareils japonais offraient à cette époque.

Pour en terminer avec la découverte extérieure et intérieure de l’engin, revenons un instant sur le cœur de la chambre pour y souligner un petit détail inhabituel : les deux petits rouleaux de guidage qui sont placés avant le passage du film au dessus de la chambre, juste en sortant de la bobine de film. Il y en a encore un, plus classique, à la sortie de celle-ci mais celui de devant est assez inhabituel.

Intérieur d'une vieille caméra avec des composants visibles, mettant en évidence deux parties marquées en rouge.

Revenons au bloc optique/obturateur et arrêtons-nous sur ce dernier. Fait étrange, alors que Royer fabrique lui-même des obturateurs, il équipe son réflex d’un Prontor Reflex, fabriqué par Gauthier (Allemagne).

Pour modifier l’exposition, vous devez utiliser la bague crantée placée autour de l’objectif. Attention, comme souvent dans les années cinquante, on utilise ici le système des valeurs de lumière, ou indice de lumination(LV). Elles sont comprises entre 2 et 17. Cette bague couple la vitesse à l’ouverture de sorte que toute modification de la vitesse entraîne une modification correspondante de l’ouverture pour conserver le même numéro LV. La bague d’ouverture a des échelles séparées marquées de f/stops et une autre avec des numéros de valeur de lumière.

Un appareil photo vintage Savoyflex, avec un objectif bien visible, posé sur une surface blanche.

Cette mesure en LV est lisible sur les posemètres à main. Notez que l’on peut débrayer le système en appuyant sur la languette sous l’objectif. Dans ce cas, on travaille en sélectionnant soi-même vitesse et ouverture, indépendamment l’une de l’autre. Cependant, si vous voulez effectuer cette manœuvre avec une netteté réglée sur l’infini, les languettes du flash et du débrayage vont se superposer, empêchant de faire la manipulation. Il faut alors revenir à une autre distance, faire l’opération de débrayage puis se remettre sur l’infini. Faut juste ne pas être pressé et espérer que la lumière ait eu la bonne idée de ne pas se modifier pendant le changement !

Ici encore, une mauvaise implantation de commande désespère le photographe : sur d’autres appareils, dotés de la même technique, il y a deux bagues, que l’on peut désynchroniser, pas une seule et une f… languette qui coince !

On peut peut-être s’en sortir grâce au réglage moyen proposé par la publicité et le mode d’emploi : se placer sur un repère rouge sur la bague des ouvertures (à f8) et sur celle des distances (à 5m) donne des images correctes de 3m à l’infini. Certes mais quand est-il de la vitesse, de la sensibilité du film, de la luminosité ambiante ?

Sur le côté de l’objectif, une autre languette permet de sélectionner trois lettres :

  • M pour les anciens flashs magnésiques (lampes) au 1/30s
  • X pour les flashs électriques à toutes les vitesses (le seul avantage de l’obturateur central)
  • V pour le minuteur (plus ou moins 10 secondes mais à manier avec précaution car on risque de bloquer l’obturateur

Ensuite, rappelez-vous, trois Savoyflex sont lancés en même temps : celui-ci est le premier, le plus simple, sans cellule, avec un objectif fixe pour lequel le réglage de la distance se fait par simple rotation de la bague crantée ; le second aura un réglage par pas de vis hélicoïdale, plus précis mais toujours sans cellule ; quant au troisième, s’il gagne une cellule au sélénium, couplée, il ne fait qu’ajouter de la complexité au compliqué. Des modèles, auxquels un E a été ajouté, bénéficient d’un miroir qui redescend plus vite.

Le viseur est assez clair, quoique sur mon exemplaire il y ait des poussières à l’intérieur. J’ai dû démonter et nettoyer car en principe les anneaux de Fresnel doivent assurer une bien meilleure vision. Au centre, un grand cercle en dépoli et un stigmomètre à coïncidence placé à 45°.

Ce qui ne simplifie pas la visée. Pourtant l’utilisation d’un bloc de Fresnel renforce la luminosité mais ne permet pas de viser avec précision.

Tout n’est pas catastrophique dans ce Savoyflex, son objectif méritant même sans doute la mention très bien. C’est le même que celui qui équipait les Savoy 35mm et qui étaient déjà reconnus pour leur qualité. Leur formule de 4 éléments en 3 groupes pourraient faire penser à une formule Tessar.

Appareil photo vintage Savoyflex avec un boîtier noir et des accents argentés, vu de face.

En tout cas, lorsque l’on est parvenu à maitriser les écueils de conception du réflex, les photos délivrées sont de bonne qualité. C’est en tout cas ce que déclare Mike Eckman qui a eut le courage de le tester avec un film et livre sur son site quelques photos (références ci-dessous) du test.

Que penser de cet appareil ?

Difficile à dire, partagé entre un certain respect pour un appareil qui a traversé plusieurs décennies et est resté fonctionnel, en bon état et un esprit critique qui ne peut s’empêcher de penser qu’on aurait pu (bien) mieux faire.

Car, in fine, l’ensemble des défauts l’emporte sur le reste. C’est dommage de devoir l’écrire.

Reste qu’il est un appareil historique au sens où il y eut peu de réflex français et que celui-ci aurait mérité mieux comme conception pour rester dans les annales.

C’est typiquement un appareil de collection, pour sa part d’histoire et sa contribution à celle de la photographie, même si elle fut malheureuse.

Si ce Savoyflex est relativement rare en dehors de l’hexagone, car il fut peu exporté, il est encore trouvable (le chiffre de 200.000 appareils entre 1948 et 1960, dont 70.000 entre 1948 et 1955, ne permet pas une approche par type d’appareils mais indique un niveau de production relativement faible).

Au niveau valeur, en bon état et avec son sac tout prêt en cuir, il devrait avoisiner les 150€, le prix de sa rareté, pas de son efficacité.

Un peu de technique

Général
Type d’appareilreflex 24×36 à obturateur central et objectif non interchangeable
Pays de fabricationFrance (sauf l’obturateur)
Période de production1959 ► 1961
Format de film135
Construction du boîtiermétallique
Avance du filmpar levier
Compteur de vuesdégressif, remise à zéro manuelle
Optique
ObjectifsSOM Berthiot 50 mm f/2,8 inamovible, mise au point de l’infini à 80 cm par la lentille frontale, 4 éléments en trois groupes
Monture des objectifsmonture avant à filetage intérieur au diamètre 32 mm
Présélection du diaphragmeoui
Visée et affichage
Viseurdépoli, lentille de Fresnel, lentille collectrice et prisme en toit à 3 réflexions internes
Informations dans le viseurstigmomètre
Mise au point
Manuellebague graduée en mètres + repères de profondeur de champ
Obturateur
Typecentral
Fabricant et marqueProntor Reflex (Gauthier, Allemagne)
Vitesse minimale (s)1
Vitesse maximale (s)1/300
Pose B ou TB
Retardement (s)10
Déclencheurbouton sur le dessus, sur la gauche du capot, avec filetage central pour déclencheur souple
Expositions multiplesdébrayage de l’entraînement du film par enfoncement d’un petit bouton sur le dessus à main droite, entre viseur et levier d’armement (sert au rembobinage)
Flash
Synchronisationdouble : flash magnésique (M) à 1/30 s, électronique (X) à toutes les vitesses
Prise pour flash externeprise PC en bas, à gauche de l’objectif
Autres caractéristiques
Écrou de piedfiletage au pas Kodak
Dimensions L x h x p (mm)130 x 90 x 80
Poids (g)740
Accessoires en optionsac en cuir « tout prêt », pare soleil, filtres et compléments optiques
Particularitéretour automatique du miroir après la prise de vue, par gravité


Manuel (modèle similaire) : ICI

Des références

https://camera-wiki.org/wiki/Savoyflex, https://www.pentax-slr.com/108413524.html, https://mikeeckman.com/2021/05/royer-savoyflex-ii-1959/ en anglais ; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-13121-Royer_Savoyflex%20Automatic.html, https://www.lesappareilsphotographiques.com/savoyflex-p-28.html, http://www.vieilalbum.com/SavoyflexIFR.htm, https://fr.wikipedia.org/wiki/Royer_(photographie), https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Royer/Savoyflex_III, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-13120-Royer_Savoyflex%20I.html, http://glangl1.free.fr/Liste-Sito.html, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Royer/Savoyflex_I, https://fr.wikipedia.org/wiki/Royer_(photographie), https://www.club-niepce-lumiere.org/maxifiche-15-24-x-36-royer-histoire-et-modeles/, en français

Argentique

Le Contax D, un réflex pionnier

Préambule

Ah, celui-ci c’est chez un vide-grenier sympathique que je l’ai trouvé. Un peu perdu au milieu de quelques épaves, il était là tout perdu, attendant d’être rangé dans un endroit plus adéquat.

Ce fut ma chance car, un peu oublié, il attendait sous la poussière que l’on veuille bien l’exhumer pour le remettre en lumière.

Car Contax reste une marque mythique dont on ne retient pas toujours la richesse de son passé, hormis quelques boitiers archi connus, comme les Contax 137 MD Quartz ou 139 ou, plus ancien, le Contaflex, pour ne rester que dans les réflex, car il eut aussi de fameux télémétriques.

Profitons-en pour sortir des sentiers battus et découvrir ce bel exemplaire, encore dans son sac tout prêt en cuir.

Un peu d’histoire

Celle de la marque

Contax, c’est une longue histoire, mais de celle qui finisse mal, une guerre mondiale et la concurrence japonaise ayant scellé le sort de la marque.

N’allons pas trop vite pour que vous saisissiez mieux le contexte et l’origine de cette marque devenue mythique.

Carl Zeiss (1816- 1888) crée un premier atelier d’optique et de mécanique de précision à Iena (ou Jena, Allemagne) en 1846. Ses premiers produits sont des microscopes, qui rencontrent un vif succès grâce à l’embauche de Ernst Abbe, un génial inventeur à qui l’on doit les formules d’optiques pour les microscopes et l’invention du condenseur (ou condensateur), qui améliore la qualité de l’image.

Portrait en noir et blanc d'un homme âgé avec une barbe et des cheveux gris, portant un costume avec cravate.
Carl Zeiss

En 1884, Otto Schott fonde sa société, grâce à des capitaux de Carl Zeiss, aussi à Iéna, spécialisée dans la fabrication de verre optique de très grande qualité.

La société Carl Zeiss se réorganise en 1891 autour d’une fondation Carl-Zeiss-Stiftung. Elle fabrique toujours des microscopes, toujours plus perfectionnés, et des verres optiques eux aussi toujours plus efficaces.

Presque naturellement, en 1900, la Carl Zeiss Stiftung rachète le constructeur d’appareils photo Palmos AG, lui aussi de Iéna. Se crée alors une filiale de Carl Zeiss qui, en 1909, fusionne avec trois autres sociétés allemandes : Hüttig AG de Dresde, Wünsch AG de Dresde et Kamerawerk Dr. Krugener de Francfort. ICA vient de naitre (Internationale Camera Aktiengesellschaft).

Paul Rudolph, employé chez Carl Zeiss, conçoit (1902) un objectif à quatre lentilles qui fera date, le Tessar. Il inspirera la plupart des objectifs photographiques à venir.

C’est encore une acquisition, en 1926, des sociétés Contessa Nettel de Stuttgart, Ernemann de Dresde et Goerz de Berlin, qui fusionnent avec ICA et qui donne naissance à Zeiss Ikon. Cette nouvelle société sera une des plus importantes et influentes entreprise d’appareils photographiques allemandes et ce jusqu’au seuil des années soixante.

Le grand concurrent de Carl Zeiss, c’est Ernst Leitz et son entreprise Optical Works Ernst Leitz, à Wetzlar (1865). Elle aussi produit des microscopes très performants puis se diversifie vers les optiques de qualité. Notamment celles qui équipent ses jumelles et, bientôt, un appareil photo qui va révolutionner la photographie. C’est Leitz qui produit l’invention d’un certain Oskar Barnack et son premier Ur-Leica (1913), un boitier éminemment portable et pratique. Il faudra toutefois attendre 1925 pour qu’il entre réellement en production sous le nom de Leica I.

Encore un peu de patience et le Leica II (1932) pour que l’appareil soit télémétrique et à objectifs interchangeables. La légende est née et le boitier rencontre un beau succès car il remplace avantageusement les appareils de l’époque, lourds, encombrants et pas faciles à manipuler.

1932 est aussi l’année de lancement, chez Carl Zeiss du concurrent direct du Leica : le Contax, premier du nom. C’est aussi un télémétrique à objectifs interchangeables.

Dès 1935, les optiques de la marque recevront le premier traitement anti-reflet au monde, mis au point par Alexandre Smakula, et en 1936, les Contax II et III apportent des innovations majeures : l’intégration du télémètre dans le viseur et d’un posemètre (Contax III).

Hélas, la Seconde Guerre Mondiale éclate et rebat les cartes, surtout pour Zeiss Ikon. En 1945, les usines sont en grande partie détruites ; l’armée américaine décide de déplacer de Iéna à Stuttgart plus d’une centaine de membres de la direction et du personnel scientifique, tandis que l’armée soviétique transfère une partie des machines et du personnel de Dresde vers l’usine Arsenal à Kiev (qui produira sous la marque Kiev des appareils copiés des Contax télémétriques).

Une longue période d’incertitude juridique s’installe quand à la propriété de Zeiss Ikon : une nouvelle société Carl Zeiss est créée à Oberkochen (Stuttgart) en 1946, alors que la partie restée en Allemagne de l’Est est nationalisée en 1948 et devient Zeiss Jéna. La marque sera vendue à l’Est sous la dénomination Opton et Zeiss Jéna pour les marchés de l’Ouest.

Finalement, les anciens établissements de Zeiss à Dresde seront contraints d’abandonner les marques Zeiss Ikon et Contax, revendiquées par Zeiss Ikon AG (Stuttgart).

Qu’à cela ne tienne, l’ex Zeiss Ikon est-allemand va renaître sous le nom et la forme du complexe industriel Pentacon, l’ogre qui rachète toutes les anciennes marques est-allemandes.

Vue d'un bâtiment ancien avec des panneaux publicitaires visibles, incluant 'Zeiss', 'Kino' et des inscriptions en allemand.
Le bâtiment Pentacon, avec sa tour particulière, qui se retrouve stylisée sur les appareils photo et accessoires.

Plus tard (en 1970), Zeiss Ikon fussionnera avec Voigtländer mais en 1972, on assistera à la fermeture des usines des deux marques.

Pourtant, en 1973, Yashica conclu un accord de coopération et la marque Contax est relancée au Japon.

Il faudra encore attendre la chute du Mur (1989) et la réunification de deux Allemagnes. A ce moment, l’entreprise d’état VEB Zeiss Jéna est cédée à Carl Zeiss sous le nom de Zeiss Jena GmBH puis Jenoptik Carl Zeiss Jena GmBH.

De nos jours, Carl Zeiss Jena est un des 4 plus grands fabricants de microscope au niveau mondial.

2005 verra encore la création de la filiale Carl Zeiss Vision, spécialisée dans la production de verre de lunettes.

Et pour en terminer, en 2016, il y a la création du Zeiss Photography Award, un prix de photographie décerné à l’issue d’un concours international ouvert aux photographes du monde entier, destiné à récompenser et à promouvoir le travail d’un photographe œuvrant dans le domaine documentaire, dont le travail doit répondre à un thème général défini sous le titre Seeing Beyond (voir au-delà) ainsi qu’à un thème particulier, différent chaque année.

Je reviens sur quelques éléments fondateurs de la marque, qui font de ses appareils des objets d’intérêt car, si on y pense bien, ils ont traversé bien des vicissitudes : il y a d’abord la culture industrielle allemande d’avant guerre, puis la division de l’entreprise après la seconde guerre mondiale, une renaissance inattendue au … Japon (Yashica), l’ère des compacts de luxe (Kyocéra), des télémétriques autofocus, du moyen format et quelques pas dans l’ère numérique.

Une constante reste : celle de la qualité, de l’ingénierie, de la complexité pour la beauté du geste. Bref, de quoi se construire une légende, toujours vivace de nos jours.

Mais voyons pourquoi …

L’histoire du réflex

Le premier jalon est le Contax télémétrique, véritable contre-pied du Leica : si le second s’est imposé par sa simplicité, sa compacité, son efficacité, le second est complexe, d’une grande précision mécanique, avec un télémètre sophistiqué, un obturateur métallique rapide et des objectifs (eux aussi) de grandes qualités optiques.

Appareil photo vintage Contax avec un boîtier en métal argenté et un objectif Sonnar.

Mais Zeiss Ikon cherche plus loin : les réflex existent depuis un moment et les plus connus, depuis les années trente, sont le Rolleiflex. Ces boitiers sont des TLR pour twin lens reflex, c’est-à-dire des réflex dotés de deux objectifs: un pour la visée et l’autre pour capter l’image.

L’avantage du réflex est de montrer, à travers l’objectif, directement ce que l’on voit à la visée, … enfin presque, parce qu’avec un réflex bis-objectifs, si la visée est bien directe, l’image renvoyée par le miroir est inversée gauche/droite (mon cauchemar).

Les recherches de Zeiss Ikon portent sur un appareil qui donnerait toujours cette image directe, mais dans le bon sens.

Depuis 1938, le bureau d’études cherche à créer un appareil, basé sur le Contax télémétrique, avec son obturateur à lamelles métalliques vertical, mais ça coince.

Le principe est de greffer un pentaprisme, c’est-à-dire un verre à plusieurs pans complexes qui redresse l’image, si possible sans (trop) de perte de lumière. Et pour être tout à fait précis, il s’agit d’un pentraprisme de toit, de fait un pentaprisme dont une surface est traitée pour inverser l’image dans la direction perpendiculaire au plan de réfraction contrairement à un pentaprisme classique, mais conserve la propriété initiale de déviation constante de 90°.

Schéma en coupe d'un appareil photo vintage, montrant les composants internes tels que l'objectif, le miroir et le mécanisme de prise de vue.
Le parcours de la lumière via l’objectif vers le viseur en passant par le pentaprisme.

Il ne faut pas oublier, en outre, que dés 1936, Ihagee produisait le Kine-Exakta, un réflex mono-objectif (SLR = single lens reflex) mais qui présentait encore un viseur dit de taille, sans image redressée.

Un appareil photo vintage modèle Exacta avec un boîtier en métal et en cuir, montrant des cadrans et des lentilles.

Le tout premier vrai réflex avec un pentaprisme fut le Rectaflex, produit dès 1948. Le seul et unique réflex produit par l’Italie, mais quel engin !

Appareil photo vintage Rectaflex avec objectif en métal et finitions argentées.

Ici nous avons tous les éléments du réflex moderne : un prisme pour voir l’image à hauteur d’œil (contrairement à l’Exakta), redressée, avec un objectif amovible. L’histoire est lancée …

C’est donc dans ce contexte très concurrentiel que va s’inscrire le premier réflex de Contax, le S pour Spiegelreflex, littéralement reflex miroir.

Lancé en 1949, cet appareil avance encore d’un pas par rapport au Rectaflex : ici aussi il y a un prisme qui redresse l’image, la visée se fait à hauteur d’œil, l’objectif est interchangeable. Et c’est là la nouveauté : le Contax inaugure une nouvelle monture, la M42, qui devint universelle bien avant celle de Pentax (qu’ils développeront ensemble plus tard, pour la petite histoire).

Ce Contax S (lettre qui n’est jamais écrite sur le boitier par ailleurs) sera suivi d’un D – E – F – FB – FM et FBM.

Ceci étant, pour mémoire, c’est le VEB Zeiss Ikon, celui qui est passé à l’Est, bien contre son gré, qui a développé cet appareil. Sous la pression de Zeiss Ikon AG, restée à l’Ouest, elle devra peu à peu abandonner le nom de Contax, porteur de sens et d’histoire, pour passer sous la bannière de Pentacon (pentaprisme et Contax sont à la base du nom), qui a moins d’aura. Cette perte de reconnaissance fera que l’appareil atteindra difficilement le succès qui lui était dû. Finalement, la gamme sera abandonnée. Triste fin !

Quoique le conglomérat Pentacon VEB (qui comptait les marques Meyer-Optik Görlitz, Ihagee Dresden et KW), donnera naissance à la longue gamme d’appareils photo Praktica (vous en trouverez de nombreux exemples sur le site), en remplacement de ce Contax, mal né.

Zeiss Ikon AG (qui regroupe la Fondation Carl Zeiss, Car Zeiss Optical et Zeiss Ikon Ouest Allemand) produira, à partir des années cinquante d’autres gammes de réflex, comme le Contaflex, le Contarex, le Bessamatic (un Voigtländer, marque qui faisait partie du panier Zeiss Ikon) et l’Icarex. Le groupe cessera de produire des appareils photo en 1972.

Mais avant de disparaître, Zeiss Ikon AG va s’allier avec une entreprise japonaise, Asahi Pentax, ce qui permit la mise sur le marché de la nouvelle monture universelle, la monture Pentax, à baïonnette (qui devint la montre Pentax K plus tard). Puis, au début des années septante, c’est une alliance avec Yashica qui accouchera de la monture Y/C (voir les articles à ce sujet sur le site, comme le Yashica FX-D, par exemple).

Ça va, vous suivez toujours ?

S’il y a quelque chose à retenir de ce long exposé, c’est que le Contax S a posé les standards de ce que seront les réflex ensuite :

  • visée à travers un pentaprisme qui redresse l’image,
  • visée à hauteur d’œil dès lors,
  • utilisation d’une monture dédiée mais commune aux autre réflex par la suite : monture M-42

Mais retenons quand même que même si cet appareil ne fut pas le premier réflex de l’histoire (et malgré ce que l’histoire de la photographie tente de nous faire croire, tout comme la publicité de la marque à son sujet), il reste un pionnier.

Le Contax S n’était pas parfait, loin de là (on estime que la moitié de la production dû rentrer pour modifications), le D eut la lourde tâche de corriger la plupart des soucis. Et, surtout, de redorer le blason de la marque, bien écorné par les déboires du Contax S, voire même de faire rentrer – enfin – des devises car la situation financière du VEB Zeiss Ikon était catastrophique.

Une refonte complète de bien des éléments internes va fiabiliser le boitier et redonner confiance à une clientèle qu’il faut séduire.

Présentation du Contax D

Le Contax D est un Contax S amélioré et qui, lui, porte cette lettre sur le capot. Le modèle D a été présenté à la foire d’automne de Leipzig en 1952 pour la première fois.

Une publicité pour l'appareil photo Contax D, montrant un reflex à petit format, avec des détails techniques en allemand sur ses spécifications.

Petit aparté à ce sujet : pour les collectionneurs, la position du D change sur le capot et devient un Big D lorsque la lettre est sur la même ligne que le nom. Il en est de même pour les mentions VEB qui seront ou non inscrites en dessous du logo Zeiss Ikon selon le marché auquel l’appareil est destiné. Ceci étant, le boitier reste le même et c’est ce qui nous intéresse.

Un appareil photo vintage Contax D avec un objectif argenté, marqué Zeiss Ikon.

L’appareil présentait bien : doté d’un châssis robuste en aluminium moulé sous pression, d’un obturateur à plan focal à déplacement vertical et d’une compatibilité avec la monture à baïonnette Contax, qui prenait en charge une gamme d’objectifs Carl Zeiss Jena de haute qualité.

Rapidement, dès 1956, pour suivre les autres lettres apposées sur le Contax, sachez que le E était équipé d’un posemètre au sélénium, non couplé et posé au dessus du prisme; tout comme les F et FB et suivants (modification du prisme sur ces modèles pour un visée plus claire).

Dès 1958, le mot Contax disparaîtra en faveur de Pentacon pour les appareils fabriqués à Dresde (Allemagne de l’Est alors).

Sur cet exemplaire, le logo Zeiss Ikon, les lettres VEB et le nom Contax avec la lettre D sur la même ligne (un Big D donc) sont présents : c’est donc un appareil d’avant 1958 (et le passage au marquage Pentacon), très vraisemblablement un appareil datant des environs des début, en 1952.

Etrangement, je ne le trouve pas si grand que certains autres réflex postérieurs, sans doute est-ce dû au prisme, assez peu saillant. J’écrirais même que je le trouve assez compact. Certes, il est lourd, tout en métal et verre, mais je le trouve bien équilibré.

Mais commençons par le début :

  • sur le capot, à droite, le bouton d’avance et d’armement de l’obturateur; je note que l’armement est déjà associé à l’avance du film, avec sécurité contre les doubles expositions
  • sous le bouton d’avance/armement, le compteur de vues
  • à côté, sous un verre et avec une forme élégante, les vitesses que l’on sélectionne avec le bouton juste derrière, en appuyant dessus
  • juste sur le bord du capot, sous les vitesses, un petit curseur, pour sélectionner les vitesses lentes ou rapides
  • à l’opposé, le gros bouton pour rebobiner le film en fin de course
  • la couronne en dessous est un aide mémoire pour la sensibilité du film (de 6 à 400 Asa)
  • juste à côté, une prise PC pour le flash
  • sur la face avant, à droite, le déclencheur avec un filetage pour prise filaire
  • et en dessous, un retardateur
  • enfin, sur le flan droit, le verrou pour ouvrir le dos de l’appareil
  • par en dessous, le filetage pour fixer le boitier à un trépied (au pas du Congrès = large)
  • et à côté, le petit bouton à enfoncer pour pouvoir rebobiner le film

Tout est déjà là, les appareils suivant s’en inspireront encore.

Avant de reprendre cette liste à laquelle il ne manque qu’un raton laveur (merci Monsieur Prévert), un mot sur l’objectif : la monture est du M42, qui sera considérée longtemps comme universelle. Mais j’y reviendrai un peu plus loin …

Les commandes

Sur le capot donc, un gros bouton pour faire avancer le film d’une vue à la fois et, en dessous, le compteur de vue, manuel.

Un appareil photo argentique vu de dessus, avec un objectif argenté et des réglages visibles.

Lorsque vous tournez ce bouton, dans le sens de la flèche, vous sentez à un moment un clonck assez discret et le mouvement s’arrête (ne pas forcer plus loin) : le film vient d’avancer d’une longueur et l’obturateur est armé. Une sécurité d’armement empêchera toute double exposition involontaire.

Pour déclencher, il suffit d’appuyer sur le bouton en saillie, sur la face avant. Cette position sera souvent reprise sur les appareils est-allemands, notamment les Praktica. Si cet emplacement peut sembler bizarre de nos jours, elle n’en est pas moins ergonomique car le fait d’appuyer sur le déclencheur de cette manière évite mieux le flou de bougé en vitesses lentes que lorsque le bouton est sur le capot. Essayez, vous comprendrez mieux.

En dessous du bouton d’armement/avance, le compteur de vue manuel. Là, j’avoue que ce n’est pas la meilleure place car à chaque fois que vous remontez le bouton qui le surplombe, vous aurez tendance à le faire tourner involontairement. Ceci étant, avec précaution donc, vous le faite avancer en poussant sur les petits ergots ronds, dans le sens de la flèche, qui est inversée par rapport à celle de l’armement.

Ah, évidemment à cette époque, le miroir ne se lève que lorsque vous aurez armé l’obturateur. Ce qui veut dire qu’entre deux images, le viseur reste noir si vous n’avez pas armé. Le retour automatique, c’est pour plus tard !

Mais ceci implique qu’il faille faire la mesure de la lumière à pleine ouverture, manuellement.

Venons-en au contrôle des vitesses : sous le verre vous découvrez les vitesses inscrites en chiffres rouges ou noirs, selon une progression ancienne : dont voici la séquence dans son entier : 1 – 2 – 5 – puis 10 – 20 et 50 et 100 – 200 – 500 et encore un autre 1 au 1/1000

Vue d'un dessus d'un appareil photo argentique avec des réglages visibles.

Mais, surtout, dans les deux demis-cercles autour du cadran, vous verrez apparaître deux flèches, selon que vous poussez le levier au dos dans un sens ou l’autre. A gauche, pour indiquer les vitesses lentes (flèche rouge), qui sont en rouge (B, 1s, 1/5s, 1/10s, 1/20s) ; à droite, une flèche noire, pour les vitesses rapides, qui sont en noir (1/50s, 1/100s, 1/200s, 1/1000s). Je vous invite à regarder la première vidéo ci-après pour mieux voir le principe. Il faut enfoncer la couronne et la tourner dans le sens indiqué par la flèche jusqu’à la vitesse sélectionnée.

Notons qu’ici on peut changer les vitesses sans tenir compte de l’armement ou pas de l’obturateur.

C’est un peu fastidieux pour le réglage mais on s’y fait assez vite.

Rien de spécial à souligner pour la molette de rebobinage, si ce n’est le mémo en dessous d’elle. C’est assez typique des appareils de l’époque et cela rassure quand on a pris sa cellule manuelle.

Vue du dessus d'un appareil photo argentique avec des réglages sur le dessus et un objectif en bas.

Sous le déclencheur, le mécanisme pour le retardateur : il suffit de l’abaisser puis de faire tourner la petite roue pour lancer le mécanisme. Par prudence, d’abord armer avant de lancer le minuteur.

En fin de film, appuyer sur le petit bouton en dessous du boitier et le garder enfoncé, puis rebobiner la pellicule. Pour sortir celui-ci de la chambre, tirer sur le verrou (tranche droite), ce qui libère la porte arrière, et ôter la bobine. En parlant de bobine, faites attention, celle de réception est amovible. Il faut prendre garde à ne pas la perdre (et vérifier sa présence en cas d’achat).

Appareil photo vintage avec un objectif en métal, vu de face sur un fond neutre.

Notez la précision des assemblages, du bel ouvrage.

Venons-en maintenant à l’objectif, ici un Carl Zeiss Jéna Biotar de 58mm ouvrant à f2 et marqué d’un T rouge, ce qui signifie qu’il est recouvert d’un apprêt pour minimiser le flare. A remarquer donc que c’est déjà un objectif traité d’un revêtement (il faut en tenir compte lors d’un nettoyage, pour ne pas l’abimer).

Appareil photo vintage Contax D avec objectif Zeiss.

Comme je l’écrivais plus haut, l’ouverture doit être faite manuellement. Pour le faire correctement, une bague, rétractable, se trouve en pointe de l’objectif, juste derrière celle des ouvertures. Selon ce que votre cellule à main – votre habitude – le zone system va vous indiquer, vous allez abaisser la bague, faire correspondre le point rouge avec la flèche rouge et remettre la bague en place. Vous ne pourrez pas dépasser la valeur indiquée (si vous avez mis f8, vous pourrez modifier via les vitesses inférieures mais pas dépasser le f8).

Pour le reste, c’est un réglage de distance classique ou par zone grâce à l’échelle de profondeur de champ. Attention, le viseur, même s’il est assez clair et large, ne vous aidera pas car il n’y a pas de stigmomètre à coïncidence ou de dépoli au centre pour affiner la mise au point. Le plus pratique étant sans doute de faire confiance à la latitude qu’offre une grande ouverture pour éviter les flous de distances.

Sans entrer dans de fastidieux mais intéressants développements à ce sujet, sachez que le prisme des Contax S et D avait une base mate, pour des raisons de corrections optiques des flux de lumière entrant, qu’il fallait bien canaliser le mieux possible. C’est la raison de ce viseur peu clair. Les modèles F et suivants auront une lentille de champ collée à la base, ce qui éclaircira considérablement la visée et permettra une mise au point plus fine (cfr. références sur Zeissikonveb).

Deux blocs de gomme magnétique, un côté noir et un côté transparent avec un trou au centre.
Les prismes inversés du Spiegelcontax [et du Contax D]. À gauche se trouve le design original, dans lequel toute la surface d’entrée de lumière était mate. On voit bien le biseau (facettage) sur le bord, qui crée le cadre lumineux pour délimiter le champ de l’image. À partir de 1956, le prisme a été raccourci en bas et une lentille à champ plat a été collée. En plus d’éclaircir légèrement l’image du viseur, cela a permis pour la première fois de proposer le Contax avec une paire de cales de mesure (Contax FM ou FBM).

Oui, on a fait mieux ensuite ! Voici ce que donne la visée à travers ce prisme :

Vue d'un quartier résidentiel sous un ciel nuageux, avec des maisons et des arbres en arrière-plan.

Ceci est extrait de la vidéo que vous trouverez plus bas. Je vous suggère de la regarder car elle reprend aussi des photos captées par ce boitier, ce qui est un bon indicateur de ses performances.

Si vous voulez voir les entrailles du Contax S et du D, je vous recommande le site Zeissikonveb (en allemand).

Pour en terminer, sachez que cet appareil ne fut produit qu’à environ 70.000 exemplaires et qu’il est donc assez rare d’en trouver un exemplaire, qui plus est en bon état et fonctionnel. Celui-ci l’est et il possède en outre son sac tout prêt en cuir. Dès lors, son prix s’en ressent (recherche faite ce jour sur Ebay : 2 appareils pour pièces à 50€, pas un seul en bon état et complet)

Que penser de cet appareil ?

Vous le savez, j’aime bien découvrir ces tranches d’histoire vivantes, surtout quant elles sont en aussi bon état et que je peux les manipuler complètement.

Ce Contax D fait partie de ces petits plaisirs : celui de la découverte, de l’histoire d’une époque, d’une richesse un peu oubliée (celle des appareils construits pour durer).

Prendre en mains, tester les commandes, les comprendre, c’est un cadeau que m’offre un tel appareil.

Comme je l’ai écris plus haut, il est un des points de départ d’une longue aventure que seul le numérique et l’hybride ont interrompu, celle du réflex qui s’est installé comme l’appareil le plus polyvalent à ce jour.

Est-ce un boitier encore exploitable?

Oui, très certainement, mais en tenant compte de son âge et de ses limites eut égard aux appareils modernes. Avec un peu de patience, vous en tirerez le meilleur car il est très facile à utiliser. Pensez juste à vous munir d’une cellule à main.

Vais-je le garder ? Non, il fera plus le bonheur d’un collectionneur que d’un curieux comme moi. Vous le retrouverez sans doute lors de la Bourse de Villers Bretonneux, qui aura lieu en février 2027.

Peut-être y serez-vous présent ?

Vidéos d’illustration

Un peu de technique

  • Type Reflex mono-objectif (SLR) 35 mm
  • Format de film 35 mm (cartouche 135)
  • Années de production 1952-1956
  • Monture d’objectif Contax/Praktica à baïonnette (compatibilité M42 avec adaptateurs)
  • Obturateur en tissu à plan focal, vitesses de 1 à 1/1000s, B, synchronisation X à 1/30 s
  • Viseur Pentaprisme fixe, à hauteur des yeux
  • Dimensions env. 148 × 95 × 75 mm
  • Poids : +/- 600 g (boîtier nu)

Production totale estimée à 70.000 unités.

Des références

https://www.pentaconsix.com/04cont_d.htm, https://en.wikipedia.org/wiki/Contax, https://vintagetechnologyarchive.com/camera/zeiss/ikon-contax-d/ (beaucoup d’erreurs, site peu fiable), https://ictfilmguy.com/gear/contax-d/, en anglais ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Contax, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-6927-Pentacon_Contax%20D.html, https://appareil-photo-laviale.com/marque/contax/, https://fotobox.over-blog.fr/2024/05/contax-pentacon.html, https://wikimonde.com/article/Carl_Zeiss_%28entreprise%29, https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Leitz_I, https://wikiland.org/wiki/Contax, en français ; https://kameramuseum.de/objekte/pentacon-contax-d-veb-zeiss-ikon/, https://de.wikipedia.org/wiki/Contax, https://zeissikonveb.de/start/kameras/contax_pentacon.html (incontournable et très technique), en allemand

Argentique

Avant le Canon FTb, il y eut le Canon FT QL

Préambule

Ah, celui-ci vient de chez Emmaüs. Selon la personne qui me le présentait, il a appartenu à un monsieur qui en prenait soin et dont c’était le seul appareil. Il était propre, c’est vrai, livré un 50mm f1.8 FL, avec une bague FL vers M39, une seconde M39 vers FL, un tube pour la macrophotographie, un câble souple qui avait bien vécu et une lanière en cuir tressé.

Toutefois, il était complétement bloqué !

Pas moyen ni d’armer ni de déclencher, et le minuteur avait souffert. Heureusement, la pile n’avait pas coulé dans le boitier.

Au vu de l’état, petite négociation pour l’emporter à un prix plus raisonnable que demandé initialement. Et le voilà dans le coffre de la voiture pour un éventuel dépannage car je ne sais pas encore si je vais réussir à le débloquer.

Un peu d’histoire

Il y a un moment déjà que je vous ai présenté le Canon FTb QL. Ce dernier succédait au Canon Ft QL qui nous occupe aujourd’hui en 1971. Et il inaugurait une nouvelle monture, la FD, qui remplaçait l’ancienne FL dédiée elle au FT.

Mais reprenons depuis le début. Canon s’est forgé une excellente réputation, comme d’autres fabricants japonais, avec la production de télémétriques efficaces et moins onéreux que leurs homologues allemands comme le Leica ou le Contax (voir le Canon P).

Au tournant des années cinquante – soixante, c’est le réflex qui s’impose et Nikon lance le plus gros pavé dans la marre, le Nikon F (1959).

Canon n’est pas encore prêt à riposter et il multiplie les tentatives pour répondre à Nikon : du Canononflex (1959) au Canonex (1963), il propose des solutions parfois osées mais peu convaincantes (comme le Canonflex R 2000 – 1960). Puis vient le FX (1964), le premier réflex de la marque qui propose une cellule CdS, des objectifs interchangeables, des vitesses jusqu’au 1/1000s.

Outre la parenthèse Pellix (un miroir fixe semi-transparent plutôt qu’un à retour instantané), c’est le FT QL (1966) qui lance les réflex Canon dans la cours du grand public : objectifs à monture FL interchangeables, vitesses jusqu’au 1/1000s, semi-automatique, minuterie, possibilité de bloquer le miroir et chargement rapide (QL = quick load).

A partir de ce moment, l’histoire est lancée. En 1971 sortent deux appareils qui vont changer les choses : le F1, appareil professionnel qui inaugure la nouvelle monture FD et le FTb destiné aux amateurs et experts. Nous connaissons la suite.

Mais revenons un moment sur ce Canon FT QL, lancé en mars 1966, un an après le Pellix, un peu comme si la marque hésitait entre deux concepts. Et de fait, les retours clients ont marqué la fin du second, notamment à cause de la mauvaise luminosité de la visée et de l’usure rapide du miroir fixe, que les clients astiquaient de trop bon cœur pour qu’il résiste.

C’est donc la technique du miroir mobile, à retour instantané qui restera en lice. A cela, Canon ajoute la mesure de la cellule à travers l’objectif (TTL) et le chargement rapide (QL), la monture à baïonnette FL, la prévisualisation de la profondeur de champ, un minuteur, une cellule au CdS, un testeur de pile et la synchronisation du flash (1/60s).

Nous allons découvrir tout ceci plus en profondeur …

Présentation du Canon FT QL

Comme nous venons de le voir, le Canon FT QL est le premier d’une série qui aboutira au FTb, plus moderne, en 1972. Les trois appareils sont respectivement le FX, équipé d’une cellule placée en façade et donc non TTL ; le FP, qui n’a pas de cellule et est donc l’entrée de gamme de la série ; le FT QL, le haut de gamme.

Concrètement, que nous propose-t-il à cette époque ?

  • tout d’abord la monture FL, qui présente un verrouillage assez semblable à celle qui va lui succéder en 1972, la FD
  • ensuite, et c’est une première pour Canon, la mesure de la lumière à travers l’objectif, dite TTL (Through-The-Lens). Le condensateur de lumière est placé sur une surface réfléchissante qui représente 12% de l’image, incliné à 45°. La lumière passe à travers un miroir semi-transparent et frappe le posemètre. Celui-ci, alimenté par une pile, indique la quantité de lumière reçue dans le viseur via une aiguille qui bouge selon les réglages effectués, le but étant de la stabiliser dans le petit cercle.
  • cette technique, bien que précise par temps clair, montre vite ses limites en faible lumière. Un accessoire était prévu, le Booster Canon. Il permettait d’augmenter la plage de sensibilité des films de 25Asa à un incroyable 12.800Asa. Il était pratiquement possible de photographier en pleine nuit, avec un film de 100Asa, comme en plein jour. Monté sur la griffe porte accessoire, ce Booster amplifiait la lumière entrante. Sans cet accessoire, la sensibilité des films est de 25 à 2000 Asa.
Appareil photo reflex numérique Canon FT QL avec un boîtier et un cordon de connexion, affichant des indications concernant la compensation d'exposition.
  • qui dit cellule au CdS dit pile. Au mercure à l’époque, vous pouvez remplacer la PX625 de 1,35v par une pile moderne PX635A de 1,5v, mais il faudra corriger la sensibilité du film. Ou alors, mieux, utiliser une pile zinc-air destinée aux appareils auditifs, à placer dans un adaptateur, ou une WinCell, plus chère mais qui est la copie conforme de la PX625 d’origine (taille) et qui propose le même voltage
  • le réglage de la sensibilité s’effectue en soulevant la molette sur laquelle les vitesses sont notées. En face des mots Din ou Asa, il y a deux petites fenêtres dans lesquels vous verrez défiler les chiffres des sensibilités des films
  • le viseur est une lentille de Fresnel avec un cercle de micro-prisme au centre, fixe. La mise au point se fait en centrant l’image dans le rectangle gris (12% de l’image). Sur le côté droit, en bas, l’aiguille du posemètre. Il faut régler l’exposition en mode arrêt (stop-down).
Une jeune femme s'accroupit près de l'eau, souriant, avec un bateau à voile en arrière-plan.
  • l’obturateur est en tissu. Il est à plan focal horizontal et offre des vitesses de 1s jusqu’au 1/1000s, plus une pose B et la synchro flash au 1/60s. La griffe porte accessoire ne porte pas de contact
  • de synchronisation, il faut donc relier le flash à la prise PC

Comment s’y retrouver dans les commandes de l’appareil ?

Vue d'un appareil photo Canon avec des étiquettes indiquant ses différentes fonctionnalités et réglages.
Vue de dessus d'un appareil photo Canon FT avec étiquettes indiquant les différentes parties, notamment le viseur, le compartiment de la batterie, le rail pour correcteurs dioptriques, et le bouton pour libérer le rebobinage.

Du classique, vous en conviendrez. La nouveauté, à l’époque, est à l’intérieur (mesure TTL).

Un objet a son importance avec ce boitier : c’est le petit levier multi-fonctions qui est à l’aplomb de la marque FT.

Appareil photo Canon FT avec objectif visible et détails du boîtier.

Si vous le poussez vers l’objectif, il agit comme un bouton de prévisualisation de la profondeur de champ, que vous pouvez bloquer en faisant glisser sur L le petit interrupteur à son côté.

Et lorsque vous le poussez dans l’autre sens, il libère la minuterie.

Je vous avoue que j’étais un peu frustré ici car sur mon exemplaire, ce levier était bloqué je le rappelle. Parce qu’on avait forcé les fonctions de ce levier. Je l’avais d’abord neutralisé mais en parcourant le Net, j’ai trouvé comment tout remettre dans le bon ordre et tout fonctionne correctement.

De l’autre côté de l’objectif, l’autre petit levier permet de bloquer le miroir et, en dessous, c’est la prise pour la synchronisation du flash.

Un appareil photo argentique Canon FT avec un objectif visible, sur fond blanc.

Enfin, pour ouvrir le dos de cet appareil, ne vous acharnez pas sur la tirette de rebobinage, il y a un discret verrou par dessous.

Une fois ouvert, vous découvrez le mécanisme, bien pensé de l’aide au chargement (QL = quick load)

Appareil photo argentique ouvert montrant le compartiment à film.

Que penser de cet appareil ?

Selon le code inscrit dans la chambre, à l’emplacement de la bobine de film, (K522) cet appareil daterait du 5ème mois 1970 (voir références).

A son époque, ses concurrents étaient le Pentax Spotmatic SP II, le Nikkormat FTn, le Minolta SR T 101, l’Olympus OM-1 ou le Fujica ST 701 par exemple et pour rester chez nos amis Japonais.

Des appareils simples, où le mécanique l’emporte encore sur l’électronique, balbutiante mais déjà équipé de cellule embarquée et couplée.

Aujourd’hui, je les appelle des appareils-école car c’est avec eux que vous aurez le plus de chance d’apprendre le triangle d’exposition (sensibilité-vitesse-ouverture) ou la règle du Sunny f16 (revoir l’article sur le Fujica ST 701 pour ceux qui ne connaissent pas). Chaque action sur un des éléments influencera le résultat de votre photo.

Tiens, petit aparté à ce sujet : il peut être utile d’emporter avec soit un petit carnet où vous noterez les conditions de prise de vue et le réglages que vous avez choisis. Lorsque votre film sera développé, c’est un mémo utile pour savoir si vos choix étaient les bons, ou s’il faut les corriger.

Il fait son poids mais il est tout en métal, donc solide. En cas d’achat, pensez à vérifier qu’il déclenche à toutes les vitesses, que les mousses sont à faire ou ont été refaites et que le compartiment pile n’est pas oxydé. Idéalement vous devriez avoir sur vous une pile PX625A pour tester la cellule mais dites-vous bien que même si elle est HS, l’appareil fonctionne toujours et donnera d’excellentes photos.

Le levier du retardateur possède 2 utilisations : remonté dans le sens anti-horaire, c’est un retardateur mécanique. Poussé vers l’objectif, il ferme l’objectif et met la cellule sous tension pour une mesure à ouverture réelle. C’est peut-être le reproche qu’on peut lui faire, contrairement au FTb QL qui lui succèdera car lui fait la mesure de la lumière à l’ouverture choisie.

Sinon, c’est un superbe appareil, construit pour durer … longtemps.

Vidéos d’illustration

Un peu de technique

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Réflex SLR 35mm (image 24×36)
  • Monture objectif : Canon FL
  • Obturateur à plan focal horizontal ; vitesses de 1s à 1/1000s et pose B ; synchro flash par prise PC au 1/60s
  • Mesure via une cellule au CdS, à travers l’objectif (TTL)
  • Sensibilité de la cellule : de 25 à 2000Iso, sans Booster
  • Viseur par pentaprisme fixe, lentille de Fresnel avec mise au point sur cercle dépoli
  • Chargement simplifié, technique QL (Quick Load)
  • Pile PX625A avec compensatin ou WinCell
  • Poids avec objectif 50mm: 1095gr (+/-)

Des références

https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_FT_QL, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1250-Canon_FT%20QL.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Canon-FT-QL.htm, http://www.ericconstantineau.com/photo/review_canonftql_fr.html, https://mhphot.fr/Notices/Canon_FT_QL/canon_ft_ql.pdf, https://wikimonde.com/article/Canon_FT_QL, en français ; https://vintagecameralab.com/canon-ft-ql/, https://all-my-cameras.com/2022/06/26/the-canon-ft-ql/, https://www.localpointphotography.com/canon-ft-ql-review/,https://www.vintagecamerareviews.com/brands/canon/canon-ft-ql/, https://www.imagingpixel.com/p/canon-ft-ql.html, https://www.mir.com.my/rb/photography/companies/canon/fdresources/ftql/index.htm, http://www.luistriguez.es/fotos/cameras/canonft/index_canonft.htm, https://www.imagingpixel.com/p/canon-ft-ql.html, https://canon.cavey.org/en/canon_date_codes.php, https://blog.jimgrey.net/2013/08/02/canon-ft-ql/ , en anglais

Argentique

L’Agfamatic 4008 Sensor : un vrai argentique au format 110

Préambule.

Mon (petit) stock de découvertes de la brocante de Maroilles diminue encore.

Cet appareil est plus commun que les autres déjà vu jusqu’ici mais comme le format 110 revient à la mode (merci Lomography), il est un bel exemple des bons appareils dans ce format, facile à utiliser et bien construit. La preuve ? Cinquante ans après sa première sortie, il est toujours en forme.

Un peu d’histoire.

Je ne vais pas revenir sur l’histoire du format 110, que vous pourrez découvrir au fil de vos lectures sur les appareils pocket déjà vus sur le site.

Simplement re-préciser que si c’est Kodak qui l’a inventé, dix ans après le format 126, le format 110 a détrôné l’ancien format 16 (des Minolta MG-16), alors le plus courant pour les tous petits appareils de poche (hormis le 8×11 des Minox, mais ce n’est pas le même monde).

Ce nouveau format (1972) a été adopté par presque toutes les marques, qui ont inventé des boitiers de plus en plus petits, parfois très simples, souvent un peu plus sophistiqués, pour tenter de pallier la médiocre qualité des grandissements du film, un négatif de 13x17mm.

La plupart des appareils Instamatic ou Agfamatic, comme ceux des concurrents, sont équipés d’optique en plastique, qui ne contribuent pas à l’amélioration de la qualité des photos. Cependant, même chez Kodak et Agfa et surtout chez leurs concurrents, de nombreux boitiers seront aussi équipés d’optiques en verre, voire d’objectifs avec plusieurs lentilles (Canon, Minolta, Rollei, Pentax, par exemple).

Les Agfamatic ont bénéficié du concours de Schlagheck Design pour définir leur forme que beaucoup considère comme presque parfaite. C’est vrai que les contours arrondis, le mélange du métal satiné et du noir, plus l’intégration du gros bouton rouge du déclencheur Sensor, lui vont à ravir.

Dans la gamme des Agfamatic, apparue en 1974 et qui s’éteindra au seuil des années quatre-vingt,il y a des séries :

  • celles en millier (1000, 2000, etc.) qui sont équipées de Magicube (flash carré à 4 ampoules) ; elles s’appelleront Flash Pocket si un flash est intégré
  • celles des huit (1008, 2008, etc.) qui travaillent avec des Flipflash, ces rampes de 8 ou 10 ampoules flash (qui ont l’avantage d’éloigner la source de lumière de l’objectif pour éviter l’effet yeux rouges) ; elles peuvent être Télé Pocket si une lentille additionnelle donne cet effet télé ; elles peuvent aussi être Macro Pocket si l’objectif est macro (disons plutôt proxiphotographie)
  • la série des 901avec une taille différente car équipé d’un moteur
  • quelques appareils portant des noms seuls, sans numéro (Snapper, Traveler, Sport, par exemple), surtout donnés à des appareils de fin de règne, au début des années quatre-vingt.

Personnellement, j’ai tendance à considérer les séries en huit comme étant des hauts de gamme et celles en millier comme des entrées de gamme. Les appareils motorisés étant une série à part.

Une page de catalogue montrant différents modèles d'appareils photo Agfa, avec des descriptions et des spécifications techniques, y compris le modèle Agfamatic 4008 Pocket Sensor.
Source : Collection-appareils.

Tous ces boitiers ultra légers et éminemment destinés à être glissés dans toutes les poches, sont équipés du système Répitomatic, que la plupart des utilisateurs vont exprimer en nommant les appareils schris-scrach-click du fait des bruits émis par ceux-ci lorsque l’on déplie puis replie le boitier pour armer et le click pour la prise de vue.

Tous sauf ceux équipés, bien évidemment d’un moteur (901, Tramp, Sport et Star).

En effet, le mouvement d’avant- arrière opéré par le photographe arme l’obturateur, le déclencheur et allume la cellule. Pour éteindre le boitier, il faut le refermer et faire glisser une espèce de verrou, situé en dessous, pour bloquer le mouvement et fermer la cellule. Il faut remarquer que si vous ouvrez-fermez plusieurs fois de suite l’appareil sans déclencher, une protection spéciale fait que le film n’avance pas tant que vous n’avez pas déclenché en appuyant sur le Sensor.

Les moins de cinquante ans se souviennent sans doute avec nostalgie de ces pocket, que l’on offrait pour les communions, les anniversaires, les réussites scolaires. Abordable, simple d’utilisation (chargement facile du film, utilisation quasi instinctive pour la prise de vue) en ont fait des grands succès des années septante et quatre-vingt. Si vous fouillez un peu dans les albums photos familiaux, vous en trouverez des traces émues ou émouvantes …

Présentation de l’Agfamatic 4008 Sensor.

Ce 4008 est en fait un 4000 a qui l’on a offert un nouveau flash : exit le Magicube, voici le Flipflap.

Si le 4000 était le fleuron de la série des millier, le 4008 sera précédé des 1008, 2008, 3008 et suivi par un 5008 et, le haut de la gamme, le 6008.

Pour le reste, rien ne change (ou comment faire du neuf avec de l’éprouvé) : système Repitomatic, objectif Color Apotar fixe 26mm f6.3 à 3 lentilles de verre, cellule CdS qui commande la vitesse lors de la prise de vue, automatiquement ; utilisation de deux piles A625 (ou 2 LR44 dans un adaptateur) et vous voilà prêt pour des images instinctives, amusantes.

Comme je le faisais remarquer dans l’article sur le 2008, Bernard Plossu a utilisé ces appareils pour un projet devenu livre, justement à cause de l’instantanéité de la prise de vue, la facilité de celle-ci qui fait que l’on se concentre sur le cadrage ou sur la spontanéité de l’action.

Le viseur est projeté et collimaté, avec un signal lumineux lorsqu’on descend sous le 1/30s et qu’un Flipflash est nécessaire. Très clair malgré la taille de l’appareil, c’est très agréable de viser à travers.

Vue à travers le viseur d'un appareil photo, montrant une tasse colorée avec des motifs.

Sur ce modèle, vous avez trois positions de prise de vue : pour le portrait (de 90cm à 1,2m), pour un groupe (de 1,2m à 2m) et pour l’infini (montagne). On peut juste regretter qu’il n’y a pas de rappel des distances choisies dans le viseur, mais ça, c’est pour le 5008 et le 6008 seulement.

Vue en gros plan du dessus d'un appareil photo Agfamatic 4008 Sensor, montrant le bouton de déclenchement rond rouge et les réglages de mise au point pour portrait, groupe et infini.

Pour alimenter la cellule et l’obturateur, il faut glisser 2 piles A625 dans un petit compartiment dont l’ouverture se situe sur le côté.

Vue rapprochée du compartiment des piles d'un appareil photo Agfamatic 4008, montrant les inscriptions sur le couvercle de la batterie.

Que penser de ce pocket ?

C’est un petit appareil bien fini, bien construit. La seule chose à laquelle faire attention, c’est (comme d’habitude) au compartiment des piles, dans lequel on les a vite oubliées. Et elles peuvent faire des dégâts irrémédiables.

Pour le reste, ouvrez le compartiment du film et actionnez le mécanisme d’avant – arrière pour vérifier si les roues dentées tournent correctement, ce sont elles qui doivent entrainer les vues du film.

Les objectifs sont rarement sales car ils sont généralement protégés par une plaquette qui ne s’escamote qu’au moment de la prise de vue.

Si vous en trouvez un exemplaire avec son petit sac de transport et sa dragonne en métal, vous ne devriez pas dépenser plus de 20€ (soit 6 fois moins que le 110 de Lomography) et vous en aurez autant de plaisir.

Et vous savez que si je taquine bien volontiers Lomography, je leur suis reconnaissant d’encore sortir des films en 110, avec des coloris spéciaux parfois, voire des déclinaisons d’appareils marrants.

Ils nous offre d’ailleurs une belle collection de photos réalisées, notamment, avec cet Agfamatic 4008, que vous pouvez découvrir LA.

Ce pocket, comme tous ceux de cette famille de petits appareils, méritent vraiment d’être redécouverts par les plus jeune (et les autres aussi, en souvenir). Outre ce que j’ai déjà écris au sujet de leur facilité d’emport, d’usage, de spontanéité, de plaisir simple, c’est une manière de photographier, décomplexée, qui rappelle l’âge d’or de la photographie.

Soyez raisonnable, faites-vous plaisir …

Vidéos d’illustration.

Ces appareils se prêtent à toutes les fantaisies.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Caméras : analogique catégorie/type appareil photo de poche
Marque : Agfa, Allemagne
Film photographique : format 110
Film photographique format négatif 13 x 17 mm (pochette)
Transport de films : manuel
Posemètre intégré, couplé au CdS, sensibilité de 25 à 400Iso
Contrôle de l’exposition automatique (priorité vitesse)
Objectif Color Apotar fixe 26mm f6.3 à 3 lentilles en verre, mise au point minimale de 90cm, mise au point sur personne, groupe, montagne
Obturateur à plan focal de 1/30s à 1/500s ; déclencheur Sensor d’Agfa avec possibilité de monter une commande filaire à viser
Flash : Flipflash, possibilité de monter sur le côté un flash électronique Agfalux 400T à brancher sur la prise du Flipflash
Période de production à partir de 1975
Matériaux du boîtier : Métal (aluminium), plastique

Des références.

https://kameramuseum.de/objekte/agfa-agfamatic-4008-pocket-sensor/, https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/agfamatic-pocket/agfamatic-pocket-4008/ en allemand ; https://camera-wiki.org/wiki/Agfamatic_4008_pocket_sensor, http://www.submin.com/110/collection/agfa110/cameras/4008.htm, https://www.aperturepreview.com/agfamatic-4008-pocket-sensor, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10015

Argentique

Le Konica Pocket 400 : le vrai vintage en format 110

Préambule.

Ah, la grande brocante de Maroilles, capital du fromage du même nom. Pour tout vous dire, nous avions prévu d’utiliser le camping car pour y arriver la veille au soir afin de pouvoir nous lever tôt sans être trop fatigués car on nous annonçait pas loin de 600 exposants.

Las, une stupide panne de clignoteurs nous privait de ce fidèle compagnon. Nous avons donc loué une chambre tout près. Afin de voir comment cela allait se présenter, après le souper (diner pour nos amis français), nous sommes partis en repérage des lieux. Et comme à Amiens; nous avons eu la surprise de voir certains brocanteurs déballer et faire quelques ventes à des chineurs de toutes les nationalités.

Un bref tour des premiers exposants nous à toutefois convaincu d’aller dormir, tout le monde n’étant pas encore là, toutes les marchandises en peu fragiles pas encore déballées.

Et donc, le 15 juin, dès 4h30 du matin, nous étions à flâner, les yeux et les oreilles aux aguets. Une vraiment belle brocante.

Petite remarque de vocabulaire : en Belgique, une brocante équivaut à un vide-grenier en France, c’est-à-dire que tout le monde vend ses propres affaires et c’est du tout venant (vêtements, livres, jouets, objets usuels d’une maison, appareils domestiques, etc.). Par contre, une brocante française présente des objets destinés à la revente chez des antiquaires, d’autres brocanteurs professionnels, des particuliers qui cherchent un objet bien précis. Nous appelons cela une belle brocante ou un antiquaire. Ceci pour vous préciser que nous fûmes surpris par la qualité, l’originalité, l’étrangeté, les prix de certains objets présentés, agréablement surpris.

In fine, au bout de près de onze kilomètres de marche, d’aller – retour, de tours en détours, j’ai quand même dégoté quelques beaux appareils que je vous présenterai au fur et à mesure.

Mais, dans cette foule immense, Olivier et moi avons essayé, en vain de nous retrouver (encore toutes mes excuses pour ne pas avoir entendus tes appels dans le bruit ambiant).. On fera mieux la prochaine fois car je sais qu’il a aussi trouvé quelques jolis boitiers/objectifs/accessoires (biffer la mention inutile).

Un peu d’histoire.

De nos jours, la marque Konica seule est un peu oubliée, sauf des plus de 35 ans qui ont connu les différents appareils présenté par la société. Elle est souvent associée à Minolta, qui fusionnera avec Konica en 2003.

Mais commençons par le début. En 1873, Rokusaburo Sugiura vend du matériel photographique et lithographique à Tokyo pour un grossiste en médicaments créé par son arrière-grand-père. Pour ses 25 ans, il aura la chance de se faire photographier dans un studio photo et c’est cette séance qui lui donnera l’idée de son commerce.

En 1897, il importe du matériel cinématographique et il aide à la réalisation du premier film entièrement japonais (1899).

C’est en 1903 que l’entreprise fabrique ses premiers appareils photos, le Cherry Hand Camera. Elle sera la première entreprise à fabriquer en série un appareil photo et à le commercialiser au Japon.

Le Cherry Hand Camera pouvait accueillir six plaques sèches (57 mm × 83 mm) et était vendu à un prix raisonnable. Alors que les appareils photo étaient un produit spécial disponible uniquement pour un groupe limité de personnes, comme les propriétaires de studios de photographie ou de riches amateurs, l’introduction de l’appareil photo Cherry Hand a rendu les appareils photo plus abordables pour le grand public.

Source : Konica Minolta.

Rokuemon Sugiura VII (à part le numéro de succession dans la dynastie, on ne peut pas dire qu’ils ont fait preuve d’imagination pour les prénoms !), pour honorer la mémoire de son père, fonde la Konishi Professional School of Photography pour former les photographes aux compétences techniques et artistiques de la profession. Connue aujourd’hui sous le nom de Tokyo Polytechnic University, cette école forme toujours de nombreux photographes/chercheurs dans la technologie et l’art.

La société produira et commercialisera le premier film pour appareil 24x36mm en 1928, le Sakura film (N/B).

Dès 1896, la société a importé des machines à rayons X au Japon pour la première fois (les rayons X ont été découverts par Wilhelm Conrad Röntgen, un physicien allemand). Pour contribuer à l’avancement du Japon dans l’univers de la médecine, elle a aussi importé des appareils de raidographie. Trente-sept ans plus tard, en 1933, Sakura Film X-ray a été développé, produit et commercialisé avec la même qualité que les films étrangers, auparavant importés.

Le premier film couleur, développé en interne, sera annoncé en 1940 et commercialisé l’année suivante.

L’entreprise ouvrira sa première filiale aux USA en 1956. Elle ne cessera de se développer et d’innover dns tous les domaines de la photographie et de la lithographie.

Ainsi, devant tous les autres grands du secteur photographique japonais, Konica sort le Konica C35EF. Ce sera le premier appareil au monde a présenter un flash intégré (1975). L’appareil aura un énorme succès et se vendra très bien.

Dans le domaine des films, en1976, l’entreprise sort le premier film couleur en 24 vues (Sakura Color 24) alors que la norme était celle de films en 12, 20 et 36 vues. Vendus au même prix que les 20 vues, ces Sakura Color 24 ont établi une nouvelle norme.

Encore une fois, au nez et à la barbe des autres grands fabricants, l’entreprise lance en 1977 le premier appareil photo autofocus au monde, le Konica C35AF (surnommé « Jaspin Konica »). Avec sa fonction de mise au point automatique, cet appareil photo permettait aux utilisateurs de prendre des photos claires simplement en appuyant sur le déclencheur.

L’entreprise continue à se développer et se diversifier, dans le médical, l’impression jet d’encre privée et professionnelle, des appareils pour analyser l’évolution des plantes, etc.

Toujours dans le domaine de la photographie, elle sort le premier papier photographique garanti pour une tenue de 100 ans (1984).

1987, commercialisation du premier film haute sensibilité, le Konica Color GX3200 à 3200Iso.

La société continue à développer ses photocopieurs et entreprend dès 2001 une collaboration avec Minolta pour la fabrication d’encre polymère, moins chère à produire et qui assure une meilleur tenue, plus de précision sur la papier.

Enfin, en 2003, après une longue collaboration avec Minolta dans tous les domaines technologiques, les deux entreprises fusionnent.

2004 verra la commercialisation du Konica Minolta α-7 DIGITAL (MAXXUM 7D aux États-Unis, DYNAX 7D en Europe), le premier appareil photo reflex numérique mono-objectif à objectif interchangeable au monde équipé de la technologie anti-tremblement CCD intégré dans le boitier.

Mais en 2006, le groupe décide d’abandonner la division photographique, qui sera reprise par Kiocera Minolta. L’entreprise développe toujours de nos jours des photocopieurs très performants, des appareils digitaux destinés aux entreprises et à la médecine, des spectromètres pour analyser automatiquement les couleurs, des appareils de radiographies, etc.

Une longue histoire industrielle qui fait que Konica Minolta. Inc. (Konica Minolta) figure parmi les 100 sociétés les plus durables au monde selon l’édition 2023 du Global 100.

Et tout ça grâce à un portrait réalisé en 1873 …

Présentation du Konica Pocket 400.

Comble de l’ironie, si j’ai raté mon ami Olivier, j’ai retrouvé là une dame déjà rencontrée en voisine lors d’une brocante à … Baudour ! Avouez, venir en France pour acheter à une vendeuse belge …

Mais voilà, elle avait quelques chouettes appareils, dont ce petit Konica Pocket 400, auquel je n’ai pas résisté.

Vous le savez, la mode revient à ces appareils qui utilisent le format 110 (voyez aussi l’article sur le Minolta Autopak 450E) et comme j’aime bien la fantaisie de certains de ces appareils, quand j’en trouve un chouette, je le prends.

Celui-ci m’a attiré pour sa (toute) petite taille : guère plus grand, me semble-t’il que le Minolta 16-MG. Un peu plus large car il utilise donc le fameux film en cassette de 110.

Voyons cela de plus près …

Le film au format 110 est apparu en 1972 grâce à Kodak qui voulait un film encore plus petit mais aussi facile que sa cassette 126 (1963). Ce n’est qu’en 2009 que la production de ce film finira, pour être reprise en 2012 par Lomography (merci qui ?).

Comme je l’ai déjà expliqué dans d’autres articles relatifs à ce format, il faut un bon appareil pour obtenir le meilleur résultat de cette pellicule, tant à cause de la taille du film lui-même que de la piètre qualité de certains appareils, les Kodak en tête d’ailleurs.

Donc, ici Konica va nous gâter en 1975 avec ce petit parallélépipède qui tient dans toutes les poches, jugez plutôt : objectifs Couleur Hexar f28mm f8, exposition automatique grâce à une cellule précise, alimentée par une 4LR44, deux positions de prise de vue (infini et personnage), cadre lumineux avec correction de la parallaxe dans le viseur, très clair et prise pour un flash sur le côté, synchronisé au 1/30s ou MagiCube sur le dessus.

L’objectif, en verre, est composé de 3 éléments en 3 groupes. La mise au point commence à 1 mètre jusque l’infini. L’obturateur offre des vitesses de 4s à 1/450s.

Contrairement aux Kodak ou Agfa, et quelques clones, pas question ici de tirer sur la moitié de l’appareil pour armer. Vous le faites en actionnant le bouton poussoir judicieusement placé en dessous, là où le pouce le trouve naturellement pour armer.

Sur le dessus, un gros bouton orange sert de déclencheur, aussi doux que les Sensor d’Agfa.

Je le signalais plus haut, il faut une 4LR44 pour alimenter la cellule de l’appareil. Mais celui-ci fonctionne aussi sans pile (et sans cellule alors), à la vitesse de synchronisation (1/30s).

Dernier raffinement, une diode rouge vous signale que la vitesse risque de chuter sous le 1/30s, avec risque de flou de bougé.

J’aime bien aussi la possibilité d’utiliser deux flashs : les Magicube classiques ou un flash électronique dédié (que je n’ai pas), voire un flash d’une autre marque puisqu’il y a un contact central.

Publicité d’époque, merci Collection-appareils.fr

Que penser de cet appareil ?

Franchement, difficile de faire plus compact et agréable à tenir en mains, ni plus simple d’utilisation : vous ouvrez la porte situé à l’arrière, y glissez une cartouche de film (et Lomography vous offre une belle gamme de films, de quoi s’amuser), refermez le dos, actionnez deux ou trois fois l’armement et le déclenchement jusqu’à ce que le chiffre 1 apparaisse dans la fenêtre au dos et c’est prêt.

Il ne reste plus qu’à vous balader, le nez en l’air et le Konica dans une poche … pour le sortir au bon moment, en toute simplicité, comme dans les années septante.

C’est une vraie machine à remonter le (bon) temps cet appareil, alors, faites-vous plaisir car il ne vous ruinera pas : comptez 25€ pour un exemplaire en parfait état et 30€ si le flash d’origine est toujours ok et vendu avec.

Un peu de technique.

  • Lentille: hexar 28 mm f / 8 (3 éléments, 3 groupes)
  • Focus: 1 m à l’infini
  • Obturateur électronique Copal : 4 – 1/450 s, synchro flash au 1/30s.
  • Cellule CdS de 100 à 400Iso
  • Alimentation: 1 x 4LR44 Batterie alcaline
  • Dimensions et poids: 108 x 52 x 26 mm, 160 g.

Des références.

whttps://camera-wiki.org/wiki/Konica_Pocket_400, https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co8208728/konica-pocket-400-camera-camera, https://cameragocamera.com/2017/06/25/konica-pocket-400-110mm/, https://collectiblend.com/Cameras/Konishiroku-(Konica)/Pocket-400.html, en anglais ; https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/30519, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3985.html en français

Argentique

Le Nikon FM : un argentique recherché

Préambule.

Parfois les planètes s’alignent, on ne sait pourquoi … Toujours est-il qu’après les FG et FA précédent, j’ai trouvé sur la brocante de Braine-l’Alleud ce bel exemplaire de Nikon FM.

Toute petite négociation car le prix était très attrayant et hop, dans le sac à dos, où il est bien seul. Comme le faisait remarquer Olivier, j’ai parfois l’impression, comme lui, que la source se tarit. Mais ça dépend des jours et des … brocantes.

Parfois il n’y a rien à se mettre sous les yeux et parfois on ne sait pas où donner de la tête et des mains, en tout cas pour être dans les premiers à trouver de belles affaires, en connaisseurs. Franchement, ce qui m’agace le plus, se sont ces gens qui achètent en lot, sans savoir ce qu’il y a dans ledit lot et qui essaieront ensuite de revendre à la pièce parce qu‘ils ont été voir le prix sur Internet mais qui sont incapables de faire la différence entre 2 Zeiss Ikon, par exemple. Quel gâchis souvent !

Un peu d’histoire.

Ici encore, je vous la fait courte parce que justement je me suis épanché dans les articles sur les Nikon FG et FA précités mais aussi sur le Nikon F2S et le Nikkormat FTn.

Pour plus de clarté, je reprends encore le tableau ci-dessous (merci Collection-appareils) :

Le Nikon FM fait partie des boitiers de moyenne gamme, destinés aux amateurs très exigeants et des pro en recherche d’un second boitier sérieux.

Il est dans la succession du Nikkormat déjà cité, un peu plus moderne et compact que son aîné. Fabriqué de 1977 à 1982 (commercialisé en mai 1977), il succède au Nikkormat FT3 et il sera le premier d’une lignée (FM, FE, FM2, FE2, FA et FM3A) qui perdurera jusqu’en 2006.

Source : Kamera museum, Photo : Ralf Peter Müller

Cet appareil, destiné au grand public exigeant, ne renie en rien la qualité de fabrication et le sérieux des ingénieurs nippons. Il permettait d’entrer dans le monde Nikon sans casser (trop) sa tirelire et en bénéficiant du sérieux de la maison.

A l’époque, ses grands concurrents se nommaient Olympus OM-2, Pentax MX, Canon AE-1 et Minolta XE, bien que, si on veut rester objectif, il commençait à dater un peu, surtout dans les dernières années de sa production.

Il inaugure le nouveau système de couplage du posemètre AI (Aperture Index) développé par Nikon et un nouveau design, plus compact et léger. Son corps, réalisé en un amalgame cuivre/alu, est solide. Ce châssis sera celui de nombreux autres appareils moyen de gamme de la marque.

De fait, la célèbre monture F évolue et elle autorise un couplage entre le boîtier et le diaphragme totalement automatique sans l’utilisation des « oreilles de lapin », classiques des objectifs non AI.

Si on y regarde de près, le Nikon FE et le FM sont comme de faux jumeaux : ils partagent le même châssis, les mêmes dimensions externes, les mêmes contrôles généraux et les mêmes spécifications de base, et la même conception globale. De fait, si vous enlevez simplement l’électronique du FE, vous avez un FM.

Je pose ici un nouvel aparté car l’Histoire de la photographie s’invite dans notre réflexion. A l’inverse du milieu automobile où la course a nourri les voitures de Monsieur Tout le Monde, en photographie, les constructeurs sont partis des demandes des amateurs pour faire évoluer leurs appareils. Ainsi les appareils ont perfectionnés leurs viseurs, télémétriques ou réflex ; les tailles des boitiers se sont condensées pour un port plus agréable ; le chargement des films s’est simplifié ; la mise au point s’est améliorée jusqu’à devenir automatisée (AF) ; la contrainte de juger de la qualité de la lumière s’est déplacée vers des cellules embarquées de plus en plus performantes ; la rapidité des prises de vue s’est affranchie du levier d’armement pour embarquer des moteurs de plus en plus silencieux et performants, etc.

Toutefois, n’en déplaise à certains, Nikon a toujours fabriqué d’excellents appareils, techniquement parlant, presque parfait pour leur fiabilité et leur précision (voir l’histoire du mythique F) mais la marque n’aime pas prendre de risques ni se lancer dans des innovations comme ont pu le faire Minolta, Fujica, Pentax, Miranda, par exemple.

Au moment de lancer le Nikon F, ils ont été confronté à un choix : se lancer dans des innovations peut-être éphémères, des gadgets peu utiles ou rester dans un conformisme rassurant mais susceptible de leur faire perdre des parts de marché.

Ils ont opté pour un entre-deux, plus Normand que Nippon : leur nouvel appareil serait simple, extrêmement bien construit, fiable, construit dans une robe nouvelle, dans l’ère du temps. Un appareil qui donnera l’impression aux amateurs d’être comme des professionnels de l’image, avec un boitier très sérieux. Et, concession à la nouveauté, les Led dans le viseur pour contrôler la luminosité. Puisque nous en sommes à faire les fous, on ajoute un petit bouton, près du levier d’armement pour pouvoir exécuter facilement des expositions multiples que Lomography ne renierait pas !

Finalement, la légende du Nikon FM tient plus à sa qualité de construction et sa fiabilité qu’à son audace novatrice, même si quelques améliorations ont pu conforter sa notoriété. Et, à l’époque, les gens de Nikon ne se sont pas trop trompés : les clients préféraient un appareil sûr, qui allait les accompagner longtemps et fidèlement.

Présentation du Nikon FM.

Ne cherchez pas un logo sur la face avant ou le prisme, le FM se fait discret. Ces deux lettres sont inscrites à côtés du numéro de série, à l’arrière, sous le levier d’armement.

C’est un appareil entièrement mécanique, qui peut fonctionner sans piles, celles-ci étant seulement destinées à alimenter la cellule. Et tant qu’à parler alimentation, deux LR44 suffisent.

Selon les critères de l’époque, il est très classique, voyez ce croquis annoté ci-dessous :

Source : Mes appareils photo.

Ah, que j’aimerais retrouver cette simplicité dans nos appareils modernes, bardés de fonctions, de trucs et de machins qui en arrivent aux mêmes résultats : savoir gérer le triangle d’exposition, c’est-à-dire la lumière, la vitesse, la sensibilité.

Petit aparté à ce sujet ; j’ai récemment eu l’opportunité de faire l’acquisition d’un Nikon Z Fc. Sa présentation et la manière de l’appréhender sont très proches de cet appareil. Même son design parait être un clone moderne. Je crois que, comme les Fuji XT et le dernier Fuji EX-5, c’est une idée qui mérite d’être suivie car elle permet de se concentrer sur l’essentiel : faire une photo pensée, réfléchie.

Mais revenons à notre bon vieux FM : bien qu’il semble conventionnel, ce boitier est entièrement parti d’une feuille blanche, pour de nouveaux concepts. Par exemple, sa taille, bien plus petite que les prédécesseurs Nikkormat. Sa conception même a fait appel à une réduction drastique du nombre de pièces internes, afin d’alléger l’ensemble mais aussi pour réduire les couts de fabrication.

Source : Nikonclassic. Si, si, je vous assure, il y a moins de pièces qu’avant !

Toutefois, il s’inscrit d’office dans le vaste système Nikon des objectifs F, des flashs et de moteurs d’entrainement (le défaut des Nikkormats, qui n’avaient reçus sur le tard qu’un ré-armeur bien lent), à savoir en l’occurrence le MD-11 et le MD-12. En effet, ce modèle est prévu, mécaniquement, pour recevoir l’ajout d’un moteur ; un dos dateur, le MF-12 pouvait être ajouté (date et heure).

Contrairement aux appareils destinés aux professionnels, on ne peut pas ici retirer et changer le prisme. Par contre, on peut changer les verres de visées, selon ses habitudes ou ses besoins. Pratique je vous écrivais.

Pour le reste, du conventionnel bien pensé, comme l’obturateur à plan focal vertical, qui donne des vitesses de 1s jusqu’au 1/1000s, plus pose B et retardateur de 10s (levier en façade). La synchro flash est fixé au 1/125s. Un levier, à côté du fut d’objectif, permet d’estimer la profondeur de champ.

Le viseur couvre 93% du cadre avec un grossissement de 0,86x. A l’intérieur du viseur, en un seul coup d’œil, vous avez accès aux éléments utiles pour votre prise de vue : en haut, l’ouverture choisie ; à gauche, la vitesse ; et à droite, l’échelle avec les diodes qui vous indiqueront une sur ou sous exposition.

À l’aide d’une paire de photodiodes au gallium logées juste à côté de l’oculaire, le système dispose du modèle de détection standard 60/40 avec pondération centrale. La plage de sensibilité est de 12 à 32000 Iso.

le circuit de mesure

Comme je l’écrivais ici plus haut, la petite innovation ce sont les petites lampes LED, bien visibles quelles que soient les conditions de lumière et en tout cas bien plus facile à lire que les anciennes versions à aiguille flottante.

Autre détail bien pensé, la mise sous tension de la cellule se fait lorsque vous écartez le levier d’armement du boitier, ce qui facilite aussi sa prise rapide en cas de photos rythmées. Ne pas oublier dès lors de bien le rabattre pour économiser les piles.

Le petit bouton coulissant, à côté du levier d’armement permet de faire, simplement, autant d’expositions que voulues sur la même image.

Enfin, par dessous, les contacts électriques bien visibles indiquent que l’on peut monter un moteur, le MD-12, pour atteindre les 3,5 ips (images par seconde).

Encore un mot sur ce qui pourrait n’être qu’un effet stylistique : la forme du support du prisme autorise toujours le montage des anciennes optiques F (pré-AI), celles avec les oreilles de lapin. Un onglet sur le pourtour de la monture permet toujours leur utilisation, à condition de composer diaphragme fermé.

Le système AI pour indexation d’ouverture maximale automatique autorise un couplage d’ouverture entre une optique Nikkor et la cellule. La mesure se fait à travers l’objectif (TTL). La force de ce système est de permettre la réversion de compatibilité et donc de toujours pouvoir utiliser une ancienne optique.

La modification des dispositifs de couplage a permit de renouveler tous les anciens modèles : le Nikon F2 Photomic est devenu le Nikon F2 Photomic A, le Nikomat/Nikkormat FT2 est devenu le Nikomat/Nikkormat FT3 , et le Nikomat/Nikkormat EL est devenu le Nikon EL2. On dit merci qui ? Le Nikon FM !

Pour ouvrir le dos de l’appareil et le charger d’une pellicule, comme d’habitude, vous tirez sur la bobine de rembobinage mais comme il y a une sécurité, il faut faire tourner la couronne autour de la manivelle, pour la déverrouiller.

Voilà, nous avons fait le tour de l’engin.

Que penser de ce Nikon FM ?

C’est un appareil que l’on prend plaisir à regarder, à toucher, à sentir. C’est fabriqué avec minutie et sérieux, fait pour durer une éternité si on y prend soin. Amoureux de belle mécanique, c’est un boitier incontournable.

Les commandes sont douces, précises, sans rien de superflu, que de l’essentiel mais judicieusement disposé pour que vous puissiez vous concentrer sur votre image.

Je parle souvent, sur le site, de boitier école : pour moi, celui-ci en fait clairement partie, et je ne suis pas le seul à le penser (voir la seconde vidéo ci-dessous).

En 1982, la marque proposera un FM2, qui reprend les caractéristiques de ce boitier bien né, et le fait doucement évoluer avec, notamment, un obturateur en titane, qui propose des vitesses de 1s à 1/4000s.

Il sera produit à des millions d’exemplaires, il n’est donc pas vraiment rare, mais sa robustesse et sa fiabilité renforce sa cote malgré le temps qui passe. Pour un bel exemplaire avec un objectif Nikkor, comptez quand même dans les 200€ en version bis-tons ou noire.

Publicité d’époque.

Source : Collection-appareils. Cliquez sur l’image pour ouvrir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FM, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-907-Nikon_FM.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Nikon-FM.htm, https://www.lomography.fr/magazine/78087-nikon-fm, https://35mm-compact.com/reflex/nikon-fm.htm, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Nikon_FM, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/nikonfmseries/fm/index.htm, https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/cousins09-e/, https://casualphotophile.com/2018/05/11/nikon-fm-35mm-film-camera-review/, https://www.kenrockwell.com/nikon/fefm.htm en anglais ; https://nikonclassics-michalke.de/blog/?p=613, https://kameramuseum.de/objekte/nikon-fm/, en allemand

Argentique

Le Canon Eos 300X : un argentique tellement moderne

Préambule.

Celui-ci, ça faisait un moment que je le cherchais. J’ai souvent trouvé des 300 et 300N mais le dernier des Eos argentique m’échappais toujours.

Cette fois, j’en ai trouvé un, avec sa boite et un grip, lui aussi avec son emballage. C’est dire qu’ils ont peu servi … Je m’étais égaré dans un Cash Converter où ils le bradaient à un prix ridicule, personne ne s’intéressant à lui depuis des mois. Une bonne intuition ce jour-là.

Il est le dernier X, avec film !

Un peu d’histoire.

Rassurez-vous, je ne fais pas vous refaire toute l’histoire de Canon, un article n’y suffirait pas.

Vous retrouverez les grandes lignes dans les articles consacrés à l’Eos 300 (pas de 300N hélas, je l’ai vendu avant d’avoir pu faire l’article) et à l’Eos 300V. J’y notais que la série des Eos 300 a été une des meilleures séries de la marque : légers, performants, rapides, avec un autofocus prédictif à la pointe, une ergonomie soignée qui autorise à photographier d’une main si besoin, faciles à utiliser avec tous les modes que nous connaissons aujourd’hui, déjà installés. Bref, un best-seller qui allait passer la main en septembre 2004 (date de sortie de l’Eos 300X) devant les premiers Eos numériques (le premier Canon numérique entièrement dû à la marque fut le Canon Eos D30, apparu en 2000).

Un an avant (2003) donc, Canon sortait un Eos 300D de 6,1Mpx. Il allait signer la fin des appareils argentiques destinés au grand public. L’Eos 300D était un APS-C qui, heureusement, allait pouvoir réutiliser les optiques EF des anciens Eos, avec toutefois un coefficient de conversion de x1,62, ces optiques ayant été pensées pour l’équivalent des full frame, c’est-à-dire la taille du film 24x36mm.

Pour mémoire, le système EOS (Electro-Optical System) a tout changé dans la gamme Canon car il abandonnait la monture FD pour la EF à moteur intégré (USM). Les nouveaux Eos sont des appareils modernes qui embarquent une électronique sophistiquée, dotés d’un autofocus rapide et précis, notamment grâce à la communication tout électrique des boitiers vers les optiques et réciproquement.

Il n’y a plus de compatibilité avec les optiques FD et leur petite came qui dépassait à l’arrière, qui faisait la liaison avec les boitiers. Sauf à utiliser des bagues de conversion.

Le design de la gamme Eos s’inspire du T90, dû à Colani (inventeur du bio-design), le dernier appareil avec l’ancienne monture.

Présentation du Canon Eos 300X et du grip BP-220.

Comme d’habitude, si cet appareil s’appelle Eos 300X en Europe, il se nomme Rebel T2 aux USA et Eos Kiss 7 au Japon.

Il est donc le successeur du Canon Eos 300V dont il reprend les codes de design, mais son micro-processeur en est à la version trois, plus rapide. Ce qui accélère la réactivité de l’autofocus, qui peut travailler dans les 3 modes One-Shot, Servo-Ai et Ai Focus.

Cet appareil rattrape de cette façon la gamme des appareils destinés aux experts, les EOS 30/33, mais il reste un appareil destiné aux amateurs.

Et, surtout, il répond au dernier sursaut de Nikon avec son F75, lui aussi destiné aux consommateurs amateurs. Si les Eos 500 et Eos 300 distançaient le Nikon F70, la marque jaune voulait un baroud d’honneur avant elle aussi de passer au numérique. Canon allait réagir …

Si je devais résumer la position de cet appareil, c’est qu’il possède en son sein la technologie dernier cri de la marque, presque à jeu égal avec les appareils destinés aux experts très exigeants (de ce fait, certaines fonctions sont bridées) mais habillé dans une robe considérée comme légère, tout en plastique (sauf la monture, en acier), qui se griffe vite et perd alors de sa superbe, même si la technologie embarquée n’en souffre pas.

Voyons ça de plus près, en reprenant les points essentiels.

Commençons par la mise au point automatique, basée sur 7 collimateurs AF, que l’on peut sélectionner individuellement. Ce sont des capteurs croisés, plus précis car ils utilisent 2 capteurs pour donner un meilleur positionnement. Ce sont des capteurs CMOS TTL-CT-STR (TTL Cross Type secondary image registration) – ouf !

L’appareil possède un aperçu DoF (aperçu de la profondeur de champ), pas souvent mis en avant sur des appareils destinés aux amateurs.

Puis, un mot sur le calcul de l’exposition, autrefois chasse gardée de Nikon avec sa mesure matricielle. Ici, Canon travaille sur 35 zones (au lieu de 25 pour le F75), en plus d’une mesure spot et une pondérée centrale.

Ensuite, l’obturateur travaille de 30s au 1/4000s (le Nikon plafonne au 1/2000s). Il y a bien sûr la pose B, un retardateur (10s), avec télécommande si besoin. Si on ajoute la synchro flash au 1/125s, on n’est plus vraiment dans les performances habituelles de l’entrée de gamme.

Comme souvent, l’appareil lit le codage DX des films, de 25 à 5000Iso et on peut toujours faire un réglage manuel entre 6 et 6400Iso. On peut aussi faire une compensation d’exposition de 3EV, par demi-crans, en plus ou en moins.

Le viseur est un pentamiroir (pas un pentaprisme, question de budget) qui reste étonnamment lumineux, avec une couverture de 90%. L’affichage reprend le verrouillage de la mise au point, la vitesse, l’ouverture, la compensation EV, des infos sur le flash et le blocage de l’exposition (AEL = Auto Exposure Lock).

Vous verrez des petits carrés piqués d’une LED rouge dans le viseur, ce sont eux qui vous indiquent si la mise au point est bonne.


Un mot aussi sur le flash, pop-up (qui sort automatiquement ou manuellement). Sa sensibilité est de 13GN pour 100Iso, ce qui est très raisonnable. La vitesse de synchronisation est fixée au 1/125s. Mais comme l’appareil est dit E-TTL 2 (calcul à travers l’objectif), vous pouvez utiliser les excellents flashs de la série Speedlite EX – xxx et vous obtiendrez une synchro flash à haute vitesse si besoin. N’oublions pas que dans les Eos la communication se fait du boitier ver l’optique et inversement : les informations sur la distance et l’ouverture permettent d’affiner la puissance du flash intégré ou des flashs externes pour un meilleur équilibre entre le sujet et l’arrière-plan.

Pour alimenter tout ça, le boitier demande 2 piles CR2. On peut s’en passer si on ajoute un grip, comme ici, le BP 220 qui ingère 4 piles AA très communes. Il faut pour cela ouvrir la petite porte du compartiment piles et y glisser la tige du grip, l’attacher au boitier par la vis de serrage et le tour est joué.

L’ergonomie est classique des Canon et les boutons, molette de réglage des fonctions, molette de réglages particuliers, le trèfle à l’arrière sont facilement accessibles et judicieusement placés.

A l’arrière, un grand écran(30x30mm) qui, éteint, pourrait faire penser à un numérique, nous renseigne sur les fonctions choisies. L’écran est rétro éclairé si besoin pour favoriser les réglages quand la lumière manque. Il donne accès à des fonctions comme le réglage des Iso, la compensation d’exposition, la suppression du bip de mise au point, en plus de 6 autres paramètres personnalisables (réglage des zones de mise au point) ou paramètres du flash. Deux fonctions, bien utiles aux distraits auxquels je me compte : impossible de déclencher si on a oublié de mettre un film dans l’appareil ou s’il n’y a pas d’optique fixée.

La grande roue PSAM reprend les mode habituels de Canon : programme P, modifiable, ou rectangle vert pour le programme tout automatique ; priorité vitesse (Tv), priorité ouverture (Av) et manuel (M). Viennent ensuite s’ajouter les modes dits créatifs : portrait, portrait de nuit, macro, sport et une spécialité maison, le A-DEP qui permet de juger de la profondeur de champ optimale entre deux points, l’un situé au loin et l’autre plus près du sujet. N’oublions pas la possibilité de désactiver le flash.

Je reviens (encore !) sur la monture EF car elle vous permet de choisir dans un immense catalogue d’optiques généralement très bonnes, y compris les fameuses séries L (pro). Les objectifs plus anciens peuvent encore être utilisés, moyennant des bagues d’adaptation et en acceptant de perdre certaines fonctionnalités. Vous perdrez l’autofocus mais garderez une mesure en mode stop down (calcul de la luminosité) si vous êtes en mode Tv.

Compact et léger (365gr), il possède une poignée encore plus ergonomique que celle de son prédécesseur. Toutes les commandes ont été regroupées d’un côté de l’appareil ce qui permet de l’utiliser à une main si besoin. Un bip vous avertira aussi si à main levée vous êtes à la limite du flou.

Enfin, le chargement a été simplifié au maximum : vous posez la bobine dans la chambre, vous tirez sur l’amorce pour l’amener à la tête de flèche et puis vous refermez le tout. Le boitier se charge de charger (c’est le cas de l’écrire) le film correctement. On dit merci qui ?

Publicité d’époque.

Que penser de cet Eos 300X ?

Je l’ai acheté muni du grip d’origine BP 220 qui, s’il améliore l’alimentation de l’appareil, assure aussi une très bonne tenue en mains mais a tendance à déséquilibrer le tout lorsqu’un objectif un peu long, comme le 28 – 90 du kit, est monté : il pique du nez ! Rien de grave, mais à ne pas oublier quand on le pose sur une surface plane. Ce grip n’augmente pas la vitesse en déclenchements continus ou rafale.

Avec ou sans cet appendice, l’appareil est agréable à tenir en mains, facile d’usage. Finalement, il contient tout le savoir faire de Canon en appareil argentique mais sous une robe non professionnelle, c’est-à-dire en plastique non renforcé, sans joints d’étanchéité, avec quelques fonctions bridées mais avec les mêmes ingrédients que les Eos 30/33, voire Eos 3.

Avec lui vous ne prenez pas de risque : selon le choix du programme que vous faites vous aurez toutes les chances que les réglages soient justes et vos photos réussies, tout en ayant en mains un appareil très proche des standards actuels et des commandes que l’on utilise encore presque comme à l’époque de son lancement, il y a vingt ans. Presque hier en somme …

Je pense l’avoir déjà écris souvent dans ce blog, si vous voulez vous lancer dans l’argentique sans avoir connu ce milieu auparavant, donnez-vous toutes les chances de réussir vos images pour ne pas vous décourager. Les réglages des appareils plus vieux (années septante et quatre-vingt) n’ont rien d’ésotériques mais un minimum de compréhension de ceux-ci est nécessaire pour tirer la quintessence de ces anciens boitiers. Ici, pas de casse-tête mais des menus simples et assez évidents.

En plus, cet Eos possède une fonction que j’aime beaucoup : lorsque vous chargez un film dedans, celui-ci précharge le film et le dévide vers la bobine réceptrice au fur et à mesure. L’avantage est énorme : en cas d’ouverture intempestive du dos, seules les photos non encore exposées seront voilées.

Ensuite, ces appareils n’ont pas encore vraiment le statut d’anciens et donc ils ne sont pas encore très recherchés, avec dès lors des prix attractifs. Comptez environ 40€ pour un très bel exemplaire avec un objectif (souvent ceux du kit d’origine). Ça ne va pas vous ruiner et vous ferez des économies sur les photos que vous réussirez presque toutes à coup sûr.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

  1. AF One-Shot : l’appareil photo verrouille la mise au point sur les sujets immobiles
  2. AI Servo AF : l’appareil photo suit en permanence les sujets en mouvement
  3. AF AI Focus : l’appareil photo évalue le sujet et sélectionne automatiquement l’AF One-Shot ou l’AF AI Servo.
    L’autofocus est activé en enfonçant le déclencheur à mi-course
    Plage de travail AF EV 1-18 (à 100 ISO)
    Méthode d’assistance AF Via le flash intégré : émet des impulsions répétées de faible luminosité si le flash est levé.
    Contrôle de l’exposition
    Modes de mesure 1. Mesure TTL à pleine ouverture à l’aide d’un SPC (cellule photoélectrique au silicium) à 35 zones. Trois modèles de mesure disponibles.
    a. Mesure évaluative à 35 zones.
    b. Mesure partielle centrale qui couvre environ 9,5 % de la surface du viseur.
    c. Mesure moyenne pondérée centrale (réglée automatiquement en mode M)
  4. E-TTL II : mesure du préflash sur 35 zones à l’aide des flashs macro Speedlite 550EX, 420EX, 220EX ou EX MR-14EX ou MT-24EX. Flashs Speedlite de la série EX ou flash intégré requis.
    Plage de mesure EV 1-20 (avec objectif 50 mm f1.4 à 100 ISO)
    Modes d’exposition 1. Programme AE intelligent avec décalage variable (P)
  5. Priorité à la vitesse d’obturation : AE (Tv)
  6. Priorité à l’ouverture AE (Av)
  7. DEP AUTOMATIQUE (A-DEP)
  8. Entièrement automatique (programme intelligent AE, non décalable)
  9. Modes de zone d’image programmés : portrait, paysage, gros plan, sport, portrait de nuit et flash désactivé
  10. Programme E-TTL II FLASH AE
  11. Réglage manuel aidé par la cellule
    Exposition multiple : jusqu’à 9 expositions peuvent être préréglées. Effacement automatiquement une fois terminé. Annulable à mi-chemin
    Compensation d’exposition 1. Bracketing d’exposition automatique (AEB) jusqu’à +/-3 IL en 1/2 arrêts
  12. Correction d’exposition manuelle jusqu’à +/-3 IL par 1/2 arrêts.
  13. Disponible en modes entièrement automatique et programmé
    Obturateur
    Type Obturateur à déplacement vertical, plan focal avec toutes les vitesses contrôlées électroniquement. Les rideaux des obturateurs avant et arrière sont tous deux dotés d’un contrôle de déclenchement électromagnétique dédié. (Vitesse du rideau : 6,3 ms/24 mm)
    Vitesses d’obturation Vitesses d’obturation 30s à 1/4000 s, pose , X-sync à 1/125s
    Flash intégré:
    Type : Flash automatique E-TTL II intégré pour des expositions au flash stables et de haute précision (flash FE activé)
    Commandes AE du flash 13 m (42,6 pi) (ISO 100)
    Angle de couverture du flash : couvre l’angle de vue de l’objectif de 28 mm
    Durée du flash : 1 ms ou moins
    Temps de recyclage : environ 2 secondes. L’icône s’allume dans le viseur lorsqu’elle est prête
    Température de couleur équivalente à la lumière du jour
    La lampe de réduction des yeux rouges s’allume lorsque le déclencheur est enfoncé à mi-course et que la mise au point et la mesure sont réalisées
    Transport de films
    Système de pré-enroulement automatique du chargement du film. Après le positionnement du film et la fermeture du capot arrière, le film s’enroule automatiquement jusqu’à la fin du rouleau. Au fur et à mesure que les photos sont prises, le film est rembobiné image par image dans une cassette.
    Réglage de la vitesse du film ISO 25-5000 automatiquement réglé par incréments de 1/3 d’arrêt selon le code DX. Peut également être réglé manuellement à partir de 6-6400 ISO par incréments de 1/3 d’arrêt
    Transport du film Avance sur une seule image ou avance continue réglée automatiquement en fonction du mode de prise de vue
    Bobinage de film L’un des deux modes suivants peut être réglé : Image unique et Continu. (En mode continu, avec AF verrouillé, environ 3,0 ips et en mode AF AI Servo, environ 2,8 ips)
    Rembobinage du film Rembobine automatiquement à la fin du rouleau. Rembobinage à mi-rouleau possible
    Source d’alimentation
    Batterie : deux piles au lithium CR2 logées à l’intérieur de la poignée de l’appareil photo
    Le niveau de la batterie est affiché par l’indicateur de niveau de batterie sur l’écran LCD. Le niveau de la batterie est indiqué sur l’un des quatre niveaux.
    Dimensions
    Dimensions (L x H x P) : 130 x 90 x 64 mm (5,1 x 3,5 x 2,5 po)
    Poids 365 g (12,9 oz) (sans piles)
    Autre : dos dateur avec Date/Heure Mentions légales Jour/Mois/Année, Mois/Jour/Année, Année/Mois/Date, Date/Heure/Minute

Des références.

https://studio-argentique.fr/2015/10/15/le-canon-eos-300x-pour-mettre-un-pied-dans-largentique/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-9607-Canon_EOS%20300X.html, en français ; https://www.35mmc.com/07/10/2017/canon-eos-300x-40mm-f2-8-stm-review/, https://www.the3rs.uk/the-final-eos-film-slr-culmination-or-capitulation-the-canon-eos-300x-review/, https://austerityphoto.co.uk/last-of-the-line-canon-eos-300x/, https://global.canon/en/c-museum/product/film248.html, en anglais ; https://filmphotography.eu/kamera/canon-eos-300x/, en allemand

Argentique

Le Nikon FA : l’argentique qui a ouvert la voie

Préambule.

Si vous vous en souvenez, c’est dans l’article sur le Nikon FG que j’expliquais la découverte de ce second Nikon, muni de son moteur et d’un flash. Si le premier était bis-tons, celui-ci est tout noir, comme je les aime.

Lorsque je l’ai trouvé, impossible de l’armer et de déclencher, parce qu’il était monté sur le moteur et que celui-ci – heureusement – ne contenait plus de piles. J’en ai donc remis dans le chargeur (4 piles AA classiques) et c’est reparti sans souci.

L’autre point que je voulais vérifier, c’était le flash car, généralement, après un certain temps, ceux-ci ne fonctionnent plus. De plus, pour celui-ci, la vitre striée à l’avant me semblait comme brûlée.

Et bien 4 nouvelles piles AA plus tard, il repartait lui aussi sans problème.

Finalement, l’achat de ces 2 appareils est finalement une bonne affaire !

Un peu d’histoire.

Encore une fois, je ne vais pas tout reprendre, les articles précédents sur la marque en ont déjà fait un beau tour et le dernier sur le FG l’a encore approfondi.

Je vais toutefois reprendre le tableau déjà utilisé car c’est un excellent résumé :

Grâce à ce tableau, nous pouvons resituer le Nikon FA dans la gamme : nous ne sommes plus dans l’entrée de gamme mais dans le milieu, à côté du FM2.

Pourquoi à côté et non pas sur le même pied ? Parce que le FA inaugure un nouveau système de mesure d’exposition innovant, le AMP pour compteur automatique à motifs multiples ou encore mesure matricielle.

Produit de 1982 à 1988, il va marquer durablement la manière de mesurer la lumière chez les reflex.

Présentation du Nikon FA.

Je reviens donc un instant sur cette mesure matricielle car elle mérite notre attention.

Comme un petit dessin vaut mieux que mille mots :

Le viseur est subdivisé en quatre zones de surface équivalente. Une zone centrale empiète sur chacune de ces quatre zones, un peu plus sur les zones basses. Pour chacune des quatre zones, une cellule mesure la lumière. La zone centrale est mesurée par deux cellules, placées de part et d’autre de la visée.

Ensuite, les valeurs qui sont mesurées sont envoyées vers un véritable calculateur, nourrit de millier de valeurs inscrites dans sa mémoire. Il va les comparer, choisir éventuellement de ne pas tenir compte des valeurs de certaines cellules ou les plafonner si elles sont trop extrêmes. Bref, on pourrait dire qu’il va faire des moyennes pondérées de la lumière pour déterminer la valeur la plus fine possible.

De nombreux tests auront lieu et la critique sera unanime : cet appareil était génial pour l’époque avec sa mesure matricielle (sur 5 zones). Il reçu d’ailleurs le Grand Prix Camera 1984 au Japon pour cette innovation.

Attention, à l’époque il n’y avait pas d’Intelligence Artificielle (AI) pour encoder les infos dans l’ordinateur de bord embarqué par le FA, mais la patience des ingénieurs …

Imaginez une surface équivalente à un film de 24x36mm. Sur celle-ci, les ingénieurs ont placé 24 SPD ou photodiode au silicium, soit de petits carrés de 5mm². Quatre sont placées à la verticale et six à l’horizontale. Ce support est fixé en lieu et place d’un film dans le corps d’un Nikon FE. A côté de cet appareil, un autre FE non modifié, que l’on charge de films différents, qui seront exposés avec un braketing d’exposition. Ensuite, les photos considérées comme les meilleures sont retenues et on introduit leurs références dans l’algorithme (méthode résolution d’un problème) qui alimentera la mémoire du FA.

Imaginez les milliers de photos que cette méthode requiert et la patience méticuleuses des ingénieurs Nikon de l’époque !

Ah, et encore une chose : cet appareil upgrade son micrologiciel à … chaque nouveau film que vous mettez dans la chambre. Facile, non ?

La mesure à pondération centrale écrit ses derniers jours … car la mesure matricielle se retrouve encore dans les appareils digitaux modernes.

Le boitier propose encore une vitesse de travail jusqu’au 1/4000s, alors que la concurrence plafonnait au 1/2000s (obturateur en titane et caoutchouc alvéolé du F2) ; une synchro flash au 1/250s ; l’ancêtre du PSAM avec un mode manuel, un priorité ouverture (A), un priorité vitesse (S) et un mode programme (P), qui offrait la sélection des vitesses hautes pour les téléobjectifs AI-S, et enfin la mesure TTL au flash.

Source : Camera Passion

Mais alors, pourquoi ne pas l’avoir considéré comme un appareil haut de gamme ?

Chez Nikon, on est perfectionniste et orienté professionnels de la photo. Or le FA a pour eux deux défauts (qui deviendront ensuite des qualités, mais ne brulons pas les étapes) : sans piles, rien ne fonctionne alors qu’un F3 travaille toujours – ce qui, in fine, n’est pas tout à fait juste car il y a une vitesse mécanique de secours, le 1/250s M250) ; ensuite, pour exploiter toutes ses possibilités, il faut utiliser des optiques AI-S. Les AI sont bien évidemment compatibles sauf en téléobjectif car le mode P ne les reconnait pas pour le décalage de programme en vitesses rapides.

Ceci étant, il accepte des verres de visée différents (quadrillé, dépoli), un dos dateur et un moteur, le MD 15, comme un vrai Pro.

Petit aparté utile sur les objectifs à réglages manuels Nikkor de chez Nikon (merci Nikon passion) : depuis 1959, la monture des boitiers reflex de la marque est la F, introduite avec le mythique Nikon F.

  • Nikon Nikkor non AI : objectif à réglages manuels (1959 – 1977) ; ils sont de trois types : A (couronne filtre chromée), C (couronne filtre noire) et K (revêtement caoutchouc). Ils possèdent une espèce de fourchette sur le pourtour, qui viendra s’embrocher sur l’index de l’appareil
  • Nikon Nikkor AI : toujours des objectifs à réglages manuels (1977) mais ils permettent cette fois l’indexation automatique de l’ouverture du diaphragme (AI = Automatic aperture Indexing). Le boitier interprète mécaniquement la valeur d’ouverture maximale et fait les calculs, diaphragme ouvert. Ils portent tous des rainures noires, une couronne de mise au point revêtue de caoutchouc, des lentilles traitées multicouches. Sur ceux-ci, la fourchette est ajourée, il y a deux lignes d’indications pour le diaphragme et une bague de couplage AI, ce qui rend l’objectif compatible tant avec les appareils à fourchette que ceux sans.
  • Nikon Nikkor AI-S : ils sont toujours manuels et une évolution des AI. Sorti en 1982, cette fois l’indexation automatique concerne la transmission au boitier de la distance focale de l’objectif en plus de l’ouverture maximale du diaphragme, d’où le Automatic aperture Indexing, and Shutter (indexation automatique du diaphragme et de l’obturateur). Le signal, positif ou négatif de la distance focale permet d’adapter le mode P (programme) des nouveaux boitiers (comme le FA). Pour les reconnaître, la valeur la plus petite est inscrite en orange et il y a un renfoncement sur la face de la baïonnette.
  • Nikon Nikkor série E : ce sont des objectifs AI-S, mais dans une version économique. Ils sont construit en matériaux composites, optent pour une formule optique simplifiée et le traitement multicouche a été réduit. Ils sont considérés comme de moins bonne qualité. Ils sont au nombre de huit : NIKKOR 28 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 35 mm f/2.5 Série E, NIKKOR 50 mm f/1.8 Série E, NIKKOR 100 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 135 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 36-72 mm f/3.5 Série E, NIKKOR 75-150 mm f/3.5 Série E, NIKKOR 70-210 mm f/4.5 Série E. Pour les reconnaître, l’indication de l’ouverture la plus faible est en orange et il y a une cuvette dans la monture arrière pour le couplage mais plus de fourchette.

De l’autre côté de la molette de commandes des vitesses et des modes, il y a la molette de rembobinage, qui permet aussi, en la soulevant, d’ouvrir le capot arrière ; autour de la couronne, le disque pour noter les mesure de la sensibilité (jusque 3200Asa, que l’on manipule après avoir appuyé sur le petit bouton argenté à côté et enfin la correction d’exposition (-2 à +2).

Sur la façade, le déclencheur, que l’on actionne en faisant descendre le levier. Vous avez 10 secondes pour rejoindre la photo de famille.

Le déclencheur est muni d’une position lock et il est fileté pour y adjoindre une télécommande filaire.

Notez encore la griffe flash, dans laquelle vous pourrez fixer un flash dédié (attention, pas un flash moderne, plutôt un SB-15 ou un flash tiers (ici un Metz faisait l’affaire). Il y a toutefois une prise pour les flash plus ancien (attention : ne jamais fixer un flash moderne sur ces appareils, vous allez griller votre flash, les valeurs ne sont plus les mêmes). La vitesse de synchronisation est fixée au 1/250s.

Un mot encore du moteur, un MD-15, développé pour le FA : celui-ci accepte 6 piles communes, des AA, et il alimente alors tout l’appareil (moteur et cellule). Il offre la motorisation automatique (pas de réarmement nécessaire) et il permet d’atteindre la cadence de 3,2 i/s. Avec ses 330 gr, ajoutés aux 625gr du boitier, on frôle le kilo mais la tenue en mains est confortable et le moteur apporte une double commande, bien pratique pour les cadrages verticaux, par exemple.

Au rayon des astuces bien pratiques, notons ce volet qui occulte l’oculaire de visée en cas de pose longue. Comme sur le Canon A-1 ou F-1 et en tout cas bien utile pour éviter les lumières parasites.

Ou encore ces fenêtres dans le prisme, qui illuminent littéralement le viseur, et cette petite poignée qui assure une meilleure prise en mains si on n’utilise pas le moteur MD-15.

Dernière petite revue de l’engin.

Que penser de cet appareil ?

Quels étaient les appareils en compétition en 1982 ?

Il y avait les excellents Minolta X700 MPS, Canon A-1, Pentax LX, Olympus OM-3, Fuji AX-5, par exemple, qui ont tous développé des nouveautés, que ce soit le mode PSAM, l’utilisation du premier CPU au monde, l’appartenance à un système complet d’accessoires, la compacité et la robustesse, notamment.

Le Nikon FA devait innover encore pour creuser la différence : ce fut chose faite avec sa mesure matricielle associée à un calculateur numérique et non plus analogique, et le fait d’atteindre la barre mythique du 1/4000s.

Pari réussi, nous l’avons vu. Et même si j’ai un grand faible pour le Canon A-1, je reconnais bien volontiers que ce Nikon est impressionnant.

Il fait partie de ces légendes qui ont perduré même après l’avènement, en 1985, du premier appareil doté de l’autofocus.

Bref, si vous avez la chance d’en trouver un, ne le laissez pas partir, c’est un compagnon d’excellente réputation. Mais il vous faudra délier les cordons de la bourse car il est délicat d’en trouver sous la barre des 150€ avec un objectif de 50mm. On passe celle des 200€ avec un moteur.

C’est, réellement, un appareil que l’on a envie de garder et d’essayer jusqu’à plus soif, un peu comme une tranche d’histoire que l’on garde pour soi …

Alors, soyez raisonnable, faites-vous plaisir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Reflex Mono-objectif
Format de Film 35 mm
Armement manuel ou avec moteur
Une image au format 24 mm x 36 mm
Monture d’objectif monture d’objectif Nikon F série AI-S ou AI avec restrictions
Réglage manuelle de la distance
Viseur avec pentaprisme
Temps d’exposition à 1/4000 seconde à 1 seconde, plus pose B
Mesure matricielle de la lumière sur 5 zones
Sensibilité de 12 à 4000Iso
Modes d’exposition : priorité vitesse, priorité ouverture, programme, mode manuel
Connexion flash via la griffe et prise PC-Flash
Vitesse de synchronisation du Flash 1/250 s
Filetage de trépied
Possibilité de déclencheur filaire
Retardateur
Alimentation 2x piles LR44
Taille 14,2 x 9,2 x 6,4 cm
Poids de 625 grammes nu

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FA, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11608.html, http://www.ericconstantineau.com/photo/review_nikonfa_fr.html, https://camerapassion.wordpress.com/2013/05/07/nikon-fa/, en français ; https://www.kenrockwell.com/nikon/fa.htm, https://mynikons.org/manual/nikon-fa/, https://filmphotography.eu/en/nikon-fa/, https://casualphotophile.com/2021/10/20/nikon-fa-review/, https://all-my-cameras.com/2018/09/25/the-nikon-fa/

Les instantanés

Le Polaroid MiniPortrait : un appareil instantané déroutant

Préambule.

Maubray et sa grand brocante, d’habitude sous le soleil est aujourd’hui sous un fin crachin qui s’insinue partout. Pourtant, la plupart des vendeurs sont là et les chineurs aussi, tout va bien.

Mais, comme le faisait remarquer Olivier dans un de ses commentaires, les appareils photos sont rares sur les stands et pourtant nous étions là tôt.

Finalement, outre quelques petits compacts à la mode Lo-Fi, je n’ai pas encore vu un boitier qui me fasse frémir.

Et puis, au détour d’un stand, un appareil imposant où le terme « mini » fait presque sourire : un vieux Polaroid MiniPortrait à peu près en bon état. Petite négociation et j’essaie de le faire entrer dans le sac à dos, non sans difficultés.

Un peu d’histoire.

En fait de Polaroid, il s’agit plutôt d’un appareil inventé par la société Cambo, une des rares entreprises de matériel photographique hollandaise.

Fondée en 1946 par Roelof Bok à Hengelo, elle s’appelait alors Technica Hengelo. Elle se spécialisait dans des appareils professionnels de grands formats comme des appareils de reproduction ou des boitiers techniques.

Petit à petit, son expertise dans ces domaines lui a permis de se diriger vers la fabrication de chambre de grande qualité (Super Techna) et de toute une série d’accessoires comme des bancs de reproduction, des trépieds, des rotules, des chambres de développement, etc.

En 1965, pour éviter une confusion avec les chambres Linhof Technica lorsqu’elle exporte ses produits, elle change de nom et devient Cam(era) Bo(k) ou Cambo et elle déménage à Kampen, toujours aux Pays-Bas.

C’est en 1966 qu’elle présente le Cambo modèle 40, un appareil destiné aux professionnels pour effectuer des portraits … pour documents, comme les passeports.

C’est un gros boitier, en métal, destiné à être utilisé sur trépied, bien qu’une solide poignée soit ajoutée sur le côté. Il peut produire 4 images sur chaque feuille de film. Techniquement, ce sont 4 appareils photo similaires réunis dans un même boitier. Quatre carrossages distincts, à l’intérieur, définissent 4 cadres d’image de la taille d’une photo d’identité (format image de 2×2 images dans un rectangle de 73×85 mm, chaque image fait environ 36×42 mm ).

L’idée est originale et des milliers d’appareil de ce type seront vendus aux professionnels. Si vous avez fait faire des photos d’identité dans ces années-là, vous avez dû être face à un des ces gros appareils.

Devant ce succès, l’entreprise produira même, dix ans plus tard, un Combo du Cambo (sorry, pas pu m’en empêcher !) : une boite contenant un appareil photo et devenant un mini-stand avec flashs et support pour le document sur lequel imprimer la photo. La plastifieuse est aussi intégrée à la machine, permettant de réaliser en un tour de main le document officiel recherché, sans possibilité de falsification (heu, la machine à écrire pour compléter le papier était en option !). En options bien réelles celles-là, la pince à perforer le document, les œillets et la pince pour accrocher de suite la carte ainsi réalisée. On n’arrête pas le progrès mon bon Monsieur …

Intéressant me direz-vous, mais Polaroid dans tout ça ?

En fait, cet appareil est réalisé en partenariat avec Polaroid, partenariat qui s’arrêtera à la fin des années septante (soixante-dix pour nos lecteurs français).

La liste des apports de Polaroid : l’arrière de l’appareil reçoit des pack film instantanés Polacolor 125i à l’origine (des packs 100) ; le grand panneau d’objectif et l’obturateur proviennent du Polaroid MiniPortrait.

Moins sophistiqué, le Polaroid ne propose qu’une ouverture de f8, deux vitesses et une pose B et on ne peut que faire les 4 photos en même temps (ici le modèle 454).

Pour le reste, les objectifs sont des Schneider-Kreuznach Radionar de 125mm ouvrant à f8. Ils sont tous égaux, chacun étant focalisé sur la même distance, ce qui est la distance optimale pour les portraits photo d’identité.

Enfin, l’appareil photo a aussi quelques pièces Cambo : la chambre métallique massive contenant les quatre chambres de l’appareil photo ; le très fin viseur à cadre lumineux télescopique galiléen inversé ; en dessous, la plaque de trépied solide portant le numéro de série de l’appareil photo ; la poignée solide et le câble de déclenchement spécial ; le bouton du sélecteur, au milieu.

Polaroid a aussi produit ses propres appareils à portraits, sans collaboration toutefois. Quant à cette série, elle compte, si j’ai bien compris, deux itérations : le 401 et le 404.

La société Cambo, qui a plus de 80 ans maintenant, continue a produire des appareils pour studio, des accessoires (pieds, rotules, etc.) et s’est diversifiée dans le digital avec des produits de haute technologie.

Présentation du Cambo Polaroid MiniPortrait.

C’est fou ce qu’on découvre avec ces appareils, surtout ceux qui sortent de l’ordinaire. De prime abord, pour moi c’était un énième avatar de Polaroid, et bien non !

Bon voyons de plus près cet engin …

Outre sa taille, ce qui frappe le plus, ce sont les quatre objectifs sur la face avant et les multiples réglages que l’appareil suppose.

Puis vient la marque, Polaroid MINIPORTRAIT avec cette réglette organe au dessus, puis le viseur sur le côté et enfin la poignée et le câble de déclenchement.

L’arrière est plus sobre, il n’y a que le support pour le pack 100 et en dessous, le gros socle qui permet de fixer le boitier sur un trépied de photo solide. C’est aussi sur ce socle que vous trouverez les indications du modèle, ici un 401 et la marque.

Je reviens un instant sur les objectifs, qui sont signés ici Combonar, toujours des 125mm ouvrant à f8. Bien que peu connus du grand public, les objectifs Cambo ont une excellente réputation, notamment grâce aux nombreuses chambres produites par la marque.

C’est le moment d’expliquer comment cela fonctionne : au centre, un sélecteur, qui permet de choisir quel objectif sera utilisé et un point au sommet qui permet de choisir les 4 en même temps ; ensuite, de chaque côté vous voyez un sélecteur. Celui de droite sélectionne les vitesses de 1/50 ou 1/100s plus un pose B, tandis que celui de gauche permet de sélectionner l’ouverture choisie, de f8 – f11 – f16 puis encore f22 et f32. C’est la forme particulière des lames de l’obturateur qui nécessite ce positionnement des ouvertures. Les objectifs sont des fix focus avec une distance minimale de 1,2m à f8.

Petit tableau des distances selon les ouvertures.

Sur le bord extérieur de l’ensemble, un levier qui arme l’obturateur. Ce dernier sera libéré en appuyant sur le bouton du câble attaché à la poignée. Lorsque l’on tient l’appareil en mains avec la poignée, on peut facilement appuyer avec le pouce sur le dit déclencheur.

Finalement, on se rend compte que les réglages sont assez minimalistes.

J’allais oublier la griffe flash, au dessus de l’ensemble alors que la prise PC est juste en dessous de celui-ci. Il est possible de faire déclencher plusieurs flashs avec des éléments en option, voire même des flashs de studio, comme chez les photographes qui utilisaient cet appareil. La synchronisation du flash se fait à toutes les vitesses.

Encore un mot sur le viseur, situé à gauche du boitier. il possède un cadre vertical lumineux et projeté, avec la parallaxe corrigée pour les prises de vue aux distances données.

Enfin, pour en terminer, le dos porte-film. C’est un simple dos amovible dans lequel on insert un pack 100. Il a toutefois la particularité de posséder un darkslide, cette feuille métallique que l’on glisse à l’intérieur pour pouvoir ôter le dos sans que la lumière n’entre dans celui-ci. Il est également possible de remplacer le dos Polaroid par celui d’une chambre 4×5 ou un dos Pola 4×5.

Lorsque le dos est ôté, on peut parfaitement voir le cloisonnement des 4 appareils dans la chambre.

Lorsque la photo est prise, il suffit de tirer sur la languette du film pour en extraire la photo, qui passe entre le rouleaux et écrasent la chimie, permettant l’instantanéité de l’image (heu, compte quand même plus ou moins une minute pour voir le résultat se révéler).

Tiens, ça me fait penser que l’on pourrait sans doute utiliser un dos LomoGraflok 4×5 Instant et utiliser alors de l’Instax Wide à la place du pack 100, quasi introuvable de nos jours à prix raisonnable et encore utilisable. Notons encore que l’on peut utiliser du plan film en 4×5, on peut varier les plaisirs …

Que penser de cet appareil ?

Difficile de le sortir dans la rue celui-là, sauf à avoir envie de se faire remarquer vraiment !

Ou alors lors d’une fête, d’un évènement quelconque, pour tirer le portrait des invités, seuls ou à plusieurs, ce qui peut être rigolo. Mais au prix que coûte les antiques Fuji FP100 (pack 100 encore un peu disponible), ça va en décourager plus d’un.

Reste alors la solution du plan film, mais qui nécessite une autre logistique, ou celle du dos LomoGraflok, abordable.

Ceci étant, ça reste une pièce de collection ou de musée car même sil s’en est vendu beaucoup pour les professionnels, tous ne les ont pas gardés, la technologie étant depuis belle lurette dépassée.

Selon l’état et le fait qu’il soit complet ou non (surtout le raccord filaire et le dos Pola), comptez environ 80€ pour en acquérir un, si vous le trouvez.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

CAMBO POLAROID MINIPORTRAIT MODÈLE 401, fabriqué en Hollande par Cambo

Prise de photos d’identité sur un film pack 100
Distance focale 1,12 m.
Ouvertures de f 8 à f32.
Vitesses d’obturation : B, 1/50, 1/100s
Optiques Cambonar de 125mm à f8
Possibilité d’ajouter un flash avec un câble x-sync sur prise PC
Prise de 4 photos identiques ou 4 photos différentes.
Fonctionne sans piles.
Dos en film Polaroid amovible (avec darkslide)

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références.

https://www.polamad.com/polaroidshop-studioexpress.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Cambo, https://www.cambo.com/en/about/history, https://www.nederlandsecamera.nl/cambo-info.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Cambo_model_40, https://camera-wiki.org/wiki/Cambo_model_40, en anglais ; https://www.fotointern.ch/archiv/2012/12/02/cambo-kameras-aus-kampen/, en allemand

Argentique

Le Nikon FG : un moyen de gamme vintage de grande qualité

Préambule.

De passage dans l’Emaüs de Ghlin, je m’étonnais auprès du personnel à la caisse qu’il n’y ait pas de nouveaux appareils photo à se mettre sous la dent (il était 13h00 et je n’avais pas encore diné/déjeuné pour nos amis français).

Ah mais si, me répond une des dames, j’ai vu un sac beige avec deux appareils dedans, il doit être ici. Ce disant en le cherchant, elle le trouve et me le tend.

Un gros sac en tissus comme dans les années septante, avec des poches devant, un bon vieux Tenba Equal en bon état et … propre. C’est déjà un bon indice pour ce qui devrait se trouver dedans. J’ouvre et je découvre deux Nikon : un FG qui fait l’objet de cet article et un FA noir avec son moteur, un flash et un autre objectif !

Cruel dilemme : je suis dans un endroit destiné à aider de plus démunis et en même temps je n’ai pas envie de payer trop cher et je ne sais pas encore si tout ça fonctionne, le FA étant bloqué, sans doute à cause du moteur monté dessus et sans piles. Proposition honnête et accord de la dame, j’emporte le tout à la maison.

Je vais pouvoir tester tout ça, flash compris, pour vous proposer deux articles au sujet de cette belle trouvaille.

Un peu d’histoire.

Je ne reviendrai pas sur l’histoire de la marque, déjà présentée dans les articles qui concernent les Nikon sur le site.

Juste revenir sur un point important au sujet de la manière dont les ingénieurs de Nikon considèrent leurs bébés : ils doivent être parfaits et répondre aux mieux aux besoins des usagers, surtout professionnels ou amateurs exigeants.

L’exemple le plus frappant est la mise au point et le développement du Nikon F, qui est comme le début de la légende.

Si chez Nikon on voulait choyer les photographes professionnels, ils se sont vite aperçu que les nombreux autres photographes attendaient aussi des solutions de confiance, abordables. C’est ainsi qu’est né le Nikkorex, pourtant particulier car fabriqué par Mamya pour Nikon. Puis sont venus les Nikkormat, appareils de milieu de gamme aussi sérieusement construits que les F et qui sont bien souvent devenus les seconds boitiers des professionnels.

En résumant, nous pouvons déterminer 3 grandes familles : les appareils professionnels, descendants du F et désigné par cette lettre ; les appareils destinés aux amateurs éclairés, les successeurs du Nikkormat qui redevient Nikon en 1976 pour éviter la dispersion des désignations et représentent le milieu de gamme ; les appareils destinés à un usage familial ou amateur, descendants lointains du Nikkorex des années soixante. Voyez le tableau ci dessous (merci Wikipédia).

Vous constaterez qu’il faudra attendre 14 ans pour que le Nikkorex ait un descendant destiné aux amateurs, le Nikon EM (1979), qui sera remplacé dès 1981 par celui qui nous occupe aujourd’hui.

Présentation du Nikon FG.

Ce FG ne sera pas produit très longtemps non plus, de 1981 à 1984 seulement. Plus cher que le EM qu’il remplaçait, il ne correspondait pas vraiment à la cible des amateurs. Il était de qualité, cela ne fait aucun doute mais les clients ne voulaient pas dépasser le budget de l’ancien EM. Nikon sorti donc ensuite un FG 20 et un F-301plus moderne et qui quittait le design des anciens Nikon pour se rapprocher des nouveaux standards du Canon Eos et du Minolta. L’autofocus était dans l’air du temps et n’allait pas tarder à pointer le bout de son nez (1985).

Techniquement, il propose 3 modes d’exposition : un mode programme (automatique) un mode priorité à l’ouverture et un à la vitesse. Une position spéciale permet de travailler avec l’appareil même en l’absence de pile, le 1/90s, noté M90 (c’est une vitesse mécanique de secours). C’est le tout premier appareil chez Nikon a proposer un mode automatique.

Mais le point essentiel pour les Nikkonistes, c’est qu’il accepte la monture F de ses grands frères. Seules les optiques non Ai et celles de la série G ne sont pas compatibles avec le FG.

les objectifs prévus pour le Nikon FG lors de sa mise sur le marché.

Revenons un instant sur les point importants : c’est un appareil assez compact, bien plus qu’un Nikkormat ou un F2. Il est de fait plus léger et maniable (490gr nu). Pourtant il est construit majoritairement en métal (alliage à base d’aluminium) et polycarbonate. C’est du solide.

Tout un ensemble d’accessoires ont été prévu, comme les moteurs MD et MD 14 ou les flashes SB-E, SB-14 et SB-15 qui travaillent en TTL (mesure de la lumière à travers l’objectif). La vitesse de synchro flash est le 1/90s.

Ensuite, outre ses commodités liées aux automatismes, il propose un obturateur métallique à déplacement vertical qui offre des vitesses de 1s à 1/1000s, avec un mode B pour les longues expositions, et la vitesse mécanique du 1/90s. Il garde aussi la possibilité de tout contrôler manuellement en débrayant les automatismes.

Comme le Canon AE-1, c’est un appareil avec contrôle automatique de l’exposition à priorité ouverture. Vous définissez l’ouverture souhaitée et les automatismes ajustent la vitesse d’obturation pour garantir une exposition correcte. Une aide précieuse pour les sujets en mouvement ou pour les conditions de lumières difficiles.

L’autre atout majeur du Nikon FG c’est son système de mesure de la lumière à travers l’objectif (TTL). Cette technique autorise aussi une bonne analyse de la lumière entrant dans le boitier, garantissant ainsi des images précises et correctement exposées. Il prend en compte la luminosité de la scène et ajuste l’exposition en conséquence. Pour la petite histoire, cette matrice de mesure de la lumière avait été inaugurée sur le F3 !

Un retardateur, positionné sur la face avant, offre un répit de 10 secondes à qui veut se trouver aussi sur la photo. Il est facile à mettre en œuvre, sans devoir passer par des menus et sous-menus.

Tout cela se règle du bout des doigts avec une large molette des vitesses, sous le levier d’armement et le déclencheur.

La sensibilité de la cellule va de 25 à 3200Asa, que l’on peut pousser à 6400Asa si vous utilisez la correction d’exposition, située elle sur la molette de gauche.

La mesure de la lumière est une mesure à pondération centrale, avec un capteur photodiode au silicium (SPD). Vous pouvez voir le bord extérieur de la zone dans le viseur, c’est un mince cercle noir. La méthode de mesure utilisée (arrêt instantané) sera reconduite jusqu’au Nikon F-501, même si elle n’est pas exempte de défaut, comme celui d’un temps assez long pour la mesure une fois le déclencheur enfoncé à mis course.

En effet, le miroir est complétement arrêté avant que la lecture de la lumière soit prise, et puis le miroir bascule et l’exposition proprement dite peut commencer. C’est, in fine, la technique utilisée dans le F3, professionnel

N’oublions pas le bouton AE, qui permet la compensation en contre-jour. Ce bouton vous permettra de surexposer l’image de deux arrêts. Cela est utile lorsque le sujet est éclairé par une fenêtre ou le soleil.

Petit plus moderne : un signal sonore (que l’on peut débrayer) vous indique si la vitesse choisie n’est pas trop base, vous évitant ainsi les flous de bougé intempestifs.

Que penser de l’appareil ?

Nikon peut bien le considérer comme un appareil destiné aux amateurs, il ne lui manque rien et il est superbement construit. En fait, il a le nécessaire sans s’encombrer du superflu !

Il est très agréable à prendre en mains, même si nous sommes encore loin de l’ergonomie des appareils des années nonante, mais toutes les commandes tombent bien sous les doigts.

Hormis deux piles LR44, il ne demande rien de spécial. Je ne m’attarde pas sur les manipulations, vous allez les découvrir dans la vidéo ci-dessous, c’est du classique (soit dit en passant, on voit que le créateur de celle-ci n’est pas un grand habitué des appareil argentiques).

Personnellement je trouve que c’est un appareil qui mérite soit un bon 50mm, soit un bon 35mm. Je le vois très bien en photo de rue ou en classique photos de voyage.

Le revers de la médaille, celle du très bon, c’est celui du prix : difficile d’en trouver sous la barre des 80€ s’ils sont en bon état et avec au moins un 50mm. Mais comme on dit, quand on aime, on compte moins …

C’est un appareil bien né, solide, dans la tradition d’excellence de Nikon, facile à utiliser et fiable. De quoi bien commencer dans le monde de l’argentique si vous êtres allergique aux appareils des années ’90.

Et je souris car je viens d’acquérir un Nikon Z fc, finalement assez proche, si ce n’est que chez Nikon ils ont oublié la petite poignée de maintient facultative qui existait pourtant bien sur le FG et rendait son port encore plus confortable, sans gros encombrement.

Vidéo d’illustration.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FG, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon, https://benber.fr/presentation-nikon-fg/, https://focalcrafters.com/fr/appareil-photo-nikon-fg/, http://declic87.free.fr/Docu_PDF/Nikkorex.pdf en français ; https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/cousins12-e/, https://camera-wiki.org/wiki/Nikon_FG, https://www.outsidetheshot.com/nikon-fg/, https://casualphotophile.com/2016/08/10/nikon-fg-camera-review/ en anglais ; https://kameramuseum.de/objekte/nikon-fg/, en allemand

Argentique

Le Minolta Autopak 450E : le charme du 110 vintage

Préambule.

Oui, j’avoue, je suis parfois un peu distrait, mais vous allez comprendre …

Comme d’habitude, promenade sur une belle brocante, pas très riche en appareils photo toutefois. Mais il fait beau et l’endroit est joli.

Au détour d’un stand, je découvre toutefois un vieil Agfa folding qui a bien souffert, et à côté, un parapluie de poche. A défaut de l’Agfa, je regarde le petit sac rectangulaire de ce que je pensais être un accessoire utile en Belgique et je découvre … un appareil au format 110, un Minolta impeccable.

Petite négociation rapide, et hop, dans le sac à dos.

Quand je pense que j’aurais pu passer à côté !

Un peu d’histoire.

Vous le savez, j’ai une tendresse particulière pour les Minolta, une marque souvent en avance sur ses concurrents mais qui n’a jamais su conquérir le cœur des professionnels. Elle fut très active chez les particuliers, leur proposant souvent des appareils de qualité, facile à utiliser et offrant un excellent rendu.

Pour mémoire, c’est Minolta qui proposa le premier reflex autofocus en 1985, le Minolta 7000 AF et c’est encore eux qui ont proposé le premier reflex mécanique à atteindre le 1/12000s (Minolta Dynax 9, boitier professionnel – 1998).

Bref, ils ont innové et produit d’excellentes machines à faire des photos, dans tous les formats, du 24×36, au 6×6 en passant par le 110.

Le format 110 est un format qui eut son heure de gloire dans les années septante et quatre-vingt. Tous ceux qui ont plus de 40 ans ont pu recevoir un appareil dans ce format, pour un anniversaire, une communion, un cadeau de fête.

Pour les plus jeunes, Lomography a relancé des modèles de ces appareils il y a deux ans maintenant et, surtout, ils sont presque les seuls à produire les cartouches pour ce film atypique.

Donc, pour les d’jeunes, un peu d’histoire : en 1972, soit 10 ans après avoir introduit la cartouche 126, Kodak lance le format 110. Le principe reste le même : un film est placé dans une cartouche fermée qu’il suffit de glisser dans l’appareil ad hoc. Ce qui simplifie à l’extrême une hantise vieille comme la bobine 24×36, à savoir comment bien placer son film dans l’appareil.

Blague à part, cette révolution a permis à Kodak et à ceux qui l’ont suivi de vendre des camions d’appareils photos, simples à utiliser mais pas (toujours) dénués de fonctions intéressantes (cellule, automatisme).

Ce petit container renfermait un film de 13x17mm avec une seule perforation. La contenance évoluait de 12 à 20 – 24 – 36 photos.

Petites particularités : la taille du film est environ la moitié d’un film 24×36. Le film est entouré d’un papier support (comme les bobines de 120) qui porte des indications pour le début et la fin des images, ainsi que des numéros car ils servent de compteur de vues. Il n’y a souvent qu’une perforation pour faire avancer le film dans l’appareil. Enfin, le film est généralement pré-exposé pour y faire figurer des numéros des images et des lignes utiles pour les labo. Une fois développé, on vous renvoie le film en bande, comme le 24×36 ou le 126 avant. En fin de film, pas besoin de rembobiner, la seconde partie de la cartouche étant le réceptacle final des images. Facile on a dit …

Source : the Darkroom

Kodak a fait un tabac avec ses Pocket Instamatic (plus de 60 millions d’Instamatic Poket vendu entre 1972 et 1984), suivi ensuite par Agfa et ses Pocket Sensor, puis d’autres marques telles que Canon, Minolta, Fuji, Rollei, … pour n’en citer que quelques unes. A un moment ou un autre, ils s’y sont tous mis à fabriquer des appareils de poche.

Après la faillite de Kodak (1985), Fujifilm a pris le relais de la fabrication du 110, pour jeter l’éponge en 2009. C’est finalement en 2012 que Lomography relance la fabrication du film, en couleur, N/B et en versions avec des rendus spéciaux.

Les millions d’appareils produits sont de qualité très inégales : les produits de base ou d’entrée de gamme sont assez affligeant mais certaines marques ont réussi à produire de petites merveilles, comme le Rollei A110, le Canon 110 ED, les Fujica Pocket 400, Pocket 450 Flash , le Pentax Auto 110 (le plus petit réflex du monde), le Minolta qui nous préoccupe, et j’en passe.

Il faut savoir que la taille du film et sa conception ne donne pas une qualité excellente aux images. Si vous ajoutez à ces défauts une optique et une mécanique médiocre, je pense que vous avez compris.

Mais encore une fois, certains fabricants sont parvenus à des résultats étonnant.

Au delà de ces aspects que relèvent les photographes un peu tatillons, le format doit son succès à la taille réduite des appareils qui l’utilisent, à sa simplicité de mise en œuvre, à sa relative qualité en tirage de petites tailles, à la qualité de certains boitiers

Une petite idée des films classiques :

Pour en revenir à notre Minolta Autopak 450E proprement dit, il faut savoir que la marque a déjà lancé par le passé des appareils miniatures et fonctionnels, notamment le Minolta 16 II (1960), qui ne cessera d’évoluer et deviendra même le standard des appareils à film 16mm (voir aussi les articles sur le MG 16 et le 16 – MG S).

Ce format, repris par d’autres aussi, a finalement cédé le pas devant le nouveau standard de la machine Kodak, le 110. Ils sont de fait très proches en taille, à partir du 16 – MG S, qui propose des images de 12x17mm (contre 10x14mm auparavant) grâce à la modification des derniers films en 16mm, à qui on a supprimé les perforations en haut et en bas, pour n’en garder qu’une seule comme le … format 110.

La grande différence entre ces deux standards tient à la qualité des images produites : dans le premier cas, il s’agit d’un film se déroulant d’une bobine à l’autre dans une cassette réduite à sa plus simple expression car le boitier qui l’accueille est fait de telle sorte que le film est bien plan. Sans distorsion de la pellicule, le résultat est meilleur et dès lors, les appareils prévus pour ces films étaient généralement équipé de bonnes optiques. Toutefois, ne nous leurrons pas, les agrandissements restaient limités si on voulait garder une qualité acceptable. Dans le second cas, celui du 110, la cassette est plus grande mais assure une moins bonne planéité à la pellicule car celle-ci est enfermée dans le plastique et ce dernier ne tend pas assez le film. Des marques comme Rollei ont essayé de trouver des solutions pour endiguer le problème mais sans jamais vraiment y parvenir. Soyons bien clair à ce sujet : Kodak a sorti le format 110 à la suite du 126, destiné déjà à une clientèle qui voulait avant tout des appareils faciles, sans (trop de) réglages et qui pouvait se contenter de photos souvenirs où la qualité n’était pas primordiale. Notons encore que la qualité des cassettes 110 étaient meilleures que celles des 126.

Jusqu’au Minolta 16 QT de 1972, la marque à résisté mais en 1974, elle sortira son premier appareil à cassette 110, le Minolta Autopak 50.

Ensuite, en 1976, Minolta sort un APNI (appareil photo non identifié), le 110 Zoom, premier reflex pour film 110 avec zoom 25 – 50 intégré.

1977, et voici notre Minolta Autopak 450E, avec flash intégré, ce qui le rend plus long que son prédécesseur, l’Autopak 50.

En 1980, la firme nous sort un sous-marin … jaune, le Weathermatic 110, que l’on verra souvent trainer sur les plages et dans les petit bateaux de plaisance. ce sera le dernier opus de la marque dans ce format, déjà en perte de vitesse.

Je ne vais pas les citer tous, mais il y eut aussi un Autopak 70, sans flash intégré mais avec réglage des distances et obturateur électronique (1973), un Autopak 401, un 430EX avec flash intégré et obturateur électronique, un 470 auquel on pouvait adjoindre un flash dédié, un 450EX, un 460 TX (flash électronique, télé-zoom intégré, obturateur électronique).

Pour une liste plus exhaustive, je vous invite à découvrir le super site de 110 cameras (en anglais), qui est une mine d’informations incontournables sur ces petits appareils (il donne même envie de devenir collectionneur, le bougre !).

Présentation du Minolta Autopak 450E.

Premier constat, il est assez imposant pour un appareil en 110. Sans doute parce que le flash est intégré, ce qui allonge d’autant le corps de l’appareil mais est gage d’une meilleure qualité que les flashs cube classique. Ensuite s’il est généralement en plastique, il est aussi garni de belles pièces métalliques qui lui assurent une belle prestance et un petit côté chic. Sa taille lui confère une bonne prise en mains.

Second constat, par rapport aux Kodak et Agfa non motorisés, il n’est pas nécessaire de faire glisser la moitié de l’appareil pour réarmer, un petit mouvement sur le curseur en dessous suffit. C’est aussi plus confortable si on doit faire plusieurs photos les unes à la suite des autres car on peut manœuvrer ce curseur sans quitter le viseur des yeux.

Ensuite, nous pouvons nous arrêter encore sur la partie objectif, c’est un Rokkor de 26mm ouvrant à f3,5, fabriqué en quatre éléments en trois groupes. La mise au point minimale est de 90cm jusque l’infini en cinq zones de mises au point, repérées par des pictogrammes, visibles dans le viseur. Un objectif macro permet de descendre à environ 45cm grâce au glissement d’une lentille devant l’objectif. Et, petit détail utile, cette mesure correspond à la longueur de la lanière de transport (un peu comme les Minox et leurs chaines de mesure). En position objectif fermé, il est impossible de déclencher.

Quant à l’exposition, elle se définit grâce à trois réglages : soleil (f11), nuage (f22) et flash. Une LED rouge vous indique si la lumière est trop faible. Les réglages s’effectuent avec un curseur orange sur le dessus de l’appareil, à côté de celui pour le réglage de la distance.

Le flash intégré a une portée d’environ 3,5m pour un film de 80 à 100 Asa et d’environ 6m pour une sensibilité de 250 à 400 Asa. Lorsque vous êtes en position flash, l’ouverture est liée à la mise au point.

Un mot encore sur le viseur, très clair malgré la taille du boitier et qui dispose de quelques informations bien utiles : cadre de mise au point, correction de la parallaxe, indication par une LED rouge d’une insuffisance de lumière, les réglages de la mise au point sont visibles (pictogrammes).

La vitesse d’obturation, fixée au 1/200s est fixe.

Enfin, pour alimenter le boitier, une simple pile AA suffit.

Que penser de cet appareil ?

Pour un prix très bas (20€ maximum avec sa gaine et sa dragonne) vous aurez la chance d’avoir un appareil d’excellente qualité avec une optique reconnue, la possibilité de faire de gros plans, des informations utiles dans le viseur, un flash intégré, un obturateur qui n’est pas lié à la batterie et fonctionne donc toujours.

Qui plus est, il est bien fabriqué et solide.

Par contre, on pourrait lui reprocher qu’il n’y ait que deux paramètres d’exposition, hormis le flash en sus. Flash qui met beaucoup de temps à se charger d’ailleurs.

Ceci étant, quand je vois le prix pratiqué par Lomography pour ses nouveaux appareils 110, je me dis forcément qu’il y a là de bonnes affaires à faire !

Soyons de bons comptes : si je me moque des prix pratiqués par Lomography, il faut les remercier d’encore favoriser la diffusion de ce format et pour la fabrication des films, y compris dans des variantes exotiques qui en raviront certain(e)s.

Si je devais résumer en quelques mots, j’insisterais sur le fait que ces appareils ont toujours un public et un intérêt. N’achetez pas les bas de gammes, ni les marques exotiques et prenez le temps de choisir parmi les meilleurs de ces boitiers, comme celui-ci, le Canon 110ED, le Fujica Poket 400, l’Agfa 6008, par exemple.

Et amusez-vous bien !

Pour vous donner une idée des images délivrées par cet appareil, allez voir ICI.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Type: Caméra de poche pour cassettes de film 110 (image de 13x17mm)
Fabricant: Minolta
Année de sortie : 1977
Objectif: Rokkor 26 mm f3,5 (4 éléments en 3 groupes), objectif gros plan intégré déplaçable sur l’objectif
Focus: manuel à l’aide de symboles
Vitesse : vitesse 1/200 secondes.
Indicateur : contrôle manuel, f 3,5 (soleil) ou f11 (nuageux) en mode normal ou selon la distance en mode flash
Viseur: cadre avec trame lumineuse et avec compensation de parallaxe,
LED – Indicateur d’avertissement pour trop peu de lumière et affichage de distance sélectionné
Flash : intégré, jusqu’à 5,30 m à 100 ASA
Dimensions: 162 × 59 × 28 mm
Poids: 235 g.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_110, https://meemoria.fr/blog/l-histoire-des-negatifs-110-n46, https://boxargentique.fr/le-format-110-en-argentique-lomo-tiger-canon-110ed/, https://www.suaudeau.eu/memo/histoire/histoire_minolta/Histoire_de_Minolta.html en français : https://collectiblend.com/forum/viewtopic.php?t=2513, https://lightindarknessphotography.wordpress.com/2019/11/19/minolta-autopak-450e/, https://medium.com/pforppp/vintage-110-camera-22bff9921a0, https://thedarkroom.com/film-formats/110-film/, https://www.fredmiranda.com/forum/topic/1884671/0 en anglais ; https://www.photo-foto.eu/minolta/minolta-pocket-autopak-450e/, en allemand

Argentique

Le FEX Ultra Reflex version 13 : ou comment la publicité vintage nous vend un appareil simple

Préambule.

Mais que ne ferais-je pour nous trouver des appareils différents ? Ainsi, nous sommes à Amiens en début d’après-midi ce samedi 12 avril, car demain, ce sera la Grande Réderie.

Un petit tour de la Ville, repérage d’une aire pour passer la nuit dans le camping-car (camping de l’étang du Cygne) puis d’un restaurant pour le souper (pardon, le diner pour nos amis français).

Après avoir copieusement mangé (le Nord est généreux même dans les assiettes), nous décidons de faire quelques pas, le temps de retrouver le CC garé un peu en dehors du centre-ville.

Et quelle n’est pas notre surprise de voir des brocanteurs commencer à s’installer un peu partout. Mais ça ne commence que le 13, non ? Oui, certes, mais les brocanteurs peuvent s’installer dès les 18h00 et qui dit déballer dit vendre.

Bref, demi-tour, nous partons déjà en chasse et commençons écumer les échoppes alors que le soleil décline.

Et déjà le sac à dos s’emplit de quelques pépites que vous découvrirez au fur et à mesure.

Mais il est déjà 22h30 et nous avions prévu de nous lever vers 3h00 pour quitter le camping et rejoindre la Réderie. La nuit sera très courte … quoique le mauvais temps s’est invité à la fête et il a plu jusque 5h00 du matin, nous offrant ainsi 2 petites heures de sommeil en plus.

Un peu d’histoire.

Si vous vous en souvenez, c’est une marque que j’ai déjà évoquée sur le site, notamment avec le FEX Elite et l’Ultra FEX.

Je vous ferez donc grâce de l’histoire de la marque, que vous retrouverez dans lesdits articles.

Juste vous rappeler ce que j’écrivais déjà à l’époque, à savoir que la marque était dans les championnes pour le recyclage et la réutilisation de modèles plus anciens que l’on présente comme nouveaux à coup d’arguments publicitaires vantant des améliorations qui sont autant de cache-misère.

Mais vous allez comprendre …

Présentation du FEX Ultra Reflex version 13.

Photo de l’Ultra Fex de l’article précédent.

Ici la marque reprend intégralement la face de l’Ultra FEX, donc tant l’obturateur que l’objectif, mais sans l’espèce de tube extensible qui l’accompagnait car de fait, la taille de la chambre fait office de ce tube.

Donc, au point de vue des réglages, on reste dans le minimalisme : 2 vitesses (1/25 et 1/100s) plus une pose indiquée ici par un P ; ensuite, 2 ouvertures (normale et intense, ce qui correspond à f16 et f22). La position normale s’utilise par temps gris et l’intense par temps ensoleillé (neige, sable aussi).

Remarquez que comme son compère, notre Ultra Reflex tend à tromper son monde avec un beau reflet bleu dans l’objectif, qui pourrait faire croire à un traitement de la lentille mais qui est en réalité le reflet d’une pastille bleue autour du cache de l’objectif.

Venons-en au deux objectifs de ce reflex. En fait cet appareil est un faux TLR (twin lens reflex) car la visée se fait sur une loupe et un miroir à 45 °. Et comme vous pouvez le constater, il n’y a pas moyen de régler la distance, celle-ci étant fixe (mise au point minimale de 1,2m pour de ménisque de 75mm).

Même lorsque FEX vendra le Fex Indo Ultra-Reflex 4,5, pourtant équipé d’un objectif ouvrant à f4,5 et possédant un obturateur capable d’atteindre le 1/300s, ce sera un faux bis-objectifs et les nombreuses molettes de réglages ne seront là que pour faire joli car inopérantes.

Voilà, pour l’utilisation, on a (vite) fait le tour.

Vous voyez que le boitier, en bakélite mais avec un dos métallique, possède une griffe, pour y monter un flash. Que vous brancherez sur la minuscule prise coaxiale qui est sur le coté du bloc optique/obturateur. Le flash est synchronisé à toutes les vitesses.

Le déclencheur est un simple bouton poussoir placé à côté du faux premier objectif, pas très ergonomique ni bien placé.

Un mot encore du filetage pour fixer un trépied, car il est au pas dit du Congrès, soit un pas ancien et large.

Enfin, pour charger l’appareil d’un film, il faut faire basculer vers le haut la patte métallique derrière le viseur puis tirer en arrière et vers le bas l’ensemble du dos. Heu, si ça coince, assurez-vous d’avoir en poche un petit canif Suisse pour faire levier sur le haut du dos afin de le débloquer. Notez que pour le remettre en place ce n’est guère plus aisé car il faut faire entrer le bas dans les tenons et le remonter pour le bloquer avec le verrou. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Sans doute que le coût d’une charnière eut fait exploser le prix de cet engin.

Quant au film, c’est une bobine de 620 (ou une 120 modifiée) qui vous donnera 12 vues en 6x6cm.

J’allais oublier de vous parler du viseur, collimaté mon bon Monsieur, avec une loupe ou en position de viseur sportif. En somme, un viseur qui aurait pu être clair et large mais qui devient compliqué à utiliser car si vous ne levez pas le bras du viseur sportif, le viseur est bien encombré.

Que penser de cet appareil ?

Il peut amuser les collectionneurs car selon son époque, il a un dessus borgne, puis un viseur, entouré de noir, de chrome ou de couleur champagne ; la sérigraphie est droite ou courbe ; etc.

Ceci étant, cet engin, produit de 1954 à 1964 tout de même, ne donnera sans doute pas une grande image de l’industrie photographique française. Peut-être s’il avait été très abordable …

Je vous avoue que j’ai essayé de lui trouver des points positifs mais en vain, sauf sa bouille assez sympathique.

Si vous en trouvez un, avec sa gaine en cuir comme ici, ne dépensez pas plus de 15€ pour l’acquérir.

Quant à le tester, pourquoi pas, mais même chez Lomography personne encore ne s’y est risqué.

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-481-Fex%20Indo_Ultra-reflex.html, https://collection.click-clack.fr/fex-indo-appareils-photo-ultra-reflex/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-357-Fex%20Indo_Ultra-Reflex%204,5.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Fex-Ultra-Reflex.htm, https://fexmania.fr/index.php?/category/34, http://glangl1.free.fr/Liste-Fex_Indo.html

Argentique

Le Canon Eos 3000 N : demain sera son présent

Préambule.

Brocante de Braine-le-Comte, très tôt le matin, nous déambulons dans les allées à la recherche de quelques objets intéressants, des appareils photo pour moi en tout cas.

Hélas, après avoir fait plusieurs fois le tour, le temps que les vendeurs s’installent, je dois bien me rendre à l’évidence, celle-ci est bien pauvre en argentique, hormis les éternels Kodak Instamatic invendables, les Agfa Clack, les box en plus ou moins bon état, des folding qui n’ont rien de folichon tant ils sont délabrés.

Un peu découragé, retournant sur mes pas, je débusque dans une remorque une boîte qui contient quelques vieux retardateurs mécaniques, un télémètre à glisser dans une griffe accessoire, une boîte d’un Agfa Optima Pocket Sensor (prochain article) et un vieux sac photo dans lequel se cache ce Canon Eos, tout beau, tout propre, livré avec un flash annulaire que je vais tester aussi.

Finalement, la pèche est maigre mais les poisons sont bons !

Un peu d’histoire.

Les habitués du site savent que j’aime bien cette marque, qui fut celle de mes débuts. Et comme j’ai déjà présenté plusieurs appareils à la marque rouge, je vous fais grâce de l’histoire de celle-ci.

D’ailleurs vous en retrouverez des extraits dans l’article que j’ai consacré à son prédécesseur, le Canon Eos 3000.

Sauf à vous préciser que ce modèle, sorti en 2002, est le pénultième Eos argentique, le dernier étant le 3000X. Faut-il préciser que ceux-ci ont été commercialisé à la charnière du numérique et que donc leur carrière connu quelques hésitations, les clients ne sachant pas encore dans quel camp se ranger. L’histoire nous a donné la réponse …

Présentation du Canon Eos 3000 N.

S’il s’appelle EOS 3000 N c’est donc qu’il fut précédé d’un EOS 3000, le N étant chez Canon le New (nouveau).

Le premier du nom sera commercialisé en 1999, soit seulement trois ans avant cet opus. Les changements seront surtout cosmétiques. Voici le texte qui accompagnait le lancement du boitier :

L’EOS 3000N allie simplicité et élégance, offrant une opérabilité améliorée et un nouveau design sophistiqué. Chargé de fonctionnalités, les utilisateurs n’auront aucun problème à capturer les photos qu’ils veulent. Avec sa finition métallisée argentée accrocheuse, l’EOS 3000N est le nouvel appareil photo EOS d’entrée de gamme de Canon. Adapté aux nouveaux venus dans la photographie reflex, mais doté de suffisamment de fonctionnalités avancées pour satisfaire les propriétaires à mesure que leurs compétences photographiques se développent, l’EOS 3000N est un appareil photo ultra-compact et léger doté de nombreuses fonctionnalités.

Ce qui veut dire, lorsque l’on lit entre les lignes, qu’ils n’ont pas changé grand-chose au précédant modèle, juste la carrosserie, plus flatteuse et un rien plus ergonomique. Pour le reste, on reprend ce qui fonctionne et on le garde.

Techniquement, même s’il affiche une belle quantité de fonctions et astuces, il reste l’entrée de gamme de la marque, surtout à cause de sa qualité de fabrication. Rassurez-vous, tout tient parfaitement et est assemblé avec précision mais la coque est toute en plastique ABS, y compris la baïonnette.

L’avantage est celui du poids et, honnêtement, je n’ai jamais vu un boitier fendu ni une monture partir en lambeaux ni se tordre.

Ce que j’aime bien avec ces mécaniques, c’est que nous sommes vraiment très proche de ce que les appareils numériques proposent à cette époque, et encore maintenant. On n’est jamais déconcerté par sa manipulation en quittant le numérique pour le prendre en mains, les commandes sont les mêmes.

Vous pouvez l’utiliser en tout auto ou avec la gamme de programmes PSAM et, bien sûr, en manuel. C’est clairement un appareil école car il va permettre aux débutants bien mettre le pied dans la série des Eos s’ils veulent progresser ensuite.

Car, autre gros avantage, le boitier accepte toutes les optiques Canon EF et la plupart des accessoires dédiés.

Son autofocus est rapide et précis, sa mesure de lumière exacte et sensible. Il est un peu bruyant mais rien de dramatique et sa cadence de prise de vue est réduite à une image seconde. Ce n’est clairement pas un boitier sportif mais il est à l’aise dans toutes les autres disciplines.

Pour l’alimenter, juste 2 CR123A. Faire attention à la porte des piles, comme souvent sur ces boitiers, sinon vous passerez par la case Gaffer pour tout faire tenir. Comme le faisait remarquer un gentil chat (il/elle se reconnaîtra), on peut fixer un grip, le battery pack bp8, qui fonctionne avec des piles AA, plus économiques.

Que penser de cet appareil ?

Au risque de me répéter, selon que l’on veut découvrir l’argentique en personne pratique ou en esthète, vous choisirez ce modèle ou ses frères, ou vous partirez vers un A-1, un FTb, un AE-1 (presque) tout métallique mais sans beaucoup d’aide (l’autofocus n’est pas à leur programme).

Si donc vous avez choisi la première solution, vous ne serez pas dépaysé en utilisant cet Eos 3000 N car ses commandes sont celles des premiers Eos numériques et des suivants.

Ce sont ces boitiers qui ont initié l’ergonomie des numériques, y compris la plupart de leurs commandes.

Ceci étant précisé, cet appareil ne manque de rien, même si à l’époque on le considérait comme un entrée de gamme (selon la notation chez Canon : 3000 = entrée de gamme, 300 = consommateur moyen, 30 = expert , 3 = professionnel). Voyez la fiche technique ci-dessous.

Il est précis et les photos qu’il délivre sont correctement exposées si vous ne flirtez pas avec les limites des grands contrastes lumineux. Léger et finalement bien construit, il vous suivra partout sans que vous ayez peur de le faire souffrir un peu. Car côté budget, comptez environ 40€ pour un exemplaire avec un objectif EF, souvent un zoom 24 – 90mm.

Ne trainez pas, leur valeur monte …

Vidéos d’illustration.

Camera bon marché – des images qui tuent ! – Un fantastique reflex pour des cacahuètes (n’oubliez pas que vous pouvez traduire les vidéos en cliquant sur paramètres – sous-titres)

Un peu de technique.

  • Appareil photo reflex analogique 35 mm (2002, Japon).
  • Autofocus : trois capteurs, dont un capteur central de type croisé, contrôlable individuellement, priorité à la mise au point ou servo AI, commutable en manuel, lumière d’assistance AF.
  • Mesure de l’exposition : mesure multi-champs à six zones, mesure intégrale sélective et pondérée centrale (avec réglage manuel de l’exposition).
  • Types d’exposition : programme automatique, cinq modes scène, plein, ouverture et priorité à l’ouverture, mesure manuelle par suivi, priorité à la profondeur de champ ; exposition multiple.
  • Flash : pop-up, NG 12. Exposition du flash : E-TTL (avec les appareils Canon EX), A-TTL (avec les appareils EZ/E), contrôlé par TTL via trois zones.
  • Temps d’exposition : 30 secondes à 1/2 000 seconde (par pas de 1/2) et B.
  • Sensibilités du film : en manuel ISO 6-6 400 ou via encodage DX, ISO 25-5 000.
  • Synchronisation du flash : automatique, synchro au 1/90 s.
  • Transport du film : automatique avec avance rapide jusqu’à la fin, exposition simple ou continue (maximum une image par seconde), retardateur, connexion de déclenchement à distance.
  • Alimentation : 2 piles au lithium de 3 volts (CR 123 A).
  • Monture d’objectif : Monture Canon EF

L’EOS 3000 N est identique à l’EOS 500 N, à l’exception de quelques différences extérieures mineures.

Des références.

https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS_3000N, https://www.danstacuve.org/test-du-canon-eos-3000n-lun-des-derniers-argentiques-canon/, https://lafillerenne.fr/blog/1308/ en français ; https://www.lomography.com/magazine/183308-my-new-love-canon-eos-3000n-and-its-perfect-bokeh, en anglais ; https://kameramuseum.de/objekte/canon-eos-3000-n/, en allemand

Argentique

Le babysem 2 : un argentique de poche.

Préambule.

Un matin franchement frisquet, le thermomètre affiche -2C en cette fin mars 2025. Peu de brocantes encore, sauf celle de Jemappes, où sont pelotonnés vendeurs et … acheteurs. Je déambule à travers les stands des courageux venus tôt ce matin et au détour d’une allée, je vois sur un stand une boîte d’ampoules pour flash ancien. Comme je m’enquiers du prix et que la dame est occupée, mes yeux furètent sur la table bien encombrée et ils s’arrêtent sur une petite house de cuir jaune. Je l’ouvre et découvre ce petit appareil sympathique. Petite transaction pour le prix des ampoules et du boitier et ils plongent dans le sac dos.

Je ne trouverais pas autre chose d’intéressant ce jour-là. Il est temps de rentrer boire un chocolat chaud …

Un peu d’histoire.

Je vous ai déjà présenté un SEM, le Semflex Standard 3,5B type 9 (ouf !) et j’aurais dû faire aussi la présentation d’un Babysem, premier du nom, mais j’ai eu la mauvaise idée de le prendre sur une bourse et il est parti trop vite.

Appareil photo vintage Babysem en métal avec un objectif OREC et un viseur en haut à gauche.

Ceci étant, le modèle que je vous propose est une extrapolation du premier Babysem, sur lequel on a greffé une face avant plus moderne.

Mais commençons par le début …

Vers 1940, la société Parisienne G. Cornu demande à la société Aluvac de lui couler les corps et dos de petits appareils 24×36. Ces pièces portent les marques Aluvac 3439 et 3440.

Avant la seconde guerre mondiale, l’industriel Stéphanois (St Etienne) Jean Cros fabrique des ailettes pour roquette. Il fait couler celles-ci par la société Aluvac. Au déclenchement de la seconde guerre mondiale, il se doit se diversifier et produit pour G.Cornu des appareils photographiques Reyna Cross.

Monsieur Jean Cros obtient, en 1941, de la société G. Cornu une licence pour fabriquer à St Etienne un appareil photographique à partir des pièces détachées produites par Aluvac. C’est Paul Royet, un technicien en mécanique qui fabrique des obturateurs Micromécanic, qui sont installés dans les appareils photographiques Reyna Cross, qui mène à bien cette entreprise (1942).

Finalement, en 1946, Paul Royet et Jean Cros s’associent pour fonder la SEMM, Société des Établissements Modernes de Mécanique, appelée également SEM, d’abord établie à St Etienne, puis, dès 1947, à Aurec. Cette entreprise fabrique d’abord des appareils pour Cornu, sous licence, mais bien vite, réalise ses propres modèles, dont les plus célèbres et connus seront les Semflex, des reflex bis-objectifs de qualité (voir l’article cité ci-avant)

Dès 1949, SEM produit un petit appareil 24×36, le Babysem premier du nom (voir photo ci-dessus), inspiré du Reyna des Ets G. Cornu.

Un appareil photo ancien de marque Reyna, affichant un design vintage avec un objectif et des réglages visibles sur le devant.

Le Reyna est sorti en pleine seconde guerre mondiale, sans publicité, n’apparaissant dans aucun catalogue. Il a été perfectionné et modifié par Paul Royet pour devenir le Reyna Cross.

Paul Royet va optimiser le mécanisme pour en faciliter la construction et présentera le Reyna Cross 2. Rapidement, G. Cornu adoptera un certain nombre de modifications passant ainsi du Reyna au Reyna 2.

Petit à petit, d’améliorations en simplifications, le Reyna Cross prend le chiffre 3. SEM prend de plus en plus une dimension industrielle alors que Cornu reste artisanal. On estime que 95% des boitiers produits seront utilisés par SEM. La maison G. Cornu disparaitra petit à petit.

Les boitiers évolueront tant à cause de cette phase de pré-industrialisation (rationalisation de la construction) qu’à cause des difficultés d’approvisionnement toujours en vigueur au sortir de la guerre.

Le Babysem premier du nom va en profiter, ou en subir les conséquences, c’est selon, et il deviendra Babysem 2 lorsque sa façade sera réduite en épaisseur et modifiée pour s’installer sur le dos du Babysem Il perd aussi le déclencheur sur le capot, qui nécessite des liaisons mécaniques plus complexes.

Enfin, après des années de privations, de production plus ou moins organisée pour les entreprises, de difficultés économiques et de reconstruction, arrivent la fin des années cinquante et celles du retour à la prospérité, d’un pouvoir d’achat qui augmente et d’une nouvelle génération qui aspire aux loisirs, aux amusements, à une nouvelle vie.

Conscient de ces changements, SEM décide de moderniser ses appareils noirs et gris, qui ne sont plus dans l’air du temps. Ils font appel à Roger Tallon pour rajeunir le Baby Sem.

Trois nouveaux modèles verront le jour suite à ce ravalement de façade : le Babyjoy d’entrée de gamme et destiné aux plus jeunes, le Babysem qui nous préoccupe, le BabyLord qui sera le haut de gamme de la série.

A y regarder de plus près, les trois modèles sont construits sur la même base, pas très éloignée d’ailleurs du modèle précédent (même s’ils sont un peu plus grands) : la face avant est rectangulaire avec un carter échancré pour y loger l’optique et le mécanisme de l’obturateur (il n’y a pas de déclencheur sur le capot) ; sur le dessus, deux trous pour y loger un flash (brochage spécifique) ; le viseur n’est plus central mais décalé vers la droite ; un léger décrochage en bas est garni d’un simili-cuir coloré, qui fit d’ailleurs le tour du boitier ; la typographie a aussi été revue et le B majuscule disparait pour une minuscule.

C’est la partie arrière qui est la plus proche de l’ancien modèle, avec ses deux gros boutons ronds, en partie cachés par le retour de la face avant (avance et rebobinage du film) ; un large tunnel abrite un minuscule trou, celui du viseur, très approximatif (à se demander pourquoi ils ne l’ont pas fait plus grand vu l’espace inutilisé). Toute la surface du dos est gainée du même vinyl coloré.

Présentation du babysem.

Un mot encore des autres modèles, pour mieux apprécier les différences :

  • le babyjoy, produit de 1960 à 1965, est donc le modèle de base : il possède un obturateur Orec avec une seule vitesse (1/50s) ; on peut régler l’ouverture, illustrée par les chiffres 1-2-3 ou des pictogrammes météorologique ; la peinture est lisse sur ce modèle et il y a inversion des couleurs du bandeau vinyl.
  • le babysem, produit sur la même période, est le milieu de gamme : il ne possède pas de vitesses lentes et le maximum est le 1/250s avec une pose B ; les distances se règlent en continu de 75cm à l’infini ; la peinture est granuleuse et les bandeaux de couleurs sont identiques devant et derrière.
  • le babylord, produit de 1962 à 1965, plus rare, est le haut de gamme : il possède des vitesses lentes et sa limite est le 1/400s ; l’esthétique est identique à celle du babysem.
Publicité pour l'appareil photo Babyjoy, montrant les caractéristiques et fonctionnalités, avec des illustrations des appareils et des scènes de prise de vue.

Les trois appareils bénéficient du même objectif anastigmat Som Berthiot de 45mm ouvrant à f2,8. Toutefois, il y aura quelques rares modèles équipés d’un objectif Angénieux.

Pour en terminer, Photo-Hall distribuera le babysem sous les appellations de Photo-Hall 1A, puis de Photo-Hall SB1.

Venons-en à la présentation spécifique de ce babysem 2.

Je ne reviens pas sur la présentation générale mais j’ajoute que pour l’ouvrir, il faut tirer sur un loquet situé sur la tranche gauche, ce qui libère le dos, qui se retire en entier.

Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il y avait encore un film dans la chambre, que j’ai refermée bien vite. Le compteur de vues n’est pas clair, alors combien d’images encore ?

Ceci étant, comme le loquet ne tient pas bien, j’ai décidé de retirer le film, mais comment le rembobiner ?

C’est sur le site de Collection-appareils que j’ai, heureusement, trouvé le mode d’emploi dont le lien est ICI.

Premier constat, il faut de bons ongles pour tirer sur le minuscule bouton strié qui est sur la tranche. Une fois qu’on y est arrivé (plus ou moins 0,5cm de retrait), il faut encore le tourner d’un quart de tour pour débrayer le système.

Vue d'un appareil photo vintage Babysem avec un design rétro et une finition en métal, posé sur une surface texturée, avec une figurine en arrière-plan.

Enfin, là on pourra rembobiner en tournant la grosse molette à gauche dans le sens de la flèche. Ce qui a pour conséquence de réinitialiser aussi le compteur de vue (c’est d’ailleurs comme ça que j’ai compris que le film était presque arrivé en fin de course).

Le réglage de la distance se fait avec la rotation de la lentille, non crantée, de 75cm à l’infini.

La vitesse se règle elle grâce à la roue striée derrière la lentille, de la pose B – 1/15s – 1/30s – 1/60s – 1/125s – 1/250s. Un filetage est prévu, en dessous du déclencheur, pour y fixer un câble.

Enfin, l’ouverture se règle avec une tirette située sous l’optique, de f2,8 à f22.

Appareil photo Babysem avec un design rétro, incluant un objectif Som Berthiot de 45mm, monté sur une surface texturée grise et une bande rouge.

Le flash, très rare, se fixe sur le dessus, dans les 2 broches prévues et un câble le relie au bloc optique/obturateur.

Comme je le signalais plus haut, il n’y a pas de déclencheur sur le capot. SEM utilise ici un vieux système, comme sur les anciens folding : on arme avec une tirette, on déclenche avec une autre située autour de l’obturateur. Simple, efficace et moins sophistiqué à produire qu’un autre système.

Autre bizarrerie, le bouton placé en façade, sur lequel il faut appuyer après chaque photo pour permettre d’avancer d’une vue. C’est une idée simple pour éviter la double exposition mais guère pratique dans l’absolu. Il faut donc appuyer sur ce bouton, tourner la grosse molette d’avancement, relâcher le bouton tout en continuant à tourner jusqu’à ce que celui-ci se bloque, puis vous pourrez faire une autre photo. On a connu plus simple dans les années soixante !

Le compteur de vue doit être initialisé sur 20 ou 36 manuellement. Il fonctionne par décompte des déclenchements.

Que penser de cet appareil ?

Tout en alliage d’aluminium, il a quelque chose de rassurant car il donne cette impression de solidité que confère le métal.

Cependant, les défauts sont nombreux :

  • viseur réduit à sa plus simple expression, un chat d’aiguille : on devine plus qu’on ne voit ce que l’on va photographier
  • le loquet de blocage du dos gagne du jeu avec le temps, rendant l’appareil moins étanche aux fuites de lumières
  • les réglages sont minimalistes et on ne peut rien contrôler (ouverture, vitesse, sensibilité)

Ceci dit, la prise en main n’est pas mauvaise et les réglages sont bien disposés, sauf ce f…. bouton pour débrayer l’enroulement en vue du rembobinage.

Dans son beau sac tout prêt en cuir, il a belle allure et vous pouvez alors le porter autour du cou car la lanière est sur ce dernier, pas sur le boitier.

En conclusion, c’est un appareil rare mais qui n’a pas une grande cote (50€ avec sa gaine en bon état). Il fait partie de ces boitiers intéressants à posséder en collection car il est le reflet d’une époque.

Vidéo d’illustration.

Un peu de technique.

Année 1960

Objectif : Som Berthiot 45mm ouvrant à f2,8, anastigmat

Obturateur central en Iris OREC de 1/15s au 1/250s plus pose B

Format : 24 x 36 mm

Viseur de type Galliée

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1030-Sem_Babysem.html, http://clicclac1.free.fr/old/Appareils_francais/SEM/Baby.htm, https://www.lesappareilsphotographiques.com/sem-p-186.html, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_S_1017.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12921-Photo-Hall_Baby%20Sem.html, http://glangl1.free.fr/Liste-Sem.html, https://stereoantica.com/sem-baby-sem/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_des_%C3%A9tablissements_modernes_de_m%C3%A9canique, https://collection.click-clack.fr/sem-histoire-et-publicites/, https://www.mes-appareils-photos.fr/SEM.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1079-Sem_Baby%20Sem.html en français ; https://cameracollector.net/sem-kim-baby-sem/, en anglais.