Les nouveautés en un lieu

Le Pentax 17, enfin là !

Préambule.

Ah celui-là on n’en finissait plus de l’attendre … de teasings en déclarations bien orchestrées, Ricoh – Pentax a su ménager le suspens de son nouvel argentique pendant plus de … deux ans.

Les videos de l’histoire.

Depuis 2022, Pentax nous tenait en haleine avec son « Pentax Film Project » dont voici les videos, distribuées avec parcimonie dans le temps.

Notons, pour les impatients chroniques, que depuis 24 ans Pentax n’avait plus commis un appareil argentique, cela relativise les choses.

Présentation du Pentax 17.

Bien. Sans doute – comme moi – espériez-vous un reflex ?

Ce sera un compact en demi-format, na !

Bon, pour ceux qui n’ont pas tout suivi, je reprends.

Si vous lisez le blog de l’Atelier de JP c’est que l’argentique vous titille, soit parce que vous avez envie d’y revenir, soit parce que vous voulez le découvrir.

De fait, quand on a essayé de l’enterrer sans tambours ni trompettes, beaucoup ont pensé, au tournant des années 2000 que la photographie argentique c’était bel et bien terminé, le numérique allait tout balayer sur son passage.

Mais voilà, la rigueur pointue du numérique, la froideur du binaire, le renouvellement accéléré des appareils et des gammes, l’angoissante perfection des images, les prix qui ne cessent de monter, … bref, tout cela a favorisé un retour certain à d’autres concepts et d’autres méthodes photographiques. Dont le retour à l’argentique.

Déjà les Fujifilm X100 avaient fait tressauter le tout photographique avec ses boitiers au look résolument néo-rétro que le public s’arrache. Même les plus grands s’y étaient ensuite lancés, comme Nikon (Zf et consorts), Leica avec sa gamme M, par exemple.

Tiens, Leica a aussi relancé un M argentique, le M6 en octobre 2022, si ma mémoire est bonne !

C’est un fait avéré, l’argentique n’est pas (encore) mort et c’est sans doute une bonne chose.

Mais à qui peut bien s’adresser ce vieux médium ?

Comme je l’écrivais plus haut, à ceux qui, comme votre serviteur, ont commencé la photographie dans les sels d’halogénure d’argent. Puis, même si cela peut paraître étonnant, à la génération « TikTok » qui trouve que le smartphone c’est bien mais ça ne répond pas à toutes leurs attentes.

Soyons clairs, ce retour à l’argentique concerne peu ou pas du tout les professionnels de la photo (sauf pour les travaux personnels et artistiques), il s’adresse essentiellement aux amateurs, parfois exigeants mais pour qui la photographie est un hobby.

Alors hormis Leica qui ne fait jamais rien comme les autres, un retour à des appareils « à films » se fait par le biais d’un appareil facile à utiliser et à comprendre.

D’où le choix de ce format du compact, comme dans les années nonante – deux-mille, mais avec un design plus rétro, à mi-chemin entre les anciens télémétriques et les autofocus des années quatre-vingt. Nostalgie, nostalgie … quand tu fais vendre !

Pentax a aussi tenu compte du prix des films actuels. C’est ce qui a, semble-t-il, motivé le choix du demi-format. Comme en leur temps les Olympus Pen F et déclinaisons, le Canon Demi, le Fuji Demi-format, le Ricoh Auto Half, etc., il propose de réaliser 48 ou 72 photos sur un film de respectivement 24 et 36 vues.

film 24×36 par rapport au demi-format 17×24

A cela s’ajoute la dimension ludique de construire de mini-histoires avec vos 2 demi-photos. Il faut juste être patient avant de terminer le film.

Une autre raison, pour les enfants élevés au Smartphone, l’appareil tenu horizontalement fera des photos … verticales, comme avec votre téléphone. Il faudra le mettre à la verticale pour les photos horizontales !

Voyons voir l’engin de plus près …

Source : Pentax

Un viseur au milieu, un levier d’armement, un réglage pour les programmes à côté du déclencheur, une bobine pour rembobiner, un correcteur d’exposition à côté, un sélecteur de sensibilité pour la cellule, un petit flash intégré et sur l’objectif, des réglages par zones.

Normalement de bons éléments pour maitriser son appareil.

Reprenons les points énumérés :

L’objectif est un fixe de 25mm basé sur celui du Pentax Espio Mini de 1994 (un triplet). Il a évidemment été mis à jour notamment pour le demi-format (il offre l’équivalent d’un 37mm en 24×36), avec un nouveau traitement multicouche pour améliorer le piqué et la luminosité. C’est un petit objectif « à tout faire », du portrait ou paysage en passant par la rue. Son ouverture varie de f3,5 à f16 mais ce n’est pas vous qui déciderez, les valeurs sont automatiquement définies par l’appareil en mode automatique.

Dans l’objectif, un obturateur électronique géré automatiquement. L’avantage de cette implémentation est double : d’abord pas de vibration lors du déclenchement et il sera très discret.

La mise au point se fait par zones sur l’objectif :

Source : Pentax

C’est un procédé ancien, qui a fait ses preuves : quasi tous les compacts non télémétriques des années septante et suivantes utilisaient ce système simple et efficace.

  • une fleur ou macro pour faire la mise au point de 0,24 à 0,26 mètres, cette zone est parfaite pour capturer des photos finement détaillées de petits objets, tels que des fleurs ou de petits objets, ou pour créer des images macro spectaculaires.
  • image de couverts ou photo de table pour régler la mise au point de 0,47 à 0,54 mètres. Cette zone est parfaite pour capturer des photos de table dans des endroits tels que des cafés et des restaurants.
  • un personnage pour régler la mise au point de 1,0 à 1,4 mètres. Cette zone est utile pour capturer des photos en gros plan d’amis ou de groupes.
  • groupe de 2 personnes pour régler la mise au point de 1,4 à 2,2 mètres, ce qui la rend pratique pour prendre des instantanés occasionnels d’effets personnels à une distance agréable à regarder.
  • un groupe de personnes pour régler la mise au point de 2,1 à 5,3 mètres, ce qui la rend utile pour la photographie à moyenne portée, comme les photos de groupe.
  • la montagne pour régler la mise au point de 5,1 mètres à l’infini, ce qui la rend idéale pour la photographie panoramique et la prise de vue longue distance.

Heureusement, dans le viseur, ils ont prévu un cadre avec correction de la parallaxe pour les mises au point rapprochées.

A côté du viseur, deux témoins lumineux intéressants : si vous avez oublié le capuchon sur l’objectif (si, si, ça arrive même aux meilleurs !), si votre film est mal accroché, si vous réglez par inadvertance la zone de mise au point sur macro ou table, ils clignoteront pour vous avertir de l’anomalie. Utile certainement.

Le réglage de la sensibilité fait appel à un bon vieux système : vous soulevez la molette et réglez selon la sensibilité du film, manuellement, de 50 à 3200 Iso. Doit-on regretter les Asa ?

En dessous de cette molette vous apercevez le réglage de la compensation d’exposition, de -2 à +2. Bien vu notamment en cas de contre-jour.

Les éléments, je trouve, naviguent constamment entre passé et modernité …

Par exemple, les 7 modes de prise de vue qui rappellent furieusement les compacts des années nonante.

1 – Mode entièrement automatique Le PENTAX 17 est doté d’un mécanisme de mise au point panoramique avec un point de mise au point fixe, tandis que le flash se décharge automatiquement dans les endroits mal éclairés. Ce mode permet de prendre des photos de manière plus décontractée et sans effort, sans se soucier du fonctionnement de l’appareil photo.2 – Mode standard. Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, tandis que l’appareil photo ajuste l’exposition au niveau approprié. Comme le flash ne se déclenche pas, ce mode est très utile en photographie de jour.  3 – Mode vitesse lente. Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée sans décharge de flash, ce qui le rend idéal pour la photographie au crépuscule.   
4 – Ouverture maximale
mode prioritaire
. Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, sans déclenchement du flash. L’appareil photo définit automatiquement la plus grande ouverture disponible pour une scène donnée.
5 – Pose B. Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée sans déclenchement du flash. Ceci s’avère pratique pour les sujets nécessitant des expositions prolongées, tels que des traces lumineuses ou des feux d’artifice. L’utilisation du câble interrupteur CS-205 (accessoire en option) et d’un trépied est recommandée lors de l’utilisation de ce mode.
6- Mode de synchronisation de la lumière du jour
Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, l’appareil photo sélectionnant les paramètres d’exposition optimaux. Étant donné que le flash se décharge, il est idéal pour les photographies prises à contre-jour ou dans des endroits mal éclairés.

7 – Mode de synchronisation à vitesse lente
Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, l’appareil photo déclenchant une décharge de flash. Ceci est utile dans les situations où vous souhaitez éclairer vivement un sujet au premier plan tout en conservant l’ambiance d’un paysage nocturne ou d’un crépuscule en arrière-plan.
Source : Pentax

La hantise des photographes amateurs était, semble-t-il, l’accrochage du film. Les fabricants se sont fendus de quelques inventions couvertes par brevets pour leur faciliter la vie. Chez Pentax, ils ont gardé ces bonnes habitudes : vous ouvrez le dos de l’appareil, vous déposez le film dans la chambre, vous tirez légèrement sur l’amorce du film pour l’amener au dessus d’une marque orange, armez/déclenchez une fois, puis vous refermez le dos et armez/déclenchez jusqu’à la première image (le compteur se remet à zéro à l’ouverture). Et quand votre pellicule sera terminée, comme avant, vous appuierez sur le petit bouton niché dans la semelle, sortirez la manivelle et commencerez à rembobiner jusqu’à sentir le film se détacher de la bobine réceptrice. Tout un doigté oublié …

Chez Pentax ils ont même poussé le bouchon plus loin : le cadre collé sur le dos vous permet, comme autrefois, de glisser un morceau de votre boite de film, en guise de mémo.

Une remarque que l’on pouvait faire, dans les années nonante, c’était le manque de tenue des compacts avec leur design souvent lise (Olympus Mju par exemple). Quelques uns avaient la bonne idée d’un petit bossage afin d’améliorer la tenue en mains mais au détriment alors de la compacité. Ici ils ont gardé cette astuce, qui contient aussi le compartiment à pile, une CR2.

Que penser de l’appareil .

Je pense que Pentax a soigné son nouvel appareil : son design est agréable, il semble bien fini avec une construction en alliage de magnésium aux reflets « champagne » et plastique. Les solutions retenues ne révolutionnent pas le boitier mais le rendent facile à utiliser (même sans mode d’emploi).

La solution du demi-format ravira les explorateurs de la chose photographique et ceux qui doivent faire attention à leur budget. Cependant, à l’époque, il était courant de trouver des films en 12 ou 24 vues, qu’il n’était pas trop long de terminer en devenant des 24 ou 48 images.

Mais 72 vues, que c’est long ! Et l’autre péril, c’est que d’aucuns auront tendance à déclencher, déclencher encore et encore, ne voyant pas la fin du film et retombant dans les travers du numérique. Plus aussi économique que ça dès lors …

Ensuite, ce qui m’ennuie c’est d’avoir sacrifié l’autofocus pour un vieux système de zone focus. C’est dommage car il le méritait bien.

Ça me gène moins d’avoir sacrifié le petit moteur qui animait les appareils des années quatre-vingt et nonante. Je trouve en effet que le levier d’armement à un charme fou, et puis il y a cette sensation lorsqu’on arme un appareil argentique : sentir la mécanique vivre sous ses doigts.

Bon, si je résume : Pentax nous offre un appareil sympa, bien fini, astucieux et simple d’utilisation.

Mais à 549€, prix de lancement, je ne comprends plus !

Dans les brocantes, les vides-greniers, les petites annonces, les bourses, vous trouverez des appareils de la fin des années nonante bien plus complets pour à peine 50€ maximum (comptez plutôt 20€ en général – voir la rubrique « et les autres »).

D’accord, nous sommes loin des 5000€ réclamé par Leica pour son M6 mais quand même, 549€ pour le Pentax 17, moi je dis non.

Video d’illustration.

Un peu de technique.

Voici les caractéristiques détaillées du Pentax 17 :

  • Format couvert : 17 x 24 mm
  • Pellicules acceptées : 35 mm
  • Vseur optique : viseur à cadre clair Albada, +/- 80 %, 0,38x
  • Autofocus : non.
  • Mise au point : manuelle avec 6 zones de mise au point
  • Mesure exposition : 1,5 à 16,5 IL
  • Obturation : de 4 sec à 1/350 s 
  • Optique : 25 mm f/3,5
  • Construction optique : 3 éléments en 3 groupes
  • Angle de champ : 61°
  • Réglage sensibilité ISA : de 50 à 3200 ASA
  • Synchro flash : oui
  • Flash intégré : oui
  • Connectivité : prise de déclencheur à distance (ø 2,5 mm)
  • Alimentation : 1 pile CR2
  • Tropicalisation : non mais résiste de – 10 à + 40 °C
  • Dimensions : 137 x 104 x 195 mm (L x H x P)
  • Poids : 535 g

Des références.

https://phototrend.fr/2024/06/pentax-17-compact-argentique-moderne/, https://benber.fr/pentax-17-face-argentiques-occasion/, https://phototrend.fr/2024/06/pentax-17-compact-argentique-moderne/, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/pentax-lance-un-compact-argentique-qui-fait-des-photos-en-vertical-n223027.html, https://vivre-de-la-photo.fr/pentax-17-un-voyage-nostalgique-dans-le-monde-de-largentique/, https://global.techradar.com/fr-fr/cameras/pentax-17-la-societe-fait-revivre-lanalogique-avec-son-premier-appareil-photo-argentique-depuis-plus-de-20-ans, https://pentax.eu/fr/pages/pentax17-filmcamera_details, https://phototrend.fr/2024/03/pentax-film-project-appareil-photo-format-vertical/ en français ; https://www.ricoh-imaging.co.jp/english/pentax/filmproject/, en anglais

Argentique

Le Zeiss Ikon Nettar 515/2

Encore un matin chagrin sur les bords du canal à Charleroi. C’est la brocante des Quais et les malheureux exposants ont du attendre qu’il soit 9h30 pour commencer à déballer, les trompes d’eau du petit matin les ayant fait se réfugier dans leurs véhicules respectifs (eh oui, à 4h00 du matin, même à Charleroi, les estaminets sont fermés !).

Ils étaient finalement peu nombreux, en tout cas bien moins que les fastes années que cette brocante, pourtant réputée, a pu compter.

Mais en déambulant sans trop d’espoir, je me suis arrêté sur un stand où un Monsieur sympathique vendait un vieil appareil Zeiss Ikon.

On ne peut pas dire que chez Zeiss Ikon ils aient été débordant d’imagination pour leurs différents modèles.

Il y a les Zeiss Ikon Nettar, les Zeiss Ikon Ikonta, les Super Ikonta, les Zeiss Ikon M, par exemple et pour ne citer que quelques appareils dits « folding », c’est-à-dire à soufflet.

Ah, ils les ont déclinés à toutes les sauces, en changeant les numéros : 521/2, 518/16, 531/2, 521/16, etc.

Franchement, je pense que même eux ne s’y retrouvent pas, d’autant que si vous avez lu les quelques articles que j’ai déjà consacré à la marque, il y eut la guerre de 40-45 qui vint tout bouleverser, puis le rideau de fer et les déchirantes divisions que cela a impliqué, même pour les sociétés.

Tout ça pour dire que j’ai déjà évoqué le Zeiss Ikon Nettar mais il s’agissait du Nettar II 518/16.

Et là je me cite (non, non, tout va bien docteur) : « Le premier Nettar est apparu sur le marché en 1934, sous le numéro 510 car sans doute la firme avait-elle déjà prévu une gamme complète pour ces appareils. Tout comme elle l’avait fait avec l’Ikonta.

De toute manière, le Nettar, […], utilise le même boitier que l’Ikonta (520/2). Ce qui va changer, c’est l’optique et l’obturateur.

De fait, après le 510, il y eut un 510/2 en 1936 (6×9), puis un 515 en 1937, un 516, etc.

J’ai envie d’écrire que « comme d’habitude », Zeiss va fabriquer sa gamme avec différents obturateurs et optiques avec une progression dans les prix, évidemment. Ainsi un Nettar livré avec un Tessar et un Prontor valait quatre fois le prix du même appareil livré avec un Nettar et un Derval« .

C’est ici que je voulais en venir car ce « nouveau » Nettar est équipé du fameux Tessar 105 mm ouvrant à f4,5 (jusque f32) et d’un obturateur Prontor (1s – 1/250s et pose B, retardateur).

En plus, j’ai eu la chance de l’acquérir avec deux accessoires rares : le viseur séparé et un porte-filtres avec les 3 filtres vert – jaune – orangé dans leur pochette en cuir bleu. La preuve de dédouanement (1953 !), sa gaine en cuir « spéciale » made in Belgium, un déclencheur souple complètent l’appareil, qui est dans un superbe état.

Pour une fois je vous épargnerai l’histoire et l’Histoire de cet appareil (je vous ai déjà fait le coup avec ceux cités plus haut) mais juste vous faire une galerie de photos de ce bel appareil et de ses accessoires.

Dernier détail : il y avait un vieux film terminé dans la chambre ! Que je ferai développer et s’il y a quelque chose sur le film, les photos seront dans les « photos oubliées ».

C’est toujours un très bel appareil, bien construit, facile d’utilisation avec sa mise au point avec les « points rouges » (voir les explications dans l’article sur le Zeiss Ikon Ikonta C 521/2).

La qualité optique est au rendez-vous et vous pourrez voir LA quelques exemples d’images captées avec ce type d’appareil.

Si vous vous en souvenez, la gamme Ikonta était réservée aux professionnels et aux amateurs très avertis (et riches) tandis que le Nettar était un très bel entrée de gamme destiné aux amateurs.

Ceux équipés d’un Tessar sont rares car ils étaient les plus chers à l’époque. Donc, si vous en trouvez un, la négociation sera âpre pour le faire descendre à 50€. Equipé des accessoires de celui-ci, un Zeiss Ikon Nettar Tessar 105 ouvrant à f4,5 avec obturateur Compur se négociera dans les 90€.

Même à ce prix-là, vous entrerez dans la famille des moyens formats à coût raisonnable, avec de l’excellent matériel et, petit avantage, sous un gabarit minimaliste, fermé.

Quelques données techniques :

Zeiss Ikon Nettar 515/2

Année de sortie : 1933 (et toujours vendu tel quel en 1953 au moins !)

Format du film : rouleaux de film 120 (8 expositions 6 × 9 cm)

Viseurs : viseur optique à vision indirecte sur l’objectif, viseur rapide sur le capot

Objectifs et obturateurs avant et pendant la guerre :

  • Nettar 105mm ouvrant à f7,7 avec obturateur Derval
  • Nettar 105mm ouvrant à f6,3 avec obturateur Nettar, Derval, Telma ou Klio
  • Nettar 110mm ouvrant à f4,5 avec obturateur Telma, Klio, Compur ou Compur-Rapid
  • Nettar 105mm ouvrant à f3,5 avec obturateur Compur-Rapid
  • Novar Anastigmat 105mm ouvrant à f6,3 avec obturateur Compur-Rapid
  • Novar Anastigmat 110mm ouvrant à f4,5 avec obturateur Telma
  • Tessar 105mm ouvrant à f4,5 avec obturateur Compur ou Compur-Rapid.

Après-guerre :

  • Novar Anastigmat 105mm ouvrant à f6,3 avec obturateur Vario
  • Novar Anastigmat 105mm ouvrant à f4,5 avec obturateur Pronto ou Prontor

Dimensions (plié) : 155 x 80 x 42 mm

Poids : 650 Grammes

Pour vous donner une idée de la famille Nettar :

1 Folding (soufflet) vertical

  • 1.1 Nettar 510 (6×4,5cm)
  • 1.2 Nettar 510/2 (6x9cm)
  • 1.3 Nettar 515 (6×4,5cm)
  • 1.4 Nettar 515/2 (6x9cm)
  • 1.5 Nettar 516 (6×4,5cm)
  • 1.6 Nettar 516/2 (6x9cm)
  • 1.7 Nettar 517/2 (6x9cm)
  • 1.8 Nettar 518/2 (6x9cm)

2 Folding (soufflet) horizontal

  • 2.1 Nettar 515/16 (6x6cm)
  • 2.2 Nettar 516/16 (6x6cm)
  • 2.3 Nettar II 517/16 (6x6cm)
  • 2.4 Nettar II 518/16 (6x6cm)

Argentique

Le Minolta 9000 AF – Minolta Maxxum 9000 – Minolta α – 9000

Préambule.

Vous le savez – je l’écris assez souvent – je ne suis pas collectionneur, simplement curieux d’un tas d’appareil que j’ai pu connaître, dont certains qui me faisaient rêver à mes début de photographe, et surtout de ceux que je ne connais pas, pour le plaisir de la découverte. Deux siècles de photographie, ça laisse de quoi se passionner un (long) moment !

Cependant, il y a quand même quelques appareils que je voulais acquérir, pour les garder et les utiliser quelque fois, quand j’ai le temps de l’argentique, plus lent, plus réfléchi, plus exigeant aussi.

Parmi ceux-ci (je crains que la liste en soit pas exhaustive), il y a le Canon A-1, le Rolleiflex, le Yashica Mat 124 G, le Nikkormat FTn, le Nikon F2, le Mamiya 645 Super et ce Minolta 9000 AF.

Je pense aussi l’avoir déjà écris, je trouve que la marque Minolta est trop vite tombée dans les oubliettes de l’histoire photographique, parce que trop précocement disparue. Pourtant elle a écris quelques belles pages de cette histoire qui nous fait frémir, comme ce premier autofocus au monde, le 7000 AF, comme les SR-1 et 7, le Srt 101(un succès phénoménal), comme le XG-7 et son grand-frère, le XD-7, le Dynax 5, les Hi-Matic, le Minolta CL, les premiers appareils digitaux, … il y en eut tant.

Celui-ci je l’ai acquis grâce à la collection pour laquelle j’ai commis un article. Et je le voulais vraiment car c’est le summum de son époque (soyons fou, je rêve aussi du Minolta Alpha 9 de 1998).

Un peu d’histoire.

Pour une fois, je vais la faire courte … car je l’ai déjà écrite dans les articles consacrés aux Minolta sur le site. Et puis le travail de Monsieur Suaudeau à ce sujet est remarquable et il ne sert à rien de réinventer la roue !

Donc, pour résumer très fort, la société à débuté la construction d’appareils photo en 1929 au Japon pour cesser de le faire en 2003, date à laquelle elle fusionne avec Konica. Mais la fin des appareils photo Minolta c’est en 2006 qu’elle est entérinée, avec la vente des brevets et technologies de ses optiques et réflex à Sony … qui les laissera encore vivre un moment en rebaptisant les Dynax en Alpha.

La marque a copié pas mal d’appareils allemands à ses débuts (comme tous les autres) mais elle a assez rapidement présenté des modèles innovant, tant en TLR (appareils à double objectifs) qu’en télémètres à objectifs fixes ou interchangeables et en reflex. Elle fut d’ailleurs, des années quatre-vingt à nonante, le leader absolu dans ce dernier domaine. Sa seule « erreur » fut de ne jamais être parvenue à investir le monde des reflex professionnels, dominé par Nikon et Canon. Elle avait pourtant des appareils souvent plus avancés technologiquement mais elle a manqué de visibilité, le marché des professionnels tirant vers le haut les ventes de reflex haut de gamme, plus rentable.

Paradoxe, elle était toutefois la marque qui vendait le plus aux amateurs désireux de posséder un reflex « facile », grâce à la technologie sous-jacente, et d’excellente qualité photographique.

Elle eut aussi le tort d’être (encore) dans les pionniers du numérique (1995), mais le marché n’était pas encore prêt et sa trésorerie n’a pas tenu le coup malgré des progrès significatifs dans les ventes.

Comme je l’écrivais plus haut, des années soixante à septante, c’est Nikon qui occupait le marché des reflex pro grâce à son F (1959) simple mais quasi indestructible.

Dans les années septante, Canon y met un pied grâce à son F-1, plus sophistiqué et presque aussi solide.

Des professionnels utilisaient bien du Minolta, en second boitier, au même titre que les Pentax Spotmatic par exemple. Un peu comme les derniers remparts ou ceux que l’on pouvait sacrifier si besoin …

Mais ce qu’ils voulaient chez Minolta, c’était proposer du matériel pro qui pourrait rivaliser avec les F2 de Nikon et les F-1 de Canon. Alors ils ont sorti un appareil innovant, avec un obturateur électronique et le calcul de l’exposition automatique, le Minolta XM.

Hélas, encore une fois, ils ont eu raison trop tôt : les professionnels y viendront plus tard … avec Nikon et Canon !

La frilosité des rédactions des journaux devant du matériel non encore éprouvé fut le principal frein.

Finalement Minolta devient le best-seller des amateurs – experts à qui il offrait de constante évolution, comme sur les XD-7 et XD-11 qui proposaient plusieurs modes d’exposition, avant de proposer le X-700 MPS qui avait déjà un mode programme.

Présentation du Minolta 9000 AF.

Enfin vint le Minolta 7000 AF, en février 1985, le premier reflex autofocus au monde avec les optiques dédiées, proposant de multiples modes d’exposition, un moteur intégré et un autofocus fiable.

Un coup d’éclat, qui entrainait une rupture dans ce que la marque proposait, et vis-à-vis de la concurrence aussi. Tout le monde fourbissait depuis quelques années de velléités pour l’autofocus et Minolta a coiffé tout le monde sur le poteau, confortant sa position de leader, toujours chez les amateurs exigeants.

Et pourtant ceux-ci ont râlé dans un premier temps car le nouvel appareil utilisait aussi une toute nouvelle monture, la A : une came située sur l’appareil assurait un contact mécanique avec l’objectif et 5 contacts électriques assuraient un contact électrique avec une puce située dans le fut de l’objectif et qui donnait des informations sur la distance focale, l’ouverture maximale et minimale. Plus tard, 3 autres contacts seront ajoutés pour contrôler les moteurs internes des objectifs et les informations de distance de mise au point pour la gestion de l’exposition au flash.

Ce que l’on sait moins c’est que toujours obsédé par leur volonté de proposer du matériel professionnel, chez Minolta ils avaient aussi développé un autre appareil, avant même le 7000, qui sera aussi lancé en 1985 mais un peu plus tard que le 7000, la cible n’étant pas la même et dans ce cas, le marketing a toujours raison !

Voici donc le Minolta 9000 AF, la version professionnelle : il perd le moteur intégré pour garder un bon vieux levier d’armement, très silencieux (plus que le moteur en tout cas), bien qu’il soit motorisable grâce à un « winder » bien plus svelte que le moteur du 7000 et qui propose une mise au point automatique et un autofocus fiable.

Que l’on ne s’y trompe pas, ce Minolta 9000 AF ou Maxxum 9000, ou α-9000 est une première mondiale : celle de la proposition d’un appareil professionnel qui fera la transition entre les appareils électro-mécaniques et ceux de la nouvelle génération en devenir, tout électroniques. Il a déjà tout : autofocus fiable, motorisation optionnelle, mode programmes et manuel mais il laisse encore la part belle au photographe.

L’engin dégage quelque chose de solide : le corps est entièrement métallique et sa robe noire, exclusivement, son poids (710 gr nu), son ergonomie qui oscille encore entre tradition (manivelle de rembobinage) et modernité (cadran à cristaux liquide).

Alimenté par 2 piles AA très communes, il est économe et facile à mettre en œuvre, partout dans le monde. Vous pouviez opter pour un winder (un armement automatique, le AW-90 ), ou un « vrai » moteur offrant jusqu’à 5i/s (le MD 90 qui pouvait être équipé soit du pack batterie BP-90M alimenté par 12 piles de type AA, soit d’un pack Ni-CD, le NP-90M).

Des dos interchangeables permettent l’impression de données sur le film (date par exemple), une mesure multi-spot, avec une pondération automatique en option par moyenne (Average), centrale (Center), haute lumière (Highlicht) et ombre (Ombre) ainsi que des courbes de programmes définissables par le photographe ou ajoutent des mode d’exposition supplémentaires, voire même un dos qui permet d’utiliser des films de 100 vues dans des cassettes spéciales. Les différents dos fournissent encore le bracketing automatique.

Plus fort, le dos SB-90 ou SB-90S permet même la capture … numérique sur disquette ! Heu, avouons qu’il n’était guère pratique : très gros, la résolution offerte était de 640x480px (0,38mpx) avec un recadrage 4x et il fallait retirer le miroir pour l’installer. Disons qu’il avait le mérite de marquer les esprits !

Son obturateur, à rideau métallique vertical contrôlé électroniquement, est capable d’un temps d’exposition de 30s à un extrêmement court 1/4000s , ainsi que d’une synchronisation flash jusqu’à 1/250s tant en mode programme que manuel et priorité à l’ouverture (mode A) ou priorité vitesse (mode S).

La cellule (le posemètre en fait) permet la gamme habituelle des modes d’expositions telles que nous les connaissons : automatique, priorité vitesse, priorité ouverture et manuel. La mesure est intégrale à prédominance centrale ou spot, que l’on peut encore affiner en utilisant la mémoire d’exposition pour corriger jusqu’à 2,3 Ev.

L’autofocus permet une mise au point rapide tant sur les sujets statiques que sur ceux en mouvement grâce à une mise au point continue.

Comme tout bon appareil destiné aux professionnels, le Minolta 9000 AF accepte toute une série de verre de visée différents, un bouton pour l’aperçu de profondeur de champ, le viseur éclairé et un oculaire intégré pour éviter les lumières latérales lors de la visée.

Bien évidemment, il est compatible avec les accessoires Minolta AF : la gamme complète des objectifs à monture A, les flashs et les dos pour lesquels nous avons déjà écris un mot.

Un mot sur l’ergonomie de l’engin, car Minolta voulait vraiment que cet appareil soit destiné aux habitudes, voire aux manies des photographes professionnels.

Ainsi la question des commandes. Sur les reflex embarquant de l’électronique, les différents fabricants tâtonnaient encore pour proposer la meilleure formule. Par exemple, Pentax avait lancé, en 1979, les boutons-poussoirs (Pentax ME Super), que Minolta a repris sur le 7000 AF.

L’ennui avec ces boutons-poussoirs, c’est le manque de retour « tactile » : l’ai-je bien enfoncé ou pas ?

Pour contourner cette difficulté, sur le Minolta 9000 AF, on inaugure des interrupteurs à bascule, pour les boutons de vitesse ou, sur la monture de l’objectif, pour les ouvertures. Et puis il y a la molette de mode et l’écran LCD.

Cette grosse molette, autour de l’affichage à cristaux liquides, permet de choisir les modes : programme priorité vitesse ou ouverture, manuel. De l’autre côté, un sélecteur rotatif permet de choisir entre la mesure globale ou 3 modes de mesure spot (normal, privilégiant les hautes lumières ou privilégiant les basses lumières).

Tout ne sera pas retenu par la suite mais il faut avouer qu’ils avaient tenté de tout bien penser pour le confort du photographe.

Seul Canon, avec sa gamme EOS, va installer un standard qui sera mainte fois copié avec sa roue codeuse et son trèfle pour sélectionner les modes de photographie (roue PSAM)

Et puis il y a cette singularité, que j’ai évoquée rapidement mais qui doit retenir notre attention : le 9000 AF est le seul reflex autofocus qui bénéficie d’un levier pour armer l’obturateur et faire avancer le film et il est aussi le seul à encore posséder une manivelle pour le rembobinage.

A elle seule elle mérite le détour : on tire sur le bouton rond, qui est de fait la « manivelle » et on désaxe celle-ci pour en faire la manivelle de rembobinage la plus confortable que je connaisse. Et, petite astuce, elle est munie d’un minuscule point blanc, qui vous indique que le film est bien accroché car il tourne avec l’avance du film.

Bon, voyons voir concrètement comment fonctionne ce Minolta.

A côté du levier d’armement, vous avez un petit interrupteur ON/OFF et une troisième position qui active les bips qui indiquent si la mise au point est correcte.

A côté du levier d’armement toujours, la molette qui entoure l’écran LCD. Sur cet écran vous verrez les indications de vitesse, d’ouverture, le nombre de photo, l’état de la pile. Il est moins complet que les indications que vous aurez dans le viseur, partant du principe que le photographe doit avoir toutes les informations devant les yeux, directement.

Personnellement, je regrette la touche du déclencheur, affleurante et pas facile à percevoir mais d’une grande douceur et, surtout, discret.

La plage de vitesse est large : de 30 secondes à 1/4000 de seconde par pas d’un ou d’un demi-arrêt selon le mode d’exposition. Les modes d’exposition sont les suivants : manuel, programme de défilement, priorité ouverture et vitesse. Ils sont sélectionnés en faisant tourner un grand disque situé à droite du pentaprisme, qui possède en son centre un panneau d’information LCD qui fournit curieusement moins d’informations que le viseur intérieur.

Viseur lumineux, qui couvre 94% de l’image totale, qui possède un correcteur dioptrique et un rideau pour éviter les entrées de lumière en cas de pose longue (comme sur le F-1 de Canon).

Les commandes dans le viseur s’allument automatiquement si la luminosité est faible. Il renseigne sur le mode d’exposition, la vitesse, l’ouverture, la sensibilité du film, la valeur du la compensation d’exposition, l’échelle de mesure de l’exposition en mode manuel et le mode de mesure. Comme je l’écrivais, pas besoin de quitter le viseur des yeux pour savoir maîtriser l’appareil.

De l’autre côté du prisme, la molette qui permet de sélectionner le type de mesure : à côté de la mesure SPOT il y a deux lettres, H pour highlights ou hautes lumières et S pour shadows ou ombre. La mesure dans ce cas continue d’être spécifique, mais en appuyant sur le bouton AEL (verrouillage de la mesure) deux choses se produisent simultanément : la mesure varie en 2 stops, sur ou sous-exposition selon qu’il s’agit de hautes lumières ou d’ombres, et ladite mesure est verrouillée. La position AVERAGE est celle de la mesure intégrale avec pondération centrale. C’est très bien pensé et pratique.

Toujours près de cette molette, un petit bouton marqué +/- qui permet de régler la compensation d’exposition et un second, pour le réglage de la sensibilité (Iso). La plage de compensation est de 4 niveaux de haut en bas, échelonnés par demi-arrêt, et la plage de sensibilité ISO réglable manuellement est comprise entre 6 et 6 400 (25 à 5 000 avec le code DX).

Que nous propose encore le 9000 AF ? La possibilité de faire des multi-expositions, une connexion pour le déclenchement par câble ou une télécommande, un retardateur électronique d’environ 10 secondes, le contrôle du flash TTL, l’indication du temps passé en pose B, le passage automatique en vitesse de synchro avec un flash dédié.

Que penser de ce Minolta 9000 AF ?

Incontestablement, Minolta a mis les petits plats dans les grands avec cet appareil.

Pour son époque, il était incontestablement le plus sophistiqué et l’un des mieux pensés.

Aujourd’hui, nous qui sommes habitués à des autofocus qui voient à la limite plus vite que nous (AF prédictif), allons trouver que l’autofocus du 9000 AF est poussif.

A l’époque aussi, les photo reporters spécialisés dans le sport lui ont fait le même reproche et ils devront attendre 1988 pour le Nikon F4 ou 1989 pour le Canon Eos 1 pour avoir des systèmes de mise au point qui s’approchaient des vitesses nécessaires à leur métier.

Dès lors, malgré toutes ses énormes qualités, le 9000 AF n’a pas créé la surprise comme le Minolta 7000 AF. In fine, il devenait le nec plus ultra des amateurs très exigeants.

Mais rendons à Minolta ce qui lui appartient : le 9000 AF a bien été le premier appareil professionnel à proposer un système autofocus fiable et performant, qui apportait aussi un ensemble d’aides qui faisaient rougir ses concurrents.

Encore une fois, il eut le tort d’être le premier dans un monde qui n’était pas encore prêt à le recevoir.

De nos jours, si vous tâtez de l’argentique ce n’est pas dans le cadre de reportages sportifs mais sans doute le paysage, le portrait, la rue. Là, son autofocus vous convaincra facilement de sa facilité d’utilisation et de la qualité de son système d’optiques.

Ceci étant, vous devrez faire attention à deux choses : la première est esthétique et se contourne facilement. Il s’agit du caoutchouc employé pour les poignées, qui a tendance à s’écailler et à tomber. Dans ce cas, soit vous laisser l’appareil à nu ou vous recouvrez les surfaces de cuir synthétique.

La seconde est un peu plus gênante mais pas rédhibitoire non plus : il s’agit cette fois de l’écran LCD qui, avec les années, à tendance à « couler ». Dans le meilleur des cas – et le plus souvent – c’est un bord ou l’autre qui est atteint ; dans le pire des cas l’écran est illisible. Mais rappelez-vous que le viseur porte plus d’informations que cet écran.

L’appareil que je vous ai présenté était équipé d’un judicieux 28 -85mm ouvrant à f3,5 – 4,5, qui va a merveille avec cet appareil polyvalent et fichtrement bien fait.

Ce n’est pas un appareil très courant, son prix s’en ressent. Comptez au moins 150€ pour un exemplaire en très bel état. C’est le prix de l’excellence.

Des videos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Boîtier d’appareil photo reflex entièrement automatique (exception : avance manuelle du film)
Fabricant : Minolta
Année de lancement : août 1985
Film 35 mm codé DX avec des vitesses de 6 à 6 400 ASA
Monture Minolta AF
Mise au point par autofocus à détection de phase TTL
Obturateur à plan focal avec des vitesses de 30 secondes. à 1/4000 sec.
Mesure : TTL, pondérée centrale ou mesure spot
Exposition : modes contrôlés par programme, mode manuel, mode priorité à l’ouverture ou mode priorité à l’obturation
Flash : sabot pour flashs AF Minolta, fonctionnement contrôlé TTL, obturateur synchronisé pour les vitesses 1/60, 1/125 et 250 sec.
Viseur pentaprisme, correction dioptrique
Affichage : écrans LCD sur le corps et dans le viseur
Avance du film : Levier et manivelle de rembobinage, enrouleur automatique disponible
Poids : 645 g nu
Dimensions : 53 × 92 × 139 mm

Des références.

https://www.suaudeau.eu/memo/histoire/histoire_minolta/Histoire_de_Minolta.html, https://www.minolta.suaudeau.eu/histoire/hist.html, https://www.suaudeau.eu/memo/collection/rfl35/Minolta_9000_AF.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Minolta-9000.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11506 en français ; https://cjo.info/classic-analogue-cameras/minolta-9000/, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_9000, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_9000, https://www.35mmc.com/19/08/2023/minolta-9000-the-first-professional-autofocus-camera-let-it-bleed/, https://www.9000.org/ en anglais ; https://www.mhohner.de/sony-minolta/onebody/9000, en allemand ; https://www.hugorodriguez.com/articulos/minolta9000.htm, en espagnol

Argentique

Le Hit, subminiature camera

Préambule.

Comme beaucoup d’autres pépites présentées sur le site, ce minuscule appareil photo (dit subminiature) est issu de la collection à laquelle j’ai consacré un article.

Petite anecdote à son sujet : c’est dans les articles de Noël que Madame a retrouvé cet appareil, son mari le mettait en guise de « boule de Noël » sur le sapin ! Cependant, ayant appris à connaître la culture photographique de ce Monsieur, vous comprendrez en lisant ce qui suit que ce n’était surement pas par hasard qu’il avait fait ce choix.

Enfin, celui-ci, je l’ai offert à mon épouse qui a craqué devant ce petit bijou japonais.

Un peu d’histoire.

Les premiers appareils de très petites tailles sont apparus avec le Midget en 1937 (inventé vraisemblablement pas Nakamura Jiro) puis avec le Mycro en 1939. Quasi tous les autres sont apparus après la seconde guerre mondiale.

Ils utilisaient tous un film de 17,5mm, un format utilisé dans les endroits dépourvus de cinéma, essentiellement donc dans les zones rurales. Il fut d’ailleurs surnommé le « Pathé Rural ». De fait, c’est un film 35mm standard divisé en deux parties égales.

Vous l’avez deviné, c’était un format avant tout économique.

Au sortir de la dévastation due à la guerre, que l’on soit vainqueur ou vaincu, le temps était aux économies, dans tous les domaines.

Le Japon avait été particulièrement touché et le peu de ressources naturelles excluait toutes dépenses inutiles. Des constructeurs ont donc bien compris l’utilité de repartir sur des appareils simples en 24×36, parfois copiés sur des modèles anciens (et allemands) et sur ces appareils minuscules, qui allaient utiliser cette pellicule avec support papier (comme le 120), qui donnait 10 images de 14x14mm.

Initialement, les japonais utilisaient du film Bolta, très courant chez eux, qu’ils découpaient au format ad hoc, puis il y aura des films tout prêt que l’on vendait, généralement, par paquet de six pour réduire les coûts de production et de distribution.

Source : Subclub. Exemple d’appareil pour découper les films

La conception des appareils procédait du même principe de « récupération » : on part d’appareil connu, c’est-à-dire un boitier avec un viseur de Galilée, un corps en métal bon marché (recyclé) recouvert de simili-cuir, quelques pièces chromées, un déclencheur simple, un bouton d’avance du film, un objectif fixe. La mécanique est très simple et ils sont assemblés facilement dans de petits ateliers.

La société Tougodo, basée à Toyohashi, fabriquait l’un des modèles les plus populaires, le HIT. A tel point que ce nom est devenu synonyme de ce type d’appareil (en tout cas en Occident), quel que soit le fabricant et le modèle (tous fort proches au demeurant).

Paradoxalement, ce sont les troupes d’occupation américaines qui ont popularisé ces petits appareils, en les ramenant dans leurs bagages, comme jouet ou comme cadeau/gadget. Le magazine US Camera en fit la publicité dès 1946 (à l’époque encore du Mycro). Mais la meilleure pub fut celle faite par un soldat américain qui en offrit un à l’actrice Marlène Dietrich.

Dès 1949, on dénombre 18 fabricants et environ 50 sous-traitants pour fabriquer ces appareils de type Hit. La demande américaine augmente rapidement et on estime que plus de 188.000 appareils seront vendus pour la seule année 1949, générant 800 millions de yens d’argent frais pour le Japon.

Lorsque je précisais que notre Collectionneur connaissait l’histoire de ses appareils, il savait que nombre d’entre eux ont été vendus comme jouets ou ornements de Noël, pas vraiment donc comme appareil de prise de vue.

Du début des années cinquante au début des années septante, les appareils de type Hit (qui était devenu comme un nom commun pour cette production, un peu comme Bic pour les stylos billes) ont été vendu essentiellement comme jouets ou gadgets de fantaisie. Souvent appelées  » caméras secrètes miniatures », « cameras espions miniatures » ou encore « cameras espions d’agents secrets », elles ne pouvaient que faire rêver les enfants de l’époque et les grands d’aujourd’hui.

Source : Shutterbug.

Vous vous en doutez, il y eut une myriade de modèles, même si le schéma de base était respecté. Quelques modèles seront modernisés mais les plus gros changements tiennent aux coloris soit des boitiers soit des simili-cuir, de la forme de la fenêtre du viseur, de la place du bouton de remontage, les plaques signalétiques autour de l’objectif, etc.

De quoi rendre fou un collectionneur !

Source : submin.com

Pour vous donner une (petite) idée des marques et dénominations, voici une liste assez exhaustive :

Vous trouverez, en bas de cet article, un certains nombres de références, que je vous encourage à consulter si jamais vous vouliez vous plonger dans l’univers passionnant de ces subminiatures, finalement plus complexe qu’il n’y parait de prime abord.

En résumé et d’après Mike Parker, un appareil est de type HIT s’il suit les six règles suivantes (source The Hit Project de Mike Parker) :

1 Le corps doit avoir la taille, l’épaisseur et le format du Hit classique
2 L’objectif doit être fixe, à une seule lentille et au diaphragme ouvrant approximativement à f/11
3 L’obturateur ne doit avoir qu’une seule vitesse (généralement 1/25 s) et la pose B
4 Les négatifs doivent être au format 14 x 14 mm sur du film 17,5 mm à dos papier (quelquefois du 16 mm)
5 Les pièces métalliques doivent être embouties, plaquées, anodisées ou peintes
6 Le viseur doit être simple et à visée directe

Ces petits appareils verront quelques modèles exceptionnels, sachant réellement faire des photos et d’autres seront tout aussi réellement de purs gadgets, presque bons à être portés en porte-clés.

Présentation du Hit.

Comme précisé plus haut, c’est la société Tougodo Co, fondée en 1930 par Masanori Nagatsuka (et nommée en l’honneur de l’amiral de la Marine Japonaise Tougo) qui produisit la première un prototype de ce type d’appareil. Ensuite, ils le baptisèrent Hit et ce nom est devenu synonyme de cette génération de subminiatures.

C’est donc un petit boitier avec un viseur simple, un déclencheur monté sur l’objectif, un ré-armeur à gauche ou à droite, deux positions de vitesse (I ou B). Le I donne souvent 1/25s – 1/30s voire 1/50s et le B est la pose longue tant que votre doigt reste appuyé sur le déclencheur.

L’obturateur est très simple, à l’image de ce que l’on fabriquera comme pour les Box Kodak ou Agfa.

Le boitier est souvent en métal léger, issu du recyclage. Leur poids varie de 40 à 60gr (celui de cet article, nu, fait 52gr). Le capot et la semelle sont souvent chromés et le simili-cuir est noir. Toutefois, afin de se démarquer, quelques uns seront plaqués or et d’autres auront des simili-cuir de toutes les couleurs.

Plus sérieusement, ils possèdent un simple viseur sans aucune marque à l’intérieur.

L’objectif est à focale fixe (souvent 20mm) avec une seule lentille, qui est en fait un ménisque, avec une ouverture moyenne de f11. La mise au point est souvent de 25cm. Notre exemplaire possède lui un 30mm ouvrant à f11.

Source : Webarchives

C’est donc bien un Tougo-Do Optical, daté de 1956.

Sur le dessus donc, un simple bouton permet de faire avancer le film. Il se soulève pour pouvoir placer la bobine dans la chambre.

A l’arrière, une fenêtre en rouge inactinique permet de voir défiler le film en rouleau de 17,5mm, qui donnera 10 vues de 14x14mm. Quelques modèles « haut de gamme » auront même un petit compteur à coté du bouton de réarmement.

Pour l’exemplaire qui nous préoccupe aujourd’hui, le mot Hit est gravé dans le cuir de son petit sac, sur le capot chromé et noté sur le pourtour de l’objectif (HIT camera).

Le dos s’ouvre avec un système à ressort (fragile car la pièce est fixée par des rivets minuscules). D’autres auront un système avec une barre coulissante.

A l’intérieur de la chambre, il y a une plaquette métallique qui porte d’un côté une bobine minuscule et vide et de l’autre la place pour y installer le nouveau film. De fait, il me semble conseillé d’installer le film d’abord sur cet ensemble et de replacer le tout ensuite dans la chambre pour finir de l’enrouler à la première vue.

Prétendre faire des photos avec ce type d’appareil est possible, vous en verrez quelques exemples ICI.

Mais il faut trouver comment découper son film, le mettre en cartouche, alimenter le boitier et … faire ses photos.

Ah, techniquement, il n’y a rien de bien compliqué : c’est un fix-focus avec une vitesse unique (I) ou la pose B (mais on ne peut pas le fixer sur un mini trépied).

Quant à la qualité des images, disons que certaines sont exploitables et d’autres, heu, comment dire … franchement mauvaises !

Que penser de cet appareil ?

L’énorme avantage de ces appareils minuscules, c’est que vous pouvez en collectionner mille dans une pièce sans que l’on vous reproche que cela prenne « toute la place » !

Encore, si vous trouvez les longues soirées d’hiver tristes, c’est un passe-temps formidable : s’y retrouver dans les marques, les modèles et sous-modèles des sous-marques, avec ou sans bouton à gauche, à droite, simili-cuir noir ou de toutes les couleurs, … bref de quoi passer un (long) moment dans les bourses, sur les sites Internet ou autre pour se constituer sa collection et ensuite la mettre à jour.

Ne comptez quand même pas faire de photographie avec ces engins, vous seriez plus souvent déçus qu’agréablement surpris.

Ceci étant, ils sont « craquants » avec leur petit côté « j’ai tout d’un grand ».

Au niveau prix, ils ne sont pas très courant en Europe, sauf en Angleterre. Leurs terres d’élection seront plutôt le Japon et les USA. Mais les sites Internet devraient pouvoir vous combler. Comptez de 20 à 200€ selon les modèles.

Video d’illustration.

Des références.

https://web.archive.org/web/20170319222221/http://www.fotomuseetiosby.nu/hit.html, en suédois ; http://camera-wiki.org/wiki/Hit, https://web.archive.org/web/20170609143926/http://www.cosmonet.org/camera/hit_e.htm, http://www.submin.com/17.5mm/index.htm, http://mycro.jp/en/index.html, http://www.submin.com/17.5mm/collection/hit/index.htm, https://cameracollector.net/hit-type-camera-list/, http://camera-wiki.org/wiki/Hit-type_cameras, https://historiccamera.com/cgi-bin/librarium2/pm.cgi?action=app_display&app=datasheet&app_id=4174, https://schneidan.com/2016/01/29/this-week-no-36-the-hit-camera-and-the-k1000s/, https://www.shutterbug.com/content/classic-cameras-so-you-wanted-be-spy-hit-cameras-%E2%80%9Csecret-spy-cameras%E2%80%9D-page-2, https://www.lomography.com/homes/akula/notes/134327-crystar-sub-miniature-hit-camera, http://www.subclub.org/sponsors/goathil2.htm (tous les trucs pour faire soi-même les films), https://web.archive.org/web/20080516091517/http://www.ephotozine.com/article/Collecting-Hit-type-cameras en anglais ; https://www.photodeal.de/allgemein/fernostminis.htm, en allemand ; https://collection-appareils.fr/general/html/listeH_imagettes.php

Argentique

Le Leica Z 2X

Préambule.

Tiens, un Leica !

Ben oui, même si certains d’entre vous, chers lecteurs, pensez que j’ai une dent contre cette marque, je ne rechigne pas à vous trouver des exemples de ce qui se fait de mieux … ou pas.

Alors celui-ci vient de la collection à laquelle j’ai consacré un article. Il est en superbe état, dans sa gaine d’origine et parfaitement fonctionnel. On dirait qu’il est neuf

Allons donc voir si la ramage vaut le plumage …

Un peu d’histoire.

Je ne vous ferez pas l’injure de reprendre ici l’histoire de la marque, je l’ai déjà abordée pour maints articles consacrés, par exemple, au Leica IIIf, au M3, au M5, au M6.

« Ah, j’ai déjà eu tout ça en Leica ? » Et pourtant, je n’en ai gardé aucun, étrange.

Pour situer celui-ci dans le temps, il est apparu sur le marché en 1997, en pleine période des compacts intelligents des années nonante.

Il a été prévu pour remplacer le Mini-Zoom (1994) qui s’essoufflait face à la concurrence japonaise (encore eux !).

Normalement, il s’intercale entre la série Mini et la série Minilux (plus chère).

Présentation du Leica Z 2X.

Si l’appareil est joli (oui, je sais, c’est toujours subjectif) dans sa livrée argent/noir, il a aussi existé en couleur, notamment pour une série spéciale verte destiné à … Jaguar (1000 exemplaires). On reste entre gens du monde.

Ne cherchez pas ici le métal auquel la marque nous avait habitué, il est tout en plastique, bien construit et assemblé, sans fausse note.

Les petits boutons chromés, le petit écran LCD, l’aspect discrètement « carbone » de la touche du zoom et du déclencheur, le bel ovale autour du zoom, même le logo rouge, tout inspire la sérénité et la qualité « made in Germany ».

Expliquons peut-être déjà le pourquoi de son nom qui sonne comme celui d’un robot de science-fiction : Z pour zoom et 2X parce qu’il s’agit d’un zoom de 35 à 70mm. Simple quand on y pense.

Comparé aux autres productions de l’époque, il n’apporte rien de fondamentalement différent, mais il arbore le logo rouge, qui intrigue et attire.

Son objectif est un Vario-Elmar de 35 à 70mm ouvrant de f4 à f7,6 en 7 éléments répartis en 6 groupes. Sa mise au point minimale est de 60cm. Il a la réputation d’être très bon, vous pourrez en juger ICI et LA.

Là, la réputation de Leica n’est pas usurpée, même si les ouvertures ne sont pas différentes des autres marques. Leica utilise ses formules optiques avec du verre optique de haute qualité et des revêtements de surface individuels à chaque lentille, ce qui garantit des couleurs fidèles, un rendu au contraste élevé et une grande netteté.

Comme les autres compacts de cette époque, l’Olympus Mju en tête, il est tout automatique : dès que vous chargez un film dans la chambre, il lit le code DX qui ajuste la sensibilité de la cellule ; il enroule le film jusqu’à la première image et le moteur enchainera les images jusqu’à la fin de la pellicule, qui se rembobinera automatiquement.

Son flash, discret, est épaulé par une lampe anti-yeux rouge qui a parfois le mauvais goût de s’actionner trop en avance sur le départ réel du flash, ce qui annule son intérêt. Mais on peut la désactiver. Le flash est normalement automatique et débrayable.

La mise au point se fait par le truchement d’un autofocus dit passif.

C’est le système le plus couramment utilisé dans les petits appareils photo, qui fonctionne selon le principe de la détection de contraste ou la détection de phase. Ici pas d’envoi d’une onde lumineuse mais captation de la lumière émise par le sujet. Dans le cas de ce Leica, pas d’extravagance, il utilise la détection de contraste.

En gros c’est un mécanisme qui permet de trouver « la bonne mise au point en mesurant le contraste entre différentes versions de la même scène obtenues par un mouvement mécanique de l’objectif en quelques fractions de secondes. En principe, chaque mouvement correspond à un plan de mise au point logiquement différent et, pour déterminer le bon plan de mise au point, ils sont mis en “comparaison“, ce qui permet d’utiliser celui dont le contraste mesuré est le plus élevé. Cette photo est théoriquement celle qui aura la meilleure mise au point » (source : Monappareilphotopro).

Si ce n’est pas le système le plus rapide, il a le mérite d’être fiable.

Vous l’aurez deviné, l’exposition est contrôlée automatiquement (programmée), combinée à une mesure à pondération centrale, ce qui autorise des expositions bien équilibrées.

Si vous avez un trépied sous la main, vous pouvez opter pour une mise au point même en base lumière car l’appareil peut faire varier sa vitesse d’obturation jusqu’à 99 secondes. Dans ce cas, il faut mettre l’appareil sur le retardateur à 2 secondes et le laisser lancer la prise de vue lui-même. Notez qu’il a existé un câble électrique (accessoire à commander sous le numéro 18540) pour aussi déclencher soi-même en pause B. Il fallait le brancher, appareil éteint, sur le côté, puis allumer l’engin.

Le viseur est très lumineux mais hélas il ne donne que 83% de l’image qui sera captée. Un cadre lumineux, avec corrections de la parallaxe, permet de bien situer sa visée. Lorsque vous le portez à l’œil et appuyez à mi-course sur le déclencheur, une lumière verte appareil si la luminosité est bonne ou rouge dans le cas contraire, jusqu’à ce que le flash (si position automatique) charge et passe au vert.

Derrière le petit écran LCD, le bouton « mode » vous permet de sélectionner :

  • Mode d’exposition automatique avec flash
  • Mode d’exposition automatique avec flash et réduction des yeux rouges (pré-flash)
  • Mode d’exposition automatique avec flash et compensation d’exposition +2EV
  • Flash manuel
  • Flash manuel avec pré-flash
  • Flash manuel avec mode nuit
  • Flash manuel avec pré-flash et mode nuit
  • Flash désactivé
  • Mode BULB (jusqu’à 99 secondes)
  • Mise au point infinie et flash désactivé

En résumé, ça donne ceci :

En résumé, un petit (enfin, pas si petit que ça car vous ne pourrez pas le mettre dans une poche, plutôt un petit sac, ou une grande poche de veste) compact de la fin des années nonante qui a comme grande différence par rapport à la concurrence de l’époque, un … logo rouge.

Qu’en penser ?

Ce n’est évidemment pas un mauvais appareil, mais loin des standards auxquels Leica nous avait habitué.

La qualité de ses images est bonne, voire très bonne, mais ce n’est pas un foudre de guerre, même si son autofocus est précis et le calcul de l’exposition très bonne.

Entre 1997 et 2002, 157.284 boitiers seront fabriqués, donc 39.989 en version avec dos dateur (modèle Z 2X DB). Ce n’est pas un gros chiffre de vente en 5 ans. Sans être rarissime il n’est pas courant.

Et comme tout ce qui touche la marque, le prix de vente s’en ressent. Comptez jusqu’à 250€ pour un très bel exemplaire, avec sa house noire en néoprène et sa discrète dragonne.

Personnellement, je trouve le prix disproportionné eu égard aux fonctionnalités, peu différentes voire même en retrait par rapport à certains concurrents de l’époque (Canon avec ses modes programmes, comme Nikon d’ailleurs, Pentax, Minolta pour ne citer que les plus connus).

Mais ils n’ont pas une pastille rouge devant …

Video d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

  • Objectif zoom Leica Vario-Elmar 35-70mm f/4.0 à f/7.6 (7 éléments en 6 groupes)
  • Point & Shoot
  • Batterie Lithium (CR123A)
  • Sensibilité du film réglée automatiquement pour les films codés DX de ISO 50 à ISO 3200. Avec les films sans codage DX ou avec un codage inférieur à 50 ISO, l’appareil photo est automatiquement réglé sur 100 ISO. Avec les films dont le codage est supérieur à 3200 ISO, il est réglé sur 3200 ISO. Les réglages sont les suivants : ISO 50, 64, 100, 125, 200, 250, 400, 500, 800, 1000, 1600, 2000, 3200.
  • Distance minimale de mise au point 60cm.
  • Réduction des yeux rouges
  • Système autofocus passif avec flash activé automatiquement
  • Modes d’exposition avec activation automatique du flash ou « ON » (flash manuel activé). Pour une longueur focale de 35 mm : de la valeur d’exposition Ev9 (1/30 sec. et f/4.0) > Ev17 (1/300 sec. et f/20). Pour une longueur focale de 70 mm : de la valeur d’exposition Ev11.6 (1/50 sec. et f/7.6) > Ev17 (1/200 sec. et f25). Pour les modes « flash-off » manuels ou l’activation manuelle du flash avec une longue exposition, « SLOW/ON ». Pour une distance focale de 35 mm : de la valeur d’exposition Ev6 (1/4 sec. et f/4) > Ev17 (1/300 sec. et f20). Focale 70 mm : de la valeur d’exposition Ev7.9 (1/4 sec. et f/7.6) > Ev17 (1/200 sec. et f/25).
  • Luminosité du viseur de 83%
  • Fonctions supplémentaires : retardateur, exposition automatique, mémorisation de la mise au point, mode panorama
  • Vitesse d’obturation 1/4 sec. > 1/300 sec. Réglage « B »
  • (L x H x P) 124 x 69,6 x 42,6 mm
  • Poids nu : 245gr

Des références.

https://www.summilux.net/materiel/Leica-Z2X, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1889-Leica_Z2X.html, https://monappareilphotopro.fr/autofocus/(pour tout savoir sur l’autofocus et plein d’autres choses très intéressantes), en français ; https://www.35one20.com/2019/09/14/a-stroll-with-a-leica-z2x/, https://www.i35mm.com/gear/leica-z2x/, http://www.photographyreview.com/product/cameras/film-cameras/point-and-shoot/leica/mini-z2x-camera.html, https://www.anatomyfilms.com/leica-z2x-hated-leica/, https://www.kataan.org/leica-z2x-camera-review/

Argentique

Le Fujica Pocket 450 Flash

Préambule.

Celui-ci, c’est sur des marches d’escalier chez Emmaüs que je l’ai trouvé, dans une petite gaine qui avait connu des jours bien meilleurs. Un oubli par quelqu’un qui l’avait trouvé avant moi ?

Toujours est-il que me baisant pour voir ce que contenait ladite gaine, je tombe nez-à-nez avec ce petit bijou japonais : un Fujica Pocket 450 Flash.

Petit contrôle rapide de la trappe à piles : rien à signaler, tout est propre. Et il reste un film dans le boitier, un 110 terminé. Si ça tombe, nous pourrons reprendre « vos photos oubliées ».

Mais pourquoi suis-je en train de m’extasier devant ce (tout) petit appareil ?

Un peu d’histoire.

J’ai présenté il y a quelques temps un Fujica Pocket, le 400, qui utilisait aussi le format 110 mais il était dans la veine des pockets de l’époque, comme les Agfamatic et les Kodak : tout plat.

Par contre, vous avez déjà pu lire le compte rendu du Fujica Pocket 250, sans flash celui de l’Hanimex VIF 100, très proche du modèle du jour ; l’Hanimex VXL équipé d’un flash et d’une cellule.

Le point commun de ces appareils, c’est leur forme : ils se présentent plus comme de petits appareils 24×36 que comme les pockets de style Agfa 901 ou Kodak.

Si vous n’avez pas été relire ces excellents articles, je résume :

  • 1888, Kodak invente le « Box », un appareil simplissime pré-chargé d’un film pour 100 images qu’il faut renvoyer à l’usine pour développement et rechargement
  • 1913, Oskar Barnak, ingénieur chez Zeiss, invente le format 24x36mm en mettant à l’horizontale un film utilisé en vertical pour le cinéma
  • 1925, Oskar Barnak invente un appareil révolutionnaire : le Leica, petit, éminemment transportable, que l’on charge avec le nouveau film dit 135
  • 1934, Kodak invente la cartouche industrielle de film 24×36, tout prêt à l’emploi
  • 1960, Agfa remet au goût du jour une cartouche de film, le Rapid qui ne nécessite plus de rembobiner le film à la fin. Cette solution se heurtera de plein fouet à la suivante et n’y survivra pas.
  • 1963, Kodak invente le format 126 qui est une cassette contenant un film 24×36. Elle est destinée à faciliter le chargement des appareils. Ainsi nait aussi la longue lignée des Instamatic. De fait, la cartouche 126 éliminait toute manipulation du film et le système fut un succès instantané. On estime que Kodak a vendu à lui seul plus de 70 millions d’appareils photo de la série Instamatic au cours des années 1960 et au début des années 1970, sachant que le format a aussi été adopté par un certain nombre d’autres fabricants d’appareils photo, notamment Agfa, Konica, Minolta, Olympus et Yashica.
  • 1972, Kodak invente la cartouche de film en format 110 (image de 13x17mm) et une nouvelle série d’appareils conçus pour accueillir le nouveau film, les Pockets Instamatic, qui seront aussi déclinés en millions d’exemplaires. On pense que plus de 25 millions d’appareils ont été vendu dans les trois premières années de fabrication. Si de nombreux concurrents n’avaient pas acheté la licence du 126, ici ils sont sont rués sur la manne et c’était à qui proposerait un appareil sophistiqué dans ce format simplissime.
  • 1977, plus ou moins, on peut citer le Minolta 110 Zoom SLR, le Rollei A110, le 110S chez Minox, le Canon 110E, le Fujica Pocket 450 Flash et le Fujica Pocket 330 Zoom parmi les plus sophistiqués

Fujica, qui avait raté le marché des appareils en format 16mm (les appareils « espions ») s’est dit que cette fois on ne l’y reprendrait plus : ils ont donc investi dans ce nouveau marché en proposant des appareils basiques mais surtout des petits joyaux très élaborés :

  • premier zoom installé sur un appareil de ce format
  • optique de 20mm (équivalant 40mm en 24×36) pour une plus grande profondeur de champ, idéale pour les photos de groupe ou de paysage
  • objectif ouvrant à f2,8
  • utilisation d’un sabot pour installer un flash électronique plutôt que les Flip Flash ou les Flashs Cube encombrant
  • installation d’un vrai télémètre, de l’avance automatique du film, de l’exposition automatique

Bref, Fuji a proposé une gamme très complète et très riche pour répondre aux besoins du plus grand nombre.

Si la plupart de ces appareils ont la forme bien connue d’un rectangle plat de petites dimensions, d’autres seront fabriqués comme de petits boitiers 24×36.

Ce sera le cas pour les modèles 250, 350 et celui qui nous occupe aujourd’hui, le 450 Flash.

Très bien construits (plastique et métal), ils sont très petits et on les glisse aisément dans une poche ou un sac.

Simples d’utilisation, ils offrent cependant quelques astuces qui les rend performants.

Présentation de l’appareil.

Le Fujica Pocket 450 Flash est un petit rectangle noir du plus bel effet, dense, fait de métal et de plastique d’excellente qualité. On le sent bien en mains.

Et ce qui frappe d’emblée, c’est justement ce flash qui occupe près du quart de la longueur du boitier, légèrement en saillie.

Quand on actionne le petit curseur qui le met en route, il se déploie selon une cinématique particulière : il se soulève vers le haut et bascule vers la gauche (vu de dos), déportant l’éclair de l’axe de l’objectif. Quoiqu’on puisse lui demander de rester à sa place.

Un « flash guide » est collé sur l’arrière du flash, visible lorsqu’il est sorti.

Dès qu’on l’a libéré, on entend le petit sifflement caractéristique d’un flash qui charge son condensateur. Il faut plus ou moins dix secondes pour un premier éclair.

Ensuite, sur la face avant, au milieu du boitier trône l’objectif, un Fujinon de 20mm qualifié de « wide » soit « grand angle ». Ce qui n’est pas tout à fait vrai puisque nous l’avons vu, ça correspond à un 40mm en 24×36. Mais cette focale permet d’avoir une meilleur profondeur de champ.

La distance se règle grâce à la roue autour de l’objectif : des « clics » discrets mais efficaces permettent de choisir des distances de 60 cm à l’infini si on opte pour la lecture en chiffres ou via des pictogrammes qui vont du portrait à la montagne.

Toujours sur la face avant, une réglette permet de varier l’ouverture en fonction de pictogrammes qui vont du grand soleil aux nuages. Cette réglette module aussi l’éclair du flash en fonction de la distance retenue.

A l’arrière, un viseur quasi au centre avec, à côté, un témoin de charge de flash (lampe orange).

Le viseur est très clair malgré la petite taille de l’ensemble. Il possède un cadre brillant et des lignes pour la correction de la parallaxe.

Tout en bas, sous la porte munie d’un verrou posé sur la tranche du boitier, une roue dentée, qui sert à faire avancer le film et réarmer l’obturateur.

Obturateur central qu’on libère en appuyant sur le déclencheur, très sensible et, surtout, très discret. Juste à côté du déclencheur, un pas de vis pour y fixer un déclencheur souple.

Sur la semelle, un pas de vis permet de fixer le boitier sur un trépied et c’est là aussi que se trouve la porte pour les piles, deux AA très classiques et peu onéreuses.

Ici pas de bouton pour rembobiner le film puisque ce n’est pas nécessaire avec la cartouche de 110 : quand vous êtes à la dernière image, le film se détache et rentre complètement dans la cartouche, à l’abri.

Lorsque vous ouvrez le dos de l’appareil, vous découvrez la chambre dans laquelle il suffit de déposer la cartouche de 110. Vous refermez le dos, actionnez un ou deux fois le déclencheur, jusqu’à la marque de la première image et vous voilà prêt à sortir.

Pas besoin ici d’un compteur de vue, le défilement de vues apparait à travers la fenêtre au dos de l’appareil. Le papier qui entoure le film porte ces indications.

Que penser de cet appareil ?

C’est un des appareils le plus sophistiqué dans ce format, le 110. Fabriqué en 1977, il répond aux attentes de la clientèle : un appareil discret, facile à manipuler mais qui offre de bonnes performances.

Par exemple grâce à son objectif Fujinon de 20mm ouvrant à f4, qui propose une mise au point via 4 zones représentées par des pictogrammes ou via une échelle de distance.

L’ouverture est elle aussi triple et représentée pas des symboles météorologiques (soleil, nuage et soleil, nuage).

Ces réglages, bien plus nombreux que sur les 110 basiques, permettent un meilleur contrôle de ses images.

L’obturateur donne une vitesse fixe de 1/160s, ce qui est « rapide » eu égard aux concurrents (ça varie de 1/40 à 1/100s généralement).

Enfin, la particularité du flash, qui se déploie et se place hors de l’axe de l’objectif, donne de bien meilleurs résultats.

Original avec ses airs de petit 24×36, très bien construit et toujours parfaitement fonctionnel, flash compris, voilà un petit appareil peu courant qui donnera bien envie de retrouver les joies du format 110.

Si vous en trouvez un, sachez qu’il se négocie autour des 30 à 40€ maximum. C’est toujours bien moins cher que ceux vendus par Lomography (voir article à ce sujet).

Mais si je les critique à bon escient, je reconnais bien volontiers que c’est chez eux que vous trouverez le plus vaste choix de films dans ce format, pour le plaisir.

Videos d’illustration.

Des références.

https://www.digitalcameraworld.com/features/110-cameras-the-rise-and-fall-of-little-film-format-that-made-photography-easy, http://subclub.org/shop/fuji110.htm, http://camera-wiki.org/wiki/Pocket_Fujica_450_Flash en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2425-Fujica_Pocket%20450%20Flash.html, en français

Argentique

Le Yashica Lynx 5000

Préambule.

Comme d’habitude, c’est sur une brocante que j’ai trouvé ce Lynx 5000. Et pourtant j’ai hésité à le prendre car il était sale, les cuirettes étaient décollées devant, la porte de la pile manquait.

Juste de quoi ne pas tout à fait me décourager car dans le creux de ma mémoire fatiguée (nous nous étions levés tôt), je savais que j’en avais un autre exemplaire, clairement destiné à servir de donneur (électronique cuite par la pile qui avait coulé et mangé les fils).

Une bonne négociation plus tard, il va dans le sac à dos. Où il sera bien seul quasi toute la brocante car il n’y eut pas grand chose d’autre à se mettre sous la main.

J’ai déjà abordé le Lynx, avec le modèle Lynx 5000E, que je vous encourage à lire, bien évidemment.

Un peu d’histoire.

Pour ceux qui feront l’impasse sur cet excellent article pré-cité (c’est bon de temps en temps de s’ auto-congratuler), je résume.

Au début, il y eut le Yashica 35 (1958), suivi par un Yashica YL (1959), puis un Yashica M ou Minister (1960). Pendant cette année-là, Yashica ajoute une gamme d’appareils à ceux existant, ce sont les Lynx. D’abord un Lynx 1000 (1960 donc) puis un Lynx 5000 (1962, excellente année).

Pour terminer la saga, la marque sortira un Lynx 14 en 1965 et enfin un Lynx 5000E et 14E, le plus sophistiqué de la bande (1969).

Contrairement aux autres Yashica, les Lynx n’ont pas d’automatismes : ils étaient destinés à une clientèle exigeante, qui voulait pouvoir tout contrôler dans leur prise de vue. Ici, il faut maitriser le triangle d’exposition pour en tirer le meilleur.

Car ces appareils offrent le mieux de l’époque : télémètre couplé avec cadre et correction de la parallaxe, obturateur Copal SV logé au centre de l’objectif (aucune vibration à déplorer), un objectif fixe de 45mm de très bonne qualité ouvrant à f1,8, une vitesse d’obturation de 1s à 1/1000s (plus pose B), une sensibilité Iso de 10 à 800, une cellule au CdS (avec une pile donc), une synchro flash à toutes les vitesses.

Que demander de plus ?

Présentation du Yashica Lynx 5000.

Si vous avez suivi, le premier Lynx fut le 1000, qui a été introduit en 1960. Son objectif, un Yashinon, est un 45mm ouvrant de f1,8 jusque f22 (6 éléments répartis en 4 groupes). La mise au point minimale va de 80 centimètres jusque l’infini. Il accepte des filtres à visser de 46 mm ou un pare-soleil pliable en caoutchouc de 54 mm.

Pourquoi « Lynx » ? Parce que son obturateur à diaphragme (dit aussi « à feuilles » est capable d’une vitesse maximale de 1/1000 seconde, beaucoup plus rapide que la plupart des concurrents et même de certains reflex de l’époque.

Tout manuel, il possède une cellule au sélénium située derrière un réseau de lentilles (nid d’abeille), qui alimente un galvanomètre (ce qui fait bouger l’aiguille de la cellule). La sensibilité du film peut être réglée entre 10 et 800 ASA.

Le Lynx 5000, qui a été introduit en 1962, est une mise à niveau du Lynx 1000 : la cellule photovoltaïque au sélénium est remplacée par une photorésistance au sulfure de cadmium (CdS), nécessitant une pile au mercure pour alimenter le posemètre.

Tous deux proposent une fonction particulière, qui fonctionne comme un mode d’exposition mécanique à priorité vitesse. En fait, lorsque vous tournez la bague des vitesses, celle du réglage de l’ouverture tourne en même temps. Vous gardez alors la réciprocité ouverture/vitesse lorsque vous modifiez la vitesse.

De fait, l’ouverture et la vitesse d’obturation sont semi-couplées sur le barillet de l’objectif, ce qui donne lieu à une fonctionnalité intéressante : une fois que vous avez sélectionné une combinaison d’ouverture et de diaphragme, tourner la bague d’obturation fait également tourner la bague d’ouverture, de sorte que votre exposition reste constante, seule votre profondeur de champ change.

Il est possible de s’affranchir de cette aide en faisant tourner seulement la bague des ouvertures. Ça peut avoir l’air compliqué, au début, mais on s’y fait vite.

Une autre caractéristique des Lynx, c’est leur système de mesure de la lumière.

Généralement, les autres boitiers utilisaient un trou de taille variable au dessus de la cellule au CdS afin de faire varier la quantité de lumière « vue » par la cellule.

Sur les Lynx, c’est un système qui fait varier la résistance du circuit grâce à une bande de carbone montée autour du barillet d’objectif (à l’intérieur). En faisant tourner la bague des ouvertures ou en modifiant le réglage des Asa/Iso, la « brosse de lecture » se déplace le long de la bande de carbone, faisant varier la résistance du circuit et donc la quantité de courant arrivant au posemètre.

Si la précision semble meilleure par cette technique, à l’usage (intensif), elle pourrait se fausser de 1 à 2 stop à cause de l’usure de la bande au carbone. A vérifier avec une cellule à main si l’exemplaire convoité à l’air d’avoir beaucoup servi.

Autre (petit) inconvénient, la cellule n’est pas montée sur l’objectif mais sur le boitier. Autrement dit, si vous utilisez un filtre vous devez en tenir compte lors du réglage de l’exposition.

Enfin, de par sa position au dessus d’un objectif chromé, sachez que la cellule au CdS peut capter la lumière réfléchie par le barillet en plein soleil et entrainer une sous-exposition en lisant la mesure donnée. Fiez-vous à votre expérience plutôt qu’à la cellule, aveuglément.

Si le 5000 change de cellule, il garde l’excellent obturateur Copal SV dit « à feuille » qui lui donne toujours des valeurs de 1s au 1/1000s, plus pose B, retardateur (+/-10s) et synchro flash à toutes les vitesses (M ou X avec câble car il n’y a pas de contact sur la griffe). Il ne donne aucune vibration et est extrêmement silencieux. Que demander de plus ?

Il garde encore le déjà excellent objectif de 45mm ouvrant à f1,8 jusque f22 qui compte 6 éléments en 4 groupes (il passera à 7 éléments en 5 groupes avec le redoutable f1,4 du Lynx 14 et 14E). Ce Yashinon a d’ailleurs une excellente réputation. Vous pourrez voir des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Le viseur possède un cadre brillant et très clair, qui se déplace en fonction du réglage de la distance de mise au point, de sorte que lorsque vous visez en ajustant la distance, vous voyez l’image du télémètre varier et le cadre bouger.

Au centre, un « patch » jaune, bien visible, qui aide à l’ajustement de la mise au point du télémètre à coïncidence.

Sur le capot, un gros verre surmonte un cadre séparé par un trait et deux mots : under et over. C’est l’aiguille de la cellule, que vous activez en appuyant sur le bouton chromé en façade, qui indique si vous êtes en sous ou sur-exposition.

Pour rappel, la cellule fonctionne avec une pile, à l’origine une PX625 au mercure de 1,35v, introuvable de nos jours. Vous pouvez la remplacer par une PX625A (alcaline) mais elle indique 1,5v. Il faut donc compenser en jouant soit avec la sensibilité Asa soit en modifiant l’ouverture. Le plus simple serait encore de mettre un adaptateur avec une pile zinc-air qui offre le même voltage (mais s’épuise assez vite. Ce sont les piles que l’on utilise pour les appareils auditifs).

Que reste-t-il à découvrir ? Ah oui, pour ouvrir le dos, n’essayer pas d’arracher la manivelle de rembobinage. Il faut faire glisser et appuyer sur un petit bouton en dessous de l’appareil. C’est aussi sur la semelle que se trouve le bouton pour débrayer l’appareil afin de pouvoir rembobiner le film en fin de course.

J’en profite pour parler du compteur de vue, près de déclencheur, qui se remet à zéro dès que le dos s’ouvre.

Que penser de ce Yashica Lynx 5000 ?

Personnellement, vous le savez, j’aime bien ce type d’engin (s’il avait été tout noir ce serait parfait, mais ça n’existe pas). On les a bien en mains même ou grâce à leur 750gr. Ils sont stables et faciles à manipuler.

Si la cellule n’en est pas encore aux cellules les plus performantes, elle donne une juste indication mais, encore une fois, avec ce type d’appareil, destiné notamment à la photo de rue, où il excelle, vous pré-réglerez pas mal de paramètres (vitesse, ouverture, zone focus) et donc la cellule n’est pas indispensable. Par contre, le fait que vous puissiez tout contrôler est un vrai plus.

Les Lynx sont moins courants que les Electro 35 et pourtant, ils ne manquent pas d’attraits. Si vous voulez sortir des sentiers battus, c’est un excellent choix.

Son prix devrait se négocier autour des 40€ pour un très bel exemplaire. A cela vous ajouterez une bonne sangle de cou pour le garder confortable et … allez arpenter les rues.

Bonnes photos !

Videos d’illusration.

Un peu de technique

Le mode d’emploi se trouve LA ou LA.

  • Produit en 1962 par Yashica Co., Ltd. Japon
  • Type de film 135 (35 mm)
  • Taille de l’image 24 mm x 36 mm
  • Poids 742gr
  • Objectif Yashinon 45mm f1.8 – f22 (7 éléments en 5 groupes)
  • Plage focale de 0,8 m à l’infini
  • Taille du filtre 52 mm
  • Obturateur Copal-SV
  • Vitesses d’obturation B, 1s -1/1000
  • Télémètre à correction de parallaxe dans le viseur
  • Posemètre monté sur le boitier au CdS
  • Pile d’origine 1.3v mercure PX625 (posemètre uniquement) à remplacer par un PX625A
  • Synchronisation PC et griffe porte-accessoire
  • Retardateur

Des références.

https://www.flickr.com/photos/28796087@N02/4266420411, https://pheugo.com/cameras/index.php?page=lynx5000 (une mine de renseignements, y compris pour certains dépannages), http://www.yashica-guy.com/document/chrono2.html, https://www.dpreview.com/galleries/0132358891/photos/930643, https://dustygrain.com/yashica-lynx-5000-review/, https://mattsclassiccameras.com/rangefinders-compacts/yashica-lynx-5000/, http://www.yashica-guy.com/document/lynxfix.html (pour les réparations) en anglais ; https://www.suaudeau.eu/memo/collection/Tlmfx/yl5.html, https://www.philcameras.be/yashica/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1373-Yashica_Lynx%205000.html en français.

Argentique

Remise en état Brownie Target Six-20.

Préambule.

Une brocante où tout le monde a les yeux braqués sur un ciel si gris qu’on a envie de se pendre ou de se jeter au canal (heu … voir Jacques Brel).

Malgré que nous soyons arrivé tôt, les brocanteurs hésitent à mettre leurs marchandises sur les toiles, étals et tables car un fin crachin continue à mouiller le sol (et le reste). Et pourtant la météo annonçait une matinée ensoleillée, les averses ne devaient nous arroser qu’en fin de journée.

Bref, en farfouillant ici et là, je tombe sur une boite qui me semble en bon état, propre et pas trop abîmée, celle d’un vieux Kodak surement.

J’extrais le box de sa boite et de fait, il s’agit d’un Brownie Target Six-20. Celui-là, je ne l’ai pas encore eu entre les mains. Petite négociation sur le prix, et hop, dans le sac à dos, bien vide.

Je ne trouverai rien d’autre et la pluie ne cesse pas, alors « retour maison » comme disait quelqu’un.

Un peu d’histoire.

Je vous ai déjà présenté quelques box Kodak : le Six-20 « Brownie » C made by Kodak, le Six-20 Brownie E made by Kodak, le Brownie Six-20 Camera Model F, le Brownie Six-20 « art déco ».

Je ne vais donc pas reprendre toute l’histoire que vous trouverez dans ces différents articles pour m’attacher à celle particulière de ce Brownie Target Six-20.

Il faut faire attention à la manière de nommer cet appareil car un Target Brownie Six-20 ce n’est pas un Brownie Target Six-20 !

Pourquoi faire simple ?

Toujours est-il que ce Brownie Target Six-20 fut fabriqué par Kodak USA et Canada de 1946 à 1952. Il est basé sur le Kodak Target Six-20 produit en 1941.

Ce qui le différencie est stylistique : produit peu après la série « Art Déco » (et la période du même nom), il arbore un panneau devant géométrique typiquement encore Art Déco appelé « Kodak Girl », avec comme particularités, outre le panneau, le tour des verres de visée chromé, le bouton pour faire avancer le film chromé, avec des cercles concentriques que celui-ci et une belle symétrie dans sa physionomie.

Ceci étant, à l’intérieur c’est quasi la même chose, mais il n’est plus fabriqué en carton recouvert de simili cuir noir mais bien en métal. Il reste le digne successeur des premiers box fabriqués par Kodak et qui ont mis la photographie à la portée du plus grand nombre, avec des appareils simples et très abordables. C’est avec la vente des films que la marque faisait le plus de bénéfices.

Et comme il n’y a pas de petits bénéfices, en 1932, Kodak décide de fabriquer un nouveau format, le 620 qui est en fait un film 120 avec une bobine plus fine et plus petite. Ils iront même jusqu’à ne plus fabriquer d’appareil acceptant le 120 pour vendre plus d’appareil et son film spécifique. Las, ils devront faire marche arrière, le format 120 étant décidément le plus populaire.

Comment fonctionne cet appareil ?

Sur le dessus et le côté vous voyez deux « viseurs », deux simples morceaux de verre qui fonctionnent comme de petites loupes. Grâce à un miroir incliné derrière le verre plat en façade, vous pouvez voir l’image de votre sujet. Il serait plus honnête d’écrire que vous pouvez « deviner » votre sujet, la précision de l’ensemble étant très aléatoire.

Cet appareil est un 6x9cm. Le viseur du haut est alors celui dédié au portrait, celui de côté dédié au paysage (en mettant l’appareil « à plat » dans ce cas).

L’objectif est un ménisque, c’est-à-dire un verre convexe placé devant l’obturateur et protégé par une simple vitre plate. Il ne se règle pas et sa précision est, disons, anecdotique.

Sur le côté gauche (vu de face), deux tiges métalliques dépassent. Celle du dessous, légèrement pliée, est le déclencheur monté sur un ressort qui fait remonter le mécanisme pour le rendre opérant de nouveau.

Le second, qui se tire vers l’extérieur, est la position B : en gardant votre doigt appuyé sur le premier, l’obturateur reste ouvert aussi longtemps que besoin.

Au dessus de l’appareil, il y a encore une autre tirette : celle-ci fait varier l’ouverture de f11 à f22 et inversement. C’est une simple pièce de métal, percée de deux trous de tailles différentes, qui passent devant l’obturateur.

Enfin, sur le côté, un gros bouton rond, qui sert à enrouler le film au fur et à mesure des déclenchements. Il faut le faire tourner dans le sens anti-horaire pour avancer le film. Sa seconde fonction est d’accompagner le verrouillage de la boîte, nous y reviendrons.

A l’arrière de l’appareil, une fenêtre rouge inactinique sert de compteur de vue. Il est recommandé de la couvrir d’un bout de gaffer noir pour éviter toute entrée de lumière car il ne faut pas oublier que nos films modernes sont infiniment plus sensibles à la luminosité que leurs ancêtres.

Un mot encore sur l’obturateur, rotatif et simplissime et qui ne donne qu’une seule vitesse, le 1/45s. Autrement dit, l’appareil sera sensible au flou de bougé.

L’appareil est composé de deux parties : la boîte externe, qui est aussi la chambre noire, et le magasin qui est à l’intérieur. Pour ouvrir l’engin, deux opérations à faire : tourner et tirer vers l’extérieur le bouton de réarmement, puis soulever la tirette qui tient la courroie de transport (sur laquelle, au passage, est inscrit le nom de l’appareil).

Il faut ensuite tirer sur la face avant, là où il y a de petites excroissances sur les côtés, pour faire sortir ce que j’appelle le magasin, c’est à dire la structure sur laquelle vous allez enrouler le film.

Je rappelle que le nom de Six-20 signifie que l’appareil ne supporte que du film à ce standard et … qui n’existe plus !

Quoiqu’une source bien informée me souffle qu’un fabricant belge va tout mettre en œuvre pour refaire vivre le 127, le 120 et le 620. A suivre …

Donc, si vous voulez essayer un appareil de ce type, ne vous compliquez pas la vie avec les trucs trouvés sur la Grand Toile, voici une astuce toute simple : après avoir mesuré avec un pied à coulisse l’épaisseur de la joue d’une bobine de 620 (en métal), j’ai obtenu 1/10mm. Dans l’autre main, une petite ponceuse électrique avec une feuille d’abrasif à 80gr qui me permet de réduire l’épaisseur du plastique à celle voulue. Ensuite, réduction du pourtour (plus étroit) aussi à la ponceuse. Un pinceau souple et large pour évacuer la poussière et hop, une bobine de 120 aux standards du 620 en moins de 10minutes.

C’est un appareil vraiment simple à utiliser si vous maitrisez un peu la règle du Sunny 16.

Pour vous aider, voici un petit tableau utile :

Constat.

Si ce Brownie Target Six-20 est rudimentaire, afin de pouvoir l’utiliser, il faut au minimum que l’objectif soit propre et les viseurs aussi.

Sur l’exemplaire que j’ai acheté, c’est loin d’être le cas (bon, pour sa défense, il a presque 80 ans) et je vais donc devoir le démonter pour nettoyer le tout.

Sur certains exemplaires, comme le Brownie F, le démontage est aisé car les pièces sont clipsées entre elles. Ici, ce n’est pas le cas car il faut passer par la façade qui est fermée par des rivets.

Il faudra donc les faire sauter et les remplacer par de petites vis à métaux. Et ça sans déformer la plaque métallique (enfin essayer de ne pas la massacrer).

Démontage/Nettoyage/Remontage.

J’ai fait l’acquisition, sur un grand site chinois, d’une série de petits outils destinés au démontage des tablettes et autres téléphones. Je pense qu’ils vont m’être utile ici.

Eh bien non, car en y regardant de plus près, ce sont de minuscules vis à tête carrée qui tiennent la face avant. Heureusement qu’un autre achat sur la même plateforme me fournit le minuscule embout pour dévisser.

Voilà la plaque décorative ôtée. Dessous, la face qui porte deux verres convexes, qui servent aussi de loupes et le protège objectif, simplement posé sur la plaque métallique (je pense qu’ils ont omis au montage de replier les pattes de serrage, mais je laisse comme ça).

Un bon nettoyage des « optiques » et je mets le tout de côté car je vais maintenant nettoyer les miroirs et les viseurs (qui sont aussi de verres en forme de loupe). La poussière s’est accumulée et il me faut mouiller plusieurs fois mes coton-tiges pour enlever le dépôt.

Les deux miroirs sont un peu atteint mais pas assez que pour les changer (et de toute manière, je n’en ai pas sous la main).

J’en profite pour vous montrer le mécanisme de l’obturateur, gardé ouvert grâce à la tirette de la pause B. Puis j’ai tiré la plaque au dessus, pour vous permettre de voir les 2 orifices de tailles différentes, qui représentent le f16 et le f22.

Mécanique simplissime mais efficace.

Les verres et miroirs sont propres et secs. Un dernier coup de soufflette partout pour nettoyer l’intérieur et je vous montre le résultat.

Bon, vient maintenant la phase de remontage. Ah ces f… vis ! Y en a toujours une qui résiste, tombe et retombe … Mais je l’ai eue !

Que penser de cet appareil ?

Vous l’avez compris, c’est un boitier très simple comme il y en eut des millions et qui se sont encore vendus jusqu’à l’aube des années soixante (tous modèles de box confondus) : on ne tue pas une poule aux œufs d’or trop vite !

Disons quand même à l’époque qu’il y avait aussi les foldings (appareil à soufflet), un brin plus sophistiqué (certains auront même un télémètre couplé), les télémétriques à focales fixes ou interchangeables et les appareils en dur (bakélite, métal) comme les Voigtländer Vito.

Le box restait un bas de gamme absolu qui n’avait d’autre avantage que de permettre un tirage par contact en 6x9cm.

Des millions d’albums de famille se sont construit avec ces Brownie’s, il y en a peut-être dans vos greniers.

De nos jours ils ne sont plus guère utilisables, en tout cas ceux en format 620 car la pellicule à quasi disparu.

D’autres, en bobine de 120, peuvent donner envie de les sortir pour « voir ce que ça donne » sans se ruiner.

Car ce type d’appareil se négocie entre 5 et 10€, souvent avec sa boite en cuis.

C’est une expérience à tenter, pourquoi pas ?

Videos d’illustration.

Un peu de technique.

Fabrication par Kodak USA et Canada
Produit de 1946 à 1952
Type de carrosserie : Boîte en tôle fine garnie de simili cuir noir
Construction en carton et métal
Type de film : 620
Taille de l’image : 6x9cm
Nombre d’images : 8 par bobine
Type de lentille : ménisque
Type de mise au point : fixe
Distance focale : équivalent 90mm
Plage de mise au point : +/- 3m à l’infini
Type d’ouverture : Multitrou devant l’obturateur
Ouverture : f/16, f/22
Type d’obturateur: rotatif
Vitesses d’obturation : B, 1/50 sec
Taille (l x h x p) : 83 x 118 x 130 mm
Poids: 470g

Des références.

https://www.brownie-camera.com/47.shtml, https://alysvintagecameraalley.com/2020/02/24/the-kodak-brownie-target-six-20/, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Target_Brownie_Six-20, https://www.kodaklist.com/cameras/Target-BROWNIE-Sixxdashx20-Camera, http://artdecocameras.com/cameras/kodak/brownie-target-six-20/ en anglais ; https://www.autrefoislaphoto.com/musee/appareils-photographiques/box-et-detectives/kodak-brownie-target-six-20, http://www.ericconstantineau.com/photo/review_kodakbrownietargetsix20_fr.html, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Kodak/Appareils_argentiques_Kodak/Kodak_Brownie_Target_Six-20

Argentique

Le Minolta Hi-Matic AF

Préambule.

Brrrr … nous sommes en plein milieu du mois de mai et il ne fait toujours pas bon : le ciel est (très) gris et on nous annonce de grosses averses pour la fin d’après-midi.

Ici, à Braine l’Alleud, le temps est maussade mais il fait sec. Arrivés tôt, nous allons devoir faire plusieurs fois le tour de la brocante car les vendeurs n’ont pas l’air pressés de déballer leurs objets.

Ainsi commence la quête du jour, qui va s’avérer désespérante : je n’ai pu trouver qu’un seul appareil qui mérite que je vous le présente et, de fait, je crois que j’en ai compté 4 à la vente, dont un superbe Nikon F4 hors de prix.

Finalement, c’est en retournant vers la voiture et un peu hors brocante que j’ai trouvé ce Minolta Hi-Matic AF, chez une dame qui vendait essentiellement des vêtements pour enfants.

Pourquoi l’ai-je pris ? Sa bobine est très proche des Konica C35 AF (le premier appareil autofocus au monde, 1977), ou du Canon AF 35 M, par exemple et parce que j’aime bien cette marque, disparue trop tôt.

Un peu d’histoire.

J’ai déjà écrit sur le Hi-Matic 7s et commis un article sur le Hi-Matic 11 Super Circuit 3, un magnifique boitier qui vient à la suite du Hi-Matic 9 et qui clôture, en quelque sorte, la série des Hi-Matic ancienne version.

Tout en métal, ce sont d’excellents appareils, dans la veine des Canonet ou des Yashica Electro 35, mais ils passeront progressivement aussi au plastique.

Le premier Hi-Matic a vu le jour en 1962 et le dernier, le Hi-Matic GF, en 1984.

Rappelez-vous, ces boitiers ont été conçu, en général, pour les photographes amateurs qui voulaient des appareils photo performants mais simplifiés : un objectif fixe de grande ouverture, avec quelques automatismes bien pensés pour seconder des télémètres performants.

Mais fin des années septante, début quatre-vingt, un nouvel argument est venu bouleverser cet ordre établi : l’autofocus, qui permettait de se passer de télémètre et de zones focus puisque c’est le boitier qui fait la mise au point pour vous, garantissant que vous soyez toujours net (en principe).

C’est donc le Konica C35 AF qui ouvre la voie, même si par la suite son système d’autofocus ne sera pas retenu (lent et peu fiable), au profit soit de télémètres à infra rouge, ou par sonar, ou encore par analyse du contraste.

Les constructeurs ajoutent de l’électronique et retire du métal. Finalement, on en arrive à des boitiers bien construits, fiables, mais où le plastique prend de plus en plus le pas sur le reste, à l’instar des compacts des années nonante, tout en plastique.

Ce Minolta Hi-Matic AF sera le premier autofocus de la marque, en 1979. Il sera remplacé en 1982 par un Hi-Matic AF2. Ensuite, ce seront les compacts des années nonante. Celui-ci fut donc le précurseur.

Comment fonctionne le Minolta Hi-Matic AF ?

Honnêtement, j’ai difficile de le nommer « compact » car vous ne pourrez pas le glisser dans une poche, tout au plus dans un petit sac, mais comme ses concurrents de l’époque du reste.

Avec ses 550gr (y compris les 2 piles AA), il tient bien en mains et son poids facilite la stabilisation de l’engin. Prévoyez quand même une dragonne ou une sangle pour rendre son port confortable. Notez que d’origine, il est fourni avec un « sac tout prêt ». en simili cuir, muni d’une sangle minimaliste et d’un cache objectif qu’il ne faut pas perdre car il protège en même temps le déclencheur, le viseur et la cellule. Si vous regardez bien, notez l’attention du constructeur pour ne pas égarer ce cache car il propose une languette, attachée au « sac tout prêt », à laquelle l’attacher. A l’époque, le photographe détachait le dessus de l’ensemble et gardait le demi-sac, muni de la sangle et de l’attache pour le cache objectif.

Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, l’appareil possède un flash électronique intégré, qui doit être actionné manuellement (ça évite les soucis dans les musées notamment).

Par dessous, un pas de vis pour le fixer à un trépied, le bouton de rembobinage sous la semelle et la trappe pour les 2 piles AA, très communes et accessibles en terme de budget.

Sur le capot, un levier d’armement, le compteur de vue (qui se remet à zéro automatiquement) et la molette pour le rembobinage. Ne tirez pas dessus pour ouvrir le dos de l’appareil, il y a un verrou prévu à cet effet derrière.

Sur le dos de l’appareil, un mémo pour les données du flash, toujours bien utile quand on l’utilise.

Ensuite, le viseur : clair, collimaté avec un cadre clair et au centre, un carré qui indique où l’appareil fait la mise au point. Au dessus du cadre, les symboles des distances.

L’appareil est un priorité ouverture programmé. C’est-à-dire que sans flash l’appareil utilise une exposition programmée alors qu’avec le flash, il le fait avec priorité à l’ouverture. La programmation tient compte de combinaisons vitesses/ouverture de 1/8s à f2,8 à 1/430s à f17.

Outre l’autofocus, sur lequel je vais revenir, ce qui retient l’attention sur cet appareil, c’est son objectif : un Rokkor de 38mm, comme nous l’avons vu qui ouvre de f2,8 à f17, avec une mise au point minimale de 1m. C’est un excellent objectif (4 élément en 3 groupes), qui donne de très bons résultats. Pour vous en convaincre, allez voir les exemples de photos ICI.

L’autofocus donc fonctionne par infra rouge et la distance réglée par l’appareil apparait dans le viseur, à l’aide de pictogrammes (montage, portrait, etc.) et d’une diode rouge qui s’allume au dessus du pictogramme retenu pour la distance évaluée.

Un faisceau dans le spectre de l’infra-rouge (invisible à l’oeil humain) est envoyé par l’appareil vers le sujet, qui renvoie le rayon vers le boitier. La distance parcourue est analysée par l’électronique et elle ajuste l’objectif pour donner une image nette. De nombreux concurrents ont utilisé aussi cette technique qui a deux défauts : le premier est que ça ne fonctionne pas si vous photographiez à travers une vitre en double vitrage, le second est que si vous êtes en très basse lumière, l’autofocus peine à accrocher. Souvenons-nous que cette technique était utilisée sur un appareil qui souffle ses 45 ans à l’heure d’écrire ces lignes !

Cet appareil vous propose quand même de verrouiller la mise au point : visez un sujet et faites la mise au point sur celui-ci, abaissez le verrou de mise au point (devant le déclencheur) et recomposez votre image. La mise au point verrouillée garanti de garder celle-ci jusqu’à ce que vous appuyiez à fond sur le déclencheur.

Bien évidemment, le Minolta Hi-Matic AF est équipé d’un posemètre au CdS, alimenté par les 2 piles (qui servent aussi pour le flash). Sa sensibilité est de 25 à 400 Iso, que vous réglez avec la molette crantée autour de l’objectif.

Petit écueil à ce sujet : si vous montez un filtre devant l’objectif (diamètre de 46mm), l’œil de la cellule en tiendra compte car il est sur le pourtour de l’objectif mais en même temps, si vous avez monté ce filtre, il est impossible de régler la sensibilité sans le retirer. Soit vous utilisez régulièrement la même sensibilité de film soit vous démontez le filtre à chaque fois. Pas pratique !

Comme je le précisais en préambule, ce type d’appareil était destiné aux amateurs. Ce qui veut dire que votre rôle se borne à cadrer et viser car lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, le boitier calcule l’exposition correcte et fait la mise au point sur le sujet cadré. Si la luminosité requiert l’utilisation du flash, un témoin rouge vous signale qu’il est nécessaire de le sortir ou d’utiliser un trépied car la vitesse sera inférieur à 1/45s.

Si vous avez fait coulisser la réglette qui fait jaillir le flash, il vous faut attendre que le voyant de mise en tension de celui-ci clignote avant de déclencher. N’oubliez pas de consulter le mémo au dos de l’appareil pour éviter les déconvenues.

Petit truc: si au bout de 30 secondes le flash ne s’est pas rechargé c’est qu’il faut changer les piles. Les vérifier avant de considérer que ledit flash peut-être hors service aussi.

Le flash peut-être utilisé en cas de fill-in (contraste très marqué, comme dans un contre-jour). Attention, souvent les flashs de ces appareils ne sont plus fonctionnels (condensateur), ce qui n’empêche pas d’utiliser l’engin.

Il y a encore un retardateur qui vous laissera environ 10 secondes pour être sur la photo.

Un mot sur le chargement du film. Vous avez ouvert le dos de l’appareil et glissé une bobine dans la chambre : il faut tirer l’amorce jusqu’à la bobine réceptrice et l’y glisser dans une fente, faire tourner au moins un tour avec le doigt en vérifiant que le film est bien au-dessus des roues d’entrainement, refermer le tout et armer/déclencher au moins deux fois.

Rien de trop compliqué mais il faut faire attention à l’introduction de l’amorce dans la bobine, ce n’est pas le plus facile. Un témoin orange, sur la droite du capot à l’arrière, indique si le film est bien engagé.

Les piles, deux AA très classiques et peu chères, servent donc à alimenter le flash, la cellule et … le déclencheur. Donc sans elles, pas de photos possible.

Que penser de cet appareil ?

Si nous devions le considérer comme un compact, eu égard aux normes des appareils des années nonante, il est gros et massif, mais pas plus que ses concurrents de l’époque in fine.

Ceci dit, achetez un petit sac et une sangle pour rendre son port plus agréable.

Il est stable en mains et les commandes tombent bien sous les doigts, sans devoir chercher où elles sont (oui, l’Olympus XA est bien plus petit, mais faut aussi de petits doigts et de bons yeux pour s’en servir. Faut choisir !).

Un petit truc déconcertant, c’est le déclencheur, qui reste dans la veine des autres Hi-Matic : la course est longue et lorsqu’on appuie dessus, jusqu’au bout, il y a un petit bruit bizarre, sans doute dû au moteur de l’obturateur. Ça n’a aucune incidence sur la qualité de l’appareil, c’est juste en peu étrange, au début.

Son autofocus fonctionne bien mais rappelez-vous qu’il a 45 ans bien sonné. Il apprécie la lumière et ne le brusquez pas trop, il a besoin de prendre son temps pour vous délivrer le meilleur. S’il reste bien utilisable en photo de rue, par exemple, en photos de sport, il avouera bien vite ses limites. D’autant que vous n’avez pas les moyens de contourner l’utilisation de l’autofocus en recourant à des mesures manuelles.

C’est un appareil novateur car c’est le premier autofocus de la marque, avant le célèbre reflex Minolta 7000 AF mais il reste, paradoxalement, très proche des anciens Hi-Matic puisqu’il faut le charger soit même, régler la sensibilité du film, faire avancer la pellicule après chaque prise de vue. Le Minolta Hi-Matic AF2 résoudra ces anachronismes en 1982.

Reste qu’avec sa belle robe noire, il est beau (je sais, c’est subjectif) et qu’il est parfaitement capable de délivrer d’excellentes images.

Si vous en trouvez un dans un très bel état, avec son bouchon et son « sac tout prêt », il vous en coûtera maximum 50€. Ajoutez à cela que vous devrez refaire les mousses du dos, même si ça ne coûte pas très cher, il faut le faire.

Voilà, voilà … sans être vraiment rare il n’est pas très courant et il vous donnera l’occasion de photographier différemment, avec brio.

Bonnes photos.

Videos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Boitier avec viseur
  • Format de film35mm
  • Transport de films manuel
  • Format d’image24 mm x 36 mm
  • Objectif Rokkor de 38mm ouvrant à f2,8
  • Autofocus par infrarouge
  • Filetage du filtre de 46 mm
  • Temps d’exposition de 1/430 ​​seconde à 1/8 seconde
  • Posemètre au CdS
  • Sensibilité des films prise en charge de 25 Iso à 400
  • Modes d’exposition par programme automatique
  • Paramètres d’exposition manuels. Non
  • Flash intégré
  • Vitesse de synchronisation du flash au 1/40 s
  • Support pour trépied
  • Pas de filetage du déclencheur pour câble
  • Retardateur
  • Alimentation x piles AA
  • Pays de production Japon

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Hi-Matic_AF, https://medium.com/@deonisiusp/minolta-hi-matic-af-review-rokkor-and-roll-7c210b0c501d, https://emulsive.org/reviews/camera-reviews/minolta-hi-matic-af-by-adi-w, https://filmphotography.eu/en/minolta-hi-matic-af/ en anglais ; https://ichi.pro/fr/test-minolta-hi-matic-af-rokkor-and-roll-136481361121309, https://fr.wikipedia.org/wiki/Minolta_Hi-Matic en français ; http://progsch.net/mediawiki2/index.php?title=Hi-Matic_AF, en allemand.

Non classé

Le Fuji TW-300

Préambule.

Décidément, je n’avais pas fini de fouiller dans la caisse de l’Emmaüs de Ghlin, ou alors ils ont remis des appareils, car ce Fuji TW-300 a échappé à mon attention.

Mais je l’ai rattrapé et je vous avoue qu’il m’intrigue surtout parce que les indications, à l’arrière, sont en … japonais ! Serait-ce un appareil acheté la-bas par un(e) grand(e) voyageur-se ?

Nous allons tenter de le découvrir (tiens, j’en viens à regretter qu’il n’y ait pas de film oublié à l’intérieur).

Un (petit) peu d’histoire.

Ce qui est amusant, c’est que j’ai trouvé cet appareil après le Chinon Auto GX Télé et qu’ils partagent tous deux ce principe d’un objectif bifocal, c’est-à-dire qu’il varie d’une focale (ici 38mm) à une autre (65mm) sans passer par des focales intermédiaires : c’est l’une ou l’autre, pas d’entre deux.

Nous avons d’ailleurs ici l’explication des lettres TW pour « Tele-Wide ».

Pourquoi choisir cette solution ? Elle est bien moins couteuse qu’un vrai zoom car le déplacement d’une focale à l’autre se fait par le déplacement d’un groupe d’éléments optiques situés devant ou derrière un groupe qui lui reste fixe. Ici, comme sur le Chinon, il faut tourner une bague pour changer de focale.

Et si nous regardons bien, il ne s’agit pas vraiment d’un grand angle (38mm) ni d’un vrai téléobjectif (65mm) mais cela couvre des besoins courants pour le photographe amateur à qui est destiné cet appareil.

Typiquement, son design nous projette dans les années quatre-vingt, avec ses formes plutôt anguleuses et ses arrondis discrets (oui, je sais, c’est antinomique !). Une légère poignée, qui masque l’endroit où l’on insère la pile, assure un bon maintient, même si le revêtement est lisse, fait d’un plastique de qualité, bien assemblé.

Sorti en 1985, il s’appelle TW-300 hors du Japon et Tandem au pays du soleil levant.

Tout comme le DL 200 que je dois toujours réparer, les premiers modèles étaient équipés d’un jeux de piles soudées, qu’il fallait faire remplacer dans un atelier agréé. L’exemplaire que je vous présente fait partie des boitiers sortis après 1986 car il utilise une pile.

Autre « nouveauté » introduite dans cet appareil, le système « drop in loading » ou chargement instantané, breveté par Fuji dès 1982 et qui simplifie grandement le chargement du film pour les photographes inexpérimentés.

Présentation du Fuji TW-300.

Comme je l’écrivais plus haut, il se présente comme un rectangle aux coins arrondis (?!) assez massif. Bien fini, il tient parfaitement en mains, même si j’avais préféré un revêtement moins lisse. La petite poignée devant, qui abrite donc la trappe pour la pile, est la bienvenue. Sa taille et son poids ne le destine pas aux poches mais plutôt à un petit sac ou, comme à son époque, une pochette souple que l’on faisait glisser le long de la dragonne, portée autour du cou, lorsqu’on voulait photographier quelque chose.

Vu de face, on aperçoit une « paupière » devant l’objectif, qu’il faut ouvrir pour mettre l’appareil en route. Un petit curseur sur le pourtour de l’objectif sert à la manœuvre. Si celle-ci n’est pas ouverte, pas de déclenchement possible.

Sur le bord de l’objectif, deux protubérances striées permettent de saisir fermement celui-ci pour passer du grand angle à la position téléobjectif, et inversement. Contrairement au Chinon, cela se fait dans le silence et de façon très fluide.

A la différence toujours du Chinon, pas de mise au point par zones en position télé car le Fuji TW-300 est équipé d’un autofocus. Ceci ajoute à son agrément.

Un peu plus avant j’écrivais que cet appareil était destiné aux photographes amateurs, finalement les plus nombreux. C’est pourquoi l’appareil est doté du système de chargement rapide cher à Fuji : on introduit la cartouche en ayant tiré quelques centimètres de l’amorce, on referme l’appareil et celui-ci charge le film avec une particularité que j’aime bien : il débobine tout le film pour le réintroduire au fur et à mesure des prises de vue dans la cartouche. Avec le gros avantage que si on ouvre distraitement le dos du TW-300 on ne voile pas les photos déjà prises puisqu’elles sont à l’abri.

Le boitier lit le codage DX des films et règle la sensibilité de la cellule dans une fourchette de 50 à 1600Iso. Si vous utilisez un film non codé, le boitier applique une valeur par défaut de 100Iso.

Lorsque l’on ouvre le dos de l’appareil on permet aussi de déverrouiller la porte qui retient la pile, partiellement cachée par le rebord de la porte arrière. La pile est ici une CRP-2 de 6v.

Je reviens un instant sur l’objectif – ou devrais-je écrire les objectifs. De fait, le 38mm, ouvrant à f3,5 est en 3 éléments en 3 groupes tandis que le téléobjectif – qui n’en est pas vraiment un – de 65mm, qui ouvre à f6, est en 6 éléments et 6 groupes.

Lorsque vous êtes en position 38mm, le viseur donne le cadre pour cette focale et lorsque vous passez en position 65 mm, un bloc optique pivote derrière le bloc du 38mm, entre le plan film et l’objectif qui s’éloigne dans la manœuvre, et le viseur change de position pour vous donner le cadre du 65mm : astucieux !

La mise au point minimale est de 1mètre.

Le flash n’est pas automatique – vous n’allez pas vous faire incendier au musée – il faut l’actionner avec le petit interrupteur sur la gauche du viseur. Un petit mémo vous indique sa portée ne fonction de la sensibilité du film et de la distance au sujet.

Dans le viseur vous verrez une diode rouge s’allumer si la luminosité est trop faible, vous incitant à bien vous caler ou à utiliser le flash.

Toujours dans le viseur, bien dégagé et clair, un cadre, avec correction de la parallaxe, change en fonction de la focale choisie. Et, en bas, lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, vous verrez une barrette se placer devant un pictogramme qui indique la distance retenue pour la mise au point par l’autofocus, matérialisé lui par un cercle au centre du viseur. Simple mais efficace. Bien que sa visibilité ne soit pas optimale selon les circonstances de lumière.

Ensuite, un petit écran LCD, à l’arrière, vous indique la capacité de la pile et le compteur de vue. Un petit bouton, assez mal fichu je trouve, sur l’extrême droite, est celui du retardateur. Il vous laissera 10 secondes pour être aussi sur la photo. Une lampe rouge, devant, clignote pendant le décompte des secondes.

Enfin, comme l’appareil est automatique, vous ne verrez pas ce qu’il choisit comme vitesse mais celles-ci s’échelonnent de 1/60s au 1/500s.

Que penser de ce Fuji TW-300 ?

Ce n’est pas non plus un appareil courant. Pourtant, il mérite le détour car il est bien fait et les photos qu’il délivre sont très acceptables. Des exemples sont illustrés ICI.

Simple à utiliser, il pardonne beaucoup aux photographes moins expérimentés et leur facilite grandement la tâche pour les opérations qui les effraient (chargement du film, mise au point, gestion du flash). On le tient bien en mains mais ne comptez pas trop le mettre dans une poche, plutôt un petit sac.

En tout cas, photographier avec un Fuji TW-300 est une expérience différente des autres appareils de son époque et il faut parfois oser sortir des entiers battus.

Si vous en trouvez un en très bon état, vous ne devriez pas le payer plus de 20€ et il sera un chouette compagnon de sortie.

Le
Fuji TW-300 est un appareil photo point & shoot 35 mm lancé en 1985
en tant qu’appareil photo autofocus à double focale. Un interrupteur en
façade permet de basculer entre les modes grand angle (38 mm) et télé
(65 mm). Il s’agit de l’un des premiers appareils photo à utiliser le
système de « chargement instantané » de Fuji, avec pré-enroulement :
lorsqu’une cartouche de film est insérée, le film entier est chargé dans
l’appareil photo puis enroulé à l’envers dans la cartouche pour
protéger les images exposées au cas où le Le dos de l’appareil photo est
ouvert par accident.Il arbore un objectif 38 mm F/3,5 d’une
flexibilité impressionnante et est un appareil photo 35 mm entièrement
automatique : l’exposition et l’ouverture sont gérées pour vous.L’appareil
photo est ultra compact et léger, ce qui le rend idéal à transporter à
tout moment. Il existe plusieurs modes de flash, notamment automatique,
yeux rouges, remplissage et arrêt. Il utilise un système de chargement
de film instantané. Il utilise une fonction de pré-enroulement pour le
transport du film ; par conséquent, le compteur d’expositions affiche le
nombre d’expositions restantes et diminue à mesure que les expositions
sont capturées. Il offre une variété de vitesses d’obturation
automatisées allant de 1/6 à 1/500 sec.Si vous recherchez un appareil photo léger et durable mais étonnamment net, ne cherchez pas plus loin que le Fuji TW-300 !

Video d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Grand angle de 38 mm f/3,5 (3 éléments, 3 groupes) et Télé: 65 mm f/6 (6 éléments, 6 groupes)
  • Mise au point la plus proche à 1 m.
  • Cache objectif intégré.
  • Vitesses d’obturation de 1/6s —1/500 s.
  • Plage d’exposition : EV 6 à 17 (grand angle) ; EV 7,5—18,5 (télé) à 100 ISO.
  • Flash pop-up intégré (flashmatic) ; peut être utilisé comme flash d’appoint à la lumière du jour.
  • Portée du flash de 1 à 5 m en grand angle à 100 ISO (télé : 1 à 3 m)
  • Lit les films codés DX à des vitesses de 50 à 1 600 ISO. Le film non DX est exposé à 100 ISO.
  • Alimentation : pile au lithium 6 V CR-P2/BR-P2/DL-223.
  • Dimensions et poids : 136x71x54 mm, 400 g.

Des références.

https://collectiblend.com/Cameras/Fuji-Optical/Fuji-TW-300-(Tandem).html, http://camera-wiki.org/wiki/Fuji_TW-300, https://www.australiananalog.com.au/products/fuji-tw-300, en anglais ; https://benber.fr/boutique/produit/fuji-tw-300/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-14571-Fuji_TW-300.html en français

Argentique

Le Chinon Auto GX télé

Préambule.

Du soleil, qui se faisait rare, des brocanteurs, des caisses et des boites, vous connaissez l’histoire …

En l’occurrence ici, une boite presque intacte attire mon attention car elle semble renfermer un appareil que je ne connais pas.

De fait, tout est dans l’emballage : l’appareil et sa dragonne, ses notices, un petit mot du propriétaire précédant sur les réglages.

Bon, à vue de nez, il doit dater des années quatre-vingt. Mais voyons cela de plus près.

Présentation du Chinon Auto GX télé.

Disons le tout de suite, je n’ai pas trouvé pléthore d’informations à son sujet. Dois-je en déduire qu’il n’a pas révolutionné le monde de la photographie ?

Source : collection-appareils. Une publicité Porst des années quatre-vingt sur les deux modèles : le GX Télé-Wide (1986) et le Auto GLX Télé-Wide (1987)

Il existe de fait deux appareils, sortis à un an d’intervalle, qui portent sensiblement le même nom mais qui sont distincts.

Le premier, celui qui nous occupe aujourd’hui, est le Chinon GX Auto Télé-Wide et le second est le Chinon Auto GLX Télé-Wide.

Les grandes différences résident dans le fait que le second est équipé de l’autofocus, pas le premier et que les focales ne sont pas les mêmes : 35 – 55 pour le premier et 35 – 60 pour le second.

Pour le reste, ils proposent tous les deux une façon simple de passer de la focale 35mm à la focale 55mm ou 60mm : il faut faire tourner une bague ou un curseur pour passer d’une focale à l’autre. C’est donc un 35mm ou un 55mm (ou 60mm). Si la première focale peut être considérée comme un grand angle, la seconde ne peut prétendre être un téléobjectif en commençant à 55 ou 60mm.

Je vais donc rester concentré sur celui que j’ai trouvé, le 35 – 55mm.

L’aspect de l’appareil est un peu étrange, avec ce crochet par dessous, et les petits pieds ajoutés pour que le boitier puisse tenir debout.

Ceci étant, on l’a bien en mains, la poignée est bien creusée et les quelques commandes tombent naturellement sous les doigts.

Pour passer donc d’une focale à l’autre (il n’y en a pas d’intermédiaires), il faut actionner le curseur qui se trouve en dessous de l’objectif.

En position 35mm, c’est un « point and shot » classique, sans réglages, tandis qu’en position 55mm on peut régler 2 zones : de 1,3m à 3m puis de 3m à l’infini.

Avouons que ce n’est pas très intuitif.

C’est un appareil tout automatique et il bénéficie d’un système de chargement rapide afin de simplifier la mise en place de la pellicule.

Pour le reste, c’est un petit appareil sympa, à la forme qui sort de l’ordinaire, notamment à cause de cette tirette, en dessous de l’appareil, pour changer la position de la focale. Par la suite, celle-ci sera placée sur la face avant de l’appareil, sans être forcément plus pratique (voir la publicité plus haut, qui présente les 2 modèles).

Le viseur est clair mais sans ligne de cadre ou des lignes pour délimiter le cadrage en tenant compte de la parallaxe. Pas d’indications sauf une diode rouge pour signaler que vous manquez de lumière et que vous êtes à la limite du flou de bougé.

Par contre, lorsque vous changez de focale (35 vers 55 et inversement), le viseur s’adapte et vous donne une vison « grand angle » ou « normale ». Mais il le fait avec un bruit (un « clong » bien senti) qui vous invite à ne pas changer de focale dans un endroit de recueillement !

Le flash n’est pas automatique, il faut le mettre en marche en déplaçant vers le haut le curseur (un trait jaune apparait, qui signale qu’il est en fonction) qui se trouve à l’extrême droite, presque sur la tranche. Il faut garder le doigt enfoncé sur le déclencheur à mi-course 10 longues secondes pour un premier éclair, mais on peut en faire un second tout de suite après, puis il faut recharger le condensateur. Un témoin orange vous signale quand il est prêt.

Autre bizarrerie, le réglage de la plage Iso : vous l’actionnez avec la réglette à droite, protège objectif fermé. Elle vous donne comme valeur 100 – 200 et 400 – 1000 Iso. C’est large mais peu précis !

Par dessous, outre la réglette pour passer de grand angle à « télé », des petits pieds en plastique assurent une bonne tenue de l’appareil. Le bouton de rembobinage est aussi en dessous, tout comme la porte pour les deux piles AA. Faites-y attention, elle ne tient pas à l’appareil, il ne faudrait pas la perdre.

Le compteur de vue se remet à zéro dès que l’on ouvre le dos de l’appareil.

Que penser de cet appareil ?

Paradoxalement, on l’a bien en mains, notamment grâce à la mini poignée sur le devant (qui accueille les piles) et des stries à l’arrière qui retiennent le pouce. On peut facilement s’en servir d’une seule main.

Les photos qu’il délivre ne sont pas mauvaises, vous pouvez voir des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Ce n’est pas un appareil courant, sans être très rare. Si vous en trouvez un en parfait état, dans sa boite, avec sa dragonne, ne dépensez pas plus de 20€, il est quand même techniquement limité.

Sinon, je pense qu’il peut être un bon compagnon de balade, l’objectif est bien protégé si vous le glissez dans un sac.

A découvrir.

Des données techniques.

Objectif de 35 mm f4 (3 éléments en 3 groupes) et 55 mm f5,6 (6 éléments en 5 groupes).
Viseur avec LED d’avertissement de sous-exposition.
Obturateur mécanique, fixé au 1/90s.
Mise au point par zones en position « télé »
Posemètre au CdS, règle automatiquement l’ouverture sur f4, 7,5 et 15 (grand angle) ou f6,5, 12, 24 (télé).
Plage ISO réglée DX limitée à 100-200 et 400-1000 Iso
Chargement automatique, enroulement et rembobinage du film.
Flash intégré avec GN de ​​12 (ISO 100, mètres). Portée efficace de 1,5 à 4,2 m en réglage grand angle.
Alimentation par 2 piles AA.
Dimensions de 135 x 78,5 x 55,5 mm
Poids de 330g

Des références.

https://camerapedia.fandom.com/wiki/Chinon_Auto_GLX_(Tele_Date), en anglais ; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-5061-Chinon_Auto%20GX%20Tele-Wide.html, en français

Belles rencontres

Rencontre amicale sur la brocante d’Imagipark (Mons)

Ce dimanche là il faisait beau, les promeneurs et acheteurs nombreux et, à l’exception d’une averse que personne n’avait pu prévoir, tout se passa bien.

J’ai eu le plaisir de revoir Michel et d’échanger à nouveau quelques mots avec lui. Si vous vous en souvenez, je vous ai présenté son blog qui parle de sa passion pour les objectifs anciens en M42.

Il se fait que j’avais dans mes « vieux machins » un bel objectif Minolta Rokkor 50mm f1,4 dont le diaphragme semblait hors service.

Bon, ce n’est pas du M42 mais connaissant Michel, il va pouvoir en faire quelque chose, que je vous invite à découvrir sur son site car il a toujours plein d’astuces et de ressources.

Crédit photo : Michel Maurice.

Promis, la prochaine fois, je prends la caisse avec les M42 que je possède encore, tu vas t’amuser.

A bientôt pour une autre rencontre bien sympathique.

Argentique

Le Canon T80

Préambule.

Vous connaissez mon attachement à la marque Canon.

Aujourd’hui, je vais m’attaquer à un appareil qui jouit, une fois n’est pas coutume, d’une (très) mauvaise réputation, le Canon T80.

Oui, oui, je sais, il y en eu d’autres, ne remuons pas le couteau dans la plaie …

Pourtant, cet appareil devait marquer l’entrée de la marque dans le futur, celui de l’autofocus sur un reflex.

Mais en l’occurrence, Canon l’a reconnu lui-même, la marque a raté le coche.

Quelques explications … historiques.

En mars 1982, Canon proposait le AL-1, un appareil qui utilisait la monture FD et fonctionnait comme ses frères, le AE-1 et le A-1, en automatique, semi-auto et manuel.

Un bosselage sur le côté droit assurait une bonne prise en mains et surtout contenait les deux piles AA qui assurait son fonctionnement.

Mais sa particularité c’était son système d’aide à la mise au point, le « Quick Focus ».

Attention, ce n’est pas encore un système d’autofocus mais un système d’aide à la mise au point : une diode verte s’allume si celle-ci est correcte et deux autres diodes, rouges, indiquent la correction à apporter. La diode en forme de flèche indique même dans quel sens tourner l’objectif !

Le principe technique de cette assistance fait appel à un miroir principal transparent, donc une partie de la lumière qui le traverse est reflétée par un second miroir, caché derrière le principal, vers trois capteurs CCD. Un micro-ordinateur mesure le contraste sur les capteurs et après calcul donne des instructions aux diodes d’indication. C’est le principe d’un télémétrique électronique.

Simple quoique sophistiqué, fiable, le principe était bon. Cependant le modèle n’a pas connu un franc succès. C’est souvent le cas pour des modèles précurseurs : plus vraiment comme les anciens et pas encore révolutionnaire.

Pourquoi parler de révolution ? Parce que depuis quelques temps des bruits de plus en plus concrets parlent d’un système qui aiderait les photographes à faire la mise au point sans faillir. Un drôle de nom circule, « l’autofocus ».

Mais encore un peu de patience …

Ça et là des tentatives sont faites pour y arriver, les plus abouties se concentraient sur un système glissé dans l’objectif lui-même, comme le AF-Nikkor 80 mm f/4,5 (1971), le Pentax AF Zoom 35-70mm f/2.8 (1981) mais la révolution ultime, se sera le Minolta 7000 AF (1987) qui associait un boitier et un objectif compatible pour assurer un système d’autofocus complet.

Canon entend garder sa monture FD, sortie en 1971, pour son autofocus maison. Il va toutefois la modifier pour qu’elle accepte les « instructions » électriques venant du boitier. Ainsi nait la monture FD AC, avec des contacts électriques.

Au delà de cette avancée technologique, Canon voulait aussi renouveler sa gamme de réflex qui, depuis le début des années septante, avaient gardé un « look » assez uniforme.

La gamme s’appelle désormais T et elle succède aux A et F, plus « classiques ».

Dès que vous voyez un de ces boitiers, vous aurez tendance, si vous avez plus de 40 ans, à le positionner dans les années quatre-vingt sans trop chercher : carré, en plastique, avec des embryons d’ergonomie, tout motorisé … et en plus, c’est marqué dessus !

Elle se décline en T50 (entrée de gamme), T70, T80 (avec autofocus donc) et T90, qui revient aux automatismes « classiques » tout en étant l’appareil le plus sophistiqué du moment (mais que son électronique trahit souvent). Un ultime T60, fabriqué par Cosina (?) fera son apparition en 1991, mais c’est une autre erreur !

Ensuite, Canon dévoilera ses Eos (1987) et la monture EF qui seront, eux, vraiment révolutionnaires et qui ne quittent, lentement, la scène que devant les hybrides actuels. Nous pourrions alors écrire que la gamme T sera une gamme de « transition ».

Découvrons le T80.

C’est donc le premier reflex Canon a être tout automatisé et qui bénéficie d’un objectif avec mise au point entièrement automatique. L’ensemble est cohérent et, à son époque, il dut être très attirant. La publicité fera le reste …

Source : Singe-urbain (je vous invite à y lire le décryptage de cette publicité)

Comme je l’écrivais plus avant, le T80 gardait la monture FD, modifiée (FD AC) et lors de son lancement, il sera accompagné de 3 objectifs spécifiques : l’AC 50 mm f1,8, l’AC 35-70 mm f3,5-4,5 monté sur cet appareil et l’AC 75-200mm f4.5.

Cette monture combine la difficulté de garder des commandes mécaniques et d’intégrer un moteur commandé électriquement (la protubérance sur le côté). Le moteur est alimenté par les 4 piles AAA du boitier.

Petite digression : lors du lancement du système EOS et de la monture EF, Canon abandonnait tout contact mécanique pour que les instructions données par le boitier soient électriques (plus rapides et sans conflits éventuels). Mais ce changement radical imposait aux utilisateurs de changer tout leur matériel !

Esthétiquement, il rompait avec les séries précédentes de par sa forme, les matériaux de construction, l’abandon de commandes manuelles, l’ajout de boutons et autres curseurs, et d’écrans LCD.

Finies aussi les molettes de réglages, celle pour rembobiner, le levier d’armement. Finalement, seul le bouton de déclencheur restait à sa place, mais il était dorénavant électrique.

Ce qui frappe le plus, c’est cet écran LCD, derrière le déclencheur.

Et son côté « tout plastique » (en fait du matériau composite) qui, s’il fait moins « costaud » que ses ancêtres, offre une bonne tenue en mains, notamment grâce au grip formé par le bossage qui contient les piles et un repose-pouce judicieusement placé à l’arrière.

Remarquez, si vous devez vous en servir dehors, lorsqu’il fait (très) froid, vous apprécierez qu’il ne soit pas en métal. Tout comme lorsque vous devrez le porter autour du coup lors d’une longue balade, il est beaucoup plus léger.

Avant de voir les commandes, l’autre point d’achoppement, lorsqu’on regarde leT80, c’est son objectif, avec cette grosse bosse sur le côté, qui déséquilibre l’harmonie de la silhouette globale. Nous sommes loin des micro-moteurs actuels.

De fait, les ingénieurs de chez Canon ont pris la capacité d’assistance à la mise au point intégrée au AL-1, puis ils ont fabriqué un objectif à mise au point automatique spécial doté d’un moteur intégré à l’objectif : c’est le moteur qui ferait la mise au point et non plus le photographe. Exit donc la bague de mise au point (elle existe toujours mais elle est bien cachée).

Le moteur reçoit ses instructions du boitier via des contacts électriques sur le pourtour de la baïonnette et de l’objectif. Exit donc aussi la bague d’ouverture puisque c’est le T80 qui décide.

Si la monture reste compatible avec les objectifs FD anciens, c’est clairement pour ne pas perdre une clientèle fidèle depuis près de 25 ans à ses objectifs. Vous pouvez d’ailleurs les utiliser sur le T80 mais avec la mise au point manuelle. Tout comme vous auriez pu monter un FD-AC sur n’importe quel boitier à monture FD, toujours en manuel.

Ce n’est que sur le T80 que vous retrouviez tous les automatismes du mariage boitier – lentille FD-AC.

Sur l’objectif, il y a trois commandes immédiatement accessibles : prise de vue unique (one shot), prise de vue multiple (servo) et mise au point manuelle (manual).

Puis, un gros curseur pour rapprocher la mise au point si besoin, et sur le côté, un autre curseur qui permet de faire passer l’objectif de la position 35mm à 70mm. Une petite fenêtre, au bout de l’objectif, vous indique la position arrêtée pour la photo.

Et je vous écrivais que la mise au point était toujours possible mais il faut ôter le bouchon spécifique de l’objectif et, avec les doigts glissés entre les deux fentes ainsi libérées, faire tourner la lentille sur la distance vue à travers la vitre. Pas pratique mais faisable.

Venons-en aux commandes.

A l’arrière, l’interrupteur principal offre trois positions : fermé (L), ouvert (A) et retardateur (symbole). Sur l’écran LCD vous verrez apparaître ceci :

Vous voilà prêt pour commencer à l’utiliser. Notez que je vous renvoie au mode d’emploi (voir dans les données techniques) pour y placer les piles et pour les différentes manœuvres pour charger un film (comme sur un compact d’ailleurs).

Lorsque vous portez l’appareil à votre œil, vous serez surpris de constater que le viseur est très clair mais très … vide. Hormis un centre divisé en 4 parties, il n’y a rien.

Enfin si, quatre voyants qui indiquent si vous êtes en mode manuel (M), en mode programme (P), une espèce de petit diamant qui donne une indication de mode et le symbole du flash si vous en avez connecté un et qu’il est prêt à être utilisé.

Attention, il faut absolument mettre un film dans l’appareil pour voir apparaître ces éléments et faire fonctionner correctement les commandes.

Il est muni de plusieurs programmes adaptant la réponse de l’automatisme au genre de scène à photographier :

  • Standard : programme « passe-partout » privilégiant un peu l’accroissement de vitesse.
  • Stop action : vitesse très rapide pour figer le mouvement mais ouverture maximum limitée à f2 (assez étrange dans la mesure où l’objectif standard vendu avec l’appareil, le zoom 35-70 AF, n’ouvre qu’à f3.5).
  • Grande profondeur de champ : ouverture entre f8 et f11.
  • Faible profondeur de champ : même paramètres que le « stop action ».
  • Fond filé : vitesse choisie par le photographe entre 1/15s et 1/125s. Réglage par défaut sur 1/30s.

Ces programmes sont à sélectionner sur l’écran LCD grâce à des pictogrammes.

Puisque le T80 est tout automatique, il se dispense de vous indiquer la vitesse ou l’ouverture qu’il a choisies. Si un P apparait dans le viseur, à droite, c’est que c’est bon et vous pouvez déclencher.

Vous devez vous rappeler à ce moment du récit que les années quatre-vingt voient de plus en plus de photographes amateurs migrer vers des compacts efficaces, les « point and shot » (viser et déclencher) qui offrent l’avantage de la simplicité d’utilisation grâce à leurs automatismes. Les Canon de la gamme T veulent ramener aux reflex ces consommateurs égarés.

La simplicité du T50, du T70 rencontre leurs attentes alors que le T80 les comble puisqu’il ajoute la mise au point toute automatique !

Néanmoins, cette mise au point automatique ne pouvait se faire qu’avec les trois objectifs cités (l’AC 50 mm f/1.8, l’AC 35-70 mm f/3.5-4.5 et l’AC 75-200 mm f/4.5), qui sont devenus très rares de nos jours.

De fait, le T80 est équipé d’un microprocesseur qui contrôle les fonctions d’exposition et de mise au point.  Le système de mise au point analyse une partie de la lumière qui traverse le miroir semi transparent grâce à 3 capteurs CCD situés dans le fond de la chambre reflex. Le signal est ensuite envoyé au microprocesseur qui calcule la distance de mise au point et transmet l’information au micro-moteur chargé de faire la mise au point de l’objectif.
Lorsque il fait grand soleil, pas (trop) de soucis, ça fonctionne très bien, mais lorsque la lumière commence à faire défaut, l’autofocus patine et il essaie désespérément de trouver un contraste suffisant que pour s’y accrocher.

Ceci dit, l’objectif, basé sur une formule éprouvée d’objectif FD, n’est pas mauvais mais son association avec l’autofocus ne permet pas souvent de s’en rendre compte.

En résumé, l’autofocus n’était vraiment pas au point, en tout cas loin des performances du Minolta 7000 AF sorti lui aussi en 1985.

Lancé en avril 1985, le Canon T80 ne vécu qu’une année. Il sera remplacé dès 1987 par le séduisant Eos 650, le premier des Eos. Mais c’est une autre histoire …

Deux flashs dédiés, les Speedlite 244-T et 277-T viennent compléter le T80.

Que penser de cet appareil ?

Celui que j’ai trouvé sur une brocante fonctionne parfaitement. Il m’a suffit de remettre 4 piles AAA pour que tout s’anime.

Pas trop besoin non plus d’explications pour l’utiliser, les pictogrammes sont efficaces et les commandes pas trop éloignées de ce que l’on connait finalement.

Reste que, de fait, lorsque la lumière se fait plus rare, l’autofocus a tendance à chercher, chercher … sans toujours trouver un point lui permettant de le faire.

A réserver aux vacances au soleil, pourquoi pas ?

Avec son look assez typé, il est agréable à porter et à utiliser mais semble « un peu à part » dans les lignées des Canons que l’on connait et que l’on aime : plus moderne que les classiques tout métal mais déjà dépassé par la ligne des Eos.

Bref, un appareil qui fait partie de l’histoire mais sans l’avoir fait trembler.

Comme il ne fut produit qu’une petite année, il est assez rare mais sa réputation ne le place pas parmi les appareils vraiment recherchés, sauf par un collectionneur attentif.

Si vous en trouvez un, impérativement avec un objectif dédié (FD-AC), tentez-le, il vous intriguera et pourrait même vous charmer. Ne dépensez pas plus de 30€ pour un exemplaire en très bon état.

Et lancez-vous dans l’aventure des débuts de l’autofocus !

Videos d’illustration

Les données techniques.

Pour le monde d’emploi, c’est par ICI (en français) ou par LA (en anglais, plus complet).

  • Appareil photo reflex AF à obturateur à plan focal de 35 mm avec monteur intégré et AE multimode
  • Taille de l’image 24 x 36 mm
  • Objectif de dotation FD 35-70 mm f/3,5-4,5, et autres monture d’objectif FD (avec capacité de transmission de signal CA)
  • Système AF CCD pour la détection de mise au point TTL avec objectifs AC dédiés. Modes AF One Shot et AF continu fournis. L’AF se verrouille pendant la prise de vue en continu. Plage de détection AF à 100 ISO et f/1,8 : EV 4 – 18.
  • Obturateur électronique à déplacement vertical et plan focal. Avec AE multi-programmes et ouverture prédéfinie AE : 2, 1, 1/2, 1/4, 1/8, 1/15, 1/30, 1/60, 1/125, 1/250, 1/500, 1/1000 s. Pour manuel : B et 1/60 sec. Synchronisation X à 1/90 sec. (chaussure chaude). Retardateur électronique intégré (avec bip et écran LCD pour indiquer le compte à rebours).
  • Viseur à pentaprisme fixe au niveau des yeux. Grossissement 0,83x, couverture verticale de 92 %, couverture horizontale de 93 %. Laser mat avec télémètre à prisme croisé.
  • Dans le viseur : informations via quatre LED et éclairage. Exposition correcte, et en mode programme : exposition correcte, avertissement de bougé de l’appareil photo, manuel et avertissements. Compteur de vue et contrôle d’exposition SPC pour la mesure TTL à pleine ouverture (moyenne pondérée centrale) avec AE multi-programmes et ouverture prédéfinie TTL. Mode de prise de vue sélectionné avec pictogramme sur l’écran LCD externe. Plage de compensation d’exposition de 1,5 EV. Plage de mesure à 100 ISO et f/1,4 : EV 1 – 19. Plage de sensibilité du film de 12 ISO à 1 600.
  • Ecran LCD externe : Affichage du programme, pictogrammes, sensibilité du film, transport du film, vérification de la batterie, compteur d’images et autres indications.
  • Source d’alimentation par quatre piles AAA de 1,5 V
  • Chargement des films et avance après avoir aligné l’amorce du film sur la marque, fermez l’arrière de l’appareil photo pour le chargement automatique. Avance automatique du film avec moteur intégré. Prise de vue en continu à 0,7 images par seconde.
  • Rembobinage du film avec le moteur intégré.
  • Dimensions et poids : 141 x 102 x 55 mm, 555 g

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_T80, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10518, https://www.singe-urbain.com/pub-canon-t80/, en français ; https://global.canon/en/c-museum/product/film115.html, https://www.canonclassics.com/canon-t80/20-17/, https://mikeeckman.com/2020/06/canon-t80-1985/, https://casualphotophile.com/2019/01/21/canon-t80-review/, https://www.vintagecamerareviews.com/brands/canon/canon-t80/, https://www.the3rs.uk/canon-t80-and-ac-50mm-review-canons-auto-focus-pictograph-dream/, http://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Canon_T80.html, https://soperfectimages.co.uk/reviews/canon-t80/, https://www.mir.com.my/rb/photography/companies/canon/fdresources/SLRs/canont80/index1.htm, https://www.mir.com.my/rb/photography/companies/canon/fdresources/SLRs/canont80/index.htm, https://www.bhphotovideo.com/explora/photography/features/canon-t-series-cameras-the-bridge-to-contemporary, en anglais

Argentique

Le Fujifilm Clear Shot Super

Préambule.

Comme d’habitude, un petit tour chez Emmaüs pour farfouiller dans les caisses où sont déposés les appareils photo.

Il n’en reste pas beaucoup et quelques uns ont été abîmés par des indélicats.

C’est donc là que j’ai trouvé ce petit compact Fujifilm. De fait, je l’ai pris en mains, l’ai redéposé, puis repris … c’est le flash qui me posait problème car je n’aime pas trop ces appendices qui sortent comme un diablotin de sa boîte.

Mais, en y regardant mieux, il a aussi quelques avantages, que nous allons voir dans les lignes qui suivront.

Comme souvent, cet appareil a des dénominations différentes selon l’endroit où il est commercialisé : en l’occurrence, Clear Shot Super pour l’Europe et Clear Shop Supreme aux USA.

Un peu d’histoire.

C’est au milieu des années nonante que Fujifilm introduit la gamme des « Clear Shot ».

La forme des premiers Clear Shot.

Clairement, ce sont des appareils d’entrée de gamme, souvent des « point and shot » avec un objectif 35mm. Ils sont vendus à bas prix et se retrouvent même dans les rayons des supermarchés, à côté des « jetables » (que la firme a d’ailleurs aussi inventés).

Vous l’aurez compris, ici pas de technique compliquée : on vise, on appuie et l’appareil fait ce qu’il a à faire, tout seul.

Et pour bien enfoncer le clou de la simplicité, ils sont pourvus d’un système inédit, qui appartient à Fujifilm, le « drop-in loading ».

En français, « le chargement à la volée » serait la meilleure traduction, nous y reviendrons.

Si vous vous en souvenez, en son temps, Kodak avait aussi tenté de résoudre ce qui semblait un challenge insurmontable pour beaucoup de photographes (très) amateurs, à savoir le chargement du film dans l’appareil. C’est pourquoi il avait lancé le format 126 avec sa cassette contenant le film (1963) et récidivé avec le film 110, toujours en cassette (1972).

Ces deux systèmes avaient leurs avantages, comme effectivement la simplicité de chargement et la tranquillité d’esprit des photographes. Ils avaient aussi de gros inconvénients : les formats demandaient de forts agrandissements (surtout le 110) à des photos de piètres qualités, car les appareils étaient simplistes, peu qualitatifs et avaient dus être adapté aux nouveaux formats et ses spécificités ; ils demandaient aux labos de repenser leurs machines pour exploiter les films. Et pourtant, il s’en est vendu des millions …

Fujifilm décida lui d’une autre route : on gardait la cartouche classique de 135 mais un système pratique permettait aux néophytes de charger leurs films aisément dans les appareils équipés du « drop-in loading ».

Fonctionnement de l’appareil.

Comment ça marche le « Drop-in Loading » ?

Si vous vous souvenez du Fuji DL 200, du Fuji DL 500 ou du Fujica DL 100, le pionnier (1982), ils étaient tous équipés de ce système, assez révolutionnaire pour l’époque.

Lorsque vous ouvrez le dos de l’appareil, celui-ci ne fait que s’entrouvrir, retenu par un crochet (que l’on sait ôter si besoin).

Il vous suffit d’insérer la cartouche dans le logement ainsi dégagé, après avoir tiré sur l’amorce jusqu’ ce qu’elle atteigne le trait vert. Ensuite, vous enfoncez le tout vers le fonds et vous refermez le dos. Le film avancera alors automatiquement jusqu’à la première image, après avoir lu le codage DX du film et voir réglé la sensibilité de la cellule interne. Plus simple que ça …. !

Autre particularité de ce petit compact, un mode panorama. En fait, lorsque vous actionnez le curseur sur cette position, dans la chambre, deux volets viennent former une bande horizontale à partir du cadre 24×36. De fait, ce « recadrage » donne l’illusion d’un panorama mais la photo reste dans la longueur des 36mm. Là où un « vrai » panoramique offrirait une longueur bien différente, comme par exemple en moyen format avec une taille d’image de 6 × 17 ou même 6 × 24 (les tailles d’image moyen format standard étant de 6 × 4,5, 6 × 6, 6 × 7, 6 × 9cm).

Pour le reste, c’est un appareil tout automatique mais pas autofocus : l’objectif est préréglé à une distance hyperfocale et combiné à la grande profondeur de champ de son objectif grand angle, la plupart des objets d’une photo devraient avoir une netteté raisonnable pour les petits tirages.

Le flash se déclenche automatiquement dans des situations sombres mais il n’y a pas de mode flash forcé et il n’y a donc aucun moyen de faire un fill-in dans des situations de contre-jour, ce qui est un inconvénient pour ce petit appareil photo.

Pour mettre l’appareil en route, il suffit de faire coulisser le volet vers la gauche. Le flash sort alors et se met à la verticale. Peu discret !

Le gros bouton gris, en bas à droite, c’est le retardateur qui vous laisse 10 secondes pour être sur la photo.

Le viseur est assez clair sans être très large. A l’intérieur, des lignes brillantes indiquent le cadre du 24×36 et celles en pointillés celui du « panorama ».

Pour actionner cette fonction, il suffit de faire glisser le curseur gris à côté du viseur. Vous entendrez un « clac » à l’intérieur quand les volets se mettent en place et dans le viseur un petit « P » apparait, en dessous.

Enfin, sur le dos de l’appareil, un dernier curseur, assez gros, est celui du rembobinage anticipé du film.

Que penser de ce Fujifilm Clear Shot Super ?

Si je résume, nous avons donc un « visez – tirez » muni d’un grand angle dans un objectif d’assez bonne qualité. Il n’y a donc rien à régler pour la distance. La vitesse est fixe, au 1/125s et l’électronique fait en sorte que l’ouverture se règle selon la sensibilité du film.

En d’autres termes, il s’agit d’un système d’exposition qui s’appuie fortement sur la grande latitude des négatifs couleur grand public !

L’appareil est assez agréable à tenir en mains, ses plastiques sont de qualité et son assemblage bien fait. Vous pourrez le glisser dans tous les sacs, le volet d’ouverture est efficace pour assurer la protection de l’objectif. Si vous voulez le mettre dans une poche, il faudra qu’elle soit grande car l’appareil est assez épais.

Pour l’alimenter vous ne vous ruinerez pas, deux piles AA suffissent.

Franchement, si vous en trouvez un, ne dépensez pas plus de 20€ pour un exemplaire en excellent état. Mais ce sera un chouette petit compagnon de voyage, sans prise de tête et assez efficace.

Des exemples de photos prises avec cet appareil, ICI.

Quelques vidéos d’illustration.

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Fujifilm_Clear_Shot_Super, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fuji_Clear_Shot_series, https://www.vintage-analogue.com/products/fuji-clear-shot-super-new-boxed, https://yashicasailorboy.com/2017/05/19/fujifilm-smart-shot-deluxe-1994/, https://mycameracabinet.wordpress.com/2011/06/25/fujifilm-clear-shot-super/, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-14574-Fujifilm_Clear%20Shot%20Super.html, en français

Les nouveautés en un lieu

Les mésaventures du Leica M9

Si vous vous souvenez de l’article précédent, il convenait de trouver la solution de Leica pour le moins cavalière : nous ne réparons plus cet appareil mais nous vous encourageons à en acheter un nouveau, sur lequel on vous fera une (petite) ristourne.

A savoir 40% de remise pour l’achat d’un M11 (8.950€) ou 20% si vous optez pour un Q3 (5959€) et en échange vous abandonnez votre M 9.

Alors, si je reviens sur cet incident malheureux, c’est grâce à la ténacité de Jean-Marc (il se reconnaîtra) qui m’a fournit l’adresse d’un site américain proposant l’échange du capteur.

Mais surtout, sur ce site, il y a une longue explication (en anglais, off course) sur les tenants et aboutissants de ce problème.

En voici les grandes lignes, c’est assez interpellant …

Le Leica M9 a été produit dans une multitude de déclinaisons (séries spéciales, coloris spéciaux, accessoires chers, etc.) entre 2009 et 2014, à plus ou moins 180.000 exemplaires.

Le M 9 reste dans la tradition du M3 (1953), un appareil sans aucune aide de type autofocus (AF), ni automatismes d’aucune sorte : vous réglez la sensibilité, vous réglez la distance soit avec le télémètre soit via le « zone focus », vous réglez la vitesse et vous appuyez sur le déclencheur … c’est dans la boite !

Comme on dit un peu abruptement, « c’est un appareil qui se mérite » et il vous oblige à prendre le temps de faire votre photo : déjà le temps de régler votre prise de vue (cadrage, distance), puis son exposition (vitesse) et juste après avoir déclenché, vous attendez, encore … au moins 7 secondes à voir une loupiote clignoter, le temps – encore lui – que l’image captée s’inscrive sur la carte mémoire.

Notez, pendant ce temps-là, vous avez l’occasion de philosopher sur celui qui passe …

Ne comptez pas trop sur la mémoire tampon, elle supporte bravement 7 à 8 vues, mais ensuite il faut les écrire sur la carte mémoire. Et c’est reparti …

Pour saisir « l’instant décisif », il vous faudra être ingénieux, pro-actif et réfléchi afin d’avoir le bon timing.

Avec un appareil vendu à 6800€ nu, vous auriez sans doute aimé qu’on ajoute quelques puces mémoire, qui sont peu onéreuses, afin de garantir un plus grand confort pendant la prise de vue. Il semble que Leica n’y ait pas pensé.

Venons-en au cœur du problème, le capteur.

Il s’agit d’un CCD plein format de 18mp fournit par Kodak, qui a vendu cette activité à Truesense (Platinium Equity en 2011), qui l’a vendu à son tour en 2014 à On Semi.

Ce capteur utilisait un filtre anti-Infra Rouge (ICF), qui est un morceau de verre séparé du reste, placé devant la lamelle transparente du capteur. L’ICF est généralement une combinaison de verre absorbant les infrarouges, de divers revêtements et de couches de niobate de lithium qui constituent le filtre anti-crénelage/passe-bas optique/filtre de flou de l’appareil photo. Le niobate de lithium divise la lumière en deux polarisations. L’épaisseur du filtre détermine l’ampleur de la division. Il existe deux couches : les divisions verticales et horizontales.

Maintenant, l’ICF est fixé sur le capteur, ce qui, en cas de griffe, oblige à changer ce dernier car on n’arrive jamais à récupérer les traces sur le verre et comme la résolution des capteurs est élevée, le moindre défaut est rédhibitoire.

Quelques spécialistes, dont MaxMax pouvaient remplacer les ICF car ils achetaient en gros, pour chaque type d’appareil, les verres correspondant, ce qui nécessite de gros moyens financiers.

D’autres faisaient de « bricolage » en utilisant des verres standards, avec la conséquence que souvent le plan focale était modifié (pas la bonne épaisseur du verre) ou alors bidouillé avec des cales de fortune. A éviter évidemment.

Mais la question qui reste est : qu’elle est réellement cette « corrosion du capteur »?

Il est vraisemblable que Kodak ait utilisé de la colle époxy pour coller l’ICF sur la puce du capteur, qui s’est détériorée et empêchait d’ôter la fine couche de verre du capteur. Ou une oxydation qui s’est formée au moment de la phase vapeur utilisée pour le collage.

Toujours est-il qu’au début Leica remplaçait gratuitement les capteurs défectueux en s’armant de patience car il fallait souvent plus de 6 mois pour retrouver son appareil remis en état.

Le temps faisant sont œuvre, de plus en plus de capteurs étaient touchés et Leica demandait alors 1500€ pour faire la même opération. En tout cas jusqu’à ce que On Semi, qui fabriquait ces capteurs, se retire du secteur et Leica ne put plus remplacer ces derniers.

Source : Maxmax. On voit très bien l’état du capteur corrodé.

Et donc les clients se retrouvaient avec un appareil souvent en très bon état mais inutilisable. Leica aurait-il pu proposer un échange de capteur d’une autre marque, une remise à niveau de l’appareil avec un nouveau capteur et une nouvelle « carte mère » ?

On ne le saura jamais car la proposition fut celle citée plus haut si achat d’un nouvel appareil Leica M11 ou Q3 qui, entre-temps, avaient vu leurs tarifs gonflés.

La société Maxmax, en essayant de comprendre le pourquoi de ce désastre a fait une découverte déconcertante : Kodak a utilisé un verre de type Schott BG non traité (je cite). Il semble reconnu que ce type de verre BG (et UG) soit sensible à l’oxydation et ne soit en aucun cas recommandé ce pourquoi il a été utilisé ici.

Alors quoi, économie à la petite semaine, erreur lors des assemblages ? Toujours est-il que la cause de ces désagréments soit un manque de revêtements protecteurs sur le verre ICF.

Finalement, y a-t-il une solution ?

Maxmax en propose plusieurs, qui doivent faire l’objet de devis, mais, dans les grandes lignes :

  • Remplacer l’ICF défectueux par un nouvel ICF en laissant la caméra comme une caméra couleur 
  • Remplacer l’ICF défectueux par une fenêtre UV-VIS-IR transformant la caméra en une caméra couleur à spectre complet

Notez qu’avec cette conversion, vous devrez utiliser un filtre sur votre objectif. Pour les images en lumière visible, il faudra utiliser un filtre bloquant les UV et les IR.

  • Remplacer l’ICF défectueux par un nouvel ICF et changer le capteur en monochrome
  • Remplacer l’ICF défectueux par une fenêtre UV-VIS-IR transformant la caméra en une caméra monochrome à spectre complet

La sensibilité aux UV sera environ 6 fois supérieure à celle d’un appareil photo couleur. Encore une fois, il faudra utiliser des filtres sur votre objectif en fonction du type de lumière que vous souhaitez que votre appareil photo voie.

Evidemment, les solutions ne sont pas exemptes de désagréments mais plutôt qu’un bel objet devenu totalement inutilisable, vous retrouverez un appareil partiellement efficace et peut-être que ses nouvelles limites seront sources de créativité.

Quant au prix, comptez en gros entre 1500 et 2500€, auquel il faudra ajouter les frais de port au delà de l’Atlantique, au moins.