Les nouveautés en un lieu

J’en rêvais, ils l’ont construit … presque : un TLR numérique.

Recherche rapide : Préambule Un peu d’histoirePrésentation du ChuzhaoQue penser de cet appareil ?Videos d’illustrationUn peu de technique Des références

Préambule.

Vous le savez si vous êtes un lecteur attentif de ce blog, j’ai un soucis avec les TLR (twin lens reflex = reflex bis-objectifs) car je suis incapable de remettre l’image dans le bon sens, ces appareils ayant la fâcheuse idée d’inverse la gauche et la droite puisqu’ils ne possèdent pas, à l’instar des reflex mono-objectif, un prisme qui effectue cette salutaire correction.

Souvent, dans un sursaut, je me prenais à rêver d’un TLR numérique, qui pourrait me corriger ce défaut.

Après tout, quelques bricoleurs de génies ont bien réussi l’amalgame de vieux appareils et de numérique. Je vous ai d’ailleurs présenté le magnifique travail de l’ami Georges et son (entre autres) Fed digitalisé.

Et comme je reste un éternel rêveur, j’ai continué de chercher et j’ai découvert cet objet improbable sur un grand site chinois. Ni une, ni deux, je l’ai commandé et je l’ai reçu aujourd’hui.

Un peu d’histoire.

Pour mémoire, sur un TLR, il y a deux objectifs, généralement placés l’un au dessus de l’autre.

Celui du haut sert à la visée. Il réfléchit l’image grâce à un miroir positionné à 45° vers un dépoli, qui sert à faire le cadrage et la mise au point. Bien souvent, c’est un triplet lumineux pour laisser entrer un maximum de lumière pour bien voir ce que l’on veut photographier.

Celui du bas sert à prendre la photo. Placé devant l’obturateur, il est bien souvent composé de 4 lentilles de type Tessar de bonne à très bonne qualité.

Pour assurer une mise au point précise lors de la visée, les deux objectifs sont sur une même platine et se déplacent ensemble.

L’âge d’or de ces appareils se situent entre 1930 et 1970. Ils seront progressivement remplacés par les réflex mono-objectif, plus maniables, plus légers, avec des optiques interchangeables selon les besoins des photographes et qui intégreront des automatismes comme l’autofocus. Hormis sans doute le Mamyia C330, qui peut changer sa platine viseur/objectif, pour les autres TLR, il fallait recouvrir à des compléments optiques pour transformer leur objectif en grand angle ou téléobjectif (de manière très limitée, il est vrai).

Leur avantage se situait surtout sur le type de film, le 120, voire le 220, qui propose un négatif de 6x6cm et donc une très bonne qualité de négatif. Certains appareils ont proposé du 4x4cm sur film 127 et ont été appelé baby car ils étaient de plus petites tailles (ex Baby Rolleiflex ou Yashica). D’autres encore, moyennant des accessoires spécifiques, permettaient d’utiliser du film 24×36 (Rolleiflex par exemple) mais là j’avoue ne pas en comprendre l’intérêt.

Un film 120 permettait 12 prises de vues, le 220 en proposait 24.

La marque la plus représentative est sans doute le Rolleiflex, garant d’un excellente qualité de construction et de très bonnes optiques, et aussi parce qu’ils sont un peu les précurseurs de ces modèles. Mais d’autres marques très connues se sont aussi lancées dans la fabrication de ces TLR, avec autant de succès et de qualité que les Allemands. Citons, en vrac : Minolta, Yashica, Zeiss Ikon, Voigtländer, Seagull, Lubitel, Semflex, Lipca, Meopta, Rolleicord, Mamyia, etc.

    Présentation du Chuzhao.

    Lorsque le paquet venant de Chine est arrivé, j’ai trouvé une belle boite argentée en carton, qui n’avait pas trop souffert des aléas du chemin parcouru.

    A l’intérieur, un (tout) petit appareil photo de 9cm de haut (fermé) sur 5cm de large. Ah, on est bien loin d’un TLR classique de type Yashica D par exemple (le premier que j’avais sous la main pour la photo).

    Il est accompagné d’une lanière disons, psychédélique, d’un câble pour le charger, d’une carte micro SD de 16Go, d’un mode d’emploi en chinois et en anglais (ouf).

    Petite lecture du mode d’emploi pour comprendre l’essentiel, résumé dans l’image ci-dessus.

    Suis-je déçu ? Oui et non. Je ne devais pas m’attendre à quelque chose de gigantesque mais quelques centimètres de plus n’auraient pas nui. S’il est tout en plastique, c’est normal vu l’engin et il est plutôt bien assemblé.

    Pour vous donner une idée de l’échelle.

    Voyons maintenant les promesses marchandes, sont-elles tenues ?

    Il possède bien un écran de 1,54″, en vue directe via le second objectif, dans lequel se niche un capteur CMOS de 1/4″, de 12Mpx, avec mise au point automatique, capable de pendre des photos couleurs ou N/B et capable de filmer des séquences vidéos en 1080 HD à 30i/s. Un peu comme un capteur de smartphone pour la taille.

    Le premier objectif, celui du haut, n’est là que pour faire joli car il est factice.

    Il est équipé d’une batterie non amovible de 3,7v qui lui donne une autonomie … inconnue. Quand l’écran clignote, il faut recharger.

    Les commandes sont chiches, tout comme les résultats, quelle raison de s’en plaindre ? A noter que lorsque vous tournez la manivelle, vous enclenchez la partie vidéo, qui s’arrêtera 6 sec. plus tard si vous lâchez celle-ci.

    Pour allumer l’engin, un appui de 2 sec. sur le bouton de gauche (vue de dos). Un second appui vous fait basculer sur la couleur ou le N/B. Le déclencheur est de l’autre coté et il émet un vague son d’obturateur quand vous appuyez sur le bouton.

    Lorsque vous tirez sur la coiffe du viseur, celui-ci se déplie de manière moderne et étonnante. Attention, fragile.

    Que penser de cet appareil ?

    Honnêtement, ce minuscule faux TLR se trouve sur la Toile à des prix allant de plus de 100€ à 38€ (le prix de celui-ci). Ça ne vaut guère plus que cette trentaine d’euros.

    Ceci étant, c’est un petit appareil rigolo, vraiment gadget. Si les images sont plus ou moins exploitables, elles le sont comme celles des anciens smartphones.

    Impossible de connaître les réglages, ni d’y toucher, et il n’y a pas d’Exif pour tenter de trouver une réponse.

    La lecture attentive des sites qui ont testé ce Chuzhao atteste que la qualité des images et des vidéos est perfectible et ne vous permettra pas un agrandissement au delà du 10×15 … cm !

    On est bien loin des promesses de qualité professionnelle en photo. De fait, c’est l’équivalant des appareils Lo-Fi qui font fureur pour l’instant. Si en plus son plumage vaut son ramage, que demander de plus ?

    Vous dire que je suis déçu serait partiellement faux : j’aurais aimé un appareil plus sérieux mais je suis déjà content car l’image est dans le bon sens pour moi. Et je me surprend à penser que je vais démonter une de mes épaves de TLR pour y glisser les ingrédients de ce petit machin. Ça peut être amusant.

    Vidéos d’illustration.

    Des références.

    https://chuzhao.co/products/tlr, https://malwaretips.com/blogs/chuzhao-digital-tlr-camera-scam-s/, https://austerityphoto.co.uk/retro-lo-fi-fun-chuzhao-retro-digital/, en anglais.

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    Où sont les jeunes ?

    Cela semble être un fait, l’argentique revient au goût du jour. Porté par des anciens qui ont quelques nostalgies, des plus jeunes qui n’ont pas oublié le velouté des photos aux sels d’argent, les tout jeunes qui aiment à explorer ce qu’ils ne connaissent pas (encore).

    Kodak relance ses lignes de production, Ilford aussi : Pentax et Rollei nous sortent des nouveaux appareils argentiques ; Lomography décline ses LC-A et consorts de mille manières.

    Des tutos plus ou moins inspirés fleurissent sur la grande toile pour tenter de rallier le plus grand nombre à ce nouveau mode d’expression.

    Et là encore, les plus jeunes se précipitent, enfants du PC et – surtout – du smartphone et des tablettes.

    Ils compulsent les idées, les recettes, les conseils lancés par des influenceurs dont on se demande parfois s’ils savent faire la différence dans les données techniques qu’ils balancent à tout va.

    Ils encensent tels appareils (le Canon AE-1 par exemple) au détriment de tant d’autres boitiers tout aussi bons si pas nettement meilleurs. Effet pervers de ces réseaux sociaux et autres blogs fourre-tout, on ne parle de ce qu’on connait (un peu) et on en fait une évidence, une faute de goût si on n’y souscrit pas.

    Mais ici, je dis STOP !

    Vous qui avez moins de trente ans, si vous voulez vraiment découvrir ce monde que vous n’avez pas ou peu connu, ce n’est pas sur Internet qu’il faut aller mais sur les bourses, les foires, les brocantes dédiées à ces magnifiques machines d’hier et avant-hier.

    Là vous pourrez échanger avec de vrais passionnés, pas avares de leurs connaissances, sensibles au fait que vous vous intéressiez à ce qu’ils maitrisent et dont ils parlent si bien.

    Là vous pourrez toucher, manipuler sans risque ces appareils que vous convoitez. On vous expliquera avec plaisir les avantages des priorités vitesse ou ouverture ; ce qu’est un télémétrique et qui s’en est servi pour créer des photos qui font partie du patrimoine de l’Histoire ; pourquoi choisir un reflex plutôt qu’un compact ; qu’est-ce qu’un TLR et/ou les joies du moyen format.

    Là vous aurez des conseils judicieux pour que vous ne regrettiez pas votre achat et que vous puissiez profiter pleinement de votre nouvel ami.

    Là on ne vous en voudra pas si vous hésitez, parce que vous ne savez pas encore ce que vous allez créer mais on essaiera de vous donner des pistes utiles à votre réflexion.

    Là on vous permettra de marchander, dans la mesure du raisonnable, parce que bien souvent le boitier que vous allez acheter aura été vérifié, testé, réparé si besoin pour qu’il vous assure encore de loyaux services pendant des années.

    Ces endroits n’auraient donc que des avantages ?

    Ils en ont beaucoup, mais il vous faudra vous lever un peu plus tôt pour faire de bonnes affaires ; il vous faudra sortir de chez vous pour y aller ; il faudra prévoir un peu de sous avec vous pour payer vos achats.

    Si vous faites ces quelques efforts, un monde s’ouvre à vous, souvent à des prix défiant toute concurrence car enfin, débourser 500€ pour un appareil qui fait des demi-photos (Pentax 17) c’est un peu c… quand vous pouvez acheter un Canon Demi ou Dial, un Fuji Half, un Olympus Pen EE pour 50€ maximum !

    Ils font la même chose et ils vous laissent encore assez d’argent que pour vous acheter pas mal de pellicule. Ça fait réfléchir, non ?

    Alors, si réellement vous cherchez un appareil photo avec une histoire et que vous voulez lui offrir un avenir, prenez de temps en temps Chasseur d’Images ou Réponse Photo et lisez la rubrique où l’on parle de ces bourses, foires et autres manifestations dédiées.

    Et allez-y …

    Soyez raisonnables, faites-vous plaisir !

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    Deux millions de vues sur Youpic !

    Si vous vous en souvenez, en juillet 2024, je vous indiquais que je venais de passer la barre du million de vues.

    Eh bien aujourd’hui, c’est la barre des deux millions qui vient d’être franchie ! Merci aux photographes et experts du site qui apprécient mes photos.

    Quinze d’entre elles ont été reconnues comme « inspiration », ce qui est flatteur.

    Youpic est un site collaboratif de photographes, issus du monde entier. C’est très agréable d’y confronter nos points de vue et nos visions.

    Je serais très heureux que vous veniez aussi visiter le site.

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    Ne jetez plus vos anciens APN !

    Préambule.

    Non, ne jetez plus vos anciens appareils numériques, une nouvelle mode revient, le LO-FI (pour low-fidelity en opposition à la « haute fidélité » des sons de l’époque).

    Un peu d’histoire.

    Ce mouvement, apparu à la fin des années quatre-vingt dans le milieu musical aux Etats-Unis, désigne un retour à des moyens d’enregistrement « primitifs », pour créer un son plus brutal, plus pur, loin des performances aseptisée du son des chansons dites populaires et commerciales. Ce mouvement tire ses racines des groupes punks et du garage rock.

    En photographie aussi on assiste à un retour vers des moyens de photographier alternatifs, eux aussi loin de la technologie aseptisée des appareils modernes avec qui on a l’impression de réussir des photos parfaites (au sens technique).

    L’utilisation d’appareil jouet (toy camera), de sténopé, d’appareil très bas de gamme (comme les produits promotionnels), d’appareil ancien peu performant est un bon moyen d’assurer des photos au vignetage prononcé, aux couleurs approximatives, aux contours peu nets. Les appareils vendus par Lomography sont dans cette lignée.

    Les meilleurs représentants, en argentique, sont les Holga, les Diana, les Dualflex de Kodak, les Ferrania Eura, les Agfa Clack, …., qu’ils soient modernes ou anciens.

    Par corollaire, l’utilisation de films expirés, aux couleurs spéciales, les procédés de développement alternatif (Cafénol), tous ces moyens sont bons pour modifier l’image.

    Pire, des photographes ont recours à des modifications informatiques pour obtenir les mêmes résultats avec du matériel numérique moderne (à mon avis, un non-sens absolu).

    Quelques précautions.

    Pourquoi un non-sens dans ce cas ?

    Les appareils modernes, reflex, compacts, hybrides de moyenne ou haute gamme sont des appareils qui sont étudiés et réglés pour obtenir les meilleures résultats possibles. S’il faut ensuite tout déconstruire avec des logiciels adéquats, c’est une perte de temps.

    Mais soyons d’abord précis : soit vous vous lancez dans le lo-fi en argentique et dans ce cas, les appareils cités plus haut (et il y en a plein d’autres) sont parfaits, soit vous voulez garder la souplesse du numérique mais sans passer un temps fou derrière un PC.

    Dans ce cas, allez faire un tour dans les tiroirs et armoires de vos parents, grands-parents, les vide-greniers, les brocantes. Vous allez trouver pléthore d’anciens compacts numériques avec des résolutions bases de l’ordre de 6 Mpx au plus.

    Attention, je n’ai pas écris que ces appareils étaient mauvais mais dans le début des années 2000, les résolutions variaient de 2, 3, 4Mpx car on ne savait pas faire plus.

    Là, je vous avoue que ce sont des appareils plus destinés à la collection, pour plusieurs raisons : la première, c’est que parfois les supports d’enregistrement n’existent plus (disquettes minuscules, format de carte obsolète), ensuite ces résolutions sont vraiment très basses même si qu’aucuns assurent qu’avec les programmes actuels on peut gonfler ces pixels anémiques. Mais alors, retour au temps passé derrière un ordinateur !

    Non, je pense qu’à partir des années 2005 – 2006 la plupart des appareils compacts destinés au grand public débutaient avec une offre à 6Mpx, parfois plus.

    C’est dans ce grand stock que vous allez pouvoir piocher et vous faire plaisir.

    A plus d’un titre d’ailleurs. Le premier étant de voir l’incroyable imagination des constructeurs à l’époque pour nous proposer des appareils que l’on pouvait glisser dans toutes les poches et/ou tous les sacs.

    Ceux que je vais vous présenter succinctement, je les ais trouvés chez Emmaüs et sur des brocantes.

    Attention, assurez-vous que l’appareil de votre choix soit d’une marque connue (laissez tomber les HP, les Traveler et autres noms exotiques) pour espérer encore trouver de la documentation, le cas échéant. Assurez-vous aussi que l’appareil soit muni de sa batterie car il est parfois difficile de retrouver des références sans l’original. S’il est vendu avec un chargeur, c’est magnifique mais bien souvent vous devrez acheter un chargeur générique ou, mieux, un chargeur universel. Vous devez dans ce cas compter pour un surcout d’une quinzaine d’euro supplémentaires (parfois moins). Vous les trouverez sur un grand site chinois ou américain sans trop de difficultés. Notez que la plupart des appareils de cette époque fonctionnent avec des piles AA ou AAA. Ce qui est plus simple. Enfin pour en terminer avec les précautions à prendre, regardez quelle carte mémoire utiliser : des CF, des mémory stick (Sony), des carte SD anciennes aux capacités limitées.

    Ah, je vous sens impatient. Prenez quelques piles avec vous pour tester ceux qui les utilisent. Pour les autres, il faudra faire confiance au vendeur qui va vous assurer qu’avant il fonctionnait très bien

    Prêtez une attention particulière aux écrans qui ne doivent pas présenter de défauts comme des traces de coulures aux bords ou au milieu, c’est mauvais signe, ni être fêlés.

    Dernier point, important : ces appareils prennent des photos qu’il serait dommage de laisser dormir sur des cartes mémoires. Vous pouvez donc les imprimer en 10x15cm sans aucun soucis et même tirer jusqu’au 20x30cm sans perte de qualité.

    Vous pourriez raccorder directement ces appareils à vos PC ou Mac si vous avez les câbles mais ils ont été conçus pour des programmes devenus obsolètes. Le mieux étant alors de retirer la carte mémoire et de la glisser dans un lecteur de carte, les images sont en JPEG.

    Présentation de quelques appareils.

    Je ne vais pas revenir sur le Sony DSC-T7 que je vous ai présenté il y a peu, il vous suffit d’aller relire l’article.

    Commençons alors par un Nikon Coolpix S9, guère plus grand.

    Ce petit compact offre 6,1Mpx et un zoom 3x soit un 6,4 – 19,2mm. Soit l’équivalent d’un 38 – 114mm en 24×26.

    C’est une prouesse technique car ce zoom est périscopique, ce qui veut dire qu’il se déplace à l’intérieur du boitier, assurant ainsi une grande compacité à l’ensemble (rien ne dépasse). De plus, il contient du verre ED, c’est à dire un verre traité spécialement pour éviter les reflets intempestifs et assurer une grande clarté lors de la prise de vue.

    Hélas, le constructeur avait déjà abandonné le viseur mais il offrait un grand écran ACL de 2,5″ (7cm) très lisible encore aujourd’hui. Il accepte les cartes SD et il possède une batterie (chargeur nécessaire).

    Au niveau des programmes, il ne lui manque rien et il propose même du superflu comme 15 modes scènes différents, une gestion du flash pour éviter les yeux rouges, une fonction AF priorité visage qui détecte automatiquement les visages et effectue la mise au point sur ceux-ci, quelle que soit leur position dans l’image, la technologie D-Lighting qui éclaircit les images sous-exposées ou prises à contre-jour.

    Un petit bijou à glisser dans n’importe quelle poche, d’autant que l’objectif est protégé par un clapet oscillant qui le protège et s’efface à la mise sous tension.

    Ensuite, un Samsung Digimax A55W, dans sa boite, complet. Celui-ci ne présente que 5Mpx mais il fait aussi partie de ces tous petits boitiers qui se glissent partout. Comme son confrère, son objectif est protégé par un clapet coulissant, qui fait aussi office d’interrupteur ON/OFF.

    Son zoom est de 5x, soit un 4,6 – 22,2mm ou en équivalent 24×36, un zoom 28 – 135mm. Ici pas de périscope, le zoom se déploie à l’extérieur.

    Pas de viseur non plus mais un écran de 2,5″ soit 7cm de nouveau. Il possède une mémoire interne de 20Mo et accepte les cartes SD. Il fonctionne grâce à deux piles AA.

    Ici aussi, gestion des yeux rouges, différents programmes en mode scènes et possibilité de tourner de petites vidéos en motion JPEG de 30i/s (mais ce n’est pas très important ici).

    Il a la forme d’un petit galet et se transporte facilement partout.

    Puis, j’ai trouvé un Pentax Optio W10. Dans sa boite, avec tout le nécessaire (mode d’emploi, câbles).

    Sa particularité est d’être waterproof et d’accepter une immersion jusqu’à 1,5m.

    Ce qui veut dire que vous pouvez l’emporter à la plage, il ne craint pas le sable non plus, ni la poussière (IP58), ni la neige.

    C’est aussi un 6Mpx avec un écran de 2,5″ (toujours 7cm). Il propose un zoom de 3x, soit un 6,3 – 18,9mm ou un équivalent 38 – 114mm en 24×36. Son zoom se déploie aussi en interne et il est protégé par une glace solide.

    Même chose que pour le Nikon, il a un programme pour suivre les humains et assurer leur mise au point nette où qu’ils se trouvent dans l’image. Plus les habituels modes scènes.

    Il utilise une batterie (chargeur nécessaire) et des cartes SD classiques. Plus de viseur non plus mais un écran comme ses petits camardes, bien lisible.

    C’est le baroudeur de la bande. Petit et lise, en forme de savonnette, il se glisse aussi dans n’importe quelle poche ou petit sac. Toujours prêt à partir en vacances celui-là.

    Puis, même si j’ai écris qu’il fallait les éviter, je vous propose un Traveler (marque générique des magasins Aldi). Parce que celui-ci propose un capteur de 9Mpx dans un format lui aussi très réduit.

    Il s’agit du Traveler DC-9900. Il semble que par dessous la marque, il s’agisse d’un Agfa. C’est courant de rebadger un appareil existant mais en fin de vie pour le faire passer dans les produits génériques d’un distributeur.

    Il propose un zoom 3x de 6,1 – 18,3mm soit un équivalent 36 – 108mm en 24×36. Deux piles AA sont nécessaires pour l’alimenter et il travaille avec une carte SD classique de 8Go maximum et possède 38Mo de mémoire interne.

    Pas de viseur non plus mais un écran de 2,48″ (plus ou moins 7cm).

    Il bénéficie des mêmes modes scènes et programme que les autres, sans surprise.

    Que penser de ces appareils ?

    Encore une fois, ceci n’est qu’un petit échantillon de l’immense réservoir que constituent ces appareils bien souvent relégués au fonds d’un tiroir, d’une caisse oubliée.

    Oui, on fait mieux depuis, quoique …

    En fait, et c’est une tendance dite lourde, les compacts destinés au grand public ont presque tous disparus, remplacé par les … smartphones.

    Vous connaissez ma position par rapport à cet outil, surtout en ce qui concerne la photo.

    Mais justement, ces appareils-là ont un énorme avantage sur les smartphones : en cas de camps scouts, guides, vacances scolaires, plaines de jeu, les animateurs interdissent souvent l’usage des smartphones, pas ceux d’un appareil photo.

    Si vous voulez ramener des souvenirs, on n’a quand même pas fait mieux.

    Faites juste attention aux petites recommandations faites au début et puis lancez-vous. Ces appareils délivreront de magnifiques images en format classique 10x15cm, celles que l’on met dans un album ou qu’on épingle un peu partout.

    Pour les autres amateurs, plus aguerris, vous allez redécouvrir le plaisir de manipuler de petits boitiers bien finis qui n’ont rien à envier aux nouveaux en termes de programmes et, finalement, leurs images ne seront pas mauvaises, sauf à les exploiter au delà du 20x30cm.

    Le Lo-Fi, en tout état de cause, n’est-ce pas encore un moyen de redécouvrir une photographie plus lente, réfléchie, ludique, émotive et non plus sinistrement mécaniquement irréprochable ?

    Puisque nous parlons de tendance, nous allons nous rapprocher de la slow attitude, qui n’est finalement que de savoir prendre le temps de vivre …

    Des références.

    https://www.nikonpassion.com/nouveau-nikon-coolpix-s9-discretion-et-performance/, https://icecat.biz/fr-be/p/samsung/digimaxa55/digital+cameras-digimax+a55w+digital+foto+5.0-487134.html, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/pentax-optio-w10-p1084/test.html, en français.

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    Ce 16 septembre 2024 fête les 200 ans de la photographie !

    Ah, j’entends déjà le débat : « mais non, la première photographie reconnue, c’est celle de Joseph Nicéphore Niépce, « Point de vue du Gras », en 1827 ! ». Ou encore, « pas du tout, l’invention de la photographie, c’est le 7 janvier 1839, lorsque l’Etat français acquiert l’invention du daguerréotype. »

    Bon, je ne vais pas vous refaire l’histoire de la photographie (quoique, ça me tente bien) mais revenons aux balbutiements.

    Mais d’abord une précision : quand nous parlons de photographie, c’est bien la capture d’un sujet sur un support et la conservation de l’image par après.

    Pourquoi cette mise-en garde ? Tout simplement parce qu’en 1800, l’anglais Thomas Wedgwood réussit à produire une image en noir et blanc grâce à une camera obscura et même à la fixer sur du papier et du cuir blanc enduit de nitrate d’argent, mais cette photo ne sera visible que quelques minutes, car elle n’a pu être fixée par un produit ad hoc.

    Ensuite, Joseph Nicéphore Niépce, en 1816, réussit aussi à capter quelques images sur papier traité au chlorure d’argent, mais là encore, elles disparaissent rapidement.

    Déçu, il va remettre cent fois sur le métier son idée et entre 1822 et 1827, il explore de nouveaux produits sensibles à la lumière et d’autres capables de les stabiliser dans le temps. Il nomme son procédé l’héliographie.

    Un échange épistolaire avec son frère Claude, daté du 16 septembre 1824, atteste d’une première image captée et retenue : «je suis parvenu à obtenir un point de vue tel que je pouvais le désirer (…) l’image des objets s’y trouve représentée avec une netteté, une fidélité étonnantes, jusqu’à ses moindres détails, et avec leurs nuances les plus délicates». Hélas, cette image a à jamais disparu.

    Enfin, en 1825 (ou 1827 les experts ne sont pas encore d’accord), il fixe sur un support de bitume de Judée étendu sur une plaque d’argent son célèbre « Point de vue du Gras ».

    Cette héliographie – car le nom de photographie n’apparaitra qu’en 1839, grâce au scientifique britannique Sir John Herschel qui crée le substantif à partir des mots grecs phôs signifiant lumière et graphê signifiant dessin ou écriture – a nécessité plusieurs heures (on parle aussi de plusieurs jours) pour fixer cette vue de la fenêtre du scientifique à Saint-Loup-de-Varennes, en Saône. et Loire.

    Cette image existe toujours, même si elle devient difficile à lire et elle est entourée de mille précautions (ce cliché de 16,2 × 20,3 cm est visible à l’Université d’Austin au Texas qui l’a reçu en don de Helmut Gernsheim, grand collectionneur d’œuvres photographiques).

    Si le procédé a permis cette première capture d’image, il est long et laborieux. Afin de revoir la technique, Nièpce s’associe en 1829, à Louis Jacques Mandé Daguerre et en 1832, ils mettent au point, à partir du résidu de la distillation de l’essence de lavande, un second procédé produisant des images en une journée de temps de pose.

    Hélas, en 1833 Nièpce décède. Daguerre va continuer seul les recherches et il va inventer un processus qui nécessite, pour la première fois, un « développement ». Il s’agit du daguerréotype. A savoir, une plaque d’argent qu’il expose dans une chambre noire et qu’il soumet ensuite à des vapeurs de mercure, ce qui provoque l’apparition de l’image formée pendant le temps de pose. Ce développement amplifie l’effet de lumière, ce qui permet de diminuer le temps de pose à 30 minutes. Et, surtout, ensuite, l’image est fixée par un bain d’eau saturée au sel de mer.

    Il montre son invention au scientifique Louis Arago, qui est aussi député. Ce dernier soutient l’invention, qu’il présente le 7 janvier 1839 à l’Académie des Sciences à Paris. Par la suite, l’Etat français achète l’invention, contre une rente viagère annuelle de 6000 francs à Daguerre et 4000 francs à Isodore Nièpce (le neveu de l’autre). Là, l’Etat français fait ensuite une chose extraordinaire car il fait « don au monde » de l’invention.

    Voilà pourquoi on retient la date du 7 janvier 1839 comme étant celle de l’invention de la photographie.

    Pourtant, un certain jour de septembre 1824, un inventeur têtu a écrit à son frère la réussite de ses travaux. Malheureusement, c’est la seule trace qui reste de cette avancée formidable pour la photographie.

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    Après Pentax, un autre mythe pour 2024 : un Rollei 35 AF argentique ?

    Préambule.

    Décidément le monde de l’argentique bouillonne.

    Après l’annonce, savamment orchestrée par Pentax, de son nouvel appareil, le Pentax 17, c’est au tour de Rollei de nous sortir un nouvel appareil, inspiré de son mythique Rollei 35.

    Enfin, si j’en crois les différentes sources que j’ai consultées, ce serait la société Mint Camera qui aurait sollicité Rollei pour reprendre le fameux 35, avec quelques améliorations (j’en entend déjà qui hurlent au crime !).

    Quelques mots sur cette histoire.

    Voici le communiqué de la marque: “Nous sommes ravis d’annoncer que Rollei nous a gracieusement accordé la permission d’utiliser son logo. Cette collaboration marque une avancée passionnante pour toutes les parties impliquées. La marque Rollei augmentera sans aucun doute la notoriété de cet appareil photo. Après avoir investi corps et âme dans ce projet, j’espère vraiment que le Rollei 35AF deviendra accessible à un large public.” Source : Signedestemps

    Les premières annonces ont eu lieu en mars 2023. Mint Camera annonçait vouloir relancer « […] un nouvel appareil photo compact 35mm haut de gamme « secret » de style année 60″. Source : Photorumors

    En juillet, la société précisait qu’elle pensait implanter un autofocus de type LiDAR dans ce nouveau boitier. Source : Photorumors

    Finalement, en janvier de cette année, le nom du futur appareil était dévoilé : ce serait un Rollei 35AF, vendu dès l’été 2024.

    Un mot sans doute sur la technologie LiDAR. Un autofocus fonctionne avec des méthodes de télémétrie traditionnelle, soit par détection de contraste, soit par détection de phase. Tandis que le LiDAR, acronyme anglais de « laser imaging detection and ranging » (soit en français « détection et estimation de la distance par laser »), est une technique de télémétrie par la lumière. Des faisceaux laser sont envoyés vers une cible, qui les renvoie à l’émetteur qui analyse dès lors la distance et les mouvements du sujet en temps réel.

    Cette technologie peut agir sur terre (véhicule, cartographie, archéologie etc.), dans la mer (recherche, cartographie, etc.) et l’espace. Elle commence a être implantée dans certains smartphones haut de gamme.

    Son gros avantage, c’est la compacité du système, primordial dans un appareil photo et a fortiori dans un appareil de la taille du Rollei 35.

    Mint Camera nous a habitué à la reprise de best-seller, avec quelques modifications utiles. Ici aussi, outre l’ajout d’un autofocus, la mécanique interne sera maison et pas Rollei.

    Comme l’obturateur, qui est celui utilisé chez Mint, avec des changements au niveau de l’électronique pour le rendre plus rapide.

    Source : Photorumors.

    Chez Mint Camera ils sont conscients que créer un « nouvel » appareil n’est pas une sinécure car, à défaut d’utiliser des pièces encore existantes, issues de stocks chez les anciens fabricants, il faut tout refaire, en s’adaptant aux nouveaux processus de fabrications.

    Leur principe de vente par pré-commandes permet de libérer les fonds utiles pour lancer la fabrication mais aussi le RD (recherche et développement). Il font alors appel à la communauté des aficionados de la marque, et ça fonctionne.

    Voici dès lors les dernières informations au sujet de cet appareil :

    • appareil plein format 24x36mm (contrairement au Pentax 17 qui est un demi-format)
    • objectif en verre avec 5 éléments, revêtu de chaque côté. C’est un 35mm qui aura comme ouvertures f2,8 – f4 – f5,6 – f8 – f11 et f16
    • l’appareil bénéficie de la mise au point automatique (AF), d’un posemètre intégré et de modes d’expositions automatiques
    • le corps sera métallique, contrairement aux autres productions de la marque. Ici la taille de l’appareil permet cette fabrication sans alourdir exagérément le boitier (comme l’original d’ailleurs).
    • le nom apposé sur le boitier sera bien Rollei et non pas Mint Camera
    • le prix de vente devrait se situer entre 650 et 800€

    Selon Photorumors, voici l’éclaté de ce qui sera le futur Rollei 35 :

    Le puzzle commence à prendre forme …

    Finalement, voilà à quoi devrait ressembler ce nouveau Rollei 35 AF

    Source : The verge.

    S’il vous venait l’envie d’en pré-commander un, voici l’adresse du blog expressément commandé par Rollei : https://rollei35af.com/

    Que retenir de cette aventure ?

    Mint Camera s’attaque à un mythe, le Rollei 35 sorti en 1966 et considéré longtemps comme le plus petit appareils 24×36 jamais construit.

    Ce petit boitier a vu plusieurs évolutions dans la longue carrière mais celles qui sont proposées ici offrent un regain d’intérêt pour ce petit compact venu d’une autre époque.

    En effet, le choix des solutions proposées en font un appareil éminemment utilisable tout en restant très discret et – on l’espère – performant. J’imagine que si Rollei a accepté l’idée et que c’est son nom qui trône sur le projet, c’est que la qualité est au rendez-vous. De fait, Mint Camera n’en est pas à son coup d’essai et ses autres réalisations (Polaroid SX-70, SLR670, SLR80 par exemple) parlent pour eux.

    Les prix ne sont pas donnés mais la qualité de fabrication est de très haut niveau et, encore une fois, les solutions retenues utiles quoique originales.

    Personnellement je préfère cette idée à celle de Pentax. La mise au point automatique, les réglages automatisés, l’installation d’une cellule moderne, tous ces points font que le nouvel Rollei 35 AF sera plus facilement opérationnel que les anciens modèles, sans (je l’espère) renier à la qualité qui a fait le succès de l’original.

    Et il garde cette petite touche qui en fera un appareil différent : il faut armer pour passer à la photo suivante !

    Reste qu’il faudra encore caser sa tirelire car la fourchette de 650 à 800€ ne laisse rien présager de bon quant au prix.

    Est-ce là le prix de la passion?

    Des références.

    https://rollei35af.com/, https://photorumors.com/2024/01/13/mint-to-release-a-new-rollei-35af-compact-autofocus-35mm-film-camera-this-summer/, https://mint-camera.com/, https://photorumors.com/category/mint-camera/, https://www.theverge.com/2024/6/12/24177217/mint-rollei-35af-35mm-film-camera-waitlist-release-announcement, https://petapixel.com/2024/06/11/see-real-world-photos-from-mints-long-awaited-rollei-35af-film-camera/, https://kosmofoto.com/2024/06/mint-camera-offers-opens-pre-order-for-rollei-35af/ en anglais ; https://signedestemps.com/rollei-35-af, https://www.ibm.com/fr-fr/topics/lidar, https://fr.wikipedia.org/wiki/Lidar, en français

    Les nouveautés en un lieu

    Un million de vues sur Youpic !

    Vous vous demandez sans doute – ou pas d’ailleurs – si je pratique encore la photographie ou si je me contente d’ausculter de vieux machins !

    Oui, je la pratique toujours, et comme je l’avais annoncé en début d’année si mes souvenirs sont bons, j’ai scindé mes présentations. Le blog de l’Atelier de JP pour l’analyse et la découverte des appareils photo, essentiellement argentiques mais sans exclusive (voir par exemple l’article sur le Nikon D4s, numérique) et deux sites dédiés à la photo : Flickr et Youpic.

    C’est sur ce dernier site que je viens, grâce aux photographes et experts du site, de passer la barre du million de vues, avec 9 photos retenues comme « inspiration », plusieurs reconnaissances « or » en street photography, landscape (paysage), contenu populaire ; reconnaissances « argent » pour la photographie de nature, de la ville (cityscape), en Urbex, etc. et d’autres en « bronze » pour l’architecture, les animaux, les voyages, etc.

    Ah, je vous avoue que ça fait du bien et j’avais envie de le partager avec vous.

    Si la majorité des photos présentées là sont issues d’appareils numériques (Canon RP, Canon 70D, Olympus OM-D-EM-1, Lumix GX9, Lumix G8) quelques unes ont été faites avec quelques vénérables engins que je vous présente régulièrement.

    Les nouveautés en un lieu

    Comment faire du neuf avec une vieille idée.

    Préambule.

    C’est grâce au site Phototrend que je bondis sur mon clavier. Ou plutôt à cause d’un récent article sur Alice Camera.

    Quoi, vous ne connaissez pas ?

    Bon, je vous explique…

    D’aucuns trouvent l’écran de leur compact trop étriqué et ils rêvent de pouvoir envoyer immédiatement le résultat de leurs élucubrations photographiques, qui se résument bien souvent à un selfie plus ou moins inspiré … (oui j’ai envie d’être « vache » aujourd’hui !).

    D’autres estiment que la partie photographie de leur téléphone intelligent n’est toujours décidément pas à la hauteur ne fut-ce que d’un compact traditionnel et à des années lumières de la qualité d’un appareil à objectifs interchangeables.

    Y aurait-il un « chainon manquant » pour résoudre ce dilemme ?

    Un peut d’histoire.

    En 2020, la startup britannique Photogram a fait appel au financement participatif pour lancer l’idée de fusionner un appareil photo avec un smartphone. Ainsi est née Alice Camera.

    Source : Alice Camera

    Notez que s’ils ont réuni rapidement la somme prévue pour le lancement de l’appareil, l’accouchement fut long.

    L’idée est d’offrir à votre smartphone la possibilité de se comporter comme un hybride tout en étant compact et simple à utiliser.

    Le premier jet de ce projet visait à arrimer un petit appareil photo à un smartphone, via une pince. Cette « pince » devait varier de 6,42 à 7,81cm de large pour absorber les téléphones de l’époque. Le module photographique était doté d’un capteur Sony 4/3 CMOS rétroéclairé de 11 Mpx, avec une monture Micro 4/3. Vous pouviez donc y monter tous les objectifs Olympus ou Panasonic dans cette monture.

    Le fait de glisser votre smartphone dans le module vous permettait de contrôler la partie photo via le clavier et de partager les clichés. Petite touche de « modernité », une AI (intelligence artificielle) devait être capable de reconnaître le sujet.

    C’est grâce au Wi-Fi que les deux compères communiquent, l’un devenant un écran haute définition et le second « un vrai » appareil photo. Une application dédiée (Android et IOS) permet de piloter l’appareil et de modifier tous les paramètres d’exposition, comme sur un appareil traditionnel. Le module permet la capture des fichiers RAW au format DNG.

    L’appareil permet aussi de filmer et d’enregistrer jusqu’en 4K DCI, à 30i/seconde ou en full HD à 60i/secondes. Une griffe accessoires permet d’installer un micro externe, via une prise jack de 3,5mm.

    Notons que le fait de communiquer via Wi-Fi leur permet de le faire à distance : le smartphone d’un côté, le module d’un autre, si besoin.

    Voilà pour l’idée. La présentation fut reportée à plusieurs reprises, un satané virus étant passé par là et ayant entrainé son lot de retard dans la production des puces et autres produits électroniques nécessaires au fonctionnement d’Alice Camera.

    Que penser de l’appareil ?

    Premièrement, je m’interroge sur la débauche d’énergie pour la conception de ce module car, semble-t-il, les concepteurs de la chose ont la mémoire courte : en 2015, DxO (le producteur de programme de corrections photographiques) proposait le DxO One, un appareil qui se fixait aussi sur un smartphone (voir video ci-dessous). Il proposait un capteur CMOS BSI de 1 pouce avec 20, 2 Mpx (celui du Sony RX 100 Mark II). Son objectif était fixe, un 32mm ouvrant à f1,8.

    En 2015 toujours, Olympus sortait le AIR A 01, avec un capteur CMOS de 16 Mpx au format 4/3 (celui du Pen E-PL7). Il acceptait tous les objectifs Micro 4/3 et se connectait aussi via Wi-Fi aux smartphones ou tablettes Android ou IOS. Des programmes ludiques ou utiles permettaient de le piloter comme un vrai appareil photo.

    Et dès 2010, Sony proposait deux appareils, le QX10 et le QX100, ce dernier étant un RX100 Mk II, avec son capteur 1pouce de 20 Mpx et son zoom optique 3,6x ouvrant à f/1,8 au grand-angle. Pour l’anecdote, j’ai toujours chez moi deux QX10 que j’ai rarement utilisés.

    Je ne parle pas des autres tentatives comme le projet Equinox (2013), ou de l’Axium Apertus (2014), du projet Ara (2014) qui n’ont pas forcément abouti.

    Car que proposent ces différents essais ? Un module qui s’adapte aux smartphones Android ou IOS dont il exploite l’écran haute résolution et que l’on peut piloter via des applications natives ou open source. Certain poussent même le bouchon plus loin que d’autres car on peut monter sur le module des objectifs interchangeables.

    Si vous vous souvenez, la promesse initiale était de proposer un bel écran et d’avoir un ensemble qui soit compact.

    Source : Alice Camera. Compact qu’ils disaient ?

    Honnêtement ? C’est raté !

    La taille du module, quel qu’il soit, et à fortiori si on peut y monter des objectifs de toutes tailles, détruit de facto la notion de compacité. Seul peut-être le DxO One pourrait encore être considéré comme vraiment compact.

    Ensuite, dans le cas d’Alice Camera, le choix d’une résolution de 11 Mpx est insuffisante pour prétendre rivaliser avec un appareil photo (d’ailleurs sur leur site vous ne trouverez pas la résolution du capteur).

    Réfléchissons un instant et posons-nous les bonnes questions. A quoi bon tenter de recréer la qualité des anciens compacts numériques qui avaient eux tout ce que ces modules sont censés apporter ?

    Un petit Nikon Coolpix S 2900 offrait 20,1 Mpx, un Sony Cyber-shot offrait 12,7Mpx mais possédait un viseur, un Canon Ixus 275 HS offre 20,2 Mpx et je ne cite pas la liste des Lumix.

    Bref, au nom de l’excellence des smartphones qui savent tout faire et vous offrirait des appareils photos exceptionnels au prix fort, les constructeurs ont réduit comme peau de chagrin, quand ils n’ont pas cruellement supprimé, la gamme tous ces petits compacts excellents.

    Mais des startup inspirées essayent encore de réinventer la roue …

    Personnellement, je rêve de retrouver un compact de la taille d’un Ixus, voire un peu plus grand pour un meilleur écran, et avec un viseur, qui communique via Wi-Fi ou bleutooth si cela semble essentiel pour certains, avec une résolution d’au moins 20 Mpx et qui soit réglable au delà des « tout automatique », pour mieux gérer ses prises de vue.

    Y aurait-il un constructeur qui me lise ?

    Car, anecdote de brocante, j’ai récemment vendu plus de ces petits compacts à des jeunes qui veulent retrouver un « vrai » appareil photo dans leur poche, sans devoir casser leur tirelire et celles de leurs frères et sœurs, parents et autres généreux donateurs.

    Il est là le marché aujourd’hui … n’en déplaisent aux influenceurs/ses qui devraient revenir sur le terrain !

    Videos d’illustration.

    Des références.

    https://www.alice.camera/, https://www.dpreview.com/news/2627070870/alice-camera-the-ai-enhanced-micro-four-thirds-camera-ready-to-ship, https://www.olympus-global.com/technology/design/product/air_a01.html#!, https://www.dpreview.com/products/olympus/slrs/oly_air_a01 en anglais ; https://www.lesnumeriques.com/accessoire-photo/alice-camera-un-appareil-photo-micro-4-3-qui-se-greffe-sur-un-smartphone-n160327.html, https://phototrend.fr/2020/12/alice-camera-micro-4-3/, https://phototrend.fr/2024/06/alice-camera-enfin-disponible/, https://www.frandroid.com/produits-android/photo/773772_alice-camera-un-boitier-photo-micro-4-3-dote-dune-puce-ai, https://www.lesnumeriques.com/compact-bridge/sony-dsc-qx10-p17125/test.html, https://www.lesnumeriques.com/compact-bridge/sony-dsc-qx100-p17126/test.html, https://www.sony.be/fr/electronics/support/compact-cameras-dscqx-series/dsc-qx100/specifications, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/olympus-air-a01-p24243/cp-2015-olympus-air-a01-smartlens-micro-4-3-a-hacker-meme-n39333.html, https://phototrend.fr/2015/06/dxo-one-un-appareil-photo-pour-liphone-et-un-pari-risque-pour-dxo/ en français

    Les nouveautés en un lieu

    Le Pentax 17, enfin là !

    Préambule.

    Ah celui-là on n’en finissait plus de l’attendre … de teasings en déclarations bien orchestrées, Ricoh – Pentax a su ménager le suspens de son nouvel argentique pendant plus de … deux ans.

    Les videos de l’histoire.

    Depuis 2022, Pentax nous tenait en haleine avec son « Pentax Film Project » dont voici les videos, distribuées avec parcimonie dans le temps.

    Notons, pour les impatients chroniques, que depuis 24 ans Pentax n’avait plus commis un appareil argentique, cela relativise les choses.

    Présentation du Pentax 17.

    Bien. Sans doute – comme moi – espériez-vous un reflex ?

    Ce sera un compact en demi-format, na !

    Bon, pour ceux qui n’ont pas tout suivi, je reprends.

    Si vous lisez le blog de l’Atelier de JP c’est que l’argentique vous titille, soit parce que vous avez envie d’y revenir, soit parce que vous voulez le découvrir.

    De fait, quand on a essayé de l’enterrer sans tambours ni trompettes, beaucoup ont pensé, au tournant des années 2000 que la photographie argentique c’était bel et bien terminé, le numérique allait tout balayer sur son passage.

    Mais voilà, la rigueur pointue du numérique, la froideur du binaire, le renouvellement accéléré des appareils et des gammes, l’angoissante perfection des images, les prix qui ne cessent de monter, … bref, tout cela a favorisé un retour certain à d’autres concepts et d’autres méthodes photographiques. Dont le retour à l’argentique.

    Déjà les Fujifilm X100 avaient fait tressauter le tout photographique avec ses boitiers au look résolument néo-rétro que le public s’arrache. Même les plus grands s’y étaient ensuite lancés, comme Nikon (Zf et consorts), Leica avec sa gamme M, par exemple.

    Tiens, Leica a aussi relancé un M argentique, le M6 en octobre 2022, si ma mémoire est bonne !

    C’est un fait avéré, l’argentique n’est pas (encore) mort et c’est sans doute une bonne chose.

    Mais à qui peut bien s’adresser ce vieux médium ?

    Comme je l’écrivais plus haut, à ceux qui, comme votre serviteur, ont commencé la photographie dans les sels d’halogénure d’argent. Puis, même si cela peut paraître étonnant, à la génération « TikTok » qui trouve que le smartphone c’est bien mais ça ne répond pas à toutes leurs attentes.

    Soyons clairs, ce retour à l’argentique concerne peu ou pas du tout les professionnels de la photo (sauf pour les travaux personnels et artistiques), il s’adresse essentiellement aux amateurs, parfois exigeants mais pour qui la photographie est un hobby.

    Alors hormis Leica qui ne fait jamais rien comme les autres, un retour à des appareils « à films » se fait par le biais d’un appareil facile à utiliser et à comprendre.

    D’où le choix de ce format du compact, comme dans les années nonante – deux-mille, mais avec un design plus rétro, à mi-chemin entre les anciens télémétriques et les autofocus des années quatre-vingt. Nostalgie, nostalgie … quand tu fais vendre !

    Pentax a aussi tenu compte du prix des films actuels. C’est ce qui a, semble-t-il, motivé le choix du demi-format. Comme en leur temps les Olympus Pen F et déclinaisons, le Canon Demi, le Fuji Demi-format, le Ricoh Auto Half, etc., il propose de réaliser 48 ou 72 photos sur un film de respectivement 24 et 36 vues.

    film 24×36 par rapport au demi-format 17×24

    A cela s’ajoute la dimension ludique de construire de mini-histoires avec vos 2 demi-photos. Il faut juste être patient avant de terminer le film.

    Une autre raison, pour les enfants élevés au Smartphone, l’appareil tenu horizontalement fera des photos … verticales, comme avec votre téléphone. Il faudra le mettre à la verticale pour les photos horizontales !

    Voyons voir l’engin de plus près …

    Source : Pentax

    Un viseur au milieu, un levier d’armement, un réglage pour les programmes à côté du déclencheur, une bobine pour rembobiner, un correcteur d’exposition à côté, un sélecteur de sensibilité pour la cellule, un petit flash intégré et sur l’objectif, des réglages par zones.

    Normalement de bons éléments pour maitriser son appareil.

    Reprenons les points énumérés :

    L’objectif est un fixe de 25mm basé sur celui du Pentax Espio Mini de 1994 (un triplet). Il a évidemment été mis à jour notamment pour le demi-format (il offre l’équivalent d’un 37mm en 24×36), avec un nouveau traitement multicouche pour améliorer le piqué et la luminosité. C’est un petit objectif « à tout faire », du portrait ou paysage en passant par la rue. Son ouverture varie de f3,5 à f16 mais ce n’est pas vous qui déciderez, les valeurs sont automatiquement définies par l’appareil en mode automatique.

    Dans l’objectif, un obturateur électronique géré automatiquement. L’avantage de cette implémentation est double : d’abord pas de vibration lors du déclenchement et il sera très discret.

    La mise au point se fait par zones sur l’objectif :

    Source : Pentax

    C’est un procédé ancien, qui a fait ses preuves : quasi tous les compacts non télémétriques des années septante et suivantes utilisaient ce système simple et efficace.

    • une fleur ou macro pour faire la mise au point de 0,24 à 0,26 mètres, cette zone est parfaite pour capturer des photos finement détaillées de petits objets, tels que des fleurs ou de petits objets, ou pour créer des images macro spectaculaires.
    • image de couverts ou photo de table pour régler la mise au point de 0,47 à 0,54 mètres. Cette zone est parfaite pour capturer des photos de table dans des endroits tels que des cafés et des restaurants.
    • un personnage pour régler la mise au point de 1,0 à 1,4 mètres. Cette zone est utile pour capturer des photos en gros plan d’amis ou de groupes.
    • groupe de 2 personnes pour régler la mise au point de 1,4 à 2,2 mètres, ce qui la rend pratique pour prendre des instantanés occasionnels d’effets personnels à une distance agréable à regarder.
    • un groupe de personnes pour régler la mise au point de 2,1 à 5,3 mètres, ce qui la rend utile pour la photographie à moyenne portée, comme les photos de groupe.
    • la montagne pour régler la mise au point de 5,1 mètres à l’infini, ce qui la rend idéale pour la photographie panoramique et la prise de vue longue distance.

    Heureusement, dans le viseur, ils ont prévu un cadre avec correction de la parallaxe pour les mises au point rapprochées.

    A côté du viseur, deux témoins lumineux intéressants : si vous avez oublié le capuchon sur l’objectif (si, si, ça arrive même aux meilleurs !), si votre film est mal accroché, si vous réglez par inadvertance la zone de mise au point sur macro ou table, ils clignoteront pour vous avertir de l’anomalie. Utile certainement.

    Le réglage de la sensibilité fait appel à un bon vieux système : vous soulevez la molette et réglez selon la sensibilité du film, manuellement, de 50 à 3200 Iso. Doit-on regretter les Asa ?

    En dessous de cette molette vous apercevez le réglage de la compensation d’exposition, de -2 à +2. Bien vu notamment en cas de contre-jour.

    Les éléments, je trouve, naviguent constamment entre passé et modernité …

    Par exemple, les 7 modes de prise de vue qui rappellent furieusement les compacts des années nonante.

    1 – Mode entièrement automatique Le PENTAX 17 est doté d’un mécanisme de mise au point panoramique avec un point de mise au point fixe, tandis que le flash se décharge automatiquement dans les endroits mal éclairés. Ce mode permet de prendre des photos de manière plus décontractée et sans effort, sans se soucier du fonctionnement de l’appareil photo.2 – Mode standard. Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, tandis que l’appareil photo ajuste l’exposition au niveau approprié. Comme le flash ne se déclenche pas, ce mode est très utile en photographie de jour.  3 – Mode vitesse lente. Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée sans décharge de flash, ce qui le rend idéal pour la photographie au crépuscule.   
    4 – Ouverture maximale
    mode prioritaire
    . Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, sans déclenchement du flash. L’appareil photo définit automatiquement la plus grande ouverture disponible pour une scène donnée.
    5 – Pose B. Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée sans déclenchement du flash. Ceci s’avère pratique pour les sujets nécessitant des expositions prolongées, tels que des traces lumineuses ou des feux d’artifice. L’utilisation du câble interrupteur CS-205 (accessoire en option) et d’un trépied est recommandée lors de l’utilisation de ce mode.
    6- Mode de synchronisation de la lumière du jour
    Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, l’appareil photo sélectionnant les paramètres d’exposition optimaux. Étant donné que le flash se décharge, il est idéal pour les photographies prises à contre-jour ou dans des endroits mal éclairés.

    7 – Mode de synchronisation à vitesse lente
    Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, l’appareil photo déclenchant une décharge de flash. Ceci est utile dans les situations où vous souhaitez éclairer vivement un sujet au premier plan tout en conservant l’ambiance d’un paysage nocturne ou d’un crépuscule en arrière-plan.
    Source : Pentax

    La hantise des photographes amateurs était, semble-t-il, l’accrochage du film. Les fabricants se sont fendus de quelques inventions couvertes par brevets pour leur faciliter la vie. Chez Pentax, ils ont gardé ces bonnes habitudes : vous ouvrez le dos de l’appareil, vous déposez le film dans la chambre, vous tirez légèrement sur l’amorce du film pour l’amener au dessus d’une marque orange, armez/déclenchez une fois, puis vous refermez le dos et armez/déclenchez jusqu’à la première image (le compteur se remet à zéro à l’ouverture). Et quand votre pellicule sera terminée, comme avant, vous appuierez sur le petit bouton niché dans la semelle, sortirez la manivelle et commencerez à rembobiner jusqu’à sentir le film se détacher de la bobine réceptrice. Tout un doigté oublié …

    Chez Pentax ils ont même poussé le bouchon plus loin : le cadre collé sur le dos vous permet, comme autrefois, de glisser un morceau de votre boite de film, en guise de mémo.

    Une remarque que l’on pouvait faire, dans les années nonante, c’était le manque de tenue des compacts avec leur design souvent lise (Olympus Mju par exemple). Quelques uns avaient la bonne idée d’un petit bossage afin d’améliorer la tenue en mains mais au détriment alors de la compacité. Ici ils ont gardé cette astuce, qui contient aussi le compartiment à pile, une CR2.

    Que penser de l’appareil .

    Je pense que Pentax a soigné son nouvel appareil : son design est agréable, il semble bien fini avec une construction en alliage de magnésium aux reflets « champagne » et plastique. Les solutions retenues ne révolutionnent pas le boitier mais le rendent facile à utiliser (même sans mode d’emploi).

    La solution du demi-format ravira les explorateurs de la chose photographique et ceux qui doivent faire attention à leur budget. Cependant, à l’époque, il était courant de trouver des films en 12 ou 24 vues, qu’il n’était pas trop long de terminer en devenant des 24 ou 48 images.

    Mais 72 vues, que c’est long ! Et l’autre péril, c’est que d’aucuns auront tendance à déclencher, déclencher encore et encore, ne voyant pas la fin du film et retombant dans les travers du numérique. Plus aussi économique que ça dès lors …

    Ensuite, ce qui m’ennuie c’est d’avoir sacrifié l’autofocus pour un vieux système de zone focus. C’est dommage car il le méritait bien.

    Ça me gène moins d’avoir sacrifié le petit moteur qui animait les appareils des années quatre-vingt et nonante. Je trouve en effet que le levier d’armement à un charme fou, et puis il y a cette sensation lorsqu’on arme un appareil argentique : sentir la mécanique vivre sous ses doigts.

    Bon, si je résume : Pentax nous offre un appareil sympa, bien fini, astucieux et simple d’utilisation.

    Mais à 549€, prix de lancement, je ne comprends plus !

    Dans les brocantes, les vides-greniers, les petites annonces, les bourses, vous trouverez des appareils de la fin des années nonante bien plus complets pour à peine 50€ maximum (comptez plutôt 20€ en général – voir la rubrique « et les autres »).

    D’accord, nous sommes loin des 5000€ réclamé par Leica pour son M6 mais quand même, 549€ pour le Pentax 17, moi je dis non.

    Video d’illustration.

    Un peu de technique.

    Voici les caractéristiques détaillées du Pentax 17 :

    • Format couvert : 17 x 24 mm
    • Pellicules acceptées : 35 mm
    • Vseur optique : viseur à cadre clair Albada, +/- 80 %, 0,38x
    • Autofocus : non.
    • Mise au point : manuelle avec 6 zones de mise au point
    • Mesure exposition : 1,5 à 16,5 IL
    • Obturation : de 4 sec à 1/350 s 
    • Optique : 25 mm f/3,5
    • Construction optique : 3 éléments en 3 groupes
    • Angle de champ : 61°
    • Réglage sensibilité ISA : de 50 à 3200 ASA
    • Synchro flash : oui
    • Flash intégré : oui
    • Connectivité : prise de déclencheur à distance (ø 2,5 mm)
    • Alimentation : 1 pile CR2
    • Tropicalisation : non mais résiste de – 10 à + 40 °C
    • Dimensions : 137 x 104 x 195 mm (L x H x P)
    • Poids : 535 g

    Des références.

    https://phototrend.fr/2024/06/pentax-17-compact-argentique-moderne/, https://benber.fr/pentax-17-face-argentiques-occasion/, https://phototrend.fr/2024/06/pentax-17-compact-argentique-moderne/, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/pentax-lance-un-compact-argentique-qui-fait-des-photos-en-vertical-n223027.html, https://vivre-de-la-photo.fr/pentax-17-un-voyage-nostalgique-dans-le-monde-de-largentique/, https://global.techradar.com/fr-fr/cameras/pentax-17-la-societe-fait-revivre-lanalogique-avec-son-premier-appareil-photo-argentique-depuis-plus-de-20-ans, https://pentax.eu/fr/pages/pentax17-filmcamera_details, https://phototrend.fr/2024/03/pentax-film-project-appareil-photo-format-vertical/ en français ; https://www.ricoh-imaging.co.jp/english/pentax/filmproject/, en anglais

    Les nouveautés en un lieu

    Les mésaventures du Leica M9

    Si vous vous souvenez de l’article précédent, il convenait de trouver la solution de Leica pour le moins cavalière : nous ne réparons plus cet appareil mais nous vous encourageons à en acheter un nouveau, sur lequel on vous fera une (petite) ristourne.

    A savoir 40% de remise pour l’achat d’un M11 (8.950€) ou 20% si vous optez pour un Q3 (5959€) et en échange vous abandonnez votre M 9.

    Alors, si je reviens sur cet incident malheureux, c’est grâce à la ténacité de Jean-Marc (il se reconnaîtra) qui m’a fournit l’adresse d’un site américain proposant l’échange du capteur.

    Mais surtout, sur ce site, il y a une longue explication (en anglais, off course) sur les tenants et aboutissants de ce problème.

    En voici les grandes lignes, c’est assez interpellant …

    Le Leica M9 a été produit dans une multitude de déclinaisons (séries spéciales, coloris spéciaux, accessoires chers, etc.) entre 2009 et 2014, à plus ou moins 180.000 exemplaires.

    Le M 9 reste dans la tradition du M3 (1953), un appareil sans aucune aide de type autofocus (AF), ni automatismes d’aucune sorte : vous réglez la sensibilité, vous réglez la distance soit avec le télémètre soit via le « zone focus », vous réglez la vitesse et vous appuyez sur le déclencheur … c’est dans la boite !

    Comme on dit un peu abruptement, « c’est un appareil qui se mérite » et il vous oblige à prendre le temps de faire votre photo : déjà le temps de régler votre prise de vue (cadrage, distance), puis son exposition (vitesse) et juste après avoir déclenché, vous attendez, encore … au moins 7 secondes à voir une loupiote clignoter, le temps – encore lui – que l’image captée s’inscrive sur la carte mémoire.

    Notez, pendant ce temps-là, vous avez l’occasion de philosopher sur celui qui passe …

    Ne comptez pas trop sur la mémoire tampon, elle supporte bravement 7 à 8 vues, mais ensuite il faut les écrire sur la carte mémoire. Et c’est reparti …

    Pour saisir « l’instant décisif », il vous faudra être ingénieux, pro-actif et réfléchi afin d’avoir le bon timing.

    Avec un appareil vendu à 6800€ nu, vous auriez sans doute aimé qu’on ajoute quelques puces mémoire, qui sont peu onéreuses, afin de garantir un plus grand confort pendant la prise de vue. Il semble que Leica n’y ait pas pensé.

    Venons-en au cœur du problème, le capteur.

    Il s’agit d’un CCD plein format de 18mp fournit par Kodak, qui a vendu cette activité à Truesense (Platinium Equity en 2011), qui l’a vendu à son tour en 2014 à On Semi.

    Ce capteur utilisait un filtre anti-Infra Rouge (ICF), qui est un morceau de verre séparé du reste, placé devant la lamelle transparente du capteur. L’ICF est généralement une combinaison de verre absorbant les infrarouges, de divers revêtements et de couches de niobate de lithium qui constituent le filtre anti-crénelage/passe-bas optique/filtre de flou de l’appareil photo. Le niobate de lithium divise la lumière en deux polarisations. L’épaisseur du filtre détermine l’ampleur de la division. Il existe deux couches : les divisions verticales et horizontales.

    Maintenant, l’ICF est fixé sur le capteur, ce qui, en cas de griffe, oblige à changer ce dernier car on n’arrive jamais à récupérer les traces sur le verre et comme la résolution des capteurs est élevée, le moindre défaut est rédhibitoire.

    Quelques spécialistes, dont MaxMax pouvaient remplacer les ICF car ils achetaient en gros, pour chaque type d’appareil, les verres correspondant, ce qui nécessite de gros moyens financiers.

    D’autres faisaient de « bricolage » en utilisant des verres standards, avec la conséquence que souvent le plan focale était modifié (pas la bonne épaisseur du verre) ou alors bidouillé avec des cales de fortune. A éviter évidemment.

    Mais la question qui reste est : qu’elle est réellement cette « corrosion du capteur »?

    Il est vraisemblable que Kodak ait utilisé de la colle époxy pour coller l’ICF sur la puce du capteur, qui s’est détériorée et empêchait d’ôter la fine couche de verre du capteur. Ou une oxydation qui s’est formée au moment de la phase vapeur utilisée pour le collage.

    Toujours est-il qu’au début Leica remplaçait gratuitement les capteurs défectueux en s’armant de patience car il fallait souvent plus de 6 mois pour retrouver son appareil remis en état.

    Le temps faisant sont œuvre, de plus en plus de capteurs étaient touchés et Leica demandait alors 1500€ pour faire la même opération. En tout cas jusqu’à ce que On Semi, qui fabriquait ces capteurs, se retire du secteur et Leica ne put plus remplacer ces derniers.

    Source : Maxmax. On voit très bien l’état du capteur corrodé.

    Et donc les clients se retrouvaient avec un appareil souvent en très bon état mais inutilisable. Leica aurait-il pu proposer un échange de capteur d’une autre marque, une remise à niveau de l’appareil avec un nouveau capteur et une nouvelle « carte mère » ?

    On ne le saura jamais car la proposition fut celle citée plus haut si achat d’un nouvel appareil Leica M11 ou Q3 qui, entre-temps, avaient vu leurs tarifs gonflés.

    La société Maxmax, en essayant de comprendre le pourquoi de ce désastre a fait une découverte déconcertante : Kodak a utilisé un verre de type Schott BG non traité (je cite). Il semble reconnu que ce type de verre BG (et UG) soit sensible à l’oxydation et ne soit en aucun cas recommandé ce pourquoi il a été utilisé ici.

    Alors quoi, économie à la petite semaine, erreur lors des assemblages ? Toujours est-il que la cause de ces désagréments soit un manque de revêtements protecteurs sur le verre ICF.

    Finalement, y a-t-il une solution ?

    Maxmax en propose plusieurs, qui doivent faire l’objet de devis, mais, dans les grandes lignes :

    • Remplacer l’ICF défectueux par un nouvel ICF en laissant la caméra comme une caméra couleur 
    • Remplacer l’ICF défectueux par une fenêtre UV-VIS-IR transformant la caméra en une caméra couleur à spectre complet

    Notez qu’avec cette conversion, vous devrez utiliser un filtre sur votre objectif. Pour les images en lumière visible, il faudra utiliser un filtre bloquant les UV et les IR.

    • Remplacer l’ICF défectueux par un nouvel ICF et changer le capteur en monochrome
    • Remplacer l’ICF défectueux par une fenêtre UV-VIS-IR transformant la caméra en une caméra monochrome à spectre complet

    La sensibilité aux UV sera environ 6 fois supérieure à celle d’un appareil photo couleur. Encore une fois, il faudra utiliser des filtres sur votre objectif en fonction du type de lumière que vous souhaitez que votre appareil photo voie.

    Evidemment, les solutions ne sont pas exemptes de désagréments mais plutôt qu’un bel objet devenu totalement inutilisable, vous retrouverez un appareil partiellement efficace et peut-être que ses nouvelles limites seront sources de créativité.

    Quant au prix, comptez en gros entre 1500 et 2500€, auquel il faudra ajouter les frais de port au delà de l’Atlantique, au moins.

    Les nouveautés en un lieu

    Avez-vous de l’argent à gaspiller ?

    Si la réponse à cette question est OUI, alors je vous propose de vous laisser gruger par cette offre :

    ou encore celle-ci, la dernière sortie :

    Si vous vous en souvenez, la première annonce avait déjà affolé mon peace maker. Mais voilà que Lomography remet ça avec des pockets à plus de 100€ !

    Vous le savez, j’aime l’attitude Lomo qui consiste à décomplexer la photographie argentique (et/ou numérique aussi d’ailleurs).

    Mais encore une fois dans une époque où on nous bassine de la « green attitude » à tous les coins de rue, là je dis NON.

    Les pockets sont apparus dans les années septante, ils ont été distribué par millions et toutes les personnes au moins de ma génération en ont reçu pour un anniversaire, une communion. Il doit encore y en avoir quelques centaines de milliers qui dorment dans des tiroirs, des caisses, des placards.

    Si certains étaient minimalistes, quelques uns ont offert de belles performances (je vous encourage à aller découvrir la rubrique consacrée aux pockets).

    Je songe notamment aux Agfamatic 6008, Agfamatic 901, Agfamatic 4000, Fujica Pocket 400, Rollei A110, voire même au Pentax Auto 110 qui reste à ce jour le plus petit reflex à objectifs interchangeables du monde.

    Tous utilisent la cassette de film au format 110, qui simplifie le chargement du film.

    Et tous se négocient trèèèèès largement sous les 100€ (les deux exceptions pouvant être le Rollei et le Pentax). Si vous fouinez bien, vous pourriez les trouver pour un prix compris dans la fourchette de 5 à 10€, parfois même encore emballé !

    Que Lomogaphy ait l’excellente idée d’encore proposer les films 110 et ce dans des déclinaisons amusantes (purple, N/B, etc.), ça c’est une très bonne idée et j’applaudis.

    Mais qu’il nous sorte un pocket à 120€, là c’est se f… des gens ou exploiter la niaiserie des gogos, ce qui revient au même …

    Aussi bien construits qu’ils aient pu l’être, aussi sophistiqués que certains aient pu l’être encore, le format et la conception inhérente au film n’ont jamais permis d’atteindre un standard de qualité extrêmement élevé, bien que certains aient été capables du meilleur.

    Les as du marketing de chez Lomo ont beau nous en remettre une couche avec leurs objectifs en verre, leur exposition automatique, leur fonction créative, il n’en demeure pas moins qu’on n’a jamais pu tendre correctement le film, ni placer un plateau presseur pour en assurer la planéité, ni assurer un agrandissement extrême des images captées.

    Pourtant la plupart étaient motorisés, certains ont même eu des téléobjectifs ou des positions pour faire de la proxy-photographie (ne parlons pas de macro, soyons réalistes), ils étaient presque tous totalement automatiques avec gestion de l’exposition et/ou de l’ouverture via la cellule.

    Bref, si vous voulez « être à la mode » et sortir discrètement un pocket 110 de votre poche lors d’une sortie entre ami(e)s, allez faire un tour dans les tiroirs des parents et grands-parents, les brocantes, les vide-greniers, les Emmaüs, vous en trouverez à des prix décents (dans les tiroirs, c’est même gratuit).

    Cela vous permettra ensuite d’acheter des kilos de films si vous voulez …

    Les nouveautés en un lieu

    Adieu à Pierre MONS

    Ce nom vous est peut-être inconnu mais c’était un ami.

    Photographe, peintre, amateur de vieux appareils et objectifs russes, notamment, nous avions de longues conversations sur la photographie et l’art en général.

    Cultivé, friand d’anecdotes qu’il glanait ici et là sur la grande toile à ses heures perdues, il partageait avec enthousiasme ses découvertes déconcertantes qui touchaient nos pratiques.

    C’est grâce à lui que j’ai découvert la richesse des optiques russes, qu’il achetait régulièrement et testait avec passion sur son vieux Nex 3 équipé de toute une série de bagues d’adaptation. Et il m’envoyait ensuite ses résultats et ses analyses : combien de fois aie-je vu passer ce tableau inspiré de Van Gogh qu’il avait peint et qui lui servait de mire ?

    « Ah, il est « arty » celui-là, t’as vu son piqué, même dans les coins, et j’étais à f8 … »

    Lorsque je le rencontrais chez lui, dans son brol (son surnom était d’ailleurs Brol Master Anyway), il pouvait discourir sans fin sur sa collection de Zenit, ses Hélios 44-2 qu’il avait tous démontés et réglés aux « petits oignons », la qualité intrinsèque de tel Jupiter 8 ou Jupiter 3, ses achats (toujours mesurés) d’optiques exotiques qu’il aimait tant tester et comparer.

    Mais voilà, son cœur était fatigué, sa vie n’ayant pas été un long fleuve tranquille.

    Le 26 janvier, il entrait à l’hôpital pour une intervention qui devait être commune. Hélas, le 22 février, il ne se réveillait pas des soins intensifs à Mons.

    Têtu comme une mule, il avait juste pris la peine de nommer une personne de contact au cas où : Anne-Marie l’a accompagné pour ses derniers instants. Et c’est parce que François et moi avons fait de nos pieds et mains que nous avons appris la terrible nouvelle, cinq jours après son décès.

    Les détours par une administration lourde et impersonnelles font que ce n’est qu’aujourd’hui que nous pouvons l’accompagner pour son dernier voyage.

    Adieu l’ami, tu vas nous manquer …

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    10 appareils argentiques pour bien débuter

    Les fins d’année sont souvent celles des bilans, des classements. Même si je m’étais dis que je ne le ferais pas, je craque !

    Pourquoi ? A cause de quelques articles que j’ai lu récemment à ce sujet et qui ont eu le don de – comment le dire poliment – m’agacer.

    Alors il y eut celui-là : toutargentique qui établit une liste des 10 appareils photo pour débuter en argentique.

    Chouette, mais que trouve-t-on dans la liste ? Un kodak Ekatar H35 à 64€, le Compact Agfa Photo à 39€, le Hilford Sprite à 49,9€, le Lomography Sprocket Rocket à 79,9€, par exemple.

    Leurs atouts ? Un objectif fixe, pas de réglages, parfois un flash et une consternante fabrication tout plastique. C’est un peu peu, non ?

    M’sieurs – Dames les « influenceurs », ayez la franchise de dire que vous êtes soudoyés par des marques pour proposer de telles inepties.

    Vous qui suivez l’Atelier de JP savez que pour des prix bien plus abordables vous trouverez des appareils anciens, bien construits, avec des fonctionnalités utiles et éprouvées.

    Soyons de bons comptes, d’autres sites comme les numériques ou encore Benber, voire mangoandsalt et leblogargentique, par exemple, vous proposent une réflexion plus sereine et vous donneront aussi une sélection d’appareils anciens, qui ont fait leur preuve et vous donneront encore satisfaction pendant des années.

    Et surtout, ces boitiers n’auront pas besoin de « faire semblant » d’être des vieux, d’avoir un design « vintage », ils le sont !

    Donc, voici ma petite liste à moi :

    • en télémétrique à objectifs interchangeables : le Zorki 4K sur lequel vous pourrez monter tous les objectifs en LM39, même les meilleurs. Les prix restent raisonnables, autour des 50€
    • en reflex : le Praktica MTL 5, un appareil « école » par excellence en monture M42, qui vous ouvre aussi un vaste choix d’optiques de qualité à prix doux. Ici aussi, on est autour des 50€
    • en reflex des années nonante – deux-mille : le Canon Eos 300 déjà si proche de nos appareils numériques au point de vue ergonomie et performant. Le prix est souvent ridicule et vous pourriez en trouver sous les 40€.
    • en moyen format : le Bilora 66, très simple d’utilisation et que vous trouverez à moins de 20€
    • en moyen format à soufflet : le Zeiss Ikon Ikonta M, un appareil de grande qualité, très compact quand il est fermé, facile à utiliser et avec une qualité d’image exceptionnelle. Autour des 40€
    • en moyen format TLR (double objectif) : ici, il faudra un peu caser sa tirelire mais en restant raisonnable, je vous propose le Yashica D. Un excellent appareil pour découvrir le moyen format en TLR à prix doux : comptez autour des 250€ maximum
    • en compact automatique : le Canon Prima Zoom 90, un excellent petit appareil qui vous suivra partout et que vous achèterez moins de 30€
    • en compact : le Cosina 35 S, un tout petit appareil facile à utiliser et qu’on a envie d’emmener partout. Il sera à vous pour 40€
    • en compact télémétrique : c’est-à-dire avec objectif fixe mais télémétrique pour une meilleure précision, le Konica C35 automatique, un petit bijou qui devrait vous appartenir pour 40€
    • en appareil résolument décalé : le Ferrania Eura, un moyen format au prix imbattable car autour des 10€ mais qui donne de bons résultats (lire le résumé du projet aLongSunday).

    Vous pouvez ne pas être d’accord avec ces choix mais je les assume.

    Chinez dans les brocantes, les Emmaüs, les vides-greniers, c’est là que vous ferez évidemment les meilleurs affaires.

    Et lancez-vous, il existe assez d’articles et de tutoriels pour comprendre quelques subtilités. Si ça ne suffit pas, il existe des ateliers pour découvrir l’argentique et s’y perfectionner ensuite (comme ceux de Fred sur Histoire de photos).

    Les nouveautés en un lieu

    Faut pas pousser bobonne dans les orties …

    Vous connaissez cette expression, qui exprime bien le ras-le-bol face à certaines pratiques.

    Alors, pour la dernière ineptie en date qui me fait bondir, ce sont nos amis de Lomography qui vont en faire les frais …

    Voyez cette publicité :

    Vous allez me dire : « mais pourquoi il s’énerve encore ? »

    On n’arrête pas de nous bassiner avec la « green attitude » et là on nous balance un bout de plastique, vaguement remis au goût du jour, au prix de l’or !

    Que Lomography nous ressorte des films, dont certains exotiques ou curieux, pour faire des expérimentations, soit, c’est même une excellente idée mais, que diable, il y a un parc extraordinaire de vieux appareils, vachement mieux fichus que le Lubitel, qui peuvent encore parfaitement servir.

    Mais il faut aller farfouiller …

    « Dites, les jeunes à qui s’adresse cette publicité, vous n’en avez pas assez de vous faire pigeonner au nom du sacro-saint dieu marketing ? »

    Soyez originaux, faites preuve d’audace, d’intelligence et intéressez-vous aux presque deux siècles de photographie argentique qui ont encore tant d’appareils à vous faire découvrir.

    Allez, des exemples (comme ça vous ne devrez même pas trop chercher) :

    1- Yashica A – B – C – D qui proposent des vitesses jusqu’au 1/300s, avec un objectif en 3 éléments ouvrant à f3,5. Avec un peu de recherches, ils sont à moins de 300€.

    2 – Minolta Automat avec objectif Promar 75mm f3.5 et obturateur Crown II-Tiyoko 1 à 1/300s, lui aussi aux environs des 300€.

    3 – Semflex, une marque française qui offrait l’équivalent du Rolleiflex à bon prix : Semflex Standard 3,5b, Semflex Oto 3,5b avec objectifs Angénieux ou Berthiot et vitesses au 1/300s voire 1/400s. Moins de 300€

    4 – Yashicaflex B et C avec objectifs ouvrant à f3,5 et vitesses jusqu’au 1/300s, la même qualité que les Yashica. Moins de 300€

    5 – Rolleicord, le Rolleiflex des « amateurs » : allez voir les Rolleicord III et IV, encore accessibles et tout aussi bons que le « professionnel ». Autour des 300€

    6 – Lubitel, le vrai : Lubitel 166 – 166 B – 166 Universal. Au moins, vous ferez faire des économies de plastique, ils existent toujours et offrent peu ou prou les mêmes fonctionnalités que le « nouveau ». Généralement à moins de 200€ si en excellent état, avec gaine et filtres (sinon, pas plus de 60€).

    7 – Echoflex, Lustreflex, Elegaflex (c’est le même appareil), japonais, peu courant, avec un objectif de 75mm ouvrant à f3,5 et obturateur au 1/300s. Moins de 300€

    La liste est encore longue, mais vous trouverez déjà là de quoi vous faire plaisir.

    Les films en 120 sont courants, tant chez Lomography que chez Retrocamera ou Fotoimpex

    Tous les appareils cités ci-dessus vous offrent les mêmes « arguments » que le « nouveau » Lubitel 166+ (en stock limité une fois – pour bien presser le citron) :

    • les réglages sont manuels
    • les objectifs sont en verre
    • les obturateurs sont costauds car métalliques et offrent au moins le 1/300s
    • un filetage pour trépied
    • certains ont une griffe porte-accessoires (pour le flash), sinon on attache une rampe par dessous sur laquelle on fixe le dit flash. Mais l’usage de cet accessoire n’est pas indispensable (encombrant, agressif)
    • hormis le « vrai » Lubitel, ils sont tous en métal
    • on trouve encore une foule d’accessoires intéressants (filtres, pare-soleil, verres de visée quadrillé, etc.)

    Et, cerise sur le déclencheur, non seulement vous recyclez mais vous aurez en main de beaux boitiers, avec une histoire. Pas un bout de plastique ruminé par des as du marketing qui ne font que ressasser de vieilles recettes !

    Les nouveautés en un lieu

    Une série d’articles exceptionnels.

    Vous le savez, j’aime les appareils aux histoires singulières, attachantes, différentes.

    Cet article est en fait le second d’une série. Tous les articles qui participeront de celle-ci seront identifiés pour rappeler leur caractère particulier. Pourquoi ?

    Un jour une Dame me contacte, ayant découvert le site, pour me demander si je peux l’aider dans l’expertise de la collection que lui a laissée son défunt mari.

    Rendez-vous est pris pour une première rencontre, celle où je verrai si je peux effectivement lui être d’une quelconque utilité.

    Pour situer cette collection, disons qu’elle a commencé en 1965 et qu’elle s’est arrêtée, malheureusement, au décès de Monsieur, en 2017.

    Cinquante-deux ans de passion, d’achats, de ventes, d’essais et erreurs pour trouver l’appareil qui fait palpiter le cœur, qui intrigue, ou simplement qui est une occasion de trouver – encore – un modèle différent.

    De l’argentique aux balbutiements du numérique, ce Monsieur a patiemment construit une collection éclectique, non figée, seulement dictée par ses envies, sa curiosité, ses moyens du moment.

    Ah ! j’aurais aimé reprendre les quelques 700 appareils et accessoires de cette passion mais mon budget ne le permet pas, ni la place pour l’installer d’ailleurs.

    Alors j’ai acquis quelques uns de ces appareils, soigneusement rangés, amoureusement répertoriés, généralement dans un état proche du neuf quand ils ne le sont pas (j’ai plusieurs tickets de caisse, factures qui en témoignent).

    Et dans la mesure du possible, j’essaye d’aider Madame à vendre à d’autres amoureux de ces beaux objets les pièces qu’elle possède encore.

    Car elle ne veut en aucun cas que cette collection ne soit dispersée qu’à des « marchands », qui n’auront aucun égards ni affects pour ces boitiers/objectifs/accessoires réunis avec patience par son mari et qu’elle a soutenue avec amour et bienveillance.

    Au fur et à mesure, nous cochons des noms sur des listes, ceux qui s’en vont …

    S’il n’y a pas forcément de « pièces rares » au sens excentrique du terme, il y a des pièces dignes d’intérêt car elles représentent une époque, un format, une innovation particulière d’un temps donné. Et il y a des objets étonnants, à l’image, par exemple, de ce coffret intégralement complet d’un Photo Sniper FS-12 que l’on dirait sorti du magasin quelques heures plus tôt ou ce Fujita 66 peu courant, ou encore le Gomz Leningrad que je vous ai présenté il y a peu et qui est le premier article de la série.

    Voilà, vous comprendrez mieux dès lors le rappel discret que je ferai lorsque je vous présenterai un appareil ayant appartenu à ce Monsieur. C’est ma manière de lui rendre hommage et de remercier son épouse pour la confiance qu’elle m’a témoignée.