Argentique

Le Ihagee Exa type 6

C’est encore Pierre qui m’a mis en main ce drôle d’engin, un Ihagee Exa, le 6ème du nom et … je n’ai pas résisté !

Je vous ai déjà présenté un de ces reflex qui semble venir d’un autre temps, l‘Exakta Varex IIa.

Si celui-là était le haut de gamme, celui que je vais vous décrire est l’entrée de gamme, car les 2 séries ont cohabité un certain temps.

De 1936 à 1950, Ihagee produit le Kine-Exakta I puis II. Dès 1950, ils lancent deux nouvelles séries, les Exakta Varex et les Exa.

De fait, les Exakta Varex étaient des appareils complexes, relativement onéreux mais bourrés d’innovations ou en tout cas d’idées différentes.

A commencer par le principe de « système », c.-à-d. un boitier entouré d’accessoires multiples, dont des objectifs, des flashs, des filtres, etc. spécifiques à des utilisations particulières et ceci depuis le début du Kine-Exakta)

Pour satisfaire une autre clientèle, moins fortunée, Ihagee a donc lancé, dès 1950, un petit nombre de ce nouvel appareil, baptisé alors Exa Varex. Il n’en fut pas fabriqué beaucoup.

Mais à partir de 1951, le nom devient Exa, tout court et la gamme est lancée.

Extérieurement, s’il garde la forme générale d’une pyramide tronquée, il est plus « arrondi » que son ainé et plus petit. Il reste « épais » mais sa taille est celle d’un petit réflex.

Petite revue des modèles :

Les viseurs de tous les modèles restent amovibles, soit à prismes, soit à visée « à la taille » avec un tunnel de visée équipé d’une loupe, repliable. Notons que dans ce cas, une broche, qui permet d’ouvrir le viseur, empêche aussi, celui-ci replié, de déclencher par erreur.

Autre chose qui ne change pas, la place assez inhabituelle du déclencheur, à gauche, sur le devant de l’appareil, et que l’on recouvre d’une petite capsule pour éviter un déclenchement intempestif. Il est fileté pour y fixer un déclencheur filaire.

Au début, on tâtonne un peu, le temps de le trouver et puis, on s’y fait.

Les objectifs Exakta à « baïonnette interne » peuvent être monté sur un Exa, même les objectifs dits automatiques, qui portent un mécanisme qui actionne le déclencheur.

-« Bon, c’est bien beau tout ça, mais qu’est-ce qui change alors ? »

L’obturateur, qui n’est plus un rideau à plan focal, innove en se compliquant la vie car c’est le miroir qui sert de « lame » d’obturation ouvrante tandis qu’une seconde lame métallique incurvée, est la lame de fermeture. C’est une espèce d’obturateur à guillotine assez similaire, parait-il, à ceux utilisés dans les premiers appareils photo grand format et dans certains panoramiques.

Donc, quand vous enfoncez le déclencheur, le miroir se déplace vers le haut selon un arc, exposant le film. Une plaque d’obturation incurvée se relève alors et termine l’exposition. Une fois l’exposition terminée, le miroir reste relevé jusqu’à ce que le film soit enroulé à la prochaine vue. C’est la raison de la « vitesse de pointe » qui ne dépasse pas le 1/150 secondes car il n’est vraiment pas possible de faire bouger le miroir lourd assez vite pour obtenir une exposition plus rapide.

-« Quel est l’avantage d’un tel « bidulle » ? »

C’est bon marché à fabriquer, ce qui réduit le coût de l’appareil photo et n’a pas besoin de lubrifiants et peut donc être utilisé dans des conditions très froides sans accrocs.

De fait, sa conception particulière le rend incapable de vitesses lentes et rapides : sa plage est de 1/25s à 1/150s et la pose B.

Heu … juste par comparaison, un Pentax Asahi offrait à la même époque le 1/1000s, mais pas au même prix !

Il n’y a pas que l’obturateur qui est différent, le réglage des vitesses aussi : nous avons droit, sur la gauche du viseur, à une espèce de levier de … changement de vitesse !

Pour armer l’appareil, c’est avec le gros bouton strié à droite du viseur et on sent bien la décomposition des mouvements de l’obturateur et du miroir. Le premier demi-tour remonte la pièce métallique incurvée et le reste arme le déclencheur et remonte le miroir.

Notons la présence, à côté de ce bouton, d’un compteur de vue, qu’il faut réinitialiser manuellement, grâce à une minuscule bague crantée très difficile à mouvoir.

Une conséquence de la conception étrange de l’obturateur incurvé est l’apparition d’un « vignetage marginal » comme le dit le fabricant, avec des objectifs longs – mais ça commence avec un 70mm – ou des tubes allonges, des soufflets. et, bien évidemment, ça ne se voit pas à travers le viseur.

Bref, cette sixième génération sera la dernière de la lignée qui fut donc fabriquée de 1950 à 1962, avec une production totale (tous modèles confondus) d’un peu plus d’un million deux cent mille exemplaires. Ce fut vraiment un appareil destiné à offrir un reflex à la portée de tous.

Entre nous, cette gamme fit la joie des gauchers car, pour une fois, les commandes sont de ce côté-là de l’appareil.

Par rapport aux réflex de ces années-là, surtout Japonais, nous sommes dans un autre monde, mais voyons plutôt.

Petite parenthèse toute personnelle : lorsqu’on regarde les voitures des années soixante, les électro-ménagers, les vêtements portés, cet appareil, on a souvent l’impression d’un temps si lointain … or soixante ans seulement nous séparent … et c’est déjà beaucoup.

La grande majorité des reflex, toutes nationalités confondues, n’ont pas forcément le viseur – et donc le prisme – tout à fait au milieu; ici, oui.

Viseur qui est amovible et que l’on peut remplacer par différents modèles : viseurs à prisme, viseur à la taille avec ou sans loupe. Les verres de visée peuvent aussi être modifié, par des quadrillés, par exemple.

Pour l’ôter, il suffit d’abaisser la plaquette qui se situe à l’avant du boitier, juste sous le viseur, en dessous de la plaque qui porte le nom Exa en lettres blanches. Pour le remettre en place, il suffit de le plonger dans le « tunnel » ainsi dégagé, jusqu’au « clic » d’accrochage.

En principe, tous les viseurs Exa et Exakta sont compatibles et interchangeables, un bon point.

Le viseur de taille est un système qui se replie, diminuant encore la taille de l’appareil. Autre avantage, ça empêche les poussières de tomber sur l’écran de mise au point. Il suffit d’appuyer sur le bouton, situé à l’arrière, pour qu’il se déploie.

Si vous avez déjà eu en mains un appareil de type Rolleiflex, Lubitel 2, Yashica Mat et consorts, vous ne serez pas dépaysé avec la visée de ce type.

Et comme avec ces appareils, l’image est donc inversée gauche – droite mais heureusement pas de modification haut – bas. Rappelez-vous, c’est le pentaprisme du reflex qui redresse l’image et la met « dans le bon sens ».

Si vous utilisez ce type de viseur – et c’est là le sel de cet appareil – vous constaterez que voir les choses « d’en haut » modifiera votre perception des scènes et donne une toute autre perspective à l’image. Et donc, cela va influencer votre composition finale, vous verrez.

Remarquez encore le bouton, juste derrière le compteur de vues, c’est celui qu’il faut enfoncer pour pouvoir rembobiner le film en fin de course.

Je crois que je n’ai pas encore abordé le flash : sur le côté droit de l’objectif vous verrez deux douilles, une notée F (pour F = rapide), qui est destinée aux ampoules flashs. La connexion sur ce port déclenchera l’ampoule 12 millisecondes avant que l’obturateur ne soit complètement ouvert. Cela permet à l’ampoule du flash d’atteindre la luminosité maximale lorsque l’obturateur s’ouvre complètement. Cela nécessite une vitesse d’obturation de 1/25 seconde.

Ensuite, la douille notée X (pour Xénon, le gaz qui est dans les tubes des flashs électroniques). Si vous êtes branché sur celle-là, le flash se déclenche dès que l’obturateur est complètement ouvert, à la vitesse soit du 1/50s ou du 1/25s.

Petit nouveauté par rapport aux autres Exa, le dos est articulé (pour les autres, c’est tout le dos qui s’enlève). Ce qui facilite, semble-t-il, l’insertion d’un film et la fermeture du dit dos (il suffit de le rabattre et le verrou s’enclenche).

Une petite remarque utile, en passant : avez-vous vu la bobine réceptrice, solidaire de l’appareil ? On peut la retirer mais la perdre serait bien gênant car elle est spécifique au modèle. Donc, en cas d’achat vérifier qu’elle est bien dans la chambre sous peine de recherches fastidieuses.

Tiens, en regardant la chambre, vous verrez qu’il n’y a pas de mousses à changer. Souvent, les appareils allemands préféraient des gorges bien profondes, bien ajustées avec les autres éléments de la carrosserie pour assurer l’étanchéité à la lumière.

En dessous, le filetage pour y fixer un trépied. Attention, ce n’est pas un pas « normal » mais un filetage Whitworth de 1/4 de pouce.

Là, je pense que nous avons fait le tour du boitier.

Qu’en penser ?

Le moins que l’on puisse écrire, c’est qu’il sort de l’ordinaire, de par sa forme d’abord sa conception mécanique ensuite.

Même s’il fut pensé « économies » à tous les étages, il n’en demeure pas pourtant mal construit. Métal à tous les étages, ce qui se sent quand on l’a en mains.

Mais des limitations qui peuvent devenir rédhibitoires. Si à l’époque les films étaient encore assez lents,avec des films modernes, vous atteindrez rapidement les limites de l’appareil, à moins de ruser un peu.

Difficile de nos jours de s’en servir rapidement (et pourquoi pas être lent, parfois ?) mais il faut lui reconnaître une bouille à nulle autre pareille et ce petit quelque chose, due à la visée à la taille, qui peut en faire un compagnon sympathique.

J’en connais un qui s’amusait à photographier, discrètement, dans les troquets du Borinage, à saisir les « tronches » et les ambiances de ces lieux qui tendent à disparaitre. Personne ne prêtait attention à ce vieux Monsieur, penché sur le dessus de son drôle d’appareil (il se reconnaîtra !).

Si vous en trouvez un encore en bon état, pourquoi ne pas essayer, ça change des habituels Balda, Dicora, Vitoret, etc. de ces années-là.

Niveau budget, ça devient compliqué de faire des pronostiques, les prix s’envolent parfois sans raison, mais disons que vous devriez vous en sortir avec un billet de 50€, muni d’un objectif.

Pour voir ce que produit cet appareil, c’est par ICI.

Pubs d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Hall, décembre 1958.

Videos d’illustration

Addendum : cette video montre bien comment fonctionne l’appareil, surtout vu de la chambre

Un peu de technique :

Exa Version 6 – produit entre 1960-62
Il existe de nombreuses variantes de la version
Particularités de la version :
– Nouvelle forme rectangulaire de la plaque frontale
– Nouvelle plaque signalétique Exa en noir et blanc

Spécifications communes aux versions

Objectif : monture à baïonnette Exakta d’origine interchangeable
Déverrouillage de l’objectif : via un levier exposé à gauche de la collerette de l’objectif
Obturateur : guillotine à action verticale utilisant le miroir comme un seul composant ; de ce fait la vitesse maximale est limitée à 1/150, vitesses : 1/25-1/150 +B
Déclencheur : à l’avant du boîtier, disponible pour les leviers/pistons d’ouverture sur divers objectifs automatiques
Viseur : viseurs Varex standard, avec option de verrouillage de l’exposition (WLF a une broche qui bloque l’exposition si le capot est fermé.)
Sortie du viseur : via un curseur sous le logo Exa
Miroir : faisant partie de l’obturateur, non-retour
Corps : métal, construction robuste

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références : https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-4980-Ihagee_Exa.html, en français; https://casualphotophile.com/2022/07/13/ihagee-exa-camera-review/, https://oldcamera.blog/2017/11/27/ihagee-exa-6-or-1-6/, http://camera-wiki.org/wiki/Exa_(original), https://www.wrotniak.net/photo/exakta/exa-serial.html, https://casualphotophile.com/2022/07/13/ihagee-exa-camera-review/ en anglais; http://www.exaktapages.com/(une mine d’infos sur la marque et les modèles), en allemand

Argentique

Le Brownie Six-20 Camera Model F

Celui-ci, je l’ai acheté en lot avec un Bilora Bella 66 et quelques accessoires d’époque.

Il a un certain charme dans sa livrée beige et son fronton marron/doré.

En le regardant bien, impossible de nier une descendance du modèle que je vous présentais il y a peu, le Six-20 « Brownie » C. Fait amusant, ils seront produit quelques années ensemble (jusqu’en 1957) !

Ici les deux « viseurs » sont clairs alors qu’ils étaient dépolis sur le model C. Le bouton d’armement et le déclencheur sont en plastique, blanc cassé pour rester dans les tons. Et quelques détails sur lesquels je vais revenir.

Mais, ironie de la chose, ce qui est le plus fou, c’est de se dire que ce modèle est contemporain du Bilora Bella 66 !

Quand on les regarde côte à côte, on a l’impression de ne pas être sur la même planète photographique.

D’un côté un appareil fait de tôle, presque « à la va vite », au mécanisme biblique : une vitesse de1/50s et une pause B. Un objectif à minima : un ménisque de 100mm ouvrant à f11. Et quelques fonctionnalités intéressantes à venir.

De l’autre, un boitier en fonte et tôle d’aluminium, un obturateur central aussi simpliste que son concurrent mais qui offre trois vitesses (1/50s – 1/100s – pause B) et un objectif aussi simple, un ménisque là aussi de 100mm ouvrant à f8 (je vous laisse relire l’article à son sujet pour le reste).

Le choc des anciens et des modernes, version photographique en somme …

Tous les deux ont eu du succès, le premier grâce à la machine de guerre Kodak, le second pour son design moderne et agréable, très sixties, alors que son concurrent faisait « vieux ».

Méditons, méditons …

Et revenons-en à notre Brownie Six-20 Model F.

C’est la version « Deluxe » du populaire Six-20 Brownie Model E, un cheval de trait produit pendant plus de vingt ans (1937 – 1957) sans quasi aucun changement.

Nous savions les Anglais conservateurs, mais là !

Bon, d’accord, c’est du solide, de l’éprouvé : on trouve souvent de ces vieux Box dans les brocantes, les vide-grenier et bien souvent, malgré leur aspect miteux, ils fonctionnent toujours … les joies de la simplicité en fait.

Bref, notre appareil « luxueux » donc, introduit quand même quelques perfectionnements : tout d’abord, une prise flash sur le coté, avec deux broches en saillies, réservées aux seuls flashs Kodak.

Ensuite, toujours sur le même coté, deux excroissances en demi-cercle. Il s’agit en fait, pour la première, d’une lame qui porte une lentille accessoire pour pratiquer le portrait. Elle permet de descendre à 1,5 m – 3 m la mise au point minimale (d’habitude, le point minimum est à 2,5 – 3m). Une astuce souvent utilisée chez Kodak et Agfa (voir l’Agfa Billy-Clack 74) et sans doute aussi quelques concurrents de l’époque.

La seconde lame est munie d’un filtre jaune, souvent utilisé avec les films en N/B pour accentuer le contraste.

Une plaquette en laiton encadre le « réglage » de la vitesse (I pour instantané et B pour pose). En dessous, un petit bouton à descendre ou relever si on veut bloquer/débloquer le déclencheur, qui est en dessous. Pratique pour éviter la double exposition involontaire. Rappelez-vous, le fait d’avancer le film n’arme pas le déclencheur qui peut donc s’ouvrir à tout moment sur une vue déjà exposée.

Deux filetages vont permettre de le fixer à un trépied si besoin et surtout autoriser à greffer un support sur laquelle viendra se fixer le flash car il n’y a pas de griffe.

Pour le reste, c’est la même gymnastique que pour le model C quant au chargement du film, son avancement, la lecture des chiffres que l’on voit mal dans la petite fenêtre à l’orange inactinique fatigué.

Voilà, voilà …

Solide et pourtant quand j’ai reçu mon exemplaire, il faisait un inquiétant « bling – bling » qui laissait augurer quelques dégâts.

D’abord chercher sur la Grande Toile une façon de l’ouvrir qui ne l’abîme pas.

En fait, c’est très facile car sur les côtés, il y a comme deux « poinçons » dans le couvercle en tôle ; il suffit d’exercer une pression avec la lame d’un tournevis pour déboiter un côté puis l’autre. Toute la face avant vient en bloc si on lui demande gentiment (ne pas forcer sur les bords, la tôle est fini et plie vite).

Comme vous pouvez le voir, les principes utilisés sont d’une simplicité désarmante : les deux « viseur » sont de simples morceaux de tôle chromée serties à froid. Deux tunnels qui portent un miroir en verre, qui renvoient l’image vers le viseur, légèrement bombé (effet loupe) sur le dessus ou le côté droit de l’appareil.

Ensuite, dans le ventre de la boîte ouverte, le mécanisme élémentaire mais efficace de l’obturateur, du déclencheur, du réglage de la vitesse. C’est un obturateur à une seule lame, qui balaie la surface grâce à un ressort calibré.

Puis vient la raison du bruit entendu lors de la manipulation : un bout de languette cuivrée s’est détaché et un second morceau pointe le bout de son nez par dessous.

Aïe, va falloir enlever le bloc pour aller voir derrière ce qui se passe !

Mais pas de panique, là encore tout tient par un sertissage à froid. La lame du tournevis en vient vite à bout et en faisant basculer l’ensemble vers la droite, je dégage tout le bloc « mécanique ».

C’est là que je découvre le problème : les deux lamelles en cuivre devaient être les contacts du flash. Petite vérification sur le document que j’ai trouvé (et que vous pourrez télécharger ci-dessous), là je vois comment ils devaient se positionner et surtout ce qui manque : les deux broches en saillies du flash et les minuscules écrous qui tenaient les pièces ensembles.

Ça ne va pas être facile à trouver, sauf si je déniche une épave quelque part. Petit bout de gaffer pour ne pas perdre les pièces et je remonte.

Je ne suis pas certain de la taille de l’ampoule, mais je n’avais que celle-là sous la main.

Nous pouvons rester dubitatif sur de tel assemblage mais force est de constater qu’il a traversé les âges avec plus ou moins de bonheur et que beaucoup de ces appareils, comme je le faisais remarquer en préambule, fonctionnent encore près de 70 ans après avoir été construit.

Les résultats en images sont LA et ce n’est pas si mal.

Alors, honnêtement, ces appareils ont-ils encore un intérêt ?

Oui, pourquoi pas, si vous avez l’âme aventureuse et l’envie de (re)découvrir d’autre manière de photographier. D’autant qu’ici il ne faut pas se frotter à des techniques compliquées, juste adapter la bobine de 120 au diamètre de celle du film 620 (je l’ai décrit dans l’article du Six-20 Brownie C – video).

Le reste est affaire de labo lorsque vous déposerez votre film.

D’autant qu’utiliser ce type de boitier est d’une simplicité enfantine : vous visez, vous appuyez, c’est dans la boite !

Et si vous êtes perfectionniste, vous utilisez une cellule à main, un chrono pour votre pose B, et le résultat est (sensiblement) le même.

C’est une expérience, qui peut être amusante et en tout cas qui suscitera l’intérêt et la curiosité.

Au prix où vous trouverez ces petites boites, souvent une dizaine d’euros, faites-vous plaisir, essayez.

Petites videos d’illustration

Un peu de technique

Box pour film 620 (ou 120 modifié)
Introduit en 1955 et arrêté en 1957
Taille du film : 620 pour une image en 6×9 cm (8 vues par film)
Fabriqué au Royaume-Uni
Objectif à Menisque de 100 mm ouvrant à f11, avec un objectif portrait coulissant et filtre jaune intégré
Obturateur à une lame avec deux vitesses de 1/50s et pause B

Si un jour vous deviez le démonter, comme moi, voici le document utile :

Des références : https://www.brownie-camera.com/74.shtml, https://www.brownie-camera.com/index.shtml, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Six-20_Brownie,_Models_C,_D,_E,_and_F, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Kodak_Six-20_Brownie,_Models_C,_D,_E,_and_F, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Kodak_Six-20_Brownie,_Models_C,_D,_E,_and_F, https://www.browniecam.com/service-manuals-for-brownie-cameras/, en anglais; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11942-Kodak_Six-20%20Brownie%20Model%20F.html, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=39005, https://www.collection-appareils.fr/general/html/listeKo_imagettes.php, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=39005, https://manondamoon.com/2017/04/17/restaurer-la-peinture-dun-kodak-six-20-brownie-target/ en français

Argentique

Le Zeiss Ikon Ikonta M

C’est via un site de seconde main que j’ai déniché celui-ci. Le photos étaient bien nettes et l’appareil me semblait en très bon état.

La transaction conclue, je l’ai reçu hier, 20 avril 23, dans une grande boite en carton, super bien protégé. Petit déballage un peu fébrile pour découvrir un magnifique appareil dans sa gaine que l’on dirait neuve, tout comme l’appareil. Merci Kim, c’est un bel appareil, un Zeiss Ikon Ikonta M.

On le connait aussi sous la dénomination d’Ikonta III 21/4 x 21/4, d’Ikonta 524/16 M et Ikonta M.

M pour « Messucher », soit télémètre en allemand.

Car cet Ikonta est un appareil de transition entre l’Ikonta tout court, sans télémètre et le Super Ikonta, avec télémètre couplé. Ici, il propose un « entre-deux », à savoir un télémètre, mais non couplé.

Il utilise des films en 120, sur lequel vous ferez 12 images au format 6×6.

Il fut produit entre 1951 à 1954, à Stuttgart.

Comme souvent chez Zeiss Ikon (comme Voigtländer d’ailleurs) il sera proposé avec des objectifs et des obturateurs différents, avec des tarifs qui suivent les équipements : objectif Novar 4,5/75 mm dans un obturateur Prontor-SV (celui de l’article), objectif Novar 3,5/75 mm dans un obturateur Prontor-SV ou Prontor-SVS, objectif Tessar 3,5/75 mm dans un obturateur Synchro-Compur (le plus cher et plus rare – voir les prix sur la pub ci-dessous – 1953).

Il ne faut pas oublier que Zeiss Ikon fut un ogre en son temps, qui a fusionné nombre d’autres pionniers de la photographie (ICA, Contessa-Nettel, Ernemann, Goerz )pour devenir la Zeiss Ikon AG à Dresde en 1926. Après la seconde guerre mondiale, elle sera coupée en deux, une partie restant à Dresde (partie devenue Allemagne de l’Est), l’autre établie à Stuttgart.

Elle formait une entité de la Fondation Carl Zeiss, une autre part étant la société d’optique Carl Zeiss, ce qui explique que la plupart des appareils étaient équipé de ces optiques, les autres membres ayant dû abandonner leur propre fabrication, comme Goerz.

Les obturateurs Compur équipaient aussi 80% des caméras. Seuls les appareils d’entrée de gamme avaient droit aux obturateurs moins onéreux, comme le Klio.

Si Dresde était le royaume de la photographie allemande, Zeiss Ikon en était le prince le plus puissant, avec des usines à Stuttgart et Berlin.

Il fut aussi le premier fabricant mondial de caméra 8mm et le fournisseurs d’optiques pour l’industrie ou des fabricants tiers et la lunetterie réputée que l’on connait encore.

-« Mais pourquoi il s’égare encore dans l’histoire ? »

Parce qu’elle a son importance pour situer cet appareil. En effet, avec les fusions, Zeiss Ikon se retrouvait avec un catalogue immense de références parfois concurrentes et souvent disparates. Pour rationaliser tout ça, il fut décidé de ne garder que quelques modèles et d’en créer d’autres pour combler des lacunes de gammes.

Ainsi est née la lignée des Ikonta, qui se place entre les Nettar et les Super Ikonta.

Bon, maintenant on s’accroche car Zeiss Ikon est parfois difficile à décrypter dans ses catalogues.

Pour faire court, la série est lancée en 1929 et est proposée en quatre modèles, répartis en lettres (pour les Usa) et en chiffres pour le reste du monde : A-B-C-D. Ainsi les A, B et C utilisaient du film 120 et donnaient respectivement des négatifs de 6×4,5, 6×6, 6×9. Par contre, l’Ikonta D utilisait un négatif plus grand, le 116 ou 616, aujourd’hui disparu.

Et rien que pour compliquer la vie de ceux qui s’y intéresse, il y eut encore un Baby Ikonta qui utilisait un film 127 (qui lui existe toujours, assez proche de la taille des 24x36mm que nous connaissons).

Cette première série A, B et C fut étiquetée 520. Ce qui donnait les combinaisons suivantes : 520, 520/16, 520/2.

Aux alentours de 1940, la série 520 a laissé sa place à la série 521. Celle-ci ajoutait un déclencheur sur le corps de l’appareil et non plus seulement sur l’obturateur, et ajoutait un système pour prévenir de la double exposition. Cette série n’a repris, avec ces changements, que les modèles A, B et C.

Puis, dans les années ’50, ce fut la série des 523 mais seulement pour les modèles B et C. Un capot supérieur avec le viseur intégré et une griffe porte-accessoires font partie des modifications.

La série 524 ajoutera un télémètre non couplé et s’appelait le « Mess Ikonta ». Ce n’est pas le même que celui de cet article, car lui s’ouvre vers la gauche et non vers le bas.

Pour mémoire, le Super Ikonta aura lui un télémètre couplé et il commence leur série par un 530 et 531, mais c’est une autre histoire que vous pourrez découvrir ICI et LA.

Comme je le signalais plus haut, les prix des appareils variaient en fonction des combinaisons objectif/obturateur et c’est aussi ce qui différenciait la gamme Nettar de celle des Ikonta.

Les objectifs pour la série 524 étaient des Novar f4,5 ou f3,5 et Tessar f3,5.

La focale était de 75mm pour les appareils en 6×6 et de 105mm pour les 6×9.

Les Novar, un triplet, étaient sous traités chez Rodenstock ou Steinheil alors que les Tessar, en quatre éléments, étaient fabriqués par Zeiss.

Rarissimes sur les Ikonta et Mess Ikonta, ils équipaient le plus souvent les Super Ikonta.

Les objectifs d’après guerre sont enduits afin de réduire les reflets entre les éléments, ce qui était un grand progrès, surtout pour ceux qui osaient utiliser le films couleur de l’époque.

Dernier point commun à tous les Ikonta, la distance se règle en tournant la lentille frontale.

Les obturateurs retenus étaient des Prontor SV ou SVS à huit vitesses et le Synchro-Compur à dix vitesses.

Sans être méchant, les Nettar recevaient les combinaisons les moins chères, étant des entrées de gamme.

J’espère non seulement ne pas vous avoir perdu mais vous avoir permis de mieux comprendre les subtilités de ces appareils. Utile si vous devez négocier le prix chez un vide-grenier « qui a été voir les prix sur Internet » sans comprendre ces différences, fondamentales, et qui justifient à elles-seules les écarts de prix conséquent d’un modèle à l’autre.

Revenons donc à l’exemplaire que j’ai reçu, un Ikonta M équipé d’un objectif Novar f4,5 de 75 mm dans un obturateur Prontor-SV.

A l’époque, son concurrent était, notamment, l’Agfa Isolette III, un autre pliant avec un télémètre non couplé, lui aussi très recherché car tout aussi bon et surtout, pour les deux, moins chers que les appareils à télémètre couplés. Un bon moyen, en somme, de découvrir ce qui se faisait de mieux dans ces appareils sans se ruiner.

Puisque j’en parle de ce télémètre, comme cela fonctionnait-il ?

Sur la face avant, vous avez une fenêtre carrée au milieu, le viseur, et de chaque côté, deux petites fenêtres rectangulaires, le système du télémètre. Avec, finalement, une base assez courte (environ 4,5cm).

Et, autre désagrément, si le viseur reste acceptable, celui du télémètre est minuscule.

Mais bon, il y a le mérite d’exister.

Donc, quand vous regardez par le trou de serrure de ce dernier, vous voyez l’image dédoublée de votre sujet. En tournant la molette de droite (en regardant par dessus le boitier), vous ajustez les deux images pour qu’elles n’en forment plus qu’une. La mise au point est alors bonne.

Il faut alors lire la distance reprise sur le cadran de cette molette et la reporter sur la lentille frontale de l’objectif. C’est pratique, précis, mais guère rapide.

Ou, pour aller plus vite, utiliser le bon vieux système du zone focus, en préparant à l’avance une zone de netteté qui sera fonction de la distance choisie et de l’ouverture.

Les marques sur le fut de l’objectif vous aideront dans cet exercice.

Pour le reste, tant que nous sommes sur le dessus de l’appareil, voyez la seconde molette, à gauche. Outre qu’elle serve à rembobiner le film en fin de course, elle sert aussi de pense-bête pour le type de film utilisé, en DIN (nous sommes bien en Allemagne). Vous faites tourner les repères grâce aux minuscules petits plots sur la couronne.

Toujours là-haut, deux petits boutons à enfoncer : celui de gauche permet d’ouvrir l’abattant qui libère la partie objectif/obturateur, le second est le déclencheur.

Juste derrière lui, un tout petit trou qui a son importance. Regardez le attentivement : s’il apparait gris, c’est que vous avez pris une photo, s’il apparait rouge, c’est que l’appareil est armé (vous avez avancé le film d’une vue).

Alors, pour éviter de gâcher de la pellicule, sachez que le fait d’avancer d’une vue n’arme pas le déclencheur, il permet juste de le mettre en position de prendre une photo si, et seulement si vous avez aussi armé le déclencheur qui se trouve sur l’obturateur.

Si vous avez armé le déclencheur de l’obturateur mais pas fait avancer le film, impossible de déclencher, c’est la fameuse protection contre la double exposition.Un argument de choix sur les publicités de l’époque … que l’on peut contourner facilement en actionnant avec le doigt la came qui lance normalement le déclenchement, obturateur armé …

Puisque nous sommes descendus au niveau du bloc optique/obturateur, restons-y.

Nous avons-là un obturateur Prontor SV qui offre des vitesses de 1s – 1/2s – 1/5s – 1/10s – 1/25s – 1/50s – 1/100s et 1/300s, plus une pose B. Et la synchro flash pour les flash magnésiques M et X pour les « électroniques ». Le flash pouvait se fixer sur la griffe porte-accessoires et il était relié à la borne au dessus, près du déclencheur manuel.

L’ouverture se règle avec la languette tout à l’arrière de l’obturateur et la vitesse avec la roue crantée qui est elle tout à l’avant de ce dernier.

Tout en dessous, le retardateur (plus ou moins 10 sec.). Attention, il faut d’abord armer le déclencheur avant de mettre le retardateur en position.

Pour refermer le tout, juste appuyer sur les deux genouillères en haut et aider lentement le bloc à rentrer dans la chambre, sans forcer.

Et pour charger un film, il suffit d’abaisser le verrou et de tirer la porte arrière vers soi. Pour placer la bobine, il faut abaisser le support, monté sur ressort et qui sera bloqué lorsque vous refermerez le dos (voir les découpes dans le métal). Idem lorsque vous devrez enlever la cartouche sur laquelle la film s’est enroulé.

Avec les films 120, vous aurez noté qu’il n’y a pas de bouton pour rembobiner le film. En effet, ce n’est pas nécessaire, la pellicule s’enroulant au fur et à mesure sur la bobine réceptrice à droite (appareil ouvert). Ne pas oublier de bien serrer et refermer le film avec la languette à coller au bout du film.

S’il n’y a pas non plus de roue dentée pour assurer le transport, notez que la « cage » est nervurée pour que la pellicule reste bien droite, guidée aussi par le presse-film et les deux rails qui assurent un défilement doux.

Pour refermer, ne pas oublier de remonter le verrou pour assurer l’étanchéité à la lumière. Vous remarquerez aussi la qualité de l’ajustement des pièces. C’est de la belle mécanique, assurément.

Si je résume, nous avons là un superbe appareil, très facile à transporter car relativement fin lorsqu’il est fermé. En tout cas bien moins épais que les autres appareils en moyen format ou même les premiers reflex de l’époque.

Personnellement, j’apprécie beaucoup que la porte s’ouvre vers le bas, ce qui assure une meilleure prise en mains, plus naturelle et stable.

Le format 6×6 est intéressant car il offre une belle surface de négatif, qui autorisera de beaux agrandissements si besoin.

A la question ritournelle « cet appareil a-t-il encore un intérêt », je réponds « oui, bien certainement ».

Son prix reste attrayant, bien plus abordable que les Super Ikonta pour une qualité aussi très bonne (surtout si vous avez la chance de tomber sur un Tessar, quoique les autres ne soient pas des manchots non plus !).

S’il faut quand même une grande poche, ou un petit sac pour le transporter, il n’en demeure pas moins facile à emmener partout.

Au rayon des regrets, la taille du viseur et du télémètre qui ne sont définitivement pas très grands (doux euphémisme) mais ils font le minimum syndical qu’on attend d’eux.

De toute manière, si vous voulez vous en servir, par exemple, en photo de rue, vous travaillerez en zone focus, bien plus rapide et plus pratique.

Franchement, je l’écris souvent, mais du milieu de gamme de cette qualité, on en redemande. Près de 70 ans plus tard, cet appareil fonctionne toujours comme au premier jour.

Alors si vous avez la chance d’en découvrir un et que le format 120 vous attire, prévoyez quand même plus ou moins septante euro (soixante-dix pour nos amis français) pour un bel exemplaire, avec sa gaine en cuir. S’il est équipé d’un Tessar, le prix sera plus proche des 100€.

Si vous voulez voir un aperçu de ses capacités, c’est par ICI.

La publicité d’époque (merci Collection-appareils)

Herlango, 1953

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Petites videos d’illustration

Un peu de technique :

  • Période de production de 1951 à 1954
  • Format : 6 x 6 cm sur pellicule type 120
  • Combinaisons d’objectif/obturateur connues : Objectif Novar 4,5/75 mm dans un obturateur Prontor-SV (celui de l’article), objectif Novar 3,5/75 mm dans un obturateur Prontor-SV ou Prontor-SVS, objectif Tessar 3,5/75 mm dans un obturateur Synchro-Compur (le plus cher et plus rare)
  • Taille du filtre :
  • Synchronisation du flash : prise sur l’obturateur, synchronisation M et X
  • Retardateur : Oui
  • Système de posemètre : aucun
  • Prévention de la double exposition : Oui
  • Télémètre : Non couplé
  • Finition de couleur : Noir avec couvercle et ornements chromés
  • Couleur Similicuir : Noir
  • Dimensions LxHxP (plié) : 135x100x45 mm
  • Poids : 640 grammes

Des références : https://www.folding-camera.fr/zeiss-ikon-ikonta-m-52416.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3901-Zeiss%20Ikon_Mess-Ikonta%20IIIb.html, https://mgroleau.com/photo/allemagne/zeiss_ikon/zi_ikonta524_16.html (intéressant pour pouvoir régler le télémètre si besoin), en français; https://blog.bkspicture.com/review_Zeiss_Ikon_Ikonta_M_524_16_Zeiss-Opton_Tessar.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Zeiss_Ikon_Ikonta, http://camera-wiki.org/wiki/Mess-Ikonta_524/16, https://filmphotograph.com/zeiss-ikon-mess-ikonta-524-16, http://camera-wiki.org/wiki/Zeiss_Ikon_serial_numbers (pour essayer de dater votre appareil), http://elekm.net/pages/cameras/ikonta_524-16.htm , https://www.35mmc.com/30/06/2018/zeiss-ikonta-524-2-review/, https://www.pacificrimcamera.com/pp/ziikonta.htm, https://cameracollector.net/ikonta-ikomat-family/, http://camera-wiki.org/wiki/Zeiss_Ikon, http://camera-wiki.org/wiki/Ikonta en anglais

Argentique

Le Kodak Retina IIc

Ah, encore un bel objet, que l’on prend plaisir à prendre en mains.

Du même acabit que le Balda Baldessa 1 mais en plus perfectionné, vous verrez.

Je vous ai déjà présenté le Kodak Retina IIIc, (si vous êtes curieux, la genèse de ces appareils s’y trouve), voici le petit frère.

Et pour une fois, l’article sera court … quoique …

Car tout ce que j’ai écris sur le Kodak Retina IIIc est valable, la seule différence entre les deux, c’est que celui-ci ne possède pas de cellule au sélénium.

Sachant de toute manière que celle-là s’épuise avec le temps, malgré toutes les précautions, finalement, ce n’est pas le plus indispensable. Une bonne cellule à main dans le sac et le tour est joué.

Bon, je ne vais pas obliger tout le monde relire l’autre article – pourtant il est chouette ! – alors voici les principales caractéristiques de ce sympathique petit appareil qu’on a vite envie de sortir, pas seulement pour le plaisir mais aussi parce que c’est une excellente machine à raconter des histoires.

Il était une fois, donc …

Bien que cela ne se voie pas de l’extérieur, il s’agit d’un appareil à soufflet mais vous ne le découvrirez que si vous ouvrez le dos de celui-ci, objectif sorti.

Produit de 1954 à 1957, c’est encore un appareil construit, certes en quantité (on estime que 136.000 exemplaires ont été produit), mais pas – encore – en masse, ce qui adviendra au début des années soixante chez Kodak et quelques concurrents. Ici l’appareil respire la solidité, l’assemblage de précision, la recherche du détail (vous verrez plus loin).

Bref, c’est du solide, fait pour durer : la preuve, près de 65 ans plus tard, l’exemplaire que je vous présente fonctionne parfaitement.

Sans refaire toute l’histoire des Retina, leur épopée commence avant la seconde guerre mondiale (1931), lorsque Kodak rachète Nagel Camera Werk AG, du nom d’un génial inventeur qui imagine et réalise ce petit bijou d’ingéniosité, qui évoluera avec le temps mais sans perdre son essence : un appareil au format contenu, qui doit pouvoir répondre à un maximum de situations, fiable et qui utilise les premiers films en cartouches scellées crées par … Nagel pour Kodak (1934).

Et dans ces évolutions donc, en 1954, apparait ce Retina IIc, qui offre le vrai confort d’un télémètre précis, la possibilité de changer de focales, une synchro flash et surtout, un magnifique objectif Schneider-Kreuznach Retina-Xenon C de 50mm ouvrant à f2.8, net et au rendu des couleurs, délicates, presque pastel.

Je reviens deux secondes sur l’histoire du changement de focales : en fait, on ne change pas d’objectif mais seulement l’élément avant, que l’on remplace par une autre « demi » optique pour obtenir soit un 35mm, soit un 80mm, en sus du 50mm de base.

Source : Beyontheaperture, les compléments d’objectif.

Soyons honnêtes, ils ne sont pas faciles à trouver et comme le viseur n’est pas collimaté pour celles-là, il faut acheter à part un/des viseurs qui en tiennent compte. Peut-être pas vraiment utile, mais dans l’air du temps en 1954.

Ce qui est important de retenir c’est que tout ça se présente sous un format très compact pour l’époque, qui autorise à le glisser dans une (grande) poche.

Cette compacité se gagne grâce au principe du soufflet, justement caché derrière une petit porte qui va s’ouvrir vers la droite, en appuyant sur le petit bouton rond en métal sur le bord de cette dernière.

Pour refermer, deux manipulations à ne pas oublier : premièrement, remettre l’objectif sur l’infini, ensuite appuyer simultanément sur les deux boutons en saillie sur le bloc optique/obturateur et repousser le tout vers l’arrière, jusqu’au « clic » de la porte fermée. Sans ces deux manœuvres, impossible de fermer l’appareil, ne jamais forcer.

Mais laissons le ouvert encore un moment, le temps de découvrir ce qu’il nous offre.

Son objectif, que j’ai présenté plus haut, dont on règle la distance grâce à l’espèce d’oreille située sur le côté, et un obturateur Synchro Compur offrant des vitesses de 1s au 1/500s, plus une pose B et la synchronisation (X – M) du flash, à toutes les vitesses.

Rappelez-vous, nous sommes en 1954, date à laquelle est présentée à la Photokina un « nouveau » système appelé EV/LV (comme sur le Balda Baldessa 1. Le principe est expliqué dans l’article), EV pour Exposure Value, valeur d’exposition.

C’est-à-dire plutôt que de régler la vitesse d’obturation et l’ouverture séparément, vous définissez plutôt une valeur d’exposition. Après cela, lorsque vous modifiez la vitesse d’obturation, l’ouverture change automatiquement avec elle. On peut sortir de ce système, avec la languette sous l’objectif mais ça simplifie quand même la rapidité de prise de vue.

Une fois la valeur déterminée, l’ouverture et la vitesse d’obturation sont verrouillées, et vous pouvez faire tourner la bague de vitesse d’obturation du Retina IIc pour voir et choisir exactement la combinaison d’ouverture et de vitesse d’obturation que vous voulez, afin d’obtenir les résultats que vous recherchez.

Prenons un exemple : vous voulez privilégier la profondeur de champ, vous déterminez la valeur de lumination (EV) puis vous faites tourner la bague des vitesses jusqu’à ce que le levier pointe sur la valeur f-stop désirée, c’est tout.

Maintenant, si vous voulez jouer sur le flou de mouvement ou au contraire le figer, vous indiquez la vitesse que vous estimez nécessaire et lorsque vous tournerez la bague, l’ouverture s’adaptera automatiquement.

De plus, si vous voulez utiliser la compensation d’exposition, c’est aussi facile, vous n’avez qu’à ajuster un élément : EV inférieur = plus de lumière sur le film, EV supérieur = moins de lumière sur le film et 1 EV = 1 stop. Il suffit de soulever et déplacer le levier EV dans la direction où vous souhaitez obtenir la compensation souhaitée.

Voilà, voilà …

Reste à mettre un film dans l’appareil. Comme pour le Rétina IIIc, il faut faire tourner un verrou, en dessous, sous lequel se cache le bouton de déverrouillage du dos. Monté sur charnière, il s’ouvre et découvre la chambre

Petite bizarrerie, le compteur de vue ne se remet pas à zéro tout seul, il faut le faire à sa place. De fait, lorsque vous avez chargé un nouveau film, il faut maintenir enfoncé le bouton derrière le déclencheur tout en faisant glisser le bouton à l’arrière de l’appareil photo, de gauche à droite, plusieurs fois, pour réinitialiser manuellement le compteur. Vous verrez alors la fenêtre avec les chiffres défiler. Si vous avez un film de 36 vues, une petite marque va apparaître, vous stoppez là. Maintenant, à chaque photo prise, le compteur va « décompter » les vues mais lorsque vous arriverez au chiffre un, vous ne pourrez plus déclencher, il sera temps de rembobiner le film

Pour y arriver, sous la semelle, dans le creux de ré-armeur, il y a un bouton sur lequel il faut appuyer, puis tourner la molette afin de rembobiner la pellicule.

Dites-vous qu’à l’époque, la norme pour les films était 20 ou 36 poses. De nos jours, c’est plutôt 24 et 36. Pensez-y lorsque vous chargez le film car immanquablement, au chiffre 1, il va se bloquer.

Allez, un petit truc utile : sur le petit bouton, il y a un minuscule point dessus. Lorsque vous rembobinez le film, le point vous permet de voir ce bouton tourner. Tout d’abord, vous saurez que vous rembobinez le film correctement, mais deuxièmement, lorsque le bouton arrête de tourner, vous savez que le film est hors de la bobine réceptrice à l’intérieur de l’appareil photo, et vous pouvez arrêter le rembobinage à ce stade. Il laissera l’amorce du film à l’extérieur de la cartouche

Et si nous parlions un peu du viseur car, je le rappelle, ce Retina IIc est un télémétrique, ce qui aide à la mise au point, même si on peut toujours travailler par zone focus (échelle sur le fut de l’objectif).

Lorsque vous approchez votre œil du viseur, vous verrez une petite zone en forme de losange au centre. C’est dans ce losange que vous verrez deux images qui se superposent. En déplaçant le levier de mise au point, vous allez voir les images se déplacer, le but étant de les faire coïncider jusqu’ à ce qu’elles n’en forment qu’une.

Ça y est, vous y êtes ? Vous pouvez déclencher, l’image sera au point.

Comme je le faisais remarquer, le télémètre c’est utile mais pas toujours utilisable, par exemple en cas de lieu sombre ou trop contrasté, là, on n’y voit pas grand chose.

Mais les concepteurs de ce chouette petit appareil y ont pensé.

Donc, comme je l’écrivais, vous pouvez toujours faire la mise au point par zone, et c’est là que les ingénieurs ont pensé à vous : ils ont ajouté 2 petits cercles, un pour la mise au point de zone à courte distance et le second pour les distances plus grandes.

Si vous les positionnez, par exemple, avec une ouverture de f8 à la vitesse appropriée, vous obtiendrez une profondeur de champ utilisable immédiatement. Ainsi le cercle à « courte portée » vous donnera une mise au point d’environ 1,8m à 3m, tandis que l’autre cercle donnera une mise au point de 3m à l’infini.

Avouons que Kodak a fait du bon boulot avec ce petit appareil sympathique.

Quelques photos pour résumer :

Question habituelle : cet appareil est-il encore utilisable ?

Oh que oui !

Sa forme trapue, sa prise en main (il est vrai un peu déroutante au début avec la porte qui s’ouvre sur la droite), sa construction solide, ses petits perfectionnements bien pensés le rendent tout à fait apte à prodiguer d’excellentes photo, même de nos jours.

Quelques accessoires utiles sont difficiles à trouver, notamment les filtres de couleur (filtre de 29,5 mm intérieur, 32mm extérieur, à viser), les éventuels compléments optiques (mais que je ne trouve pas primordiaux) et n’empêche en rien l’utilisation ludique de ce Retina IIc.

Accompagnez-le d’une bonne cellule à main, il n’a besoin de rien d’autre pour vous donner satisfaction.

Par contre, il vous faudra un peu de temps pour bien appréhender des techniques qui nous semblent bien lointaines mais qui, une fois acquises, vous simplifieront vraiment la prise de vue.

Vous n’en trouverez pas souvent, ce n’est pas un appareil de masse mais si vous en trouvez un beau, prenez-le, il vous le rendra bien.

Concrètement, comptez environ 100€ pour un bel exemplaire avec son sac tout prêt, un peu moins s’il n’est équipé que d’un Rodenstock ou d’un Heligon à la place du Schneider-Kreuznack Retina Xenon C.

Petites pubs d’époque (merci Collection-appareils).

Odéon-Photo, 1956

Petites videos d’illustration

Des références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kodak_Retina, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-332-Kodak_Retina%20IIc.html, en français; https://www.35mmc.com/05/04/2018/5-frames-kodak-retina-iic-howard-dale/, https://beyondtheaperture.com/2020/09/review-kodak-retina-iic-type-020-135-35mm-film-camera/.

Pour des idées de réparations, un site très utile : https://www.suaudeau.eu/memo/rep/Kodak_Retina_IIa.html, en français (merci Patrick).

Argentique

Le Balda Baldessa 1

Second appareil trouvé chez le vide-grenier, après un Minolta Riva Zoom 70.

De prime abord, je ne l’avais pas regardé, dans son « sac tout prêt » en cuir, il ressemblait à tant d’autres appareils de son époque (1955 – 1960), comme les Agfa, les Voigtländer Vitoret, etc.

Et puis, … il n’y avait pas grand chose à me mettre sous les yeux et donc je suis revenu vers l’appareil.

J’ai ouvert le sac et découvert, ma foi, un appareil quasi neuf, un Balda Baldessa 1, que je ne connaissais pas.

D’autant que ce petit boitier n’est pas avare en surprises, vous verrez.

Mais peut-être d’abord quelques mots de cette marque, disparue.

C’est en 1908 qu’un certain Max Baldeweg crée sa société, qui deviendra en 1913 la Balda-Werk, à Dresde. Au début, cette société produit des accessoires pour la photographie. Puis, vers 1920, elle commence la production de box, de folding à plaques ou à film en rouleaux (rollfilms).

Elle en fabrique sous son propre nom et aussi comme « produit blanc » pour d’autres marques. Sa spécificité étant de produire des appareils bon marché quoique de bonne qualité.

Mais voilà, la seconde guerre mondiale est passée par là et si l’usine est remise en route en 1946, elle est passée à l’Est.

Tandis que Max Baldeweg, lui, passe à l’Ouest, à Bünde (Westphalie) et y re fonde en 1948 une société, la Balda Kamera-Werk. Dès 1951, elle produira les Baldini, Baldinette, Baldafix et consorts.

Pendant ce temps, l’usine initiale devient en 1951 la Balda-Werk et elle sera absorbée en 1956 par la VEB Pentacon, l’orgre Est-Allemand qui dévorait/rassemblait toutes les anciennes gloires photographiques malheureusement passées entre-temps derrière ce qui deviendra le rideau de fer.

Pour mémoire, VEB veut dire, littéralement « possédé par le peuple » … toute une autre histoire en somme …

Des modèles seront alors construit soit sous leur premier nom, Balda, soit sous les nom de Belca (Pentacon)

Mais revenons à notre Balda Baldessa 1, fabriqué en « West Germany », à l’Ouest donc.

Il y eut, en 1957, un premier modèle, bien vite amélioré en 1958, celui qui devient le Baldessa 1.

Le premier du nom avait un objectif Westanar de 45mm ouvrant à f2,8 avec un obturateur Pronto-SVS.

Le second aura le choix entre trois objectifs : un Color-Baldanar, un Color-Isconar ou un Westanar, toujours en 45mm ouvrant à f2,8. Celui que j’ai acquis possède le premier cité.

Ce n’est pas le plus luxueux mais c’est une formule Tessar à quatre éléments. Vous pourrez voir ICI les résultats en photos. On a déjà vu pire (et mieux, je vous l’accorde).

Ensuite, il a aussi le choix entre quatre obturateurs, un Vario, un Pronto, un Pronto 125 ou un Pronto SVS, échelonné pour ce dernier de 60s (!) à 1/500s plus une pose B. C’est celui qui équipe l’exemplaire présenté.

Autre grand changement par rapport à l’appareil initial, le viseur reçoit l’aide d’une fenêtre adjacente, qui « illumine » ce dernier, ce qui rend la visée bien plus confortable. Viseur avec un cadre lumineux et des corrections de parallaxe, un vrai charme.

Ce n’est pas un télémétrique – ça se sera pour les Baldessa 1a et Baldessa 1b (qui gagne encore une cellule) – et l’objectif se règle de 1m à l’infini avec la bague avant de l’objectif. Il est évidemment possible de travailler en zone-focus, une échelle est présente sur le fut.

Il n’y a pas de cellule et pourtant vous pouvez régler la sensibilité du film via une couronne autour du filetage du trépied, de 10 à 200Asa. Disons que c’est plutôt un aide mémoire, qui vous permet aussi de savoir si vous avez mis un film couleur ou N/B.

Puisque nous sommes sous l’appareil, remarquons deux traits caractéristiques et assez uniques de ce Baldessa 1 : la clé de rembobinage et celle pour l’armement.

Lorsque vous placez un film dans la chambre, vous devez réinitialiser le compteur manuellement. Et donc, lorsque vous arrivez en fin de pellicule, pour rembobiner celle-ci, vous devez faire basculer une tirette notée T – R vers le R. Cela libère la clé de rembobinage pour vous permettre de recharger le film dans sa cartouche.

L’opération terminée, vous repositionnez la manivelle à sa place et refermez la tirette sur le T, qui la bloque et libère de ce fait le déclencheur, autrement calé tant que vous êtes sur la lettre R.

Toujours par dessous, une seconde clé, à gauche : c’est pour armer le boitier. Vous soulevez la « clé » et tournez un demi-tour pour armer le déclencheur et faire avancer le film d’une vue. Ingénieux mais peu courant comme système. Il faut s’y habituer, un peu comme avec l’espèce de gâchette du Kodak Retina IIIC ou IIC ou du Ricoh 35, contemporains ou presque.

Tant qu’à faire le tour des spécificités du Baldessa 1, ne cherchez pas un quelconque verrou sur une tranche, n’essayez pas de tirer sur la clé de remontage, non, il faut simplement appuyer, en même temps, sur les deux boutons placés sur la tranche gauche, et tout le dos se déclipse.

Pour le remettre en place, vous l’accrochez d’abord vers la droite puis une pression sur la gauche, pour re clipser les deux boutons dans leurs encoches et fermer le tout.

Pas courant, vous en conviendrez.

J’ai écris plus haut que la marque fabriquait des appareils abordables, d’aucun dirait bas de gamme. Eh bien, du bas de gamme comme ça, j’en veux bien tous les jours !

Presque tout est métallique sur ce Baldessa 1, ce qui confère un poids stable et une bonne prise en main. De plus, le déclencheur en façade permet d’éviter, avec un peu d’habitude, les bougés dus aux appuis sur le bouton.

Remarquez, par dessous le déclencheur, un filetage pour un déclencheur souple.

Encore une particularité, le système EV/LV pour les vitesses et les ouvertures, couplées. Notez que l’on peut débrayer la chose grâce à bouton noir sur la couronne des ouvertures.

-« Heu … c’est quoi le système EV/LV ? »

Ah, une belle invention (!?) introduite en 1954 à la Photokina et embarqué par des marques aussi prestigieuses que Rollei ou Hasselblad.

C’est le fait de coupler la vitesse et le diaphragme en liaison avec l’indice de lumination (la quantité de lumière reçue pour une sensibilité donnée sur une surface x).

Un exemple concret : si vous avez réglé EV 10, 1/30 s à f4, le passage à 1/60 s changera automatiquement l’ouverture à f2.8 et le passage à 1/15 s s’arrêtera automatiquement à f5.6.

Pour expliquer le principe, LV, valeur de lumière et EV, valeur d’exposition, sont des termes utilisés pour permettre un rapport facile entre l’exposition et la lumière sans la confusion des nombreuses combinaisons équivalentes vitesses d’obturation et ouvertures.

LV fait référence à la luminosité du sujet. EV est le réglage de l’exposition sur l’appareil photo.

EV et LV suivent une échelle ouverte. Chacun d’entre eux est éloigné d’un cran du suivant. En photographie, des valeurs d’environ 0 à 18 sont couramment utilisées. Les valeurs négatives sont parfaitement valables, juste très sombres et ne se produisent que dans la photographie de nuit. LV 15 correspond à la pleine lumière du jour, par exemple.

Chaque valeur d’exposition, ou EV, représente l’une des nombreuses combinaisons différentes mais équivalentes de f/stop et de vitesse d’obturation. Par exemple, 1/250 à f/8 correspond à EV14, de même que 1/125 à f/11. 1/125 à f/8, un diaphragme de plus, correspond à EV13, et 1/250 à f/11, un diaphragme de moins, correspond à EV15. Vous n’avez pas besoin de vous en souvenir, elles sont sur le cadran de votre posemètre.

La compréhension de ces valeurs vous permettra de reconnaître les valeurs d’éclairage courantes et de deviner correctement les expositions, même sans posemètre.(source : https://lilinguas.com/fr/que-sont-lv-et-ev/)

En gros, pour faire simple, quand vous avez déterminé, par exemple avec votre posemètre, une « lumière », vous la reportez sur la bague des ouvertures et lorsque vous voudrez faire varier soit celle-ci, soit la vitesse, elles avanceront de concert, vous donnant toujours la bonne combinaison.

De mémoire, les Yashica Minister D fonctionnaient aussi avec cette échelle. Il faut s’y habituer mais ensuite, c’est facile.

Source : Philcameras, l’évolution du modèle : le Baldessa 1 en bas; le 1a au dessus, avec télémètre; le 1b tout en haut avec télémètre et cellule au sélénium.

Revenons à notre Balda Baldessa 1 car, finalement, ce petit appareil nous a réservé son lot de surprises.

J’allais oublier la griffe flash, synchronisée X pour les flash électroniques et M, avec câble pour les flash plus anciens.

Petit, agréable à tenir en mains, avec un beau viseur, un système ingénieux pour les réglages, il tient la comparaison avec un Voigtländer Vito CLR, par exemple et il surpasse, à mon avis, un Dacora au niveau qualité de fabrication (ok, ces deux-là ont une cellule … au sélénium, qui ne fonctionne plus, souvent).

Son esthétique est délicieusement rétro, entre années cinquante et soixante, ce qui fait son charme.

Il est encore parfaitement utilisable. Et je pense qu’il attirera aussi la sympathie de ceux que vous prendrez dans le cadre.

Sans être vraiment rare, il n’est pas très courant. Son prix devrait se fixer à 40 voire 50€ pour un très bel exemplaire, complet avec sa gaine.

Je l’écris souvent, et je le ré affirme, pourquoi acheter des appareils chez Lomography, bien chers (là, il vont m’en vouloir), en plastiques, alors qu’il existe encore tant d’appareils, de qualité, parfaitement utilisables, par exemple avec les films de chez … Lomography (allez, je me rattrape).

Si vous en trouvez un, ne le laissez pas passer, il vous le rendra bien.

Petite publicité d’époque (merci Collection-appareils).

Photo-Plait 1960

Video d’illustration

Un peu de technique :

Production1958   – Balda
BoîtierBoîtier 24×36 en métal gainé
ObjectifObjectif Color – Baldanar 45mm ouvrant à f2,8
Mise au point par rotation de la frontale à partir de 1 m.
ViseurViseur optique à cadre lumineux et indication pour la parallaxe
ObturateurObturateur central PRONTOR SVS 60s – 1/500s + B
Déclencheur sur la face avant avec filetage pour déclencheur souple
FlashSynchro-flash X et M par câble. Sabot standard sur le capot
Poids, dimensions 465gr
DiversLevier de rebobinage également rabattable et déverrouillable par le sélecteur de rebobinage se trouvant sous l’objectif.
Compteur de vues également sur la semelle, à remise à zéro manuelle.
Ecrou de pied avec disque de rappel de la sensibilité du film.
Dos entièrement amovible

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Baldessa, https://www.shutterbug.com/content/baldessa-1brfun-despite-its-performance, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Baldessa en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-517-Balda_Baldessa%20I.html, https://www.philcameras.be/balda/, https://www.lesappareilsphotographiques.com/balda-p-19.html, https://www.collectiongeven.com/piwigo/index.php?/category/164 en français

Argentique

Le Six-20 « Brownie » C made by Kodak

C’est une amie (merci Isabelle) qui m’a confié ce box.

Généralement, je ne m’y attarde pas car ils sont souvent en piteux état. Celui-ci par contre est dans sa gaine en cuir et il est encore très beau.

Alors, une fois n’est pas coutume, je vais vous présenter cette célèbre boite, qui a fait le bonheur de tant de photographes et qui a lancé la photographie de masse, inventée il est vrai par … Kodak.

Kodak est américain mais, très vite, ils ont délocalisés des usines et certains pays ont développé des produits estampillés Kodak mais qui n’ont jamais vu les Etats-Unis.

C’est le cas aussi des box, qui furent fabriqués en Angleterre, en Allemagne, en Australie et, bien évidemment, aux USA et au Canada.

Si vous voulez découvrir la multitude d’appareils que cela représente, je vous renvoie avec plaisir sur le site Browniecam.com qui est une mine de renseignements.

L’aventure anglaise de ce modèle commence en 1935 avec le Six-20 Brownie Junior super model pour se terminer en 1957 avec le Brownie Six-20 camera model F et une multitude d’appareil entre ces deux dates.

Mais pour bien comprendre la longévité de ces appareils, il faut revenir au début de l’histoire, qui débute en février 1900 aux Etats-Unis.

La volonté de Eastman Kodak était de proposer un appareil simple, peu couteux à produire et donc à vendre. Les premiers exemplaires, en carton, coutaient 1$.

Source : blog.scienceanmediamuseum.org

Des générations de photographes ont enregistré leur vie et celle de leurs proches avec cet appareil.

Il s’en est vendu des dizaine de millions, aussi sous d’autres marques, mais immanquablement, lorsqu’on parlait d’un box, on l’appelait Brownie (un peu comme on dit Bic pour un stylo bille).

Les enfants de ces pionniers, leurs petits-enfants, leurs arrière-petit-enfants, photographes anonymes ou célèbres ont tous eu un box Kodak Brownie en mains, car on leur offrait souvent cet appareil en cadeau.

La firme avait bien compris la chose et s’était fendue d’un slogan publicitaire imparable : Plantez le gland Brownie et le chêne Kodak poussera.

Bien sur, le boitier évoluera, se perfectionnera, mais il restera toujours abordable et vendu en quantité.

Dès le début (1898), le credo de Georges Eastman fut de concevoir un appareil aux coûts minimaux avec un rendement maximal, tout en étant capable de prendre des photos réussies. C’est Frank Brownell qui le conçut : le premier box était né.

Le but étant de vendre un maximum de film Kodak et de fidéliser à vie la clientèle.

Source : Science Museum Group collection, A Brownie at the seaside, c. 1905.

Ce premier appareil, sous la forme d’une petite boîte mesurant 12 cm de long sur 7 cm de haut et de large était fabriqué à partir de planches de jute, renforcées de bois, recouverte de similicuir noir.

L’objectif était un simple ménisque ouvrant à f14. L’obturateur, rotatif, donnait le 1/50s ou une pause longue (tant que vous gardiez le doigt sur le déclencheur).

Pas de viseur (sauf en option) et six négatifs de 5,7 x 5,7 sur un film appelé 117.

Mais d’où vient le nom de Brownie ?

En fait, c’est l’illustrateur canadiens pour enfants, Palmer Cox, qui, en dessinant les premiers emballages d’appareils destinés à la jeunesse, a donné l’idée du Brownie, un petit farfadet écossais.

Source : Science Museum Group collection, Packaging for the No 2 Brownie camera.

Une légende était née.

Car qu’est-ce qui a fait le succès de ces box ? Rappelez-vous, les premiers appareils photos étaient lourds, encombrants, demandaient des plaques de verres ou de métal et beaucoup de manipulations avec des produits chimiques dangereux.

Ici, vous aviez un appareil léger, préchargé d’un film capable de vous donner 100 photos (pour les premiers exemplaires de 1898), un film souple, inventé par Eastman, que l’on développait en renvoyant l’appareil à la firme (encore une fois pour les premiers box) ou vous déposiez le film terminé dans un laboratoire, voire même pour les plus aguerris, vous développiez à la maison le résultat de vos efforts.

Une révolution, un confort inouï pour l’époque, qui a donné envie à beaucoup de se lancer dans l’aventure photographique, d’autant que le constructeur avait bien pris soin de comprimer, en plus, les prix et les coûts.

Mais revenons à notre Six-20 « Brownie » C.

Il date de 1946, la seconde version de ce Brownie (la première s’étend de 1937 à 1941, la seconde de 1946 à 1953 puis, la troisième, de 1953 à 1957). On le reconnait à sa face noire et son « verrou » de fermeture, un ressort en forme de lyre pour fermer la boîte. Le déclencheur et le bouton d’armement sont chromés, autre signes distinctifs.

Il est fabriqué en tôle et accepte les films 620 de chez Kodak (le Six-20 de sa dénomination).

Source : Brownie-camera

Au niveau utilisation, rien de plus simple : deux viseurs en dépoli, sur le dessus ou le côté, permettent de voir à travers deux lentilles la scène à photographier. Ce n’est pas très précis mais c’est déjà pas si mal.

C’est un « point and shot » avant l’heure : ici, pas de réglage de distance. Vous serez bon de 2,5m – 3m à l’infini grâce à l’objectif à ménisque ouvrant à f11.

Pas non plus de réglage de vitesses : une seule, le 1/50s ou la pose longue si vous gardez le doigt sur le déclencheur.

Ah, et pas non plus de réglage de sensibilité. Ça, vous pouviez le garder, éventuellement, pour l’utilisation d’une cellule à main. Mais peu de gens se servait de cet accessoire, tout se faisait « au pif ».

Aussi déroutant que la forme le laisse supposer, on a bien l’appareil en mains : c’est un petit rectangle léger (L 11,5cm x l 7,5cm x H 10,5cm) avec donc un minimum de boutons. Juste une petite lanière en cuir sur le dessus, pour le porter facilement.

Si vous le tenez en hauteur, vous ferez une photo en mode « portrait » et si vous le tenez couché, vous serez en mode « paysage ».

Le film 620 est comme un 120 si ce n’est que la bobine est plus fine et plus étroite. Cette pellicule n’est plus produite de nos jours mais vous verrez dans une video ci-dessous comment transformer une 120 en 620 sans passer par les fastidieux et fumeux rembobinages d’une 120 sur une cartouche de 620, dans le noir absolu.

Un film vous donnera huit images en 6×9 cm, en théorie.

Bon, comment ça fonctionne ?

Vous ouvrez le dos en tirant sur le ressort en forme de lyre, au dessus de la boite.

A l’intérieur, une boite en métal qu’il faut sortir. Attention, ne pas oublier de tirer sur la molette de rembobinage pour pouvoir le faire. C’est sur cet assemblage que vous devrez poser, au dessus, la bobine de 120 modifiée. Vous tirez le film vers le bas, vers la bobine réceptrice. Vous glisserez dedans l’amorce du film, puis vous tournez au moins une fois pour bien amorcer le film.

A ce stade, vous remettez l’ensemble dans la chambre, refermez le bouton de rembobinage et commencez à le faire tourner jusqu’à ce qu’une ligne apparaisse sur le papier du film, au niveau de la barre métallique, en bas (vous verrez, dans la video ci-dessous, c’est bien expliqué).

C’est le moment de refermer le dos. Maintenant, c’est à travers la fenêtre inactinique que vous verrez défiler les signes et chiffres qui vous mènerons à la première vue.

Il n’y a pas d’arrêt, c’est vous qui stoppez le défilement quand vous êtes à la photo une (et suivante).

Sur le côté, sous le premier viseur dépoli, une languette que vous pouvez faire glisser du haut vers le bas : position haute, déclencheur à 1/50s, position basse, c’est la pose B (c’est vous qui choisissez la durée de l’ouverture).

Tout en bas, un gros bouton argenté en saillie : c’est le déclencheur.

« Clic, clac, c’est dans la boîte » … autre slogan célèbre de la marque !

Vous reprenez la molette chromée pour faire avancer le film jusqu’au prochain numéro de vue, en regardant toujours par la fenêtre inactinique – et je vous avoue que ce n’est pas toujours évident de bien voir ce qui se passe.

Avec un peu d’habitude, vous saurez le nombre de tours nécessaires au passage d’une vue à l’autre A défaut, vous ferez comme tout le monde, vous superposerez un bout d’image sur l’autre, ou vous décalerez vos vues. Donc, les huit vues prévues pour un film de 120, c’est quand vous aurez bien compris le truc !

Tout est intéressant mais pour ce qui nous concerne, allez directement à 6′ 44 » de la bande.

Autre chose à laquelle faire attention : il n’y a pas de sécurité sur le déclencheur. Inévitablement, vous ferez des surimpressions, volontaires, ou pas. Ça fait partie du charme de ces boitiers.

Quand vous serez au bout de la pellicule, pas de bouton de rembobinage : vous continuez à tourner la molette jusqu’à ce que le reste du film soit enroulé sur la tige réceptrice.

Quand vous ne voyez plus rien par la fenêtre rouge, vous pouvez ouvrir le dos, extraire le film, dont vous collez la languette qui dépasse, en serrant bien, pour garantir contre les fuites de lumières. L’idéal, c’est de le mettre dans une boite prévue à cet effet (un tube de 120 en métal ou plastique).

Viens maintenant la question ultime : ces appareils ont-ils encore un intérêt ?

Oui, tout compte fait, il en ont tous, surtout si vous êtes curieux.

L’avantage, c’est qu’il ne demande, in fine, pas de manipulations trop spéciales pour pouvoir s’en servir, juste modifier un peu le film de 120.

Le reste, c’est le plaisir de découvrir autre chose, des gestes oubliés, ceux de vos grands-parents ou même arrière-grands-parents, de ceux qui ont garnis les vieux albums familiaux que vous regardez encore avec nostalgie et/ou curiosité.

Bon, d’accord, on va vous regarder d’un drôle d’air dans la rue, mais ce sera l’occasion de créer du lien avec les curieux, et de faire de belles rencontres.

Allez donc voir ICI ce que ça donne, vous serez étonné !

Et au niveau prix, vous vous en sortirez souvent avec un billet de 10€. Regardez juste bien que l’appareil est complet, pas trop rouillé, avec des viseurs propres (même si c’est assez facile de les nettoyer), que le déclencheur déclenche encore (pas gommé) et lancez-vous dans l’aventure.

Autre remarque, la position du photographe : on ne porte pas le boitier à l’œil, mais on incline la tête vers lui (un peu comme avec les Rolleiflex et consorts). Dès lors, votre point de vue sera décalé, ce qui ajoute un plus à vos prises de vues, vous le verrez dans la video ci-dessous.

Petite video d’illustration

Et si aviez envie d’essayer, voici comment le charger et un petit truc utile

Si vous avez l’âme aventureuse, un autre truc amusant (bidouille assurée)

Publicités tardives mais d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Hall 1950
Odéon Photo 1953

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Un peu de technique :

Fabricant : Kodak Ltd, Harrow en Angleterre
Texte sur le bracelet : Fabriqué par Kodak Ltd. Londres.
Dates : 1946 – 1957 avec deux modèles
Type de film : bobine de 620 pour une image de 6×9 cm, de nos jours sur bobine 120 modifiée
Objectif/Obturateur standard : ménisque de 100mm ouvrant à f/11, obturateur à lame unique et vitesse de 1/50s

De 1946 à 1953 : corps et façade noirs (émail uni et corps recouvert de faux cuir noir); le bouton d’avance du film et le déclencheur sont en métal chromé, ressort en forme de lyre à l’arrière.

De 1953 à 1957 : façade à rayures horizontales, bouton d’avance du film et déclencheur en plastique noir, verrou de fermeture à ressort triangulaire.

Des références : https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-561-Kodak_Six-20%20Brownie%20C.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Brownie_(appareil_photographique) en français; https://www.brownie-camera.com/71.shtml, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Kodak_Six-20_Brownie,_Models_C,_D,_E,_and_F, https://www.35mmc.com/10/06/2020/5-frames-with-a-kodak-six-20-brownie-c-by-dale-rogers/, https://www.browniecam.com/portfolio-items/091-brownie-six-20-camera-model-c/, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Six-20_Brownie,_Models_C,_D,_E,_and_F, https://cameragocamera.com/2019/11/07/kodak-brownie-six-20-model-c/, https://cameragocamera.com/2019/11/07/kodak-brownie-six-20-model-c/, https://blog.scienceandmediamuseum.org.uk/a-z-photography-collection-b-is-for-brownie/, https://www.bbc.com/news/magazine-30530268 en anglais

Argentique

Le Voigtländer Bessa I

Allez, je vous l’avoue, c’est grâce à Fred, d’Histoire de Photos que j’ai repris goût à ce grand format (ça y est, je me trouve des excuses maintenant pour craquer sur un bel appareil !).

Oui, oui, j’ai vu les résultats de son utilisation du Franka Solida III L et ça m’a donné envie … en toute humilité car Fred est un pro de l’argentique et je pense encore un des seuls photographes à oser le proposer à ses clients, qui en redemandent, bluffés par les résultats. Allez voir sur son site, vous serez étonné de la magie de ses photos.

Alors, allons-y pour la présentation de ce Voigtländer Bessa I.

Dans la grande famille des firmes historiques, il y a (presque) deux camps : ceux qui venaient de l’optique, au sens large, et ceux qui fabriquaient du film.

Dans la première catégorie, nous pouvons citer Zeiss, Nikon, Voigtländer et dans la seconde, Gaumont, Agfa, Kodak, par exemple.

Voigtländer fait partie de la grande tradition des opticiens allemands. C’est en 1756 que Johan Christoph Voigtländer crée son entreprise d’instruments optiques à Vienne.

Puis, en 1840, premiers essais de construction d’appareils photos avec lentilles.

1849, fabrication du premier appareil photographique en métal, qui est une première mondiale, les autres fabricants étant toujours à l’âge du bois.

Le 10.000ème objectif estampillé Voigtländer sort des usines en 1868. Pour rappel, nous sommes vraiment encore aux balbutiements de la photographie.

Et la firme produit des appareils à plaques de verre, tantôt chers mais de grandes qualité, tantôt abordables, sans renier cette dernière.

Mais voilà, un certain Georges Eastman lance un film souple, en rouleau, sous sa marque, Kodak, et Voigtländer comprend aussitôt que l’avenir est là.

Ils développent alors un nouvel appareil, à soufflet (folding en anglais), qui utilisera le film Kodak, mais ils se font battre sur le fil par Agfa, qui sort en 1928 l’Agfa Billy.

Ce petit nom, américain, fait penser aux Allemands la sonorité de « billig« , qui veut dire bon marché dans la langue de Goethe.

Alors c’est décidé, leur nouvel appareil devra être abordable mais meilleur que la concurrence. Ils emprunteront au dialecte bavarois et berlinois le mot « Bessa« , qui signifie « le meilleur ».

C’est un mot facile, presque dans toutes les langues, plus rond et « confortable » que le cinglant (mais tout aussi efficace) Kodak, qui évoque le déclic sec de leurs appareils.

C’est fait, il est adopté et les premiers Bessa voient le jour en 1929 : ce sont des appareils à l’aspect robuste et pourtant tout en rondeur (pas d’angles vifs), qui utilisent les bobines de film 120 et donnent des images en 6x9cm.

L’appareil est un succès. Il sera décliné en plusieurs versions, selon l’objectif et l’obturateur qui l’équipent, faisant varier les prix du simple au quadruple selon les montes envisagées.

Mais avant de commencer l’histoire singulière du Bessa I, je continue l’histoire de la marque, en quelques mots.

Si le Bessa est la première « production de masse » de la marque, en 1939, ils sortent leur 2.000.000ème optique, qu’ils produisent aussi pour des tiers.

Après le temps des folding, vient celui des reflex. En 1959, ils sortent le Bessamatic, en même temps qu’un certain Nikon F.

1960, nouvelle première mondiale : Voigtländer commercialise le premier zoom pour appareil photo, le Zoomar.

A cette époque, la concurrence nippone fait rage, notamment avec la déferlante des reflex. Pour tenter de résister, en 1970, Voigtländer s’associe à Zeiss Ikon, le rival d’autrefois, mais sans trop de succès car en 1972, ils ferment leurs usines.

Fin de l’histoire ? Non, car en 1974, Rollei rachète la marque un temps, celui de la céder, en 1996 à la société allemande Plusfoto GmbH. Celle-ci est dorénavant propriétaire de la marque et elle confie à Cosina la réalisation de télémétriques haut de gamme, les fameux … Bessa !

La boucle est bouclée …

Venons-en donc à ce fameux pliant au format généreux : plié, il n’est guère épais, poins de 4cm, sur une longueur de 16cm et 9,5 cm de haut.

Mais il offre une image de 6×9 cm sur bobine de 120, soit 8 photos ou 12 en format 4,5×6.

Produit de la fin des années vingt jusqu’à celles des années cinquante, le Bessa fut décliné en plusieurs versions. Nous allons nous arrêter sur le Bessa I, produit entre 1951 et 1957.

Ce n’est pas un appareil télémétrique, même si on peut lui adjoindre un télémètre non couplé de la marque, que l’on monte sur la griffe porte-accessoires.

Le viseur de l’appareil en lui-même n’est ni très grand, ni très confortable, à peine un trou de serrure. Lui proposer le viseur télémétrique assurait un meilleur aperçu.

D’autant que Voigtländer a utilisé la même échelle sur le télémètre (de la marque) et sur l’objectif. Lorsque vous associez les deux, vous disposez alors d’un bon outil pour la mise au point.

Je m’explique : comme le télémètre n’est pas couplé, il vous donne une distance par rapport à votre sujet. Vous reportez ensuite celle-ci sur l’objectif. Si vous êtes entre deux traits, par exemple 2,7m, réglez le sur 3m et faites un demi-pas en arrière. Votre mise au point sera juste.

Il faudra attendre le Bessa II pour bénéficier d’un télémètre intégré.

Comme je l’écrivais plus haut, le Bessa a été proposé avec 4 objectifs différents : un Voigtar, un Vaskar, un Skopar et un Color Skopar.

Ceux-ci étaient secondés par trois obturateurs différents eux-aussi : un Prontor -S, un Compur et un Compur Rapid.

L’objectif de l’appareil que j’ai acheté (en fait, il y en a eux, vous le verrez sur les photos) est un Vaskar de 105mm ouvrant à f4,5, un triplet commun à l’époque. Si vous aimez les comparaisons osées, grâce au moyen format, vous obtenez l’équivalent de 115Mpx avec un bon scanner et un bon film. De quoi être impressionné !

Un négatif 6×9 représente environ 6,25 fois la surface d’un négatif de 35 mm. Cela nécessite donc beaucoup moins de grossissement du négatif pour une taille d’image donnée, qu’elle soit imprimée ou visualisée à l’écran.

Ici j’ouvre une petite parenthèse : on critique souvent la qualité de fabrication du Bessa. Elle est le résultat d’une production plus massive que les produits antérieurs mais ça ne veut pas dire « bâclée » pour autant. Simplement, cet appareil qui accuse ses soixante ans a dû passer entre bien des mains, pas toujours expertes, pas toujours délicates et, notamment au niveau des charnières d’ouverture/fermeture, il peut y avoir du jeu, qui va se répercuter sur la qualité des images (si vous n’êtes plus dans l’axe parfait du plan film). Alors, soit vous êtes doué en fine mécanique et vous remédiez au problème, soit vous choisissez un modèle en très bon état. Parce que, cela étant dit, la qualité des optiques, même de base comme le Vaskar, est étonnamment bonne.

Si vous regardez bien, notez le reflet bleuté de la lentille, qui a reçu un léger traitement, rare pour l’époque.

Si vous voulez faire du gros plan avec cet appareil, sachez que vous ne pourrez pas descendre en dessous d’1,4m pour la mise au point.

Le fameux bokeh est, parait-il, très agréable, in fine. Les lames de l’obturateur sont légèrement arrondies et donnent une belle ouverture.

Comme je vous l’écrivais, le Vaskar est l’optique la moins chère des trois proposées (c’est dès lors celle que l’on trouvera le plus couramment). Lorsque vous êtes au format 6×9, la distance focale équivaut à un 50mm en 24×36. Si vous êtes en 6×4,5, c’est comme si vous aviez un petit télé à portrait sous la main.

Regardez les lames de l’obturateur.

C’est un ensemble cohérent au vu de la taille du film.

Tiens, au fait, il a existé des inserts, permettant de passer du 6×9 au 6×4,5, ce qui permettait de doubler le nombre de photo sur la bobine de 120. Malheureusement, ces inserts ont une fâcheuse tendance à se faire la malle et je ne les ai pas.

Le dos est d’ailleurs munis, comme ici en dessous, de deux fenêtres, selon le gabarit que vous aurez choisi (parce que les marques sur le film ne sont pas aux mêmes endroits).

Pour vous donner une idée, voici celles du Zeiss Ikon Super Ikonta 531/2 que je vous présentais il y a quelques temps.

Puisque nous en somme à l’obturateur, celui de ces appareils est un Prontor-S. Il offre des vitesses de 1s à 1/250s plus une pose B. Fait remarquable pour l’époque, il propose un retardateur (le bouton rouge sur le côté droit) de plus ou moins 10s.

Ces appareils sont équipés d’un déclencheur, sur le dessus, mais qui n’opérera pas si vous n’avez pas d’abord armé l’obturateur, avec le petit levier sur le côté.

Allez savoir pourquoi, ces appareils sont aussi équipés d’un système qui évite les doubles expositions : si vous n’avez pas fait avancer le film, impossible de déclencher une seconde fois (quand vous faites tourner la bobine, il y a un petit « clic » caractéristique qui annonce que la sécurité est levée).

Mais pour ce qui est des réglages, tout se trouve sur l’avant du soufflet en somme.

Vous réglerez la vitesse en faisant tourner la molette crantée sur le tour de l’obturateur, en mettant le trait en face de la vitesse sélectionnée.

Alors que la distance se règle en faisant tourner la lentille.

Par contre, l’ouverture se modifie avec une réglette dont les chiffres sont derrière ceux des vitesses.

Notez, en dessous, le petit fut qui dépasse : c’est la prise pour le flash, synchronisé à toutes les vitesses.

Bon, si tout ça est d’époque, malheureusement, pour faire fonctionner le dit flash, il faudrait retrouver une pile de 22,5v !

Sauf si quelqu’un peut m’expliquer comme modifier l’engin pour y mettre une pile de 1,5v capable de donner en sortie 300v (condensateur moderne).

Allez, je résume les commandes :

Devant, la lentille qui tourne pour la distance ( de1,4m à l’infini), ensuite la couronne crantée pour les vitesses : le trait rouge doit être mis en regard de la vitesse choisie; entre la couronne crantée et la plaquette noire avec les chiffres, le levier d’armement de l’obturateur; derrière, les chiffres des ouvertures, de f4,5 à f22; par dessous, le branchement du flash.
Le bouton rouge indique la réglette pour armer le minuteur.

Un mot sur le viseur, dont je vous ai déjà écris qu’il était assez étroit et finalement petit pour la taille de l’appareil.

Il n’y a pas d’indications à l’intérieur. Par contre, une petite roue crantée, juste à côté, vous permet de sélectionner la taille du cadre, qui se voit dans le viseur. Et, cerise sur le viseur, le cadrage tient compte de l’erreur de parallaxe pour la mise au point rapprochée. Pour cela, il faut sélectionner le cadre avec la mention 6×9 1m ou 4×6 1m. Bien pratique et astucieux, non ?

Autre petit truc bien pensé, un indicateur de verrouillage de l’obturateur : à côté du déclencheur, il y a une fenêtre avec soit une flèche vers la gauche, soit vers l’avant.

Si elle indique la gauche, c’est que vous n’avez pas tourné la molette d’avancement du film qui arme le déclencheur; si elle pointe vers l’avant, c’est que vous êtes prêt à photographier. En n’oubliant pas que vous devez encore armer l’obturateur. En fait, cette manœuvre vous permet d’être « en attente » puisqu’il ne vous reste qu’à armer l’obturateur pour pouvoir déclencher.

Hihihi … et je me rends compte que je vous explique tout ça sans vous avoir dit comme y accéder à ce soufflet !

Sur le capot, à l’opposé du déclencheur, près de la molette pour faire avancer le film, il y a un petit bouton. C’est lui que vous devez enfoncer pour ouvrir la porte, qui se déplie vigoureusement. Vous devez juste l’accompagner pour bloquer correctement le verrouillage des entretoises.

Pour refermer, il suffit de suivre la petite flèche rouge, sur les genouillères de l’entretoise et l’ensemble se replie facilement.

La languette métallique, sur le devant de la porte, ne sert qu’à stabiliser l’ensemble en position portrait (c’est un point d’appui).

Pour mettre un film dedans, il faut ouvrir la partie arrière en appuyant simultanément sur les deux bords du verrou et le tirer vers soi doucement avec l’aide de la dragonne qui est fixée par dessus l’ensemble du verrou.

L’intérieur dévoile ici le soufflet refermé avec le cadre du 6×9. Admirez le presse-film largement dimensionné, et la recommandation pour les films … Agfa, avec la dénomination ancienne B8, qui désignait les rollfims en 120.

Les deux Bessa I sont un peu différents, sans doute dû à leur année de production : le premier (en haut) possède encore les demi-coquilles qui maintiennent le film fermement, tandis que la seconde version se contente de ressorts à clip costauds.

Sur le dos de l’appareil, vous verrez deux fenêtres rouges inactiniques, qui servent en fait de compteur de vue puisque les chiffres défilent à travers. Ces deux fenêtres peuvent être occultées en actionnant le petit verrou rond entre les deux.

Vous aurez remarqué que le boitier ne porte pas d’anneaux pour y fixer une courroie de portage. De fait, comme souvent à cette époque, c’est le sac tout prêt qui la porte, en cuir.

La partie avant ne se détache pas : elle va donc bailler devant, à moins de demander à son cordonnier préféré de faire une petite modification (comme pour le Zorki 4K).

Par dessous, un filetage pour y fixer un trépied.

Voilà, voilà, je pense en avoir terminé avec la présentation « technique », venons-en au côté « subjectif » : quelles sensations ce Bessa I va-t-il nous apporter ?

C’est un appareil imposant et pourtant bien moins encombrant qu’un reflex, voir même qu’un appareil bi-objectifs type Voigtländer Brillant ou Rolleicord.

Ok, l’objectif est fixe mais assez polyvalent, en tout cas pour l’époque (pour mémoire, les reflex étaient encore rares à cette époque même s’ils allaient tout emporter dans les années suivantes, folding et télémètres compris).

Il fait son poids (770gr) mais n’est pas désagréable à porter. N’espérez pas le mettre dans une poche, ou alors elle sera vraiment très grande. Alors, soit vous le gardez dans son « sac tout prêt », soit vous le glissez dans un petit sac moderne.

Ce que je regrette parfois, c’est la porte qui s’ouvre vers la droite. Il faut un peu d’habitude pour le prendre en main, mais ça vient facilement. Et si vous le positionnez en position verticale, c’est très intuitif.

Sinon, pour le reste, il est aisé à manipuler, les commendes étant simples à comprendre et à mettre en œuvre.

Si cet appareil fut produit aussi longtemps (et à près de 80.000 exemplaires), c’est qu’il répondait aux attentes de la clientèle de l’époque, bien plus exigeante que de nos jours.

Il faut se rendre à l’évidence, photographier avec ce genre d’appareil, et ce format, c’est une démarche : celle du temps que l’on accepte de se donner pour faire de bonnes images, sans courir.

Mais les résultats sont à la hauteur, même si vous n’avez pas celui équipé d’un Color-Skopar 105mm f3,5 et d’un Prontor- SVS (le plus cher de la bande).

Si vous voulez voir le résultat de quelques pérégrinations photographiques, c’est par ICI. Et vous découvrirez que cet appareil, pourtant prédestiné à la photographie N/B ne s’en tire pas mal du tout en couleurs.

Vous avez envie de vous laisser tenter ?

Au niveau prix, celui que je vous soumets (avec sa gaine) devrait se négocier autour des 90€, l’autre, qui a un peu plus de traces (qui n’affectent en rien son fonctionnement), environ 60€.

Évidemment, si vous cherchez le nec plus ultra de la série (voir ci-dessus), votre portefeuille risque de chauffer plus et vous serez plus proche des 200€.

Le plus difficile étant de se procurer, à prix raisonnable, les compléments usuels, comme le télémètre, un flash d’époque fonctionnel, les filtres (diamètre de 37mm à clipser), un pare-soleil, par exemple.

Si vous voulez faire évoluer votre pratique photographique en testant le 120 (moyen format), c’est un très bel appareil, accessible (et bien moins onéreux que d’autres moyens formats connus).

Attention toutefois, l’essayer, c’est l’adopter !

Video d’illustration :

Un peu de technique :

Objectif Vaskar 105mm f/4.5
Format d’enregistrement 6×9 ou 6×4.5 format moyen, commutable
Masque 645 en option dans le compartiment film
Vitesses d’obturation 1 s à 1/250 s et pose B, graduation allemande
Ouverture f4,5 à f22 en continu
Règles pour le transport de films
Fenêtre de visualisation du numéro d’image dans dos du boitier (peut être recouverte)
Caméra pliante à soufflet
Déclencheur sur le capot ne sert que si l’obturateur est armé
Verrouillage contre la double exposition

Combinaisons normales obturateur/objectif :
Vaskar 105mm f4.5 (revêtu) dans un obturateur à lames Pronto, Prontor-S ou Prontor-SV
Color-Skopar 105mm f3.5 (enduit) dans un obturateur à lames Prontor-S, Prontor-SV ou Prontor-SVS
Taille du filtre : poussoir 37 mm
Viseur : viseur optique à vision directe avec quatre masques différents, deux formats (6×9 et 4,5×6) et deux corrections de parallaxe (1 mètre, gros plan) distinctes pour chaque format
Dimensions (plié) : 168x98x48mm
Poids : 770 grammes

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Bessa_(folders), https://schneidan.com/2015/02/09/voigtlander-bessa-folding-6×9-camera-review/, https://kevinthephotographer.wordpress.com/2012/08/14/equipment-voigtlander-bessa-1-1950s/, https://photothinking.com/2021-01-30-voigtlander-bessa-i-folding-it-big/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Bessa_(folders), http://photographic.co.nz/cameraworks/cameras/bessa1/, http://camera-wiki.org/wiki/Prontor, http://camera-wiki.org/wiki/Leaf_shutter en anglais; https://www.galerie-photo.com/histoire-bessa-voigtlander.html (une mine de renseignements), https://fr.wikipedia.org/wiki/Voigtl%C3%A4nder en français; http://www.schoebels-voigtlaender-archiv.de/BildBessa.html, https://lichtgriff.de/voigtlaender-bessa-i-mittelformat-messsucher/, en allemand

Argentique

Le Focasport II

Encore un appareil chiné lors de la brocante de Champagne sur Oise, un appareil français cette fois.

Un télémétrique avec, j’avoue, une large base pour celui-ci : 5,8cm, c’est presque autant, de mémoire, que celle d’un Contax ou d’un Kiev 4.

Normalement, c’est aussi gage d’une meilleure précision lors de la visée.

Mais ne brûlons pas les étapes et commençons par présenter cette marque qui eut son heure de gloire.

C’est la société Optique et Précision de Levallois (OPL), alors spécialisée dans les appareils optiques destinés à la médecine, à l’armée, à l’industrie, qui est à l’origine des appareils photographiques de haute précision FOCA.

L’ambition d’un homme, le duc Armand de Gramont fut l’impulsion : il voulait concurrencer les productions allemandes de l’époque, dont Leica.

Pourquoi FOCA ? En référence avec une de ses caractéristiques, l’obturateur focal et parce que ça sonnait aussi bien que le concurrent allemand.

Logiquement donc, les premiers appareils fabriqués étaient des télémètres avec objectifs interchangeables.

Disons le tout de suite, je ne vais pas me lancer dans une exégèse de cette marque, de ces appareils. Cela susciterait trop de polémiques car je ne peux prétendre en faire l’histoire sur la base d’un seul appareil, finalement tardif. C’est une marque qui ravit les collectionneurs, tant pour la recherche du premier appareil, mythique, dont on ne sait semble-t-il pas s’il était un prototype ou un appareil de pré série (vous pouvez le voir sur le site de Monsieur Weber, grand collectionneur et spécialiste de la marque (trente ans qu’il la traque !), que pour la complexité de sa production.

Donc pour résumer, il y eut les appareils à rideaux (les PF avec ou sans étoiles, gravées ou sérigraphiées) , les réflex (Focaflex), et ceux qui nous préoccupent, les appareils à obturateur central non reflex (Focasport, Focamatic, Marly).

Hormis le mythique premier appareil télémétrique, apparu en 1940 -1942, les premiers PF datent de 1945 et seront produits jusqu’en 1962.

Les reflex sont complexes car OPL a choisi une voie difficile, celle de l’obturateur central sur un reflex. Nous avons déjà vu avec l’Agfa Ambiflex ou le Zeiss Ikon Contaflex Super toute l’ingénierie qu’entraine cette solution finalement peu adaptée aux reflex. Ils ne seront produits que de 1961 à 1962.

Puis il y eut les appareils à obturateurs central sans objectifs interchangeables, les FOCAsport.

Si les PF sont d’excellents appareils télémétriques, soigneusement assemblés et performants, ils sont aussi chers et la démocratisation des appareils, au début des années cinquante, notamment avec les Kodak Retinette et consorts, va obliger la marque à essayer de grappiller des parts de marché qui lui échappent. Ainsi naissent les FOCAsport en 1955.

Ils continueront à produire les PF pour les photographes exigeants et fortunés et les FOCAsport prendront la relève pour les autres acheteurs.

Toujours dans la logique de « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué », la série des FOCAsport se décline en trois familles :

  • la première apparaît en 1955, sa caractéristique principale est l’armement par un gros bouton; puis, en 1958, un levier remplace ledit bouton d’armement et en 1957 arrive le FOCAsport II
  • la seconde sera inaugurée par le FOCAsport I en 1962 : boitier sans télémètre ni cellule; la série évolue avec le CF, puis le C, un II F, un II C, un Spécial
  • la troisième, apparue en 1963 commence avec un FOCAsport S, suivi d’un SC, d’un SF, puis un FOCAmatic et enfin un MARLY (une catastrophe bien éloignée des standards de la marque)

Bref, cette marque est un régal pour le collectionneur qui se battra avec les Etoiles gravées ou sérigraphiées, les bouton d’armement qui changent au cours du temps, les obturateurs avec x ou y lamelles, les optiques qui changent on ne sait trop pourquoi, l’évidemment ou pas devant la bobine réceptrice, la taille ou la forme du presse-film …

Et donc, le FOCAsport II que je vous présente aujourd’hui a débuté sa carrière en 1957.

Il eut un succès fou : l’armée et la gendarmerie française l’ont adopté, ainsi que les familles des corps concernés, entre autre. Il fut primé à l’exposition universelle de Bruxelles, en 1958.

Par rapport à ses prédécesseurs, il apportait plusieurs perfectionnements qui font la différence sur les modèles précédents :

  • d’abord la présence d’un télémètre à très large base (58mm) donnant une image claire et précise,
  • ensuite la mise au point se fait avec le déplacement complet de l’objectif qui comporte maintenant quatre lentilles.
  • puis le diaphragme est cranté, ce qui permet d’en changer le réglage plus facilement.

Une publicité de l’époque, pour nous situer l’évènement :

Source : Roland Weber, Le Photographe 20 mai 1957

Celui en ma possession doit dater de 1961, date d’introduction de la numérotation à 5 chiffres suivis de la lettre G (66.289 G).

Petite subtilité : le chiffre des distances 5 m est peint en rouge (et non plus le 4) et le repère situé entre le 2 m et le 3 m disparait aussi.

Sinon, l’objectif est un Oplar Color de 45mm ouvrant à f2,8 en 4 éléments, que l’on règle facilement grâce à un bouton visé dans la couronne. La mise au point minimale est de 1m.

L’obturateur, un Atos 2, compte 5 lamelles qui avec le temps ont tendance à gommer si l’appareil est resté longtemps inactif (c’est le cas du mien, zut ! je vois bien les lamelles, ouvertes). Les vitesses s’échelonnent de 1s au 1/300s plus pose B.

Ce qui ne m’arrange pas du tout car si j’en crois (et j’ai toutes les raisons de le faire) Monsieur Weber, il est très difficile de démonter un FOCA sans les outils créés spécialement pour les différents modèles, re-zut ! Toutefois, des explications claires sont ICI si vous vous sentez l’âme bricoleuse.

Il existe une griffe sur le dessus de l’appareil, pour le flash, synchronisé à toutes les vitesses pour les flashs électroniques et au 1/25s pour les anciens flashs à lampe au magnésium.

Sur la gauche, un gros bouton qui servira au rembobinage, porte aussi un mémo pour la vitesse du film (de 6 à 100Asa), en couleur ou N/B

Sur l’objectif, outre le bouton en saillie pour le réglage rapide des distances, on trouve aussi une roue crantée pour les ouvertures. Pas facile à régler mais elle a l’avantage de ne pas se dérober facilement.

Les vitesses se règlent avec la dernière couronne dentée, non crantée elle.

Enfin, une règle, fixée tout au début du fut d’objectif, permet de travailler en zone focus.

Le viseur ne comporte aucune marque, ni cadre, ni correction de la parallaxe. Il est relativement étroit mais le « patch » du télémètre, un rectangle plus clair, est bien visible. Aidé par l’excroissance sur le fut de l’objectif, on peut aisément ajuster le télémètre, rapidement, un gage utile en photo de rue.

Pour charger l’appareil, un large verrou coulissant au centre de la semelle, libère le dos entier du boitier. Une bobine fixe, sur la droite, accueillera le nouveau film.

Le compteur de vitesse, manquant sur mon exemplaire, est sur le disque du levier d’armement. De ce que j’ai pu lire, il faut noter le nombre de vues du film (36, 24, …) sur le disque car le mécanisme va « décompter » les vues.

Enfin, le déclencheur, fileté pour accueillir un retardateur externe ou un câble souple, est doux et peu bruyant.

Que retenir de cet appareil ?

Franchement, il est compact et « dense » (500gr environ sur la balance). Sa prise en main est agréable. Malgré que l’exemplaire que j’ai trouvé ait souffert, on sent qu’il a été fabriqué avec précision et avec des matériaux de qualité (il n’y a quasi pas de plastique dedans).

Je ne sais pas si je parviendrai à rétablir le fonctionnement de son obturateur, ni à retrouver la couronne du compte vue, mais c’est un boitier que j’aimerais utiliser tant il semble « confortable ».

De plus, son télémètre doit donner de beaux résultats et l’optique qui l’équipe a bonne réputation.

Des exemples d’images ICI.

En Belgique, c’est un appareil assez peu courant, moins en France évidemment.

Si vous en trouvez un bel exemplaire, c’est une manière élégante de changer des habituels Electro 35, Minolta Hi-Matic, Canonet 28, Petri 7, p. ex.

Il n’a pas de cellule, il est tout mécanique, mais ça fait partie de son charme.

Soyons curieux, essayons-le, pour le plaisir de photographier.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Qui contient quelques perles :

Petite video d’illustration

Des références : http://foca-collection.fr/, http://roland.weber4.free.fr/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-650-Foca_Focasport%20II.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Foca_(photographie), http://www.lumieresenboite.com/collection2.php?l=1&c=Foca_Sport_II, https://www.mes-appareils-photos.fr/Foca-Sport%202.htm, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_O_297.html en français; http://www.photoethnography.com/ClassicCameras/index-frameset.html?OPLFocaSportII.html~mainFrame, en anglais

Argentique

L’Agfa Ambiflex III

Et voilà l’avant dernier appareil acheté lors de la brocante de Champagne sur Oise de février 2023.

Ici, c’est du costaud, du lourd même, et du sophistiqué/compliqué !

Je vous avoue que j’ai tourné autour, ne sachant pas trop, et puis j’ai renégocié le prix avec le vendeur en fin de brocante, qui était bien content de ne pas devoir ré emporter ce gros bloc métallique !

Pourquoi ai-je hésité ? Il est complet avec sa gaine ou « sac tout prêt ». Un petit coup, pas bien méchant sur le prisme, une demi-plaquette de déco manque, la cellule fonctionne toujours. Mais il me semblait complexe.

Et puis, j’ai craqué car je ne recule jamais devant la difficulté et que la curiosité est toujours la plus forte.

Ensuite, un reflex de chez Agfa, ce n’est pas courant ! Tout le mode connait la marque, surtout pour ses appareils fournit pas camions entiers, au temps de sa splendeur, mais des réflex ?

En ben oui, fin des années cinquante (1958) et jusqu’au début des années soixante (1963), Agfa a commis cet Ambiflex, aussi appelé Agfaflex outre Atlantique.

Notez que si j’ai bien compris la chronologie de la marque au sujet des reflex, celui-ci est le premier, enfin, l’Ambiflex premier du nom. Il sera suivi d’un étonnant Flexilette (1960), un gros reflex bi-objectifs, comme les Rolleiflex (il coûtait d’ailleurs plus cher que ce dernier), mais c’est une autre histoire …

Source : Photojotings

Bref, après nous avoir submergé de folding, de box, de Click et de Clack, d’Isolette, d’Isoly et d’Isola, de Silette, innové avec les Optima, la firme sortait ses premiers reflex.

Et quel reflex !

Pour l’anecdote, comme Agfa n’a semble-t-il pas de documentation précise sur les chaines de productions de leurs appareils, il est difficile de dire si l’Ambiflex est le premier reflex de la marque. Une Selectaflex, de la même époque, utilise aussi des objectifs interchangeables et il semble même qu’il puisse utiliser certains des objectifs de l’Ambiflex

L’Ambiflex premier du nom (1959) – appelé Agfaflex III aux Etats-Unis – est un reflex mono-objectif, interchangeable, avec un viseur poitrine et cellule couplée au sélénium. L’objectif est un Color Solinar de 50 mm ouvrant à f2,8.

Le second Ambiflex (appelé Agfaflex IV aux Etats-Unis) gagne un prisme de visée mais garde le même objectif.

Le troisième, l’Ambilex III – encore appelé Agfaflex V au bout de l’Atlantique – celui qui va nous préoccuper, garde le prisme et la visée de poitrine (je vous expliquerai) et gagne un objectif Color Solagon de 55mm ouvrant à f2.

En même temps que l’Ambiflex, Agfa sort le Colorflex, un reflex à objectif fixe et sans cellule, l’entrée de gamme en quelque sorte des réflex du constructeur allemand.

Ce reflex est le concurrent direct du Zeiss Contaflex, du Kodak Retina et de Voigtländer.

Les trois Ambiflex sont équipés d’un obturateur Prontor Reflex qui donne une pose B et des vitesses de 1s à 1/300s. Petite particularité, l’obturateur est central (tiens comme le Mamya 528 TTL et plus proche de celui qui nous préoccupe, le Zeiss Ikon Contaflex Super, qui aimait aussi la difficulté et la belle mécanique).

Avec cet obturateur, l’ouverture est complète lorsque l’appareil photo est armé et n’est réduite à la valeur définie que peu de temps avant le déclenchement de l’obturateur. Cela signifie que la luminosité maximale est disponible lorsque vous regardez dans le viseur.

Si l’appareil n’est pas armé, impossible de voir dans le viseur, le miroir est en position haute. C’est un « volet » à ressort entièrement automatique et au jeu … complexe : le boitier non armé, l’obturateur est fermé et le miroir relevé donc. Lorsque vous armez, le miroir se baisse, un volet vient fermer la fenêtre image, l’obturateur s’ouvre et le diaphragme aussi, à la pleine ouverture. L’image n’est donc visible au viseur que jusqu’au déclenchement.

Ils sont en outre équipé d’une cellule au sélénium, visible dans une petite fenêtre sur le capot, à la droite du viseur. Cellule à préserver si elle fonctionne toujours, en la gardant dans le « sac tout prêt », dans le noir.

Il faut indiquer la sensibilité du film, en Asa ou Din (de 10 à 640 Asa) sur l’objectif, derrière la bague de diaphragme. Puis, en réglant ce dernier et/ou la vitesse, l’exposition est correcte lorsque l’aiguille de la cellule est alignée entre les deux repères.

Petit bémol : si vous utilisez le prisme, qui a le grand avantage de redresser l’image « dans le bon sens », vous devez le quitter pour voir la cellule.

Par contre, si vous utilisez le viseur de poitrine, vous gardez la maitrise du cadrage – enfin, là, ça se discute, surtout pour les gens comme moi qui n’arrivent pas à redresser l’image – et de la cellule.

Pour enlever et remettre ensuite le prisme, il faut appuyer sur les deux ailettes, au dessus, et le sortir par le haut.

Les objectifs Color Ambion 35mm ouvrant à f3,4 ou Color Telinear 90mm ouvrant à f3,4, et Color Telinear 135mm f4 étaient également disponibles.

Source : Udospickmann, de gauche à droite, l’Agfa Telinear 135mm f4, L’Ambion 35mm f4 et le Color Telenear 90mm f3,4

Que dire encore ? Il dispose d’un verrouillage contre la double exposition, d’un retardateur et d’une synchronisation du flash. Le flash doit être monté sur un accessoire (il n’y a pas de griffe) et relié au corps par un câble.

Enfin, il y a un filetage pour trépied et/ou accessoires.

En dessous de l’appareil, dans la ceinture qui le ceint, une roue dentée : c’est celle du compteur de vue, que vous devez régler sur zéro au départ d’un nouveau film.

Pour terminer, une particularité que je n’ai toujours pas comprise, c’est l’indicateur de profondeur de champ, constitué par un secteur noir plus ou moins visible dans une échancrure pratiquée sur la bague des distances, en fonction de la mise au point et de l’ouverture du diaphragme.
Noter aussi que les objectifs ne possèdent pas de bague de réglage du diaphragme, celle-ci est solidaire du bloc obturateur et transmet le réglage sélectionné à l’objectif par un jeu de leviers et de cames.

Si l’objectif est interchangeable, comme pour le Contaflex, c’est une partie de celui-ci que l’on ôte et remplace.

Pour le déverrouiller, puis le remettre en place, il faut appuyer sur un bouton, à gauche de l’objectif, sur la platine.

En résumé, un gros appareil, bien pensé, avec des solutions originales à défaut d’être très pratiques. Le métal est roi – et cela se ressent – et est usiné comme pour un concours Lépine.

Mais cela donne-t-il envie de s’en servir ?

Personnellement, je reste perplexe : trop lourd, pas assez ergonomique que pour être agréable à utiliser.

Même si je reconnais la technicité de l’ensemble, la qualité de celui-ci, celle des optiques, je reste – je crois – comme les rares acheteurs qui ont fait le pas dans les années soixante (le prix était plus que conséquent : environ 600 DM pour le boitier et jusqu’à 1400 DM pour le 50mm de base), dubitatif.

Il a plus sa place sur l’étagère d’un collectionneur que dans le sac d’un photographe moderne qui veut (re)découvrir les joies de l’argentiques.

Finalement, j’en viens à regarder d’un œil neuf les autres productions de la marque, dont les Optima, presque contemporains et totalement innovant (tout automatiques) et bien plus agréables à manipuler, voire même les Iso-Rapid, qui ouvriront la voie à la photographie de masse.

Je ne regrette pas cet achat, il m’a permis de découvrir, comme avec le Zeiss Contaflex, une autre vision de la riche fratrie des appareils de haute qualité, mais je n’ai pas envie de m’en servir.

Question prix, de nos jours, un bel exemplaire, complet (avec un objectif), ayant sa cellule toujours fonctionnelle et son sac tout prêt devrait se négocier autour des 90€.

Alors, si vous en trouvez un et avez envie d’expérience unique, laissez-vous tenter.

Petit résumé des images

Pour avoir une idée des qualités de l’appareil, c’est par LA.

Des pubs d’époque, toujours savoureuses (merci Collection-appareils)

Porst 1960
Photo-Plait 1961

Petite video d’illustration

Et une seconde

Un peu de technique :
Appareil photo reflex mono-objectif
Format de film 35mm
Objectif interchangeables, dotation 50 mm f2,8
Vitesse d’obturation de 1/300 s à 1 s plus pose B
Posemètre (cellule au sélénium) couplé à l’extérieur
Vitesses de film prises en charge 8 à 640 Asa
Pas de griffe flash
Connexion Flash PC
Support de trépied

Des références : https://en.wikipedia.org/wiki/Agfa_Ambiflex, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Agfa_Ambiflex, https://filmphotography.eu/en/agfa-ambiflex/, https://photojottings.com/agfa-reflex-flexilette-review/,https://retinarescue.com/colorflex.html en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10023, https://www.cameraboussat.fr/dossier_collection/cible.php?id=70&marque=Agfa, https://www.philcameras.be/agfa-general/ en français; https://www.photo-foto.eu/agfa/agfa-ambiflex-i/, https://www.udospickmann.de/agfa-ambiflex, https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/spiegelreflexkamera/ambiflex/, https://kameramuseum.de/objekte/agfa-ambiflex/ en allemand

Argentique

L’Olympus OM 101

Celui-ci, c’est le dernier appareil acheté à la brocante de Champagne sur Oise.

Le vendeur n’avait pas la moindre idée s’il fonctionnait encore ou pas, mais comme j’avais en tête l’article que j’avais fait sur l’Olympus OM 707, je me suis laissé tenter.

Et je ne l’ai pas regretté, il s’est animé lorsque j’y ai mis 4 piles AAA.

Un petit nettoyage et le voilà prêt à se faire examiner de plus près.

J’ai bien écris « petit nettoyage » car sur le dos de cet Olympus, un(e) des propriétaires précédents à peint (oui, peint !), un délicat oiseau et je ne voulais pas l’abîmer.

Il semblerait que ce soit une pratique assez courante en Thaïlande, ces petites peintures, appliquées sur des objets, des sacs, … : la fleur est un jasmin et l’oiseau serait un Dicée à ventre orange (pique fleur).

Ça doit être mon côté fleur bleue …

Mais bon, revenons-en à cet appareil, sorti deux ans après l’assez catastrophique OM 707 que je vous ai présenté il y a peu, en 1988 donc.

Ont-ils retenus quelque chose de la leçon ?

De fait, le « vrai » nom de cet Olympus OM 101 (ou OM 88 sur les marchés au delà de l’Atlantique) se complète des termes Power Focus (PF en raccourci).

-« Heu, … et ça change quoi ? »

Ben que l’appareil n’est plus un autofocus mais que la mise au point est motorisée : en gros, ce n’est plus l’appareil qui fait le point mais vous, avec l’aide d’un moteur qui fait avancer les lentilles jusqu’au point net.

Et ça, vous le contrôlez avec votre pouce, grâce à une molette située au dos de l’appareil, à droite.

Notons déjà que les huit objectifs prévus pour l’OM 707 peuvent être récupéré, ainsi que la plupart des objectifs Zuiko MF.

Cependant, ils ont sorti deux objectifs typiquement destinés au 101, des PF (et ils ne fonctionnent qu’avec l’OM 101), le 50 mm f2 PF et le 35–70 mm f3,5–4,5 PF.

Pour l’anecdote, il semble que seul Olympus ait cru en cette technologie de mise au point motorisée, à l’époque. Ainsi, l’objectif AF 35-70 f4 introduit avec l’OM 30 (1983) était à la fois AF (autofocus) et PF (focus motorisé). Dès lors, contrairement aux autres fabricants, ils avaient tout simplement viré les bagues de mises au point traditionnelles sur ces objectifs, au grand dam des utilisateurs.

Rappelez-vous, c’est déjà ce qui fâchait sur l’OM 707, cet absence de contrôle possible, notamment, sur la bague de réglage des distances, ou d’ouverture, virées !

De fait, l’Olympus OM 101 était destiné aux amateurs qui voulaient se simplifier la vie avec un minimum de commandes. Ainsi lorsque les objectifs AF/PF sont montés sur le boitier, aucune information, tant sur la vitesse choisie que sur l’ouverture, n’est affichée nulle part.

Si on ajoute à cela que l’appareil ne propose qu’un seul programme, forcément non débrayable, le photographe ne sait tout simplement pas ce que le boitier sélectionne.

Maintenant, si vous utilisez un objectif de la famille Zuiko MF, là, le boitier passe en priorité ouverture mais vous ne savez toujours rien de la vitesse choisie.

Frustrant pour qui veut comprendre, naturel pour ceux qui se contentent d’appuyer sur le bouton.

Bon, comme Olympus n’avait pas envie de se fâcher avec ce qui lui restait de clients un tant soit peu exigeants, ils ont inventé une solution : un « adaptateur manuel 2 » (c’est son nom) qui autorise le réglage de l’exposition manuelle et de choisir l’ouverture avec les objectifs AF/PF.

C’est, somme toute, très logique : comme le boitier n’a quasi aucune commande manuelle, hormis le déclencheur, le bouton ON/OFF, un bouton de rétroéclairage qui semble ne servir à rien et celui du retardateur, ils ont inventé de quoi se compliquer un peu la vie en ajoutant cet appendice sur le côté, en option !

-« Qu’est ce que ça change ? »

Et bien, lorsque vous utilisez l’appareil en mode d’exposition manuelle, avec ce complément, des flèches de sous ou sur exposition s’affichent dans le viseur (oh joie !), et si vous êtes en priorité ouverture, la lettre A clignote si vous êtes en sur ou sous exposition, et – qui l’eut crû – si vous êtes en priorité vitesse, la lettre P (mode Programme) remplit la même fonction.

Finalement, que reste-t-il d’intéressant sur cet appareil ?

La molette Power Focus !

Elle est rapide, assez intuitive et réactive, qui accompagne bien le viseur à stignomètre à coïncidence (vous savez, l’image divisée qu’il faut faire correspondre).

En résumé, cet Olympus OM 101 est comme un gros compact, qui fait (presque) tout pour vous et qui vous offre la possibilité de changer d’objectif si besoin.

En gros, c’est un reflex tout automatique à priorité vitesse. Il ne devient priorité ouverture que si vous y ajoutez l’adaptateur manuel 2.

Sinon, le chargement du film est automatique, comme le rembobinage en fin et le film avance à la vue suivante après le déclenchement. Ah, il lit le codage DX (la sensibilité) de la bobine, que vous ne pouvez pas modifier ensuite (attention aux films sans ce codage).

Car à la place du levier d’armement habituel, vous trouverez la fameuse molette de mise au point motorisée. Vous l’actionnez vers la droite ou la gauche avec le pouce en visant votre sujet, plus ou moins près. Cette sélection peut être assez précise. Mais vous ne pouvez le faire que si votre objectif est en monture PF ou AF.

Les autres objectifs OM peuvent être utilisés mais avec eux, c’est vous qui tournez la bague de mise au point, comme avant !

Petit résumé en images

Que retenir de cet appareil ?

Il est massif, pas désagréable à tenir en mains et il donne une impression de « costaud ».

Tout est vraiment fait pour vous simplifier la vie : commençons par l’alimentation, confiée à 4 piles AAA très communes; son chargement est simplifié à l’extrême et dès que vous refermez le dos, l’appareil se charge de tout (enroulement à la première image, lecture codage DX et réglage de la sensibilité, puis avance motorisée); les objectifs ensuite, un 50mm à tout faire ou un 35-70 très polyvalent (celui de ce modèle), faciles à mettre ou retirer (baïonnette); simplification de fonctionnement avec un seul programme, que l’on peut – partiellement – contourner avec l’additif manuel 2 (mais soyons clair, la majorité des personnes ayant acheté cet appareil se sont contentés d’appuyer sur le déclencheur, l’OM 101 faisant le travail de sélectionner vitesse et ouverture, avec une certaine réussite tant que vous êtes dans des conditions « normales »).

Ce qui peut paraître un peu fou, c’est que l’OM 707 avait raté son marché et l’OM 101 ne le corrige pas, puisqu’il redevient un appareil à assistance électrique pour la mise au point, sans plus. Pour mémoire, en 1985, Minolta sortait son 7000 AF, autofocus et automatique, une réussite qui installa la marque en tête des ventes pour un bon bout de temps.

Comme je l’écrivais quelque part ici plus haut, c’est comme un gros compact des années nonante, qui fait tout à votre place, sans trop rien vous dire mais auquel vous pouvez changer l’objectif.

Quoique c’est relatif, il n’y en eut que 2 en monture spécifique PF (le 50 et 35-70 déjà cités) Les autres objectifs de la marque ne permettant pas d’utiliser toutes les fonctions de l’appareil.

Il y eut un marché pour ce type d’appareil, mais dans la marque même, il était une sorte de chant du cygne car il n’y eut pas de suite.

Le seul reflex Olympus qui survécu fut l’OM-4 Ti (un OM-4 de compétition, en titane) car la marque passe ensuite à une autre gamme innovante, les IS, mais c’est une autre histoire.

Ils ont au moins une certaine constance dans cette évolution : pourquoi encore changer l’objectif de l’appareil qui fait déjà tout à votre place. Il suffit d’en mettre un qui couvre (presque) tous vos besoins, à demeure. Olympus avait inventé le bridge !

Est-il toujours intéressant de nos jours ?

Si vous en trouvez un complet, c.-à-d. avec son kit d’objectifs et son « manuel 2 », pourquoi pas. Mais si vous cherchez un appareil que vous voulez maitriser, passez votre chemin, il va vous frustrer.

Au niveau prix, complet, ne le payez pas plus de 50€.

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Quelques pubs d’époque (merci Collection-appareils)

Phokina 1988-89
Porst 1989

Petites videos d’illustration

Pour ceux qui aiment la technique :

  • Appareil photo reflex 35 mm à exposition automatique TTL.
  • Informations sur le viseur : affichage LED pour flash prêt et signal d’exposition correct, modes d’exposition (P/A), avertissement de bougé de l’appareil photo, guide d’exposition manuel.
  • Chargement automatique (enroulé automatiquement à la première image) ; avertissement d’erreur de chargement automatique avec signaux sonores et visuels (PCV et LED).
  • Monture Olympus OM, conçue pour les objectifs AF/PF. Accepte les objectifs Olympus AF, les objectifs Olympus PF et les objectifs Olympus OM System Zuiko1.
  • Avance automatique (vitesse d’enroulement : max. 0,5 sec.).
  • Obturateur à plan focal à déplacement vertical contrôlé électroniquement.
  • Vitesse d’obturation : 2s à 1/2000 s. (l’exposition longue est possible avec l’adaptateur manuel 2).
  • Autonomie de la batterie : 25 rouleaux de film 24 vues ou plus (avec des piles alcalines au manganèse à température normale, selon les conditions de test Olympus).
  • Mise au point avec objectifs Olympus AF/PF : Power Focus avec cadran (l’entraînement de l’objectif est contrôlé en détectant la vitesse de fonctionnement); avec objectifs Zuiko : avec bague de mise au point.
  • Compteur de vues de type progressif avec remise à zéro automatique.
  • Méthode de mesure de la lumière : TTL Direct ‘OTF’ Mesure de la lumière (pondération centrale, mesure moyenne de la lumière).
  • Rembobinage automatique avec bouton de rembobinage. Arrêt automatique en fin de film.
  • Modes d’exposition : 1. Exposition programmée, 2. Exposition automatique à priorité ouverture (avec adaptateur manuel 2), 3. Exposition manuelle (avec adaptateur manuel 2). Passage automatique à l’exposition automatique à priorité ouverture avec les objectifs Zuiko.
  • Retardateur électronique, 12 s.
  • Contrôle d’exposition automatique programmé : obturateur électronique avec contrôle automatique de l’ouverture et de la vitesse d’obturation ; plage de mesure de la lumière : EV1~EV20 (ISO 100, 50 mm. F1.8).
  • Dos de la caméra interchangeable, muni d’une fenêtre de contrôle du film.
  • Compensation de contre-jour : +1,5 EV (avec bouton de commande de contre-jour).
  • Source d’alimentation : quatre piles de taille AAA.
  • Contrôle du flash : Flash automatique TTL Direct ‘OTF’ (lors de l’utilisation de flashs de la série T ou du flash Full-Synchro F280).
  • Vérification de la batterie : affichage en 3 étapes avec LED et PCV.
  • Synchronisation du flash via la griffe porte-accessoires (contact X). La vitesse d’obturation de synchronisation (1/80 s) est automatiquement réglée avec les flashs de la série T et le flash Full-Synchro F280.
    Les autres flashs ne peuvent être utilisés que lorsque l’adaptateur manuel 2 est installé ; l’adaptateur a un réglage X (1/80 sec.).
  • Sensibilité des films de 25 à 3200 Iso ; réglage automatique avec film codé DX.
  • Poids : 569g. (sans piles).
  • Verre de visée : fixe, Super Lumi-Micron Matte avec image fractionnée et microprisme. Champ de vision du Finder : 93 % du champ d’image réel. Grossissement : 0,8x à l’infini avec un objectif standard de 50 mm.
  • Remarque importante : les Zuiko 500/8, Zuiko 600/6.5, Zuiko 1000/11, 24/3.5 Shift, 35/2.8 Shift et Auto Bellows ne peuvent pas être utilisés.

Des références : https://www.vintagecamerareviews.com/brands/olympus/olympus-om-101/, https://cameragocamera.com/2018/12/05/olympus-om-101-om-88/, https://www.vintagecamerareviews.com/brands/olympus/olympus-om-101/, http://camera-wiki.org/wiki/Olympus_OM-101_/_OM-88, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Olympus_OM-101_/_OM-88, https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_OM_system, https://esif.world-traveller.org/om-sif/bodygroup/om101.htm, https://web.archive.org/web/20071210162400/http://www.olympus-global.com/en/corc/history/camera/popup/om_om101.cfm?message=1, en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1744-Olympus_OM101.html, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=56317, http://www.appaphot.be/brands/olympus/olympus-om-101/, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=56317 en français; http://www.pluto.dti.ne.jp/~masaki-k/camera%20olympus%20om101.htm, en japonais.

Argentique

Le Konica C35 V

Ça fait un moment que je vous ai présenté le Konica C 35 Automatic. Je citais dans l’article la chronologie de ces petits appareils de poche, à savoir :

  • Konica C35, 1968, argent et noir, télémétrique couplé, objectif Hexanon de 38mm f2.8
  • Konica C35V, 1971, tout argenté, sans télémètre, avec 4 zones de focus préétablies, objectif Hexanon 38mm f2.8
  • Konica C35 Automatic, 1972, argent et noir, ou tout noir (rare), télémétrique couplé, objectif Hexanon 38mm f2.8 et système avancé du contrôle du flash

Celui-ci, c’est lors de la foire de Villers Bretonneux que je l’ai acheté.

Pas que j’en avais vraiment besoin, mais je les trouve toujours aussi « craquants » ces petits appareils !

Et en plus, il est plus rare que les autres C 35, na !

Celui-ci est particulièrement en forme et en bon état : tout fonctionne parfaitement, le vendeur ayant eu l’amabilité d’y glisser une LR44 pour montrer que la cellule fonctionnait correctement.

Si je devais le résumer : il ne possède pas de télémètre mais la profondeur de champ de son optique, le 38mm f2,8 s’en affranchit; quatre zones pour ne pas rater sa mise au point; tout automatique.

Voilà, voilà … mais comme eut dit Cyrano, « c’est un peu court, Monsieur ! »

Allez, on creuse …

Vous l’avez compris, c’est une version « allégée » du Konica C 35 puisqu’il a perdu le télémètre et le retardateur de ce dernier.

Pourtant, faire la mise au point est d’une simplicité enfantine, notamment grâce aux pictogrammes.

Et, comme dit plus haut, la profondeur de champ du 38mm se charge de toute erreur raisonnable dans l’appréciation de la distance.

Petit plus, dans le coin inférieur droit du viseur, une petite fenêtre permet de voir le symbole de la mise au point choisi.

Puisque nous en sommes au viseur, il est clair et, finalement, bien fourni : outre le rappel de la distance, le cadre collimaté, une échelle, à droite, vous montre l’ouverture et la vitesse choisies par l’appareil.

Comme il est tout automatique, selon la sensibilité du film que vous aurez réglée, il sélectionnera l’ouverture et la vitesse. Son obturateur est programmé du 1/30s au 1/650s et les ouvertures s’échelonnent de f2,8 à f14.

C’est typiquement un chouette petit bloc-note que l’on a envie d’emporter partout, parce qu’il est beau (si, si, ça compte aussi), qu’il fonctionne bien sans trop de questions inutiles et que les images qu’il délivre sont bonnes (ce qui ne gâte rien, vous en conviendrez – voir exemples de photos plus bas).

Si vous avez la chance d’en dégoter un, prenez-le, il vous le rendra bien. Pas lourd même si construit en majorité en métal, compact (pour l’époque), facile à manipuler, il trouvera sa place dans un petit sac ou une grande poche et sera toujours prêt à déclencher au bon moment (idéal pour la photo de rue).

Question prix, même s’il est moins complet que son grand frère, le C35, il est aussi plus rare. Prévoyez au moins 60€ pour un bel exemplaire.

Ah, et je réitère mon conseil, s’il n’est pas fourni avec, trouvez-lui un bouchon d’objectif (diamètre de 46mm) car la cellule est toujours sur ON et risque de vider la pile assez vite. Or sans pile, il ne fonctionne pas (obturateur électronique, pour rappel).

Petit résumé en images :

Des exemples de photo captée par ce petit Konica C 35 V ICI.

Quelques pub d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Plait 1972, très intéressante car on voit la concurrence de l’époque, résumée.
Grenier-Natkin 1972

Une video d’illustration :

Petit résumé technique :

Disponible uniquement en argent
Objectif Hexanon à quatre éléments, 38 mm f2.8 – Filetage de filtre 46 mm
Réglage de la mise au point par zone (quatre pictogrammes)
Compteur CdS (19-27 DIN, 25-400ASA)
Pas de retardateur
Mise au point la plus proche – 1 m
Obturateur programmé Copal B mat
Vitesses 1/30s à 1/650s

Flash compatible Konica X-14
Synchro flash au 1/25s
Levier d’armement rapide, prévention de la double exposition, réinitialisation du compteur d’images
Cadre délimité par des lignes lumineuses
Indication de l’aiguille de la vitesse d’obturation et de l’ouverture visible sur le côté droit du viseur
Fenêtre en bas à droite pour quelques positions de mise au point sur l’objectif
Poids 340g

Des références : http://www.appaphot.be/fr/brands/konishiroku-konica/konica-c35-v/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11311-Konica_C35V.html, en français; http://camera-wiki.org/wiki/Konica_C35, http://www.dominicfontana.co.uk/cameras/konicac35v.htm en anglais

Argentique

Le Chinon 35F-A Autofocus

Celui-ci vient encore de la brocante de Champagne sur Oise. Il y en aura encore deux à vous présenter bientôt, pour clôturer cette belle récolte.

L’appareil est complet avec sa gaine, que je dois un peu recoller, mais rien de grave.

J’y mets deux piles AA et … il fonctionne, le flash y compris, chouette.

Franchement, je trouve qu’il a un air de famille avec le Konic C35 AF, vous ne trouvez pas ?

Allez, on va à la pêche aux infos …

Manifestement, ce boitier est sorti en 1979, soit au début de l’autofocus car, si vous vous en souvenez, le Konica C35 AF – pour rappel, le tout premier appareil autofocus au monde – est apparu en 1977.

Au point de vue forme et encombrement, il est aussi très proche du Chinon 35 F EE. Et pourtant, il embarque un obturateur différent parce qu’il est équipé de l’autofocus.

Et parlons-en de cet autofocus car, sans trop de surprise, c’est le Visitronic que le Konica utilise aussi. Je ne vais pas le réexpliquer ici, il est dans l’article consacré à son concurrent (voir ci-dessus).

Il fonctionne pourtant un peu différemment : lorsque l’on appuie sur le déclencheur, une LED rouge s’allume dans le viseur. Cette LED signifie que le système essaie de faire la mise au point (et accessoirement vérifie la pile). Si la LED passe au vert, c’est que ce dernier est acquis.

Mais, en même temps que cette LED, une aiguille, à droite, vient se mettre devant le pictogramme d’une montagne puis elle va descendre vers le pictogramme qui correspond à la bonne distance, et la LED verte s’allume. Le point est fait, vous pouvez faire la photo.

Ce sont les progrès enregistrés sur le système Visitronic qui ont permis que, déclencheur enfoncé à mi-course, ce dernier enregistre la distance, et le réglage se bloque sur celle-ci.

Puisque je mentionnais le viseur, sachez qu’il existe encore une troisième LED, orange, qui est le témoin du flash lorsque celui-ci est chargé.

Le viseur est collimaté, avec lignes pour la correction de parallaxe et un petit cadre qui délimite le champ d’action de l’autofocus.

Les deux piles AA nécessaires au fonctionnement du boitier sont utilisées par le Visitronic, l’obturateur et le flash.

Par contre, le chargement du film, son avancement sont encore manuel. Les moteurs d’entrainement, ce sera pour plus tard, lors de la sortie du 35 F – AM.

Le flash doit être actionné manuellement, via un curseur en façade. Celui-ci est synchronisé à toutes les vitesses supérieures au 1/60s.

Bien évidemment, l’appareil est équipé d’une cellule CdS, sur la face avant de l’objectif, sous le filtre éventuel (diamètre de 46mm). Vous réglez sa sensibilité via une couronne crantée autour de l’objectif (et entre nous , elle est assez sensible aux déplacements). Sa sensibilité s’étend de 25 à 400Asa

De fait, lorsque l’appareil fait la mise au point, la cellule calcule la vitesse de déclenchement et l’ouverture adéquate. L’obturateur travaille entre 1/80s et 1/500s. Exit donc les vitesses lentes !

A part ça, du grand classique donc.

Au rayon des accessoires utiles, le pas de vis pour un trépied et un verrou pour empêcher de déclencher par erreur, un compteur de vue à remise à zéro automatique.

Le levier d’armement est à course relativement courte.

Au niveau esthétique, notons la présence d’un fut d’objectif carré, au lieu des ronds alors usités. J’imagine que ça devait donner un petit côté novateur, le reste des linges étant assez tendues, on restait dans l’esprit.

Ah, un mot encore, au sujet de l’objectif : un Chinonex Color Lens de 38mm ouvrant à f2,8. Des images que j’ai pu voir, il ne semble pas mauvais.

En fait, c’est un appareil un peu « hybride » : son look est encore dans la ligne des appareils des années septante, comme les Canonet ou les Electro 35, Petri 7 mais son cœur devient moderne et intègre une nouvelle technologie (pour l’époque)

Petit résumé en images

Si vous en trouvez-un, à un prix intéressant – c.-à-d. autour des 40€ maximum s’il est complet avec sa gaine – dites-vous bien que l’autofocus de cet appareil date des débuts : il fonctionne, il est précis mais pas rapide et bien moins sensible que nos systèmes actuels. La technologie a vraiment beaucoup évolué depuis, sans même parler des autofocus à détection de phase et dual pixels des numériques.

Personnellement, je trouve que, comme le Konica C 35 AF, c’est un boitier à essayer, pour le plaisir de la découverte. Ou à utiliser car on veut prendre le temps de régler ses images, à son rythme.

Quelques pubs d’époque (merci Collection-appareils).

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : https://www.lomography.com/magazine/19431-chinon-35-f-a-japanese-deadstock-ftw, http://camera-wiki.org/wiki/Chinon_35F-A, https://classicameras.blogspot.com/2009/01/chinon-35f.html, en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10583, https://drquid.pagesperso-orange.fr/PhotoCine/appareils-photographiques/chinon/chinon-35f-a.html, en français

Argentique

L’Agfa Optima Parat ou Sylverfish

Voilà le dernier appareil acheté lors de la foire de Villers Bretonneux.

Si généralement on connait Agfa pour ses camions d’appareils bon marché, comme Kodak, ils ont aussi produit des appareils innovants, aux solutions techniques élégantes, à l’esthétique soignée.

Cet Agfa Optima Parat, surnommé Sylverfish, en est un excellent exemple.

Cet appareil est apparu en 1964, en Allemagne et sera produit jusqu’en 1968.

Tout d’abord, c’est un demi-format, soit un 18×24. Si cela ne saute pas aux yeux quand on voit l’appareil pour la première fois, lorsque vous visez avec, vous êtes face à un viseur « en hauteur », typique de ces appareils.

Tout en métal, très élégant avec cet aluminium brillant et légèrement nervuré sur la face avant, il est « carrossé » comme ces voitures de rêve ou ces caravanes légendaires des années soixante …

Mais ce n’est pas tout, au delà du plumage, il y a le ramage.

Tour d’abord, c’est un 24×36, qui double le nombre de vos photos puisque demi-format.

A ce sujet, il faut savoir qu’un film de 36 vues en donnera donc 72, un 24 vues, 48.

Comme ça risquait d’être long avant d’avoir terminé son film, Agfa a sorti un film baptisé Weekend, un 12 vues qui en donnait 24 ! Malin …

C’est un savant mélange entre la série Parat en 24×36 et les Optima, automatiques. Pour vous donner une idée de la gamme :

modèleproductionprixactualisé
Parat-I1963-68Version simple,
sans posemètre.
168 francs270,79€
Paramat1963-67Identique au Parat-I, mais avec réglage automatique de l’ouverture par le posemètre337 francs543,19€
Optima-Parat1964-68Appareil entièrement automatique, comme les Optima contemporains548 francs883,29€
Je suis confus, je ne me souviens plus d’où j’ai péché cette info, que j’ai légèrement remaniée.

Modèle haut de gamme donc de la série Parat, il est tout automatique et possède un objectif Solinar 30mm f2,8 (jusque f22) à quatre lentilles de haute qualité, sur lequel pouvait venir se monter un complément optique télé AGFA COLOR TELEPAR f2,8 de 55mm du plus effet et très rare. La mise au point minimale est de 0,9mètre. Le réglage de la distance se fait au moyen d’icônes ou selon une échelle gravée sur le fut.

Cet objectif équivaut à un 45mm en « vrai » 24×36.

Son obturateur, un Compur, offre des vitesses de 1/30s à 1/500s plus une pose B.

La cellule, au sélénium, le dispense de piles mais, hélas, elle s’épuise avec le temps, souvent.

Sinon, lorsqu’elle fonctionne, un voyant rouge dans le viseur signale une sous exposition, ou un voyant vert prévient que celle-ci est bonne.

De fait, lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, le voyant adéquat s’allume et le boitier calcule l’ouverture et la vitesse optimale pour la prise de vue.

Heu … je vous rappelle que cet appareil date de 1964 !

Notons encore que l’automatisme est débrayable, ce qui le rend utilisable même lorsque la cellule est HS.

Le viseur est collimaté avec un cadre de visée pour le complément télé-objectif de 55mm et le signal rouge/vert, sur la droite qui signale l’exposition correcte.

Mais voyons comment il fonctionne de plus près.

Pour mettre un film dans la chambre, il faut déverrouiller le verrou sous la semelle. C’est tout le dos de l’appareil qui s’escamote. Notons la présence de gorges profondes pour glisser les deux parties l’une dans l’autre, assurant de la sorte une excellente étanchéité à la lumière. Remarquons aussi, en passant, la qualité des matériaux.

Une fois le film en place, ne pas oublier de noter la sensibilité de celui-ci, grâce à la molette au dessus de l’appareil. Celle-ci est exprimée en Asa et en Din (nous sommes en Allemagne). Une piécette est nécessaire pour tourner le bouton.

Ah, et n’oubliez pas de positionner le compteur sur le nombre de vues que vous allez prendre (pour rappel, un film de 36 = 72, un de 24 = 48, etc.). Le compteur va « décompter » les vues restantes au fur et à mesure des prises.

Il faut mettre le chiffre sur la flèche rouge, vous l’avez deviné.

Le petit levier d’armement à une course très courte, silencieuse, un régal. Et, ce qui ne gâte rien, il est particulièrement discret, bien intégré dans la carrosserie.

Le déclencheur est positionné sur la face avant. Il faut l’appuyer vers le bas pour prendre une photo. Particularité : si vous le descendez à mi-course, il enclenche la cellule qui vous donne le signal rouge (sous ex) ou vert (ok), puis vous appuyez à fond pour capter l’image.

Il manque une petite plaquette métallique sur le devant du déclencheur.

Toujours sur le dessus de l’appareil, un discret bouton marqué « R », qu’il faut faire tourner pour pouvoir rembobiner le film en fin de course.

A côté, la griffe pour le flash, avec contact central pour la synchronisation au 1/30s.

Vous avez vu, c’est compact et bien étudié.

Sur la face avant, la large « fenêtre » qui cache le viseur et la cellule, tout à gauche (face à l’appareil). Celle-là, il faut la protéger autant que faire se peut de la lumière si l’appareil n’est pas utilisé, pour l’économiser (cellule au sélénium).

Le signal vert/rouge ne se met en route que sur le mode automatique. Je l’ai découvert par hasard, pensant que la cellule était HS. Quelle ne fut pas ma joie de voir apparaitre le point vert alors que j’avais changé la position de la bague de réglage sur A.

Comme on peut débrayer le mode, l’appareil déclenche quand même, ce qui m’a induit en erreur. Vous serrez alors sans doute au 1/30s sur f2,8.

Je reviens un moment sur les optiques présentes. Celle de base est un 30mm ouvrant à f2,8, un Agfa Color Solinar. Si vous regardez bien la photo ci-dessous, vous verrez une couronne crénelée. C’est sur celle-ci que se place le complément optique, qui se vise ensuite sur le pas intérieur de l’objectif.

Sans doute a-t-il existé un étui spécial pour remiser le complément optique car je me dis qu’avec la protubérance du bloc arrière, il faut le manipuler avec précaution (tiens, comme le Jupiter 12, par exemple). Comme je ne l’ai pas, je le laisse monté sur le boitier.

Et pour tout vous dire, c’est lui qui m’a fait de l’œil quand j’ai vu l’appareil pour la première fois : ce grand rond limpide, qui me fixait de son regard froid.

A savoir, un autre complément, un « close up » appelé Natarix, existait aussi, accompagné d’un viser spécifique.

Petite remarque utile me semble-t-il : la fenêtre de visée est en « mode portrait », ce qui veut dire que si vous voulez prendre une photo en « paysage », vous devrez tourner l’appareil en vertical !

Faire la mise au point est simplifiée, grâce aux symboles, qui sont reportés ensuite sur les distances (vous utilisez l’un ou l’autre).

L’avantage de ce système, c’est que vous pouvez vous positionner entre deux pictogrammes, la distance sera justement reportée en dessous pour plus de précision si besoin.

Dans le viseur, les lignes sont bien marquées. Elles délimitent le cadre de la photo au 30mm, plus celles (plus à l’intérieur) du 55mm et il y a encore des lignes pour la correction de la parallaxe en cas de photographie à courte distance, soit sous le mètre.

Sur la droite, le marqueur rouge/vert indiquant si l’exposition est juste.

Le mode d’emploi fait remarquer qu’il faut au moins une seconde au posemètre pour analyser correctement la luminosité, le temps d’appuyer à mi-course sur le déclencheur en fait (pas mal en 1964, sans pile !).

Maintenant, si vous devez utiliser le flash, vous devez quitter la positon automatique en tournant les bagues autour de l’objectif.

Petit résumé des fonctions de l’appareil

De ce que j’ai pu lire à son sujet, il est très intéressant de l’utiliser en mode automatique, ce pour quoi il a été conçu. En tout cas si vous avez un exemplaire dont la cellule est toujours fonctionnelle, comme ici.

Beaucoup de photographes s’amusent avec le demi-format pour constituer des diptyques, voire des triptyques (il n’y a pas de limite en fait). Vous remarquerez alors un demi-rond sur le négatif, qui est comme la signature de l’appareil.

Source : Photothinking

Vous trouverez encore des exemples de photos ICI.

Que retenir de cet Agfa Optima Parat ?

Il est agréable à tenir en main. On sent la qualité de sa fabrication au poids (470gr nu) sans que ce soit gênant Un peu glissant sans doute avec ce beau métal brillant, mais on s’y fait vite.

Au rayon des regrets, il n’est pas pourvu d’œillet pour y attacher une lanière. A l’origine, il était équipé d’un « sac tout prêt » en deux partie, qui possédait ces lanières de portage. Un trouver un serait un must.

Une solution intermédiaire serait de lui ajouter une dragonne fixée par en dessous, au niveau du pas de vis du trépied.

De toute manière, pour préserver sa cellule, il faut le remettre dans un petit sac lorsqu’on ne s’en sert pas.

Autre désagrément, la vitesse maximale des films est de 250Asa. A l’époque, les films n’étaient pas encore « rapides ». Il faut en tenir compte si vous achetez des films pour l’utiliser.

Au delà de son esthétique, que je trouve très belle – et pourtant, j’ai toujours un faible pour les boitiers en noir ! – et comme hors du temps, sa « mécanique » était à la pointe dans les années soixante.

A cette époque, Agfa, comme son concurrent Kodak, fabriquait encore des appareils solides, élégants, innovants.

Ne me faites pas écrire ce que je n’ai pas écris : les années qui viendront ensuite verront chez ces deux marques une quantité astronomique de petits appareils, faciles, bon marché, non dénués d’innovation, qui ouvriront au plus grand nombre les joies de la photo de loisir. Ce qui fut, en soi, une bonne chose.

Mais la qualité de ce modèle ne se retrouvera plus alors.

J’ai la chance d’avoir pu essayer et vous présenter un très beau modèle, toujours entièrement fonctionnel et, qui plus est, équipé d’un complément optique rare de nos jours.

En trouver un relève de la chance et le prix s’en ressent. Comptez au minimum 60€ pour un très bel exemplaire fonctionnel, au moins 100€ s’il possède un complément optique et plus de 150€ s’il est complet, c.-à-d. avec sa gaine, ses deux compléments optiques et le viseur du close-up.

Utiliser ce genre de boitier est une expérience qu’il faut tenter, pour le plaisir, rien que le plaisir.

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est en dessous.

Quelques pubs d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Plait 1964
Grenier-Natkin 1965
Photo-Hall 1966, intéressant car montre les concurrents de l’époque.

Un brin de technique :

Production1963-1968 – AGFA AG
Type de film135
Format image18×24
BoîtierElégant boîtier en métal fondu entièrement garni de métal satiné ou chromé.
ObjectifCOLOR SOLINAR f:2,8/30mm. Mise au point par rotation de la frontale à partir de 0,9m (mètres, pieds et symboles)
Un complément télé AGFA COLOR TELEPAR f:2,8/55mm est prévu en option ainsi qu’un « close up » avec son viseur spécifique, le Natarix.
ViseurOptique, avec cadre lumineux + repères pour la parallaxe et repères pour l’utilisation du complément optique 55mm.
Signal vert dans le viseur indiquant la bonne exposition.
ObturateurCOMPUR automatique du 1/30e au 1/500e couplé à la cellule. Débrayable pour le flash et la pose B.
Déclencheur sur la face avant avec filetage pour souple ou retardateur mécanique
PosemètreCellule au Sélénium pilotant l’automatisme programmé de 1/30s à f2,8 au 1/500s à f22. Réglable de 12 à 24 DIN (max. 250 Asa) .
FlashSynchro-flash par contact central dans la griffe standard sur le capot. Système de réglage automatique par affichage du nombre guide dans une petite fenêtre sur le côté de l’obturateur.
Poids, dimensions 470 gr nu
DiversDeux petites fenêtres sur le dessus de l’obturateur laissent apparaître la valeur de diaphragme (en mode flash ou pose B) et le choix du mode : Auto, flash ou B.

Des références : https://www.philcameras.be/agfa-optima/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-535-Agfa_Optima-Parat.html en français; https://photothinking.com/2020-12-16-agfa-optima-parat-half-frame-jewel/, https://johnnymartyr.wordpress.com/2018/11/01/a-rave-review-of-the-agfa-optima-parat/ en anglais; https://www.photo-foto.eu/agfa/agfa-optima-sensor/agfa-optima-parat/, en allemand

Argentique

Le Petri Computor 35

Ah, celui-ci vient de la brocante de Champagne sur Oise que j’ai évoquée dans l’article que vous trouverez ICI.

Il était dans une house, malheureusement en très mauvais état. L’appareil lui est beau, un peu poussiéreux, mais sans plus.

Impossible de le tester car manifestement, sans pile il ne fonctionne pas. Allez, je prends le risque, il a une bouille sympa !

Et, de plus, il a une forme qui rappelle vaguement d’autres appareils de l’époque, comme les Yashica Electro 35, le Minolta Hi-Matic F par exemple.

Alors voilà, maintenant que j’ai un peu de temps, je le reprends et je vais essayer de vous l’expliquer.

Son modèle, déjà, nous indique son époque : 1970, celle où les appareils électroniques avaient encore quelque chose de moderne, de futuriste. Computor, ça fait « tendance » et – accessoirement – référence à son obturateur électronique, nous y reviendrons.

Sorti donc en 1970 et produit jusqu’en 1974, alors même que d’autres modèles ultérieurs l’ont suivi, comme le Computor II de1972 à 74, le Computor III (qui l’eut crû !) à partir de 1974 (mais moins bien fourni que son aïeul toujours vendu), il est produit en noir et en chromé (mais vous ne connaissez, c’est le noir que je préfère).

Ce qui m’avait intrigué quand je l’ai pris en mains, c’est le sigle sur la face avant, qui me rappelait celui apposé sur les Yashica Electro 35 et suivant.

Ce sigle, ou symbole, indiquait que l’appareil était « électronique ».

De fait, si vous regardez bien la photo ci-dessus, vous voyez sur le dessus de l’objectif, un petit « œil », celui de la cellule, une CdS.

Cet emplacement est toujours judicieux car si vous montez un filtre sur l’objectif, la cellule en tient automatiquement compte.

Cette cellule se règle de 25 à 800 Asa (eh oui, à l’époque, les films n’étaient pas encore « rapides ») grâce à une bague sur l’avant de l’objectif.

Puisque nous sommes sur ce dernier, c’est un C.C. Petri de 40mm ouvrant à f2,8. Vous y découvrez aussi la bague d’ouverture, marquée de f2,8 à f22 et de deux lettres en vert, EE, pour exposition électronique.

L’ouverture et la vitesse d’obturation sont sélectionnées en fonction du posemètre. De fait, les réglages d’ouverture manuelle sont destinés à un usage du flash, la vitesse d’obturation étant alors réglée sur 1/30s.

L’obturateur est donc électronique – comme je le faisais remarquer plus haut, sans piles, point de salut ! – et il donne des vitesses de 4s à 1/250s. Deux LED, une verte et une rouge, indiquent si la vitesse sélectionnée est plus ou moins que 1/30s, limite du risque de bougé.

Tant qu’à faire le tour du boitier, vous verrez qu’il est équipé d’un sabot avec prise centrale synchro X et il possède aussi une prise PC . Le compteur de vue, classique avec remise à zéro automatique, est aussi au dessus. A côté du sabot, les deux LED indicatives.

En dessous, rien de spécial : la trappe à piles (2LR44), le filetage pour un trépied, le bouton pour débrayer lors du rembobinage.

Juste aussi le rappel discret, sur le fut de l’objectif, que cet appareil est japonais.

Ce Petri 35 Computor est un télémétrique, avec un télémètre couplé, que vous actionnez avec la bague de mise au point, munie d’un « doigt » pour une meilleure préhension. Le patch, jaune, se déplace dans le viseur jusqu’à ce que vous fassiez coïncider les 2 images.

Le viseur est collimaté, sans rappel de correction de la parallaxe. Les deux LED du dessus sont présentes aussi dans le viseur.

Pour le charger, c’est facile : abaissez le verrou sur la tranche gauche et le dos s’ouvre.

Vous glissez la bobine dans la chambre, tirez l’amorce jusqu’à la bobine réceptrice, largement fendue, actionnez une fois l’armement pour faire prendre le film, en vérifiant que vous êtes bien aligné sur les roues dentées, et vous refermez. Encore deux « tirs » à blanc, et vous voilà prêt à sortir.

Bon, n’oubliez pas de régler la sensibilité sur la bague avant de l’objectif sinon le posemètre intégré sera induit en erreur.

Que penser de cet appareil finalement ?

Esthétiquement, il est beau (mais la beauté est subjective !), surtout en noir. Techniquement, il n’est pas mal avec son obturateur électronique, son télémètre couplé, sa cellule judicieusement placée, son encombrement réduit (à peu près la taille d’un Yashica GX).

On peut lui reprocher sa vitesse maximale, un peu limitée (1/250s) mais d’autres ne font guère mieux à l’époque. Ou son viseur, un peu avares en informations, mais encore une fois, les concurrents ne font pas mieux et lui peut compter sur ses deux LED indicatives.

Ou son ouverture de f2,8 un peu faible ? Là, c’est vrai que les concurrents faisaient mieux tels les Yashica avec leurs ouvertures à f1,7, le Minolta aussi mais ce n’est pas rédhibitoire.

De ce que j’ai pu découvrir, et les exemples sont ci-dessous, les images qu’il délivre ne sont pas mauvaises du tout. Elles ont le charme des appareils télémétriques fixes des années septante.

Si vous en trouvez un en très bon état, 50€ me semble un juste prix pour que vous puissiez l’emporter. Dites-vous encore que le modèle n’est pas très courant.

Récapitulatif des images

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA et dans la video ci-dessous

Pub d’époque (merci Collection-appareils)

Grenier-Natkin 1972

Phokina 1972-73.

Petite video d’illustration

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Petri_Computor_35, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Petri_Computor_35, https://en.wikipedia.org/wiki/Petri_Camera en anglais; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11404-Petri_Computor%2035.html, http://www.fexmania.fr/picture.php?/1299 en français

Argentique

L’Hanimex 35 SF

C’est bien évidemment encore au hasard d’une caisse dans une brocante que je me suis baisé pour pécher ce petit compact, à mon avis, très typé année 80.

Petite vérification rapide, il ne manque rien, un peu de traces d’oxydation sur les contacts des piles, mais rien de bien méchant, le dos s’ouvre bien, verrou intact.

Allez, petite négociation et il atterrit dans le sac à dos.

Reste à trouver des infos à son sujet car, de mémoire, Hanimex était le nom d’une société créée par Jack Hannes pour importer en Australie des appareils photographiques européens. L’origine du nom est l’abréviation de « Hannes Import Export ». Cet importateur, comme son homologue allemand Quelle, re badgeait des appareils sous sa marque.

D’abord des appareils allemands (Dacora, Fineta, p.ex.) et est-allemand (Pentacon), quelques japonais (Topcon) puis divers appareils et accessoires chinois.

Ceux qui ont plus de vingt ans se souvienne sans doute de cette marque, présente avec des 35mm, des 110, quelques reflex re badgés, des objectifs, des zooms, des flashs, etc. In fine, l’entreprise sera absorbée par Fujifilm Australia en 2004.

Alors, pour tout vous avouer, je n’ai trouvé qu’un minimum d’infos sur Collection-appareils.

Bon, c’est un début. Cet appareil est sorti en 1985.

Pourquoi l’ai-je pris ?

Parce qu’il me rappelait vaguement des appareils assez semblables que je vous ai présentés. Je songe notamment au Canon MC ou au Canon Snappy 20, le Ricoh TF-900, le Ricoh FF-70, voire l’Olympus AF-1 ou même un Olympus Trip MD.

Il semblerait être basé sur le Halina Flash 300, qui a donné naissance à un Hanimex 35 S, c-à-d. le même que celui-ci mais dépourvu des LED de sur ou sous exposition car sans posemètre.

Donc, notre Hanimex 35 SF est un « point and shot » avec un objectif fixe de 35mm ouvrant à f4,5. On ne peut modifier que la sensibilité du film, le reste est affaire de l’appareil.

De fait, ce petit boitier est tout automatique : lorsque vous placez le film dans la chambre, en refermant le dos de l’appareil, il charge ce dernier et l’amène à la première vue.

Ensuite, vous réglez la sensibilité du film, grâce à une réglette graduée de 100 à 400 Iso.

Et pour prendre une photo, vous visez, vous estimez l’ouverture souhaitée en fonction de petits symboles tels que soleil, nuage, sombre, besoin de flash, etc. et vous appuyez sur le déclencheur.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est Hanimex-35SF-8-1024x681.jpg

La cellule est bien visible, à côté du viseur, le petit cercle.

Si l’exposition est trop basse, une LED indique que vous devez mettre le flash en route. Une LED verte indiquera quand celui-ci est chargé.A

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est Hanimex-35SF-6-1024x681.jpg

Et c’est tout !

L’appareil détermine la meilleure ouverture et la meilleure vitesse (maximum 1/125s semble-t-il) en fonction de la sensibilité du film et de la lumière ambiante (ah, le fameux « triangle d’exposition » mis en équation !)

Le viseur est clair sans être exceptionnel. Seul le cadre est indiqué, avec deux lignes pour la correction de parallaxe. Pas de rappel de la vitesse ou de l’ouverture, c’est un appareil clairement dédié aux amateurs qui ne veulent pas se compliquer la vie !

Petit, agréable à prendre en main, notamment grâce au petit bossage à l’avant droit, qui abrite les deux piles AA, c’est typiquement le petit compagnon qu’on glisse dans un sac, pour le cas où ….

Il bénéficie quand même de quelques aménagements utiles, comme le volet de protection de l’objectif, coulissant, et d’un compteur de vue, curieusement placé sous l’appareil et d’un filetage pour l’installer sur un trépied (oui, enfin, il n’y a pas de retardateur).

Que retenir de ce petit Hanimex 35SF ?

Paradoxalement, qu’il est assez rare et donc « collectionnable » même si je persiste à penser qu’il serait mieux dans une poche ou un sac, chargé d’un film.

Si vous en trouvez un en (très) bon état, ne dépensez pas plus de 20€. C’est évidemment un appareil d’entrée de gamme, tout en plastique, qui a son petit charme mais sans plus.

Des références : https://en.wikipedia.org/wiki/Hanimex, https://filmphotography.eu/en/hanimex-35s/ en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1139.html en français.