L' Atelier de Jean-Pascal, passionné de photographie et de peinture
Catégorie : Argentique
Le monde de l’argentique est riche de tant de modèles différents, du minuscule Minox au moyen format, sans parler des chambres, que je n’ai pas (encore) pu utiliser. Il y a des reflex, des télémétriques, des compacts, des pockets, des appareils instantanés, bref, de quoi découvrir et s’amuser.
Si vous vous en souvenez, Olivier nous a déjà présenté cet appareil ICI.
Il se fait que, finalement, j’ai pu en acquérir un à prix très raisonnable car il était inutilisable.
Cet article va donc reprendre quelques points du précédant (pour ceux qui ne veulent pas aller relire l’autre article, au demeurant fort bien fait) mais va aussi entrouvrir des options différentes.
Mais reprenons un peu le fil du temps : le Canon AL-1 est apparu en mars 1982, dernier de la série A de Canon, qui débutait en 1976 avec l’AE-1. Il fut aussi l’un des derniers à utiliser la monture FD, bientôt remplacée par celle que nous connaissons encore, la EF (1985), celle des Eos (qui, soit dit en passant, disparait au profit de la RF, celle des hybrides, Canon – tout comme Nikon – ayant décidé, avec retard, de se lancer exclusivement dans l’hybride. De nos jours, seul Pentax offre encore une gamme intéressante de « vrais » réflex avec sa monture historique, la K).
Je le qualifierais d’appareil de transition car s’il possède un système performant de confirmation de la mise au point par détection de phase, il n’est pas autofocus. Ça se sera pour le T80 qui le remplacera.
Le AL-1 permet de faire une mise au point assistée tout en gardant les objectifs classiques de la gamme FD (et ils sont nombreux !).
Si vous combinez cette particularité à l’exposition automatique, à priorité ouverture, vous avez là un appareil finalement assez avancé qui non seulement simplifie l’exposition mais aussi la mise au point (composition). Bref, l’appareil idéal pour le photographe amateur.
Cette orientation se remarque aussi, par exemple, dans la gamme des vitesses : l’obturateur est réduit et ne propose que les vitesses de 1/15, 1/30, 1/60 ( synchro flash), 1/125, 1/250, 1/500, et le 1/1000ème plus la pose B. Exit donc les vitesses vraiment lentes.
Pour le reste, il fonctionne en mode automatique ou manuel.
Je reviens un instant sur les lettres « qF » qui sont en façade : elles signifient « quick focus ». Répétons-le, ce n’est pas un autofocus mais une assistance à la mise au point.
Deux diodes rouges, sous forme de flèche, indique dans quel sens tourner l’objectif pour être net, et dans ce cas, une troisième diode, ronde et verte, s’allume, confirmant que c’est ok.
Comment cela fonctionne-t-il ?
Le miroir possède un réseau complexe de motif semi-transparent, qui laisse la lumière atteindre un « sous-miroir », qui pointe vers une ligne de 3 capteurs CCD nichés au fond de la chambre à miroir.
Comme pour les appareils modernes, ce système utilise une détection de contraste pour aider à la mise au point. C’est un vrai précurseur dans le domaine.
Cela fonctionne-t-il bien ?
Oui dans la grande majorité des cas. Cependant, les forts contrastes, la faible luminosité, les contre-jours, les tons sur tons vont poser problème. Mais ça n’empêchera pas le photographe de faire sa mise au point avec le dépoli et de faire la photo.
Finalement, c’est un appareil qui pourrait être tout à fait sympathique, sauf que …
Sans piles, point de salut ! Et les piles, deux AAA toutes simples, c’est le cauchemar de cet AL-1.
Enfin, pas les piles en elles-mêmes mais le compartiment dans lequel elles se trouvent. Notez que l’idée était bonne, au départ : un léger grip – le compartiment des piles – posé sur l’avant assurait une très bonne tenue de main, mieux même que sur ces frères (AE-1 et consorts) mais, saperlipopette, pourquoi Canon a-t-il mis là la pire porte de trappe à piles qu’il ait jamais conçu ?
Elle est d’une fragilité légendaire car non seulement le « verrou » en plastique se brise, mais la partie métallique, qui assure les contacts électriques, se fait généralement la malle, rendant l’appareil inutilisable …
… sauf si vous savez un peu bricoler !
Celui que j’ai acheté souffre de cette tare : le verrou est cassé mais j’ai la chance d’avoir encore la plaquette métallique.
Armé d’une petite perceuse, j’ai entamé la poignée pour pratiquer une fente, dans laquelle j’ai glissé un bout de ferraille (récupéré sur une structure métallique de film Polaroid !), et l’extrémité de cette languette vient bloquer la porte, assurant un bon contact électrique (j’avais essayé avec un bout de gaffer, mais la pression n’était pas suffisante pour assurer un bon contact). Le bout est replié vers la poignée et entouré d’un morceau de gaffer à tout faire.
Ce n’est sans doute pas le moyen le plus élégant pour corriger le problème mais il ne coûte rien et ça fonctionne !
Ce bel AL-1 qui risquait de terminer sa vie en presse livre, sur une étagère, marche de nouveau parfaitement bien, et comme c’est un priorité ouverture, j’avoue qu’il a ma préférence dans la gamme des Canon A.
D’autant que ce boitier – réalisé en polycarbonate de très belle qualité, on croirait qu’il est tout en métal – est confortable sans être très léger (490gr nu). Son ergonomie est soignée avec la petite poignée du porte-pile, son levier d’armement qui se prolonge vers le déclencheur, assurant une excellente prise, voire même une certaine rapidité pour ré-armer.
A son époque, seuls quelques appareils presque confidentiels comme le très rare Minolta X-600, le Pentax ME F et Olympus OM-30, proposaient une assistance à la mise au point utilisant des objectifs à mise au point manuelle. Le Canon AL-1 fut le plus produit et le plus vendu.
Il sera aussi un formidable banc d’essai pour Canon car il inspirera sans aucun doute les recherches qui donneront lieu à la création de l’Eos 650 (1987), salué comme étant l’appareil avec la meilleure mise au point de l’époque, au grand détriment des concurrents tels que Minolta et Nikon.
Petite particularité toutefois : l’aide à la mise au point ne se fait qu’au milieu de l’image. Si vous voulez décentrer celle-ci il faut maintenir le déclencheur enfoncé à mi-course et recomposer votre image avant d’appuyer à fond pour prendre la photo.
Autre petit point auquel faire attention, les objectifs FD que vous allez utiliser. Les plus anciens ont une position A (automatique), qui était destinée à l’automatisme des AE-1 (priorité vitesse). Ici, lorsque vous modifiez l’ouverture de votre objectif, le boitier calcule la vitesse la plus appropriée. Sur les AE-1 et consort, c’est l’inverse. Ne laissez donc pas ces objectifs sur le A sinon vos images seront exposées à l’ouverture minimale de ces derniers (f16 ou f22 souvent).
Cette remarque est également valable pour les AV-1, eux aussi à priorité ouverture (mais non débrayables eux).
En résumé, un très bon appareil dans la veine de la série des Canon A, automatique ou manuel (vous choisissez alors vous-même la vitesse), compatible avec toutes les optiques en monture FD et New FD – à privilégier (et même FL avec un adaptateur), qui utilise des piles ultra basique (deux AAA), qui vous assiste dans la mise au point et qui le fait très bien.
S’il n’était affublé de cette satanée porte du compartiment à pile qui ne demande qu’à se caser, il serait parfait.
La pièce n’existe plus mais avec un peu d’astuce, on peut y remédier et remettre en service de beau joujou. Il se dit qu’avec un Winder A1 ou A2 (moteur de réarmement), bien serré au boitier, ça tient aussi la trappe en place, ça alourdit juste un peu la silhouette et le poids de l’ensemble … A voir aussi avec un plateau Arka Swiss, qui pourrait bloquer la trappe, les solutions existent.
Alors, si vous en trouvez un en parfait état, prenez-le, vous ne le regretterez pas. Et si celui que l’on vous propose n’a plus de quoi fermer le compartiment piles prenez-le aussi, vous pourrez toujours en faire quelque chose et le remettre en route à peu de frais.
Et pour économiser les piles, n’oubliez pas de remettre le sélecteur sur L (en rouge, lock) quant vous en avez terminé.
Une petite video promotionnelle d’époque
Caractéristiques principales :
Reflex mono-objectif 24×36 mm à exposition automatique réglée électroniquement Objectifs utilisables : FD et la plupart de la série FL Objectif standard : FD 50 mm f/1.2, 50 mm f/1.4 ou 50 mm f/1.8 Monture baïonnette Canon Viseur prismatique, fixe Champ 92% verticalement, 93% horizontalement de l’image réelle Grossissement 0,87x avec objectif standard réglé sur l’infini Réglage dioptrique de l’oculaire : -1 dioptrie Verre de visée : dépoli laser avec collimateur de mise au point Mesure de la lumière à travers l’objectif Exposition automatique : priorité à l’ouverture Système de mise au point rapide : à travers l’objectif et faisant appel à trois capteurs CCD; infos relatives à la mise au point calculées et affichées par micro-ordinateur Témoins de mise au point : 3 LED, rouge flou (mise au point trop courte), vert net, rouge flou (mise au point trop longue) Déclencheur électromagnétique bi-étagé. Vitesses d’obturation : réglage auto en continu de 2s à 1/1000 s. Réglage manuel 1/1000, 1/500, 1/250, 1/30, 1/15 et « B » Retardateur électronique délai de 10s commandé par le déclencheur Exposition auto au flash
Système Quick Focus : Le système recherche le pic de contraste de l’image obtenu par trois rangées de capteurs CCD linéaires L’exposition est commandée par une cellule photo-électrique TTL au silicium. Le Canon AL-1 QF dispose d’une mesure intégrale à prédominance centrale.
Voilà, voilà, comme prévu, l’ami Pierre a retrouvé un objectif pour l‘Olympus OM 707 que je vous présentais il y a quelques temps.
Il s’agit d’un Photoline 35 – 70mm ouvrant de f3,5 à 4.5 traité multicouches. Il a bien servi mais il est parfaitement fonctionnel et va me permettre d’aller un peu plus loin dans la présentation du boitier.
Source d’un modèle d’illustration, Ebay.
J’avoue qu’une fois monté sur l’appareil, l’ensemble est très cohérent.
J’allume l’appareil et en avant pour le test …
Comme ce n’est pas un objectif Olympus AF , le levier qui doit opérer l’avance ou le recul de l’objectif n’est pas efficient. Ici, je règle la distance et la focale à la main.
En soi, ce n’est pas gênant et même plus confortable que de le faire avec le pouce sur un curseur quand on a l’œil au viseur : tourner une bague est plus « naturel ».
Quoique … en reprenant le boitier en main, si j’enfonce la touche AF/PF, je peux faire varier la focale avec le curseur mais alors l’objectif ne fait plus la mise au point !
les commandes AF/PF, celle du flash, le drive et le retardateur
Seconde remarque, le viseur est large, clair et, dans le coin supérieur gauche, une petite fenêtre indique l’ouverture choisie, la vitesse déterminée et un point vert indique si l’autofocus a accroché le sujet, validant la mise au point et la prise de vue. Un point rouge signale que celle-ci n’est pas bonne. En dessous, il y a encore des indications sur l’utilisation du curseur PF/Programme Shift.
A gauche, le carré avec les indications de vitesses et ouvertures, à droite, on voit en plus la zone de mise au point au centre du viseur.
Si le chiffre 2000 (vitesse) clignote, cela signifie qu’il y a surexposition; si « lo » apparait en clignotant, c’est une sous exposition et le flash est nécessaire.
Lorsque la lumière est faible, vous distinguerez un faisceau rouge sur le sujet: il s’agit de la lampe d’assistance de l’autofocus. Cet éclairage fonctionne jusqu’à trois mètres maximum (avec un 50mm).
Pour mémoire, le mode d’emploi de l’appareil est ICI (multilangues) car je ne vais pas reprendre toutes les manipulations possibles.
Juste ajouter que si vous enfoncez la touche AF, lorsque vous poussez le curseur de « mise au point » vers la droite ou la gauche, vous pouvez faire varier les combinaisons ouvertures/vitesses pour choisir celle qui vous convient le mieux.
Donc, je modifie la focale avec la bague de l’objectif et lorsque j’appuie à mi-course sur le déclencheur, le boitier fait la mise au point, relativement vite si la luminosité est bonne, de manière plus poussive si elle est médiocre.
La recherche du point est assez bruyante mais pas dérangeante. Le déclencheur est franc, sec. Par contre, le bouton du déclencheur, sur la poignée Power Plus 300 est un peu déconcertant : sur le dessus, il y a une espèce de bouton qu’on a envie d’enfoncer, mais c’est le mini-flash qui est dessous, le vrai déclencheur est un peu plus bas. Question d’habitude à trouver.
J’ai mis un « film test » dedans pour voir comment il réagissait mais je ne mettrai pas un film pour faire des photos avec.
Ceci étant, pour ouvrir la porte arrière, il faut d’abord enfoncer un petit bouton et faire glisser vers le bas le verrou. Lorsqu’on place un film dans la chambre, il faut tirer l’amorce jusqu’au repère de la flèche rouge et refermer le dos : le boitier enroule le film jusqu’à la première vue et vous indique le nombre de vues disponibles selon le film engagé.
A chaque prise de vue, rrrr… le moteur entraine le film vers la suivante. C’est un peu sonore, mais pas plus que les concurrents d’alors.
Alors, que penser, in fine, de cet Olympus OM 707 ?
Pour avoir manipulé un Minolta 7000 AF et un Pentax SFX, je dirais que l’Olympus fait plus ou moins jeu égal en termes de tenue en main, de manipulations des commandes, de bruit. Comme les autres cités, les commandes sont un peu complexes (appuyer sur un bouton, faire glisser un curseur, désengager le programme, etc.) mais c’était le lot d’une « informatique » encore balbutiante.
En terme d’ergonomie, on l’a bien en mains mais il est lourd car tout en métal (sauf la porte arrière) : avec les 4 piles dans la poignée et le zoom, on passe le kilo.
Point de vue « look », il n’est plus dans la veine très recherchée des « vintages » – tout mécaniques – et pas encore dans celle des « modernes » que les acheteurs boudent injustement.
C’est typiquement un appareil de transition ente deux époques, deux technologies, j’ai même presque envie d’écrire, deux écoles : le tout manuel et le tout assisté, qui fera le bonheur de tant de photographes au seuil des années nonante et deux mille ensuite.
Est-ce un bon appareil ?
Oui, car il offre un bon confort d’utilisation si on a les optiques adéquates, qui autorisent à profiter de tous les aménagements de l’appareil.
Moins si on n’a pas ces optiques car l’appareil est alors « amputé » d’une partie de ses avancées technologiques.
Reste que si vous en trouvez un dans les 30 à 50€ avec un objectif soit compatible soit d’origine, vous vivrez une expérience particulière, celle des débuts de l’autofocus. Et il ne s’en tire pas trop mal.
Quand j’écrivais que chez mes parents, c’était la caverne d’Alibaba !
Au détour d’un énième rangement, je (re)trouve ce drôle d’appareil, un Minolta Vectis S1.
A sa sortie, cet appareil a reçu des prix prestigieux pour ses innovations.
Si je m’en souviens bien, c’est le dernier appareil reflex argentique que je leur avais acheté, parce qu’il était facile à utiliser et léger, offrant les promesses du film APS qui, hélas, ne fit pas long feu, trop vite boudé par les magazines photos, les pros et très (trop) vite rattrapé par le numérique.
Nous sommes en 1996 et le monde de la photo va bientôt basculer, mais nous ne le savons pas encore.
Pour mémoire, le film APS (pour Advanced Photo System) était une tentative de modernisation de la photographie argentique, qui introduisait des fonctionnalités séduisantes. Sa taille, un peu plus petite que le film 135mm classique a d’ailleurs donné son nom aux appareils numériques à « petits capteurs » – entendez par là ceux qui ne sont pas des 24x36mm, les APS-C.
Alors, au rayon des fonctionnalités, il y avait la possibilité de choisir le format de l’image : soit le C (classique) au rapport traditionnel 3:2, le H (haute définition) au rapport 3:1, plus large et enfin le P (panorama) au rapport 16:9.
Une autre était de pouvoir rembobiner le film à mi-chemin, puis de remettre le film dans l’appareil et redémarrer là où vous l’aviez interrompu sans manipulation particulière, juste le remettre dans l’appareil. Cette particularité vous permettait de changer soit de sensibilité soit de type de film selon vos envies/besoins.
Mais je vous renvoie à l’article que j’ai déjà consacré à ce film ICI car il n’est pas l’objet de ce qui nous préoccupe aujourd’hui, notre Minolta Vectis S1.
La gamme Vectis englobe toute sorte d’appareils : des compacts vraiment minuscules, des compacts « normaux » et deux reflex, le Vectis S1 et le Vectis S100, un S1 simplifié.
De fait, le Vectis S1 est le porte drapeau de la série car il offre la plus grande gamme de fonctionnalités du système APS qu’il combine avec un système d’appareil photo complet : un boitier, des objectifs interchangeables et un flash accessoire dédié.
Source : Mike Eckmant, cette publicité de 1996 pour le Vectis S-1 fait la promotion de l’utilisation de la « technologie Big Bang » !
Non seulement il sera le « reflex » le plus compact du monde mais il sera tropicalisé, c-à-d qu’il résistera à une fine pluie ou à la neige. Et il faut savoir que les objectifs sont aussi tropicalisés, ce qui en fait un baroudeur léger, facile à prendre en mains, bien nantis en fonctionnalités …
Décidément, Minolta sera toujours une marque étonnante, qui n’a – malheureusement – pas toujours fait les bons choix et qui disparaitra trop vite à mon goût.
Avant de vous faire le descriptif de l’appareil, une remarque toutefois. En introduisant ce nouvel appareil, en fait un nouveau « système », Minolta a fait le choix d’une nouvelle monture, spécifique à cet appareil, la baïonnette V, qui ne permettait pas de réutiliser les anciennes optiques AF – ce qui fâche toujours une partie des possibles acheteurs, mais bon, il convient de se rappeler que c’était un nouveau concept !
Une gamme spécifique a été développée pour le S 1 – et le S 100, ne l’oublions pas : outre des zooms 28-56 mm, un 22-80, un 56-170, un 25-150, un 80-240 APO, il y aura aussi 3 objectifs à focales fixes, soit un 17mm, un 50 mm Macro et un 400 catadioptrique.
Ceci étant, ils avaient quand même prévu des bagues d’adaptation, au cas où …
Pour tirer pleinement parti de la conception compacte du Vectis et du format APS, Minolta a apporté des modifications et des améliorations importantes à la conception de l’objectif. Ainsi les nouveaux objectifs Minolta V sont 20 % plus petits et 40 % plus légers que leurs équivalents AF en 135mm et, comme dit plus haut, ils disposent d’une construction anti-éclaboussures, d’une optique d’objectif améliorée, d’une bague de mise au point de plus grande taille, d’une mise au point manuelle directe et de l’inclusion du moteur AF, d’une commande d’ouverture et touche AF/M.
Si je résume, l’appareil a toutes les fonctions des réflex de son époque : les modes manuels d’ouverture, de vitesse, la gestion des flashs et de la mise au point, puis un mode de fonctionnement tout auto, et encore les différents modes programmes pour le portrait, le paysage, le sport, la macro, la nuit, des choix de mise au point automatique. Il a un flash pop-up, qui peut déclencher à distance d’autres flashs de la marque et le boitier contrôle les objectifs électriquement. Si vous ajoutez à ça les fonctionnalités propres à l’APS, que lui manque-t-il ?
Encore une particularité : je vous parle de reflex mais en fait l’image ne passe pas par un prisme (reflex) mais à travers une construction de miroirs et de lentilles. Le viseur est placé sur la gauche de l’appareil, un peu comme sur un télémétrique. Cette construction particulière permet de garder la taille réduite voulue pour le boitier.
Source : Mike Eckman, ce diagramme montre le trajet de la lumière à travers le système complexe de miroirs et de lentilles du Vectis S-1.
Les informations nécessaires (flash en action, mise au point faite, vitesse, ouverture) s’affichent dans le viseur, en dessous de l’image vue. Notons encore que le viseur bénéficie d’une correction dioptrique assez large, de -4 à +2 qui ravira les plus de 40 ans.
Si vous vous en souvenez, le système APS permet de choisir des formats d’impression différents (C-H-P). Eh bien le viseur du Vectis en tient compte et masque le cadre de l’image pour que le photographe puisse viser en toute connaissance de cause. Juste une précision encore : ces différents formats peuvent être mélangés sur un même film.
Source : Micke Eckman, les différentes vues du viseur : le format H (full frame) – mode classic 3:2 – mode panoramique
Avant de préciser certaines fonctionnalités particulières de l’appareil, juste encore vous dire qu’il disposait (en option) d’un déclencheur à distance par infra rouge. S’il était équipé d’un flash pop-up, en retirant le cache sur le dessus du capot, une griffe flash permettait de connecter le flash SF-1 – conçu exprès pour lui – ou les 5400 et les flashs pour les Minolta AF.
Donc, revenons à quelques particularités de ce Vectis S1 :
le chargement du film se fait sur le côté de l’appareil (pratique s’il est sur un trépied). L’avantage du système APS est qu’il ne faut rien faire d’autre que de glisser la cartouche dans l’appareil (pas d’amorce à tirer dans une bobine réceptrice) qui se chargera de faire avancer le film soit à la première image, soit à celle où vous vous étiez arrêté si c’est une bobine déjà entamée. Bien évidemment, en fin de film, rembobinage automatique.
le boitier propose un verrou de sécurité qui garantit que la porte du film reste fermée tant qu’il y a un film utilisable dans l’appareil, éliminant tout risque de voilage de la pellicule.
si vous avez lu l’article sur le film APS, vous avez vu qu’il y avait une piste magnétique sur celui-ci, qui enregistre une série de paramètres. Le Vectis va envoyer sur cette piste toute une série d’infos utiles, tels le mode d’impression à heure fixe, le titre de la bobine, le titre de l’image, la quantité d’impression, la date et l’heure, le format d’impression, l’orientation du film, celle de l’appareil, le déclenchement du flash, la luminosité de la scène, l’éclairage artificiel, le retour du flash et le rétroéclairage. Impressionnant ! Ce sont les « Exif » avant l’heure …
la possibilité d’imprimer les infos de données de la prise de vue, comme la distance focale de l’objectif, les ISO, la vitesse choisie, l’ouverture, si vous avez compensé l’exposition et l’ouverture maximale de l’objectif. Tout cela sera imprimé au dos des photos. Moi, ça m’épate …
pour garantir que ces informations (dites IX) soient correctement inscrites sur le bord de la pellicule, l’appareil utilise des têtes d’écriture à ressort, fixées à des guides mécaniques, qui offrent alors la piste d’écriture la plus « propre » possible.
l’avantage de toutes ces données, inscrites sur le bord du film, c’est qu’elles sont communiquées au « photofinisseur » (la machine qui développe automatiquement les films). Elles empêchent cette machine de faire des corrections automatiques qui ne respecteraient pas vos sensations lors de la prise de vue et donnerait un rendu trop uniforme à vos photos.
revenons un instant sur la mise au point « prédictive » : grâce à son système de mise au point automatique précis et continu, avec une large zone AF, le Vectis offre une grande variété de choix de cadrage et une plus grande capacité de mise au point sur des sujets rapides. D’autant que vous pouvez verrouiller la mise au point en appuyant à mi-course sur le déclencheur, vous permettant de positionner votre sujet où vous voulez dans le cadre.
pour les puristes, vous pouvez toujours passer en manuel en tournant la bague de mise au point de l’objectif.
afin de garantir une exposition précise de vos photos, même dans des éclairages complexes, la cellule au silicium est divisée en 14 segments dont 13 dans un réseau en « nid d’abeille » plus un pour l’arrière plan.
ceci étant, vous pouvez aussi choisir la mesure spot, qui concentrera le posemètre sur la zone centrale du nid d’abeille.
outre les modes programmes spécifiques (qui vous aideront à utiliser les meilleurs réglages pour telle ou telle scène), il existe un mode « tout automatique ». Dans ce cas, c’est l’appareil qui fait tout pour vous, et il le fait bien.
la mesure du flash est TTL, faite sur 4 segments du système de mesure pour mieux doser l’éclair du flash en fonction de la scène. Toujours en écrivant sur le flash, sachez que le flash intégré peut piloter à distance les flashs Maxxum 5400 HS – 5400xi et 3400xi, sans accessoires (cordons, etc.). Un rapport 2:1 peut même être sélectionné. Dans ce cas, le flash externe fournit 2/3 de la puissance et le flash intégré le tiers restant, ceci afin d’exposer correctement le sujet.
quant au flash spécialement dédié au Vectis S1 – le flash SF-1, il est aussi résistant aux éclaboussures, à la neige, aux poussières. Il possède un panneau macro parfaitement adapté à la couverture au flash de l’objectif macro Minolta V 50mm
si vous avez choisi la prise de vue en continu (1 image/sec.), la mise au point s’ajuste elle aussi en continu pour garantir la netteté de l’image entre chaque exposition.
le tableau de commandeset l’écran LCD
Quand je vous écrivais qu’il ne manquait rien à cet appareil …
Et pourtant, l’appareil n’a pas rencontré le succès espérés par Minolta, pour deux raisons : le format APS a surtout eu ce succès avec les compacts et ultra-compacts, toute marque confondue; ensuite, le numérique a percé trop vite pour que l’appareil puisse s’installer dans les habitudes des photographes amateurs mais éclairés.
Toujours vendu dans les années deux mille, il avait vu – comme ses concurrents APS du reste – son prix divisé pratiquement par deux (Camara le proposait à 2990 FF en 1997 et seulement à 1970 FF en 2000 !).
Quel est encore l’intérêt de cet appareil aujourd’hui ?
Ben, il est toujours aussi compact, résistant aux intempéries, léger, performant, avec une vaste gamme d’objectifs à « tout faire » MAIS le film APS n’existe plus !
Comme je le faisais déjà remarquer dans l’article consacré à ce film, vous ne pourrez plus en trouver que des périmés – notez que ça ne nous empêche pas de les essayer – et il faut trouver un labo qui possède encore les rails : les labos savent toujours les développer mais pas forcément tirer les images et/ou les scanner sans ce « rails » de guidage.
C’est un appareil « chant du cygne », si je peux me permettre l’expression : vous les trouverez à des prix ridicules, souvent dans leur boite et avec les accessoires ad hoc. Si vous trouvez des films, utilisez-les et puis il restera à offrir ces belles machines à un musée quant le stock encore existant de ces APS aura disparu.
Dommage, c’était un bel appareil …
Avec lui disparaitra aussi quelques articles prévus pour les films APS, comme ce rangement (trouvé dans la même caverne !)
Celui des parents que je viens de retrouver a encore un film à l’intérieur. J’ai changé les piles (deux CR2) et je vais le terminer, pour le plaisir de découvrir ce qu’ils ont pris en photo à l’époque, émotions en perspective !
Même si je ne suis pas collectionneur, celui-là, je le garde.
Les caractéristiques Batteries d’appareil photo : 2 CR2 Format de caméra APS Plage d’exposition : 1/2000 s à 30 s Modes d’exposition : Manuel, Programme, Automatique, Priorité vitesse, Priorité ouverture Délai du retardateur : 10 sec Verrouillage de la mise au point automatique, Verrouillage de l’exposition automatique Télécommande infrarouge en option Modes de prise de vue : Nuit, Sports, Gros plan, Portrait, Paysage Détection de phase TTL à mise au point automatique Point de mesure de l’exposition : motif en nid d’abeille Plage de vitesse du film : ISO 6 – 6400 Avance du film automatique Contrôle de l’obturateur électronique Modes de mise au point automatique : Automatique, Continu, Prise de vue unique Échange d’informations (magnétique IX) : Quantité d’impression, Impression du titre, Impression de la date/heure, Changement de mi-rouleau (MRC), Sélection triple format, Mode d’impression à heure fixe (FTPM), Amélioration de la qualité d’impression (PQI) Vitesse de synchronisation : X 1/125 s Compensation d’exposition : Plage ±3 EV, par pas de 1/2 EV Zones de mesure d’exposition : 14 Vitesse de prise de vue continue : 1 image par seconde Flash : griffe propriétaire Minolta Amélioration de la qualité d’impression (PQI) : Oui Modification en cours de déploiement (MRC) : Oui Flash d’appareil photo : Modes flash Mode automatique, mode remplissage, mode rétroéclairage, mode flash désactivé Réduction des yeux rouges : Oui Montable sur trépied : Oui Résistant aux intempéries : Oui Plage de correction dioptrique -4 à +2 Couverture du cadre : 95%
Si vous vous en souvenez, lors de la présentation du Zorki 4 et 4K, je trouvais dommage que le 4K perdait ses œillets, ceux qui permettent d’y attacher une lanière de portage.
D’autant que le « sac tout prêt », en vrai cuir russe, costaud mais pas vraiment raffiné, avait un gros défaut, outre son poids : on ne pouvait le séparer en deux. Il fallait donc se résoudre à voir pendouiller la partie haute lorsqu’on se promenait en mode « street photo » ou s’en passer.
Là, deux solutions : soit acheter un petit sac style Peak Design Everyday Sling 5l pour l’y déposer, soit … modifier la dite gaine.
C’est ce que j’ai choisi de faire … faire par un cordonnier qui aime son métier et sait écouter ses clients (pour ceux qui habitent près de Mons, la cordonnerie Raymond et fils).
Je lui ai donc demandé d’extraire le rivet qui retenait la patte de la gaine et d’y installer deux pressions : l’une pour pouvoir fermer l’ensemble, l’autre pour désolidariser les deux parties facilement.
Opération pleinement réussie : je peux, au choix, ouvrir la gaine et laisser pendre le devant ou, plus confortable, l’enlever complètement et ne garder que le bas qui assure la fixation de l’appareil et porte les lanières en cuir, solides.
Ensuite, pour rendre le Zorki 4K plus aisé manipuler, je lui ai ajouté un soft release en alu, plus confortable que le déclencheur à picots.
Puis un filtre jaune car l’Industar 61 a souvent besoin d’un petit coup de pouce pour accentuer les contrastes.
Et enfin, un petit pare-soleil en métal, avec un bouchon d’objectif, pour parer à toutes éventualités et se prémunir des reflets intempestifs par grand soleil.
Comme j’ai un Peak Design Everyday Sling 5l, je l’ai lesté de deux autres filtres (rouge et vert) et d’un petit flash National PE-160M tout neuf (!) que j’ai retrouvé dans mes « boîtes à trésors »; il accueille la partie haute de la gaine et une cellule à main Gossen Sixtar, en attendant de recevoir celle que j’ai commandée, à fixer sur le porte accessoire. J’en reparlerai bientôt.
SAMSUNG CAMERA PICTURESSAMSUNG CAMERA PICTURESSAMSUNG CAMERA PICTURESBon, le nombre guide est de 16 à 100Iso, mais c’est comme un petit flash intégré, ça débouche juste les ombres d’un portrait.Une Gossen Sixtar, toujours opérationnelle (pile PX625 moderne)
J’ai mis un film dans la chambre, un Ilford HP5 de 400Asa … faut juste que je me décide à sortir.
La suite donc, comme il se doit, au prochain numéro …
C’est vrai que jusqu’à présent je n’avais pas vraiment abordé les reflex de chez Olympus.
D’abord parce que je n’en trouve pas souvent d’abordables et ensuite parce que Fred, d’Histoires de Photo en parle mieux que moi, les ayant utilisés.
Mais voilà, ce samedi matin, petit tour chez Emmaüs à Ghlin, et que vois-je dans une caisse de vieux machins, … cet Olympus OM 707.
La première impression ne fut pas bonne : sale, sans objectif (mais un bouchon de boitier, ouf), avec un peu d’oxydation dans la trappe à piles, je vous avoue que je l’avais pris en mains, puis replacé dans la caisse … le temps de quelques pas, car je n’avais rien d’autre à me mettre sous la dent (et midi approchait à grands pas).
Là, quand je vous écris qu’il était sale …
Je ne le connais pas (encore) mais à vue de nez, c’est un appareil de la moitié des années quatre-vingt. Certains vont m’en vouloir, mais il a des airs de Pentax SFX, aussi quelque chose du Minolta 7000 AF.
Allez, rentré à la maison, séance de nettoyage, du compartiment piles aussi (maintenant, vous savez comment faire ICI).
Bon, il me reste à partir à la pêche aux infos …
Il était une fois … la Photokina de 1986, où ce boitier fut présenté pour la première fois au grand public. Comme souvent, sous deux dénominations : OM 707 et OM 77 selon les marchés.
Et c’est dans l’antre de cette grand messe dédiée aux innovations de l’époque en termes de photographie qu’Olympus voulait frapper un grand coup.
Si, honnêtement, la marque s’était fait souffler la première place quant à la présentation d’un appareil autofocus piloté par le boitier – là c’est Minolta et son 7000 AF qui avait surpris tout le monde (1985) – puis encore de peu par Nikon et son F-501 (février 1986), il voulait quand même montrer qu’ils savaient innover aussi et, outre l’autofocus, ils présentaient une première mondiale, un flash intégré.
Olympus développe, comme ses concurrents, une gamme d’objectifs dédiés à ce nouvel appareil, avec une particularité : ils n’ont plus de bague de mise au point puisque le boitier la fait, via un curseur coulissant, ni bague d’ouverture.
Mais, en principe, on peut encore utiliser les anciens cailloux : si on utilise les objectifs OM, il faut le faire dans le mode automatique avec priorité ouverture et si on utilise les objectifs AF, seul le mode Programme est utilisable.
Comme je ne possède pas d’objectif avec ce boitier, voici à quoi ça ressemble (merci Mes appareils photos)
L’Olympus OM 707 avec un zoom 35 – 70 mm ouvrant de f3,5 à 4,5.
Si vous vous en souvenez, Olympus a souvent été le chantre de la photographie ouverte au plus grand nombre. C’est donc un appareil destiné au grand public et aux professionnels mais qui offre, à l’époque, le mieux de ce qui existe chez eux.
Mais, en résumé, l’Olympus OM 707 était le premier et sera (presque) le dernier appareil photo Olympus SLR à mise au point automatique (AF) en 24×36 de la marque !
-« Aïe, mais que s’est-il passé ? »
De fait, l’OM 707 venait avec des fonctionnalités innovantes, dont le fameux premier flash intégré, et un flash électronique, le F280, synchronisé à toutes les vitesses qui venait épauler celui du boitier, peu puissant. Ce F280 était synchronisé jusqu’au 1/2000s, la plus élevée à l’époque et il disposait également d’une lampe d’illuminateur AF haute puissance pour faciliter la mise au point en basse lumière.
Ensuite, l’introduction du premier objectif dont la mise au point est entièrement contrôlée par un curseur sur le boitier (mise au point électrique).
La mise au point pouvait être verrouillée via un petit bouton noté AE.
Encore, vous aviez le choix entre deux poignées (interchangeables) : le Power Flash Grip 300 qui avait un petit flash pop-up et un déclencheur, ou le Power Grip 100 qui offrait juste le déclencheur.
La gamme proposait aussi 8 objectifs, tous AF, soit plus que ses concurrents.
De plus, comme signalé plus haut, la baïonnette autorisait le montage des objectifs des autres appareils OM, plus anciens, ce qui donnait une quantité énorme d’objectifs à utiliser.
Mais comme l’appareil était un autofocus, certaines fonctions ne marchaient pas. Seule la modification de l’ouverture restait « universelle ».
De plus, l’appareil avait un système d’armement automatique (« rafale » jusqu’à 1,5i/seconde). A la mise en place de la cartouche dans la chambre, l’appareil lisait le codage DX et réglait la sensibilité de la cellule (de 25 à 3200 Iso). Il proposait la mesure pondérée centrale. Par défaut, si le film n’est pas codé, l’appareil reprend la valeur de 100Iso.
L’appareil bénéficiait aussi de la mesure TTL – OTF, un système qui permettait une analyse de la lumière à travers l’objectif et à travers le miroir, qui comprenait une section semi-translucide au centre pour faciliter la mesure lorsqu’il est en position base. Ce système contournait le problème des changements soudain de luminosité lorsque le miroir est relevé puisqu’il permettait à la mesure de se poursuivre jusqu’à la fin de l’exposition. Il s’agissait également d’une percée majeure en termes d’obtention d’expositions au flash plus précises via la mesure à travers l’objectif.
Vous pouvez voir la pastille translucide et le fin réseau gravé dans le verre du miroir et dans le verre du dépoli, au dessus.
Sur le dessus, un écran LCD affichait la vitesse du film, l’état de la batterie, le mode que vous aviez sélectionné (AF ou PF) et le retardateur (12 secondes).
Alors, pourquoi cet appareil fut-il un flop ?
Le premier problème, semble-t-il, fut l’absence de bague pour la mise au point qui pénalisait la prise d’image, le système n’étant pas des plus rapides ni des plus précis, malgré un système d’assistance, mais peu convaincant. Ensuite, impossible de régler les ISO puisque l’appareil le faisait via le codage DX des films, mais il n’offrait pas la possibilité de le modifier manuellement. Encore, le boitier offrait la mesure pondérée centrale mais pas de mesure spot.
Or ces points existaient chez les concurrents.
Plus anecdotiques mais tout aussi fâcheux, les fameuses poignées Power tombaient rapidement en panne, rendant l’appareil inutilisable (surtout à l’arrêt de la production, impossible de trouver des pièces) : la petite pièce, en dessous, qui ferme le réceptacle des 4 piles AAA a la fâcheuse tendance de prendre ses aises et de disparaître (bon, c’est mois esthétique, mais on sait se dépanner avec une fine feuille de nickel, un bout de plastique ou de bois coupé à la dimension et un morceau de gaffer à tout faire).
Leur protubérance alourdit la silhouette du boitier et augmente son encombrement.
A gauche, sans la poignée, il ressemble à un boitier « standard » de l’époque, à droite, la poignée allonge l’ensemble de près de 3cm.
En fait, cet appareil était en avance sur son temps et, surtout, sur ses utilisateurs, encore friands de réglages manuels (ils n’avaient connus que ça depuis des lustres). Pour eux, un appareil sans contrôle est un appareil destiné aux débutants. Or, au prix où était proposé l’OM 707, on était clairement dans du bon milieu, voire du haut de gamme.
Olympus a raté sa cible … et perdu beaucoup car ils ont peu à peu abandonné le secteur du reflex 24×36, pour se replier vers des compacts performants comme l’iS -100 ou les Camedia… qui utilisaient un dérivé du système de mise au point de l’OM 707.
Enfin, je nuance un peu le propos : Olympus a continué à proposer des reflex aux professionnels, des appareils manuels (essayez de trouver un OM-3 Ti !), et quelques boitiers aux « débutants » avec autofocus. Pour eux, ce dernier n’était pas destiné aux pro !
Le boitier qui suivra sera l’OM-101, qui reprendra le système « Power Focus », qui devient une « mise au point manuelle motorisée », une autre histoire …
Que penser de cet appareil ?
S’il n’est plus guère utilisable de nos jours (sauf à être complet et en bon état), il fait partie de l’histoire de la photographie pour être un des premiers réflex autofocus du monde, inscrit dans le cercle fermé du Minolta 7000 AF, du Nikon F-501 et, un peu à la traine, du Canon Eos 650 puis le Pentax SFX.
Il aura, malheureusement peut-être, plus sa place sur une étagère que dans un sac photo (certains vont me contredire, car ils l’utilisent encore, et c’est tant mieux !).
J’ai un peu le sentiment, après avoir préparé cet article, que c’est un appareil pensé par des ingénieurs, pas des photographes, et qu’ils ont zappé le service marketing. Ça leur a coûté cher !
Maintenant, si vous en trouvez un, idéalement avec un objectif de la gamme, faites-vous plaisir mais ne cassez pas votre tirelire. Au delà de 30€, c’est du gaspillage.
Pour celui que j’ai acquis, le nettoyage des contacts m’a permis de glisser 4 piles AAA très communes dedans et … suspens : il s’est allumé ! Les commandes semblent répondre. Reste à lui trouver un objectif maintenant.
La suite au prochain numéro, mon ami Pierre me dit qu’il doit encore avoir un objectif pour moi. Je vais pouvoir le tester complètement et redonner un avis comme d’habitude très subjectif.
Porst 1986-87.Camara, janvier 1987.Source : Singe-Urbain
Video d’illsutration
Des exemples de photos prises avec cet appareil LA.
Un peu de technique pour ceux qui aiment :
Obturateur à plan focal à déplacement vertical contrôlé électroniquement. Vitesse d’obturation de 2s à 1/2000 s Monture d’objectif : Olympus OM pour objectifs AF (accepte les objectifs manuels OM et OM-AF) Contrôle de l’exposition : TTL ‘OTF’ pondéré au centre. Mode d’exposition : Programme ; Changement de programme (avec bouton de changement); Priorité à l’ouverture avec les objectifs manuels OM. Verrouillage AE Contrôle du flash : synchronisation complète avec F280 ; Synchronisation « flashmatic » TTL jusqu’à 1/100 avec PowerGrip 300 ; TTL direct ‘OTF’ avec flashes de la série T. Lampe d’éclairage AF intégrée Viseur : écran fixe à 93 % de champ avec zone de mise au point automatique marquée Chargement automatique du film ; avance automatique du film (1,5 i/s); rembobinage automatique du film Retardateur 12 secondes Poids : 555 g sans lentille/poignée/piles
Ah, cela faisait un moment que je n’avais plus touché à des télémétriques, autrefois abordables, que sont les télémétriques russes.
Comme je l’avais prédit – et sans compter les terribles évènements que nous connaissons – leur cote a bien monté : des appareils autrefois vendus 30€ ou 40€, avec un objectif, dépassent de nos jours allègrement la barre des 100€.
Et, paradoxe de l’histoire, ce sont des sites Ukrainiens qui en vendent le plus (normal me direz-vous, il y a embargo sur la Russie).
Finalement, ce n’est qu’un juste retour des choses car si vous avez lu mes articles précédents au sujet de ces appareils, vous aurez découvert que l’Ukraine fut le berceau notamment des Contax (rebaptisés Kiev) au sortir de la seconde guerre mondiale … Encore une histoire de fureurs et de destructions !
Mais je reviens plus précisément sur les Zorki 4 et 4K car grâce à mon ami Pierre, j’ai pu en racheter deux, réglés au millimètre par ses soins, objectifs compris.
Derrière, le Zorki 4 (1958) et devant, le Zorki 4K (1975), tous deux équipés d’un Industar 61 (1993).
Pourquoi ceux-là et pas de plus anciens, comme les Fed 2, Fed 1g, Zorki C, etc. ?
Pour une simple question de confort d’utilisation. Je m’explique : tout comme les Leica antérieurs au M3 – M2, ceux que j’ai énumérés avaient deux oculaires, l’un pour la visée, le second pour le télémètre.
A gauche le Zorki Ic et à droite, le Leica IIIf, vues de face et de dos. Notez les 2 oculaires, l’un pour le télémètre, l’autre pour le viseur
Comme le M3 – M2, les Zorki 4 et 4K ont un seul viseur/télémètre. Ce qui est beaucoup plus pratique et confortable pour viser son sujet.
Mais commençons par le début de l’histoire …
Son aïeul s’appelle Zorki 3, apparu en 1951. D’aucun le considère comme le plus réussi esthétiquement des Zorki.
Mais sa grande (r)évolution, à l’instar du Leica M3 – qui ne verra le jour qu’en … 1953 – est de réunir en un seul endroit la fenêtre du viseur ET celle du télémètre.
Ce boitier est entièrement nouveau et ne peut plus être considéré comme une copie de l’allemand, qu’il précède dans ses innovations.
Il reprend des pièces moulées (c’est le Zorki 1 qui avait inauguré cette technique de fabrication plus simple et plus rapide) et intègre dans ce fameux viseur au rapport 1/1, équipé – excusez du peu – d’un correcteur dioptrique très bien fait et facile d’utilisation, le viseur proprement dit et le télémètre visible sous la forme d’un carré jaune qu’il faut faire coïncider avec le sujet visé.
Le levier pour la correction dioptrique, sous la bobine de rembobinage.
Autre grand changement qui améliore son utilisation, le film ne se charge plus par la semelle mais en ôtant d’un bloc tout le dos de l’appareil (deux clés le maintiennent fermement en place).
Ensuite, un Zorki 3M (1954) fera évoluer ce précurseur, suivi ensuite d’un dernier « 3 », le Zorki 3S (1955) dont la forme aura changé, le capot ayant été allongé pour agrandir la fenêtre du télémètre et replacer les vitesses lentes sur le dessus, sous un même bouton.
Source : Collection-appareils, de gauche à droite, le Zorki 3, le Zorki 3M et le Zorki 3S(oui, le C russe correspond au S latin),qui annonce le changement de lignes.
Enfin apparait le Zorki 4 en 1956 (et il sera produit jusqu’en 1973, belle longévité !)
Comme vous pouvez le voir, le capot est encore agrandit car il accueille en plus une synchro flash et en dessous, un retardateur est ajouté.
Sans rentrer dans une foule de détails qui n’intéressent que les collectionneurs, sachez que l’aspect de l’appareil évolue lentement : le nom est en caractères cyrilliques avant de passer aux caractères latins (lorsque ceux-ci seront – enfin – exportés hors de la sphère soviétique), le tour de la fenêtre est encadré, puis ne le sera plus, tout comme le tour du viseur à l’arrière, le gainage, des inscriptions commémoratives pour des anniversaires du parti communiste… bref des détails car la technique, elle, évoluera peu (et ça ne se voit pas).
Cet appareil sera produit à plus de 1.700.000 exemplaires pendant sa longue carrière, ce qui en fait un record absolu de ventes d’un appareil télémétrique.
Le changement le plus significatif aura lieu lors de la sortie du Zoki 4K (1972 – 1978, 524 610 exemplaires produits !), qui voit un levier d’armement, bien plus pratique que le maniement du gros bouton d’armement d’avant. Mais il perd les œillets qui permettent d’y fixer une sangle.
En haut, le Zorki 4 et en bas le 4K avec le levier d’armement.
Ah oui, les vitesses seront aussi réétalonnées, la bobine réceptrice (pour le film) sera dorénavant fixe (sur ce, ça veut dire que sur les anciens modèles, il faut vérifier la présence de ladite bobine dans la chambre).
En haut, le Zorki 4 et sa bobine amovible, à droite et en bas, le 4K avec sa bobine en plastique fixe.
Pour être le plus complet possible, sachez qu’un appareil, appelé MIR sera produit de 1959 à 1961. C’est un Zorki 4 uniquement destiné au marché russe, que l’on a simplifié (il perd le 1/1000s et les vitesses lentes, son objectif de dotation est un Industar 22 de moindre qualité).
A l’origine, l’objectif de dotation standard était un Jupiter 8, un 50mm ouvrant à f2, bien que des Industar 50mm ouvrant à f3,5 aient pu accompagner ces boitiers.
Rien que pour le Jupiter 8 nous pourrions digresser tant et plus, mais je résume : c’est un excellent objectif, basé sur le célébrissime Carl Zeiss Jena Sonnar 50 mm f2.0 dont les premiers exemplaires ont été construits avec des optiques venant directement de chez Carl Zeiss. Les Russes, lors de la seconde guerre mondiale, ayant embarqué l’usine, les produits, les stocks, les plans, le personnel à Charkow, en Ukraine !
Pour la petite histoire, les deux Zorki que j’ai achetés à l’ami Pierre sont équipés d’Industar 61 53mm ouvrant à f2,8. Moins courus que le Jupiter, ils ont été créés par FED et sont parmi les premiers objectifs à bénéficier d’un traitement de surface au Lanthanum. La distance de mise au point minimale est de un mètre.
Les Industar 61 53mm f2,8, dont l’un équipé d’un filtre jaune Iena de 40,5mm
Mais l’avantage du « système » LTM 39 est de pouvoir monter toutes les optiques équipées de ce pas de vis, même des Zeiss si on veut (et/ou si on en a les moyens).
Quoique ici il me faut faire une petite remarque : en théorie, oui, tous les objectifs au pas du standard LTM 39 peuvent être monté sur un appareil d’origine russe, mais … le mécanisme interne des Leica (voir illustration ci-dessous) est fonction d’un galet qui a une position bien précise et le tirage du boitier devait être précisément de 28,8mm.
Autrement dit, la conception de certains objectifs Leica feront qu’ils pourront être monté sur d’autres appareils, russes compris, mais leur fabrication particulière fera que la molette de réglage de ces autres appareils ne sera pas en contact avec l’arrière de l’objectif, rendant tous réglages du télémètre impossible.
Y penser avant de dépenser de fortes sommes requises par certaines légendes !
Bref, sachez que le viseur est calibré pour le 50mm. Si donc vous voulez utiliser des focales différentes, il vous faudra vous équiper d’une tourelle à glisser dans le porte accessoire afin de pouvoir « viser juste », ou de viseurs spécifiques pour chaque focale (on en trouve des « modernes » sur certains sites de vente connus).
Source : Photoetnography, un Zorki 4k avec la fameuse tourelleet un Jupiter 9 de 85mm
Ceci dit, honnêtement, cet appareil n’est pas fait pour travailler avec de longues focales, comme les Leica non plus et les autres télémétriques en général.
Personnellement, je trouve que les optiques qui vont le mieux, outre le 50mm, sont un 35mm voire un 28mm (plus rare à trouver).
Tiens, une petite remarque : en dessous de l’appareil, le soquet pour le pas de vis d’un trépied est légèrement décalé vers l’avant, ceci pour éviter que l’appareil ne bascule en avant lorsqu’un objectif est monté dessus. Et ça fonctionne parfaitement, jusqu’au 50mm ! Pour mémoire, les Contax et les Kiev (les Contax russes) usaient du même genre d’artifice, les ingénieurs de Contax ne supportaient pas de voir leurs appareils « piquer » du nez !
Même s’il a l’air un peu archaïque de prime abord, le Zorki propose des vitesses de 1s au 1/1000s, plus pose B et un retardateur mécanique de plus ou moins 10 secondes. La synchro flash est recommandée au 1/30s. A son époque, il n’y avait que quelques réflex à proposer de telle vitesse.
Cette synchro flash se règle avec la bague concentrique au niveau des réglages de vitesses, permettant de la sorte de réguler le retard du déclenchement de l’éclair. C’est utile car les « vieux » flashs à ampoules magnésiques sont plus lentes pour atteindre leur luminosité maximale (réglage sur zéro) alors que les flashs modernes (dit électroniques) ont un éclair plus bref et intense : il faut compter 30 millisecondes pour correspondre à l’ouverture du premier rideau.
Une remarque fondamentale, à graver quelque part si vous achetez – ce que je vous encourage de faire – un de ces boitiers : toujours armer avant de changer les vitesses sous peine de vous retrouver avec une salade de pignons qui rendra totalement indigeste et impossible l’utilisation de votre appareil !
Exemple de pense-bête qui évite les erreurs fatales (ici sur un Fed 2).
Bon, ceci étant dit, et si on les essayait ces Zorki ?
Pour le Zorki 4, d’abord ouvrir la gaine en vrai cuir russe qui le protège et, tant qu’à faire, enlevons-là car, chose étrange, on ne peut pas enlever la moitié de celle-ci comme sur d’autres appareils, ce qui alourdit encore le poids de l’ensemble.
Ce qui m’amène une première remarque : le boitier n’est pas pourvu d’œillets pour y accrocher une lanière (comme le 4K d’ailleurs). C’est donc la gaine qui porte les attaches, en cuir.
Comment se présente l’engin ?
Oui, c’est un Zorki 4K mais quasi identique au Zorki 4, sauf le levier d’armement.
L’appareil est assez imposant, et lourd ( +/- 600 gr avec un 50mm), mais très agréable à prendre en main même si le mot ergonomie ne semble pas avoir traversé le sinistre rideau de fer.
Paradoxalement, si le boitier est bien entretenu et réglé, il est très fluide à armer et le déclenchement est relativement discret, il utilise un rideau de caoutchouc, comme sur les Leica, par exemple (un Kiev 4am/Contax, possède un obturateur métallique, plus « sec »).
Le déclencheur est comme surmonté de petites pointes, sans doute pour mieux le « sentir » sous l’index. Personnellement, je n’aime pas alors j’ai installé un « soft release » sur le 4K.
Si vous avez maintenant une vue plus précise de l’engin, nous allons le rendre opérationnel et y glisser un film.
Sur la semelle, en dessous donc, deux clés à tourner : celle de gauche dans le sens anti-horaire, celle de droite, dans le sens des aiguilles, et tout le dos s’enlève, découvrant la chambre.
Les clés du Zorki 4 en haut et celles du 4K en bas, et la comparaison des deux, cote-à-cote
Une fois le film fixé, opération inverse pour refermer le dos, puis deux « tirs » à blanc pour démarrer vos prises de vue.
Ah, n’oubliez pas de mettre le compteur de vue à zéro, il ne le fait pas tout seul. Il suffit d’appuyer avec la pulpe du doigt sur la couronne et faire tourner le cadran au chiffre 0.
Les rails qui guident le dos sont assez profonds et doivent éviter toute entrée de lumière parasite. Vérifiez bien que vous avez correctement glissé jusqu’au bout l’ensemble du dos et que les clés sont bien fermées. Sur certains appareils ayant souffert, le dos peut être moins étanche. Dans ce cas, un bout de gaffer tout le long de la fermeture et vous voilà tranquille.
Vous voilà prêt à arpenter la ville, la campagne, les sous-bois pour y capter vos premiers sujets.
Si vous portez l’appareil à l’œil, vous constaterez que le viseur est un simple cadre lumineux avec un grossissement de 1,15 dans lequel il n’y a … rien, hormis un rectangle jaune, au centre. En faisant tourner la bague des distances de l’objectif, vous verrez l’image se dédoubler ou se fondre, si vous êtes net.
N’ayez pas peur d’utiliser le correcteur dioptrique pour affiner votre visée, ça marche vraiment bien.
Le levier de la correction dioptrique du 4K.
Ici, donc, pas de lignes de parallaxe, de cadre collimaté pour telles ou telles focales … mais ça marche, le cadre de la fenêtre étant celle de l’image captée.
Tiens, au fait comment ça fonctionne un télémètre ?
C’est un mécanisme somme toute simple et pourtant complexe : à l’intérieur de la chambre, une came en forme de demi-lune vient « frotter » contre le fut de l’objectif, qui dépasse dans la chambre selon la distance requise. C’est le mouvement de l’objectif contre la came qui assure l’ajustement de la distance. C’est ce qu’on appelle un télémètre à coïncidence d’image, les images vues par les deux fenêtres (le viseur et celle du télémètre) doivent coïncider pour que la mise au point soit juste. On appelle aussi cette méthode celle de la triangulation.
L’image de gauche montre la vue à travers un télémètre lorsqu’il n’est pas au point. L’image de droite montre la vue à travers un télémètre lorsqu’il est mis au point
La particularité de cette manière de viser est que ce que l’on voit n’est pas tout à fait la même chose que ce que l’on fixe sur la pellicule. Si cela a peu d’importance en photo de rue ou de reportage, en architecture, en médecine, en portrait, etc. c’est irrévocable.
Voici le mécanisme du Zorki 4K : la came en forme de demi-lune, qui vient s’appuyer sur l’arrière de l’objectif, qui avance ou recule selon la distance choisie pour la mise au point. Cette came actionne un jeu complexe de miroirs dans le télémètre pour faire coïncider les 2 images (voir l’image ci-dessus).
A ce sujet, une précaution à prendre lorsque vous retirez ou remontez un objectif à viser sur un télémétrique : toujours rentrer le fut du bloc optique pour ne pas forcer sur la came de réglage lors du re visage.
Ces photos me font penser à un petit aparté. Quand j’écris qu’un boitier n’est jamais qu’une chambre noire et que ce qui fait la qualité d’une photo c’est bien l’objectif, nous en avons l’illustration ici : si vous regardez dans la chambre du Zorki 4k, vous voyez le rideau, derrière lequel se trouve le film qui sera impressionné par la lumière au moment du déclenchement. Elle y passe en direct, sans miroir, sans obstacle.
Bref, vous avez réussi à cadrer votre image et à la rendre nette. Reste maintenant à poser la bonne vitesse.
-« Aïe et comment fait-on quant on n’a pas de réglage pour la sensibilité ni cellule ? »
On a recours soit à une cellule à main, qui vous donnera les indications manquantes, soit on a recours à une bonne vieille méthode appelée « règle du Sunny 16 ».
-« Mais c’est compliqué tout ça ! »
Ben, non, je vous explique … et je vous résume :
-« Heu … ? »
Le Sunny 16 est une règle empirique de base qui dit que si vous avez une journée claire et ensoleillée et que votre ouverture est à f/16, quel que soit l’ISO que vous utilisez, votre vitesse d’obturation sera la valeur réciproque de cette valeur ISO (ISO X = 1/X secondes de vitesse d’obturation).
Autrement dit, par une belle journée ensoleillée, à 100 ISO, je sais qu’en faisant mes photos à f16, et avec une vitesse d’obturation de 1/100s, mes photos seront correctement exposées.
Faites-vous donc un petit carton, plastifié de préférence (il va beaucoup servir au début) qui récapitule les situations et vous gagnerez un temps précieux (et si vous allez sur le second site cité ci-dessous, il vous explique gratuitement comment faire, c’est pas beau ça?)
En passant, je vous conseille de lire des explications plus complètes sur les excellents sites la photo argentique et le blog argentique (très bien fait et expliqué).
Encore une petite remarque à ce sujet : ça fonctionne très bien avec du négatif N/B ou couleurs mais pas pour les diapositives qui ont besoin de précision en terme d’exposition. Choisissez bien votre film dès lors.
Allez, on progresse : vous savez mettre un film, comment viser, comment choisir l’ouverture et à quelle vitesse déclencher.
Là, j’en profite pour enfoncer un clou : toujours armer avant de changer les vitesses avec cet appareil (et les Fed, les Mir, les Contax, par exemple) ancien.
Ça y est, vous avez terminé votre bobine, il faut la rembobiner pour la porter, fébrile, au labo le plus proche.
Autour du déclencheur de votre Zorki 4 (ou 4K), il y a une bague, qu’il faut faire tourner vers une sorte de U inversé sur le 4 et dans le sens horaire sur le 4K. Ceci a pour effet de déverrouiller le système d’armement et vous permet, avec le bouton à l’extrême gauche, de rembobiner le film dans sa cassette (et avec un peu d’attention, vous pourrez le faire en laissant encore sortir un bout de film, au cas où).
Puis vous soulevez la tige de déverrouillage afin de libérer la cartouche, que vous allez ôter après avoir ouvert le dos du Zorki.
Voilà, voilà, vous allez devenir un vrai pro de ces drôles de machines à faire des photos.
Ah, il me reste à vous parler du retardateur : pour l’activer, vous abaissez le levier du retardateur après avoir armé l’appareil. Ceci fait, il vous reste à appuyer sur le petit bouton au dessus, ce qui libère le mécanisme à ressort. Vous entendrez le bruit caractéristique d’une minuterie, celle qui vous incitera à courir vite car le Zorki ne vous offre que 9 secondes de répit.
Le levier du retardateur et au dessus, le bouton pour lancer le compte à rebours.
Vous vous sentez prêt à faire le premier pas ?
Encore un petit conseil, si je peux … montez un filtre jaune à l’avant de l’objectif (si vous travaillez en N/B), ça affermira les contrastes et protègera la lentille (avec l’Industar 61 53mm, le diamètre est 40,5mm et on en trouve facilement, même des modernes). Pour la couleur, un filtre anti-UV suffit, il aura le même rôle protecteur. N’oubliez pas qu’à l’époque, les lentilles n’étaient pas (forcément) traitées anti-reflet.
Alors, que penser de ces vieux russes ?
Les essayer, c’est les adopter.
Pourtant ils ne sont pas parfaits, on le sait. Perso, ce qui m’embête le plus, c’est l’absence d’œillets pour y mettre une lanière. Alors je vais demander à mon artisan cordonnier préféré de me séparer les deux parties et d’y placer ensuite une pression (ou deux) pour utiliser seulement la partie base en portage, sans sacrifier l’ensemble qui protège finalement bien l’appareil et participe au charme de celui-ci.
Sur le Zorki 4K, le bout de plastique qui orne le levier d’armement est un angle vif, pas très agréable même s’il permet une action rapide. Quelques uns le remplacent, d’autres arrondissent l’angle.
Pour le Zorki 4, c’est le gros bouton pour ré armer qui est gênant (quoique …), sans doute par manque d’habitude. Notez qu’il a quand même un avantage, en photo de rue : d’instinct, quand on a pris une photo, on ré arme le boitier, prêt pour une nouvelle prise de vue. Or, lorsqu’on veut être discret, c’est le geste qui vous dénonce immanquablement ! Tandis que le remontage, c’est plus lent, on a le temps de faire quelques mètres … discrètement.
Rien ne vous empêche de monter dessus des cailloux offrant une ouverture plus grande encore. Je rêve de retrouver un Jupiter 3 des années 1950 (les meilleurs parait-il) car il ouvre à f1,5. Pas facile pour faire une mise au point fine mais excellent en travaillant sur l’hyperfocale pour les ambiances plus sombres.
Tiens, je me rends compte que je ne vous ai pas parlé de cette méthode infaillible et rapide pour faire la mise au point, celle de l’hyperfocale !
Si avec tout ça vous ne sortez pas dehors avec un Zorki, j’avoue ne pas savoir que faire ou écrire d’autre pour vous tenter …
Ou plutôt si, allez voir ce site, Indiefotog, un photographe canadien qui utilise un Zorki 4 pour réaliser une grande partie de ses travaux, un régal.
Un mot encore, parce que j’ai retrouvé cet accessoire dans une de mes caisses, celle qui contenait des cellules à main : il s’agit d’une cellule à monter sur la griffe porte flash de l’appareil, une Metraphot, fabriquée en Allemagne.
Celle-ci est au sélénium et j’ai la chance qu’elle fonctionne encore car elle était dans son petit étuis de cuir, que l’on attache à la lanière de l’appareil, pour l’avoir toujours sous la main.
Il existe quelques autres modèles de ce type de cellule, mais il faut bien chercher car souvent au sélénium donc, elles ont tendance à cesser de fonctionner au bout de … 75 ans !
Et si vous êtes curieux, vous en trouverez aussi des électroniques, modernes … ce sera l’objet d’un prochain article.
Allez, dernière digression : Zorki ou Зоркий en caractères cyrilliques, signifie « clairvoyant » en russe.
Des publicités d’époque
Source : Collection-appareils, Grenier – Natkin 1975 (en haut) – 1979. Vous constaterez que les Zorki sont contemporains des Yashica Electro 35 GSN et GTN, qui embarquaient déjà une électronique révolutionnaire pour l’époque. Mais leur objectif était fixe
Vous ayant déjà présenté quelques modèles de Polaroid, vous allez vite comprendre le nom de celui-ci, non ?
630 car c’est un appareil qui utilise le film pack 600, celui avec la pile intégrée et 8 vues (10 au moment où cet appareil fut sorti).
LM pour … Ligthmixer, le fameux programme maison qui détermine la quantité de lumière que le flash doit apporter en appoint de la lumière analysée par la cellule (c.-à-d.qu’il fonctionnera presque toujours).
Et ça, vous ne le voyez inscrit nul part, mais il possède aussi le programme SPARR qui permet au flash de se recycler plus rapidement.
Sorti au début des années nonante, il a encore la forme des premiers Polaroid 600, ceux des années quatre-vingt, soit assez carrée.
Et comme eux, il est assez basique : une optique en plastique (ménisque) de 116mm ouvrant à f9, avec une mise au point débutant à 60cm jusque l’infini, non réglable – c’est un fix-focus; un obturateur électronique asservi à la cellule, qui propose des vitesses de 1/4s à 1/200s, un flash électronique intégré et les programmes que je vous ai cités pour gérer le tout.
Ah, et n’oublions pas l’inénarrable curseur pour corriger l’exposition, sous l’objectif.
Il y a quand même quelque chose qui m’échappe : en préparant cet article, j’ai découvert des prix qui varient de 30€ à plus de 100€ pour cet appareil. Et là, je dis STOP car faut pas pousser bobonne dans les orties à ce point !
Il n’est pas exceptionnel, il n’offre rien de transcendant, il n’est même pas sophistiqué. Juste son côté vintage assumé.
La seule aide est une petite diode rouge qui s’allume dans le viseur lorsque vous avez enfoncé à mi course le bouton rouge du déclencheur : elle vous prévient que le flash est chargé et que vous pouvez appuyer à fond sur le bouton pour faire la photo.
Perso, j’ai acheté celui-ci 10€ sur une brocante et croyez-moi, il n’en vaut pas plus.
Avec un peu de patience et de tâtonnements, vous pourrez en tirer quelque chose. N’oubliez pas que le viseur n’est pas dans l’axe de l’objectif et qu’il n’y a pas de correction de la parallaxe indiquée.
Pour mémoire, ces appareils rompaient complètement avec la forme des Polaroid habituels et, surtout, ils inauguraient un nouveau format de film, le Spectra, hélas abandonné depuis quelques années et qui ne sera plus produit (voir l’article sur l’Image Elite à ce sujet).
Plus plats, plus sophistiqués, ils offraient une image plus grande, un rectangle de 10.1 x10.3 cm pour une image de 9,2 x 7,3cm (le format 600 est carré, tout comme le SX-70, un carré de 7,9 cm de côté, pour un support rectangulaire mesurant au total 8,8 x 10,7 cm).
Source : Instamaniac; à gauche le format du Spectra, à droite, le format du 600/SX-70.
Si le premier appareil Image est sorti en 1986, ce modèle fut vendu entre 1991 et 1999 sous le nom d’Image 2, ou Spectra aux USA, c’est un appareil assez complet, même si ce modèle en particulier est l’entrée de gamme.
Il bénéficie quand même d’un sonar pour la mise au point (la grille dorée en nid d’abeille, près de l’objectif)
Mais commençons par le début : pour l’ouvrir, il faut tirer vers l’arrière le curseur situé à la gauche de l’appareil. Le dessus se soulève alors, dévoilant le sonar, l’objectif, le viseur, le flash.
En dessous, la fente par laquelle les photos sortiront. De part sa forme spéciale, il faut penser à ne pas mettre les doigts devant en tenant le boitier.
Car, autre particularité du modèle, le déclencheur est situé à l’arrière, sur le dessus du capot. Il faut un peu d’habitude pour le tenir correctement, au début, on tâtonne un peu mais finalement, c’est assez confortable. La lanière intégrée, à gauche, assurant une bonne prise en main.
Bon, nous avons ouvert l’appareil mais comment y glisser un film, pardon, un pack ?
Vous devez trouver, sur la droite, un petit bouton marqué d’une flèche blanche, qu’il faut enfoncer pour libérer l’ouverture de la face avant, là où vous glisserez le pack film Spectra (si vous avez la chance d’en trouver encore à un prix décent).
Après avoir fermé la porte avant, comme d’habitude, le boitier va faire sortir une feuille noire, celle qui protégeait les photos. Il est opérationnel.
En fait, vous devez attendre que la lumière rouge, qui s’est allumée à l’arrière, passe au vert, indiquant que le flash est complétement chargé. Là, vous êtes prêt : clic-clac-rrrr, la photo sort …
Comme d’habitude, ne jamais secouer celle-ci et la laisser se développer à l’abri de la lumière (en la retournant simplement). La chimie est la même que celle des films 600/SX-70.
Pour refermer l’appareil, ne pas forcer mais retirer vers l’arrière le bouton de gauche et appuyer doucement sur le dessus, il rentre tout seul à sa place initiale.
Au niveau réglages et/ou contrôle, vous ne pourrez pas faire grand chose, l’appareil est tout automatique. Il règle lui-même l’exposition, fait la mise au point grâce au sonar et la cellule règle l’utilisation du flash si nécessaire (ce qui est très souvent le cas).
Eventuellement, vous pourrez régler l’exposition avec le curseur à l’arrière, et c’est tout.
Ceci étant, l’Image 2 bénéficie d’un objectif Quintic à 3 lentilles (en plastique, mais de haute qualité) de 125mm ouvrant à f10.
Son obturateur électronique offre des vitesses de 2,8s à 1/200s. C’est les calculs issus de l’appréciation de la distance (sonar) et de la mesure de la lumière qui va déterminer l’ouverture et la vitesse.
Alors, cet appareil a-t-il encore un intérêt aujourd’hui ?
Honnêtement, non.
Pour plusieurs raisons, la première étant que c’est vraiment un boitier d’entrée de gamme, peu fourni en fonctionnalités. D’autres dans la série sont plus intéressants, comme l’Image Elite (plus facile à trouver que le Elite Pro ou le Spectra 1200i, p. ex.)
Ensuite, le film n’est plus produit et vous devrez vous rabattre sur d’anciens stocks, en espérant qu’ils auront été bien conservé.
Enfin, il semblerait que la raison pour laquelle Impossible Project, redevenu entre-temps Polaroid Original puis Polaroid tout court, n’a plus fabriqué ce film, c’est parce qu’il apparait que ces boitiers ne sont plus fiables dans le temps. Leur électronique serait capricieuse, rendant aléatoire la gestion des fonctions de l’appareil, dont les calculs de la cellule et donc le calcul de l’ouverture, entre autre.
Si vous voulez en acquérir un pour la déco, pourquoi pas, voire la collection. Mais, selon l’état du Polaroid Image 2 que vous trouverez (avec sa boîte, sa lanière intacte, etc), ne dépensez pas plus de 10€.
Ce sera mon petit dernier de cette série. Après le Polaroid Land Camera 2000 et le SuperColor 3500, équipé d’un sonar pour gérer l’autofocus, j’aurai fait le tour des SX-70 non pliants en ma possession.
Dans l’ordre, il y eut donc le Land 1000, le 1000S (qui est un 1000 avec un flash électronique Polatronic, sinon, c’est un 1000), le 1500, le 2000, le 3000, le 3500 (sans sonar celui-là) et – qui l’eut crû – un 4000. Ah oui, et un 500 et un appelé « Encore » (humour de chez Polaroid ?), puis la gamme passera sous le nom d’Instant, de OneStep, de Pronto, etc.
Ce modèle est sorti en 1977 et c’est une version destinée aux marchés non US du modèle original, le Onestep.
Sa particularité est d’être de couleur marron (au début, le mien est gris) – l’original étant blanc – et d’avoir un bouton déclencheur vert (alors là, la couleur des boutons, c’est le délice des collectionneurs !).
Sinon, il possède un objectif en plastique en trois éléments. Un 116mm ouvrant à f9,4 avec une mise au point minimale de 90 cm jusque l’infini, que l’on peut régler en fonction de la distance du sujet (marquages autour du fut de l’objectif).
Il bénéficie aussi de « l’œil électronique » (la cellule) avec le fameux curseur (rond ici) clair/obscur, qui détermine le travail de l’obturateur électronique (de 1s à 1/125s).
Si vous regardez bien, cet œil est dans le tube qui sert à régler le « clair/obscur ». Un petit coton tige manié avec prudence permet de le nettoyer pour de meilleures performances.
Un filetage pour trépied est sous la semelle et on peut lui ajouter une sangle de portage. Le compteur, comme d’habitude, va se faire piéger car il compte jusque 10 alors que les films modernes en SX-70 (comme les 600 d’ailleurs) n’ont plus que 8 vues à offrir.
Voilà, voilà … il y a peu de choses à ajouter, l’appareil étant d’une simplicité évidente.
Ah si, peut-être : il n’a pas de flash intégré, or en bon Polaroid, il a besoin de lumière. Il vous faudra donc trouver des Flashbar ou un flash électronique Polatronic pour lui en offrir assez. Il est équipé du système « follow-focus » qui gère la cellule en fonction du flash et, petite cerise, un système bloque le déclenchement si votre Flashbar est fini ou votre Polatronic à plat.
Et pourtant, si vous regardez de plus près la forme de l’appareil, légèrement pyramidale, elle vous rappellera la silhouette du … SX-70 pliant.
N’oublions pas que la mécanique du premier est complexe et donc couteuse. Pour offrir le même genre de résultat (grâce au film SX-70) mais accessible au plus grand nombre, Polaroid a sorti ce modèle « fixe », en même temps d’ailleurs que l’original.
La forme pyramidale s’explique par la nécessité de renvoyer le rayon optique qui traverse l’objectif, vers le film qui se trouve à plat au fond de l’appareil, grâce à un miroir positionné en biais.
Et puisque j’écris souvent au sujet du film évènement, le SX-70, grâce à Collection-appareils, je vous livre ici une explication bien utile à son sujet.
J’avoue que parfois je trouve les Polaroid peu intéressants, car ils se ressemblent souvent (ils ont bien cultivé l’art du recyclage) mais il faut absolument reconnaître la fécondité de leurs imaginations, couverte par de très nombreux brevets, bien utiles pour protéger leurs innovations. Et ça, on ne pourra jamais leur enlever !
Alors si vous en trouvez un, honnêtement, s’il vous est proposé à un prix intéressant (pas plus de 10€), pourquoi pas. Mais il est moins performant que les 600 et, surtout, sans flash intégré, vous devrez acheter des caisses de Flashbar si vous voulez vous en servir souvent.
S’il y a bien une gamme d’appareils compacts qui eut du succès, c’est celle des Espio de Pentax.
Petits, légers, bien conçus et souvent performants, ils ont été lancé au début des années nonante (comme le Pentax Espio AF Zoom) pour les plus anciens et ont perduré jusqu’en 2003 (comme le Pentax Espio 24EW) pour les plus récents.
Ce qui est encore un avantage aujourd’hui, car ils ont, théoriquement, moins servis que des modèles sortis dans les années quatre-vingt.
Pour en revenir à celui du jour, s’il s’appelle Espio 928 ici, il se nomme IQZoom 928 outre Atlantique. Il y aura aussi un Espio 928M, moins intéressant car il perd une série de fonctionnalités de l’original, même s’il est un peu plus récent : l’Espio 928 est apparu sur le marché en 1994 et le 928M deux ans plus tard.
Si habituellement Pentax nomme ses compacts en fonction de leur focale, ici ils ont décidé de brouiller un peu les pistes : le zoom se déploie de 28 mm à 90 mm. Vous aurez compris, 928 est le chiffre « mix » des deux focales.
Alors le 928 est un compact pourtant assez imposant, vous ne le mettrez pas dans une poche de Jean’s, mais bien dans un petit sac, ou vous le porterez avec la dragonne au bout du poignet car on le saisit très facilement grâce à sa poignée un peu proéminente.
Sous ses dehors discrets, c’est pourtant un « haut de gamme » que vous aurez en mains, voyons cela de plus près.
C’est son tableau de bord qui retient l’attention : il est constitué de 4 boutons qui encadrent l’écran ACL sur le dessus de l’appareil. Seulement 4 boutons pour gérer :
la correction d’exposition
la gestion du flash
le réglage de l’hyperfocale
la pose B
les expositions multiples
Ceci implique qu’il y aura parfois des combinaisons de boutons pour couvrir toutes les fonctions (ça, j’aime moins, il faut de la mémoire). Vous trouverez le mode d’emploi en bas de l’article.
Sinon, il offre un beau viseur avec correction dioptrique et des grilles pour la correction de la parallaxe.
Pour le mettre en route, un gros bouton rond ON/OFF, près du viseur, sur lequel il faut appuyer au centre.
Entouré d’une collerette crantée, il permet de passer du mode image classique au monde panorama. Un jeu de caches va venir réduire la fenêtre de visée et dans la chambre, d’autres caches vont masquer une partie de la pellicule pour donner cette impression de « largeur » dans l’image.
Parlons du zoom : un 28mm (ouvrant à f3,5) allant jusqu’au 90mm. Pas vraiment un très grand angle mais déjà bien « large » et un mini télé. Assez pour être très polyvalent.
Il est reconnu pour présenter peu de vignetage et offrir une belle homogénéité partout, avec un beau contraste.
Voyons ce que cela donne : vous avez glissé un CR123 dans la trappe, en dessous de l’appareil. Vous ouvrez la porte arrière pour découvrir la chambre dans laquelle vous allez poser un film. Ce qui est d’une simplicité enfantine : vous tirez sur l’amorce jusqu’à la ligne rouge et vous refermez l’appareil, qui va enrouler le film sur la bobine et le mettre à la première vue, en ayant, au passage, réglé la sensibilité de sa cellule par la lecture du codage DX de votre pellicule.
Ah, si un « E » apparait sur l’écran LCD, c’est que le film ne s’est pas bien accroché, il faut recommencer l’opération.
Lorsque le 928 s’allume, il se met en position 28mm. Vous changerez la longueur via le bouton en forme de goutte, sur le dessus du boitier.
En visant à travers l’objectif, vous verrez la zone de mise au point, avec deux petites lampes sur le côté : lampe verte, l’autofocus est verrouillé et la mise au point nette. Si elle clignote, c’est que vous êtes trop prêt du sujet ou que le boitier ne parvient pas à faire la mise au point.
Par défaut, le flash est en automatique, mais vous pouvez le débrayer. Il y a le mode « anti-yeux rouges » et une fonction qui nécessitera de le poser sur un trépied ou une surface stable, la prise de vue de nuit, qui débraye le flash mais passe en vitesse lente.
Si la scène est trop sombre, le flash s’enclenche par défaut. Une petite lampe rouge, dans le viseur, vous signale que la scène est sous exposée.
Autre fonction intéressante, le mode infini que vous actionnez en appuyant sur le bouton « montagne ». Utile si votre sujet est au delà des 3m, le boitier se met sur l’infini. En fait, le boitier passe en mode ‘hyperfocale » Et si vous appuyez une seconde fois sur l’icône montagne, vous passez en mode Spot AF.
Encore une pression et le 928 passe en mode Easy Share, c.-à-d. la même chose que le mode infini mais verrouillé au 28mm.
A ce moment là, la mise au point auto est débrayée, ce qui vous autorise à prendre des photos « en rafale » tant que votre doigt est sur le déclencheur.
Attention, l’appareil reste sur ce mode sauf si vous le désactivez ou l’éteignez.
Je vous citais la pose B. Etonnante sur un compact, elle peut atteindre 10 minutes !
Heu, dans ce cas-là, il faut investir dans la télécommande à infra-rouge, sinon risque de bougé et la crampe !
Lorsque vous composez votre image, si vous gardez le doigt enfoncé à mi-course, vous pouvez bloquer la mise au point et ses réglages.
Le retardateur a deux fonctions : retardateur de 10s et si vous appuyez longuement dessus, il entraine le rebobinage anticipé.
Pour la correction d’exposition, vous devez appuyer sur le bouton anti-yeux rouges et régler la distance focale avec le gros bouton derrière le déclencheur. Pas très pratique mais ça existe.
Attention ici aussi, vous devez penser à remettre la correction à zéro vous même car éteindre l’appareil ne réinitialisera pas ce réglage.
Bref, un petit appareil bien fourni et relativement compact, qui fut un succès en son temps.
Des défauts ? Ben oui, l’appareil parfait n’existe pas, ce sont toujours des compromis plus ou moins acceptables. Il est un peu bruyant (moteur), un peu compliqué avant d’avoir l’habitude, un peu gros pour un compact, et … c’est tout.
Et de nos jours ?
Il faut avouer que peu de compacts offrent de telles fonctions, qui plus est avec la qualité d’image que délivre ce Pentax Espio 928. Il est donc « toujours dans le coup » pour qui veut un appareil relativement sophistiqué, même si les puristes regretteront de ne pas avoir plus la main sur le boitier.
Mais ce n’était pas la préoccupation au moment de la conception de cet appareil, fait pour délivrer de bonnes images sans trop de prise de tête. Et cela reste vrai aujourd’hui si vous cherchez un petit compact qui sort de l’ordinaire.
Si lors d’une brocante, chez un vide grenier vous en trouvez un dans les 20€ maximum, prenez-le, il sera un fidèle compagnon de sortie.
Pub d’époque
Source : Collection-appareils, Camara juillet 1998. J’aime bien ce type de publicité car on peut voir en un coup d’œil les protagonistes de l’époque.
Video d’illustration
Quelques exemples de photos prises avec cet appareil ICI et LA.
Objectif 28-90 mm f3.5 – 9, 9 éléments en 7 groupes, autofocus avec verrouillage de la mise au point, minimum de la mise au point à 0,58m Obturateur électronique offrant les vitesses de 1/5s à 1/400s, plus pause B de 1/2-10min. Modes flash automatique, photo de nuit, anti-yeux rouges Sensibilité de 25-3200 ISO, codage DX automatique, retardateur, avance automatique du film, compensation d’exposition jusqu’à +/- 3 EV, télécommande (en option), mode panorama
Là, je vous présente un appareil neuf qui a … 29 ans !
Même si la boite a un peu souffert, cet appareil est neuf, il n’a vraiment jamais servi.
Mais qui est ce Polaroid 600 Business Edition ?
Ben, je serais tenté de vous répondre « un Polaroid 600 » en série spéciale, comme il y en eut tant. Recyclons, recyclons …
Il fait partie des séries « carrées », sorties au début des années quatre-vingt jusqu’au milieu des années nonante (1981 – 1993). La génération suivante sera plus « arrondie » mais gardera peu ou prou les mêmes caractéristiques des ainés (1993 – 2002).
Celui-ci débute sa carrière en 1983. Et comme nous avons pu le découvrir, il se vendra encore longtemps sans grands changements (pour mémoire, celui-ci fut vendu en 1994).
Quoiqu’il suivra la mode, voyez plutôt :
A gauche, celui des années nonante, le 600 Business Edition 2; à droite, l’original des années quatre-vingt.
Alors, à la base, nous avons un appareil qui s’ouvrent comme tous les 600, en tirant fermement sur le dessus (il faut un peu appuyer sur les côtés pour l’aider).
Il nous dévoile alors un flash intégré, un objectif, une cellule, un compensateur d’exposition (la réglette « clair/obscur » sous l’objectif).
L’objectif est un 116mm ouvrant à f11 avec un ménisque en plastique. C’est un « fix-focus » qui sera net de 60cm jusque 1,2m avec la position « gros plan », sinon de 1,2m à l’infini. Lorsque vous placez le curseur sur la position gros plan, une lentille en plastique vient se placer devant l’objectif. c’est le même principe que pour les CL ou « close-up ». Ici on veut privilégier les plans rapprochés état donné la clientèle auquel on le destine, j’y reviendrai.
Son obturateur est électronique, avec des vitesses de 1/4s à 1/200s. L’exposition est calculée automatiquement.
Le flash intégré fonctionne avec le programme SPARR qui réduit le temps de recharge.
Il est aussi équipé du programme Lightmixer qui dose la lumière du flash en fonction de l’intensité de la lumière ambiante.
Et il bénéficie d’un filetage pour un trépied.
Du grand classique en somme …
Vous pouvez vous en douter, il sera décliné avec les logos d’une multitude d’entreprises puisqu’il est destiné à être un outil de travail » … fiable pour une communication ou documentation instantanée », dixit la boîte de notre exemplaire.
Il sera mis entre les mains d’experts automobiles, en assurances, sur les chantiers, … bref, il va souffrir.
Et c’est là qu’apparait – enfin – une différence par rapport aux autres 600 : il sera fabriqué plus solide. Enfin, c’est ce qu’affirme le marketing de l’époque !
En résumé, voilà un énième Polaroid 600, pas pire ni mieux que les autres, qui a fait partie de la légende de la marque.
Et, si je ne l’ai pas testé pour le laisser réellement « comme neuf », je suis persuadé qu’avec un nouveau film, il sera bon pour des années de bons services, même si de nous jours, ce seront sans doutes des plus jeunes qui auront plaisir à l’utiliser, ou quelques nostalgiques.
Si vous en trouvez un, échangez le contre un billet de 20€, il fera le job comme dans les années quatre-vingt.
Eh oui, j’en ai trouvé un, grâce à un vendeur sympa – il se reconnaîtra – de la bourse Occaphot 2022.
A un prix intéressant, c-à-d. réaliste car les prix s’envolent pour le moment pour ces appareils, qu’on redécouvrent et que certains s’ingénient à vendre chers, très chers (j’en ai vu à 250€ soi-disant « refurbished » – remis à neuf, en français).
Et, cerise sur le déclencheur, ce charmant monsieur m’a aussi vendu à prix décent deux films en format Spectra. Avec eux, je vais pouvoir essayer les Polaroid Image et Elite que je vous ai présentés. J’y reviendrai.
Collectionneur et utilisateur Polaroid, il fut une référence lors de cette journée et une mine de renseignements.
Ah, j’aurais bien craqué pour un SLR 680 mais j’avais décidé – une fois n’est pas coutume – de rester raisonnable dans mes achats. Le SX-70 fut d’ailleurs le seul appareil acheté ce jour-là, je n’en reviens pas moi-même.
Heu … en fait, il ne l’avait pas avec lui ce 680, ouf !
Mais revenons à ce Polaroid SX-70.
Vous le savez, l’histoire de Polaroid mériterait un film tant elle est riche et son fondateur Edwin Land, un personnage de roman.
Alors, si vous vous en souvenez, en 1943, selon la légende, il décide d’inventer un appareil et un film instantané pour répondre à la question de sa petite fille, qui aurait bien voulu voir immédiatement les photos prises.
Après des études, des tests et des essais, en 1948, il lance le premier appareil, le Model 95. C’est un appareil avec un film en rouleau, qui se développe instantanément après la prise de vue.
Pour la petite histoire, c’est grâce à Kodak qu’il peut développer ce type de film. Kodak n’y croyait pas trop et décida de l’aider. Bien mal leur en pris car Land ne reconnu jamais le crédit de cette aide et tout le monde a en tête le long procès qui a opposé les deux firmes dans les années quatre-vingt et qui se terminera en 1990 par la défaite cuisante de Kodak. Non seulement ils devront payer un milliard de dollars de dommages et intérêts mais ils auront l’obligation de non seulement cesser toute fabrication d’appareils et de films instantanés mais aussi de retirer du marché tout ce qui aura été produit et vendu en ce sens.
Mais laissons-là ces tristes évènements pour en revenir à la production des appareils issus du cerveau de ce génial inventeur.
Car il allait révolutionner une fois de plus le paysage photographique en inventant non seulement un appareil inédit mais aussi le film qui allait avec : le SX-70 et le premier pack film intégral du même nom.
Commençons par le film : il contient les futures photos, la chimie pour les développer et la pile pour alimenter l’appareil. Cette pile de 6v assure la fonction du flash, la motorisation du boitier, y compris l’éjection des photos. Calibrée juste pour cet usage, elle s’épuise (presque) en même temps que le film se termine et on la renouvelle à chaque nouveau pack de 10 vues (enfin, huit avec les nouveaux films de la nouvelle société Polaroid !).
Petite parenthèse en passant à ce sujet : pensez à mettre vos cassettes de film Polaroid vides dans les containers prévus pour les piles, ne les jetez jamais à la poubelle, notre bonne vieille Terre vous remercie.
Plus de 500 opérations chimiques se succèdent pour assurer le développement de la photo captée, tout ça sur l’épaisseur (quasi) d’une feuille de papier photo. Un exploit et une réussite totale.
Nous sommes en 1970 et l’avenir est prometteur. Edwin Land fait construire plusieurs usines pour assurer la fabrication et de ces films et des appareils : la légende est née une seconde fois.
Car le nouvel appareil est aussi une révolution, au sein même de la gamme des boitiers existant : Land réussit l’exploit de se réinventer et de créer l’évènement.
Lors d’une réunion annuelle de l’entreprise en avril 1972, il a sorti un SX-70 plié de sa poche de veste de costume et en dix secondes, il prit cinq photos, chose qui aurait été impossible avec les appareils précédents.
Arrêtons-nous un instant sur l’évolution des modèles pour mieux comprendre mes propos :
le premier appareil fut le Modèle 95, qui utilisait un film en rouleau (1948 – 1965). Il connu une descendance comme les Modèle 95b, 100, 110, 120, …. jusqu’au Modèle 900
une première révolution fut l’introduction des « pack film » des séries 80 et 100 et les appareils de la Série 100 à 400 (1963 – 1977). Ces pliants ont aussi introduit le premier obturateur électronique lié à l’analyse de la cellule dans un appareil photo produit en série.
seconde révolution avec l’apparition, en 1972, des appareils SX-70, qui utilisent aussi un « pack film » du même nom. Ces pack film sont dit « intégral » car ils intègrent le film, la chimie et la pile nécessaire au fonctionnement de l’appareil. Ces appareils seront produits jusqu’en 1979 sous la forme de pliant, mais une autre série qui ne présente plus cette forme (folding), utilisant aussi le film SX-70, sera produite jusqu’en 1985
apparition de la série 600 en 1981, qui utilise aussi un pack film dit 600 (en référence à la sensibilité de celui-ci). Elle connaîtra aussi une longue descendance et s’éteindra au seuil des années 2000, avant d’effectuer une incroyable résurrection d’abord grâce à Impossible Project en 2008. Impossible Project qui re-deviendra Polaroid en 2018 et continuera à produire des appareils appelé One, mais c’est une autre histoire.
De gauche à droite, le Modèle 95, le Série 100, le SX-70, le Polaroid 640.
Si vous voulez en découvrir plus, je vous recommande l’excellent site « The Land List« , en anglais.
Est-ce plus clair maintenant ?
Alors, on continue avec la découverte de cet incroyable SX-70.
Fin 1972, c’est à Miami (Floride) que l’appareil est d’abord vendu puis il le sera à travers tous les USA dès l’automne 1973. Malgré un coût élevé et une production encore limitée, Polaroid a vendu 700.000 appareils dès la mi 1974. Le début d’une longue histoire …
Tiens, une anecdote : en 1973-1974, les astronautes du Skylab 3 et 4 ont utilisé un SX-70 pour photographier un écran d’affichage vidéo afin de pouvoir comparer les caractéristiques du Soleil d’une orbite à l’autre. Petit coup de pouce au marketing pour propulser l’appareil au firmament des boitiers mythiques !
Ce qui frappe le plus c’est sa forme : un parallélépipède d’à peine 4cm de haut qui se déploie en un instant et qui propose, en plus, une vision reflex.
Ce design est dû à Henry Dreyfuss, une réussite qui correspondait à la nouvelle vision d’Edwin Land : proposer un Polaroid éminemment transportable et efficace.
Un autre couple de designers célèbres, Charles et Ray Eames ont réalisé une video pour présenter et expliquer le fonctionnement de ce nouvel appareil. Elle aussi, un petit bijou que vous pouvez découvrir ci-dessous.
Tout d’abord, un peu de technique car elle sera commune à tous les appareils photo pliables SX-70 :
un objectif en verre de 116 mm f/8 à 4 éléments
une mise au point minimale de 30cm environ (10,4 pouces)
une mise au point de la cellule avant via une roue dentée en haut du boîtier de l’objectif/de l’obturateur
un obturateur électronique
l’exposition automatique programmée avec des vitesses d’obturation de 10 sec à 1/175s
une plage d’ouverture de f/8 à f/22
l’appareil choisit les ouvertures les plus petites possibles lorsque le flash est utilisé.
l’exposition au flash automatique basée sur la distance de mise au point
la distance maximale du flash est de 6m (20 pieds).
le boitier possède une prise Flashbar intégrée pour le flash. Des flashs électroniques accessoires étaient également disponibles.
une prise pour un déclencheur électrique à distance.
Quelques variantes plus tard, des subtilités apparaitront mais sans changer fondamentalement l’âme du premier opus.
Celui que j’ai acheté est un SX-70 Modèle 2, sorti en 1974. Contrairement à ce que j’ai pu lire, le corps de celui -ci n’est pas en plastique mais en métal noir (un aimant s’y est collé par hasard !), avec un revêtement en faux cuir noir qui a tendance, avec l’âge, à se faire la malle. Mais Aki-Asahi est là aussi d’une grande aide si vous voulez redonner son lustre d’antan à votre protégé.
Cet appareil a séduit nombre de grands photographes. Nous pouvons citer Ansel Adams, Andrej Tarkovsky et Andy Warhol, qui exhibait volontiers le sien, ou plutôt les siens, car il en avait plusieurs (un de ceux-ci s’est retrouvé sur Ebay en 2013 et il est parti au prix fou de 50.000$). Il fut sans doute le meilleur ambassadeur de cet appareil et le garant du mythe d’un boitier déjà excellent.
-« Bon, c’est bien tout ça, mais comment fonctionne ce grand rectangle noir (pour le mien en tout cas) ? ».
Sur le dessus, légèrement en surplomb, le viseur, sur lequel il faut tirer doucement pour libérer l’ensemble du mécanisme d’ouverture.
Ici, le soufflet est en caoutchouc, d’une seule pièce.
Le viseur, donc, et constitué d’un verre de visée escamotable, qui traverse le dessus du capot pour aboutir dans un prisme – oui, oui, comme sur un reflex – où vous trouvez un stignomètre à coïncidence. Vous réglez la visée avec une roue dentée placée juste au dessus du déclencheur orange, en façade.
Grâce à ce viseur – le premier sur un appareil instantané – vous voyez vraiment ce que vous voulez capter. Pour les autres, il faut toujours tenir compte d’un léger décalage entre la visée et la photo prise, sans correction de parallaxe dans le tunnel de visée.
Une fois ouvert, tout est immédiatement à portée de doigts même s’il faut bien reconnaitre que la position pour bien utiliser le viseur n’est pas tout de suite facile à appréhender (il faut tâtonner un peu pour bien se placer en face de celui-ci).
Toute modification de la distance se répercute dans la viseur, en direct.
Toutefois, vous pourriez, grâce aux indications notées sur l’objectif, pré-régler la distance à l’avance.
Le SX-70 Sonar One Step fera encore mieux avec la mise au point automatique, en 1978.
Ah, j’allais oublier le réglage habituel « clair/sombre », a ajuster avec une molette crantée, à gauche de l’objectif mais dont le réglage ne se voit pas dans le viseur. Toujours délicat à manipuler ce truc !
Comme tout Polaroid, il aura besoin d’un flash, qui sera un « Flashbar » de 10 ampoules, qui se monte dans une fente prévue à cet effet, au dessus de l’objectif. On en trouve encore mais ce n’est pas évident.
Alors on peut aussi y monter un flash électronique, le Polatronic. Ce flash externe est monté sur une poignée qui se connecte à l’appareil photo via la prise Flashbar. Le support de caméra inclus sert également de support de trépied, bien utile car l’appareil n’en possède pas.
Donc, vous l’avez ouvert, mis un film dedans – il suffit d’appuyer sur le bouton jaune avec une flèche vers le bas, à droite du boitier pour ouvrir le compartiment, trouver comment vous positionner pour viser, appuyer sur le bouton orange en façade et clic – bzzz- rrrr, la photo sort toute seule !
Comme d’habitude, vous ne la secouez pas et vous la retournez face vers le bas, à l’abri de la lumière le temps du développement complet (et s’il fait froid, vous la mettez dans une poche ou une boite, au chaud).
C’est un reflex très facile et peut encombrant finalement : moins de 5cm de haut, les vitesses d’obturation sont calculées automatiquement (de 1/175s à 10s), ainsi que l’ouverture (de f8 à f22).
A l’arrière du boitier, discret, un petit compteur de vue qui indiquera immanquablement « 10 » au moment de glisser un nouveau film, et qui se fera piéger car les nouveaux films ne comptent plus que 8 vues.
Il faut savoir qu’il y aura toute une série d’accessoires prévus pour les SX-70 pliant, comme des compléments optiques, des filtres, des supports pour gagner un filetage pour trépied, un flash électronique (je l’ai cité plus haut), un déclencheur filaire, etc. Bref, un « système » complet qui fit partie de son succès … assez difficile à trouver (à prix raisonnable) de nos jours.
Pour le plaisir, je vous mets en perspective le Polaroid Model 320, un 600 OneStep des années 2000 (avant la faillite), histoire de juger de l’encombrement, fermés et ouverts.
Ceci étant, si cet appareil tranche singulièrement avec la production des Polaroid et qu’il introduit le principe du reflex, inédit sur ces appareils, il n’en reste pas moins que sa manipulation requiert un peu d’habitude et quelques précautions car il n’est pas évident à tenir en mains.
Juste un peu d’habitude à prendre …
Alors, ce fameux Polaroid SX-70 vaut-il les prix délirants que l’on rencontre de nos jours ?
Oui, … et non.
Oui car il offre un confort de visée inégalé sur un Polaroid (avec un peu d’entrainement toutefois).
Oui car il est toujours utilisable si on ne l’a pas maltraité auparavant (à vérifier lors d’un achat), le film SX-70 étant encore produit, comme par exemple chez Retrocamera, en couleur ou N/B.
Oui car il est réellement peu encombrant (il n’est pas plus grand que le Lomo Instant Wide mais plus fin lorsque fermé) sans être vraiment un champion de la miniaturisation.
Oui car son design le rend particulier et reste innovant, 50 ans plus tard.
Non car il n’est pas facile à prendre en mains sans un minimum d’entrainement.
Non car il n’y a pas de flash intégré, il faut faire appel à des FlashBar ou un flash externe, et ceux-ci ne sont pas faciles à trouver et chers.
Non car la version la plus « automatique », la version SX-70 Sonar OneStep ou la SX-70 Autofocus, avec le sonar pour l’autofocus (mais toujours sans flash) est hors de prix (or on estime qu’ils furent produit à plus d’un million d’exemplaires).
-« Alors, finalement, j’achète ou pas ? »
Si j’arrive à en trouver un, en bon état, c.-à-d. avec les coverings à changer (environ 20€ chez Aki-Asahi) mais mécaniquement impeccable, à environ 100€, alors oui (comme ce fut le cas de cet exemplaire).
Si j’arrive à en trouver un en excellent état, c.-à-d. avec le covering en état impeccable et mécaniquement impeccable à environ 130€, alors … oui.
Tous les autres prix sont surfaits, disons le tout net !
Mais, dit-on communément, « quand on aime on ne compte pas ! » Funeste erreur qui encourage la spéculation sur certains modèles comme le SRL 680 à 500€ (mais il n’y a pas que chez Polaroid que la folie gagne).
A vous de voir mais reconnaissons que cet appareil fait partie des légendes, encore utilisables de nos jours, de la photographie.
Si vous cherchez un petit compact facile, léger, sans chichi, je crois que celui-ci va répondre à vos attentes.
Comme d’habitude, il s’appelle Prima 5 en Europe, Sure Shot Max aux USA et Autoboy Mini au pays du soleil levant.
Pour une fois, le nom américain est le plus parlant : « sure shot max » que nous pouvons traduire par « impossible de rater sa photo » – bon, ok, c’est très littéral !
Mais juste car avec lui, pas de complications inutiles : vous chargez une batterie CR123 de 3V dans le compartiment, vous placez un film dans la chambre, en tirant la languette jusqu’au repère (en vérifiant que le film est bien sur les roues dentées d’entrainement), puis vous fermez le dos.
C’est tout, il est prêt !
De fait, il va charger le film jusqu’à la première photo, lire le code DX de la cartouche et régler sa cellule (de 25 à 3200 Iso), armer le déclencheur et vous inviter à faire votre prise de vue. il vous suffit de pousser le curseur sur le tour de l’objectif pour le mettre en batterie.
C’est le minimum syndical des appareils des années nonante (il est sorti en 1991), mais on lui demande juste de faire des photos, et il le fait bien.
Son optique est un 38mm ouvrant à f3,5, une focale fixe mais dotée de l’autofocus. Ce n’est pas vraiment un grand angle mais il est un peu plus large qu’un 50mm. Très passe partout.
Son obturateur, électronique, travaille de 1/8s à 1/250s (et de 1/60 à 1/250 en synchro flash), ce qui est amplement suffisant.
Au niveau des commandes, vous ne serez pas distrait pas une tonne de boutons ! Il y en a trois :
le déclencheur,
le retardateur (10 secondes)
le curseur pour couper le flash, le mettre en auto ou OFF
Notons qu’en position « auto », le flash lance des minis-éclairs pour essayer d’éviter les yeux rouges de vos sujets.
Ah, il y a encore un compteur de vues, qui se remet à zéro automatiquement, et un filetage pour un trépied en dessous.
Voilà, voilà …
C’est du « tout plastique » mais assemblé avec soin et les plastiques sont de qualité.
Sauf le crochet de la porte de pile, qui a tendance à casser et qu’on répare souvent d’un bout de gaffer. Ça n’a jamais empêché de faire des photos.
Source : la dernière photo est issue de 135.compact.
Que retenir de ce petit appareil au look sympa ?
Sa taille et sa forme, qui le rendent très portable et confortable à utiliser. Son viseur, clair et muni de marquages lumineux pour aider au cadrage, avec correction de la parallaxe. Sa relative discrétion ensuite, qui en fait un petit boitier qu’on peut emmener partout, y compris au musée puisque vous pouvez déconnecter le flash.
Si vous en trouvez un avec sa house d’époque, après avoir vérifié que la pile n’a pas coulé, que son compartiment ferme bien, ne dépensez pas plus qu’un billet de 10€, vous ne le regretterez pas.
Si vous en souvenez, je vous ai présenté l’ Impulse 600 l’an passé.
Comme j’avais été frustré de ne pas avoir acheté un autofocus, je ne suis rattrapé par la suite, dans une autre brocante.
La particularité de cet appareil est d’offrir un design finalement moins encombrant que ses aînés (qui restent toutefois au catalogue), les 600 classiques, qu’il faut « ouvrir » pour utiliser.
La même année que ces appareils, Polaroid sort les Images, qui sont encore plus transportables mais utilisent un format de film, hélas disparu, le format Spectra.
Ces appareils voient donc le jour au seuil des années nonante (il seront produit de 1988 à 1994). Moins connu que les classiques 600, ils offrent, outre leur encombrement, quelques avantages non négligeables, surtout le modèle que je vous expose, celui équipé du sonar.
Leur ergonomie permet de bien tenir l’appareil, à plat sur la paume. Le déclencheur est encore à l’arrière mais il aurait été difficile de le placer devant, la place manquait entre le sonar, masqué un temps par le flash, escamotable, l’optique en dessous de laquelle trône la réglette « clair/obscur », la cellule et le viseur.
L’objectif est en deux éléments (contre un ménisque pour l’Impluse 600, entrée de gamme), un 109mm ouvrant à f14.
Son obturateur, électronique comme il se doit, offre des vitesses de 1/3s à 1/200s.
Le sonar, masqué par la grille en nid d’abeille dorée, ne se présente que si le flash est relevé, ce qui met l’appareil en batterie, une LED verte apparait près du déclencheur pour vous signaler que le boitier est prêt. Par habitude, le flash est un incontournable de chez Polaroid.
Le sonar donc assure la fonction d’autofocus, pas linéaire mais basée sur 4 paliers, qui débute à 60 cm jusque l’infini. Un point auquel faire attention cependant : le sonar s’arrête sur le premier sujet qu’il rencontre pour faire la mise au point. Ce qui est un souci si vous voulez photographier à travers une vitre, p. ex.
Et on obtient les meilleurs résultats en appuyant à mi-course sur le déclencheur, ce qui laisse le temps à l’appareil de faire la mise au point et de charger le flash, puis de l’enfoncer fermement pour prendre la photo.
Fait assez rare pour être souligné, l’appareil est doté d’un retardateur de 12 secondes.
Il suffit d’appuyer sur le petit bouton et d’attendre environ 12 secondes que l’appareil déclenche. Notez que si vous voulez vous en servir pour un autoportrait, il vous faudra bien penser votre photo car le viseur, s’il est plus grand que de coutume, n’est néanmoins pas dans l’axe et qu’il n’y a pas de lignes pour la correction de parallaxe. C’est un peu aléatoire, il faut le reconnaître.
Pour le reste, du grand classique : pour mettre un film dedans, un film 600 avec pile intégrée (donc pas un film i-Type moderne), il suffit d’abaisser le petit levier sur le côté droit, qui ouvre la chambre dans laquelle vous allez glisser le pack film. Dès que vous aurez refermé le bas de l’appareil, il va sortir une feuille noire, celle qui protégeait les photos du pack. Il est prêt pour les photos suivantes.
L’Impulse AF possède aussi un compteur de vue, qui se fera piéger par les nouveaux films Polaroid, comme d’habitude : rappelez-vous, les « anciens » packs proposaient 10 vues, les nouveaux seulement 8. Donc, quand vous arrivez à ce chiffre, le film est terminé mais le compteur en compte encore deux.
Notez qu’on s’y fait à la longue.
En résumé, si vous en trouvez un dans une brocante, ne le laissez par partir (sauf s’il dépasse les 25€) car vous aurez là un Polaroid relativement récent, facile à transporter, avec un autofocus précis, un objectif de bonne qualité et capable de faire des photos sans que vous soyez derrière le bouton (retardateur), si besoin.
Il n’a pas la finesse d’un SX-70 – pas le même prix d’ailleurs – ou d’un Image (qui ne sont guère plus utilisables) mais il est quand même plus facile à emporter que les autres Polaroid, tout en gardant ce petit côté « vintage » qui plait tant avec ces appareils.
Voici le premier article de 2023. Une nouvelle année commence avec, je l’espère, son lot de découvertes à partager, à expliquer, à tester.
Bonne lecture…
Ah, celui-là, ça fait un moment que je dois vous le présenter.
Je l’ai acheté, comme d’habitude, sur une brocante et son vendeur prétendait qu’il fonctionnait mais qu’il était nécessaire de mettre un film dedans, ce qui arrive effectivement parfois.
Las, de retour à la maison, je me suis aperçu qu’il ne fonctionnait pas, enfin, pas comme prévu.
Mais commençons par le début, qui est ce Ricoh Super Shot 2.4 ?
C’est la version économique d’un Ricoh Super Shot apparu en 1965 qui était doté, lui, d’un objectif Rikenon de 43mm ouvrant à f1,7. Il fait partie d’une série d’appareils lancés dans les années soixante par la marque et munis d’un moteur … à ressort.
C’était un télémétrique qui possédait déjà le principe de l’automatisme à priorité ouverture.
Il était aussi doté du système « auto-flash » qui adaptait l’ouverture en fonction de la sensibilité du film et de la distance de prise de vue lors d’une photo au flash.
Le Super Shot 2,4 est paru, lui, en 1966. Et comme vous pouvez vous en douter, le « 2,4 » indique l’ouverture de son objectif, toujours un Rikenon mais de 40mm cette fois.
Qu’a-t-il gardé de son prédécesseur ?
Sa taille d’abord, qui le rend un peu grand pour un compact (mais bon, les Yashica Electro 35 ou les Minolta Hi-Matic ne se glissaient pas non plus dans une poche).
Le principe du moteur à ressort ensuite, qui tient de la pièce de haute horlogerie, j’y reviendrai.
L’emplacement inhabituel de la pile, sur le dessus du capot. Ce qui s’explique par la présence du moteur et de son ressort. La pile de 1,3v, initialement au mercure, alimente donc le posemètre et l’obturateur électronique.
Le fait de pouvoir régler l’exposition avec une priorité à la vitesse en mode automatique ou en manuel. Dans ce cas, l’aiguille du posemètre indique juste l’ouverture idéale selon la vitesse que vous avez déterminée.
Puisque j’évoque les vitesses, elles s’échelonnent de 1/30s à 1/300s, plus une pose B.
Petite remarque sur l’obturateur, un Seiko ES développé spécialement pour les objectifs fixes (comme les Copal) ayant un « œil électronique » (une cellule) au CdS. La cellule convertit la luminosité du sujet en durée par son circuit électronique et en fonction de la durée ainsi obtenue, l’obturateur règle à la fois l’ouverture et le temps d’exposition, et obtient une valeur d’exposition correcte.
Cet obturateur électronique était la « révolution » de cet appareil.
Lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, l’alimentation de l’obturateur est sur ON. La tension entre la sensibilité d’une résistance standard et celle de la cellule au CdS est comparée. Si le sujet est trop sombre et donc par conséquent hors de la zone d’activité de la cellule, le circuit envoie un signal d’erreur et une micro lampe s’allume, signifiant que le sujet est sous exposé.
Si aucune lampe de ne s’allume, cela veut dire que le sujet est dans la zone de travail de la cellule. Dès lors le circuit est « ouvert » et un aimant maintient les lames de l’obturateur ouvertes. Mais dans le même temps un condensateur charge et lorsqu’il atteint sa capacité de travail, il referme les lames de l’obturateur. C’est le calcul de la luminosité du sujet en durée qui détermine le temps d’exposition.
Tant que vous gardez le doigt enfoncé à mi-course sur le déclencheur, le « système » calcule la meilleure ouverture et le meilleur temps d’exposition.
La sensibilité de la cellule se règle de 25 à 400 Iso. Une fine tirette sur le fut de l’objectif permet le réglage.
Toujours sur le fut de l’objectif, une seconde tirette sert de retardateur : vous la repoussez vers le bas et lorsque vous appuyez sur le déclencheur, elle vous laisse plus ou moins 10 secondes pour être avec les autres dans le cadre.
Par contre, si c’est toujours un télémétrique, il est un peu particulier.
Les ingénieurs maison ont considéré que la tête d’un sujet doit pouvoir s’inscrire dans le losange prévu pour la mise au point. Donc, une fois que vous avez capté votre sujet – enfin sa tête – dans ce losange, lorsque vous faites la mise au point, sa taille varie en fonction de la distance.
C’est donc bien une mise au point télémétrique … peu précise, car si vous photographiez vos enfants, forcément plus petits, ce sera difficile d’inscrire leurs jolis minois dans ce fichu losange !
Bon, pour suppléer à ce souci, il y a un affichage de la mise au point par zones (trois) qui apparait dans le viseur et l’objectif dispose d’une échelle de distance bien plus pratique à utiliser.
Ceci étant, le viseur affiche, via une aiguille sur échelle, l’ouverture la plus adéquate en fonction de la vitesse choisie lorsque vous êtes en mode manuel.
Le chargement du film est un peu particulier aussi : il faut « dévisser » le bouton de rembobinage (en dessous) jusqu’à ce qu’il ressorte de l’appareil. Vous pouvez alors glisser une cartouche de pellicule dans la chambre et vous repoussez le bouton vers le haut pour bloquer le film.
Ensuite, il faut glisser le bout de l’amorce dans une fente de la bobine de « traction » (celle qui fait avancer le film et est asservie au moteur). Puis vous tournez le bouton du ressort pour être certain que l’amorce est bien prise dans la rainure et que le film suit bien les roues dentées. Si c’est ok, il faut fermer le dos fermement puis tourner le bouton d’enroulement jusqu’à ce que le ressort soit complètement « chargé ». Enfin, vous devrez appuyer trois fois sur le déclencheur de manière à ce que le chiffre 1 du compteur d’exposition soit en face de la marque triangulaire. Vous êtes alors prêt pour la première photo.
Parlons-en de ce fichu ressort !
Si l’idée est bonne et fonctionnelle, elle semble fragile car j’ai lu quelques remarques à ce sujet.
Mais reprenons le fonctionnement : lorsque vous remontez le ressort, il vous donne une autonomie de douze vues. De fait, il assure l’avance du film, vue par vue (d’où la nécessité de laisser un film dedans pour vérifier s’il fonctionne), arme l’obturateur pour la vue suivante, et garde en réserve les mêmes opérations pour les onze vues suivantes.
Quand le ressort est détendu, il n’est plus capable d’avancer le film et il suffit alors de le « recharger » pour finir ses photos. Et lorsque que le film est terminé, il n’est plus possible de remonter le ressort, il faut impérativement rembobiner et sortir le film.
Pour ce faire, vous devez appuyer sur le centre du bouton du ressort. Vous entendrez alors qu’il se détend complètement (bruit de ferraille). Ensuite seulement vous pourrez utiliser la manivelle de rembobinage pour ré-enrouler le film dans la cartouche avant d’ouvrir le verrou qui libèrera le dos.
Bon, j’avoue que mon exemplaire semble ne pas bien fonctionner : lorsque je remonte le ressort, pas moyen de déclencher (l’obturateur ne s’ouvre pas) mais le film avance de plusieurs vues d’un coup puis s’immobilise.
Il a sans doute été forcé. Je vais tenter de voir ça de plus près … un jour !
Finalement, que retenir de ce Ricoh Super Shot 2,4 ?
C’est un appareil qui sort de l’ordinaire et propose des solutions originales, même si ce modèle n’atteint pas le niveau de perfectionnement de son aîné.
Pas vraiment compact, il n’est pas plus gros qu’un Electro 35, qu’un Hi-Matic, qu’un Canonnet MAIS il propose un moteur intégré, sans pile. Ce qui n’est pas courant à l’époque !
Si vous avez la chance d’en trouver un, négociez son prix autour des 40€ (idéalement avec sa gaine) mais essayez-le avec un film test afin de ne pas être déçu ensuite.
Des pub d’époque
J’aime bien l’accroche de la publicité de cet appareil : « l’appareil qui pense pour vous. » Rien de moins … gonflés les as du marketing de l’époque !
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