L' Atelier de Jean-Pascal, passionné de photographie et de peinture
Catégorie : Argentique
Le monde de l’argentique est riche de tant de modèles différents, du minuscule Minox au moyen format, sans parler des chambres, que je n’ai pas (encore) pu utiliser. Il y a des reflex, des télémétriques, des compacts, des pockets, des appareils instantanés, bref, de quoi découvrir et s’amuser.
Voici le dernier appareil acheté lors de la brocante des 26 – 27 novembre 22.
Après deux Yashica, en réflex, place à un compact typique des années nonante, un Olympus SuperZoom 70 dans sa sacoche et avec son mode d’emploi (et même un film dedans !).
C’est une charmante dame qui me l’a apporté, avec un vieil Agfa Clack bien moisi et un Kodak 255X malheureusement inutilisable (cassette 126). Si je n’ai pas gardé les deux derniers cités, pour lui faire plaisir, j’ai acheté cet Olympus.
Représentant assez typique des appareils des années nonante (1993), il ne transfigure pas le matériel photographique mais apporte sa petite touche.
Comme d’habitude, s’il se nomme SuperZoom 70 en Europe, ce sera OZ 70 Zoom au Japon et Infinity Zoom 2000 aux USA. Et pour être le plus complet, il a existé en version DX, c.-à-d. affublé d’un dos dateur, vraisemblablement inutile de nos jours, et en version Panorama, visiblement réservée au seul marché nippon (OZ Panorama 70 Zoom).
Vous l’avez compris, c’est un compact fait pour se simplifier la vie : on vise le sujet, qu’on essaie de placer sur une croix au milieu du viseur (qui est quand même colimaté avec correction de parallaxe), on attend qu’une lampe verte apparaisse pour être certain que l’autofocus est bien verrouillé sur la cible, éventuellement une lampe orange si on a eu besoin du flash, et on appuie sur le déclencheur. C’est tout, l’appareil fait le reste : il avance la vue, réarme pour la suivante.
A noter que si vous deviez rembobiner votre film pour une raison ou l’autre, il faudra attendre d’avoir atteint la dixième vue pour pouvoir le faire. Pourquoi 10 ?
Il vous propose un zoom finalement raisonnable, un 38 – 70mm ouvrant de f4,5 à f7,8. Pas bluffant mais honnête face à la concurrence de l’époque. Si vous regardez en bas de l’article, je vous ai mis un lien vers des photos prises avec cet appareil et les résultats sont correctes.
-« Mais alors, qu’est -ce qui le rend intéressant ? »
Ah, je vous dirais son ergonomie d’abord, avec une poignée bien dessinée qui offre un réel confort d’utilisation et, accessoirement, de loger les piles.
Tiens, parlons-en des piles : normalement, 2 piles AA de 1,5v suffissent mais – et c’est particulier – il y a aussi un emplacement pour mettre une pile lithium de 3v (type CR123). Ce n’est pas courant mais ça peut être utile en voyage notamment.
Ensuite son écran LCD, bien complet et facile à lire et son viseur, clair et suffisamment grand pour bien cadrer ses sujets.
Outre donc qu’on l’ait bien en mains, les commandes tombent naturellement sous les doigts et sont fluides.
Comme je l’écrivais plus haut, ce n’est pas un compact révolutionnaire, mais un bon petit appareil qui fait bien ce qu’on lui demande de faire : des photos sans prise de tête mais correctes.
Outre le fait qu’il chargera votre film presque tout seul, qu’il réglera la sensibilité de celui-ci sans intervention (de 50 à 3200 Asa), il vous propose une gamme de focales intéressantes : un 38mm qui est presque un grand angle et un 70mm qui est presque un mini télé. L’objectif est composé de 5 éléments en 4 groupes.
Vous pourrez faire du paysage et du portrait puisqu’il vous propose ces compromis honorables. La mise au point commence à 60cm jusque l’infini.
Vous vous en doutez, l’obturateur est électronique et les vitesses sont liées à la détection de lumière faite par la cellule. Elles sont de 1s à 1/500s.
Il vous propose quand même le verrouillage de l’autofocus, par pression à mi-course du déclencheur, pour vous permettre de recadrer votre sujet si besoin.
Et, ce que j’aime bien, la possibilité de débrayer le flash. Attention toutefois, à chaque re démarrage, il faut penser à modifier le réglage, par défaut, sur flash auto.
Un petit flash qui sur la position Flash S propose à vos sujets d’éviter d’avoir des yeux de lapins effrayés, en émettant une série de pré-éclairs avant la prise de vue.
Et vous avez la possibilité de « forcer » le flash en cas de contre-jour important, p. ex.
Ah, il vous offre encore un retardateur de 12 secondes, qui peut être piloté par une télécommande à infra-rouge en option), qui vous offre un délais supplémentaire de 3 secondes avant de lancer soit le déclenchement pur et simple, soit d’enclencher le retardateur que vous aviez programmé.
Voilà, voilà … un petit compact que vous devriez pouvoir emporter pour 15€ maximum, avec sa dragonne et son petit sac, que l’on peut porter à la ceinture.
Celui-là ne vous donnera pas de frisons mais fera son job correctement, des photos de bonne facture.
Petite video d’illustration
Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.
Voici le second appareil acheté lors de la brocante des 26 et 27 novembre (le premier étant le Yashica FX-3).
Disons-le d’emblée, je l’ai acheté parce que je ne connaissais pas du tout mais je savais qu’il était en panne, enrouleur bloqué, un vilain coup sur le filtre UV de protection, le plastique de la cellule abîmé.
J’essaierai de lui redonner vie – ou pas – mais en attendant, je vous le présente tel quel.
Vu la disposition des pièces, je me suis douté qu’il s’agissait d’un appareil plus ancien, car il ressemble un peu au Minolta SR-1.
Alors, d’où provient ce J-P ? (avec des initiales pareilles, je ne pouvais pas le laisser là !)
D’abord, il y eut le Pentamatic, sorti en 1960, un reflex tout mécanique, sans cellule interne ou externe avec objectifs interchangeables et une griffe flash à l’épaule gauche.
Notons que ces deux appareils proposent un déclencheur en façade, façon Praktica ou Miranda TM, voire Topcon RE Super par exemple. Celui du Penta J est déjà « à enfoncer » vers le corps parce qu’une cellule indépendante pouvait y être fixée.
Si ça déconcerte un peu au début, car on appuie naturellement dessus avec le majeur, finalement on s’y fait assez vite. Le fait d’enfoncer le bouton vers soi minimise aussi les risques de bougé.
Puis, en 1964, vient le Yashica J-P qui nous occupe aujourd’hui. Normalement, les Yashica avec la lettre « J » possédait une cellule interne au CdS, non couplée. Ici, une « pince » à été prévue pour un posemètre livré en accessoire et qui est couplé au cadran des vitesses.
Il semble bien que ce modèle fut « l’entrée de gamme » de la série J et donc dépouillé de la cellule, même si on pouvait, moyennant supplément, lui en greffer une.
On peut lui adjoindre les optiques en monture M42 à viser, ce qui ouvre un large champ de focales.
L’obturateur à plan focal horizontal propose des vitesses de 1/2s à 1/500s, plus pose B et synchro flash au 1/60s. Si le 1/500s nous semble toujours un peu juste, il ne faut pas oublier que dans les années soixante, la vitesse des films étaient de 32 à 125 Asa et donc le 1/500s largement suffisant. Evidemment, si vous mettez dedans un 400 Asa en plein soleil ….
Il possède aussi un retardateur, j’imagine de 10s (je ne peux pas l’essayer, il est bloqué).
La couronne des vitesses est prévue pour la greffe d’une cellule externe, qui vient s’imbriquer dans un petit carré et lui permettra de tourner en suivant la lecture que vous ferez de la vitesse et/ou de l’ouverture proposée (après avoir réglé ladite cellule qui, paradoxalement, va jusqu’aux 800 Asa).
L’avantage de cette cellule externe est d’être fixée sur l’appareil (gain de place) mais son rôle se borne à vous donner les mêmes indications que votre cellule à main.
Si je regarde la pub ci-dessous, je m’aperçois que ce posemètre « interdépendant » avait un certain coût (175 Fr de l’époque pour un appareil qui en coûtait 1.372 Fr). Je n’ai pas d’idée de prix des cellules à main de l’époque mais je gage qu’elles étaient moins chères. Notez que j’adore la petite phrase qui précise que « … dans l’immédiat, les appareils ne peuvent être livrés sans leur cellule ».
Bon, qu’écrire d’autre sur cet appareil somme toute très simple ?
Le viseur n’est pas le plus lumineux que j’aie vu. La visée se fait au moyen d’un cercle de micro prismes. Il n’y a pas de stignomètre au centre.
Pas de griffe porte accessoires non plus. Il valait fixer le flash sur un support attaché sous l’appareil. Il y a deux prises de synchronisation, une X et une FP pour Flat Peak (pour les lampes éclairs plus lentes). A ce sujet, je vous encourage à lire l’excellent article sur « l’histoire du flash et de la synchro » que vous trouverez ICI.
L’appareil est lourd et pourtant, il n’est pas très grand, moins haut par exemple que le FX-1 qui possède lui une cellule interne couplée efficace.
Vous aurez remarqué que sur la photo ci-dessus, j’ai réussi à retirer le filtre UV qui avait pris un méchant coup. Si vous deviez faire la même opération, protégez toujours vos yeux car le verre contraint pas la déformation risque à tout moment d’éclater. Et c’est là qu’on se félicite d’avoir posé ce genre d’accessoire car la lentille, elle, n’a rien.
Cet appareil a-t-il encore un quelconque intérêt ? Pour la collection, bien sûr. Il n’est pas très courant me semble-t-il.
Au niveau utilisation et agrément de celle-ci, avec ou sans cellule rapportée, on l’a bien en mains grâce à sa forme trapue.
Mais c’est un boitier « basique » qui n’offre, en réel agrément, que de pouvoir viser précisément ce que l’on regarde à travers l’objectif (le principe minimum du reflex en gros).
Pour le reste, c’est à vous de choisir entre rusticité assumée ou aide minima à la prise de vue. Ce n’est pas, me semble-t-il, un appareil que je recommanderai aux plus jeunes qui veulent se lancer dans l’argentique, à moins qu’ils possèdent déjà un bagage suffisant des réglages et leurs effets.
Au niveau prix, ne dépassez pas les 40€ pour un exemplaire en très bon état et muni d’un objectif 50mm.
Une fois n’est pas coutume, c’est comme vendeurs que nous participions à une brocante en cette fin de mois de novembre (2022).
Et heu … comme acheteur aussi, car je nous ai trouvé un Yashica FX-3 qui a bien voyagé, équipé d’un magnifique objectif Yashica DSB 135mm ouvrant à f2,8.
Oui, il a perdu une partie de la couverture de son « cuir » d’origine, mais c’est au soleil de la Vallée de la Mort, en 1992, lors du dernier voyage qu’il a effectué en compagnie de la charmante dame qui me l’a vendu.
Ceci étant, c’est un peu la « maladie » commune aux Contax (voir l’article sur le Contax 139). Heureusement, Aki-Asahi a une solution !
Vous avez déjà pu lire l’article consacré au Yashica FX-1, celui qui a inauguré la famille des FX en 1975. Et donc, vous vous en doutez, il y aura un FX-2 et un FX-3 (1979).
Et pour être complet, un FX-7 aussi en 1979 (là, ils ont sauté quelques numéros mais de fait, c’est le même appareil en bis-tons), un FX-3 Super en 1984, un FX-7 Super en 1985, puis un FX-3 Super 2000 en 1988, qui sera produit jusqu’en 2002.
Ce sera un des derniers appareils non autofocus a être encore produit à l’aube du numérique, comme le Pentax P30 ou le Minolta X9.
Petit exercice de comparaison : à gauche, le FX-3, à droite, le FX-1.
Vous remarquez au premier coup d’œil le changement de design. A droite, un appareil des années septante, tout en métal, anguleux et lourd (650gr nu), à gauche, un appareil des années quatre-vingt, plus petit, plus arrondi, avec un capot en plastique bien qu’il garde le corps et la semelle en métal, plus léger (450gr nu).
Un design plus « passe-partout » qui me rappelle furieusement celui des Cosina.
Et pour cause, c’est bien Cosina qui a conçu et fabriqué ce FX-3, en gardant la monture C/Y (Contax/Yashica) conçue par Zeiss pour Contax et … Yashica qui y posera juste son nom pour le commercialiser.
Deux remarques, en passant : la première c’est le coup d’accélérateur entre 1975 et 1979 dans l’évolution des formes, la seconde c’est que Yashica est déjà en mauvaise posture et essaie de sauver ce qui peut l’être en passant par la sous-traitance.
Bref, faut-il déjà condamner ce FX-3 ?
Surtout pas car grâce à sa monture, vous aurez accès aux objectifs de la gamme C/Y dont les fameux Zeiss T* (voir l’article sur le FX-1 pour ces optiques), les Yashica ML et quelques fabricants tiers, comme Vivitar.
C’est même un moyen d’entrer par la grande porte dans cet univers de très bons, voire excellents cailloux car Vivitar et Cosina ont commercialisé ce boitier en monture M42 et Pentax PK, notamment, pour attirer les débutants, les photographes et étudiants en photographie moins argentés que ceux qui s’offraient la monture C/Y.
Un dernier mot au sujet des optiques prévues pour cet appareil : si les Contax Zeiss T* vous semblent encore inabordables, visez les Yashica ML conçues sur le même modèle et aussi avec un traitement multi-couches, voire sur les DSB (comme celle installée sur cet appareil), qui garde la conception du Zeiss mais sont mono-couche.
Ah oui, pour déverrouiller l’objectif, il suffit d’appuyer sur le bouton à gauche du fut d’objectif et de tourner dans le sens anti-horaire.
De plus, comme il n’existe qu’en noir (vous connaissez mon penchant pour cette couleur), il donne un côté « pro » que son homologue, le FX-7 – pourtant identique – n’a pas avec sa couleur bis-tons argenté et noir.
Et puis ce FX-3 est reconnu pour être un appareil fait pour durer et fiable : sa conception simple et entièrement mécanique est robuste et bien pensée.
Les modèles ultérieurs (les Super) seront fabriqué en Chine avec un cahier des charges qui vise à diminuer les coûts drastiquement : la qualité et la fiabilité s’en ressentiront immanquablement.
Entièrement mécanique et pourtant, il y a une pile de 3v que l’on remplace aisément par deux LR44. Celle-ci ne fait qu’alimenter un posemètre et des LED indicatives car l’obturateur est bien tout mécanique. Toutes les vitesses et ouvertures sont utilisables sans pile.
Pour cette fois, la pile est conventionnelle, logée dans la semelle.
Parlons-en de cet obturateur puisque j’aborde le sujet : il est donc mécanique à lame métallique verticale et propose des vitesses de 1s au 1/1000s plus une pose B avec synchro flash au 1/125s. Il possède aussi un retardateur d’environ 10 secondes, qu’on arme avec le levier en façade. La lame métallique induit quelques micros vibrations mais se révèle assez silencieuse en action.
Contrairement à son aîné, pour le flash, il n’y a plus de connecteur PC pour les anciens flashs.
Le posemètre a une sensibilité réglable de 12 à 1600 Asa. Son réglage est des plus classique : vous soulevez le barillet des vitesses et tournez le cadran jusqu’à la valeur souhaitée.
Dans le viseur, trois LED vous indique si vous êtes en sur ou sous exposition (LED rouge en bas ou en haut) ou juste (LED verte). Certains n’aiment pas cette configuration, préférant la bonne vieille indication par aiguille. Elle n’est pas plus précise cependant.
Puisque nous sommes dans le viseur, celui-ci est clair, assez large et … dépouillé : vous verrez juste les LED s’animer non pas en appuyant à mi-course sur le déclencheur mais en enfonçant le petit bouton situé à l’arrière du boitier (sur les modèles ultérieurs ils abandonneront cette manœuvre pour revenir au bon vieux déclencheur). Par contre, la mise au point se fait grâce à un stignomètre à coïncidence qui a la bonne idée d’être en positon oblique, entouré d’un champ de micro-prismes fins.
Pourquoi est-ce une bonne idée cette inclinaison du stignomètre ? Elle permet de mieux faire coïncider les deux parties de votre images, plus rapidement, surtout sur les sujet verticaux et/ou difficiles à discerner.
Le déclencheur est ferme et produit un son bien net, pas trop bruyant finalement. Il n’y a plus de sélecteur pour le bloquer.
Enfin, pour ouvrir l’appareil, comme d’habitude, on soulève la molette de rembobinage et elle libère le verrou du dos.
Bon, si je résume, nous avons là un appareil simple, sans artifices mais solide. Pas d’autofocus, pas d’automatismes, ce sont vos réglages qui feront (ou pas) la différence. Bref, un bon boitier école qui utilise d’excellents optiques au service de votre créativité.
-« Pas de défauts alors ? »
Ah, comme je l’écris souvent, l’appareil parfait n’existe, hélas, pas.
Le premier et évident défaut, c’est le revêtement en simili cuir qui ne tient pas les années. Mais on peut le changer facilement via des « cuirs » prédécoupés comme ceux cités plus haut (Aki Asahi).
Ensuite, les mousses du miroir, du dos, qui sont à changer impérativement (mais comme sur les Canons, les Minolta, etc. de même époque). C’est un travail un peu minutieux mais facile à faire avec un peu d’attention.
Sur mon exemplaire, la pile a coulé. Heureusement, le moins vers le bas, la coulée n’a finalement endommagé que les contacts du réceptacle. Que je vais devoir refaire car ils sont complètement cuits par l’acide.
Ceci dit, rappelez-vous, ça n’empêche pas l’appareil de fonctionner mais vous n’aurez pas la mesure de la lumière à travers l’objectif et, franchement, ça aide même si ce n’est pas indispensable.
Cet appareil n’est pas très courant. Il n’est pas non plus sophistiqué donc le prix doit rester raisonnable. Je dirais maximum 40€ avec un 50mm (plus si l’objectif est un Zeiss T*, qui vaudra souvent plus cher que le Yashica).
Si vous cherchez un bon boitier école, celui-ci devrait faire l’affaire.
Ah, celui-là, ça fait bien un an qu’il attend dans sa boite …
Finalement, à force de traquer les vieux machins, j’en oublie presque les nouveautés qui sont quand même encore de l’argentique et de … l’instantané.
Car cette façon de photographier a toujours ses adeptes et elle en gagne chaque jour de nouveaux, aussi dans les tranches d’âge les plus jeunes, et c’est tant mieux !
Personnellement, je trouve les formats « carte de crédit » trop petits même s’ils sont amusants car faciles à ranger dans un portefeuille, après une soirée par exemple.
Arrêtons-nous un instant d’ailleurs sur les différents formats, pour y voir plus clair :
Source : Instamaniac, de gauche à droite, le Mini, le Square, le Wide
le Mini avec un format de film de 54(L) x 86(H) mm pour une image de 46(L) x 62(H) mm
Le Square avec un format de film de 86(L) x 72(H) mm pour une image de 62(L) x 62(H) mm
le Wide avec un format de film de 108(L) x 86(H) mm pour une image de 99(L) x 62(H) mm
C’est le dernier format qui s’approche le plus du format des films 600 (et SX-70) de chez Polaroid (78 x 80 mm pour l’image dans un format de film de 89 x 108 mm).
Si vous regardez bien les tailles, il y a une constante, la hauteur, de 62mm pour tous les formats.
Tous ces films sont fournis par Fuji, qui a, de facto, pris la relève de Polaroid dans le domaine de l’instantané.
Pour mémoire, Fuji a fabriqué, en son temps, des films sous licence pour Polaroid, notamment les fameux Pack 100, abandonnés vers 2014 si mes souvenirs sont exacts mais c’est sa collaboration avec Kodak, l’ennemi juré de Polaroid, qui entrainera Fuji dans l’instantané.
A côté des films Instax, qui utilisent une chimie assez semblable au Polaroid mais plus proche par la conception de celle de Kodak (si vous voulez découvrir comment ça fonctionne, je vous recommande d’aller sur le site des Numériques qui explique très bien tout cela), il y a aussi une nouvelle génération, celle du « zéro ink », c.-à-d. sans encre, ni ruban (comme les imprimantes matricielles).
Comme son nom, contracté en ZInk, l’indique, la feuille de papier ne contient aucune chimie, ni encre mais des cristaux thermosensibles couchés directement sur celle-ci. Lors de la prise de vue ou, sur les petites imprimantes portables, lors de l’impression, c’est la chaleur qui va révéler l’image captée (pour des infos plus précises, allez sur le site leblogphoto qui explique aussi ça très bien).
Aujourd’hui donc, il y a le choix de la technologie, un peu moins celles des formats, le Mini étant le plus répandu et le plus « merchandisé » par Fuji, qui le décline dans toute une série de coloris, de décors (voir sur le site Fuji, les « thématiques ») très tendances auquel il fournit toutes une série d’accessoires ludiques (des cadres, des albums) et, bien évidemment, toute une série d’appareils spécifiques, pour toutes les bourses et tous les goûts.
Pour ma part, je garde ma préférence pour le Wide et là, le choix des appareils diminue drastiquement car chez Fuji, il ne reste que le Wide 300.
S’il ne manque pas de qualités, il est finalement très sobre et – disons-le – peu « poussé » par Fuji, qui lui préfère le Square.
Si je le résume, disons qu’il fait des photos. Finalement, c’est ce qu’on lui demande à la base.
N’empêche, de nos jours, c’est un peu … peu ! Et ça limite le côté créatif de pas mal de gens.
Alors, chez Lomography, qui aime bien la créativité, la douce folie, les expérimentations, ils ont décidé de créer leur propre appareil grand format, le Lomo Wide.
Au point de vue taille, le Fuji et le Lomo sont très proches – taille du film oblige.
Je trouve amusant le fait que le viseur du premier soit à gauche et celui du second, à droite.Aussi peu pratique l’un que l’autre, j’y reviendrai.
Par contre au niveau fonctionnalités et accessoires, le Lomo enfonce le Fuji, tout en étant près de 50% plus cher(199€ en version classique et jusqu’à 219€ pour des éditions spéciales contre 119€). Mais quand on aime, on ne compte pas, dit-on !
De prime abord, nous avons affaire à un gros et grand appareil (650gr). Soit à la finition austère (blanche ou noire) soit franchement coloré selon les designers appelés à le relooker, selon les saisons et/ou les promotions.
Ensuite, quand on le prend en mains, il est assez ergonomique et agréable à tenir. Un petit exemple, le bouton du déclencheur, sur la face avant, ne se pousse pas vers le haut ou vers le bas, mais s’enfonce vers l’intérieur, ce qui est, somme toute, confortable et assez naturel.
Sa finition tient plus de la 2CV que de la Rolls, mais tout est bien assemblé.
Donc, au déballage du Lomo, vous aurez :
un appareil Lomo Instax Wide (ok, c’est bien là le minimum attendu)
des compléments optiques comme un ultra grand-angle, un « macro » et un « Splitzer »
un viseur complémentaire pour le grand angle
des filtres colorés à glisser devant la fenêtre du flash
un bouchon d’objectif qui sert aussi de déclencheur à distance
un minuscule (et assez inutile) miroir près de l’objectif (ah, les selfies !)
un livret sur les techniques de prises de vue
le mode d’emploi
Les compléments optiques se visent sur l’objectif initial (pas de vis de 49mm, courant), tout comme cet étrange « Splitzer », un filtre qui permet d’occulter une partie de photo à la fois, en faisant tourner le cache. Il donne la possibilité de découper sa photo sans superpositions puisqu’on n’expose qu’une partie à chaque déclenchement.
L’utilité de cet objet me donne l’occasion de vous expliquer une autre particularité du Lomo Wide : la possibilité de faire des surimpressions.
Il suffit d’appuyer sur le bouton marqué MX, au dos, avant la prise de vue et l’appareil se ré-arme sans faire sortir la prise précédente. Pour éjecter, in fine, le résultat, il faut ré-appuyer sur le même bouton. Effets créatifs assurés !
Son objectif de 90mm est un équivalant 35mm en 24×36, ouvrant de f8 à f22. Il propose 3 positions de mise au point : 60cm – réduite à 10cm avec le complément gros plan, 1-2m et l’infini. Si ce réglage des distances, par zones, parait frustre, il a l’avantage de la simplicité.
Ne vous affolez pas, mais une déformation en coussinet (effet convexe) sera visible, surtout si votre sujet est à moins de 2 mètres. De plus, l’objectif, non traité, est sensible au flare (reflets indésirables). Mais ça participe aux effets créatifs recherchés généralement par les lomographistes.
L’exposition est automatique programmée, ce qui veut dire qu’elle s’adapte à vos choix de distance, à l’utilisation ou non du flash (eh oui, on peut le débrayer). La cellule est précise et donne d’excellents résultats, même dans des conditions parfois compliquées de prise de vue (éclairages différents, contre-jour, p. ex.).
Le viseur, très mal fichu à l’extrême droite (tout comme l’est celui du Fuji, à l’extrême gauche), va vous donner des sueurs froides car il n’y a pas de correction de la parallaxe dans le viseur. Il faudra s’habituer pour cadrer correctement mais on y arrive avec de l’entrainement. En dessous de 3m, il faut vraiment y faire attention car le décalage est important.
Je reviens un instant sur le bouchon d’objectif, qui est donc aussi le déclencheur à distance et qui commande le mode bulb (pose B) : une pression ouvre l’obturateur, une seconde le referme.
Et puis, voilà le paquet de cerises des fonctionnalités, qu’aucun autre appareil instantané ne propose, qui sont regroupées à l’arrière du boitier :
le flash, activé par défaut mais que l’on peut débrayer (touche on/off), je l’ai déjà mentionné
la possibilité de mettre un flash externe avec une synchro flash
les languettes de gel colorés que vous pourrez mettre devant pour oser toutes les fantaisies
la multi-exposition, que je citais plus haut
la possibilité de corriger l’exposition (+1/-1) d’un simple curseur
le bouton qui permet de choisir de travailler en automatique, en pose B ou au 1/30s
un filetage pour le fixer sur un trépied
Si avec ça vous ne savez pas vous amuser …
Et encore, il y a les compléments optiques que j’ai évoqué plus haut :
le complément « grand angle » équivalant à un 21mm en 24×36, avec son propre viseur (mais toujours pas collimaté), qui se vise sur l’objectif de base. Des déformations en barillet (effet concave) seront visibles mais chez Lomography, ça participe au jeu
le complément « macro », sorte de bonnette comme on en faisait dans le temps (voir les Yashica Electro 35 ou les Canonet qui proposaient ces accessoires), qui permet de s’approcher jusqu’à 10cm de son sujet. Attention, elle n’est pas précise du tout et va « manger » de la luminosité (à compenser avec le correcteur). Si vous vouliez photographier des plantes en mode macro, heu … bon courage.
le fameux Splitzer, qui vous permet de photographier « par morceaux » sans faire de surexposition puisque vous ne dévoilez qu’une partie du sujet à la fois (ne pas oublier d’appuyer sur MX à chaque prise de vue). Pas simple à maitriser mais amusant.
-« Bon, c’est bien beau tout ça, mais, et les photos ? »
Soyons honnête, il va falloir en rater beaucoup pour maitriser l’engin.
Car si, sur papier, ça à l’air simple, pour être à la hauteur de ses envies, il faut tâtonner : trouver d’abord le bon réglage pour être net et cadrer ce que l’on voulait cadrer (fichu viseur); avoir le courage d’oublier le complément « macro », bien trop imprécis et difficile à utiliser; trouver le bon équilibre avec le flash, selon les distances envisagées (trop près, ça crame tout, trop loin, il fausse les couleurs).
A ce rythme là, vous avez intérêt à acheter les film par double pack, ce qui réduit – sensiblement – le coût de la photo (comptez quand même 1€ par image).
Je vous avoue que je ne le maitrise pas encore, mais je ne désespère pas d’y arriver.
-« Pourquoi tant d’obstination ? »
Parce qu’il est le seul appareil maniable à proposer un aussi grand format.
Sauf le Kodak Classic Smile, que j’ai toujours mais qu’il est difficile d’approvisionner en film et pour lequel je crains souvent de ne plus en trouver. De plus, il offre moins de possibilités.
Alors, est-ce un bon achat ?
Oui si vous aimez les grands formats en instantané.
Oui si vous arrivez à le trouver en occasion, revendu par quelqu’un qui a abandonné.
Oui car vous pouvez aussi faire des photos toutes simples avec lui, sans essayer d’en tirer la « substantifique moelle » et il s’en tire pas mal.
Videos d’illustration
Un peu de technique :
Format de pellicule : Fujifilm Instax Wide Film
Zone d’exposition : 64mm x 99mm
Focale : 90mm (équivalent à 35mm)
Type d’exposition automatique : automatique programmée
Lorsque j’ai trouvé ce minuscule appareil dans une brocante des bords de Meuse (Namur), j’ai craqué pour sa bouille sympathique, sa taille et son côté « très vieux machin ».
Ni le vendeur ni moi ne connaissions l’engin, ce qui m’a un peu facilité les choses pour négocier le prix, scandaleusement élevé au départ et qui deviendra raisonnable lorsque j’ai fait remarquer au dit vendeur que l’appareil ne déclenchait plus.
Bref, une fois la chose conclue, j’ai glissé ce petit pliant dans mon sac à dos. C’était le dernier que j’achetais sur cette brocante, ouf !
Rentré à la maison, je l’ai bien nettoyé (il en avait bien besoin) et à force de « chipoter », j’ai trouvé comment l’armer et le déclencher, je vous expliquerai.
Mais ma plus grande surprise a été de découvrir qu’il s’agissait d’un 24×36. Je pensais trouver une bobine de 127 à l’intérieur car souvent, anciennement, pour réduire la taille des boitiers, c’est vers cette pellicule que les fabricants se tournaient.
Il est contemporain d’un certain Leica II, initiateur du format, et d’un Kodak, nous y reviendrons juste après.
Il est donc temps d’en apprendre un peu plus sur ce Weltix de chez Welta (c’est gravé dans le cuir).
Je vous invite, pour gagner du temps, à relire l’article que j’ai consacré au Kodak Retina IIIc dans lequel vous aurez appris qu’en 1934, Kodak Allemagne (qui vient de racheter Nagel Kamerawerk, du nom d’un génial inventeur) présente un petit appareil pliant, le Kodak Retina, qui utilise la cassette de film 35mm inventée quelques temps auparavant.
Source : Wikipedia; au gauche le Kodak Rétina, à droite, le Weltix acheté
Ce petit pliant a connu un immense succès et fut donc copié, par exemple par Balda et Welta.
Welta fut fondée par Walter Waurich, Waldemar Radewensky et Theodor Weber en 1914 à Freital, près de Dresde, sous le nom de Weeka-Kamera-Werk et deviendra Welta-Kamera-Werk en 1919 (je ne sais plus combien valent les W au scrabble, mais là, on a fait le plein !).
Elle fabriquait des appareils de grande qualité comme le Perle, le Solida (à ne pas confondre avec le Franka Solida) ou le Weltini. Ils étaient aussi précurseurs avec des appareils vraiment d’avant garde, comme le Perfekta et le Superfekta.
En 1935, quelques mois après la sortie du Retina original, avec un objectif ouvrant à f3,5, Welta met sur le marché le Welti, un appareil très inspiré du premier cité mais avec une gamme d’objectifs ouvrant de f2 à f3,5. Une première, destinée à couper l’herbe sous les pieds du géant Kodak qui devra attendre 1936 pour lancer le Retina II, équipé enfin d’un objectif ouvrant à f2.
Le Welti était tout noir, son déclencheur était positionné sur l’obturateur même, des Compur ou Compur-Rapid de qualité pour épauler des objectifs de haute qualité (Schneider Xenon, Carl Zeiss Tessar, Meyer Trioplan).
Comme l’appareil eut aussi du succès, ils l’ont amélioré avec des mécanismes pour corriger la parallaxe, un déclencheur sur le boitier, des chromes, un choix d’objectifs plus vaste.
Bref, ils se sont posé en concurrent directs du Retina, en proposant, en plus, un prix plus abordable.
La famille comptait dont le Welti, haut de gamme, le Weltini, un moyen de gamme, le Weston, plus simple et le Weltix, l’entrée de gamme. Tous les trois eurent un succès auprès des clientèles visées grâce à leurs qualités et leur positionnement de prix intéressant.
-« Et le Weltix dans tout ça ? »
Et bien il s’agit donc de la version économique du Welti, proposée à la fin des années trente. Economique mais pas sans atouts : il possédait aussi une correction de la parallaxe, un déclencheur sur le boitier et plus sur l’obturateur, et même un compteur de vues.
Les économies touchaient surtout la qualité des métaux utilisés, un choix plus restreint d’objectif (un Cassar ou un Xenar), d’obturateur (un Prontor II ou un Compur) et sans chromes, alors très à la mode pour faire « chic » et cossu.
Le boitier est fait de métal embouti dont les plaques supérieures et inférieures sont peintes en noir (qui s’écaille souvent avec le temps et les maladresses d’une longue série de propriétaires), le reste étant recouvert d’un cuir assez fin. Les objectifs n’ont pas de système de mise au point hélicoïdale mais se règlent directement sur l’avant. Il n’y a pas de griffe porte accessoires (où auraient-ils pu la mettre vu la taille de l’engin ?).
Mais la seconde guerre mondiale pointait le bout de son vilain nez et le Weltix ne fut produit qu’à la fin 1938 et en 1939, l’usine Welta ayant cessé de produire des appareils photo pendant la guerre.
En 1949, Welta a repris la production du Welti, avec des améliorations mais le Weltix ne fut jamais plus fabriqué.
Souvenez-vous, nous étions à Dresde – partie devenue Allemagne de l’Est. Après les déboires de la guerre, l’usine Welta a poursuivi la production en tant que société d’État (VEB Welta-Kamera-Werk). En 1959, elle devient partie du grand VEB Kamera- und Kinowerk Dresden, un conglomérat de fabricants est-allemand qui deviendra VEB Pentacon en 1964.
-« Bien, bien, et comment fonctionne ce Weltix ? »
Tout d’abord, pour l’ouvrir, il faut appuyer sur un petit bouton, en dessous, sur la semelle. Ce qui libère la face avant, qui se déploie souplement vers la droite, laissant apparaître le soufflet et le bloc objectif/obturateur de l’engin. La plaquette métallique sur la porte, c’est pour maintenir l’appareil de niveau si vous le posez sur une surface dure.
Sur la tranche gauche, le verrou pour ouvrir la porte arrière et découvrir la chambre. Regardez la mécanique, c’est du solide et malgré les ans, tout est propre et fonctionne. Celui-ci a bien servi si j’en juge par les traces laissées par les films sur la plaque de pression.
Les Weltix étaient équipés soit d’un Xenar 50mm f 3,5, soit – comme ici – d’un Cassar 50mm f2,9. Ce Cassar était fabriqué par Steinheil à Munich. C’était un objectif triplet très courant que l’on trouvait également dans d’autres appareils photo amateurs des années 1920 et 1930.
Bon, l’idéal aurait été d’avoir un exemplaire avec le Xenar qui, s’il ouvre moins grand, est de meilleure qualité (formule Tessar, fabriqué par Schneider-Kreuznach), mais bon, en brocante, on ne choisit par toujours.
La mise au point s’effectue en tournant l’élément avant de l’objectif, à partir d’un mètre jusque l’infini. Il faut près de 3/4 de tours pour manœuvrer. Les Welti, plus chers, utilisaient un système de mise au point hélicoïdale, plus précise et souple.
Mais que ce soit le Cassar ou le Xenar, aucune des lentilles n’est traitée et les images manqueront de contraste. Elles seront aussi sensibles au reflets. On peut monter des filtres, qui atténueront ces effets négatifs, c’était chose courante à l’époque.
L’obturateur, monté sur le bloc optique est un Compur (fabriqué par Deckel). Il donne des vitesses de 1s – 1/2s – 1/5s – 1/10s – 1/25s – 1/50s – 1/100s – 1/300 s et pause B. C’est un obturateur avec trois lames métalliques, qu’il faut armer avant de déclencher. Ici – c’est presque moderne – il y a un déclencheur sur le boitier, relié par un mécanisme simple à l’obturateur.
Pour être complet à ce sujet, sachez que certains Weltix, plus rares, ont été équipé d’obturateurs Prontor II (Gauthier), qui ne dépassaient pas le 1/200s.
Un mot sur le viseur maintenant, qui est assez particulier.
Pourtant, c’est un viseur de type Galilée (un tube avec deux verres) qui a l’avantage d’être économique, facile à fabriquer et qui offre une visée très claire. Vous le trouvez encore sur des compacts modernes (ceux des années nonante s’entend).
Son principal défaut, c’est l’erreur de parallaxe, car il est généralement placé à coté ou au dessus de l’objectif, pas dans son axe (l’avantage de la visée réflex). Sur les appareils un peu sophistiqués, il y aura une « correction » de la parallaxe, généralement représentée par des lignes tracées ou gravées sur le verre.
Et bien, ici aussi, de façon originale : c’est tout le viseur qui bouge pour corriger la parallaxe, grâce à un mécanisme simple qui le fait basculer vers l’avant, toujours dans le même axe.
S’il n’est pas trop abimé, vous devriez voir un N (pour « Nahe », c.-à-d. proche en allemand) gravé sur le viseur. Lorsque vous le relevez, vous pouvez viser les sujets proches (à partir d’un mètre).
Ok, c’est assez empirique. Au dos de l’appareil, vous trouverez un tableau qui donne les profondeurs de champ en fonction de l’ouverture et de la distance du sujet. Heu … c’est en allemand !
Reste le pifomètre, ça fonctionne aussi …
C’est subtil mais vous remarquerez sur les photos 1 et 2 le léger basculement du viseur vers l’avant
Alors, pour prendre une photo, une fois que vous aurez chargé un film dans la chambre, il vous faut armer l’obturateur, ce qui « arme » aussi le mécanisme du déclencheur sur le boitier.
Vous faites la mise au point en tournant le devant de l’ensemble objectif/obturateur, en vous aidant, le cas échéant du tableau à l’arrière de l’appareil (et d’un dictionnaire franco-allemand si besoin).
Les vitesses et l’ouverture se règlent avec les couronnes indiquées aux flèches 2 et 1.
Ici, il n’y a pas de retardateur à enclencher.
Comme souvent sur ces appareils, il y a un mécanisme pour empêcher les doubles expositions. Normalement, lorsqu’un film est monté dans la chambre, vous ne devriez pas faire la manœuvre, mais comme ici nous sommes « à blanc », si vous voulez armer l’appareil, vous devez faire tourner la tige crantée au moins 2 tours, jusqu’à entendre un petit « clic » discret. Si vous avez tiré le levier d’armement, vous pourrez déclencher, sinon c’est impossible (et ça ne sert à rien de forcer).
En passant, c’est un petit truc à retenir si vous découvrez ce genre d’appareil. Et comme les vendeurs de type « vide grenier » ne savent pas comment fonctionnent ces vieux machins, ça vous permet de faire diminuer les prix.
Si vous deviez mettre l’appareil sur un pied, pour une pose longue ou en cas de faible luminosité, vous pourrez fixer un déclencheur souple sur le fut de l’obturateur.
Heu, aurais-je oublié quelque chose à vous décrire ?
Oui, son sac « tout prêt », en cuir bien costaud. S’il n’est pas vraiment indispensable, sachez quand même que c’est sur lui que sont fixées les sangles de portage (sur mon exemplaires, elles sont casées mais c’est facilement réparable avec un bon cordonnier).
Comme souvent avec ces appareils qui s’ouvrent à droite (ou à gauche), ce n’est pas facile de le prendre en mains, d’autant que le boitier est petit, tout petit.
Mais il est chouette et, mine de rien, on le sent bien car il fait son poids. A l’époque, le plastique était inexistant, même la bobine réceptrice est en métal.
Encore une petite chose, pour le refermer, mettre l’objectif sur l’infini et appuyer légèrement sur le milieu des bras du compas, l’ensemble rentrera tout seul, sans forcer.
Comme on le dit souvent en riant, « c’est de la mécanique d’avant guerre ça mon bon monsieur, faite pour durer ! » Et c’est vrai car même si ce Weltix était considéré comme un entrée de gamme, destiné aux amateurs, près de nonante ans plus tard, il fonctionne encore.
Ne vous attendez pas à des images d’une précision chirurgicale, au piqué pointu. Non, plutôt une douce nostalgie et des couleurs aigres-douces, comme ces époques-là, pas franchement amusantes n’est-ce pas ?
J’imagine que les pellicules particulières de chez Lomography devraient lui aller à merveille (je pense à la Berlin ou Potsdam Kino, la Métropolis, la Lady Grey p.ex.), en noir et blanc.
Mais les plus osés passeront à la couleur, pourquoi pas ?
En résumé, un petit appareil pas si courant, au charme désuet, que je vois bien accompagner les personnes qui font des reconstitutions d’époque (un ami se reconnaîtra), et les autres, pour le plaisir d’utiliser autre chose qu’un vieux Leica pour le même type d’encombrement.
Alors, si vous en trouvez un en relativement bon état, essayez de le négocier autour des 40€ (mais oui, vous savez bien, il ne déclenche pas !) et disons 50€ s’il a encore son sac tout prêt en bon état.
Photographier avec ces appareils nous ramène aux fondamentaux de la photographie, avec humilité mais pas sans plaisir.
Des publicités d’époque
Source : Collection-appareils, Photo-Plait 1939en haut et Central Photo, 1939 en dessous. Remarquez la phrase qui débute la seconde publicité : « utilisant le film cinéma, … ». C’est encore ainsi qu’on appelait les bobines en 24×36 chères à Oskar Barnak
Pour avoir une idée des photos prises avec cet appareil, c’est ICI et LA, p. ex.
Il est vrai que lorsque l’on parle des 600, la plupart des personnes voient les icônes des années 1980 et 1990, ceux qui ont inauguré et utilisé les célèbres « pack film » avec la batterie intégrée.
Petite revue des 600, de toutes les formes.
Le format des instantanés, carrés, mesurait 7,9cm, avec la non moins célèbre bordure blanche.
La sensibilité était de 640 Iso et il fallait plus ou moins 3 minutes pour qu’ils se développent (à 21°C).
Des Polaroid 600, il y en eut pour tous les goûts et toutes les bourses : les classiques, tout simples; ceux avec un autofocus fonctionnant grâce à un sonar; quelques uns avec des lentilles en verre, la majorité avec des lentilles en plastique et une mise au point immuable à 1,2m; d’autres, grâce à une lentille « gros plan » étaient pourtant capable de descendre à 60cm
Presque tous, au fil des ans, avaient la même mécanique (qui évoluait discrètement), habillée avec des carénages anguleux, arrondis ou un mixte des deux, et des couleurs très sobres ou complètement flashy, selon les pays de diffusion, ou les annonceurs commerciaux qui les utilisaient comme cadeaux d’affaire.Il y eut même des éditions limitées à l’effigie des quelques gloires passées (Little Kitty, les Spice Grils par exemple). Les collectionneurs s’en frottent les mains, à la recherche de la pièce rare.
Toute une époque que l’on pensait révolue mais qui a le bon goût de revenir, surtout auprès des plus jeunes, qui adorent « sentir » l’image qu’ils viennent de capturer et qu’ils peuvent partager immédiatement avec leurs ami(e)s, chaque photo étant unique.
Pourtant, soyons honnête, Polaroid Corp a inventé pas mal de choses (le concept de l’instantané, le système SPARR – gestion du flash, le sonar pour l’autofocus, le Lightmixer – analyse de la lumière par exemple), mais ils ont été les as de la récupération, de faire du neuf avec du (très) vieux : juste un peu de cosmétique au fil du temps et on nous resservait la même salade. Si je devais vous en convaincre, je vous invite à parcourir les sites de « The Land List« . Son auteur recense les différents modèles et leurs « différences » et Polaroid Intégral 600 Series. Je salue bien bas !
Ici pourtant ils ont fait un effort.
Reprenant l’inspiration des Image System, ils ont créé un appareil de très petite taille comparé à tout ce qui a existé avant.
Replié, il ne prend pas plus de place qu’un petit reflex. Ouvert, il reste élégant et sa taille est toujours contenue.
L’électronique des années deux-mille a favorisé cette réduction de taille (ce modèle date de 2004). Elle l’a considérablement améliorée aussi, la rendant plus stable dans le temps (le gros défaut des Images System, justement).
Mais venons-en à sa présentation.
Pour l’ouvrir, il suffit d’appuyer sur le bouton carré, à l’arrière. Notez que pour le refermer, il faut ré-appuyer sur le même bouton en refermant le dessus (ce qui nécessite d’utiliser ses 2 mains).
Il y eut plusieurs modèles : le Classic, l’Ultra et le Pro.
Celui-ci est un Classic, la version la plus simple avec une mise au point minimale de 90cm, une vitesse d’obturation fixe.
Par comparaison, l’Ultra a une mise au point de 70cm, le Pro, de 60cm. Le flash de chacune des versions est réglé en fonction et plus on « monte » dans la gamme, plus vite le flash se recycle.
Sur l’Ultra et le Pro, on retrouve le fameux réglage « clair/sombre » qui permet, modestement, de faire varier la vitesse d’obturation. Ils gagnent aussi un retardateur, mais seul le Pro aura un écrou pour le fixer sur un trépied.
Enfin un bon point pour les trois, un « compteur » de vues enfin lisible.
Et qui se fait toujours piéger par les nouveaux films Polaroid car il n’y a plus que 8 vues dans un pack alors que les « vrais » Polaroid en comptaient 10. Y penser car lorsque vous arrivez au chiffre 8, ça veut dire que vous avez terminé votre pack.
Une fois ouvert, comme d’habitude, le viseur est enfin accessible, la lentille dégagée, ainsi que le flash.
Dès qu’il s’ouvre, le flash charge Sur ce modèle, on ne peut pas le débrayer (oui sur l’Ultra et le Pro)
Pour y mettre un film, ils ont gardé le même principe que sur l’Image System, encore une fois : il faut appuyer sur le petit bouton marqué « film », juste sous l’objectif.
Tiens, parlons-en de cet objectif : c’est marqué dessus, c’est un 100mm avec une mise au point à 90cm jusque l’infini (range 3 feet to infini). Son ouverture est de f12,9 (quand je vous disais que les Polaroid ont besoin de beaucoup de lumière et/ou d’un flash intégré).
Vais-je vous étonner en vous disant que la lentille est en plastique ?
L’obturateur, électronique, varie d’un 1/3s à 1/200s.
Si le plumage a changé (en bien), le ramage reste identique : un objectif peu lumineux qui nécessite l’utilisation quasi systématique du flash, une cellule qui calcule assez correctement la lumière, un viseur réduit à sa plus simple expression (aucune indication à l’intérieur), le flash intégré indispensable, géré par l’incontournable Lightmixer (LM).
Mais un design enfin moderne, qui rend son utilisation plus agréable et son port plus aisé.
Ceci étant, je n’en ai pas trouvé beaucoup en brocante, c’est le premier.
Il s’en est pourtant vendu beaucoup à l’époque – quoiqu’il faille relativiser car nous n’étions plus à la « belle époque » du Polaroid initial.
Honnêtement, celui-là je le garde car il est facile à glisser dans un sac photo et je le trouve beau.
Alors, si vous aussi avez la chance d’en dégoter un, essayez de le négocier autour des 20€, il le vaut bien, surtout les modèles Ultra et Pro (là, il faudra débourser un peu plus sans doute).
Ce sera sans doute la dernière brocante de cette année.
Quoiqu’il fasse anormalement bon et chaud ce 11 novembre 22, la manifestation se tient dans le grand hall de Louve Expo, à La Louvière.
Beaucoup de chalands, un peu moins d’exposants mais tout le monde semble ravi d’être là.
Et moi, je fouine comme d’habitude pour tenter de trouver quelques pépites à vous présenter ensuite.
Comme d’habitude, il y a ceux qui ne savent pas ce qu’ils vendent mais ont l’honnêteté de le dire et de pratiquer des prix raisonnables, et puis ils y a ceux qui ne savent pas non plus ce qu’ils vendent mais qui ont été voir sur Internet et qui proposent des prix délirants (un Voigtländer Vitoret en bel état à 135€ ou de vieux folding Kodak au soufflet asthmatique et dont l’objectif n’attend qu’une main un peu maladroite pour se faire la malle à 50€, par exemple !).
Bon, laissons-là ces chagrins et voilà un stand sympa, où je vais pécher les deux appareils que je vous présente, le premier étant ce Yashica FX-1 (le second sera un Polaroid, si, si …).
Je n’ai pas souvent abordé Yashica pour ses reflex mais plutôt pour ses excellents Electro 35.
Pourtant vous pourriez aller relire l’article que j’ai consacré au superbe et trop méconnu Yashica FR-1, il vous donnera les clés de l’histoire, compliquée, de la marque et de ces reflex de qualité.
Vous y découvrirez aussi que le Yashica FX-1, proposé en 1975 est le premier d’une longue série d’appareil de notoriété, qui utilisait certaines des fonctions du Contax RTS (le déclencheur électro-magnétique, la monture acceptant les objectifs C/Y signés Carl Zeiss).
Il a d’ailleurs été le premier à introduire cette monture commune C/Y (Contax/Yashica) qui permet d’utiliser les objectifs Yashica et les Carl Zeiss T*.
Vraiment un appareil de transition, qui partageait les fonctions des « anciens » reflex Yashica (à monture M42) et celles des futurs FR.
Source : Buktuset mon appareil.
Il est le digne représentant de ces appareils des années septante : massif (650gr tout nu), agréable à prendre en mains, majoritairement en métal et qui demandent, impérativement, d’opter pour une sangle confortable si vous voulez le porter autour du cou, vos cervicales vous diront merci (celle d’origine étant définitivement anecdotique avec son fin filet de plastique).
Lorsque je l’ai acheté, je me suis posé la question de savoir où était la pile car rien n’indiquait qu’il y ait une trappe quelconque à l’extérieur. Arrivé à la maison, après l’avoir nettoyé, je me suis dit qu’elle était peut-être dans la chambre et j’ai trouvé comment ouvrir le dos de l’appareil, que j’ai refermé aussi vite car il y avait un film dans la chambre !
En passant, pour ouvrir la porte arrière, il faut avancer le levier marqué 1 et puis appuyer sur le bouton marqué 2 (ce qui nécessite les deux mains). Impossible de l’ouvrir par inadvertance.
Revenons à notre pile. J’ai dû regarder sur le mode d’emploi pour comprendre qu’elle était cachée dans le barillet de la molette de rembobinage. Ça, je ne l’avais encore jamais vu !
De fait, il faut soulever la petite manivelle, tirer sur l’ensemble, qui se soulève aisément, se saisir du fut ainsi dégagé et tourner dans le sens anti horaire pour ouvrir le réceptacle où se niche la pile, une PX28 de 6v (alcaline ou oxyde d’argent, ouf), que vous pourrez remplacer facilement par une 426A (4LR 44 empilées) – attention, le plus se met en bas. Pour refermer, opération inverse, sans forcer.
C’est ainsi, muni d’une nouvelle pile, que j’ai collé mon œil au viseur pour vérifier que la cellule fonctionnait, et oui, ça marche !
Puisque j’en parle du viseur, il n’a pas de stignomètre à coïncidence (le centre au milieu divisé par une ligne qu’il faut remettre en ordre) mais un rond, toujours au milieu du viseur, à micro prisme fin pour effectuer la mise au point.Sur la droite, une échelle avec une aiguille qui monte ou descend selon la luminosité et vos réglages.
Comme d’habitude, une zone en haut pour la surexposition et en bas pour la sous exposition.
En haut, en bandeau, une ligne vous renseigne sur le réglage d’ouverture sélectionnée (de f1,2 à f32).
Un viseur classique, assez clair finalement, et qui donne une bonne idée de vos réglages et des infos issues de la cellule.
Une cellule au CdS, alimentée donc par la pile de 6v. En fait, la cellule est « divisée » en deux partie, positionnées de part et d’autre du pentaprisme.
Vous pourrez régler sa sensibilité de 12 à 3200 Asa en soulevant le fut de la pile et en tournant la tirette de réglage jusqu’à ce que le repère soit en face de la valeur voulue. Ça demande un peu d’entrainement, car « la tirette » offre quelque résistance. Notez que la plage est assez large pour l’époque où la concurrence plafonnait souvent à 1600 Asa. La mesure se fait à pleine ouverture.
Notez le petit bouton de test pour la pile.
Pour « absorber » ces sensibilités, l’obturateur (électronique) en tissu (qui se déplace horizontalement sans trop de bruit) nous donne des vitesses de 2s à 1/1000s plus le mode bulb. A ce sujet, le déclencheur est fileté pour y placer un déclencheur filaire.
Et puisque je vous présente le déclencheur, sachez qu’il est électro magnétique, assez sensible mais autorisant la mise au point en l’enfonçant à mi-course pour activer la cellule. Une sécurité permet de le mettre sur L (lock).
Il possède un retardateur( +/- 10 secondes) que vous enclenchez en tirant le levier vers le bas et en appuyant sur le déclencheur.
J’allais oublier, mais autour de la couronne à gauche (quand on regarde dans le viseur), il y a aussi moyen de corriger l’exposition sur 2 diaphragmes. La position 1x équivaut au zéro (penser à remettre l’appareil dans celle-ci pour éviter les déconvenues ensuite).
Les vitesses se règlent avec le barillet à droite, près du déclencheur, avec une position auto. Car c’est un appareil qui fonctionne aussi bien en tout automatique qu’en manuel. En tout auto, c’est la présélection de l’ouverture qui va actionner la sélection de la vitesse adéquate par le « contrôleur » du boitier.
Vous aurez noté le compteur de vues, qui se remet à zéro automatiquement.
Lorsqu’il est en manuel, c’est un priorité ouverture. Vous gardez les indications de la cellule mais c’est vous qui réglez la vitesse et l’ouverture.
Le boitier possède aussi un bouton pour le test de la profondeur de champ, en bas du fut porte objectif.
Et tant que nous sommes là tout près, vous verrez aussi le bouton pour déverrouiller l’objectif, comme je l’ai déjà écrit, à monture commune Contax et Yashica. Qui a développé une série d’excellents objectifs qui tiennent aisément la comparaison avec les Carl Zeiss T* (T* en rouge pour indiquer qu’ils sont traités multi-couches).
Suite au développement conjoint avec Zeiss Ikon du système Contax, Yashica construisit un appareil moins sophistiqué, mais apte à être utilisé avec les objectifs Zeiss des Contax, et les objectifs de la gamme de ML.
Ces deux lettres indiquent que les objectifs ont été traité multi-couches pour éviter les reflets et assurer un maximum de clarté à la prise de vue.
Celui qui est monté sur le boitier est le 50mm ouvrant à f1,7.
La particularité de ces objectifs est de permettre la visée et la mise au point à pleine ouverture, quelque soit l’ouverture sélectionnée. Ils offrent une action entièrement automatique du diaphragme en fermant au réglage présélectionné seulement pendant la durée de l’exposition.
Mais je vous écris beaucoup sur la « mécanique » mais il faut se rendre compte que cet appareil est – pour l’époque – un véritable condensé d’électronique. Une large mappe souple assure les contacts (autour du pentaprisme) et un « cerveau » calcule les interactions ouverture/vitesse/sensibilité en mode automatique. En mode manuel, il restitue les informations de la cellule.
C’est, en 1975, l’appareil le plus sophistiqué chez Yashica. Il sera détrôné par le FR-1 un peu plus tard, mais c’est le lot de tous les pionniers.
Ai-je fait le tour ?
Ah non, il peut utiliser des flashs électroniques. La vitesse de synchronisation est le 1/60s (contact central sur la griffe porte accessoires). Mais il peut accepter des flash plus anciens avec prise PC, toujours au 1/60s (il faut mettre le barillet de vitesse sur le chiffre 60).
Plus anecdotique, on peut utiliser des films infra rouge avec le boitier (il faut y ajouter un filtre rouge).
Cet appareil s’inscrit aussi dans le « système » mis au point avec les appareils Contax RTS et pourra utiliser les adaptateurs pour microscope, les soufflets pour la macro, les supports pour rétro-copie, des viseurs particuliers, des loupes, des tubes allonges automatiques, etc.
Ceci étant, mon exemplaire va demander quelques travaux, outre le nettoyage : changer la mousse du miroir et celles du dos, qui sont parties depuis longtemps. Une fois cela fait, il sera à nouveau tout à fait fonctionnel.
Costaud je vous disais.
Que penser de cet appareil ?
Moins connu et couru que le Contax RTS, il en est pourtant l’émanation et ne manque pas d’attraits.
Il est aussi un peu plus difficile d’en trouver. Pourtant, ce sont des boitiers fait pour traverser le temps.
Simple, fiable, solide, il a tout pour rejoindre votre besace. Mais n’oubliez pas d’acheter une bonne sangle, idéalement large et fleurie, comme à l’époque.
Question prix, disons qu’à 50€ avec un objectif Yashica ML vous ferez une excellente affaire.
Pour vous donner des idées d’images prises avec cet appareil ICI.
Voici le second Polaroid Image/Spectra que j’ai acquis, celui-ci dans une autre brocante bruxelloise.
Comme je m’économise, je vous renvoie à l’article sur le Polaroid Image System pour l’historique de cette gamme.
Et je vais en profiter pour entrer plus en détails dans le maniement de ces beaux engins.
Mais avant tout, je réitère ce que j’expliquais précédemment, à savoir que le film (appelé Spectra, Type 1200 et Image) n’existe plus, malheureusement.
Abandonné une première fois en 2008 par Polaroid, il fut repris par Impossible Projet (qui redevient Polaroid Originals ensuite) en 2017.
Las, je vous laisse lire les déclarations des dirigeants de la firme :
Octobre 2019
Chers photographes Spectra,
Depuis 1986, Spectra a joué un rôle important dans l’offre cinématographique de Polaroid et dans le monde de la photographie instantanée analogique. Avec trois décennies derrière eux, ces caméras grand format arrivent maintenant à la fin de leur vie utile. Le brouillage et les pannes fréquentes affectent maintenant la majorité de ces caméras, et malheureusement, ce n’est pas quelque chose que nous pouvons influencer avec notre film.
Après des tests approfondis, nous avons conclu que nous ne pouvons plus prendre en charge ces caméras. Alors aujourd’hui, le cœur gros, nous annonçons la fin de la production du film Spectra.
Alors que nous partageons la tristesse avec notre communauté, nous continuons à nous concentrer sur l’avenir de la photographie instantanée analogique en améliorant notre gamme de base et en continuant à travailler sur la chimie de nos films. Nous sommes impatients de travailler avec notre communauté pour tester de nouveaux produits et faire prospérer la photographie instantanée analogique dans le futur.
Merci de continuer à croire en la photographie analogique instantanée,
Oskar Smolokowski PDG, Polaroïd
Notre équipe de fabrication a mené un plan de test et d’amélioration intensif de 6 mois sur les caméras Spectra et notre film. Nous avons optimisé les dimensions et l’angle de déviation du film d’éjection, réduit le poids de la capsule et réduit la friction du masque grâce à différents revêtements. Nous avons également effectué plusieurs tests de batterie avec différentes tensions et courants de différents fournisseurs.
Ce défaut est complètement aléatoire et dépend de nombreuses variables avec chaque pack de film et de la configuration des circuits de la caméra. Il n’y a malheureusement pas de solution simple.
Andrew Billen Responsable de la fabrication mondiale, Polaroid
Source : Polaroid. Notez que ces dirigeants remettent en cause la fiabilité des appareils pour la non reconduction de la fabrication des films.
Sortons les mouchoirs une dernière fois …
Mais faites attention, si le film a cessé d’être produit en 2019 (à l’heure où j’écris ce billet, ça ne fait que trois ans !), de petits malins essaient de vendre des stocks de pack Spectra. Outre le fait qu’ils les vendent à prix d’or, il faut vous assurer qu’il s’agit bien des derniers produits. Les plus vieux ont leurs piles mortes et la chimie est « cuite ». Faites gaffe aux arnaques sur les grands sites de vente !
Allez, découvrons donc à nouveau ce Polaroid Image Elite/Spectra.
Si vous avez lu l’article précédent, vous aurez remarqué une petite différence dans la forme des deux appareils : celui-ci est un peu plus arrondi et sa poignée est en plastique, avec un velcro pour l’ajuster.
Outre ces éléments cosmétiques, l’intérieur est identique :
objectifs à trois lentilles Quintic 125mm ouvrant à f10
viseur lumineux
mise au point automatique
électronique avec cellule
obturateur donnant les vitesses de 2,8 s à 1/200s
autofocus par sonar
prévu pour fonctionner avec les films 640 Iso
Sorti en 1997, le Polaroid Elite, suivi d’un Elite Pro, seront les hauts de gamme de la série Spectra.
-« Bon, mais comment ça fonctionne ce machin ? »
Lorsqu’il est replié, comme pour tout bon Polaroid, l’objectif est protégé et il est impossible de viser.
Ici, replié, il est particulièrement compact.
Pour l’ouvrir, vous devez pousser le levier sur le côté, sous la poignée. Attention, ce levier sert aussi à refermer (et donc éteindre) le boitier. Ne forcez pas pour le refermer si vous n’avez pas actionné le bouton.
Imaginons que nous avons pu trouver un film neuf et que nous l’avons glissé dans l’appareil. Vous verrez alors un voyant s’allumer à l’arrière du boitier. N’oubliez pas que la pile est contenue dans le film, comme pour les 600 ou SX-70. C’est elle qui alimente le tout.
C’est le moment de s’intéresser aux commandes qui sont à l’arrière.
Alors, de gauche à droite, vous aurez :
le commutateur d’unité (?), qui vous permet de modifier la lecture dans le viseur pour passer des mètres en pieds (ou l’inverse) comme mesure. Impossible de le manipuler accidentellement, vous aurez besoin d’une fine pointe bic pour le bouger.
le « bip » qui vous renseigne si vous avez bien fait la manœuvre, que vous pouvez éteindre
le minuteur ou retardateur, que vous enclenchez en poussant le curseur vers le bas. Il vous laisse 12 secondes pour vous mettre dans le cadre. Et souvenez-vous, si vous refermez l’appareil et puis le ré-ouvrez, le retardateur repart à zéro, ce qui vous permet de faire une double exposition sur la première photo qui n’aura pas été éjectée.
la mise au point automatique peut-être activée ou désactivée, bien que si vous optez pour la seconde solution, vous n’ayez pas vraiment le choix de faire cette mise au point manuellement car, de fait, le boitier se mettra sur l’infini (mise au point minimum à 4,6m). Disons que cette solution n’est utile que si vous voulez photographier à travers une fenêtre, auquel cas le sonar bute sur celle-ci.
vous pouvez aussi activer ou désactiver le flash. Solution à n’utiliser que si vous êtes en plein soleil ou avec un éclairage très puissant. En gros, laissez le flash sur ON, ça vous évitera de gâcher de la pellicule.
la fameuse compensation d’exposition, réduite sur les 600 à un petit curseur un peu inutile. Eh bien dites-vous que si elle semble plus sophistiquée ici, elle ne vous apportera rien de plus. Laissez faire le boitier pour la régler.
Un point à retenir, les commandes que vous auriez modifiées ne se remettent pas à zéro lorsque vous éteignez/rallumez l’appareil, elles restent comme vous les avez changées. A vérifier pour éviter les mauvaises surprises.
Et si nous essayions de mettre un pack Spectra dans l’appareil (continuons de rêver). Vous devrez d’abord ouvrir l’appareil afin d’atteindre un second bouton, situé sur la droite. En appuyant dessus, le compartiment s’ouvre, pour y glisser le film.
Comme pour tous les Polaroid, lorsque vous aurez inséré le pack film dans le compartiment et que vous aurez refermé celui-ci, il éjectera la feuille noire de protection (le darkslide) du film et l’appareil sera prêt à photographier.
Puisque nous continuons de rêver et que l’appareil est prêt à prendre sa première photo, vous devrez attendre que la LED devienne verte, ce qui signifie que le flash est prêt. Visez votre sujet en appuyant sur le déclencheur à mi-course, ce qui permet au boitier de faire la mise au point.
Petite particularité, votre vision est légèrement décalée par rapport à l’objectif (comme pour les appareils télémétriques). Vous ne verrez pas où l’appareil fait la mise au point par contre il vous indiquera précisément la distance qui sépare le boitier du sujet (en mètre ou en pieds).
C’est utile pour savoir si l’appareil vise bien le sujet que vous vouliez où s’il s’est arrêté sur un autre objet qui était sur le chemin de votre vision.
Si c’est ok – et ça l’est généralement, la mise au point par sonar étant précise – il vous reste à enfoncer à fonds le déclencheur.
Comme d’habitude, petit bruit de roulements, l’image sort par devant. Ne la laissez pas exposée à la lumière, retournez-là et laissez-là faire son développement toute seule, « à son aise ». Ne jamais secouer une photo, ça brise la chaine des réactions chimiques nécessaires au développement.
Et s’il fait frisquet, mettez là dans une poche, au chaud, elle se développera encore mieux.
Quelques dernières images de l’appareil
Voilà, voilà …
Un autre très bel appareil qui ravira les collectionneurs ou les bricoleurs qui essaieront de glisser du film 600 dans une ancienne cartouche de Spectra.
A son époque, il était un des meilleurs appareils instantané. Pour la petite histoire, il équipa les polices américaines et anglaises pour ses qualités.
Ceci étant, et je reviens au début de cet article, aux déclarations des dirigeants de Polaroid Originals, il semble bien que ces appareils connaissent des soucis au niveau de leur électronique, qui affiche pour les plus jeunes une trentaine d’années et les autres, frisent les quarante ans.
Si cette allégation est vraie, elle doit être suffisamment répandue puisqu’elle serait la cause de l’abandon du développement des nouveaux films Spectra.
Il y a d’autres appareils chez Polaroid a utiliser sans complications que pour se morfondre à la perte des Spectra, quoique …
Alors faut-il en acheter un ? Si vous êtes collectionneur, la question ne se pose pas. Si vous vouliez l’utiliser, il vous reste le bricolage, en espérant que le reste ne vous lâche pas.
En tout cas, il me semble raisonnable de ne pas dépasser les 15€ pour un très bel exemplaire avec, soyons fou, sa boite d’origine (et les accessoires ?)
J’ai hâte de trouver un jour, à prix raisonnable, un SX-70 ou un 690 (restons optimiste) et de vous en faire le compte rendu.
Quelques videos d’illustration
Regardez bien les premières images de cette seconde video, une publicité Polaroid d’époque vous montre comment fonctionne l’appareil
C’est dans le gentil capharnaüm d’un Emmaüs que j’ai trouvé – en ce décidément trop chaud mois de novembre ’22 – ce Mamya, qui avait bien besoin qu’on s’occupe de lui, à commencer par un bon nettoyage.
Lorsque je l’ai manipulé dans le « magasin », outre la saleté et quelques bosses, j’ai ouvert la trappe à piles et, étrangement, elle était nette avec une pile LR 44 toujours fonctionnelle !
Serait-ce à penser que cet appareil a encore servi il y a peu ? Ou que les LR 44 sont décidément des piles « longues durées » ?
Ce n’est pas le premier Mamya ( voir les Mamya NC 1000, Mamya DSX 1000B, Mamya MSX 500 pour ne citer que les reflex) que je vous propose et à chaque fois, je suis surpris des solutions retenues par les ingénieurs maison. Ici encore, je crois qu’il va nous en réserver.
Mais commençons par le début.
Bon, le ton est donné, c’est un appareil d’entrée de gamme et bon marché.
Le capot supérieur est en plastique, la semelle en laiton argenté. Le reste est en métal, très fin.
C’est déjà étonnant quand on connait la marque, qui fabriquait généralement des appareils sophistiqués et chers.
Mais, faut bien vivre … et vendre !
Alors, c’est en 1967 que cet engin est sorti. Soit avec des marquages Mamiya ou Mamiya/Sekor, ou encore sous le nom de Sears Auto 35TL pour les exemplaires vendus aux USA.
Lorsque je l’ai eu en mains, comme toujours, j’ai vérifié qu’il armait et déclenchait. C’est le bruit étrange qu’il produisait qui m’a intéressé : une espèce de « flop » assourdi qui dénote avec les sons habituels des obturateurs métalliques ou en tissu.
De fait, quand j’ai ouvert, sur place, l’appareil, un étonnant « chapeau » semblait faire office de « bouchon » pour la chambre.
Seconde surprise, impossible d’enlever l’objectif, et pour cause, c’est le deuxième reflex que j’ai en mains dont l’objectif est … fixe !
Ah, il y avait bien moyen d’ajouter des compléments optiques pour obtenir les effets d’un grand angle (35mm) ou d’un petit téléobjectif (62mm).
C’est Vivitar qui fabriquait l’objectif principal (bien que marqué Sekor), un 48mm ouvrant à f2,8 (diamètre 52mm), un triplet tout simple et qui fabriquait aussi les « convertisseurs ».
Ne vous attendez pas à un piqué et une définition d’enfer, le caillou fait se qu’il peut et les compléments optiques n’aident pas !
L’appareil est équipé d’une cellule CdS, placée derrière le miroir. Vous pouvez régler la sensibilité par un curseur, sous l’objectif (de 1 à 400 Iso).
La cellule est alimentée par une pile S76 à l’oxyde d’argent (à l’origine, c’était une 676 au mercure), que vous pouvez remplacer, comme ici, par une LR 44. Notons que l’appareil fonctionne même sans pile.
Ah oui, c’est un appareil qui travaille en automatique, priorité vitesse, ou en manuel puisque vous pouvez régler la vitesse avec la bague qui ceint l’objectif.
Puisque je vous parle des vitesses, un mot sur l’obturateur. C’est un dérivé du Copal qui donne des vitesses de 1/15s à 1/500s, plus la pose B et une synchro flash.
-« Dites, les obturateurs Copal, c’est pas ceux à obturateur central qui équipaient les compacts style Electro 35 ? »
Tout juste, et là, il faut saluer le courage ou l’inconscience des ingénieurs qui ont imaginé cet engin car placer un obturateur central dans un reflex, fallait oser.
– » Mais pourquoi ? »
Rappelons-nous la séquence des mouvements pour prendre une photo, car lors du déclenchement :
L’obturateur se referme.
Le miroir se relève.
L’obturateur s’ouvre et se referme le temps de la prise de vue.
Le miroir se rabaisse.
L’obturateur se ré-ouvre.
Ici, pour permettre la visée à travers l’objectif, l’obturateur doit rester en position ouverte. Le film est alors protégé par le miroir qui, en position abaissée, isole la chambre noire de toute pénétration de lumière.
Nous avons affaire à un obturateur à lames (trois), qui doivent être maintenues ouvertes le temps de la mise au point puis refermées avant que le miroir ne se relève. Puis, ouverture et fermeture de l’obturateur pour capter les photons et quand l’exposition est finie, le miroir revient en position et les lames de l’obturateur s’ouvrent de nouveau pour permettre une nouvelle visée.
Techniquement, c’est compliqué et bruyant (d’où le gros « flop » dont je vous parlais ci-dessus), en plus de générer des vibrations importantes.
A gauche, le « chapeau » dont je parlais plus haut, qui est en fait le miroir; à droite, le miroir relevé quand on maintien le doigt sur le déclencheur.
Et tout ça en une fraction de seconde … et en gérant dans le même temps l’ouverture et la fermeture du diaphragme.
Etrange cette solution …
Pour avoir accès à la chambre, n’arrachez pas la mollette de rembobinage, il y a un discret verrou sur la tranche gauche.
Pour le reste, c’est un appareil simplissime : vous mettez l’appareil sur A, vous visez à travers l’objectif, vous déclenchez.
Si vous aimez le fun, vous réglez l’ouverture et la vitesse avec les bagues sur l’objectif et vous déclenchez.
Le viseur est assez clair et, sur votre droite, l’échelle avec l’aiguille du posemètre.
Si je résume, nous avons un reflex, c.-à-d. à visée à travers l’objectif dont on ne peut changer les focales car l’objectif est fixe.
Honnêtement, quel intérêt ?
Si c’est pour abaisser le coût de fabrication en offrant quand même une visée plus « réaliste » des scènes, d’accord. Mais ensuite, pourquoi se compliquer la vie avec un obturateur central ?
Ça me fait penser à une blague : nous sommes en Corse, et un touriste demande à un petit vieux assis sur son banc, comment font les Corses pour construire leurs routes, parce que ça tourne tout le temps, que ça monte et que ça descend. Ah dit le vieux, on laisse aller un âne et on trace à sa suite. Mais dit le touriste, et si l’âne ne veut pas ? Alors on demande à un ingénieur.
Ils n’avaient donc pas d’âne chez Mamya ?
Il ne fut pas le seul appareil à proposer un objectif fixe sur lequel on venait fixer des compléments optiques, je songe notamment au Contaflex, qui avait aussi un obturateur central, d’une autre conception. La qualité était toutefois supérieure mais le concept ne survécu pas non plus.
Finalement, que penser de ce 528 TL ?
Pour le principe de l’anecdote, il est impeccable. Pour faire des photos, c’est plus discutable.
Des articles que j’ai pu lire pour préparer celui-ci, ils sont assez unanimes pour dire que la qualité optique n’est pas le point fort de l’appareil. qu’il est assez bruyant (je confirme) et en tout cas peu pratique (pas la possibilité de changer d’optiques).
Sans doute, à l’époque, avait-il une raison d’être car il offrait la visée directe du reflex, la mesure à travers l’objectif de la lumière et un confortable automatisme pour ceux que les réglages effrayaient. En fait, il fonctionnait comme un compact, la visée en mieux.
Il ne semble pas avoir eu un succès phénoménal mais il s’est quand même vendu, notamment via les commerces comme Sears, qui vendaient par correspondance à des clients peu fortunés et/ou éloignés des grands centres urbains.
A-t-il encore un intérêt aujourd’hui ?
Pour une collection, certainement car ses formules sont assez uniques. Pour prendre des photos, pourquoi pas, mais ne vous attendez pas à des résultats extraordinaires. Je le placerai d’ailleurs dans la catégorie « Lomography ».
Au niveau achat, il est relativement peu courant mais vous pourrez argumenter pour amener son prix, s’il est en très bon état, autour des 25 à 30€.
Si vous aimez les appareils étranges, celui-ci vous attend.
A défaut d’un « vrai » SX-70, voici un autre appareil qui utilise le même film …
Celui-ci a furieusement un air de ressemblance avec le 2000 que je vous avais présenté il y a peu.
S’il porte le nom de Supercolor (souvent associé aux 600), il est en fait un Polasonic, c.-à-d. un appareil dont la mise au point est faite grâce à un sonar. Après 20 ans de recherches, le premier appareil équipé de cette technologie est sorti en 1978, le fameux SX-70 pliant et le 5000, plus abordable.
Je vous invite à lire cet article intéressant à ce sujet.
A la grande grille ronde et dorée, protégée par une grille en nid d’abeille sur la face avant. C’est cette mince feuille de plastique qui, en vibrant silencieusement, va émettre un son qui embêtera seulement les chauves-souris et qui, en revenant vers la source d’émission, permettra à un calculateur au quartz de donner la distance boitier – sujet.
Ce Supercolor 3500 est sorti en 1981 et c’est le petit frère du 5000, à qui il manque l’indicateur de base lumière (le petit rond à côté du réglage clair/obscur). De l’autre côté de l’Atlantique, il s’appelle « Pronto! Sonar OneStep ».
Hormis ce détail, les appareils sont semblables :
objectif de 114mm en trois éléments, ouvrant à f9,4 (jusque f22)
obturateur électronique asservi à la cellule
vitesses automatiques de 1s à 1/125s
autofocus par sonar avec mise au point à partir de 0,90cm jusque l’infini
possibilité de mise au point manuelle
flashbar à clipser ou flash Polatronic 5 (là, je râle, j’en avais trouvé un bel exemplaire chez Emmaüs mais quand j’ai ouvert le compartiment à piles, l’horreur, l’acide avait tout démangé !)
Le réglage manuel de la distance se fait en manœuvrant un curseur rouge, au dessus de l’objectif : si vous le laissez sur auto, les distances sont cachées; si vous êtes en manuel, vous voyez un cercle noir avec des distances en mètres, vous faites le réglage en actionnant une roue crantée rouge.
Au niveau manipulation, c’est tout simple : vous ouvrez la partie basse de l’appareil avec le curseur sous le déclencheur, glissez dedans un film SX-70 – qui est toujours produit, je le rappelle. Dès que c’est fait, et que vous refermez le bac, l’appareil éjecte une feuille noire, la protection du film.
Il vous reste à viser, cadrer et appuyer à mi-course le déclencheur rouge pour activer le sonar. C’est lui qui fera la mise au point (à partir de 90cm). Lorsque c’est bon, appuyez à fonds sur le déclencheur pour prendre la photo.
Ah, un détail, mais qui a son importance : j’espère que vous lui avez clipsé un flashbar ou un Polatronic 5 dessus, sinon qu’il fait grand soleil ou que vous êtes dans un studio bien éclairé, car comme tous les Polaroid, celui-ci a besoin de beaucoup de lumière.
D’autant que ses vitesses ne sont pas très élevées, 1/125s au maximum, et le film SX-70 n’est pas le plus rapide (autour de 150 Iso).
L’objectif est un triplet … en plastique. Hé oui, on fait des économies chez Polaroid. Bon, la qualité est bonne sans être exceptionnelle, comme d’habitude.
Sur la photo, j’avais placé un flashbar de 5 lampes (une Osram) et … ça ne fonctionne pas ! Il faut vraiment une barre de flash prévue pour Polaroid.
Ceci étant, cet appareil est-il encore intéressant à l’achat ?
Si vous le trouvez avec un flash électronique, pourquoi pas. Sans cela, c’est moins évident car les autres flashs sont difficiles à trouver.
Au niveau manipulation, comme je l’écrivais plus haut, c’est très facile, le sonar fait vraiment bien son travail pour la mise au point et la cellule est précise, même sans l’indicateur de base lumière.
Il a une bouille sympathique, qui s’alourdit malheureusement avec le flash (quasi) obligatoire.
Si vous voulez utiliser régulièrement un Polaroid, je vous conseillerais plutôt un Autofocus 660, qui utilise aussi la technologie du sonar, possède un flash intégré et utilise le film pack 600, (un peu) plus sensible.
Question prix, si vous en trouvez un, la barre des 15€ doit être une limite raisonnable.
Vous allez rire, mais celui-ci, il m’a fait de l’œil sur une brocante en Flandres à cause … de sa lanière jaune !
Sérieusement, je me suis douté que sous cette dénomination, devait se cacher un Chinon.
C’est une marque dont je vous ai déjà présenté quelques exemplaires, comme le CM-4s, le CE-4 ou le RevueFlex AC-2 et – soyons un brin iconoclaste – l’Alpa Si 3000.
Peut-être un mot sur la marque RevueFlex, très connue surtout en Allemagne, mais pas que !
C’est la maison de vente par correspondance allemande Quelle (Nuremberg) qui a fondé, en 1957, la filiale Foto-Quelle.
Foto-Quelle est devenu le plus grand détaillant d’appareils photo, de matériel pour la photographie et optique (jumelles) d’Europe en 1966 et le plus grand au niveau mondial en 1970.
Il distribuait, deux fois par an, un catalogue fort attendu car richement illustré en Allemagne, aux Pays-Bas, en France, en Belgique, en Italie, en Suisse et aux Etats-Unis.
Après avoir fusionné en 1999 avec Karstadt Warenhaus AG (une chaîne de grands magasins) pour devenir KarstadtQuelle AG, en 2009, la holding du groupe, appelée Arcandor, a fait faillite. Foto-Quelle et la marque Revue ont été acquises par ORWO Net GmbH.
De nos jours Foto Quelle est juste un fournisseur de services pour les tirages photo, des livres photo, des calendriers, etc. Triste fin !
Bref, c’est Foto-Quelle qui a créé cette marque de « distributeur » que l’on retrouve sous les dénominations de Revue ou RevueFlex.
De fait, Foto-Quelle vendait les appareils photo d’autres fabricants comme dans les années soixante Petri et Konica, les produits de l’usine russe KMZ (plusieurs appareils Zenit) et les japonais de Chinon, Cosina, Mamya, p. ex.
Pour votre édification, je vous invite à aller voir ici la quantité astronomique de produits re badgés Revue ou RevueFlex.
En soi, c’est une aubaine pour qui cherche à prix raisonnable des appareils qui, sous leur marque, pourraient être bien plus chers. En effet, de nos jours – sauf vous qui me lisez et/ou qui vous intéressez un peu à l’historie de la photo – qui se souvient de ça et pourrait remettre en perspective un Revue 35CC avec un Chinon Bellami ou un Revue AM avec un Mamya ZE-2, un Revue ML avec un Praktica MTL 5B, un Revue LTL avec un Wirgin Edixa Prismaflex LTL, … ?
Car ils ont sévi tant dans le compact que le réflex, le 6X6, le 127, le 110, l’instantané (si, si, ils ont re badgé le Polaroid Autofocus 660 en Revue Autofocus 660 !), les formats mini comme le Minolta 16MG (Revue 16) et même les disc.
Au fait, pourquoi avoir utilisé cette tactique ? Rappelez-vous , Quelle était le plus grand vendeur par correspondance d’Europe, tous produits confondus. La force de ce type d’entreprise est l’achat en grande quantité, ce qui permet de négocier les prix et ensuite de proposer à la clientèle un prix relativement bas. On joue alors sur les volumes.
Avec les appareils photos, c’était différent : les marques imposaient un prix que les détaillants devaient respecter.
D’où l’idée de faire « fabriquer » sous leur nom les mêmes appareils, avec parfois un petit détail différend, car il n’y avait plus alors de prix fixé et Foto-Quelle a pu négocier des réductions importantes, qu’ils ont répercuté à leur clientèle.
Cette façon de faire a permis à de nombreux clients d’acheter des appareils autrement plus chers, en gardant la même qualité de fabrication. Mais, revers de la médaille, les chagrins ont souvent contesté la dite qualité, arguant qu’il s’agissait d’appareil de « seconde zone », des produits blancs.
Dites, et si vous achetiez un Alpa SI 3000 au prix Alpa, saviez-vous qu’il s’agissait d’un Chinon CE-4 ?
Bon, mais revenons à notre RevueFlex SD 1, en fait un Chinon CS-4.
Petite particularité de ce CS-4, qui date de 1980 : c’est la version semi-automatique du CE-4 que je vous ai déjà présenté. Si le CE-4 utilise la monture Pentax K, le CS-4 reste fidèle à la M42 à viser. C’est un des derniers appareils « modernes » pour objectif à vis en monture M42.
L’obturateur est un Seiko mécanique à lames métalliques et à déplacement vertical qui nous donne les vitesses « classiques » de 1s à 1/1000s, avec une synchro flash au 1/60s,et une pause B. Au déclenchement, le son est assez discret, un bon point. Le déclencheur est encore muni d’un pas de vis pour un déclencheur à fil.
Pour le faire fonctionner, il suffit de glisser deux LR44 (ou SR44) – la trappe à viser est dans la semelle – elles alimenteront le circuit de mesure de la lumière et les LED qui indiquent si l’exposition est correcte, sur ou sous exposée, nous y reviendrons. A noter donc que les piles n’alimentent que la cellule, ce qui veut dire que l’appareil fonctionne même sans elles mais vous n’aurez plus l’indication pour la prise de vue.
Tiens, tant qu’à parler de LED, il y en a une qui intrigue, celle qui est sur la face avant de l’appareil, là où on s’attendrait à trouver un retardateur.
C’est ce que Chinon appelait une « lampe action » car elle clignote tant que l’obturateur est ouvert. Est-ce bien utile ?
Comme je l’écrivais un peu plus haut, je reviens sur les autres LED, celles du posemètre, qui est couplé. La mesure de la lumière se fait à travers l’objectif (TTL) et elle est mesurée à l’ouverture réelle. Pour l’actionner, il faut pousser le levier sur le côté gauche du fut d’objectif vers le haut. Dès lors, l’appareil passe en mode exposition et selon l’ouverture et la vitesse choisie, indiquera si la combinaison est bonne : LED rouge en haut du viseur en cas de surexposition, LED verte au centre si c’est bon, LED rouge en bas si sous exposition.
Tout le sel de la technologie « intelligente » des années quatre-vingt !
Petite remarque en passant : lorsque vous rangez l’appareil dans un sac, vérifiez que le levier de la cellule n’est pas actionné car ça vide les piles rapidement.
Pour le reste, du grand classique, fonctionnel et rassurant : vous réglez la sensibilité de la cellule en soulevant le barillet des vitesses (de 25 à 1600 Asa), vous sélectionnez la vitesse désirée et vous réglez l’ouverture jusqu’à ce qu’une LED s’allume (la verte, c’est mieux), vous réglez la distance et la netteté puis vous déclenchez.
En fin de film, il suffit d’appuyer sur le bouton sous la semelle pour pouvoir rembobiner et vous ouvrez le dos de l’appareil en tirant sur la bobine de gauche.
Le Levier d’armement a une position dite rapide, c.-à-d. qu’il peut être un peu en retrait du corps pour armer plus vite
Au dos de l’appareil, le classique cadre « mémo » pour y glisser le dessus de la boite de film.
Si nous devions résumer : c’est un appareil facile à prendre en main, léger (corps en plastique et métal), pas très grand (un chouia plus qu’un Olympus OM-1), semi-automatique avec une cellule précise, un viseur clair à défaut d’être très grand (92% de couverture), une ergonomie classique des années quatre-vingt, une synchro flash et – surtout – l’accès à une large gamme d’objectifs dont certains de qualité grâce à la monture en M42 (à essayer avec un Takumar p. ex.).
Donc, si vous en trouvez un – avec ou sans lanière « flashy » – prenez-le, c’est un bon appareil « école ». Vous pourrez le négocier, avec un 50mm, à moins de 50€ car, finalement, ce n’est qu’un RevueFlex.
Pour des exemples de photos prise avec cet appareil, c’est par LA et LA.
Fabricant d’origine : Chinon K.K. – Fabriqué au Japon correspond au Chinon CS-4 L=139mm ; H=87mm ; T=55 mm (sans objectif), 450gr nu Filetage de lentille M42 Posemètre couplé Alimentation 2 x SR44 1.5V 25 à 1600 ASA Obturateur mécanique à plan focal à lamelles métalliques Seiko Vitesses d’obturation : 1 / 2 / 4 / 8 / 15 / 30 / 60 / 125 / 250 / 500 / 1000 / B / (1/sec.) Viseur à prisme avec stignomètre à coïncidence avec verre dépoli Flash avec sabot de contact central (X-sync) Pas de vis pour trépied
Là, je reviens avec un des appareils amusants de chez Lomography.
Je vous avais déjà présenté le premier opus, que vous trouverez ICI.
Celui-ci est la seconde version, encore plus « fun ».
Au niveau design, l’objectif est toujours omniprésent et comme ils se sont rendu compte que le viseur du premier était (presque) inutile – car lorsqu’on regarde dedans, on voit surtout … l’objectif ! – ils l’ont viré pour en proposé un, tout rond, tout rigolo, qui se fixe dans la prise accessoire, façon Leica ancien.
Dans mon premier article, je signalais que cela le rendait moins transportable mais ils y ont pensé chez Lomography car il est livré avec un petit sac qui englobe bien le boitier et sur lequel est fixé un appendice pour y loger le viseur. Moyennant supplément, vous pouvez même en acquérir un en cuir !
Le Fish Eye Two est toujours tout en plastique, décliné en une multitude de décors, qui varient en fonction du moment (ou de la promotion, soyons vache).
Son objectif est toujours un 10mm offrant un angle de vision de 170° (pensez à vos pieds quand vous faites une photo !), tout en plastique, ouvrant à f8 constant. Il reste le plus petit Fish Eye du monde à ce jour.
Sa vitesse est toujours de 1/100s, fixe.
On y glisse toujours une pile AA de 1,5v afin d’alimenter le petit flash intégré et … puissant. Avec lequel il faut faire preuve de parcimonie car si vous faites des photos rapprochées, son éclair risque de brûler l’image. Or, le but de ce type d’appareil, c’est d’être près, voire très près (20cm minimum) pour maximiser l’effet de l’ultra grand angle.
Notons que dans d’autres cas, vu la taille de l’objectif, il se pourrait qu’il crée des ombres sur les images. L’idéal serait d’utiliser un flash annulaire. Lomography y a d’ailleurs pensé et ils vous en proposent un avec des filtres colorés, tant qu’à faire et au prix proposé (ok, il fonctionne aussi sur le Diana et Le Lomo LCA).
-« Ben, y a rien qui change alors ? »
Si, si, l’apparition d’une griffe flash, sur laquelle vous fixez le viseur, je l’ai souligné, mais qui accepte aussi un vrai flash externe.
Ah, il faut choisir : viser en aveugle avec un flash externe ou voir ce que l’on vise !
Et il y a trois réglages (un luxe) sur le dessus, près du déclencheur, résumés en trois lettres : L- N – B.
L pour lock, soit un verrou pour empêcher les déclenchements inutiles quand on a déjà armé l’appareil
N pour normal, le mode normal s’entend, c.-à-d. un déclenchement au 1/100s à f8
B pour Bulb, car vous pourrez envisager des poses longues avec lui. L’obturateur restera ouvert tant que vous maintenez le doigt sur le déclencheur
Je reviens un instant sur ce dernier point et suggère aux gens de Lomography, pour le Fish Eye troisième du nom, de prévoir un filetage pour pouvoir insérer un déclencheur souple car rester un long moment le doigt crispé sur un appareil en plastique, fut-il attaché à un trépied, ne présage rien de bon au niveau tremblements de l’ensemble et flou quasi garanti.
Dernier gadget cher à la marque, un bouton pour la surimpression, marqué MX, à l’arrière de l’appareil. En poussant ce bouton, vous pouvez armer sans faire avancer le film. Ce bouton revient à sa place quand vous avez déclenché et rien ne vous empêche de refaire l’opération autant de fois que désiré.
-« Et au niveau image ? »
En gros, c’est … rond. Et plus vous serez près de votre sujet, plus les déformations seront visibles.
Tout peut être envisagé comme photo – sauf les paysages car ils seront peu définis et comme écrasés au fonds de l’image.
Heu, si vous tentez le portrait, prévenez votre sujet que les résultats seront, disons … étranges et pas vraiment flatteurs, mais rigolos.
Ceci étant l’appareil est toujours livré avec un cache objectif en caoutchouc souple, attaché à la dragonne, ça évite de le perdre.
Pour le reste, c’est un appareil d’une simplicité enfantine : vous armez avec la grosse molette au dos, vous visez et vous appuyez sur le déclencheur. Si vous avez l’âme mutine, vous tenterez la surimpression, en restant raisonnable pour encore voir quelque chose sur vos photos, le mode Bulb pour des photos de nuit inhabituelles et le coup de flash si vous pensez le maitriser.
Le sujet qui fâche maintenant, le prix.
Comptez 59€ pour l’appareil. Mais dites-vous aussi que le marché de l’occasion est là car certains se lassent vite de leurs derniers joujoux. C’est comme ça que j’ai acheté le mien, avec sa boite et tout et tout.
Bah, ce seront bientôt les fêtes et si vous n’avez pas encore d’idée pour votre cadeau, en voilà une, amusante.
Une grande brocante à Bruxelles, l’occasion d’une looongue balade dans quelques rues animées. Le soleil étant, en plus, de la partie, il y avait du monde, vendeurs comme chalands.
Par habitude, nous sommes là tôt mais force est parfois de constater que le brocanteur se fait parfois fainéant : autant auparavant tout le monde était sur le pont dès 6h30, 7h00 maximum, autant il aura fallu refaire plusieurs tours car certains se sont installés les 9h00 passées !
Allez, passons de petit mouvement d’humeur, il fait beau, les stands sont pleins … fouinons …
Au détour d’une petite rue, un couple sympathique vend un petit appareil tout rouge, un Canon étanche. Et cerise sur le chaperon (rouge), il est proposé avec son sac d’origine et un petit sac isotherme promotionnel d’époque.
Je craque déjà … Il s’agit en fait du Canon Prima AS-1, un petit appareil rondouillard qui n’a pas peur de se mouiller !
Je l’examine, plus pour le principe et le plaisir de la palabre, car il semble en parfait état et je l’emporte pour un prix tout à fait décent.
Et comme nous nous sommes découverts des passions communes, Madame, charmante, ajoute en guise de cadeau, un magnifique Polaroïd dont je vous ai déjà parlé. Seul hic de ce bel objet, le film, qui n’existe plus (le Spectra), ce dont j’avais discuté avec eux, en expliquant ma démarche (le site).
Bref, une belle affaire avec des gens agréables, ça réchauffe le petit matin frais, même ensoleillé.
Bon, Canon Sure Shot A-1/Prima AS-1/Autoboy D5 selon que vous vous trouviez aux USA, en Europe ou au Japon, comme ça nous avons fait le tour du monde.
Quand Canon a lancé cet appareil, en 1994, il y avait en face le Minolta Weathermatic, le Konica Mermaid, le Nikon L35 AF AW AD, Fuji ayant abandonné ses baroudeurs.
Quand vous êtes dans l’eau, il faut que les commandes soient faciles à atteindre, les réglages doivent pouvoir se faire « à l’instinct » et il faut penser que les réglages éventuels d’un autofocus par infra rouge ne fonctionneront pas, l’eau absorbant cette longueur d’onde.
Alors chez Canon, ils ont simplifié tout ça car le boitier est tout automatique.
Lorsque vous êtes au sec, l’autofocus est piloté par trois faisceaux IR (infra rouge), mais dès que vous plongez, il y a commutation automatique en fix focus de 1 à 3m. Si vous êtes plus près, à partir de 45 cm et jusqu’à 1m, vous serez en mode macro (avec flash forcé) et il faut maintenir le bouton en façade. Un gros bouton, facile à manœuvrer.
Pour le reste, on peut difficilement faire plus simple : lorsque vous le chargez d’un film, il l’amène jusqu’à la première vue; il règle la sensibilité Iso et l’exposition est automatique. C’est elle qui gère le recours au flash dès que le couple luminosité/sensibilité passe sous la barre des 1/30s.
Ah, une première précision, il est prévu pour résister à une immersion de 5m maximum et il flotte si jamais vous le lâchiez. Avec sa belle couleur rouge, vous avez toutes les chances de le retrouver facilement.
Il était la caméra la plus petite et légère au monde qui pouvait être utilisée tant sur terre que dans l’eau.
Construit tout en plastique il respire néanmoins la solidité. Même sa lanière rouge est ultra résistante. Elle ne vous lâchera pas facilement.
Le viseur a un grossissement de 0,42, ce qui est confortable pour cadrer ses images. Le bouton de l’obturateur rouge vif réagit bien et l’appareil photo émet un son somme toute discret lorsqu’il prend une image et fait avancer le film (bon, sous l’eau, vous ne l’entendrez pas).
Et tout avait été pensé pour que vous puissiez vous en servir facilement car outre son automatisme, le viseur présente un long dégagement qui autorise l’utilisation d’un masque sous-marin ou des lunettes … de ski.
Car qui dit appareil étanche à l’eau dit aussi à la pluie, la neige, la poussière, le sable. Bref, vous pouvez l’emmener partout où vous hésiteriez avec votre beau réflex ou votre compact de luxe !
Outre son automatisme, son viseur, ses gros boutons, la pièce maitresse de ce boitier, c’est son objectif.
Je vous livre ici une présentation de l’optique faite par le magasine Phot’Argus en avril 1994 : « L’optique est constituée d’un triplet convergent d’une focale de 32 mm ouvrant à f/3,5. L’obturateur (servant en même temps de diaphragme) est situé en arrière, séparé de la chambre noire par une lame à faces parallèles censée le protéger des éléments (eau ou sable) étrangers pouvant le détruire. Un ménisque à faces parallèles suivi d’une lame à faces parallèles sont en première analyse chargés de les protéger à l’avant. Mais ce n’est pas leur seul rôle ; en effet, plongée dans l’eau, la face avant du ménisque (d’un rayon de courbure égal à 0,37 m) devient un dioptre convergent d’une focale objet de 1,5 m. C’est un peu comme si une bonnette convergente était placée devant l’objectif. L’objectif devient alors myope : un objet placé dans l’eau à 1,5 m de l’appareil est vu par le triplet optique comme étant à l’infini, et son image sera focalisée sur le plan focal image de l’objectif. Cette situation vient providentiellement suppléer la défaillance de l’autofocus puisque ce dernier ne voit rien dans l’eau (les infrarouges étant absorbés) la mécanique qu’il est censé commander est alors au repos c’est-à-dire réglée pour l’infini. Dans cette configuration, et compte tenu de la profondeur de champ à f/8, tout objet situé dans l’eau entre 1 et 3 m sera net. En photographie atmosphérique, les deux faces du ménisque étant parallèles, ce dernier ne modifie donc en rien la vergence du système. La deuxième lame sert de double vitrage pour éviter la formation de buée sur la face interne du ménisque avant, lors du passage d’une atmosphère chaude et humide (une piscine par exemple) au froid. Nous l’avons expérimenté, cela a bien marché pour l’appareil.«
Franchement, lorsqu’on voit l’appareil pour la première fois, avec sa face rondouillarde et ses couleurs voyantes, on ne s’imagine pas la « technicité » qui se cache là derrière.
Alors, faisons le tour de l’engin.
Sur le capot, un gros bouton rouge, le déclencheur, et à côté de lui, un second, plus petit, pour lancer le retardateur (vous ne pourrez pas vous en servir sous l’eau, mais là ce n’est pas utile !).
De l’autre côté du viseur, un hublot sous lequel défile les chiffres des images captées (le compteur se remet à zéro automatiquement).
En dessous de l’appareil, le pas de vis pour un trépied et à côté, la trappe pour la pile (une CR123 de 6v). Notons le joint torique qui empêchera que l’eau n’entre par là.
A l’arrière, juste une petite fenêtre pour rappeler le film qui est dedans et un petit repose pouce pour une bonne préhension dans l’eau (et sur terre aussi d’ailleurs).
Enfin, sur le devant, sous le viseur, la cellule, puis le flash intégré et la lampe pour atténuer l’effet yeux rouges et aider l’AF.
Au centre, cerclé de rouge, l’objectif que j’ai déjà décrit plus haut et à sa gauche (en le regardant de face), le gros bouton de commande.
Une excroissance permet de le manipuler aisément même sous l’eau ou avec des gants.
La position d’attente est le OFF, puis le mode Auto, le mode « sous marin », que vous devrez maintenir en position lors de la prise de vue. En remontant vers le haut, le mode flash forcé ou flash coupé.
Un mot sur le viseur, très large, très clair, collimaté avec correction de la parallaxe et, au milieu, un cercle qui indique où l’AF fait le point.
Le gros verrou, rouge, sur le côté, libère le dos. Vous ne pouvez pas rater le joint en caoutchouc orange. Il faut en prendre soin car c’est lui qui assure l’étanchéité de l’appareil (ne pas laisser de sable ou poussière dessus, veillez à ce qu’il ne se dessèche pas). Petite attention aussi au joint en feutre qui entoure la fenêtre laissant apercevoir le film.
La plaque de pression pour le transport du film est entourée par deux pièces métalliques qui font ressort : la première, rectangulaire, assure la pression sur la bobine dans la chambre; la seconde, elle pousse le film dans l’enrouleur lorsque vous fermez l’appareil. Car lorsque vous mettez une nouvelle cartouche de film dans la chambre, le boitier « lit » le code barre pour régler la cellule et lorsque vous refermez le dos, le moteur enroule le film automatiquement jusqu’à la première vue. Facile.
Le boitier sera décliné avec une version panoramique et un dos dateur, moins courante.
Tiens, pour la petite histoire, il existe aussi un Canon Sure Shot WP-1 presque en tous points semblables, sauf qu’il y a une fleur au lieu du poison pour indiquer le mode macro
Si on en croit la légende, ce WP-1, fabriqué en Chine (les autres l’étaient à Taiwan), aurait connu des problèmes d’étanchéité et se serait vu reclassé en « all weather » (tous temps) et non plus étanche !
Que penser de ce drôle de boitier ?
Plein d’optimisme, je l’ai chargé d’un film et comme nous partions pour la Côte d’Opale, dont on connait les fluctuations météorologiques, je l’ai embarqué, me disant que celui-là n’aurait pas peur de quelques gouttes d’eau (ça, on en a eu, et même de la grêle … Vive les sacs étanches et les boitiers tropicalisés).
Franchement, c’est très amusant de le manipuler, même s’il parait imposant, il est léger et on le tient facilement en main. Le viseur est génial et, hors de l’eau, le moteur fait peu de bruit lorsqu’il ré-arme.
Mais voilà, à la troisième photo, patatras, il se bloque ! Plus moyen de déclencher ni – et c’est là un écueil auquel je n’avais pas pensé – de rembobiner le film car il n’y a pas de petit bouton miracle pour le faire.
J’essaie de comprendre et finalement, la mort dans l’âme, je me décide à l’ouvrir pour voir si le film ne s’est pas déchiré à l’intérieur.
Le verrou est toujours un peu difficile à manœuvrer, pour éviter une mauvaise manipulation sous l’eau (p. ex.) mais là il est franchement pénible. Puis le dos se libère : ouf, le film est rembobiné donc je ne perdrai pas mes trois photos mais je comprends malheureusement d’où vient le problème … le plastique du verrou a cassé et comme il assure la contact électrique nécessaire (en plus de la fermeture de l’appareil), il a provoqué la panne fatale !
Et là, je râle, car je l’aimais bien moi ce bout de plastique rigolo, qui faisait des photos …
Impossible de recoller les morceaux (qui sont soumis à des flexions et tensions). Il me reste à trouver une épave (joints abîmés par exemple) pour phagocyter ce f… verrou, mais ce n’est pas un appareil qui « court les rues ». On verra ….
Donc, si vous en trouvez un, vérifiez que la pile n’a pas coulé, que le joint est intact, que le feutre de la petite fenêtre derrière l’est aussi et que le verrou ferme (difficile d’aller plus loin avec lui à moins de démonter sur place le cache en plastique gris, mais ça ne se verrait sans doute pas de toute manière).
Admettons qu’il soit parfait. Si en plus vous l’avez avec sa sacoche, son sac isotherme promotionnel, sa dragonne rouge, n’hésitez pas à sortir 50€, il le vaut bien et vous aurez le plaisir de le sortir par tous les temps, sans crainte.
Et moi je cherche une épave pour le sortir de nouveau sous la pluie …
Alors celui-ci, c’est la charmante dame qui m’a vendu le Canon AS-1 qui me l’a donné.
Je lui avais expliqué que je trouvais l’appareil intéressant mais malheureusement inutilisable, le film Spectra n’existant plus depuis quelques années.
Et comme nous avions parlé d’autres choses et découverts des points communs, elle a eu la gentillesse de me l’offrir.
A moi maintenant de vous décortiquer l’engin.
C’est en 1986 que Polaroid introduit le format Spectra, et les appareils qui vont avec. Enfin, Spectra pour les USA, pour les autres c’est le système Image dont il s’agit.
En quoi ce film est-il différent des 600 bien connus (et dans la foulée, des SX-70 puisqu’ils ont la même taille) ?
Si le 600 a un format carré, le Spectra sera un rectangle (9,2×7,3cm).
Pour le reste, c.-à-d. les ISO, la méthode de développement et son processus restent inchangé, y compris le principe de la pile intégrée dans le pack film. Dix vues étaient proposées par paquet.
Outre le fait que le film est plus grand, et rectangulaire, la gamme Spectra/Image offrait une bien meilleure qualité de fabrication que les séries 600 et des fonctionnalités plus poussées.
Comme par exemple, un objectif 125 mm f10, un système de mise au point automatique à ultrasons, un affichage de la mise au point en pieds ou en mètres, un retardateur de 10 secondes, une mise au point automatique que l’on pouvait débrayer, tout comme le flash, normalement automatique et une compensation d’exposition de +/- 1,5 stop.
Cet appareil bénéficie d’un système de mise au point assez particulier, composé d’un élément central en forme d’arc segmenté qui pivote sur un axe pour ajuster la mise au point. Lorsque le signal envoyé/reçu par les ultrasons (sonar) reviennent au calculateur, celui-ci actionne un moteur qui fait tourner cet élément pour que la mise au point soit nette. Pas simple, mais efficace.
Je ne résiste pas d’ailleurs à vous soumettre l’analyse ci-après, un régal :
« La maison Polaroid n’est pas en reste pour les solutions imaginatives. Si ses appareils donnent parfois l’impression de sortir d’une pochette surprise, l’examen de l’intérieur révèle de véritables délires d’ingénieur. En témoigne l’objectif Quintic de 1986, qui équipait les Spectra et/ou Image system. Ouvert à f/10 ce 125mm est peu lumineux, mais il faut rappeler qu’il est destiné à couvrir du quasi grand format : 9,2×7,3cm. C’était un triplet, pas si simple que ça d’ailleurs : on hésite à donner le nom de « lentille » à l’élément intermédiaire : il s’agit encore d’une légumineuse, mais d’après sa forme c’est plutôt un haricot synthétique (qui se déplace transversalement à l’axe optique). Impossible d’y trouver la moindre portion de sphère. Le plus étonnant est que cela donne des résultats satisfaisants. »
Ceci étant, nous sommes toujours face à un appareil entièrement automatique. Mais, avec un peu d’astuces …
Si vous enfoncez le déclencheur à mi-course, la boitier mesure la lumière et fait une mise au point au centre de la photo. Un voyant vert indiquera que l’exposition est bonne et un nombre s’affiche pour vous indiquer la distance de mise au point. Classique et qui vous permettra de recadrer votre sujet tant que vous gardez le déclencheur enfoncé à mi-course..
Vous pourrez aussi jouer avec la correction d’exposition car ici le boitier recalculera en fonction des données introduites (pas comme le système à curseur des 600).
Bien évidemment, ici aussi vous pouvez désactiver le flash mais bien qu’il soit plus « évolué » que les 600, ça reste un Polaroid, gourmand de lumière.
Autre astuce intéressante, celle de la superposition d’images que vous rendrez possible en utilisant le retardateur. Car le film ne sortira pas tant que vous n’aurez pas relancé le retardateur. Si vous fermez l’appareil après le premier cliché, le fait de ré-ouvrir celui-ci relance la minuterie et vous pourrez faire une seconde image sur la première.
Cet appareil est voulu plus évolué, plus complet. Il sera par exemple livré avec des kits de filtres à effets particuliers.
La gamme évoluera au fil du temps mais la plupart intègre un objectif en plastique Quintic de 125mm ouvrant à f10, en trois éléments (46mm en équivalent 24×36), un retardateur, une exposition automatique et un autofocus avec sonar. Le reste sera l’ajout ou le retrait de certaines fonctionnalités (le Spectra 2 n’a qu’un réglage de l’exposition alors que le Spectra E n’a que les commandes AF, flash et la possibilité d’éclaircir/assombrir.
Il y aura aussi des variantes comme le ProCam avec une ouverture différente, ou des appareils destinés à la macro.
Comment fonctionne-t-il ?
Ici pas question de lui « arracher la tête » pour l’ouvrir.
Sur le côté, sous la lanière de portage, il y a un verrou pour ouvrir l’appareil.
Et lorsque celui-ci est en position de prise de vue, sur le côté droit, un second levier permet de déverrouiller le « bac » du film.
C’est, je trouve, un appareil élégant, finalement peu encombrant lorsqu’il est fermé et guère plus lorsqu’il est ouvert. Toute la technologie Polaroid est là, concentrée.
Bon, tout ça c’est bien mais quel film mettre dedans ?
Ben … il n’y en a plus !
Sauf à trouver, à prix délirant, des packs inutilisables car les piles sont mortes et la chimie cuite.
Ah, si vous fouinez un peu sur la Grande Toile, vous trouverez quelques aventuriers qui placent des films de 600 dans des cartouches vides de Spectra, moyennant des cales, des piles recoupées, bref, du bricolage.
-« Et ça fonctionne ? »
Les videos tendent à démontrer que oui, mais allez savoir !
Mais la question fondamentale est de savoir quel intérêt il y a de mettre un film carré dans un appareil prévu pour faire des photos rectangulaires ….
Pendant un (petit) moment, Impossible Project, redevenu entre temps Polaroid Originals, avait relancé la fabrication du film (le PZ 600 Silvershade), avec beaucoup de déboires (la chimie n’était pas au point). Toujours est-il qu’ils ont re-laissé tomber, au grand dam des possesseurs de ces beaux appareils, qui y croyaient encore … un peu.
Que faire si vous en trouvez un ?
Soit vous êtes collectionneur et son achat peut s’intégrer dans une collection; soit vous êtes amateur de bel objet et celui-ci en est un; soit vous avez envie de pouvoir vous en servir et là …
Bref, selon la catégorie dans laquelle vous vous trouverez, ne dépensez quand même pas plus de 15€ pour un bel exemplaire, avec sa boite.
Et si vous avez l’âme bricoleuse, pourquoi pas essayer le 600 dans la cartouche ?
Pub de l’époque
Source : Collection-appareils, Porst 1986-87.
Videos d’illustration
Si vous voulez découvrir la gamme des appareils Spectra/Image, allez voir LA
Avec mon épouse, nous considérons qu’une brocante est réussie si nous voyons un livre de Rika Zaraï, à défaut un de Pierre Bellemare, un disque de Linda de Suza, une fanfare, des pains saucisse et … un Polaroid !
Et bien, sur celle-ci, nous avons été gâté et moi en particulier car j’ai déniché ce Polaroid 600 OneStep tout neuf, encore dans sa boîte (ok, elle a un peu souffert).
Franchement, je n’ai pas dû négocier longtemps, le vendeur voulait s’en débarrasser et n’imaginait même pas que l’on pu encore utiliser cet appareil de nos jours. Merci Monsieur.
Alors, ce OneStep 600, que nous réserve-t-il ?
Apparut en 1976, le OneStep 600 est le premier appareil conçu pour le film intégral 600. L’original manquait singulièrement de fonctionnalités : pas d’objectif gros plan, pas de flash intégré mais il a le fameux curseur Assombrir/éclaircir pour la correction d’exposition.
L’objectif était un 116mm ouvrant à f11, en plastique. La mise au point commençait à 1,2 m jusque l’infini. Comme il n’y a pas de flash intégré, il fallait mettre une rampe de flashbar dans la languette prévue à cet effet lorsque l’appareil était ouvert. La vitesse était automatiquement déterminée par l’appareil, entre 1/4s et 1/200s
Franchement, ce premier opus n’a pas d’autre intérêt qu’historiquement être le premier d’une longue série.
Le modèle va peu évoluer, si ce n’est l’ajout d’un flash intégré.
Les appareils désigné seulement par un chiffre 600 sont vraiment les entrées de gamme de chez Polaroid.
Celui qui nous préoccupe est apparu dans les années nonante. Si la forme s’arrondit, le principe reste le même, avec quelques améliorations, dont celles qui ne se voient pas car concernant l’électronique embarquée, plus performante que dans les années septante et quatre-vingt.
Il utilise le pack intégral 600 (c.-à-d. le film avec la pile dedans).
Dès que vous ouvrez l’appareil, en tirant fermement sur le dessus qui protège la lentille et le flash lorsqu’il est refermé, il se met en batterie. Entendez par là qu’il précharge le flash, dont il va avoir besoin.
La cellule, qui est sous le viseur, va analyser la lumière disponible pour régler automatiquement l’exposition et vous, vous devrez régler la distance à l’aide du curseur qui est à droite, face à l’appareil. Le déplacement de ce curseur entraine une lentille en plastique qui viendra se placer devant l’objectif.
Vous avez le choix entre portrait de groupe et montagne, soit à partir de 1,3m jusque l’infini, et le portrait rapproché où vous serez net dès 60cm jusque 1,2 m.
Point de vue réglages, c’est tout !
Ah si, vous pouvez décider d’utiliser le flash ou pas, en enfonçant à fond le gros bouton noir du déclencheur ou le second bouton noir placé derrière le déclencheur, ce qui coupe le flash.
Et le fameux curseur pour éclaircir ou assombrir la photo. Vous arriverez un jour à le maîtriser selon la quantité de lumière dont vous disposez, mais l’idéal est de le laisser au milieu, le flash faisant la différence dans l’appoint de lumière.
Alors, que penser de ce Polaroid OneStep 600 ?
C’est l’idéal pour s’initier à la photo instantanée mais les réglages sont vraiment réduit à leur plus simple expression.
Mais disons le tout de suite, les résultats sont à la hauteur de la lentille en plastique, pas vraiment flous mais pas vraiment nets non plus.
Si vous en trouvez un en brocante, ne dépensez pas plus de 15€ pour l’acheter. Ce sera un bon petit compagnon mais gardez en mémoire ses limites.
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