Les nouveautés en un lieu

Le mystère des Canon 1000F/1000Fn

Si j’en crois les statistiques du site, c’est l’article le plus vu depuis sa publication en 2021.

Pour vous faire une idée du « top trois » :

2022 (pas terminée)vues
Canon 1000F/1000FN1805
Minolta Dynax 500Si1187
Canon Eos 5000879
2021
Canon 1000F/1000FN1153
Yashica Electro 351035
Praktica MTL5986

Si je comprends l’intérêt pour le Minolta 500Si, les Electro 35 (fabuleuses machines s’il en est), voire même le Praktica MTL5, appareil école par excellence, je suis plus dubitatif pour les Canon 1000F et FN.

Entendons-nous bien, c’est un appareil léger, facile à prendre en mains, qui accepte toutes les optiques en monture EF d’ancienne génération (et il y en a un paquet !) mais … qui date un peu (1990).

Par acquis de conscience – et pour essayer de comprendre, j’ai été faire un tour sur les sites de 2ememain.be, qui n’offrait qu’une page de 13 appareils, dont au moins deux issus de Catawiki et Ebay, qui proposait 3 pages de 50 appareils.

C’est hallucinant les prix que l’on propose : de 10€ – ce que je suis persuadé qu’il vaut – à plus de 99€ s’il était muni d’un objectif et de quelque accessoires !

Ok, cet appareil fut un best-seller de la marque; ok, son autofocus et ses quelques fonctions le sortait du lot de l’époque, mais, franchement, pour des prix similaires, vous pourriez vous tourner vers les Eos 500/ 500N ou Eos 300, nettement plus performants et agréables d’utilisation.

Voire même aller faire un tour chez le concurrent de l’époque, les Minolta Dynax, excellents, peu courus et donc particulièrement abordables.

Donc, voilà, je m’interroge …

Si quelqu’un à une idée, un petit message ou un commentaire sont les bienvenus.

Les nouveautés en un lieu

Il fait chaud …

Dehors, le thermomètre affiche 34°C et dedans, on frise les 26°C !

Et y en a qui refuse toujours de croire que notre vieille Boule Bleue commence à bouillir …

Allez, pour vous remonter le moral, une petite vidéo qui vous explique, très sérieusement, qui nous a fait sourire sur les photos.

C’est les vacances pour beaucoup, un peu de légèreté ne fera pas de mal.

Ah, le pouvoir de la pub : déjà le Père Noël est passé du vert au rouge grâce à une boisson gazeuse qui a fabriqué – et continue – des générations d’obèses; un stylo à bille est devenu un générique grâce à un baron astucieux et entreprenant; un scooter a révolutionné un peuple entier et a séduit le monde ensuite avec sa taille de guêpe, une petite voiture française a inauguré les congés payés et les a rendus populaires, … et ce ne sont là que quelques exemples.

Bien amicalement à ceux qui travaillent encore et bon amusement à ceux qui sont déjà en vacances.

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Mais on se f… de nous !

C’est un article, paru dans le « Réponses Photo » de juillet 2022 (n° 351, p. 6 à 9) qui me fait bondir.

Article anodin s’il en est car il fait la présentation de deux nouveaux boitiers chez Canon, les Eos R 10 et le R 7, déclinés en APS-C et destinés aux « amateurs » pas forcément éclairés mais … fortunés !

Rendez-vous compte, le R 10 sera proposé à 1.380€ en kit avec un objectif 18 – 150mm tandis que le R7 le sera à 1.900€ avec un objectif semblable.

Alors, non seulement Canon et Nikon ont failli rater le coche de l’hybride, font le forcing pour rattraper Sony, Fuji, Olympus et Lumix, ne nous ont proposé que du « haut de gamme » à des prix astronomiques pour leurs premiers balbutiements pas forcément aboutis mais quand ils nous proposent quelque chose, ils nous prennent tous pour Crésus !

Où sont les chouettes petits boitiers d’entrée de gamme des Eos 2000, Eos 100, Eos 200 et 250, voire même l’Eos M50 qui ne fut jamais mis en valeur et qui passera à la trappe (laissant orphelins les quelques téméraires qui ont fait l’effort de l’acquérir malgré l’indigence de l’offre en optiques dédiées, qui sont supprimées du catalogue) ?

Certes, sur le papier, ces nouveaux venus semblent alléchants mais ils ne sont plus compatibles avec les « anciennes » optiques EF ou EF-S (respectivement pour les format full frame ou APS-C), sauf à acquérir des bagues de conversions qui coûtent jusqu’à 300€.

Où allons-nous ?

Les compacts ont disparus, bouffés par le smartphone, sauf s’ils s’agit de compacts « experts » qui dépassent la barre des 1500€.

Les reflex disparaissent au profit des hybrides – sauf chez Pentax, qui fait (bien seul) de la résistance – avec inéluctablement une montée dans la gamme des prix : pas un seul appareil avec au moins un 18 – 55mm de base sous les 1.000€.

Sommes-nous revenus aux premiers temps de la photographie, réservée à une « élite », celle qui avait les moyens de s’offrir le matériel ?

Reste le marché de l’occasion me direz-vous.

Oui, mais comme Canon et Nikon ont trainé à se lancer dans la bagarre, les quelques boitiers hybrides qui sont sur le marché de la seconde main sont presque aussi chers que le neuf, les premiers acheteurs essayant – et on les comprend – de ne pas perdre trop de plumes dans ce jeu de dupes.

Des marques comme Olympus, Fuji, Sony, Lumix (dans une moindre mesure me semble-t-il) raflent encore une fois la mise, ayant été des précurseurs dans l’hybride, avec des produits qui ont su s’adapter bien vite aux besoins de leur nouvelle clientèle.

Cruel rebondissement : les deux grands « historiques » doivent justifier de technologie extrême pour tenter quelques chalands richissimes ou corporate. Ils sont aujourd’hui incapables de présenter des boitiers abordables et performants, délaissant ainsi une partie importante de leur clientèle à la concurrence.

Mais me dires-vous, les autres marques ne sont pas bien moins chères. Non, vous avez raison mais je pense que lorsqu’on « tire » le gros des clients depuis près de 50 ans, il convient de leur offrir des produits qui leur conviennent à des prix mieux étudiés !

Voilà, c’était mon coup de gueule du moment … et vous, qu’en pensez-vous ?

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Oubliez les modes, choisissez un appareil qui vous aide à devenir meilleur photographe …

De fait, c’est un article de Fred, d’Histoires de Photos qui me fait rebondir sur ce qu’il écrivait, car il a mille fois raison.

Si vous vous êtes promené sur le site, vous aurez sans doute lu ici et là les mêmes conclusions que lui porte.

En effet, les appareils anciens de type Canon AE-1, Canon A-1, Canon F-1, Minolta SRT (tous numéros confondus), Minolta SR-1, Minolta XG-1, Pentax ME, Pentax ME Super, Fujica ST 6505, ST 701 Yashica FR-1, Contax 139, Miranda TM, Mamya DSX 1000B, Mamya NC 1000, Ricoh KR-5, Alpa SI 3000, les Parktica (les autres sont sur le site dans la rubrique argentique –> reflex) sont magnifiques.

Même des Exakta Varex II A ou Zeiss Ikon Contaflex sont splendides, esthétiquement et techniquement … pour l’époque !

Mais entendons-nous bien : même si vous avez de l’expérience en photo argentique, ce qui compte, c’est la qualité de l’image que vous voulez restituer ou le plaisir de sortir un magnifique vieux machin ?

Pour ma part, j’ai choisi de « cloisonner » les catégories d’appareils :

  • ceux d’avant les années septante sont destinés aux esthètes
  • ceux des années septante à début quatre-vingt sont destinés aux amateurs éclairés, qui ont déjà connu ce type d’appareil
  • ceux de la fin des années quatre-vingt au début nonante inspirent ceux qui hésitent entre deux décennies
  • ceux des années 2000 sont des machines à photographier performantes et sûres.

Notez qu’il n’y a là aucun jugement, aucune vérité absolue, juste un constat.

Et que je ne parle pas d’une catégorie que j’exclus, celles des collectionneurs qui vont rechercher la perle rare, l’objet unique, l’exclusif, mais très, très rarement, faire des photos.

Les plus anciens appareils demandent du temps pour les apprivoiser, non pas tellement à cause de leur complexité mais justement parce qu’ils en sont dépourvus et qu’il faut, dès lors, réapprendre des notions que l’on maitrise mal : le triangle d’exposition, la règle du Sunny 16, celle des zones de focale prédéfinies, p. ex..

Si ces notions ont le mérite d’aider à la prise de vue, elles sont (un peu) empiriques. Elles correspondaient parfaitement aux appareils, aux films, aux photographes de l’époque.

Et si vous perdez du temps à réfléchir à celles-là, c’est au détriment de la composition, de la spontanéité de vos images.

N’oublions pas encore les contorsions auxquelles il faut parfois se livrer pour les faire fonctionner car ceux qui sont munis de piles le sont parfois avec des modèles qui n’existent plus et de voltage folklorique (les piles au mercure de 1,35v p. ex.). Les adapter aux piles modernes ne se fait pas à la légère ni sans quelques connaissances utiles (voir l’article d’Olivier).

Enfin, fonction de modes illusoires, certains modèles atteignent des prix stratosphériques que rien ne justifie.

Bref, si votre but est de faire des photos, de bonnes photos, auxquelles vous allez consacrer le temps de la compo, du détail, de l’instant choisi, armez-vous d’appareils qui vous soulagent des tâches moins amusantes.

Les appareils de la fin des années nonante, du début des années deux-mille sont la quintessence de ce qui se faisait de mieux. Déjà ils possèdent les réglages que vous connaissez encore sur vos numériques, les techniques de mesure de la lumière, les autofocus, la gestion des flashs, tout cela était très abouti.

Les programmes dédiés étaient performants, les cellules plus que suffisantes pour calculer au mieux les lumières même difficiles, les capteurs autofocus sont ceux qui ont donné naissance aux modèles repris ensuite en numérique.

Si vous voulez vous lancer dans la photo argentique pour faire de la photo, et vous donner l’occasion de progresser, optez peut-être pour des appareils qui vous donneront satisfaction rapidement (ça évite de se décourager trop vite) et qui sont toujours dans le coup car, par exemple, ils acceptent la plupart des objectifs même modernes.

Attention, je parle bien des objectifs, voire de quelques accessoires utiles (filtres, porte-filtres, etc.) mais jamais des flashs, qui ne sont pas du tout compatibles au risque de détruire votre numérique si vous étiez tenté d’utiliser un seul flash pour vos deux types d’appareils. Et les flashs modernes ne fonctionnent pas sur les argentiques (question de puissance).

-« Mais que choisir alors ? »

Le choix reste vaste et – bonne nouvelle – les prix restent très bas encore.

Les grandes marques historiques sont pléthores et vous offrent de superbes appareils (de ceux qui me faisaient rêver à ces époques).

Vous en trouverez quelques uns dans la rubrique « petites analyses subjectives du matériel photographique –>argentique–>les reflex ».

Citons pèles-mèles les Canon Eos 500 et 300, 300v, Canon Eos 3, Eos 30/33, Eos 50e/50 qui acceptent tous les optiques EF, y compris les EF en série L.

Chez Nikon, la série des Nikon F 50, 60, 65, 70 et compagnie, ainsi que le F801, F100, F5, F90X, par exemple. Eux aussi peuvent utiliser les optiques modernes, à l’exception, comme d’habitude des cailloux prévus exclusivement pour les derniers nés de la gamme numérique et hybride,

Chez Minolta, vous aurez l’embarras du choix aussi, parmi les Minolta 3000i, Minolta 7000i,Minolta 8000i, Minolta 500 SI, Minolta 500 SI super, Minolta 3Xi, Minolta 7 Xi, Minolta 404Si, Minolta 800 Si, Minolta Dynax 5. Même si la marque n’existe plus, elle reste une référence (voir le site de Monsieur Suaudeau pour achever de vous convaincre). J’ai un faible pour le Dynax 5, qui est une petite merveille de compacité et de performances.

Et j’entends déjà Pascal qui me souffle « éh, t’as pas oublié les Pentax ? »

Ben non, voici la liste de ceux qui participent : Pentax MZ-3, Pentax MZ-5/ZX-5, Pentax MZ-5n/ZX-5n, Pentax MZ-6/ZX-L, Pentax MZ-7/ZX-7, Pentax MZ-M/ZX-M, Pentax MZ-S, Pentax MZ-10/ZX-10, Pentax MZ-30/ZX-30, Pentax MZ-50/ZX-50, Pentax MZ-60/ZX-60. Notez que l’extension ZX reprend les appareils destinés aux marchés US.

Vous aurez remarqué que Fuji, Yashica, Chinon, Cosina, par ex. ne font plus partie des sélectionnés. La plupart de ces marques n’ont pas survécu et n’ont rien développé dans les reflex autofocus au seuil des années deux mille.

En résumé, tous ces boitiers vous offriront encore de très bons voire excellents services. Ils sont souvent vendus complets, c.-à-d. avec des objectifs, leur flash dédié, des télécommandes, etc. car il n’y a pas encore si longtemps (bon, ok, ça fait quand même une bonne vingtaine d’année pour les plus récents), ils étaient remisés dans leur boîte, au cas où …

Ils ont fait le bonheur de nombreux passionnés, des pros de l’époque et il reste, je le redis, des valeurs sûres pour progresser et propose de superbes images, avec le confort des appareils modernes.

Soyez raisonnables, laissez-vous tenter !

Osons une dernière comparaison : oui, vous irez d’Arlon à Knokke en Citroën 2CV, la radio sera inaudible, le chauffage inexistant, comme la clim, la sécurité bien aléatoire face aux mastodontes d’aujourd’hui et vous ne dépasserez pas le 90.

Mais vous allez vous marrer, connaître quelques pépins qu’il faut pouvoir résoudre sur le bord de la route et – finalement – arriver heureux mais fourbus.

Faites le même trajet ne fut-ce qu’en Citroën C3 …

Convaincus ?

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L’Atelier de JP a dépassé les 100.000 vues !

Et là, je vous dis MERCI !

C’est grâce à ces encouragements que je vais continuer à écumer les brocantes, les vides-greniers, les vieux tiroirs des uns et des autres, pour vous présenter des pépites, des appareils qui ont une histoire, des appareils amusants, attachants, fous, extravagants, historiques, beaux, moches, intrigants, …

La riche histoire de l’argentique me promet encore des surprises, que j’aurai envie de partager avec vous et – si je réussi mon pari – vous inciteront à passer à l’action et à entrer dans le monde de l’argentique.

Attention, pour certains, cela risque de devenir une addiction mais là, on s’arrête quand on veut et ça ne fait de mal qu’au portefeuille si on exagère.

Si le numérique nous a apporté une qualité d’image encore jamais vue, une souplesse d’utilisation extraordinaire, nous permet de faire des économies (quoique !?) et de tester des tas de choses sans que ça nous coûte vraiment, ça reste une usine à gaz et il manque de charme, de … goût.

La technologie nous permet un mariage jamais vu de l’ancien et du moderne, profitons-en et redécouvrons ce que les ingénieurs nous ont concocté de meilleur au fil des 183 ans de la photographie argentique.

Sans succomber aux modes qui portent aux nues tels ou tels appareils, certes très bons mais dont les prix frisent l’inconcevable.

Ayez un maître mot lors de vos achats : le plaisir de posséder et d’utiliser un appareil qui vous plait et vous suivra longtemps.

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Le Zeiss Ikon Super Ikonta 531/2, suite …

Cet appareil, que je vous ai présenté ICI, je l’ai vendu à un photographe portugais, avec qui j’ai noué de très bons contacts.

Lorsqu’il a reçu l’appareil, il a procédé à quelques petits travaux : changement du verre de visée devenu trop illisible, nettoyage des mécanismes d’ouverture et il a, avec parcimonie, huilé quelques rouages.

En fait, il compte bien l’utiliser pour ses travaux personnels, ce qui me comble bien évidemment.

Il a eu la gentillesse de me dédier une photo, qui est une surimpression (bel exercice de style quand on sait que Zeiss a mis en place un mécanisme pour empêcher cela).

A mon tour, je la partage avec vous, je la trouve superbe.

© Carlos Gross

Avec du talent, il est possible de tirer le meilleur parti d’un appareil vieux de soixante ans !

Il me reste à souhaiter que cette combinaison Carlos + Zeiss Ikon puisse nous régaler de magnifiques photos encore longtemps.

Quelques exemples ICI.

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Déjà 500 articles !

Eh oui, la présentation du Polaroid Impulse 600 était le 500ème article du site !

Franchement, je ne les ai pas vu passer … mais ce qui me fait plaisir c’est de constater que vous êtes nombreux à venir consulter le site, soit par curiosité, soit pour trouver des réponses pour un appareil que vous avez ou allez acheter et que vous comptez utiliser.

Croyez moi, si j’arrive à vous donner ces envies, j’en suis très heureux.

Depuis le début du site, j’essaie, modestement, je donner des réponses – celles que je cherchais moi-même – utiles. Sans trop nous encombrer de trop de détails techniques, qui sont de toutes manières dépassés de nos jours, mais des infos qui doivent vous donner envie de sortir avec votre appareil, de le tester, de l’utiliser surtout.

Depuis fin 2019, date de la création de l’Atelier de JP, le marché des argentiques à beaucoup évolué, surtout en terme de prix : pour certains modèles, ils se sont envolés littéralement. Faut-il s’en plaindre ou s’en réjouir ?

Si, réellement, vous désirez acquérir un premier boitier pour découvrir ce médium vieux de deux siècles maintenant, sans trop savoir si la pratique va vous plaire ou non, les prix sont élevés, mais en cherchant bien, il reste des pépites. Il faut parfois accepter de sortir des sentiers rebattus…

Si vous désirez pratiquer la collection, c’est la règle du jeu, mais des « spéculateurs » jouent sur le phénomène et surcotent certains appareils (le Canon AE-1, le Yashica Electro 35 GSN, les Leica M3 et M2, le Minolta SRT 101 p. ex.).

Faut-il choisir un camp ? Cela dépendra de vos moyens, bien sûr, de vos envies certainement. Mais gardez toujours en mémoire que la plupart des best-sellers d’aujourd’hui ont au moins 40 ans et, même s’ils paraissent en bon état, ils peuvent vous lâcher sans crier gare. Il est souvent difficile, voire impossible d’en réparer certains, faute de boitiers à phagocyter et surtout, faute de techniciens capables de le faire.

Des pans entiers de l’argentique ne sont pas explorés, comme les reflex moyens et haut de gamme des années nonante et deux-mille. C’est dommage, car ils étaient le summum de leur époque, et sont restés très fonctionnels et compétitifs.

Comme les compacts de ces mêmes années, vraiment facile d’utilisation et voulus comme tels à leur époque. Je pense que c’est un excellent moyen de se faire la main.

Dans la rubrique « argentique », il y a un onglet  » et les autres ». C’est là qu’ils se cachent. Outre la rubrique des reflex, des moyens format, des appareils instantanés, …

Deux cent ans de pratique photographique, ça en fait du matériel à décortiquer !

J’espère avoir les moyens et garder l’envie de partir à la recherche de quelques uns que je ne connais pas encore, voire parfois de revenir sur des modèles que je n’ai peut-être pas assez explorés.

Je vous donne donc rendez-vous au millième article et je vous remercie d’avoir découvert les 500 premiers.

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Réponses Photo fête ses trente ans.

Alors que le Monde la Photo tire sa révérence et disparait des librairies (nous n’avons pas de kiosques en Belgique), le magazine Réponses Photo fête ses trente ans.

Si l’équipe nous trace l’histoire de ses trente ans d’édition, ce qui est toujours intéressant et amusant à lire, j’aimerais que vous trouviez un exemplaire pour une autre série d’articles, qui concernent l’avenir de la photographie et des photographes.

Si vous vous en souvenez, au fil d’au moins trois lectures proches, je vous encourageais à lire deux livres plus anciens et une grande histoire de la photographie, en l’occurrence Photographix de Vincent Burgeon, La Photo, art et langage, d’Albert Plécy et L’Oeil du photographe, de John Szarkowski.

Eh bien les articles du numéro 348 (avril 2022) de Réponses Photo sont comme une continuité et une prospective de ces bouquins.

Leur dossier « demain la photographie » (pages 28 à 55) nous interpelle et nous forcera à nous poser des questions, tant sur nos pratiques que sur le devenir de la photographie.

Vous êtes nombreux, qui parcourez ce site, à pratiquer encore la photographie argentique, loin des questionnements technologiques dus aux nouveaux appareils, véritables condensés d’ordinateurs ultra performants et de programmation pointue.

Et ce matin, me réveillant après avoir lu le dossier du magazine, je tirais une drôle de sensation : des experts nous expliquaient que les nouveaux boitiers d’aujourd’hui et ceux de demain, les smartphones qui viennent à les concurrencer un peu plus chaque jour et qui ont déjà été les fossoyeurs des compacts, s’appuient sur une technologie de plus en plus pointue mais qui ne peut se concevoir sans un déploiement concomitant d’ingénierie informatique.

En gros, si les programmes informatiques ne suivent pas, les appareils seront restreint dans leur développement. c’est ce qu’ils appellent les techniques computationnelles.

Le meilleur exemple de ces techniques computationnelles sont, dès à présent, dans les smartphones car pour suppléer aux manquements de ces machines (objectifs limités, capteurs bourrés de pixels minuscules, difficulté de prise de vue en mouvement en base lumière, etc.), elles sont survitaminées aux programmes qui « trichent » pour nous donner l’impression que la photographie est facile par leur truchement.

Un des auteurs expliquait que le « deep learning » (l’apprentissage profond) avait besoin de milliards d’exemples pour alimenter les AI (intelligence artificielle) qui pilotaient et les appareils et les programmes pour « lire » les photographies prises. Sans ces apprentissages de masse, les programmes actuels qui nous permettent de « développer » toujours mieux nos photos ne peuvent fonctionner correctement. Sans ces apprentissages de masse, nos appareils ne peuvent analyser correctement les images que nous voulons capter (analyse de la lumière, balance des blancs, ISO automatique, etc.).

Les entreprises qui développent les appareils photo et les programmes se servent donc des milliards de photos postées sur la Grande Toile pour affiner toujours plus les connaissances de leurs AI maisons.

Et elles entrevoient déjà des futurs qui nous paraissent utopiques ou extraordinaires : la réalité augmentée, la mise au point après la prise de vue, le détourage ultra précis, les modifications d’arrière plan, l’ajout de lumière, de cieux, la netteté renforcée, etc.

Me réveillant donc ce matin avec ce malaise, je ne suis pourtant dit que ce « deep learning » beaucoup de photographes le font eux-mêmes, naturellement : ils visitent des musées, des expositions pour découvrir d’autres photographes et manière de faire; ils lisent des livres pour les mêmes raisons; ils pratiquent encore et encore, notant mentalement ou – pour les plus ardus – sur un carnet, les réglages effectués, les réussites et les ratés de leur (longue) carrière; ils ont compris et utilisent (parfois inconsciemment) les principes du triangle d’exposition; ils ressentent la lumière, l’analysent en tenant compte – ou pas – de leur cellule (à main ou intégrée au boitier) et effectuent les réglages les plus opportuns.

Enfin, quand la photo demande à se révéler à leurs yeux, ils usent encore de techniques issues de près de deux cent ans de pratiques, transmises patiemment.

Sans forcément avoir besoin d’une « usine à gaz » entre les mains. Non, un simple reflex ancien, un bon vieux télémétrique solide, un bis-objectifs sérieux, d’une chambre pour les plus fous et vous voilà parti à l’assaut du monde qui nous fascine.

Encore une fois, je ne veux pas jouer les Cassandre et je suis conscient que les nouveaux outils que l’on nous propose ouvrent des perspectives immenses, mais à quel prix !

Ne revenons pas en arrière – c’est de toute manière impossible – mais ne faut-il pas ralentir un peu ? Ces appareils que l’on nous promet demain, combien de temps vais-je pouvoir les utiliser ? Car cette course aux technologies s’accompagne invariablement d’une obsolescence rapide du matériel : une nouvelle vient enterrer celle d’il y a quelques mois, pour un encore mieux, parait-il !

Pourtant mon vieux Leica tient toujours la route, mon vieux Zorki 1c aussi, et je ne parle pas du Canon A-1, voire – hérésie – de mon Canon Eos 30 (vous pouvez y mettre vos propres marques) : ils me permettent toujours de faire d’excellentes photos, pour peu que je sois en forme ce jour-là et que mes (quelques) neurones arrivent à faire la synthèse de tout ce que j’ai appris.

Ah oui, ça ne va sans doute pas (assez)vite mais quel plaisir je peux prendre à faire des photos, souvent réfléchies en tout cas désirées.

Je ne renonce pas au progrès, je lui demande de tenir compte de notre nature humaine, sans laquelle il n’existerait pas.

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Le « jetable » est de retour, … suite.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà consacré un article à ce sujet.

La lecture d’un nouvel encart dans Libération vient enfoncer encore un peu plus le clou.

Alors, si même les « influenceurs » s’y mettent, on n’en sort plus !

Si je décortique un peu l’article de Libération, et les propos de ces « influenceurs », je note que ce qui intéressent les utilisateurs de ces jetables, c’est le côté spontané, la facilité d’utilisation, l’absence de craindre abimer ou perdre son appareil, le « y a pas de réglages » et l’aspect aléatoire des photographies.

Bien, bien, … mais je réédite ce que j’écrivais déjà à l’époque : il y a suffisamment de bons appareils anciens qui répondent à ces « critères » et qui éviteront de gaspiller des ressources énergétiques (il ne faut plus les fabriquer, ils existent déjà !)

Alors, mesdames, messieurs les « influenceurs », réfléchissez un peu et plutôt que de faire la pub (qui les paie) de ces produits « inutiles » et qui augmente la quantité de gaspillage que l’on fait déjà, intéressez vous un peu à l’histoire de la photographie et faites l’éloge de ces appareils qui ont enchanté les années cinquante et soixante, voire encore les années septante, quatre-vingt, tant pour leur robustesse (ils fonctionnent encore), que leur design vraiment « vintage » – au sens strict du terme – et leur simplicité d’utilisation.

Vous en trouverez quelques uns dans les pages de ce blog (rubrique Lomographie ou « les autres ») pour que vous puissiez choisir celui qui vous accompagnera et vous donnera les mêmes frissons que ceux que l’on vous incite à acheter (comptez plus ou moins de 15 à 25€) et à jeter ensuite.

Certes, Lomography essaie de couper la poire en deux et propose des jetables récupérables (?!) mais encore une fois, c’est là une gabegie que l’on peut éviter : des Billora, des Voigtländer Vito, des Agfa Isola, etc. vous en trouverez dans toutes les bonnes brocantes, vides-grenier pour quelques euros, chez vos parents ou grands-parents, pour rien !

Et ils vous accompagneront encore longtemps.

Si mon conseil est souvent de vous faire plaisir et de craquer, faites le intelligemment et sans consommer inutilement.

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Vive les fonds de grenier ! … et quelques réflexions économiques …

Je vous en ai parlé succinctement, nous devons faire de la place chez mes parents, âgés, afin de favoriser leurs déplacements et leur confort, à domicile.

Mon frère et moi en profitons pour parcourir des années de vie, des quantité de souvenirs comme de vieux albums photos que nous redécouvrons avec nostalgie et amusement et parfois, nous découvrons de petites pépites comme par exemple de vieux documents édités à la sortie des appareils Canon achetés par nos parents.

En l’occurrence, je suis tombé sur des catalogues Canon de 1980, qui présentent les réflex de l’époque, les compacts du moment, la gamme des objectifs FD et la présentation du « système Canon », un des premiers au monde : les objectifs, les moteurs, les flashs, les accessoires divers et variés des photographes de la fin des années septante et du début des années quatre-vingt.

Et une liste de prix (en francs belges évidemment, que les lecteurs de moins de 20 ans n’ont pu connaître), qui date de 1981pour quelques boitiers au sujet desquels j’ai écris un article (Canon A-1, Canon AE-1 notamment).

Eh, les gens de chez Canon, si avec ça vous ne me sponsorisez pas, je n’y comprends rien ! Fidèle à la marque depuis 1975 (date d’achat par mes parents du Ftb dont je parle souvent pour avoir commencé avec lui), ça mérite un peu de considération, non ?

Je plaisante. Une brochure, annotée par mon père, tient même compte du prix négocié pour qu’il succombe à ce fameux Canon Ftb QL : 11.995 fb et 3.600 fb pour le flash Canon Speedlite 133D.

Si j’actualise les chiffres (accrochez-vous !) cela donne : l’équivalent de 11 995 BEF au 04 Juillet 1975 est de 48 000.76 BEF au 15 Janvier 2022 (Inflation sur la période : 300.17 %, index utilisé : BECPI2013 (Directorate-general Statistics and Economic information), Index initial : 29.12, Index final : 116.53

En gros, cet appareil couterait aujourd’hui 1 189.91 EUR ! …

Notez, ça donne à réfléchir (mais je ne suis pas économiste) quand aux prix pratiqués pour les appareils modernes, non ?

Si nous faisons l’exercice avec le Canon F-1, le summum de l’époque, le boitier nu coutait 25.215 Fb.

Si nous « actualisons » la somme au 15 janvier 2022, il serait de 92.399,88 Fb (Inflation sur la période : 266.45 %, index utilisé :BECPI2013 (Directorate-general Statistics and Economic information), Index initial : 31.8, Index final : 116.53) et si nous convertissons cette somme actualisée en euros, nous en sommes à 2.290,53 € soit l’équivalent du prix d’un Canon 6D Mark II muni d’un objectif 50mm de base ou même un Canon Eos RP (discontinué déjà) et un objectif RF 24-105mm F4-7.1 IS STM ou un Canon EOS 90D + objectif EF-S 18-135mm IS USM + sac à dos + carte SD + batterie de rechange

Ne rêvons pas hein, les Canon Eos 5D Mark IV et Canon Eos R5 (nus) sont encore plus de mille euros plus chers !

Nos appareils modernes ont éliminés plus de 60% des pièces mécaniques, remplacées par l’électronique. Mais j’ignore si dans 50 ans je pourrai encore les utiliser comme je peux toujours le faire d’un Canon F-1 !

Nonobstant le risque que la pellicule disparaisse un jour (ou devienne impayable), je vous avoue que je ne suis pas certain que l’évolution soit une bonne chose dans ce cas précis (même si je reconnais les qualités exceptionnelles des appareils modernes, ne soyons pas passéistes). Mais je constate qu’à une époque on fabriquait solide, pour durer – le Canon F-1 Old ne fut remplacé par le Canon New F-1 qu’après dix de services et le nouveau restera aussi dix ans au top – alors qu’aujourd’hui, après trois ans, l’appareil est remplacé et considéré comme obsolète.

Méditons …

Une autre brochure, celle du Studio Patrick, avec ses réclames comme on n’en fait plus et ses « accroches » qui donnent à sourire aujourd’hui.

Si je regarde les appareils présentés comme des « nouveautés » à la sortie de ce catalogue, malheureusement non daté, je pense qu’il est sorti en 1974 ou 1975. Et on y parle – déjà – de mauvaise conjoncture (suite au premier choc pétrolier de 1973).

Franchement, c’est un plaisir que de retourner dans ces vieux catalogues, qui me serviront bien lors de la présentation des appareils que je dégoterai encore cette année … heu, le retour des brocantes, c’est quand ?

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Sabine WEISS nous a quitté …

Nous apprenions le 28 décembre 2021 que Sabine Weiss (née Sabine Weber en 1924) s’en était allée rejoindre le beau monde des photographes qui ont marqué la photographie. Elle avait 97 ans.

Suisse d’origine mais naturalisée française, elle fut, aux côtés de Robert Doisneau, Willy Ronis, Édouard Boubat et Izis, l’une des principales représentantes du courant de la photographie dite humaniste.

C’est déjà toute petite qu’elle comprends que la photographie sera son moyen d’expression. Elle achète à onze ans son premier appareil photo, avec son argent de poche et commence à photographier son entourage, sa vie de famille.

Soutenue par son père, elle fera ses apprentissages chez Frédéric Buissonnas, photographe de studio à Genève, avant de décrocher son diplôme en 1945.

Puis, arrivée à Paris, elle sera l’assistante de Wilhelm Maywald,et aura l’occasion de travailler avec le Tout Paris de la mode de l’époque. Mais elle côtoiera aussi les grands musiciens du temps, les plus grands artistes du moment, les acteurs en vogue, les écrivains célèbres.

En 1950, elle devient Madame Weiss en épousant le peintre américain Hugh Weiss. Elle ouvre alors son propre studio à Paris.

Elle publiera plus de 40 ouvrages et en 2017, elle fait don de l’ensemble de ses archives, riches de 200 000 négatifs, 7 000 planches-contact, environ 2 700 tirages vintage et 2 000 tardifs, 3 500 tirages de travail et 2 000 diapositives au musée de l’Élysée, à Lausanne..

Son travail personnel mêle poésie et observation sociale. C’est l’humain qui retient son attention, la vie toute simple : »Mes photos (…) expriment un certain amour que j’ai pour la vie » disait-elle.

Elle ne voudra jamais être considérée comme une « artiste » Elle se veut le témoin des injustices faites à l’Homme et les dénonce avec vigueur, tout en sobriété et émotion.

Elle disait aussi qu’elle « photographie pour conserver l’éphémère, fixer le hasard, garder en image ce qui va disparaître : gestes, attitudes, objets qui sont des témoignages de notre passage. L’appareil les ramasse, les fige au moment même où ils disparaissent ».

Sabine Weiss utilise essentiellement le noir et blanc, avec des cadrages précis, jouant de la lumière pour créer des ambiances. Si ses sujets sont variés, l’humain en est le point central, disons même plutôt l’humanité des petits moments de vie, ceux qui apportent des émotions.

C’est une des raisons pour lesquelles, dans ses photographies, il y a beaucoup d’enfants, de personnes âgées, des sourires de stars aussi, mais tout son petit monde sera relié par cette spontanéité et simplicité qui sont sa signature : « J’aime beaucoup ce dialogue constant entre moi, mon appareil et mon sujet, ce qui me différencie de certains autres photographes qui ne cherchent pas ce dialogue et qui préfèrent se distancier de leur sujet. »

Je vous recommande évidemment son site officiel : Sabine Weiss.

Fabien Breillat a eu la chance de la rencontrer et il a consacré une longue video à ce moment particulier, que je vous encourage à regarder.

Une grande dame s’en est allée, n’oublions pas son travail, il est éternel.

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Rétrospective 2021

Dans moins de deux heures, le dernier minuit de 2021 aura sonné les glas de cette année étrange …

2020 nous avait appris à compter avec un minuscule virus, qui a continué à nous pourrir la vie et qui n’est pas près de nous quitter avant longtemps.

Gageons que nos politiques aient enfin compris ce qu’il fallait faire pour éviter non seulement un bain de sang médical mais aussi économique car dans cette histoire, tout le monde trinque et ce n’est pas du champagne qui nous fera sourire.

Bref, revenons à nos considérations photographiques et faisons un bilan de 2021.

Tout d’abord un immense merci aux 58.729 curieux qui se sont aventurés sur le site. J’espère sincèrement qu’ils y ont pris plaisir et qu’ils ont pu trouver les informations qui leur manquait et – cerise sur le déclencheur – auront peut-être facilité l’achat de leur premier boitier argentique.

Merci à tous ceux qui m’ont laissé des commentaires, à ceux qui m’ont posé des questions, demandés des informations complémentaires : tout cela m’aide dans mes réflexions pour vous proposer des articles qui nous ferons plaisir.

Fin mars 2021, je signais un nouveau contrat de travail, qui lui-même a évolué fonction des aléas de la santé. Ceci pour expliquer parfois une certaine irrégularité dans la production des textes, analyses et production photographique. Mais, finalement, j’ai sans doute évité une certaine monotonie en vous laissant parfois sur votre faim. Il y en eut tout de même 261 nouveaux sur l’année.

Vous le savez, je ne suis pas très « statistiques » mais quelques unes ont retenu mon attention : ainsi, l’appareil le plus « vu » fut le Canon 1000F/1000F N, ensuite les Yashica Electro 35 et le moins regardé, l’Olympus Quickmatic EEM, il est vrai beaucoup plus rare et moins connu.

Le site est toujours intégralement pris en charge par moi seul, sans pub ni aide d’aucune sorte. Le seul moteur est toujours de vous présenter des coups de cœur ou de gueule pour le rendre le plus attrayant possible sur des sujets qui m’intriguent ou amusent.

Le partage est une valeur essentielle, que j’ai souvent rencontrée cette année encore, avec Fred, d’Histoiresde Photos, avec Phil de Filimages, et tant d’autres photographes avec qui j’ai pu faire un bout de chemin, par courriel ou le boitier en mains, l’œil au viseur pour capter les humeurs du moment, la couleur du temps, celle du ciel aussi.

En résumé, 2021 sera une bonne année pour l’Atelier de JP. Les résultats me donnent encore envie de nous distraire avec de nouvelles trouvailles, sans doute plus de photos personnelles, quelques réflexions sur ce qui m’émeut ou m’énerve, des moments d’échanges (pourvu que ce f… virus nous laisse un peu en paix) en traversant nos frontières pour d’autres découvertes.

Voilà, un bilan encourageant et, je l’espère, que vous participerez encore à l’aventure pour que 2022 soit aussi très belle

Les nouveautés en un lieu

La minute philosophique de l’Atelier de JP

Ne dit on pas que les plus grands philosophe sont accoudés au zinc si cher à Jacques Prévert, alors, sans complexe, je vous livre quelques réflexions qui me titillent depuis quelques temps.

Notamment la perception que nos appareils ultra sophistiqués ont de notre vision du réel.

Si ça ce n’est pas une belle intro de thèse …

Lorsqu’un peintre figuratif veut représenter quelques champignons dans un sous bois, chaque pied, chaque chapeau, l’herbe, les feuilles mortes, etc. seront représentés par le geste précis et « délibéré » du peintre. Il n’y aura pas de hasard, chaque élément sera à sa juste place, celle voulue par l’artiste, avec la forme, la couleur, les nuances qu’il voudra vous transmettre.

Vous êtes maintenant dans ce même sous-bois mais avec votre appareil photo dernière génération et vous photographiez cet amoncellement de champignons, là sur cette vieille souche.

De retour à la maison, vous découvrez la photo sur l’écran de votre ordinateur et vous allez découvrir que tous les champignons sont représentés, tous les brins d’herbe, toutes les feuilles mortes, toutes les veines du bois mort, tout !

De fait, depuis même les débuts de la photographie, nous nous sommes habitués à cette « frange inconsciente », c.-à-d. l’enregistrement de tous les détails, indistinctement, qui serait une surinformation que nous maitrisons dans une vision globale.

La plupart des photographes captent en un instant ce qu’ils voient et synthétisent les formes pour la poser sur une surface en deux dimensions, qu’ils aient décidés de choisir un décor dans lequel inscrire ce qu’ils ont prévisualisé ou qu’ils aient cette capacité de composer, de gérer une prise du « vu » dans l’instant.

Mais là, en 2021, nous sommes face à des boitiers qui voient au delà de l’œil !

Les sensibilités s’expriment en centaine de milliers d’ISO et nous permettent de « voir » dans la nuit noire. Les capteurs de 61 millions de pixels vont non seulement enregistrer tous les champignons, tous les brins d’herbe, toutes les feuilles mortes, toutes les veines du bois mort, mais aussi la minuscule fourmi qui se promène dessus et qui était indiscernable au moment de la prise de vue.

Finalement, nous en venons à prendre en photo un monde que nous ne voyons pas !

Nous ne le découvrons que sur l’écran de notre ordinateur, en zoomant sur l’image, ou sur un tirage de grande dimension.

Réfléchissons y : les appareils modernes nous entrainent aujourd’hui au delà du visible, celui que l’humain maitrise depuis toujours .

Faut-il en avoir peur ou apprendre à faire des découvertes impromptues et s’en réjouir, je ne sais pas, mais j’ai encore en tête mon étonnement en découvrant les photos que j’avais faites dans une cathédrale fort sombre avec mon vieux Canon Eos 40D : je découvrais ce que les ombres m’avaient cachées et c’était étrange.

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Les nouveautés en un lieu

Ce sont les vacances, photographions gaiement !

Oui mais … vacances rimes souvent avec insouciances et en évitant les prises de têtes, notamment au niveau des photos que l’on a envie de ramener.

Si certains seront tenté de tout mettre sur leur téléphone « intelligent », au risque de le perdre, de ne plus regarder ensuite les milliers de clichés qui s’enchainent, sans queue ni tête,d’autres opteront pour un bon vieil appareil argentique, dont ils mettront les photos en albums, et il sera un compagnon idéal pour se souvenir.

Inutile de se ruiner, de chercher midi à a quatorze heure, les années nonante et le début des années deux mille nous ont laissé, dans des tiroirs, des brocantes, chez des parents, des amis, des dizaines de millier de petit compacts, autrefois très performants – et qui le sont resté, n’en déplaisent aux progrès du numérique ! – qui n’attendent généralement qu’une ou deux piles (des AA très communes souvent) pour reprendre vie et vous accompagner.

J’y avais fait allusion dans quelques articles, dont celui-ci (ICI) pour trouver le meilleur compagnon de vos sorties.

Ces compacts étaient arrivé, pour la plupart, à être des condensés de ce qui se faisait de très bon à l’époque, sans que vous deviez investir dans des nuits blanches pour savoir comment les manipuler. Tous leurs automatismes étaient au service de vos images, de vos histoires, simplement et généralement avec d’excellents résultats.

Comme les brocantes reprennent, que le soleil a enfin daigné nous accompagner, que les frontières se ré ouvrent, même timidement, et donc de nouveaux horizons à découvrir, faites-vous plaisir, investissez quelques euros dans un de ces petits appareils ingénieux et fidèles.

Si vous vous promenez dans la rubrique « petites analyses subjectives du matériel photographie » vous aurez, je le souhaite, plein d’idées pour vous faire aimer ces petits moments précieux où le doigt presse le déclencheur avec à la clé le plaisir de re découvrir un peu plus tard le fruit de vos errances.

-« Oui mais les films, ça coute cher ! »

Ah ma bonne Dame, mon bon Monsieur, bien moins que le smartphone qui n’aime pas le sable et l’eau, bien moins que votre précieux APN (appareil photo numérique) tout aussi frileux et délicat, ne parlons même pas de votre lourd réflex au prix exorbitant … entre 10 et 20€ pour l’appareil, 5 à 8€ pour le film, encore quelques euros pour le développement et le tirage … Mais le plaisir de revoir en famille, entre amis les moments qui vous ont charmé n’a pas de prix, lui !

Si de si nombreux (nouveaux) adeptes se précipitent sur ces joyaux de la photographie argentique, ce n’est pas sans raison.

Regardez le plaisir que prennent les gens de chez Lomography, les utilisateurs de vieux appareils, de films exotiques ou périmés et vous re découvrirez la magie de la photo.

Tentez l’aventure, ce sont les vacances après tout !

Les nouveautés en un lieu

L’argentique est au goût (au coût ?) du jour

Est-ce parce que les appareils numériques ressemblent de plus en plus à des « usines à gaz », bardés de fonctions complexes et complexifiées par des menus souvent déroutant; parce que leur rendu, toujours plus « chirurgical » enlève une part de la magie à l’image révélée; parce que les prix « communément admis » frisent votre salaire mensuel; parce que les modèles se succèdent plus vite que votre capacité à emmagasiner leurs caractéristiques utiles; parce que ….?

Mille autres bonnes raisons peuvent nous entrainer à un retour vers l’argentique.

D’aucun diront que c’est par nostalgie. Certes, mais comment expliquer que des tout jeunes veulent s’y frotter, ils n’ont pas encore la mémoire d’une époque, ils ne l’ont pas connue ?

D’autres vous expliqueront des tas de raisons techniques qui ferait de l’argentique un meilleur serviteur de la photographie.

Et si nous parlions simplement de plaisir !

Celui de découvrir d’autres moyens d’accéder à l’image-photo, celui de se frotter à des appareils, connus ou moins connus mais qui sont de petites merveilles de mécaniques et qui donnent ce sentiment étrange de posséder un « bel » appareil.

Celui de (re)découvrir une certaine simplicité, qui démystifie finalement la prise de vue aux fondamentaux qui ont si bien réussi aux maîtres anciens et néanmoins précurseurs.

Celui, très sensuel, non seulement de toucher un bel objet mais aussi de « sentir » une matière vivante, qui se découvre petit à petit, du geste de photographier à celui de découvrir l’image latente se révéler.

Celui de découvrir des formats inhabituels, contraints que nous sommes à ne plus voir qu’aux normes étriquées que nous infligent les fabricants, cherchant toujours à plus de rationalité et de standardisation de leurs productions.

Pensez à ces appareils panoramiques pour voir la vie en large, aux chambres, pour voir la vie en grand, aux lilliputiens, pour se rêver l’espace d’un moment dans la peau de James Bond, aux étanches pour tutoyer les poisons et les sirènes, … pensez différemment !

Bref, toutes les raisons sont bonnes pour venir – ou revenir – à l’argentique.

Une des premières étant que des appareils photo argentiques il en existe des millions de part le monde, du plus simple au plus sophistiqué, du plus commun au plus rare.

Souvent oubliés dans des tiroirs, des caisses, plus ou moins à l’abri de la poussière, de l’humidité, rangé avec soin ou jetés pêle-mêle dans un fourbis, ils sont là qui attendent que quelqu’un vienne les rendre à la vie.

Il suffit souvent de presque rien pour les sortir de l’oubli.

Seulement voilà, de petits malins s’ingénient à monter la sauce pour tel ou tel boitier qui, s’il n’était pas mauvais au départ, ne demande pas pour autant qu’on les sacralise à présent (voir les Canon AE-1, les Minolta SRT-101, les Nikon F, les Contax RTS, les Pentax K1000, …)

Et les prix de flamber ! Certains pensant que si le prix est élevé c’est parce que l’appareil en vaut la chandelle.

Que nenni, c’est là le jeu des « influenceurs » et autres adeptes des bulles spéculatives, qui s’imaginent que tout ce qu’ils touchent va se transformer en or.

Non, non, nous sommes au pays des sels d’argent après tout ! Il faut refuser de jouer ce jeu dangereux des prix qui montent, qui montent …

Je l’ai souvent écris, quelques boitiers que je voyais en 2019 se vendre dans les 30€ (les Yashica Electro 35 p; ex.) se négocient en 2021 dans les 100€ et plus s’ils sont en version noire !

Vous connaissez ma croisade pour des appareils à 50€ maximum, avec un objectif (sauf cas particuliers).

Pourquoi cette somme « arbitraire » ?

Lorsque j’achète un boitier, bien souvent, il faut changer les mousses, vérifier que les piles n’ont pas coulé, retrouver des piles compatibles, vérifier que la cellule fonctionne toujours, changer les revêtements qui se laissent parfois aller, vérifier que tout déclenche, aux bonnes vitesses (il doit y avoir des différences entre un déclenchement à 2s et à 1/1000s), que les objectifs s’accrochent correctement et se décrochent facilement, plus les petits investissements des choses à changer, etc.

Rien de technique ni de compliqué en fait, mais qui demande du temps, qui demande de la patience et de la minutie pour ne pas faire pire que mieux (des traces de colle sur le dépoli p. ex.).

Et il ne faut jamais oublier que ces appareils ont un – voire des – passé(s) et que l’on peut rarement affirmer qu’à un moment ou un autre il ne vont pas tomber en panne car c’est de la mécanique, pour les plus anciens, de la mécanique et un peu d’électronique à partir des années septante, de la mécanique et des mini processeurs dès les années quatre-vingt et suivantes, beaucoup d’électronique et encore un peu de mécanique à l’aube des années 2000

Rien ne justifie les prix pratiqués de nos jours !

L’offre et la demande ? Laissez moi sourire : si vous vous souvenez de l’article « non mais faut arrêter …« , je citais quelque chiffres de production des appareils dont les prix décollent actuellement.

Pour mémoire : le Canon AE-1 fut produit à plus de 1.200.000 exemplaires; le Minolta SRT101, c’est 3.500.000; l’Olympus Mjiu, 5.000.000 exemplaires; … rares qu’ils disaient sur les sites de vente !

Si réellement vous voulez acheter des appareils rares – il en existe bien sûr – dites-vous aussi que ces appareils seront plus difficile à utiliser, à réparer, à faire évoluer (accessoires comme des objectifs difficiles à trouver) et là, oui, vous pourriez être amené à devoir faire chauffer votre portefeuille mais vous voulez quoi ? Utiliser un appareil photo ancien pour faire des photos ou pour garnir une étagère ou pire, pour spéculer ?

(Re)prenons le cas des Leica. Certes ils ont ouvert la voie vers un appareil léger et maniable mais les premiers exemplaires ne sont plus guère pratiques à utiliser même s’ils restent fonctionnels. Mais les prix sont fous si on considère ces appareils pour une pratique photographique.

Voyons le prix des Leica M, qui défient toute raison, au prétexte qu’ils sont toujours réparables – et ici je salue quand même la volonté de l’entreprise de garder vivant un patrimoine même très ancien – mais au delà de leurs qualités, ils ont 60 ans !

Comparez avec un Canon P : il est aussi performant et heureusement vraiment plus abordable, ensuite vous pouvez y monter toutes les optiques Ltm 39 possibles, même celles de chez Leitz.

Car finalement, c’est l’optique qui fait la qualité de la photo, le boitier n’est qu’une boîte noire, plus ou moins performante et sophistiquée.

Poussez le bouchon plus loin et achetez un télémétrique russe – c’est quand même eux qui en ont vendu le plus au monde ! – et vous pourrez aussi y monter les mêmes optiques en Ltm 39.

Ah, encore un mot : ils sont toujours réparables aussi, mais coûtent 1/100 du prix d’un Leica …

En résumé, si vous voulez (re)découvrir le monde de l’argentique, faites d’abord le tour de votre besoin (quelle type de photos voulez-vous faire, avez-vous l’âme bricoleuse, le poids est-il important pour vous, etc. ?).

A partir de ce moment, vous pouvez regarder vers quelques appareils et fouiner, fouiner pour trouver la meilleure offre.

Un exemple pour mieux comprendre mon propos ?

Vous aimeriez faire de la Street Photography mais la pratique du paysage, voire du portrait vous tenterait bien aussi ? Regardez vers un reflex, beaucoup plus polyvalent, sur lequel vous pourrez monter les objectifs qui correspondront à vos envies.

Lequel ? Si vous avez envie de vous frotter aux fondamentaux, les Praktica sont très bons mais à partir du MTL 3 (voyez ceux analysés sur le site), ou les premiers Minolta, voire Fujica. Nous sommes dans les années septante (fin soixante) pour la plupart. La monture en M42 vous ouvre un champ énorme d’objectifs dont certains de grande qualité car signés Zeiss.

Pour en revenir aux Praktica, leur prix est particulièrement abordable. Sachez encore que ces appareils ont fait le bonheur de milliers de photographes pendant près de 30 ans non sans raison.

Honnêtement, il n’y a que vous, en tant que consommateur, qui pourrez faire bouger les choses, en refusant les prix délirants que certains s’ingénient à nous présenter. Rappelez-vous que la plupart de ces appareils ont été fabriqué et vendu en quantité et qu’ils sont donc loin d’être aussi rares que certains le prétendent.

Un photographe averti en vaut (au moins) deux … faites-vous plaisir !

Enfin, n’oublions pas la partie « consommable », les films. Vous en trouverez sur de nombreux sites, chez quelques boutiques photographiques qui en vendent encore, quasi pour tous les goûts et envies, même s’il faut se rendre compte que les grandes marques qui restent actives, Fuji et Kodak, restreignent leur offre. N’ayez pas peur de vous tourner vers des solutions alternatives, qui offrent des choix différents. Lomography essaie aussi de proposer des films originaux et sortant de l’ordinaire, c’est à tenter.

Bien sûr il reste encore la solution des films périmés, pour autant que vous puissiez avoir la certitude qu’ils ont été correctement conservé (congélateur, frigo au pire). Ici il faut avoir l’esprit original et aimer les surprises, mais c’est un charme ajouté … ou un pari risqué. A vous de voir.

Ceci étant, une fois la pellicule exposée, il faut la développer. Le plus facile (?!) est de trouver un labo près de chez soi, qui s’acquittera de la tâche. Sinon, de grandes enseignes s’occupent encore de développement (Mediamarkt, Hema p. ex.) mais la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, leurs machines étant en « tout automatique » alors qu’avec un « petit » labo vous pouvez encore dialoguer pour des développements plus personnalisés.

Pour les plus entreprenants ou ceux qui y ont déjà goûté, il existe toujours la possibilité de développer soi-même. Ici, je vous avoue mes limites, je n’ai plus mis les pieds dans un labo depuis … 1988 !

Reste que le N/B est plus abordable si vous le faites vous-mêmes, les chimies étant moins « fragiles » que pour la couleur, mais c’est aussi question de la quantité de films à développer, la technique est la même.

Des accessoires utiles vous permettent même de le faire à la lumière du jour, pour ceux qui n’ont pas la possibilité d’installer un laboratoire à la maison. Prenons par exemple l’Ars-Imago Lab-Box, à moins que vous ne trouviez sur un site de vente en seconde main des Rondinax 35 ou 60. Ces « boites » vous permettent de mélanger les différentes chimies nécessaires au développement de vos films, facilement.

Chimies que vous trouverez chez le fabricant ou sur des sites comme Fotimpex ou Retrocamera.

A la question qui fâche, « est-ce écologique », la réponse est nuancée : vu la quantité que vous produirez, vous ne polluerez pas plus qu’une lessive ordinaire. Mais le débat est faux car lorsque vous tenez compte de la pollution engendrée par le numérique, vous sortez au mieux avec un ex æquo.

Si vous désirez tirer vous même vos photos, c’est une autre histoire, qui nécessite un minimum d’aménagements. Rien n’empêche de mixer le développement classique avec ensuite un tirage numérique (scanner, banc de reproduction, etc.), qui vous permettra, le cas échéant, de tirer vos photos avec une imprimante dédiée.

Ici je vous recommanderai quelques chouettes bouquins :

  • Les secrets des tirages alternatifs, Anaïs Carvalho Rémy Lapleige, éd. Eyrolles, ISBN 2212677898
  • Procédés de photographie alternative, Laura Blacklow Bernard Jolivalt (Traduction), éd. First, ISBN 2412056099
  • Les secrets de la photo argentique, Gildas Lepetit-Castel, éd. Eyrolles, ISBN 2212143931
  • Noir et blanc, Philippe Bachelier, éd. V.M., ISBN 221213827X

Voilà, j’espère vous avoir donné quelques pistes qui vous serviront et vous donneront envie de tenter l’argentique à prix contenu et supportable car, encore une fois, le maître mot de ces découvertes est « plaisir ».