Découverte du Rollex : Un appareil photo vintage

Préambule.

Il me restera encore 2 appareils à vous proposer, tous venant de la grande brocante de Maroilles.

Celui-ci m’ a frappé pour sa bonne bouille et parce qu’il était dans son sac tout prêt en beau cuir brun. A part quelques traces d’oxydations superficielles, il est en bon état et tout fonctionne. Allons donc le découvrir de ce pas …

Un peu d’histoire.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, de nombreuses entreprises françaises ont essayé de prendre place dans le grand marché des appareils photos en pleine renaissance, les Allemands étant encore sous embargo et leurs usines en pleine reconstruction pour celles restées du bon côté du futur mur de la honte et pour celles, démantelées et envoyées de l’autre côté, la question était plutôt de savoir que faire de toutes ces marques capturées et de réfléchir au futur conglomérat pour le peuple (VEB) Pentacon.

Toujours est-il que la Société de Constructions d’Appareils Photographiques et Cinématographiques de Levallois-Perret ou SCAPEC a tenté le coup. Etablie non loin d’OPL (Foca), elle se lance dans la grande aventure de la production photographique.

Le premier appareil présenté par la SCAPEC sera un box, le Kovex (1951). Hélas, un excès de snobisme peut-être l’a empêché de voir ses ventes décoller. En effet, il sera vendu plus cher que ses concurrents parce qu’il était gainé d’un cuir croco grenat (?!) et entouré d’un demi-sac de protection.

Appareil photo Kovex avec un boîtier noir et un gagnage en cuir marron, affichant une lentille menisque et des contrôles de pose.
Source : Collection Click-Clack

Ils revoient leur copie et lance un second box, le Rollex, beaucoup plus simple et moins ostentatoire, le gainage étant une simple toile encollée. Hélas, le résultat est identique, les ventes stagnent.

Troisième essai avec encore un box dont ils délèguent la vente à une société coopérative ouvrière de production, la SCOPA (Société COopérative de Production d’Appareils et de Matériel Photo et Cinéma). Il s’appellera donc le Scopa, mais il n’eut pas plus de chance que ses frères d’infortune. De fait, cet appareil est identique au Rollex, seul le nom change. Il n’apporte rien de plus ou de différent pour tenter de (re)lancer les ventes.

Appareil photo box Rollex de la SCAPEC avec un viseur rétractable, finition en cuir noir, et deux réglages d'exposition.

Source : Collection Click-Clack

Bref, la SCAPEC ne semble pas avoir vécu longtemps, en 1953 elle passait la main à la SCOPA pour, sans doute, écouler les stocks restant.

Pourquoi ce manque d’engouement pour ces trois box ? Disons que la mode de ce type d’appareil agonissait déjà. Ensuite, la construction était légère et n’apportait rien de neuf : un corps en aluminium plié, revêtu de gainage noir sur les côtés et le dessus/dessous ; un 6×9 sur film 120 ; il offrait peu ou pas de réglages (j’y reviendrai) ; l’objectif était un ménisque (une seule lentille) fix-focus. Rien de bien grisant.

La seule originalité était cette espèce de boite sur le devant, au dessus de l’objectif/obturateur, commune à tous les modèles, et qui contenait le viseur, monté sur ressort façon diable qui sort de sa boite !

En résume, le Rollex semble être le box le plus commun, du moins en France, le Voltex et le Scopa étant plus difficiles à dénicher. Toutefois leur valeur n’est pas affolante, leur piètre prestation étant encore leur pire ennemie. Mais ils ont un petit quelque chose qui titille les collectionneurs …

Une ancienne publicité illustrant différents modèles d'appareils photo, y compris le Rollex, montrant des croquis et des spécifications techniques.
Image d'une page de catalogue présentant trois modèles d'appareils photographiques, incluant le Box Gap, le Rollex, et le Roc, avec des descriptions techniques et des prix.
Quand on voit les prix demandés par rapport aux concurrents, on comprend ...

Présentation du Rollex.

Je crains qu’elle ne soit rapide, les réglages étant réduits à leur plus simple expression, un peu comme pour les FEX.

L’objectif, de marque inconnue, est donc un ménisque, peut-être de 75mm. C’est un fix-focus, sans aucun réglage de distance donc. Mais il est noté objectif special, Made in France, Trade Mark.

Gros plan sur l'objectif et les commandes d'un appareil photo Rollex, montrant les réglages pour le flash, la pose et l'instantané, ainsi que les inscriptions 'OBJECTIF-SPECIAL, Made in France, Trade Mark'.

Il y avait en tout et pour tout deux diaphragmes : petit diaph et grand diaph, inscrits sur le pourtour du fut d’objectif. Mais allez savoir à quoi ils correspondaient ! On les règle avec deux tirettes sur le dessous de l’objectif.

Quant aux vitesses, il y en a une instantané et la seconde est la pose (B), que l’on règle (le grand mot) à l’aide d’un petit levier au dessus de l’objectif. On estime la vitesse au 1/50s.

Soyons de bon compte, il y a une synchronisation du flash car il y a une prise PC sur le côté.

Pour déclencher l’obturateur, sans protection contre la double exposition ni asservi au remontage du film avec la grosse molette sur le côté – il faut bien vérifier le compteur qui est en fait le passage du film sous la fenêtre rouge inactinique – c’est le gros tube qui fait saillie sur le côté droit du combo objectif/obturateur. Comme sur les vieux box Kodak, vous appuyez dessus, ça déclenche, vous ré-appuyer, ça re-déclenche. Distraits, vous allez en faire des double, triple, … expositions !

Finalement, le truc le plus rigolo de cet appareil (et des autres de la marque), c’est le viseur, enfermé dans sa petite boite métallique, au dessus du combo objectif/obturateur. On le libère en appuyant sur le bouton au dessus de cette mini-boite à surprise. C’est un viseur comme on en trouvait sur les vieux pliants (folding) et on peut juste le faire pivoter pour prendre des photos à l’horizontale. Heu … visée pifométrique assurée.

Le filetage pour assurer l’appareil sur un trépied est bizarrement mis sur le côté gauche de l’appareil. Fallait-il uniquement faire des photos horizontales dans ce cas où ajouter un accessoire pour photographier avec le boitier debout ?

Vue arrière d'un appareil photo Rollex avec un boîtier en cuir noir et des finitions métalliques.

A noter qu’il y a des points d’ancrage pour fixer une sangle sur chaque côté du Rollex, bien que le sac tout prêt en accueille une en cuir.

Une photo d'un étui en cuir brun pour appareil photo, présentant le logo 'ROLLEY'. En arrière-plan, on aperçoit une tasse et des boîtes avec le mot 'LIGHT'.

Admettons que vous ayez envie de glisser un film dans cette drôle de boite. Il faut mettre le verrou du dessus sur O (ouvert) et la même chose sur celui du bas puis tirer délicatement sur toute la partie derrière la face avant.

Attention, n’appuyez pas trop fort de crainte de plier ce presque demi-cercle d’aluminium. Tout comme il faut éviter de serrer trop fort les deux côtés de l’engin, pour les mêmes raisons. Hormis la corps de la chambre, à l’intérieur, rien ne vient renforcer les deux parois. Pour remonter le tout, regardez bien le sens du dos, c’est marqué bas et haut pour éviter toute mauvaise introduction du morceau dans les rails qui guideront cette partie jusqu’au verrou, que vous remettrez sur F (fermé).

A l’intérieur, un grand vide ! Une chambre comme celle des anciens box du début du siècle passé, avec la bobine débitrice à mettre en dessous. D’aucuns hésitent sur le type de film : 120 ou 620 ? Une bobine métallique à l’intérieur de mon exemplaire m’a fait penser un instant à la seconde solution mais c’est bien du 120 qu’il faut pour nourrir l’engin (bobine avec un grand cercle de base en 120 contre un petit en 620).

Intérieur d'un appareil photo Rollex montrant le compartiment à film avec une bobine en place.

Dernière revue de détails :

Que penser de cet appareil ?

Disons qu’il a le mérite d’exister et de nous montrer que certains fabricants n’hésitaient pas à enjoliver par leur publicité le vide sidéral qu’ils proposaient.

Certes, la Scapec n’ a pas été la seule à proposer des appareils simplissimes, mais pas au prix d’un Rolleiflex !

Je ne pense pas que je tenterai de mettre un film dans l’appareil, le format 6×9 est difficile à faire développer si on n’a pas son propre matériel.

Reste que ce Rollex est une pièce de collection dont vous pourriez vous rendre acquéreur pour 40€ maximum si l’exemplaire est en (très) bon état, avec sa gaine en cuir.

Il a au moins l’avantage de proposer un look singulier par rapport aux multiples box qui ont vécu avant et en même temps que lui.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Des références.

http://glangl1.free.fr/Liste-Scapec.html, http://www.vieilalbum.com/RollexFR.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1573-Scapec_Rollex.html, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_S_412.html, https://www.facebook.com/imagesdargent/posts/scapec-rollex-commercialis%C3%A9-en-france-%C3%A0-partir-de-1952-ce-box-est-assez-rare-et-/687560420045120/, https://collection.click-clack.fr/scapec-appareils-photo/, en français.

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