Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Kodak Pony 828 – Que penser de cet appareil ? – Vidéos d’illustration – Un peu de technique – Des références
Préambule.
Vous n’allez pas me croire, j’ai acheté un Kodak sur une brocante, sous le soleil de cet été (oui, c’était il y a quelques mois) parfois torride.
Mais pas n’importe lequel – ceci dit, on devrait donner une prime à la mise en déchèterie de tous les Instamatic qui pullulent habituellement – un petit Kodak en bakélite, avec une bouille sympa.
Je pressens qu’il va me réserver des surprises … En tout cas, il n’est pas commun, c’est la première fois que j’en vois un.
Mais commençons par le début …
Un peu d’histoire.
Rassurez-vous, je ne vais pas refaire toute l’histoire de la marque, j’ai déjà écris pas mal à son sujet lors d’articles traitant de ses produits (il faudra vous balader un peu sur le site).
Juste sans doute rappeler que George Eastman, le génial entrepreneur à l’origine de la marque, visionnaire de la photographie, a vraiment révolutionné ce domaine et à permis au plus grand nombre d’y avoir accès, tant en vendant des appareils simples et faciles à utiliser que tous les produits qui les accompagnaient, de la chimie au papier, en passant par les films, les filtres, entre autre.
Et il a inventé un slogan que tant de générations avant le numérique connaissaient par cœur : You push the button, we do the rest (vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste).
Surtout, cette entreprise a souvent donné le LA des tendances en créant les films qui allaient servir ses marchés.
Ainsi, le format 828 sera introduit en 1935 et présenté comme une option économique pour les photographes amateurs, car il permettait d’avoir une image plus grande, soit 28x40mm. Le nombre de photos étaient réduit, 8 voire 12 selon l’appareil. Mais au moins, les photographes amateurs ne gaspillaient pas de pellicule inachevée.
Les Kodak Bantam et Tourist ont par exemple été conçu pour utiliser ce format.


Ce fut pourtant un format éphémère car en 1950 Kodak l’abandonnait, le 24x36mm restant alors la référence et surtout, c’est le film qu’adoptait la majorité des fabricants d’appareil photo.
Si aujourd’hui vous vouliez utiliser ce format, il vous faudrait un appareil prévu pour ou un 135mm modifié pour l’accepter … mais le film est quasi introuvable et de toute manière, si vous en trouviez une bobine, il y a beaucoup de chance qu’elle soit vraiment périmée.
Pour vous donner une idée des formats :

Les spécificités du 828 :
- la taille de la pellicule : 4 cm x 2,8 cm, légèrement plus grand que le format standard de film 35 mm.
- le nombre d’expositions : varie selon l’appareil, mais généralement de 8 à 12 expositions par pellicule.
- la qualité d’émulsion : le 828 est généralement supérieur à celui du film 35 mm, ce qui signifie qu’il a un grain plus fin et peut produire des images plus nettes avec plus de détails.
- la sensibilité ISO : elles peuvent aller de ISO 32 à ISO 160 en couleur, ISO 100 étant un choix courant pour le film couleur, et ISO 400 pour le film noir et blanc.
- le traitement au développement : équivalent au film 135 mm
Voilà pour la pellicule, voyons donc un des appareils prévus pour son utilisation, notre Pony 828.
Il sera le premier d’une série de six appareils, série qui s’éteindra donc en 1959 (Kodak Pony 828 – 1949, Kodak Pony 135 – 1950, Kodak Pony 135 Modèle B – 1953, Kodak Pony 135 Modèle C – 1955, Kodak Pony II – 1957, Kodak Pony IV – 1957) . Pourtant, les 5 autres versions du Pony seront adaptées pour utiliser, déjà, le format classique 135.
On doit leur design et leur conception à Arthur H. Crapsey, qui en dessinera bien d’autres pour Kodak ensuite.
Son design rompait avec les appareils précédents et il allait utiliser des matériaux innovants pour l’époque, ainsi qu’un style très aérodynamique (l’époque des premiers Jets au sortir de la seconde guerre mondiale).
Sa constructeur s’inspire de ces formes aérodynamiques, qui lui confèrent une bonne prise en mains et, surtout, une construction simplifiée (corps moulé en plastique) pour réduire les coûts et permettre des ventes importantes. De fait, s’il fut vendu à l’époque 31,15$, ce n’était pas si bon marché mais il faisait partie de ces ventes de masse qui voulaient rassurer le public sur la bonne marche de la reprise des marchés au sortir de la guerre.
Les Pony sont des appareils de la reprise de confiance tant des constructeurs (surtout US) que des acheteurs.
Présentation du Pony 828.
Esthétiquement, l’appareil est très simple : tout en plastique moulé, en deux couleurs, avec des inserts métalliques (alu), il est, disons, dépouillé.
Sur le capot, à droite, le déclencheur et un disque mémoire pour le film installé dans la chambre, le viseur au milieu et à gauche, la molette d’avance du film.




Le dos, qui s’escamote entièrement quand on a ouvert le verrou sur la tranche gauche, ne porte au milieu qu’une fenêtre en vert inactinique, qui fait office de compteur de vue.



Par dessous, un pas de vis pour y fixer un trépied.
Remarquez, à l’intérieur de la chambre, la pose d’un carré en plastique pour fixer la bobine de 828 et la fine bobine du film. Comme les films 120, il n’est pas nécessaire de rebobiner le film puisqu’il passe d’une bobine à l’autre.


Pour avoir une idée de la forme et la tenue de ce film, voyez la vidéo ci-dessous :
Comme la bobine du 828 est plus grande que celle du 24×36, il est possible d’enrouler une pellicule classique dessus mais au développement, les perforations seront visibles.
L’appareil est muni d’un objectif dont la particularité est qu’il est rentrant : il faut faire tourner l’ensemble d’un quart de tour pour le sortir et ensuite le verrouiller à sa place. Le tube est métallique.


C’est un ensemble objectif/obturateur qui se trouve sur ce tube, un peu comme les anciens foldings (pliant).
L’objectif lui-même est Kodak Anaston de 51mm ouvrant à f 4,5 jusque f22, traité. Il est en trois éléments. Des images prises avec le Kodak Pony 828 sont à découvrir ICI.
Quant à l’obturateur, c’est un Kodak Flash 200, synchronisé. Il donne quatre vitesses de 1/25s à 1/200s, plus pose B.
La prise pour le flash est de type post, autrement dit quasi introuvable de nos jours.

L’armement se fait à l’aide du levier avec une tête ronde, sur le combo. Sur cet exemplaire, il est bloqué, ce qui est une panne courante, les corps gras utilisés ayant tendance à figer avec le temps.
Ce qui veut dire aussi que le mouvement pour faire avancer le film est indépendant de l’armement, qui ne possède pas de protection contre les doubles expositions. La mise au point se fait par estimation de la distance

Notez qu’il y a une échelle de profondeur de champ sur la face de l’objectif.
Un mot enfin sur le viseur, étonnamment grand pour l’appareil. Il offre une bonne vision mais c’est un viseur de Galilée très classique et sans informations.
Que penser de cet appareil ?
Comme je l’écrivais au début de cet article, il a une bouille sympathique et il est devenu moins courant que les éternels Brownie déclinés sous toutes les formes.
Ceci étant, il n’offre aucun agrément particulier et sa pellicule, obsolète, ne le désert pas évidemment. Pour l’essayer, il faut bricoler avec une 24×36 moderne.
D’autant, pour cet exemplaire et beaucoup d’autres d’après ce que j’ai pu lire à son sujet, qu’il faut souvent démonter l’obturateur pour tenter de le remettre en route.
Honnêtement, je ne le ferai pas. Il restera un bel appareil pour qui veut le collectionner.
En terme de prix, il faut compter entre 30 et 50€, selon qu’il fonctionne ou pas et qu’il est en bon état cosmétique.
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Pour le mode d’emploi, c’est par LA.
- Vitesses d’obturation : B, 1/25, 1/50, 1/100 et 1/200s
- Objectif triplet Anaston 51 mm f/4.5, sur tube rentrant pour les 3 premiers modèles, fixe ensuite
- Ouvertures : f/4,5 à f/22
- Taille du filtre : Série V à clipser
- Diamètre de l’adaptateur : 1 1/8′
- Taille du film : 828 (plus tard, 35mm)
- Expositions par rouleau : 8
- Corps en bakélite
Des références
https://en.wikipedia.org/wiki/Kodak_Pony, https://filmphotography.eu/en/kodak-pony-828/, https://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Pony_828/135, https://connealy.blogspot.com/2017/05/kodak-pony-828.html, https://filmphotographyproject.com/kodak-pony-1950s-little-work-horse/, https://www.kodaklist.com/cameras/KODAK-PONY-828-Camera, https://oldtimefocus.com/828-film-format-guide-history-uses/, https://pheugo.com/cameras/index.php?page=pony (pour l’entretien et les réparations), https://obsoletemedia.org/828-film/, https://web.archive.org/web/20120306023905/http://www.kodak.com/global/en/consumer/products/techInfo/aa13/aa13.pdf (si vous voulez la liste de tous les appareils produits par Kodak, depuis les origines), https://pheugo.com/cameras/index.php?page=spool828, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=30027, en français

« la taille : 4,2 cm x 2,5 cm » … provient sans doute de https://oldtimefocus.com/828-film-format-guide-history-uses/
Mais wikipedia et http://www.bnphoto.org/bnphoto/Kodak828.htm indiquent 28 x 40 mm.
Et d’ailleurs, s’il y subsistait un doute, la publicité Kodak dans le présent blog (pour le Tourist) le confirme: juste à droite de la tête du photographe.
Par ailleurs, peut-être bien que le Pony ne paie pas de mine, mais en format 828 il faut mentionner le Bantam Special, dessiné par Raymond Loewy, bel exemple Art Deco; prévoir un budget.
Bonjour Bernard, tu as raison, je vais corriger car c’est logique de rester conforme à la pub d’époque et remettre 28x40mm. Ensuite, oui le Bantam est splendide mais hors d’atteinte sauf à avoir gagné à la loterie. Bien amicalement.